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 [Aspirante] Ñiniel Iserimir

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Ñiniel Iserimir

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Date d'inscription : 01/09/2013

MessageSujet: [Aspirante] Ñiniel Iserimir   Dim 1 Sep 2013 - 16:12

Nom : Ñiniel Iserimir

Surnom : pas de surnom

Âge : Ñiniel en est au Printemps de sa vie (25 ans)

Race :
Ondin

Physique, Caractère :

Espiègle, Ñiniel est une personne enjouée et à l’esprit vif, qui n'aime rien de mieux qu'être l'observatrice du théâtre quotidien qui se déroule sous ses yeux. Ne cherchant pas particulièrement la compagnie, c'est tout d'abord une personne plutôt introvertie, qui n'est pas très douée pour un premier contact. Mais une fois la première étape franchie, elle ne connaît rien de mieux qu’humour et taquinerie pour savoir à qui elle a affaire. Ce n’est pas une personne cultivée au sens large du terme, mais elle est maligne et apprend rapidement dans ses domaines de prédilection que sont par exemple l'étude des plantes et le continent de Qahra, lieu où elle vécut parmi un peuple ondin.

Ñiniel aime la vie et peut être quelqu’un de chaleureux et protecteur, malgré son comportement qui peut sembler farouche au premier abord. L’Ondine possède un grand cœur et s’avère être quelqu’un d’attachant.
Attention toutefois à cet élan de sympathie, Ñiniel n’est pour autant pas quelqu’un que l’on berne facilement. Fonctionnant à l’instinct, elle se révélera froide calculatrice pour qui ose s’en prendre à ceux qu’elle a décidé d’aider.
Confiante, elle connaît parfaitement ses capacités et limites, ce qui l’a toujours amenée à réussir ce qu’elle entreprenait, et à agir avec prudence. Certains pourraient juger cela comme de l’arrogance et prétention, mais l’Ondine s’en moque ; la vie est trop courte pour s’attarder sur l’opinion que le monde peut lui porter. De même, elle ne regarde jamais en arrière, et ne s’attarde pas sur les regrets.

Comme tout le monde, Ñiniel a ses failles et ses angoisses. Pour compenser ce caractère ouvert et bienveillant (quoique taquin), l’Ondine a besoin de longs moments de solitude, loin des tumultes et tracas. Ceux qui la connaissent ont appris à respecter son besoin de solitude épisodique.
Utopique et désillusionnée, Ñiniel est une personne au caractère déterminé dont les idéaux sont souvent mis à l’épreuve mais qui restent inébranlables.


Ñiniel est d’apparence une jeune femme aux traits délicats et aux cheveux argentés comme la lune. Son teint très pâle, cerné par ses mèches d’argent, fait ressortir presqu’indécemment ses yeux glacials. Le bleu très clair de son regard le rend, pour quelques personnes, difficilement soutenable tant il semble sonder l’âme de sa cible. Seules ses lèvres rosées semblent avoir échappé au froid qui a pris possession de son visage. C'est ainsi grâce à ce sourire chaleureux qu'on l'on sent et devine la gentillesse de Ñiniel.

Sa taille très fine pourrait la faire passer pour plus grande qu’il n’y parait, mais dans un souci de tranquillité et discrétion, sa silhouette est constamment dissimulée sous une toge blanche la couvrant des pieds à la tête. En effet, Ñiniel aime le confort des vêtements de sa race qui la libèrent de toutes contraintes sociales qu’il conviendrait aux femmes de respecter, et qui lui assurent de tenir éloignés les opportuns. Loin de l'alourdir, ce vêtement immaculé qui l'entoure ne fait que renforcer l'idée de mouvement.

A Qahra, Ñiniel rencontra d’autres Ondins qui lui apprirent l’art rudimentaire de la magie. C’est de là que viennent les inscriptions runiques gravées à l’encre marine qui ornent ses bras.

