Tol Orëa, la Terre de l'Aube

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 [LIEU] Vie quotidienne dans la Cité

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: [LIEU] Vie quotidienne dans la Cité   Sam 7 Sep 2013 - 17:06

[HRP]Si vous êtes intéressés par ce projet RP merci d'adresser un MP à Maëvann ou Istvan avant tout postage. Vous pourrez poster juste pour un passage furtif dans notre cité où vous y investir dans un rôle majeur. Les RP Terre de Liberté sont ouverts à tous sans restriction de rang ou d'ordre à la seule condition d'en respecter la Charte.

Ici vous sont proposés des lieux de RP dont les descriptions restent à étoffer. Vous pouvez vous impliquer dans ces descriptions et proposer d'autres lieux, d'autres images.




 


Grouillante de vie, la rue marchande est un des lieux centraux de la cité. On y trouve des commerçants, des artisans, le guérisseur, l'armurerie, l'école. La population bigarrée qu'on peut y croiser est l'exact reflet de cette communauté tissée d'individus venus des horizons les plus divers. Fourmillante d'activité et de chaleur, toujours très animée quelque soit l'heure. A l'activité commerçante du jour succède la nuit une joyeuse ambiance emplie de la musique déversée par les tavernes.


Ruelles de la cité  


 

(description à faire) NB : Vous pouvez situer l'habitation de votre personnage dans une de ces ruelles



[

Bassin alimenté par des sources naturelles, ou les conversations badines se mêlent aux vapeurs parfumées à travers les tentures pourpres et diaphanes. On y vient pour se laver, pour se détendre et échanger entre membres d'une même communauté (description à approfondir)




L'auberge  



Lieu animé et convivial, de brassage des différentes origines par excellence. Les troubadours et ménestrels y sont les bienvenus. On y sert des boisons venant de tous les continents mais surtout locales. On y sert d'excellents rôts de cochon sauvage importés de la Steppe boisée.Ouverte à toutes heure du jour, elle accueille le voyageur affamé et lui propose aussi des chambres dans un joli patio intérieur pour de bonnes nuits de repos au calme


Autres images provisoires (pour donner une idée de l'ambiance du lieu). Nous sommes à la recherche d'images de meilleur qualité, vous pouvez en proposer.

Spoiler:
 


Spoiler:
 



NB : Si vous avez envie d'en savoir plus sur Terre de Liberté , suivez la trace de Maël Kerr'wan sur le Rhaëg, et plus particulièrement au coeur des montagnes du Vaendark !
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MessageSujet: Re: [LIEU] Vie quotidienne dans la Cité   Sam 7 Sep 2013 - 17:08

Citation :
[ Cette petite « nouvelle » vise à donner une idée de l’ambiance, du décor, de la vie dans les Ruelles et l’Avenue Marchande de la Cité. Elle n’a pas pour but de s’inscrire dans une intrigue définie mais vous êtes bien sur libres de réutiliser les PNJ et les systèmes mentionnés dans ce texte, comme de broder au fil de votre imagination dans vos Rps futurs…à condition de respecter la Charte de Terre de Liberté ]


~°~
Kuuri Kulamainen Sanaa Kheladjî

Le jour s’engouffrait doucement dans les ruelles ensablées. Ruisselant en colonnes de feu des puits de lumière, il galvaudait aux teintes ocres et terres de la Cité souterraine. Sous ses rayons, Terre de Liberté s’éveillait doucement, dans le soupir soyeux du linge mis à sécher la veille, les cris lointains des premiers marchands.
Un rai de lumière filtra doucement à travers les vantaux de bois et vint chatouiller le visage enfantin de Kuuri. Le garçonnet poussa un grommellement, secoua la tête comme pour chasser un nuisible et se retourna sur sa couche…avant de bondir, les yeux écarquillés. Aujourd’hui, il n’y avait pas école, pas questions de paresser au lit ! Une foule de choses l’attendait dehors. Il bondit sur ses pieds, passa en hâte sa tunique et ses sandales d’aventure -usés jusqu’à la corde- et traversa l’étroite maison de glaise jusqu’à la porte d’entrée.

- Kuuri ? appela la voix ensommeillée de sa mère, déclenchant un cri de frustration muet chez l‘enfant. Où vas-tu ?

- Dehors, m’man , je vais retrouver mes copains dans la Rue Marchande.

- T’es tu lavé au moins ?

- Mamaaan , j’ai pris un bain il y a trois j…

- Ne discute pas, jeune homme. L’eau doit encore fraîche à cette heure matinale, profites-en donc !

