Tol Orëa, la Terre de l'Aube

Le Ciel est notre Empire ... pour Vaincre ... ou pour Mourir !
 
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 Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:38

Posté par Darweel

Darweel sauta lestement sur le sol désertique. Une terre pauvre et constamment battue par un vent trop violent s'étendait de toutes parts devant ses yeux. La jeune femme s'accroupit et pausa sa main dégantée à plat sur la surface meurtrie de la lande désertique. Le Valheru les avait envoyé sur une terre aride et dure. Une terre oubliée de toute vie, laissée telle une charogne au bon vouloir des légendes et de leurs spectres. Une terre qui souffrait constamment.


**Et qui souffrira bien davantage dans les jours à venir si ce que l'on pense se réalise.
-Nous sommes là pour empêcher cela Darweel.**



La demie elfe se tourna vers son dragon. Le géant noir aux yeux rougeoyant ne l'appelait jamais par son prénom. Tout en lui indiquait un malaise à ce trouver sur ce pan décharné du monde. Darweel partageait ce sentiment et peut être était il encore plus visible sur elle. Se relevant, elle enserra les pan de sa cape noire autours de ses épaules et se rapprocha de son lié, posa une main fine, toujours dégantée, sur le bas de sa patte avant, la taille du dragon ne lui autorisant pas une prise plus haute. De nouveaux, leurs quatre yeux convergèrent sur cette place aride, boursoufflée de petits cratère par endroits. Et tout au loin, là où seuls des yeux d'elfe et de dragon pouvaient voir, la roche semblait monter de la terre vers le ciel en dentelle déchiquetée, bien trop fine pour défier ainsi un vent rageur.


**C'est ici.
-C'est ici.**



Darweel soupira, se forçant à refouler au plus loin les derniers souvenirs qu'elle conservait d'une mystérieuse enfant aux yeux de sang et aux cheveux de neige qui était venu se perdre en ces terres, et perdre son âme...
Ce détournant enfin du paysage, elle regarda le jeune demi  elfe qui l'accompagnait. Nathaniel Illyan du Kaerl Celeste. Un jeune membre de l’Ordre des dragons en fait, puisqu’il n’était encore qu’Aspirant. Mais une lueur farouche teintant le fonds de son regard en disait assez long à Darweel et son lié pour considérer le jeune homme à sa place parmi eux. Ils avaient voyagé ensemble depuis le Mar Menel. Ancienne disciple de ce Kaerl, Darweel n’avait eu aucun mal à le localiser et à y trouver le demi elfe. Cela avait été décidé si peu de jours auparavant, quand tous encore se trouvaient au Manoir d’Ael Alfirin. Il semblait pourtant qu’une petite éternité s’était écoulée depuis…
Un peu plus loin sur leur droite un dragon Brun s’était posé. Les troisièmes membres de leur triade. La Triade d’Obsidienne. Darweel détailla  le Torhil qui le chevauchait. Grand et solidement batit à l’instar de ceux de sa race, il portait sur son visage une froideur implacable qui semblait t émoigner d’une distance que rien ni personne ne saurait combler.  Ils étaient du Mar Taralom. Darweel lui fit signe de descendre et de se joindre à eux. La Lande d’Eru ne serait pas aisée à fouailler. Et les pierres d’Obsidienne n’y étaient peut être pas rare. La demie elfe balaya une fois de plus le terrain veiné de crevasses qu’ils allaient devoir arpenter. Sous la houpe du vent, bien sur…


« Le terrain est traitre… Mais ce n’est que moindre mal tant que ça ne concerne que la Terre. »

La jeune femme échangea un regard entendu avec son lié.

« Il nous faudra néanmoins rester vigilant. Des trous d’airs ne sont pas étrangers à ce décor, non plus que des geysers d’eaux bouillantes et d’airs vifs. Et qui sait quelles autres petites surprises nous attendent également ici.
Vous avez tous deux – tous trois devrais je dire – assez de culture pour savoir que nous allons arpenter la terre des spectres. Personnellement, je n’ai pas peur des fantômes… Mais les ombres lointaines de ce pays renferment le quatrième Kaerl. J’espère que nos recherches n’auront pas à nous y conduire, mais je ne me fais guère d’illusion à ce sujet…  Et si tel est le cas, nous aviserons sur le moment. Je crains que nos renseignements concernant le Kaerl Oublié ne soient guères prolifiques et ne nous laisse guère d’autres choix. »



Regardant tour à tour ses trois compagnons, Darweel haussa légèrement un sourcil dans une interrogation muette. Elle embrassa en une image les silhouettes de Méléagh, Azdriel et Nathaniel. Sa petite équipe… Un représentant de chaque Kaerl. La demie elfe se demanda un instant lequel des trois allait causer des soucis en premier.


**Ca, il sera toujours temps de le savoir le moment venu…
-Sans doute ‘Rok. Tu connaissais Azdriel et son lié ?
-Hum…
-Ca veut dire quoi ça ?
-Rien. Et toi, tu connaissais le jeunot qui se prend pour un homme ?
-Ca fait des années que je n’appartiens plus au Mar Menel. Et méfie toi du  « jeunot », je suis sure qu’il pourrait te surprendre.
-Sans blagues ? Et moi aussi j’ai quitté le Mar Taralom depuis un moment, fillette !**


Dernière édition par Oracle Tol Orëanéen le Sam 31 Aoû 2013 - 13:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:38

Posté par Nathaniel

La lande d'Eru ...


Ce nom résonnait sourdement dans le crane de Nathaniel alors qu'il glissait du flanc de Ragnarök. Depuis qu'il connaissait sa destination, son nom le hantait accompagné d'images de terres dévastées, de rivières asséchées et de forêts desséchées.
Mais le paysage qui s'imposa au demi sang était bien pire que tout ce que son imagination lui permettait de concevoir, et un sentiment d'effroi lui empoignât le cœur au contact du sol aride.


*Nom d'une schloute, songea-t-il. Qu'est-ce que les dieux et les homme sont fait de ces lieux ?!*

Cependant et malgré le frisson qui lui parcourait l'échine, il restait déterminé à réaliser son but et le but de la triade : dénicher les pierres obsidiennes quoi qu'il en coute.
Il voyait à travers les décisions du sage Meilan-Lavok quelques desseins d'une importance considérable, et cela l'effrayait un peu. La quête des deux lunes allait changer bein des choses. D'ailleurs, depuis le début de la quête, Nathaniel n'avait pas quitté son attitude sérieuse. Il sentait presque une ride de concentration se dessiner sur son front. Il y avait dans cette marque comme une volonté de maitrise sur soi, de courage - et un peu de peur ?
Le jeune Taëwien regarda la dame Darweel se baisser et caresser la terre sèche. Elle se redressa quand le lié de l'ardent Azdraiel se posa auprès d'eux.

Il sembla à Nathaniel que la dame du Màr Luïme et son lié tentait de juger les membres de la triade, cherchant à déterminer leurs capacités. Il croisa le regard de Darweel, et fut étonné de ne rien voir. La demi elfe semblai enfermer ses émotions aux regards des autres.
Le jeune homme détourna prudemment les yeux, jugeant préférable de ne pas heurter la dirigeante de la triade obsidienne.

Il se mit alors à observer l’autre membre qui lui était totalement inconnus, ainsi que son lié.
Le grand maître brun du Màr Taralom semblait ajouter à sa haute stature une candeur écrasante, portant bien en vue les attributs de sa race. Le demi sang n’avait pas pour habitude de juger les gens au premier abord, mais il avait comme intime conviction que cet homme recueillait en son cœur l’orgueil des chevaliers ardents. Sans même en avoir rencontrés, Nathaniel méprisait la haine des ardents, elle lui semblait tellement importante pour ce qui les différenciait du reste du monde qu’elle lui faisait pitié. Ils n’étaient pas les seuls à souffrir, le mal ne l’emporterait jamais.

Quand à son lié, Le dragon Meleagh, son apparence ne disait rien qui vaille. Il était assez petit pour un dragon brun, tout du moins au regard du demi elfe. Il y avait dans la forme de son corps et de sa tête quelques mesquinerie qui ne plaisait guère.
Le Taëwien détourna le regard vers les extrémités visibles de la lande d’Eru. L’horizon semblait brouillé par des chapes de brume, des volutes de vapeur et des vrilles de chaleur. Il ne faisait pas beau, mais le climat était lourd.

Darweel s’adressa alors aux deux représentant des Kaerls. Nathaniel tiqua quand elle parla de spectres, et du Kaerl oublié. Ces lieues et ces fantomes, il en avait entendu parler, mais n'avait jamais cru à ces fariboles de piliers de tavernes. De toute évidence le vieux Morn avait quand même raison. Le jeune homme se dit qu'il irait peut être plus souvent frapper à l'auberge de Lomëanor. Puis elle leur parla des difficultés du sol, et des geyser, le faisant frémir.

Quand la dame se tut, il inspira à fond, et souffla une petite brise qui descendit le long de son corps doucement puis se dispersa sur le sol. Les odeurs qui lui revinrent étaient celles de vapeurs de souffre et d’eau, de gaz nauséabond et de plantes sèches.
Comme pour confirmer les dires de Darweel, une colonne d’air et de vapeur jaillit du sol, pas très loin du groupe d’aventuriers. Vus d’assez loin, les geysers avaient quelque chose de fascinant, mais le demi sang ne s’en serait pas approché de bon cœur. Ils allaient devoir être prudents dans leurs déplacements.

Le jeune Taëwien s'avança alors, et dit d'un ton décidé : "Sommes-nous prêt à commencer les recherches ?"
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:39

Posté par Azdraïel Alaric

Le Brun famélique vint se poser aux côtés du géant d’ébène. Dans un nuage de poussière, il atterrit en refermant soigneusement ses ailes pâles sur son corps musculeux. Méléagh jeta un regard appuyé au dragon noir, comme un humain dévisagerait son semblable. Une expression presque vicieuse traversa ses yeux changeants. Tout exalté par la perspective de leur quête, il frémissait d’impatience, les muscles bandés saillants sous la peau écailleuse avec un aspect presque répugnant.

Son Lié, lui, offrait un mur de silence et d’imperturbabilité. Les lèvres scellées, le visage impassible, il glissa de son dos pour rejoindre la terre ferme de la fameuse Lande d’Eru. Azdraïel s’accorda un instant pour embrasser le décor autour d’eux. La familiarité du lieu ne le laissait pas indifférent. Il sentait que tout se jouerait bientôt ici. Pour le meilleur pour le pire.

Tout à l’heure, dans la vaste salle du Manoir, il l’avait repérée. Sa victime lui avait échappé. Ou plutôt sa descendante.

° Elle ressemble à son père,°
avait déclaré lugubrement le grand Brun en se départissant de son sourire railleur pour adopter l’attitude sombre et grave de son Lié.
° Je sais. °

Sur ces simples mots, ils avaient échangés un regard. Leur maître voudrait savoir.

De retour sur les lieux de la plus grande tragédie qu’ait connue le continent, Azdraïel et Méléagh ne parvenaient pas à se défaire de cette impression obsédante que les ennuis et pas seulement ceux concernant les Deux Lunes, allaient les poursuivre. Le Destin s’acharne toujours sur les mêmes personnes, semble-t-il.

Le Torhil dévisagea à son tour les deux demi-Elfes face à lui. Le gamin du Màr Menel semblait bien jeune et inexpérimenté. Il avait cette lueur de témérité dans le regard, propre à ceux qui ne faisaient pas long feu face à la mort. Ou peut-être pas. La jeune femme, elle, présentait des caractéristiques peu communes. Volontaire, elle restait tout de même très méfiante et son visage inexpressif paraissait les jauger pour tenter de percer la surface et découvrir les sombres tréfonds des âmes. Pour juger qui, d'eux trois, lui poserait en premier le plus de problèmes.

Aux mises en garde de la Maîtresse Noire, la légendaire Main Noire eut un lince sourire indéchiffrable, sans humour tandis que son regard mordoré se faisait plus froid et insondable encore. Il connaissait ces mythes et cet endroit comme sa poche. Ce n'était pas pour rien qu'on le nommait la Main Noire. Mais peu connaissait la réelle signification de ce nom. Le souffle d'air brûlant ne l'émut pas non plus. Près de lui, Méléagh eut une pensée mesquine qui chercha aussitôt à dissimuler à son Lié. Si le jeune garçon leur posait trop de problèmes, il serait oujours temps de le jeter malencontreusement dans un trou d'air chaud. Un terrain aussi favorable au décès prématuré ne pouvait laisser indifférent. Mais Méléagh, dans toute son arrogance et sa cruauté pure, ne pensait alors qu'à une chose : se délecter de la souffrance d'autrui et rendre plus palpitant encore leur excursion.

Azdraïel fit mine de l'ignorer dans sa gaieté puérile et curelle. Il reporta son attention sur Darweel sans répondre à Nathaniel.

- En effet, il serait temps de se mettre en route.

[HorsRP : Désolée pour la courtesse ^^']
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:39

Posté par darweel

Darweel détailla une fois de plus ses compagnons de voyage. Pour le moment, les deux représentants des Kaerls opposés semblaient tenir une sorte de dédain respectif. Tant qu'ils n'ouvraient pas les hostilités, ça pourrait aller... Pour le moment. La demie elfe sourit intérieurement. Si les deux loustiques avaient décidé de s'ignorer tout bonnement, ça n'allait pas être simple de communiquer, et la jeune femme sentait que ça allait très vite l'ennuyer de servir de relais entre les deux. Mieux valait qu'ils n'arrivent pas à ce genre de méthode.
Une fois de plus elle jeta un regard au demi sang et au Torhil évaluant les chances qu'elle avait d'en prendre un pour taper sur l'autre, en cas de besoin...

Revenant à des préoccupations plus immédiates, elle hocha imperceptiblement de la tête, donnant son assentiment concernant leur départ imminent. Chacun de ses deux acolytes avait fait remarqué qu'il était temps de se mettre en route, et la jeune femme ne pouvait leur donner tort. Un frisson parcouru son échine quand elle posa les yeux sur le dragon brun.


***-Je le sens pas lui... Et toi 'Rok.
-Ce n'est pas un danger immédiat. Inutile qu'il t'embrouille l'esprit.
Allez-y tant que la terre est calme. Ca ne sera peut être pas toujours le cas. Non plus pour les autres éléments.
-Je sais 'Rok. Nous y allons...**


De nouveau elle se tourna vers ses compagnons de fortune - ou d'infortune, et leur donna les dernières directives avant leur mise en route.


"Nous resterons ensemble, autant que faire se peut. Il est primordial de pouvoir continuer à communiquer. Si l'un de vous repère quoi que ce soit qui puisse servir notre quête, qu'il le dise.
Azdraiel? Cela ennuierait il Meleagh de partir en avant ? Il jouera le rôle d'éclaireur. Charge à lui de nous présenter la configuration du terrain, notamment s'il voit des crevasses où des geysers. Nous tracerons notre route en grande partie sur les informations qu'il nous fournira.
Nathaniel, vous êtes demi elfe. Comme moi votre vue doit être plus aiguisée que la normal. Je vous enjoins donc à ouvrir grand vos yeux. Je ferai de même de mon côté bien sur. 'Rok restera à proximité de notre groupe. Il nous tiendra informé des changements qui peuvent s'opérer dans la terre. Un tremblement de la croute terrestre ne serait pas surprenant. En revanche ce serait une mauvaise chose pour notre expédition. Écoutez ses alertes, elles nous seront peut être précieuses."



Darweel capta les regards de chacun, Meleagh comprit, puis prit le devant de la petite expédition, sentant tout son petit monde se mettre en marche à sa suite.
Cette première journée sur la Lande d'Eru s'annonçait déjà longue. les autres le seraient toutes autant. Mais elle était néanmoins contente d'avoir programmé le début de cette quête de bon matin. Moins ils passeraient de nuits dans cet endroit maudit, mieux ce serait.
Mais la Lande n'était pas si grande, et dans trois jours ils atteindraient les contre forts de ce qui, d'ici, n'était encore qu'un petit point obscur porté sur l'horizon: le Mar Dinen. La demie elfe espéra ne pas à avoir à en passer les portes. A quel prix se monterait donc le tribut qu'il leur faudrait régler pour sauvegarder leur planète?
Passant non loin d'un petit renflement de terre, à peine plus haut qu'une taupinière, Darweel vit une fuite d'air s'en échapper en sifflant bruyamment, soufflant un petit nuage de vapeur d'eau. Bien qu'à quelques pas, la demie elfe senti la chaleur qui émanait de cette étrangeté naturelle... En face d'eux, la terre se boursoufflait ainsi en bien des endroits, prête à cracher son venin sur les voyageurs imprudents.


**Parce que tu te figure qu'à par vous trois il y a beaucoup de voyageurs dans cette partie du monde?
-Honnêtement mon ami, je ne le souhaite pas. Il y a décidément des coins bien plus sympas sur cette terre.
-Dévie de deux trois mètres vers la gauche fillette.**



Sans poser de question, la demie elfe s'écarta de quelques pas, faisant signe à Nathaniel et Azdraiel d'en faire autant. Regardant attentivement le chemin qu'elle aurait suivi sans l'alerte du dragon, elle vit une petite fissure se creuser dans le sol, laissant échapper à son tour la dangereuse vapeur d'eau bouillante, ainsi qu'un mince filet d'air de couleur mordorée. Les gaz toxiques n'avaient pas attendus trop longtemps pour faire leur apparition... Levant la tête, la demoiselle se demanda quelle autres embuches ils allaient rencontrer dans l'après midi, quand ils entreraient dans la zone des grands geysers. Là bas, ce serait de véritables colonnes qui se dresseraient sur leur chemin. Des colonnes aussi brulantes que toxiques. Un endroit qui renfermait de joyeuse petites bébêtes...


**T'en fais pas pour les bébêtes. Je m'en occuperai... Avec Meleagh. D'ailleurs, il devrait les repérer avant nous s'il y en a.**

Sans se tourner vers ses compagnons de route, Darweel les mit néanmoins en garde d'une voix calme, contre les joyeusetés de l'après midi.


"Nous allons entrer dans une partie de la lande où ces petits monticules vont atteindre une hauteur qui dépassera de loin la votre. Des wyvernes risquent de s'y tapir. Des wyvernes et d'autres joyeusetés. Serpents, scorpions et araignées. On devrait les voir arriver normalement... Ils sont plus gros qu'un poney. Les dragons devraient les repérer de loin."


**Au fait 'Rok, tu ne pourras pas nous suivre à ce moment la?!
-Non, je suis trop grand pour passer entre ces colonnes naturelles. Vous devrez vous débrouiller sans moi. Et probablement sans Meleagh aussi. je ne sais pas s'il pourra passer lui...
-On le saura bien assez tôt je présume.
-Arrête de faire la tête. On vient de l'entamer cette quête. On part pour une grande aventure non? On gravera nos noms dans l'histoire de cette terre, c'est grandiose! Alors arrête de péter l'ambiance. Tu pourras commencer à assombrir ton humeur quand le jeunot se sera fait croquer par une tarentule géante et que mister marbre sera tomber dans une crevasse toxique. Là d'accord, tu pourras peut être commencé à te faire de la bile. Mais pour le moment tout va bien.
-Tout va bien hein? Et je te rappelle que tu es sensé être là pour éviter justement à "mister marbre" de tomber dans une crevasse.
-Ce n'est qu'un détail fillette. Et pourquoi vous ne chanteriez pas une jolie petite chanson pour vous mettre du baume au cœur? Tous les trois ensembles...
-Bon ça va aller là avec l'ironie.
-...
-Et puis je ne suis pas sure que notre ami Torhil ai l'oreille très musicale...**



En pensée, le dragon noir et sa liée échangèrent un sourire de connivence. C'était bien de 'Rok de plaisanter en pareille circonstance... Mais l'ironie dont il faisait preuve presque constamment avait un effet particulièrement apaisant en cette heure sur la demie elfe.

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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:40

Posté par Nathaniel

Le regard de dame Darweel amusait Nathaniel. Ce qui se reflétait actuellement de la demi elfe était une suspicion non feinte, et une interrogation su son propos et celui du chevalier Azdraiel.
Grands dieux ! Elle n’avait pour l’instant rien à craindre de lui… Elle semblait s’attendre à voir un conflit ouvert entre lui et le représentant du Karl ardent. Il était vrai qu’il ne lui inspirait ni confiance ni même aucun autre sentiment louable, mais il ne chercherait pas à se brouiller avec la Main noire.
Cela n’était pas du tout dans son intérêt. Pour le moment, ils allaient se mettre en route pour retrouver les obsidiennes.

Pendant un instant, le silence régna sur la triade, et le jeune demi sang devina les échanges mentaux qui s’animai entre Darweel et Ragnarök son lié. Le gigantesque dragon noir impressionnait Nathaniel par sa taille et par sa capacité à découvrir ses dents dans des sourires immenses et taquins. Le fait qu’un dragon puisse avoir l’air amusé ou ironique ne semblait pas de bon adage, surtout parce qu’il était plus grands que trois ou quatre chevaux mis bout-à-bout.

Alors que le groupe commença à s’avancer sur les terres dévastées de la lande d’Eru, Nathaniel se remémora les paroles du sage Meilan-Lavok aux questeur sur le départ.

*Cela pourrait bien être votre dernière quête … Nom d’une schloute, ce n’est pourtant que ma première ! Il serait dommage de ne pas pouvoir me mettre en route avec des compagnons choisis, et un but décidé communément. Tachons de rester en vie …*


Ce pensant, il se mit en route à le suite de la dame des eaux et suivit de près par Azdraiel.
Alors qu’il s’avançaient, Darweel leur donna quelques indications. Pour indiquer tout ce qui pourrait être utile à la quête, cela ne serait surement pas très dur, mais pour ce qui était de sa vision accrue Nathaniel n’était pas sur de lui. Cette capacité du à la race de son père n’avait jamais été son point fort, il devrait faire bonne mesure avec afin d’assurer la réussite de leur quête. Il se concentra donc sur sa vue, et tenta d’apercevoir les détails du décor environnant.
Il fut tout d’abord déstabilisé par le rendu  de sa vision. Il arrivait à apercevoir relativement loin du groupe les formes d’un rocher ici, celles d’un arbre desséché un peu plus loin, mais le tout était légèrement flou et lui donnait mal à la tête. Il tenta de faire revenir sa vue à une dimension normale, et parvint à obtenir quelque chose de plus convenable. Il se maudit de n’avoir jamais travaillé cette capacité, et se promit de s’y mettre dès son retour au Màr Menel.