Alignement :
Chaotique Bon

Clan choisi : Kaerl Céleste

Lié(e) :


~~~~~~


Histoire :
~ Le vent souffle toujours... ~  



L’enfance de Ñiniel n’est pas des plus romanesques ; fille d’Ondins,  l’enfant, encore très jeune, ne fût pas en mesure  de conserver quelque souvenir de celle qui lui donna la vie, morte de folie peu après sa naissance.
Son père, Ondin sévère et très occupé par sa fonction de conseiller auprès d’un jeune Seigneur d’Orën dans lequel il voyait un fils qu’il n’aurait jamais, n’accorda que peu d’importance à cette fille non souhaitée.

En effet, pour l’homme sévère, la vie ne pouvait apporter que ce que l’on méritait. Il voyait en sa fille une punition qu’il jugeait injuste à son égard. Et c’est ainsi que l’enfant se perçu naturellement.

Son père n'avait de cesse alors d’appliquer ce dicton à son propre enfant, lui répétant inlassablement ces quelques mots dénotant le profond mépris qu’il éprouvait pour elle  :

« Tu n’as que ce que tu mérites. »

Ces quelques mots, régulièrement assenés, n’étaient que coups de poignard sur les blessures du cœur qui jamais ne pouvaient se refermer. Ñiniel devait ainsi vivre avec la douleur de savoir que sa seule existence suffisait à être haïe par son père.

Ce dernier abandonna son éducation à sa sœur, une vieille Ondine tout aussi sèche que lui, sans ami et sans enfant, qui, grâce à ce nouveau rôle de tutrice, pût accéder au confort de la riche demeure Iserimir. Battue, Ñiniel apprit à se réfugier dans son imagination. Croyant la punir, sa tante l’enfermait dans la bibliothèque, parfois pendant toute une journée, et n’a jamais vraiment pris conscience que Ñiniel y trouvait-là sa seule raison de soumission. Sans ces livres, la petite fille qu’elle était aurait sûrement préféré la fuite à cette froide résidence, risquant ainsi d’abréger sa courte vie, ne pouvant survivre objectivement à toutes les épreuves qu’infligeait l’extérieur. Ces lectures lui offrirent plus de liberté qu’elle n’en avait jamais souhaitée. Son esprit devenait alors indomptable et Ñiniel se fit la promesse que rien ni personne ne pourrait dominer ce courant de pensées qui sifflaient dans sa tête.

Ses longues journées de réclusion étaient ponctuées par l’arrivée des bateaux qu’elle voyait à travers les fenêtres. Ils allaient et venaient au grès du vent et de la marée, apportant avec eux des nouvelles de par le monde, ainsi que des étrangers. Parmi eux, des humains, des torhils et autres races rhaëgiennes venues commercer avec les Ondins. Elle les voyait partir et revenir, et chaque fois repartir, tandis qu’elle restait là, dans cette triste demeure. Ñiniel rêvait souvent de prendre la mer à leurs côtés pour découvrir un univers plus vaste que cette sombre bibliothèque. Dieu que ses jours étaient longs…


~ Fuite d’Orën ~  


Vint le jour où son destin décida de changer. Révoltés par le joug du jeune Seigneur, les habitants de la Cité décidèrent de se rebeller, et firent marche vers son manoir ainsi que vers les demeures de ses proches. Le Conseiller Iserimir en fit partie. Terrorisée, Ñiniel, alors adolescente recluse, entendit la colère envahir les murs, cherchant les coupables de ces vies brisées, criant vengeance pour  le bonheur perdu. La jeune Ondine courut se réfugier dans la bibliothèque, tandis que les cris de sa tante devront la hanter toute sa vie. Les portes de la bibliothèque cédèrent à leur tour, et les acteurs de la révoltes, surpris un instant, virent l'Ondine, tapie dans un coin, dont les larmes qu’elle avait sût retenir toutes ces années coulaient sur son tendre visage. Voyant ainsi l’être innocent résigné, ils ne purent se soumettre au destin qu’ils lui avaient réservé. Ils la prirent par le bras et lui ordonnèrent de fuir, la faisant promettre de ne jamais revenir.

Ñiniel prit les quelques livres qu'elle avait serrés contre elle, seul héritage qu’elle aurait souhaité, s’emmitoufla dans une cape ayant appartenu à sa mère et partit sans perdre une seconde de plus.

