Tol Orëa, la Terre de l'Aube

Le Ciel est notre Empire ... pour Vaincre ... ou pour Mourir !
 
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 V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:38

Posté par Maevann

Theme Song




Draveÿn se posa sur le sol de Ssyl'Shar, soulevant une gerbe d'ocre. Une mince couche de sable séché se craquela sous ses lourdes pattes, dispersant dans les vents chauds quelques parcelles pailletées. Les deux femmes juchées sur son dos écailleux se laissèrent lestement glisser au sol :
L'une avait la peau pâle et délicate, un visage ovale et doux serti de yeux améthystes aux nuances changeantes, brillant derrière ses paupières plissées par le soleil. Ses longs cheveux d'argent, sa silhouette gracile, sa tenue vaporeuse flottant dans les vents brulants et son mal être visible au contact de la chaleur sèche du désert dénotaient une appartenance au peuple des Ondins. Elle tenait dans ses bras un jeune dragon blanc, niché dans les replis de sa tunique pour se protéger des bourrasques de sable.
A ses côtés, sa compagne plus âgée et de plus grande de taille observait attentivement le paysage, en proie à quelque songerie silencieuse , comme le laissaient penser son regard vert d'eau perçant. Sa peau mat et ses cheveux d'un brun chatoyant d'étranges reflets roux, battant en une crinière indomptée dans la brise, détonaient moins que la beauté pâle de sa comparse sur ces reliefs sablonneux et rutilants ... Mais la Demi-Sang n'en demeurait pas moins habituée à l'ombre fraiche des sous-bois. Elle grimaça lorsqu'une bourrasque brulante vint frapper son corps aux formes pleines et tira avec empressement son bliaud sur sa peau nue.

- Nous y voilà. lança-t-elle d'une voix forte pour se faire entendre dans le vent, une main plaquée sur sa capuche. Cet oasis est le dernier havre de verdure avant les avancées désertiques. Meldryn Calaren devrait nous y attendre.


L'Ondin taciturne au regard bleu glacé n'avait guère voulu se faire amener aux portes de Ssyl Shar. Son visage émacié peint d'une moue hautaine , il avait répliqué qu'il "viendrait par ses propres moyens".

- Qu'importe , par Dragon, a cheval , à pied ou sur le dos de ces étranges bêtes à bosses autochtones ...Du moment qu'il réponds présent. songea la Chevalière , la mâchoire contractée.

Elle se méfiait d'ores et déjà de ce Meldryn au caractère mutique et au regard condescendant. Tentant de juguler l'aversion viscérale des Célestes pour le Mar Taralom, elle avait tâché de poser un regard objectif sur lui...mais les quelques courtes minutes de leur entretien avait suffit à immiscer en elle un mauvais pressentiment, qu'elle espérait non fondé. Elle glissa un regard sur la neutre à ses cotés, silhouette menue dans les pans de son burnous blanc.

- ° Tu te méfies aussi d'elle ? °

Maëvann sursauta lorsque la voix pensive de son Lié résonna dans son esprit. Elle fit mine d'être occupée en déchargeant les besaces contenant leurs vivres et leur équipement, maintenues par des sangles sur le vaste dos du Noir.

- Je ne sais pas Draveÿn...Quoiqu'il en soit , nous devrons nous supporter. Cette mission est d'une importance capitale et ne saurait souffrir de petits conflits mesquins ou intéressés.

- ° L'Ondine est enceinte. M'est avis qu'elle ne fera pas de folies ni se mettra excessivement en danger , pour protéger son enfant...°

Le Dragon glissa un regard entendu sur sa Liée , qui sentit sa poitrine se serrer douloureusement. Hier encore, Istvan et elle s'aimaient avec plus de passion que jamais dans un tendre adieu. Son bien-aimé avait longuement veillé , la tête posée près de son ventre , le gris de ses yeux voilé d'émotion et d'amour. Ils s'étaient quittés aux aurores, s'étreignant avec force, se promettant de se retrouver au terme de la Quête...ou dans l'Au-Delà. La Demi-Sang ferma les yeux , les lèvres tremblantes.

- Comment vivre notre amour et élever notre enfant dans un monde qui risque de glisser dans le Chaos à tout moment ? murmura-t-elle après s'être assurée d'être dos au vent. Draveÿn, je veux promettre un avenir à la Vie que je porte en mon sein... Et son père se battra avec la même force pour cela. Il ne peut en être autrement.

Draveÿn émit un profond soupir et colla sa tête écailleuse et pointu contre son ventre.

- ° Pardonne moi Maë, tu as raison. ° dit-il en baissant les paupières sur son regard troublé d'ocre. °Je serais à tes côtés pour ce combat, quelle qu'en soit l'issue.°

- Je le sais , mon Dravy , je le sais.

Elle entoura son long de ses bras et l'étreignît un instant avant de se tourner vers Crylith qui serrait sa Liée contre elle alors que celle-ci émettait des claquements de bec désapprobateurs , sans doute indisposée par le climat.

- Pourriez vous prendre quelques outres ? Nous allons les remplir à l'oasis car nous en aurons grandement besoin. J'espère que nous y retrouverons également le troisième membre de notre Triade. marmonna-t-elle du bout des lèvres en chargeant quelques récipients sur ses épaules. Mon Lié nous attendra et veillera sur notre équipement. Venez...

Elle s'élança d'un pas vif vers la mince bande de verdure qui serpentait entre les dunes.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:39

Posté par Crylith

Crylith s’était réveillée aux premières lueurs de l’aube naissante dans les bras de Peddyr. Tout avait été dit la veille, alors elle tenta de s’éclipser sans un bruit. Cependant elle ne put s’empêcher de déposer un tendre baiser sur sa joue avant de partir ce qui ne manqua pas de le réveiller. De plus elle entendit la voix caverneuse de Sveargith résonner dans sa tête.

° Alors comme ça on tente de s’esquiver sans un mot, fillette. °

La jeune femme se tourna un sourire aux lèvres vers le dragon brun qui la regardait de son regard opalescent rieur et s’excusa auprès de lui de son attitude cavalière. Puis elle se blottit une dernière fois dans les bras de son chevalier et dans un dernier baiser, elle partit vers le lac Immortel où l’attendait Maëvann Kerr’wan, la chevalière du Kaerl Céleste qui avait accepté de la transporter jusqu’au continent de Ssyl’Shar. Elle ne se retourna pas, de peur de flancher et invita Kyalith a abrégé les au revoir pour la suivre.

L’ondine s’était habillée d’une tenue vaporeuse, légère et aérée mais qui recouvrait tout son corps. Là où elle allait elle risquait fort de souffrir de l’aridité du climat, donc elle devait protéger son corps de la chaleur suffocante. Une capuche lui permettrait aussi de se prémunir de l’action dévastatrice du soleil ardent. Ainsi vêtue, elle rejoignit la chevalière et son Lié, un magnifique dragon noir du nom de Draveÿn. Aucun mot ne fut échangé, juste un hochement de tête qui fit office de salutations respectueuses, puis le dragon les invita à monter sur son dos.

Le trajet se déroula sans encombre, Kyalith était bien arrimée dans ses bras et Crylith avait réussi à trouver une position confortable pour le voyage qui lui permettait aussi de ne pas basculer non plus dans le vide. Ils arrivèrent bien vite dans le désert du continent où la chaleur fit suffoquer très rapidement l’ondine ainsi que sa Liée. Le vent s’immisçait dans les moindres ouvertures de sa tenue, desséchant doucement sa peau, mais elle était là pour une raison importante, son mal être, sa souffrance importait peu.

Elle ne répondit pas à sa partenaire mais hocha la tête en silence tandis qu’elle serrait Kyalith contre elle n’osant la déposer sur le sable brûlant. Elle semblait par ailleurs perdue dans ses pensées, peut-être même en conversation avec son Lié. Elle l’observa à la dérobée, elle semblait vraiment préoccupée, comme eux tous après tout, de leurs réussites ou leurs échecs dépendaient la sauvegarde ou la destruction de leur monde. Instinctivement Crylith porta la main sur son ventre et fermant les yeux quelques secondes, elle repensa aux doux mots et à la joie de Peddyr à l’annonce de la venue de ce petit être.

° Tu n’es pas la seule à abriter la vie en ton sein ma Lilith. Cette Torhille est enceinte de cet humain gesticulant et emporté, Istvan Sarkanys, sans aucun doute. °

° Possible Kya. Elle ne sera donc pas encline à risquer sa vie inutilement, mais qu’en est-il de l’ardent qui nous accompagne. Je n’ai pas réussi à vraiment savoir ce qu’il cachait, il semble plus malin que la plupart et cache mieux ses émotions, cependant sa sœur pourrait être une arme que nous pourront utiliser contre lui si besoin est. Mais l’avenir du monde est en jeu, seuls les êtres stupides tenteront de faire échouer leurs missions pour un profit personnel. Enfin je l'espère... °


Enfin Maëvann lui adressa la parole pour lui demander de l’aider. Elle déposa sa petite blanche sur le sol craquelé de chaleur et attrapa les outres qu’elle lui tendait.

« Oui bien sûr, Kyalith restera près de Draveÿn, je vous suis. »

La jeune femme interrogea sa Liée du regard puis rassurée, suivit la Torhille qui s’éloignait déjà en hâte vers l’oasis.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:39

Posté par Meldryn

Meldryn était arrivé bien en avance, il aimait savoir où il allait et repérer les lieux avant de venir à un rendez-vous. Toujours les restes de l'éducation de son père. Se méfier de tous, ne jamais accorder sa confiance, connaître les lieux... Ucitan Misen et le brun Worglund, attendaient eux aussi mais à l'écart. Leur engagement était clair : Il fallait simplement transporter Meldryn et l'attendre. L'Ondin payait bien évidement ce service et fort heureusement pour lui, son ancienne vie et ses astuces actuelles lui permettaient de payer son confère ardent sans pour autant se priver. Aucun d'eux ne se regardait, ni n'accordait la moindre attention à l'autre. Ils semblaient être seuls tous deux. Peu avant le postillon avait eu l'audace de lui poser des questions sur son passé et évidement Meldryn lui avait répondu sèchement ainsi que peu poliment; bien logiquement le ton était monté. Ucitan pestait en faisant des allers et venues entre deux palmiers alors que l'apprenti restait impassible de son coté.

« Déjà que je dois faire équipe avec deux femelles, faire avec leurs humeurs et petits besoins délicats qui vont m'encombrer alors si lui aussi ne sait pas rester à sa place cela promet de belles journées... Enfin l'une des deux est une Ondine... Engloutie certes mais déjà une Ondine. Cela sera donc plus plaisant à regarder et à lui parler... D'autant plus que l'autre demi sang est céleste et frivole avec un humain rien de plus basique...Etrange quand l'on voit sa propre cousine qui est si... particulière...

Assis en tailleur, sous un de ces « arbres du désert », l'Ondin avait les yeux fermés, se tenait le dos droit, les mains sur les genoux, paumes tournées vers le ciel. Il respirait lentement comme on pouvait le voir en observant les étoffes allant et venant au grès des petits mouvements de son torse. Il avait revêtu une tenue légère pour l'occasion mais couvrant la totalité de son corps sans pour autant le coller. La capuche rabattue sur la tête, une fine étoffe entourait également son cou et pouvait aisément couvrir le nez et la bouche. Ses yeux bleus étaient pour le moment cachés et protégés par ses paupières. Plusieurs outres remplies d'eau étaient posées à même le sol, ainsi qu'un grand sac.

En l'observant attentivement, on pouvait voir ses lèvres bouger faiblement sans toutefois que le moindre son en sorte. N'aimant pas attendre et encore moins attendre en ne rien faisant, l'ainé des Calaren avait choisit de méditer et de faire ce qu'il appelait un travail sur les runes. Il s'entrainait et entra donc dans une sorte d'endormissement conscient pendant lequel il visualisait la rune, l'invoquait, la fredonnait, échangeait de l'énergie avec, mêlant ainsi ses sens et perceptions. Devant lui était dessiné dans le sable un symbole.



Symbole que lui seul pouvait voir, pour le moment du moins et tant que personne n'approchait en faisant attention à la petite marque sur le sable juste au croisement de ses jambes...
Une épée dans son fourreau était posée en travers et reposait sur l'intérieur de ses coudes. On pouvait également voir une dague accrochée à son flanc gauche, la pointe du petit fourreau touchant le sable.

Meldryn n'eut aucune réaction à l'approche des deux femmes. Les avaient-ils entendues ou non, il était impossible de le dire puis qu'il restait dans cette position assise, les yeux clos. Approchant elles purent voir des traces sur son visage. Traces résultantes de son passage dans les geôles et surtout des mouvements d'humeur des gardiens. Elles purent sans mal noter qu'il s'était lavé, rasé et que ses vêtements étaient propres, il ne puait plus non plus. Il ne ressemblait en rien à l'ombre, à l'épave qu'il avait montré la veille.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:40

Posté par Maevann

Maëvann considéra l'Ondin d'un air circonspect. A n'en point douter, il n'avait rien de l'individu hirsute et odorant de la veille, cependant son visage éclairé a la lumière crue du désert semblait pâle et quelque peu maladif. Bien que l'Ardent attirât toujours sa méfiance , la Demi-Sang crût un instant qu'il se trouvait mal et s'accroupit en face de lui.

- Meldryn Calaren ? Je suis Maëvann Kerr'wan, Chevalier Celeste et chef de votre triade. Nous sommes venues vous quérir pour la Quête. M'entendez-vous ?

La seconde d'après , les paupières s'ouvrirent sur une regar azuréen et vif , qui détonait étrangement avec la maigreur de ce visage émacié. L'Ondin l'observa sans répondre, une pointe d'insolence brillant dans l'aigue-marine de ses yeux.

- Humph...je me suis fait des illusions. Il est en parfaite forme.

La jeune femme se redressa et le toisa de toute sa hauteur avant de considérer son acolyte féminine.

- Je vous laisse faire les présentations , je m'occupe des outres. Je vous expliquerai ensuite comment se déroulera notre mission.

Elle s'empara des gourdes et alla les remplir au point d'eau sans autre forme de discours. Accroupie sur les berges, elle considéra son reflet sur l'onde d'un air pensif. Si son caractère passionné pouvait lui donner une certaine forme d'autorité -du moins savait-elle se faire entendre - Maëvann ne se sentait guère l'étoffe d'un chef de meute. Qui plus est, les deux ondins étaient autant , si ce n'est plus , indomptés qu'elle , chacun à leur manière. La jeune femme soupira en s'envoyant une giclée d'eau fraiche sur le visage , d'ores et déjà desséché par les vents brulants de Ssyl'Shar... Advienne que pourrait. Après tout , elle n'avait pas le choix. Personne n'avait le choix.

Elle fit volte face. Les Ondins avaient entamé une discussion mais le sens du vent l'empêchait d'entendre leurs propos. Ils se turent quand elle revint et considérèrent d'un oeil attentif la carte qu'elle déplia sur le sable.

- Voilà , nous sommes ici. dit-elle en pointant du doigt l'illustration simpliste de quelques palmiers au Sud. L'Oasis d'Alhambra... Cette carte m'a été fournie par Meilan-Lavok, elle est inspirée du savoir des peuples du Désert et de divers récits narrés par les aventuriers ayant traversé Ssyl' Shar.

Elle marqua un arrêt , les sourcils froncés dans la réflexion , ressassant les consignes du Valheru.

- Les renseignements et informations compilées par Meilan-Lavok nous apprennent que l'Ambre serait gardée dans un Temple Englouti, autrefois construit par les Safhâr , un peuple du désert dont les rares descendants sont aujourd'hui disséminés en populations nomades au quatre coins du désert. La "clé" qui nous permettrait de trouver son emplacement se trouverait sous-entendue dans ce poème traditionnel , que je vous demande de retenir :

" Quand la larme perlera sur la pâle joue de Mu'âd'ibbîn
Et que sa soeur en recueillera l'eau sacrée
Et que son frère sera englouti par la gueule de pierre
Alors les portes de Sa'rh-el-Neghbal , la Cité Qui Dort Sous Le Sable, s'ouvriront
Mais seul celui qui vaincra Othmane, le Serpent à la Couronne de Foudre
Pourra en passer les portes "


- Ne vous faites pas d'illusions. Ces vers me paraissent aussi hermétiques qu'à vous. concéda Maëvann avec un sourire amusé. Pour en comprendre le sens caché, il nous faudrait connaître le folklore des Safhâr dont la culture se transmettait essentiellement a l'oral. Fort heureusement , rien n'est perdu...

La jeune femme fit glisser son doigt sur la carte , traversant une longue étendue striées de dunes stylisées, avant d'indiquer un campement à l'Ouest, vers l'Océan.

- Meilan-Lavok à dépêché un contact pour nous, un shaman nommé Bedjaâli, descendant direct des Safhâr. Son peuple s'arrête en cet endroit toutes les Lunes pour un rituel qui ne dure qu'une nuit. Ce qui signifie que nous avons exactement trois jours pour atteindre le campement , auquel cas nous perdrons la trace des nomades et par là même, nos précieuses informations...

Maëvann laissa les Ondins consulter la carte de plus près et promena son regard sur l'étendue désertique. Au loin la silhouette de Draveÿn et Kyalith ondulait étrangement dans un dais d'air chaud.

- La traversée du désert va s'avérer longue et périlleuse. Nous pourrons faire une partie sur le dos Draveÿn, mais, sans compter les tempêtes de sable et les vents cisaillants, il ne peut guère voler longtemps en portant trois personnes. Meilan-Lavok m'a également mis en garde contre les vices cachés du désert : de nombreux insectes aux piqûres mortelles pour le jour , et des prédateurs pour la nuit , tout deux dissimulés sous le sable. Regardez donc ou vous posez les pieds...et surtout , préservez vous de la chaleur.

Elle observa pensivement les deux êtres de l'eau , leurs peaux pâles , leurs corps élancés et filiformes d'apparence...Sauraient-ils prendre les justes précautions dans ce milieu qui ne leur était pas familier ? Puis son regard accrocha un chevalier et son Dragon qui allaient et venaient plus loin et elle haussa un sourcil étonné...Sans doute un Ardent ayant véhiculé Meldryn jusqu'au désert...Mais alors que faisait-il encore ici, qu'attendait-il ?
Elle évinça la question d'un geste d'épaule. Le temps pressait.

- Avez-vous des questions ? Il ne faut guère tarder a nous mettre en route, la nuit sera vite là.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:40

Posté par Crylith

Crylith suivait la chevalière céleste de quelques pas. Cette dernière ne lui adressait pas la parole, et elle s’en accommodait très bien. Rien de pire que d’entendre pérorer à tout va sur des sujets futiles. Elles arrivèrent très bientôt en vue de l’oasis et aperçurent Meldryn qui était assis sous un arbre en attendant probablement leur arrivée. Lavé, rasé et portant des vêtements propres, l’ondin n’avait plus vraiment le même aspect. Il semblait toujours hautain et rébarbatif, malgré son immobilité et ses paupières closes mais au moins était-il présentable. Elle ne put cependant pas occulter les diverses marques et cicatrices que son séjour en geôle n’avait pas manqué de laisser, quelques unes resteront, comme souvenirs sans doute de ses frasques. Pour autant il était un atout de poids pour la quête et peu importait son caractère.

Maëvann qui s’était approchée de lui la première parut s’inquiéter de son état. Il est vrai que les ondins allaient souffrir de la chaleur ambiante, mais la jeune femme savait que son partenaire de quête se portait comme un charme avant même qu’il n’ouvre les yeux et lui réponde effrontément. Elle avait bien remarqué sa position qui lui évoquait tout de suite une profonde méditation puis comme ses lèvres bougeaient imperceptiblement elle posa son regard entre ses jambes et vit le symbole dessiné dans le sable. Raidho. Un choix judicieux.

La chevalière parut vexée de sa bévue et partit remplir les outres les laissant seuls, faire connaissance comme elle le disait. L’ondine sourit intérieurement, l’équipée allait être compliquée, elle le sentait. Que pouvait-elle dire ? On n’était pas dans un salon de thé à deviser sur les prouesses du petit dernier ou parler des derniers ragots, c’était somme toute ridicule. Sans s’en rendre compte, elle avait penchée à la tête de côté, observant franchement l’ardent qui n’avait pas bronché jusque là.

« Inutile de faire les présentations je suppose. Nous savons tout deux à qui nous avons affaire si je ne m’abuse. Peut être voudriez-vous finir ce que vous avez commencé ? ajouta-t-elle en désignant du menton la rune dessinée dans le sable. »


La jeune femme recula de quelques pas et attendit patiemment que Meldryn se lève, cherchant une question à lui poser pour entretenir un semblant de cohésion au sein de leur groupe tout en sachant l’entreprise illusoire.

« J’imagine que cet homme là bas est votre chauffeur. »

Elle marqua une pause et décida d’être directe et franche. Les ronds de jambe et les mondanités n’étaient vraiment pas son genre.

« A votre avis dans quelle mesure pouvons-nous nous faire confiance ? »

Elle ne sut pas si sa question l’avait troublé ou tout du moins étonné, cet homme face à elle cachait bien mieux ses émotions que la plupart de ses congénères, mis à part son rictus de dédain affiché en permanence sur son visage. Elle devrait donc redoubler d’attention et de vigilance, dans le langage de son corps, l’expression de son regard et le choix de ses mots. Ce qui n’était pas au dessus de ses forces, ça rendait l’exercice bien plus attrayant.

Tandis qu’il lui répondait, la torhille revint avec les outres pleines et déplia une carte. Les choses sérieuses commençaient enfin. Elle s’autorisa une dernière pensée pour son tendre amour et se concentra sur les paroles de leur chef de triade, qui ne semblait pas forcément à l’aise dans ce rôle, pour autant elle devrait l’assumer quoiqu’il arrive.

Parfaitement attentive, Crylith enregistra chaque mot, chaque détail que leur fournissait Maëvann, surtout le poème qu’elle se récitait intérieurement, pensant peut être naïvement y voir plus clair à force de l’entendre. Les indices pour le moment étaient trop minces mais elle ne doutait pas que la lumière se ferait au moment opportun.

Ainsi donc ils avaient trois jours pour rallier un campement où un shaman les y attendrait et cette traversée ne serait pas de tout repos. On ne pouvait compter sur Kyalith pour transporter quelqu’un et Draveÿn ne pouvait décemment pas porter trois personnes et une dragonnelle pendant des jours. D’autre part, elle ne doutait pas que le sable qui paraissait si inoffensif recèle de dangereux prédateurs. Une véritable promenade de santé en somme. Elle afficha un visage dénué d’expression, n’éprouvant aucune peur. Elle n’était pas du genre à hurler de terreur quand un insecte l’approchait de trop près, même si ceux-ci s’avéreront bien plus nocifs, elle avait ses dagues bien arrimées dans son dos et un bon coup de pied également.

Secouant la tête, l’ondine fit signe à ces deux compagnons de galère qu’elle n’avait aucune question. Le temps leur était compté autant se mettre en route tout de suite. Ils pourraient très bien en parler pendant leur traversée au besoin, bien qu’elle se doutait que le voyage serait plutôt silencieux. Elle réajusta sa tenue, couvrant chaque parcelle de sa peau, remit sa capuche bien en place et se tourna vers les deux dragons afin de les rejoindre et partir pour trouver une ou deux pierres d’Ambre dans un désert qui connaîtrait peut être sa mort.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:40

Posté par Meldryn


HRP...

A la mémoire de MV
Fais que ton chemin vers la fortification d'Ásgard soit prompt,
Mets à profit ton séjour dans le Valhöll
Et ne t’occupes point des 540 portes car tu en sortiras par une seule…





Meldryn laissa Maëwann s’enquérir de son état se retint de rire ou du moins de sourire alors qu’il ouvrit les yeux, lui faisant prendre conscience de son erreur avec un plaisir non dissimulé, ses yeux transpirants la moquerie et de dédain.

Pour qui se prend t’elle ? Une femelle notre chef… chef de ma triade… Une bâtarde de throrille ! Enfin si cela lui fait plaisir… Je mènerais de toutes façons à bien la mission qui fait que je suis la

Mais ses yeux s’éteignirent rapidement de cette insolence qui ne quittait que rarement l’ondin pour se muer en une expression on ne peut plus neutre, froide alors que sa congénère ajoutait ces mots

Inutile de faire les présentations je suppose. Nous savons tout deux à qui nous avons affaire si je ne m’abuse. Peut être voudriez-vous finir ce que vous avez commencé ? ajouta-t-elle en désignant du menton la rune dessinée dans le sable.

Il répliqua sèchement faisant claquer les mots qu’il débitait lentement comme si il parlait à un enfant afin de montrer que d’une part il n’aimait pas être interrompu et d’autre part que ce n’était pas à elle de décider ou de préjuger quoi que ce soit.

Inutile ? moi qui pensais que ceux de votre ordre s’attachaient au respect et à la politesse, voilà que vous manquez à la première d’entre elle. Quand au reste après cela je m’étonne que vous preniez la peine de vous enquérir de ce que j’aurais pu être en train de faire ou non

Il ajouta ensuite d’autres mots sur un ton bien plus faible de manière a ce que seuls les deux ondins puissent l’entendre.

Et je m’étonne d’avantage, qu’une ondine puisse manquer de respect envers nos runes, en les désignant négligemment de la tête.

Meldryn ne prit même pas la peine de répondre à la banalité de l’ondine qui elle de la même manière ne répliqua pas et se contenta de hausser les sourcils d’un air moqueur. L’ondin se fendit d’une moue emplie de défi puis se mit cependant à rire à sa question. Un rire moqueur…suivit d’une reprise d’un ton froid mais à haute voix.

Nous faire confiance… Je ne ferai jamais confiance à quiconque et encore moins à deux femelles célestes et englouties… Deux femelles issues de deux ordres voulant la fin du mien… Toutefois nous avons une mission à accomplir et je ne doute pas que cela se fera sans une bonne cohésion de groupe

Il se tut alors que Maevann arrivait et Crylith lui adressa un léger sourire narquois, à peine prononcé, en guise de réponse avant d’ajouter :

Bien il me semble que nous sommes sur la même longueur d'ondes en ce qui concerne la confiance. Je ne vous accorde aucune confiance, ni à vous, ni à elle. Cependant, pour une bonne cohésion de groupe comme vous dites, évitez les femelles et autres adjectifs dégradants, je ne pense pas que ces mots soient pertinents et nous permettent d'avancer.

Cette fois ce fut à Meldryn de ne point répondre et comme sa congénère il écouta attentivement les informations et s’appliqua à retenir les vers. Une fois que leur cheftaine eut finit ses explications, il prit la parole sans laisser le temps à l’ondine de répondre. La galanterie ne lui semblait pas de mise…

Il se contenta en fait de répéter les points importants.

Nous avons trois jours pour atteindre le campement où nous devons trouver un shaman nommé Bedjaâli pour avoir des explications ou du moins des informations quant à cette prose. Le désert est dangereux de jour comme de nuit et nous devons faire attention où nous posons nos pieds.

Tout en parlant il se leva puis se chargea de ses outres et réajusta ses habits et armes avant de se tourner vers les femmes.

Et je n’ai pas de question. Maintenant évitons de perdre plus de temps ici. Votre compagnie ne m’enchante guère, comme la mienne ne vous plait certainement point. Aussi remplissons cette mission et nous serons débarrasser les uns des autres…

En guise de conclusion il se tourna vers l’Ouest après avoir glisser quelques mots à son postillon et lui avoir demander de le retrouver au camp sous quatre jours
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:40

Posté par Maevann

Les bourrasques s'étaient apaisées...Maëvann retira le pan de burnous qu'elle avait rabattu sur son nez et sa bouche pour se protéger des infiltrations de sable.

Le groupe d'aventuriers marchait depuis des heures en silence , de cette démarche un peu chaloupée et déséquilibrée typique à la marche sur les sols instables. La demi-sang marqua une pause au sommet d'une dune , tant pour s'abreuver à sa gourde avec parcimonie que pour récupérer son souffle. Elle qui avait l'habitude du sol tendre des sous-bois, des pentes caillouteuses à flanc de montagnes, des chemins de traverse dans les bosquets luxuriants...marcher dans le sable lui paraissait inconfortable en plus d'être rapidement fatiguant. Fort heureusement, ils avaient commencé leur marche au déclin du soleil et la canicule du zénith avait fait place à une chaleur plus moite , alors que le sable et la rare végétation exsudaient une part de leur humidité a l'approche du couchant.

La jeune femme observa ses compagnons qui s'étaient eux aussi accordé une pause...Dans l'attente de directives ou par réelle fatigue , elle n'aurait su le dire. En effet les ondins étaient peu bavards et leur visage hermétique ne s'animait que lorsqu'il fallait plisser les yeux pour se protéger des bourrasques de sable ou essuyer la sueur qui perlait à leurs fronts. Il lui avait cependant paru voir les lèvres de l'homme s'agiter en silence , comme une prière muette, mais ce dernier avait sans doute senti son regard car il n'avait pas recommencé depuis. Quant à la femme, si son regard d'améthyste restait vif et observateur, elle n'avait pipé mot depuis leur départ de l'oasis. Il lui avait semblé que les "présentations" entre les deux ondins ne s'étaient pas déroulées dans les plus amènes et chaleureuses circonstances, à en juger par la tension palpable et froide qu'elle avait perçu furtivement avant qu'ils ne se concentrent sur la mission.
Sans doute ne fallait-il pas s'attendre à une parfaite cohésion entre trois membres issus de mondes si différents.

- Après tout , ce silence monacal n'est pas plus mal. se dit-elle en tournant de nouveau le regard sur les étendues désertiques. Ce Meldryn est loin d'être une charmante compagnie et la jeune Crylith ne m'a pas l'air du genre à gaspiller sa salive en babillages.

Elle ne put cependant retenir un soupir de soulagement lorsqu'elle aperçu la silhouette de son Dragon se dessiner dans les méandres troubles de l'air chaud , comme un immense oiseau noir. Enfin , une présence familière ! Elle ne comptait plus combien de fois elle avait caressé le fourreau ou reposait la dague offerte par son aimé depuis leur départ... Comme sa douceur et sa présence lui manquaient dans ce paysage hostile , cette Triade silencieuse...

- Allons...Il ne faut pas se laisser aller ! songea Maëvann en inspirant doucement pour dénouer sa gorge serrée d'émotion. J'espère qu'il va bien et il ne se mets pas en danger inutilement. J'ai grand hâte de venir a bout de cette mission pour le serrer a nouveau contre moi , et cela ne se fera pas de sitôt si je perds mon temps en jérémiades.

Draveÿn se posa au pied de la dune , soulevant une gerbe de sable doré et s'adressa directement aux trois aventuriers.

- ° J'ai repéré un massif rocheux à quelques lieues d'ici ° dit-il , tendant son cou serpentin vers l'Est ° Vous devriez y dresser le campement , les pierres stockent bien la chaleur et les nuits sont glaciales par ici. Qui plus est vous seriez protégés de la lumière aveuglante et la chaleur mordante du lever de Soleil. °

- Merci mon Lié. Penses-tu que nous y parviendront avant la tombée de la nuit ?

