Tol Orëa, la Terre de l'Aube

Le Ciel est notre Empire ... pour Vaincre ... ou pour Mourir !
 
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 V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:34

Alauwyr n'avait pas pu avoir de renseignements plus précis que cela quand à l'énigme posé par l'Oracle pour la recherche des soit-disant artefacts à trouver pour lutter contre ce que préparaient les Vertueux. Une menace importante à ne pas prendre à la légère et qui nécessitait d'être trouvée donc assez rapidement. Trois artefacts à trouver, dans trois points du monde et qui devaient être réunis. Trois objets antiques qui devaient être trouvé au sein des tombes d'anciens héros maîtres-dragons... La belle affaire...C'était avant la tombée des Valherus. Avant qu'ils ne deviennent arrogants et à l'égale des Dieux... Avant de disparaître et que les gens normaux décident de les transformer en légendes et autres mythes... et les valeureux chevaliers-dragons des temps actuels devaient se lancer à la poursuite de chimères pour retrouver la vérité et se fier à peu d'informations liés à des racontars de ménestrels... Qu'il était navrant, selon les dires d'Alauwyr Iskuvar en personne que les fondateurs des Kaerls n'aient pas gardé trace des passées troublés. Cela aurait aidé leurs descendants !

Mais on ne refait pas l'histoire. On avait cherché à oublier. Et l'Oracle leur avait donné la voie à suivre. Aux coeurs vaillants de suivre leur instinct et leur intelligence pour retrouver les tombes...

Pour Oren, ce fut la maîtresse Dinjelai et l'aspirant Lordan qui furent désignés pour chercher au sein de ce continent. Avant de partir, ils avaient pu trouver un indice... Les ruines d'un ancien temple dédié à une divinité locale qui volaient dans les cieux sur le dos d'un puissant être divin à peau de serpent et à gueule de crocodile. L'image même un peu caricaturé d'un dragon... Il se trouverait au milieu du coeur anciens des forêt d'Ören... fallait-il le trouver maintenant.....
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:34

Posté par Dinjelai

Dinjelaï, au sortir de l'Interstice, gouta la brise fraiche qui caressait Orën en cette demi-saison. Le continent d'émeraude lui était familier et toujours agréable. Comme à chaque fois, des souvenirs l'assaillirent: une épique chasse à l'aole, de longues soirées en solitaire autour d'un feu, des parties de dés prolongées tard dans la nuit...
Une petite pression des avant-bras de l'Aspirant Céleste la ramenèrent à la réalité. Din tourna la tête et d'une voix suffisamment forte pour être entendue malgré le vent:

Lordan, as-tu déjà parcouru les terres d'Orën?

L'elfe n'avait pas vraiment eu le temps de faire la connaissance du jeune homme dans l'auberge. A peine était-elle arrivée avec Abigael et Alshaïn que la taverne se trouvait emplie d'explorateurs décidés à éliminer les Vertueux. Alauwyr, en bon chef de guerre, avait présenté sommairement des objectifs à une troupe qu'il méprisait visiblement, n'ayant guère l'habitude d'œuvrer de paire avec des Kaerls adverses. Le "capitaine" avait donné ses instructions et désigné les binômes, rompez. Din rechignait, comme souvent, à obéir les yeux fermés, mais l'Aspirant Céleste avec qui elle allait faire équipe avait une mine sympathique. Qui plus est, une rapière battait sa ceinture et cet indice était non négligeable.

Din réajusta son assise sur le dos musculeux d'Anareinth et déplaça légèrement son arc avant que la corde ne lui ouvre la peau fine du sternum. Mentalement, elle indiqua au dragon Blanc où il pouvait atterrir sans risque d'être vu: la clairière où elle avait tué une aole dans la lumière de l'aube, moment magique. Quelques secondes plus tard, après une visite au néant Interstitiel, Anareinth se posa avec souplesse sur une herbe tendre. Din mit rapidement pied à terre et fit quelques pas en direction du ruisseau qui fendait en deux la trouée de verdure. L'elfe prit soin de ne pas écraser quelques iris qui tendaient leurs bulbes épais vers l'eau et enfonça sa gourde dans l'onde claire.
Après avoir fait sa réserve, elle se releva, reboucha avec soin l'outre de peau et la raccrocha à son sac. En quelques enjambées elle rejoignit Lordan Ventaren.

Pfiu! Au moins, nous ne devrions souffrir ni du chaud, ni du froid, contrairement à nos amis!

Dinjelaï s'étira avant de poursuivre plus avant la discussion:

Bon bon, l'énigme semble claire: nous devons retrouver le tombeau en ruine d'un Chevalier Dragon, qui nous attends bien sagement quelque part... Par là?

Pour montrer l'étendue du territoire à visiter, Din tourna lentement sur elle-même, les bras écartés.

Une aiguille dans une botte de foin, non?

L'elfe rit doucement.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:35

Posté par Lordan Ventaren

Quand il apprit qu'il était officiellement envoyé en mission dans un groupe interkael concernant une grave question de sécurité à élucider et à résoudre, Lordan s'en réjouit aussitôt. Il gardait d'excellents souvenirs de ses voyages d'aspirant auprès de son Maître Maëvann Kerr'wan, bien qu'ils ne fussent pas nombreux . Elle l'avait toujours laissé très libre de son emploi du temps, étant elle-même surchargée de devoirs autrement plus importants pour le kaerl et pour elle-même que le programme de formation d'un garçon, somme toute studieux, et qui ne semblait jamais en peine de se trouver une occupation dite sérieuse. Actuellement, il était dans une phase plutôt tournée vers l'étude, l'entraînement méthodique en salle, et de longues séances de lectures, voire d'écriture, dans cette bibliothèque des Archives qu'il aimait tant. A son arrivée au kaerl, c'est là qu'il avait pour la première fois éprouvé l'impression d'être un peu chez lui , écrasé qu'il était par cet univers de beauté et de légende où il se sentait étranger.
Et voilà qu'il se retrouvait emporté derrière un Maître du Màr Luimë, une dame Elfe importante, Djinjelaï Al'Ysiria, ayant des responsabilités diplomatiques ou il ne savait trop quoi . Tous les soirs ou presque, il se disait qu'il devrait se mettre sérieusement à étudier les situations politiques des kaerls, les moments importants de l'histoire des relations entre les differents pouvoirs, les tensions , les rivalités en cours, et en priorité les fils complexes de l'organisation de son propre Kaerl . Mais comme il n'avait aucune hésitation quant à savoir vers qui allait sa loyauté, il ne se sentait pas vraiment obligé d'en savoir plus . Il considérait Dame Heryn comme intouchable, Maëvann comme irréprochable, Peddyr Avanaël et Istvan Sarkanys comme de nobles modèles de l'idéal chevaleresque et Nalesean de Dalneÿs comme l'image même du Savoir qui vous donne envie d'apprendre . Il était tout à fait prêt à mourir pour eux et pour n'importe lequel des Dragons, parce qu'il les considérait comme les meilleurs représentant des valeurs qui pouvaient donner un sens à l'existence . Longtemps il avait craint que ces idéaux ne soient que rêves irréalisables, et voilà qu'il avait rencontré des êtres qui les incarnaient dans leur personne et leurs actions. Alors tout était devenu simple et il suivait ses maîtres comme un enfant suit son père, mais un père que l'on aurait choisi et qui vous aurait accepté. Son enthousiasme l'avait donc poussé à négliger une autre motivation à ce dévouement au Màr Menel, fondée celle-là sur des connaissances précises et un raisonnement dialectique, non sur une sorte de certitude irréfléchie .Parfois, il se reprochait ce manque de curiosité, d'esprit critique, et il se promettait d'y remédier au plus tôt . Il n'avait même pas pris soin de se documenter en profondeur sur les Familles qui sous-tendaient l'ordre social et les orientations politiques. Il n'était même pas sûr d'en savoir toujours calligraphier correctement les noms. Oui, à son retour, il irait aux Archives et travaillerait la question.

Pour l'instant, l'heure était au service actif. A la taverne, quand le chef de la mission, Alauwyr Iskuvar, avait constitué les équipes, Lordan n'avait guère apprécié de retrouver ce Maître Ardent , entrevu lors des journées des Soins, et qui semblait incapable d'un sourire autre que sarcastique ou méprisant. Mais si Legundir Unarion acceptait de partir avec lui, c'est qu'il était l'homme de la situation . Tout avait été très vite après cette sombre réunion à Lòmëanor et maintenant, Anareinth venait de prendre son envol.
Comme on l'y invita, il posa ses mains sur les épaules de la maîtresse blanche ; il se sentait un peu lourdaud , n'ayant jamais voyagé sur un dragon de taille relativement réduite, mais Anareinth n'en était pas moins un dragon, auprès duquel on se sentait toujours un peu nain. Anareinth...Lordan se demanda comment ce nom s'écrivait . Le son était musical, presque doux, comme un prénom féminin ou un nom de fleur rare . Rare aussi, le fait qu'un dragon mâle se lie à une femme. L'aspirant avait salué poliment celui qui allait le transporter, s'attendant presque à entendre un Ah non, pas celui-là ! , mais le blanc aux écailles nacrées n'avait pas même semblé frémir sous son poids. Et Lordan avait donc pu ressentir à plein la joie de se sentir emporté dans le sifflement des ailes déployées, souffle puissant de l'énergie du monde.
Un autre motif de contentement était leur destination : l'Orën, la verte Orën des ballades anciennes, où les eaux ruissellent entre des collines douces, où même les montagnes sont à la mesure humaine et où les forêts ondulent doucement leurs houles vertes sous les nuages venus de l'océan. ..l'Orën , le continent d'émeraude, fait pour le plaisir des yeux et la douceur de vivre..


-Mon pays, quoi ...même si je ne viens pas de la zone des grandes forêts . Mais le Chevalier Jornwill les connaît et il m'en a parlé comme de lieux surprenants, bien plus remplis de mystères qu'on le croit . On parle toujours de l'Orën civilisé, aux terres fertiles, aux nombreux états, aux cités reines et aux ports florissants, mais il y a aussi l'Orën des cultes anciens, étranges, des savoirs à demi-oubliés, des druides vivant au creux des chênaies , des devineresses, qui appellent les démons de l'avenir en dansant aux rayons de la lune, des sombres invocateurs qui manipulent l'orage et le vent et chevauchent éclairs et tempêtes. La dame qui est devant moi a l'air de savoir où elle va..Elle est très jeune. Mais avec les Elfes, on ne sait jamais . Elle est aussi fort jolie, avec un très ravissant ovale de visage . Mais les elfes sont toujours jolies, même quand elles ne ressemblent pas tout à fait à des elfes, comme Annaëya et ses beaux cheveux bleus . Je lui ai envoyé une missive pour dire que je partais en mission. J'espère qu'elle sera là à mon retour . Son maître la trimballe un peu partout...En tout cas, je n'ai jamais vu des yeux mauves aussi mauves que ceux de cette Maîtresse Blanche ; et vraiment mauves , pas violet,améthyste ou lilas, non, mauve mauve. c'est très rare . Le mauve relève du magenta, le violet de l'indigo . En symbolique des couleurs, il faudrait ...


Il fut interrompu dans sa rêverie par la voix de la Chevalière :


-Lordan, as-tu déjà parcouru les terres d'Orën ?


-Oui, ma Dame ; mais parcouru est un grand mot . Je ne connais bien que la côte Nord-Ouest d'où je viens, vers l'archipel des Errants . J'ai visité quelques ports, une ou deux grandes villes, mais c'est tout.


L'interstice s'annonçait et Lordan se replia un instant sur lui-même, comme s'il s'efforçait de rentrer dans une carapace qui le protégerait de cet affreux moment . Comme toujours, il en sortit soulagé que ce soit déjà fini et qu'il soit toujours vivant. Il dégagea précipitamment ses bras qu'il avait dû resserrer sans s'en rendre compte sur le dos de la chevalière, et il se laissa submerger par la vision d'un paysage de forêts remplissant tout le cercle de l'horizon . Il éprouva l'impression exaltante de contempler « d'en haut le monde en sa rondeur ». Mais déjà les frondaisons se précipitaient au devant des voyageurs, déjà on distinguait une clairière, déjà Anareinth se posait et repliait ses ailes , ramenant toutes choses aux dimensions ordinaires . Lordan se retrouvait modestement lui-même, après s'être un instant cru l'égal des dieux. N'empêche, ces instants-là valaient qu'on subisse l'horreur de l'Interstice.


Dinjelaï Al'Ysiria s'activait déjà à remplir sa gourde. Lordan s'apprêtait à l'imiter mais il hésita un instant . Il portait une rapière et la longue lame le gênait . Il avait cru bon de prendre cette arme pour voir comment il se débrouillerait en dehors de l'entraînement. Son Maître d'armes lui avait conseillé de ne pas s'exercer seulement avec son cher Katana et de tester un peu ses possibilités en variant le choix de ses lames. Il lui avait vanté l'allure martiale de la longue épée et Lordan s'était laissé convaincre, mais il se sentait mal à l'aise avec cette rapière qui lui battait les mollets ; tant pis pour l'allure martiale. Il fit demi-tour vers le paquetage qu'avait emporté la Chevalière et où il avait placé son propre sac, tout en répondant à sa remarque sur le climat d'Oren :


-C'est certain qu'il y a aussi moins de sales bestioles qu'en Qahra , même si la faune comporte des espèces dangereuses.

Dinjelaï Al'Ysiria reprit la parole sur un ton comme amusé. Lordan ne ressentait rien de solennel ou d'autoritaire dans ses remarques ni dans ses gestes. Il la vit tournoyer joliment tout en riant, après qu'elle eut évoqué l'incertitude de leur destination. La grâce et la légèreté des Elfes le faisaient toujours fondre . Ils étaient magiques, même sans magie, et semblaient avoir en eux la pureté des premières aubes sur les sylves, quand le monde était jeune , avant que l'histoire humaine ne commence son cours chaotique. Il eut un petit sourire à peine esquissé et toussota un peu pour se ramener à l'instant présent :


-Il faudrait trouver un endroit où l'on nous parlera de ce qu'on trouve en matière de temples abandonnés , de préférence maudits et à coup sûr, peuplés de créatures repoussantes , et aussi de tombeaux maléfiques parsemant la région ...S'il vous plaît, je voudrais changer d'arme. M'autorisez-vous à remplacer cette fichue rapière par un katana ? J'en ai apporté un ..c'est moins spectaculaire, mais ..je ne risque pas de me prendre les pieds dedans..






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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:35

Posté par Dinjelai

Dinjelaï hocha la tête à la sage remarque de son nouveau partenaire, trouver une source de documentation, une bible de savoir qui les aiguillerait. Malheureusement, elle n'avait pas cela dans son registre de connaissance. A deux lieues de la clairière dans laquelle ils se trouvaient, un petit village se tenait coincé entre deux collines. Une centaine d'âmes, pas d'avantage, et une unique taverne. Si leur mission les avait envoyés sur Ys, Din aurait mis le cap sur Brirenheau sans l'ombre d'une hésitation, et elle aurait pu se rendre chez son ami Maître Friagrïn, libraire et grand érudit dans le domaine des prophéties en tous genres. Mais elle n'était pas sur Ys. Et les verts sous-bois d'Orën leur tendaient les bras, gardant bien enfouis sous leurs racines leurs secrets centenaires.

La seule bibliothèque de savoir des environs est la taverne de la Vive Aole. Certes, ses clients réguliers sont indisposés dès la tombée de la nuit, mais si nous pressons le pas, nous y serions bien avant les premières pintes. En plus de leurs histoire, nous pourrions faire une faveur aux vieux du village en nous renseignant sur les récits de la région qu'ils ne racontent jamais assez à leur goût.

Un sourire amusé étira les lèvres de l'elfe. En renouant ses liens d'amour avec l'Itinérance, l'aventure, Din percevait l'adrénaline qui commençait à se déverser dans les veines. Elle inspira profondément. La question sur l'armement de son compagnon l'intrigua au plus au point, et elle ne fit pas d'effort pour le cacher:

Je t'en prie, Lordan, nous sommes compagnons désormais, nos destins vont se tisser sur la route que nous allons parcourir, mêler leurs couleurs et changer le fil de nos vies respectives... Le sourire de l'elfe s'élargit, elle manquait volontairement de clarté, mais cela l'amusait: Aussi, pour tout ce que nous allons vivre ensemble, je te demande une chose: cesse de me vouvoyer!

Din se laissa aller à un rire franc, et se dirigea vers Anareinth pour détacher ses dernières affaires et dire au revoir à son Lié.

Pour ton katana... Ma foi, si tu ne me demande pas de m'en servir moi-même, je n'y vois pas d'inconvénient! Pour ma part, je serais plutôt ennuyée de me trouver obligée au combat rapproché, je n'ai que deux dagues avec moi. * Mais quelles dagues...*

Puisque l'idée de se rendre au village pour tenter de se mettre sur une piste, si vague soit-elle, semblait la meilleure - ou la seule - qui se présentait à eux pour l'instant, Lordan et Dinjelaï se mirent rapidement en route. L'elfe mena son compagnon Céleste sur une piste de chasseur, longeant le ruisseau et ils arrivèrent à l'orée du bois moins d'une demi-heure plus tard. Sous leurs yeux, en contrebas, quelques fumées éparses dans le ciel bleu trahissait la présence de bipèdes, quelque fut leur race. C'était leur destination.
L'après-midi était clair et doux, tout à fait propice aux conversations et aux nouvelles connaissances...

Ainsi, tu es pour ainsi dire de la région. L'Archipel des Errants, coin étrange, non? Tu fais partie des enfants qui ont été ramenés au rivage?

Din n'était plus tout à fait sûre d'elle en prononçant ses mots, mais il lui semblait qu'une légende en faisait mention...





[HRP] Je suis désolée de cette fin un peu baclée, le temps me manque pour faire mieux, promis, je me rattraperais la prochaine fois!
PS: encore plus désolée d'avoir donné un mauvais indice, n'hésite pas à me MP si je dépasse les bornes, ou simplement pour discuter de notre façon de RP!
PPS: je n'ai pas de trame définie, prends toutes les initiatives que tu souhaites, c'est comme ça qu'on se surprendra mutuellement ;)
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:35

Posté par Lordan

Dinjelaï évoqua brièvement le plus proche village habité et son auberge, dont le nom faisait référence à l'un des animaux devenus presque légendaires en Orën . On trouvait encore quelques fermes d'élevage dans le sud, mais la suspicion des paysans, face aux dégâts que pouvait causer un troupeau d'aoles en liberté, ne poussait pas à les multiplier. Lordan se dit qu'on pouvait peut-être encore apercevoir des aoles sauvages dans cette région , d'où le nom de l'auberge.
La suite du discours de la Maîtresse Blanche le prit un peu au dépourvu, bien qu'il en appréciât la simplicité affable et l'esprit d'équipe . Cependant, il réfléchit un peu avant de répondre trop vite.. Il se connaissait et ne voulait pas s'avancer pour ensuite devoir se faire des reproches et se sentir maladroit. Enfin il répondit, tout en rangeant sa rapière et sortant son katana :


-Je vous remercie de me considérer ainsi, mais je ne suis qu'un aspirant et non des plus avancés dans sa formation ; je ne sais pas encore très bien en quoi me spécialiser . Je ne suis pas un guerrier de vocation et je connais mieux les arbres que les armes. Je n'ai jamais eu à défendre ma vie face à un ennemi véritable dans un combat réel, je n'ai expérimenté de vraiment dangereux que des rixes de marins, où je me suis trouvé coincé presque malgré moi.. Mais je commence à savoir me servir de ce katana, je veux faire correctement mon devoir et vous servir, comme il sied à un assistant auprès d'un Maître Dragon.


Lordan se tenait droit, un peu méfiant, un peu inquiet, mais décidé à ne pas partir sur des à-peu-près pour commencer cette mission. Les concessions que l'on fait par politesse peuvent devenir de véritables nuisances, comme des bottes choisies trop étroites avant une randonnée. Il poursuivit, tout en bouclant son baudrier, car il portait son katana dans le dos :


-Pardonnez-moi si je n'arrive pas à vous tutoyer facilement ; je viens d'une région où les hommes ne tutoient que leur mère, leur épouse et leurs filles et à l'opposé, les femmes qu'ils méprisent . J'allais justement vous demander quel titre je devais utiliser pour m'adresser à vous. . Je suis confus d'admettre mon ignorance des usages de votre Kaerl. Au Màr Menel, je vous appellerais Maître, qui est le plus beau titre, quand il est dit par respect et non par obligation . Mais je ferai de mon mieux pour vous satisfaire.


Tout en mettant sa lame en place d'un geste net et martial, mais avec un demi-sourire d'amusement , montrant qu'il n'était pas dupe de cette petite démonstration virile, il se corrigea donc:


...Je ferai de mon mieux pour te satisfaire, Dinjelai Al'Ysiria !


Il ajouta , puisqu'on parlait arme :


-J'ai un peu pratiqué l'arc long, autrefois, mais je ne me suis pas entraîné sérieusement depuis mon arrivée au Kaerl . Il y a tellement de sujets d'études et de types de formation. La rapière, c'est bon pour les duels . Un sabre, on peut s'en servir même pour ne découper qu'un cuissot de chevreuil..


Pendant que Dinjelaï commençait à trier les affaires qu'elle jugeait nécessaires à la mission, Lordan rangea quelques objets personnels dans une poche de cuir qu'il portait en bandoulière à plat sur la hanche . Le port du katana dans la ceinture avait grande allure quand on marchait en basculant la longue poignée vers l'avant, mais il ne glissait sa lame dans la ceinture, selon la tradition , que pour se présenter devant le maître d'armes. Sinon, il la portait dans le dos, comme en campagne, quand on peut être conduit à escalader des pentes raides, des rochers ou des murailles abruptes et qu'il faut garder le libre usage de ses mains. Il pouvait ainsi arriver même à oublier qu'il était armé quand il était d'humeur paisible et bucolique, ce qui ne l'empêchait pas de prendre plaisir à l'allure très 'soldat d'élite' qu'il savait que cela lui donnait quand il s'entraînait sur les murs d'escalade.
Il regarda autour de lui . La clairière était bordée d'arbres anciens dont quelques uns lui étaient inconnus . Mais il n'était pas là en tant que botaniste et il ne leur jeta qu'un regard rapide . D'ailleurs l'Elfe s'apprêtait au départ et Lordan la suivit sur la piste qu'elle dénicha sans peine au milieu des buissons.
Il était dans les meilleures dispositions du monde, heureux de retrouver le climat tempéré et les lumières changeantes de l'Orën, la végétation familière, vigoureuse mais sans l'exubérance tentaculaire,le pullulement malsain des jungles et les étrangetés suspectes des tropiques . Des oiseaux chantaient et il connaissait leurs noms . Tiens, une troupe de mésanges à longue queue qui babille en continu, et voilà le ricanement d'un pivert et puis le doux luolio luolio d'un loriot couleur de soleil.. Dinjelai marchait vite, avec la légéreté des elfes et des coureurs des bois . Lordan suivait sans peine en longues enjambées et ce mouvement continu et régulier suffisait à sa pensée, qui s'y rythmait, se laissait contenir par le jeu des muscles et la sensation du déplacement, cessait de s'effilocher dans tous les sens, n'était plus qu'une petite voix intérieure qui mesurait le temps à la longueur d'un pas.. Il pouvait ainsi marcher pendant des heures, en silence, en paix avec lui-même et avec le monde.
Quand Dinjelaï lui rappela ses origines orëniennes et évoqua l'archipel des Errants, Lordan éprouva une sensation étrange . Son passé était là, en lui, mais il eut l'impression qu'il allait parler d'un autre que lui-même. Quand il avait débarqué sur Tol Orëa, l'ancien Lordan s'était éloigné irrémédiablement, resté cloué dans un autrefois brumeux, comme une silhouette sur un quai quand le navire prend la mer. Mais la demande formulée était simple et il répondit de même, en espérant que la jeune femme révélerait elle aussi, à l'occasion, quelques traits qui faciliteraient les échanges entre eux . Il était de plus en plus intéressé par les Engloutis, malgré ce nom terrible ..Paradoxalement, seuls les Ardents possédaient un nom qui lui plaisait, flamboyant, passionné,comme illuminé. Certes,illuminé de lumières infernales et de reflets d'incendies, mais qui renvoyait les Neutres du Màr Luïmè à leur pénombre glauque et les Célestes du Màr Menel à des images pastel de ballons d'enfants ou de pâles figures d'anges anémiés. Non qu'il fût ébranlé dans sa certitude que le Kaerl céleste était celui qui lui convenait et même qu'il avait une supériorité morale indéniable sur les deux autres . Mais enfin, les deux Neutres qu'il avait réellement approchés- Ukhof Dyenrea et Dinjelaï ne lui semblaient en rien étrangers. Ils n'étaient pas différents,dans les rapports quotidiens, des plus courtois des Célestes, qui, d'ailleurs, ne l'étaient pas toujours. . Rien à voir avec les esprits froids, calculateurs, terre à terre, qu'il avait imaginés. Il répondit donc simplement:


-Je suis bien un enfant trouvé à Kalmerque, dans l'Archipel des Errants, mais le peuple de la mer réclame toujours les siens quand les beaux jours reviennent et personne ne m'a réclamé. En fait, je viens de Westornia sur la côte, un bourg de pêcheurs,ou ma mère, veuve, m'a élevé . Et je n'ai pas les yeux hypnotiseurs des Errants, même s'ils sont d'un bleu que certains trouvent un peu bizarre . Et aucun pouvoir magique . J'ai quitté mon apprentissage d'herboriste-soignant à dix-sept ans et passé plus de trois ans comme matelot sur des navires au long cours. Je venais de prendre la succession de mon Maître quand Draveÿn m'a trouvé .


Et il ajouta parce qu'il ne pouvait pas laisser son vénéré et bien-aimé Maître Theogal réduit à l'état de simple figurant dans ce bref résumé de sa vie :


-Mon Maître est le plus savant, le plus habile et le plus réputé des guérisseurs de toute la région et c'est aussi le meilleur des hommes . Il aurait mérité que les Dragons viennent le chercher .


Il se tut, très ému, presqu'au bord des larmes, comme à chaque fois qu'il se hasardait à parler de son vieux maître.