Mais subitement, elle stoppa net sa course lorsqu’elle arriva aux pieds de l’escalier majestueux de la demeure. En haut se trouvait la chambre de son père, et une torpeur étrange saisit alors la jeune Ondine. Elle jeta un regard autour d’elle et, telle une souris, monta les marches quatre à quatre avant d’ouvrir la porte de la chambre et la refermer derrière elle.

L’adolescente savait que dans cette pièce se trouvait un trésor ; en effet, elle avait un jour appris que sa mère fut  grande fervente de la déesse Kishi. Curieusement, son père n’évoquait jamais cette partie de leur histoire, et Ñiniel en découvrit les raisons lorsqu’elle extirpa des nombreux ouvrages de la bibliothèque un journal écrit de la main de son père. Il vouait une haine féroce à cette déesse, qui d’après lui aurait été la cause de la démence de sa femme. Il mentionnait aussi la malédiction des deux Noire-Pierres, l’une taillée en pendentif, l’autre en bracelet, et dont son épouse ne se séparait jamais. Ñiniel n’en sut pas plus, car alors qu’il entra dans la bibliothèque où sa fille passait ses journées, il l’avait découverte avec le journal dans les mains, et furieux, le lui avait repris. Elle eut tout de même le temps d’apprendre qu’il gardait dans un coffret ces reliques, n’ayant pu se résigner à s’en séparer.
Dans un autre ouvrage traitant de géologie, l’Ondine avait appris que ces pierres, rares et précieuses, que l’on trouvait parfois dans les Monts Sérénéïdes, étaient convoitées par beaucoup de personnes. Il y aura là matière à marchander son embarquement à bord d’un navire.

Elle fit quelques pas et, sur la cheminée, trouva le petit coffret. Elle l’ouvrit, prit les deux bijoux et partit pour le port, sans jeter un seul regard derrière elle.

La jeune fille prit le chemin du port et se résolut à embarquer dans le premier navire qu’elle verrait, alors que les marins tentaient tant bien que mal de repousser la foule qui cherchait à fuir. Au milieu d'elle, Ñiniel sortit le bracelet, et le tendit le plus discrètement possible à celui qui semblait être le capitaine. Il l’examina rapidement et reconnu la valeur d’un tel objet. Il fit un geste en direction de Ñiniel, signe de son accord pour l’embarquement de l’Ondine.

Un affreux sentiment de culpabilité l’envahit alors qu’elle voyait sa ville en feu s’éloigner ; son rêve dût se réaliser dans la terreur et la douleur. Elle ne sût jamais ce qu’il advint de son père.


A bord du navire marchand, l’état de Ñiniel intrigua l’équipage. La jeune Ondine n’avait jamais appris à se comporter en société et démontrait chaque jour des problèmes de communication évidents. Son traumatisme récent empira le mutisme dans lequel elle se murait. A bord du navire se trouvait un autre Ondin, plus âgé que Ñiniel et qui avait décidé de fuir la Cité à son tour, de peur que les Rebelles n’élargissent un peu plus le champ des représailles. Il portait le nom de Nòndilë, nom qu’il avait aussi doux que le regard qu’il posa sur Ñiniel. Il sût lui faire souffrir sa présence sans l’imposer.

Grâce à lui, la jeune Ondine apprit à communiquer avec quelques membres d’équipages, les rares qui lui inspiraient confiance. Ceux-là même, avec beaucoup de patience, lui enseignèrent la lecture des étoiles pendant leurs traversées nocturnes. Ils lui expliquèrent comment il était possible de se repérer sur cette terre grâce au ciel.

Un jour, alors que le temps offrait quelques heures de répit à l’équipage, Ñiniel et Nòndilë s’engagèrent dans une conversation qui devait profondément marquer Ñiniel.

Les yeux perdus dans l’infinité bleue, Ñiniel se sentait angoissée. Nòndilë vint s’accouder à ses côtés, et une fois de plus, ne dit mot, attendant simplement que l’Ondine daigne sortir de son mutisme habituel. Elle posa les yeux un instant sur lui avant de les replonger au loin.

« Je ne veux pas atteindre le but du voyage…tu comprends ? Ici, je me sens à l’abri du temps et des dangers. J’ai l’impression que sur la rive, la vie m’attend de nouveau avec son lot de malheurs, prête à me bondir dessus dès le pied posé sur le sol. »

Nòndilë sourit doucement, et posa sa main sur le bras posé de Ñiniel.