Le vent bourdonnait à ses oreilles, et ce que le jeune demi elfe entendait n’avait rien en commun avec ce que les brises lui soufflaient habituellement. Il y avait dans cet alizée comme une voix rauque et des paroles n’ayant pas de sens particuliers, bien que l’ensemble ait une allure menaçante. Le lande d’Eru n’était décidemment pas un lieu accueillant.


Le Taëwien regarda aux loin les deux dragons voler en éclaireurs. Les brasement d’air provoqués par leurs battements d’ailes s’entendaient bien de là où se trouvait le groupe d’aventuriers. Même de loin, on voyait clairement la différence de taille entre le brun Meleagh et le noir Ragnarök.
Soudain, Darweel leur fit signe de s’écarter, et se décala elle-même de deux ou trois mètres. Un jet d’air et de gaz immondes jaillit à l’endroit exact où se trouvait le groupe un instant plus tôt, faisant se craqueler la terre et s’envoler des morceaux de caillasse. Le tout n’atteignait pas une hauteur impressionnante, mais restait assez important pour être dangereux.

Nathaniel eut un mouvement de recul, alors que la chaleur du jet lui brulait la peau et les yeux.
Il trébucha sur une roche émergée du sol, et se retrouva assis durement par terre. Il leva le regard d’un air benêt, comme si une main allait tomber du ciel pour l’aider à se relever.
Il se releva tant bien que mal, essuya ses vêtements couverts de poussière et se mit à fixer le bout de ses bottes sans relever les yeux.
Darweel prit alors la paroles, et le jeune homme réalisa qu’elle n’avait pas remarqué se chute. Ses propos lui firent regagner la réalité à toute allure, parce qu’ils voulaient être préventifs. Le ton calme avec lequel Darweel citait les quelques bêtes peuplant la lande avait quelque chose … De terrifiant. Comme si elle-même avait été blasée par leur présence, et ne les craignait pas outre mesure. Il était vrai que la compagnie d’une créature aussi imposante que celle du grand noir devait y être pour quelque chose, mais là où le petit groupe se dirigeait, les dragons risquaient des difficultés de déplacement.
On voyait se profiler au loin des monticules de tailles impressionnantes, entre lesquels la circulation en toute sécurité devenait incertaine.

* Alors gamin ! Comment ça avance tes histoires ? Tu la dégote, ton obsidienne ?
-Comme si les choses étaient aussi simples … Je suis au beau milieu d’une lande dévastée avec deux chevaliers dragons qualifiés de deux Kaerls différents du miens dont un ne m’inspire aucune confiance, et l’autre semble se méfier de moi. En plus, il parait qu’il y a dans le coin des scorpions et des araignées gros comme des poneys, et des wyvernes.
-Ah oui, des wyvernes. Je comprend ta suspicion à avancer en ces terres.
-Suspicion ? Non, je sais pourquoi nous sommes ici et je ne m’en irai pas avant que nous ayons découvert l’obsidienne. Je reste juste … Prudent quant à l’avancée en ce milieu hostile !
-Commence donc par regarder où tu mets les pieds ! La jolie dame n’a peut être pas remarqué ta chute burlesque, mais il ne doit pas en être autant pour l’ardent Torhil qui vous accompagne*

Nathaniel rougit un peu et baissa rapidement la tête alors que le petit groupe reprenait sa marche.

*Ca suffit ! Je serais plus prudent …*
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:41

Posté par Azdraeil

Aux paroles de la jeune Darweel, Azdraïel acquiesça silencieusement et jeta un regard à son Lié. Le malingre dragon brunâtre opina du museau et partit en tête, prenant les devants. Il se permit un coup d’œil en arrière pour vérifier que les autres étaient prêts puis se mit en route d’un pas régulier, les yeux chavirant fixés droit devant lui et tous ses sens à l’écoute des soubresauts de cette terre palpitante et hostile qu’il connaissait pourtant si bien. Il laissa au Torhil le soin de dresser un casier judiciaire de leurs acolytes de fortune car lui avait une mission capitale à remplir – bien qu’il la trouve fort ennuyeuse, lui qui aurait voulu s’amuser à effrayer ces petits êtres qui trottaient derrière : le rôle de l’éclaireur.

Le musculeux et non moins puissant Brun imita son confrère d’ébène et s’élança dans le ciel gris, déployant ses grandes ailes pâles. Son vol erratique et saccadé avait toujours été une de ses particularités mais ainsi, il était sans cesse aux aguets pour influencer le courant du vent. Ses immenses prunelles tourbillonnèrent vers un orangé passif.

Le Chevalier Ardent rangea la femme dans la catégorie des femelles volontaires mais avec un surplus de sollicitude. Elle ne devait pas avoir l’habitude des sacrifices pour le bien de la quête. Quant au gamin, il le rangea dans la catégorie des casse-croûtes pour Méléagh ! Enfin non, pas tout à fait. Le petit avait l’air déterminé et débrouillard mais, comme il se l’était déjà fait remarqué plus tôt, il serait de ceux à mourir bêtement – s’il y avait un risque de mort.

Les nouvelles mises en garde de la Dame le laissèrent de marbre. Il joua celui qui comprenait et ferait attention. En vérité, puisqu’il connaissait presque de longue date l’endroit, il saurait se débrouiller en cas de problème. Les geysers putrides et brûlants jalonnaient leur parcours et ce n’était pas près d’être finis. La mésaventure du jeune Nathaniel lui arracha un sourire blasé. Lui-même avait été surpris la première fois. Il avait faillis en mourir...

Son visage redevint grave. Prenant de l’initiative, il rejoignit en trois grandes enjambées la Maîtresse Noire et s’enquit :

- Nous recherchons une pierre d’obsidienne, un œil de dragon n’est-ce pas ? Mais où devons-nous chercher exactement ? Avons-nous une piste concrète ou partons-nous à l’aveuglette ?

Puis, conscient de s’être dévoilé plus qu’il n’en fallait, la Main Noire hausa les épaules avec nonchalance et reprit :

- Je pense qu’il serait bon de nous mettre au courant, mon Lié, le gamin et moi.

Un froid sourire fendit son visage de pierre, ses yeux mordorés plus durs qu’un roc.

° Alors, n’est-elle pas charmante ? Peut-être est-elle plus bavarde que son Lié... Ce Ragnarök est si Ardent, en fait... Pas drôle du tout !
Nous rirons plus tard, mon ami. Je te le garantis.
Je l’espère bien ! °
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:41

Posté par darweel

Un bruit dans son dos indiqua rapidement à Darweel que ses consignes n'avaient pas épargné tous ses compagnons de route. De toute évidence, l'un d'eux était tombé, et d'après ce que lui indiquaient ses oreilles, ce devait être le demi elfe. La jeune femme n'eut même pas à ravaler un sourire. D'ailleurs, elle n'avait même pas prit le temps de se retourner vers l'Aspirant du Mar Menel. La route était bien assez dangereuse comme ça, mieux valait regarder devant que derrière soi. De toute façon, Nathaniel se releva promptement, signe qu'il n'avait récolté aucune blessure digne d'un arrêt, ou même d'un intérêt.


**Le jeunot ne me semble pas très à l'aise avec les baguettes qui lui servent de jambes... Ils n'apprennent pas à marcher au Mar Menel?
-Ca suffit 'Rok... Une maladresse, c'est tout. Moi aussi au début j'aurai trébuché sur cette lande si tu n'avais pas été avec moi.
-Ca c'est probable, maladroite comme tu es!**



Darweel ne prit pas la peine de répondre à son désespérant compagnon. Si lui semblait d'humeur taquine, ce qui en soit était déjà miraculeux, elle était plutôt soucieuse de remplir leur mission au plus vite et avec le moins de dommages collatéral... et corporel! Pour l'heure, l'humeur espiègle de 'Rok lui tapait plus sur les nerfs qu'autre chose. Par ailleurs, elle avait la désagréable impression que son lié en était parfaitement conscient et se réjouissait de continuer son petit manège.
Ah les ardents... Tout pour vous pourrir la vie!
En parlant d'ardent, le Torhil vint se poster au côté de la jeune femme, posant des question qui sous entendaient qu'on ne leur avait pas tout dit.
Le visage toujours aussi fermé, Darweel ne pu cependant empêcher ses sourcils de se rejoindre en un froncement qui en disait long sur son état d'esprit.


"Vous étiez là à la réunion sieur Azdraïel, quand Meilan Lavock nous donna nos ordres de mission. Vous savez parfaitement ce qu'il s'y est dit.
Alors oui, ce sont bien des joyaux d'obsidienne que nous devons trouver, des yeux de dragon. Quant à leur localisation précise, nous voilà sur cette lande désertique. L'obsidienne est une pierre pas si facile à trouver que ça. Elle demande des conditions climatiques particulières. Or, ces conditions sont réunies sur cette lande. A plus forte partie vers ces grands geysers que nous voyons devant nous. C'est là que nous aurons le plus de chance de trouver notre butin. Dans les méandres des geysers... éteints. Maintenant, nos recherches ne concernent pas seulement le minéral, mais deux pierres bien particulières. Je vous engage donc à ouvrir les yeux tout grand si vous tenez à les trouver rapidement.
A moins que vous ne préfériez..."



Laissant sa phrase en plan, Darweel s'écarta vivement du chemin qu'ils empruntaient, bousculant légèrement le Chevalier Brun afin qu'il l'imite. Devant eux un petit monticule s'élevait de terre à la manière d'une taupinière et déjà une carapace noire émergeait à la lueur du soleil.
Rapidement, l'épée batarde de la demie elfe se retrouva entre ses mains, son manteau aux couleur du Mar Luimë rejeté sur son épaule. Un dard venimeux perça la croute terrestre.


**'Rok? Tu peux me dire ce que tu fabrique?
-Comment ça ce que je fabrique? Un barbecue de scorpion pour servir ma Dame, et elle est pas contente?*
-T'en a repérer combien?
-Deux à environ un mille de là où vous êtes. J'ai demandé à Méleagh de s'occuper des deux autres à un demi mille sur votre droite. J'en sens d'autres en approche alors ouvre l'oeil.
'Rok, si tu regardais dans ma direction, tu apprendrais que la menace que tu m'indique se trouve à, quoi, environ deux pas devant moi?!
-Rrrrrr.... Écartes toi! Et les autres aussi. Tiens toi à au moins cinq pas de ces trucs et prends garde à conserver leurs dards dans ton champs de vision.
-Ma vision ne voit que ça pour le moment camarade!
-J'arrive. C'est le feu qu'ils craignent le plus ces vermines. Ta petite épée ne va pas les égratigner beaucoup avec la cuirasse qu'ils se trimballent... Il n'y a que la base du dard qui est plus tendre et peut être fendue par l'acier. J'arrive!**



Se reculant encore un peu, Darweel jeta un regard à ses compagnons de voyage.


"Bon, messieurs, il parait que ces charmantes bébêtes nous encerclent. Les dragons en ont déjà rôti quatre.
Si l'un de vous à des dons particuliers pour les combustions à distance, c'est le moment où jamais. Sinon, l'acier à visiblement peu de chances de percer sa carapace, excepté à la base du dard... Qui est aussi la partie la plus dangereuse."



Devant leurs yeux, deux grandes pinces émergèrent de terre dans un cliquetis des moins rassurants. Puis le reste du corps se dégagea de la prison terrestre, et l'agréable animal de compagnie surgit dans sa totalité. Trois mètres de long pour un et demi de large. Noire que la pierre qu'ils recherchaient, et bien moins agréable à la vue. Les huit pattes le supportant commençant à se mettre en branle en un spectacle de claquette qui invitait les trois aventuriers à entrer eux aussi dans la danse...
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:41

Les sous-entendus du Torhil agaçaient Nathaniel. Il n’aimait pas du tout être impliqué dans un conflit en défaveur de dame Darweel. De plus, ses questions, ses questions légitimes, tous trois étaient présents, Azdraiel, son lié et le jeune homme, tout comme Darweel et Ragnarök. Il y avait dans le dialogue entre les deux ainés du demi sang quelque chose de malsain. Azdraiel avait un comportement hostile envers le reste du groupe, et même si Nathaniel ne percevait pas les échanges mentaux entre maîtres et liés il ne doutait pas des joutes verbales qui devait animer le joyeux quatuor. Quand Darweel prit la parole, le Taëwien acquiesça de la tête, puis se figea sur place. Les deux partis venaient une fois de plus de s’écarter vivement du chemin.

*Un autre geyser ? Non, pas de bruit d’eau ou de gaz, pas d’odeur nauséabonde.*

Cependant, un petit monticule de terre se formait a quelques pas de lui, et une forme noire luisante en sortait progressivement.

« Qu’est-ce que … »

Le chuintement de l’arme de Darweel sortant du fourreau lui fit prendre conscience du danger. Un dard perça le sol, dévoilant la nature de la bête enfouie. Un scorpion, qui devait être gigantesque vu l’appendice qui venait d’émerger. La petite formation allait avoir des problèmes, et les dragons ne semblaient pas proches. Il allait falloir affronter cette horreur.
Darweel prit alors la parole, expliquant l’absence des liés dans cette situation. Alors qu’elle désignait le point faible de leur ennemi, ce dernier sortit totalement de son excavation et commença à avancer dans leur direction.

Le premier réflexe de Nathaniel fut de tomber en garde. Mais le ridicule de sa position lui arracha un petit rire nerveux. Cette cible là n’était pas un pilier de taverne. Qu’il ait toujours ce genre de réflexe après autant d’entrainement avait quelque chose de gênant. Il saisit rapidement la poignée de son épée et la dégaina dans un geste leste. Puis il la brandit à l’horizontale devant lui, et récita une courte formule magique en concentrant son flux magique vers son avant bras et passant sa main libre sur le fil de sa lame. Alors qu’une aura lumineuse parcourait son arme, un léger sifflement se fit entendre et une brise se leva faisant onduler ses cheveux. Il jeta un bref regard à Azdraiel et Darweel, mais décida de passer outre leur avis. Il fallait agir très vite, et il devait frapper avant que la peur ramollisse ses membres, pendant que son attitude était descente et que sa maladresse n’avait rien de critique.

Il fit donc un pas vers l’avant, comme pour défier la bête. Le claquement de ses pattes faisait un bruit insupportable. Le jeune homme tomba en garde sans un mot, et attendit que le scorpion se rapproche.

*Encore un peu…. Encore un peu …*

Le scorpion arriva à seulement une enjambé et demie du Taëwien . Il était vraiment immense, peut être trois à quatre mètres de long. Ca n’allait pas être très facile, et il n’aurait pas le droit de recommencer. Il fallait aussi être très rapide, pour laisser aux maîtres neutres et ardent le temps de réagir en cas d’échec. Nathaniel ne regarda même pas leur réaction.

*Maintenant !*

Il fit un bond en avant, sautant droit sur le scorpion. Mais le dard plongeant ne rencontra que le vide. La silhouette du demi elfe fit une ombre sur le long corps de l’insecte, tandis qu’il chutait de quelques mètres. Sa magie venait de lui sauver la vie, il avait encore à achever l’animal.
Il brandit son épée, et frappa violemment en direction du point faible indiqué par Darweel. Il sentit sa lame frapper quelques chose de dur, son bras rencontra une résistance imprévue et il perdit son équilibre. Sa lame dérapa le long de la carapace du dard, ne semblant rien entamer de chaire ni de quoi que ce soit d’autre. Le jeune homme termina sa chute sur l’épaule à quelques mètres de l’horrible créature. Le crissement qu’elle produisit alors lui hérissa les poils du dos. Une douleur cuisante le rappela à l’ordre, et il sentit une pierre raccrocher sa peau à travers sa tunique percée.

*Raté…*

Les choses allaient très mal pour le demi sang.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:42

Azdraïel hocha la tête aux paroles plutôt sèches de Darweel. Il se gratta pensivement le menton, comme s’il méditait ces mots, d’un geste nonchalant. Certes, certes... Après ce petit test, sa théorie en était confirmée. La jeune dame avait de la force de caractère. Et éprouvait de la défiance à son égard. Une bonne chose, peut-être... Il réprima un sourire amusé et toucha les pensées de son Lié. Le grand Brun tournoyait un peu en avant de Ragnarök. Méléagh semblait d’humeur maussade pour une fois. Son humeur taquine avait fondu au soleil.

° Cette expédition est d’un ennui mortel. Je me demande bien pourquoi ce Valheru vieillissant nous a appelés. Cet Empereur n’est pas plus bavard qu’un pilier de cabaret !
Ne t’inquiètes pas, ça risque de devenir plus intéressant d’ici peu.
Tu crois que je pourrais jouer un tour à ce petit demi-sang ?
Patiente encore un peu, mon ami. °


Le guerrier imagina sans peine la lueur vert lumineux dans les yeux du dragon s’éteindre aussitôt. Son Lié replongea dans son humeur morose. Le chuintement d’une lame sortant du fourreau le tira de ses réflexions. L’Elfe avait dégainé et faisait face à un monticule de terre pour le moins insolite. Ses mises en gardes passèrent à travers lui comme dans du brouillard. Alors qu’il allait s’élancer sur le scorpion noir émergeant du sol, il vit avec consternation le jeunot sauter sur le dos de la créature pour tenter d’y ficher sa lame. Sa tentative échoua lamentablement et il entendit le rire quasi hystérique de Méléagh retentir dans son esprit.

Sans plus se poser de questions, Azdraïel devança la jeune Darweel et s’élança sur le flanc de la bête devenue hargneuse, se sentant menacée. Le dard fondit vers lui mais il l’esquiva au dernier moment, se plaçant sur le côté d’un pas leste et abattit sa lourde épée bâtarde. Un cri inhumain et suraigu lui vrilla les tympans. Un filet de sueur coula le long de sa colonne vertébrale mais ça, personne ne pouvait le voir. Comme au temps avec Mendel, il avait réagi instinctivement lorsque sa vie était menacée. Pourtant, là, c’était différend. La créature monstrueuse écroulée à ses pieds, ses bottes éclaboussée de sang noir et gluant, sa lame engluée de même... Il ne jeta pas un regard au redoutable dard qu’il venait de trancher. Pourquoi le regarder maintenant qu’il n’avait plus à le craindre ? Il soupira en essuyant son épée sur un chiffon emporté dans son baluchon. Ce sang-là semblait plus difficile à enlever que du sang dragon...

Il releva ses yeux mordorés et accorda un clin d’œil décontracté à la jeune Maîtresse Neutre. Libre à elle de l’interpréter comme une provocation, un signe charmeur ou quoi que soit d’autre. De toute façon, il n’accordait pas plus d’attention aux femmes qu’aux hommes. Pas même aux dragons, excepté son propre Lié. Lié qui courait la gueuse – bien que cette expression offense plus d’une Reine Incarnate au Màr – avec toute l’ardeur et la fougue de la jeunesse, avec toute l’avidité et la patience d’un chasseur. Parfois, Méléagh lui donnait l’impression de n’être encore qu’un enfant, de n’avoir pas grandi. C’était plutôt déconcertant.

- Vous aviez raison, Dame Keltëar. La jointure entre le dard et l’abdomen est plus fragile. Je tâcherais de m’en souvenir à l’avenir.

Sa voix profonde et grave se modulait pour prendre un ton parfaitement maîtrisé, une voix égale. Un hochement de tête courtois plus tard, Azdraïel se raidit, se tendit en sentant l’approche du famélique Brun. Le dragon venait d’incendier les scorpions qui se trouvaient un peu plus en avant avec l’aide de Ragnarök mais les émotions qui bouillonnaient en lui à cet instant ne lui disaient rien qui vaille. Méléagh débarqua à tire-d’aile et atterrit brutalement dans un nuage de poussière, ses immenses ailes pâles et translucides à peine repliées et la gueule encore béante. Ses yeux luisaient d’un éclat vert aussi étincelant qu’une émeraude. La Torhil bondit devant son Lié, planté comme une lance et prit une voix ferme voire dure et autoritaire.

° Suffit, Méléagh. Ne t’abaisse pas à ce genre de comportement. Tu mangeras plus tard. Tu satisferas plus tard tes caprices. °

Le dragon osseux aux écailles délavées baissa lentement sa gueule vers le bipède qui l’avait bravé. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ses prunelles avaient chaviré vers le cramoisi. Il feula de rage.

° Qui es-tu pour me donner des ordres, misérables ? Sans moi, tu serais mort depuis longtemps. Tu as tué ma mère. Je fais parti de toi, Azdraïel Alaric dit la Main Noire. Qu’est-ce qui m’empêche de te tuer ici et maintenant, pour me venger ?
... Tu ne le pourras pas. Tu en mourrais. Tout comme j’en mourrais si je te tuais. °

Sa vois ne s’était radoucie mais avait perdu de sa froideur naturelle. Sans attendre de réponse de la part du mâle boudeur et dépité qui, pendant un infime instant, avait dévoilé toute la noirceur de leurs âmes entremêlées, le Torhil revint faire face à Nathaniel et Darweel.

- Excusez-le. C’est la faim qui le tiraille. Croyez-vous que le scorpion rôti soit au goût des dragons ?

Paroles qu’il accompagna d’un mince sourire indéchiffrable.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:42

[Oui, pardon, le message est assez court, j'espère néanmoins que vous pourrez faire avec ! Bon jeu ! ]


Ether. Moiteur. Ténèbres. Son monde n'était que fils d'araignée tendu aux quatre mondes, jetés aux quatre vents, sur lesquels des larmes, émaux parfaits taillés dans du cristal, glissaient paresseusement, à la lueur filugineuse de ses yeux morts. Ses pattes, parfaites, plus acérées que les mots d'une femme acculée, retenaient les noeuds, tendaient le mou, cherchant la moindre flexion, la moindre vibration, un non-sourire flottant sur sa gueule dépourvue de lèvres. La faim était dans son ventre comme un brasier stellaire, plus dévorant encore que l'Errant affamé, l'appétance lui venant à chaque battement de son coeur mort, léché par les flammes qui le consumaient comme un os trop rongé. Au milieu de sa toile, le Tisseur était un insecte de malheur, dont la seule vue pouvait provoquer la mort, dont l'haleine, sur la gorge dénudée, provoquait la crainte. Et cette peur, cette terreur, était à ses narines le plus délicat fumet qu'il puisse exister. Avec celui du sang.