Dinjelaï s'était arrêtée . On se trouvait sur la crête d'une vallée où se nichait le village signalé dont la jeune femme observa un instant les fumées. Lordan, pour se reprendre, releva la tête et laissa son regard se perdre de l'autre côté de la vallée, le long de l'horizon, entièrement ourlé d'un sombre moutonnement forestier. Il pensa que son émotion pouvait déplaire à une Neutre qui y verrait peut-être un indice de mollesse et de sensiblerie déplacée . Mais il n'y pouvait rien. Et il ne voulait rien d'autre qu'être ému jusqu'au fond de son coeur quand il parlait de son maître . Cette émotion lui prouvait que le regard vif et le sourire malin du vieillard existait encore, au moins quelque part en lui-même, dans le meilleur de lui-même
. Mais soudain Lordan fixa son regard errant sur un détail insolite, un espace gris qu'on distinguait au loin dans le foisonnement végétal . C'était indiscutablement un mur et même un haut mur puisqu'il atteignait la cime des arbres . Des lignes verticales le structuraient, soulignant qu'il s'agissait d'une architecture évoluée . Il tendit l'index vers l'endroit en s'exclamant:


-Oh ! regardez ..les villageois vont au moins devoir nous parler de ce bâtiment ..c'est peut-être le temple maudit dont nous parlions ..ce serait trop extraordinaire, mais on devrait pouvoir en tirer quelques indices ..
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:35

En effet, on pouvait observer les ruines de ce qui semblait être un reste de mur. Cela pourrait être une forteresse tomber dans l'oubli comme un vieux reste de moulin. Mais à la végétation, en remontant plus haut le regard, on pourra vite constater que les ruines devaient encore s'étendre plus en profondeur dans cette nature verte et foisonnante. Et il fut logique que les villageois puissent posséder des informations quand à la nature exacte de ces ruines. Mais attention aux flokores et aux légendes. Bien des choses se déforment avec le temps.

Nos deux aventuriers pourront autant rencontrer des villageois un peu superstitueux, mais qui parleront d'un ancien lieu de dévotion, ou d'autres qui garderont le silence. Lieu de dévotion aussi où on pourrait aisément entendre parler de sacrifie impi ou alors de ferveur pour les anciens dieux volants.... La recherche ne pourrait que se peaufiner encore plus dans les pages parcheminés des anciens ouvrages de la bibliothèque...
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:36

Posté par Dinjelai

Le regard perdu sur les fumées qui s'étiolaient au-dessus du petit village, Din gardait le silence. Non pas qu'une information extraordinaire ne lui ait clôt les lèvres de surprise. Non pas que la beauté du lieu la transcendait au point de la rendre muette. C'était bien l'émotion qui étreignait la voix de Lordan qui la laissait coite. Cette dernière phrase sur son Maître trahissait un amour profond et nostalgique, et comme d'habitude face à ce genre de sentiment, Dinjelaï ne savait pas quoi répondre.
Quelle étrangeté que les Célestes... Lordan tout particulièrement semblait animé de cette étincelle qui avait manqué à l'elfe, au point de causer son départ du Rocher Flottant. Comment la définir exactement? Din se posa la question, alors que son regard faussement concentré scrutait l'horizon: était-ce que les Célestes se passionnaient de chaque vie qui côtoyait la leur? L'elfe n'avait de véritable amour que pour Anareinth, tous les échecs de ses relations amoureuses se faisaient un malin plaisir a le lui rappeler de la plus cruelle des manières.
La Maîtresse Blanche en était là de ces considérations métaphysiques, une petite boule d'appréhension dans la gorge - et si cet Aspirant lui tombait dans les bras en pleurant? Quelle catastrophe... - quand Lordan pointa du doigt un objet au loin en s'exclamant, toute tristesse apparemment évanouie. Dinjelaï sauta sur l'occasion toute offerte de changer de sujet:

Quoi donc? Mais... Pourtant, il me semblait connaître plutôt bien le coin, et... Tu as raison Lordan, bonne vue pour un humain, on dirait bien un temple qui s'élève sous les frondaisons...

Din passa sa main dans ses cheveux ébouriffés, étonnée et déstabilisée de la présence de cet étrange bâtiment...

J'ai du mal à comprendre... Un monument d'une telle ampleur ne peut s'être construit en un jour... Allons, il faut vraiment en savoir plus là-dessus!

Plus que Lordan, la Maîtresse Blanche était soucieuse: la Vive Aole avait été un temps son point de chute favori, mais jamais elle n'avait entendu parlé d'un Temple... D'un geste du menton, elle invita son compagnon de route à accélérer la cadence, et moins d'une demi-heure plus tard, ils pénétraient tous deux dans l'enceinte du village. Din observait les visages des passants alors que leurs pas les menaient jusqu'à la taverne, rien n'avait changé et pourtant... Pourtant l'ambiance n'était plus la même. Détail presque insignifiant: autrefois les villageois étaient vêtus comme tous les paysans du continent: chausses larges et rapiécées en toile brute, chemises anciennement colorées de rouge ou de bleu, ayant viré au pastel sous la caresse perpétuelle du soleil plus que par l'action d'une lessive qu'ils ne voyaient que rarement... Din repéra plusieurs toges sombres, peu propices aux travaux des champs. Inquiète, elle adressa un regard à Lordan et se mit à sa hauteur pour lui glisser à l'oreille:

Des choses ont changées ici. Nous sommes un couple de la côte Est, passionnés d'Aoles et à la recherche des derniers spécimens sauvages, d'accord?

Sans prendre le temps de s'assurer que Lordan avait bien compris le message, Din se composa un visage souriant et curieux et s'exclama alors qu'un Toge-Noire passait à côté d'eux:

L'endroit est vraiment charmant mon chéri! Crois-tu que c'est en ce lieu que vivent les dernières Aoles d'Orën?

Din se sentit extrêmement stupide à emprunter une voix si superficielle, mais tâcha de ne pas se déconcentrer. Il était peu probable que des gens la reconnaissent ici, en plein jour, cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'était plus redescendu en Orën, sept ou huit ans peut-être. Elle passa sa main sous le bras de son "époux", et adressa une courte prière à Flarmya pour qu'il ne rougisse pas comme une pivoine et qu'il sache se montrer un acteur convainquant. Ils arrivèrent bientôt, bras dessus, bras dessous, à la taverne de la Vive Aole...
A cette heure, l'auberge était presque vide, et Din quitta le contact de Lordan, sans cesser de jouer son petit jeu:

Tu t'occupes de nous réserver une chambre mon amour?

En bonne épouse fatiguée par un long voyage à pied, Din s'assit devant le comptoir et fit un petit signe à l'aubergiste pour commander deux plats du jour:

Oh, il est encore très tôt j'en ai bien conscience, mais notre marche nous a donné très faim, d'autant que nous n'avons pas eu la récompense tant attendue! Sur le ton de la confidence elle ajouta: Nous venons pour voir les dernières Aoles sauvages du continent!

Sur ce, l'homme, plutôt bavard, éclata d'un rire franc, et désigna un trophée de chasse qui trônait au-dessus de la cheminée. Le doux regard de verre d'une aole contemplait la salle pour l'éternité. Din en ressentit une légère tristesse.

La voilà la dernière aole madame! Ca fait plusieurs années qu'elles ont quitté la région vos bestioles! Et entre nous, ça n'est pas un mal, elles mettaient les champs dans un état!

Lordan fit son apparition, et rejoignit l'elfe sur l'un des hauts tabourets face au comptoir. L'aubergiste s'éclipsa un bref moment pour chercher les plats qui réchauffaient et revint avec deux gamelles énormes:

A cette heure, y'a que les restes d'hier soir! Mais pour me faire pardonner, je vous ai mis double ration!

Din dégluti difficilement et adressa un sourire "ravi" à leur hôte: la nourriture n'était qu'un prétexte pour s'attabler au comptoir et discuter avec un aubergiste locace. En fait, à cette heure, elle aurait préférer commander un lait froid, mais cela collait mal avec l'image de voyageurs qu'ils voulaient donner...

Je suis tellement déçue pour les aoles... C'était un rêve de petite fille que d'en voir une ici... Din poussa un profond soupir... Y a-t-il quelque chose d'intéressant à visiter dans les environs? Une source magique ou bien un temple? Mon époux et moi sommes très pieux vous voyez... Se hâta t-elle de compléter en voyant la mine de l'aubergiste s'assombrir... Elle glissa un regard ennuyé à Lordan, et prit une bouchée de ragoût tiède, faisant durer le silence pour inciter l'homme à parler, ce qu'il fit sans trop se forcer, appuyant ses deux paumes bien à plat sur le comptoir:

Et ben, si vous êtes très pieux, y'a plutôt un endroit où je vous déconseille de vous rendre... C'est le Temple Vertutem sur les collines au Nord. Vous l'avez peut-être vu en arrivant, il est gigantesque... Il marqua une pause et regarda autour de lui, comme pour vérifier que personne ne l'écoutait: Il a poussé en trois jours, vous croyez que c'est normal? Certains vous dirons que c'est un miracle, qu'il existait dans les Légendes anciennes, et patati... Je crois en Ouranos moi, et je fais mes offrandes à Gaïa pour chaque fête des Moissons, je ne suis pas païen! N'empêche que j'ai un peu de sens pratique: les temples qui sortent de terre, moi, j'me méfie! D'autant qu'il s'y passe de drôles de choses par là-bas...

Din avait adopté un masque d'effroi, hochant la tête à chaque inflexion de voix de l'aubergiste. Lorsqu'il eut fini son discours, Lordan et elle tentèrent de le questionner, mais il n'en dit pas davantage... Prétextant avoir eu trop peur, Din repoussa son assiette:

Toute cette histoire m'a donné la chaire de poule mon amour... Si nous allions nous reposer un petit peu, je suis fatiguée de notre longue marche...

L'oeillade qu'elle jeta, à dessin, sur Lordan, déclencha un nouvel éclat de rire de l'aubergiste, et il n'hésita pas à donner son avis, dispersant ainsi les derniers échos de leur conversation:

Quand une femme te regarde comme ça mon gars, ne la fait pas attendre! Ahaha!

Din sourit et n'eut pas besoin de se forcer pour rougir. Les deux compagnons de voyage montèrent à l'étage où se trouvaient leur chambre. Hélas, le lit était minuscule, impossible de dormir autrement que l'un contre l'autre. L'elfe eut une petite moue puis rit doucement:

Et bien... Dans quelle aventure nous sommes nous lancés Lordan... Nous ne nous connaissions pas ce matin, et voilà que nous partageons la même chambre.... Je trouve que cela va un peu vite entre nous!

Elle eut un nouveau rire taquin. Comme à chaque fois, elle aimait bien bousculer un peu la moralité de ceux qui lui paraissaient trop timides. Din posa son sac dans un coin et s'assit sur le lit en soupirant, il était temps de partager les informations qu'ils avaient déduits chacun de leur côté. Elle commença:

Bon, si je résume: il y a un temple "Vertutem", ça ne sort pas de nulle part! Qui s'est construit en une nuit dans les collines au Nord, et qui correspond au monument gigantesque que l'on a aperçu dès notre arrivée. Il y a un village qui a radicalement changé de population: tous ces hommes en robe de prêtres n'étaient pas là à mon dernier passage, j'en mettrais ma main au feu! Et pour finir, il y a un aubergiste qui se méfie de l'usage du terme "miracle"... C'est qu'ils ne doivent pas être nombreux dans la ville à penser comme lui je présume.
J'ai l'impression que les Toges-Noires que nous avons vu répandent la rumeur de textes anciens et prophétiques pour justifier leur arrivée impromptue... Qu'est-ce que tu en penses?


Après qu'ils eurent fini de mettre en commun leurs déductions, Din ne put s'empêcher d'annoncer avec le sourire: Je crois que je vais prendre un bain! Elle se hâta de compléter en voyant la mine de Lordan: Mais les premiers habitués ont dû arriver, tu n'es pas obligé de rester!

En guise de dernière provocation, elle lui tira la langue en riant, avant qu'il ne disparaisse en poussant la porte derrière lui.



[hrp] Toujours d'accord avec l'avancée des choses?

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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:36

Posté par Lordan

Lordan s'était repris très vite. Il espéra ne pas avoir heurté les règles du comportement social chez les Neutres , en livrant ainsi des émotions si spontanées, alors que la question de l'Elfe était sans doute de simple curiosité intellectuelle et pragmatique. Les neutres rejoignaient-ils leur kaerl en coupant une fois pour toutes les liens qui les rattachaient à leur patrie ? Mais comment parler de ce qu'on a vécu sans évoquer ceux qu'on aimait et qui donnent encore maintenant un sens à ce qu'on est devenu? Et comment évoquer le passé sans tristesse, cette suite de séparations, d'abandons et de pertes irréparables, s'enchaînant jusqu'à à ce présent sur lequel nous nous tenons en perpétuel déséquilibre .
Cependant, le présent, c'était aussi ce pan de mur trouant de gris clair le vert sombre des forêts dont la vue, en éveillant son intérêt, chassa les ombres des souvenirs. Lordan avait maintenant les yeux brillants plus d'excitation que de larmes refoulées.. Il le tenait, son petit temple maudit, son tombeau habité de spectres ! Bien sûr, on n'y trouverait que des araignées, pas même géantes et des chauves-souris jouant aux petits vampires, mais enfin, on trouverait peut-être aussi une stèle gravée, une statue de dragon, un tombeau couvert de runes magiques et de signes intriguants .
Comme Lordan ignorait l'étendue exacte des connaissances de Dinjelaï sur la région , il fut un peu surpris de sa perplexité devant un détail du paysage dont elle ne se souvenait pas . Puis, en se déplaçant de son côté, il se rendit compte qu'en effet, la construction devait être beaucoup plus vaste qu'il ne l'avait cru . Ce qu'il avait aperçu n'était que l'angle avancé d'un bâtiment qui s'enfonçait dans la végétation et disparaissait derrière la ligne de crête . Et ce n'était pas une ruine. On voyait même l'éclat de toits dorés au dessus de murs qui se révélaient cyclopéens .
Dinjelaï avait l'air vraiment soucieuse et pressa le pas . Lordan la suivit, cherchant à trouver une explication logique à cette brusque apparition d'un temple aussi conséquent dans une région peu peuplée et à l'écart des routes fréquentées de l'Orën..Les dimensions de ce temple transformaient leur découverte en mystère.
Evidemment, les légendes étaient remplies de monuments vagabonds qui apparaissaient en une nuit. L'explication rationnelle qui lui vint à l'esprit était celle fournie par les savants hendécagonistes d'Undomë dont Lordan avait découvert récemment les théories grâce aux Archives . Selon ces sages, le temple pouvait tout simplement être sorti de la onzième dimension qui est , comme chacun devrait le savoir, celle de l'épaisseur du temps, à moins que ce ne soit celle de la mesure du vide ou mieux encore, de l' ultime envers de toute chose. Ouais . Lordan apprécia une fois de plus l'expression. L'ultime envers de toute chose lui fournissait beaucoup pour se distraire dans les moments creux de l'existence. Le simple geste de retourner une chaussette récupérée sous le lit prenait des dimensions métaphysiques..Lordan lisait les ouvrages ésotériques avec autant de scepticisme méfiant que d'intérêt et d'espoir : la Vérité allait peut-être lui sauter aux yeux de manière définitive à la page suivante ..
Mais il n'osa pas suggérer la onzième dimension à Dinjelaï . Elle devait déjà le trouver vaguement suspect après sa petite démonstration renifleuse de tout à l'heure ; elle le jugerait complètement fou s'il parlait des théories hendécagonistes. Dans un monde où une ville-palais dérive en altitude, portée sur le souffle des dieux et sans soulever d'interrogations, il fallait être modeste dans l'hypothèse, sobre dans le raisonnement, et simple dans le choix des mots . La magie évidente et ordinaire expliquait bien suffisamment les choses sans avoir recours à la science hasardeuse et compliquée.


Dinjelaï parut encore plus perplexe quand ils rencontrèrent les premiers villageois . Elle avertit l'aspirant que certains détails lui paraissaient insolites, en lui montrant discrètement des individus en toge brune qui circulaient, sourcils froncés et air hautain. Lordan perçut de suite le recul prudent des paysans à l'approche de l'un de ces entogés, les yeux qui se baissaient, les voix qui se taisaient. En deux secondes, l'Elfe avait élaboré et présenté un plan que Lordan saisit au vol.
Quittant son air soucieux, elle se transforma en une jeune femme mutine et un peu minaudière, qui se mit à lui donner du mon chéri , le prit par le bras et partit en bavardages excités sur les aoles qu'elle voulait tellement voir avant qu'elles ne disparaissent . Lordan, amusé, se sentit tout à fait prêt à jouer son rôle d'époux amateur d'aoles et surtout épris de sa si jolie épouse aux yeux mauves. Il lui sourit avec tendresse et posa même sa grande main sur les doigts fins qui se cramponnaient à sa veste . Il chercha comment ils allaient expliquer leur arrivée bras dessus bras dessous dans ce village perdu. Mais Din agissait avec un tel naturel, accompagnant tout ce qu'elle disait de mines, de moues et de jolis gestes d'écervelée, que les passants la regardaient passer avec un sourire entendu et indulgent plus que méfiant .Et puis il fallait qu'il décide comment appeler sa compagne.. En tout cas « ma chérie »était exclu , évoquant trop la grosse Dame Bazaine, l'épicière de Westornia ,et son petit mari qui ressemblait à un caniche .
L'Elfe entra dans l'auberge en terrain conquis; Lordan la fit asseoir en lui tenant sa chaise comme un époux prévenant, s'arrêta juste au bord d'un baiser dans le cou , dont l'idée lui vint un peu trop spontanément quand il se trouva au dessus d'une nuque délicate où s'écartaient les deux cascades soyeuses de ses cheveux. Il se redressa à temps, mais ne put s'empêcher de sursauter quand elle s'exclama de la voix la plus ordinaire :


Tu t'occupes de nous réserver une chambre, mon amour ?


Lordan, saisi, faillit s'étrangler et répondit, pataugeant dans cette situation dont les virages incessants lui donnaient le vertige:


-Bien sûr . Tout de suite ! et il ajouta aussitôt: Ma douce . pour montrer qu'il maîtrisait son rôle .


Soulagé d'avoir échappé au redoutable ma chérie et au terrifiant mon amour, Lordan se dirigea vers l'employé que le patron lui désigna à l'autre bout de la salle en lui disant de voir avec lui . Celui-ci avait une sorte de registre posé sur un coin de table . Lordan n'avait vu ce procédé d'enregistrement des voyageurs que dans quelques très grandes villes policées, mais dans un petit village, c'était plus que surprenant. A la vue de l'air goguenard que l'autre affichait en le voyant venir, il pensa:


°Toi, tu vas me faire une remarque sur le lit . Pourquoi ne peut-on pas se passer de ce genre de sourire en coin ? Si je me marie un jour, je n'irai jamais dans une auberge pendant au moins un an .°


-Vous avez des chambres de libres ?


-Des ?... déjà fâchés ? J'ai une superbe chambre pour deux, avec un lit comme il..


-Bon, bon . coupa Lordan, qui cependant se dit qu'il n'y avait rien que de très normal pour un jeune marié de se sentir un peu gêné . L'employé ajouta:


-Et vous avez des bagages, des montures ?


°Nous y voilà ° .. Non, juste nos paquetages . Un ami nous a déposés et reviendra nous chercher demain . J'espère qu'on aura eu le temps de voir les aoles . Ma.. ma femme y tient beaucoup et moi aussi. On dit que cela porte bonheur..


-Tout à fait juste . Vous aurez autant d'enfants que vous verrez d'aoles, disait-on autrefois . Il n'y en a plus guère mais ne craignez rien, il y a toujours autant de naissances . Gros rire et clin d'oeil . Avec ou sans aoles., on sait comment s'y prendre , hein ?.;Mais ce n'est pas tout ça . Faut que je mette votre nom, là-dessus et d'où vous venez avec votre dame. Et quel est le pourquoi de votre séjour .


-Nous venons de Saramide en Berwendar mais moi je suis de Tramaghel et mon nom est Yanpoll ,époux de Din , fille de Gandolforo. Nous sommes en pélerinage, nous cherchons trois lieux sacrés favorables aux nouveaux époux . Et puis ma femme voulait voir des aoles...


Lordan n'en revint pas de la vitesse avec laquelle il débita sa nouvelle identité, fabriquée sur des noms réels et un diminutif pour Dinjelaï, pour faciliter les choses. Dans de nombreuses régions d'Orën, les patronymes ne se portaient que dans les milieux nobles, instruits ou riches et Lordan pensa préférable de s'en passer . En tout cas , l'employé parut atterré à l'idée de devoir remplir cette cascade de noms et prenant un encrier et un calame épointé, il bougonna :


-Bah, Yanpoll et sa femme Din, ça suffira bien . Et c'est quoi le Berouendar ?


-Une principauté. Assez loin . Vous n'avez qu'à mettre le nom de la ville dont vous dépendez. Nous y sommes passés et nous allons y retourner.


-Karlutz ? Le visage du scribe improvisé s'éclaira à un nom dont il était sûr et en prenant un air concentré, il commença à écrire en grosses lettres simplifiées et irrégulières :IANPOLL, DINe, sa fame, de KarLuTZ, Pelrins .Il poussa un énorme soupir à la fin et Lordan lui demanda, l'air un peu préoccupé:


-Pourquoi ce registre ; c'est l'usage ici ? La région n'est pas sûre ?


Le visage de l'homme se ferma:


-Très sûre . Mais ne quittez pas les abords du village . Certains endroits sont interdits .Et ne me demandez pas pourquoi. Et pour le registre, c'est pas une idée à nous, certes non ! Moi, on me demande de remplir, je remplis . Le patron ne sait pas écrire et moi, si . C'est six sols pour la nuit et on paie d'avance .

-Et qui vous demande de remplir ?


-Le patron . Et l' homme se mit en demeure d'épousseter une étagère , tournant le dos à Lordan.


Lordan déposa ses six sous sur la table, que l'autre rafla aussitôt en se retournant un instant au bruit de la monnaie et l'aspirant revint,pensif, vers le comptoir où l'attendaient Dinjelaï et deux vastes platées qu'il contempla avec un peu d'effroi. Qu'est-ce que cette tête de linotte d'épouse chérie avait encore eu comme idée ? Et puis ça sentait l'oignon et Lordan n'aimait pas les oignons. Ni l'odeur ni le goût ni le nom. Mais Dinjelaï avait l'air aussi ennuyée que lui et il attaqua avec courage la masse de nourriture où les oignons semblaient lui lancer des oeillades obscènes. Il fallait qu'il prévienne sa compagne de leurs nouvelles identités mais celle-ci orientait habilement la conversation vers le temple . Ah, bon, le mari chéri était pieux de surcroît ! Il fut très content de la coîncidence qui lui avait fait choisir le statut de pèlerin. Mais avec ce Temple au centre de leurs préoccupations, cela s'imposait ssez naturellement. Lui qui ne croyait en Flarmya que parce qu'on ne pouvait faire autrement ! Mais il reconnut que Dinjelaï se débrouillait bien pour arriver au sujet qui les intéressait . En tout cas , mieux que lui . Comment allait-elle prendre cette histoire de chambre avec un seul lit ? Il dormirait par terre évidemment, mais elle pourrait penser qu'il manquait de courtoisie en lui imposant sa présence . Il se concentra sur les informations concernant le temple Vertutem .Nom archaïque pour Virtutem ? Tiens,tiens, Ashen avait parlé de Vertueux en rameutant le monde sur la grand-place et messire Alauwyr avait repris le terme .
Le dialogue tourna court . Lordan avait suffisamment mangé d'oignons pour expier tous ses péchés, aussi accueillit-il avec soulagement le désir de se retirer exprimé par sa compagne, avant de se rendre compte en entendant la remarque égrillarde de l'aubergiste que le mot « désir »prenait des significations imprévues dans les circonstances .


Il suivit Djinjelaï qui semblait prendre la situation avec amusement . Il aurait bien voulu en faire autant, mais voilà qu'il ne pouvait s'empêcher de monter l'escalier en pensant à d'autres escaliers montés en d'autres compagnies . En entrant dans la chambre, il était préparé au spectacle du lit pour deux, mais avant même qu'il ouvre la bouche pour expliquer ce qui s'était passé et affirmer qu'il dormirait par terre, la jeune femme se mit à rire et au lieu de paraître gênée des images que l'étroitesse du lit ne pouvait que susciter, elle en fit l'objet d'une plaisanterie ironique .Cela va un peu vite entre nous . Lordan sentait que chez lui, cela allait très vite, trop vite et il resta debout le dos à la porte, comme Dinjelaï s 'asseyait sur le lit . Il n'allait pas s'approcher d'elle, voilà tout . Il repensa à la jolie nuque aperçue tout à l'heure. Si elle savait ce qu'il pensait en ce moment ... Il fourra les mains dans ses poches pour tenir le moins de place possible et limiter les possibilités de mouvements incontrôlés le rapprochant du lit. S'il était parti avec Messire Alauwyr , tout aurait été tellement plus simple.. Heureusement, Din quitta ce badinage que Lordan ne pouvait s'empêcher de trouver un peu consciemment provoquant, tout en se maudissant d'avoir de pareilles idées . Il l'écouta, un peu calmé, repris par le sérieux de leur mission Et quand elle demanda ce qu'il en pensait, il répondit d'une voix qu'il estima normalement timbrée:


-Virtutem est un nom qui me paraît plus que, disons prometteur . Mais nous cherchons des ruines anciennes et un objet, que les Vertueux devraient rechercher aussi, s'ils en connaissent les pouvoirs et le danger qu'il représente pour eux . J'ai cru comprendre qu'en Qahra on a aussi recherché un temple sans le trouver, je crois . J'imagine que la magie peut transférer, au moins pour un certain temps, ce bâtiment en divers endroits . Et que ces Toges Brunes sont venus par ici pour trouver avant nous, ce que nous cherchons . Ce ne serait pas le temple qu'il faudrait essayer de visiter, mais plutôt de voir à quoi ces prêtres passent leur temps en dehors du dit temple et où ils vont .
Ah,je dois vous dire qu'ici on se méfie des nouveaux arrivants .


Il lui raconta la scène avec le registre et précisa les noms qu'il avait donnés:


-Pour Yanpoll, qui est en fait le nom du mari de ma mère, vous pouvez le remplacer par Yanou , et ça s'écrit ave un J prononcé Y .


Il s'aperçut qu'il avait repris le vouvoiement et corrigea .

