Tol Orëa, la Terre de l'Aube

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 Des mystérieuses couleurs des Dragons.

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Sam 31 Aoû 2013 - 8:24

Les Dragons Blancs :


Les dragons Blancs sont assez méconnus. Le tout premier dragon Blanc à d’abord été pris pour une modification génétique, un peu comme un ‘albinos’ marginal, une ‘anomalie génétique’ comme il en existe dans toutes les races.

Or, de plus en plus fréquemment maintenant, on trouve dans les couvées, plusieurs œufs un peu à part, en dehors du cercle, plus petits, plus pâles que les œufs normaux, caractéristiques d’un dragonneau immaculé…

Certains traits de caractère se sont retrouvés chez tous les spécimens, notamment la ruse, le calme et l’ardeur à l’action
.
Au niveau du physique, comme les premiers dragons noirs, les cousins des ‘Empereurs’, les Blanc sont plus petits, leurs écailles éclatantes, qui les rendent facilement repérables, ne sont malheureusement pas les plus solides, bien qu'elle possède tout de même une meilleure résistance que la plus excellente des armures de cuir.

S’ils sont plus petits et plus fragiles que les autres dragons, ils sont également très agiles, grâce à leurs écailles, plus légères. Ils sont tellement à l’aise dans les cieux que leurs vols sont souvent très ‘agités’… De plus, les dragons immaculés sont très débrouillards dans l’Interstice, tant au niveau de l’espace, que du temps. Leur perception dépasse souvent celle de leurs congénères d’autres couleurs, ce qui en fait sans doute les dragons les plus surs pour ce type de voyage.

Malgré leur petite taille et outre leurs capacités de téléportation, ils sont souvent plus rapides que leurs congénères. Les mâles pourraient donc certainement rattraper les Reines lors des Vols Nuptiaux, si tant est qu’ils soient intéressés par une quelconque progéniture.

(Texte à revoir)
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MessageSujet: Re: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Sam 31 Aoû 2013 - 8:24

La Naissance des Argentées :

Selon la légende, les dragonnes argentées étaient les dernières nées de la race. Ce qui n’aurait jamais du être advint. Cette histoire commence alors que le Monde, Rhaëg, était encore jeune, mais non plus un enfant.

A cette période, les dragons et leurs Seigneurs faisaient régner paix et prospérité sur la surface de la terre. Ils étaient admirés pour leur noblesse d’âme, et acclamés pour leur courage. Cependant cette ère bénite n'était pas destiné à perdurer.

Un soir d’été, une immense comète vint s’écraser dans le grand océan, déclenchant un gigantesque raz de marée. En ce même instant, tous les mages du royaume tombèrent dans une transe qui les tint à l’écart du monde durant bien des jours. Quand le cataclysme fut passé et que la vie commença à reprendre un court normal, les mages s’éveillèrent en même temps, et d’un seul homme, se dirigèrent vers les places fortes des Maîtres Dragons. Quand ils furent tous présents, le plus sage et le plus avisé d’entre eux s’avança vers les chevaliers et les dames, accompagnés de leurs fabuleuses montures. Lorsque le silence se fit, il entama un chant dans une langue oubliée du monde. Quand il eut finit, il leva la tête vers les fières créatures qui se tenaient immobiles devant lui.

« Le temps est venu. Avant que la lune soit par deux fois à égalité avec le soleil, la prophétie se concrétisera et l’avènement de l’ère des dragons surviendra. L’avenir réside dans le sang des enfants. »

Le mage se retira, regagnant un rang imaginaire parmi ses confrères, sous les regards ébahis des dragonniers et des dragons. Enfin, le chef et seigneur des chevaliers, un elfe qui possédait la beauté de son peuple et dont les yeux reflétaient une sagesse bien plus profonde qu’aucun autre, prit la parole, demandant explications.
Les mages se contentèrent de hocher négativement la tête. La prophétie ne se concrétiserait que par elle-même. Eux, n’étaient que les messagers.
N’obtenant pas plus d’informations, et ne sachant comment interpréter ces augures, tous décidèrent de mettre cette question de côté.