Silence. Une vibration ? Oui, c'était bien cela, juste ici, au delà de la perception, sensation du domaine de la prescience. On venait sur son domaine, on venait sur son territoire, faisant fi de l'odeur caractéristique de Ceux-Qui-Dominent, la sienne, délicieuse, délectable. Un filet de feu s'écoula de lui, crevant ses orbites creux. Les fils touchés par cette lave émirent comme un hurlement de nouveau né, un vagissement d'agonie, en se racornissant sur eux-même. Il devait sortir. Retourner en chasse. L'une de ses pattes, démesurée, affreuse, palpa la réalité, glissa son unique griffe dans une maille et tira. La toile abstraite des mondes lâcha facilement, révélant un monde plat, une étendue nue, simplement habillée d'une brume plus épaisse encore qu'un linceul.
∆†∆

Ils n'allèrent pas plus loin, festoyant de chair de scorpion rôtie, de venin bouillit dans lequel ils trempèrent le pain de voyage qu'ils avaient pensé à emmener avec eux, y ramollissant de la venaison sèche. Apprenant à savourer des choses inconnus, les bipèdes s'étaient assis à même le sol, autour d'un feu de fortune né de quelques bouts de bois secs glanés ci et là, au petit bonheur la chance, au milieu des cadavres des créatures qu'ils avaient tués : les autres s'étaient enfuit de crainte, sans que l'on ne sache réellement pourquoi et cela, dans le fond, importait peu. Ils s'accordèrent là quelques heures de repos au milieu de la brise qui déchirait la lande enténébrée : la nuit tombait vite, dans un pays où le jour ne se levait jamais vraiment tout à fait.

Sous un ciel chiche d'étoile, l'air était plein de poussière. Mais il y avait pourtant, dans cet instant simple, de la paix. Les Kaerls pouvaient s'accorder, la victoire rapide sur les scorpions, et le repas exotique qui l'avait suivit, en était la preuve. Fallait-il plus aux abrutis pour croire en l'avenir ? Aux discours de défaitistes, les philosophes ont toujours des réponses... mais aux discours idiots, qu'on a répondre les sages ?

Il y eut alors un bruit, là, sur une terre si désolée que les dieux eux-même semblaient l'avoir oubliées, un son entre le grincement et le soupire, un son à faire se dresser les écailles sur le corps... Darweel se leva lentement du sol, époustant distraitement ses habits, Rok dressant la gueule de concert aux perceptions de sa Liée, un grondement sourd, mât, surgissant du plus profond de sa gorge. La semie Elfe sembla se draper dans une cape ourlée d'Impérialisme. Quelque chose, ici, était à craindre. Quelque chose, ici, méritait le souvenir d'yeux plus rouge que la haine. Et la neige, la neige... D'un geste de la main, elle intima aux deux dragoniers de ne pas bouger, de garder le silence. Oui, son doigt, aussi léger qu'un pétale, vola jusqu'à ses lèvres et s'y déposa à peine, effaçant la trace des sourires qui avaient ponctué la conversation.

Ils semblèrent comprendre son intention d'y aller seule, de ne laisser dans la poussière de ces terres maudites que la trace, et la sienne seule, de son talon. La galanterie n'était pas de mise, la politesse était un quolifichet dont on pouvait faire le don, pour peu que le destinataire y accorda de l'importance, c'était au mieux un bibelot décoratif sur le bord des latrines. Avec la discrétion d'un flocon, la Maîtresse Noire fendit la tourmente de sa personne, suivit de près par l'ombre majestueuse de sa dragonne.

∆†∆

Et combien de temps passa ? Une heure ? Une heure et demie ? Les braises agonisèrent puis moururent dans le piaulement distinctif que fait le feu, des étoiles s'éteignant dans le foyer. Autour des deux jeunes hommes, les ombres s'épaissirent. Il dut bientôt leur sembler que nulle torche, nulle bougie ne viendrait jamais plus les éclairer, tant la poix de la brume filtrait les minces rayons d'une lune généreuse, le souvenir même de la lumière comme un simulacre dans leur tête. Ils avaient du entendre, à plusieurs reprises, des hurlements. Mais ni l'un ni l'autre n'avait bougé, comme sentant dans leur chair qu'ils ne devaient, sous aucun prétexte, le faire, l'odeur âcre de la peur flottant dans l'air.

Les Dragons, seuls, s'agitaient nerveusement, infusés de la rage caractéristique prenant les prédateurs acculés. Ils relevaient la gueule et inspiraient profondément, goutant les odeurs, cherchant quelque chose, sans savoir quoi...

Puis ils entendirent tous, distinctement un râle, et des sanglots, et Darweel surgit de la brume, vomit là, du coton qui, lentement, perdait en densité. Son corps était couvert de plaies, coupures impressionnantes desquelles le sang ne coulait pas, déjà sec, coagulé. Elle avait les yeux brillants de ceux qui sont hagard, et le sourire mince des gens perdus. Elle trébucha une fois, et se releva, sous les yeux médusés des deux hommes. Elle recommença, et gémit en se levant...
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:43

L’air lourd et empreint d’impureté emplissait les poumons devenus secs, empêchant la respiration et provoquant des quintes de toux. La chaleur du petit feu était tout de même réconfortante, et le repas quoique spécial avait tout de même rassasié la bête que le demi elfe pouvait devenir quand il avait faim. Ah oui, elle était bien là, elle lui avait tiré le ventre comme la fatigue tirait les membres et le cou, comme elle faisait se baisser les paupières.

La soirée aurais presque pu être conviviale si leur aventure ne s’était pas déroulé dans la lande la plus sauvage que le monde ait porté, avec pour compagnons une dame neutre dont le titre dévoilait bien les intentions (tout à fait neutres !) et un chevalier ardent au caractère autoritaire et avec un penchant pour la violence ? Ce n’était pas commun, c’était même plutôt original. Un critère qui habituellement réjouissait Nathaniel.
Mais pas cette fois-ci.

En effet malgré la paix apparente qui régnait au sein du groupe un profond malaise tiraillait le jeune homme. Qu’est-ce qui clochait ? Il le savait bien, trop même. Il n’avait pas du tout la conscience tranquille, ne serait-ce que vis-à-vis de dame Darweel.
Pour la main noire c’était différent. Son attitude arrogante le poussait à l’ignorer totalement même auprès de ce feu tranquille, en période de trêve absolue. Il n’aimait vraiment pas les chevaliers ardents, particulièrement ce Torhil. La mort trainait dans son sillage et la sournoiserie l’habitait ainsi que son lié. Le demi sang avait eu cette sotte idée que peut être s’il échouait on le comparerait à cet homme là, et il avait ce tableau en horreur. Il devait tenir bon.

Une parole lui revint en mémoire, souffle fugitif en son esprit vagabond.
*… Ton père … Revoir ton père ? … Oui … *
Il fut parcourut d’un long frisson sur toute l’échine et s’ébroua. Il ne pouvait pas être tranquille, pas en sachant ce qu’il était venu faire. Il voyait ses compagnons de quête deviser au dessus des flammes avec sourires et désinvolture comme si les raisons de leur présence était l’évidence même et qu’il n’y avait pas lieu de s’en inquiéter.

*Ils ont bien raison, qu’ils gardent leur tranquillité …*
se disait-il, il aurait au moins l’avantage de l’effet de surprise. D’une certaine manière il se sentait coupable et paradoxalement se moquait bien de ce qu’allaient vivre ces deux là et leurs liés, et même tous ceux impliqués dans la quête. Il s’était interrogé sur la nature exacte de leurs investigations, car le sage du manoir n’avait été qu’invocateur de récits ancien, de prophéties, de fin de toutes choses et de cataclysmes.

Dans un ultime espoir le jeune homme se convint que le vieillard avait tort. Que pouvait-on conclure à propos des Valheru ? Cette race éteinte n’avait rien apporté de bon à cette terre de l’aube, ou du moins étaient-ils responsables de bien des torts…

Nathaniel se remémora le bref échange avec Meilan-Lavok, les mains un peu tremblantes. Et si le vieillard avait vu clair en lui ? Il ne pouvait pas le concevoir, il n’avait pourtant rien fait de suspect … Rien du tout. Il espérait cependant se tromper sur cette appréhension, s’attendant à tout moment à voir Darweel et Azdraiel se tourner vers lui et l’immobiliser. Même dans ce cas il savait comment s’en sortir, mais il détestait avoir un saut de retard. Il se redressa un peu pour se gratter l’épaule gauche.

Tout à coup, le léger crépitement du feu qui était le seul bruit environnant fut couvert par un grondement sourd et effroyable, comme un soupir du ventre de la terre venue chercher des âmes défuntes. La tension augmenta d’un coup. Darweel et le grand noir se redressèrent d’un coup, et Nathaniel cru voir le grand ardent resserrer son imposante mâchoire. Qu’était il en train de se passer ?

Alors qu’il allait se lever pour parler, la dame neutre leur imposa le silence à tout les deux par un geste très délicat qui lui avait fait retrouver son sérieux. Son sourire s’était totalement figé puis avait disparu. Le jeune homme comprit qu’elle voulait partir seule, vers un combat dont il ignorait totalement le tenant. Il n’objecta donc pas, laissant de côté cet élan naturel de courtoisie qui le poussait à accompagner la jeune femme de sa race. Il ne devait pas lui désobéir et encore moins lui témoigner le minimum d’attachement. Pas avant ce qu’il projetait de faire …

La chevalière noire fendit la nuit noire de sa robe et disparut peu à peu de la vue du demi elfe.
Alors que le silence retombait peu à peu sur le bivouac, la nuit reprenait ses droits. Le silence oppressant et la noirceur des environs étendaient leur empire au petit emplacement que les hommes s’étaient fait au cœur de la lande. La lueur délivré par le feu s’amoindrissait, de légères bourrasques faisaient crépiter les braises avec force, faisant vaciller les flammes. Le bois se consumait à toute vitesse, et bientôt le rôtissoire ne fut plus qu’un tat de cendres qui s’envolaient au vent. Alors le froid redevint ce que Nathaniel détestait, une main de fer qui se resserre sur l’être et le néant avec indifférence en les broyant.

Tout était devenu noir. Le jeune Taëwien peinait à voir le Torhil non loin de lui, et plus encore son lié. Il l’entendait bien cependant, grâce à ses souffles rauques et profond. La peur venait s’ajouter à la tension qui l’habitait déjà. Ce sentiment brouillait toute autre sensation, ne laissait pas de place à l’alternative.
Par moment le vent apportait des bruits à ses oreilles, lui hérissant le poil. Il y avait des hurlement et des craquement, des grondement… Il cru même entendre la voix de Darweel par moments, qui semblait braver milles ennemis dans un autre Univers. Sa voix semblait à la fois proche et lointaine comme parvenu d’un rêve en plein éveil.

Et elle réapparut à leurs côtés comme surgit de nulle part. De longs sanglots la secouait toute entière, et des blessures couvrait les endroit nus de son corps. Sa robe était déchirés par endroit, des lambeaux de tissu trainaient sur le sol derrière elle. Elle s’écroula entre Nathaniel et Azdraiel et vomit sur les restes du feu. Nathaniel se précipita vers elle et la mit sur le dos. Il observa ses blessures et ne pu que constater leur gravité. Il se tourna vivement vers Azdraiel.

« Venez vite m’aider messire ! Il faut s’occuper d’elle ! »


Il lui déposa la tête délicatement sur le sol, et se releva lestement. Il se dirigea aux abords du bivouac comme pour y trouver quelque chose qui l’aiderait à soigner la dame neutre. Mais il savait pertinemment que ses connaissances en plantes et en pierre, et même en médecine de base étaient bien trop maigres. Il savait s’occuper de ses propres blessures quand elle ne relevait pas d’une gravité extrême, mais n’avait aucune idée du comment sortir Darweel de cette impasse.

Il jeta un regard de détresse dans le noir de la lande qui semblait le défier, cherchant à se couper des paroles famélique du vent de ces terres. Cette ambiance de mort couplé à la vue de l’état de la chevalière lui donnèrent la nausée. Il se mit accroupi et se prit le ventre pour faire passer le goût de bile qui lui envahissait la bouche. Prostré là il attendit une minute que son malaise le délaisse un peu.

Il eut soudain une idée. Une idée qui lui semblait à la fois terrible et géniale à la fois. Elle allait lui peser lourd sur la conscience. Il devait agir maintenant. A cet instant même. Il devait profiter du mauvais état de Darweel et de l’inattention du grand ardent et de son lié pour partir seul et rechercher la pierre noire.

Ses bras tremblait, de même que tout le reste de son corps. Il chercha à se détendre tout en appelant le vent. Son appel se faisait naturellement, presque inconsciemment, et le couloir de vent devant lequel il se trouvait était bien le plus long qu’il ait jamais fait. C’est avec les même geste instinctif qu’il sauta pour s’engouffrer dans cet amalgame de magie et de vent. Le bruit de bourrasque qui le suivit résonna dans la nuit comme pour hurler à la face du monde la nature de sa décision. Il allait trahir son Kaerl et toute la terre de l’aube pour l’accomplissement de tout ce qu’il souhaitais depuis toujours : retrouver son père.

Dès la sortie du couloir une dizaine de mètres plus loin (c’était réellement le parcours le plus long qu’il ai jamais fait !) il ne prit pas le temps de récupérer son souffle. Dès que son pieds toucha le sol il partit en trombe dans la direction que leur groupe suivait depuis le début. Il devait aller vite, malgré la fatigue et la douleur. Courir encore jusqu’à être hors d’atteinte de la main noire et de son lié. Il ne s’en faisait pas trop pour la dame neutre, il n’en avait de toute manière pas la possibilité. Son unique objectif devait être la fuite rapide et efficace, puis la recherche de la pierre d’obsidienne. Après quoi il aviserait. Il sentait son esprit partir au loin, vagabonder sur les terre de l’imagination alors que ses jambes martelaient le sol à toute vitesse.

*Pourquoi tu fais ça ?
-Je te l’ai déjà dit ! Pour le voir !
-Tu n’en sais rien. Tu obéis à la folie d’un rêve.
-CA SUFFIT ! Je ne vis que pour ça… Je ne l’ai jamais vu, je ne connais que son nom et des morceaux épars de son histoire. Je veux le voir. C’est mon unique désir.
-Tu n’as pas peur ?
- …
-Si, bien sur. Tu as peur. Ecoute cette peur. N’agis pas en ignorant les conséquences de tes actes !
-Non. Maintenant c’est trop tard. Je répondrais devant le monde et les dieux de ce que je compte faire, mais l n’est pas question de faire demi tour. Si le Torhil me retrouve il me tuera. Et il le fera sans hésitation.
-Tu pourrais te battre.
-NON ! Je ne pourrais pas ! Je suis bien incapable de tenir tête à un combattant de cet acabit. Je suis ... faible …*


Et le demi sang continuait sa course folle à travers la lande. Ses longues enjambées le menait à toute allure vers les hautes colonnes de pierres et les collines de terre sèche. Il se rendit peu à peu compte que ses yeux perçait bien l’obscurité, ce qui le surprit un peu. Il n’avait guère l’habitude d’utiliser ses yeux à ce point et découvrir de nouvelles aptitudes le déstabilisait. Tout cela se mélangeait à son esprit et formait un tourbillon de pensées éphémères.

Il passa entre deux colonnes et ralentit sa course. Devant lui s’étendait un dédale de canyon et de crevasses où nulle végétation ne semblai pousser. Il voyait tout de manière tamisée comme si une lampe éclairait le lieu et qu’on l’avait recouverte d’un linge semi-opaque. Essoufflé, Nathaniel se penché vers l’avant en s’appuyant sur ses genoux.

Son sang charriait des flots de peur et d’adrénaline. Il sentait ses battements de cœur résonner dans les veines de son cou et de ses tempes. Le souffle de sa respiration était rauque et précipité et chaque parcelle du demi sang semblait tremblante. Tentant de calmer ses inspirations, il s’engagea dans le canyon devant lui. Il fallait commencer à rechercher l’obsidienne au plus vite. Une tâche bien lourde.

Sur les parois grenues des crevasses des taches de lichen et d’humidités se détachaient sur la couleur claire des roches calcaires. Des petites fleurs aux pétales légers et aux longues tiges sans feuilles se balançaient sous le vent par-ci par-là, et le souffle ininterrompu faisait monter un sifflement strident.
La fraicheur de la nuit calmait un peu le jeune Taëwien qui courait toujours en réfléchissant. Il avait beau scruter les parois et le sol pierreux nulle trace de la pierre d’obsidienne.

Il parcourut ainsi un long trajet. A force de course et de regards dans le noir Nathaniel sentait les jambes le tirer vers le bas et commençait à avoir mal à la tête. Au tournant d’une crevasse étroite une grosse racine sèche échappa au regard du demi sang qui s’y prit les pieds et bascula vers le sol. Son genou droit se frotta contre le sol et sa tête vint percuter rudement une pierre plate sur le bas côté. Il se retrouva étalé par terre sans comprendre réellement ce qui lui arrivait, des flammes vacillantes dansant devant ses yeux. Gémissant, il se redressa difficilement et s’appuya contre la paroi friable. La tête lui tournait alors que le désespoir s’insinuait en lui. Il ne la trouverait jamais, il le savait au plus profond de lui. Il fit un pas, puis un autre, le regard dans le vague. Il sentait la terre tanguer et croyait voir les parois du canyon se pencher vers lui. Il trébucha et s’écroula encore, et finit par s’évanouir.


***


Claquement. Sec. Court. Claquement encore. Puis tremblement. Claquement. Et crissement, long crissement comme une pierre ponce frottée contre la fraiche ardoise de bord de mer. Il y avait là quelque chose d’étrange. Une forme étrange. Une forme VIVANTE. Il n’y avait rien de vivant en ces terres dévastée c’était donc autre chose. Mais non. Ca respirait. C’était donc vivant. Mais ça n’avait rien de NORMAL. Les choses ici n’étaient que des carapaces vides de sens et d’esprit. Ce n’étaient pas un fils de la nuit. Il était homme. Il n’y avait plus eu d’HOMME ici depuis longtemps. Très longtemps. Il fallait savoir.


***


Nathaniel avait mal à la tête. Il sentait comme un martèlement à ses tempes et un poids à sa hanche. En se redressant, il se rendit compte que le fourreau de son épée était sortit de son linge et frottait durement contre une pierre à ses côté dans un crissement désagréable. En se hissant sur ses bras il sentit le métal heurter le sol en claquant. La douleur irradiait de ses avant bras et de ses épaules. En se redressant il releva la tête et se retrouva nez à nez avec une vision de terrible beauté. Un grand loup noir le regardait calment, le museau légèrement baissé et les pattes fléchit. Il semblait prêt à bondir sur le jeune homme, un grondement sourd montait de son torse puissant.

Précipitamment Nathaniel se releva, sa jambe droite le lançait terriblement. Il s’aida de la paroi pour se remettre debout, et commença à reculer. Au fur et à mesure qu’il augmentait ses pas le loup avançait vers lui le museau près du sol et les yeux rivés sur le jeune homme.
Soudain Nathaniel se retourna et disparut. Il rejaillit de son couloir quelques mètres plus loin et commença à courir le plus vite qu’il put. Mais il savait que le prédateur aurait tôt fait de le rattraper et qu’il ne lui laisserait pas la chance de s’expliquer. Boitant un peu, il arriva au tournant de la brèche. Il s’y arrêta immédiatement.

Dans un hurlement sauvage une énorme bête apparut aux yeux du demi sang. Elle avait l’allure d’un dragon mais n’en avait ni les pattes ni les écailles incurvés. Ses larges ailes veineuses s’élargissaient, ajoutant à l’ampleur de l’animal. Le wyvernes devait bien mesurer quatre mètres de haut et élargissait la gueule avec une intention manifeste. Quand il plongea pour se saisir de Nathaniel ce dernier se jeta vers la gauche. Le wyvernes percuta le sol avec violence et des pierres commencèrent à tomber du haut du canyon.

Le loup s’était enfuit en jappant, et le wyvernes commençait à se redresser. Une brèche s’ouvrit dans la paroi du canyon et Nathaniel s’y engouffra à toute vitesse, ne s’appuyant que légèrement sur sa jambe droite. Il s’enfonça le plus loin possible, si bien qu’il se trouvait hors d’atteinte de la gueule du reptile. Il se posa là et commença à masser douloureusement son genou droit. Il devait se l’être foulé. S’écroulant par terre, il prit sa tête dans ses mains et se mit à pleurer.

Pourquoi était-il là ? Quoi qu’il arrive, il était incapable de trahir son Kaerl, incapable de trahir cette dame à qui il n’avait encore jamais adressé la parole. Il songeait à ces moments au Kaerl, il voyait des images se succéder et se mêler à celle d’un wyvernes affamé prêt à tout pour se saisir du morceau de chair que représentait le demi sang. Il vit les spires avec nostalgie, les nids de dragon parmi lesquels il aimait flâner, les chutes de Nightfall si fraiches, et la place principale ou les commerçants s’entassaient. Il n’avait pas quitté le Kaerl volant depuis très longtemps, et pourtant il avait l’impression que ces images dataient de mois et d’années auparavant.

Et Persée …

*Ne pars pas dans ce trou béant. Ne te laisse pas avaler par l’avidité d’un seul. Tu n’es pas égoïste et tu sais ce qu’il adviendra de tout ça si tout poursuit là où tu t’es engagé. Arrêtes-toi maintenant.
-Je ne peux pas.
-Bien sur que tu le peux, tu n’as même pas le choix.
-Mais je ne peux pas, je suis fatigué, j’ai mal. Je suis coincé dans ce terrier de pierre avec une bête affamé à la sortie qui n’attend que le moment ou je voudrais revoir le soleil. Elle va être longue la nuit…
-Tu peux encore tenir…
-Je ne sais pas, je ne sais plus de quoi je suis capable. Et je me remets à parler tout seul alors que je m’étais juré de retrouver l’équilibre. Je n’ai plus rien. Même si je rentre au Kaerl je serais destitué et je n’aurais plus rien.*


Sur cette pensée, il abaissa la tête et s’évanouit plus qu'il ne s'endormit vers des rêves tourmentés, plein de dragon féroces et de chevaliers en armures rouges qui le pourchassaient.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:43

Le silence, la faim, le froid imprégnait son corps mais pas son esprit. Son esprit volait avec de larges ailes, rêvant de fendre les cieux, rêvant de sang qui ruisselle sur le corps des étoiles déchues... Non. Il fallait maîtriser ces pensées-là sinon, tout irait de travers. Et qui sait ? Peut-être pourrait-on lire sur son visage ces échappées... Non, il fallait rester de pierre.