« Petite fille que tu es… ne redoutes pas la vie ainsi. Elle ne t’apporte ce lot de malheurs que parce qu’elle sait que tu peux le supporter ! Tu sais, c’est cela la vie : on n’a que ce que l’on peut supporter…tu as déjà supporté beaucoup de choses, et tu devras certainement en supporter d’autres. Mais toi, tu le peux ! D’autres personnes, plus fragiles, auront une vie paisible certes…mais est-ce ce que tu souhaites réellement ? Tu n’es pas faite pour cela Ñiniel…. Et au fond de toi tu le sais… »

L’Ondine sentit son cœur bondir. Un voile venait de se déchirer au fond d’elle. Elle n’avait jamais envisagé cette vérité-là. Pour elle, tout ce qui pouvait arriver n’était que mérité. Mais pour Nòndilë, cela n’était que parce qu’on pouvait le supporter, parce qu'on en était capable.  

« Un petit mot d’écart, et tout devient différent… »

Elle se tourna vers le jeune homme, les yeux embrumés et l’âme fébrile.

« Tu ne sais pas à quel point ce que tu viens de dire risque de tout changer pour moi. Il va me falloir du temps pour enlever tout sentiment de culpabilité. Mais je gage que lorsque cela sera fait, je saurai mettre pied à terre. »

Nòndilë ne tenta même pas de comprendre ce qui avait pu bouleverser Ñiniel à ce point. Rêveuse et sensible, sa pensée partait parfois si loin qu’il valait parfois mieux ne pas essayer de la suivre.

Ñiniel s’éloigna lentement pour retrouver sa cabine en ressassant tous les éléments tragiques de son passé, et tenta de se convaincre que si elle avait pu supporter tout cela, elle pourrait en supporter d’autres.

Elle commençait alors à se sentir beaucoup plus légitime dans ce monde.


~ Qahra ~


Ce voyage dura quelques semaines, pour enfin arriver à Qahra.

Ñiniel et Nòndilë descendirent tous deux sur le nouveau continent. Ce dernier avait des relations au Pic aux Tigres et espérait pouvoir se réfugier auprès d’eux. Il proposa donc à Ñiniel de l’accompagner, ce qu’elle accepta avec reconnaissance.

La vie lui avait ainsi donné un nouveau départ, et aux côtés de Nòndilë, l’Ondine se sentait forte et heureuse, et devenait chaque jour une jeune femme un peu plus curieuse d'apprendre des autres et de la vie.

Au milieu des siens, elle apprit là-bas à se comporter en société, à connaître la nature et apprivoiser ses habitants, utiliser avec respect ses bienfaits comme redouter ses dangers ; Le Pic aux Tigres était riche d’anciennes civilisations très variées et recouvertes de végétation, véritable enchantement pour la jeune femme. Elle savait néanmoins que derrière cette splendeur se cachait de nombreux dangers, et Ñiniel su développer son instinct.

Qahra était de plus une vaste plaine marécageuse à la flore très particulière et diversifiée, et il n’était pas rare que la jeune Ondine parte avec de petits groupes à la découverte de la faune et flore des marais brumeux ; des Galyquettes en passant par les Kalel’y, chaque jour avait son lot de découverte. Ainsi, elle eut, entre autre, la grande chance de pouvoir observer un couple de Bah’Lir sous les rayons de la lune, un magnifique moment qu’elle gardera toujours en mémoire.

Parmi le peuple Ondin, Ñiniel s’adonna aux rudiments de la magie et apprit notamment comment son sang pouvait s’avérer précieux. Ayant quelques affinités avec l’élément liquide, Ñiniel décida de participer à une cérémonie d’initiation et de se faire tatouer les inscriptions runiques dédiées à cet élément, renforçant ce pouvoir élémentaire. Elle passait dorénavant de longues après-midi à se baigner dans les lacs, faisant tantôt mousser l’eau, tantôt créant de petites poches d’air qui lui permettaient de respirer quelques instants dans les profondeurs. Elle se sentit particulièrement liée à son élément et ne cessait d’être fascinée.

Nòndilë se rapprochait toujours de Ñiniel, à mesure qu’elle voulait le laisser s’approcher et jamais ne la brusquait. Ils devinrent amis et Ñiniel devint rapidement une jeune femme enflammée, n’hésitant pas à partager ses rêves et ses utopies, ouvrant enfin son cœur et son âme à l'extérieur. Nòndilë ne se lassait pas de l’écouter, tant ses propos savaient se montrer captivants. Il faut dire que ses sentiments se fortifiaient pour la jeune Ondine, et qu’il aimerait tant qu’elle partage avec lui cet amour passionné. Mais elle ne répondait malheureusement pas à cet amour…Nòndilë était pour elle un ami tendre et dévoué, qui ferait toujours partie de sa vie, et elle savait se contenter de cela. Ñiniel n’avait jamais rien envisagé d’autre.