Cependant, des mois plus tard, alors qu’en la nuit d’équinoxe du printemps naquirent deux jumelles, au sein du Kaerl Englouti, la prophétie revint sur toutes les lèvres. N’était il pas dit que l’avenir résidait dans le sang des enfants et que cette nuit était toute désignée par la prophétie ?
Mais rien ne changea et on oublia bien vite cette prophétie caduque, laissant les deux enfants grandir, tout à leur insouciance.

Les jumelles étaient inséparables et avaient développé un lien particulier qui leur permettait de communiquer par pensée, sans passer par l’intermédiaire d’un dragon.
Si Mélia, la première, était d’un tempérament fougueux et insaisissable, Aegia, la seconde, était douce et calme, et n’aspirait qu’à engranger encore et toujours plus de savoir. Et alors que sa sœur s’entraînait sans relâche, épée à la main, elle préférait consacrer des heures à manier l’argile et le pinceau. Elles avaient toutes les deux des rêves quand à l'avenir de leur vie. Aegia rêvait secrètement, malgré ses penchants artistiques, à mener le Kaerl qui était le leur, avec pour conseillère avisée et forte sa soeur jumelle. Par le lien qui les unissait, Melia apprit ce désir ancré dans le coeur de sa soeur adorée et ne l'évoqua jamais devant elle ni devant personne, comprenant que ce secret devait restait que pour Aegia seule. Et malgré leurs natures opposées, les deux enfants vivaient en parfaite osmose.

Un jour cependant, un homme sombrement vêtu s’introduisit au Màr Luimë. Selon les récits, cet homme n’était autre que le tout premier Seigneur Dragon, revenu de son exil pour accomplir la prophétie.

Dans la Rotonde, sous les chandeliers de cristal, jouaient les deux enfants, alors âgés de 15 ans. Lorsque l’homme s’arrêta au centre de la salle, Mélia et Aegia s’arrêtèrent et contemplèrent, médusés, ce nouveau personnage qu’ils n’avaient jamais croisé en ces lieux, et qui cependant agissait en temps qu’habitué du site.
Sans comprendre ce que faisait l’homme, et encore moins ce qu’il disait, entendant seulement des bribes de mots incompréhensibles, les enfants reculèrent dans le fond de la salle, soudain craintifs.

L’homme continua à psalmodier, de plus en plus fort, jusqu’à attirer dans la salle d’autres personnes, chevaliers dragons pour la plupart qui tentèrent de maîtriser le mage. Mais rien n’y fit, et chaque fois que l’un d’eux s’approchait à moins de quelques pas de l’étranger, il tombait au sol, inanimé. Les dragons eux même ne purent franchir la limite établie par l’homme. Seul les enfants le pouvaient. Les cris des chevaliers et dames, joints à ceux des enfants et aux grondements des dragons envahirent rapidement le Kaerl. Inexorablement attirés vers le mage, les enfants n’avaient aucune chance d’esquiver, comprenant à peine le phénomène qui les entourait. Lorsqu’ils ne furent plus qu’à une petite dizaine de pas de l’étranger, Melia se posta bravement entre elle et sa soeur chéri, rassemblant tout son courage pour opposer une résistance à leur bourreau, aussi inutile fut elle.

Dans un dernier espoir, elle rassembla toute son énergie et s’en servit pour propulser Aegia au-delà du cercle d’énergie. La jeune fille atterrit lourdement entre les pattes d’un dragon bronze, qui resserra ses griffes protectrices autour de lui, tandis que l’homme, livide de rage en voyant l’une de ses proies lui échapper, lança un terrible sort vers Melia qui s’effondra face contre terre, avant de disparaître sous les yeux médusés des membres du Kaerl. De ce qui venait de se dérouler, seule restait la frêle silhouette de Melia, inconsciente sur le froid carrelage de la Haute Salle.
Ses parents et sa sœur se précipitèrent sur le corps de la jeune fille, d’où s’échappait ce qui semblait être ses derniers souffles de vie. Le barrage magique semblait avoir disparu avec son initiateur.

