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 [Aspirante] Alrüne Larilane

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Alrüne Larilane
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Alrüne Larilane


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MessageSujet: [Aspirante] Alrüne Larilane   Mar 3 Sep 2013 - 21:26


Nom : Alrüne Larilane

Surnom : Al’, le plus souvent. Fut un temps, elle était particulièrement connue sous le pseudonyme de la Sirène mais elle en abandonna l'usage en même temps que fut mit un terme à sa carrière de chanteuse.

Âge : Printemps ( 20 ans ).

Race : Neishaane

Physique & caractère : Il serait difficile pour Alrüne de renier ses origines, même si elle le souhaitait, car elle est l'incarnation vivante de la parfaite petite Neishaane, telle que l'on peut se l'imaginer.

Atteignant difficilement le mètre-soixante, la jeune femme ne se démarque guère par sa taille. Son apparence générale, par ailleurs, n'est pas sans rappeler celui d'une brindille, tant elle apparaît frêle et menue mais également légère et souple, comme ondoyant au gré des courants. Ses formes féminines ne sont guère prononcées pour son âge, même si un œil avisé parviendra à les deviner sous les tuniques, toujours un peu large, dont elle aime se vêtir.
Mais il ne faut pas s'y tromper car sous ses allures de femme-enfant fragile se cache un corps aux muscles fins, secs, façonnés par l'itinérance, la vie du cirque et la danse. Et si ça ne la rend pas apte pour autant à rendre les coups, cela reste néanmoins bien suffisant pour la rendre aussi insaisissable qu'une anguille entre les mains d'un bon nombre d'individus.

Sa longue chevelure coule jusqu'au creux de ses reins en une cascade laiteuse piquée d'argent, qu'elle ne coiffe que rarement, leur préférant la liberté. Quelques mèches folles encadrent un visage pâle, aux traits doux et délicats, offrant un contraste saisissant avec l'expression distante et farouche qu'elle arbore le plus souvent. Ses grands yeux outremers, orbes liquides et insondables, observent le monde avec la méfiance d'un animal sauvage perdu dans un univers qui n'est pas le sien. Quant à ses lèvres, d'un rose rappelant les pêches d'été, charnues juste ce qu'il faut, elles ne s'étirent en un charmant sourire qu'en de trop rares occasions.

Alrüne est donc - et c'est peu de le dire - pas très amicale au premier abord. Sa tendance à exprimer ses pensées sans détour arrange peu les choses. Néanmoins, passé sa prudence excessive et son franc-parler légendaire, elle se révèle être une jeune femme douce, tranquille mais habitée d'une profonde mélancolie. Son cœur, meurtri par le deuil et le chagrin, rongé par la culpabilité, se bat, à son rythme, pour retrouver son équilibre.
Secrète et pudique, il est souvent difficile de lui faire parler d'elle-même mais elle sera toujours une oreille attentive aux problèmes des personnes qu'elle apprécie. Sa loyauté est acquise à celle et ceux qu'elle considère comme sa famille, au point qu'elle n'hésitera jamais à laisser s'éteindre une vie si cela signifie la sauvegarde de l'un des siens.

Proche de la Nature et ses habitants, la Neishaane est toujours prompte à la balade, diurne comme nocturne, et entretient une affinité particulière avec les animaux, comme s'ils étaient les seules créatures qu'elle ne craignait pas d'approcher. Et si elle apparaît comme peu curieuse par rapport aux autres membres de sa race, Alrüne n'en reste pas moins une jeune femme déterminée à apprendre tout ce qui pourra lui permettre d'être suffisamment forte pour protéger les personnes qui lui sont chères.

Alignement : Loyal Neutre.

Clan choisi : Le Màr Luimë, le Kaerl Englouti.

Lié(e) : /

Équipement possédé : Rien de bien notable si ce n’est une petite flûte traversière, creusée dans du bois flotté et vieillie par le temps, cadeau de la famille de pêcheurs qui l’a recueilli après son naufrage. Elle n'en joue que rarement, même si elle y prend toujours beaucoup de plaisir.
Elle possède aussi un petit pendentif en argent, représentant un "N", pendu autour de son cou depuis qu'elle a été trouvé. Bien qu'elle n'en connaisse pas la signification, elle ne le quitte jamais.