-Tu peux donc m'appeler Yanou en public.


et comme elle parlait de bain, il se prépara à sortir . Mais elle plaisanta encore et lui tira la langue, reprenant ce ton gamin qui lui allait si bien. Il allait refermer la porte quand il lui vint une idée et il lança à l'Elfe :


-Si tu n'as pas d'objections, je vais aller faire un tour dehors . J'ai vu qu'on peut sortir par le palier, qui donne sur une courette arrière . Je ferai le mur au besoin . Je voudrais bien voir ce qui se passe autour du village . Ferme ta porte à clé .Si je me fais repérer, je dirai que tu es excessivement prude, pudique et pudibonde et que tu ne veux pas que je te voie en train de te récurer partout . Et je suis un mari jaloux. Ferme la fenêtre et tire les rideaux . Tu peux prendre tout le lit . J'ai l'habitude de dormir par terre . D'ailleurs, je ne répondrais pas de ce que ferait l'aspirant Ventaren s'il se met à rêver qu'il est Yanou mari de Din .


Ayant l'impression d'avoir rétabli le score, il descendit les quelques marches, poussa la porte vitrée qui donnait sur un petit escalier extérieur . La cour était fermée mais un grand acacia lui permit de passer le mur sans peine . Le soir s'annonçait ; Lordan vit que la ruelle donnait directement sur quelques jardinets et que la forêt commençait au delà . Il sauta une barrière, prit soin de ne pas écraser les salades et rejoignit l'ombre des buissons puis des arbres .Entendant un bruit d'eau et écartant les branches, il aperçut un joli cours d'eau qui glissait ses eaux fraîches et soyeuses entre les feuillages . C'était une vraie rivière ,et qui semblait profonde dès le bord. Lordan n'hésita pas . Dinjelaï prenait un bain, il en prendrait un aussi . D'ailleurs il sentait l'oignon partout. Il rangea ses vêtements, cacha son katana un peu plus loin, plongea sans bruit et sentit la morsure de l'eau froide avec délice.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:36

Posté par Dinjelai

Après quelques minutes d'inquiétude, concernant la faculté de Lordan a se glisser dans la peau d'un jeune mari, Dinjelaï observa qu'il était bien plus doué qu'elle dans sa comédie. En plongeant dans son bain, l'elfe repensa au souffle de l'Aspirant céleste dans son cou, qu'elle avait bien cru voir s'achever en léger baiser volé. Non pas qu'elle répugnait à ce genre de contact, son hédonisme spontané la poussait à rechercher les plaisirs de la chaire, mais quelque chose lui soufflait qu'il ne fallait pas trop titiller son compagnon d'équipée... Le risque de voir la mission se compliquer dès le premier jour pour cause de troubles relationnels n'était pas à tenter. La dernière phrase de Lordan, ainsi que les sous-entendus non voilés qu'elle contenait, lui revinrent également en mémoire. Elle n'y avait répondu que par un rire amusé, mais à présent, elle réalisait qu'il lui fallait se reprendre.

* Tu as un comportement digne d'une pucelle, ou pire, d'une vieille fille Din! Un peu de calme, un peu de sérieux, il ne serait pas bon de nous disperser... *
** Tu as parfaitement raison, j'approuve! **
* Hey, mais Anareinth! Tu n'es pas obligé d'écouter toutes mes pensées! Et puis où es-tu d'abord?! *
** Je garde un oeil sur notre binôme, mais ne t'en fais pas, je suis bien caché! **


Din ne répondit rien. Il serait bon effectivement de savoir où retrouver Lordan au moment opportun. En attendant, profitant de l'eau tiède, Din tenta de dénouer les fils de la pelote à laquelle ils se trouvaient confrontés... Son cher "Yanou" lui avait fait part du registre qu'il avait dû remplir, avec leurs noms et leur ville d'origine. Cette mesure était particulièrement inhabituelle pour un village de cette taille, où tous les habitants se connaissaient et les rares voyageurs ne faisait halte qu'une seule nuit. Dans l'exposé d'Alauwyr, il était question de recherche d'anciens artefacts protégés par des ruines. De leur utilité, Din ne savait strictement rien, seulement que les Vertueux étaient ouvertement hostiles aux Chevaliers Dragons, qu'ils devenaient donc leurs ennemis et que les Kaerls devaient à tout prix éviter que cette secte étrange ne mette la main sur les objets tant convoités. En Qahra, les missionnaires en toges brunes s'étaient montrés étonnamment sûrs d'eux, raison de plus pour s'inquiéter et pour agir vite...

Din en était là dans ses réflexions quand un éclair d'or, suivi d'un petit pépiement moqueur attira son regard. L'elfe frappa l'eau du plat de la main, éclaboussant le sol, ce qui eut pour seul effet de déclencher une trille joyeuse et le bond dans l'eau mousseuse d'un petit être ailé.

Wirenth! Je t'avais dit de ne pas me suivre, ce n'est pas une promenade hors du Kaerl, c'est une vraie mission, dangereuse!

Un petit museau reptilien, minuscule réplique de celui d'une Reine Céleste, pointa en dehors de l'eau, bientôt suivi par tout un corps d'or brillant et mouillé. Dans l'esprit de Dinjelaï, l'image chaleureuse d'un feu de cheminée s'imposa, à laquelle l'elfe ne put résister. Elle rit et poussa une vaguelette vers la lézarde de feu, l'obligeant à refermer ses paupières internes, translucides.

Tu es une vraie chipie! Nous sommes déjà deux à nous partager cette chambre, tu n'auras pas ta place sur l'oreiller, je te préviens! Consciente d'avoir réussi à faire céder sa liée, la minuscule dorée poussa une trille de satisfaction, terminée dans un étranglement comique lorsque Din appuya sur ses mâchoires pour la faire taire. Plus sérieuse, l'elfe essaya de faire passer les consignes:
Tu restes à une seule condition: silence complet quand il y a des gens autour! Et discrétion absolue! Din relâcha la pression sur la gueule de Wirenth et celle-ci oscilla la tête de gauche à droite en gardant un parfait silence, chose rarissime. La Maîtresse Blanche grattouilla le sommet écailleux de la petite tête dorée en riant.

Elle ne prolongea pas davantage son bain, pas le temps de se prélasser dans l'eau tiède, surtout quand elle pensait que Lordan devait déjà mener son enquête de son côté... Elle se sécha rapidement, enfila ses vêtements de voyage et ferma la porte de l'intérieur. Lordan avait dit avoir trouvé une issue sur le pallier, mais il ne lui semblait pas judicieux d'emprunter le même chemin que son "époux". De la salle principale montaient des éclats de voix: les premiers clients de l'auberge venaient d'entamer leur première bière et ils risquaient d'avantage de la surprendre à cette heure. Din se dirigea vers la fenêtre, suffisamment grande pour lui permettre de passer sans trop se contorsionner, elle était presque accolée à la palissade qui protégeait autrefois le village des invasions barbares. Idéal pour sortir discrètement. Comme Lordan lui avait demandé, elle tira les rideaux et laissa une bougie allumée sur une table, puis elle fit pivoter le carreau sur ses gonds et sans tenter de figure acrobatique, elle se contenta de se suspendre à la margelle de pierre et de se laisser tomber le plus lentement possible. Du premier étage, la chute n'était pas longue.
Une fois en bas, elle longea la palissade pendant quelques minutes jusqu'à tomber sur ce qu'elle cherchait: une mince ouverture, fissure du bois sans doute élargie par des enfants audacieux permettant de s'éclipser discrètement.

Din prit un moment pour se repérer. Elle voulait se rendre directement au temple mystérieux qui, s'il ne correspondait pas à la ruine qu'ils étaient censés trouver, donnerait certainement des indications sur les occupations des Entogés. A la faveur du crépuscule, la Maîtresse Blanche se dirigea vers les collines et le sous-bois qui abritait l'étrange bâtiment... Wirenth avait disparue, restée à l'intérieur de la chambre quand Din s'échappait, mais elle ne se faisait pas de soucis quant aux capacités de sa petite liée de la retrouver à n'importe quel endroit du Raëgh!
Le chemin n'était pas bien long jusqu'au Temple, et la foulée légère de l'elfe l'y mena rapidement. Autour, nulle activité, nul bruissement nocturne témoignant d'une quelconque vie animale. Seul le vent agitait les branches et tirait aux feuilles de mornes soupirs. Immédiatement, l'atmosphère déplu à Dinjelaï. Plutôt surprise, elle remarqua qu'elle pouvait s'approcher du temple sans crainte d'être ennuyée, puisqu'il n'y avait pas âme qui vive aux alentours. Arrivée à un jet de pierre de l'enceinte, Din entreprit de s'avancer sous le couvert des arbres, qui jouxtaient le lieu de culte d'une étrange façon: à la suite d'un chantier si monumental, les architectes font souvent en sorte de dégager l'espace, à la fois pour faciliter le travail des ouvriers et pour exposer leur oeuvre à la vue de tous, et surtout à la vue des Dieux! Mais non, les premiers arbres poussaient à moins de cinq mètres des hauts murs! Prudemment, Din continua son tour de ronde pour essayer de trouver l'entrée... Et après plus d'une demi-heure de marche, elle retomba sur ses pas!

* Mais quelle est donc cette galéjade? Un temple aux tuiles d'or, mais sans porte?! *

Pointilleuse, elle entreprit de faire le tour, plus méthodiquement cette fois-ci. A pas mesurés, aussi prêt qu'elle le pouvait sans compromettre sa sécurité, Din scrutait le mur à la recherche d'indices. Ca et là, des chemins coupaient la forêt, rejoignant le mystérieux bâtiment qui ressemblait de moins en moins à un Temple et de plus en plus à une forteresse... Tout à coup, un grondement sourd vint titiller ses oreilles... Din s'immobilisa et se tapit aussitôt dans un buisson. Le son profond s'amplifia lentement, jusqu'à ce qu'elle distingue des voix et des intonations et que le bruit au début indistinct devienne un véritable psaume... Quelques mètres plus loin, la lueur vacillante d'une torche perça la verdure, suivie bientôt d'une dizaine d'autres, puis d'autres encore. De là où elle était, Din ne pouvait distinguer l'ouverture dans le mur d'enceinte, mais il y en avait forcément une! Les sombres silhouettes des Entogés se découpaient en ombres chinoises à la lumière des flammes et l'elfe assista, tétanisée à une procession d'une bonne cinquantaine de personnes encapuchonnées. Silencieuse et immobile, Din leur laissa prendre une large avance puis s'avança précautionneusement vers le point où la première était apparue. La terre était remuée et les traces de pas indiquaient qu'elle n'avait pas rêvé et que les personnes qu'elle avait vu avaient une enveloppe matérielle qui ne leur permettait pas de passer au travers des murs.

Wirenth... Wirenth?

L'elfe souffla le nom de sa petite liée sous le couvert des arbres. Au loin les dernières lueurs de torches s'éloignaient, permettant l'arrivée de la petite lézarde. Toute source de lumière trahissait inévitablement sa présence en la transformant en une boule à facette mouvante, mais le danger était passé. Din patienta quelques secondes avant de voir la lézarde émerger de l'Interstice. Avant même qu'elle n'émette un son, l'elfe mit son doigt sur ses lèvres pour la dissuader de pousser ses cris de joie coutumiers.

Wirenth, j'ai besoin que tu ailles voir Lordan, le Céleste avec qui je voyage. Tu dois lui dire que je vais suivre les torches, il doit juste être au courant, mais pas venir me rejoindre. Il doit continuer les recherches de son côté! D'accord? Tu vas lui transmettre ce message?

Mais loin d'avoir compris, la petite lézarde, les paupières encore à demi-closes par le sommeil, se contenta d'osciller la tête sans conviction. Sans qu'il n'y ait aucune transmission d'image, Din connaissait le problème: d'abord Lordan n'avait pas été présenté, et puis il faisait nuit, ce n'était pas une heure pour les messages. Un peu contrariée, l'elfe lui progigua quelques rapides caresses en l'enjoignant de se mettre en contact avec Anareinth, lui saurait où trouver l'Aspirant Céleste. Quand Wirenth disparu dans l'Interstice, Din adressa une brève prière à Flarmya pour que sa liée ne soit pas retournée à l'auberge pour attendre tranquillement son retour, puis elle se mit en route, derrière les derniers éclats de lumière qui disparaissaient dans la forêt...





[HRP] Le champ est libre si notre gentil MJ veut nous donner quelques indices!
Lordan, je n'aime pas trop PNJiser les autres, cela me gêne trop! Si tu veux raconter ce qui se passe de ton côté, c'est à toi! Pour Wirenth, j'ai supposé qu'elle viendrait directement te voir, tu peux la jouer à volonté, elle est plutôt joueuse et malicieuse, mais peut se montrer de mauvaise humeur à des heures tardives! C'est à toi de voir ;)
J'espère que le post te conviens!
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:36

Bien des mystères persistaient dans le coeur de la forêt, et là où les Encapuchonnés se rendaient, c'était justement dans une de ces zones dites interdites... Interdites pour les communs, pas pour les personnes qui vouaient un certain culte... Mais un culte à quoi ? Et surtout avec un prétendu temple qui faisaient son apparition soudaine, comme si les dieux eux-mêmes avaient construit de leurs mains l'édifice que précitaient les habitants du coin ? Visiblement la tranquillité des lieux n'était plus ce qu'elle était depuis ces derniers jours. Et ce n'était pas des Aoles là....

Les torches s'enfonçaient donc dans le coeur de la forêt même et si on les suivait pendant dix minutes encore, de loin de préférence, les personnes doués du don pourraient commencer à sentir une drôle de vibration magique. C'était un signe de la présence du Temple. La cinquantaine de personnes se seront lis en cercle devant une statue érodée par le temps qui avait du possédé des écailles d'argent : on en devinait les traces par la présence d'un ou deux fins morceaux encore accrochés sur la pierre. Les prêtes semblaient se mettre en transe et leurs têtes baissaient l'une après l'autre. Un seul restait encore éveillé. Puis doucement, la vibration magique se faisait de plus en plus intense.... Une forme translucide apparut devant ce prêtre.... Elle prit une forme ovale, comme si on étalait de l'eau sur une surface place verticale... Le prêtre s'en approcha et y pénétra.... Une sorte de porte ?

Le mystère s'étendait de plus en plus.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:37

Posté par Lordan

L'obscurité tombait, accentué par l'ombre des arbres se reflétant dans la rivière transformée en une surface d'encre, moirée d'étranges lueurs mouvantes crées par les frisselis du courant. Lordan, rafraîchi et détendu après quelques brasses, sortit avec le moindre bruit possible. Il se sécha avec le chèche de mousseline roulée qu'il transportait toujours dans une des ses poches et qui lui avait déjà servi à maints usages imprévus, et même parfois, affirmait-il en souriant, à se protéger la tête . Il se rhabilla prestement , accrocha son katana dans le dos et mit la longue écharpe à sécher par dessus l'arme en prenant soin que la garde en demeure libre. Puis il se dirigea dans la direction du temple en remontant la rivière pendant un temps.
Le bois était silencieux, c'est à dire rempli de petits bruits furtifs, accompagnement discret du silence dominant. Le ciel dégagé procurait encore une lumière pâle où bientôt monteraient les premières étoiles.

Il repensa à la journée . La rapidité du voyage grâce au passage par l'interstice était une expérience des plus curieuses . Le matin, on était au kaerl et une ou deux heures plus tard, on se retrouvait transporté à des milliers de lieues, en plein coeur d'une aventure dans un pays inconnu.Cela tenait du rêve et l'aspirant vivait ce présent, en se sentant très légèrement détaché du réel et beaucoup plus disponible que lorsqu'il était dans son milieu habituel qui le définissait d'avance et où il se comportait docilement comme prévu..
Ainsi, repassant en esprit son comportement envers Dinjelaï, il s'étonnait d'avoir joué son rôle de mari avec autant de facilité et de plaisir, et même d'en avoir un peu rajouté, alors que, lorsqu'ils s'étaient retrouvés seuls, ce n'était plus du tout nécessaire . Il s'était laissé aller à un badinage qu'il jugeait maintenant quelque peu déplacé. Mais la jeune femme avait sa part dans ce jeu . Lordan se souvenait de ses rires et du plaisir mis à le déstabiliser avec ses 'mon chéri' tout sucrés. Au kaerl, il se serait abrité derrière une réserve courtoise et prudente . Mais là, il se sentait comme en vacances, transporté si vite, si loin, que les règles de conduite n'avaient pas eu le temps de suivre . On avait joué à se faire des clins d'oeil et à se dire des mots qui n'engageaient que l'instant où on se les disait, l'agrément s'augmentant de la satisfaction de berner les spectateurs et de faire avancer la mission. Et puis quel besoin avait eu Dinjelaï d'inventer cette histoire de couple, sinon pour s'amuser un peu à ses dépens? ? avait-il l'air si balourd qu'elle ait pu penser qu'il resterait coi et inoffensif ? Elle aurait pu très bien dire qu'il était son frère et qu'il l'accompagnait en pélerinage. Lordan aurait fait un frère exemplaire . Il pensa avec attendrissement à la manière dont il aurait veillé sur elle . Pas question que l'aubergiste fasse l'ombre d'une réflexion osée en voyant la jolie fille .Il aurait été la vertu fraternelle personnifiée, n'aurait même pas remarqué la jolie nuque de sa soeur, sinon pour empêcher les regards vulgaires de s'y attarder...Il lui aurait rempli son verre d'eau avec le plus grand sérieux et conseillé d'aller se coucher de bonne heure... Et on leur aurait donné deux chambres séparées !
Comme il abordait les premières pentes qui montaient vers le Temple, Lordan rejoignit un sentier étroit, mais bien marqué et même comportant des traces récentes d'élagage à la machette. Il trouva étrange qu'on ait pris soin de l'entretien d'une voie aussi peu propice aux charrois d'un chantier de construction qui entraînent la création de larges pistes de dégagement. Il se souvint des paroles de l'aubergiste concernant l'apparition du temple « en trois jours ». Evidemment, il pouvait y avoir un accès de l'autre côté, mais vers où ? Dinjelaî avait souligné le caractère isolé du village où circulaient les toges brunes.


Un léger bruit de voix lui parvint, venant d'un peu plus haut . Il aperçut un éclat de lumière entre les feuillages et se dissimula aussitôt dans le taillis bordant le chemin . Il semblait que deux hommes échangeaient des paroles rendues confuses par la distance. Il avança de quelques pas pour essayer de les apercevoir, assez fier de sa démarche silencieuse. Ses bottes étaient parfaites. Les artisans du kaerl étaient des maîtres et il remercia en pensée son Maître Maëvann de lui avoir appris à se déplacer silencieusement . Elle avait raison . Il pourrait peut-être devenit un Rôdeur, ou un Ranger, comme certains disaient. Encore un pas ...le sol manqua sous sa mirifique botte et le futur Ranger disparut dans le vide.
Lordan ne tomba pas de très haut et atterrit sur un tas d'éboulis remplissant à demi une fosse creusée dans la pente . Sa chute s'accompagna d'une cascade de pierrailles et de cris venant d'en haut .


-Qui va là ? Qu'est-ce que c'est ? ça vient du trou ..un éboulement ?


Lordan repéra une zone d'ombre totale de l'autre côté de l'èboulis et sans se relever, y rampa prestement . Des madriers soutenant un renfoncement offraient une cachette parfaite et il s'y blottit, sortant son katana. Les fouilles étaient récentes et à part le dégagement de ce renfoncement et un étayage sommaire, il semblait qu'on n' ait eu qu'à exploiter un effondrement naturel.
Une tête apparut au dessus de la pente qu'il avait si élégamment dévalée . Un capuchon à demi rabattu montrait un visage rudement souligné par l'éclairage instable d'une torche, tendue au dessus du vide.


-Je ne vois rien ..c'est sans doute un éboulis . Mais je vais descendre pour vérifier.


L'homme disparut, la lueur de la torche longea le haut de la fosse et on entendit le bruit de bottes sur les barreaux d'une échelle, vers la droite .Lordan essaya de s'enfoncer encore davantage, le coeur battant . Allait-il sauter sur le garde à l'improviste ? C'était peut-être un villageois réquisitionné par les Toges brunes et il ne voulait pas blesser un malheureux..Mais d'un autre côté, il mettait la mission en danger s'il se faisait prendre. Dinjelaï devait être sortie de son bain et si Lordan était bon juge du caractère de la jeune femme, elle ne devait pas l'avoir attendu en se polissant les ongles...mais si on le capturait, comment expliquerait-il sa présence ici ? La voix sonna toute proche :


-Je ne vois rien . Je jette un coup d'oeil au souterrain par acquit de conscience .


-A cette heure-ci ? Tu es fou ! Moi, je ne bouge pas . Je suis sûr que les rois morts reviennent quand les prêtres s'en vont.


-Et si on laisse passer un visiteur trop curieux, je préfèrerais affronter les rois morts plutôt que les prêtres vivants . Tu sais ce qu'ils font à ceux qui leur déplaisent..


Un souterrain ? La première lune devait s'être levée et Lordan en se penchant s'aperçut que le renfoncement abritait en fait trois ouvertures surmontées de linteaux en pierre brute . L'homme s'arrêta dès la première entrée, regardant vers l'intérieur, torche brandie, sans paraître pressé d'entrer. Sans plus attendre, Lordan se glissa dans la troisième ouverture. Il sentit immédiatement le froid et l'odeur de terre humide qui venait de la pente s'enfonçant presque immédiatement devant lui . C'était le noir absolu mais il s'y avança résolument en tâtant le mur d'une main, glissant un pied prudent sur le sol . Quelques mètres suffiraient pour que l'homme à la torche, s'il demeurait aussi désinvolte dans ses inspections, ne le distingue pas ,collé derrière les piliers carrés soutenant la voûte . Au troisième pilier, Lordan s'arrêta. Il n'entendait plus rien . Mais il aperçut un reflet lumineux un peu plus loin et continua jusqu'à un angle droit qui conduisait à une salle carrée éclairée par quatre torches fixées au mur. Deux autres entrées y débouchaient également et une autre allée en partait à l'opposé ; il était à peu près sûr que le garde finirait par pénétrer dans cette salle . Lordan pourrait tenter de jouer à cache-cache entre les trois couloirs et sortir ensuite pour aller trouver Dinjelaî. Mais il était assez excité devant une pareille architecture souterraine et désirait poursuivre l'exploration . Le katana toujours en main, il avança vers le nouveau passage, lui aussi éclairé par des torches. Des sculptures ornaient des colonnes torsadées, comme des serpents enlaçant un tronc d'arbre . L'endroit était couvert de débris et de poussière comme si on venait très récemment de le découvrir, mais il était remarquablement bien conservé.
L'aspirant suivit la pente descendante et quand il arriva au bout du corridor,il fut sidéré par le spectacle qui se déploya devant lui .
Une vaste caverne ouvrait les perspectives fantastiques de structures minérales étagées en gradins circulaires comme une sorte de théâtre baroque et délirant. Des colonnes de pierre montaient vers des voûtes à peine devinées dans l'étrange lueur orangée qui se diffusait on ne savait d'où . Ce reflet d'un invisible brasier dessinait les contours de draperies de pierre, de niches d'ombres encadrées d'ogives façonnées par des ruissellements séculaires, de balcons suspendus au dessus d'un vide se creusant de ténèbres. Lordan, presque hypnotisé par tant de beauté, fit quelques pas vers le bord du gouffre d'où montaient de bruits d'eaux rapides et les échos d'un monde invisible où bruissait encore la force des origines. . La galerie contournait une partie de l'abîme puis disparaissait dans une autre entrée de souterrain où l'on voyait le départ d'un escalier ascendant.
Lordan hésita. Il serait plus sage de rentrer. Dinjelaï pouvait avoir besoin de lui. Cependant, il aurait bien voulu poursuivre vers cet escalier. Il sentit brusquement une certitude l'envahir. Oui, il fallait revenir et il comprit qu'Anareinth, quelque part là-haut le surveillait . Le souterrain gênait peut-être une formulation plus articulée mais Lordan n'hésitait plus.
Il rejoignit l'excavation sans encombre, monta en douceur l'échelle qui en sortait, contourna l'endroit où bivouaquaient les gardes, et s'aperçut, très étonné, que le chemin ne continuait pas vers le temple et s'arrêtait au chantier de fouilles. Se reprenant à espérer dans son avenir de Rôdeur, il rejoignit à pas de loup le chemin qui descendait au village. Perplexe, il se demandait si les galeries découvertes ne conduisaient pas directement sous le temple . Celui-ci aurait pu être construit ou plutôt transporté, par une magie manipulant l'espace et le temps, en cet endroit précis, justement pour explorer les mystères du sous sol.
A ce moment , il vit tomber du ciel une boule d'ombre sur laquelle jouait quelques scintillements venus du ciel nocturne, tandis que son esprit était submergé par un flot d'images chaotiques qu'il aurait pu traduire par une seule exclamation :

-Bouh !!!


il sursauta dûment puis reconnut un lézard de feu . En vol stationnaire, il s'agitait pour renvoyer l'éclat de ses ailes, dorées de clair de lune, droit dans les yeux de l'aspirant . Lordan ferma les paupières et se concentra pour interpréter le message que la créature malicieuse devait lui communiquer.
Bon, c'était donc la lézarde de Dinjelaï . et la lézarde la plus préférée qui soit . Ouik ! Elle était très contente d'avoir suivi sa maîtresse sans se faire voir, zoumzoum ! . Et Dinjelaï partait suivre de vilains bonshommes, gluk ! Et lui, le Céleste, pfffuitt ! il devait continuer tout seul et ne pas embêter Din qui voulait rester tranquille ! Crishcrish ! Compris ? Spik ?


-J'ai compris . Dites à votre maîtresse que je pense avoir trouvé un moyen d'entrer dans le temple par l'excavation sud . Je vais y retourner . Dites-lui qu'elle a une charmante lézarde de feu et qu'elle n'hésite pas à me faire contacter si elle change ses plans .