Azdraïel se permit de resserrer sa mince cape autour de ses épaules massives, de détourner ses prunelles d'or du feu et de jeter un coup d'oeil sévère à son Lié. Si Ragnarök se fondait parfaitement dnas la nuit tombante, aussi immuable que l'ébène et aussi inerte que le marbre ; Méléagh avait ses écailles qui rougeoyaient sous l'assaut des langues de feu. On n'entendait que leur respiration profonde et rauque, comme un souffle venu des entrailles de la terre. Le Brun osseux et nerveux s'était mis un peu à l'écart, comme s'il craignait la lueur du feu de camp. Silencieux, c'était bien un fait anormal quand il s'agissait de lui. La mâchoire contractée, ses yeux chavirant fixé sur un point invisible pour les yeux des bipèdes, il semblait statufié, en position du sphinx. Par deux fois, Azdraïel dû chasser la méfiance de Darweel et faire la conversation en retour, pour sauvegarder les apparences. Par deux fois, Méléagh n'avait pas bronché, ce qui était suprêmement inhabituel.

Le jeunot semblait quant à lui couver quelque chose, trop occupé sans doute à chasser la faim et la nausée, là où le froid mordant du crépuscule ne venait pas lui ôter ce qui restait de sa volonté. Les voix se turent avec le temps et le froid.

Un grondement mortifiant vint troubler leur fausse paix. Darweel leur fit signe de rester tranquilles et s'éloigna. Ils n'eurent pas le temps de dire "ouf" qu'elle avait déjà disparus. Méléagh n'avait pas bougé d'un pouce, à son grand dam. Le temps fila mais le Chevalier Ardent ne desserra pas les dents ni sa prise sur le pommeau de son épée. Le feu finit par s'étouffer. L'obscurité s'empara du lieu.

° Méléagh, arrêtede bouder et rallume donc le feu °, soupira-t-il.

Ce à quoi le dragon ne répondit que par le silence.

° Azdraïel... °

Le temps passa de nouveau, laissant couler les mots inutiles et inachevés et les doutes. Des cris, humains ou non, fusaient de temps à autre, si lointains qu'ils paraissaient irréels, que rien ne pourrait atteindre leur camp. Nul n'osait bouger, de eur de faire disparaître cette protection illusoire et cruelle, de fausse sécurité. Les tentative, les appels de Mélégah se perdait dans son hésitation, dans l'irrépréssible envie de se moquer qu'il devait avoir, lui si puéril et méchant, comme un enfant.

° Azdraïel... °

De la brume et l'ombre surgit soudain la Maîtresse Neutre, sanglotant, le corps et les vêtements lacérés, couverte de poussière. Le jeune et impulsif Nathaniel bondit sur ses pieds et alla aussitôt au chevet de la jeune femme qui venait de s'écrouler à leurs pieds, après avoir souillé le sol mort de vomissures. Presque évanouie, elle gisait là, comme attendant un peu d'attention, gémissant sur le sol. Elle était vraiment mal en point...

La Main Noire s'approcha à pas de loups et lui souleva délicatement la tête, lui faisant avaler quelques maigres gouttes d'eau provenant de sa gourde. Ragnarök emblait complètement déboussolé. Il sentit plus qu'il ne vit ou entendit que quelque chose clochait sur cette terre damnée.

° AZDRAÏEL ! °

Le Torhil eut un sursaut et se dévissa le cou. Méléagh avait détourné son attention une fractiond e seconde et ce qu'il redoutait c'était produit. Ses ailes largement déployées, ses yeux flamboyants, sa posture de combat, comme prêt à décoller. Non, il ne voulait pas jouer. Le dragon à la crête hirsute d'épines secoua la tête. Ce qu'il fixait et sur quoi il avait voulu attirer l'attention n'était autre que l'Aspirant Céleste...

° Imbécile ! Je savais bien qu'il était louche! Pourquoi tu n'as pas voulu que je le manges ? Il en a profité pour s'enfuir ! ° rugit le Brun furieux.

Azdraïel contempla la forme prostrée de Darweel puis son Lié à la fois ravi d'avoir raison et en colère d'avoir laissé s'échapper son casse-croûte, et enfin le nuit noire qui s'étendait partout autour d'eux. Il prit une décision aussi vite qu'il le put.

- Alors, retrouve-le et ramène-le ici. Vite.

Voix froide, dure mais presque indifférente. Il était ainsi. Le dragon Ardent s'offusqua un instant qu'on le prenne pour une bête de somme ou un larbin mais s'envola tout de même, soufflant une bourrasque de poussières stériles sur les derniers membres de l'expédition. Le Brun entama donc son vol erratique, cherchant un vague courant d'air. Grognant contre cette stupide créature de dem-Elfe, il essaya de repérer une quelconque trace du Céleste, pestant au passage contre la faim dévorante qu'il ressentait. Il avait besoin de chasser. Imagine que ta proie, même si tu n'aura spas le droit de la manger, est cet idiot de sang-mêlé. Il lui sembla qu'une éternité s'écoula et soudain, il eut peur de réveiller les spectres, si ce n'était déjà fait. Les geysers, les scorpions et autres joyeusetés de la Lande d'Eru, pour lui, c'était une partie de plaisir. Mais pas les spectres. C'est pourquoi, il se retint très fermement de hurler le nom de Nathnaiel dans les parages, même avec son esprit.

Quand enfin, il le repéra. Affalé dans un canyon, apparemment évanoui. Super, il ne manquait plus que cela. Lâche, couard, crétin... De nombreux sobriquets lui vinrent à l'esprit. Devait-il le ramener, attendre qu'il se réveille ou le langer tout de suite ?
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:44

Istvan arpentait d'un pas très nerveux le plancher de son bureau . A peine était- il revenu d'une importante mission à Ssyl'shar que Meilan le mandatait à nouveau pour une mission tout aussi urgente. Si la Triade Ambre semblait repartie du bon pied , les Questeurs envoyés à la Lande d'Eru paraissaient rencontrer de graves difficultés. L'Arpadien relut pour la deuxième fois, la missive du sage Valheru, apporté par un petit lézard de feu, laquelle ne contenait rien de très encourageant.

Citation :
Maître Sarkanys,
Des événements très graves se déroulent actuellement à la Lande d'Eru où notre Triade Obsidienne affronte les pires dangers. Je ne suis même pas certain de l'intégrité de la vie de Dame Darweel Keltär . Je perçois une forme de brouillage quant à son aura, comme si sa vitalité était très faible, masquée par quelque terrible maléfice. Quant au fait que la Triade se soit scindée, je suis également inquiet. Je ne comprends pas pourquoi Dame Keltär et le chevalier Alaric, tous deux aguerris auraient laissé partir Nathaniel Illyan, simple aspirant , le seul à n'avoir de Lié pour le seconder, en avant garde dans un environnement aussi hostile. Je redoute le pire. Le seul à sembler encore vaillant est le chevalier ardent . Je perçois des ondes très négatives des deux autres, leur âme semble en perdition. Je vous demande donc de vous rendre sur les lieux séance tenante et de prendre toutes précautions nécessaires pour vous armer le mieux possible. Je ne puis envoyer avec vous d'autres renforts dans l'immédiat sans dégarnir les défenses de Tol Orëa. Les trois Kaerls se voient déjà assez démunis avec le fleuron de leurs nobles, partis sur les quatre fronts de la Quête et sans parler de ces événements inquiétants qui mobilisent aussi des braves à Lomeanor . Préparez-vous à faire face à toute éventualité et seul ! Prenez vos dispositions pour laisser à vos proches un acte de vos dernières volontés. J'eus préféré ne pas vous alarmer ainsi, Maître, mais entre nous, la franchise a toujours été de mise et je sais que vous préférerez mettre de l'ordre dans vos affaires et partir en homme responsable . Je souhaite de toute mon âme votre retour , pour vous et vos proches , mais aussi pour Tol Orëa, le Rhaeg dans son entier, car si vous revenez, cela voudra dire qu'il reste encore une chance que cette quête soit menée à terme dans les temps. Je commence déjà à réfléchir à d'autres élus, le cas échéant , pour remplacer ceux qui seront tombés , mais j'espère ne pas avoir à faire appel à eux. Partez au plus vite, une fois vos affaires expédiées, Messire! Le temps ne nous a jamais été si compté! Flarmya et Gaïa , elle même, vous gardent !

Meilan- Lavok

L'Arpadien déposa d'un geste sec le parchemin sur son bureau, s'assit, ouvrit son écritoire, trempa sa plume dans l'encre noire et se mit à écrire fébrilement une première lettre à son ami Peddyr, son frère d'arme.

Citation :
Mon cher Peddyr,
Je n'ai que peu de nouvelles de votre Triade, mais en général, je sais qu'avec Meilan, pas de nouvelle signifie bonne nouvelle!
Svarog capte parfois des échos de son frère et pour le moment, il a l'air serein quant à votre sort, j'espère qu'il en sera encore longtemps ainsi. Je reviens d'une mission auprès de la triade Ambre: ta douce ondine va aussi bien que peut se faire, même si elle m'a paru un peu fatiguée. Elle m'a demandé de tes nouvelles. Je l'ai rassuré du mieux que j'ai pu. Tu aurai été fier d'elle, si tu l'avais vu face aux épreuves. Je ne sais pas pourquoi je t'écris cela, mon frère d'arme. Si tu lis cette lettre, c'est que je serai parti rejoindre mes ancêtres. Mais peut-être le besoin de parler à ce moment précis à quelqu'un qui m'a toujours écouté, et aussi la lassitude de tout cela, le manque de Maëvann que je viens de quitter, l'envie d'évoquer pour toi, les êtres qui nous sont chers. Je ne sais comment tout cela finira, mon ami, ni lesquels d'entre nous en sortiront indemnes . Mais sache que je suis heureux d'avoir croisé un homme tel que toi . Flarmya veille sur toi, vieille canaille! Je te demande de veiller sur Maëvann et sur notre enfant comme le ferai un frère. Ce que je pars affronter cette fois, semble même effrayer Meilan lui-même. La Triade obsidienne est en très fâcheuse posture apparemment . Cela me navre car j'ai en haute estime tant Darweel que Nathaniel pour les avoir croisés en d'autres occasions. Si nous les perdons, les Mar Luime et Menel auront perdu deux braves et deux personnes de valeur. Je ne connais pas le Maître Alaric qui les accompagne; j'ose espérer que cet ardent n'est en rien responsable de la situation présente, car je ne répondrais plus de rien si tel était le cas. Mais Meilan semble pressentir une origine bien plus terrible à la débâcle de la Triade. Il m'envoie donc sur les lieux pour savoir de quoi il retourne. Il se peut que je n'en revienne pas. Veille sur eux mon ami, comme je veillerai sur les tiens si la situation l'exigeait.
Prends soin de toi! Flarmya te garde!

Ton ami, Istvan Sarkanys.

Il reposa sa plume, s'étira et se passa les mains sur le visage. Le plus dur restait à venir avant de partir. Il déroula un autre parchemin vierge, reprit sa plume d'une main tremblante et commença à écrire en pesant chacun de ses mots.


Citation :
Mon amour, Maëvann,

Si tu lis ces mots, c'est que le destin ou les Dieux auront choisi de nous séparer par la plus terrible des épreuves: celle de la mort. Mais nous savons bien que l'autre reste vivant dans le coeur de l'un et que la séparation est impossible . Pleure-moi, si tu le veux, tu en as le droit . Mais ne crois pas en avoir le devoir car où que je sois à présent, je veille sur toi et sur notre enfant, qui a du naître déjà, et je sais que nos amis, nos proches le feront aussi, qu'ils prendront soin de vous. Je suis parti en me battant pour ce monde qui nous voulions serein et harmonieux pour notre fils. Si ma lettre te parvient, si tu l'as retrouvée, c'est que nous avons du réussir et que je ne suis pas mort en vain. Si tu ne lis jamais ces mots, alors c'est que vous m'avez rejoins. Je pris Flarmya que ce ne soit pas le cas, car tu as le droit de vivre encore de nombreuses belles années et notre enfant aussi. Me rejoindre, oui mais le plus tard possible ! Tu as tant à faire encore ... Voir grandir nos petits enfants . Aimer encore... Tu as tant d'amour à donner, en toi ... Ne tourne pas le dos au bonheur ... N'offense pas la Vie ... parce que je suis parti ... Sois heureuse et aime pour deux ... Sois forte, mon ange... Pour le petit ... en souvenir de nous.

Je t'aime, je vous aime.

Ton Prince de l'Est, ton Istvan à jamais.

Il reposa lentement sa plume, les yeux embués puis roula les deux parchemins et y fit couler un peu de la cire d'un petit bâtonnet fondu à la flamme d'une bougie y apposa le sceau de la bague qu'il portait à la main gauche et envoya tous deux par le truchement du petit lézard au Patriarche Nalesean Dalneÿs à l'attention du quel il adressait un petit mot lui demandant de remettre les missives à leur destinataires s'il ne revenait pas de la Lande d'Eru.

Il regarda la petite créature disparaitre dans le soleil couchant et se hâta de faire son paquetage et de rassembler ses armes et de revêtir son armure lourde. Il appela mentalement son Lié qui se tenait non loin de là et n'avait rien perdu des pensées qui animaient l'esprit de son chevalier.

* Svarog ...*

*Oui ... Je sais , Istvan ...*


L'Arpadien se hissa avec son équipement, sur le dos du Grand Bronze et il prit son envol, laissant derrière lui les Spires puis le Mar Menel lui-même. Tous deux fixèrent leur esprit sur la terrifiante image de la Lande d'Eru et s'engouffrèrent dans l'interstice.


******

Un vent chargé d'effluves sulfureuses et une nuit d'encre les accueillirent, si bien que Svarog dut voler avec une très grande prudence même en usant de son Don de repérage si affûté. Il parcourut encore de nombreuses lieues dans la vaste plaine tourmentée de la Lande, percevant des présences indicibles et partout la prégnance de la peur , la vague caresse mortifère d'êtres inhumains et désincarnés.

* Bon sang! Les Spectres... *

* Oui , ils sont de sortie ... Ils rasent la surface du sol ... Pour le moment nous volons trop haut, ils ne nous ont pas repérés !*

* Il va falloir descendre Svar , dès que tu les auras repérés ... les membres de la Triade ... Par Flarmya, je n'étais jamais venu la nuit ici... Comment peut-on survivre là-dedans ? *

* Pas facile de les repérer ... Avec tout ce qui rôde ...*

*Concentre toi, Svar! Nous n'avons pas une minute à perdre !*

* Je sens quelque chose ... là ... Droit devant ... Il y a un de mes semblables ... RAGNAROK ... Je le reconnais ... mais ... Il va mal ! Il souffre ! Ohhh , tellement ! Istvan, c'est affreux ! Il m'a senti ... Il me supplie de venir l'aider! *

* Est -il blessé ? Et les autres ?*

* Je sens la présence d'un humain...*

* Le chevalier Alaric ... et Méléagh ... Où est-il ? *

* Oui, l'ardent va bien ! Mais Ragnarok ... C'est Darweel ... elle n'est plus ... elle -même ... Méléagh ... Je ne sais pas . Il n'est pas là !*

* Approche-toi et essaie de parler à Alaric ! *

Ils descendirent en douceur , les grandes ailes du Bronze brassant l'air poussiéreux puis se posèrent dans le noir . Istvan tira de sa grande besace une torche enduite de poix et fit jouer deux silex dans sa paume , jusqu'à l'obtention d'une étincelle. La troche s'enflamma instantanément, révélant deux silhouettes humaines et un dragon plus noir que la nuit . L'une des silhouettes étant allongée à même le sol . Une femme ... Darweel. Le sang de l'Arpadien ne fit qu'un tour. Azdraïel Alaric était accroupi auprès du corps inerte et Ragnarok semblait étrangement sans réaction. Point de trace de Nathaniel et de Méléagh ... Se pouvait-il que les deux Liés ardents, dans un accès de traitrise ou de démence, se fussent débarrassés des deux autres membres de la Triade ? Dans ce cas, pourquoi le Grand noir au rusé caractère ne réagissait-il pas ? Istvan sentit instinctivement que l'explication qui pouvait paraître évidente, n'était pas la bonne, que le véritable ennemi n'était pas celui qui s'imposait naturellement. Svarog le conforta dans son impression. Rien de ce qui paraissait envisageable, n'était forcément vrai, ici.

* Istvan ... je n'arrive plus à entrer en contact avec Ragnarok ... Son esprit a l'air comme paralysé ... Azdraïel m'a capté en revanche ... Il a l'air assez contrarié et même presque effrayé ... Je ne pense pas qu'il soit à l'origine ...*

* Non, en effet, Svar, je ne pense pas non plus ! Restons sur nos gardes quant à lui tout de même... C'est un ardent ...*

Istvan descendit lentement de son Lié et s'approcha tendant la torche et le sac en bandoulière. Azdraïel s'était relevé et lui faisait face, surpris et tendu. Istvan leva la main en signe d'apaisement.

- Peut-être ne me reconnaissez-vous pas ? Je suis Istvan Sarkanys, Maître Bronze céleste. Meilan-Lavok m'envoie pour prendre la mesure de vos difficultés, car il a senti que vous traversiez des épreuves terribles... Il désigna Darweel , toujours sans connaissance. Que lui est-il arrivé ?

Parant au plus pressé il sortit une deuxième torche qu'il alluma et tendit à l'ardent puis il alla raviver le feu en y ajoutant quelques maigres brandillons. Une lumière orangée et diffuse filtra dans l'air chargé de brouillard.

- Je me souviens vous avoir aperçu au Manoir, en effet ... Darweel n'est pas en très grande forme , je le crains... Elle s'est éloignée du campement, nous ordonnant de ne pas bouger. Nous avons entendu des bruits très suspects, des cris, puis elle est revenue et s'est effondrée. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Je ne vois aucun moyen de la soulager... Je lui ai déjà donné un peu d'eau... Je pense qu'elle est perdue.

Istvan secoua la tête pensivement ... Son esprit bouillonnait se perdant en conjectures ... Il s'enquit du jeune céleste.

- Et Nathaniel ?

Alaric eut un rictus méprisant et fixa l'Arpadien de ses prunelles fauves.

- Parti ... Là-bas ... Il a du craquer en voyant l'état de celle-ci ... Les nerfs pas très solides le gamin, comme tous les célestes.

Istvan ignora la provocation gratuite et haussa un sourcil. Ainsi Nath avait-il abandonné sa Triade au coeur de la tourmente ? Cela lui ressemblait si peu. Le Maître Bronze se souvint du jeune aspirant qu'il avait croisé alors qu'il était lui même aspirant. Il ne lui avait pas paru couard ou faux ... Peut-être s'était -il trompé ? Mais le plus urgent n'était pas là, le plus urgent était Darweel.

- Azdraïel, je vais l'examiner ! Je vous fait confiance pour surveiller les abords avec l'aide de Svarog ... Où est votre Lié, d'ailleurs ?

- Parti chercher l'autre trouillard...

Istvan soupira. Cela allait peut-être compliquer les choses... Mais chaque problème en son temps ! Il espérait seulement que Nathaniel survivrait assez longtemps pour qu'il s'occupe de son cas. Il se pencha sur la Maîtresse neutre et apposa sa main sur son front. Il la retira immédiatement ... Horrifié!

- Par Flarmya ! Ce n'est pas Darweel ... Je veux dire ... Ce n'est pas qu'elle ...

Azdraïel lui lança un regard circonspect , le prenant certainement pour un fou tout d'abord .

- Vous voulez dire qu'elle a été " possédée " par un spectre ?

- Un spectre ou autre chose ... Et c'est toujours en elle ... Chevalier Alaric , je vais avoir besoin de votre aide.

L'ardent eut un mouvement d'impatience . Collaborer avec le céleste et surtout en lui obéissant ! Voilà qui n'était guère pour lui plaire. Enfin, c'était les conditions de la Quête ...

- Je vous écoute ! Dit-il en s'approchant .

- Il nous faut extirper cette ... cette chose d'elle . Sinon elle va nous anéantir , l'un après l'autre ... au moment où nous ne nous y attendrons pas ... et la tuer ensuite .

- Aaahh ... Comment comptez-vous vous y prendre ?

- Le seul moyen est de tuer Darweel ...


L'ardent considéra Istvan d'un oeil étonné .

- Momentanément ... Vous connaissez ce point de pression sur la carotide qui bloque l'apport en oxygène au cerveau ?

Azdra hocha la tête.

- Hé bien, je vais vous demander de l'exercer sur elle et lorsque la chose sortira de son corps pour ne pas mourir, Svarog et moi l'affronteront. Vous relâcherez immédiatement le point de pression et réanimerez Darweel pendant ce temps. Ensuite votre aide dans le combat sera la bienvenue, mais occupez-vous d'abord d'elle, d'accord ?

- Elle peut y rester, vous en êtes conscient ? Si le machin met trop de temps à sortir ...

- Oui... Mais nous n'avons pas le choix ... Nous la perdrons de toute façon et nous avec si nous ne tentons rien.

- C'est vrai, mais qu'on ne vienne pas dire que je l'ai tuée ...

- Chevalier Alaric , nous n'avons pas d'autre alternative que de nous faire confiance !

Le Maître Bronze se pencha de nouveau sur Darweel et lui caressa la joue en essayant d'atteindre son esprit à travers la cangue maléfique qui l'enserrait. Il ressentit durant un instant toute la souffrance de la jeune femme et cela le conforta dans sa décision. Comme si elle avait perçu son appel malgré son aliénation , elle ouvrit les yeux et murmura faiblement:

- Istvan ?? Tuez ... Tuez-moi ...

- Ca va aller, Darweel ... Ca va aller ... Je ne tuerai jamais une de mes compagne d'étude, voyons ...

Il écarta une mèche de cheveux du visage tordu de souffrance et serra sa main pour la rassurer . Elle retomba inanimée. Istvan jeta un regard entendu à l'ardent et se positionna prêt à se battre.