Magie : Elle a le Don et c'est un bon début. A cela s'ajoute son chant cristallin de Neishaane, particulièrement puissant en terme d'illusions créées, même parmi les siens. Sa qualité est, cependant, influencée par ses émotions, ce qui peut autant l'améliorer que le contraire.

MàJ Scénario de l'Ombre : Son rôle dans la découverte des Clés d'Ouranos et son utilisation de ces dernières ont réveillé, chez Alrüne, la capacité de percevoir les flux magiques et de les utiliser, à travers le Langage des Anciens. Bien qu'elle ne s'en soit pas encore rendu compte, la Neishaane est désormais capable de lancer des sorts en utilisant l'énergie d'artefacts ou tout autre élément un temps soit peu magique.

Divers : /
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MessageSujet: Re: [Aspirante] Alrüne Larilane   Lun 25 Fév 2019 - 19:14


L'histoire de notre Neishaane commença sur une route du Vaendark, par une froide et blanche journée d'Isashaniku. Petite créature d'à peine 1 an abandonnée sous un chêne, elle eut, dans son malheur, la chance de se trouver sur le chemin d'une joyeuse et singulière troupe de saltimbanques : le Cirque des Six. Parmi eux, Nadrielas et Sionia Larilane, couple de magiciens elfiques de leur état, un désir d'enfant laissé inassouvi couvant dans leur esprit, n'hésitèrent pas un seul instant avant de recueillir la petite fille et de l'élever comme si elle était la leur. Elle fut baptisée Alrüne.

Ses premières années de vie furent aussi douces qu'on ne pouvait l'espérer. Les jours au sein du cirque étaient joyeux, faits de voyages, d'imprévus, de découvertes et l'enfant grandit sur les routes, entourée d'une grande et heureuse famille, unie par des liens indéfectibles.
Au fur et à mesure des années, Alrüne se révéla être timide, presque farouche, fuyant les inconnus pour rester résolument dans les jupons maternels. Les parents tentèrent plusieurs approches dont le succès s'avéra mitigé avant que n'arrive, par un heureux hasard, celui qui allait permettre à la méfiante petite Neishaane de sortir de sa coquille.
Il s'appelait Kelild et était un jeune Torhil souriant, de 5 ans son ainé. Lui et sa famille venaient d'intégrer le Cirque des Six pour en remplacer le forgeron, qui renonçait à l'itinérance par amour. Le garçon était d'un contact facile et il lui aurait aisé de se lier d'amitié avec l'un des quelques enfants de la troupe … Pourtant, ce fut vers Alrüne que ses pas le guidèrent, comme poussé par un destin plus fort que lui. A la grande surprise de tous, il ne lui fallut pas plus d'un après-midi pour apprivoiser l'associable Neishaane et jouer avec elle comme s'ils avaient toujours vécu ensemble.
Lorsqu'Alrüne fut assez grande pour apprendre, Salidia, une barde Neishaane d'âge mûr, présente depuis les débuts du cirque, prit en charge l'enseignement de sa jeune consœur. Elle lui inculqua alors les traditions et autres mœurs de sa race et Alrüne, qui ne s'était jamais réellement montré curieuse vis-à-vis de ses origines, fut néanmoins ravie d'en apprendre d'avantage sur les us et coutumes de son peuple. Par la suite, la vieille barde l'initia à l'art du chant Neishaan, art pour lequel elle se révéla très douée pour son jeune âge. Ses progrès furent spectaculaires, tant et si bien qu'elle acquit, en l'espace de quelques années, une maîtrise de sa voix capable de rivaliser avec les plus grands Maîtres Neishaans en la matière. Le chant, la musique de façon générale, passionnait Alrüne et elle se vouait corps et âme à la pratique et au perfectionnement de son art.