Kuuri rebroussa chemin et se dirigea en traînant des pieds vers la salle d’eau. Elle était petite, comme toutes pièces de la maison. Les habitations troglodytes creusées à même le cœur de la montagne avaient pour avantage de garder le frais longtemps - non négligeable pour une cité bâtie sous le désert - mais donnaient parfois lieu à des architectures un peu biscornues. Fort heureusement, le père de Kuuri était un adepte des grands travaux et avait réussi à gagner en espace sur les ruines de l‘Ancienne Cité. La démarche avait pris du temps : Il avait fallu passer par le Conseil des Fondateurs pour obtenir l’autorisation. Même si Terre de Liberté laissait à ses citoyens une grande liberté d’entreprendre, il ne fallait pas que ce soit au détriment de richesses humaines, sociales ou historiques. Mais l’expertise de l’Archiviste avait déterminé qu’il s’agissait là des fondations d’une ancienne boulangerie sans réelle valeur archéologique.

Aussi c’est dans un ancien bac à pétri ou coulait un petit filet d’eau de source que le garçonnet s’ébroua en hâte. Après avoir séché ses cheveux blonds, il fit d’affreuses grimaces dans le miroir d’étain, plissant son nez comme un cochon et roulant ses yeux clairs.

- Tu as mangé ? demanda encore sa mère alors qu’il posait la main sur la poignée.

- Oui ! mentit-il , claquant la porte derrière lui.

~°~°~
Les rues de la Cité était étroites et sinueuses, mais Kuuri aimait le caractère convivial que cela leur conférait. Il y avait toujours quelqu’un accoudé à son balcon pour saluer ou une fenêtre laissée ouverte au petit coup d’œil discret et quand venait l’heure du repas, mille fragrances de nourriture embaumaient l’air. Entre les habitations de pisé, de pierre, de torchis (autant de façon de faire que d’ethnies résidant ici ), les gens bavassaient, échangeait les dernières nouvelles et si quelques tensions somme toute humaines pouvaient se faire sentir, on était toujours prêt à aider son prochain

Kuuri traversa les ruelles d’un pas guilleret, saluant les visages connus d’un petit signe de la main. Autour de lui, la cité désormais bien réveillée libérait ses couleurs et ses rumeurs, pulsant au rythme du quotidien comme un cœur qui bat. Au détour d’une ruelle , l’enfant reconnut un petit camarade qui apprenait le métier de la Voirie en compagnie de son Maître d‘Œuvre. L’équipe du matin était chargée de l’enlèvement des ordures , en rotation avec celle de l’après-midi qui s’occupait l’entretien des chemins, places et jardins de la ville.

- Hey ! Markos ! héla le gamin en faisant rouler vers lui un fruit pourri qui traînait. Tu viens nous rejoindre après le repas ? On va aller explorer …il eût un regard pour le Maître non loin et baissa d'un ton. On va aller explorer les grottes au-delà du Vortex !

- Je ne sais pas trop. répondit le replet petit brun, harponnant le déchet de sa pique avant de le fourrer dans un grand sac de toile. Tu sais bien qu’on à pas le droit d’aller là-bas et que Les Gardiens de la Liberté y rôdent…

- Quelle poule mouillée tu fais parfois ! On dit que ces grottes renfermeraient des choses étranges par leur proximité au Vortex, ca vaut le coup de prendre le risque non ? Et puis ces vieux briscards de la patrouille sont bien trop fatigués pour nous poursuivre à travers les rochers !

Markos se dandina d’un pied sur l’autre, visiblement gêné.

- Eh bien , ma sœur aînée à fêté sa majorité il y a peu et …elle à brillamment réussi le test pour rentrer dans l’ordre des Gardiens. Et tu sais comme moi que leurs premières missions consiste à faire des rondes en duo autour de la Cité.

- Malÿsha est Gardienne maintenant ?! s’écria Kuuri, horrifié. Mais elle connaît toutes nos cachettes et est plus rapide qu’un renard !

Le regard du Maître d’Oeuvre tomba sur lui comme un couperet : il n’aimait guère qu’on dérange ses disciples dans leur travail. Kuuri pouffa et s’éclipsa en sifflotant, songeant avec un sourire qu’il était bon de ne plus s’enfuir la peur au ventre, craignant qu’on ne le poursuivre pour le rosser de coups.