- ° Assurément , si vous continuez de marcher à cette allure.° répondit le Dragon avec un sourire narquois dont le sens n'échappa guère à la jeune femme. ° Vous avez parcouru un chemin non négligeable en quelques heures.°

- C'est sûr que ce ne sont pas les conversations vivantes et joviales qui vont nous retarder. grommela-t-elle dans une pensée privative à son égard, alors qu'elle se laissait glisser au bas de la dune. Je crois que les rares pierres de ce désert seraient plus animées que ces deux-là...

Elle poussa un long soupir et posa sa joue contre le large poitrail du Grand Noir, savourant le contact des écailles suivant le mouvement de son ample et caverneuse respiration.

- ° Maë , comment te sens-tu ? °

- Je suis fatiguée ... mais ca ira.

- ° Tu bois régulièrement ? Tu marches à ton rythme ? ° insista-t-il comme s'il était persuadé du contraire
° Tu ne veux pas que je te transporte un peu ? Maëvann, tu ne dois pas prendre ce genre d'épreuve physique à la légère dans ton état, tu pourrais ...°

- Il suffit, Draveÿn la ventrière ! s'esclaffa la jeune femme en donnant une tape sur le museau du Dragon , l'air goguenard. J'ai du sang Torhil , je suis plus résistante que cela , par Flarmya !

Elle se tourna vers les Ondins restés en haut de la dune :

- Alors , que pensez vous d'établir le campement près du rocher pour ce soir ? Cela ne nous déviera que peut de notre traject....

Elle fronça les sourcils et s'interrompit... Un grondement sourd faisait frémir la couche supérieure du sable à ses pieds.Maëvann et son Lié firent volte-face d'un même geste et frémirent en apercevant l'étrange masse cylindrique qui déformait la ligne d'horizon d' une vague souple et rapide. Quelque chose évoluait sous le sable , à une vitesse surprenante ...et fonçait en ligne droite sur eux.

- Dravëyn...qu'est-ce ce que c'est que ça ? susurra Maëvann en portant la main au bâton accroché dans son dos.

- ° Je n'en ai pas la moindre idée... Mais je n'ai pas de doute sur l'hostilité de ses intentions °

La Demi-Sang poussa un grognement et rejoingnit ses compagnons - qui avaient déjà tiré leurs armes au clair- sur la dune afin d'avoir une meilleure portée de vue. De son côté Draveÿn pris son envol et s'adressa a Kyalith.

- ° Peux-tu voler ? Tu risques d'encombrer ta liée si tu reste dans ses bras...elle va avoir besoin de ses deux dagues. Au besoin je peux te prendre sur mon dos , mais ne reste pas ici ! °
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:41

Posté par Crylith

Sans un mot, Crylith suivit l’ondin et invita sa Liée à rester près d’elle. Elle se rendit rapidement compte que sa race n’était vraiment pas faite pour évoluer dans le désert. Elle s’en doutait un peu mais elle pensait que les vêtements la protègeraient mieux que ça. Ils marchaient depuis des heures déjà sans échanger un seul mot et elle sentait sa peau se craqueler par endroit. Elle évitait à tout prix de gaspiller le peu d’eau que pouvait contenir son corps en gâchant de la salive et elle buvait régulièrement de petites gorgées d’eau pour éviter la déshydratation mais ce n’était guère suffisant car son corps souffrait atrocement de la chaleur étouffante de Ssyl’Shar. Pourtant la jeune ondine ne se plaignait pas et marchait d’un pas aussi vif qu’elle le pouvait sans jamais ralentir leur avancée.

Le soleil dans leur dos chauffait encore intensément et les ombres s’étiraient doucement devant eux, donnant un aspect étrange au désert. Des volutes s’élevaient des sables régulièrement créant des images étranges, presque des mirages, faisant voler le sable aussi dans leurs yeux. Des petites bestioles laissaient aussi des petites traces vite effacées par les vents. Elles ne s’approchaient pas des trois compères et s’enfuyaient au plus vite dès qu’elles les sentaient. Pour le moment les bêtes vraiment dangereuses n’avaient pas croisé leur route, mais tous étaient sur leur garde tout de même.

La petite blanche trottinait près de Crylith et ne souffrait aucunement de la chaleur, bien au contraire, elle s’en délectait. De par sa condition draconnique, elle était faite pour ses grandes chaleurs justement et elle s’était gentiment moqué de sa Liée lorsque celle-ci s’était inquiétée au tout début de leur épopée.

° Ma Lilith, je suis une dragonne, j’ai le sang froid, donc pour moi le désert est l’endroit rêvé. D’ailleurs je plongerai bien dans les sables si je connaissais les dangers qui peuplent Ssyl’Shar, mais je ne prendrais pas le risque. °


Cependant l’entrain du départ pour cette quête avait fait place à une certaine langueur due à l’écrasante moiteur du continent. Elle avait fermée ses paupières translucides afin de se prémunir du dessèchement mais elle appréciait le sable chaud crissant sous ses pattes griffues et surveillait du coin de l’œil l’ondine, ressentant les méfaits que la chaleur avait sur elle. Elle n’échangeait que peu de paroles avec sa Liée, juste quelques ondes d’encouragement et de soutien. Parfois, Kya rappelait à Crylith de boire ou de réajuster sa tenue mais rien de plus.

° Evite de toucher ton ventre constamment, tu vas finir par mettre la puce à l’oreille à l’ardent. Je pense que Draveÿn l’a ressenti et a du en informer sa Liée, mais l’ondin n’a déjà pas une haute opinion de nous, donc inutile de lui donner matière à nous rabaisser. °

° Humm oui tu as raison, je vais tâcher d’être plus attentive. Ca va pas être une partie de plaisir cette quête. Entre la chaleur suffocante et mes deux acolytes… Enfin j’imagine que c’est la même chose dans chaque triade. Le mieux est d’en finir au plus vite et de se séparer avant d’avoir des envies de meurtres. °


Toutes deux tournèrent leurs regards vers un point noir qui grandissait à vue d’œil et elles reconnurent bien vite le Noir de la chevalière Céleste qui revenait vers eux leur apporter ce qu’il avait sans doute repéré plus loin sur le chemin, si on pouvait appeler ça un chemin. Il se posa près de l’endroit où ils s’étaient tous arrêté quelques minutes et leur fit part d’un rocheux non loin qui serait parfait pour abriter un campement pour la nuit. De plus ils y seraient avant la nuit s’ils maintenaient leur allure. Enfin un embryon de bonne nouvelle. Intérieurement elle étouffa un soupir de soulagement et en profita pour boire une gorgée d’eau.

L’ondine allait acquiescer à la requête de Maëvann quand elle entendit un bruit incongru dans ce décor sinistre et silencieux. Elle se tourna en même temps que tout le monde et vit une étrange vague qui se déplaçait rapidement. Elle plissa les yeux pour mieux voir et prit conscience que ce qui arrivait était plutôt imposant et n’avait pas des intentions pacifiques. Elle sortit immédiatement ses dagues de leurs fourreaux et se campa sur ses jambes.

° Kya, éloigne-toi vite. °

° Draveÿn me propose de me porter Lilith… °

° Alors monte sur son dos immédiatement et reste tranquille, il me faudra toute mon attention pour vaincre cette chose si besoin. °

La petite blanche remercia le Noir et sauta rapidement sur son dos. Difficile de tenir en équilibre, elle n’était pas blottie au creux des bras de Crylith. Elle s’allongea pour faire corps avec le dragon et tenta d’accrocher ses griffes sur les écailles. Elle gardait l’équilibre malgré les bourrasques de vent que les ailes puissantes provoquaient et regarda la monstruosité qui déferlait vers la torhille et les deux ondins.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:41

Posté par Maevann

Les vibrations du sol ne l’avaient pas trompé.

Les créatures n’étaient pas des Quatre Pattes, le bruit de leur marche sur le sable n’était pas celui des sabots des rapides Têtes Cornues ou des pattes griffues des dangereuses Longues Dents. Non. Ceux-là marchaient debout et produisaient une chaleur et un son particulier.

Les yeux striés de la bête avaient affleuré du sable quelques kilomètres plus loin, comme deux grosses billes pourpres. Elle était quasiment aveugle, les vibrations du sol, jusqu’aux plus infimes, la perception des changements de température étant ses seuls moyens de situer l’espace, de suivre les mouvements de ses proies grâce aux capteurs situés sur ses flancs… mais la nature singulière de ces nouveaux intrus avait eu raison de sa prudence.
Trois proies. Une prise trop rare dans ce milieu hostile ou toutes les créatures étaient pourvues de cornes, de griffes, de carapaces pour survivre. Ceux là non, la température émanant de leur corps, taches de couleurs floues auréolant leur vague silhouette, lui indiquaient qu’ils ne portaient rien qui puisse retenir durablement la chaleur …du moins rien d’aussi résistant et imperméable que ce qu’elle avait déjà expérimenté dans ses chasses.


Mouvant son long corps annelé en mouvements rapides et souples, la créature s’immergea dans le sable. Quelques saccades des nageoires acérées qui bordaient ses flancs suffirent à lui donner une propulsion et le sable glissa sur les écailles lustrées de son dos comme l’auraient fait l’eau sur le corps fuselé d’un dauphin. Filant à une vitesse vertigineuse, le ver capta dans le crissement sifflant du désert sur ses écailles les piétinements affolés et les cris de ses proies. Elles se regroupaient. Il avait déjà vu agir ainsi les troupeaux, lorsqu’il s’était risqué à les attaquer. Ainsi donc, elles avait l’intention de se défendre ?

Le monstre dévia de sa trajectoire et s’enfonça de plus belle, rendant son déplacement imperceptible alors que la couche supérieure du sable retombait comme un ressac qui s’apaise après la tempête. Mettant à l’œuvre ses capteurs hypersensibles, il repéra le groupe toujours agglutiné au sommet de sa dune et d’un spasme, se propulsa et creva la surface dans un grondement assourdissant, alors que sa gueule s’ouvrait comme une effrayante corolle piquetée d’une multitude de dents acérées.


Taille a l’échelle humaine
Pourtant sa mâchoire claqua dans le vide. La créature poussa un hurlement vibrant et contrarié en percevant ses proies manquées sur le bas-côté de la dune. Ils lui avaient échappé, comment était-ce possible ? Auraient-elles un sens qui leur aurait permis de détecter sa présence ?
Le ver s’empressa de disparaître a nouveau dans le sable, peu rassuré à l’idée d’être exposé à ses adversaires qui ne semblaient pas aussi primaires qu’ils en avaient l’air, et se mit à tourner autour de la dune en cherchant une tactique d’approche.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:41

Posté par Maevann

[ HRP : Pour des raisons professionnelles, Meldryn ne trouve plus le temps de poster régulièrement . Aussi passons nous son tour -avec son accord - dans l'attente d'un prochain post qui lui permettra de s'éclipser du RP. Nous avons aussi son autorisation pour le PNJiser si besoin. ]


La bête n'avait jaillit que quelques instants du sable , dans un geyser de poussière brulante...mais cette furtive apparition avait suffit pour instiller l'horreur en Maëvann. C'était une créature à l'apparence d'un énorme ver, pourvu des caractéristiques propres aux prédateurs...agressivité , tactique d'attaque... Et une kyrielle de dents fines mais incroyablement acérées, plantées en spirale dans le gosier béant.

- °Maë ! Tu n'as rien ?! ° s'enquit Draveÿn des cieux.

Maëvann s’était déjà redressée d’un bond vif, laissant fuser son regard sur l’étendue désertique pour capter la présence de la créature…c’est à peine si elle réalisa l’inquiétude de son Lié.

- Ne t’inquiètes pas, le sable a amorti ma chute.

- ° Qu’est-ce qui m’a pris de te laisser emmener vers de telles pérégrinations ?…° souffla le grand Noir, la voix vibrante d’un tel regret que la jeune femme en cilla. °Je n’aurais jamais du accepter de te conduire à Meilan…°

Mais à peine avait-il formulé son mea culpa qu’un grondement souterrain les avertit d’une nouvelle sortie. Le regard céladon de la Demi-Sang vit le sable s’affaisser légèrement sous les bottes de l’Ondin et elle se précipita en avant, la main tendue dans un avertissement :

- Att … !

Mais les reflexes de l’Ardent n’avaient pas eu besoin de secours, il avait déjà bondi sur le côté alors que la surface de sable explosait dans un panache ocre, le ver se dressant à la verticale, sa gueule en corolle béante telle une horrible fleur d’outre-monde. Dans la confusion et le dais de sable volatile obstruant l’air, Maëvann vit l’éclat bleuté d’une lame fuser …mais un tintement métallique suivit d’un juron sonore indiqua que le coup de Meldryn avait rencontré une résistance.

- Peste ! C’est bien ce que je pensais avoir vu …ce monstre est pourvu d’une carapace ! Il nous faut en trouver rapidement la faille ou il finira par avoir raison de nous !

Le ver des sables, bien que n’ayant subi aucune blessure, n’apprécia guère l’attaque qui lui fut portée et un cri aigu et déchirant leur fit vibrer les os alors que l’extrémité de son long corps, pourvues de sortes de nageoires d’écaille tranchantes, jaillissait du désert et fouettait l’air. Maëvann dévia l’une d’entre elle de son bâton, frôlant de justesse la décapitation mais n’écopant que d’une estafilade au cou, puis vit du coin de l’œil que Crylith n’était pas non plus en reste quant à l’agilité et la rapidité. Malgré le danger de la situation, cela la rassura. Si ses compagnons de route n’étaient pas des plus conviviaux, ils avaient au moins l’expérience du combat et en ce milieu hostile, savoir manier la lame était certainement plus utile que de badines conversations.
Dans une vague brûlante, la jeune femme capta la colère de Draveÿn et le vit fondre en piqué sur la créature, serres en avant, la petite Kyalith accrochée à son dos claquant virulemment du bec. Mais le ver- avait-il avait pressenti l’attaque ou n’aimait-il guère rester trop longtemps exposé ? - avait déjà plongé son horrible tête dans le sable et s’y enfonçait en rapides ondulations. Les couperets du Dragon ripèrent sur l’écaille dans un crissement, y laissant des marques ivoirines mais peu profondes.

- ° La carapace sur son dos et ses flancs est incroyablement résistante, elle doit protéger des organes vitaux ° lança-t-il à tous en prenant de nouveau de la hauteur ° Mais j’ai senti une résistance moindre vers l’intérieur des pattes… je crois que son ventre n’est pas cuirassé !°

Il décrivit de grands cercles au dessus de leurs têtes, son long cou penché vers le désert pour observer les mouvements de la créature

- ° Kyalith et moi sentons sa présence, il ne s’éloigne jamais a plus de cents pas de vous… mais il est bien trop profondément enfoui pour que nous puissions capter ses déplacements avec précision. Restez sur vos gardes …° puis, s’adressant plus intimement à sa Liée ° Maëvann, tu devrais monter sur mon dos, je … °

- Et laisser Meldryn et Crylith exposés ? C’est hors de question ! s’insurgea-t-elle, tentant de faire passer la colère de son regard pour de la concentration tendue. Je suis chef de Triade, Chevalier Céleste et avant tout humaine, je me refuse à ce genre de traitement de faveur !

- ° Par Flarmya, que tu es têtue ! Et l’enfant ?! ° tonna Draveÿn, exécutant une arabesque furieuse dans les airs sans se soucier du cri de protestation de la petite blanche.

- Crylith elle aussi attend un enfant ! Cela ne l’empêche pas de se battre !

Mais le Grand Noir ne semblait pas l’entendre.

- ° Tu avais promis à Istvan que tu serais raisonnable ! Les efforts physiques, les coups, les secousses …Tout est de ma faute, j’ai laissé faire. S’il arrive un accident je…je ne me le pardonnerais jamais. °

Un soupir douloureux souleva la poitrine de la jeune femme accroupie, guettant les mouvements au ras du sable. Elle frôla son bas-ventre à peine bombé du bout des doigts... Comme l’angoisse de son Dragon lui rappelait celle de son aimé, la peur qui agitait la mer grise de ses yeux la veille de son départ ! Une peur qui était aussi sienne, quoiqu’elle en laisse paraître…

~ ~ ~ ~ ~ ~

Ce jour-là, avant de guetter l’arrivée de son homme sur les balcons des Spires, elle était allée voir le Patriarche Dalneÿs , guérisseur du Mar Menel, pour demander conseil. Bien que le Céleste entretienne une relation amicale et chaleureuse avec elle, Maëvann demeurait réticente à se faire ausculter et toucher par un autre homme qu’Istvan. Pourtant Nalesean, fidèle à sa nature, s’était montré avenant et à l’écoute de la future maman, se contentant de tâter son ventre et d’y apposer divers instruments pour mesurer sa croissance, écouter la vie battre a l’intérieur. Quand la Chevalière Noire lui avait avoué craindre pour son enfant alors qu’une mission importante et assurément dangereuse l’attendait, le patriarche avait caressé sa barbe d’un air méditatif.

- Toutes les femmes ne portent pas la vie de la même façon. Vous êtes de solide constitution, Maëvann , votre sang Torhil n’y est pas pour rien …et cela rends votre grossesse moins fragile que celle des humaines ou des ondines mais…cela ne doit pas empêcher une prudence élémentaire.

La jeune femme lui avait jeté un regard inquiet, se demandant comment le terme « prudence élémentaire » pouvait s’appliquer en plein désert, au milieu de prédateurs, voire de compagnons de Triade hostiles… et les recommandations du guérisseur avaient confirmé ses craintes : Bien boire et manger, prendre du repos, éviter les températures extrêmes et les efforts excessifs. Voilà qui semblait fort contrarié !
Devant son teint blême, le Patriarche Dalneÿs s’était voulu rassurant - sans doute parce qu’il n’était pas sans savoir la nature de la mission qui l’attendait - et lui avait tendu un petit sachet de toile.

- Si vous vous sentez faible, voici un remède qui pourra vous remettre d’aplomb sans nuire à votre grossesse : Ce sont des plantes séchées de Qahra connues pour leur vertus dynamisantes et curatives. Ses traits amènes s’étaient soudain nimbés de gravité. Maëvann , faites ce que vous avez a faire mais ne vous mettez pas excessivement en danger … La vie grandit en votre sein depuis approximativement deux mois et votre enfant semble solide lui aussi, vous aurez bientôt passé le seuil de la période a risque , mais il en demeure toujours. J’ai eu vent des guérisons que vous avez effectuées en mon absence…votre Don est indéniablement puissant et je sais que vous saurez en user à bon escient sur votre enfant si nécessaire…mais tachez de ne pas en venir là …

~ ~ ~ ~ ~ ~

Des cris l’arrachèrent à ses souvenirs : Le ver avait affleuré du sable et fondait sur eux en fendant le sable comme l’onde. La carapace couvrant son corps étincelait au Soleil mais Maëvann remarqua deux orbes striés et pourpres sur les côtés de sa tête, ses yeux semblait-il.
Elle plongea la main dans sa botte et s’empara de la dague autrefois offerte par son bien-aimé, « pour se défendre, se protéger ». C’était le moment ou jamais de s’en servir…pour préserver sa vie et celle qui grandissait en elle …revenir auprès d’Istvan et mettre au monde leur enfant …dans un Royaume en paix…vivre tout les trois loin de tout cela…Enfin.
D’un geste délié et souple, Maëvann lança la dague en direction de la créature. La fine arme siffla dans l’air brulant et se planta dans l’orbe droit qui explosa comme un fruit trop mur. Poussant un cri strident, la bête secoua la tête puis se dressa sur ses pattes arrières, utilisant ses antérieures pour tenter de ses débarrasser du projectile fiché dans son œil.
Ainsi dressée elle dévoila ses flancs et son ventre, à l’apparence tendre et fragile et Maëvann ne put retenir un sourire de triomphe en faisant jaillir les lames de son bâton.

- Attaquons ! Maintenant ! s’écria-t-elle a l’intention de ses compagnons.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:42

Posté par Crylith

Un cri raisonna dans l’esprit de l’ondine, un cri de détresse, celui de sa Liée.

° Lilith ? °

° Je vais bien Kya, je … °

° Il y a autre chose, j’ai l’impression que quelque chose me brûle sur mon dos. °

° Ce n’est rien, c’est Eihwaz, la rune que j’ai tatoué en bas de mon dos, elle m’avertit des dangers, je n’ai pas fait attention mais elle me titille depuis quelques minutes, maintenant chut, j’essaie de me concentrer pour prévenir une autre attaque. °


Crylith avait eu juste le temps de faire une roulade peu gracieuse et de se relever au plus vite pour éviter les crocs luisants de la bête. Elle était rompue à ce genre de cascade et ne se blessa point avec ses dagues sans les lâcher non plus. Elle fit donc volte face et put voir ce qui voulait les manger. La bête était impressionnante et n’avait aucune intention pacifique ce que confirmait la petite piqure qu’elle ressentait sur son rein droit à l’emplacement de son tatouage.

L’énorme monstre avait disparu aussi vite qu’il était apparu et elle constata que ses deux acolytes étaient indemnes. Il n’était pas si discret que ça, et on pouvait le ressentir si on était un peu attentif aux vibrations du sol peu de temps avant une attaque pour anticiper, mais il y avait très peu de marges de manœuvre. Cependant tous les trois étaient attentifs aux ondulations du sable et lorsque la bête émergea une deuxième fois sur Meldryn cette fois ci, l’ardent ne se laissa pas surprendre et riposta avec son épée qui malheureusement ricocha sans créer de dommages.

Ils auraient du s’en douter. Pour survivre dans un endroit pareil, il fallait avoir des atouts de taille et en plus de ses multiples crocs, il possédait une carapace qui rendait leurs épées, dagues ou bâtons totalement inefficaces. Il devait bien avoir un point faible tout de même. Pour l’heure, il fallait se défendre pour ne pas finir décapiter. En plus de ses dents, il avait des sortes de nageoires puissantes qui lui permettaient d’évoluer dans le sable rapidement et il les utilisait pour tenter de tuer ses proies vu que la surprise ne marchait pas.

L’ondine, très agile, esquivait ou déviait chaque coup de ses mâchoires ou de ses fameuses protubérances acérées. Bien sûr elle n’en sortait pas indemne et l’on voyait son vêtement déchiré à plusieurs endroits. Sur son avant bras droit, le sang coulait par petites gouttes et une longue estafilade l’ornerait maintenant. Chacun à leur tour se défendait et récoltait pour le moment de menus blessures, mais ils n’arrivaient pas à trouver la faille.

Soudain Draveÿn fendit les airs pour plonger sur la monstruosité qui les attaquait. Kyalith s’accrochait tant bien que mal, ce qui n’était pas chose aisée en vol stationnaire mais encore plus périlleux sur un dragon qui piquait droit au sol. Aux risques d’attirer les foudres et les remontrances du grand Noir, elle planta les griffes de ses quatre pattes dans son dos et put éviter de se retrouver éjecter. Malgré la vitesse à laquelle le dragon volait, il ne put qu’effleurer la carapace du monstre qui avait replongé dans le sable aussi vite qu’il avait pu. Il avait tout de même eu le temps de remarquer que le ventre devait être plus fragile et relaya l’information à la Triade.

° Derrière toi Lilith, fais attention… °


L’ondine fit volte face, ses dagues se croisant devant elle, prête à se défendre et vit arriver une onde de sable avec la tête qui affleurait tout juste. Elle fonçait vers eux à une vitesse vertigineuse, et elle se demanda comment faire pour la forcer à exposer son abdomen car elle était suffisamment intelligente pour protéger ses faiblesses. Mais la Torhille lança une dague qui se ficha directement dans l’œil du ver qui se tortilla de souffrance. Elle avait créé l’ouverture qu’ils espéraient temps et elle n’eut pas besoin de crier que les trois compagnons se précipitaient pour attaquer le ventre enfin exposé.

Meldryn qui était le plus proche réussit à lui causer une légère blessure en portant une estocade mais le monstre s’échappa de nouveau en plongeant dans le sable avant qu’elle n’arrive à sa hauteur. Elle poussa un cri de rage et surveilla les alentours. Cette fois-ci il ne se fit pas attendre pour une autre attaque, et si elle n’avait pas eu des reflexes et un instinct de survie très développé, l’ondine ne serait plus de ce monde. Les crocs du ver se refermèrent très près, trop près même de ses pieds. Comment était-ce possible, il avait un œil en moins ? A moins que...

« Maëvann, Meldryn, hurla-t-elle, il n’utilise pas la vue pour nous localiser. Il doit nous entendre ou percevoir nos mouvements grâce au sable. »


Elle n’ajouta rien d’autre mais cessa de bouger.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:42

Un cri raisonna dans l’esprit de l’ondine, un cri de détresse, celui de sa Liée.

° Lilith ? °

° Je vais bien Kya, je … °

° Il y a autre chose, j’ai l’impression que quelque chose me brûle sur mon dos. °

° Ce n’est rien, c’est Eihwaz, la rune que j’ai tatoué en bas de mon dos, elle m’avertit des dangers, je n’ai pas fait attention mais elle me titille depuis quelques minutes, maintenant chut, j’essaie de me concentrer pour prévenir une autre attaque. °


Crylith avait eu juste le temps de faire une roulade peu gracieuse et de se relever au plus vite pour éviter les crocs luisants de la bête. Elle était rompue à ce genre de cascade et ne se blessa point avec ses dagues sans les lâcher non plus. Elle fit donc volte face et put voir ce qui voulait les manger. La bête était impressionnante et n’avait aucune intention pacifique ce que confirmait la petite piqure qu’elle ressentait sur son rein droit à l’emplacement de son tatouage.

L’énorme monstre avait disparu aussi vite qu’il était apparu et elle constata que ses deux acolytes étaient indemnes. Il n’était pas si discret que ça, et on pouvait le ressentir si on était un peu attentif aux vibrations du sol peu de temps avant une attaque pour anticiper, mais il y avait très peu de marges de manœuvre. Cependant tous les trois étaient attentifs aux ondulations du sable et lorsque la bête émergea une deuxième fois sur Meldryn cette fois ci, l’ardent ne se laissa pas surprendre et riposta avec son épée qui malheureusement ricocha sans créer de dommages.

Ils auraient du s’en douter. Pour survivre dans un endroit pareil, il fallait avoir des atouts de taille et en plus de ses multiples crocs, il possédait une carapace qui rendait leurs épées, dagues ou bâtons totalement inefficaces. Il devait bien avoir un point faible tout de même. Pour l’heure, il fallait se défendre pour ne pas finir décapiter. En plus de ses dents, il avait des sortes de nageoires puissantes qui lui permettaient d’évoluer dans le sable rapidement et il les utilisait pour tenter de tuer ses proies vu que la surprise ne marchait pas.

L’ondine, très agile, esquivait ou déviait chaque coup de ses mâchoires ou de ses fameuses protubérances acérées. Bien sûr elle n’en sortait pas indemne et l’on voyait son vêtement déchiré à plusieurs endroits. Sur son avant bras droit, le sang coulait par petites gouttes et une longue estafilade l’ornerait maintenant. Chacun à leur tour se défendait et récoltait pour le moment de menus blessures, mais ils n’arrivaient pas à trouver la faille.

Soudain Draveÿn fendit les airs pour plonger sur la monstruosité qui les attaquait. Kyalith s’accrochait tant bien que mal, ce qui n’était pas chose aisée en vol stationnaire mais encore plus périlleux sur un dragon qui piquait droit au sol. Aux risques d’attirer les foudres et les remontrances du grand Noir, elle planta les griffes de ses quatre pattes dans son dos et put éviter de se retrouver éjecter. Malgré la vitesse à laquelle le dragon volait, il ne put qu’effleurer la carapace du monstre qui avait replongé dans le sable aussi vite qu’il avait pu. Il avait tout de même eu le temps de remarquer que le ventre devait être plus fragile et relaya l’information à la Triade.

° Derrière toi Lilith, fais attention… °


L’ondine fit volte face, ses dagues se croisant devant elle, prête à se défendre et vit arriver une onde de sable avec la tête qui affleurait tout juste. Elle fonçait vers eux à une vitesse vertigineuse, et elle se demanda comment faire pour la forcer à exposer son abdomen car elle était suffisamment intelligente pour protéger ses faiblesses. Mais la Torhille lança une dague qui se ficha directement dans l’œil du ver qui se tortilla de souffrance. Elle avait créé l’ouverture qu’ils espéraient temps et elle n’eut pas besoin de crier que les trois compagnons se précipitaient pour attaquer le ventre enfin exposé.

Meldryn qui était le plus proche réussit à lui causer une légère blessure en portant une estocade mais le monstre s’échappa de nouveau en plongeant dans le sable avant qu’elle n’arrive à sa hauteur. Elle poussa un cri de rage et surveilla les alentours. Cette fois-ci il ne se fit pas attendre pour une autre attaque, et si elle n’avait pas eu des reflexes et un instinct de survie très développé, l’ondine ne serait plus de ce monde. Les crocs du ver se refermèrent très près, trop près même de ses pieds. Comment était-ce possible, il avait un œil en moins ? A moins que...

« Maëvann, Meldryn, hurla-t-elle, il n’utilise pas la vue pour nous localiser. Il doit nous entendre ou percevoir nos mouvements grâce au sable. »


Elle n’ajouta rien d’autre mais cessa de bouger.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:42

Posté par Maevann

L'ondine avait averti le groupe de la sensibilité particulière du ver aux ondes du sables. La Demi-Sang resserra ses mains sur la hampe de son arme , à s'en faire blanchir les jointures.

- Mais bien sûr ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ... Cela expliquerai pourquoi il repérait nos déplacements même en étant profondément enfoui, même avec un œil en moins.

Elle leva les yeux vers Draveÿn qui dessinait de grandes arabesques nerveuses dans les airs.

- Il va falloir que Kyalith et toi aiguisiez votre vigilance... Je ne me leurre pas , il nous sera impossible de rester immobile aussi longtemps. Nous allons avoir besoin de vous pour guetter le moindre signe d'attaque !

- ° Maëvann ! Laissez moi vous soulever et vous emporter loin d'ici ! °

- C'est de la folie Draveÿn ! s'alarma-t-elle en pensée, alors qu'elle longeait la ligne d'horizon d'un regard acéré. En plus d'alerter le ver par les mouvements d'air de tes ailes sur le sable tu...n'arrivera sans doute pas à t'élever suffisamment vite pour lui échapper. Je suis intimement persuadée que ce monstre peut bondir hors du sol pour happer ses proies...

- °Alors que faire ?° s'exclama le Noir d'un ton irrité qui trahissait son impuissance. ° As-tu vu la gueule de cette créature? Elle vous broierait en une bouchée ! °

- Il n'y a rien a faire pour l'instant que de rester immobile et attendant qu'il daigne bien se montrer. Nous ne pouvons qu'aviser... Et puis , tu peux aussi aisément me broyer en une bouchée, ce n'est pas pour autant que je m'enfuis en hurlant chaque fois que tu m'approches !

- ° Quel humour propice au moment , je me gausse ! Ha-ha ! ° siffla le Dragon avant d'incliner son vol pour aller guetter le terrain derrière la Dune

Maëvann pinça les lèvres et rosit légèrement en jugulant l'éclat de rire nerveux qui lui montait aux lèvres. Certes, la boutade n'était pas la bienvenue, même auprès du maître d'humour cynique qu'était son Lié mais...c'était tout ce qui lui restait pour chasser la panique qui bouillonnait dans ses veines. Meldryn et Crylith avaient fait leurs preuves au combat , l'un par la puissance de ses coups d'estocs , l'autre par son agilité ...mais la Demi-Sang s'était largement fourvoyée en songeant que le désert serait habité de prédateurs sans intelligence ni tactique de combat.