Ce qui devait arriver arriva : le jeune Ondin, lassé et résigné, trouva l’amour auprès d’une charmante Ondine autrement plus réceptive aux charmes de Nòndilë. C’est à ce moment que Ñiniel comprit que l’attachement qu’elle portait à Nòndilë était peut-être plus fort que de l’amitié. Le cœur brisé, se sentant abandonnée, elle ne put lui révéler la vérité, et gâcher la vie du tout jeune couple. Qu’elle avait été stupide de croire de Nòndilë serait toujours là pour elle.

Ne pouvant en supporter davantage, la jeune femme prit la décision de quitter cette terre d’accueil pour parcourir le monde.

Cependant, elle n’était de toute évidence pas encore prête à partir en solitaire, et il lui fallait s’y préparer, apprendre à se défendre, à se rendre utile et à se faire respecter et bien d’autres apprentissages que des livres ne pouvaient lui apporter. Elle les apprit des mois durant, auprès de ceux de sa race. Elle se concentra pleinement sur cet enseignement, noyant sa tristesse dans l’apprentissage et le travail, évitant de trouver Nòndilë sur son chemin. Elle était terrorisée à l’idée qu’il découvre les sentiments qu’elle lui portait ; mais l’Ondin aussi semblait vouloir éviter Ñiniel à tout prix, essayant de construire un amour réel et stable avec sa compagne. Il devait, lui aussi, oublier.

Pendant ces mois d’initiation, elle se découvrit des talents de guérisseuse : son sang, son pouvoir aquatique, son savoir de la flore la rendirent très rapidement reconnue parmi les siens mais aussi redoutée. Il n’en fut pas plus à Ñiniel pour se sentir prête à voyager. Ainsi parée, elle pouvait se rendre utile comme elle pouvait se défendre.

Les adieux ne furent déchirants que pour une seule raison : Nòndilë. La veille du départ au soir, Ñiniel se rendit à son lieu de prédilection une dernière fois : il s’agissait d’un lac, bordant un ancien temple couvert de mousse et lianes. Laissé à l’abandon et caressé par les rayons de l’astre lunaire, l’endroit  semblait magique. Le regard dans les étoiles, la jeune femme se laissait porter par les eaux du lac. Quelle sensation apaisante : elle se sentait flotter au milieu d’elles, dans l’infini noir et silencieux de la nuit. Elle avait cette drôle d’impression de chuter vers les astres.

Nòndilë, lui aussi initié aux arts runiques, se frayait un petit passage au milieu de l’élément liquide pour rejoindre celle qu’il avait toujours aimée. Ñiniel savait que c’était lui et ne bougea pas : au fond d’elle, son être criait et suppliait l’Ondin de partir avec elle, tout oublier ici et tout recommencer là-bas. Mais la raison lui interdisait ce jeu dangereux et cet égoïsme. Elle avait eu sa chance et ne l’a pas saisie. Nòndilë avait compris.
Il la prit délicatement dans ses bras, elle mouillée et lui brulant. Elle le serra tellement fort dans ses bras que son cœur faillit éclater de douleur. Les larmes coulèrent silencieusement dans la nuit, pour mieux se perdre dans l’immensité du lac. L’étreinte dura le temps qu’il fallu pour que Ñiniel se souvienne à jamais de ses bras et son parfum. Avant de la reposer, Nòndilë lui souffla ces quelques mots.

« Souviens-toi, tu n’as que ce que tu peux supporter ma Ñiniel… »

Ñiniel serra encore plus fort, les sanglots s’étouffèrent dans les vêtements de Nòndilë.

« Je n’ai que ce que je mérite, je n’ai pas su te reconnaître à temps ! »

« Tu le supporteras, crois-moi… »Pour la première fois, il ne sut plus si tout était aussi simple. Mais qu’aurait-il pu dire de plus ?

Nòndilë tenta de se soustraire à l’Ondine. Quelques secondes de plus, et il l’aurait suivie. Il y parvint tant bien que mal et partit rejoindre les siens dans l’obscurité, laissant-là Ñiniel mortifiée.

La jeune femme n’attendit même pas le levé du soleil pour faire ses adieux et disparaître.