Lorsqu’il avait quitté son ancien chez-lui avec ses parents, il y a trois ans de cela, les gens lui adressaient toujours des regards froids ou des sourires malveillants. On le pointait du doigt et on crachait par terre au passage de son père. Sifflements de serpents, regards tranchants comme des poignards et bagarres avec les autres enfants du quartier tissaient son quotidien… Le garçon blond n’avait jamais vraiment compris pourquoi les grandes personnes étaient si méchantes à leur égard. La seule fois ou il avait osé demander, ses parents avaient eu un regard si triste qu’il s’était juré de ne plus recommencer. Comme seul indice, il n’avait que les phrases acides des enfants de son âge, sans doute calquées sur celles de leurs propres parents

- Ton père parle trop ! Il ne dit que des mensonges !
- Ta mère est une traîtresse à l’Autorité !
- Vous trois, vous n’êtes que des fauteurs de troubles, des hors-la-loi…mais on vous matera !


Puis une nuit, on avait poignardé le père de Kuuri en pleine rue. L‘homme avait oscillé entre la vie et la mort trois jours durant et a son rétablissement , ils étaient venus se refugier ici, ou personne ne leur demandait de comptes ni ne les questionnait sur leur passé. Pour ce que l’enfant en savait, tout le monde à Terre de Liberté fuyait quelque chose ou avait souffert de la méchanceté des autres. Les gens venaient du quatre coins du Rhaëg y trouver la paix et dans les rues se mêlaient peaux pâles et peaux mates, tenues bariolées et armures, langages chuintants et chantants … C’était parfois un peu effrayant, ce mélange, mais Kuuri savait que personne ici ne voulait du mal.

Le bourdonnement de la rue se fit plus intense, le tirant de ses pensées : devant lui s’ouvrait une avenue plus grande, jalonnée d’échoppes et d’étals, où la chaleur naissante charriait de riches odeurs d’épices, de rôts et d’huiles parfumées. De vastes alcôves s’ouvraient sous les coursives des habitations alentours. On pouvait y trouver les ateliers des artisans et l’auberge qui, aux plus chaudes heures de la journée, offrait ombre et repos aux passants. Parfois, les grandes personnes s’installaient sur des coussins brodés devant la devanture…Elles bavassaient en aspirant la fumée d’un long tuyau relié à un drôle de vase plein d’eau gargouillante. Kuuri faisait bien évidemment partie de la cohorte de bambins curieux qui leur tournaient autour, avides de tenter l’expérience de cette fumée douceâtre…mais les adultes n’étaient pas partageurs et les chassaient à grands renforts « Ce n’est pas pour les enfants ».

Pas grave, il …emprunterait le vase que son voisin utilisait parfois sur sa terrasse et l’étudierait de plus près, en cachette.

Le garçonnet huma avec délectation les fragrances des étals et rejoignit la bande de gamins assis sur le muret près du puits, battant des jambes dans le vide en observant l’agitation du marché.

- Salut Kuuri ! T’as traîné aujourd’hui ! lança un petit rouquin qui trépignait comme s’il avait des insectes dans ses pantes. On t’a attendu !

- J’ai croisé Markos et j’ai une nouvelle vraiment pas sympa à vous annoncer…mais pardon du retard quand même !

- Ce n’est pas grave, j’en ai profité pour réviser mon algèbre. Je vous rappelle qu’on un contrôle demain. avisa une petite fille aux cheveux sagement tressés, un manuel ouvert sur ses genoux.

- Oh la barbe, ne nous parle pas d’école en cet instant crucial ! tempêta une autre, visiblement d’origine Batuuli, avant de se pencher vers son ami. Vas-y Kuuri , dis nous tout !

Le jeune blondinet sentit ses joues rosir alors que les grands yeux félins, noirs comme la nuit, l’observaient avec intérêt. Il était éperdument amoureux de Sanaa et ce, depuis qu’elle était arrivée dans leur classe. Bien qu’elle soit plus âgée que lui, il la trouvait courageuse comme deux garçons, intelligente comme trois…. et puis sa chevelure sauvage et son étonnante peau noire, luisante le fascinaient.

- La ..sœur de …de Markos est…heu…entrée chez les Gardiens. bafouilla-t-il , l’air ahuri.

Ce fut à peine si les cris effarés de ses camarades couvrirent le gargouillement qui monta de ses entrailles, nouées tant par la faim que par l’émotion. Sanaa pouffa derrière sa main et pointa un étal non loin.

- Regarde, le Conseil à autorisé Murmakk, la vieille marchande de fruits, à changer son étal de place. Cela lui évite les trop longs trajets depuis chez elle. Maintenant elle est installée juste en dessous de cette terrasse. expliqua-t-elle, malicieuse.

Kuuri observa la coursive aux décors orientaux qui s’avançait au dessus de la tenture de l’étal, sans comprendre ou la belle voulait en venir…puis son regard s’éclaira.