Le ver n'était pas intouchable, mais il était doué d'un esprit stratège et dans un milieu qu'il connaissait largement mieux qu'eux. S'ils ne trouvaient pas une solution très rapidement, ils allaient le payer de leur vie...
Maëvann regardait les visages tendus et muets de ses comparses en se demandant comment parler stratégie alors que la moindre vibration alerterait leur ennemis... Quand soudain il y eut un frémissement imperceptible au pied de la Dune... et la chair carapacée du ver perça de nouveau le sable.
Mû par un réflexe , le groupe s'ébranla et se mit en garde pour parer l'attaque...mais quelque chose clochait...
Maëvann sentit son coeur tomber au fond de son estomac lorsqu'un regard plus attentif sur le ver et le cri alarmé des Dragons lui firent comprendre l'horreur de la situation

- ° Non ! Ne bougez pas ! °

- ° Ce n'est que la queue du ver ! C'est un piège ! °

Mais il était trop tard. La dune s'effondra sous leur pieds , s'ouvrant sur un gosier dentelé de crocs impitoyables. Ils perdirent l'équilibre , le désert bascula dans un chaos de poussière et de cris. Maëvann ferma les yeux , la mâchoire serrée , adressant ses dernières pensées à ses parents , à Drakaan , à son bien-aimé Istvan, demandant pardon à son enfant qui ne verrait jamais le jour...Elle chuta...mais une main se pressa contre son épaule, la propulsa violemment sur le côté et son dos frappa le sable en contrebas de la Dune.

- Que ?! ...

En face d'elle , Crylith aussi était allongée dans le sable , l'air ahuri. Maëvann leva les yeux et eut juste le temps d'apercevoir la silhouette de Meldryn disparaitre dans l'immense corolle avant qu'elle ne se referme et l'emporte sous le sable dans un panache ocre.

- NON !

La Demi-Sang bondit et jeta son bâton à travers la dune effondrée, telle une lance ...mais c'était cause perdue. L'arme se ficha dans le sable sans rien atteindre. Elle accourut et fouilla naïvement la dune de ses mains, ne trouvant que quelques agglomérats figés par le sang du ver et de l'ondin mêlés.

- ° Maëvann , éloigne toi ! L'ondin est perdu , je ne voudrais pas que le monstre te prenne en dessert ! °

- Mais...Meldryn , il ...

- ° Oui. Il vous a sauvé la vie en vous poussant toutes deux au bas de la dune. Kyalith et moi l'avons vu faire.° souffla le Dragon sur le ton du recueillement.

La Demi-Sang serra la mâchoire et les poings. Elle ignorait quelle motivation avait poussé l'Ardent à se sacrifier ni se faisait d'idée sur ce qu'il serait advenu de leur relation s'il avait survécu. Sans doute ne serait-il jamais entendus...mais elle n'oublierais pas qu'il avait sauvé sa vie et celle de son enfant. Elle posa un genou au sol et murmura une courte prière pour conduire son âme à Flarmya

- Meldryn Calaren du Kaërl Ardent, que ton esprit trouve la paix. Entends mes remerciements et ma sincère reconnaissance , où que tu sois. Quand tout cela sera terminé, j'irais moi même annoncer ta mort aux tiens et conter tes actes de bravoure. Que Justice soit apportée à ton âme devant Flarmya.

Elle se releva doucement après un instant de silence et considéra l'ondine. La jeune femme semblait aller bien malgré une ou deux légères commotions causées par la chute, son visage altier tiré par l'intensité du combat ne laissait cependant rien transparaître de ses pensées quant à l'acte et la mort de l'Ardent.

- Si tu es en état , il nous faut repartir maintenant. Nous n'avons pas le temps de nous apitoyer. Allons !

Maëvann chargea ses affaires sur son dos , l'ondin ayant été englouti avec son paquetage , impossible de récupérer quoique ce soit. La jeune femme se surpris à frissonner dans un dégoût d'elle même... Ce genre de pensées d'un pragmatisme lugubre ne lui ressemblaient pas...Un homme venait de mourir sous ses yeux , dans d'horribles conditions , après lui avoir sauvé la vie. Comment pouvait-elle l'éclipser aussi facilement ?!

- ° Maë , ne te charges pas de remords inutiles , cela ne fera pas revenir l'ondin. Tu fais ton devoir de Chef de Triade.° glissa Draveÿn dans son esprit, se voulant réconfortant.

- Si j'avais fait dûment mon devoir, il serait encore parmi nous...

La Demi-Sang devança l'ondine d'un pas vif pour qu'elle ne lise pas le dépit sur son visage , sans un regard pour ce qu'elles laissaient derrière elles.


~ ~ ~ ~ ~

Deux jours ...Deux jours de longue marche sous un soleil de plomb , dans les vents brulants. Si dresser le campement près du massif rocheux à l'Est les avait préservées des nuits glaciales du désert la première fois, elles avaient passé la seconde frigorifiées , se blottissant tant bien que mal dans la chaleur de leurs Dragons, se réveillant trempées de rosées.

Elles n'avaient ni la force ni l'envie de perdre leur énergie en conversations, peur également qu'un autre animal de capte les vibrations de leurs voix et de leurs pas. Mais depuiselle n'avaient croisé que des bêtes sauvages qui fuyaient à la première attaque ou s'avérèrent bien plus facile a tuer que leur première rencontre . Maëvann avait donc eu tout loisir d'observer l'agilité au combat de Crylith . Outre quelques erreurs de tactique et de jugement dû à sa jeune expérience, l'ondine maniait ses dagues avec souplesse et son aide au corps à corps n'était pas négligeable , le batôn à lames de la Céleste étant plutôt utile aux attaques de longue portée.

Au terme de longues heures de marche, alors que le soleil déclinait derrière l'horizon dans un dais cramoisi, Maëvann marqua une halte en levant la main.

- Voilà , nous sommes à l'emplacement prévu pour leur campement. dit-elle en parcourant les dunes d'un regard inquiet. Mais je ne vois rien...

Elle fronça les sourcils. Le Valheru s'était-il trompé dans ses prévisions ? Les nomades avaient-ils changé d'itinéraire entre temps ? Une vague angoisse commença a l'étreindre... Elles étaient perdues en plein de coeur de Ssyl Shar avait un aventurier en moins. Ce n'était vraiment pas le moment pour un imprévu de ce genre.

- Vous êtes au bon endroit. Ne craignez rien. dit une voix douce et légère dans leur dos.

Les deux guerrières firent volte face pour découvrir une petite silhouette enserrée dans burnous noir, apparue de nulle part. L'enfant -mais était-ce bien un enfant ? - au regard étrange et voilé d'un dais légèrement luminescent les observait avec un petit sourire amusé.


Maëvann s'avança vers lui et s'accroupit , considérant ses yeux étranges avec l'étrange sensation de plonger dans un puits de Savoir dont l'étendue lui échappait

- Mais...qui es-tu ? Et comment sais-tu ce que nous venons chercher ?

- Meilan-Lavok vous envoie chercher les Sâfhars. Ils sont là. répondit-il en désignant de la main un val sillonné de dunes désertes. Regardez.

Maëvann échangea un regard déconcerté avec Crylith, se demandant si la chaleur n'avait pas rendu fou ce pauvre gamin. Mais une bourrasque fit soudain onduler le paysage d'étrange façon...

- ° Maë ! C'est incroyable ! ° lança Draveÿn qui surplombait le paysage ° Le campement nomade , il ...°

- ... est entouré de teintures peintes aux motifs du désert. compléta Maëvann a voix haute , hébétée. D'une telle fidélité qu'il est impossible de l'apercevoir au premier coup d'oeil !

L'enfant hocha la tête avec un sourire patient et les invita a le suivre. Ils passèrent derrière la muraille de tissu qui avait la fraicheur et la souplesse de la soie pour découvrir un stupéfiant tableau fourmillant d'exotisme et de vie. Des nomades aux amples tuniques s'affairaient entre les tentes, devisant dans un dialogue fait de roulements rocailleux et de sons susurrant comme le vent du désert. Leur peau mate et tatouée , tannée par le soleil , leur chevelure de jais indomptée et piquetée de discrets bijoux brillants , leur démarche vive,leur rires et leurs dialecte dégageaient une formidable impression de chaleur et de vie. Ils évoluèrent parmi ce peuple bruissant aux fragrances d'épices et de fumée de bois sans que personne ne s'alarme de leur présence, les quidams les saluant d'un hochement de tête et d'un sourire comme s'ils avaient toujours été attendus, les enfants batifolant dans leurs jambes sans gêne ni peur. Maëvann remarqua soudain que le sol sous leur pieds était constitué non pas de sable mais d'un damier de joncs fibreux habillement croisés les uns sur les autres, conférant un appui aussi solide qu'un sol en dur.

- C'est l' Alsq'bâ , une plante qui ne pousse que sur les bords de l'Océan , aux confins de Ssyl'shar. expliqua l'enfant en remarquant le regard intrigué de la Chevalière Noire. Ainsi disposée, elle permet d'atténuer les vibrations sur le sable et de constituer une barrière aux attaques de l' Alfk'al-Snahîbir , aussi appelé "Mâchoire du Sable" ici. Mais je crois savoir que vous avez déjà croisé sa route.

Les deux femmes n'eurent pas le temps de s'interroger sur l'omniscience du petit être qu'il leur indiquait un grand marabout au bout du village

- Entrez. Vous trouverez repos et nourriture en ces lieux.

- Mais...notre mission...la prophétie ? tenta Maëvann que les mots "repos" et "nourriture" faisaient battre le coeur d'espoir.

- La cérémonie commencera une fois le soir tombé et les étoiles visibles. Nous viendrons vous chercher à ce moment là. Dormez , buvez et nourrissez vous. Les épreuves qui vous attendent seront bien plus éprouvantes encore.

Sur ces mots mystérieux , l'enfant s'inclina et disparu dans la foule.

- ° Maëvann, des nomades viennent de m'indiquer l'emplacement d'un oasis à quelques mètres d'ici. C'est visiblement là-bas qu'aura lieu le rituel ° renchérit Draveÿn qui survolait le campement. ° Je vais aller m'y reposer également mais je laisse Kyalith avec sa Liée, selon ses souhaits. Je ne serais pas loin. Profite de ces quelques heures de détente , l'hospitalité des peuples du désert est légendaire ° gloussa-t-il avant de disparaître de son champ de vision.

Deux femmes aux formes généreuses et aux robes chamarrées jaillirent soudain du marabout et s'empressèrent autour des chevalières, les conduisant sous l'imposante tente dont la lumière tamisée et les douces odeurs d'encens leur donnèrent l'envie de somnoler au calme. Là , leurs hôtesses les invitèrent à se délasser dans deux bassins de bois remplis d'eau chaude qui fleurait bon les huiles essentielles . Elles massèrent avec habileté leurs muscles endoloris, passèrent un baume sur leur peau et leur cheveux qui soulagea la brûlure et la sècheresse du désert.
Peu habituée à ce qu'on la dorlote ainsi, Maëvann avait fini par se laisser faire , apaisée par la gentillesse et les attentions des deux femmes nomades , fascinée par leur dialecte chantant et inconnu, leur apparence inusitée.

On leur offrit ensuite un repas fait des fruits confits , de lait caillé et de graines au gout de noisettes et d'amandes. Enfin débarassée de la poussière du désert et de leurs angoisses, rassérénées par l'hospitalité des Sâfhars, Maëvann et Crylith échangèrent quelques mots sur le ton de la conversation...puis la fatigue l'emporta bien vite. Chacune se retira dans une tente annexes au marabout , plus petites et plus basse , dans laquelle on avait disposé des coussins et une peau confortable. S'allongeant avec un long soupir de soulagement , Maëvann caressa les motifs de son médaillon du pouce puis la courbe douce de son ventre ou la vie battait toujours...puis s'assoupit avec un sourire pour un repos bien mérité , l'esprit empreint de tendres pensées pour son homme .
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:43

Posté par Crylith

Crylith ne bougeait plus et respirait le plus doucement possible pour ne pas faire vibrer le sol. Il fallait être lucide ils ne tiendraient pas longtemps dans cette position. De plus elle entendait dans sa tête les gémissements d’impuissance de Kyalith et elle regrettait presque de l’avoir emmenée avec elle. Mais comment aurait-elle pu laisser sa moitié d’âme derrière elle après tout ce qu’elle avait déjà vécu en si peu de temps ? Et n’aurait-elle pas été encore plus en danger au Mar Luimë si près de Rakauth, la Reine Argentée. Ce n’était pourtant pas vraiment le moment de se poser toutes ses questions.

Elle ne pouvait s’en empêcher malgré tout. L’adrénaline avait envahi son corps maintenant ses sens en éveil mais aussi faisant naitre en son cœur une peur nouvelle. La peur de laisser derrière elle tant de personnes auxquelles elle tenait. Kya, sa Liée, Peddyr, son tendre amour, son enfant qui grandissait en elle mais aussi son père dont elle n’obtiendrait jamais justice. Elle faillit bien secouer la tête pour chasser ses pensées inopportunes mais se retint à temps et revint au présent en observant les alentours.

L’attaque arriva très vite et malgré l’avertissement des deux dragons, ils ne purent échappés à la mâchoire béante du gros ver. Ce monstre était doué d’une incroyable intelligence, il les avait leurré et appâté avec sa queue pour les faire bouger et ils s’étaient laissé prendre au piège. Elle n’eut pas le temps de réagir, ni même de crier, mais elle se trouva projeter violemment et roula jusqu’au bas de la dune, mangeant du sable. Elle poussa sur ses bras pour se tourner cherchant ses dagues qu’elle avait lâchées dans sa chute. Elle ne comprit tout d’abord rien, tout allait si vite puis regardant d’où elle était tombée et ne voyant plus rien, la lumière se fit jour enfin dans son esprit.

Aucun doute, Meldryn, l’ardent taciturne et sarcastique, leur avait sauvé à toutes deux la vie et le monstre en avait profité pour l’avaler et partir avec sa prise. Abasourdie, l’ondine n’eut même pas la force de crier. Elle ne bougea même pas, regardant la torhille qui fouillait la dune à mains nues. Elle se releva prestement, une unique larme bien vite séchée coula doucement le long de sa joue et se dirigea vers Maëvann et ferma les yeux quelques instants pour accompagner la prière de la jeune femme.

° Tu vas bien ma Lilith ? °


° Je ne sais pas trop, je ne réalise pas vraiment. Je ne comprends pas son geste. Surtout de la part d’un ardent. Il nous a sauvés la vie. Grâce à lui, j’ai une chance de plus de sortir vivante de cette Quête, je… °


Elle laissa sa phrase en suspens, consciente de ne jamais trouver les mots qui pourraient exprimer sa gratitude et sa reconnaissance envers Meldryn Calaren puis elle se tourna vers Maëvann qui semblait particulièrement affectée par cette perte malgré ses tentatives pour le cacher. Elle devait probablement passer pour une insensible à ses yeux mais elle ne pouvait pas non plus s’effondrer en larmes pour un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle était tellement habituée à cacher ses propres émotions qu’elle en était presque devenue insensible pourtant, elle ressentait la perte de leur camarade avec plus de violence.

° Mais qu’est-ce qui m’arrive ? °

° Tes hormones ma Lilith. Ta grossesse chamboule pas mal de choses, je le sens. Tu es plus sensible, plus à fleur de peau, tu devrais le savoir. Rappelle-toi l’épisode avec Talyon. °


La petite blanche avait raison, la grossesse la rendait plus fragile et elle ressentait avec plus d’acuité la perte d’un parfait inconnu. Ils n’avaient pas encore eu le temps de se rapprocher que déjà l’un d’eux disparaissait. Les deux femmes allaient-elles subir une autre perte ? Qui serait la prochaine ? Elle secoua la tête chassant ses pensées moroses de son esprit car Maëvann lui adressait la parole.

« Je te suis. »

Tandis que la jeune femme lui passait devant sans un mot cachant l’expression de son visage, Crylith se promit de faire de son mieux pour les ramener toutes deux en vie. Non pas qu’elle prétendait s’être rapprochée d’une quelconque manière de la chevalière Céleste mais plutôt parce qu’elle savait que la jeune femme était la compagne du meilleur ami de Peddyr, l’homme de ses rêves, et que comme elle, elle portait la vie en son sein. Ils méritaient tout quatre de fonder une famille, de s’aimer, de vivre tout simplement.