Comme le voulait la tradition, Melia fut installée sur un lit situé au sommet de la plus haute tour du Kaerl, au plus près du ciel qui devait recueillir son âme.
Alors qu’enfin le cœur de l'enfant cessa de battre, une comète à queue de flamme embrasa le royaume aquatique en passant au dessus de la dépouille de Melia. La lune et les étoiles alors semblèrent toutes s’éteindre dans le ciel pour entourer de leurs lumières bienveillantes le corps de la petite martyr. Celui-ci commença peu à peu à se modifier, acquérant des caractéristiques physiques jamais observées sur un homme. Sous les yeux des Dames et Chevaliers élevés dans les cieux sur le dos de leurs dragons, rassemblés pour rendre hommage à l’enfant en cette heure fatidique, le corps de Melia fut enveloppé de la lumière des étoiles, se soustrayant à tous les regards, tandis que les dragons, sensibles au phénomène, commencèrent à chanter.

Alors que la lumière aveuglante regagnait peu à peu les cieux, une nouvelle silhouette apparut au sommet de la tour. Les membres encore frêles et les gestes maladroits, le nouveau dragon surgit de la mort, leva la tête vers l’astre lunaire dont il avait hérité de la couleur argentée et, ouvrant la gueule, apporta la dernière note au chant de ceux qui désormais, étaient ses frères.
Lorsqu’elle tourna la tête vers la porte de la tour, Melia vit apparaître les traits de sa sœur, Aegia. Elle avança la tête vers elle, jusqu’à plonger ses yeux opalescents dans ceux de la jeune fille. Alors la voix si familière de sa soeur résonna dans la tête d'Aegia.

**Voici que ton rêve se réalise petite soeur. Tu es la Dame-Dragon de la première Argentée, et nous serons à jamais unies dorénavant.**

Avançant une main fébrile vers la gueule de sa soeur, Aegia laissa échapper ses larmes sans aucune retenue, celles-ci glissant sur la carapace écailleuse de Melia. Il leva un regard empreint d’une infinie reconnaissance vers le dragon argenté, un sourire illuminant ses traits fins de jeune fille.

**- Toute dragonne que tu sois devenue Melia, ne compte pas sur moi pour apprendre à manier le glaive.
- Ni toi sur moi pour terminer tes peintures ou tes poteries ...**

(Texte by Darweel)
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MessageSujet: Re: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Sam 31 Aoû 2013 - 8:24

La Légende de la première Dragonne Dorée :


On raconte que dans les temps anciens, à l'époque où les dragons régnaient encore en maîtres absolus de ce monde, un jeune dragon céleste et une jeune dragonne aquatique tombèrent amoureux. Malheureusement, les dragons célestes ne pouvaient pas entrer dans les eaux trop profondément et les dragon aquatiques s'exposer trop longtemps à l'air de la terre ferme.

Cependant, les jeunes amoureux ne se découragèrent pas et commencèrent à vivre leur passion avec beaucoup de ruses et quelques inconvénients certes, mais leur amour était plus fort que tout et ne semblait connaître aucune limite. C'est ainsi que volant au-dessus de l'eau et nageant sous l'eau au même moment, ils accomplissaient une sorte de longue danse, un ballet aérien et aquatique plein de grâce et de mélancolie, mais également d'amour et d'espoir et risquaient de timides sorties de l'eau très rapides, espace fugace d'un clignement d'oeil, pour se toucher le bout des naseaux.