- Qu’est-ce que vous préparez encore tout les deux ? maugréa le rouquin en s’agitant de plus belle. Je vous rappelle que la dernière fois qu’on s’est fait attraper , Markos et moi, on à eu le droit à un sermon de Lord Kerr’wan lui-même et on à purgé une semaine de travaux d’intérêt général ! Bon, y’en a un qui à apparemment trouvé sa voie dans le ramassage des ordures et la taille des buissons. Le visage émacié et constellé de tâches de rousseur s’étira dans un sourire goguenard. Mais moi jtiens pas à c’que ca nous retombe dessus encore une fois !

- Oui, et en plus Sanaa est sous Tutorat. La sanction sera d’autant plus sévère. notifia l’élève modèle aux tresses, sans lever les yeux de son manuel.

La petite Batuuli jeta un regard farouche à sa camarade, visiblement vexée qu’on la renvoie à son statut « d’adoptée ». Une caravane de commerçants fournissant régulièrement la Cité leur avait confié l’enfant il y a quelques mois : ils l’avaient trouvé déambulant parmi les dunes. Devant son obstination à garder le silence sur les raisons qui l’avaient conduit à s’exiler dans cette partie reculée du Ssyl’Shar, la fillette avait été placée sous Tutorat d’un membre du Conseil jusqu’à ce qu’on retrouve sa tribu ou sa famille, si toutefois elle en avait une.

-Vous n’avez qu’à aller buller aux Bains ou vous cacher dans vos lits, bande de couards ! lança-t-elle avant de prendre Kuuri par la main et de s’éloigner a grandes enjambées.

~°~°~
Ils traversèrent l’avenue centrale où se croisaient charrettes chargées de lourds ballots de marchandises et clients aux paniers garnis. S’il n’était pas complètement assommé par la main de Sanaa serrant la sienne, Kuuri aurait volontiers reluqué d’un œil gourmand ce que chacun ramenait chez soi pour le repas. Il aimait la farandole de couleurs et de matières qu’offraient la rue marchande : épices, lamelles de viande et de poisson séchées, céréales, peaux et étoffes mais aussi bijoux artisanaux étaient achetés aux tribus et populations locales. Les fruits, légumes et autres produits frais étaient plus rares, les denrées périssables venant de plus lointaines contrées nécessitant l’aide des Dragons et survivant parfois mal à l’Interstice. L’enfant se souvint pourtant avoir entendu, alors qu’il faisait tranquillement ses devoirs aux Archives, deux adultes deviser sur le « Vortex des Mondes » et l’éventuel usage qu’on pourrait en faire pour voyager d’un bout à l’autre du Rhaëg. La porte Magique découverte avec l’investissement des ruines était un des grands mystères de la communauté, nul n’en connaissant le fonctionnement ni l’origine exacte, pas même les Fondateurs.

- Tu crois qu’ils parviendront un jour à ouvrir le Vortex ? souffla Kuuri à Sanaa alors qu’ils escaladaient l’escalier menant à la coursive, accroupis

- J’espère ! Je suis sure que mes ancêtres ont joué un rôle dans la construction de cette porte…Près du bureau de l’Archiviste, il y a un vélin affiché sur la paroi. C’est un relevé de toutes les inscriptions gravées près du Vortex. Certains dessins et caractères sont très similaires à ceux qu’on utilise chez les miens.

- Vraiment ? Kuuri ouvrit des yeux ahuris, plus fasciné encore par sa panthère du désert. C’est incroyable ! Tu crois qu’on pourrait approcher ce Vortex de plus près ?

- Je ne sais pas, l’endroit est très surveillé par les Gardiens, c’est une zone instable…mais peut être que les grottes y mènent ? La petite Batuuli se pencha discrètement par-dessus le balcon pour observer l’étal puis fit signe à Kuuri. Tiens moi par les chevilles et descends moi vers la tenture. Ne lâche pas surtout !

Kuuri hocha la tête, la regarda s’asseoir sur la margelle et entoura solidement ses chevilles fines de ses mains, tentant de contenir son trouble. Il se mordit les lèvres pour retenir un cri de stupeur quand la fillette se renversa dans le vide, bras tendus vers l’étoffe qui maintenait l’étal à l’ombre

- Descends moi encore un peu ! susurra Sanaa en écartant le tissu. Je vois les fruits d’ici mais je ne peux pas les atteindre.

Le garçonnet n’osa avouer à sa douce que ses bras commençaient déjà a faiblir et, inspirant pour se donner du courage, se hissa et appuya son ventre contre le rebord afin d’aider Sanaa à descendre d’avantage. L’impétueuse Batuuli se glissa entre la tenture et le mur de la coursive jusqu'à mi-buste, juste dans le dos de la vieille commerçante qui s’activait à remettre de l’ordre dans sa marchandise. L’espace d’un instant, la fillette faillit éclater de rire devant le comique de la situation puis se ressaisit et commença à se balancer doucement pour atteindre les oranges sur sa gauche.