° Je t’y aiderai ma Lilith. °

~~~~~~~~

L’ondine et la torhille ainsi que leurs Liés marchèrent dans la chaleur suffocante du désert pendant deux jours, parlant peu pour économiser leurs forces et restant sur le qui vive pour éviter d’autres mauvaises rencontres. Elles eurent bien quelques déboires avec d’autres créatures, mais elles n’eurent que peu de mal à les faire fuir ou à les tuer. L’ondine récolta encore quelques blessures bénignes mais tout de même gênantes surtout parce qu’elle était obligée de garder sa tunique pour se protéger de la chaleur mais qui ralentissait la guérison de ses estafilades.

Les journées se ressemblaient, monotones et éreintantes, tandis que leurs nuits étaient une torture différente. Elles dormaient à peine grelottant de froid malgré la chaleur que Draveÿn et Kyalith tentaient de leur prodiguer. Pourtant elles avançaient sans faiblir et bientôt elles arrivèrent au point de rendez-vous. Tournant le regard en tout sens, les deux jeunes femmes cherchaient un indice confirmant qu’elles se trouvaient au bon endroit et Crylith perçut l’angoisse qui couvait sous les paroles de Maëvann. Elle n’était pas vraiment rassurée non plus mais une voix se fit bientôt entendre qui l’a fit sursauter malgré tout. Elle se tourna en un éclair, posant sa main sur la garde de sa dague puis l’abaissa aussitôt lorsqu’elle se retrouva en face d’un enfant.

L’ondine laissa la chevalière Céleste prendre l’initiative de la conversation et resta en retrait pour observer le nouveau venu. La sensation était étrange, il était d’apparence si jeune et pourtant une immense sagesse semblait sourdre de lui comme une aura bienfaisante. Son regard aimable semblait renfermer le savoir du monde. Elle en resta bouche bée et ouvrit encore plus grand la bouche lorsqu’elle découvrit le campement. Sans prendre la parole, elle suivit l’enfant.

Kyalith avait été invitée par Draveÿn à monter sur son dos pour survoler le campement des nomades et elle put voir à quel point il était immense et parfaitement organisé, un véritable petit village ambulant. Ayant satisfait sa curiosité, elle demanda au grand Noir de la ramener auprès de sa Liée, ne voulant pas trop s’éloigner d’elle. Il la déposa obligeamment devant la tente qu’elle venait d’emprunter et elle s’engouffra à l’intérieur pour ne plus la lâcher. Elle attendit patiemment que Crylith fut baignée, lavée, dorlotée, nourrie puis elle l’accompagna enfin dans sa tente où elles s’endormirent toutes deux blotties l’une contre l’autre.

Le réveil fut brutal. Encore un rêve étrange qui semblait bien prémonitoire. Elle se redressa et Kyalith vint poser son museau contre son torse, tentant d’apaiser la détresse de sa Liée. Celle-ci respirait fort et tourna un regard presque désespéré à sa dragonne.

° Par Flarmya, encore un autre rêve et pourtant si différent. Se pourrait-il qu’il soit un avertissement ? °

° J’étais là ma Lilith et tu sais que ce n’est pas qu’un simple rêve. °

La jeune ondine secoua la tête chassant les dernières bribes du combat avec l’ardent. Soudain elle écarquilla les yeux et son regard ainsi qu’une main se posèrent sur son ventre.

° Kya, je… comment est-ce possible ? °

° Et comment je le saurais ma Lilith, je ne suis pas une bipède mais bien que je ne perçoive pas encore deux vies distinctes en ton sein, soit certaine qu’elles sont bien là. La prochaine conjonction des deux Lunes a sans doute des répercussions inattendues sur divers évènements et tu es affectée ainsi que Peddyr, Sveargith et moi par le biais des rêves. °

Devant le regard de désespoir de l’ondine elle crut bon d’ajouter.

° N’aie crainte, Peddyr ne t’abandonnera pas même si tu attendais une dizaine d’enfants. Il t’aime vraiment. °

Mais les mots n’eurent aucun effet sur Crylith qui s’effondra en larmes sur les coussins de soie douce. C’en était trop pour elle et elle laissa couler les larmes jusqu’à ce qu’elles se tarissent d’elles même. Elle se sentit bien mieux après. Elle retenait bien trop souvent et n’avait que très rarement l’occasion d’évacuer la pression. Elle ne pouvait pas agir pour le moment de toute façon, elle se contenta donc de respirer profondément pour calmer les dernières tensions et décida de marcher pour visiter le campement, ne supportant plus de rester dans cette tente qui l’oppressait tout d’un coup.

Les Sâfhars qu’elle croisait, lui offrait des sourires de bienvenue et des paroles de gentillesse qui apaisèrent son cœur. Des regards entendus, des paroles justes contribuèrent à remonter le moral en berne de l’ondine et elle se sentit rassérénée. Elle attendrait patiemment son retour de la Quête pour retrouver Peddyr et lui parler, là maintenant elle avait d’autres priorités, rester en vie et ramener les pierres d’Ambre au Valheru.

Bien qu’ayant perdu un membre de leur Triade, elle avait de la chance d’être accompagnée de Maëvann Kerr’wan. La chevalière Céleste était redoutable avec des batons et elle savait viser juste. Le bruit de l’œil du ver qui éclatait lui revint en mémoire et elle étouffa un frisson.

° Une redoutable guerrière oui, tu pourrais beaucoup apprendre à ses côtés également. °

° Oui tu as raison, mais j’ai déjà deux professeurs de combat, je vais peut être pas en rajouter d’autres. °

° Peddyr, un professeur ? Tu parles, vous finissez souvent par du combat en chambre, ce qui ne me semble pas franchement utile en combat réel. °


Crylith éclata de rire et s’assit sur une dune pour voir le soleil décliner à l’horizon, attendant patiemment qu’on vienne la chercher.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:43

Posté par Istvan

Le grand Bronze battait l'air de ses ailes depuis quelques heures, malgré l'utilisation de l'interstice très utile pour ce long déplacement. Istvan et lui avaient jugés plus prudent d'en sortir un peu avant Ssyl Shar pour avoir une approche plus discrète de la situation . L'air était devenu plus brulant à chaque battement d'aile et Istvan commençait à suer sous son armure céleste. La jeune personne qu'ils avaient pris en charge semblait bien supporter le changement d'atmosphère . Elle avait montré une certaine réticence à monter derrière lui sur le Bronze, comme répugnant à tout contact avec lui . Istvan ne s'en formalisa pas , après tout la situation était assez soudaine pour elle. Il avait eu un haussement de sourcil réprobateur en apprenant qu'elle était l'aspirante d'Ohiro Maïtera, mais il devait faire confiance à Meilan . Il avait expliqué à la jeune fille la situation, la prophétie des deux lunes qui pesait sur la Terre de l'Aube . Elle avait prêté une attention soutenue à ses propos mais gardaient une réserve très marquée. Il l'avait jaugée longuement, se demandant si elle avait réellement le profil d'une élue de la Quête, si elle serait de taille à affronter les périls qui l'attendaient . Malgré tout, il était fermement résolu à mener sa mission à bien faisant fi des réserves et de la prise de contact un peu froide avec la jeune ardente . Il le fallait pour l'avenir de la Quête, si la Triade Ambre se trouvait en difficulté . Il avait également hâte d'avoir des nouvelles de son aimée dont la pensée ne l'avait pas quittée depuis leur dernière nuit aux Spires . Nuit chargée en révélations et en émotions. Son coeur se serra au souvenir de son aimée dont l'amour si constant avait surmonté les confessions les plus inavouables, de leur fin de nuit passionnée après le plus doux des aveux. Père.. il allait être père ... Un sourire rêveur flotta un instant sur les lèvres de l'Arpadien avant que son Lié ne le ramène à l'instant présent.

* Tu te perds encore dans tes pensées , Istvan! Concentre toi sur ta mission! le danger est partout ici!*

*Oui! pardon Svar! tu as raison! notre nouvelle recrue a l'air de bien s'accommoder de la situation! Ces ardents m'étonneront toujours de leur détachement! *

* Détachement apparent, Istvan! Elle se sent isolée même au milieu des siens! Elle peine à trouver sa place!*

*Elle est toute nouvelle! peut-être cette Quête sera-t-elle l'occasion de trouver sa voie sur Tol Orëa et lui faciltera-t-elle l'accession à l'empreinte! Alors elle ne se sentira plus jamais seule , mon Lié!*

* Oui! sans doute , d'autant plus que je sens du potentiel en cette jeune âme!*

* Ce n'est sans doute pas un hasard si Meilan l'a désignée!*

* En effet! OOooh Istvan ! j'ai senti la présence toute proche de Draveÿn! Nous ne sommes plus loin du campement que Meilan mentionnait dans sa missive ! Il est droit devant nous à une lieue à peine! *

* Où cela ? Je ne vois que des dunes ! *

* Fais moi confiance et assure toi que notre passagère est bien attachée , je vais amorcer une descente et les vents chauds sont plutôt tourmentés dans ce désert!*

* Alerte là toi même d'abord! je la sens très méfiante à mon égard et elle semble avoir le béguin pour toi, beau Svarog!*

* Cesse donc de me taquiner ! Je ne m'intéresse pas aux bipèdes, même si elle est charmante ! Je suis très heureux de recroiser enfin Kyalith!*

* kyalith ? La Liée de Crylith ? Mais elle est toute jeune ! *

* Oui, mais chez nous les Dragons , la beauté n'attend pas l'âge et je suis en hâte de la revoir!*

* Mon Svarog , tu m'étonneras toujours ! *

* Istvan je sens des vies , un fourmillement tout proche ! Isiliel, je vais bientôt atterrir! Ne sois pas surprise si cela secoue un peu, Istvan et moi sommes habitués ! fais nous confiance!*

Le Maître Bronze , se tourna vers sa passagère pour s'assurer de l'arrimage des sangles et prenant les bras de la jeune filles dans ses mains , les resserra autour de sa taille.

- Nous sommes en approche du campement où je dois te mener ! Ta Triade doit s'y trouver! Accroche toi, cela risque d'être mouvementé ! Reste toujours près de nous quoiqu'il arrive, tant que nous n'avons pas évalué la situation au sol!

Le grand Dragon amorça un virage pour se poser sur une dune surplombant un zone plate . Les vents tourbillonnants s'emparèrent de l'équipage et le secouèrent avec violence tandis que des bourrasques rabattaient des nuages de sables qui leur cinglaient le visage . Istvan sauta à bas de son Lié et scruta les alentours, ne dévoilant que de vastes étendues sablonneuses. La jeune Isiliel jetait des regards furtifs de droite et de gauche, sans doute mal à l'aise dans ce terrain découvert . L'attention du Chevalier fut attiré sur une partie mouvante du paysage, comme ondulant sous la chaleur. Il plissa les yeux essayant de comprendre ce qu'il voyait .

* Svar , sens-tu quelque chose qui puisse nous guider , tu as parlé d'un fourmillement de vies mais je ne vois que la solitude et le vide des lieux ! Cependant juste devant nous , je perçois comme un mouvement qui n'est pas naturel! *

* Droit devant ! le village est droit devant . Tu as raison Istvan ... Je suppose qu'on a remarqué notre arrivée et qu'on va venir à notre rencontre...*


*Svar ... Peux tu me dire si tu discernes des présences connues ? *

* Seulement celle de Draveÿn et celle de Kyalith ... Il y a trop de bipèdes pour que je puisse affiner ma perception à leur sujet . Mais tous deux ont l'air de bien se porter ... rassure toi Istvan , c'est plutôt encourageant ...*

L'Arpadien prit la mesure du milieu hostile auquel avait été exposé son aimée et une angoisse s'empara de lui . L'impatience le gagnait , la hâte de la retrouver et aussi de comprendre pourquoi Isiliel devait se joindre à la Triade.

- Avançons dans cette direction en restant vigilants ! Isiliel reste derrière moi! Svarog sois vigilant ! nous ne savons rien de ce qui peut surgir derrière ce mirage!

HRP [ J'ai préféré ne pas atterrir au milieu du village pour un souci de cohérence , puisqu'il n'est pas sensé être visible de tous , même du ciel! je sais que cela rallonge le RP mais , je suis un peu pénible avec la cohérence ^^ ! Il est court et pas très travaillé , je m'en excuse , j'espère qu'il vous conviendra ; si nécessaire , je modifierai ]
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:43

Posté par Isiliel

Cette journée était étrange. C’était la conclusion à laquelle la semi-elfe était parvenue quelques instants auparavant. Dans la solitude, elle avait recherché le confort de la sécurité et maintenant elle volait à dos d’un dragon –certes incroyable comme tout être de sa race- qu’elle ne connaissait absolument pas et de son crétin d’humain de lié à se lancer dans une quête pour puissance en recherche ! Et ils n’étaient point au dessus d’une magnifique forêt très agréable à regarder, non… Cela faisait des heures qu’ils volaient au dessus d’un désert ! Isiliel n’avait jamais vu de désert auparavant, bien que sachant que cela existait, et trouvait cela honnêtement très ennuyeux. C’était une étendue vide où aucune créature venait à se montrer pour intéresser la semi-elfe, et où aucun arbre poussait pour rendre l’endroit agréable. Le soleil les frappait, comme armé d’un fouet, pour leur apprendre à respecter d’avantage son territoire et à ne plus revenir.
Au Kaerl, Isiliel avait longuement, songé à sa première sortie. Elle serait avec son propre lié, s’approchant d’un village humain où elle lui cuisinerait de l’humain sauvage afin qu’il découvre les joies de la liberté ! La semi-elfe soupira : cette sortie n’y ressemblait pas même une seconde. L’imagination de ce moment si agréable était donc, dès lors qu’elle s’était laissée entrainer à la suite des deux étranges individus, devenue erronée.

Dans l’ennui que lui prodiguait ce voyage, Isiliel se découvrit à parcourir le dragon du regard. Il était grand, autant que le bronze qui l’avait amené ici. Il était un bien bel animal : ses écailles reflétaient le soleil comme pour signaler que lui-même était un astre capable de produire du feu, ses yeux brillaient d’intelligence, ses pensées étaient douces et il était plein d’attention.
Souvent, pendant le voyage, il était entré dans l’esprit de la jeune semi-elfe, comme pour vérifier qu’elle aille bien. Toujours, elle lui avait demandé si elle pouvait faire quelque chose pour lui, et à chaque fois il avait répondu non.

Isiliel finit par glisser ses prunelles rougeoyantes jusqu’au dos de son lié, un dénommé Istvan. Lui, elle ne l’aimait pas. Elle ne le connaissait pas mais c’était ainsi. D’un point de vue positif, il ne pouvait plus descendre dans son estime qu’en étant ce que sa race le faisait être, quels que soient ses actes. Sa chevelure flottait au vent et il semblait marqué par bien moins de douceur qu’il avait voulu lui montrer. Il réfléchissait clairement, une légère glissade sur le coté lui avait permis d’entrevoir un visage fermé et réfléchis.
Il était la cerise sur la gâteau, si on considérait dès lors qu’Isiliel détestait les cerises. Seul point positif de cet humain : son antipathie pour son maitre. Isilie n’était femme à bien connaître les sentiments et donc à analyser autrui, mais elle avait quand même reconnu le dégout que Ohiro inspirait à Istvan. … Dire qu’Isiliel, désormais, détestait encore son maitre était faux ; cependant, si celui-ci pouvait revenir blessé –blessé mais vivant- de sa mission actuelle, elle en aurait rit et sa journée n’aurait été que plus belle.

Isiliel laissa tomber sa tête en arrière, le vent lui massant la nuque. Il chantait à nouveau pour elle, rythmé par des battements d’ailes. Etait ce la présence de la majestueuse créature qui lui donnait cette envie pour qu’il la réitère à chaque envolée ? La semi-elfe se plaisait à croire que quiconque comprendrait ses murmures obtiendrait le savoir du temps.

Mais, outre les murmures agréables de l’élément, le bruit lui paraissant le plus étonnant, lui, provint de l’humain. C’était un soupir, et un instant Isiliel crut à tord qu’il eut mal. Se préparant à rire, elle avait légèrement glissé sur le coté pour observer un sourire béat sur son visage. Ses yeux observaient au loin et il semblait être la proie de ses souvenirs. X Le dragon zidzaguait et on aurait presque pu l’entendre ronronner. La maladie de la joie lui était t elle parvenue à travers Istvan ? Isiliel n’en savait exactement rien, mais au moins, elle se sentait bien : une main sur son front lui prouva que le soleil ne lui avait volé sa raison donc il ne devait avoir fait de même aux deux autres. Un questionnement lui vint quand à savoir si un sentiment, ici exprimé par de la joie béate, pouvait parvenir à un dragon à partir de son lié, et dès lors combien de temps cela mettait ?
Elle était encore dans ses reflexions sur le sujet quand Svarog s’adressa à elle et lui signala qu’il allait atterrir. A son ton, la semi-elfe comprit qu’il n’était être de douceur quand il s’agissait de se poser au sol. Aurait-elle les membres broyés cette fois ?

Un frisson d’horreur venait de la parcourir : Istvan s’était saisi de ses douces mains elfiques et les avaient employés à enlacer sa taille. Comment osait il ? Pensait il vraiment qu’elle allait se laisser faire ?! Oh, bien sur que non ! Isiliel préférait que ses jambes l’abandonnent à tout jamais, les os brisés par le choc de l’atterrissage ! Dans l’immobilité éternelle que lui aurait causée le choc, elle garderait son honneur sauf !
Enfin, elle se tint quand même à lui, n’en pensant pas moins. Elle avait beau le maudire dans sa grande bonté, la douleur ne l’attirait pas et, avec une certaine lâcheté, elle songea que si elle le lâchait, elle risquait de mettre en péril l’avenir du monde. N’avait il point dit lui-même qu’elle était une élue pour cette quête.

- Nous sommes en approche du campement où je dois te mener ! Ta Triade doit s'y trouver! Accroche toi, cela risque d'être mouvementé ! Reste toujours près de nous quoiqu'il arrive, tant que nous n'avons pas évalué la situation au sol!

Isiliel lui lança un regard noir en réponse et ferma légèrement les yeux pour ne pas voir ce qui advenait. Le dragon se posa au sol sans grand élégance, le sable formant des ronds sur le sol. Un nuage qui reflétait les rayons du soleil, se faisant apparaître comme formé de pépites d’or se dégagea ainsi aux dessus d’eux alors que le sable tentait de s’engouffrer dans leur vêtement, comme les invitant à coexister avec lui dans ce désert, tel un appel de bienvenu. Isiliel glissa la main en avant, et sentit un gain se poser sur celle-ci.

Elle ne fit pas même attention au fait qu’Istvan descendait et observait, avec Svarog, avec attention les environs. Elle ne voyait que les pépites du désert qui lui appelait à se souvenir de ses yeux. Au bout d’un moment, elle glissa sur le sable : la chaleur s’engouffra à son contact. Non pas brulante comme celle du soleil, non.
Le vent glissait sur le sable, comme un serpent. Le désert accueillait le voyageur, suivant ses pas et se formant à sa volonté, avant de reprendre ses droits et de se muer en son éternelle satisfaction. Autant d’en haut, il paraissait inintéressant, autant les pieds dans le sable, il venait de conquérir l’amusement de la jeune semi-elfe. Cet endroit était un lieu qui représentait parfaitement la résistance aux autres. Personne ne pouvait le commander, il restait lui et était tout à la fois. Il n’avait de visage, mais exprimait ses sentiments. Il pouvait sauver quiconque avait besoin de se cacher, mais au final pouvait le dévorer, le sang abreuvant l’immensité.

Isiliel s’accroupit et dessina dans le sol un arbre. Le motif y resta avant de s’envoler et avec un petit sourire, la jeune semi-elfe se mit à tourner autour du dragon dans le sable. Riant de s’amuser dans une telle étendue. Le désert était le contraire de la mer en surface, mais en réalité, comme le marais le plus absolu, immuable : il pouvait tout permettre.
L’Arpadien lui revint à la mémoire et elle se glissa derrière lui, omettant de sourire à nouveau pour lui offrir le mépris qu’il méritait à ses yeux. Heureusement, il ne semblait pas avoir remarqué son émerveillement, peut être aurait il alors tenté de conquérir le désert. Il se tourna vers elle, la voix basse, les yeux méfiants. Était-il inquiet par le monde qui l’entourait ? Isiliel qui se nourrissait à cet instant de l’insouciance ne pouvait comprendre ses pensées, mais elle les laissa faire.
De petits pas feutrés, elle s’avança entre les larges pattes de Svarog et Istvan, observant ce que les deux êtres regardaient depuis quelques minutes déjà, depuis même leur arrivée. Et ce qu’ils regardaient et bien, c’était… du rien. Il n’y avait aucune différence entre ce qu’ils observaient et l’immensité qui les entourait.

- Avançons dans cette direction en restant vigilants ! Isiliel reste derrière moi! Svarog sois vigilant ! nous ne savons rien de ce qui peut surgir derrière ce mirage!

Isiliel observait le dos d’Istvan, peu convaincue. Posant une main sur une patte du dragon, elle leva ses yeux vers l’immense créature. Elle se demanda ce qu’il pouvait bien craindre alors qu’un des princes du ciel les accompagnait ; jamais elle n’avait vu plus grand créature et ce bronze pouvait se pavaner auprès des dragonnes à n’en point douter.
Elle se tourna honnêtement vers le bronze et lui demanda alors, comme s’il était maitre lui également :

Je croyais que les mirages étaient l’illusion de l’existence. En quoi est ce que le vide est donc un mirage ?

Sa gorge la brula, signe qu'elle l'avait trop peu utilisée pendant ces heures de silence : ses cordes vocales souhaitaient encore dormir. Elle songea alors au fait qu’elle était sensée rejoindre ses alliés –qu’elle espérait en secret ne pas être humain- et que peut être l’un d’entre eux aurait le pouvoir de rendre les choses invisibles. Dès lors, pourquoi fallait-il s’en inquiéter ? Isiliel soupira : elle trouvait l’homme bien trop sérieux ; ils se trouvaient au cœur d’une mer d’or et devraient rire en remerciant ce monde d’exister au lieu de le croire dangereux et prêt à lacérer de ses pièges à n’importe quel instant.
Alors qu’elle s’avouait à elle-même l’humeur désagréable d’Istvan, son cœur se mit à battre plus vite qu’il n’aurait du. Cet instinct qu’elle connaissait tant venait de la prévenir d’un danger, et pour Isiliel, un danger signifiait clairement : un humain ! Elle leva la tête, mécontente, et regarda autour : rien n’était là et sa main qui s’était glissée jusqu’à son gantelet empoisonné l’avait fait pour rien. Bien évidemment, ce devait être Istvan qui aurait eu un geste rapide qui lui aurait réveillé son instinct d’une bien mauvaise manière. Croisant les bras, elle tapota le sol comme pour vérifier qu’il n’y avait là de cadavres enterrés : qui savait ce que le désert pouvait vomir.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:44

Posté par Maevann

Draveyn leva la tête et huma l’air brulant du désert. Oui… ses sens ne l’avaient pas trompé , une présence familière s’approchait.

- °Svarog , mon frère !°

Le Grand Noir se redressa, soulevant ses lourds flancs dont les écailles d’onyx s’étaient pailletées de sable, et tendit le cou vers les cieux, guettant l’approche du Bronze. La fente de ses pupilles étroites se contracta lorsqu’il reconnut la grande silhouette échevelée d’Istvan…mais il ne semblait pas seul. Un virage souple de son jeune frère dans les airs lui permit d’apercevoir un autre bipède, une femme, à en juger par son allure délicate, presque chétive.
Le Dragon émit un grognement sourd pour marquer son étonnement et son appréhension. La présence de l’Arpadien en Ssyl Shar était étonnante, mais a en juger par la puissante aura de magie qu’il avait senti autour de Meilan-Lavok, il ne lui paraissait pas improbable que le Valheru ait deviné par quelque prescience la mort d’un des membres de la Triade. Seulement, la présence de cette femme l’intriguait... L’empreinte du Mar Taralom était bien visible sur elle, mais il émanait de son âme un fragile mélange de craintes diffuses, brodées de haine et de répulsion. Lorsque les deux voyageurs se posèrent sur le sol brûlant du désert, la vision perçante de Draveÿn dévoila une jeune femme frêle aux cheveux de jais et au visage de porcelaine, piqué de deux grands yeux en amande rougeoyant comme des rubis.

- ° Une Ardente… Mais que fait donc Istvan accompagné d’un tel spécimen ?° grommela le Dragon en son fort intérieur. ° Bien, quoiqu’il en soit, mieux vaut les rejoindre avant qu’ils ne se perdent dans le Ssyl’Shar et leur expliquer la situation °

La créature se replia sur elle-même et ferma les yeux alors que son corps écaillé s’agitait d’ondulations étranges dans les prémices d’une métamorphose. La jeune âme qui accompagnait Istvan avait l’air craintive et peu encline à la suivre, Draveyn n’avait pas envie de gâcher la mission de l’aimé de sa Liée, telle qu’elle soit, en l’effrayant et c’est donc sous sa forme humanoïde qu’il les héla d’une dune.


- ° Halte là, si vous continuez dans cette direction, vous aurez bientôt un air de famille avec les fruits séchés dont les autochtones de ce désert raffolent. °

Son humour caustique le rendit immédiatement reconnaissable aux yeux du guerrier de Vaendark et son lié qui le rejoignirent avec un sourire. Le Noir inclina la tête, nimbant son visage émacié de mèches sombres avant de poser une main puissante sur l’épaule d’Istvan, a peine plus grand que lui.

- ° Comme on se retrouve.° dit-il, se fendant d’un rictus pouvant s’apparenter à une tentative de sourire. ° J’ai une vague idée de ce qui vous amène ici mais je dois avouer que certaines choses m’échappent encore. °

- Draveyn , j’ai été mandaté par Meilan-Lavok pour accompagner l’aspirante Isiliel Lossëane A'Gnÿm en ces lieux. Elle est l’élue qui prendra la suite de Meldryn Calaren dans la Quête. expliqua Istvan, invitant la dite élue a s’approcher d’eux d’un geste. Il me faut la présenter à la Triade.

Le Dragon glissa un regard inquisiteur sur Isiliel qui se tenait toujours en retrait puis entra dans le vif du sujet sans attendre, comme à son habitude.

- ° Notre arrivée jusqu’ici fut animée de quelques bouleversements, comme vous le savez peut être, mais Crylith et Maëvann sont indemnes. L’hospitalité des Sâfhars leur a fait beaucoup de bien et elles sont actuellement en train de recouvrer quelques forces au campement…en prévision de ce qui les attends.° Il haussa d’un cran sa voix profonde pour que l’Ardente puisse l’entendre dans les bourrasques intempestives du désert. ° Ce soir elles devraient avoir un entretien avec le Shamane de la tribu pour filtrer dans cette prophétie du désert les renseignements qui pourraient être utiles a la suite de la Quête. Elles sont aussi invitées à participer à ce fameux rituel dont je ne sais rien et qui, aux dires de Meilan, devrait nous permettre de localiser plus précisément le lieu ou l’Ambre fut cachée °

Son profil aquilin se nimba d’une étrange ombre alors qu’il humait l’air ardent du Ssyl’Shar, d’une façon pouvant paraître incongrue pour son apparence humaine.

- ° Le crépuscule sera bientôt là et les festivités vont commencer. Svarog, ici la nuit est épaisse comme la poix et l’air presque aussi glacé que l’Interstice, le vol est risqué pour Istvan et pour toi, mon frère. Il vous faudra demander au Shamane Bedjâali la permission de rester au campement pour la nuit, venez. Et Svar … Si tu crois que je ne vois pas ce regard goguenard que tu as pour mon corps d’humain depuis ton arrivée … Tu sera donc ravi d’apprendre qu’il faut que tu te transforme aussi si tu ne veux pas broyer les nomades sous ta …corpulente silhouette. ° ajouta-t-il alors que ses lèvres minces dévoilaient une rangées de dents légèrement pointues dans un sourire cynique.

Draveyn les conduisit à travers quelques mètres de désert, pestant intérieurement contre la faiblesse de son enveloppe de chair dont la sudation lui était désagréable, puis il écarta une des tentures soyeuses qui dissimulait la tribu fourmillante s’affairant aux préparatifs du rituel.
Encore une fois, les nomades ne semblèrent guère troublés de leur intrusion, leur adressant de chaleureuses salutations dans leur langue, et personne ne leur barra le chemin aux volumineux marabouts qui trônaient au fond du village éphémère.

- ° Voilà, Maëvann et Crylith se trouvent dans les petites tentes et le Shamane doit être dans le marabout central, je suppose. °

Il entraîna Istvan et Svarog un peu à l’écart pendant que la jeune Ardente observait le monde singulier qui l’entourait.

- ° Loin de moi l’idée de déprécier les dons du Valheru du Manoir mais… cette bipède me semble bien jeune et inexpérimentée pour une quête de cette envergure. Maëvann à déjà du faire face à d’éprouvants obstacles en tant que chef de Triade, j’aimerais qu’on ne surajoute pas à sa charge en l’encombrant d’une …novice. Enfin, j’imagine que si c’est « l’élue », il faut se montrer décent à son égard. °

Il grogna en faisant volte face et tourna son regard iridescent sur Isiliel , comme pour sonder son âme. Ce faisant il s’approcha prudemment d’elle, craignant de l’effaroucher par sa sombre silhouette et ses traits acérés.

- ° Peut-être as-tu faim ou soif, les vols à dos de Dragon peuvent être éprouvants pour ceux qui n’en ont guère l’habitude. Les Sâfhars s’occuperont de toi en attendant que les quelques formalités de votre nuitée ici soient réglées. Il souleva un pan d’un marabout voisin. ° Je t’en prie, après toi. °

Puis s’adressant à Istvan.

- ° Avant que tu n’ailles voir le Shamane , je connais quelqu’un qui sera ravi de savoir que tu es ici. Tu devrais faire un petit détour par la tente de gauche. Svarog et moi allons tenir compagnie à la jeune fille, ton cher Lié vient juste de se vanter par télépathie d’avoir attiré son admiration. Voyons si je peux rivaliser de charme avec lui. ° se gaussa-t-il en envoyant un coup de poing amical dans le bras du jeune homme athlétique qui rougit fortement.
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:44

Posté par Istvan
L'Arpadien et son Lié scrutaient l'horizon mouvant à s'en user les yeux, en vain. Istvan retint un soupir de plus en se constatant lorsqu'il se retourna vers Isiliel qu'elle s'amusait comme une enfant à dessiner des motifs sur le sol. L'arbre éphémère était beau certes mais le geste un peu imprudent et il ne put s'empêcher de le lui faire remarquer avec une pointe d'agacement.

- Tu as des talents de dessinatrice il me semble et tu voues, si j'en crois ce que nous avons acheté avant ton départ et que tu as emporté dans ta bourse à ta demande, une grande passion aux poisons les plus divers! Sache cependant que les déserts abritent des créatures qui en produisent naturellement! Si tu veux te retrouvée raidie mortellement par une piqûre de scorpion, continue de plonger tes doigts dans le sable !

Svarog temporisa, plus amène dans sa réponse lorsqu'elle l'interrogea sur les mirages.

* Istvan , ne la brusque pas ainsi!*

* Il faut bien qu'elle soit mise au fait des dangers que recèlent ces lieux !*

*Certes mais vous ne partez pas sur de bonnes bases tous les deux !*

* Quoi de surprenant , non seulement c'est une ardente , mais en plus elle me méprise ostensiblement ! De toute façon ma mission avec elle touche à sa fin ! Ce qui compte est qu'elle collabore efficacement avec la Triade! *


* Isiliel, les mirages parfois n'en sont pas, mais s'en donnent l'apparence et je gagerai que ce mouvement d'air qui fait danser le paysage devant nous fait danser autre chose!*

*Istvan, nous devrions avancer en direction de ce mouvement bizarre!*

* Je ne pense pas ! il faut se méfier des mirages et autres sortilèges !*
répondit l'Arpadien en se dirigeant à l'opposé.

*Qu'il est têtu ! * grogna Svarog en retenant un pan de sa cape entre ses dents, provoquant un petit rire contenu de la part de l'ardente.

Istvan pestait intérieurement contre ses deux acolytes, une fillette écervelée et haineuse et un Lié qui prenait un malin plaisir à le taquiner. Il était bien accompagné !
Fallait-il qu'il amène cette enfant dans une si périlleuse mission, perdus dans cette immensité sablonneuse? Il lui tardait d'avoir des nouvelles de son aimée. Comme une réponse à son attente, la voix de Svarog résonna à son esprit.

* Draveÿn! Il arrive!*

* Oh! Flarmya soit louée! *

Le Lié de Maëvann apparut sous sa forme humaine et salua la petite troupe avec une boutade de son cru. Istvan lui annonça directement, en répondant à son salut, les raisons de leur présence puis, n'y tenant plus, s'apprêtait à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. Mais le Noir la devança, faisant preuve d'une volubilité inusitée. Ainsi donc Maëvann et Crylith étaient saines et sauves. La confirmation de cette nouvelle l'emplit de bonheur et lui ôta le poids qui pesait sur son coeur. Son aimée était indemne! comme il brûlait de la serrer contre lui. Apprendre que l'ondine chère au coeur de son ami l'était également le rassura encore. Peddyr ne méritait pas de voir son bonheur brisé. Ainsi donc c'était bien l'ardent, Meldryn Calaren qui avait eu quelque déconvenue ...

- Et Meldryn ... il est ...

Draveÿn hôcha la tête gravement. Istvan se sentit abattu d'un coup, non qu'il affectionnât particulièrement cet ondin, mais sa disparition alors qu'il était un redoutable combattant, donnait la mesure des dangers que la Triade avait affronté. Il eut une pensée émue pour sa jeune soeur Alraïa qui venait tout juste de le retrouver et pensa à la sienne. Il soupira : annoncer cette déplaisante nouvelle lui incombait et il n'aimait pas l'idée de voir la jeune fille souffrir, toute ardente qu'elle fût . Cette mort était injuste parce qu'elle brisait une famille nouvellement réunie et le départ d'une âme, même celle de Meldryn Calaren, était toujours regrettable surtout dans la fleur de l'âge. Istvan revint aux explications de Draveÿn qui relatait l'existence d'un shaman détenant la clé de la prophétie et le projet d'un rituel.