* Svar, si jamais Ragnarok essaie de s'interposer , je compte sur toi pour le neutraliser ... Ce ne devrait pas être trop dur ... *

* Il ne tentera rien ... Il a compris qu'on fait ça aussi pour elle. Il est mortifié , mais il ne fera rien contre nous, au contraire .*

Azdraïel plaça ses mains sur le cou de la jeune femme et exerça la pression au point fatal . Bientôt elle fut prise de convulsions violentes et l'ardent dut faire montre de toute sa force pour ne pas relâcher son action. La bave lui sortait de la bouche tandis que son corps se contorsionnait et que les plus abjectes injures sortaient par hurlements à l'égard de ses compagnons . Elle tenta de mordre et de griffer sauvagement celui qui la "tuait" mais il ne se laissa pas faire. Istvan loua pour le coup, la détermination de l'homme. Bientôt une lumière grisâtre irradia du corps puis prit des teintes rougeoyantes et dans ce halo, l'indicible , l'innommable apparut , s'exsudant du corps de la malheureuse. Une créature arachnéide sortit ses pattes filamenteuses du thorax de la Maîtresse neutre, couverte d'une substance gluante et incandescente. Elle ouvrit sa gueule démesurée, faisant claquer ses mandibules dégoulinantes en fixant l'Arpadien de ses yeux morts. Il agita sa torche pour attiser la colère de la chose envers lui, s'efforçant de détourner son attention d'Azdraïel qui commençait à grimacer sous les brûlures que lui occasionnait le fluide de la créature goûtant sur ses bras . Elle bondit sur le Maître Bronze dans un cri affreux et le plaqua au sol avec une puissance phénoménale, déversant un flot de bile putride qu'il esquiva de justesse en roulant entre ses pattes squelettiques. Il planta sa lame dans l'abdomen effilé et plaqua sur elle la torche , lui arrachant un râle surnaturel dans les sonorités.

Pendant ce temps, l'ardent avait cessé le geste de mort et s'employait, avec une loyauté étonnante, à ranimer la jeune femme en lui faisant un bouche à bouche inter Kaerl sans précédant. Ce qui au vu de l'état de la malheureuse, couverte de sa bave, était un acte de courage. Bientôt, un souffle souleva la poitrine de la jeune Maîtresse et Azdraïel cria:

- Elle respire! Sarkanys! Elle respire!

Dans le même temps, Ragnarok sembla comme réincarné et étendit ses grandes ailes sombres sur sa Liée, dans un geste protecteur. Istvan, lui se trouvait dans une fort mauvaise passe avec la créature blessée en furie qui pesait de tout son poids sur lui. Svarog n'intervint pas assez rapidement de son coup de patte, pour empêcher celle-ci de planter son dard empoisonné dans le biceps gauche de l'Arpadien. Sous l'attaque du Bronze, l'arachnée se trouva propulsée à quelques mètres. Elle roula en boule et se redéploya devant l'ardent qui avait dégainé à son tour. Elle déversa ses fils collants sur l'homme qui s'interposait. Il fit face tandis qu'une sorte de ricanement émanait de la bête. Istvan pendant ce temps, s'était relevé, le bras gauche paralysé par le poison qui se répandait dans son corps. Il s'aligna aux côté de l'ardent , tous deux croisant leur lame contre le monstre. Azdraïel sembla un temps ralenti par les fibres qui s'étaient cristallisées sur son corps mais il les brisa et d'un ample mouvement de lame, lui trancha les deux pattes avant. La bête, déséquilibrée, s'affala contre le sol. L'Arpadien, pressé d'en finir, n'entendit pas l'avertissement de son comparse.

- Attention, Sarkanys !!! Elle prépare un sale coup!

Trop tard! Istvan s'était rué sur l'immonde spectre pour lui asséner le coup de grâce en lui transperçant la tête mais il avait négligé le balancement inquiétant de l'abdomen supplicié par sa lame. L'aiguillon se planta dans le creux des reins du Maître Bronze, sa dureté inaltérable transperçant l'armure d'écailles. Il s'écroula sur elle, lui portant le coup fatal, alors même qu'elle instillait la mort dans le sang du guerrier. Il tomba inanimé sur la bête. Azdraïel le ceintura et le souleva de l'enchevêtrement pour le trainer plus loin. Svarog, furieux se rua et libéra son feu sur la carcasse encore frémissante de haine. Elle flamba dans un brasier dégageant une odeur nauséabonde tandis qu'elle éructait des cris à glacer le sang. Un silence pesant retomba sur le campement, troublé seulement par les gémissement de Darweel, le halètement de l'ardent et le souffle furieux du Bronze. Il rejoint son Lié sur lequel Azdraïel était penché. Il essaya d'entrer en contact avec lui mentalement. L'Arpadien refit lentement surface, avec une sensation de brûlure au bras et dans le bas du dos. L'esprit de son Lié caressait doucement le sien. Il se sentait étrange ... Changé, sans qu'il sut expliquer pourquoi. Il se leva lentement, reprenant conscience des choses qui l'entouraient. Il se dirigea vers la jeune femme, veillée par son Dragon et constata qu'elle dormait à présent paisiblement malgré les graves blessures qui couvraient son corps.

- Cela risque de s'infecter ... On ne va pas pouvoir la garder ici. Mais d'abord, Nathaniel ? Vous dites qu'il est parti dans cette direction et que Mélélagh s'est lancé à sa poursuite ?

- Oui, je lui ai dis de le ramener pas de le tuer ...

- Il vous obéira, vous croyez ?

- Je pense ... Ca va, vous ? Vous avez l'air bizarre...

* Istvan, tu m'inquiètes, il a raison ... tu as l'air étrange ... tes yeux ... Ils sont entièrement noirs ... *

* Oui, mais bon, je me sens bien, moi et je vois normalement ... Je ne sais pas si ça va durer ... Mais j'ai des choses à faire encore .*

- Ca va aller ! Je vais chercher Nathaniel! Vous veillerez sur Darweel !

L'ardent acquiesça de mauvaise grâce. Istvan remonta sur son Lié et s'envola dans le ciel d'encre. Svarog essaya de repérer Méléagh et après une demi heure de vol, il parvint à percevoir la colère de son semblable. Il intercepta ses pensées afin de prévenir un mouvement d'humeur.

* Mélélagh, je suis Svarog , le Lié d'Istvan Sarkanys... Nous venons chercher Nathaniel Illyan .*

* Ce couard ? Il est évanoui en contrebas ... Vous venez du campement ? Où en sont -ils la-bas ? Je suis trop loin pour avoir gardé le contact avec mon Lié ...*

* Tout est rentré dans l'ordre ... Darweel va mieux ... Tu devrais rejoindre Azdraïel ... *

* Honnêtement, je suis soulagé de votre arrivée ... J'hésitais entre le dévorer ou le prendre entre mes griffes ce lâche de céleste ... Je vous laisse entre vous ... les faibles ... *

Le Brun vira dans les airs et vola en direction du campement sans autre forme de dialogue. Le Grand Bronze se posa près du jeune aspirant inanimé et Istvan, luttant contre son malaise grandissant, se précipita pour l'examiner. Il était vivant mais faible, inconscient ... Au prix d'efforts inhumains, l'Arpadien le hissa sur son Dragon et ils reprirent leur vol. Nathaniel reprit conscience durant le chemin jusqu'au campement et entama un dialogue embrumé avec l'Arpadien.

- Istvan ? C'est bien toi ? Nous sommes sur ton Lié ?

- Oui, Nath, je suis venu te chercher et vous aider ! Je ne sais pas ce qui motive ton échappée et je ne veux pas le savoir dans l'immédiat ! Tu auras des comptes à rendre, mais pas à moi! De toute évidence, quelques soient tes intentions, tu as échoué! Je vais te ramener auprès de la Triade ! Elle a besoin de toi, plus que jamais!

- Darweel ...

- Darweel va mieux, elle est tirée d'affaires ... Enfin, je pense... Mais elle est incapable de continuer la Quête! Elle a besoin de soins! Je vais la ramener en lieu sûr et aviser Meilan de votre situation et de ton attitude. J'y suis obligé !


Nathaniel baissa la tête, l'air contrit et garda le silence, ressassant certainement les derniers événements.
L'Arpadien se mordit les lèvres pour retenir un gémissement de douleur, luttant contre le feu qui se répandait dans son sang. Il fut soulagé lorsqu'il repéra la faible lueur du feu de camp. Svarog descendit doucement et se coucha pour permettre à son Lié et au jeune céleste de descendre . Azdraïel se précipitait déjà sur lui pour le corriger. Méléagh se tenait à l'écart, ricanant de toutes ses dents.

- N'y pensez même pas ! Je vais vous laisser tous les deux pour ramener Darweel au Manoir ! Son état est si grave qu'elle ne survivra pas sans soins ! J'en référerai à Meilan quant à votre attitude et je dois dire que je suis fort déçu de constater, Nathaniel que si le comportement d'Azdraïel me semble exempt de faille par rapport à la quête, il n'en est pas de même pour toi! Pour autant, vous avez besoin l'un de l'autre pour survivre en mon absence !

Il prit un sac contenant quelques torches, les silex, un peu de ravitaillement, des couvertures et le lança au pieds de l'ardent . Il se dirigea ensuite vers Darweel et la prit dans ses bras en s'adressant à Ragnarok .

- Nous rentrons, noble compagnon de Darweel Kelteär ! Vous avez donné votre force à cette Quête, vous battant pour notre survie! Nous allons maintenant prendre soin de vous . Tu nous suivras ...

Il se jucha sur Svarog et installa la jeune femme devant lui du mieux qu'il put puis avec un regard entendu pour les deux bipèdes il ajouta :

- Ne perdez pas de vue ce pourquoi vous êtes là et aussi la nécessité de survivre jusqu'à ce qu'on trouve une solution et vienne vous aider pour poursuivre la Quête! Nous ferons au plus vite!

Ils s'envolèrent rapidement et franchirent bientôt le pas de l'interstice en vue du Manoir, Ragnarok sur leurs traces.


[HRP] voilà, à vous de poster, Azdra et Nath .Azdra ce serait peut-être plus logique que tu postes après moi exceptionnellement ; je suis désolé de vous avoir autant Pnjisé mais il fallait que ça avance , si des choses sont à modifier, je le ferai. Si vous relevez des incohérences , n'hésitez pas à me les signaler ^^
Je vais MP Darweel pour lui dire que son Personnage va être en convalescence au Manoir. Vu l'était dans lequel elleétait décrite dans les précédents RP, la laisser dans une grotte met paraissait finalement incohérent, justement. Elle pourra toujours rallier la Triade une fois remise/revenue . Je vais donc vous laisser poster et ensuite je fais un nouveau post ici même dans lequel je relate mon retour au manoir avec Darweel et la décision de Meilan de vous envoyer Amaélis pour poursuivre la quête. Je vous la ramène et ensuite à vous de jouer , je m'éclipse ! ^^
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:44

Azdraïel avait la désagréable impression d’être un autre homme. Tout cela ne lui disait rien qui vaille. Sitôt le Maître Céleste Istvan et son Bronze disparut dans l’Interstice en emportant avec eux une Darweel libérée mais mal en point et un Ragnarök déboussolé, le camp lui parut soudain plongé dans un silence oppressant, un lieu comme trop étroit pour trois êtres qui ne pouvaient s’entendre. L’incident était clôt selon lui mais Méléagh bouillonnait de l’envie de se venger alors que Nathaniel s’en mordait les doigts, la tête baissée de honte. Azdraïel, dans un de ces rares moments où il demeurait lucide – ou plutôt lorsque ses pensées avaient un cours normal semblable à un tout un chacun, savait que la situation allait s’envenimer s’il ne faisait rien. Sauf qu’il n’avait pas envie de faire le moindre effort contre cela. Non par cruauté ou sadisme mais tout simplement par indifférence et parce qu’il n’avait pas envie de s’étendre sur le sujet. Il avait l’impression que s’il faisait le premier pas pour parler de l’incident, s’expliquer, cela pourrait déboucher sur une meilleure entente et une meilleure confiance au sein de la Triade.

Azdraïel, fidèle à lui-même, laissa filer sa pensée et retourna à son état premier. Peut-être était-il fou ? Peut-être même l’avait-il toujours été… Il resta là, debout, campé sur ses solides jambes à dévisager le jeune demi-Elfe, le visage impassible.

Puis, comme s’il remarquait pour la première fois le silence qui s’était installé et qui rendait mal à l’aise son Lié, il se pencha et ramassa le sac lancé par Istvan – courageux guerrier que celui-là, il devait le reconnaître – et alla rassembler leurs affaires. Sans un mot, sans un regard de plus, le saurochtone étouffa les maigres cendres chaudes qui subissaient du feu de camp, donnant ainsi le signal de lever le camp et de partir. Partir où ? Nulle part, sur cette terre damnée qu’il connaissait, n’aimait pas particulièrement, ne détestait pas vraiment mais qu’il foulait depuis maintenant de longues années. Le Chevalier Ardent entendit le dragon Brun grogner derrière lui et renâcler comme un cheval rétif mais il ne se retourna ni n’y prêta attention. Oui, les spectres n’allaient pas tarder à arriver. Il fallait faire vite. Avec le mouvement des maudits, les scorpions géants, les tarentules empoisonneuses et toutes les autres créatures désespérées qui vivaient ici, rejetées par un monde fertile et inaccessible, seraient irrésistiblement attirées dans leurs sillages. Si jamais le Bronze d’Istvan et son Lié cherchaient de nouveau à les rejoindre, il leur faudrait utiliser d’autres sens que la vue. Une brume matinale se leva sur la terre malade, qui n’en finissait pas d’agoniser sans pour autant mourir tout à fait, la preuve en était ces fantômes qui la gardaient et la arpentaient dans une vaine parodie de vie, pauvre simulacre digne d’éveiller la pitié et l’horreur. A travers cette couche de brume virevoltante dans le vent qui se levait et s’épaississant, le soleil levant parut pâle et maladif alors que partout ailleurs dans la mythique Terre de l’Aube, il rutilait comme un joyau parfait, tel l’or en fusion et dispensant une agréable chaleur même au cœur de l’hiver.

Laissant la contrée des geysers dans son dos, continuant son chemin dans celle aride et rocailleuse pour avancer toujours plus loin, pour atteindre celle des marais putrides en prenant soin de contourner les ruines de l’ancien quatrième Kaerl qu’on apercevait au loin et où résidait la majorité des spectres, la Triade d’Obsidienne reprit sa route, Azdraïel marchant d’un bon pas régulier en tête, Méléagh boudeur transportant leurs effets et ne cessant de jeter un regard anxieux derrière lui pour voir où en était l’avancée des spectres qui le terrifiaient tant, puis venait près du Brun nerveux le jeune Aspirant Nathaniel. La pierre noire les attendait quelque part et les deux lunes se rapprochaient pour leur prochaine conjonction.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:45


Tout était flou et glacé. Le vent était sec et rêche, il n’apportait aucun réconfort. Il portait les senteurs de la doleur et de la mort alors que ces deux mots n’étaient pas sensés porter des odeurs. Tout tournait sans cesse en tout sens, tous les repères était fourvoyés. Qu’est-ce qui clochait ?

Nathaniel émergea de sa demi inconscience très lentement. Il se rendit à peine compte qu’il était sur le dos et que le paysage qui s’offrait à ses yeux n’était pas une voute de granite ou de craie mais le ciel étoilé. Il sentit en revanche les secousses qui l’agitaient doucement et régulièrement, comme s’il se trouvait en vol sur le dos d’un dragon. Un dragon … Meleagh !
A l’évocation du lié ardent le demi sang fut parcouru d’un léger spasme, mais les forces lui manquait et il ne se débattit que mentalement face à cette idée.

Il réussi à entrouvrir un peu les yeux et vit une longue chevelure brune se balancer dans les airs, ainsi que les reflets de bronze d’une aile qui battait.
*Je connais ça … Je sais de qui il s’agit. C’est …*

-Istvan ? C’est bien toi ? Nous sommes sur ton lié ?

La réponse de son ami le glaça. Son échappée. Il bascula la tête en arrière et se crispa dans la douleur. Sa tête, il se souvenait être tombé mais pas de s’être cogné. Il avait couru dans les canyon, avait trébuché, et puis plus rien, rien d’autres que des images confuse derrière un voile de brume et des sons étranges aux rythmes saccadés.
Son ventre se tordit de douleur quand il pensa à ce qu’il avait fait, ou plutôt essayé de faire. Il allait devoir rendre des comptes, il avait échoué. Bien entendu, il n’était pas un traitre, mais allait tout de même être traité de la sorte et cela ne l’étonnait pas.

Le jeune Taëwien tourna son regard suppliant vers Istvan.

-Darweel…

Elle allait bien, du moins n’allait elle pas mourir. Savoir que l’elfe qui l’accompagnait était tirée d’affaire réconforta un peu Nathaniel qui se calme un peu. Quand à savoir que Meilan Lavok serait mis a courant, il n’en avait que faire. Ce n’était pas le jugement de l’ancien qu’il redoutait mais plutôt celui de ses camarades célestes, de sa dame, de Peddyr, de sa maîtresse. Persée … Comme elle allait le haïr, elle le renierait peut être, ou le tuerait.

En regardant le sol défiler il vit qu’une lueur éclairait les environs. Ils approchaient du campement. Il se raidit un peu. Quand le bronze se posa auprès du feu Istvan l’aida tant bien que mal à descendre et le jeune homme remarqua qu’il était très tendu. Ce n’était sûrement pas du à l’angoisse, tel que Nathaniel le connaissait, il avait du être blessé. Il allait lui jeter un regard inquiet quand il se sentit saisit et secoué vigoureusement. Il laissa échapper un gémissement de douleur.
Istvan s’interposa alors entre Azdraiel et lui en le défiant de lui faire du mal, puis il se saisit de Darweel, grimpa sur le dos de son lié et s’engouffra dans l’interstice en un battement d’aile.

Le silence s’installa alors rapidement. Il n’y avait plus que le demi elfe et le Torhil autour du feu, que l’ardent ne tarda pas à étouffer pour la nuit. D’un pas titubant Nathaniel était allé s’installer près de ses affaires restée là, fuyant le regard d’Azdraiel qu’il savait insistant. Posant son regard devenu morne sur ce qui l’entourait il chercha à distinguer des formes dans la purée de pois qu’était la nuit dans la lande d’Eru. On ne distinguait plus grand-chose et le Taëwien était bien fatigué. Il avait couru, s’était blessé et avait subit plus d’un choc au court de la même nuit. Il devait dormir, tout son corps le réclamait, mais son esprit ne restait tranquille et troublait la conscience de la chair.

Après quelques heures de tortures morales Il s’assoupit lourdement et eu un sommeil lourd de cauchemars emplit des visages de ses amis hurlant à la trahison.

Quand le jour se leva sur le gris du ciel et de la terre la quête d reprendre son cours. Sans se plaindre ni même gémir un peu Nathaniel se releva, ramassa toutes ses affaires, ceintura son épée et chargea tout son paquetage sur son dos. Il avait mal, sentait tous les muscles de son corps le tirer vers le bas et sa tête tanguer comme sur le pont d’un navire, mais il tint bon. Il ne voulait essuyer aucune remarque de l’ardent ni un sourire railleur de son lié. Il se força donc à marcher droit malgré les crs de son cœur, cherchant le jour nouveau à travers la brume du ciel.

*Il y a des espoirs qu’on n peut pas briser …*
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:45

Le Grand Bronze avait redoublé d'ardeur, Ragnarok sur ses talons, pour rallier la Demeure de Meilan-Lavok afin que Darweel fut soignée dans les plus prompts délais. Si Istvan avait essayé de palier au plus pressé, elle avait besoin d'un véritable guérisseur. Il atterrit toutefois avec bien des précautions pour ne pas secouer la Dame déjà bien éprouvée. L'Arpadien la porta dans ses bras jusqu'à la porte ouvragée du Manoir où le Majordome vint répondre aux coups de pieds rageurs qu'il y donnait. Le Grand Noir était plein d'inquiétude et affaibli,sans doute par l'empathie du Don qui le liait à la jeune femme. Svarog essaya de le rassurer comme il put malgré la sourde angoisse qui lui vrillait le coeur. Lui-même savait que son propre Lié n'était pas sorti indemne de l'affrontement avec l'horrible créature du néant qui avait été extirpé du corps de cette malheureuse. En apparence, le Maître Bronze avait vaincu la créature qui avait flambée ensuite sous les flammes de son Lié mais le guerrier avait été atteint par un mal incurable. Le poison insidieux coulait désormais dans ses veines. Svarog sentait en sondant l'âme de son compagnon que cela ne serait pas sans conséquence et avait capté la souffrance de son corps qui luttait face à cette transformation contre nature.

- Vite ! Appelez Meilan ! Elle va mal ! Il faut mander un guérisseur, plusieurs même ...

Le Majordome donna des ordres à un valet qui guida Istvan portant toujours Darweel dans ses bras, jusqu'à l'étage et l'introduisit dans une chambre. Il déposa la jeune femme sur le lit avec délicatesse et la glissa sous les couvertures, prenant sa main dans la sienne en attendant l'arrivée de Meilan .

* Bats-toi Darweel ! Reviens parmi nous ! Je t'en supplie ! Nous avons déjà perdu une âme à Ssyl'Shar ! Pas toi, mon amie de découverte ! Toi avec qui j'ai travaillé pour mettre en garde le monde du péril qui le menaçait ! Tu ne peux pas périr alors que tu as oeuvré depuis le départ pour nous sauver tous ! Pas toi ! Le Rhaeg a besoin d'esprits éclairés comme le tien ! Bats-toi, Darweel ! *

- Ainsi, vous êtes revenu, Maître Sarkanys ! Edgerd m'a dit pour Darweel ! J'avais donc raison ... Vous l'avez sauvée, noble coeur ...

Le vieux Valheru avait franchit le seuil de la chambre sans un bruit, comme une apparition désincarnée. Il s'avança au chevet de la malheureuse.

- ... Mais à quel prix ... Ohh, Maître Sarkanys ... Pourrez-vous un jour me pardonner de ... vous avoir obligé ... à livrer ce combat ... Je vous aiderais du mieux que je le pourrais ... Je vous le dois bien ... Nous vous le devrons tous ... Si nous survivons à la conjonction ...

Istvan qui était assis dans le fauteuil auprès de Darweel , tenant toujours sa main, tête baissée, se redressa lentement et darda sur le vieillard un regard entièrement noir . Le vieux Valheru tressaillit et porta une main tremblante sur le visage de l'Arpadien.