La lézarde parut un instant flattée et lui envoya une aimable image de jeune beauté rougissante, puis aussitôt une série de crapauds baveux avec des ailes aux couleurs du Màr Menel, le tout assorti d'un nouveau Ppffuitt, avant de disparaître comme un feu follet dans la nuit.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:37

Posté par Dinjelai

Dinjelaï, débarrassée de sa petite et peu discrète suiveuse reprit sa lente évolution dans les buissons animés par des ombres mouvantes, nées du reflet des torches. La procession évoluait lentement, en psalmodiant une mélopée un peu sinistre à cette heure tardive. La filature ne se prolongea guère: à moins d'un kilomètre de leur mystérieux temple-caserne, le troupeau de toges brunes s'arrêta, comme un seul homme. De loin, Din eut du mal à distinguer et surtout à comprendre leurs mouvements, mais le chant liturgique qui lui parvenait prenait une ampleur de plus en plus effrayante. Din jeta un regard à son avant-bras et vit sa blonde pilosité piqueter anormalement la peau. Ce chant grégorien lui donnait la chaire de poule. Pour mieux distinguer ce qui se passait désormais, l'elfe s'approcha, toujours tapie dans les buissons, les bruits de ses déplacements masqués par la fervente prière - car cela semblait en être une - des Prêtres. En les contournant, elle s'aperçut qu'ils étaient désormais disposés en cercle, dans une grande clairière, et vit apparaître au centre de leur ronde une ellipse luminescente, haute comme un petit Blanc. De l'endroit où elle se trouvait, elle voyait l'étrange assiette de trois-quart, ne distinguant rien hormis sa clarté de petite lune. Elle continua son déplacement afin de mieux voir de face ce qui captivait tant l'un des Prêtres, à la toge bien plus sombre que ses paires. Après un temps d'incantation, les bras levés au dessus de l'étrange apparition lumineuse, il s'avança vers elle d'un pas décidé et... disparut!
Dinjelaï, interloquée, laissa échapper une exclamation de surprise qui ne déclencha aucune réaction chez les Toges-Brunes les plus proches, trop concentrées dans leur cérémonie. Elle continua son déplacement en crabe, pour ne rien perdre de vue, et arrivée exactement en face du disque radieux, elle découvrit avec stupéfaction... Qu'il était vide! A l'instar des miroirs magiques du Màr Luimë, qui montraient un paysage quelconque du Raëgh, souvent à proximité d'un danger caché, la fente laissait deviner un paysage luxuriant que Dinjelaï ne mit pas longtemps à reconnaître...

Qhara... Ils ont ouvert une porte dans l'Interstice, pour rejoindre Qhara...

Et pas n'importe quel lieu dans le continent du Sud: l'endroit même où Ashen, Alauwyr et elle avaient découvert le Temple des Vertueux... Leur camps de base... Très vite, les hypothèses se bousculèrent dans la tête de l'elfe:

Ils sont capables de se déplacer n'importe où sur le Raëgh. Le Toge Noir, chef de la bande, est parti rendre compte à la base principale des avancées de leur travail ici... Mais... Il va bientôt apprendre qu'il y a eu de la visite en Qhara, qu'un de leur frère a été tué et... Par Flarmya! Il va revenir ici et renforcer immédiatement la sécurité du Temple!

En réalisant que le bâtiment très mystérieux était pour l'heure vidé d'une partie non négligeable de ses habitants, et qu'il risquait bien de devenir forteresse imprenable quand l'officier du coin serait revenu avec les nouvelles de Qhara, Din décida de ne pas perdre une seconde. D'abord lentement et avec précaution, puis au pas de course, elle s'éloigna au plus vite de la sinistre réunion et retourna au camps de base, et plus précisément à l'endroit d'où les Vertueux, car il n'y avait plus de doute possible sur leur identité, étaient sortis de terre.

* Wirenth? Wirenth! *

Din se concentra pour essayer de retrouver l'esprit de sa petite liée, et sinon la localiser, au moins essayer de la faire venir vers elle! Sans cesser d'avancer à grands pas, elle attendit l'arrivée de la lézarde avec appréhension. Et si elle était partie dormir à l'auberge? Pire, si elle était rentrée au Màr Luimë pour la nuit? Heureusement, la petite boule d'or excitée mis rapidement fin à ses doutes en bondissant de l'Interstice pour se servir de son épaule comme perchoir.

* Ah! Tu es là! As-tu pu trouver Lordan alors? *

Les images de terre et de trou boueux l'inquiétèrent dans un premier temps, puis à la première image du visage de l'Aspirant Céleste, elle se détendit. Les étranges messages de la lézarde étaient toujours difficiles à capter, de part le flot d'images hétéroclite qui émergeaient de son esprit simplet, mais le lien aidait grandement Din à comprendre sa petite amie. Une image la surprit plus que les autres: celle de Wirenth qui se voyait se faire poser une couronne de fleur au sommet de la tête, par Lordan lui-même. Din l'interpréta en riant:

Il a tout de suite compris comment te prendre visiblement!

Din rit de nouveau et grattouilla le sommet de la tête écailleuse. Pas question pour autant de perdre du temps et elle continua son chemin sans ralentir, à peine dérangée par le faible poids de Wirenth sur son épaule droite.
Arrivée au pied des remparts, Din repéra, à la lueur de la lune, les nombreuses traces de pas laissées par les Vertueux, aboutissant sur... La pierre, brute et lisse. Agacée par la monotonie de ce mur, Din faillit lâcher un juron, qu'elle étouffa entre ses lèvres. Un mécanisme existait forcément! Après plus de dix minutes de recherches, à brasser l'humus et les feuilles mortes, elle remarqua aidée par un rayon de l'astre nocturne, un anneau large de laiton, à moitié caché sous la mousse. Folle de joie, et soudain sous l'emprise d'une forte décharge d'adrénaline, Din tira l'anneau et découvrit, grâce à la magie de la mécanique, un mince passage. Elle aurait pu l'ouvrir d'avantage mais ne voulut pas se faire remarquer, et se glissa dans la fente. Après une chute d'une grosse vingtaine de centimètre, Din rétablit son équilibre sur une marche d'escalier, dans une obscurité absolue. Incapable de prendre le moindre repère, elle se demanda une seconde ce qu'elle venait faire dans ce guêpier...

Tu n'as pas le choix de toute façon, il faut bien que tu y ailles avant que toute la procession ne revienne! Il faudrait quand même prévenir Lordan...

Sur son épaule, Wirenth se balançait nerveusement sur ses pattes, enfonçant profondément ses serres griffues dans le renforcement de tissu qui "ornait" chaque vêtement de Din. Elle n'était pas à son aise dans les souterrains, et peut-être moins encore dans des souterrains appartenant aux ennemis des dragons... Pour l'envoyer à l'air libre, Dinjelaï la pressa d'aller chercher Lordan. D'après ce qu'elle avait comprit dans le message de la petite dorée, il était tombé par inadvertance dans un trou, et avait ainsi découvert les ruines du Temple qu'ils cherchaient. Pas un instant elle n'imagina être elle même dans cet endroit, à moins de trois cent mètre de son compagnon d'aventure.

* Wirenth, retrouve celui que tu as vu tout à l'heure, l'Aspirant Céleste, et dit lui que je m'enfonce dans la caserne des Toges-Brunes, qu'il continue l'exploration des ruines du Temple sans moi, nous nous raconterons tout en nous retrouvant à l'auberge! *

Soulagée de quitter un lieu qui ressemblait à s'y méprendre à un repaire d'ennemis, Wirenth quitta le souterrain sans demander son reste. Din, elle, vérifia que ses dagues étaient toujours à portée de main, et, un index sur le mur humide et froid pour ne pas se perdre, elle avança dans la plus parfaite obscurité.
Après plusieurs tours et détours sans jamais retrouver l'air libre, Din commençait à se demander si le repère des Vertueux n'était pas un gigantesque dédale, un décors de théâtre complètement factice pour l'attirer à un endroit où elle n'avait aucune chance de trouver l'artefact. Finalement, après un bon quart d'heure de doutes et d'errance, une douce lueur l'attira vers la première hypothèse de sortie depuis qu'elle avait tiré l'anneau en laiton. Elle s'avança, plus prudente, et resta longtemps derrière une porte entrebâillée - la source de lumière - pour tenter de deviner la présence de garde. Après quelques minutes de silence complet, elle s'enhardit à pousser le battant, et fit quelques pas, stupéfaite de sa découverte... Elle se trouvait dans une alcôve de pierre, un balcon plus précisément, à la balustrade sculptée duquel vint s'appuyer Dinjelaï pour mieux contempler la pièce. La grotte plus précisément, car la plupart des arcades et des voutes n'étaient pas l'oeuvre d'un architecte humain. La démesure de hauteur de plafond était tout bonnement impossible à réaliser pour une équipe humaine. Mais partout, la main d'artistes bipèdes venaient ajouter précision, perfection et touches fonctionnelles, comme le balcon gigantesque sur lequel elle se trouvait. Aucun mobilier ne venait égayer la rude beauté de la pierre sombre, aucune odeur de vie ne laissait présager d'une vie humaine. Seul un bruit amplissait tout l'espace: celui d'une cascade ou d'un cours d'eau. Intriguée par l'endroit d'où pouvait provenir ce son, Dinjelaï se pencha sur sa balustrade minérale, et découvrit qu'il n'existait pas de plancher à cette salle magique: il était fait d'eau pure, en mouvement, en tourbillon et en cascades... En continuant son exploration visuelle, elle remarqua que les seules zones "habitables" étaient les balcons, comme celui sur lequel elle se trouvait, qui communiquaient entre eux par des minces boyaux, des escaliers et des galeries, montantes ou descendantes creusées à même la pierre. Rien à voir avec le Temple de carton pâte qu'elle avait cru explorer!

Toujours méfiante, mais enhardie par sa découverte, Dinjelaï se mit en tête d'explorer les balcons de son étage, puis, sans trouver de signes de vie moins austère qu'une longue table assortie d'une quarantaine de tabourets de bois, sans la moindre ornementation, ainsi qu'une dizaine de pupitres vides, elle descendit d'un niveau. Là encore, les preuves d'habitation n'étaient pas foisonnantes, tout le périmètre de la caverne était vide, et Din aurait pu poursuivre son exploration sans remarquer un signe important... Creusées toujours à même la roche sombre, mais directement en perpendiculaire aux balcons, des galeries minuscules, dans lesquelles Dinjelaï dû se pencher pour avancer, débouchèrent sur des cellules sombres et peu engageantes, mais où étaient déposées des couvertures, à même le sol de pierre. Le premier signe tangible d'occupation de cet étrange lieu. A partir de cette découverte, Dinjelaï repéra de nombreux signes de vie: sous-vêtements sales, quelques rares débris de nourriture pas encore moisis...Rien de très engageant, mais preuve tout de même que les Toges-Brunes, ou d'autres, avaient bien élu domicile en ces lieux récemment.

Après cette visite des "chambres", Dinjelaï entreprit de descendre au premier étage, au plus près du cours d'eau, pour voir un peu ce qui s'y passait. Jusque là, elle n'avait pas croisé âme qui vive et son attention s'était quelque peu relâchée, mais une ombre mouvante remit tous ses systèmes d'alarme en alerte! Din dégaina sa dague et avança à pas de loup, se dissimulant derrière chaque colonne, derrière chaque mur, jusqu'à être suffisamment proche de sa cible...

Lordan!

Le soulagement était tel que Din n'avait pu s'empêcher de parler à voix bien trop haute. Avec un grand sourire, elle s'avança vers son compagnon d'équipée, un grand sourire au lèvres, soudainement beaucoup plus détendue.



[HRP] Voilà, on peut faire notre débrieffing d'info et ensuite repartir bras dessus bras dessous pour les prochaines aventures! ;)
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:37

Posté par Lordan

Wirenth s'étant évanouie dans l'obscurité, Lordan remonta le sentier. Sachant ce qui l'y attendait, il marchait avec plus d'assurance, mais en se concentrant sur le désir d'être le plus silencieux possible . Nombreux sont ceux qui pensent qu'il faut marcher sur la pointe des pieds et en retenant sa respiration . Mais non, il fallait respirer doucement et régulièrement par le nez, pour ne pas s'essouffler, et poser le plat du pied pour répartir le poids du corps le plus également possible . Si on devait aller plus vite, il fallait poser le talon en premier et dérouler le pied vers l'avant . C'était plus délicat et il lui fallait encore s'entraîner. Les vêtements aussi étaient importants ; le frottement du tissu à chaque enjambée était souvent le bruit le plus audible de la marche. Lordan portait en conséquence des chausses étroites sans être ajustées et il en rentrait le bord dans ses bottes basses, très souples et à la semelle fine .Il se préparait toujours ainsi quand il partait en mission, sauf ordre explicite du maître. Il savait bien que le combat en force n'était pas dans ses cordes et autant être efficace avec les atouts disponibles : légèreté et souplesse. Il avait aussi revu le contenu de ses poches de manière à ne pas risquer le moindre cliquetis dans son « petit capharnaüm portable »,comme il le désignait quand, le soir, il en vidait le contenu sur la table en se promettant de faire le tri le lendemain. Pour la même raison, il ne portait sa tasse métallique à la ceinture que lorsqu'il était au kaerl ou sur des sorties privées, tenant toujours beaucoup à ce lien avec son passé . La tasse à anse de dragon avait été sa marque personnelle à son arrivée au Màr Menel et il hésitait toujours à la laisser derrière lui, mais il craignait de la perdre en cours d'action . Il ne serait pas le premier à revenir sans son paquetage, volé, perdu, abandonné lors d'une de ces circonstances qui constituent la vie d'un aspirant. Par exemple, les événements de cette nuit pouvaient fort bien empêcher la Maîtresse Blanche de retourner à l'auberge .

S'il avait emporté cet objet fétiche, il aurait voulu le récupérer et se serait empêtré dans ces enfantillages . Moins on s'attache aux choses et aux gens, moins on a de mal à les perdre. C'était l'assise de la liberté intérieure, le premier degré de la fermeté d'âme qui sied à un futur chevalier, même s'il se sentait encore loin de pouvoir prétendre à ce titre. Une branche l'égratigna légèrement et il se mordit la lèvre avec dépit . Il ferait bien de se concentrer davantage sur le moment présent au lieu de rêvasser à sa liberté intérieure...l'excavation ne devait plus être loin. [/left]En effet, bien qu'il n'entendît pas la voix des gardes, il aperçut la lueur de leur feu. Sans doute dormaient-ils, tout au moins l'un d'entre eux, l'autre veillant en silence, prudemment éloigné de la fosse et des dangers potentiels venant des profondeurs.... mais l'aspirant savait maintenant comment descendre dans le trou et il s'y glissa sans réitérer le fracas de sa première intrusion.

Il retrouva la salle carrée toujours éclairée . Les torches devaient être calculées pour durer la nuit. Mais quand il arriva sur la galerie dominant le gouffre d'où montait le grondement des eaux courantes, il s'arrêta, surpris par un bruit de pas qui venait vers lui, arrivant de l'autre extrémité, là où il avait repéré un escalier. Sans attendre de voir qui s'avançait vers lui - Qui peut voir qui vient, a toute chance d'être vu - il recula en douceur, rejoignit la salle carrée, puis le couloir d'accès latéral le plus éloigné. Si l'inconnu suivait le même chemin que lui, et il n'en avait pas vu d'autre de ce côté de la grotte, il pourrait l'apercevoir sans être vu et l'homme prendrait vraisemblablement l'issue la plus directe vers l'échelle de sortie . En effet, une silhouette parut et Lordan reconnut immédiatement la toge sombre des prêtres déjà observés au village. Celui-ci tenait un curieux bâton ondulé où couraient des éclats métalliques. Le bâton était à demi brandi, comme sur la défensive. L'homme resta là un instant, s'étant tourné vers le passage par où il était arrivé et semblant attendre. En effet, un second arrivant se présenta, identique de tenue : toge et bâton ondulé. Ils eurent le même geste rapide , tapant légèrement les bâtons l'un contre l'autre, en même temps qu'ils prononçaient une sorte de salut, que Lordan transcrivit mentalement par Awahé ! ou Awohé ! Heureusement, ils passèrent aussitôt au langage commun et malgré la distance, Lordan put suivre leur dialogue, répercuté par la voûte qui ajoutait des résonances d'écho à leurs propos :


-Tu as vu quelque chose ?


La voix aigre et acerbe déplut immédiatement à Lordan qui pensa : °Tiens, un petit chef ou un dyspeptique mal soigné. Les deux, certainement.°


-Rien. Je crois que le gardien a pris un écho pour la vibration d'alerte de l'entrée. C'est déjà arrivé ; ce système n'est pas au point. N'importe quel animal un peu lourd marchant près du levier d'entrée peut ébranler la porte secrète. Un garde posté à l'extérieur serait plus efficace.


-Non, certains villageois sont déjà venus rôder autour du Pseudo-Temple mais ils n'ont rien vu que des murailles lisses . Un garde les aurait alertés. Et ce sont des humains sans finesse. La magie les terrorise au lieu d'exciter leur curiosité . Bon, donc rien par ici. C'est le seul passage ouvert directement sur l'extérieur . On aurait dû le fermer après le transfert du Pseudo- Temple. Nous n'en avons plus besoin. L'entrée des Tombes est accessible par le Troisième balcon . Le Pseudo- Temple a été implanté avec beaucoup d'exactitude.


- Pah ! La zone du portail est totalement excentrée. Tu parles d'une précision ! Et moi, je préfère savoir que l'on peut sortir encore directement vers l'extérieur plutôt que d'avoir à remonter par le Pseudo. Moi, ces galeries où on s'éclaire au wandar, ça me fiche la trouille. C'est la première fois que je suis téléporté et ici, c'est rempli d'une magie autre que la nôtre et que je ne sens pas, mais alors pas du tout, conviviale.


Le ton du second garde fut franchement méprisant :


-Tu manques de courage parce que tu manques de foi ! Ce que les Majeurs cherchent, c'est la clé de notre victoire. Mort aux Dragons !


-Mort aux Dragons ! Mais je ne suis qu'un Mineur et dormir dans ces trous à rats me donne des cauchemars . Que le Grand Inspirateur nous protège, mais enfin, on a déjà perdu des frères dans ce labyrinthe . Tu as vu ce qu'il en restait ?


-Ils sont glorieux dans la gloire de l'Inspirateur . Qu'importe leur poussière ici-bas. Les Majeurs trouveront la solution . Le Grand Maître, honoré soit son nom, est au Vrai Temple et reviendra avec la solution du Labyrinthe et ce qu'il faut dire pour ouvrir la porte des Tombeaux . La foi est notre force et nous vaincrons les Impies . Mort aux dragons !


L'autre soupira si fort que Lordan l'entendit et il jugea que la foi du Mineur, et par conséquent sa force, était bien hésitante. Celui-ci ne serait pas aussi décidé à se sacrifier que le Vertueux démasqué par la première mission et qui avait préféré la mort au risque de dévoiler les secrets de la secte.


-Mort aux dragons . Bon, qu'est-ce qu'on fait ?


-Retourne auprès du Majeur . Je vais voir dehors . Les recrues doivent être endormies, on ne peut faire confiance à ces manants, de vrais bouseux !


-Pourquoi recrute-t-on ces types ? la moitié d'entre eux sont prêts à nous égorger et le reste obéit en tremblant de peur..On ne devrait avoir que des Fidèles ici. Et en plus grand nombre .


-Tu es stupide ; tu ne te rends pas compte que nos forces sont en train de lutter sur trois continents à la fois et que le Vieux Gardien a besoin d'être protégé ? Et ces gens doivent apprendre à nous craindre.Nous sommes déjà leurs maîtres, même s'ils ne le savent pas. Autant qu'ils s'habituent..


-Sans doute . Mais avec le départ des Ouvreurs de Portail, on est quoi ici, maintenant ? Un Majeur et huit surveillants ! Autant dire rien, si..


- Va-t-en et je te conseille de surveiller tes paroles. Novice ou pas, on n'aime pas les tièdes chez nous, ni les froussards. Mort aux dragons !


Le novice murmura un Mort aux dragons ! qui se perdit dans l'éloignement. Lordan vit l'autre traverser la salle et prendre comme prévu une sortie plus proche que celle où il se dissimulait lui-même. L'apprenti rôdeur se sentit une âme d'espion et fut très satisfait de voir se réaliser ses plans, qu'il n'était pas loin de trouver génialement machiavéliques.
L'entogé dressa son bâton qui dégagea une lueur orangée . Ce devait être le wandar dont avait parlé le novice. Après avoir compté une dizaine de secondes, Lordan s'élança vers le souterrain conduisant à la grotte. Il déboucha avec précaution sur la galerie suspendue, mais le novice avait disparu et il hésita devant les choix qui se présentaient à lui. Soit il fonçait vers l'escalier ascendant déjà repéré, soit il cherchait comment accéder à ces balcons et trous à rats dont avait parlé le novice. Lors de sa première visite, il avait cru que tous ces encorbellements fantasmagoriques qui festonnaient l'intérieur de la grotte étaient autant de merveilles naturelles, inaccessibles sans équipement d'escalade. En fait cette lueur orangée qui en sortait devait provenir d'éclairages invisibles d'en bas.Il devait y avoir des passages les reliant entre eux. Une troisième voie pouvait aussi être choisie : la recherche de ce Labyrinthe et de cette porte des Tombeaux, qui semblaient faire obstacle aux projets des Toges, lieux où devait se trouver la solution du mystère. Mais là, c'était du sérieux et il faudrait voir ce qu'en penserait la Maîtresse blanche avant d'aller plus loin.

Que cherchaient-ils ces adorateurs du .de...comment l'avait donc appelé le fanatique qui s'était réjoui que ses collègues soient glorieusement pulvérisés ? L'Initiateur, non ; l'Instigateur ? Non ; L'Inspirateur ! le dieu ou chef mystique qu'ils suivaient. Lordan penchait pour un individu se faisant passer pour un dieu ou demi-dieu ou démon, compte tenu de tout l'appareil cultuel qui entourait les manifestations de ces fous. Penser qu'ils avaient choisi pour mot d'ordre : Mort aux Dragons ! Lordan aurait bien voulu avoir appris le nom de ce chef démoniaque . Awohé, peut-être, ce mot prononcé au début de la conversation qu'il avait surprise ? Mais cela pouvait aussi bien signifier Salut .
Lordan allait se décider pour l'escalier, pensant que le disciple devait terminer son inspection , après avoir joui de la terreur qu'il inspirerait aux deux villageois de garde. Mais l'aspirant avait perdu du temps et soudain, alors qu'il était encore devant le gouffre, fasciné par le spectacle tout en réfléchissant, il entendit des pas précipités juste derrière lui et se retourna vivement. L'entogé était en train de le charger, bâton dressé dont la pointe s'illuminait de lueurs vives . Le bruit grondant des eaux circulant dans le gouffre avait couvert son approche. En voyant Lordan se retourner, il accéléra brutalement comme s'il cherchait à le toucher au plus vite et celui-ci ne pensa qu'à échapper à ce contact. Il était trop tard pour tenter son habituel plongeon vers l'avant et il fit un saut de côté en tendant sa jambe opposée en travers de la trajectoire du porteur de bâton . Le résultat dépassa ses attentes . L'assaillant emporté par son élan bascula par dessus sa jambe, faillit lâcher son bâton, s'y cramponna, accentuant encore son déséquilibre et plongea tête en avant dans le gouffre. Il eut une sorte de hoquet surpris comme s'il perdait le souffle. Lordan, ébahi, le vit rebondir sur une aspérité de la paroi avec le craquement horrible du crâne heurtant la roche. Puis le corps inerte glissa vers le courant qui, reflétant les lueurs diffuses réverbérées sur les cristaux des parois, semblait charrier autant d'eaux tumultueuses que de tourbillons de lumière . La silhouette écartelée, comme découpée dans du papier noir, y disparut aussitôt sans même un bruit.
Lordan resta un instant pétrifié . Avait-il tué un homme ?


-Oui, pensa-t-il calmement, et c'était lui ou moi. J'ai fait ce qu'il fallait faire. Et j'ai eu une chance inouïe de ne pas tomber sur un adversaire plus adroit . Je suis vivant . Si j'étais mort, il alertait les autres et je ne sais pas où est Dinjelaï . Je l'aurais mise définitivement en danger . Alors pas de drame de conscience, Lordan Ventaren. Depuis que tu es arrivé à Tol Orëa, tu savais que tu aurais un jour ou l'autre à vivre ce moment . C'est arrivé .


Il fit deux ou trois pas en s'éloignant du bord . Le bruit de la tête se fracassant sur le rocher semblait résonner dans toute la caverne, et emplir tout l'espace sonore dont il avait conscience. Il leva les mains comme pour se boucher les oreilles. Mais non, finalement, il supportait bien le moment. Il se mit à marcher, attentif à lui-même, prêt à réagir à ce qui allait peut-être monter des tréfonds obscurs de son âme et le jeter dans le cauchemar absolu . Non, il n'avait pas de remords et il se répéta la fière devise du héros des anciens âges qui, venant de tuer le père de sa bien-aimé pour une question d'honneur, déclare fièrement : Je le ferais encore si j'avais à le faire. Mais il s'impatienta de cette référence. Il n'avait rien d'un héros, il avait tué pour sauver tout bêtement sa vie, sans grandeur, sans réflexion, comme on écrase un insecte dérangeant d'un revers de main.


Il s'aperçut que ses main tremblaient et qu'il avait froid . Un sentiment de solitude totale l'enveloppa. Auprès de qui chercher la justification de son acte ? A qui demander l'approbation qui le dédouanerait de ces pensées encore endormies, mais qui le saisiraient demain, l'attendraient au détour d'une nuit, à l'angle d'un rêve, dans le prochain regard affolé qui se tournerait vers lui . Car il avait vu les yeux hagards de l'autre au moment où il basculait vers le vide. Pour l'acte le plus grave d'une vie, il se retrouvait seul dans un lieu hostile, démesuré et inhumain. Entouré de camarades, avec un maître à ses côtés, tout aurait passé bien plus facilement. On l'aurait approuvé, félicité. Ashen aurait fait une plaisanterie amicale, Maëvann aurait dit: « Pas mal , Lordan . Mais vous auriez dû essayer de prendre le bâton. ». Peddyr Avanaël aurait levé un sourcil d'approbation et lui aurait donné un conseil utile pour ne pas se laisser surprendre sur ses arrières .Le Maître espion aurait fait une remarque sur la nécessité de ne pas montrer ses émotions avant, pendant et après l'action et l'aurait envoyé se distraire en ville, où Darshan lui aurait donné une de ses claques dans le dos qui vous remettait droit d'office. Mais non, il était tout seul .
Lordan se raidit , avança encore un peu et allait atteindre l'escalier quand une ombre surgit des rocs .