Ce n’est qu’à partir de sa quinzième année que Alrüne prit une réelle place au sein du cirque et de ses membres. Ses efforts soutenus, la beauté de son chant et la qualité des illusions qu'elle était capable de créer étaient reconnus par la troupe depuis un long moment mais la timidité de la Neishaane l'avait toujours retenu, l'empêchant de faire partager son talent au reste du monde.
L'adolescente finit par se laisser convaincre par Salidia, bien qu'elle n'accepta qu'à la condition de pouvoir avancer à son rythme. Ainsi, dans un premier temps, elle ne chanta que de façon occasionnelle, lors de la clôture du spectacle, simplement accompagnée au luth par la vieille barde. Parfois, tout l'orchestre jouait pour elle et d'autres fois, seul sa voix se faisait entendre sous le chapiteau. L'accueil plus qu'enthousiaste que lui réservait aussi bien le public que la troupe à chacune de ses prestations acheva ses dernières hésitations et bientôt, sa place au sein du cirque lui apparût comme une évidence : Elle était faite pour ça.

Ce qui lui était moins évident, néanmoins, c'était les sentiments qu'elle entretenait pour Kelild, son compagnon de jeu et ami de longue date. Les deux enfants avaient bien grandit et l'affection innocente qu'elle avait toujours ressentit à son égard s'était mué en quelque chose qu'elle ne parvenait pas tout à fait à définir. Peut-être craignait-elle de mettre des mots sur cette émotion qui lui tordait délicieusement l'estomac à chaque fois qu'il lui souriait … Peut-être redoutait-elle de perdre l'amitié du Torhil, sans réaliser que son trouble était partagé par ce dernier. Et si ni Kelild, ni Alrüne ne semblait vraiment prêt à éclaircir cette situation, l'évidence de leurs sentiments l'un pour l'autre apparaissait clairement aux yeux du reste du cirque. Alors, quand ils finirent enfin par réaliser leur amour réciproque, officialisant ainsi leur couple, leur grande famille ne put que leur témoigner leur joie face à la fin d'une attente devenue difficilement supportable. Plus d'un pari fut réglé, ce jour-là.

Cette relation naissante donna des ailes à la Neishaane et si son chant ne s'en trouva que plus beau grâce à elle, ce fut sa confiance en elle-même qui profita le plus de leur idylle. Son succès allant en grandissant, la troupe du cirque décida, d'un commun accord, de lui accorder une place plus importante. Ainsi, Alrüne put élaborer, pour la première fois, son propre numéro et pour se faire, elle requit la sagesse et la collaboration de ses parents afin de créer un spectacle mêlant à la fois magie elfique et illusions neishaanes, voix surnaturelle et danse aérienne. De longs mois de travail et de répétition leur furent nécessaire avant de pouvoir entrer en piste mais le résultat en valut la peine. Et lorsque vint le soir de la grande première, malgré sa gorge nouée par l'angoisse, Alrüne réalisa l'une de ses meilleures performances. Envoûtant totalement le public avec sa voix claire et cristalline, douce, profonde et vibrante, celui-ci applaudit à tout rompre durant de bien longues minutes, accompagné par toute la troupe du Cirque des Six.
La Sirène était née.


L'année qui suivit fut glorieuse et faste pour le cirque. Le spectacle de la Sirène attirait des foules venues des quatre coins de Rhaëg, tant et si bien qu'il fallut, rapidement, agrandir les gradins. Le bouche à oreille suffisait amplement à répandre la nouvelle de leur arrivée en ville et les curieux se mêlaient à l'attroupement conséquents de fans pour accueillir la troupe. A tout cela s'ajoutait également des invitations de quelques nobles, voir de seigneurs de contrées lointaines … Le Cirque des Six ne manquait pas de travail grâce à sa, désormais, chanteuse vedette.
Alrüne, si elle appréciait d'être un tel soutien pour les siens, vivait parfois mal sa nouvelle renommée et toute cette attention constante qui l'accompagnait. Néanmoins, la présence de Kelild à ses côtés suffisait à garder ses angoisses sous contrôle, en plus d'être un soutien sans faille pour la jeune femme. Le petit couple filait le parfait amour et s'épanouissait paisiblement, sous la protection de leur famille.