- Noble coeur ... Murmura-t-il .

- Allez-vous pouvoir la sauver, Meilan ? Je vous en prie! Ne me dites pas que tout cela aura été vain !

Le vieux sage porta la main sur le front de la gisante et saisit son poignet pour compter les battements de son coeur. Après quelques minutes lourdes de silence, il dit doucement :

- Elle est très faible mais elle se battra ! J'ai grand espoir à son sujet ! Les meilleurs guérisseurs, tous Kaerls confondus, vont venir à son chevet et déjà Maître Marek d'Ardiénor, à l'heure qu'il est a dû convoquer un rassemblement de tous les officiants de chaque ordre pour prier Flarmya de la sauver et aussi pour nous tous !

Le vieil homme s'assit de l'autre côté du lit en face du guerrier et l'observa.

- C'est pour vous que je m'inquiète Istvan ... Comment vous sentez-vous ?

- Et moi je m'inquiète pour deux malheureux que j'ai laissé sur cette terre de désolation ! Meilan, il faut leur envoyer des renforts ! Nathaniel est ... très affaibli ... en état de choc ... Azdraiël s'est montré ... valeureux ... je veux que cela soit mentionné dans les annales de la Quête , Maître ... Un ardent a aidé un céleste ... C'est ... important ! Dit Istvan d'une voix sourde.

Meilan inclina la tête, songeur avant de poursuivre.

- Et un céleste a trahi la cause pour laquelle nous nous battons tous ... Maître Sarkanys, il est noble de votre par de tenir sous silence la conduite de ce jeune aspirant , mais n'oubliez pas que je sais lire dans votre coeur et dans celui de vos liés !

- Il est si jeune ... Je pense que la pression subie là-bas lui a fait perdre la mesure de ses actes ... Ne soyez pas trop dur avec lui ...

- Ce n'est pas à moi qu'il incombe de juger ses actes mais à votre Dame et à l'ensemble des gouvernants de Tol Orëa ! J'espère pour lui que les dirigeants du Mar Luime et du Mar Talarom n'exigeront pas de notre Dame qu'elle prononce une sentence sans appel pour l'exemple!

- Ohhh ! Une condamnation à mort ! Nooon ! Il ne mérite pas un tel châtiment !

Le vieux sage leva la main pour faire taire le cri de l'Arpadien.

- Je sais votre affection pour ce jeune homme ! Il est pire châtiment que la mort ... Le bannissement ...

Istvan baissa la tête avec tristesse . Il savait mieux que quiconque ce qu'il en était de se sentir indigne de sa terre.

- Accordez-lui une seconde chance ! Laissez le faire ses preuves et achever la Quête ! Envoyez de renforts plutôt qu'une troupe de la Milice pour l'arrêter !

- Des renforts ? J'ai bien une jeune aspirante du Mar Luime qui attend dans l'antichambre, mais de renforts, point ! Tous les braves sont déjà sur le terrain et la poignée qui reste assure la sécurité des Kaerls ! Je ne peux vraiment rien faire de plus !

- Une ... UNE FEMME ? Encore ? A la lande d'Eru !!!! Vous avez vu Darweel ?

- Je n'ai qu'elle sous la main et puis elle est vaillante ! Nous ne pouvons nous permettre de refuser les bonnes volontés dans notre situation, Istvan! D'ailleurs, je vais dépêcher un courrier pour requérir les services d'un chevalier afin de l'y mener! Le temps nous est compté!

Le Maître Bronze se releva lentement, le visage congestionné par la colère.

- Meilan ! Ne m'accorderez-vous pas l'honneur de finir ma mission ? Je connais déjà le terrain et je suis le mieux à même de la mettre en garde au sujet des périls qui l'attendent !

Le vieillard leva un regard surpris sur le grande silhouette qui se dressait devant lui. Puis s'approchant de lui, il le prit par l'épaule et commença à l'entraîner vers la porte quand soudain de petits coups brefs la firent vibrer. Meilan ouvrit et trouva un Edgerd qui amenaient plusieurs hommes dans son sillage.

- Maître ? Les Sages Guérisseurs que vous avez mandés sont arrivés. Maître Nalesean et Maîtresse Nealyan ...


**********

Meilan hocha la tête et les prit à part un instant . Istvan s'assit sur une chaise dans le couloir, la tête entre les mains, pour les laisser entre eux mais un des guérisseurs, Nalesean, fixait l'Arpadien avec insistance en parlant dans l'oreille de Meilan. Celui-ci hochait la tête avec gravité. Contre toute attente, alors que la vieille femme s'installait au chevet de la Chevalière Neutre, le guérisseur, lui, sortit de la pièce avec Meilan et s'approcha d'Istvan, se penchant vers lui.

- Messire Sarkanys, je souhaiterai vous examiner.

Le guerrier se leva, interdit.

- Mais pourquoi ? C'est elle qui a besoin de vos soins ! Dit-il en désignant la porte fermée.

Nalesean le fixa de son regard bleu et secoua la tête négativement.

- Vous aussi ! Vous le savez bien !

Meilan avait posé sa main noueuse sur le bras de l'Arpadien pour l'inviter à coopérer.

- Istvan, je ne saurais vous confier Amaélis et vous confier encore des missions sans m'assurer que vous n'êtes un danger pour nous tous... Comprenez-le ...

L'Arpadien soupira et obtempéra de mauvaise grâce. Il suivit les deux hommes dans une autre pièce et s'assit sur le fauteuil qu'on lui désignait. Meilan prit place dans un autre siège tandis que Nalesean demandait à l'Arpadien d'ôter ses vêtements. Istvan se débarrassa de sa chemise mal en point. Le sage examina d'un oeil circonspect la blessure au bras puis se redressa songeur.

- Est-ce là la seule blessure que la créature spectrale vous aie infligée ? Et ne me mentez pas, je le saurai !

Istvan fit front avec aplomb sans ciller et omit de mentionner l'autre blessure. Le Patriarche examina ses yeux puis ses mains et enfin sans crier gare fit une incision dans l'avant bras gauche du guerrier et recueillit son sang dans une coupelle de bois qu'il avait sorti de son sac. Après l'avoir examiné, il lui fit ouvrir grand la bouche et se pencha vers elle comme s'il voulait entrer dans le gosier d'Istvan.

- Puis-je vous parler Meilan-Lavok, en privé ... Demanda-t-il l'air impassible.

Les deux hommes s'éclipsèrent, laissant l'Arpadien désemparé. Il remit sa chemise et ceignit son épée rapidement en grommelant.

* La Peste de ces sages qui ne mesurent pas la réalité des choses! *

*Ils la mesurent fort bien , au contraire mon Lié ! Tu souffres d'un mal très grave ... Un mal que cette monstruosité t'a inoculé ! Ecoute- les ! Ils ne veulent que t'aider. *

* Et moi je sais qu'ils ont besoin de moi là-bas! Cette Quête doit aboutir ! Il ne sera pas dit que celle que j'aime et que mon enfant s'exposent en vain! *

* Nous le voulons tous, Istvan! Mais la fièvre te faire perdre tout jugement! Tu es brûlant ! Je le sens ! Je suis ton Lié, je ressens tout ! *

* Cesse de me contrarier, je ne suis pas d'humeur ! Tiens -toi prêt ! Je ne me laisserai pas enfermer ! *

* Il m'est avis que tu ne seras pas souvent d'humeur à présent ! Soit , je te suivrai et te mènerai où tu voudras ...*

* Merci , mon fidèle Lié !*

* Ai-j le choix ? *

Istvan se glissa hors de la pièce et longea le couloir à pas feutrés, la sueur ruisselant dans son dos et brûlant la morsure sise tout en bas. Il progressait lentement, essayant de se souvenir de la disposition des lieux, de la direction à suivre pour aller jusqu'à l'antichambre. Là où était sensée attendre la jeune aspirante. Il passa devant une porte sous le seuil de laquelle filtrait de la lumière. Des voix sourdes parlaient derrière. Il les identifia sans peine. Les deux sages échangeaient leurs avis. Il ne put s'empêcher de prêter attention aux propos qui le concernaient.

- ... Sans nul doute condamné ... Une histoire de temps ...

- ... Combien ...

- ... Incompréhensible ... Devrait être déjà mort ... Une seule morsure d'une telle entité ... Au bras gauche ... Le coeur n'aurait pas dû tenir ...

Istvan se plaqua contre le mur et se mordit le poing pour ne pas crier. Ainsi son destin était scellé et rien de ce qu'il avait pu faire pour le détourner, influer sur son cours n'avait eu d'effet. La fatalité le rattrapait aux meilleurs heures de sa vie, alors qu'il allait se marier avec la femme qu'il aimait, être père. Il serra les mâchoires de rage et essuya avec hargne ses larmes puis se concentra sur la suite de la conversation.

- ... Guerrier ... rompu à la magie ... A déjà affronté bien des spectres ... Peut-être cela qui lui a donné une certaine résistance ... Peut-être ... Pourrait-il survivre ...

- ... Aucune chance ... Mal insidieux est mais fatal ... Devrions lui dire ... Temps est compté ...

- ... Non ...

Incapable d'en entendre davantage, le guerrier s'enfuit sans un bruit à travers le couloir, cherchant désespérément l'antichambre. Puisqu'il devait partir, il essaierai d'être utile jusqu'à son dernier souffle, de se battre pour le monde qui abritait son aimée, ses amis, qui allait être celui de son enfant. Dans un sorte de lucidité étonnante, ses pas le menèrent devant la porte à double battants, là même où il avait arpenté en attendant que Meilan le reçoive pour qu'il lui révèle la teneur des Signes qu'il avait décryptés à la pointe d'Ombrelune. Tout ce chemin pour arriver à cette impasse pour lui ! Mais l'espoir était ailleurs ! Tous les célestes, son enfant, son aimée, tous ces innocents, tous les peuples de Tol Orëa et du Rhaeg qui ne demandaient qu'à vivre et dont la vie ne tenait qu'au succès de la Quête... Il poussa le battant ...

Une jeune fille aux cheveux de neige se tenait là, assise au coin du feu, le regard perdu dans la danse des flammes. Une Neishaane ? Etait-il possible que Meilan soit devenu fou ? Un être dont l'existence était dédiée aux arts , à la musique, au chant, dans un lieu si mortifère et dangereux que la lande ? Elle tourna son visage diaphane vers lui et plongea ses yeux bleu-gris dans les prunelles anthracite aux reflets changeants et frissonna.

- Vous êtes ?

- Amaélis ? Le temps presse ! Je suis le Maître Bronze Sarkanys ! Meilan m'a confié la tâche de vous mener sur le lieu de la Quête ... Etes-vous ... certaine ... de vouloir ?

Elle inclina son cou gracile et hocha la tête .

- Oui, je suis prête ... Il y a longtemps que j'attends ...

Qu'elle attend quoi ? De mourir ? Flarmya !! Aidez-moi ! Que me demandez-vous de faire ? Conduire une enfant à la mort ? N'en ai-je pas tué assez déjà ? A présent l'Arpadien hésitait, perdu entre sa conscience et son sens du devoir mais ce fut Amaélis qui trancha en s'avançant vers lui d'un pas léger .

- Sire Sarkanys, allons-y ! Dit-elle doucement en posant sa main fine sur le bras du guerrier.




**********




Celui-ci sursauta, comme tiré d'un mauvais rêve ... Oui, il allait se réveiller et toute cette quête ne serait qu'un simple cauchemar et il pourrait encore poursuivre Maëvann dans les jardins des Spires, voler avec elle sur le dos de leurs Liés jusqu'aux chutes de Nightfall et l'aimer en lui murmurant des mots tendres, faire des projets pour eux et leurs enfants à venir ... Il pourrait ... Il pourrait ... Il s'était mis à courir à travers les couloirs, entrainant la douce jeune fille par la main. Elle semblait surprise de cette course soudaine mais le suivait sans poser de questions. N'avait-il pas dit que le temps pressait ? Ils débouchèrent bientôt sur le hall où ils trouvèrent le fidèle majordome. Istvan le bouscula et tira Amaélis sur la pelouse où les attendait un Grand Dragon Bronze à l'air infiniment triste de ce que le lien venait de lui apprendre. L'Arpadien jucha la jeune fille sur son dos et sauta derrière elle. Alors que Ragnarok s'avançait pour essayer d'en avoir plus sur sa Liée, il lui lança:

* Nealyan est auprès de Darweel ! Courage ! Elle va se battre! Ne désespère pas !*

Le Grand Noir courba l'échine et envoya un message de remerciement mental à l'Arpadien et ajouta

* Courage à vous, aussi ! Revenez-nous ! *


*Nous essaierons , Rok ! Oooh oui ! Nous essaierons! Décolle, Svarog ! Décolle ! Mène-nous à la Lande !*

Le Dragon s'exécuta avec majesté et laissa la pelouse derrière lui tandis que trois silhouettes surgissaient du manoir en courant. Le bon Edgerd suivi de son Maître et du Patriarche Nalesean, tous faisant des gestes des bras.

- Que veulent-ils ? Demanda la jeune Neishaan.

- Ils saluent votre bravoure, jeune fille! Nous n'allons pas faire une promenade de santé, savez-vous ?

Tandis qu'il l'enveloppait dans une grande cape de laine qu'il avait tirée de son sac pour la protéger du froid de l'interstice, il resserra ses grands bras autour d'elle comme pour la prémunir des dangers qu'elle allait devoir affronter. Le Bronze déboucha au bout du tunnel glacé et vide dans le coeur de la Lande d'Eru sur laquelle s'était levée une nouvelle journée éclairée par un soleil terne et sans vigueur. Ils survolèrent bientôt le lieu du bivouac qui, comme s'y attendait Istvan, avait été déserté. Azdraiel avait sans doute préféré avancer plutôt que de faire d'eux des proies passives pour les spectres ? Istvan approuva cette idée même si elle leur rendait les choses plus compliquées à lui et son Lié, pour les localiser. Il mit à profit le vol nécessaire à retrouver la triade pour expliquer à sa protégée ce qui l'attendait sur ce lieu de désolation et lui parler de ses deux futurs compagnons de Quête contre lesquels il la mit en garde pour des raisons différentes. La jeune fille, opinait de la tête, comme assommée par toutes ces paroles et tétanisée par l'atmosphère ambiante. Enfin, Svarog localisa deux points qui avançaient lentement, tels des fourmis, après avoir repéré Méléagh qui les survolait en décrivant des cercles. Le Bronze se posa non loin d'eux. Istvan sauta à bas de son Lié et aida la jeune aspirante à descendre puis s'avança vers Azdraiel.

- Nous voici ! Je vous présente votre nouvelle compagne de quête ! Voici encore des vivres que Svarog a réunies pour vous ! Faites en bon usage ! Soyez solidaires ! Flarmya veille sur vous ! Menez cette Quête à bien !

- Quoi ? Hurla l'Ardent ulcéré. Meilan-Lavok nous envoie une gamine pour nous aider ? Mais nous ne sommes pas des nourrices, Méléagh et moi! Ne croyez-vous pas que j'ai déjà assez à faire avec celui-là ? Ajouta-t-il en désignant Nathaniel qui fixait d'un regard contrit l'Arpadien.

- Celui-là a droit à une seconde chance et Amaélis a été désignée par les Dieux comme vous tous! Oserais-tu défier les Dieux et leur volonté, Azdraiel ? Soyez soudés et utilisez votre esprit comme vos muscles! Ne négligez aucune piste ! Apprenez à vous écouter, à vous entre aider ... Les Dieux décideront si vous êtes assez vaillants pour vous accorder le succès et pour nous prêter vie à tous !

Il s'adressa ensuite à la jeune fille aux cheveux de neige en lui lançant un petit foulard de tissu.

- Mets cela autour de ton cou et sur ta bouche ... Puis la sondant de son regard indéfinissable, il ajouta. Ne doute jamais, Amaélis ! La vaillance du coeur n'attend pas l'âge! Je dois partir maintenant ... Ils me sentent ... Je risque de vous faire repérer ... Ajouta l'Arpadien sentant une force étrange prendre possession de lui. Son Lié décolla dans une bourrasque de poussière qui masqua aux trois bipèdes la transformation qui commençait à s'opérer sur le guerrier sous l'influence de la lande.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:45

Posté par Amaélis

Allez savoir pourquoi elle était là ?

Elle ne se souvenait plus de rien ; elle flottait dans une étrange brume. Elle aurait tout aussi bien pu rêver...Mais elle ne rêvait pas. Ça, elle le savait : elle s'était pincée plusieurs fois sans résultat. L a Neishaane ne pouvait pas dire pourquoi elle se trouvait ici. Tout s'était passé si rapidement, tout était si confus dans son esprit. Cependant, des images lui revenaient en vrac, et elle essayait en vain de les assembler dans l'espoir de reconstituer le récit des dernières heures.
Si quelqu'un l'avait interrogée, si quelqu'un lui avait demandé pourquoi elle était assise dans cette petite pièce où brûlait joyeusement un feu, dans ce manoir dont elle n'avait jamais soupçonné l'existence, à attendre simplement, elle n'aurait rien pu répondre.

Amaélis plongea son regard dans les flammes. Elle se sentait comme perdue, égarée dans toute cette nouveauté, cet inconnu. C'était étrange...D'habitude, la jeune fille réagissait mal à ce genre de situation, elle paniquait, refusait de sortir du confort des choses connues. Or, à ce moment-là, elle se sentait détachée de la réalité, plus calme et sereine qu'elle ne l'avait jamais été. Les mains posées sur ses genoux, la Neishaane se disait que le mystère serait bientôt levé, et qu'elle saurait rapidement pourquoi elle était là, ou, du moins, on le lui rappellerait.
Erreur. Le temps passait lentement. Peut-être une heure était-elle passée ? Peut-être plus, peut-être moins...Lassée de rester sans rien faire, elle se leva, et se mit à marcher de long en large dans l'étroite pièce. Tout en marchant, la jeune fille fit de son mieux pour s'occuper l'esprit. Dans un premier temps, elle décida de compter toutes les dalles du sol. Mais cela ne lui prit pas si longtemps, en quelques minutes elle savait exactement combien de dalles avaient été posées lors de la construction de cette pièce. À présent lassée de marcher, elle retourna calmement s'asseoir près du feu.

Était-il possible qu'on l'ait oubliée ?

Elle s'apprêta à sortir, marcha jusqu'à la porte, et s'arrêta brusquement en entendant des bruits de pas provenant du couloir. Amaélis pensa que quelqu'un venait enfin la chercher, et elle arrangea rapidement les plis de sa tunique de façon à être présentable. Mais lorsqu'elle colla son oreille contre la porte, seul le silence lui parvint. La Neishaane eut un profond soupir. D'un pas traînant, elle se dirigea de nouveau vers la petite banquette près de l'âtre. La danse joyeuse des flammes fit taire son ennui et son impatience.

Puis, enfin, alors qu'elle semblait sur le point de s'endormir, la porte s'ouvrit. Elle releva la tête et rencontra le regard gris du grand guerrier qui se tenait devant elle ; elle frissonna, n'aimant guère cela. D'une voix encore un peu endormie, elle posa la première question qui lui venait à l'esprit.

Vous êtes ?

Le guerrier lui dit être le Maître Bronze Sarkanys, chargé par le maître des lieux, un certain Meilan quelque chose selon ses maigres souvenirs, de l'amener là où elle devait se joindre à la...

° Quête ? °

Ce mot, ce simple mot, permit à la Neishaane de tout reconstituer dans les moindres détails. On était venue la chercher au Màr Luimë même, et on l'avait menée ici, au Manoir d'Ael Alfirin, en attendant de rejoindre la Triade d'Obsidienne. Quelques notions floues lui revinrent en mémoire : une certaine Prophétie des Deux Lunes, la Grande Quête qui avait été organisée pour empêcher l'aboutissement de cette prophétie, une immense catastrophe qui changerait la face de Rhaeg. Amaélis se sentit prise de vertiges. C'était trop pour elle. Malgré tout, avant de rencontrer Darweel, les Dragons n'étaient que des êtres de légendes destinées à faire peur aux petits enfants, mais Ragnarök était bel et bien réel, à n'en point douter. Si les Dieux l'avaient choisie, il n'y avait aucun échappatoire possible.
En réponse à la question du Maître Bronze, Amaélis hocha légèrement la tête.

Oui, je suis prête...Il y a longtemps que j'attends...

Elle allait ajouter : « Il y a longtemps que j'attends que quelqu'un vienne enfin me chercher. », mais se ravisa. Ce n'était pas vraiment très poli, elle aurait pu avoir l'air de se plaindre.
Comme Sarkanys ne bougeait toujours pas, Amaélis se leva et s'avança vers lui. Elle crut déceler en lui une tristesse et un doute qu'elle ne comprenait pas. Elle posa sa main sur le bras du Maître Bronze, et dit avec un sourire :

Sire Sarkanys, allons-y !

Le guerrier sursauta, la prit par la main, et partit en courant dans les couloirs. Elle ne put que lui emboîter le pas, s'arrangeant pour ne pas chuter en avant durant la course. La situation était-elle si urgente ?

Dans le hall d'entrée, Sarkanys passa sous le nez du majordome, le bousculant au passage. La Neishaane se tordit le coup en essayant d'apercevoir la réaction de l'homme, mais elle fut rapidement tirée en avant par le guerrier. Sur la pelouse bien entretenue du Manoir se tenait un Dragon Bronze, le premier que voyait la jeune fille, qui semblait partager la même tristesse incompréhensible que son Lié. Elle le regarda longuement, savourant les moindres détails de ses écailles brillantes, de ses membres puissants. Le Maître Bronze la fit rapidement grimper sur le dos du Dragon et monta derrière elle. Sortant de la contemplation du magnifique Dragon, elle remarqua qu'un autre Dragon, noir et de très grande taille, s'approchait d'eux.
Ses yeux s'illuminèrent en croisant un regard rougeoyant qu'elle reconnaîtrait toujours.

° Ragnarök ! °

L'Empereur Noir inclina à peine sa tête dans sa direction. Le sourire de la Neishaane disparut rapidement.

° Où...Darweel...? °

Aucune réponse ne lui parvint. Elle ne pouvait percevoir l'échange mental entre Sarkanys et Ragnarök, mais il ne lui fallut que peu de temps pour comprendre. Amaélis s'affaissa, et dut retenir avec difficulté des larmes malvenues. Elle se mordit la lèvre avec angoisse. Le Noir tourna enfin sa tête imposante vers elle.