-Lordan !


La Maîtresse Blanche ! Dinjelaï Al'Ysiria !
Lordan sentit un poids immense se lever de sa poitrine . Il fallait faire son rapport et il en avait des choses à dire ! et aussi à apprendre . Comment était-elle arrivée là ?
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:37

Posté par Dinjelai

Din n'avait croisé personne dans les galeries, mais ce n'était pas le cas de Lordan. Etait-ce la lumière blafarde des torches ou bien son propre teint qui semblait plus pâle qu'à l'accoutumée? Elle s'était exclamée, contente de retrouver son homologue, mais il lui avait rapidement fait signe de baisser la voix. Elle comprit le message, et puisqu'un échange complet d'informations était nécessaire elle lui fit signe de le suivre, et discrètement, elle parcouru le chemin inverse, celui qui menait jusqu'aux trous à rats, les minuscules niches qui servaient de chambre à des inconnus absents. Comme elle les avait déjà visité peu de temps auparavant, elle avait remarqué l'absence de signe de vie dans certains caveaux: les plus bas de plafond par exemple, n'avaient pas été choisi, sans doute en raison de l'impression qui devait s'imposer au dormeur d'être couché dans sa propre tombe. Elle se glissa dans l'un d'entre eux, pliée en deux puis s'assit en tailleur sur la roche sombre.
Il faisait noir: ni Lordan ni elle n'avaient pensé à décroché une torche, mais ç'aurait été laisser un indice d'une présence étrangère si effectivement cette mystérieuse caverne était gardée, comme semblait le penser le Céleste.
Jusque là, pas une parole n'avait été échangée, et avant de commencer son rapport, Din frotta la pulpe de son index et de son pouce droits. Une légère lueur verdâtre irradia, puis trois petits filaments naquirent du bout de ses ongles, se rejoignant en un point unique qui prit la taille d'une grosse perle. Cette petite sphère en lévitation au-dessus de ses doigts produisait une lumière verte qui suffisait à peine à éclairer les visages et les parois de leur niche, la faisant paraître encore plus étroite que dans le noir. Din s'efforça de chasser l'inquiétude de ses traits et lança une petite blague destinée à détendre l'atmosphère:

Bel endroit pour une grosse fête non? Sur le thème de la spéléologie... J'espère que tu n'es pas claustrophobe!

Le petit rire nerveux de Din suffisait pour comprendre qu'elle même n'était pas à l'aise cernée de pierre. Ceux de sa race n'étaient pas faits pour vivre dans des mines.

Alors, quelles informations moussaillon? Pour ma part, rien de très joyeux... En quelques mots, Din résuma les trois tours de Temple sans succès, la procession bizarre de Toges-Noires qui s'était finie par une cérémonie destinée à ouvrir un portail qui fendait l'Interstice jusqu'à Qhara, dans la zone où devait se trouver le camp de base des Vertueux. Puis le chemin sombre jusqu'à un balcon, et enfin la tranquille visite de cette mystérieuse caverne, qu'elle avait cru complètement vide jusqu'à découvrir Lordan...

Et toi donc? Je gage que tu n'es pas arrivé là comme une fleur!

A son tour, le Céleste partagea les nombreuses informations qu'il avait glané grâce à sa discrétion d'apprenti espion, à commencer par l'intéressante conversation qu'il avait capté entre deux Toges-Sombres... Leur slogan "Mort aux Dragons" lui fit froid dans le dos.

Les Vertueux, on ne peut plus en douter...

Après que Lordan ait partagé toutes les informations qui avaient un rapport direct avec leur Quête, il marqua une pause dans son récit et Din le sentit légèrement hésitant. D'une voix calme, elle se permis de l'interroger en douceur:

Il y a autre chose Lordan? Si cela à un rapport avec la mission...

Son regard mauve, rendu marronnasse par la lueur verdâtre de sa magie, était fixé sur l'Aspirant Céleste. Un pressentiment lui disait qu'il cachait une chose importante à son coeur, et cela inquiétait légèrement Din.



[HRP] Post très court, mais je voulais à la fois faire l'échange d'info, sans toutefois jouer ton éventuel aveux de meurtre :p
J'espère que ça t'ira!
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:38

Posté par Lordan

Assis dans l'une des niches oblongues qui débouchaient sur ces balcons que l'Elfe avait déjà visités et où elle l'avait conduit, Lordan était encore sous le coup de ce que le destin lui avait préparé dans ce lieu de mystères hostiles. Le confinement et les ténèbres le mettaient mal à l'aise ; il n'arrêtait pas de penser à l'eau qui courait en bas, incessante, rapide, se précipitant dans des profondeurs qu'il imaginait froides, glauques, infinies, remplies d'un vacarme insensé de pandemonium . Où était maintenant le corps disloqué, emporté dans le flot fuyant vers on ne savait quel abîme? Allait-il pouvoir y trouver son ultime lieu de repos ? L'aspirant appuya sa tête contre la dure paroi de pierre et ferma les yeux. Noir sur noir.
Que lui arrivait-il ?
Ce ne pouvait être la réalité,même horrible, de la mort qui le bouleversait à ce point. Son vieux maître avait conduit son jeune apprenti sur ce chemin difficile avec tout le tact et le soutien souhaitables. Puis durant ses années de mer, où chaque navire quittant le port emportait des marins qui ne reviendraient pas, les cadavres n'avaient pas manqué.. Il avait ramassé des camarades tombés d'une vergue, recueilli le dernier râle de ceux que tétanisaient des maladies inconnues, vu les orbites vides des noyés ramenés à bord. Il avait fait les gestes nécessaires pour redonner un semblant de dignité à ces restes d'humanité, pour qu'ils s'effacent des mémoires en ayant l'air de dormir, forme décente et paisible, allongée sous le drap de leur dernier sommeil. Pourquoi paniquer à l'évocation d'un mort qu'il n'avait qu'à peine entrevu, n'avait pas touché de ses mains ? D'autant qu'il continuait à ne pas se sentir coupable. Il aurait peut-être dû : au moins il aurait su donner un nom à son désarroi. Le soulagement de rencontrer sa compagne d'aventure n'avait guère duré, mais il sentait que c'était vers Dinjelaï qu'il devait se tourner pour quitter ces images et ces bruits devenus obsession. Il ouvrit la bouche mais il lui sembla qu'il ne pourrait plus jamais parler. Une seule idée occupait son esprit et il ne savait pas la formuler. Et même physiquement, il ne savait plus comment faire sortir un son de sa gorge nouée. Il était dans la nuit et la nuit était entrée en lui et l'étouffait, comme ce plafond trop bas, ces murs trop proches et ce bruit, ce bruit de cascade qui ne s'arrêtait pas...Il ouvrit les yeux, il fallait réagir, se prendre en main. Il avait déjà soigné des patients en état de choc. Qui soignerait le soigneur sinon lui-même ?


Soudain une fragile lueur se forma à côté de lui, là où s'était assise Dinjelaï et aussitôt son attention se fixa. Il tourna la tête, l'intérêt immédiatement éveillé par le phénomène insolite auquel il assistait. Il connaissait sa facilité à changer rapidement d'humeur sous l'influence du monde extérieur et cette capacité vint à son secours, repoussant tout ce qui l'accablait vers les frontières de sa conscience.
Immobile, assise calmement, Dinjelaï créait en silence de la lumière magique . Ses doigts fins s'éclairaient dans l'obscurité, le pouce touchant délicatement l'index . Le geste était simple et gracieux comme celui d'une créature céleste levant un peu sa main à demi ployée vers le ciel. Une perle luminescente s'élargissait, suspendue au dessus des doigts, révélant d'abord le profil de la jeune femme, son expression concentrée mais tranquille. Puis une sphère phosphorescente entoura les deux jeunes gens, découpant leurs silhouettes tassées sur elles- mêmes, se perdant ensuite sur la pierre taillée des parois. Lordan était fasciné. Le mystère d'un don magique le troublait toujours et celui qui l'exerçait en sa présence lui semblait, refermé sur son savoir incommunicable, comme l'explorateur d'un autre monde, le laissant très loin en arrière, là où les choses ne sont que ce qu'elles paraissent .
L'Elfe plaisanta sur l'éventuelle claustrophobie de l'aspirant . Lordan ne réagit que par un de ses sourires un peu brumeux qui lui venaient quand il n'avait pas envie de réfléchir, juste de se laisser aller au charme apaisant de l'instant. Mais Dinjelaï capta vite cette attention flottante en entamant immédiatement le récit de ce qu'elle avait découvert et Lordan retrouva ses esprits. Son imagination illustrait le récit de l'Elfe, l'accompagnant d'images rapides, colorées, débordantes de détails perçus en un éclair : les hauts murs aveugles du temple, la sinistre procession éclairée par les torches fuligineuses, le portail magique . Quoi, un portail magique ! C'était trop beau ! les lieux de téléportation de Tol continuaient de remplir l'aspirant d'étonnement admiratif , mais ils appartenaient à un ensemble lui-même magique et qui semblait fonctionner tout seul. Là, il s'agissait d'un portail privé, une sorte de jouet merveilleux plus à sa mesure. On chantait et le passage se créait, la musique déformant les orbes du temps, recréant un autre espace. Qahra était derrière les irisations de la lumière astrale et aussi bien, Rhaëg tout entier ! S'il avançait un peu, changeant de dimension, à quels prodiges s'attendre ? Dinjelaï n'était pas entrée. Lui se serait sans doute glissé derrière le Mage noir, juste pour voir, ce qui aurait été d'une totale stupidité, une preuve de plus de son manque inné de sérieux , toujours à suivre les papillons, les chemins de fourmis, les nuages et les ruisseaux, tout ce qui s'en va ailleurs. Comment résister à un portail ouvert sur les mondes inconnus ?
Il écouta la suite dans le même état d'esprit, comme un récit palpitant, et non comme un rapport de mission. Ce ne fut que lorsque Dinjelaï en arriva aux cellules et tunnels qu'il retomba dans une attitude plus adulte et quand ce fut son tour de parler, il fut satisfait de s'entendre le faire sobrement, d'un ton assuré, s'en tenant à l'essentiel.
La mission redevenait le centre de sa réflexion. L'exclamation de l'Elfe, confirmant qu'ils étaient bien en présence des Vertueux, sonna comme une approbation de sa propre opinion. Il allait terminer maintenant et il ramènerait le dernier épisode, qu'il avait vécu comme un drame, à ce qu'il était : un danger évité par chance et un ennemi de moins . S'il avait été malin d'ailleurs, il aurait commencé son récit par là, au lieu de se réfugier derrière l'excuse chronologique pour reculer le moment d'en parler. Du genre: Tu sais, Dinjelaï, je viens de vivre un instant plutôt chaud ! J"ai balancé un type dans le gouffre. Sinon, c'était moi qui y allais . Point final.

Il s'éclaircit la voix pour enchaîner et conclure :

-Alors je suis rentré dans la salle pour rejoindre la grotte. Je me disais que je pourrais peut-être aller voir où conduisait cet escalier. J'étais dans la grotte à regarder comment s'agençaient c
les balcons et..et ..


Il s'arrêta, incapable de trouver des phrases simples et refusant de prononcer les formules dramatiques qui se présentaient d'elles-mêmes.


-Il y a autre chose, Lordan ?


Il ressentit dans la question une sollicitude amicale qui le délivra :


-Oui . Le Vertueux est revenu, m'a chargé avec son bâton , je l'ai fait trébucher, et il est tombé . Dans le gouffre . Sa tête a d'abord porté sur la roche et je pense qu'il était mort quand le courant l'a emporté. C'est un sale moment, vous savez, même si je ne l'ai pas vraiment fait exprès .


Il fut surpris de la facilité de cet aveu et il fut très reconnaissant de l'aide, discrète mais si justement placée, que lui avait apportée le Maître Dragon. Les choses reprenaient leur place et sans chercher davantage à se justifier , il poursuivit, la voix encore un peu contrainte mais s'affermissant peu à peu :


-Voilà ce que j'ai appris . J'ai un peu réfléchi avant de ...enfin, de me débarrasser de ce Vertueux . Si le chef que vous avez vu partir en Qahra revient avec le moyen d'entrer dans le tombeau, il nous sera difficile de récupérer l'artefact. Ils seront trop nombreux. Et si cet artefact doit contribuer à leur ruine, ils le détruiront peut-être aussitôt.
Ce qui les empêche d'entrer est d'abord un secret, le « comment ça s'ouvre ? » basique. Mais il y a un obstacle en plus, un danger sérieux, puisqu'ils ont perdu déjà des hommes en tentant d'ouvrir. Cela ressemble beaucoup au schéma classique des portes piégées . Ou bien on connaît le système, on a la bonne clé et la porte s'ouvre, ou bien on bricole, on tâtonne et on déclenche les pièges.


Lordan s'était animé et malgré le manque de place, il ponctuait ses déductions en jouant de ses mains : index levé pour appuyer sur un détail, les doigts étendus devant lui pour marquer une conclusion, paumes ouvertes en signe d'évidence, etc. Il avait tourné la tête vers Dinjelaï et ses yeux, au bleu de turquoise, étincelaient en reflétant la lumière magique. Tout à son sujet, il poursuivit :


-En général pour les tombeaux très anciens, comme il semble que ce soit le cas de ceux de ces Rois Morts, ce ne sont pas des fermetures du type Clés-Serrures mais des mécanismes qui ouvrent la porte et ils sont calculés pour éviter que de mauvaises personnes puissent les utiliser par hasard ou avec l'intention de nuire aux véritables destinataires du ou des artefacts mis à l'abri . Un indice important donné par le Maître Alauwyr est que ces artefacts sont liés aux Dragons. Nous aussi sommes liés aux dragons, vous pour de bon, moi plus faiblement, seulement par le Don. Nous sommes détenteurs du Don. Ces Vertueux ne le sont pas et ne peuvent pas entrer . C'est tout ce que j'ai pu trouver comme raisonnement sur la situation .
Je dois reconnaître que cette ..bagarre m'a un peu... beaucoup... vous voyez..comment dire ..secoué ? Heureusement vous êtes arrivée.


Il redevenait l'aspirant un peu embarrassé du début de la mission . Il sourit gentiment cependant et ajouta :


-Heureusement que tu es arrivée, Dinjelaï !

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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 5:38

Posté par Dinjelai

Tout était insolite ici. La lueur verdâtre que projetait sa magie sur les mur sinistres et mal dégrossis, la voix chuchotée pour des rapports presque incongrus et surtout, surtout, la mine déboussolée de Lordan quand il lui avoua avoir tué un homme. Cela expliquait sa mine sinistre, les quelques faux-pas qu'il avait fait pour arriver jusque là, les bégaiements traumatisés... Cet aveux écartela Din entre un rire nerveux presque irrépressible, retenu de justesse, et un atermoiement quasi-maternel. D'un côté, il lui semblait parfaitement ridicule que pour l'aider dans une quête si dangereuse les Célestes envoient un bleu qui n'avait jamais dû se battre pour sa propre vie, de l'autre cette innocence réveilla un sentiment qu'elle n'aurait su décrire. La blancheur des mains de Lordan, vierge du sang qui devait couler sur celles de Dinjelaï, avait quelque chose de mystérieux et de pur, qu'il fallait respecter, et si possible, préserver.

La Maîtresse Blanche avait réussi à étouffer le rire complètement nerveux qui menaçait d'éclater dans leur petite grotte, qui aurait marqué un nouveau tournant dans la belle ligne droite que semblait emprunter leur relation pour le moment. Elle ne pouvait en revanche dissimuler sa sidération et, prise au dépourvu, ne savait quels mots prononcés pour adoucir le supplice apparent de l'Aspirant Céleste. Comme si les révélations du jeune homme avaient paralysé sa capacité à réfléchir, Din conserva un long silence, se contentant de hocher la tête sans vraiment suivre ses suppositions quant à l'artefact. Le silence se prolongea encore après l'exclamation sympathique qu'il lui offrit.
La magie de la confession opérait de façon fascinante: délivré de son secret, Lordan recouvrait ses capacités, tandis que Din semblait sous le choc. Elle recouvrit enfin l'usage de la parole et se força à sourire:

Hé bien... Toute mission est riche en nouvelles expériences, non? J'espère que les suivantes seront moins désagréables.

A son tour, la parole la libéra. D'un regard partagé, Din cru comprendre que l'incident était clot. Le temps de la psychanalyse viendrait plus tard, dans son Kaerl, avec son propre Maître. L'elfe ne savait trouver les mots adéquats, et plus de paroles risqueraient de faire plus de mal que de bien. Puisque cette parenthèse se refermait, Din tacha de réfléchir sur les paroles de Lordan concernant les Clefs-Serrures et les Mécanismes-Calculés.

Hum... Tes paroles sont pleines de bon sens Lordan, mais je ne peux m'empêcher de penser à la grande difficulté de notre position, coincés devant un mur infranchissable et derrière par un groupe de nombreux Vertueux en colère, décidés à venger les leurs...

Dans la lueur blafarde de la magie, les traits de l'elfe avaient adopté un masque de désarroi.

Mais avons-nous vraiment le choix? J'aurais préféré retourner dormir à l'auberge, laisser passer quelques jours pour nous faire oublier puis revenir, avec plus d'indices sur cette fameuse "porte"... Mais désormais, je crains que nous n'ayons laissé trop d'indices... indélébiles, de notre passage. Il faudrait donc agir dès cette nuit, sans plus de matériel que nous n'avons déjà sur nous.

Din soupira, et partagea sa véritable crainte à son compagnon d'aventure:

Tu vois une porte avec des serrures ou des mécanismes... En levant ses bras, elle montra de plus près les parois avec la petite sphère luminescente. J'imagine des galeries profondes, à demi-éboulées et refermant quelques créatures sournoises et maléfiques, attaquant n'importe quel passant. Elle regretta d'avoir partagé ses craintes en voyant le sourire enthousiaste de Lordan s'effacer peu à peu. Mais quelque chose en elle la poussait à vider complètement son sac, irrépressiblement: Le fait que nous soyons sous terre n'est pas non plus pour me rassurer... Quant à mourir, je ne veux pas le faire loin d'Anareinth, mais il ne pourra pas nous rejoindre ici...

Sur ces derniers mots, particulièrement noirs, Din sourit et s'étira.

Mais nous n'avons pas le choix n'est-ce pas? Oh, et puis, j'exagère. nous sommes deux combattants accomplis, nous avons un avantage sur tous les Bertueux du monde: le Don! Comme si ces maigres arguments la rassuraient vraiment, Din fit les derniers préparatifs: elle but une gorgée d'eau et tendit une pomme, sortie de sa besace, à Lordan, avant de croquer dans la sienne. Reprenons des forces, et prions Flarmya de nous réserver une porte Mécanismes-Calculés, réservée aux Liés, ça nous aiderait bien!

Cette fois, elle ne pu étouffer un petit rire nerveux qui lui secoua les côtes pendant quelques secondes. Avant d'éteindre sa magie, elle glissa une dernière suggestion:

Essayons de descendre au plus près de la rivière, j'ai comme le sentiment que l'eau nous mènera au bon endroit... Qu'en penses-tu?

La lumière s'éteignit, et Dinjelaï, pliée en deux, sortit la première de leur minuscule niche...
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:33

La solution n'avait pas mille choix. Une décision s'imposait et les deux compagnons devront bien opter pour une voie la plus sûre pour eux et la rivière était semblait-il leur seule issue possible. Entre une muraille naturelle qui leur coupait la route et de l'autre côté, les prêtres qui allaient leur courir après. Après tout, n'y avait-il pas deux chevaliers-dragons dans ces deux intrus là ? Quel meilleur moyen de passer leur colère sur ces deux êtres qu'ils jugeaient abjectes. Rien de tels pour renforcer leur conviction fanatique. Et le fait que Dinjelaï ait découvert que le temple de ces lieux menaient à Qahra...Si les prêtes pouvaient se déplacer d'un bout à l'autre du monde grâce à ce portail, les efforts pour réussir à les combattre allaient en s'amoindrissant. Mais l'heure n'était pour le moment à les repousser, et à les éradiquer... La mission était de trouver le Tombeau, avant eux. Le destin qui leur fournissait la magie nécessaire à leurs ambitions ne leur avait pas offert le moyen de pénétrer dans les premières parties de la nécropole qui semblait juste sous leurs pieds. Du temps, Dinjelaï et Lordan allait en avoir. Tant qu'on ne les rattrapait de leur position.

Dans les échos des lieux, on entendait que la rivière n'était pas très forte. Cela ne devait pas empêcher que les boyaux dans lesquels elle passait devaient être bien glissant. Et une fois que nos deux héros auront décidé de la suivre.....

[HRP : chacun de vous allez recevoir un message pour la suite. MOUAHAHAHA]
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:33

Posté par Lordan

Se sentanr très soulagé d'avoir pu raconter aussi simplement ce qui lui était arrivé, Lordan souffla longuement comme s'il reprenait sa respiration. A bien y regarder, il n'y avait pas là matière à considérer la situation comme dramatique.
Qu'avait-il à se reprocher ? Il n'avait été ni traître ni cruel et que ce vilain bonhomme s'en soit allé au fil de l'eau, plutôt que Dinjelaï, on ne pouvait qu'en remercier Flarmya. Il suspendit aussitôt sa réflexion qui s'orientait sur des voies sans issue. Chercher un réconfort dans la volonté des dieux conduisait forcément à un fatalisme facile ou, dans son cas, à une nouvelle cascade d'interrogations sur le libre-arbitre, les causes premières et la finalité universelle. Lordan était trop vite distrait par l'apparence des choses pour être mystique plus de dix minutes d'affilée. Trouver dans la transcendance divine son guide et son recours, ce n'était pas pour lui. D'autant que les dieux de Rhaëg, en fait de transcendance, avaient trop les pieds sur terre et le nez dans les affaires humaines pour en imposer.
Comme l'aspirant était expert dans l'art de s'essorer l'esprit pour en tirer le maximum de problèmes possibles, abandonnant la métaphysique pour la morale, il se demanda, au cas où le Vertueux se serait seulement blessé sur le rocher au lieu de s'y fendre le crâne, si lui, Lordan, aurait tenté de le sortir de là, ou bien cherché à le pousser définitivement vers l'abîme. Il jugea la première possibilité très noblement stupide et la seconde, tout à fait horrible mais raisonnable. « Bon « et « bête » avaient bien parfois une démoralisante parenté, à moins de trouver une troisième voie.
Heureusement, avant qu'il ne s'égare à la recherche de la troisième voie, Dinjelaï se mit à analyser la situation, sans demander à la métaphysique ou à la morale de décider ce qu'il convenait de faire.
Lordan se trouva tout à fait d'accord avec l'Elfe. Oui, il fallait agir et tout de suite. Ils avaient un peu d'avance sur ceux du Portail, car on n'ouvre pas un portail magique juste pour une entrevue entre deux portes. Là-haut, les incantations devaient se poursuivre pour maintenir le portail actif en attendant le retour du grand chef. Quant aux Vertueux restés au temple, l'absence du garde englouti ne serait pas remarquée immédiatement puisque son équipier avait dû signaler que tout était en ordre et que son collègue était parti seul inspecter la garde au dehors. Ils avaient donc le temps mais à condition d'agir vite.
Dinjelaï pensait que des Dragons avaient autrefois pris ce lieu pour résidence. La gigantesque grotte aurait très bien convenu pour y déployer leurs ailes. Les balcons aperçus dans les hauteurs étaient beaucoup plus vastes que ces niches du bas qui semblaient s'être écrasées sur elles -mêmes au cours des âges. Et les décorations ondulantes de la première salle étaient tout à fait draconiques, comme la taille des trois portails d'accès.


La jeune femme sortit deux pommes de son sac et en donna une à Lordan. Le ragoût aux oignons commençait à ne plus être qu'un mauvais souvenir et le geste simple de tendre la main vers un fruit frais et familier rasséréna tout à fait l'aspirant. Dinjelaï observa de nouveau la caverne en se penchant pour scruter le tumulte des eaux. On voyait que de forts tourbillons se contrariaient comme s'ils étaient provoqués par des courants multiples. D'énormes quantités d'eau y étaient brassées et ce n'étaient pas les minces cascades tombant des hauts balcons qui pouvaient les approvisionner. Tout un système des siphons et de résurgences devaient fonctionner dans les profondeurs. Curieusement, de l'autre côté de la caverne, ce bouillonnement semblait s'organiser en un flot plus uniforme, peu après l'endroit où le Vertueux était tombé. Un surplomb empêchait de voir exactement jusqu'où ce flot s'enfonçait. L'eau devait s'échapper par là, du moins partiellement. Dinjelaï se redressa, l'air assuré et présenta cette sorte de rivière comme le chemin à prendre... Lordan approuva, abandonnant ses premières intentions. L'escalier montait dan le temple Virtutem, qui ne pouvait être l'endroit où chercher l'Artefact puisqu'il n'avait été planté là que pour permettre l'exploration des salles souterraines et sans doute aussi la création du Portail magique. C'était bien en dessous qu'il fallait pénétrer et la rivière était le seul accès possible vers ce que les Gardes appelaient le Labyrinthe et les tombeaux des Rois Morts.
Les deux compagnons redescendirent donc vers la galerie où ils s'étaient retrouvés et se penchant par dessus le surplomb, regardèrent le courant d'eau opaque qui y disparaissait. Lordan se décida :


-Si tu le permets, je vais voir là-dessous. Inutile de se mouiller à deux si on ne peut pas passer. La manière dont l'eau se calme, sitôt qu'elle arrive là, peut montrer qu'elle n'a pas ici de profondeur mais une possibilité de s'écouler tranquillement. Elle doit s'étaler comme sur un rebord de marmite. Encore faut-il pouvoir passer.


Il posa ses bottes, les roula dans sa veste, força le tout dans son havresac de cuir avec son katana en travers, et posa le paquet à terre ; puis il s'assit sur le bord du surplomb et se laissa glisser dessous en pivotant sur l'appui de ses mains. La pointe de ses pieds trouva le fond immédiatement et il s'enfonça sous le rebord en baissant la tête, mais tout de suite la voûte remontait et il put avancer normalement. La lumière orangée de la grotte ne parvenait guère jusqu'ici, mais une phosphorescence verdâtre moirait certains rochers suintants . Le tintamarre des cascades et des tourbillons cessa presqu'aussitôt qu'il fut sous la voûte, remplacé par le bruit régulier de l'eau fuyante. Il lança à Dinjelaï, invisible à l'étage au-dessus :


-C'est bon . L'eau est froide mais supportable. On en a à peine à mi-corps. Le fond est un peu glissant et le courant est fort, sans être vraiment trop gênant. On ne voit pas de mur devant , juste une arche de tunnel. Je continue ?