- Un rituel shamanique, dis-tu ? Voilà qui est intéressant ! je serai curieux d'y assister si cela m'est permis.

Le Lié de Maëvann parla avec bon sens en leur conseillant de rester sur place pour la nuit et Istvan entrevit l'occasion trop inespérée de passer un peu de temps avec son aimée. Svarog, lui se félicitait aussi de cette situation. Trop heureux de retrouver son frère, il répondit avec jovialité à sa taquinerie à peine voilée.

* C'est surtout toi qui n'aime pas te transformer mon frère ! Et puis je vais pouvoir retrouver Kyalith ! Dis -moi, elle a du encore embellir ? Et puis tu sais cette jeune fille, Isiliel, ne la juge pas trop durement ! Elle me trouve beau! quelqu'un qui me trouve beau a forcément du bon en lui !*

Cette dernière remarque arracha un regard compassé à Draveÿn qui leva les yeux au ciel et secoua la tête d'un air impuissant . Il les guida dans la bonne direction puis écarta une sorte de tenture complètement fondue dans le paysage, dévoilant à leurs yeux émerveillés un village grouillant de vie. Les villageois allaient et venaient sans se soucier de leur présence, les gratifiant juste de quelques sourires accueillants. Chacun vaquait à ses occupations quotidiennes . L'Arpadien se sentit immédiatement à l'aise dans ce décor simple mais authentique , au milieu de ces gens qui semblaient vivre en harmonie avec leur terre pourtant si inhospitalière à première vue . Ils réussissaient le tour de force de tirer de ce monde aride de quoi créer un lieu de vie agréable. Draveÿn lui désigna les tentes attribuées à Crylith et Maëvann ainsi que celle du Shamane. Le coeur d'Istvan fit un bond lorsqu'il imagina celle qui hantait ses nuits derrière les murs de toile. Sa mission lui fut rappelée par le Noir qui lui glissa quelques interrogations quant à l'aptitude de la jeune nouvelle recrue.

* Je sais Draveÿn ! Cela peut paraître surprenant, mais je fais confiance au jugement de Meilan! D'autre part, j'ai cru comprendre qu'Isiliel maîtrise l'usage des poisons et donc probablement de leurs antidotes. Dans le désert où errent force de créatures venimeuses, son savoir peut se révéler utile . Je ne la crois pas si inoffensive qu'il y parait ! Je ne saurai trop t'encourager à te montrer bienveillant envers elle! Hier encore, elle ignorait ce qui allait lui incomber! Je trouve qu'elle réagit avec beaucoup de sang froid ! *

Comme s'il se rangeait à son avis, le Noir se tourna vers la jeune aspirante et lui proposa l'hospitalité des Sâfhars . Istvan faillit lui sauter au cou quand il se proposa de veiller sur la jeune demi elfe avec Svarog tandis qu'il lui suggérait de manifester sa présence à Maëvann . L'Arpadien ne se fit pas prier et après avoir posé sa main sur l'épaule du dragon noir et adressé un sourire complice aux deux écailleux, il se dirigea d'un pas pressé vers la tente à gauche du marabout central, celle que Draveÿn lui avait désigné comme étant celle de ...

- Maë ... murmura le guerrier en écartant la tenture.

Elle était assoupie au milieu des coussins de soie aux couleurs éclatantes, sa chevelure ondoyante éparse sur le tissu. Simplement vêtue d'une légère chemise de lin blanc, qu'elle était désirable! Son souffle léger seul troublait le silence qui emplissait la tente baignée d'une semi obscurité dans la lumière du jour déclinante. Il s'approcha doucement , ne sachant que faire . L'éveiller ou la laisser émerger du sommeil toute seule ? Il craignait de l'effrayer. Il s'assit au bord de la couche, en essayant de faire le moins de bruit possible avec son attirail de guerrier. Il la contempla, si paisible . Son visage s'était un peu arrondi. Son teint avait pris un léger hâle qui la rendait magnifique, rehaussant le velouté de sa peau . Les longs cils bruns bordant ses paupières closes... sa bouche gourmande, légèrement entrouverte dans un demi sourire ... Comme il avait envie de goûter à la douceur de ses lèvres , de s'enivrer de son parfum qui s'exhalait , de caresser ce corps abandonné au sommeil . Il approcha son visage tout près du sien, tandis que l'ombre de sa main dessinait les courbes de son corps à la lueur des Lunes montantes qui perçait à travers le tissu de la tente .

- Maë ... répéta-t-il dans un souffle .
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:44

Ibelin - Kingdom of Heaven OST


Les deux arcs ivoirins des Lunes se dessinaient déjà dans le crépuscule. D’un geste presque synchrone , les Sâfhars levèrent la tête pour observer les premières étoiles apparaitre et alors , comme dans un tacite accord , un signal muet , les festivités débutèrent dans une explosion de vivats et de musique. Des tissus bariolés chamarrèrent dans les danses et la lueur vacillante des torches qu’on brandissait , alors que le campement fourmillait , crépitait comme une étrange créature sortie d’un long sommeil.
Chacun connaissait son rôle, des femmes vêtues de blanc entamant les chants sacrés aux enfants qui tenaient les coupoles de fruits secs destinées aux offrandes, et alors qu’un cortège rangé mais joyeux s’étirait hors du village éphémère, des hommes partirent a la recherche de ceux sans qui le rituel ne pourrait commencer.

L’un s’approcha d’une tente et s’accroupit a l’entrée , n’osant déranger l’intimité du couple qu’il savait là , et souffla quelques mots dans un parler rudimentaire pour les avertir qu’il leur fallait sortir et rejoindre les autres. Un autre s’éclipsa à l’extérieur du campement pour rejoindre l’ondine sur sa dune et le dernier se faufila dans le grand marabout , et après s’être incliné pour s’excuser d’avoir interrompu la conversation , invita l’ardente à le rejoindre. Ainsi encadrés de ces hommes aux fronts tatoués, au teint de cannelle , emmitouflés dans leurs burnous clairs , Isiliel , Crylith , Istvan et Maëvann suivirent le cortège hors du campement.
Les Sâfhars cheminaient avec légèreté , leurs pieds nus sur le sable brulant , tournoyant dans leurs robes amples en poussant d’étranges hululements , les torches jetant sur le sable de Ssyl’shar l’ombre pantomime de leurs silhouettes. Quelques un encouragèrent les étrangers à accélérer le pas, par de grands gestes enthousiastes, mais aucun d’eux ne daigna expliquer plus avant ce qui les attendait.

Enfin perça sur l’horizon un étrange dôme de lumière : un oasis piqueté de brandons enflammés et de lampions qui baignaient la végétation et l’eau d’un aura éthéré. Le cortège s’ébranla soudain et s’éparpilla , se divisant en groupuscules qui s’attelèrent a diverses tâches : les femmes tendirent des grandes toiles claires a l’entrée de l’oasis, les attachant au tronc crénelé des palmiers, des adolescents s’affairèrent à allumer un feu et petit groupe d’hommes mena un mouton placide au centre de l’oasis. Enfin , chacun se mura dans un silence recueilli, semblant ignorer les murmures effarés et intrigués de leurs hôtes. Soudain , des chants empreints de force et de vitalité éclatèrent derrière eux , dont un vieillard craquelé comme la terre sèche s’étant discrètement glissés a leurs côtés leur fit la traduction sommaire :

أيها الإخوة والأخوات ، والآن هو الوقت المناسب
أقمار هي استحم أرواحنا
[b]ونجومنا التاج الشعر ،[/b]
[b]الآن هو الوقت المناسب للإنجاز[/b]

Ô frères et sœurs , voici venu le moment,
Baignées des Lunes sont nos âmes
Et les étoiles couronnent nos chevelures,
Voici venu le moment de l’Accomplissement


[b]الباب مفتوح[/b]
[b]هذه هي ليلة الوشق[/b]
[b]الباب مفتوح
[/b]
[b]هذه هي سنة من الأفعى

[/b]La Porte est ouverte
C’est la Nuit du Lynx
La Porte est ouverte
C’est l’Année du Serpent


[b]الغناء والرقص ، والإخوة والأخوات[/b]
[b]لهذه الليلة الآلهة سيقول لنا[/b]
[b] قوية ، وضوء[/b][b] خطاب المقدس[/b]
دليل فقدت ارواح

Chantez, Dansez , frères et sœurs
Car ce soir les Dieux vont nous parler
Puissante est leur lumière et Sacrée est leur Parole
Qu’ils guident les âmes égarées !


Un concert d’hululements s’éleva dans l’espace infini du désert alors que le chœur s’avançait vers eux, devancé par une petite silhouette emmitouflée de noir : l’enfant qui avait guidé Crylith et Maëvann au campement Sâfhar. Il ne fallut pas longtemps aux aventuriers pour deviner qu’il s’agissait en vérité du Shamane Bedjâali , constat que son regard aux reflets irisées et la sagesse austère qui pesait de façon singulière sur ses traits d’enfant ne firent que renforcer. Le petit être s’avança et leva la tête pour les observer tour a tour , les sondant de ses yeux troublants et inhumains, puis son visage s’étira d’un sourire qui parut presque ingénu.

The King - Kingdom of Heaven OST



- Chevalier Sarkanys , Triade Ambre , bienvenue parmi nous. dit-il, s‘inclinant , une main sur le cœur. J’ai eu quelque missive de mon vieil ami m’informant de votre situation , ainsi que de l’arrivée d’une nouvelle âme parmi vous.

L’enfant marqua une pause en considérant Isiliel avec attention et fit quelques pas vers l’oasis baigné de lumière , y déposant un regard pensif qui n ‘était pas sans rappeler celui du Valheru du Manoir.

- Ainsi donc , vous vous intéressez à une prophétie Sâfhar, vieille d’un millénaire ? J’imagine que c’est Meilan-Lavok qui vous a aiguillé sur cette piste , notre culture étant considérée comme blasphématoire auprès des autres peuples nomades du Ssyl’Shar. Bedjââli laissa fuser un rire discret entre ses lèvres. En vérité ils nous appellent les « Sorciers » , mais leur méfiance de notre science impie n’est que de la plus élémentaire des peurs. Nous étions là bien avant que les fondateurs de leurs clans ne viennent au monde.

L’enfant les invita à les suivre , s’avançant vers les grands dais clairs tendus entre les arbres.

- Nous sommes la dernière branche d’une ethnie autrefois répandue dans tout le désert. De nos ancêtres, nous n’avons gardé que peu de traits communs , si ce n’est le hâle de notre peau et nos cheveux sombres. expliqua-t-il, échangeant avec son peuple regards et saluts emplis de respect et d’humilité. Cependant , la transmission de leur culture reste une de nos valeurs premières , nous avons toujours eu à cœur de perpétrer leur mémoire par notre tradition orale . Ainsi , que Meilan vous aie orienté sur cette prophétie ne me surprends guère. C’est sans doute celle qui détient un des plus grands secrets de notre peuple…Mais pour le connaître , il faudra vous en montrer digne…

L’enfant-sorcier prononça quelques mots dans sa langue et aussitôt , les danses reprirent alors que les Sâfhars rythmaient son discours en mimant combats et créatures imaginaire, le feu projetant leurs ombres comme un théâtre fantastique.

- Ils ont vu ! Ils ont vu le chaos alors que les Lunes s’accouplaient au Soleil ! Il faisait nuit en plein jour et jour en pleine nuit ! Le désert vomissait des monstres du chaos et du ciel tombait une pluie de bile , nos peaux se craquelaient , se fendaient sous la maladie ! Ô , maudit , maudit ce jour où les Astres de firent qu’un ! scanda soudain l’enfant d’une voix stridente, les yeux écarquillés sous les affres de la possession, alors que les Sâfhars gémissaient en se cachant le visage. Beaucoup des nôtres périrent , alors que les vents brulants leur apportait le soupir d’agonie de Tol Orëa. Ils ont tant prié, tant supplié pour cesse la souffrance… Quand est arrivé le salut !

D’un même geste , Bedjâali et les siens prirent une poignée de sable et la lancèrent dans l’immensité des cieux nocturnes , dont les premiers frimas commençaient a se faire sentir.

- Dorée comme le sable , brillante comme le soleil , elle nous fut confiée. Si puissants , les mages et les Dragons ! En quatre pierres ils insufflèrent la force de la Vie et de la Lumière… Et le Chaos fut détruit ! … Oui , pour un temps seulement. Et au sein du désert , les nôtres bâtirent un temple pour protéger l’Ambre qui les sauva et en scellèrent l’entrée.

Le petit être exhala un long soupir alors que sa frêle silhouette se voûtait , comme pliant sous le poids d’un si lourd héritage. Lorsqu’il se redressa , ses yeux lancèrent de vifs éclats vers le groupe d’aventuriers.

- La clé de cette prophétie est aussi celle du Temple Englouti , mais aucun de nous ne pourra vous la donner. Seuls nos ancêtres peuvent vous accorder cette faveur , si vous le méritez. Bedjaali eut un regard grave et profond. La Nuit du Lynx est un moment privilégié ou la porte nous est ouverte pour leur parler, il vous faudra réussir l’épreuve de la Purification pour prétendre au droit de toucher l’Esprit des Sâfhârs. Pour cela vous devez passer la Porte de la Lumière , la Porte du Feu et la Porte du Sang.

Il désigna successivement les dais tendus au dessus du sol , le feu de joie et le mouton qui broutait paisible l’herbe verte de l’oasis , nullement gêné par sa longe. L’étrange être sourit devant les regards décontenancés des étrangers .

- Je serai à vos côtés. Je vous guiderai. Nos ancêtres sont facétieux et ont parfois des …jeux qui peuvent s’avérer dangereux pour les esprits qui n’en ont pas l’habitude. Ils prendront des formes inusitées et vous renverront probablement à vos propres fantômes … Ne cédez pas … ou vous ne reviendrez plus jamais parmi nous.

Sur ces paroles sinistres et troublantes , le shamane leva les bras au ciel et commença a se balancer en laissant sourdre entre ses dents une incantation plaintive. De nombreux Sâfhars vinrent le rejoindre et formèrent une ronde autour de lui , dont la danse se faisait plus rapide , plus frénétique alors que la transe s’emparait du petit corps frêle , l’agitant de soubresauts. Bientôt , Bedjaali martela sans cesse la même litanie , ses yeux désormais d’un blanc laiteux obstinément rivés aux étoiles , et on incita poliment le Maître Bronze à s’asseoir a l’écart alors qu’on conduisait les trois femmes devant les toiles tendues à l’entrée de l’oasis.

- La Porte est ouverte ! s’écria l’enfant avant de s’écrouler sur le sable, aspiré par sa transe.




[ HRP Maître de Triade : Joueurs de ce RP , libre a vous de consacrer un début de post ou non à ce qu’il s’est passé avant qu’on vous amène sur le lieu du rituel. Isiliel et Crylith , quand viendra votre tour de poster , Bedjaali vous soufflera quelques indications pour vous guider à travers les Portes ( mp ), une fois ceci fait, vous avez carte blanche pour déterminer la nature des épreuves qui s’imposeront à vous et comment vous en trouverez l’issue.
Au terme du passage des Portes, vous aurez chacun un indice sur le sens réel de la prophétie et donc l’emplacement du Temple

Istvan , tu es témoin de ce rituel mais les Ancêtres Sâfhars ne seront pas indifférents à ta présence. Bedjââli t’avertira de leurs intentions. ]
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:44

Posté par Crylith

Crylith était perdue dans ses pensées. Elle avait suivi la course du soleil déclinant à l’horizon, parant le ciel de couleurs pâles, essayant de trouver des réponses à ses trop nombreuses questions. Le rêve qu’elle avait fait était trop troublant pour le mettre de côté et l’oublier. Sa main s’était posée sur son ventre plat comme pour protéger les vies qui grandissaient en elle et Kyalith avait posé sa tête sur les genoux de sa Liée, lui insufflant des ondes apaisantes par le biais de leur lien mental.

Peu à peu l’ondine retrouvait son calme et le rythme de son cœur ralentissait sa course folle. Pourtant bien vite sa quiétude fut interrompue par un bruit de pas légers s’approchant et un Sâfhar venait à sa rencontre et par des gestes simples lui fit signe de le suivre.

° Le rituel va bientôt commencer, je ne peux pas t’accompagner ma Lilith, tu seras seule pour affronter les épreuves qui t’attendent. °


Un soupir déchirant envahi l’esprit de la petite blanche et elle frotta sa petite tête blanche contre les jambes de Crylith. Pour elle aussi, la séparation lui était presque insoutenable mais c’était pour le bien de la quête, pour l’avenir du Rhaeg en entier. Elle laissa donc sa Liée s’éloigner avec une petite pointe d’angoisse qu’elle lui cacha et partit retrouver Draveÿn. Elle le repéra bien vite. Il était sous sa forme humanoïde et bien qu’elle ne soit âgée que de seulement quelques jours, elle ne pouvait manquer d’être séduite par la forme qu’il avait choisie. Elle le regarda de la tête au pied puis se tourna vers le deuxième dragon qui se trouvait là. Elle reconnut Svarog, le Lié de l’humain gesticulant qu’elle avait rencontré au manoir et plissa son museau.

° Svarog, Draveÿn, que se passe-t-il ? °

Elle fut soulagée que Meilan Lavok surveille de loin ce qu’il se passait dans les triades et espérait que la petite elfe se montrerait à la hauteur de la tâche qui les attendait. La perte de Meldryn avait été un coup rude, même s’ils ne se connaissaient pas et qu’il était fort peu probable qu’une amitié aurait émergé des épreuves qu’ils allaient traverser. Mais peu importait cette disparition avait semée le doute dans les esprits. Ne pouvant elle-même se transformer, elle s’allongea sur le sable chaud et fixa les feux qu’elle voyait au loin.

Crylith suivit son guide aussi vite qu’elle put. Il semblait pressé de rejoindre l’oasis de lumière qui se détachait sur l’horizon. Bientôt le Shamane apparut et elle reconnut non sans surprise l’enfant qui les avait trouvés quelques heures plus tôt. Il s’adressa à l’assemblée réunie, racontant l’histoire de ses ancêtres et la tragédie qui toucha son peuple il y a fort longtemps. Elle se tenait immobile, éprouvant avec une rare violence le drame qui avait eu lieu et qui aurait peut être encore lieu si les Triades ne se montraient pas dignes.

L’ondine redressa les épaules, non pas dans une attitude de défi, mais plutôt d’acceptation. Une partie de l’avenir du Kaerl pesait sur ses frêles épaules. Il suffisait d’un moment de faiblesse pour que tout bascule et que le monde tel qu’elle le connaissait disparaisse à tout jamais. L’heure était venue d’affronter l’épreuve de la Purification et elle s’avança, l’estomac noué vers les toiles tendues tandis que le Shamane les avertissait que la Porte était ouverte.

La jeune femme se tourna vers ses deux compagnes. Elle avait jusque là ignorée involontairement l’elfe qui les avait rejointes, absorbée par les chants, les danses et les paroles de Bedjâali et c’était plus le moment de faire connaissance. Elle lui adressa un petit signe de tête puis regardant Maëvann, elle esquissa un sourire à son attention. Elle inspira enfin profondément et passa sous les grandes toiles.

Tout d’abord, elle se demanda ce qui l’attendait derrière, elle entendait le chant des Sâfhars mais le son se faisait de plus en plus lointain. Elle s’arrêta un instant, cherchant à savoir si elle devait continuer à avancer, et soudain les tissus se mirent à scintiller. D’une lumière douce et apaisante, elle devint bien vite aveuglante et douloureuse et l’ondine ferma ses yeux plein de larmes, qu’elle rouvrit dès que la lumière ne blessa plus ses paupières closes.

Le désert avait disparu et elle se sentit totalement désorientée. Elle se tenait au milieu d’une pelouse bien entretenue, ses pieds nus étaient humides de la rosée matinale et en levant les yeux elle vit l’orée d’une forêt. Soudain un bruit attira son attention. Elle se tourna lentement et un sourire de pur bonheur s’épanouit sur ses lèvres. Elle vit Peddyr qui tenait dans ses bras un petit garçon aux magnifiques yeux bleus qui regardait avec attention une petite fille toute blonde.

° Femme de l'eau, pour ta première épreuve, nos ancêtres ont décidé d'être cléments car tu porte la vie en ton sein et toute vie est sacrée. Ils veulent ici te laisser entrevoir de quoi sera fait ton avenir si tu décide de te battre pour que ton monde survive. °

Ses yeux lilas se fermèrent en entendant la voix de Bedjâali s’imprégner dans son esprit. Quand elle les rouvrit, elle vit sa fille se lever et venir vers elle en titubant. Elle s’agenouilla et l’accueillit dans ses bras en pleurant. Peddyr tenant toujours leur fils dans ses bras, applaudissait ses premiers pas et lui souriait tendrement. Il s’approcha bientôt des deux femmes de sa vie et déposa un tendre baiser sur le front de la petite fille maintenant nichée dans le cou de sa maman, puis déposa un doux baiser sur les lèvres de l’ondine. Elle leva sa main pour caresser la joue du petit garçon qui lui tendait les bras mais elle se sentit bientôt happer et les trois êtres qu’elle chérissait le plus disparurent brusquement, laissant un vide en elle bien que les images qu’elle venait de voir lui permettrait de tenir bon dans cette Quête, cette lutte pour la survie du monde.

Un feu dansait non loin d’elle et elle se sentit inexorablement attirée. Crylith s’approcha lentement tendant ses mains vers cette chaleur bienfaisante quand le feu se mit à osciller étrangement. Les flammes s’élevèrent jusqu’à la dépasser et elles crépitèrent furieusement, l’effrayant brusquement. Elle se retrouva bientôt encerclée sans comprendre et le visage de Meldryn Calaren apparut devant elle. Son visage exprimait une intense souffrance et une tristesse infinie hantait son regard céruléen. Ses lèvres bougeaient mais elle n’entendait rien.

« Meldryn, je ne t’entends pas, qu’essaies-tu de me dire ? »

Le murmure se fit plus pressant et bientôt des mots accusateurs jaillirent.

« Je suis mort par ta faute, tu ne m’as pas aidé… »


« Non je… »

Sa voix se coupa et elle s’effondra en larmes sur le sol brûlant. Elle était coupable, elle aurait du agir, sauver l’ondin, mais elle n’avait rien fait, elle l’avait laissé se faire happer par le monstre des sables. Comment pourrait-elle vivre en sachant cela ? Méritait-elle seulement de continuer à vivre ? Avait-elle le droit de donner la vie, de vivre auprès de son tendre amours alors qu’elle était responsable de la mort d’un membre de la Triade. C’est alors que de nouveau la voix du Shamane résonna dans sa tête.

° Il n'est rien que les Spectres ignorent et nulle âme n'est vierge de fautes. Voici venue l'épreuve visée à tester la force de ton esprit. Sais-tu ce que tu vaux vraiment ? Sais-tu quels torts sont les tiens ou non ? °

La scène ne cessait de défiler sous ses yeux et plus elle la revivait et plus elle culpabilisait. Les images étaient floues et étranges mais elle se voyait pousser Meldryn dans les mâchoires acérées de la bête. Le visage dans les flammes continuait de proférer des accusations et l’ondine effondrée tentait de s’excuser.

« Pardon Meldryn, je ne voulais pas, je ne savais pas ce que je faisais… »

Elle tendit le bras vers lui, implorant son pardon, le visage baigné de larmes. Elle ne valait pas mieux que son père finalement, cet assassin qui n’avait pas hésité à tuer sa mère elle n’en doutait pas, par pur égoïsme, juste pour son profit personnel, et elle avait fait de même avec le jeune homme, après tout il n’était qu’un ardent et sa perte ne signifiait pas grand-chose pour elle.

Une impression diffuse se répandit en elle doucement, une sensation d’incongruité. Quelque chose clochait, elle n’était pas comme ça, elle se trompait forcément. L’impression se fit plus présente, plus pressante et les images refirent leur apparition dans son esprit et cette fois elles étaient claires et ce n’était pas elle qui avait poussé Meldryn dans la gueule du monstre mais bien lui qui les avait poussé en dehors de la trajectoire dans un réflexe qui avait sauvé la vie aux deux jeunes femmes et les enfants qu’elles portaient en leurs seins.

Ses larmes se tarirent lentement et le visage de l’ondin dans les flammes retrouva une certaine sérénité, esquissant même un sourire narquois puis les flammes s’éteignirent pour laisser apparaître de nouveau l’oasis de verdure où la brebis paissait tranquillement. Elle leva la tête vers l’ondine, mastiquant l’herbe puis soudain elle s’allongea brutalement sur le sol et elle se mit à enfler à une vitesse surprenante. Son ventre se fendit et du sang commença par s’écouler par flot par terre. Elle se précipita aussitôt pour tenter d’endiguer l’hémorragie mais elle était totalement impuissante et très vite elle vit apparaître deux agneaux mort-nés, tandis que la brebis bêlait de souffrance et que la vie s’échappait petit à petit de son corps frêle.

° Voici la dernière et la plus difficile des épreuves. Celle de la Perte. Si tu te dis prête à te battre pour offrir un avenir a tes enfants, es-tu à même de le faire en protégeant la vie dans ton ventre ? Est-ce vraiment compatible ? °


« Oui Bedjâali, je sais que j’en suis capable. Cependant, bien que je ne supporterai pas de vivre la perte de ses enfants que j’aime déjà plus fort que tout, la mission que l’on m’a confié à un enjeu bien plus important que ma pauvre petite vie, et si c’est le prix à payer pour sauver le monde, alors je l’accepte. »

Crylith posa alors la main sur son ventre, un éclat de détermination au fond des yeux. Elle les ferma un instant priant Flarmya de ne pas en arriver à cette extrémité surtout après les images magnifiques que les ancêtres avaient bien voulu lui montrer. En les rouvrant, les draps ne scintillaient plus, le feu était bien discipliné et la brebis broutait l’herbe indifférente à ce qui l’entourait. Des femmes la prirent doucement par les bras et la firent asseoir. Elles lui tendirent une boisson qu’elles lui enjoignirent de boire et bien que le gout fût amer, elle retrouva peu à peu ses esprits. Elle dressa soudain la tête, écoutant avec attention le murmure de la brise et distingua ces quelques mots.

* Quand la larme perlera sur la pâle joue de Mu'âd'ibbîn[...] *
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:45

Posté par Isiliel

Tu as des talents de dessinatrice il me semble et tu voues, si j'en crois ce que nous avons acheté avant ton départ et que tu as emporté dans ta bourse à ta demande, une grande passion aux poisons les plus divers! Sache cependant que les déserts abritent des créatures qui en produisent naturellement! Si tu veux te retrouvée raidie mortellement par une piqûre de scorpion, continue de plonger tes doigts dans le sable !

Si Istvan avait été dans l’esprit de la semi-elfe, il aurait été étonné de la capacité incroyable dont elle faisait preuve : pas un seul instant elle ne l’avait écouté et un dragon connecté uniquement à elle n’aurait pas même soupçonné que quelqu’un lui eut parlé. Mais, comme l’humain lui jeta un regard noir, elle lui octroya le droit de finalement accepter ses paroles et lui sourit en réponse. Elle songea, bien que n’osant le dire tout haut, que les scorpions se délecteraient bien plus de sa chair que de la sienne.

* Isiliel, les mirages parfois n'en sont pas, mais s'en donnent l'apparence et je gagerai que ce mouvement d'air qui fait danser le paysage devant nous fait danser autre chose!*
*D’accord*


Heureusement, songea t elle, qu’il était là. Lui savait comment il fallait s’adresser aux autres, et bien plus encore ! Alors qu’elle pensait aux qualités que le dragon semblait avoir, il commença à se saisir de la cape de l’Arpadien, et elle ne put s’empêcher de rire à la vision d’un Istvan en proie à ses pensées sérieuses et à un dragon joueur en même temps.
Mais, ils arrêtèrent leur manège et se tournèrent vers l’endroit où le vent murmurait sans écho. Peu de temps après leur résolution à reposer leur attention à cet endroit, une personne en apparut.

° Halte là, si vous continuez dans cette direction, vous aurez bientôt un air de famille avec les fruits séchés dont les autochtones de ce désert raffolent. °

Isiliel réfléchit alors à cet être et se décida à lui accorder une race draconique. Ses longs cheveux brillaient sous les espoirs de l’astre lumineux et, semblait il connaître ses deux accompagnateurs. Bien sûr, il n’échappa à Isiliel qu’il n’appréciait Istvan : il venait ostensiblement de tenter de le tuer en lui frappant l’épaule. Puis, bien qu’étant de loin, la semi-elfe crut voir qu’il arborait un rictus carnassier : il voulait le croquer ouvertement. Elle en était désormais sure, ce dragon était un autre sage qui, comme tout être se le devant, n’appréciait Istvan !

Draveyn , j’ai été mandaté par Meilan-Lavok pour accompagner l’aspirante Isiliel Lossëane A'Gnÿm en ces lieux. Elle est l’élue qui prendra la suite de Meldryn Calaren dans la Quête.

Isiliel s’approcha de quelques pas, à l’annonce de son nom. Elle inclina la tête afin de saluer le dragon et continua d’observer.

Il me faut la présenter à la Triade.

Bien sûr, Istvan tentait de sauver sa vie : il présentait sa mission afin que le dragon se décide à lui accorder quelques temps avant de finir dans son estomac. Isiliel n’en affectionna que plus ce dragon, bien qu’une légère amertume lui vint : comment pouvait il tenter de tuer Istvan ? Il risquait de blesser Svarog en cette action.
Elle n’entendait exactement ce qu’ils se disaient, et pour dire la vérité, elle ne le souhaitait pas particulièrement. Le nombre d’informations entrées en son esprit depuis sa rencontre avec les deux protagonistes avait été tel qu’elle avait l’impression que son esprit s’échapperait de son corps à la moindre possibilité. Elle espérait au repos plus qu’à la connaissance à cet instant même.

° Ce soir elles devraient avoir un entretien avec le Shamane de la tribu pour filtrer dans cette prophétie du désert les renseignements qui pourraient être utiles a la suite de la Quête. Elles sont aussi invitées à participer à ce fameux rituel dont je ne sais rien et qui, aux dires de Meilan, devrait nous permettre de localiser plus précisément le lieu ou l’Ambre fut cachée °

Cette information offrit à la dernière résistance de la semi-elfe l’illusion d’entrer dans un bain glacé. Elle comprit qu’elle n’aurait de temps de repos, car tout de suite elle devait aller chercher les ambres au travers d’un rituel, afin de confectionner les bijoux que la femme souhaitait. Autant dire que la semi-elfe n’avait encore exactement tout compris de ce qui l’attendait.
Elle s’approcha un peu quand Svarog reprit forme humaine. La semi-elfe soupira ostensiblement, de dépit à n’en pas douter, de voir le beau dragon revêtir à nouveau une apparence humaine. Le voila qui perdait un peu de sa beauté incroyable. Elle les suivit lorsqu’ils avancèrent au travers du mirage, qui était fait d’un décor en tissus, et se dévoila à son regard un village… humain. Ils avaient la peau basanés et un étrange dialecte, mais au final ils n’en restaient pas moins des humains qui vivaient dans des tentes. Alors qu’ils lui souriaient, émotion qu’elle ne rendait pas sans pourtant aller dans l’agressivité, et qu’elle observait les étranges lieux, les trois compères s’éloignèrent quelque peu.
Lorsqu’ils s’approchèrent à nouveau, Istvan semblait être à nouveau perdu dans son rêve béat qui l’avait fait, en plein vol, pousser une complainte de joie quelques temps auparavant. Le dragon dont elle ne connaissait le nom l’observait comme si elle était une fragile poupée, et Isiliel lui offrit un sourire, sortant ainsi de son impassible apparence.

° Peut-être as-tu faim ou soif, les vols à dos de Dragon peuvent être éprouvants pour ceux qui n’en ont guère l’habitude. Les Sâfhars s’occuperont de toi en attendant que les quelques formalités de votre nuitée ici soient réglées.

Il lui ouvrit une tente qu’elle regarda, ne comprenant exactement ce qu’il souhaitait d’elle vu qu’il ne bougeait point.

° Je t’en prie, après toi. °

Sans un mot elle s’engouffra alors à l’intérieur. L’intérieur était simple, ne disposant d’un grand confort. Celui-ci, de toute façon, aurait été inutile à l’amoureuse du simple bois, mais elle s’assit à l’intérieur, ne sachant quoi faire d’autre. Du sable s’était engouffré avec elle, et elle laissa glisser son torse contre le sol, le faisant ainsi se soulever avec élégance. Un bruit la fit observer la porte et elle remarqua que Svarog et l’autre dragon venaient à ses cotés. Elle attendit un peu qu’un troisième dragon arrive : n’y avait-il point autres personnes dans sa triade ? Mais aucun n’arriva et elle porta donc son attention à observer avec attention les deux individus. Après avoir emplit ses poumons d’air, celui-ci éveilla son corps et elle se redressa pour mieux observer les deux créatures. Ouvertement, on pouvait voir qu’elle les comparait, comme pour décider duquel elle préfèrerait.

Vous semblez plus ténébreux que sire Svarog.

Elle avait déclaré cela sans se poser la moindre question. Ce n’était ni un compliment, ni une réprimande : c’était un simple constat par rapport à leurs manières et leur apparence globale. Elle se souvint alors de son animosité envers Istvan, et donc qu’elle l’appréciait particulièrement. Cependant, elle ne montra là en aucune manière cette pensée : les traits qu’arborait visage démontraient juste le fait qu’elle était intriguée par celui-ci.

Je m’appelle Isiliel Lossëane A’Gnÿm, et vous ?

Elle attendit qu’il lui réponde avant de lui sourire franchement. Elle ne savait que dire à cette créature : c’était là deux dragons qui devaient être considérés comme des ennemis, elle ne pouvait donc parler des gens du Màr. Elle n’était pas personne à parler d’elle-même, ni à beaucoup communiquer à outrance, il est vrai. Les longues minutes qui s’écoulèrent alors ne lui parurent que des secondes jusqu’à ce qu’elle demande, simplement :