° Sois forte, petite Neishaane. °

° Je le serai, 'Rok, je te le promets. Pour Darweel... °

Le Bronze décolla gracieusement, abandonnant derrière lui le Manoir. Tandis qu'ils prenaient de l'altitude, Amaélis fixait la silhouette massive et sombre du Lié de son Maître. Son regard se posa alors sur trois formes gesticulantes sorties du Manoir.

Que veulent-ils ?

Elle fronça les sourcils aux paroles de Sarkanys.

Je le sais bien !

Il lui passa une grande et chaude cape, puis passa ses bras autour d'elle. La Neishaane émit un grognement à peine audible, bénissant le tissu qui l'enveloppait.

Le froid de l'Interstice les entoura, faisant frissonner de peur Amaélis. Elle ne supportait pas ce vide, elle en avait horreur. Elle ne recommença à respirer que lorsqu'elle ressentit le souffle sec de l'air du dehors. Ses yeux s'ouvrirent sur le spectacle le plus désolant et terrible qui lui ait jamais été donné de voir. Mort. La terre qui s'étendait sans fin sous ses yeux était morte. Mais pas sereine, une terre tourmentée et stérile, comme une âme condamnée à ne jamais connaître le repos. Ce n'était pas normal. La Terre ne pouvait pas mourir, et pourtant, la Lande l'était. Elle fut tirée de son effroi par la voix du Maître Bronze. Il lui expliqua les dangers de la Lande, ce pour quoi elle se trouvait ici, et enfin, le plus intéressant aux yeux de la jeune fille, qui était les deux personnes qui l'accompagneraient.

Le premier était un Ardent qui se nommait Azdraïel Alaric. Elle en arriva seule à la conclusion qu'il était potentiellement dangereux et qu'elle devrait donc faire attention. Les mises en garde du guerrier la confortèrent dans son avis.
Le second était Céleste, Nathaniel Illyan. Par ce fait, il était sûrement moins dangereux, mais, là encore, le guerrier la mit en garde contre ce jeune homme.

Bien, parfait. Je dois donc me méfier d'eux deux, autrement dit, ne pas leur faire confiance ?

Tu dois être prudente. Si vous ne pouvez pas vous faire confiance, votre Quête échouera ! Malgré tout...je te demande de rester sur tes gardes. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête de l'autre.

Amaélis acquiesça, même si des dizaines d'autres questions voletaient dans son esprit. La tête lui tournait. Serait-elle vraiment à la hauteur ? Il était trop tard pour reculer, elle avait promis à Ragnarök.

Le Lié de Sarkanys se posa non loin des deux silhouettes qu'elle avait entr'aperçu d'en haut. Le guerrier la fit descendre du Dragon, avant de s'avancer vers le plus vieux des deux hommes. Restée en retrait, Amaélis put observer librement ses compagnons de route. Celui qui discutait avec Sarkanys était un homme de haute taille, bien bâti et doté d'une musculature non négligeable. Ses cheveux longs ressemblaient à de la paille, autant dans leur couleur que dans leur aspect. C'était lui, l'Ardent, Azdraïel, il n'y avait aucun doute là-dessus.
Le second était bien plus jeune, peut-être même plus jeune qu'Amaélis. Tout aussi grand que l'Ardent, il était plus fin. Lui avait des cheveux bruns. Pour le reste, il se tenait trop loin pour que la jeune fille puisse le voir en détails.

Le Maître Bronze lui lança un foulard qu'elle rattrapa délicatement avant de le nouer autour de son cou et de sa bouche, suivant les conseils de Sarkanys. Ce dernier plongea son regard dans celui de la Neishaane.

Ne doute jamais, Amaélis !

Ses lèvres formèrent silencieusement le mot « non », puis elle détourna les yeux. Après quelques dernières paroles et conseils, le Maître Bronze et son Lié s'envolèrent de nouveau, laissant Amaélis seule en compagnie de l'Ardent et du Céleste.

La Quête commençait bien...Elle se retrouvait seule en compagnie de deux hommes, des inconnus qui n'étaient pas des plus vertueux selon les paroles du Maître Bronze. Elle les regarda rapidement, l'air farouche. Sans une parole, elle regarda autour d'elle le paysage désolé de la Lande d'Eru. Puis, la Neishaane rassembla son courage et lança :

Qu'est-ce qu'on attend ? Allons-y.

Elle ajouta, plus pour elle-même que pour les deux autres :

Plus tôt la Quête sera achevée, mieux ce sera.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:46

La Lande est la maison de ceux qui n'en ont plus. La Lande est le repère de ceux qui n'ont plus rien à perdre. La Lande est le refuge de ceux qui oscillent entre vie et mort. La Lande souhaite la bienvenue à tous ceux qui foulent son sol stérile, tourmenté, maudit. La Lande d'Eru vous salue.

Mais pas ses habitants.

Si la légendaire Lande d'Eru conserve jalousement ses ruines et ses secrets interdits, c'est parce que les créatures hybrides et difformes qu'elle abrite en ont besoin. Ici, tout végétal survit en empoisonnant la terre et ses congénères. Ici, tout animal est un prédateur acharné en quête de charognes. Ici, tout espoir fait parti du passé. Alors, la petite troupe d'impies qui fait son chemin, ayant passé la région des marécages à geysers brûlants et fétides pour avancer vers la partie plus rocailleuse, intriguait au plus point. Et la haine, le chagrin et l'envie attisèrent les cœurs de ceux qui furent punis. Les trois autres Kaerls vivaient encore. Et la Lande d'Eru se souvient.

Dissimulée aux regards, Lam’ observait le groupe avancer vers sa cachette sans qu’elle puisse rien faire, sinon attendre qu’elle arrive à sa portée. Elle siffla entre ses dents serrées, un petit sifflement qui se perdit dans le lointain. Un autre petit sifflement lui répondit. L’excitation et la peur se mêlèrent dans ce qui restait d’elle et pour elle commença l’attente.

~°~  
Azdraïel avait à peine jeté un regard à la frêle nouvelle arrivante dans la Triade d'Obsidienne. Une jeune Aspirante, une Neishaane Engloutie, à l'aspect fragile. La colère s'était tue dans le cœur du Chevalier Ardent, pour ne laisser place qu'à de l'exaspération et de la lassitude. Non seulement, on lui laissait sur les bras cet empoté d'Aspirant Céleste dont les actes irraisonnés ne lui donnaient pas envie de lui confier sa vie ; mais maintenant on lui refilait une autre gamine sur les bras et sans dragon ! Méléagh survolait le coin pendant leur marche, en éclaireur, quitte à faire fuir quelques autres insectes géants, genre araignées, scorpions ou scarabées. Il y avait nombre de dangers ici, la plupart encore inconnus. Tout ce que souhaitait la Main Noire et surtout son Lié, c'était d'éviter les ruines du quatrième Màr.

Et pour couronner le tout, rendant plus maussade encore la Triade silencieuse, la brume se leva. Une vapeur aux relents de végétation en décomposition, un brouillard dense et s’effilochant au gré d’une brise capricieuse. On n’y voyait plus à trois pas et lorsqu’il y avait une éclaircis, il fallait en profiter et se dépêcher. Et Méléagh devait monter de plus en plus haut pour voir la route. Au milieu de tout cela, marchant sans but presque, la Triade d’Obsidienne ne rompait le silence s’étirant comme un fauve que par le cliquetis du métal, le vent sifflant aux oreilles provoqué par les ailes du dragon, les bottes crissant sur les cailloux émergeant de cette terre dévastée.

Un grondement de tonnerre fit sursauter le Torhil de tête mais ce n’était que son Lié.

° Regarde ! Droit devant toi ! s’exclama soudain son Âme Sœur. J’ai vu quelque chose... °

Azdraïel fit un geste du bras en arrière, stoppant les autres. Il plissa les yeux, des mèches blondes échappées de son catogan fouettant parfois son visage rasé de près. Il scruta la brume, peine perdue. Il ne voyait rien. Il n’y avait absolument rien.

° Regarde mieux que ça ! Là ! C’est là ! °


La brume laissa voir un pan de lande grise, semblable à toute autre. Méléagh faisait des cercles dans le ciel, agité, ses prunelles en rouge carmin. Oui, il avait bien repéré quelque chose. Il y avait une sorte de butte là, avec quelques rochers épars, des pierres qui devaient s’élever jadis en une sorte de tour de guet, comme un avant-poste. Un doute assaillit soudain l’Ardent. Se seraient-ils dirigé tout droit vers les ruines sans s’en rendre compte à cause de cette maudite brume ? Un long sifflement strident lui vrilla alors les tympans. La petite troupe eut beau regarder dans toutes les directions, rien ne semblait avertir d’où venait le bruit. Tout se déroula en un éclair.

Azdraïel hurla, comme frappé par un mal invisible tandis qu’au même moment un rugissement affreux retentissait dans le ciel. Traversant la couche de nuages et éparpillant le brouillard, le dragon brun alla s’écraser sur le sol, soulevant une bourrasque de poussières. Méléagh gémit et grogna, tentant de se dépêtrer de ses ailes et de se relever malgré la douleur. Azdraïel, faisait fi d’Amaélis et de Nathaniel, se précipita sur son Lié, alarmé.

° Rien de cassé ?
Non mais je n’ai rien vu venir...
Des spectres ?
Je ne pense pas. °


Le silence était retombé et la Triade resta un instant comme frappée de stupeur. Ils scrutèrent le ciel, attendant sans doute de voir fondre la créature qui avait heurté si violemment le dragon Ardent. Mais rien ne vint. Méléagh parvint enfin à se redresser, en tâchant de taire ses muscles endoloris. La Main Noire reporta son attention sur les deux Aspirants.

- Il faut partir d’ici. Nous sommes trop proches des ruines de l’ancien Màr Dìnen. Et la créature inconnue pourrait bien revenir.
- Brillante déduction, Messire mais hélas fausse. Les manticores ont un vol aléatoire et erratique. Elles vont où bon leur semble sans discernement. Après tout, le ciel ici leur appartient.



 
Ils se retournèrent pour voir surgir de la vieille tour un visage, celui d’une adolescente aux yeux si vieux pour une enfant qu’elle devait avoir vu des horreurs. Grandie trop vite, ce fut la première impression qui se dégageait d’elle. Une silhouette frêle et agile, de taille moyenne, à la peau pâle, portant une longue cicatrice en travers du visage, des vêtements usés et aux courts cheveux noirs en bataille. Un corbeau croassa sur son épaule, négligemment posé là. La jouvencelle s’avança à peine, jetant de frénétiques coups d’œil vers le ciel pour s’assurer qu’il était désert puis leur fit un geste fébrile, les invitant à la suivre. Elle s’en retourna se cacher parmi les pierres. Azdraïel hésita et vit les autres réagirent de même. Méléagh renifla dédaigneusement. Haussant les épaules, le Chevalier finit par emboiter le pas à l’étrange enfant solitaire. Il grimpa un reste de marches, passa par-dessus un muret et atterrit derrière un mur encore intact, avec un semblant de toit, tout ce qui restait du palier supérieur. Là, la vagabonde paraissait avoir élu domicile pour un certain temps. Un cercle de pierres et de brindilles témoignaient d’un feu de camp éteint. A côté d’un arc et de quelques flèches, un sac montrait son fond, près d’une lance rudimentaire. La jouvencelle s’était assise le dos au mur, observant avec méfiance les nouveaux venus à qui elle venait de dévoiler sa présence en ces lieux. Un petit sourire mutin vint égayer son visage tandis qu’elle déposait l’oiseau sombre sur une pierre saillant du sol. Le temps des questions était venu.

- Je suis Lam’ et voici mon frère de fortune Raven. Mon histoire n’est pas très agréable à entendre et vous devez sûrement vous demander ce que fait une morveuse ici. Mais peut-on commencer par votre propre histoire ? Cela fait longtemps que je n’ai pas vu de vivants par ici !

Comme pour appuyer ses paroles, elle souleva un crâne humanoïde qui trônait dans un coin, au milieu des pierres brisées, le dépoussiéra et le montra aux arrivants.


[Voilà. J’ai eu la carte blanche d’Istvan ^^ Donc, je vous rajoute du mystère, du danger et un petit PNJ que je jouerais pour faire avancer les choses. A vos clavier o/]


Dernière édition par Oracle Tol Orëanéen le Sam 31 Aoû 2013 - 12:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:46

Retour sur la terre ferme

Pourquoi tout semblait-il aussi ferme et glacé ? Aucun repères n’étaient permis dans ce paysage de cruauté et d’infamie, les reliefs semblaient à chaque nouveau coup d’œil plus rudes et élevés, la terre était de plus en plus sèche sous les pas et les esprits mauvais aux intentions macabres semblaient plus proches à mesure que le jour avançait. Le demi sang revoyait dans son esprit le teint pâle du chevalier bronze avant qu’il ne quitte le campement de la triade obsidienne, avant qu’il n’emporte au loin le corps fatigué de celle qui les avait guidé pendant le début de leur quête. Le regard de son ami était tantôt empreint de souffrance, tantôt de tristesse.

Malgré son inquiétude pour les autres, Darweel, Istvan et peut être même Azdraiel il ne parvenait pas à se détacher de son propre souci. Il se trouvait partagé entre le regret de son attitude égoïste et le vœux de rattraper son erreur, son vœux de trahison qui aurait pu être fatal.

Quand le jour s’était levé, pas un rayon de soleil n’avait percé l’épaisse mantelée de nuages qui bordait les cieux avoisinant la lande, si l’on pouvait encore appeler cieux l’amas de gaz toxiques irrespirables, de fantômes aux âmes volantes et de créatures infectes, cet espace de Ciel que même les dieux n’osaient plus regarder de peur d’y voir se refléter leurs erreurs. Qui pouvait savoir quel genre de mal en viendrait ? On craint toujours les coins obscurs car ils alimentent nos peurs tels des déversoirs, ils obscurcissent notre visions avec la facilité qu’on les charognards à démembrer les cadavres de bœufs étendus dans les plaines désertes.

C’est sur de sombres pensées que Nathaniel avait commencé à nettoyer le lieu du campement, avec des gestes brefs et méthodiques. Il avait parfois un mouvement nerveux comme un sursaut ou un tremblement, qu’il auto-réprimait avec un grognement agacé. Il rageait contre son corps faible, luttait contre la fatigue qui le rongeait, contre la faim qui devenait violente.
Et puis peu de temps après le lever du soleil, un nouvel espoir était arrivé. Il s’entendit comme le brasement d’air d’une aile battante, se vit comme le reflet d’écailles aux couleurs du bronze puis comme la silhouette d’une jeune fille à la chevelure éclatante de lumière.

Lorsqu’Amaélis était descendu du dos de Svarog le demi sang avait été estomaqué : Istvan avait ramené une fille ! Elle était très jeune, de manière indéniable, et n’était apparemment pas lié puisqu’Istvan l’avait menée sur le dos de son âme sœur. C’était une aspirante.
D’abord révolté, le jeune homme s’était immédiatement calmé en voyant l’air déterminé de la jeune fille. Puis, en l’observant mieux, il déduit qu’elle devait être une neishaane et qu’elle n’était peut être pas si jeune que cela. Quels que soient les raisons qui l’avaient poussées à s’investir dans cette quête elle semblait savoir où cela la menait.

*Nom d’une schloute ! Il n’aurait plus manqué qu’ils envoient au massacre d’autres jeunes dragonneaux comme moi. Allons, tenons la route …*

L’attitude de la nouvelle arrivante semblait réservée et surtout pleine de défiance. Istvan avait du la mettre en garde contre l’ardent et surtout contre lui-même, sa fuite avait tout de la trahison et avait du laisser dans la bouche du guerrier un goût d’une amertume prononcée, celui qui vous envahit quand un frère tombe ou vous frappe dans le dos. Le Taëwien allait devoir racheter sa conduite et devrait afficher une attitude irréprochable pendant tout le reste de la quête. Tout ardent qu’il était Azdraiel semblait reconnaitre une forme d’autorité en la personne d’Istvan, il ne manquerait surement pas de lui faire part de toute action suspecte de la part du demi elfe.
L’idée d’être surveillé par le Torhil déplaisait fortement à Nathaniel. Il se sentait bien las, ne tenait que par le souvenir de sa mauvaise action et le souhait de se sortir au plus vite de cette situation…

Reprise des recherches

La triade reprit sa route dès l’arrivée d’Amaélis, en silence. Azdraiel semblait sans cesse en conversation avec son lié ou en méditation profonde, il n’élevait jamais la voix et ne montrait de sentiments que par des grognements étouffés et des haussements d’épaules. Quand la brume traîtresse se leva, il laissa échapper un juron et fit signe aux deux aspirants de ralentir. Il allait falloir êtres prudents. Le brouillard était épais et gênait la respiration, Nathaniel du pour respirer nouer un foulard de toile autour de son visage afin de ne pas inspirer la gaz indésirables de la lande.

Les pas du groupes étaient sans cesses interrompues par leur guide, ce dernier avançant au rythme des indications que son lié devait lui transmettre. Meleagh semblait devoir voler toujours plus haut pour apercevoir le chemin qui les mènerait hors du brouillard car l’apparition de son immense silhouette sombre à travers la purée de poix se faisait de plus en plus rare.

Soudainement, la dragon rugit, faisant sursauter les membres de la triade. Azdraiel stoppa une nouvelle fois la marche. A voir la manière dont l’Ardent cherchait à percer la brume du regard son lié avait du apercevoir quelque chose. Mais le rideau de brouillard qui se leva ne révéla que la lande, semblable à celle qu’ils avaient sous les yeux depuis leur arrivée. Cependant le regard du Torhil trahissait quelque chose que jamais Nathaniel n’aurait imaginé : une hésitation, un tracas, de la peur …
L’horizon était peint d’un grossier coup de pinceau, oscillant entre les vapeurs brulantes et les fumées opaque, et l’on voyait se dessiner peu à peu les formes d’un bâtiment construit de main humaine. Peut être une tour, ou quelque chose qui y ressemblait fort. Etait-ce là la crainte de l’ardent ? Le demi sang en riait presque tant la situation lui paraissait grotesque. Lui qui d’habitude ne s’inquiétait ni ne se moquait aurait accablé l’ardent de remarques ironiques d’une audace rare. Il avait l’amertume de la honte et la rage de la faim, et il détestait cela au point d’en faire pâtir un tiers.

Azdraiel hurla, stoppant toute remarque du jeune homme. Nathaniel vit Amaélis se stopper à coté de lui et lui jeter un regard interrogatif. Il haussa les épaules, essayant de prendre un air inquiet, avant de se précipiter aux côtés de l’homme. Il ne semblait pas saigner, ses membres n’étaient pas tordus, rien ne laissait deviner la raison de son mal. Malgré tout ses traits étaient figés dans un expression de souffrance intense et un cri guttural s’échappait de sa bouche béante, se mêlant au rugissement de Meleagh au delà des nuages.
Le dragon perça la couche nuageuse dans une chute vertigineuse pour aller percuter le sol avec violence. Le demi sang, que la panique commençait à gagner, suivit la course du Torhil pour quérir des nouvelles du dragon.
Il stoppa sa course à quelques pas de là ou la dragon était tombé pour respecter l’échange entre les deux liés.

Le silence était retombé aussi vite qu’il avait été brisé et tout semblait figé dans une stupeur désarmante. Le Taëwien tentait d’apercevoir dans le ciel ce qui avait pu attaquer ainsi un être aussi puissant qu’un dragon, mais pas un bruit ni aucun mouvement ne vint trahir la présence d’une créature quelconque.
Tandis que Meleagh se redressait, Azdraiel se tourna vers lui et Amaélis. Il leur dit d’une voix précipitée qu’il fallait partir, et évoqua un nom que Nathaniel ne connaissait pas : le Mar Dinen …

Dans la surprise générale une voix lui répondit. Elle était fluette et dénuée d’intonation particulière.
La jeune fille qui lui avait répondu semblait sortir des ruines, celles qui avaient effrayées Azdraiel. Elle était extrêmement maigre et sa tenue témoignait de la misère dans laquelle elle devait vivre.

*Pas étonnant, si elle vit dans la lande …*
Se dit le jeune pour lui-même *Pas de tailleur dans le coin, pas plus de marchand, c’est même étrange qu’elle soit là*

Le demi sang détailla l’inconnue avec attention, observant le corbeau qui coassait nonchalamment sur son épaule, s’attardant sur ses cheveux bruns en bataille où s’étaient attachés quelques brindilles et s’accumulait la poussière. Sa cicatrice semblaient lui faire un deuxième sourire plein de tristesse et de souffrance comme pour barrer proprement toute trace de bonheur qui viendrait se dessiner sur ses traits. Quand Nathaniel rencontra son regard, son sang se glaça. Il y avait dans ces yeux tout du matin au soir, de la joie à la tristesse, de la vie à la mort, toutes les expressions d’une vie entière, la peur, l’envie, toutes ces émotions se dessinaient en un tourbillon de gris et de blanc. Ces yeux là Nathaniel était persuadé de les avoirs déjà vus …

Mais l’inconnue ne lui laissa pas l’occasion de la dévisager plus longtemps, elle se retourna et après les avoir invités à la suivre s’éloigna prudemment en direction de la tour de pierre.
Azdraiel semblait un peu réticent à la suivre, mais faute d’une autre direction à prendre et sans doute en quête d’un guide dans ces terres hostiles il s’engagea finalement sur ses pas.

Le demi sang se tourna vers Amaélis, et lui dit avec une pale imitation de sourire :
« Eh bien, allons-y … »
C’était là les premiers mots qu’il lui adressait, et il préféra ne pas attendre la réaction de la jeune Neishaane. Il suivit l’ardent d’un pas encore assez faible pour trembler.

Il passa les quelques pierres qui clairsemaient le lieu plat, et s’engagea à son tour dans les marches anciennes. Il avait l’impression de changer de monde, comme lorsque l’on passe dans l’interstice ou quand on percute l’eau à grande vitesse, sauf que les modification opérées n’étaient cette fois pas physiques : Nathaniel sentait une pression monter en lui, comme celle qui l’envahissait au moment de sauter dans le vide, la même qui le prenait quand il avait à s’adresser à une belle personne, et la même que celle qu’il ressentait à l’idée de retourner sur sa terre natale. Toute ces émotions, bien qu’apparemment non liées étaient toutes semblables dans ce qu’elles lui évoquaient : une peur mêlée à l’excitation du grand saut, la déraison de l’action qui dépasse toute entente.