Dinjelaï ne répondit pas et il se dit qu'elle n'avait sans doute pas entendu. Il revint vers la zone éclairée et soudain, aperçut son sac et son katana descendant du rebord, suspendu à la main de Dinjelaï . Elle considérait donc le repérage suffisant et se préparait à rejoindre l'aspirant. En effet, elle lui tendit ensuite son propre paquetage puis glissa à son tour dans la rivière . Une minute plus tard, ils s'éloignaient côte à côte vers le tunnel .
Plus ils avançaient, plus l'obscurité diminuait . La lumière verte devenait bleuâtre et s'intensifiait, produite par une couche grumeleuse sur les parois. Parfois un orifice s'ouvrait dans les roches, déversant bruyamment son eau dans le boyau principal. Une légère vapeur se mit à flotter autour d'eux et la rivière sembla moins froide. Lordan, un peu frileux de nature, s'en réjouit :


-Il y a des sources chaudes parmi ces déversoirs . C'est une chance, car nous marchons depuis au moins un quart d'heure et le froid aurait fini par nous gagner. Espérons que la température va demeurer agréable jusqu'à la fin de ce couloir .


Ils plaisantèrent un instant, pour savoir s'il était préférable d'être transformé en glaçon ou cuit à la vapeur. Lordan se demanda si Dinjelaï éprouvait comme lui ce malaise qu'engendrent les lieux souterrains, remplis d'échos et cependant privés des bruits de la vie. L'eau n'exprimait que la force brute des choses, suivant en aveugle les lois obscures d'un monde minéral où le passage du temps se mesure à l'échelle des millénaires. Plusieurs fois ils faillirent tomber, car le sol était rendu glissant par un mucus luminescent qui créait d'étranges irisations dans leur sillage. Lordan, qui marchait sur ses bas de chausses, se demanda s'il n'aurait pas dû garder ses bottes, mais cela n'aurait sans doute pas été mieux. Il ne savait pas si Dinjelaî avait encore les siennes mais elle n'avançait pas plus vite.
Le courant se fit plus fort comme les parois se rétrécissaient. Il devint difficile de maintenir son équilibre et on ne progressait plus qu'à pas ralentis, en se tenant aux murs. Le tunnel s'incurva et un grondement devant eux alla s'accentuant. Lordan remarqua, l'air faussement détaché :


-Il y a une chute d'eau devant nous . Je pourrais aller voir plus loin. Inutile de nous fatiguer à deux si...


Il n'acheva pas sa phrase. Le pied lui manquant, il glissa en arrière et tomba sur le dos, son seul réflexe étant de lever son sac hors de l'eau. Elle était devenue si peu profonde qu'il lui suffit de tendre le cou pour se maintenir en état de respirer. Sa position ne lui permettait plus de lutter contre le courant et il se laissa faire, sentant qu'il fallait préférer l'adaptation à la lutte. N'avait-il pas voulu aller voir plus loin et tout seul ? Et bien, il y allait, et vite.
Le couloir se divisa en deux conduits plus étroits et Lordan partit entraîné sur la droite, le courant s'accélérant avec la pente. Nouvelle bifurcation, avec des effets semblables. Si Dinjelaï l'avait suivie, elle devait comme lui être emportée à toute vitesse dans ce qui ressemblait de plus en plus à un toboggan infernal. Pourvu qu'elle ait pris la même direction que lui ! Si ce système avait des issues différentes, comment pourraient-ils se retrouver ? Mais Dinjelaï avait Anareinth et Wirenth . Il était sûr qu'ils s'arrangeraient pour repérer leur liée et la guider jusqu'au dehors. Encore un rétrécissement ; la pente s'accentuait toujours. Même s'il s'était relevé, il n'aurait pas pu tenir debout. Tout allait trop vite, il ne put que penser :


Que Flarmya nous protège !


Les pieds en avant, le corps glissant sur le fond rocheux, ne voyant presque plus rien car le souffle de l'air lui plaquait sur le visage ses cheveux dénoués, Lordan se sentit soudain projeté dans les airs. Entre deux mèches collées, il aperçut un vaste espace bleuâtre rempli d'éclaboussures et, serrant toujours son précieux ballot, se sentant un bref instant libéré de la pesanteur, il fit un saut périlleux, splendide autant qu'involontaire, un demi tire-bouchon, aussi peu calculé mais complètement raté, pensa heureusement à fermer la bouche qu'il avait grande ouverte de surprise, et il percuta une eau fraîche et miroitante. Il y eut un grand bruit de claque mouillée, dont les échos retentirent jusque dans les profondeurs aquatiques où il venait d'être catapulté. Une vigoureuse détente des jambes le fit remonter, toujours cramponné à son sac. Toussant, soufflant, il émergea et récupéra ses esprits en tentant de comprendre où il se trouvait. Toujours sous terre apparemment.
Il lui sembla alors entendre comme un cri, puis un écho de plongeon et son attention se suspendit. Dinjelaï !
Pourvu que ce soit elle qui venait d'être éjectée après lui, hors de la même paroi d'où sortaient plusieurs conduits se déversant dans un vaste bassin. Lordan retint l'appel joyeux qu'il s'apprêtait à lancer. Ils n'étaient peut-être pas seuls. Et ce n'était peut-être pas Dinjelaï.


Pourvu que ce soit elle ! Pourvu... Flarmya ! Faites que ce soit elle !


Décidément, il invoquait de plus en plus les dieux !
Sur le bord, qui mêlait des débris rocheux et des restes d'un splendide pavage, on pouvait voir une bizarre petite zone de pierres curieusement vitrifiées. En battant des pieds, Lordan s'en approcha comme du point le plus proche. Mais il n'avait d'yeux que pour l'immense disque de bronze qui se dressait contre la paroi, elle-même taillée dans un monolithe géant, visiblement en une diorite orbiculée à faire rêver tous les naturalistes de Rhaëg. C'était une porte, comme le montrait la ligne médiane marquant la séparation de deux vantaux, s'ouvrant vers l'extérieur par d'énormes charnières. Mais l'insolite de cette porte disparaissait derrière ce qui en était à la fois le principal ornement et sans doute le dispositif de garde et d'ouverture. L'entrée était bloquée par deux statues de dragons grandeur nature, laqués de rouge. Il étaient tous deux à demi cabrés, tournés de trois-quarts l'un vers l'autre. Leurs têtes, hérissées de crêtes et de dards, regardaient vers le lac. On remarquait juste au-dessus de l'encolure, un curieux éperon recourbé en cristal.
En se hissant sur le parvis, Lordan aperçut dans la transparence de l'eau un objet qu'il identifia comme un de ces bâtons qu'utilisaient les Vertueux, mais qui semblait noirci et déformé. Leurs ennemis étaient bien passés par là et ils avaient rencontré un problème .
L'aspirant se secoua, ouvrit son sac ; la veste était partiellement mouillée mais cela n'avait plus guère d'importance, vu l'état où il était .. les bottes étaient sèches à l'intérieur. Il tordit le bas de ses chausses,enfila les bottes et réajusta son katana dans le dos, guettant un appel. Il scruta le lac. Les eaux agitées par les cascades brouillaient la perspective mais il crut voir un objet sombre avançant sur les reflets bleus et se dit :


C'est Dinjelaï . Je veux que ce soit elle ! ! Ça ne peut être qu'elle...Flarmya ..


Il s'arrêta net, envahi par une sensation étrange, comme si des ondes orageuses se propageaient autour de lui. Son ouïe s'emplissait d'une vibration très haute à la limite de l'audition, effaçant le bruit de l'eau et les échos de la caverne. Il frissonna de tout son corps et levant son regard vers les Dragons, vit que leurs yeux s'allumaient d'une rouge lueur de flamme.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:33

Posté par Dinjelai

La plan étant réglé, Lordan et Din s'enfonçèrent sous les voutes et descendirent quelques escaliers pour se retrouver au plus proche de la rivière. La seule vue d'une telle masse d'eau bouillonnante effrayait terriblement l'elfe. Etre coincé dans un boyau obscur était un problème, mais l'onde, fourbe, mouvante était une tueuse hors pairs, rien ni personne ne pourrait ôter cette idée de la tête de Dinjelaï. D'ailleurs, Lordan ne semblait pas remarquer les tremblements fins de ses doigts et la pâleur de son visage. Il marchait en tête avec le pas vigoureux d'un homme déterminé, réfléchissant sans doute à la tactique à mettre en oeuvre, tandis qu'elle ne pouvait détacher ses yeux des tourbillons noirs, refluant de mauvais présages...

L'elfe n'avait jamais aimé l'eau. Ce n'était pas son élément, ça non. L'air frais sur son visage, la douce atmosphère des sous-bois, la chaleur des plaines... En opposition, l'eau lui tendait des bras froids comme la mort, baisait sa bouche de lèvres glacées qui cherchaient toujours à l'étouffer... Elle restait cependant maîtresse d'elle-même et serra les dents quand Lordan se proposa d'avancer le premier pour sonder le terrain. Peut-être qu'en d'autres occasions, en d'autres conditions surtout, elle se serait mise en avant, mais devant le bras de rivière, fut-il plus calme en cet endroit, elle ne pouvait que lui adresser milles remerciements silencieux.
Lordan se laissa tomber hors de son champs de vision, après lui avoir confié son sac. La lèvres inférieure toute mordillée à cause de son angoisse, Din n'eut pas à attendre plus de quelques secondes pour recevoir un rapport rassurant: le Céleste avait pied. Aussitôt, elle tut l'information qui avait faillit franchir ses lèvres à plusieurs reprises sur le chemin...

Je ne sais pas nager...

La question ne se posant plus, elle fit immédiatement ses propres préparatifs: sa besace pouvait être modifiée pour que le lien se dédouble et se raccourcisse grandement, pour que les boucles enserrent ses deux épaules et lui laisse donc les mains libres, tout en préservant ses affaires de l'eau. Contrairement à Lordan, elle conserva ses bottines de cuir souple. Elle avait trop peur de marcher sur n'importe quelle arme que dissimulait l'eau sombre: éclat de métal ou roche aiguisée et ainsi blesser sa délicate plante de pied. S'il n'était pas nécessaire de se maintenir à la surface, ses bottes ne la gêneraient pas outre mesure, du moins le cru-t-elle sur le moment.
Aussitôt la boucle supérieure de ses bottes serrée au dernier cran, Din emprunta le chemin par lequel avait disparu Lordan et le rejoignit au plus vite.

La lueur verte et bleutée qui irradiait des murs suffisait tout juste à leur montrer la voie. Ils commencèrent leur marche en silence, Din étant trop angoissée pour desserrer les mâchoires. Bientôt quelques courants chauds croisèrent leur chemin, déclenchant tout d'abord un regard courroucé de l'elfe vers son associé qui marchait derrière elle. Acceptant son argument, elle ralentit néanmoins la marche pour ne pas prendre de risque. Un bruit de cascade prit peu à peu de l'ampleur et le courant se fit plus fort.

Heu, oui Lordan, je... Je veux bien que tu passes le premier car en vérité... En vérité, je...

Din n'eut pas le temps de finir son aveu. Un mauvais pas entraîna la chute de l'Aspirant Céleste, qui fut rapidement entrainé par l'ondée.

Lordan!!

D'autant plus terrorisée qu'elle était seule, et que son ennemi partout présent avait emporté son meilleur allié, Din hésita une demi-minute.
Après tout, si je veux le rejoindre...

Terriblement inquiète, Dinjelaï s'assit dans l'eau et elle n'eut pas à attendre pour prendre le même chemin que Lordan. Emportée par les tourbillons, elle essaya de ne pas se débattre de trop, juste assez pour garder la tête hors de l'eau, et se laissa guider. Les multiples embranchements l'inquiétèrent: s'il avait prit un autre chemin, ils risquaient bien de ne plus jamais se croiser...
Dans les toboggans naturels, l'elfe prit de la vitesse, et quand le tuyau s'aboucha quelques mètres au dessus d'un lac elle cria de surprise... Avant de s'enfoncer profondément dans l'eau! Secouée par la descente et renversée sans dessus-dessous par sa chute, Din ne savait dans quel sens nager pour arriver à la surface. Une vingtaine d'horribles secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne réussisse à trouver la "sortie". Toussant et crachant autant que possible, elle rejoignit la berge la plus proche grâce à quelques mouvements maladroits. Heureusement, elle avait bien calculé son coup avec les tunnels: elle voyait déjà Lordan sur la rive.

Avant même d'analyser sa nouvelle situation, Din se tira au sec avec ses dernières forces, détacha son sac à dos trempé et s'essora les cheveux. Puis, toujours assise mais désormais calmée, puisque sur la terre ferme, elle parcouru enfin la pièce du regard. Deux gigantesques Incarnates s'enlaçaient au dessus d'une majestueuse porte de bronze, presque plus vraies que nature avec leur émail brillant et leurs yeux de rubis. Din s'absorba dans la contemplation de ses deux beautés pendant plusieurs secondes, oubliant même Lordan, debout à quelques mètres. Leur attention fut tout à coup distraite par une vibration sinistre que Dinjelaï reconnu très vite, grâce à son lien sans doute. Quelqu'un cherchait à pénétrer les mailles de son esprit. Elle se serra les tempes à deux mains, poussant un petit gémissement de douleur, et employa toute sa force et toute sa magie à dissiper le maléfice qui tentait de s'emparer d'elle. Bizarrement, alors qu'elle s'attendait à un combat long et ardu contre cet ennemi invisible, l'oppression cessa bien vite et la caverne aux deux Incarnates s'empli à nouveau de calme.

Un calme de courte durée, puisque les yeux de rubis brillaient d'un éclat flamboyant. Din fit quelques pas en direction de Lordan, tant pour s'assurer qu'il allait bien après leurs cascades que pour recueillir ses impressions sur le lieu...

Drôle d'endroit hein? J'ai l'impression qu'il va vite se passer quelque chose...

Mais le Céleste, rompant avec l'enthousiasme qu'il lui avait montré depuis le début de leur aventure, se contenta de tourner vers elle un regard vide, sans un sourire. Inquiète, Din recula d'un pas.

Lordan, que t'arrive-t-il?

Il n'eut pas le temps de formuler une quelconque réponse: les parois de la caverne furent prises d'un frisson, et la vision de Din s'altéra, comme lorsque Wirenth venait lui livrer un message important. Dans cette vision, l'une des Incarnates se mouvait, venant planter dans son regard d'améthyste des prunelles de feu.

° La clé réside dans le sang des possédeurs du Don. Mais pour l'activer, l'un de vous devra concéder au sacrifice de la vie, pour ensuite revenir de la mort.....pour prouver la valeur et le courage de son âme. Une fois cela, il apposera sa main sur les portes, qui s'ouvriront. °

Aussitôt ses paroles prononcées, les parois rocheuses retrouvèrent tout leur aplomb et Din sut que la vision était terminée. Lordan à ses côtés, la dévisageait toujours d'un regard vide.

Que s'est-il passé?

Une voix, plus grave que celle qu'elle lui connaissait émergea de lèvres qui bougèrent à peine. Din fit un nouveau pas pour s'éloigner de cet être bizarre qui ressemblait si peu à l'Aspirant qu'elle côtoyait depuis quelques jours.

Tu n'as pas vu? La vision Lordan? L'incarnate qui nous a délivré un message?
L'incarnate? Qu'est-ce que c'est, qu'a-t-il dit?

Tu n'as pas entendu? Lordan, mais qu'est-ce qui se passe? Tu t'es pris un rocher sur la tête?

Din remarqua alors le vieux bâton surmonté d'un orbe opalescent. Il avait beau être noircit et le bois à moitié moisi, la pierre au sommet irradiait d'une étrange lueur... Cette fois, Dinjelaï dégaina la dague qu'elle portait à sa ceinture, déclenchant une vive réaction chez l'esprit qui habitait le corps de Lordan.

Parle femme! Inutile de nous cacher quoi que ce soit!
Tu n'es pas Lordan, et je ne te dirais rien! Ce qui est derrière cette porte appartient aux Chevaliers-Dragons des Ordres de Tol Orëa, pas aux Vertueux!

Déclenchant ainsi les hostilités, le corps de Lordan saisit la poignée du katana qui dépassait du sac...




[HRP] J'ai reçu la consigne que tu sois possédé par un esprit, je ne sais pas si tu étais toi-même au courant ^^ Par contre, pour le faire sortir de toi, je ne sais pas trop comment faire, mais puisqu'il veut du sang... Battons-nous!
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:33

Posté par Lordan

Lors d'une précédente mission en Undomë, Lordan avait déjà été habité par un esprit puissant qui avait même tenté de lui faire étrangler le Maître qu'il escortait, et qui n'était rien moins que Messire l'Ambassadeur du Màr Menel . Il semblait que les dieux trouvaient l'aspirant particulièrement réceptif et facile à posséder. Toujours bayant aux corneilles, il gobait n'importe quoi et les dieux qui, dit-on, s'ennuient, prenaient un malin plaisir à autoriser le moindre incube, spectre ou esprit maléfique, à entrer dans cet esprit ouvert aux quatre-vents. Et cela, sans toquer à la porte, ni s'essuyer les pieds au paillasson. Mais si Lordan avait de faibles résistances psychiques, il possédait outre un degré de conscience de soi très élevé, un penchant naturel à ne pas aimer qu'on lui marche dans ses pensées et qu'on le fasse agir contre ses principes.. Le vieux sorcier-liche d'Undomë en avait été pour ses frais. Messire Avanaël étant, pour Lordan, intouchable par nature et par fonction, il ne pouvait a fortiori être étranglé.
Quand donc Lordan sentit une main grise et froide s'insinuer dans sa tête, aussitôt il se rétracta le plus possible dans le coin le plus secret de lui-même et s'y barricada . Ce qui était curieux était qu'il sentait très bien qu'une autre force que sa propre volonté luttait pour repousser la Main Grise, ce qui le fâcha. Il n'était vraiment plus maître chez lui. Cette force était celle qu'il avait senti se dégager quand les yeux des dragons s'étaient embrasés. Alors que la Main Grise, de ses doigts crochus , glacés et légèrement visqueux, tâtonnait maladroitement pour un cambriolage d'esprit assez minable, la Force lui parla, avec autorité, concision et politesse:


°Tu as le Don . Je dois parler par ta bouche. Mais ce vieux sorcier m'en empêche .Veux-tu m'aider ?°


Screech,screechscreech, grattaient les ongles pointus de la Main grise sur les nerfs à vif du malheureux Céleste. screechscratch.


A ce moment, ce qui compliqua les choses fut l'arrivée de Dinjelaï, trempée, mais visiblement soulagée de se retrouver en une compagnie qu'elle pensait connue. Lordan - le vrai - réfugié dans sa petite forteresse imprenable, tenta de lui sourire mais aussitôt la Main Grise se tourna vers cette faible lumière de conscience qui s'allumait dans les ténèbres. Lordan horrifié crut entendre une sorte de clapement de lèvres goulues. Smacksmack slurpslurp...Il ne devait pas y avoir qu'une main qui tripotait ses intérieurs.
Il rentra vite dans sa circonvolution cérébrale comme une tortue dans sa carapace. Tant pis pour le sourire à Dinjelaï . Elle devait lui trouver un air idiot. Il essaya de faire un signe à la Force, et pensa très intensément :


Je veux chasser cette chose..


Il vit alors Dinjelaï ouvrir la bouche puis elle lui parut chanceler, écarquillant de grands yeux surpris, semblant écouter, mais lui n'entendit rien, comme si tout se passait derrière une vitre épaisse . Par contre, les échos d'une voix caverneuse lui parvinrent de l'intérieur de son propre esprit. Elle posait des questions vagues, sans intérêt, mais la Main considérait l'Elfe avec avidité. Lordan en était sûr. Et lui aussi considérait la jeune femme avec avidité. Elle savait des choses. Il fallait qu'elle parle ;° comment l'appelait-on déjà, cette créature mortelle ? Ah oui, une femme !° La Force lui tordit un peu le tissu de ce qui lui restait de conscience :


°Reste avec moi. Ma sœur a délivré son message et je dois délivrer le mien. Vois-tu ce sceptre dans l'eau ? C'est celui du sorcier-liche qui te hante. . Nos dragons se sont débarrassés de son corps, mais son esprit est resté dans la gemme enchantée. Il espère profiter de votre arrivée pour passer la Porte. Il te faut le chasser vite. Il peut déjà parler par ta voix et te faire bouger.. Il te fait interroger ta compagne pour qu'elle répète ce qu'elle vient d'apprendre. Si je te révèle mon message, il le connaîtra immédiatement. Mets-le dehors !°


Dinjelaï après un moment d'étonnement, avait jeté un regard résolu vers l'aspirant ; elle parla encore mais décidément il n'était plus capable que d'entendre des voix d'outre-tombe. Sitôt que Dinjelaï sortit sa dague et bien qu'il ne décidât rien, il vit sa propre main se tendre vers son Katana. Il lança à la Force :


°Faites donc quelque chose ! Vous ne pouvez pas lancer un éclair, une orbe de feu, n'importe quoi, sur ce wandar de malheur ? Vos Dragons pourraient...°


Il est déjà lassant de discuter avec soi-même mais quand deux autres esprits occupent le vôtre, il y a de quoi devenir fou ou tout au moins perdre patience. Cependant la Force sembla bizarrement exulter à sa protestation et vibra sur un mode triomphal et assourdissant :


°Le Wandar ! Tu connais le Nom ! Maintenant je PEUX vaincre !°


L'aspirant se souvint que les liches se protégeaient en cachant leur nom dans des phylactères ou des réceptacles magiques. Le nom de l'objet prononcé par les gardes était apparemment celui de la liche . Encore heureux qu'il s'en soit souvenu. Pendant ce temps,il se passait dans son corps des choses étranges.
Le katana brandi, Lordan qui, aux sens propre et figuré, ne savait plus où donner de la tête, sans décider quoi que ce soit, marchait sur Dinjelaï. La Main gloussa de satisfaction par les lèvres de l'aspirant qui, cette fois-ci, s'entendit, et il eut honte de ramasser toujours des esprits non seulement méchants mais gâteux.


Héhéhé ! héhéhé !


Pourquoi pas gnégnégné ? Il en avait assez. La colère lui fit opérer un sursaut mental et il s'imagina arrachant la Main de son cerveau, de sa langue, de derrière ses yeux qu'elle cherchait à lui faire rentrer dans le crâne, toutes ces visions de cauchemar se heurtant dans un sentiment d'incoercible horreur. La Main se multipliait, il y en avait partout, comme des araignées multipattes et ricanantes qui tentaient de reprendre leur proie .
Mais une voix encore plus forte que ce tohu-bohu retentit, prononçant des syllabes de flammes où Lordan ne reconnut que ce mot de wandar mais où il identifia sans peine la tonalité d'une incantation de bannissement . En effet, bien que dépourvu de tout pouvoir extranaturel, l'aspirant suivait les cours de magie ouvert au public, juste pour la beauté du plain-chant et les effets pyrotechniques. Il savait reconnaître les sept formes d'exorcisme rien qu'à l'intonation.
L'effet du rituel exécratoire fut spectaculaire ; deux longs rayons rouges , comme du verre en fusion, sortirent des yeux des dragons et se rejoignirent exactement à l'endroit où gisait le bâton des Vertueux. L'eau bouillonna, jetant des tourbillons de vapeur. On entendit un long hurlement qui mourut en un hoquet disgracieux. Lordan sentit qu'on lui arrachait la cervelle et se laissa glisser à terre dans la bienheureuse inconscience qui l'engloutissait.


Quand il se réveilla, Dinjelaï était penchée vers lui, et comme elle vit qu'il ouvrait les yeux, elle eut un sourire si gentil que Lordan vite les referma pour pouvoir les rouvrir et recevoir un deuxième sourire. Il essaya même de tricher en ouvrant un seul œil à la fois. Puis il reprit conscience de ce qui s'était passé et se remit debout. A part une légère migraine, des vêtements qui sentaient le chien mouillé, une hésitation entre nausée et vertige, des cheveux s'égouttant encore dans son cou, le bas du dos un peu irrité par le toboggan, tout allait très bien.
Il écouta l'elfe lui raconter ce qui s'était passé et comment il l'avait menacée de son katana. Lordan fut assez choqué -avait-il des instincts autoricides que la possession démoniaque permettait de libérer?- et il fit quelques pas vers l'eau qui fumait encore un peu. Cette fois, il ne restait du bâton qu'une tige bosselée. Il raconta ce qui lui était arrivé en simplifiant au maximum . Personne n'aime avouer qu'on peut se promener dans sa tête comme dans un jardin public. Même si, apparemment, la chose était banale en ce lieu, puisque Dinjelaï avait eu droit aussi à sa Vision . Il se fit répéter le mystérieux message qu'il trouva peu encourageant.
La clé réside dans le sang des possesseurs du Don . Il fallait que l'un d'eux verse son sang ? Un peu, beaucoup, tout ? Même si l'on parlait de revenir de la mort, tout cela sentait le sacrifice rituel, le couteau d'obsidienne, l'autel gravé de runes menaçantes, les choeurs lugubres des héros disparus, ponctués de gong aux sons funèbres de métal ; en deux mots : les complications ésotériques. Lordan aurait aimé davantage de rationnel et moins de traditionnel, moins de grandeur épique et une clé plus ordinaire. Un genre d'équation mathématique ou une énigme ou un puzzle aurait pu suffire. Il était bon pour les puzzles. Décidément, les morts n'étaient pas des gens simples.
Ayant remis son katana dans le dos, il rassembla ses cheveux qui lui pendaient devant les yeux ; il avait perdu son lien dans le toboggan et se contenta de se faire rapidement deux cadenettes. Cela lui donnait l'air d'un barzoï attristé, mais au point où il en était... Il faudrait un jour penser à se faire tailler tout ça. Les cheveux courts, c'est plus pratique quand on tombe à l'eau et il devait appartenir au genre d'aventurier qui y tombe souvent.
Sa bonne humeur refaisait surface quand de nouveau, le monde manqua à tous ses devoirs de placide solidité . La vibration sonore haut perchée, le scintillement de l'espace..le vertige intérieur, il avait déjà donné . Mais cette fois, il savait que c'était la Force qui revenait et il se prépara pour le message.