Tous les autres dragons se moquaient d'eux et de leur amour prédisant qu'il ne durerait pas très longtemps, qu'un jour l'un de deux, frustré dans ses désirs, quitteraient l'autre. Mais faisant fient de l'opinion de leurs entourages, ils continuèrent leur petit manège, heureux de ses brefs contacts, heureux d'être simplement avec la personne que leur coeur avait choisi et qu'ils désiraient plus que tout.

Mais comme le destin l'a souvent prouvé, les amoureux transis ont souvent toute la malchance du monde de leur côté et un jour, tandis que le dragon attendait sa douce moitié près de la lagune, il entendit des cris sinistres dont il reconnu la voix immédiatement.

Il s'élança, volant comme il ne l'avait jamais fait et le spectacle qui l'attendait n'était guère réjouissant. Sentant venir un bon repas des dizaine de Krakens s'étaient regroupés autour de la jeune dragonne, prêts à l'attaquer. N'écoutant que son courage, il plongea dans les eaux pour défendre celle qu'il aimait. Coups de queue, coups de griffes, morsures, ce ne fut que cacophonie pendant un moment qui sembla durer des heures, mais enfin le calme revint. Les derniers Krakens s'enfuyaient devant le spectacle de leur compagnons morts n'ayant pu échapper à cette furie déclenchée par la peur de perdre un être aimé.

À première vue, le jeune dragon céleste ne semblait pas blessé, mais il s'aperçut rapidement qu'une trop grande quantité d'eau s'était infiltrée dans cette flamme qui brûlait au coeur de son être et en s'éteignant, l'emporterait avec lui.

La dragonne aquatique transporta doucement son bien-aimé jusqu'à la berge, où elle déposa son corps affaibli. Leur destin était scellé. Le dragon céleste allait s'éteindre et sa compagne ne désirait pas lui survivre. Aussi resta-t-elle près de lui sur la rive, perdant elle aussi peu à peu ses forces. Et comme si le monde ou quelque divinité se révoltaient contre une telle injustice, le vent s'était levé faisant virevolter autour du couple le sable blanc de la grève et dans un dernier soupir le dragon expira une dernière flamme tandis que sa bien-aimé laissait glisser une larme sur les écailles de sa joue.

Et c'est à ce moment que le miracle s'était produit. Les Dieux Elementaires du Feu, de l'Eau, de l'Air et de la Terre se réunirent et créèrent en ce jour la toute première dragonne d'or. De l'amour de ces deux créatures était né la première Reine Dragon, la plus belle et la plus bienveillante d'entre toute, qui régnait sur le Ciel encore aujourd'hui.

Et qu'advint-il des deux amants ? On leur fit l'immense honneur de vivre leur amour à tout jamais. Comment ? Lorsque les gens levaient les yeux en direction des étoiles, ils pouvaient les voir enlacés et heureux à tout jamais dans la constellation de la draconienne.

Dans nulle autre légende, de n'importe qu'elle autre contrée, on ne voit des gens ou créatures normales enfanter un Dieu, c'est ce qui rend la légende de la Dragonne Dorée encore plus stupéfiante et surtout romanesque, parce qu'en plus il est le fruit de l'amour le plus pur et sincère.

(Texte écrit il y a fort longtemps, par la Ménestrelle Niena Elaria)
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MessageSujet: Re: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Sam 31 Aoû 2013 - 8:24

La Dualité des Dragons Noirs :


Dans les premières années où ont été lancées les études de draconologie, les scientifiques considérèrent les Dragons Noirs comme une race très proche des Dragons Blancs. En effet ils étaient de taille et de physique similaires, et présentaient les même capacités et caractéristiques.

Cependant bien des années plus tard, une nouvelle forme de Dragon Noir fut répertoriée. Les draconologues restèrent sceptiques pendant encore de longues années en voyant cette espèce (quand ils avaient la chance de pouvoir la contempler et l'étudier). Ces dragons, d'un noir profond, étaient véritablement immenses contrairement à ceux déjà recensés.
En les étudiant de plus près ils s'aperçurent que ces dragons noirs constituaient vraiment une race à part; moins agiles que leurs cousins, ils étaient néanmoins dotés d'écailles plus résistantes que n'importe quelle autre race de dragon, ce qui leur conférait une résistance supérieure lors des combats.