En ce début d'Isashaniku 918, le Cirque des Six venait de poser ses valises sur le continent d'Orën, plus précisément dans la belle et accueillante ville portuaire de Tramaghel dans laquelle se profilait une semaine de festivités, à l'occasion de l'anniversaire de la chute de l'ancien pouvoir ducal de la cité. La troupe comptait bien profiter de l'événement pour se produire sur scène, avant de reprendre la mer vers leur prochaine destination.
Ce fut lors de leur première représentation dans la cité, alors que les artistes quittaient la piste après leur rappel, qu'ils firent la connaissance du Comte Elras Grëla, riche marchand de son état. Sa curiosité attisée par les rumeurs fabuleuses qui couraient sur la voix d'Alrüne, l'homme s'était laissé charmer par ce chant à nul autre pareil et les apparitions fantomatiques qui en habitaient les paroles. A présent, le noble souhaitait plus que tout l'entendre à nouveau dans un cadre plus privé, usait de tous ses charmes pour convaincre la jeune Neishaane mais celle-ci, farouche de nature, restait sourde à ses demandes. Elras, têtu, n'en démordit pas et redoubla d'effort pour conduire l'intégralité du cirque à accepter de se représenter dans sa grande demeure. Il essuya un nouveau refus, la troupe arguant qu'elle préférait divertir tout le monde, pas seulement une élite suffisamment aisée pour pouvoir s'offrir leur service. Le Comte exprima sa déception, acceptant leur réponse … Tout du moins, en apparence.

Les jours se succédèrent aussi tranquillement que possible dans la cité portuaire. A chacune de leur clôture, la troupe du cirque devait se confronter à l'insistance du noble marchand, celui-ci ne semblant pas avoir l'habitude de se voir opposer un refus aussi définitif. Alrüne, de son côté, faisait de son mieux pour éviter le Comte, n'aimant pas cette petite lueur de folie frénétique qu'elle lisait dans son regard, à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle. Kelild ne le portait pas non plus dans son cœur et faisait de son mieux pour préserver sa bien-aimée de sa présence. Ainsi un soir, alors que Nadrielas et Sionia faisaient de leur mieux pour, une fois de plus, éconduire Elras, le couple se faufila hors de l'enceinte protectrice du cirque pour s'aventurer, libres et insouciants, dans les rues fraîches de la ville. Ils vagabondèrent durant ce qui leur parût être une éternité, se tournant autour, se pourchassant l'un l'autre, le sourire aux lèvres et cette étincelle si particulière dans le regard. Leur course folle s'acheva dans l'un des parcs que comptait la cité et, sous les regards complices d'Iolya et d'Eurylia, les deux amants se rapprochèrent l'un de l'autre pour s'abandonner à une tendre étreinte. Le monde aurait bien pu s’effondrer autour d’eux que rien n'aurait d'avantage compté que cet instant partagé, ce moment précis où leurs corps, leurs cœurs et leurs âmes vibrèrent à l’unisson sur la même mélodie, avec la Nature pour seul témoin.


Lorsque le moment de plier bagages fut venu pour le Cirque des Six, toute la troupe mit la main à la pâte et ainsi, il ne leur fallut que quelques heures d'un travail intense avant d'être prêts à prendre la mer. Alrüne, Kelild et toute leur grande famille firent donc leurs adieux pour un temps à la belle cité de Tramaghel, tandis que leur navire s'éloignait tranquillement pour gagner des eaux plus profondes, prenant la direction du Vaendark.