~ La réalité légendaire ~
 

Après de longues années de voyages, de régions en régions, de terres en terres, de continents en continents, Ñiniel  fit de nombreuses rencontres, parfois enrichissantes, parfois douloureuses, certaines emplissant son cœur de bonheur et d’espoir, d’autres, au contraire, le noircirent  de haine et désespoir ; grâce à ses talents de guérison, elle sût subvenir à ses besoins ; mais Ñiniel était aussi une excellente chapardeuse, qui n’avait aucun scrupule à voler ceux qui parfois avaient un peu de mal à venir en aide à leurs prochains ; d’un marchand ambulant, Ñiniel acheta un petit Kalel’y, petit animal ailé qu’elle avait eu l’occasion d’étudier lors de ses excursions dans les marais brumeux. Encore jeune, elle parvient à le dresser des jours durant avec patience et fermeté, mais aussi beaucoup de tendresse. Le Kalel’y resta cependant un petit être indépendant, préférant rester loin des villes et des tumultes ambiant. Néanmoins, s’il pouvait disparaitre la journée entière, il revenait chaque soir auprès de l’Ondine, qui le surnomma Rànen, signifiant « perdu » dans une langue oubliée.

Le Kalel’y s’avéra être un précieux compagnon de route. En effet, si Ñiniel avait appris à se repérer grâce aux étoiles figées dans la nuit, enseignement acquis lors de ses traversées maritimes grâce aux marins suffisamment patients pour le lui apprendre, le petit animal complétait parfaitement la connaissance de l’Ondine.  

Elle s’en aperçut en SSyl'Shar lorsqu’une nuit, alors que la jeune femme tentait d’atteindre la prochaine ville au Sud, Ihyallah, le Kalel’y poussa des cris effrénés, refusant de suivre l’Ondine sur cette voie. Intriguée, elle se laissa convaincre et se mit donc à suivre le petit animal, qui, non sans prendre une direction opposée, prit un chemin différé.

Ce n’est que lorsqu’ils arriveront à Qerumi que Ñiniel comprendra la raison de ses cris, et surtout la valeur du Kalel’y.

Peu rompue à l’aridité du continent, elle qui n’avait jusque là connu que l’Oasis d’Arsuh, elle attira les regards des pêcheurs d’Ihyallah. Ils furent abasourdis de voir arriver ainsi une étrangère qui n’avait sur elle qu’une sacoche, certes remplie de victuailles ainsi qu’une petite réserve d’eau, mais insuffisante ; le principal chemin menant aux deux oasis n’offrait aucun point d’eau, et il fallait emprunter un autre chemin, connu de ses habitants, mais plus long et beaucoup moins dessiné. Tout étranger se serait perdu.

Ñiniel posa un regard interrogateur sur l’animal et commençait à se douter de quelque chose qu’il allait falloir confirmer. Après quelques jours à Ihyallah, où la jeune femme marchanda ses talents de guérisseuse, elle partit en direction de Qerumi, dont la taille lui permettrait certainement d’y trouver une bibliothèque.

Ce n’est que lorsqu’elle trouva un ouvrage sur la faune de Qahra que ses doutes se confirmèrent : les Kalel’y ne peuvent survivre plus d’une journée sans se sustenter. Ils avaient à ce titre développé considérablement leurs sens, l’odorat et l’ouïe, et étaient capables d’entendre  et reconnaitre le bruit de l’eau comme sentir l’arôme de n’importe quelle fleur. En empruntant le chemin détourné d’Arsuh à Ihyallah, il leur avait ainsi permis de trouver le seul et unique point d’eau à des lieux de là, et de remplir la gourde de Ñiniel, sauvant l’étourdie d’une mort certaine.

Rànen et Ñiniel se complétèrent donc parfaitement, l’une par sa lecture des étoiles était assurée de ne jamais se perdre, et l’autre par sa gourmandise effrénée, de lui imposer tous les détours nécessaires pour ne jamais dépérir.

******

Par un beau matin, Ñiniel se laissait entraîner sur un petit chemin inconnu mais fort agréable. Le soleil caressait chaleureusement son visage et un petit vent léger mais frais faisait flotter ses cheveux dans les airs.

Elle s’était endormie la veille le ventre vide. La faim ne l’effrayait plus, cela faisait partie de son quotidien dorénavant, mais Ñiniel désespérait de faire cesser les grognements de son ventre criant famine. Malgré les plaines verdoyantes et les arbres en fleur, rien autour d’elle ne lui permettait de se nourrir.