Il est dit que c'est en voyant la silhouette de l'un de ces géants se dessiner sur un fond de coucher de soleil, qu'un éminent draconologue décida de nommer cette espèce "Dragon Empereur", puisque sa couleur seule ne pouvait assurément pas le distinguer des autres dragons.

Au fur et à mesure des siecles, les deux races de dragons noirs se fondirent l'une dans l'autre de sorte qu'aujourd'hui on peut rencontrer des dragons noirs dépassant en taille les plus grands dragons, ou être aussi petits que des blancs.
Certains ont gardé la résistance des Dragons Empereurs, en même temps que leur force prodigieuse, d'autre ont conservé l'agilité et la vivacité des premiers Dragons Noirs.
Hélas les Dragons Noirs se firent de plus en plus rares, et nos jours on considère comme chanceux d'en voir un. Et s'il est déjà rare de voir un Dragon Noir, il l'est encore plus de voir un dragon descendant purement de l'une des deux races fondamentales de noirs: les Noirs originaux, ou les Dragons Empereurs...

(Texte by Darweel)
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MessageSujet: Re: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Jeu 19 Juin 2014 - 15:53

La Naissance des Dragons Bronzes :


La tribue Einor dont était issu Kinbok-Dwiin était connue pour sa férocité et son talent militaire. Cependant le jeune homme en avait été en quelque sorte exclu. Blessé dans son jeune âge, une clavicule cassée et mal soignée l'avait coupé de toute pratique combative et ainsi mis à l'écart de son propre peuple. Pourtant il correspondait parfaitement aux caractéristiques exigées par les anciens pour la survie et la suprématie de la tribu. Grand, la peau mat, sa musculature s'était développée à force de travail dans la forge à laquelle on l'avait relégué et nul doute ne subsistait quant à ses qualités de reproducteur. Si seulement son bras gauche avait pu soulever le lourd bouclier de bronze de sa tribu...

C'était un jour ordinaire pour l'Einor. Parti chercher des minerais dans un village voisin, il fit une étrange découverte sur le chemin du retour. Sous la lumière des deux lunes, dans une forêt à peine clairsemée, il trébucha sur ce qu'il pensa d'abord être une grosse racine. En se relevant, Kinbok-Dwiin remarqua qu'il s'agissait en fait d'une queue. Une queue reptilienne !

Laissant là son paquetage et ses chevaux il remonta l'appendice d'une taille spectaculaire. Sous ses yeux ébahis se dessinait peu à peu la dépouille d'une matriarche adulte. L'Einor en resta sans voix. La « Reine », comme les siens l'appelaient, semblait avoir souffert du même mal que ses pairs. Ses écailles ternies par la mort n'en laissaient pas deviner la teinte d’antan mais près de son imposante patte antérieure reposaient trois œufs intactes ainsi que six corps de dragonneaux gisant dans leur coquille tout juste brisée.

Cette vue n'aurait été réjouissante pour personne. Les dragons étaient respectés par la plupart des tribus einores et le mal qui les rongeait inquiétait tous les sages. Comment ces êtres si splendides et si forts pouvaient-ils s'éteindre aussi brutalement ? Kinbok-Dwiin s'était penché sur les trois derniers œufs et en effleurait un du bout des doigts quand il se reconcentra sur la réalité...les dragonneaux étaient-ils en vie dans leur prison de nacre ? Sans plus se poser de questions, il s'empara des trois œufs restants, les emballa dans un linge épais pour les protéger et les cacha au cœur de son chargement.