Leur traversée se faisait sur un imposant navire marchand et, au gré de ses ballades sur le pont, Alrüne avait pu se confirmer qu'ils n'étaient pas les seuls à avoir embarquer, ce jour-là. Ils n'étaient pas nombreux, peut-être 7 personnes tout au plus, mais elle savait qu'un huitième passager se tapissait dans l'un des recoins obscurs du bâteau. Elle avait surpris ce clandestin, la capuche de sa cape masquant son visage, s'embarquer discrètement alors qu'ils chargeaient le matériel du cirque et si elle n'en avait pipé mot, c'était simplement parce qu'elle jugeait que cela ne la concernait nullement.
Et maintenant, malgré la promiscuité qu'occasionnait un tel nombre de passagers dans un environnement si clos que celui dans lequel elle voyageait désormais, la Neishaane était à l'aise, sereine et bien contente d'avoir quitter Tramaghel et son affreusement collant Comte Elras Grëla.
Pourtant un beau soir, alors qu'elle se détendait sur son lit, l'inconnu encapuchonné fit brusquement irruption dans sa cabine. Alrüne se leva rapidement pour faire face à l'intrus, sur lequel elle ne tarda pas à mettre un nom lorsqu'il rabattit sa capuche : Elras. Il était le passager clandestin qu'elle avait surpris à se faufiler à bord et qu'elle n'avait pas dénoncé … Quelque chose lui susurrait qu'elle allait, très vite, regretté la décision qu'elle avait prise, ce jour-là. Et à présent qu'il se trouvait devant la seule issue la séparant de sa liberté, croisant alors son regard allumé d'une folie qu'elle avait redouté d'y voir, elle sut, intimement, qu'il était là pour elle et que cette histoire n'allait pas bien se terminer.
Les paroles de l'homme, autrefois aussi doucereuses que du miel, étaient désormais bien plus délirantes tandis qu'il évoquait sa femme et sa fille, leur destin aussi tragique que mortel, le vide qu'elles avaient laissé dans sa vie … Puis les yeux fous et tourmentés d'Elras revinrent sur elle alors qu'il la suppliait de revenir, de lui appartenir … De ne chanter que pour lui. Était-ce là la raison de son aliénation ? La voix de la Neishaane avait-elle altérée la santé mentale du Comte, déjà fragilisé par le deuil ?
Bien que peinée pour sa perte, Alrüne refusa de nouveau, peut-être avec plus de fermeté qu'à l'accoutumée. Il y eu quelques secondes d'un silence lourd, étouffant et tendu avant qu'Elras n'élève de nouveau la voix :

- Alors si je ne peux t'avoir, ma douce Sirène, personne ne t'aura.

Et il repartit aussi soudainement qu'il était arrivé, verrouillant la cabine dans son sillage. La jeune femme essaya de se libérer par tous les moyens possibles mais la porte refusait obstinément de bouger. Alors qu'elle s'apprêtait à appeler du secours, une violente explosion secoua tout le navire, la projetant au sol. Des cris résonnèrent de toute part tandis qu'une épaisse fumée noire commençait à s'infiltrer dans sa chambre et alors qu'elle se relevait, Alrüne réalisa avec horreur ce qui était en train de se passer : Le Comte, dans sa démence, avait mis le feu aux réserves du navire.

Kelild arriva bien vite au secours de sa bien-aimée, arrachant la porte de ses gonds grâce à sa force de Torhil, et ils furent rapidement sur le pont, où l'évacuation se faisait tant bien que mal, malgré la panique. Le feu dévorait déjà une bonne partie du bâtiment qui craquait et grinçait de toute part, géant de bois à l'agonie. Le couple s'apprêta à rejoindre le reste de leur grande famille quand l'un des mâts céda, sous l'assaut des flammes, et se coucha lourdement en travers du navire. Projetée par le choc de sa chute, Alrüne, un peu sonnée, se retrouva séparer de Kelild et du reste de sa famille. Et lorsque le bateau craqua de nouveau, se brisant dans un long gémissement plaintif, leurs cris de panique résonnèrent dans la nuit avant de céder leur place à un silence glacial. La Neishaane, de nouveau sur ses jambes, les appela inlassablement, refusant de partir sans eux, les larmes ruisselant sur ses joues sales de cendres.
Elle n'eut néanmoins d'autre choix que de finir par se jeter à l'eau, afin de ne pas se faire dévorer par l'incendie qui engloutissait, lentement mais sûrement, ce qui restait du navire marchand.


Alrüne se réveilla sur une plage, seule et sans aucune idée d'où elle avait échoué, ni depuis combien de temps elle se trouvait là. Quelques débris du navire avait suivi sa route mais il n'y avait pas âme qui vive autour d'elle. Elle tenta, malgré tout, de retrouver ses proches, parcourant l'étendue de sable blanc aussi rapidement que ses forces le lui permettaient mais la fatigué eu raison d'elle avant qu'elle ne retrouve quiconque. Elle s'écroula de nouveau, sombrant dans l'inconscience.