C’est alors que sur le fond vert et bleu du paysage que lui offrait cette vue matinale, vint se superposer celle d’un homme endormi sous un arbre. C’était moins l’homme que les fruits appétissants de l’arbre qui retinrent l’attention de la jeune femme. Un léger sourire se dessina sur son visage.

« Te revoilà… »

Le petit Kalel’y apparut alors devant Ñiniel, révélant au soleil ses petites écailles bleues et ses plumes orangées. Il se posa sur son épaule et attendit les caresses promises. La jeune femme passa le doigt sur sa poitrine tandis que la queue de Rànen faisait frétiller les plumes situées à son extrémité.

« Conduis-moi à l’arbre »

L’arbre ne se trouvait qu’à quelques lieues de là, et Ñiniel y parvint rapidement. L’homme dormait toujours, et il aurait été malvenu de troubler son repos, d’autant plus qu’elle n’en avait qu’après les fruits ! Avec une légèreté et une souplesse habiles, elle se hissa sur la plus grosse branche et commença à en cueillir les précieux fruits pour les déguster aussitôt. C’est alors que quelque chose attira le regard du petit animal ; à côté de l’homme fumaient les restes d’un repas plutôt copieux. Ñiniel aussi les vit.

Voilà quelque chose d’autrement plus consistant, se dit-elle.

Il n’en fallut pas plus à l’intrépide pour descendre de son perchoir et arriver devant les braises. Le repas avait déjà été entamé, et l’inconnu semblait se repaître ; elle n’allait pas gaspiller ce qui n’avait pas été mangé.
La jeune femme tendit la main pour attraper un petit os encore dodu, mais alors qu’elle allait l’atteindre, une sombre masse venue du ciel s’écrasa au sol en un grognement inhumain.

« GRRROOOOAAAH !!!! »

En l’espace de quelques secondes, Ñiniel se retrouva au sol, face contre terre, et sentit une gigantesque serre lui tenailler le dos. L’inconnu se réveilla brusquement et se leva d’un bond en direction du Ñiniel. Incapable de bouger, elle ne cherchait pas à se débattre : que pouvait donc être cette chose qui la maintenait au sol et qui apparemment n’inspirait aucune crainte à celui qui s’avançait vers elle ?

« Alors alors, qu’avons-nous là ? Une petite voleuse ? »

Le thorax en feu, Ñiniel dut faire preuve d’un réel effort pour pouvoir prendre la parole.

« Hmpf… Mille pardons, Sire, mais…. vous sembliez rêver avec tant de sérénité qu’il aurait été inopportun de … de vous troubler dans vos songes… »

Sa voix était à l’image de son corps disloqué et étouffé.

« Tant de bonté de votre part m’émeut, vraiment. Je devrais d’ailleurs vous remercier à votre juste valeur…Reyn ? »


L’énorme masse frémit et semblait pousser un grognement d’outre-tombe.

Elle n’en voulait qu’après tes restes. Enfin, qui sait ce qu’elle aurait fait ensuite ?


Ñiniel s’offusqua.

« Mais…mais enfin, lâchez-moi! …. Je n’aurais rien fait de plus, et ce sont les fruits que j’ai vu de prime abord, dit-elle en pointant un doigt vers l’arbre… le fumet de votre festin n’est venu me chatouiller l’odorat qu’après. »

La fin de sa phrase se ponctua par des aigus caractérisés par l’effort de Ñiniel de se dégager de son étreinte, sans succès.

« Je …je n’ai aucune mauvaise intention que vous me prêtez ! »


L’étau de desserra aussitôt.

Elle….elle a le Don ?


Ñiniel se redressa promptement et se retourna d’un coup pour voir à quoi elle avait affaire. En voyant le dragon, elle resta tout d’abord stoïque. Choquée, mais stoïque. Le dragon avait l’air aussi surpris qu’elle. Il jeta un regard sur l’inconnu. Ñiniel fit de même.

L’homme, voyant les deux regards incrédules, ne put s’empêcher de soupirer.

« Et bien, il me semble que nous devrions accompagner cette « gente Dame » en ville pour qu’elle rejoigne la bande des Aspirants…qu’en pensez-vous ? »


Il était impossible de savoir à qui s’adressait l’inconnu. Par prudence, Ñiniel ne répondit pas tout de suite.

Oh, et puis tu fais bien comme tu veux ! D’un autre côté, tu fais d’une pierre deux coups : patrouiller pour arrêter les voleurs et ramener un Aspirant, voilà des missions rondement menées ! On peut rentrer maintenant ! Et bon courage pour lui expliquer !