Les autres membres de la triade. Ce ne sont pas des humaines, non ?

S’en suivit une courte discussion interrompue par l’entrée d’un humain. Il portait un étrange tatouage sur son front et il lui donna un vêtement chaud. Après avoir soupesé le pour et le contre, et clairement –car cela se voyait sur son visage- si elle allait accepter quelque chose venant d’un être humain, elle l’enfila et le suivit.
Bientôt, elle se retrouva aux cotés de deux autres femmes qu’elle pensa être ses deux alliées momentanées. Emmitouflées elles mêmes en le même type de vêtements, elles ne lui offrirent réellement de leur intention, l’ignorant quelque peu. Cela ne toucha la semi-elfe qui regardait, satisfaite, l’ondine et la semi-torhil. Cherchant des yeux la dragonne de l’ondine, elle aperçu une petite tache blanche un peu plus loin, en arrière, mais elle n’y prit réellement attention car elle devait s’avancer avec les humains aux tatouages. Istvan était non loin : elle pouvait le sentir à son odeur. Elle pensait qu’il ne devait partir, mais non, il était encore là. Elle soupira légèrement pour elle-même et ignora les gens autour d’elle.

Ils s’éloignèrent du campement et, suivant les étranges manèges des habitants du campement, ils arrivèrent jusqu’à une oasis. La joie percuta le cœur de la semi-elfe à retrouver des plantes, êtres de son cœur. Bien qu’elle aima le sable et le chemin qu’il traçait pour elle, ses bras ne valaient ceux d’un arbre. Observant la nature d’un œil attendri, elle ne fit attention aux occupations des gens et préféra murmurer des paroles aux plantes, ponctuées de douces prières pour que l’eau les abreuve et que les étoiles les câlinent. Elle n’haussait le ton, car les plantes n’avaient d’oreilles. Pourtant, à leur parler, elle croyait que parfois elles l’écoutaient.
Quand elle se retourna vers ses camarades, celles-ci observaient les lieux –qui avaient fortement changés sous l’influence des Sâfhars– d’un air interloqué. Isiliel, elle s’en moquait, et elle s’approcha d’elles sans trop prendre attention à faire autre chose que ce qui était attendu d’elle.

Un vieillard traduisit les chants que les gens du déserts s’efforçaient à suivre jusqu’à ce qu’un petit humain, apparemment, s’avance jusqu’à elles.

Chevalier Sarkanys, Triade Ambre, bienvenue parmi nous. J’ai eu quelque missive de mon vieil ami m’informant de votre situation, ainsi que de l’arrivée d’une nouvelle âme parmi vous.

Il l’observait, et alors que leurs regards se croisèrent, elle remarqua qu’il n’était pas comme les humains. Ce n’était pas un simple humain, et tout de suite, bien que personne ne put être témoin du respect que cela impliquait, il fut caractérisé d’un pseudonyme dans l’esprit de la semi-elfe. Elle ne le nommerait, car il restait humain, mais malgré cela il était devenu pour elle le Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges.
Suivi un rituel qu’elle écouta et auquel elle porta l’attention qu’elle offrait à ceux qui lui racontaient des histoires, et Isiliel aimait les histoires. Celle-ci n’était pas particulière, mais au moins réussi t elle à la charmer le temps qu’elle fut déclamée. Jusqu’à ce qu’il leur déclara rester avec elle et commence à se conduire –commence selon la semi-elfe- de manière bizarre : se balançant en avant et en arrière. Il fut bien vite rejoint, jusqu’à ce qu’il se laisse à être bercé par les sables du désert en s’écriant :

La Porte est ouverte !

L’histoire était finie, c’était à elles d’agir pour en écrire une autre. Isiliel eut une moue résignée : elle aurait aimé qu’elle dure plus longtemps. L’ondine de leur groupe se dégage et lui porte sa première attention. Un regard, un simple regard, et cela suffisait à la semi-elfe : elle ne cherchait de lien naturel avec nul être autre qu’un dragon.
Avec force, elle passa les tentures qui leur barraient la route, et Isiliel ne comprit pas pourquoi elle marchait de manière aussi saccadée : la force n’avait à être employée contre les sables du désert, il suffisait de les laisser guider ses pas. Elle n’avait pas compris que cette force lui provenait de l’esprit, de l’envie du futur et non pas d’une simple décision hâtive.
Isiliel regarda le ciel dont les étoiles étaient encore visibles, malgré les feus. Elles berçaient le monde depuis toujours, guidant les êtres perdus. Si jamais elle devait se perdre dans le désert, l’aideraient elles à retrouver sa route ? Le temps que ses yeux s’éprirent de ces lumières, il lui fallut partir au travers des toiles tendues. Elle savait qu’elle ne pouvait attendre trop longtemps, plus par crainte que ses deux compagnonnes décident de la forcer à avancer.


Elle regardait toujours au loin et, alors qu’elle avança au travers des toiles, rien ne lui apparut comme étrange. L’intérieur était comme l’extérieur : du sable, des toiles.
Isiliel observa longuement, immobile, le tissus qui flottait comme si un fantôme l’habitait. La semi-elfe ne croyait pas vraiment aux fantômes mais puisqu’elle devait rencontrer des ancêtres morts. Elle se demandait de quoi elle pourrait communiquer avec ceux-ci, mais n’eut réellement besoin de continuer cette réflexion : bien vite il lui apparut que le vent n’était que le vent et qu’aucun danger ne s’apprêtait à la surprendre.

Les humains, à l’extérieur, continuaient de chanter et si Isiliel n’avait été si bouchée dans sa haine, elle aurait reconnu bien volontiers qu’elle appréciait ces récitals. Cependant, elle n’y prêtait assez d’attention, se construisant une barrière où elle écoutait le propre son de son cœur battre, et cherchait à entendre les murmures du vent. Mais, malgré toutes ses tentatives, les chants humains la forçaient à l’entendre. Ils devenaient de plus en plus sourds et rauques, incisant son esprit avec une lame qui y, à chaque morsure l’éreintait de plus en plus ; comme si le métal s’insinuait en sa tête et devenait serpent qui sifflait longuement et sans prendre aucun temps pour remplir ses poumons.
Puis, son ouïe ne suffit plus aux humains car la Lune l’abandonna, ou au contraire, la força à l’observer à même, telle la vérité surgissant du monde. La lumière lui blessait ses yeux habitués à ses simples reflets, et elle tentait de lui voler la vue. Elle ne souhaitait pas se bruler les pupilles et ferma donc ses paupières sur les astres de son existence. Dans la faiblesse que lui offrait la perte de ses sens, elle s’accroupit et glissa ses mains sur sa nuque : ainsi aucune faiblesse n’était directement exposée.

Mais personne ne vint à profiter de cet instant. Rien ne survint, rien à part le néant lui-même. Les sons se turent, et son esprit retrouva sa puissance ; ses yeux s’ouvrirent sur un monde blanc. Le temps n’était là, le monde n’était là ; plus aucun grain de sable, plus aucune toile, plus aucune personne autour. Il n’y avait rien. Sa propre voix se perdit lorsqu’elle s’exclama d’étonnement, comme si l’instant en lui-même n’existait en ce lieu.
Elle se releva doucement et entendit la voix du Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges résonner autour autant qu’en elle:

Jeune cœur solitaire, pour ta première épreuve nos Ancêtres veulent éprouver ton courage. Ils sentent la haine et la méfiance en toi, ta peur de la chaleur humaine. Mais ne crains-tu pas de te retrouver seule, vraiment seule ?

Isiliel chercha le jeune homme du regard, mais personne ne lui fit face. Elle se releva, doucement, et s’observa longuement pour vérifier que rien ne lui manquait. Une fois rassurée de son corps en parfaite santé, elle concentra son attention sur les paroles qui lui avaient été soufflées.
Le Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges avait dit qu’il l’aiderait, elle devait donc prendre soin de ses mots comme s’ils étaient des écritures. Il lui avait parlé de peur, et n’était elle pas là au sein même de sa peur ? Un monde où la nature serait morte : à n’en pas douter, l’humanité avait terminé son action primaire et à travers ses guerres de conflits personnels, avait finit par détruire le monde lui-même. Etait ce là l’avenir ? Dès lors, elle était inutile autant que cette quête : pourquoi combattre quand il n’y a aucun futur à préserver ?

La fatigue qui l’avait attrapée dans la tente revint en elle, s’insinuant en chaque partie de son corps : chaque muscle la tiraillait de douleur et chaque vague d’énergie disparaissait peu à peu. Elle avait besoin de repos, elle n’en doutait pas une seule seconde. Isiliel s’assit sur le vide, sans bien savoir quelle était réellement sa position puisqu’il n’y avait de ciel ni de sol.

Si je suis seule, je peux me permettre de dormir !

Ses pensées s’étaient entrelacées avec sa voix. Elle glissa sa tête sur le coté et ferma les yeux. L’abandon de son corps lui paraissait le meilleur remède car aussi vite que le noir des ténèbres lui venaient, le confort également la prenait au point qu’un sourire apparut sur ses lèvres.

« Stop… »

Ses yeux s’ouvrirent tout d’un coup sur le vide, aussi éveillés que si l’endormissement n’avait jamais existé. Un murmure glissé à son oreille, d’un être aussi vif que le vent car déjà, il n’existait.
Elle releva la tête sur le vide : rien… il n’y avait rien toujours. Elle était seule lors de cette épreuve. Une légère colère la prit alors : on la laissait seule au milieu de nulle part –l’expression étant bien choisie pour décrire l’endroit lumineux- et on l’empêchait de se reposer en même temps ! Tout d’un coup, elle se releva, emplie d’une énergie nouvelle qui glissait avec force dans ses veines.

Je ne peux pas dormir ici, mon arbre m’en voudrait !

Elle parlait bien évidemment ici de l’arbre sacré du Màr Taralom. En ses bras elle trouvait le repos et le calme, le calme face aux ardeurs de certains. De plus, pouvait-elle vraiment subsister en un tel lieu ? Les dragons avaient besoin d’elle : elle avait accepté de venir faire cette quête pour aider le pauvre Svarog et elle comptait bien se tenir à cette résolution.
Elle commença à marcher jusqu’à ce que marcher lui-même soit un acte ayant perdu son sens. Elle était seule, vraiment seule, dans un monde inexistant.
Elle s’assit à nouveau, non pas par faiblesse mais pas pure décision logique, selon elle. Elle ne pouvait avancer, ni même reculer alors le non-mouvement était devenu la logique à suivre. Il n’y avait rien à faire contre ça. Elle attendit patiemment et simplement : enfermée en ses cages dorées, elle avait attendu plusieurs générations humaines avant d’être libérée, elle n’avait pas à apprendre la patience. Elle s’écouta comme elle faisait autrefois, les yeux fermés. Elle n’avait aucun besoin autre qu’être elle et ce ne fut que lorsqu’un hurlement retentit qu’elle s’accorda à apporter de l’attention aux alentours.


De la fumée s’était élevée au loin. Isiliel se leva : elle ne savait pas ce qui l’attendait là bas, mais juste que c’était ailleurs qu’ici et qu’elle devait s’y rendre. Le temps de marche ne fut long et aucun cri ne retentit à nouveau. Lorsqu’elle s’approcha du feu, il dansait comme une courtisane qui encerclait son futur payeur. Ce futur payeur était mort, brulé vif, et un étrange sentiment de déjà vu s’insuffla en la semi-elfe.
Elle s’approcha du mort et le toucha : il n’était chaud, c’était sans doute lui qui avait appelé à l’aide dans la recherche d’une dernière bouffée d’air. Le feu qui s’amusait ne lui paraissait assez dangereux, pourtant, pour tuer quelqu’un : il s’affaiblissait à n’en point douter. Alors qu’elle fixait l’élément, il trouva échos en ses rougeoyantes prunelles et en garda la puissance, grondant comme s’il se sentait agressé, prenant une forme plus grande encore. Bientôt, elle vint à la dépasser en taille, bien que la semi-elfe se tenait debout, et elle l’engloba. Mais aucune douleur, aucune souffrance ne la prit : non. Un rire s’éleva derrière elle et lorsqu’elle se tourna, le mort avait reprit vie et terminait de bruler, arme à la main. Celui qui voulait la tuer mourrait devant ses yeux et elle remarqua ses yeux verts qui étincelaient dans son dernier souffle de vie. Elle attrapa l’homme par les cheveux, levant la tête vers elle pour observer l’œil, mais le droit comme le gauche était fermé. Il se mit à bruler tellement fort que le corps se transforma en cendre et que seuls des mèches de cheveux brunes restèrent dans sa main.

Tu appartiens au Mär Taralom. Le feu est comme ce qui dort en ton cœur : sauvage, indompté et parfois cruel.
Acceptes-toi, acceptes ce qui fais de toi une Ardente, car telle est ta destinée.


Encore une fois, le Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges s’était adressé à elle.
Le feu devait surement, selon lui, évoquer le lieu de vie de la jeune semi-elfe. Isiliel trouvait ce feu fort agréable, et il lui manquait là les aspects désagréables comme la proximité de nombreuses personnes disgracieuses. Au moment où elle les imagina, ils apparurent en face d’elle, forme portée par le feu qui les peignait de jaune, de rouge et de bleu. La surprise la fit reculer l’espace d’un instant, mais ils ne bougeaient pas, statue immuable de ce monde. Elle s’approcha d’un homme ainsi formé et l’observa pour mieux le reconnaître.

Toi, tu as été frappé par mon amie le jour même de mon arrivée… Mais tu riais toujours.

Dès lors, Limna apparut également et le frappa. Puis, elle s’éloigna de l’autre coté du feu, offrant des regards mauvais aux autres créations. Le frappé avait pris vie lui aussi, car il riait sans s’arrêter. Ils ne la voyaient pas, à ne pas s’en poser de question.
Au fur et à mesure qu’elle pensait à une anecdote sur une personne, elle se voyait naitre dans le brulant élément, animée par la seule pensée qu’elle lui avait accordé. Ainsi se retrouvèrent également présentes son maitre offrant mépris à quiconque l’approchait, et son co-aspirant qui paraissait fort étonné par tout ce qui se passait. Zadayel était là d’un air protecteur, Errya s’amusait et Quilaïn parlait déjà à une création torhille. Ainsi au milieu des êtres composants son kaerl, Isiliel pouvait voyager et les observer. Ils n’étaient jamais exactement comme dans la réalité : il leur manquait quelque chose pour les former.

Isiliel fut amusée quelque peu, puis, peu à peu, ces gens furent trop présents. Ils la gênaient et elle leur murmura de partir, mais ils ne le faisaient pas. Comment auraient ils pu accomplir son souhait ? Ils ne se trouvaient pas dans la même dimension, bien qu’étant en son monde.

Veux tu qu’ils meurent ?

Elle leva la tête et observa un jeune homme. Bien qu’il ne disposait de cette couleur, elle voyait ses yeux verts. Il lui fallu longtemps pour se souvenir qu’elle l’avait laissé mourir, qu’elle l’avait connu l’espace du temps nécessaire à ce qu’il se noie dans les marais.
Elle sourit à ce souvenir : c’était si amusant !

N’es tu pas cruelle de souhaiter leur mort ?
-Je ne la souhaite pas, je veux juste qu’ils me laissent. Ils sont trop nombreux.
-Si tu en tues, alors ils seront moins nombreux…

Isiliel n’aurait jamais pu l’avouer, mais cet humain avait de la jugeote. Des humains étaient présents mais elle ne souhaitait que leur mort, alors il fallait s’en séparer. Mais, à songer comment elle pourrait les tuer, ils ne disparaissaient pas. Ce fut bientôt une apparition, qui parvint par hasard, à la faire trembler qui se montra. L’incarnation personnelle qu’elle se faisait de l’ange de la Mort venait d’apparaître devant elle. Cette créature voyait tout, elle la perçut donc. Se tenant face à la semi-elfe, elle lui tendit la main. Isiliel se demanda ce qu’elle voulait et se passèrent de longue minutes où elle imagina des objets qu’elle tendait à la mort, et qui, pour sa part, ne prenait même pas la peine de les penser car les jetant tout de suite au cœur du feu.
Au bout d’un moment, elle lui donna un étrange cahier et la mort s’en satisfit. Peu à peu, les humains disparurent et Isiliel trouva tout de suite bien plus agréable son kaerl. Mais, en même temps, des dragons étaient décédés également.

Peut être quelques humains mériteraient ils de vivre ?

Là encore, il avait raison. Elle retrouva ainsi certaines personnes, dont son maitre qui lui la transperça de son regard narquois. Alors, elle se retourna vers le jeune apprenti chasseur humain et lui demanda :

Est-ce bon maintenant ?
-Je ne crois pas, non…

Elle ne put masquer l’horreur qui venait de parcourir son échine quand une horrible créature qu’elle connaissait pourtant si mal venait d’apparaître à coté d’elle. Istvan, l’avait poursuivie et Svarog n’était pas même là.

Que fais-tu là ? Tu n’es pas de mon kaerl !!
-Justement… Je suis la seule personne qui soit extérieure.
-Mais je ne veux pas de ta présence… laisse moi !
-Il est plus sage que toi, tu devrais écouter.

Isiliel croisa les bras, murmurant que personne ne devrait écouter cet homme. Etrangement, celui-ci ne ressemblait pas réellement à l’être qu’il était. Il ne dégageait de lui ce qui écœurait la semi-elfe, elle était juste énervée par sa présence. L’Istvan se tourna vers son kaerl et sourit.

Je ne me souvenais pas que vous fussiez aussi… familiers les uns avec les autres, dans ton kaerl.
-Bien sûr que non…
-Je vous imaginerai même capables de vous battre les uns avec les autres.
-Les ardents n’ont pas d’organisation, ils sont trop égoïstes pour pouvoir former une vraie cité.

S’ensuivit un dialogue entre les deux protagonistes, qu’Isiliel dut subir bien malgré elle. Elle attendit qu’ils aient simplement fini pour mettre en œuvre à donner de l’égoïsme à ses personnages. Le temps qu’elle s’effectue, elle n’avait remarqué que son amie s’était approchée et observait les trois protagonistes.

Et pourquoi les écoutes-tu ?
-Qui ça ?
- Ces humains. Ne les écoute pas…

Elle repartit alors, se dirigeant vers le centre du feu où seule la mort l’attendait. Avant de disparaître, elle se tourna vers elle, sourire en coin, et lui adressa un petit signe d’au revoir. Ce sourire ne disparu pas, alors que le feu dévorait déjà la moitié de son être, la transformant en légère cendre qui alimenteraient l’élément jusqu’à sa fin. Alors qu’Isiliel regardait les restes de son amie, elle entendit derrière elle les deux protagonistes qui critiquaient son choix d’aller au devant de ce qui avait été décidé pour elle, ouvertement. La semi-elfe se tourna vers eux et leur vola quelque chose. Ils lui demandèrent pourquoi elle faisait ça et comprirent qu’elle disposa ce qu’elle venait de leur prendre dans le cahier que la mort attendait de récupérer.

Tu es mort l’humain, et toi je souhaite te voir disparaître un jour. Pour l’instant, je dois attendre de trouver un moyen de pouvoir sauver ton dragon. Ta chair restera vive mais tu n’as pas à être dans mon épreuve. Je suis une ardente… Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu’elle murmurait ces paroles. Et je n’ai jamais eu besoin d’un bien pour me composer.

La mort prit le cahier à nouveau, s’avançant vers les deux êtres de feu pour les tuer. Mais Isiliel n’eut le plaisir d’observer, ni d'en rire comme elle l'aurait souhaité, ce qu’elle allait accomplir.


Le feu avait laissé sa place, et l’univers blanc avait disparu. Le temps s’était écoulé sans que la semi-elfe ne le perçoive, le néant s’était fait engloutir par la verdure. Isiliel se demanda l’espace d’un instant si elle retournait dans le passé quand la vie avait encore une place dans son monde. Une brebis au soyeux pelage broutait l’herbe fraichement née. Interloquée par l’animal dont elle n’avait l’habitude, Isiliel s’approcha avec un sourire. Puis, étrangement, son pied buta dans un objet de faible envergure : un poignard magnifiquement ouvragé était posé au sol. La semi-elfe s’en saisit et l’observa sous toutes les formes. Des inscriptions qu’elle ne comprenait ornaient la lame fine et brillante. La brebis bougea, provoquant un bruit et rapportant l’attention de la jeune femme sur elle. Dès lors, une sensation la prit, comme une colère incertaine. Son cœur battait à tout rompre et au fond d’elle ne résonnait qu’une chose : elle devait se venger d’elle. Cette brebis l’avait blessée, elle méritait d’être punie, et Isiliel ne pouvait pas la châtier… non : elle le devait ! Alors qu’un sourire se dessina sur ses lèvres, la brebis ouvrit les yeux et planta son regard droit dans le sien. Isiliel se sentit aspirée en elle-même et elle ferma les yeux, apeurée. Lorsqu’elle les ouvrit des pupilles noires brillaient face à elle, entre les deux créatures. C’était l’unique chose qu’elle vit à cet instant, le reste du monde étant pénombre, comme si seule la brebis et cette présence prenaient place.

Accepter ce que tu es est important ...mais sais-tu vraiment qui tu es ? Le Choix te permettra de le comprendre. C'est le Choix qui oriente nos vies et nos valeurs. Tu l'avais fuit jusqu'à présent, mais il te faut maintenant l'affronter.

Isiliel s’approcha de l’animal tout de même, sans prendre réellement garde car nulle inquiétude ne la prenait sur ce monde et ces environs, et cela malgré les paroles du Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges. Elle se sentit alors frappée, comme si un mur la séparait de la brebis qui s’éloignait d’elle, l’empêchant ainsi d’accomplir son sombre dessein. Isiliel observa la force qui l’empêchait d’agir, mécontente.

Les yeux sont le reflet de l’âme.

La voix avait résonné autour d’elle, comme si elle était dans une caverne. Ce n’était pas celle du Jeune-Humain-Aux-Yeux-Etranges, elle était moins prononcée. Elle n’aurait pu dire à quel genre d’être elle appartenait, même si sa vie en dépendait. Alors que les mots prenaient un sens en l’esprit de la semi-elfe, les yeux s’ouvrirent. Ce fut là ce qu’elle vit, et pourtant, ces yeux n’étaient jusque là que des pupilles, ils n’avaient de paupières, comment pouvaient ils s’ouvrir ? Mais, comme l’aveugle se met à voir, des paupières et un contour étaient apparus et un feu brulant ornait les nouvelles pupilles. Ses pensées entrelacèrent sa voix et elle s’adressa au pur esprit au lieu de se questionner elle-même.

A qui appartenez-vous ?

Un sourire apparut en dessous du visage, disparaissant à la même vitesse. Ce sourire n’avait rien d’humain et ce fait apparut clairement à Isiliel, la laissant dans un complexe de joie et d’inquiétude. Les canines appartenaient à un prédateur et elle n’avait d’arme. Au moment où cette pensée l’effleura, elle remarqua le poignard, encore dans sa main. Fin, élancé, comme le symbole de la beauté.
Les yeux l’observaient à nouveau, comme scindant son être alors que la brebis bêla, derrière cet esprit. Doucement, en elle s’introduit l’émotion d’une colère qui ne pouvait être apaisée, une soif inexplicable d’une mort à trouver. La semi-elfe serra l’arme dans sa main, et avec un sourire se prépara à frapper l’être qui l’observait pour enfin atteindre sa proie initiale. Cependant, l’étrange sentiment fut celui qui la stoppa, déclinant la violence avec une simplicité étonnante. Son cœur battait rapidement lorsque ses yeux se reposèrent sur l’être qu’elle allait frapper et que face à elle se tenait son propre reflet. Il n’était que ombre ; seul son sourire s’y dessinait, le même qui l’avait narguée de se trouver entre elle et la brebis. Elle posa le poignard, doucement, au sol, observant son ombre faire de même.

Nous serions nous frappées ?

L’ombre disparut et les yeux la remplacèrent. Ils l’observèrent longuement et aucune réponse ne vint, car Isiliel elle-même savait que la mort lui avait tendu la main. Son cœur affolé continuait de battre, l’appelant à combattre.

A qui appartenez-vous ?

Elle avait réitéré sa question, pensant obtenir cette fois une réponse. Les yeux se fermèrent doucement, et son ombre réapparut, laissant entrevoir son sourire carnassier. Isiliel recula d’un pas, avec vitesse, tandis que les yeux reprenaient leur place, seuls dans le cristal. Ils venaient de répondre, sans utiliser leur voix, amenant la semi-elfe à déduire qu’ils étaient les siens. Peu à peu, cette idée s’encra en elle comme avérée car la couleur était la même, du peu qu’elle se connaissait elle-même.

Tu crois être moi.
-Ton vrai toi.

L’ombre et les yeux se mêlèrent, laissant à sa seule vision l’apocalyptique ombre qui désormais, pouvait voir également. Un léger temps passa, pendant lequel le silence dura/ L’animal avait disparu pendant ce temps de l’esprit de la semi-elfe. Peu à peu, leurs mouvements se rejoignaient et elles vinrent à cligner au même moment. Sans expression, elle paraissait d’une grande pureté. Puis, le sourire revint et, avec l’air satisfait selon Isiliel, l’ombre lui adressa la parole :

Laisse-moi te poser une simple question… Si je suis toi, qui es-tu ?

Isiliel posa sa main contre le mur invisible, et une douceur s’empara d’elle lorsque son ombre fit de même. Elle sentait leurs mains s’entrelacer et une joie naquit sur ses traits alors que sa vision percevait enfin celle qui lui parlait.
Elles se ressemblaient à n’en point douter. Leurs traits auraient été les mêmes si un tatouage étrange ne s’était plaqué sur son front. Un maquillage affinait son regard, des vêtements traditionnels elfiques ornaient son corps et ses longs cheveux étaient parcourus de chaines d’or. Elle voulu caresser une boucle d’oreille qu’elle connaissait tant, et le mur la laissa la toucher, le traversant par la même occasion. Ce n’était pas une illusion, tous ses sens lui faisaient comprendre ce qu’il y avait de l’autre coté. Le froid du métal, le vent qui parcourait son bras, la chaleur de la main de son autre elle qui s’appliqua sur sa main. Son cœur affolé se ralentit jusqu’à perdre de sa vigueur et rendre la fragilité à son être entier. Derrière elle, le monde s’écoulait dans sa forêt luxurieuse et l’indomptable brebis rencontrait un elfe qui lui coupa la tête, l’empêchant ainsi de perdurer dans ce tableau idyllique. Il la tint haute, laissant le sang gicler hors du corps. Lorsqu’elle fut vide, il peigna sur la tête de la brebis un arbre, du propre sang de la victime et s’approcha. Il la lui tendit et Isiliel voulu attraper le reste de la brebis. Aucune douleur, aucune souffrance. Juste du plaisir à observer la mort toucher l’animal sans aucune pitié.

Elle se sentait fondre dans le monde où elle pourrait prendre la chair de l’animal et la croquer ; Oui, elle souhaitait la dévorer en entier, que ne subsiste de l’animal que la peau qui la vêtirait d’un cuir à toute épreuve. L’Isiliel qui n’avait vécu ce qu’elle avait subit l’appelant à ne faire qu’un, à perdre sa mémoire et à disparaître en celle qu’elle aurait pu être. Alors, un battement la frappa, la brulant comme si elle se trouvait au creux d’un brasier infernal, et avec la même intensité une voix autre que la sienne s’adressa à elle. Ce n’était pas là quelque chose qu’elle entendait, comme celle de l’autre coté du mur, non… la voix résonnait en elle, directement. Peu à peu, les sons devinrent clairement des mots, et quels simples mots. La voix n’arrêtait pas de demander simplement : et moi ?
Son regard se détacha du monde qui s’offrait à elle, se dirigeant vers les ténèbres entourant son corps. Un enfant au regard clair et aux mèches sombres avait posé sa main dans la sienne. Puis, avec un sourire d’une grande douceur, il la tira vers lui. Il ne parlait pas, car aucun son ne sortait de ses lèvres qui mimaient des mots, mais Isiliel les ressentait vibrer à travers sa propre voix et elle le comprenait.
Sa main enserra la sienne, et elle se détourna entièrement de cette possibilité. Celle qui plus tôt caressait un simple bijou d’une grande froideur, avait la douceur d’une joue. L’enfant, qui l’observait comme si elle était une fourmi entre ses mains, lui apparaissait d’une grande réalité bien qu’étant, sans le moindre doute, pure illusion. Derrière elle, elle entendit à nouveau bêler et, sans avoir à se retourner, elle remarqua que la brebis n’avait jamais été loin et toujours à portée de son arme. Elle l’observait, collée à elle, de ses yeux d’innocence. Une main enserra son cou et son souffle se déroba à elle : si elle avait pu tenter de passer de l’autre coté, son double faisait de même et tentait de la tuer. Des larmes coulaient le long des joues de celle qu’elle aurait pu être, et Isiliel s’apaisa de voir un tel acte.

M’abandonnerais-tu ? Comment peut-on choisir le néant ?
-Pour l’instant, je ne le peux car je ne suis toi autant qu’il n’est moi. Mais une partie de toi demeure en moi, je n’ai pas à l’oublier. Un jour, nos larmes se confondront et j’aurai accomplis le deuil de mon passé.

L’action contre son cou se dissolvait d’elle-même et Isiliel offrit un doux sourire à celle qui était coincée dans une réalité illusoire. Elle lui murmura pardon et s’en détourna. L’enfant observa le miroir et un même sourire lui vint aux lèvres tandis que, doucement, il souleva une mèche de cheveux, laissant apercevoir à l’oubliée le même étrange tatouage, glissé sur son propre front.
La brebis s’avança avec joie et ils la suivirent. Rapidement, ils sortirent de la petite pièce sans lumière et atteignirent l’agréable monde de verdure. Alors que la semi-elfe caressait la tête de l’animal, elle remarqua qu’elle était encore séparée du corps, reste de la blessure qui l’avait fait renaitre. Isiliel chercha du regard l’enfant, mais il n’y avait rien qu’elle et la brebis.

Que ?

Les sons ne sortirent pas et elles se retrouvèrent face à face, l’une à l’autre. Elle tenait dans sa main un poignard ouvragé d’une extrême beauté. La brebis avait son regard planté dans le sien, comme si rien ne s’était jamais passé. Elle l’observa encore un peu puis, elle reporta son attention sur l’herbe qui allait devenir sa pitance. Isiliel rangea le poignard dans l’une de ses poches et glissa sa main sur la tête de l’animal qui se laissa faire. S’agenouillant, elle lui murmura parole à l’oreille et, entendit le souffle du vent chanter à nouveau, avant de se joindre aux récitals des humains. En regardant en arrière, elle remarqua qu’elle avait traversé l’oasis.
Des femmes l’agrippèrent et la tirèrent, alors qu’elle se sentait bien, vers un siège. Elles lui glissèrent une boisson entre les mains et alors qu’elle l’observa, la semi-elfe ne voulait absolument pas la boire. Elle se sentait si bien, elle voulait rester avec la brebis et peut être, même, réussirait elle finalement à vivre d’herbes, elle aussi ? Mais devant l’ampleur que cela prenait pour l’une des femmes, et surtout car elle ne voulait pas qu’elle la touche encore une fois, Isiliel porta l’amère liqueur jusqu’à ses lèvres. Alors que la femme était heureuse, elle ne remarqua pas à quel point l’étonnement pouvait se lire sur le visage d’Isiliel. Elle tourna la tête en la direction d’un drap blanc qui bougeait au fil du vent qui venait de lui caresser l’oreille. Pour la première fois, elle pensait avoir compris un murmure du vent, et, ce fut comme en l’attente d’un accord, qu’elle répéta faiblement :

[...]Et que sa soeur en recueillera l'eau sacrée[...] ?


[HRP : Je me suis permis de raccourcir le passage dans la tente, me disant que ce serait mieux s'il intervenait comme un flash back court apparaissant dès qu'ils se croiseraient...
PS : Il y a des fautes d’inattentions mais je vais les corriger… demain x) là, je n’ai pas le temps de tout relire bien. ]
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:45

Posté par Maevnn

Une douce sensation perça a travers les méandres cotonneux de son sommeil, comme un murmure, la caresse d’une brise lointaine.

- Maë …

Elle prit une longue inspiration alors que son corps reprenait doucement prise sur le réel. Était-ce bien elle qu’on appelait ? Alors que ses sens s’éveillaient à nouveau , la ramenant l’odeur si particulière qu’exhalait le damier de joncs chauffé par le sable , le froissement discret de la toile de tente dans le vent du désert, le contact des coussins de velours sur sa peau…elle sentit quelque chose effleurer sa joue alors que le doux murmure se glissait de nouveau au creux de son oreille, la faisant frissonner.

- Maë…

- Cette voix…

Elle ouvrit doucement les paupières.

- Istvan ….

La jeune femme cligna des yeux a plusieurs reprises , contemplant d’un air ébahi le visage ciselé s’éclairer d’un sourire ému. Un Rêve …elle rêvait encore ! Elle tendit doucement les doigts pour caresser le menton volontaire , la mâchoire virile , les longues mèches sombres et soyeuses. … Le contact sous ses doigts était bien réel , ooh , si doux ! Elle se mordit les lèvres et articulant péniblement, la voix éraillée par le sommeil et l’émotion :

- Mon…ange…C’est bien toi ?…

Il rit tout bas , s’attendrissant de son étonnement , et prit sa main dans la sienne pour y plaquer un baiser plein de ferveur. Maëvann se mordit les lèvres pour étouffer un cri de joie et de soulagement puis, bondissant de son séant , lui sauta au cou en éclatant de rire. Le couple roula dans les coussins en s’étreignant avec passion et une pluie de questions s‘abattit bientôt sur l‘Arpadien :

- Ooh mon amour !! Mais…que fais-tu ici ? C’est Meilan qui t’envoie ? Comment nous as-tu retrouvées ? As-tu vu Draveÿn ? Combien de temps restes-tu au campement ?

Mais il n’eut guère le temps de répondre…La Chevalière l’embrassait déjà avec ardeur.