Du balcon, le teint de Kuuri rougissait à vue d’œil, il resserra la prise sur les chevilles de sa camarade pour gainer les tremblements de ses bras. C’est à ce moment là qu’un cri retentit : une grosse dame replète, un panier au bras, pointait du doigt l’arrière de l’échoppe de fruits, les yeux ronds. La vieille Murmakk fit volte face pour découvrir une sauvageonne du désert, suspendue la tête en bas, deux de ses oranges dans les mains.

- Remonte moi ! Remonte moi ! hurla Sanaa en voyant la marchande se précipiter sur elle.

Voulant aider Kuuri , elle donna une impulsion en redressant son buste mais c’en était trop pour l’équilibre mal assuré du garçon. L’enfant bascula dans un cri et la tenture de l’étal amorti sa chute avant de se déchirer…chute qu’il termina dans les fruits et légumes dont certains éclatèrent sous le choc, projetant du jus de toute part. Sanaa s’était quant à elle déjà relevée et extirpa Kuuri de sa galère avant de s’enfuir avec lui sous le regard ahuri des deux femmes souillées de bouillie vitaminée.

Les deux enfants étaient déjà à l’autre bout de la rue quand elles sortirent de leur stupeur et alertèrent à hauts cris un Gardien qui passait par là.

- Viens, Sanaa ! On va le semer ! s’ecria Kuuri , apercevant le milicien à leurs trousses. Suis moi !

Ils virèrent sur la gauche, s’engouffrant dans une ruelle étroite qui servait de débarras aux habitants du voisinage : monceaux de planches, de jarres vides et autres vieilleries y étaient entreposées. Portés par leurs jambes véloces, les enfants s’y faufilèrent. Sanaa renversait un ou deux monticules de temps à autres pour semer leur poursuivant.

- Il n’abandonne pas, Kuuri ! lança-t-elle, une pointe de panique perçant dans sa voix. On va se faire attraper !

- Pas encore !

Les yeux clairs du garçon avisèrent une treille près d’une porte cochère, où s’enroulait un joli plant de jasmin. Il bondit pour y grimper, Sanaa à sa suite, afin de s’échapper par les toits…mais le Gardien, visiblement coriace, ne se découragea pas pour autant.

- Attendez voir garnements ! L’envie de voler vous passera après avoir recopié notre Charte une bonne centaine de fois !!

Mais lorsqu’il se hissa sur la treille, elle craqua de façon sinistre puis céda sous son poids, alertant le propriétaire qui sortit en trombe et poussa un cri effaré devant les dégâts. Les chenapans ne purent s’empêcher d’éclater de rire lorsque les échos de l’altercation leur parvinrent. La main de la petite Batuuli vint chercher celle de Kuuri lorsqu’ils sautèrent sur le toit voisin, chose relativement aisée par la proximité des habitations de glaise.

- Tu…tu crois qu’on l’a semé ? haleta-t-elle.

- Oui…on dirait.

Il rentra la tête dans ses épaules et rougit fortement devant le merveilleux sourire qu’elle lui adressa…mais vira au blême lorsque la lucarne du toit s’ouvrit, le Gardien en surgissant comme un diable en boîte.

- AH ! Cette fois je vais vous avoir !

- Cours Sanaa !!

Dans un même élan, les enfants sautèrent dans le vide et agrippèrent un fil a linge tendu entre deux toits voisins. Kuuri jeta une culotte de velours à la tête du Gardien lorsque celui se pencha, manquant de l’attraper par l’épaule. Empruntant un escalier extérieur, ils redescendirent en hâte et coururent au hasard des rues, jusqu’à ce que leurs poumons brûlent, jusqu’à ce que leurs jambes protestent. Arrivés près de l’Escalier menant à la porte de la Cité, ils se cachèrent derrière des ballots de marchandises et restèrent là, serrés l’un contre l’autre, les sens aux aguets …Au bout de longues minutes de silence, Sanaa se détendit et sortit deux grosses oranges des poches de son ample tunique.

- Je crois qu’on l’a bien mérité ! pouffa-t-elle tout bas avant de déposer un baiser sur la joue de Kuuri.

Le jeune garçon hocha la tête d’un air béat et rêveur, pelant distraitement son trophée. Etrangement, il n’avait plus très faim.

Un jour comme les autres s’était levé sur Terre de Liberté.
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