Le dragon s’éloigna, un peu vexé. Ñiniel l‘observa encore quelques instants avant de se relever. Ses habits blancs étaient tâchés par l’empreinte de l’animal. Elle fit la mou un instant avant de lever la tête vers l’homme.

« J’ai tellement de questions que je ne sais par laquelle commencer… »


Il haussa les épaules et retourna s’asseoir contre l’arbre.

« Je te conseille de t’asseoir, je vais en avoir pour un moment… »

Elle s’assit à côté de lui. Elle jeta de nouveau un œil sur ses vêtements et essaya nonchalamment de se débarrasser de l’énorme empreinte qui ornait le tissu immaculé.

« Enfin, vous n’aurez nul besoin de remonter aux confins du temps, la « gente Dame » n’avait jamais vu de dragon avant ce jour…mais certaines légendes y font référence...je me souviens de certains livres les mentionnant...ils ont bercé mon enfance, vous savez ? Mais…y aurait-il une part de vérité alors ?  »


Il lui lança un regard amusé et éclairé.

« Ah effectivement, ce sera moins long que prévu…ce continent est très éloigné d’ici, mais je pourrai t’y emmener. As-tu déjà entendu parler du Don ? »

« On dit que seuls ceux qui ont le Don peuvent maitriser le pouvoir et la force des dragons…mais quel est réellement ce Don ça, je ne saurais le dire… »

« Hahaha, non le Don ne te permet pas de maitriser les dragons à lui tout seul ! Le Don te permet simplement de communiquer, puis pouvoir te lier avec eux. Tu as entendu ce que mon dragon voulait dire, signe évident que tu possèdes ce fameux Don. Te lier avec l’un un dragon est une autre affaire, il faudra pour cela te préparer à l’Empreinte. D’Aspirante, tu deviendras alors Chevalier. »

« L’Empreinte ? »

« L’Empreinte…quel moment magique que celui-là ! Tu te souviens Reyn ? »


Au loin, on entendait le dragon grommeler.

« L’Empreinte, c’est l’éclosion des œufs dragons. C’est à ce moment-là que l’un d’eux te choisira, si tu as de la chance, pour se lier à toi. Quand je dis être lié, ce n’est pas un simple mot ; toute la signification prend son sens, vous partagerez bien plus qu’un simple « lien ». Tu seras, entre autre, liée à ton dragon jusqu’à la fin.»


Ñiniel déglutit.

« Jusqu’à la fin ? Comment cela ? »

« Si l’un de vous deux meurt, l’autre le suivra dans le trépas… »

La jeune femme se sentit angoissée à l’idée que sa vie puisse dépendre de celle de quelqu’un, ou quelque chose d’autre. Elle préféra se taire sur ce point, peu instruite sur le sujet.

Y allons-nous ?


Le dragon nommé Reyn s’impatientait et le faisait savoir en battant bruyamment des ailes. L’homme se leva mollement.

« Allons-y alors… »

Il fit quelques pas, s’arrêta et se tourna vers Ñiniel. Il lui tendit amicalement la main.

« Vous venez ? »

Ñiniel ne réfléchit pas longtemps avant de prendre la main de l’homme. Ainsi était faite sa vie : peu de recul, toujours aller de l’avant et accepter tout ce que la vie lui offrait. Une nouvelle aventure l’attendait.

~~~~~~



Équipement possédé :

Ñiniel conserve dans sa sacoche le pendentif de sa mère portant une Noire-Pierre de Kishi, mais n'y accorde qu'une valeur sentimentale sans en connaître les effets. Pas d'autre équipement en particulier, flacons divers, monnaie courante, voire quelques cartes entassés dans sa sacoche. Son petit Kalel'y n’est jamais très loin.

Magie :

Ondine, Ñiniel était naturellement prédestinée à avoir quelqu’affinité avec l’élément liquide. Au cours de son voyage à Qahra, elle en apprit les rudiments. Lorsqu’elle s’approche d’un point d’eau, l’élément liquide réagit en frémissant. La jeune Ondine peut alors déplacer l’eau à proximité, l’éloigner ou bien la faire venir jusque dans ses mains. Bien sûr, la quantité de liquide déplaçable est dépendante de la portée de l’élémentaire mais aussi des ses capacités. Si Ñiniel souhaite faire venir l’eau jusqu’à elle, elle ne pourra cependant jamais invoquer la pluie ou provoquer une inondation.
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[Aspirante] Ñiniel Iserimir
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