Au cœur de la nuit noire, les deux lunes semblaient avoir détournés leurs yeux par complicité et d'épais nuages le rendaient quasiment invisible aux yeux de ses pairs. Il déchargea cérémonieusement ses chevaux en silence et serra contre lui les trois précieux œufs tandis qu'il s'engouffrait dans ce qui était son sanctuaire : sa forge.

La lourde porte battit dans son dos et se maudissant pour le sinistre claquement, l'Einor se figea et tendit l'oreille, priant pour que personne ne vienne lui demander ce qu'il faisait à une heure aussi tardive. Oh, il n'était pas rare de le voir travailler de nuit, mais pas quand il rentrait d'une journée de ravitaillement en matière première. Soulagé de n'entendre que le crépitement des braises dans l'immense foyer, Kinbok-Dwiin se détendit et dégagea délicatement les œufs de leur enveloppe de fortune.

Les œufs étaient à peine moins gros qu'une tête einore, de forme ovale, nacrés avec une fine moucheture décorant la coquille lourde dans ses mains. Pourtant il aperçut les formes de vie latente par transparence lorsqu'il fit jouer la première coquille devant le foyer qu'il réalimentait. C'était beau, fascinant et pourtant tellement dangereux quand il pensa à ce que les adultes étaient capables de faire. Déglutissant avec peine face à la tension l'habitant, Kinbok-Dwiin plaça avec mille précautions les œufs orphelins au milieu des braises rougeoyantes. Il espérait quelque chose, mais n'était sûr de rien.

Les heures passèrent et Kinbok-Dwiin surveillait toujours le foyer, l'alimentant avec parcimonie. Il venait tout juste de s'assoupir quand un œuf commença à se balancer dangereusement. Enfin un craquement se fit entendre et peu à peu, l'être brisa sa prison de nacre. Un lézard vert pépia faiblement et observa ce nouveau monde doucement de ses yeux à demi-ouvert. La bête fit même quelques pas vers l'Einor mais elle se mit à cracher de la fumée noire, ses pattes cédèrent et elle ne se releva pas. Craignant maintenant le pire pour les deux œufs restants, Kinbok-Dwiin les sortit précipitamment du feu et se brûla même en sortant le deuxième. Il lâcha sa pince et le précieux trésor vint se briser sur le sol de pierre de l'atelier. Ce corps de bébé dragon n'avait même pas d'écailles et semblait moins « fini » que le lézard vert.

Kinbok-Dwiin sortit la petite dragonne des braises et la posa entre ses cuisses protégées de la chaleur par son épais tablier. L’œuf survivant reposait juste devant lui mais il n'osait plus le toucher, ni même le regarder. Déjà les écailles de la petite verte commencèrent à ternir et à se décolorer comme celles de sa mère. L'humeur sombre, l'Einor enveloppa les deux corps inanimés et alla les enterrer discrètement sous une dalle de pierre au fond de l'atelier.

Le dernier œuf ne manifestait aucun signe de vie, après deux jours d'attente et d'espoir craintif, Kinbok-Dwiin saisit enfin la petite chose et réalisa qu'elle était glacée. Il n'y avait plus d'espoir, pensa-t-il. Alors il entreposa l’œuf sur un coin de son établis et l'oublia pour un temps. Seulement il se rappela sa maladresse avec le dernier œuf et la fragilité des coquilles.

L'Einor fixa longuement son dernier trésor et décida de le protéger. De sa maladresse, du temps, des autres Einors. Et pour cela rien ne valait le Bronze : ce métal utilisé pour les armes et armures des soldats de sa tribu était lourd mais solide et résistant. Il fit fondre les différents métaux nécessaire à cet alliage précieux et quand la masse liquide fut presque blanche sous l'effet de la chaleur, il y plongea respectueusement l’œuf de dragon.