Lorsqu’elle reprit ses esprits, ce fut pour se rendre compte qu'elle avait troqué la fraîcheur maritime de la plage pour la douce chaleur d'un foyer. Un pêcheur et son fils l'avaient trouvé, évanouie, sur le chemin du retour et avaient décidé de la prendre avec eux, afin de lui venir en aide.
Les premières journées furent éprouvantes et délicates pour tout le monde. La jeune rescapée refusait purement et simplement de s'alimenter, rejetant avec violence la moindre tentative d'approche de la part de qui que ce soit, tel un animal blessé qui ne faisait que pleurer et crier son désespoir à la face du monde. Après quelques jours de jeun et de larmes, comme poussée par son instinct, elle se résolut finalement à manger et, par la même, s'autorisa à guérir. Son corps, petit à petit, se rétablit mais son esprit restait meurtri par ce à quoi elle avait survécu.
A cause du manque de preuves en attestant, elle n'acceptaient pas la perte des siens. Cela lui était inconcevable. Ils avaient forcément survécus, d'une façon ou d'une autre. L'esprit de la Neishaane se raccrocha à ce mince espoir alors qu'elle attendait, patiemment, que sa famille vienne la récupérer. Malgré ses nuits hantées par d'horribles cauchemars, malgré les jours qui s'égrainèrent un à un sans le moindre signe à l'horizon, elle gardait, en son cœur, l'intime conviction qu'ils étaient là, quelque part, et qu'ils viendraient pour elle.

Petit à petit, Alrüne se remit de son naufrage et commença à participer à la vie de la famille qui l'avait accueillie. Elle accompagnait parfois le père à la pêche, aidait sa femme à entretenir la maison ou jouait de la musique à leurs deux enfants le soir, sur une petite lyre qui était sûrement passée dans les mains de plus d'une génération. Elle s'interdisait néanmoins d'accompagner ses mélodies de son chant, jugeant sa capacité de Neishaane d'être responsable des événements de cette funeste nuit. Tout était de sa faute et la culpabilité la rongeait, lentement mais sûrement, de l'intérieur.

Un mois s'écoula et Alrüne était toujours là. Bien que la petite famille l'avait, désormais, complètement adoptée et qu'elle-même s'était surprise à les aimer, la vie de sédentaire ne lui seyait que peu et elle se rêvait à parcourir le monde, à la recherche de celles et ceux qu'elle avait perdu.
Comme en réponse à sa prière silencieuse, le matin suivant, le Maître Neutre Doryl Dunstan et son Lié, Anduras, croisèrent la route de la jeune femme alors que celle-ci se promenait le long de la plage où elle était arrivée plusieurs semaines auparavant. Tandis qu'ils la survolaient, l'esprit du dragon toucha le sien.

° Jeune Neishaane qui porte le Don, nous sommes venus pour t'ouvrir les portes de ta Destinée. °

Clouée sur place par la surprise, elle observa, les yeux ronds, l’imposante créature aux écailles brunes se poser à seulement quelques mètres d’elle. Si son instinct lui ordonna de détaler dans les premières secondes, la curiosité et l’émerveillement l’emportèrent finalement, bien qu’elle resta suffisamment sur ses gardes, les muscles tendus, pour être prête à leur échapper à tout moment … Ou, tout du moins, à tenter le coup.
Anduras arqua son cou vers elle tandis que son cavalier, qui semblait avoir plus en commun avec les voleurs qu'avec ce noble animal, bondit à terre avec souplesse avant de s'avancer vers elle, un sourire plein de malice étirant ses lèvres sous sa moustache brune.

- Salut, gamine. J'm'appelle Doryl et voici Anduras, mon Lié, déclara-t-il d’un ton tranquille et sans se départir de son sourire, ce qui tranquillisa un peu la demoiselle.
- Bonjour …, lui répondit-elle prudemment, sur ses gardes, jetant de petits coups d’œil nerveux vers le saurien. Je suis Alrüne …
- Et bien, c’est un plaisir Alrüne. Bon, j'vais être bref car nous sommes assez pressés par le temps. As-tu entendu, dans ton esprit, la voix d'mon grand ami ici présent ?

Elle acquiesça lentement.