Une Maîtresse incarnate apparut , vêtue d'une armure de laque rouge comme les écailles des dragons ; Lordan sentit qu'elle allait parler par sa bouche et perçut l'âme qui le sollicitait. Cette âme semblait fatiguée, sans doute par la lutte contre le sorcier-liche, et le désir de l'aider submergea le jeune homme qui se laissa envahir.
Une voix féminine et majestueuse sortit de ses lèvres et monta jusqu'aux voûtes bleues, se répandit sur le miroitement du lac, éteignit le murmure des eaux.


Je suis Kyara Nahom'is, qui périt en combattant les ancêtres de ces fous se prétendant Vertueux. Ce ne sont que des esprits malfaisants et des cœurs pervertis par la haine qu'ils portent aux Dragons .
Grands magiciens eux-mêmes, maîtres dans l'art des distorsions spatiales, ils vinrent jadis des espaces étoilés pour asservir ces nobles esprits dont ils avaient perçu la puissance. Les dragons et leurs liés les vainquirent en une seule bataille, celle où ma sœur cadette et moi perdîmes la vie avec tant d'autres chevaliers. Rares furent les ennemis à pouvoir s'échapper. Ils promirent de revenir pour se venger.
Un puissant sortilège fut établi , comprenant trois artefacts capables de vaincre ces monstres s'ils réapparaissaient. Mais sur Rhaëg, le secret s'en perdit au cours des âges et ce furent les prétendus Vertueux qui le mirent partiellement au jour en préparant leur retour.


La voix se tut un instant puis reprit, changée, masculine et semblant rouler des éclats de tonnerre.


Alors, le Destin s'est retourné sur sa couche,
Car étroit est le lit du Destin
Et nul ne peut venir partager ses rêves.


Nul ne peut enfreindre impunément l'Equilibre.
N ul ne doit arracher les pages du Livre du Monde
Nul ne doit regarder plus haut qu'il a les yeux.


Car ce qu est invisible n'est pas pour être vu,
Ce qui n'est pas écrit ne peut pas être lu,
Et ce qui est fermé ne doit pas se déclore..


Mais
Les dieux ont décidé de réouvrir les anciennes portes
Et de révéler les secrets perdus.
Ils ont éveillé les Morts et alerté les vivants.
Entendez leurs voix et suivez leurs désirs.


L'esprit se tut un instant pour laisser mourir les échos puis reprit, d'une voix de nouveau féminine :


Une bague, portant un Rubis Flamboyant, nommé Aarkan !!, est cachée dans ma tombe, au delà de la porte .
C'est le premier des Trois. Qui l'aura verra sa quête terminée, mais non son devoir. Car il faudra se préparer à la Bataille Ultime.


Vous êtes les prédestinés. Mais nous ne pouvons rien contre les protections magiques mises en place, sinon vous dire comment les vaincre. Comme ma sœur l'a dit, les Dragons veulent du sang pur lié par les Ancêtres à leur lignée, afin de relâcher leur étreinte et ouvrir la Porte .
Quand le nom de ce sang sera dit, le sacrifice prendra place et le survivant entrera.
Quand il aura trouvé Aarkan le Flamboyant !!, il sortira et grâce aux cornes de cristal, il rappellera le Sacrifié .
Quand le jour nouveau paraîtra, vous porterez Aarkan !! à celui qui saura où le garder.


Je ne puis en dire plus.
Mon temps s'épuise
et la Mort me reprend


La voix baissa d'intensité et devint un murmure amical :


Je suis heureuse d'avoir pu voir que la lignée des Chevaliers -Dragons se poursuit dignement en vous. Pour que le sacrifice ait lieu, vous devrez vous présenter aux dragons en disant votre nom . Ils choisiront, si vous n'avez pas choisi.


Que rien n'ébranle votre cœur fidèle.


L'esprit disparut.
Lordan regarda Dinjelaï et fit :


-Eh bé !


Il faut reconnaître qu'on l'avait fait beaucoup parler.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:34

Posté par Dinjelai

Les dagues dégainées, Din attendait les premières attaques de celui-qui-ressemblait-à-Lordan-mais-qui-n'était-pas-Lordan. Quelques mouvements étriqués, manquant de fluidité et d'harmonie l'interpellèrent. Des ombres passaient sur le visage de l'Aspirant, le faisant passer de l'obscurité à la lumière sans que la lumière des torches au pied des deux Incarnates ne varie. Sans être une fine connaisseuse des possession d'esprit, il ne fallait pas être grand magicien pour reconnaître qu'ils étaient plusieurs là-haut. Jusque là, le Céleste n'avait à aucun moment fait ou dit quelque chose qui aurait pu mettre la puce à l'oreille sur la santé de ses capacités mentales, aussi Din en déduisit-elle qu'il se passait quelque chose, et que ce quelque chose était lié à la puissance qui avait passé dans la grotte, mais peut-être également au message de l'une des Incarnates. Car après tout, si l'une était encore douée de parole après des siècles d'emprisonnement dans la pierre, l'autre ne devait pas être muette.
Din baissa donc ses armes, puisque le corps de Lordan ne faisait plus mine de l'attaquer. Il semblait plutôt se débattre contre lui-même, et l'elfe craignit même qu'il ne se blesse avec la lame coupante. Tout à coup, sans autre préavis que quelques tressautements inarticulés, les yeux de rubis des deux Incarnates laquées transpercèrent le bâton moisi du Vertueux décédé de deux paires de rayons assez impressionnants. Suite à quoi, le corps de Lordan s'affaissa sur lui-même comme une poupée de chiffon et Din ne fut pas tout à fait assez rapide pour l'empêcher de se cogner contre la roche humide du sol.
Pour tenter de rattraper son manque de vivacité - compréhensible quand même, ne pointait-il pas sur elle un katana aiguisé deux minutes auparavant? - elle souleva légèrement la tête du malheureux Céleste et lui fit un oreiller sommaire avec ses mains en coupe. Véritablement inquiète, elle attendit une minute qui lui paru une éternité, et fini par lui donner une petite claque sur la joue gauche, désolée de devoir utiliser ce moyen violent pour le faire revenir à lui. Ses yeux papillonnèrent légèrement, avant de s'ouvrir une première fois, pour se refermer aussitôt, avec l'application d'un enfant qui veut faire semblant de dormir.

Hého, Lordan? Ça y est c'est fini. Après cette introduction plutôt tranquillisante, Din reconstitua rapidement sa version des faits, version complétée par celle de Lordan aussitôt après. Il avait eu à peine le temps de se faire une coiffure un peu saugrenue, que les murs de la grotte étaient pris du traditionnel vertige qui annonçait le contact mental d'un dragon ou de son lié.
Cette fois, plus qu'un simple mouvement d'une statue, ce fut la Liée de l'Incarnate, Kyara Nahom'is, qui apparu toute entière, pour leur délivrer en personne un message, de la plus haute importance. Si le poème porté par une voix masculine était obscur et chargé de sens caché, ce n'était pas le cas des paroles de la Maîtresse Incarnate, qui leur donna des instructions on ne peut plus détaillées...

Alors, l'un de nous dit son nom, il se fait sacrifier pour la bonne cause, puis l'autre rentre. Il prend la bague, il revient, il rappelle l'autre grâce aux cornes magiques, délivrées avec notice d'utilisation, et on s'en va bras dessus, bras dessous... Dit-elle une fois que l'apparition se fut volatilisée. Ca n'a pas l'air si compliqué... Reste quand même un choix sacrément épineux au départ, non?

Din jeta un regard ennuyé sur Lordan. Elle n'avait pas tellement envie de mourir, fusse la ressuscitation aussi simple que dans l'énoncé, mais elle comprenait que Lordan ne soit pas tenté non plus...

On tire à la courte paille? Elle lui fit son plus beau sourire pour essayer de le convaincre et s'arracha deux cheveux d'un mouvement sec. Elle en coupa un à la moitié et les cacha tous les deux dans sa main, n'en laissant dépasser qu'un petit bout. Puisqu'elle avait proposé, il devait choisir, et sans guère d'hésitation, puisqu'après tout c'était un jeu de hasard, il tira le plus petit des cheveux...

Bon ben... Je ferais vite, promis! Ton corps sera encore tout tiède quand je te ressusciterais!

Elle assortit ces paroles très encourageante d'un petit sourire du même ton, et regarda Lordan s'avancer bravement vers les deux Gardiennes qui lui ôterait -momentanément on l'espère - la vie. Din ne pu s'empêcher de ressentir un petit pincement au coeur devant tant de bravoure affichée et se dit que, décidément, il faisait un excellent sacrifié. Haut et fort, il annonça son nom aux statues, et aussitôt, comme si la scène se passait dans une vision mais n'avait rien de réel, les murs flageolèrent et une lame noire tomba de la gueule d'une Incarnate. Maniée par une main invisible, elle se mit à tournoyer dans les airs, et Din adressa une supplique muette:

Oh, Gardiennes, s'il vous plaît, ne le découpez pas en morceau, il serait bien moins bel homme avec des cicatrices partout!

Comme si la lame, ou plutôt l'invisible bourreau l'avait entendu, le sinistre tournoiement sifflant s'arrêta à quelques centimètres de Lordan et se déplaça avec lenteur le long de sa gorge dénudée. Il resta un moment, la pointe à peine appuyée sur la carotide, à ressentir le battement du pouls. La scène, aux accents terriblement dramatiques, sembla durer une éternité et Dinjelaï se jura que si elle devenait peintre un jour - ce qui, malgré sa longévité, restait improbable - sa première toile représenterait ce moment.
La lame, satisfaite du rythme, ou de la texture de la peau, choisi de s'enfoncer dans l'artère, sans torture excessive, mais laissant le temps aux différents protagonistes et spectateurs de profiter encore de la scène. Din s'étonna de ne voir qu'un mince filet de sang s'écouler, alors que blessure à ce niveau fait pulser le sang par grands jets, mais Lordan s'affaissa - pour la deuxième fois de la journée, au moins! - et prit la position peu naturelle d'un gisant, en travers de la porte de bronze...

Je suis Dinjelaï Al'Ysiria, de l'Ordre Neutre, du Màr Luimë englouti sous les Eaux, où j'ai été appelée car détentrice du Don. En vertu du sacrifice de mon ami, je vous implore de me laisser passer.

Avec un craquement sinistre, un peu de poussière tombée du plafond et une douzaine de chauves-souris dérangées, les battants massifs s'entre-ouvrirent. Din trouva que la mise en scène allait un peu loin, puisque, pour accéder au noir tunnel qui venait de se dévoiler, elle devait enjamber le corps encore chaud de Lordan. En passant au dessus de lui, elle lui rappela sa promesse, saisit une torche, et s'engouffra dans le boyau en courant, torche dans une main, dague dans l'autre.
Mais les Gardiennes avaient bien fait leur travail, et pas un ennemi ne se cachait dans un recoin d'ombre. Moins de cinq minutes plus tard, Dinjelaï pénétrait dans une nouvelle pièce, haute de plafond et riche de multiples ornements, en bien des points semblables à ceux de la nef principale, là où coulait la rivière, mais ici, chaque moulage était préservé, chaque gravure possédait encore ses gemmes. Si Kyara Nahom'is n'avait pas précisé que l'artefact recherché était une bague, Din aurait pu passer des heures à frotter chaque joyaux dans l'espoir de faire apparaître un génie, ou plutôt dans ce cas, un Chevalier Dragon prisonnier des limbes, à la recherche d'un nouvel indice.
Heureusement, le chemin lui apparaissait bien plus simple: au centre de la gigantesque salle, illuminée grâce aux milliers de reflets de sa torche dans les pierreries qui ornaient le plafond et les murs, un autel sur lequel était disposé une cloche de cristal.

Pour le rejoindre, Din dû à nouveau mettre les pieds dans l'eau, puisqu'il y en avait tout autour de l'autel jusqu'aux chevilles. S'approchant de la table de pierre gravée de milles symboles rendus indéchiffrables par la poussière, elle distinguait parfaitement l'anneau d'or, sertit d'un immense rubis taillé en forme de dragon aux ailes déployées. Avec d'infinies précautions, elle souleva la protection de verre et, se fiant entièrement aux instructions de la Chevalière Disparue, elle prit la bague sans plus tarder. Une fois qu'elle l'eut bien en main, elle se retrouva pourtant un peu gênée, elle n'osait pas la passer au doigt, cet artefact magique qui devait receler de multiples pouvoirs. Elle ne pouvait pas non plus le garder serré dans sa paume, puisqu'elle avait la torche à porter, et qu'à côté de la cloche de cristal, sur l'autel, se tenaient deux cornes, de cristal elles-aussi, qui ressemblaient bien à la description faite par Kyara. Joliment spiralées, comme si leur aspect était aussi important que leur fonction, elles étaient pour l'heure séparées, mais Din remarqua un petit mécanisme qui permettait d'aboucher les deux grands orifices pour les relier entre elles. L'objet était visiblement très fragile, hors de question de l'enfouir dans une besace qui tapait contre son dos à chaque pas. Elle n'avait donc qu'une solution, si elle voulait garder contre elle le bijou. Elle saisit son décolleté d'une main et glissa la bague sous l'un des bonnets du vêtement qui soutenait sa poitrine. D'abord glacé, le métal semblait satisfait de ce nouveau logement puisqu'il se réchauffa rapidement.

Sans plus attendre, Din saisit avec précaution les deux cornes d'une main et la torche de l'autre et repartit, à grandes enjambées mais sans toutefois courir, de peur d'en laisser échapper une. Elle arriva rapidement au bout du tunnel, s'agenouilla aux côtés de Lordan et emboita les deux cornes comme cela semblait prévu... Mais une fois retrouvée avec un tuyau serpentin entre les mains, long d'une trentaine de centimètre et plus large au centre que sur les deux bout, Din ne savait que faire...

Je croyais que la notice devait être fournie...

A ses pieds, le corps de Lordan avait prit une teinte bleutée, presque vitrifiée, pourtant son corps ne semblait pas avoir perdu de chaleur. Bêtement, Din tenta de lui prendre le pouls au poignet, mais la rigidité de sa position de gisant était presque totale... Comme les solutions les plus simples sont souvent les meilleures, elle entre-ouvrit les lèvres du Céleste et disposa l'une des ouvertures de petit diamètre entre ses dents et se positionna au-dessus de lui, afin de pouvoir lui communiquer son souffle. Chez les mourants, on pouvait parfois employer une technique similaire, lèvres contre lèvres, cela semblait logique qu'avec un tel artefact magique, l'air communiqué se chargeait de vie, suffisamment pour résussiter quelqu'un...
Et effectivement, comme la logique le voulait, Lordan papillonna des paupières et perdit sa pâleur bleutée pour rester simplement pâle, mais d'une pâleur plus naturelle. Tranquillement, elle l'aida à s'assoir et lui tendit sa gourde pour qu'il reprenne des forces... Revenu de la mort, quand même, ce n'était pas rien! Une fois qu'il eut quelque peu recouvré ses esprits, elle lui servit d'appui pour lui permettre de se mettre sur ses jambes et lui conta leur réussite commune.

Hé ben, heureusement qu'on était deux hein? ç'aurait été ballot de se retrouver tout seul devant les deux Gardiennes! Haha!

Elle assorti la blague d'une petite tape amicale dans le dos d'un Lordan encore pâlot qui chancela légèrement.



[HRP] J'espère que je ne suis pas allée trop loin d'un coup, mais je me suis dit que quitte à faire un passage toute seule, autant raccourcir le truc! J'espère que ça te conviens, sinon dis moi si tu veux que je rectifie des choses!
Baston un peu plus loin contre des Vertueux ou un méchant monstre?
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:34

Posté par Lordan

Lordan avait le vague souvenir d'une pointe de lame s'approchant de sa gorge, avec de sadiques hésitations. Evidemment, il avait fermé les yeux. Il n'était vraiment pas du genre héroïque, à regarder la Mort en face. Il ne pouvait même pas se féliciter d'avoir marché courageusement vers son destin ; en tirant la paille courte, il avait été surtout soulagé de ne pas avoir à paniquer devant le corps sans vie de Dinjelaï Al'Ysiria. De toute façon, il n'était pas mort ; il porta une main un peu molle à son cou.  Pas la moindre entaille ni même une petite goutte de sang séché. Du travail bien fait . Ou de l'esbroufe de trépassés. L'Esprit n'avait peut-être eu besoin que de la peur humaine et autres émotions fortes : courte-paille, sens du sacrifice, adieu-monde-cruel, . .tout le reste n'était que mise en scène dramatique pour créer l'ambiance. Lordan soupçonna l'Au-delà de cabotiner et de rechercher du sensationnel morbide pour s'exciter suffisamment. Il s'abstint de remercier Flarmya et, aussi, de demander d'une voix faible de ressuscité : -Où suis-je ?
D'abord, il savait très bien où il était. Ensuite, il avait trop lu de romans de chevalerie pour que -Pourquoi Moi ? ( ton accusateur), puis -Où suis-je ? (voix faible), ne lui parussent pas des locutions par trop usées.
Comme il ne se souvenait de rien, il n'avait aucun commentaire à faire sur son bref séjour dans le royaume sombre. D'ailleurs, il n'avait pas dû aller très loin chez les morts pour en ressortir aussi.. vivant. Il remua ses orteils avec satisfaction. Il pensa que sa mort devait en être restée au stade métaphorique.
Il aperçut de nouveau le visage de Dinjelaï rempli de sollicitude au dessus du sien, mais, avant qu'il ait eu le temps de trouver comment prolonger cette agréable et poétique vision, une très prosaïque gourde lui boucha la vue et transforma la sollicitude en une tentative d'étouffement. Lordan avala en hâte, en émettant des glouglous incompatibles avec l'émotion du moment. Il n'avait plus qu'à se lever. Et puis, il avait hâte de savoir ce qui s'était passé et d'apprendre de vive voix qu'il n'était pas mort pour rien...satisfaction refusée à la plupart des sacrifiés.
Il éprouva une vive douleur en s'appuyant sur le coude pour se redresser et accepta la main tendue par l'elfe pour se mettre debout. Il avait dû tomber maladroitement en perdant connaissance. Les Esprits ont oublié la dureté du sol et les lois de la pesanteur. Il espéra qu'il finirait par savoir s'effondrer sur le sol avec la prudence voulue.
Dinjelaï plaisanta sur la situation, ce qu'il apprécia car il ne savait trop quoi dire. Les mourants héroïques prononcent des Dernières Paroles qui deviennent des exemples pour les générations suivantes ; mais on manque de Premières Paroles pour les ressuscités . Il se contenta donc d'un sobre:


-Alors ?


Dinjelaï lui montra la bague. Lordan eut un large sourire ; se faire mal au coude pour un tel joyau et avec un nom pareil, ce n'était vraiment pas cher payé. Il essaya de dire :


-Aarkan !! mais rata le !! réservé aux voix sépulcrales. Il se souvenait heureusement très bien des paroles de l'Esprit et dit en conséquence :


-Maintenant, on doit le ramener là-haut .


Et il sentit un petit glaçon descendre le long de son dos quand il leva les yeux vers la paroi par où ils avaient été éjectés. Les orifices du toboggan étaient à plus de vingt coudées au dessus du lac et la roche vitrifiée parfaitement lisse. Dinjelaï suivit son regard et leur voix se firent écho


-Par où? Par où ?


La porte du tombeau s'était refermée et les voix des Morts s'étaient tues. Il fallait trouver une issue. Lordan regarda le lac et l'arc mince des cascades qui s'y précipitaient .


-L'eau doit s'échapper par une galerie. On pourrait plonger et..


Il s'arrêta. Dinjelaï venait de se mordre la lèvre, l'air un peu crispé à cette proposition. Lordan fit rapidement le tour de la question. L'idée de plonger était le seul élément nouveau de leur expérience commune. Elle n'avait pas peur de l'eau, puisque c'était elle qui avait proposé de prendre la rivière comme voie d'accès ; mais c'est vrai qu'à l'arrivée, elle avait mis pas mal de temps pour faire les vingt brasses qui la séparaient du bord ; le temps pour la liche et l'esprit de Kyara de venir s'insinuer en lui. On peut savoir un peu nager et refuser l'idée de passer par un siphon souterrain. D'ailleurs lui-même n'envisageait cette éventualité que si c'était un très, très, court siphon. Et assez bien éclairé. Il proposa donc :


-Je vais aller voir. Mais il y a peut-être une sortie secrète ailleurs . Les Vertueux semblent être venus et ressortis, puis que les gardes étaient au courant de la porte..Bon, j'y vais. Vous n'avez pas de contact avec Anareinth ? Et la charmante Wyrenth ? On est quand même très loin sous terre, ce ne serait pas étonnant qu'ils ne puissent t'entendre..ajouta-t-il pour ne pas l'inquiéter, ce qui lui fit mélanger le tu et le vous.


Lordan réenleva ses bottes, redéposa son katana sur son sac. Dommage, ses chausses étaient presque sèches, mais il sauta dans l'eau sans plus attendre. Il évita de plonger pour ne pas avoir l'air d'étaler sa science natatoire. Qui étale, peut s'étaler, et il était loin d'être à l'abri d'un plouf-plaf de crapaud aplati .
Il n'avait toujours pas beaucoup de souffle, malgré son entraînement à la course, qu'il pratiquait depuis son arrivée à Tol Orëa. Cette constatation lui fit penser à sa camarade Annaëya, l'elfe aux cheveux bleus qui, promeneuse de l'aube comme lui, le croisait souvent dans les rues encore tranquilles du kaerl ou sur les remparts déjà ensoleillés de la cité aérienne. Cette pensée l'attendrit. Il pouvait maintenant penser avec nostalgie à son kaerl, comme à une patrie, comme à un chez soi, là où des gens qu'on aime pensent peut-être à vous. Mais Annaëya était sans doute en mission avec son Maître, l'infatigable Peddyr Avanaël. Qu'il prenne bien soin d'elle.
Il dut remonter plusieurs fois avant de repérer le courant qui conduisait vers le coin formé par le parvis et le mur arrondi de la grotte. Une grille y fermait un tunnel que la phosphorescence bleue montrait comme remontant en pente douce et assez large pour passer. Vue encourageante au possible . Lordan souffla des bulles d'air en guise de hourrah ! pour manifester sa joie. Restait la grille.. un simple loquet la fermait. Nouvelles bulles joyeuses. Elle était lourde mais on pouvait la soulev...Lordan remonta précipitamment, le souffle coupé. Il se tourna vers le bord où Dinjelaï l'attendait et ce qu'il vit le saisit de surprise et d'effroi.
Deux gardes ennemis attaquaient l'Elfe à l'épée. Elle se défendait, dagues en main. Et dans les hauteurs enténébrées de la grotte, là où la luminosité cédait la place à des miroitements mêlés d'ombres, on apercevait deux autres silhouettes descendant par une échelle de corde dont l'extrémité inférieure était dissimulée par la masse proéminente des dragons . Lordan attrapa le bord du parvis . Il se hissa essayant de ne pas faire de bruit. Il était sans arme. Il lui fallait d'abord récupérer son katana .


HRP- A toi la direction du combat !
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:34

Posté par Dinjelai

Din veilla son compagnon d'équipée moins longtemps qu'elle ne l'eut imaginé. D'abord parce que Lordan se remettait très bien de sa résurrection, ensuite parce que le sol rocheux offrait un confort plus que sommaire à ses genoux déjà griffés lors de son passage dans le toboggan. Le fait est que trois minutes après avoir soufflé dans les cornes magiques, ils étaient tous les deux debout à scruter les parois lisses d'une grotte qui ressemblait de plus en plus à un caveau très humide. Tandis que le Céleste s'intéressait de près à l'écoulement de l'eau, Dinjelaï faisait tout son possible pour dénicher une issue plus sèche. L'idée de plonger dans un siphon ne lui plaisait pas, mais alors, pas du tout! C'était le coup à se retrouver prisonnier d'un long tunnel, sans air pour respirer, et de se noyer bêtement en se cognant la tête contre des stalactites. L'elfe faisait souvent ce rêve au Màr Luimë, et particulièrement pendant les premiers mois. Le temps d'acclimatation comme on dit aux Aspirants. Elle avait d'ailleurs été terriblement vexée d'être comparée à des adolescents boutonneux qui débarquaient tout juste, incapable de se faire cuire un oeuf, ou pire, de citer les couleurs des dragons, elle qui arrivait avec une Empreinte de plus de dix ans...
Enfin bref, en se perdant dans le fil de ces pensées désagréables, qui ne manquaient jamais de revenir à la surface de ses souvenirs et de la gratter aux endroits sensibles, Din ne pu que voir Lordan plonger dans l'eau en bouteille, serein, le nez bouché par précaution, chose qu'elle oubliait de faire une fois sur deux. Elle se rendit compte qu'elle avait dû laisser échapper une ou plusieurs informations importantes... Qu'est-ce que Lordan allait faire par là bas? Certes l'eau avait une porte de sortie, mais pour autant, elle n'était pas un poisson... Peut-être que le goulot s'étrécissait ou que... Mille hypothèses étaient envisageables!

Voyons Lordan, si les Vertueux ont construit une cathédrale entière au-dessus de cette crypte, ce n'est pas pour s'engouffrer par dizaines dans les toboggans, puis pour faire des concours d'apnée "à qui sortira vivant"... A mi-voix, Din employait un ton raisonnable, comme si Lordan était toujours à ses côtés. Non, non, il y a forcément un passage au sec, leurs robes de bures sont tout, sauf pratiques pour la nage...

Ramenée ainsi à sa préoccupation première, elle se remit à détailler les parois, tout en cherchant à capter Anareinth ou Wirenth...

Jamais là quand on a besoin d'eux, de toute façon...

Din percevait la présence de son Blanc lié, aux confins de son esprit. Juste assez pour savoir qu'il n'y avait rien d'alarmant, et que le soleil avait remplacé la lune. Deux détails d'importance. Quant à Wirenth, la petite lézarde était peut-être de retour au Màr Luimë, où n'importe où d'ailleurs. De toute façon, elle n'aimait pas les grottes, et ses matinées étaient bien souvent destinées à la chasse aux mouches...
Un bruit étrange attira son attention sur les deux dragons, figés, immobiles dans la pierre pour l'éternité sans doute...

Tiens, encore un indice à donner mesdames? Je vous avoue que ça nous arrangerait bien, on est un peu coincés là...