Une fois poli et posé en plein soleil sous les yeux chargés d'émotions de l'Einor, l’œuf resplendissait de cette chaude couleur entre or et cuivre, délicieusement sombre comme l'ombre que l'on cherchait sous le couvert des arbres, mais aussi resplendissant que le plus aride des soleils. Kinbok-Dwiin passa un ultime et tendre coup de chiffon sur son plus cher trésor et regretta de n'avoir pu être d'aucune aide pour l'être prisonnier à l'intérieur. Une émotion qu'il ne s'expliquait pas lui nouait le ventre tandis qu'il tournait le dos à son dernier chef d’œuvre et retournait au travail.

Seulement, tout occupé à ses coups de marteau sur le métal rougeoyant d'une épée, Kinbok-Dwiin n'entendit pas le tintement métallique et presque mélodieux provenant de l’œuf de bronze. Pourtant le tintement ne cessa pas et dura plusieurs heures encore avant de ne s'achever dans un bruit de métal fracassé. Là, l'Einor releva la tête et aperçut l’œuf éventré et une chose qu'il n'avait jamais vu. Dans les restes de coquille métallique se tenait un dragonneau pépiant avec force et roulant des yeux furieux mais ce qui surprit notre forgeron fut la couleur de ses écailles, exactement la même que celle du métal dont il avait enrobé la coquille.

Le dragon humide encore, n'ayant pas d'autre alternative pour obtenir ce qu'il voulait tendit son esprit vers ce bipède pour lui réclamer à manger avec impérialisme mais quand leur conscience se frôlèrent les yeux du dragonneau prirent une teinte opaline et il se tut. Kinbok-Dwiin en resta interdit aussi, trop hébété. Mais ce contact pourtant de quelques instants avait suffit à leur faire ressentir un manque. L'Einor s'approcha respectueusement et le dragonneau tendit son museau brillant vers la main de l'homme. Il s'élança avec impétuosité au contact de cet esprit qu'il ne voulait plus quitter, cet einor était à lui !

Kinbok-Dwiin chancela, son esprit n'était pas habitué à cela. Mais cette conscience au sein de la sienne ne le gêna pas, au contraire même. Shulsiiv, c'était son nom, fut stupéfait de l'amour que lui avait manifesté l'Einor sans même le connaître. Cette émotion déborda de son cœur et il poussa la main trop immobile de sa tête pour s'y nicher tendrement. Lui aussi aimerait cet einor, jusqu'à ce qu'Isashani en personne vienne les prendre.

(Texte by Mave Arkias)


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MessageSujet: Re: Des mystérieuses couleurs des Dragons.   Jeu 19 Juin 2014 - 15:53

La légende oubliée des Reines Maudites :


Les dragons étaient nés. Flarmya regardait avec la plus tendre attention et la plus grande fierté ces êtres d'écailles et de feu à la puissance noblement contenue. Ils étaient ses enfants, ils étaient bien plus que ce qu'elle aurait pu espérer. Et Eurylia, déesse à jamais jalouse de la descendance de son frère, rongeait fiévreusement sa rancœur en voyant scintiller sous la Lune Rousse les écailles de ces êtres dont elle enviait la création.

C'est sa descendance à elle qui aurait du la rendre fière en engendrant de telles créatures ! Eurylia en était sûre. D'ailleurs, toute à sa jalousie et à son caprice divin, elle prenait parfois ombrage de voir ainsi les dragons se pavaner sous l'éclat rougeoyant de son astre.

Une nuit, un jeune mâle provoqua la fureur de la Déesse. Alors qu'il paradait pour séduire une femelle au cour d'un vol nuptial, sans provocation intentionnelle envers Eurylia, l'imprudent poussa l'affront jusqu'à frôler la Lune de l'Impétueuse fille de Gaïa.