- Bien ! Ça signifie que tu portes en toi le Don, une capacité qui te prédestine à te lier un jour à un Dragon qui sera ton âme sœur. Seulement si tu décides de me suivre, bien sûr … J't’emmènerais sur Tol Orëa, un continent de légendes où les Dragons vivent en symbiose avec nous. Tu pourras y trouver la deuxième moitié de ton âme, devenir une chevalière et accomplir rien de moins que ton Destin. Qu’en penses-tu, petite ?
- Mais … Pourquoi moi …?
- Pourquoi toi ? Simplement parce qu’on passait par là et qu'Anduras a perçu ton Don, rien de plus !
° Ce que mon Lié tente de t’expliquer, commença le dragon avec un certain amusement, c’est que tu n’as pas besoin d’être exceptionnel, Alrüne. Tu es toi, tu as le Don et c’est amplement suffisant. °

Devant la moue perplexe de la jeune femme, il ajouta :

° Tu as le droit de refuser. Si c’est la voie que tu choisis, tu oublieras tout de cette rencontre et tu retourneras à ta vie d’avant, sans te douter de quoi que ce soit … Mais c’est une occasion unique qui s’offre à toi, une opportunité pour construire une nouvelle vie. °

Elle eut un instant de réflexion pendant lequel les deux compères firent silence.
Refaire sa vie … Aussi fabuleux que semblait être le destin qu'ils lui promettait, ce n'était pas ce qu'elle souhaitait. Elle aimait le quotidien dont elle avait été privé si brusquement et son souhait le plus cher était de le retrouver, lui et ces personnes si chères à son cœur qui le peuplaient.
Et si elle tenait là, suspendu à sa décision, le moment qu’elle attendait depuis des semaines ? Celui de prendre son courage à deux mains pour obtenir des réponses ? Pour obtenir LA réponse à l’unique question qui la tourmentait depuis des semaines : Qu’étaient-ils devenus ?
Pour autant, aussi grand que soit son désir, cette tâche lui paraissait impossible, seule. Elle n'avait pas la force, autant physique que morale, qui lui serait nécessaire pour affronter les épreuves qu'une telle quête ne manquerait pas de mettre sur son chemin. Peut-être que cette âme-sœur draconique qu'évoquait le duo pourrait palier à ce manque ? Mieux encore, peut-être qu'elle pourrait devenir plus forte par son biais ?
Tout cela n'était que suppositions et incertitudes mais elle se se sentait prête à prendre le risque, prête à sauter à pieds joints dans l'inconnu pour retrouver sa famille. Ainsi, pleine d'une détermination nouvelle, elle fixa son regard dans celui de Doryl et exprima sa réponse :

- C’est d’accord, je vous suis.
- Bonne nouvelle ! S’exclama alors Doryl, visiblement ravi. Bon, ne traînons pas, on est déjà en r'tard, donc si t'as des affaires à prendre, des adieux à faire, c’est maintenant ou jamais. On t’attends ici.

La jeune Neishaane ne se le fit pas dire deux fois et partit, d'un pas rapide, vers la petite maison de pêcheur qui avait été son refuge ses dernières semaines.
La séparation fut triste et douloureuse, bien qu'elle ait affirmé sa résolution et qu’ils lui aient souhaité le meilleur, et les larmes coulèrent des deux côtés. Elle avait pourtant tenté de garder ses distances avec eux, de ne pas trop s’attacher en sachant qu'elle devrait, un jour, repartir … Mais la douceur et la patience dont ils avaient fait preuve à son égard avaient eu raison d'elle, en cette période où elle avait eu tant besoin de réconfort.
Elle n’avait que peu d’affaires personnelles qu’elle rassembla dans un simple baluchon, emportant également la petite lyre sur laquelle elle avait pris l’habitude de jouer et qu’ils lui offrirent chaleureusement. Ce cadeau lui alla droit au cœur et elle enveloppa l’instrument avec mille et une précautions.
Quand elle les quitta, elle les salua longtemps par de grands signes de main avant de rejoindre le chevalier et son Dragon, restés en retrait. Et lorsque Anduras prit enfin son envol, Alrüne, posant la main sur son ventre en un étrange réflexe, adressa une dernière et silencieuse prière à Kelild avant d’entamer son voyage vers les lointaines et légendaires terres de Tol Orëa.
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