Lorsque le crépuscule vint les trouver dans la tente , ils étaient étroitement enlacés et achevaient de se conter mutuellement leurs aventures , émaillant leurs récits de tendres caresses. Le Maître Bronze avait exprimé tout son soulagement de retrouver sa bien-aimée indemne, la vision mitigée qu’il avait de l’étrange Ardente qui faisait désormais partie de leur Triade. Sur son quant-a-soi, Maëvann partageait son avis sur cette « élue tardive », s’étonnant de son jeune âge et de voir remplacé un Ardent par un autre.
Ils auraient encore eu pléthore de choses a se dire mais on allumait déjà les torches dans le campement, et bientôt une silhouette se dessina derrière la toile :

- Rituel commence. Il faut venir. expliqua le Safhâr dont le fort accent faisait chanter étrangement les mots.

Le couple échangea un regard puis après s’être vêtus dignement, tous deux sortirent de la tente et s’inclinèrent respectueusement devant l’homme tatoué qui les attendait, se tenant poliment à l’écart.

- Bienvenue. dit-il alors que son regard de jais se posait tranquillement sur Istvan. Toi être époux de femme Chevalier. Chez Sâfhars , mari et femme suivre tradition ensemble. Toi pouvoir venir a Rituel mais seulement regarder et faire silence. Compris ? Mmh ?

Le guerrier du Vaendark acquiesça avec reconnaissance , serrant doucement la main de Maëvann dans la sienne alors que leur guide les invitait a rejoindre le cortège festif qui serpentait vers l’exterieur du campement.

~ ~ ~ ~
Maëvann serra les poings , ses yeux verts résolument fixés sur l’oasis. Son tour était venu.
La verdure luxuriante de l’oasis l’avait quelque peu empêchée d’observer le passage de ses comparses , quand ce n’était un Safhâr qui passait devant son regard , virevoltant élégamment dans les pans de son burnous chamarré. Cependant , il lui avait semblé apercevoir a plusieurs reprises Crylith et Isiliel immobiles , les bras ballants , comme hypnotisées, leurs lèvres articulant parfois quelques mots qu’elle ne pouvait comprendre …puis elle avait entendu fuser leurs cris au milieu des chants rituels.

- Tout ceci doit jouer sur le mental, il ne doit pas avoir de réel danger physique. martela-t-elle en pensée, pour se rassurer. Meilan-Lavok ne nous aurait pas envoyé dans une tribus de fous dangereux…

La Demi-sang jeta un œil alentours, observant avec circonspection le peuple du désert qui festoyait autour de l’écrin de nature. Ils avaient l’air si heureux et insouciants ! Elle contempla leurs regards d’ébène étincelants de vie et leurs sourires si avenants , presque ingénus. Son court séjour dans le campement nomade lui avait offert la vision d’un peuple en parfaite harmonie avec son milieu , puisant richesse et bien être dans une terre qui paraissait pourtant si hostile, si ingrate. Elle avait vu des êtres près a partager le peu qu’ils avaient en échange d’un simple sourire…Non, ils ne pouvaient pas leur vouloir de mal. Et quand bien même , il fallait passer cet étrange rituel pour avancer dans la Quête.

Le regard céladon accrocha l’anthracite de celui de son aimé. Istvan était pâle et semblait en proie à quelque malaise naissant, alors que ses grands doigts se crispaient nerveusement sur ses braies. Maëvann reconnut dans son regard la lueur de fièvre qui précède les entrées en transe et se mordit les lèvres , une angoisse sourdre étreignant sa poitrine. Les chants entêtants des Sâfhars , rythmés au son profond des percussions - comme un battement jailli de la terre faisant vibrer le corps , les os - les feux de joies projetant des éclats vifs sur les tissus des robes traditionnelles , légères comme de grandes ailes tourbillonnantes dans un maëlstrom de couleurs… Tout cela avait mis les aventuriers dans un état second, peut être a l’origine des hallucinations dont tous semblaient être victimes en entrant dans l’oasis, si ce n‘était la nourriture et les boissons qu‘on leur avait donné… Son bien-aimé, avec son don d’Empathie et sa relation si particulière à l’Intangible, devait y être sensible , même en tant que simple témoin du Rituel.

L’Apardien lui adressa cependant un signe et un petit sourire pour l’apaiser, articulant quelques mots qu’elle ne put entendre mais dont elle devina la nature en lisant dans son expression une confiance mêlée d’amour. Cela acheva de lui donner le courage nécessaire et , après une courte et brève inspiration , elle franchit le dais de voiles tendus d’un pas résolu.

- Allons courage , je n’en suis pas a mon premier rituel après tout…

Une femme dont la coiffure rutilait de perles et de bijoux de bronze lui indiqua par une série de gestes de rester immobile et de respirer tranquillement , puis elle s’éclipsa. Maëvann leva le regard et considéra les toiles d’un air déconcerté. La Porte de la Lumière … Quel étrange nom pour une série de draps tendus entre les troncs …

- Excusez moi ? lança-t-elle en faisant volte-face. Mais vous êtes sûre que je ne dois rien faire de pl…?!

La femme avait disparu , de même que l’oasis , les Sâfhars , le désert tout entier . Maëvann se trouvait désormais dans un appartement humble mais convivial dont le décor ne lui était pas étranger. Empreinte d’un léger malaise , la jeune femme fit quelques pas vers une fenêtre débouchant sur un petit balconnet et jeta un œil méfiant au dehors

- Les …Spires ! Le Mar Menel ! hoqueta-t-elle en reconnaissant les pointes de nacre et de marbre fusant vers un ciel limpide. Je connais cet endroit … je suis chez …

Une voix s’éleva dans son esprit et Maëvann ne fut pas longue a reconnaitre le timbre et le phrasé si particulier de l’enfant Shamane :

- Tu penses te battre pour un bonheur futur , mais ce qui pouvait vraiment te rendre heureuse n’est-il pas déjà mort et enfoui ?

Une douce mélopée s’éleva soudain dans son dos. Une voix de femme , pure et chaude… Maëvann blêmit puis se retourna lentement , comme si elle craignait que la vision n’éclate sous un geste trop brusque , et ses yeux se remplirent de larmes.
Au centre du salon , une jeune femme à la beauté délicate et juvénile était assise près d’un berceau qu’elle balançait du bout du pied, couvant d’un regard tendre un nouveau né endormi. Une chevelure brune cascadait sur ses épaules et son dos en douces ondulations, son visage tracé du plus fin des pinceaux était rehaussé de deux yeux clairs comme l’eau du ruisseau sous le soleil du matin , un corps aux courbes douces et féminines se dessinait sous le satin délicat de sa robe.

- Mère …

Aléna leva doucement le regard sur elle et lui sourit …du plus merveilleux des sourires, empreint de ce précieux amour maternel qu’elle aurait voulu connaître et chérir. Maëvann se précipita vers elle et tomba a genoux , enfouissant son visage dans les replis de sa robe en pleurant comme une enfant alors que les mains de l’apparition , blanches et belles comme deux colombes fragiles, lissaient sa chevelure indomptée dans une caresse tendre.

- Mère …ooh comme vous me manquez ! gémit la Chevalière en resserrant l’étreinte de ses bras sur la taille fine . Si seulement j’avais le pouvoir de vous faire revenir , de remonter le temps ! C’est injuste… Vous n’auriez pas du … Vous étiez si jeune , si belle … Vous auriez pu m’aimer encore un peu… Vous avez laissé un tel vide en moi !

Aléna ne répondit pas et prit le visage de sa fille entre ses mains , séchant une larme du pouce, son regard clair exprimant une infinie mélancolie mêlée de douceur compatissante.

- Je veux rester avec vous. murmura Maëvann en pressant sa joue dans la paume chaude. Pour toujours. Je ne veux plus vous perdre…jamais…Laissez moi rester. Aimez moi encore. Rattrapons le temps perdu. Faites moi connaître l’amour d’une mère …Je vous en supplie…

L’apparition secoua la tête en signe de négation, alors son sourire tremblait d’émotion et ses doigts fin saisirent le médaillon au cou de sa fille.

- Je sais…Père est encore vivant… Et je le retrouverai , j’en fais le serment. Mais vous….Vous n’êtes plus là…je ne pourrais plus jamais…

Maëvann contint un violent sanglot et se releva doucement pour contempler la mère qu’elle n’avait pas eu le temps de connaitre. Tout cela n’était qu’illusion , la projection d’un rêve éperdu , elle le savait…Mais il était si doux de s’y complaire, combler ce vide qui faisait si mal , poser simplement la tête sur ses genoux et rester ainsi pour l’éternité …tout oublier… ne plus penser… Juste rester là et sentir la caresse de sa main sur ses cheveux , comme un éternel recommencement , comme un affront à la cruauté du Destin qui lui avait tout pris.

Une lueur de compassion et de compréhension s’alluma au fond des yeux pers alors qu’Aléna se levait a son tour. Elle prit doucement les mains de sa fille dans les siennes et la couva de ce regard fait de force , de tendresse et de douceur , celui qui fait vibrer le cœur et se grave dans chaque cellule du corps, dans chaque parcelle de la mémoire… Ce regard qui accompagne tout au long de la vie , guide dans les choix , réchauffe quand vient la peur , le doute , la solitude…

Un regard de mère.

- Je….c’est a mon tour de…perpétrer la vie , oui. susurra Maëvann lorsque les mains d’Aléna se posèrent contre son ventre a peine bombé. Est-ce…votre façon de dire que …vous vivrez à travers moi ?

La douce apparition hocha la tête , plissant le nez dans un sourire mutin qui n’était pas sans rappeler ses propres mimiques, puis se pencha vers le berceau pour prendre le nouveau-né dans ses bras. La Chevalière glissa un regard tendre sur l’enfant paisiblement endormi contre le sein de sa mère.

- En devenant mère a mon tour, votre amour vivra a travers moi et celui que je transmettrais à mon fils…Oui…J’ai compris.

Aléna poussa un soupir ému puis glissa un baiser sur le front de l’enfant. Alors , Maëvann sentit sur son propre front la caresse si douce des lèvres de rose , dans un ultime contact d’amour maternel…puis tout disparu.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux , les larmes perlant au coin des paupières , elle se rendit compte qu’elle avait passé le dais de voiles sans s’en apercevoir. Elle était maintenant devant un feu de bois qui crépitait joyeusement devant elle. Rassérénée par sa vivacité, sa beauté mouvante et sauvage , elle s’accroupit et contempla le foyer avec un sourire lointain… Mais alors qu’elle se perdait dans ses pensées, une main gantée de braises lui saisit le poignet et l’attira dans le cœur brulant des flammes. Maëvann se sentit basculer dans un puits sans fond dont les parois n’étaient que feu rugissant et mugissant , la giflant , la fouettant dans sa chute , marquant sa peau de douloureuses brulures.

Dans le boyau incandescent , elle vit fuser les images du Mar Menel en flammes, les silhouettes hérissées de piques et de lames ensanglantées des Célestes luttant pour leur survie. Puis devant ses yeux passèrent quelques Galadsten miraculeusement indemnes , un sourire narquois peint sur leur visage … les traits émaciés et sévères d’Ehsan , ses yeux brillant d’une détermination dangereuse dans l’ombre de ses orbites alors qu’éclatait dans l’air le hurlement de douleur et de rage de son père , impuissant devant la traitrise frappant son Kaerl , la mort frappant la femme qu’il aimait.
Plus que les brulures meurtrissant sa chair , la rage sourdait douloureusement dans leur cœur de Maëvann au rappel de la trahison des siens. Dans son esprit , Bedjaali martelait des paroles assassines :

- Pour quoi , pour qui te bats-tu ? L’Ordre auquel tu as prêté allégeance n’est-il pas qu’un nid de serpent dont le venin t’a enlevé ceux que tu aimais ? Sais-tu vraiment ce qui vaut la peine de lutter , Chevalière Maëvann Kerr’wan ?

La jeune femme émit un grondement de fureur et , cherchant à happer les flammes a mains nues pour briser ces images qui la narguaient , lui faisaient si mal , hurla dans un cri ou se mêlaient désespoir et pugnacité :

- Je sais ! Je sais quel poison se cache derrière le marbre du Mar Menel et je sais mieux que quiconque ce qui m’a été enlevé !

Elle serra les langues de flammes irréelles entre ses mains alors qu’elles se contorsionnaient et sifflaient comme des serpents , faisant fi de l’odeur de chair calcinée , de la brulante morsure du feu. Puis soudain , la Demi-Sang relâcha son étreinte et ferma les yeux, une étrange sérénité nimbant ses traits.

- Mais je sais aussi ou il reste encore de la lumière. Il y a du bon en le Kaerl Céleste, des âmes nobles et intègres qui luttent encore sans stratégies retorses pour maintenir la justice et les promesses d’avenir dans notre monde !

Des soupirs s’élevèrent autour d’elle , égrenant des noms dans l’air incandescent « Peddyr , Istvan , Heryn , Altays , Drakaan , Maël … » La chute interminable de la Chevalière dans le tunnel de feu ralentit pour finalement laisser son corps en suspens dans les airs. Elle se laissa porter un instant , soupirant de soulagement alors que les brulures se faisaient moins vives , puis murmura

- Je me bats pour sauvegarder des valeurs, honorer la mémoire des êtres chéris qui sont partis et préserver la vie de ceux qui sont encore la… Je me bats pour donner un avenir a mon fils , pour pouvoir l’élever avec mon aimé dans un monde en paix et lui transmettre tout ce qui nous a toujours tenu à cœur … Je n’ai pas besoin de grandes causes ni de discours sans fin. Je me bats pour la Vie. Rien de plus.

Il y eut un grondement alors que les flammes étaient violemment aspirées vers le néant puis Maëvann atterrit sur une surface souple d’herbe douce : elle était de nouveau revenue a l’oasis. Devant elle , un espace de verdure et un paisible mouton broutant en tournant autour de sa longe.

- Quand cela finira-t-il ? songea-t-elle, glissant un regard vitreux vers le feu puis les voiles au loin pour constater , déconcertée , que tout semblait dans son état normal. Je me sens si lasse… Que cherche-t-on a obtenir de moi par ces éprouvantes épreuves ? Quel sens a tout cela ?!

- Le sens , c’est a toi de le trouver.

Maëvann tourna la tête, cherchant l’origine de la voix dont le timbre intemporel n’était ni celui de Bedjâali , ni celui d’Istvan , ni aucune de ses connaissances. Son regard s’attarda sur le mouton qui la regardait de son œil rond …

- Allons ma fille, ce ne peut être cette bestiole qui …ressaisis-toi , tu perds l’esprit !

- Aahah ! L’esprit ! Bien complexe mécanisme en vérité. répondit le mouton sur un ton philosophe , son museau se plissant d’étrange manière.

Maë poussa un cri strident et fit quelques pas en arrière , considérant l’ovin d’un air ahuri, puis tomba sur le séant . Le mouton retroussa ses babines, dévoilant une dentition étroite et jaunie d’herbivore , puis partit d’un bêlement outrancier pouvant s’assimiler à un rire. L’incongruité de la situation était telle que la jeune femme faillit se joindre a lui.

- Qui…que … Qu’est-ce que …tu es ? souffla-t-elle , une main plaquée sur le cœur pour en calmer les battements affolés.

- Qui je suis ? Mais , qui veux-tu que je sois Maëvann ?

A ces mots se succédèrent sur le cou laineux un défilé de visages familiers et la jeune femme vit nombre de ses proches et connaissances ( tels que Crylith , Peddyr , Isiliel et même son ancien Maître , Morgana Dyn’Shamerian …) apparaitre en une grossière chimère à la tête humaine et au corps de mouton. Maëvann contempla ce spectacle irréel , abasourdie, ne sachant si elle devait s’enfuir en hurlant ou s’étrangler de rire …Mais lorsque la bête revêtit les têtes draconiques de Svarog , de Draveÿn - complètement décalées et disproportionnées sur le corps ovin - puis celle d’un Drakaan à la mine des mauvais jours…. Elle ne put s’empêcher de renverser la tête en arrière et partir d’un grand éclat de rire qui lui fit monter les larmes aux yeux.

- Bedjâali avait raison. hoqueta-t-elle en tentant de retrouver son souffle. Les Ancêtres Sâfhars ont un certain humour ! J’ai cependant le mal à trouver le sens d’une vision aussi… inattendue.

L’étrange bête la regardait , mâchonnant une touffe d’herbe d’un air nonchalant.

- Pourquoi toujours chercher un sens ?

- Parce sans cela , tout n’est que Chaos.

- Le Chaos à parfois du bon .

- Le Chaos nous détruit si nous perdons le contrôle. L’Equilibre , lui , est indispensable à la Vie

- Le Chaos n’est pas toujours destructeur , la vie nait d’un fragile amalgame entre les deux. L’homme n’est pas fait pour suivre une voie rectiligne et sans passion …comme il n’est pas fait pour être laissé a lui-même , sans repères et sans points d’appui. Le mouton pensant tendit le cou pour arracher un autre touffe d’herbe tendre. Réfléchis bien à ce qui fit ta vie jusqu’à présent Maëvann Kerr’wan . As-tu toujours été l’instrument de la Balance ? Ne t’es tu jamais laissée à …Ressentir …sans réfléchir ? N’as-tu jamais laissé ta passion guider tes choix ? … Tu as Eté … Toi , tout simplement. Ta vie est l’exemple parfait du mariage entre le Chaos et l’Equilibre. Peut être est-ce pour cela que tu te sens parfois indécise et que tu ne sais pas auquel des deux tu appartiens vraiment.

La jeune femme cligna des yeux , pensive et déconcertée de ce long soliloque.

- La Vie , notre Destinée , nos Choix… Tout cela n’a donc pas toujours un sens , un but précis ?

- Philosopher avec un mouton en plein milieu du désert en a-t-il ? répondit l’herbivore , son long museau se fendant d’un nouveau sourire ridicule.

Il y eut un son de cloche...Si intense qu’elle dut fermer les yeux et serrer ses tempes entre ses mains pour étouffer les vibrations de son crâne. Lorsqu’elle les ouvrit de nouveau , le philosophe nouveau était toujours là mais avait retrouvé sa paisible banalité d’ovin, broutant d’un air indifférent à ce qui l’entourait.

- Tu as d’autres choses à me dire ?
demanda-t-elle en s’approchant pour toucher le manteau laineux. Je dois avouer que tes réflexions me laissent perplexes…mais elles éveillent quelque chose en moi.

- Bâââ ! répondit le mouton comme tout mouton se doit de le faire.

Maë se sentit tout d’abord ridicule…puis se laissa aller a un nouveau rire.

- Je vois , les réponses sont en moi hein ? Sacrés Sâfhars.

La Chevalière se releva lentement , une main posée contre le léger arrondi de son ventre pour en apaiser les tiraillements et tituba jusqu’à la sortie de l’oasis. Elle se sentait transie comme après un intense effort physique …mais dans son esprit tout était limpide et calme. C’est avec un sourire serein qu’elle laissa les femmes Sâfhars frictionner sa peau engourdie et lui donner a boire une boisson chaude et amère qui la revigora quelque peu. On la fit asseoir à côté d’Isiliel et Crylith et elle échangea un regard fiévreux avec les deux femmes… regard qui lui fit comprendre qu’elles aussi étaient dans un état second après cette étrange série d’épreuves.

On l’informa dans un parler rudimentaire qu’on allait quérir quelque nourriture pour elle et ses comparses, ainsi que son compagnon resté à l’écart, mais Maëvann n‘entendit pas…Dans le vent du désert , des voix éthérées lui murmuraient une étrange révélation …
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:46

Posté par Istvan
La joie de retrouver son aimée avait fait déferler une vague de bonheur dans le coeur d'Istvan lorsqu'elle s'était enfin éveillée et précipitée dans ses bras, lui faisant subir le feu de ses questions auxquelles il avait répondu à travers les baisers et les caresses.

- Je reste jusqu'à demain, je pense ... on m'y a convié... la nuit n'est pas indiquée pour voler... j'avoue que la tentation de te revoir m'aurait fait implorer l'asile de toutes façons, mon ange. Dit-il en caressant sa joue.

Puis son regard se voila.

- Meilan m'a mandaté pour amener une nouvelle élue, Isiliel, une jeune aspirante ardente, disciple d'Ohiro... le choix est surprenant... elle ne possède pas l'expérience de Meldryn Calaren dans le maniement des armes. Toutefois ne la sous estime pas, elle maîtrise les poisons pour le peu que j'en ai déduis. Svarog lui accorde crédit... Fie-toi à ton instinct et à celui de Draveÿn. Nos Liés sont clairvoyants quand il s'agit de sonder les âmes! Mon amour, qu'est-il advenu de votre compagnon ? Je ... je ne l'avais pas en amitié, mais il était vaillant... Comment a-t-il pu se laisser surprendre ?

Maëvann détourna la tête, un grand émoi se lisait sur son visage naguère plein de joie et Istvan comprit qu'il n'était pas temps de pousser plus loin cette question. Il la serra dans ses bras, caressant ses cheveux, tout au plaisir de la retrouver indemne. Ses mains glissèrent sur ses hanches puis s'attardèrent sur son ventre qui s'arrondissait discrètement.

- Tout va bien, ma chérie ? Murmura-t-il une lueur d'inquiétude dans le regard.

Elle secoua la tête en signe d'assentiment, mordant ses lèvres, le teint rosi. Il la serra contre lui avec force.

- Aaaah mon ange! Si tu savais comme il est dur de vous savoir ainsi exposés tous deux ! Pas de repos pour mon coeur durant les courtes nuits, le jour dévoré d'inquiétude...

Il se tut devant les larmes qui perlaient aux yeux de son aimée, se maudissant d'avoir laissé libre cours à ses craintes.

- Pardon mon ange... Je te fais confiance ... je vous fais confiance... cette épreuve est nécessaire, sans doute... C'était écrit ainsi...

Il l'enlaça avec tendresse, laissant libre cours à l'expression de son amour, retrouvant la chaleur de son corps contre lui, les gestes qu'il avait maintes fois rêvés dans ses nuits solitaires. Ils basculèrent ensemble dans un autre monde, loin des tourments de l'histoire, loin des enjeux qui pesaient sur l'avenir de leur terre, dans leur monde à eux, fait de rêves et d'espoirs partagés, de projets, tissé d'amour et de passion. Une parenthèse magique dans laquelle rien ne semblait pouvoir les atteindre et où le bonheur d'être à nouveau réunis, seul comptait. L'espace intime de la tente s'emplit bientôt de soupirs et de mots passionnés murmurés, de froissements évocateurs tandis que leurs mains, leurs corps se mêlaient mus par la même soif de plaisir.

Istvan se redressa sur un coude pour contempler avec tendresse sa beauté dont les yeux dissimulés derrière une cascade de cheveux ébouriffés le regardaient avec un éclat brûlant dans les prunelles vertes.

- Oooh, toi ne me regarde pas comme cela! Dit -il en souriant et en lui pinçant le côté. Sinon, je ... Tu risques d'être épuisée pour le rituel.

Elle se laissa aller sur le dos, l'attirant contre elle avec une petite moue de défi.

- Ahhh, oui ? Tu penses vraiment qu'il en faut si peu pour m'épuiser ?

- Hmmm, en temps normal, non ,effectivement. Mais tu es une future maman et les dernières semaines ont été plutôt éprouvantes pour toi mon ange. Entre ce que tu as appris sur ton père, l'annonce de la quête et ce départ précipité pour la mener, les dangers que vous avez affronté ici-même. Il baissa les yeux et poursuivit dans un soupir. Sans compter tout ce que je t'ai avoué sur mon compte ...

Les yeux pétillants de bonheur de son aimée se plongèrent dans le regard anthracite et elle murmura avec une infinie douceur, la gorge nouée par l'émotion.

- Istvan, c'est notre amour qui me donne la force de faire face à tout cela, tu le sais bien. Ne ressens-tu pas la même chose ? Cette certitude que si nous restons unis, rien ne pourra entamer notre détermination face à l'adversité.

Elle caressa sa joue puis ses longs cheveux en poursuivant.

- Bien sûr, nous vivons des moments pénibles, bien sûr tout cela m'a bouleversé... Ce n'est pas facile, loin de là... Mais finalement chacun de ces épisodes dramatiques ne nous a-t-il pas rapproché encore davantage, mon amour ?

Il pencha son visage au dessus du sien et pour toute réponse, déposa sur ses lèvres un baiser brûlant exprimant plus que son assentiment. Il s'allongea sur le dos et l'attira contre lui, caressant ses cheveux et ses épaules, tandis qu'elle posait sa tête contre son torse. Il soupira de bien-être puis soudain ouvrit le feu des questions qui lui brûlaient les lèvres.

- Le petit ne te gêne pas trop pour voler, te battre , mon ange ? Je sais que Draveÿn doit veiller jalousement sur vous deux et être très prudent dans ses évolutions aériennes ... mais parfois ... dans certaines circonstances ... on n'a pas le choix ... de plus, il est le seul Dragon sur cette quête ... Aaah , si je pouvais vous laisser Svarog ... comme cela me tranquilliserait . Qu'en penses-tu ?

La jeune femme prit un air songeur, les sourcils froncés puis sur un ton compassé, elle glissa comme un aveu.

- Parfois je me sens lourde et gauche. J'ai l'impression que je vais m'enfoncer dans le sable jusqu'à la taille et que Dravy va devoir me tracter pour m'en extirper...

- Hein ??? Mais c'est ... L'Arpadien s'interrompit devant l'air moqueur de son aimée.

- Oooh Maë! C'est ... c'est ... tu devrais avoir honte de te rire de mes inquiétudes. Je ne sais pas ce que peut ressentir une femme qui porte la vie, moi. Sauf la fierté que j'imagine très bien! Mais physiquement, je veux dire... Le sens-tu bouger, ma chérie. Ajouta-t-il ému, alors qu'il posait, au moins pour la dixième fois la main sur le ventre légèrement arrondi de son aimée .

Elle se mordit les lèvres pour retenir un éclat de rire et déposa un tendre baiser sur le bout du nez de son amant.

- Aahh les pères et leurs fantasmes! Mon ange, il est bien trop tôt encore pour que je ressente les mouvements de notre fils. Et ce n'est pas plus mal, parce que s'il a hérité du caractère de ses deux parents, quand le moment viendra, m'est avis que ce sera une jolie sarabande, là! Dit-elle en désignant son nombril de l'index.

A ces mots, Istvan partit d'un rire franc en serrant son amour contre lui.

- Ohh oui, c'est certain! Mon pauvre ange! J'essaierai de te donner du courage pour supporter cette suractivité!

Ils partagèrent ce moment de légèreté et de complicité, riant de plus belle de ces présages prometteurs. Istvan, malgré le poids des responsabilités qui pesait sur ses épaules, ne sentait plus la fatigue. Il se sentait bien, comme il ne l'avait plus été depuis bien des jours et il sourit en fixant le dais de la tente au dessus de leur tête.

Si son séjour au camp des Shâfars devait être de courte durée, il était déjà chargé en émotions fortes. Leurs effusions tendres furent d'ailleurs interrompues par l'arrivée d'un homme de la tribu qui venait les quérir pour assister et prendre part au rituel. Après la joie des retrouvailles, voilà qu'ils allaient certainement s'exposer à de nouvelles sensations fortes. Istvan fut toutefois soulagé de pouvoir partager ces moments exceptionnels avec l'élue de son coeur. Il savait d'expérience qu'un rite initiatique pouvait être éprouvant. L'atmosphère au sortir de la tente semblait empreinte de recueillement et de dévotion. Dans la procession même à laquelle ils furent invités à se mêler, les visages étaient peints de ferveur et de concentration. Il serra dans sa grande main celle de son aimée et échangea un regard furtif avec elle. Alors qu'ils arrivaient en vue d'un oasis de verdure surprenant , on l'invita à prendre place un peu à l'écart de l'épreuve. Il laissa Maëvann se joindre à ses compagnes de Quête. Il aperçut Crylith, la douce ondine au port altier, impassible toujours, d'apparence du moins. Il sourit intérieurement de la voir partager avec l'élu de son coeur, son frère d'arme Peddyr, une maîtrise de ses sentiments. Couple plein de calme apparent, tout le contraire de celui qu'il formait avec Maëvann, tissé d'émotions exacerbées. Mais peut-être n'était ce que semblance, une façade... Chez son ami, le maître brun, il avait décelé un coeur d'or. Il pensa que Crylith cachait sans doute soigneusement en elle des trésors de générosité retenue, sans quoi, elle n'eut charmé Peddyr. Cela l'attendrit de voir ce petit bout d'ondine pétri de dignité s'avancer avec détermination et courage au devant de l'épreuve. Lui-même sentait affluer les signes avant coureurs d'une emprise shamanique. Les esprits venaient à lui. Il cabrait quelque peu sous la sollicitation. Ne pas sombrer complètement ... pas avant que Maëvann eut affronté l'épreuve elle-même. Il perçut les sanglots de l'Ondine qui progressait à travers les étapes des révélations. Puis le silence se fit . Il espéra de tout coeur qu'elle en fût sortie indemne et plus forte, pour la triade, pour la quête, pour Peddyr ... pour elle-même.

S'avança alors Isiliel, alors que des myriades d'ombres noires commençaient à assaillir l'Arpadien. Il pria Flarmya -ou était ce Mielliki la Déesse mère de son peuple- il pria pour que la jeune ardente si nouvellement jointe à la cause, fasse front du mieux qu'elle pouvait à cette mise face à elle-même. Il savait trop ce qu'impliquait ce genre de descente en soi-même. Parfois les êtres se brisaient inexorablement devant la confrontation de leur profondeur intérieure . Elle avait eu si peu de temps pour s'y préparer... Il avait fait si peu... pour l'y aider... Il s'en voulut ... terriblement ... comme un père qui n'aurait pas su encourager son enfant avant de partir face au danger... Les Kaerls étaient bien peu face à la vérité de l'être ... Les murs érigés par le calcul humain, bien vains face à la condition faible de la vie placée devant son essence profonde... Déjà, les esprits le questionnaient sur ses rancunes, ses défiances, ses préjugés, son intransigeance face à l'altérité ... Longue fut l'épreuve de la jeune demi sang. Peut-être, écho de ses doutes et de son égarement, de la vindicte sourde qui couvait en elle. La conscience d'Istvan semblait mouvante et floue comme les voilages qui lui masquaient les silhouettes des éprouvées. Un mutisme s'abattit sur l'oasis . Istvan eut un regard pour la silhouette aimée qui s'avançait au seuil de l'épreuve. Il se débattait dans une semi conscience assailli par l'Onde spectrale qui déferlait à présent sans retenue dans son esprit.

Le guerrier de l'Est fut cerné par une brume noirâtre qui masquait partiellement son environnement immédiat. Il se sentit basculer dans un gouffre sans fond qui le happait. Une forme plus claire se forma sur le voile vaporeux et noir. Les courbes du visage s'affinèrent, la carnation flamboyante de son frère Aran se révèla. Le visage se prolongea bientôt d'un corps à l'allure martiale, arborant les attributs royaux d'Arpadie.

* Mon frère aimé, Istvan! Fier chef de guerre de nos armées... Qu'as-tu fait ? Comment as -tu défendu notre honneur bafoué ? Pourquoi t'es-tu perdu dans cette recherche de vengeance ? Pourquoi? Pourquoi ?*

Le spectre tendit une main tremblante vers le corps d'Istvan dont la chute semblait s'être interrompue, flottant comme en lévitation. Il lacéra de ses ongles le bliaud léger du guerrier qui sentit les sillons s'imprimer dans sa chair. Les larmes roulèrent sur les joues de l'Arpadien qui soudain n'était plus qu'un enfant face à un grand adolescent.

* Frappe, Istvan! Mais frappe donc! Arrête de te comporter en fillette!*

* Mais Aran , tu es mon frère! Tu es le Prince de sang, l'héritier... *

* Et tu es appelé à défendre nos terres, à défendre le trône! A me défendre! Frappe! *

Souvenir de ces joutes éprouvantes et fraternelles qu'Istvan avait en horreur au départ. Il s'y était ensuite accoutumé, y prenant même plaisir avec l'âge. Lorsqu'il avait atteint ses quinze printemps, acquis en force et en taille, elles devinrent plus ardues, Aran se trouvant de plus en plus souvent mis en difficulté par son cadet. Mais il ne semblait pas en prendre ombrage, bien au contraire. Leur maître d'arme fidèle en manifestait une vive fierté et échangeait avec le Prince héritier des regards complices. Les échanges se terminaient souvent en une descente vers la taverne favorite où Istvan avait droit à présent au breuvage des guerriers.

* Tu seras un grand chef de guerre, mon frère! Digne de l'Arpadie, digne de notre père! Tu sauras défendre notre royaume et notre peuple, car ton coeur est vaillant, ton âme noble et ton intelligence vive!*

Et Arklaas d'ajouter en levant sa chopine:

*Je suis vraiment fier de vous deux, mes Princes ! L'un sera un souverain avisé et juste, ferme mais bienveillant, l'autre un chef des armées talentueux et courageux! Ensemble, vous conduirez notre nation vers un avenir prometteur!*

A l'affluence de ces souvenirs, le coeur d'Istvan se serra tandis qu'il reprenait sa chute dans le gouffre, les images s'estompant . Il ne restait que le vide, noir et froid, la solitude face à lui-même, face à ce qu'il avait fait de ces promesse d'avenir radieux pour les siens. Il s'était laissé berner par les perspectives de gloire et de grandeur de ses alliés, avait laissé l'Arpadie sans défense, la condamnant à l'invasion, au massacre. Aran ... sa famille ... il les avait tous trahis... eux qui comptaient sur sa protection après la mort d'Arpad et de son épouse... Istvan avait failli, failli à son destin... scellant le sort tragique de sa patrie. L'ignominie de leur fin, dont le chef de guerre portait le poids, l'avait fait sombrer dans une folie sanguinaire. Alors que l'esprit du Maître Bronze poursuivait sa chute, le rideau de brume noir se constella de points rouge vif qui bientôt grossirent pour se rejoindre et former un dais écarlate et suintant. Le sang, partout, le sang, coulant en flots ininterrompus, puis jaillissant des parois de l'abîme comme pour le noyer. Il en sentit les giclures sur son corps et sur son visage. Dans sa bouche le goût écoeurant du liquide carmin . Il se tenait debout sur le dernier champ de bataille qui l'avait vu acteur sur les sols de Vaendark . Des cadavres éparpillés jonchaient le sol de ce petit village ostaricchi: hommes, femmes, enfants, réunis dans la même fin abominable . Le visage d'Aran, puis sa silhouette apparurent dans le ciel au dessus du carnage. Sur ce fond aux reflets rouge orangé donné par les lueurs de l'incendie qui faisait rage et semblait répondre à la couleur pourpre qui gorgeait la terre elle-même, son aîné au visage grave hochait lentement la tête, ses yeux exprimant une profonde tristesse. Le vent qui s'était levé balayait la longue chevelure d'Istvan et rabattait à ses narines, l'odeur âcre du feu dévorant qui consumait le village. Il tomba à genoux, les yeux levés vers les cieux, tandis que derrière son frère se dessinaient deux autres silhouettes aimées.