Répondant miraculeusement à sa prière, une échelle de corde se déroula d'une galerie, dans l'ombre d'une aile écarlate.

Ahah! Merci mesdames! Lordan! Reviens!

Din se prépara à attendre quelques minutes son compagnon d'équipée. Elle espéra que l'issue de son côté était bouchée, il mettrait ainsi moins de temps à refaire surface. L'elfe se réjouissait déjà de retrouver la surface, sans plus de bobo que quelques griffures en regard des rotules, elle s'avança pour examiner l'échelle magique... Qui n'en n'était pas une.

Déjà, un Vertueux descendait. Pas empêtré dans une robe, celui-là portait des chausses serrées, seule une longue épée gênait sa progression. En remarquant qu'il était repéré, il sauta les derniers barreaux et bondit au sol. Il lui fallut moins d'une seconde pour tirer son arme, tandis que Din, drôlement déçue de ce cadeau des Dieux, mit quelque temps à réagir et à dégainer ses dagues. Il avait une allonge bien supérieure, et semblait visiblement un combattant aguerri, puisqu'il ne lui lança aucune tocade verbale pour la titiller, se contentant, efficace et sûr de sa réussite, de venir lui chatouiller les côtes.
En revanche, celui qui descendait de l'échelle, peut-être parce qu'il était encore illusoirement protégé par sa hauteur, ne put s'empêcher de déclamer une tirade:

Te voilà prise entre les griffes de la Vertu femme! Nous t'avons vu entrer dans le sanctuaire pour prendre ce qui nous appartiens de droit! Et nous venons le récupérer, ahaha!

Moins joyeuse, et moins assurée, Dinjelaï transpirait déjà. Elle avait beau être armée des deux mains, des dagues étaient peu efficaces devant une épée longue de deux pieds et demi!

Je n'ai plus la bague, c'est mon ami qui est parti avec, et il a trouvé une issue pour sortir, vous ne le verrez plus! Ma mort n'y changera rien, l'Aarkan est aux mains des Chevaliers-Dragons!

Bien entendu, Din n'était pas elle-même convaincue par ses paroles, mais l'effet d'annonce lui suffit. Une ombre de colère passa sur le visage de celui qui lui faisait face, qui se matérialisa en onde sonore dans la bouche de celui qui venait de poser le pied sur le sol de la caverne.

Il n'ira pas bien loin, rassure-toi, chaque sortie d'eau est scellée par des grilles! A moins qu'il ne sache se transformer en poisson, ce dont je doute!

Cette fois, il lui épargna son rire machiavélique, mais dégaina à son tour une épée. De plus en plus inquiète, Din tourna son regard vers l'ouverture qui avait vomi l'échelle de corde et trouva un mince réconfort en constatant qu'elle était vide. Le Vertueux bavard capta son regard et balaya son espoir:

Toute la forteresse connaît votre intrusion depuis longtemps! Dès l'instant où vous avez lâchement mis à mort l'un des nôtres en le précipitant dans le gouffre! Mais non seulement Frère Elias sera vengé, mais en plus il nous offre l'Aarkan sur un plateau d'argent! Il n'aura jamais été aussi utile à la Vertu qu'au moment de sa mort! Ahaha!

Din esquiva deux attaques du muet qui vinrent ponctuer les phrases enflammées du fou. Dans leur dos, non loin de l'échelle de corde, elle vit Lordan refaire surface. Il fallait qu'elle se concentre, il le fallait! Aucun problème pour elle dans un environnement calme, mais l'ambiance est un peu différente quand quelqu'un tente de s'en prendre à votre vie, et à plus forte raison quand ce quelqu'un est plusieurs, et qui plus est mieux armé que vous.
Elle tenta à plusieurs reprises de faire le vide, mais comme s'il devinait ce qu'elle cherchait, le Vertueux muet lui lançait toujours une attaque au moment où elle touchait sa magie... Une fois, deux fois... Il contra ses tentatives jusqu'à la cinquième. Elle était en nage quand Lordan mit enfin la main sur son katana et s'élança avec un cri de colère. Il n'en fallu pas plus pour qu'elle dégaine son pouvoir.

Comme toute bonne manifestation de magie, celle-ci commença par une explosion colorée de centaines de flammèches. Pas vraiment dangereuses en l'occurrence puisqu'il n'y avait rien à brûler à proximité et de toute façon, quantité d'eau pour l'éteindre. Le seul avantage était d'inquiéter l'aggresseur, ce qui fut en petite partie réussi. A moins que l'arrivée fracassante de Lordan ne soit la véritable source de l'inquiétude qui pu se lire momentanément sur le visage des deux Vertueux. De toute façon, elle ne dura guère, et Din lança bien vite la deuxième chose qui lui était utile en combat.
Plaçant les deux manches de ses dagues entre ses dents, elle ouvrit grand les mains, et les petits serpentins verdâtres qu'avait déjà vu Lordan glissèrent de sous ses ongles. Au lieu de se réunir en un orbe lumineux, ils tombèrent à terre et ondulèrent sur la roche nue pour se glisser sous les semelles des deux Vertueux. Aussitôt qu'ils touchaient le cuir de leur bottes, ils étaient aspirés par l'organisme ennemis... Sans aucun effet, sembla-t-il pendant une demi-minute, la plus longue de l'existence de Din. Elle avait reprit en main ses dagues et tentait d'éloigner le vertueux qui continuait de l'assaillir de passes de plus en plus complexes et hargneuses.
Sans manifestation brutale, Din eut un petit sourire de satisfaction en voyant les gestes de son ennemi ralentir, jusqu'à devenir si facilement évitables qu'un simple bond en arrière lui permettait d'éviter les bottes les plus difficiles à parer.
Après s'être contentée d'esquive depuis le début du combat, Din fit son premier mouvement d'attaque. Elle se contenta de passer dans le dos du Vertueux, une inquiétude croissante se lisait dans son regard, car il voyait l'elfe gagner en agilité sans savoir qu'il perdait lui en rapidité, et d'un geste habile, elle glissa la lame effilée de Lössë sur la trachée découverte de l'homme. Neige s'enfonça dans la gorge de l'homme comme dans du beurre, tranchant bien proprement la carotide. Plusieurs jets rapides de sang jaillirent, maculant l'eau de taches sombres qui coulèrent en formant de petits nuages écarlates.

De son côté, Lordan résolvait sans plus de difficulté, le sort d'un ennemi si ralentit qu'on aurait cru l'avoir cueilli au réveil. Quand son compte fut fait, Din tapota l'omoplate du Céleste et lui expliqua, sans joie:

Je ne sais pas bien attaquer avec mes sorts. Je suis censée être guérisseuse par ma magie... C'est le sort que j'utilise lorsqu'un blessé devant moi va mourir dans l'heure, cela ralentit son organisme et diminue les besoins de ses tissus... Ca laisse plus de temps pour le soigner... Enfin bon, là... Merci.

Din hocha la tête. Le combat l'avait fatigué, et ce n'était pas tant l'utilisation du sort que la difficulté qu'elle avait eu de l'atteindre...

Nous ne devons pas nous attarder... Je ne sais pas ce que tu as vu sous l'eau, mais le vertueux disait que toutes les sorties étaient barrées par des grilles. Je crois qu'il n'y a plus qu'une seule issue... Du regard, Din désigna l'échelle de corde.

Ils ne tergiversèrent pas d'avantage, et Dinjelaï posa son pied sur le premier barreau mou. Quelques minutes plus tard, elle était en haut et tendit la main à Lordan pour qu'il la rejoigne sur la plateforme. Un boyau étroit et sombre coupait la roche. Ils n'avaient guère le choix, il fallait avancer.




[HRP] Je ne fais pas beaucoup avancer le chmilblik (ça change de la dernière fois ^^), je te laisse faire sortir de nouveaux ennemis de tous les recoins possibles de ton imagination!
Ou bien, si l'Oracle veut nous montrer une porte de sortie, ça me semble être le bon moment!
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:35

L'échelle avait tenu bon pour les deux compagnons et le couloir taillé dans le roc s'enfonçait dans les ténèbres... Il n'y avait pas d'autres voies, sauf celle empruntée par Lordan. Peut-être que cette porte se serait ouverte, dans la trop grande confiance des Vertueux en la sécurité mise en place. Mais tant que l'on pouvait rester au sec... Le souci était que maintenant, l'intrusion était connue... Les ennemis allaient sans doute les attendre à la sortie... Pour les cueillir comme des fruits mûres. Est-ce que Lordan et Dinjelaï auraient encore assez de ressources pour se battre ? Restait encore à savoir comment les Vertueux allaient s'organiser pour tenter de s'emparer de l'artefact, l'un des Trois qui étaient destinés à éradiquer ce qu'ils mijotaient...

Plus on avançait dans le boyau, plus on se demandait si on verrait la fin. Chance fut de pas voir un seul ennemi. Ils devaient les attendre là haut et en force... Priez Flarmya que des pièges ne furent pas installés pour vous contrer...

Vous allez arriver à une intersection : trois chemins s'offrent à vous. Lequel choisir ? Un monte, un descend et le troisième continue tout droit.... Un souffle de pensée semble passer dans vos esprits pour vous guider... En même temps, une drôle de sensation vous saisit. Plus encore pour le détenteur de la bague. Intuition ou encore un élan de pensée par les esprits du Passé ? Chose certaine était que le Temple allait subir le revers d'un antique sortilège, un peu étaillé avec le temps, destiné à faire effondrer la Tombe... Ne perdez pas de temps. Le temps commence à s'écouler dans le Sablier.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP-Quête] Les Vertueux au vert....   Sam 7 Sep 2013 - 7:35

Posté par Lordan

Combat
Le combat entre les trois protagonistes semblait encore au stade des préliminaires et les ombres que projetaient les deux statues draconiques étaient une chance ainsi que le bruit des déversoirs. De nouveau ruisselant, à demi-baissé, Lordan rejoignit, à longues enjambées silencieuses, le sac abandonné à une vingtaine de pas, tout en pensant, l'esprit en tumulte :

°C'est maintenant. Je vais me battre. Flarmya, donne-moi la force et le courage ; je ne vais pas savoir..je suis nul..mais je ne dois pas laisser faire ces sales types.°


Il pensa en écho : Sales types... sales types, mais en fait, il n'éprouvait pas de colère, ce qui l'animait était l'urgence de devoir agir et bien agir. Le cœur lui battait cependant d'émotion devant le sort de la Maîtresse blanche et il craignait par dessus tout de ne pas minuter correctement son intervention. Il avait d'abord eu l'idée instinctive de se jeter en avant, après avoir récupéré son arme. Mais lui revinrent en bloc tous les conseils de ses maîtres concernant les embuscades et les situations imprévues, et s'en dégagea un ordre net : Fais vite, mais ne te précipite pas. Sans bruit, il enfila ses bottes basses - mouillé comme il l'était, il fallait réduire les risques de glisser en combattant - et le katana en main, il se donna cinq secondes pour juger de la situation.
Il vit d'un coup d'oeil que les deux Vertueux, qui descendaient des hauteurs de la voûte, s'étaient arrêtés et le plus élevé commençait même à remonter, très prudemment, tandis que l'autre demeurait immobile. Tant mieux, mais ils allaient sans doute donner l'alarme. Combien de gardes restait-il dans le temple ? Il ne se souvenait plus du chiffre cité par le novice mécontent rencontré au début. Huit, neuf ? Ce qui était beaucoup, en tout cas, contre deux défenseurs, . Mais rien ne disait qu'ils arriveraient en groupe. Pour l'instant le combat était deux contre deux. Et si lui-même n'était qu'un novice, son alliée, elle, était un Maître Dragon.


Dinjelaï avait ses dagues en main et tenait en respect ses agresseurs, qui lançaient de petites pointes inabouties, ponctuées d'exclamations provocantes. Ils semblaient vouloir jauger les risques avant de se lancer, se méfiant visiblement de ce que cachaient ces armes à l'aspect peu ordinaire. Avec leurs longues épées, ils avaient l'avantage de la portée mais ne semblaient pas disposés à en profiter.. C'était le moment de profiter de cette hésitation. Lordan dégagea doucement le sabre de son fourreau et bondit, lame prête pour un coup en biais, de haut en bas. En même temps, il s'apprêta à ponctuer son élan du traditionnel Aya ! des sabreurs du Màr Menel . Mais il s'entendit pousser un hurlement qui le surprit, tout en sentant qu'il y puisait une ardeur extraordinaire. C'était un vrai cri tribal, une vocalisation complexe qui lui sembla venir d'un moi inconnu tapi au fond de lui-même, froid et dur comme la lame qu'il brandissait et cependant, rempli d'une flamme mordante. A ce moment, des flammèches se mirent à courir sur le sol venant de Dinjelai, en posture de conjuration magique. Lordan abattit son arme sur l'épaule gauche du vertueux le plus proche. La lame ripa sur le baudrier mais le coup fit reculer l'ennemi, et Lordan le suivit tout en esquivant, le poussant vers le bord de l'eau pour l'isoler. Les flammèches restèrent encore un instant autour de lui avant de s'éteindre. L'aspirant avait perdu de vue Dinjelaï en passant ainsi entre les deux Vertueux. Son adversaire tenta un coup de pointe sans conviction et Lordan, sûr de son mouvement, para l'attaque et riposta, entaillant le bras droit avec une force telle que l'adversaire lâcha son arme et resta saisi regardant le sang très rouge qui coulait déjà tout au long de sa main devenue flasque. Lordan aurait pu le tuer à ce moment, mais, d'un coup de pied, il poussa d'abord la rapière dans l'eau et continua à pousser l'homme qui paniquait. Lordan, qui jusque là avait évité de le regarder au visage, reconnut alors le vertueux mécontent qu'il avait rencontré en retournant dans le Temple et il lui dit aussitôt :


-Tu as une artère coupée . fais-toi un garrot avec ta ceinture et vite, avant que je te coupe en deux.


L'autre reculait, les yeux ronds d'effroi. Lordan le laissa s'effondrer un peu plus loin contre la paroi, et voyant qu'il dénouait sa ceinture de la main gauche sans trop de mal, il se tourna vers Dinjelaï . Le spectacle était étonnant. Il saisit la scène juste au moment où Dinjelaï égorgeait froidement l'autre Vertueux.



Tentative de sortie
L'ayant rejointe, il apprit que la maîtresse Blanche avait utilisé une magie de guérison. Qu'elle s'en soit servi aussi comme arme n'avait rien d'étonnant ; la même plante qui guérit peut être aussi un poison mortel, selon l'intention de l'utilisateur. Il fut tenté d'aller extraire des renseignements du Vertueux blessé, mais Dinjelaï montait déjà l'échelle, lui épargnant un débat personnel sur la conduite à tenir.. Lordan regarda encore une fois l'échelle qui s'arrêtait juste à hauteur de la plate-forme où débouchait celle qu'ils gravissaient. Pris d'une intuition,il se pencha et et la tira. Il sentit un craquement, tira encore et des éclats de roche dégringolèrent d'en haut. Lordan les évita et secoua de nouveau. Même cause, même effet. Il réitéra le geste et cette fois-ci, l'échelle se décrocha avec le bout de corniche auquel elle était fixée et le tout s'effondra avec fracas sur le parvis. On comprenait que les deux Vertueux aperçus au début de l'engagement se soient retirés. Il songea, pour assurer leurs arrières, à remonter l'échelle que Dinjelaï et lui-même venaient d'emprunter mais personne ne les suivait . Et il n'est pas sûr que l'ancien soigneur n'ait pas voulu laisser au Vertueux, toujours assis et se tenant le bras, cette petite chance de s'en sortir. Il imaginait assez bien l'horreur de se sentir blessé gravement et enfermé dans une caverne sans issue .


Dinjelaï était arrêtée devant une porte petite, compacte et sans serrure visible, mais ornée d'une rosace centrale. Lordan observa les traits tirés de la jeune femme ; elle semblait épuisée et lui-même sentait qu'un peu de repos était impératif. Ils venaient de vivre au moins vingt-quatre heures remplies d'émotions, de tensions et d'efforts physiques. Il n'y a que dans les contes que le héros vit de l'air du temps, enchaînant les heures comme les perles glorieuses de l'interminable collier de ses exploits. Il proposa :


-Si on se reposait un peu ? Je suis vanné et je pense que je ne pourrais pas faire grand-chose si on tombe sur d'autres gardes.


Lordan ajouta comme Dinjelaï examinait la rosace :


-Nous pourrions dormir une heure ou deux en nous plaçant devant la porte des dragons. On verra venir d'éventuels visiteurs et les statues nous serviront de protection contre des attaques à distance.



Dinjelaï regarda les yeux battus de l'aspirant et approuva de la tête. La sortie n'était pas évidente et autant l'envisager après avoir récupéré un minimum de force.
Lordan s'apprêtait à redescendre quand il se souvint des propos d'un éclaireur chargé de sécuriser les abords d'un bivouac : « mettre des obstacles sonores sur les accès possibles ». L'échelle de cordes était le seul chemin visible et il accrocha le dernier barreau à une forte aspérité de la paroi sur laquelle il disposa quelques uns des éclats de roche tombés précédemment . L'échelle aurait pu très bien s'être grippée d'elle-même en oscillant et, si on la tendait de nouveau en en descendant, les pierres tomberaient avec tout le bruit espéré. Lordan éprouva le plaisir d'appliquer des techniques, jusque là purement livresques ou verbales, et de voir que cela pouvait fonctionner. Il en ressentit plus de fierté que de sa prestation au katana, dont le succès lui paraissait dû en grande partie à la magie de Dinjelaï. Et puis il devait faire un effort pour rejeter l'idée qu'un homme souffrait dans l'ombre et qu'il en était la cause. De surcroît, il redoutait vaguement que sa compagne ne croie l'homme mort et s'apercevant de son erreur, ne lui demande pourquoi il ne l'avait pas supprimé quand il en avait eu la possibilité . Etait-ce par pitié ? Sans doute, mais le mot lui paraissait faible, une excuse facile, presque honteuse. Et puis il y avait ce cri de guerre qu'il avait poussé. D'où sortait-il ça ?
Les héros sont fatigués.
Il rejoignit Dinjelaï au pied des dragons dont la position semi-affrontée leur offrait une niche de protection entre leurs puissants corps dressés, les membres antérieurs semblant prêts à se rejoindre au dessus des deux humains qui s'étaient laissés couler au sol avec un soupir de soulagement.
Lordan chercha dans son sac et extirpa une boîte métallique plate dont il tira des biscuits de marin, restés secs et durs comme du bois, à l'abri de l'eau. Il montra à Dinjelaï comment on pouvait les rendre mangeables en les arrosant avec le jet d'une gourde. Puis il proposa :
-Ce serait préférable, à mon avis, que je prenne le premier tour de veille, parce que je dois aller voir si le Vertueux est mort, ou en état de nous fournir quelques renseignements. C'était un des deux de là-haut, je sais ce qu'il pense de sa mission et ce n'est pas un fanatique enthousiaste. Il doit être maniable. Tu dors pendant ce temps et je te réveille dans une heure. J'ai une clepsydre dans mon bagage. Qu'en pensez-vous?

Dinjelaï fermait déjà les yeux et Lordan, après avoir posé l'objet près d'elle, se dirigea vers le mur où s'était appuyé le Vertueux blessé qui leva un regard rempli de fièvre et de crainte quand l'aspirant s'approcha. Sans doute pour se convaincre que ce n'était pas la pitié qui le motivait, mais une virile et déterminée recherche de renseignements, Lordan prit un ton rogue et méprisant :
-Dis donc toi, tu vas me dire où donnent ces galeries par où vous êtes arrivés. Si tu veux sortir vivant d'ici, tu as intérêt à parler ; et tu as très mal placé ton garrot . Tu vas te gangrener en une demi-journée. Alors, parle .
-Ah messire, j'ai mal, horriblement. Aidez-moi, je vous en supplie. Vous m'avez épargné tout à l'heure ..mais je préfèrerai être mort que de rester là..J'ai mal, mal. Mon bras, vous l'avez presque tranché, et...
-Tais-toi. Je vais desserrer ton garrot. On n'a pas idée de le serrer pareillement. C'est lui qui te fait mal. Enfin, partiellement. Ne t'inquiète pas. Je m'y connais.Tu vas me dire par où on peut passer et je vais t'arranger un peu mieux . Alors ?
Il sortit son couteau, l'ouvrit, et le regard suppliant du blessé l'exaspéra d'autant qu'il venait de se rendre compte qu'il avait dit « Tais-toi » et « Ne t'inquiète pas »à un homme qu'il était censé menacer et interroger. Pourquoi ne pas aussi lui demander pardon ? Par tous les diables ! Il n'aurait pas pu tomber sur un vrai ennemi, méchant et héroïque, qui lui aurait craché sa haine au visage et se serait plutôt jeté à l'eau que d'accepter ses soins ? Un souvenir de ses débuts au Labyrinthe du Màr Menel passa dans son esprit, quand, pour le jauger, on lui avait fait croire qu'il devait conduire un prisonnier à la torture...il était donc toujours aussi bête.
Lordan commença à dénouer le lien de cuir avec précaution puis découpa la manche au couteau. Le bras avait une belle entaille jusqu'à l'os, fracturé sous le coup. Lordan avait déjà soigné des bûcherons maladroits ou malchanceux et ce genre de spectacle ne le bouleversait pas outre mesure . Mais le blessé poussa un gémissement lamentable et commença à tourner de l'oeil en voyant le sang, la plaie et le blanc de l'os . Lordan sortit son cheiche de sa poche ; il refit le garrot et immobilisa le bras avec une écharpe serrée. Il agissait presque par réflexe, tout en se traitant d'imbécile. A quel sentiment obéissait-il ? Il s'était promis de servir cette mission au mieux de ses forces. C'était là le devoir qu'il s'était choisi. Panser une blessure qu'il avait lui-même infligée était ridicule, absurde. L'homme ne lui dirait plus rien maintenant et s'il l'avait pu, l'aurait sans doute poignardé dans le dos. Lordan se releva et dit par acquit de conscience :
-Comment ouvre-t-on la porte là -haut ? Si tu nous fais partir de là, tes amis viendront te soigner et tu pourras sauver ton bras ; sinon, tu vas pourrir ici pendant que nous les tuerons un à un. Tu as vu la magie qui nous aidés ? Et les dragons sont avec nous et..
Le blessé sembla rassembler ses forces et articula :
-Je ne dirai rien. Rien rien. Je ne dirai rien. Tuez moi . A mort les Dragons !
Lordan sentit la colère lui monter au visage comme une onde brûlante, mais au même moment, il vit que le blessé levait le menton avec insistance vers le cadavre de son collègue affalé un peu plus loin tout en répétant :
-Je ne dirai rien, rien. Je n'ai rien dit.
Il réitéra son geste bizarre puis ferma les yeux et ne bougea plus.
Lordan, perplexe, se dirigea vers le corps allongé dans le sang et se décida à la fouille. Il trouva un seul objet, un disque gravé de runes, et se releva, les mains marquées de rouge. Il alla les laver au bord du lac puis revint vers Dinjelaï qui dormait, la tête contre une patte griffue. Lordan s'assit à côté d'elle. Il restait une bonne demi-heure à veiller. Sa pensée prit la forme d'une prière :
° Kyara, toi qui dors derrière cette porte, merci de nous avoir aidés et si tu le peux, protège-nous encore. Et aussi ce pauvre type qui souffre là-bas et a peur de mourir. La vie est si fragile, noble Kyara, et c'est le seul moyen que nous ayons pour goûter aux merveilles du monde, avant le grand oubli.°

Les dieux veillent.
Dinjelaï se retourna et poussant un soupir, posa sa tête sur l'épaule toute proche. Lordan dans un geste fraternel, glissa son bras derrière le buste qui se penchait et, ramenant vers lui la main abandonnée sur le sol, si fine et fragile dans ce monde de pierre et de métal, il la garda dans la sienne.. Il crut percevoir une lueur bleue autour de lui et ses yeux se fermèrent, tandis qu'à son tour sa tête s'inclinait sur les doux cheveux de l'elfe.
Au fond de la grotte, le blessé dormait lui aussi et aucun regard humain ne vit le tableau, rempli de mystère et d'harmonie paisible, qui se dessina dans le cadre imposant de la Porte du Tombeau. Les cornes de cristal des dragons irradiaient une lumière douce. Elle entoura le couple assoupi amicalement enlacé dans cet orbe protecteur où ils semblèrent devenir comme immatériels. Au dessus d'eux, les yeux rouges des dragons brillaient comme des braises, semblant fixer l'infini et reflétant les énergies venues d'un autre monde.
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Ils ouvrirent les yeux en même temps et eurent juste le temps de voir se rétracter l'orbe bleu. Lordan lâcha la main de Dinjelaï, retira précipitamment son bras, et se leva d'un bond en jurant :
- Sang d'Haskel ! Je me suis endormi ! Que s'est-il passé ici ?
Les pierres fixées sous l'échelle étaient tombées et Lordan, saisissant son katana, sortit de l'ombre des dragons. Dinjelaï, levée elle aussi, semblait écouter l'espace et y saisir des traces dont elle étudiait les significations possibles.
Le vertueux avait disparu ainsi que le cadavre. On était venu les chercher et on n'avait pas vu les deux intrus qui dormaient devant la porte ? Lordan se rappela ses derniers instants de conscience . Se pouvait-il que sa prière ait été exaucée ? qu'un sort puissant les ait rendus invisibles pendant leur sommeil ? Lordan l'espérait comme la seule excuse pour s'être endormi alors qu'il était de quart .. Il se souvint aussi du disque trouvé et le tendit à Dinjelaï :
-Je crois que ceci ouvre la porte là-haut . On y va ?
Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrait devant eux, le disque ayant été fiché au centre de la rosace ; Dinjelaî le reprit et ils avancèrent dans l'étroit corridor. Quand ils parvinrent à un croisement, ils se concertèrent d'un regard et d'un hochement de tête. Le passage descendant devait reconduire à la grotte, sans doute à l'entrée par le fond du lac. De l'autre,devant eux, venait un bruit bizarre comme un bruit de sable s'écoulant, se déversant avec une amplitude grandissante. Ils prirent immédiatement la voie ascendante. Revoir le ciel était devenu le but unique de leur marche . Aarkan !! brillait, rouge, au doigt de l'Elfe. Il fallait le remonter à l'air libre et le rendre au monde des vivants.
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