Fougueuse et excessive, sa réaction ne se fit pas attendre et fut au moins aussi enflammée que cette chevelure qu'elle partageait avec sa nièce. Il n'y avait pas à réfléchir. Eurylia et Flarmya, défendant chacune ce qu'elles avaient de plus cher, embrasèrent l'atmosphère et mirent le feu au ciel ce soir-là. Que la déesse de la Lune Rousse soit dans son bon droit ou pas de réclamer des excuses à sa nièce, cette dernière ne céda pas et la réponse de sa tante fut sans appel : elle se vengerait sur le premier enfant de Flarmya qu'elle croiserait.

Ce premier enfant était une jeune dragonne immaculée, elle n'avait pas encore atteint sa taille adulte ni même sentit les prémices de ce que les matriarches appelaient « l'Appel de Flarmya ». La dragonnette parcourait volontiers les bois pour observer les loups chasser, apprendre de leurs techniques, de leur cohésion. Chez eux aussi une femelle matriarche, ou plutôt dominante, était la seule à pouvoir donner la vie. En attendant de savoir quel destin lui réservait sa Mère, la jeune dragonne chassait beaucoup, surtout de nuit, pour bien se nourrir et répondre à sa destinée quand le temps serait venu.

Bonne chasseresse ? Eurylia n'en trouva la blague que plus fine. Au cœur de la nuit, un de ses vins favoris emplissant sa coupe, la Déesse envoya sur la dragonne deux Bah'lirs. Les félins étaient agiles. Et à sa connaissance, la dragonne n'en avait jamais rencontré. Un sourire malsain de satisfaction et embrumé étira les lèvres d'Eurylia en songeant à l'amusement qu'elle tirerait de cette douce vengeance. Cette première rencontre entre les mammifères et la saurienne serait aussi la dernière !

Iolya, qui avait toujours défendu sa nièce et avait même participé à la création de ses enfants qu'étaient les dragons, fut mise au courant de l'infâme dessein de sa sœur. Mais il était trop tard ; les Bah'lirs avaient déjà acculés la dragonnette et lui sautaient maintenant dessus pour leur assaut final. La timide déesse de la Lune Mauve intervint malgré tout mais n'eut que le temps de changer la jeune dragonne en statut de quartz d'une pureté aussi grande que le blanc de ses écailles pour la protéger. La dragonne était sauve, les fauves n'avaient pas atteint le but fixé par la coléreuse Déesse, mais Iolya ne savait comment révoquer son salvateur sortilège.

Eurylia ne prit conscience de la portée de son acte que lorsqu'elle fit faces aux actions de sa sœur. Rongée par les restes de colère envers sa nièce ainsi que par les remord engloutissant ce sentiment, la déesse de tous les excès jeta sa coupe de vin sur la statue avant de s'effondrer sous le poids de sa contrition.

Le vin tâcha la dragonne figée et la pierre d'une pureté irréprochable se teinta de la couleur pourpre de cette boisson pernicieuse. Iolya restait désolée devant cette vie gâchée. Eurylia cachait son remord entre ses mains. L'acte était irréparable.

Le lendemain matin, Flarmya apprit le tragique événement survenu dans la nuit. Sa chevelure s'embrasa de colère et ses larmes de feu coulèrent silencieusement face à la vie fauchée de son enfant. La jeune déesse se rendit devant la statue de sa fille et la serra tendrement dans ses bras. Là, comme son père lui avait insufflé la vie, petit à petit, les larmes de feu et l'amour de Flarmya firent fondre la pierre comme de la glace. La statue reprit vie et poussa un rugissement qui perça le ciel. La dragonne, fille de Flarmya, était en vie. Ses écailles gardèrent de cette nuit cette couleur améthyste : stigmates de la bienveillance de Iolya ainsi que des remords d'Eurylia.

Née du feu brûlant de la colère et celui plus ardent encore de la rancœur et des remords, la dragonne devint Reine du ciel. Elle scintillait d'un lie de vin particulièrement enivrant et provocateur sous la lumière rougeoyante de celle qui avait faillit la détruire cette nuit fatidique.

Ainsi était née la première Reine Améthyste.

(Texte by Mave Arkias)


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