* Aran, pardonne-moi! Père, Mère... je ne suis plus digne d'être votre sang, plus digne des Sarkanys ! J'ai failli à mon destin, failli à mon peuple, à ma famille! Maudissez-moi, vous que j'aimais tant !*

Les trois visages se concertèrent puis hochèrent négativement la tête. Aran prit par les épaules sa mère et son père puis de sa bouche sortirent alors les mots:

* Tu n'as failli qu'à toi-même mon frère! Ta vaillance et ta loyauté ne nous ont jamais fait défaut! Tu as été trompé par nos alliés, mais moi aussi! Je porte la plus grande part de responsabilité de notre funeste fin, car c'est moi qui ai choisi nos alliances politiques, moi qui t'ai envoyé à un combat qui n'était pas le notre! Je me souviens très bien de tes réticences mon frère, des doutes que tu nourrissais au sujet des intentions de nos voisins ! Que ne t'ai-je écouté mon fidèle maréchal ... *

Istvan porta ses mains à son visages et laissa éclater un sanglot.

* Absous toi mon frère, la faute ne t'incombe pas! Ne porte pas le poids de mes erreurs! Laisse-moi le faire dignement d'où je suis désormais, entouré des êtres aimés!*

La voix d'Arpad s'éleva à son tour, puissante et grave:

* Mon fils, tu ne nous as jamais trahi, tu es le digne héritier, le dernier! C'est toi-même que tu as trahi , tes valeurs, en tentant de venger notre honneur! Si tu portes le tort de tes actions, c'est à ton égard et à celle de tes victimes qu'elles furent infamantes! Tu as trahi les valeurs humaines que nous t'avions inculquées, certes! Mais c'est surtout sur toi que la souffrance a rejailli et sur ces malheureux... Ajouta le grand guerrier en désignant le massacre. Pour eux tout est fini, tu ne pourras rien changer à ce que tu as fait de leur destin... Rien d'autre que de prier pour le bonheur de leur âme, vers un monde plus bienveillant et aussi pour qu'elles t'accordent le pardon...*

Enchainant avec les paroles de son époux, la douce voix d'Iléna s'exprima avec tendresse:

* Relève-toi mon fils et écoute ce que me souffle la voix des anciens, écoute le chant de la vie, celui de la nature... souviens-toi mes enseignements, mon enfant ! Ton père a raison ! Pour ce que tu leur as infligé, ce que TU T'ES infligé, plus rien ne peut être changé! Leur destin est scellé dans l'éternité, tout comme le notre ! Mais le tien mon fils! Le tien! Il ne s'est pas encore accompli! Regarde moi et laisse moi te montrer!*

Istvan se redressa péniblement et fixa le visage tant aimé de sa mère . Elle était vêtue de sa tenue de prêtresse de Mielliki, une aura de sagesse se dégageait de la souveraine. Il la fixa dans les yeux et esquissa un geste comme pour la toucher. Le rouge du décor se mua en verdure et les cieux rougeoyants firent place à une frondaison forestière. Le sous bois de la Sylve s'étendait. Deux silhouettes s'avançaient au devant du guerrier. Deux ? Non ! Quatre plutôt ! Son amour, sa Maëvann avançait portant dans chacun des ses bras un petit être tandis qu'un garçonnet de cinq ans environ gambadait au devant de la jeune femme. Les yeux de l'Arpadien s'agrandirent d'étonnement lorsque le petit brun à la tignasse en bataille lui fit de grands signes en hurlant :
"Papa! papa! Tu sais Ewen a encore une dent qui a poussé cette nuit ! Y m'a même mordu là! Dit le petit brun en tendant son doigt. Et Deniela, elle a dit maman ... zolie !! Tu te rends compte! "

Le regard amusé d'Istvan s'attarda sur son ...fils ... son coeur se serra quand il décela dans le petit visage le mélange des traits de son aimée et des siens ! Comme il était beau et si plein de vivacité, les yeux brillants d'intelligence et de malice ! Une bouffée de fierté envahit son être. Enfin son regard se leva vers celle qu'il aimait et son coeur se mit à battre plus fort dans sa poitrine ... Ces deux bébés dont la tête s'ornait pour l'un d'un duvet d'un roux tellement vif et qui se mordait vigoureusement le poing, ses petites joues rougies par le travail des gencives sans doute. Son regard fauve lui sembla familier, sa vigueur toute torhil déjà... tout évoquait chez le petit être, Maël Kerr'wan. L'autre nourrisson, plus frêle, paraissant plus jeune, arborait une chevelure plus fine et soyeuse, aux reflets blond vénitien. Ses traits quoique poupins, étaient plus délicats ... mais oui ... une petite princesse... Deniela ... Il fut frappé de remarquer que l'implantation des cheveux sur le sommet du front évoquait celui d'Iléna, donnant un contour typique au visage, dessinant une sort de coeur .

*Oooh par Mielliki! ce sont ... nos enfants ... trois ... *

L'Arpadien entendit la voix douce de sa mère s'élever à nouveau dans les cimes de la forêt.

* Oui mon fils , tes enfants ... nos petits enfants... les héritiers d'Arpadie, la descendance d'Alena et de Maël , également. Ils sont bénis par l'amour, mon fils. Celui qui t'unit à Maëvann et celui qui unit leurs grands parents . Ils sont l'avenir ... ton avenir , notre avenir à tous ... voilà ton véritable destin, mon fils . Penses-tu toujours être maudit ? Donne leur la possibilité d'accomplir le leur, qui sera grand ! *

* Oooh , mère ... Je... Comment est-ce possible ? Le méritai-je ?*

* Les Dieux semblent penser que oui, mon fils! Et je partage leur avis ! Tu es aimé Istvan Sarkanys ! Accorde toi le droit d'accomplir ton véritable destin! Acceptes cet amour ! Nous veillerons toujours sur toi, mon enfant !*

Les trois voix venues du ciel se mêlèrent pour conjuguer leur message d'amour avant de se taire définitivement.

* Oui nous t'aimons Istvan ! Nous sommes fiers de toi! Accomplis ta destiné! *

Le tableau attendrissant de sa tendre aimée portant leurs enfants dans ses bras et de leur fils courant dans le sous bois s'estompa peu à peu, laissant Istvan dans un état d'ébahissement, avec une sensation de vide. Il aurait tellement aimé rester encore auprès d'eux se fondre dans cet avenir si merveilleux, chargé de promesses de bonheur. Mais le temps n'était pas encore venu. Il lui faudrait s'en montrer digne, il le savait, mais y était plus que jamais résolu. La sensation de chute avait cessé et laissa la place à une impression d'aspiration, comme si l'esprit d'Istvan était rappelé à son corps. Il reprit conscience à la lisière de l'oasis, au moment même où l'épreuve de Maëvann devait s'achever. Le silence était retombé sur l'assistance qu'il distinguait maintenant clairement. Les danseurs et les chanteurs reprirent leur sarabande, tandis que Bedjaali affichait un visage serein et satisfait . Istvan était épuisé, comme s'il avait traversé des siècles et des mondes inhospitaliers à l'infini. Il avait perdu toute notion du temps. Sa vision lui avait paru durer une éternité, alors qu'elle avait pris vie dans l'espace d'une soirée initiatique. Il chercha du regard les éprouvées et surtout son aimée. Il n'osait bouger, sentant son corps faible et ses jambes tremblantes. En portant son regard sur son torse, il remarqua trois trainées rouges : les griffures infligées par sa conscience alors tourmentée, mais à présent apaisée ...
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:46


Le Rituel touchait à sa fin et dans un ballet bien ordonné, les Sâfhars débarrassèrent l’oasis de ses fioritures. On replia les toiles, on éteignit les feux et on laissa les restes du festin aux petits animaux du désert. Les nomades rentèrent au campement, devisant de choses et d’autres dans la bonne humeur, comme s’ils revenaient d’une plaisante fête de village. Seul Bedjâali resta auprès dès étrangers pour qui on avait dressé une tente provisoire, les observant d’un recoin discret, écoutant attentivement leurs réactions, leurs discussions. Il était sorti de sa transe comme on s’éveille d’une sieste de l’après-midi, les traits légèrement lourds mais l’air reposé, ses yeux d’étrange moire plus chatoyants que jamais.

Les tentures de la tente s’écartèrent pour laisser pénétrer une grande silhouette qui se précipita aux côtés de la femme aux yeux verts. Ignorant le regard outré de l’Ardente, comme si son apparition était une insulte à sa personne même, l’homme s’agenouilla devant elle et l’étreignit avec fébrilité, s’enquérant de sa santé et de celle de la vie qu’elle portait en elle. Le couple se susurra quelques mots, dans l’intimité qu’offrait le rideau de leurs chevelures, puis ils furent interrompus dans leurs embrassades par une question de l’Ondine.

- Istvan ? As-tu des nouvelles de Peddyr ?

- J'ai récemment eu des nouvelles de sa triade, demoiselle Crylith. Tous se portent bien, malgré la progression peu aisée et les obstacles de la jungle Svarog qui est en lien avec Sveargith, m'a confirmé par ailleurs que ton aimé est en bonne santé, ne t'inquiète pas, je suis certain que vous serez bientôt réunis lorsque chacun d'entre vous aura œuvré pour la sauvegarde de notre monde.

L’enfant mage sourit, amusé de voir quels liens se tissaient entre les êtres réunis au sein d’une même épreuve. Que de personnalités hétéroclites avait rassemblé le destin dans un seul et même but! Peut être pas pour tout le monde cependant…sur une natte isolée à l’écart du groupe, Isiliel aux yeux de braises fixait le sable avec tant d’intensité qu’elle semblait en compter les grains, indifférente aux discussions fébriles autour d’elle. De temps à autres un sourire incongru naissait sur ses lèvres pâles puis elle retombait dans sa torpeur, laissant sa soupe intouchée.

Dans un froissement de tissu, Bedjââli se leva, dépliant son maigre corps d’enfant avec une certaine élégance féline. Il s’avança au devant d’eux, semblant léviter au dessus des nattes tant ses pas étaient discrets, puis annonça de son phrasé posé, sa voix d’outre monde :

- J’ai été témoin de vos Epreuves, à chacun. Je dois avouer que je suis…agréablement surpris par leurs issues. Je ne m’attendais pas à ce que nos Ancêtres soient si coopératifs avec vous, estimez vous chanceux. Il fit l’impasse sur les regards décontenancés et continua. Les Esprits vous ont donc délivré de précieuses informations pour la suite de votre Quête, j’en ai eu connaissance en même temps que vous. Cependant, il vous incombe à vous seuls de les partager…ou non. Parlez sans crainte, les miens sont retournés au campement que nous lèverons demain. Nous n’avons été qu’une synapse, qu’une aide pour franchir la porte. Nous avons joué notre rôle. Ce que vous avez appris ce soir vous appartient désormais.

Il s’assit de nouveau en tailleur et les considéra avec un étrange intérêt, comme un précepteur qui attendrait de voir comment ses élèves vont mettre leur savoir théorique en application. Son regard moiré les dévisagea tour à tour puis se posa sur Crylith, dans un signal muet.
L’ondine poussa un léger soupir et se leva. Malgré la fatigue évidente qui alourdissait ses jeunes traits, elle se gaina de dignité, les poings doucement serrés contre sa tunique et expliqua d’une voix distincte :

- J’ai entendu une phrase lorsque je suis parvenue à franchir les tentures. Quand la larme perlera sur la pâle joue de Mu’âd’ibbîn… Je me suis souvenue qu’il s’agissait d’un fragment de cette prophétie Sâfhar dont tu nous a parlé au début de notre Mission, Maëvann, mais à peine avais-je compris cela que le vent m’a soufflé le sens ces étranges mots. L’améthyste de ses yeux se troubla alors qu’elle plissait les yeux, comme pour se remémorer, puis elle dit dans un souffle. Mu'âd'ibbîn n'est autre que le nom Sâfhar de la plus grosse des deux Lunes et la "larme" est un de ses cratères à la forme particulière. Ce cratère n'apparaît que sur une des faces, lors d'une nuit très précise de l'année du Serpent. Et cette fameuse nuit n’est autre que…la prochaine.

Istvan et Maë échangèrent un regard alarmé tandis qu’Isiliel assimilait l’information avec un léger haussement de sourcils surpris. L’ondine se rassit et posa ses mains sur ses cuisses dans un geste posé, annonçant par là même qu’elle en avait fini et qu’elle était prête à écouter les autres. Bedjââli cautionna ses dires d’un hochement de tête puis dévisagea Isiliel. L’ardente fixait la toile de la tente lorsqu’elle sembla sentir le regard du jeune prophète et darda ses yeux rubis sur lui, le considérant avec une immobilité et une vergogne déconcertantes. Les deux êtres auraient pu se dévisager encore des siècles ainsi si la Chef de Triade n’avait pas brisé le silence d’un raclement de gorge impérieux.

- Isiliel, il faut que tu nous dises ce que tu as entendu des Ancêtres Sâfhars. Il s’agit d’informations capitales pour l’avancée de notre mission.

- Les Ancêtres ? Mais c’est le vent qui m’a parlé ! répondit la jeune femme d’un air crâne, comme s’il s’agissait là d’une évidence à la portée de tout le monde. Il m’a dit des mots étranges, une chanson sans mélodie. C’était beau. Beau comme le feu et comme le sang des humains qui coule. Je les ai tués. Ils étaient trop nombreux.

Les trois compagnons cillèrent et échangèrent un regard entre la stupéfaction et l’horreur. Puis la Chevalière Noire se pencha en avant, les bras appuyés sur les genoux et réitéra sa demande.

- Eh bien, dis nous ce que le vent t’as soufflé même si tu n’a pas compris le sens. C’est vraiment important ! expliqua-t-elle, appuyant chacun de ses mots comme pour parler à une enfant un peu lente. Si nous n’avons pas ces informations, nous n’aurons aucun moyen de savoir ou se trouve notre prochaine destination.

La jeune femme eut une moue, braquant un regard plein de suffisance sur Istvan.

- Sa présence m’importune. Je l’ai tué. Il ne devrait pas être la.

Maëvann frémit d’une rage contenue et prit la main de son aimé dans la sienne, la serra avec détermination pour faire comprendre qu’il ne partirait pas. Bedjââli , jusqu'à présent muet, prononça alors d’une voix teintée d’une telle prégnance que tous bondirent sur leur séants :

- Enfant du Mar Taralom ! Le temps presse. Tu peux choisir de te taire mais soit alors consciente que tu ira à l’encontre de ta Triade, de la mission pour laquelle tu as été choisie par les Dieux.

L’ardente poussa un soupir contrarié puis leur tournant le dos, énonça d’une voix maussade comme un enfant qui annone sa leçon :

- Le vent m’a dit ce vers « Et que sa soeur en recueillera l'eau sacrée » La "soeur" en question n'est autre que la plus petite des Deux Lunes. La prophétie évoque le fait qu'elle puisse servir de vasque car lors d'une nuit très précise de l'année du Serpent, elle prend la forme d'un mince arc inversé, comme une coupelle. Et cette nuit se trouve être celle qui suit la nuit du Lynx.

Bedjââli considéra avec un intérêt presque scientifique le frémissement qui parcourut les deux femmes. Elles prenaient conscience que le temps leur était plus que jamais compté et combien il serait difficile de maintenir la cohésion dans leur Triade, bien qu’évoluant ensemble dans un monde qui allait semer quelques embûches dans leur mission.
Enfin, ce fut la Chevalière Noire qui se leva à son tour.

- Voila, quant à moi, ce que les Esprits m’ont confié quant à la dernière partie de la prophétie « Et que son frère sera englouti par la gueule de pierre » Comme vous l’avez compris, si les Lunes sont les « sœurs » évoquées dans ces vers, leur frère est le soleil, Solya. Pour déterminer où l’endroit se trouve Sa'rh-el-Neghbal : la Cité Qui Dort Sous Le Sable, il nous faut être situées près d’un massif rocheux au coucher du soleil et lorsque certaines faces des lunes seront visibles…Il se passera sans doute quelque chose…

Elle se retourna d’un bond vif vers l’enfant mage :

- Bedjââli, existe-t-il un massif de roches importantes dans Ssyl’Shar ?

- Dans le paysage plat et linéaire du désert, cela se repère assez rapidement oui. A l’Est d’ici se trouve un amas de roches imposantes que nous appelons « Skibâr al’naoun » La Tête du Lion. Elles revêtent en effet la vague apparence d’un lion qui rugit. Selon la saison, il arrive que le soleil se couche dans l’alignement de sa gueule ouverte.

Le jeune Safhâr observa avec un certain amusement Istvan , Crylith et Maëvann déplier une carte, consulter le calendrier lunaire et les dispositions stellaires, rivalisant de théories et de démonstrations pour vérifier les accointances entre la prophétie folklorique et l’emplacement réel du Temple. Il ne sembla pas se formaliser qu’aucun d’eux trois ne s’inquiète des vers évoquant le Serpent à Couronne de Foudre, gardien de la Cité Secrète de ses Ancêtres. Sans doute s’en soucieraient-ils au moment venu…Ils y seraient bien contraints.

- Mon ange ... vous ne devez tarder à vous y rendre ...souffla Istvan à sa fiancée, le sérieux de son regard gris masquant une certaine inquiétude. La conjonction est proche ... L'idéal serait que vous partiez demain matin.

- Vous semblez avoir compris où vos pas vous mèneront. dit le jeune prophète en se levant avec une lenteur mesurée. Demain un convoi vous mènera à Skibâr al’naoun aux premières lueurs de l’Aube. C’est à une journée de marche. Je vous y attendrai.

Sans autre forme de discours, Bedjââli se retira, suivi de près par la jeune Ardente qui alla trouver le sommeil dans la couronne d’un des arbres de l’oasis. Les trois Chevaliers restèrent un moment à deviser sous la tente, la discussion tourna tout d’abord autour de la prophétie et de la mission qui allait suivre…puis leurs esprits déjà éprouvés par les visions les poussèrent à parler de choses plus légères.

Enfin ils se séparèrent, le jeune couple allant profiter de leurs derniers instants d’intimité sous la tente, l’ondine rejoignant sa liée et se laissant happer par le souvenir ému des visions de ses enfants, son aimé, la semi-elfe déjà prise d’un sommeil tissé de rêves atypiques.

~ ~ ~ ~ ~

Le lendemain, alors que le dais clair de l’Aube nimbait les dunes, la petite troupe se prépara dans un silence teinté d’appréhension. Alors qu’Istvan et Maëvann s’éloignait pour s’étreindre et échanger un dernier baiser, quelques derniers mots tendres, leurs Liés échangèrent quelques recommandations en pensée, sous l'écoute attentive de leur cadette blanche.

- ° Draveÿn, veille bien sur Maë et le petit. J’ai senti la magie qui était à l’œuvre durant le Rituel, son empreinte particulière. Si ce Temple englouti est l’écrin des Ambres, m’est avis qu’il est protégé de sortilèges du même acabit…Mais d’avantage pour nuire aux potentiels pilleurs de tombeaux. Cela ne m’inspire pas confiance°

- ° Aaah , tu as fait des progrès dans ta Perception, Svarog. Je te félicite…Mais ne t’en fais pas, petit lézard rouillé ° tempéra le grand Noir, saisissant une besace entre ses dents pour l’installer sur son dos en attendant que Maë l’harnache ° Ce Temple sera sans doute bien assez grand pour m’accueillir sous ma forme draconique. Je les suivrais dans leurs explorations°

Maëvann observa la silhouette du Grand Bronze s’éloigner, chatoyant dans les teintes rougeoyantes du Soleil levant puis se tourna vers l’Ondine.

- Es-tu prête Crylith ? C’est sans doute avec cette aube que se lève l’ultime et sans doute plus dangereuse phase de notre mission.

- Plus que jamais. répondit sa comparse avec un hochement de tête déterminé. Je ne suis pas experte des temples piégés, mais jusqu'à présent nous avons su nous débrouiller à deux. Espérons qu’il en aille toujours de même maintenant que la Triade est recomposée.

Les deux femmes eurent un regard synchrone et éloquent pour Isiliel qui regardait le soleil se lever dans un étrange balancement. Isiliel avait tout d’une femme-enfant recluse dans un monde qui leur était étranger et, pour le moins, ne les attirait guère. L’une comme l’autre ignoraient à quoi s’en tenir avec un si…singulier personnage mais avaient conscience des conséquences dramatiques qui résulteraient de l’échec de la mission. Sans s’en apercevoir, elles effleurèrent leurs ventres dans un même geste.

Le convoi traversa le désert d’une traite, comme pressé par la course inexorable des astres au dessus d’eux, ne marquant que de courtes pauses pour boire ou reposer leurs jambes fatiguées par la marche dans le sable. A l’approche de la Tête de Lion, le Sâfhar qui les guidait se faisait de plus en plus nerveux, on l’entendait marmonner dans sa langue d’étranges imprécations et exécuter des séries de gestes pour conjurer les mauvais esprits. A peine la masse rocheuse avait-elle surgi de l’horizon qu’il déchargea son chameau et fourra leur matériel dans les bras des Chevalières.

- Skibâr al’naoun …Là-bas… Pas pouvoir venir avec vous…Sacrilège. haleta-t-il en jetant des regards affolés autour de lui. Rester là ! Attendre coucher soleil et Lunes venir !

Et après un bref salut, l’homme s’empressa de chevaucher sa monture des sables et de disparaître au loin. Les trois femmes attendirent le crépuscule dans un silence presque religieux, graissant leurs lames, ajustant les lanières de leurs armures ou laissant tout simplement leurs pensées vagabonder dans les vents brûlants.

Alors que l’or du couchant coulait sur l’horizon vallonné des Dunes, une voix bien connue souffla dans leur dos.

- Il est temps.

Bedjââli se tenait derrière elles, comme jaillit soudainement du sable, la profondeur de son regard irisé rehaussée par la lueur du crépuscule. Il les contourna avec une paisible assurance et leur fit signe de les suivre, les menant à l’ombre des rochers auréolés d’ocre et de feu. Dans la pénombre, son étrange regard luisait d’une troublante acuité alors qu’il annonçait d’un ton doux, presque gracieux :

- Chères âmes, vous avez déjà affronté beaucoup mais le plus ardu est encore à venir. Vous allez fouler un sol sacré, resté intouché depuis des siècles, mais votre parcours dans ces lieux oubliés ne sera pas de tout repos. Il leva les mains, paumes tendues vers le ciel, dans un geste de bénédiction, alors que se dessinaient dans le ciel l'arc ivoirin des deux lunes. Puisses la divine Flarmya veiller sur vos pas, mes filles. Ramenez l’Ambre. Sauvez notre monde.

Il y eut comme un frémissement sous leurs pieds et soudain le sable meuble se creusa sous leurs semelles, imprimant un mouvement de spirale dans un sifflement soyeux.
Les jeunes femmes, réalisant l’horreur de la situation, tentèrent de se dégager mais leurs chevilles étaient déjà entravées par l’onde mouvante. Bedjââli les regardait s’enfoncer avec un calme incongru, mains croisées sur son giron dans une sorte de recueillement sacré. Crylith et Maëvann lui jetèrent un regard oscillant entre colère et détresse, outrée et décontenancées de son passéisme, tandis qu’Isiliel observait nerveusement le sable grignoter ses mollets sans pour autant tenter de s’en dégager.

- ° Bedjââli ! Ce sont des sables mouvants, il faut les tirer là, aidez m…°

Le corps du Dragon s’arqua étrangement alors ses pupilles reptiliennes se contractaient à l’extrême. Il chuta lourdement, soulevant une gerbe d’ocre, ses grandes ailes étendues comme les voiles d’un navire échoué. Lentement, le sable commença à le happer à son tour. Puis Kyalith, qui tentait elle aussi d'extirper l'ondine du sable en la tractant par le pan tunique qu'elle tenait dans sa gueule, se cabra dans un cri et s'écroula à son tour.

- NNOOOONNN !!!

Maëvann se débattit comme un beau diable, déjà prisonnière jusqu'à la taille, agrippant le sol toujours fuyant entre ses mains pour tenter d’atteindre son Lié, ahanant de rage et de sanglots.

- Ne vous débattez pas. Sinon vous mourrez.

Le timbre de l’enfant mage s’était comme scindé en un chœur de plusieurs voix, amalgame d’homme et de femmes, certaines sonnant comme des soupirs, des échos lointains. La petite silhouette d’enfant était auréolée d’une étrange sphère d’ectoplasme bouillonnante où se dessinait parfois une silhouette humaine, un ballet de visages aux traits typiques du Désert.

- Bedjââli ! Vous nous avez trahi ! Pourquoi ?! fulmina Maëvann , lançant le bras pour saisir l’unique main libre que lui tendait l’ondine.

- Nous sommes les Esprits. Bedjââli est notre messager. Ne bougez pas ou les sables vous étoufferont. Laissez vous faire. La fille aux yeux de sang a déjà compris. répondit l’entité multiple.

La Chef de Triade eut juste le temps de voir le visage d’Isiliel, résolu et pâle, les yeux fermés, glisser sous la surface du sable. Quelques une de ses mèches ébène subsistèrent encore avant de s’enfouir à leur tour, comme d’étranges serpents. Dans le même regard, la demi-sang vit que seule une aile de son dragon était désormais visible, sombrant comme si le désert le digérait lentement. La petite blanche quant à elle avait déja disparu. Croisant le regard empli d'effroi de Crylith, la demi-sang émit un sanglot horrifié.

- Comment vous faire confiance ? Qui me dit que ce n’est pas un piège, que vous ne voulez pas mettre notre mission en péril ?!

- Vous n’avez pas le choix. Vous devez nous croire et affronter votre peur.

- Je ne peux pas mourir ! Je ne veux pas ! Je vais être mère et épouse, je … Nooon ! Cela ne peut finir ainsi !

La main de Crylith se contracta sur le poignet de Maëvann, lui imposant de se tempérer d’une brève secousse au bras.

- Calmes toi ! Ils ne mentent pas…Il y a …quelque chose en dessous.souffla l’ondine, la mâchoire contractée dans un effort de sang-froid. Il y a comme un courant d’air, mes pieds pendent dans le vide…Et j'entends Kyalith me parler d'un vaste espace sous le sable. Ce doit être le Temple.

La fougueuse Chevalière ouvrit la bouche dans un hoquet effaré mais déjà sa comparse prenait une inspiration, fermant les yeux avant d’être entièrement happée par le sable. Essayant d’optimiser ses dernières secondes pour calmer l’affolement de ses sens, tempérer son instinct de survie, Maëvann n’en braqua pas moins un regard meurtrier sur l’entité du désert.

- Si vous nous avez menées à la mort. Cela se saura. siffla-t-elle entre ses dents alors qu’elle laissait docilement le sable recouvrir ses épaules, puis son cou. Et vous le paierez.

- Vous comprendrez. Vous nous remercierez. Plus tard. se contenta de chantonner la sphère ectoplasmique, chamarrant de visages à l’expression compatissante et amusée.

Comme pour ses comparses, le corps de Maëvann transita quelques secondes dans la matrice chaude et fluide du sable avant d’en être expulsée dans une pluie dorée et d’atterrir, après une brève chute libre, dans un bassin d’eau étonnamment claire.

Isiliel et Crylith essoraient déjà leurs vêtements sur un sol dont les dalles apparaissaient ça et là à travers la fine nappe de sable. Kyalith trottinait devant elles, observant les environs. Draveÿn, quant a lui, s’éveillait en s’ébrouant dans une vasque un peu loin, vidée a moitié par la chute de son imposant corps. Les aventuriers, trempés et hébétés, observèrent ce qui les entourait.


Nul n’aurait soupçonné trouver si impressionnante construction sous le sol instable du désert. Une véritable cité troglodyte avait été bâtie là, à même le roc, aménagée en pont, en arches et en esplanades, exposant des façades sculptées avec une finesse à peine érodée par le temps et le sable. D’immenses colonnades, si hautes qu’elle disparaissaient dans l’ombre des arches rocheuses au dessus de leurs têtes, semblaient soutenir cette incroyable architecture depuis des siècles. La lumière filtrant par une science inconnue à travers le sol sablonneux jouait sur des petits jardinets en friche, des escaliers creusés d’un milliers de pas, des échoppes abandonnées, laissant présager sans mal la vie fourmillante dont cette cité oubliée du temps devait être autrefois agitée.

La troupe suivie des deux Dragons fit quelques pas dans le silence assourdissant, seulement troublé par le crépitement de quelques filets de sables tombant du plafond. L’air était frais et semblait se renouveler, bien qu’imprégné d’une étrange odeur minérale et poussiéreuse. L’odeur du Temps. L’odeur du Passé.

- Et maintenant ? Où allons-nous ?

La voix d’Isiliel rebondit contre les lourdes arches soutenant le monde souterrain, leur renvoyant la question. Ou aller ? Par où commencer ?
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MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel-Quête des Deux Lunes] Sous les feux du Ciel   Sam 7 Sep 2013 - 16:46

Posté par Crylith

La nuit avait été courte pour l’ondine et sa Liée. Bien qu’épuisée par le rituel, Crylith eut bien du mal à s’endormir et quand enfin le sommeil eut pitié d’elle, les images de son avenir avec Peddyr bercèrent sa nuit. Kyalith partagea un instant ses songes et elle fut elle aussi envahie par une onde de bonheur, puis enfin elle glissa également dans un sommeil profond et réparateur. Les vertus des tisanes des Safhârs avaient des effets vraiment bienfaisants et bien qu’elles se levèrent à l’aube, elles étaient parfaitement fraiches et disposes pour affronter la plus dernière épreuve.

La Triade marcha d’un pas vif vers leur destination et bientôt Bedjââli réapparut devant elles. Elles n’eurent pas le temps d’échanger quelques mots que les corps s’enfonçaient progressivement dans les sables créant une panique de toute part.

Kyalith se débattit comme une diablesse pour rejoindre sa Liée et l’extirper de cette mort certaine quand elle reçut un coup violent entre ses deux cornes et disparut rapidement. Crylith resta choquée, la terreur et la douleur étreignant sa poitrine avec force. Pourtant quelque chose clochait. Elle n’éprouvait pas cette panique, ce trou béant dans le cœur qu’elle avait ressenti le jour particulier de son empreinte quand la petite blanche à peine éclos avait failli mourir par son ignorance. Se pourrait-il qu’elle ne soit pas morte ?

° Morte moi ? Et puis quoi encore. Non j’ai juste atterri dans une vaste salle. Le Temple se trouve sous les sables ma Lilith, laisse toi faire. Prends une grande inspiration et tout ira bien, fais moi confiance. °

Crylith, rassurée, attrapa le poignet de Maëvann et la secoua doucement pour attirer son attention.

« Calmes toi ! Ils ne mentent pas…Il y a …quelque chose en dessous
souffla-t-elle, la mâchoire contractée dans un effort de sang-froid. Il y a comme un courant d’air, mes pieds pendent dans le vide…Et j'entends Kyalith me parler d'un vaste espace sous le sable. Ce doit être le Temple. »

Elle sentit les crispations de la torhille mais ne lâcha pas sa main exerçant une douce pression rassurante et écoutant les conseils de sa Liée, elle prit une profonde inspiration et ferma les yeux. Elle avait parfaitement confiance dans sa petite dragonne et elle ne doutait pas une seule seconde de survivre à cette descente dans les sables. Ce qui était surement beaucoup moins aisée pour sa comparse.

Dans un dernier sursaut, elle rouvrit les yeux cherchant des yeux Isiliel qu’elle avait complètement oublié, elle devait la prévenir également, mais l’elfe avait déjà disparu et elle referma les yeux rapidement. Le sable comprima pendant quelques secondes son corps et elle résista à l’envie d’emplir ses poumons d’air puis enfin elle fut expulsée et atterrit sans grâce dans un petit bassin d’eau. Elle s’extirpa tant bien que mal et s’ébroua pour chasser l’eau.

« Maëvann, Isiliel vous allez bien ? »


La jeune femme n’avait pas regardé encore où elles se trouvaient, plutôt inquiète pour ses compagnes, même si elle n’en laissait rien paraître. Elle avait senti la détresse de la chevalière et n’y était pas insensible. Instinctivement elle posa sa main sur son ventre qui abritait la vie et inspira profondément afin de calmer les battements de son cœur.

° Ne t’inquiètes pas ma Lilith, les esprits ne t’auraient pas montré ton avenir si tu devais mourir au cours de cette quête. Fais en sorte d’en sortir en entière et tout ira bien. °


Kyalith sentit le sourire de sa Liée. L’ondine ne souriait quasiment pas, sauf quand elle était en présence de Peddyr et de Sveargith mais la dragonne partageait ses pensées les plus secrètes et les plus intimes et n’avait nul besoin de voir pour savoir ce qu’elle ressentait. Trottinant de part et d’autres du bassin, elle observa le temple. C’était cependant bien plus que ça, ils se trouvaient dans une vaste cité qui avait été habitée. Le silence fut bientôt interrompu par la voix d’Isiliel.

« Commençons par explorer les lieux. Nous trouverons peut être des indices sur les pierres d’Ambre du dragon quadricéphale. »


Crylith suivit sa blanche et se dirigea vers ce que ressemblait à une échoppe. Elle posa sa main sur les murs ouvragés et sentit la pierre chaude sur sa paume. Elle suivit un instant les rainures et se demanda quelle histoire recélait cette ville souterraine. Qui avait vécu ici et pourquoi plus personne n’était présent pour les accueillir ? On aurait presque pu croire que tous étaient partis la veille. Elle se raidit instinctivement. Le temple n’avait pas été déserté sans raison, il fallait qu’elle reste sur ses gardes, ce qui avait chassé la vie d’ici pouvait se trouver encore là.
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