Il passa le mur sans surprise et s’asseyant sans formalité, se mit à écouter le vent.

Il fut littéralement submergé d’odeurs et de paroles, comme si tout à coup mille personnes cherchaient à lui parler en même temps. Il sursauta sous le choc, les yeux fermé sans pouvoir les rouvrir. Il voyait des images défiler à une vitesse fulgurante, des lieux qu’il n’avait jamais vu, des hommes et des femmes aux allures de guerriers qui chevauchaient d’immenses dragons, et un palais brillant de magnificence au sein d’un havre de luxure végétale.

*Le Mar Dinen … Ce que tu cherches est au Mar Dinen… La pierre des morts … Mar Dinen …*

Et tandis que ces mots portés par le vent résonnaient dans son oreille il vit des yeux le regarder avec intensité. Les même que la jeune inconnue …
Il se mit à écarquiller les yeux de surprise et d’horreur, le regard soudain clair.

Reculant à quatre patte, il se colla contre le mur et entoura ses bras autour de ses jambes. Dans son tourment, il entendit l’inconnue prononcer son nom.

*Lam’ …*
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:47

Posté par Amaélis

Aurait-on pu imaginer pareille désolation. Sitôt que son pied avait touché la terre ferme, sitôt que ses yeux avaient analysé le paysage autour d’elle, son moral avait commencé à baisser. Et ça ne s’arrangeait pas, ça ne s’arrangerait pas, elle en était sûre. Le froid de la Lande n’était pas le froid que son sang Neishaan reconnaissait et aimait, c’était un froid qui s’insinuait en vous, jusqu’aux tréfonds de votre âme, qui vous glaçait le sang, qui étendait ses longs tentacules dans votre esprit pour y déverser mélancolie et désespoir. La jeune fille était ainsi : mélancolique et désespérée, emplie d’une angoisse sourde et diffuse.
Le ciel était aussi gris que le sol, tout se mélangeait en une masse confuse et infinie, infiniment horrible et solitaire. Ici, pensait Amaélis, il n’y avait rien d’autre à faire que marcher, si l’on s’arrêtait, on était perdu. Marcher était sûrement la seule chose à faire pour ne pas se faire engloutir par la Lande et ses démons infâmes.

La brume se leva, enveloppant de son linceul grisâtre les trois personnes qui osaient s’aventurer sur cette terre oubliée de tous. Amaélis plissa le nez sous son foulard, malgré le tissu, les odeurs de pourriture mêlées aux gaz malsains la prenaient à la gorge et lui faisaient tourner la tête. Ses pieds trébuchaient sans cesse sur le sol au relief traître. Elle pouvait entendre, à défaut de voir, ses compagnons de route à quelques pas d’elle. Azdraïel était devant, il s’arrêtait souvent, puis repartait d’un pas plus ou moins hésitant, seulement guidé par les indications de son Lié volant au-dessus d’eux. Plus près d’elle, du moins à ce qu’elle pouvait imaginer, marchait le jeune Céleste. Son pas était aussi maladroit que le sien, et lui aussi semblait avoir des difficultés à respirer.
La Neishaane n’eut même pas la force de soupirer, pourtant Flarmya sait qu’elle était lasse. Elle était déjà fatiguée de ce lieu hostile et malveillant. Elle se sentait épiée, mais, dans le brouillard, il lui était impossible de surveiller ses arrières, et elle devait continuer, en essayant de ne pas penser aux courants d’air furtifs qui lui hérissaient les poils, aux infimes chuchotements qu’elle percevait dans l’air au-dessus de sa tête.

Elle aurait voulu crier. Pour briser ce silence épais et oppressant, pour faire fuir les ombres qui l’observaient. Mais le silence fut brisé par un grondement sourd, roulant comme le tonnerre dans un ciel d’orage. Après un bref sursaut, l’Ardent s’immobilisa, faisant stopper une nouvelle fois les deux Aspirants qui le suivaient. Il cherchait quelque chose, son Lié l’avait sûrement prévenu d’un quelconque obstacle sur leur route. La brume se déchiqueta lentement, et en scrutant bien le bout de Lande qui se dévoilait, Amaélis vit des ruines. Un léger frisson lui parcourut l’échine, qu’était-ce que cela ? Le brouillard se reforma, encore plus épais qu’avant. Il y eut alors un bruit atroce, aigu et strident. Elle porta ses mains à ses oreilles pour les protéger de cet insupportable assaut sonore. Paniquée, la Neishaane tourna la tête dans tous les sens, en vain.
Puis Azdraïel hurla de terreur, ou de douleur, ou bien des deux mêlés. L’Aspirante Neutre poussa un petit cri inquiet et se tourna vers Nathaniel. Celui-ci haussa simplement les épaules, et se précipita vers le Thoril qui gémissait quelque part, un peu plus loin dans la brume qui s’effilochait. Amaélis regarda une dernière fois derrière elle, avant d’aller retrouver les deux autres. L’Ardent était prostré à terre, émettant des sons étranges avec sa bouche tordue en un rictus qui était assez effrayant à voir, mais il n’était pas blessé. Ce n’était pas lui qui avait été attaqué.

La silhouette massive du Bronze déchira les nappes de brouillard : le Dragon tombait du ciel dans un rugissement terrifiant. Amaélis tressaillit, tout son corps vibrant au son de ce fantastique hurlement. L’imposante créature s’écrasa au sol, soulevant un nuage de poussière. La Neishaane manqua de perdre l’équilibre. Encore à moitié sous le choc, elle regarda sans réagir Azdraïel se jeter sur son Lié avec inquiétude. Elle écouta, immobile, les paroles précipitées que leur adressait l’Ardent. Un mot la fit tiquer, et ses yeux s’agrandirent sous l’effet de la terreur qui venait de s’emparer d’elle. Titubant presque, elle s’approcha du Thoril.

Le...Le...Le Màr Dìnen ?! Vous en êtes certain ?!

La voix qui s’éleva alors n’était pas celle de l’Ardent, ce n’était même pas la voix d’un homme. Une petite voix fluette, qui s’exprimait d’un ton neutre. Amaélis se retourna, et dévisagea l’étrange adolescente qui venait de sortir des ruines de la vieille tour. Elle n’était pas grande, sa silhouette gracile donnait l’impression qu’un coup de vent aurait pu l’emporter au loin. Elle était vêtue de vêtements usés qui partaient en lambeaux, mais elle ne s’en souciait apparemment pas. Ses cheveux étaient courts, en bataille et recouvert d’une fine pellicule grisâtre. Le visage pâle de la jeune fille, barré d’une hideuse cicatrice blanche, n’était ni tendu, ni inquiet. Sur son épaule était posté un corbeau, poussant de temps en temps un croassement rauque. Leurs regards se croisèrent, et Amaélis eut l’impression qu’une flèche glacée et aigüe l’avait transpercée de part en part. Ses yeux étaient du même gris que les siens, ils dégageaient en plus une vieillesse et une tristesse hors du commun, comme si en face d’eux se tenait, non pas une petite adolescente, mais une veille femme usée par le temps, et par les évènements qu’elle avait subis.

Elle ne s’avança pas vraiment vers eux, levant fréquemment les yeux vers le ciel comme pour s’assurer que la créature, la manticore, avait bel et bien disparu. La jeune fille, d’un geste, les invita à la suivre, et retourna dans sa cachette parmi les ruines. Ni Azdraïel ni Nathaniel ne bougèrent, Amaélis les imita, même si elle se sentait étrangement attirée par l’adolescente. Finalement, l’Ardent haussa les épaules et la rejoignit. Que pouvaient-ils faire d’autre ? Le demi Elfe s’était tourné vers elle, et, avec un faible sourire, prononça quelques mots. Sans répondre ni même hocher la tête, elle marcha d’un bon pas vers les escaliers, dépassant au passage le Céleste dont les jambes tremblaient. Sans aucune appréhension, elle posa son pied sur la première marche, puis gravit tout l’escalier. Comme le Thoril, elle passa le petit muret et se retrouva dans ce qui devait autrefois être un des étages de la tour de guet. Le toit était à moitié effondré, de même que le mur opposé à celui qu’elle venait de franchir. Elle se poussa pour laisser passer Nathaniel, et alla s’asseoir un peu à l’écart de ses deux compagnons, les yeux rivés sur la misérable.
Avec un petit sourire, cette dernière ôta le corbeau de son épaule pour l’installer sur l’une des pierres. Elle se présenta.

°Lam’...°

Amaélis ne pouvait pas détacher son regard de cette silhouette pauvre et amaigrie. Qu’avait-elle de si spécial pour captiver ainsi la Neishaane ? Elle-même ne pouvait répondre. Si l’adolescente était une autre des chimères qui peuplaient la Lande, et qu’elle avait jeté son dévolu sur la plus faible de la Triade pour l’envoûter, c’était réussi. Mais Amaélis n’imaginait même pas cette possibilité, Lam’ ne pouvait faire de mal à personne...

Toute méfiance l’avait quittée, à tel point qu’elle mourrait d’envie de répondre à la requête de l’inconnue en racontant tout : la Prophétie, la Grande Quête, la précieuse Pierre qu’ils cherchaient et tout ce qu’elle savait d’autre. Oui, elle allait faire ça. Après tout, Lam’ ne pouvait faire de mal à personne.

Je suis Amaélis Yodera, Aspirante du Màr Luimë, le Kaerl Englouti. Si nous sommes ici, c’est pour... Elle s’interrompit un instant, puis reprit : Avez-vous entendu parler de la Prophétie des Deux Lunes, même jusqu’aux confins de la Lande d’Eru ? Eh bien, nous sommes à la recherche de...

Son attention fut détournée de Lam’ quand elle réalisa que ce qu’elle leur montrait était un crâne humain. Cela suffit pour que la Neishaane reprenne conscience de l’endroit où elle se trouvait et de ceux qui l’accompagnait. Elle se tut subitement, son cœur s’affolait dans sa poitrine : et si elle en avait déjà trop dit et que cette Lam’ n’était pas ce qu’elle était supposée être, à savoir une adolescente perdue et en position de faiblesse ? En tentant de cacher son angoisse, elle inspira profondément et dit :

Je ne pense pas être la meilleure personne pour vous en parler. Je...Je n’étais pas là depuis le début. Et je...J'ai vraiment trop soif, excusez-moi.

Elle se recula contre le mur.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:48

La petite vagabonde avait l’entrain de la jeunesse mais l’amertume de la vieillesse. Quelle étrange créature que celle-là ! Azdraïel se méfia d’elle dès le premier regard, alors que Nathaniel semblait perdu dans ses pensées et Amaélis complètement sous le charme de la dénommée Lam’. Méléagh se coucha dans leur abri temporaire, renâclant comme un cheval rétif. La petite Neishaane avait faillis faire une bourde, sur le point de révéler le but de leur mission. Le Torhil lui lança un regard noir. Si jamais elle s’avisait de refaire ça, elle était bonne à jeter en pâture à son Lié. Azdraïel reporta son attention sur l’adolescente. Celle-ci avait les sourcils légèrement froncés par la défiance mais toute son attitude clamait la désinvolture, la nonchalance mais ses muscles tendus témoignaient de ses sens alertes. Elle était prête à bondir tel un chat sauvage pour défendre son territoire.

- Comme l’a dit si aimablement la jeune Aspirante Yodéra, nous sommes une compagnie d’explorateurs. Je suis le Chevalier Azdraïel Alaric et voici mes compagnons : les Aspirants Nathaniel Illyan et Amaélis Yodéra. Et puisque tu ne sembles pas avoir peur de mon Lié, je te présente le dragon Méléagh. Tu as en déjà vu sans doute...

Il était devenu un peu suspicieux. Oui, elle n’avait pas peur du Brun, bien au contraire. Cela signifiait qu’elle avait déjà eu des contacts avec les spectres du Màr Dìnen ou des précédentes expéditions. Réflexion faite, cela n’avait rien de rassurant. Ils étaient tout de même cachés en ce moment dans un poste avancé du quatrième Kaerl ! Le territoire des spectres ne devaient plus être très loin...

Lam’ sourit et déposa le crâne. Elle inspecta rapidement d’un coup d’œil les quatre membres de l’expédition. Le Torhil était à prendre avec des pincettes et le dragon n’avait rien de bien méchant dont elle ne sache venir à bout en cas de problème. Le demi-Elfe l’intriguait et son regard inquisiteur ne lui plaisait guère. Quant à la jolie Neishaane, seule créature féminine du groupe, elle plut beaucoup à la chasseresse. Délicate comme une fleur hivernale... Oui, elle pourrait devenir son amie !

- Chevalier Alaric, vous tombez juste, j‘ai bien déjà des dragons. Il n’y a pas si longtemps d’ailleurs. Une grande écarlate et un petit blanc, qui ont joyeusement copulé ensemble. Leur couvée sauvage est cachée quelque part dans les ruines de l’ancien Kaerl. Je pourrais vous y emmener si vous voulez... Je connais cette Lande comme ma poche !
- Loin de nous l’idée de rejoindre le Kaerl Maudit, nous sommes là pour tout autre chose
, rétorqua d’un ton brusque Azdraïel tandis que son Lié s’ébrouait soudain derrière lui.

Une Reine Incarnate par ici ? Pourquoi avait-elle pondu en dehors du Màr Tàralöm ? S’il la retrouvait, il ne ferait qu’une bouchée de ce Blanc et aurait droit aux plaisirs de la chair. Cette idée le ragaillardi. De son côté, Lam’ ne laissa rien filtrer de ses émotions. A force de survivre dans cette maudite Lande, abandonnée des dieux et des hommes, elle s’était endurcie. Elle haussa les épaules, comme si elle s »en moquait. La couvée resterait donc cachée et les Kaerls n’en pourraient jamais bénéficier. De toute façon, le dragon immaculé veillait sur sa progéniture avec la jalouse précaution et l’ardente tendresse d’une véritable Reine. Car l’Incarnate avait bel et bien disparu... Un mystère de plus ici bas. Tout comme les Ordres d’appartenance des membres de la compagnie ne lui avaient pas été révélés mais cela, ce n’était pas un problème. L’expérience lui avait appris à les reconnaître. Le Torhil au profil de rapace et son Brun étriqué venaient tout droit du Kaerl Ardent, ceux qui avaient hésité à atteindre la connaissance de leurs ancêtres et s’en étaient vu dépouillé. Le jeune sang-mêlé arrivait du Kaerl Céleste, là où résidaient ceux qui cachaient leur part de noirceur sous de belles actions inutiles et des états d’âmes puériles. Quant à la jeune fille en apparence si douce, elle faisait parti du Kaerl Englouti, de ceux qui ne faisaient aucun choix décisif et préféraient débattre durant des heures de questions stériles. Hétéroclite compagnie en quête dans la Lande d’Eru. Et cette expression qu’avait laissée filer l’Aspirante Amaélis. La conjonction des Deux Lunes ? Oui, elle connaissait bien. Elle attendait ce moment depuis longtemps. Elle avait toujours plus ou moins que des expéditions des trois Ordres Draconiques viendraient enquêter mais elle n’imaginait pas ces trois Ordres rivaux faire front commun et se mêler...

Elle posa une main rassurante sur le plumage sombre de Raven et le caressa distraitement, un léger sourire dansant sur son visage. Sous ses airs de brute épaisse, le guerrier torhil fronçait des sourcils et la dévisageait d’un air soupçonneux et son Lié ne valait guère mieux.

- Et si tu nous racontais maintenant ce que fais une gamine comme dans ce coin perdu ? Tu dois bien avoir de la famille sur le continent. A ton âge, tu devrais être chez ta mère, en train de réclamer un nouveau jouet et non pas vivre en exil dans une terre gaste comme celle-ci...
- Que croyez-vous qu’on fasse des bâtards dont on ne veut pas ? Ceux qui n’ont pas le courage de les tuer les jettent en pâture aux monstres de la Lande d’Eru
, répliqua vivement Lam’ dans un sursaut de colère, un sourire discordant aux lèvres qui tordait affreusement sa cicatrice blanchâtre et la voix pleine d’amère haine. Je ne sais pas qui sont mes parents et je ne veux pas le savoir car, si jamais un jour je me retrouvais face à eux, je crois bien que j’aimerais leur faire subir ce qu’ils m’ont fait.

La petite main se crispa un peu trop fort et le corbeau croassa de douleur et battit des ailes. Lam’ s’en rendit compte et reprit sa caresse apaisante. L’oiseau charognard se calma instantanément. Elle-même retrouva ses nerfs d’acier et son rictus disparut.

- Je suis une bâtarde. De quelle race, de quelle lignée ? Il n’en demeure pas moins qu’on m'a abandonnée à mon sort quand j’avais quatre ans. Heureusement, je n’étais pas la seule à tenter de survivre ici, loin de toute civilisation, exilée de force sans espoir de retour sinon c’était la mise à mort. J’ai passé deux jours cachée dans une petite grotte. J’allais mourir de faim, de soif et de peur. Un homme me trouva néanmoins. Un bâtard comme moi. Mais il avait eu plus de chance, il avait vécut, lui : on l’avait abandonné ici quand il était encore un adolescent. Il a put survivre seul et a connu un peu le monde extérieur. Moi, non. Il a pris soin de moi comme un père avec sa fille. Il m’a tout appris mais n’a jamais voulu me révéler son nom. Il esquivait la question en souriant d’un air triste. Son passé devait encore le tourmenter malgré le temps passé à errer ici. Hélas, il y a un an, mon mentor mourut à cause d’une manticore blessée, rendu hargneuse par la douleur. Il avait voulu achever la bête pour récupérer sa viande : il n’avait pas prévu qu’elle était restée vive et dangereuse.

Lam’ avait parfaitement recouvré sa contenance et sourit de nouveau. Elle désigna le crâne avec malice. C’était donc le crâne de son mentor... Méléagh pencha ses naseaux vers lui et le renifla avec perplexité. L’histoire de l’étrange adolescente tenait la route. Azdraïel, bien qu’extrêmement méfiant, goba le tout avec son indifférence habituelle. Les deux autres, n’en parlons pas. Seul le dragon sentait quelque chose d’anormale. Avec ses sens bien plus aiguisés que ceux d’un bipède, il savait qu’il y avait quelque chose ici, quelque chose tout proche, qui attendait leur fin à tous.

- La nuit va bientôt tombée. Vous devriez passer la nuit ici, je prends le premier quart, si vous voulez.

La vagabonde avait retrouvé son enthousiasme. Comme pour confirmer ses dires, la brume se dispersait pour laisser voir la morne plaine s’étendant à perte de vue et le rougeoyant Solyae disparaître derrière l’horizon dans le silence. Azdraïel médita la proposition un court instant puis acquiesça. De toute façon, ils n’avaient nulle part où aller. La nuit tomba d’un seul coup, recouvrant la terre gaste d’une chape de ténèbres lourdes comme du plomb. On n’y voyait encore moins qu’avec la brume en plein jour. Et pas une étoile ni un nuage dans le ciel. On ne voyait que les deux astres lunaires si proches comme s’ils étaient près de s’embrasser. C’était ce geste d’amour ou de conflit qu’il fallait à tout prix empêcher sinon, c’en était fini de Rhaëg.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:48

Posté par nathaniel

*Il faut faire quelque chose, et vite ! On ne peut pas rester ici avec cette fille …*

Amaélis était bien trop en confiance avec l’inconnue qui avait abordé le groupe. Son apparence frêle et innocente devait la rassurer, mais ses yeux avaient un tout autre langage. Elle semblait voir claire en chacune des personne présentes dans la tour, et n’était même pas effrayées par la présence du brun Meleagh. Tout cela n’était pas de bonne augure pour la troupe, il fallait maintenant se dépêcher de trouver la pierre d’obsidienne.
Nathaniel allait prendre la parole pour briser le lien que Lam’ essayait apparemment de tisser, mais Amaélis le devança pour effacer toutes traces de son erreur. Après quoi la jeune Neishaan se recula contre le mur. Le champ était libre entre les membres de la triade et la jeune inconnue accompagnée de son sombre compagnon. Azdraiel s’exprima a son tour, jouant apparemment sur sa stature et son assurance de tueur.

Malgré l’absence de peur dans ses paroles et ses gestes, la tension qui faisait un peu trembler sa mâchoire témoignait de l’embarras dans lequel la présence de Lam’ le mettait. De plus, le lieu dans lequel ils se trouvaient semblait lui déplaire réellement. Après réflexion cela sembla naturel au demi elfe, les seules traces restantes de civilisation dans la lande devaient être associée au Kaerl Sanglant cité un peu plus tôt par le Torhil, avec une voix réellement empreinte de crainte. Malheureusement, ils devraient bien s’y rendre pour dénicher la pierre d’obsidienne, étant donné que c’était là la seule piste donnée par les spectres au jeune homme qui avait écouté le vent.

Il allait encore une fois tenter de parler à son compagnon de quête quand il fut à nouveau interrompu, par Lam’ cette fois. Et ce qu’elle dit mit tous ses sens en alerte : une couvée sauvage !! Il fallait la découvrir au plus vite, d’autant plus que les dragonne incarnates étaient associées au Mar Taralom. Il s’agissait là d’une occasion unique pour lui de retrouver un intérêt aux yeux du Kaerl et de ses habitants. Si il ramenait la pierre et les œufs de cette dragonne ardente il éviterait l’apparition de dragons sauvages potentiellement hostiles aux célestes…
L’image qu’il montait dans ses esprits fut craquelée par les paroles de l’ardent de la triade. Il ne voulait pas aller au Mar Dinen.
Il fallait cependant que le demi sang l’en convainque, sans quoi ils ne rentreraient jamais avec la pierre dans leurs Kaerls respectifs !

La réponse négative du Torhil à sa proposition sembla laisser Lam’ de glace, car elle haussa les épaules indifféremment.
Elle laissa un instant de silence pour observer les aventuriers. Ses yeux perçant glacèrent le sang du Taëwiens quand elle les posa sur lui avec insistance. Elle semblait l percer du regard et analyser chacune des trames qui le constituait.
Cette sensation était des plus désagréables.

Azdraiel lui demanda alors de se présenter plus en détail, et notemment d’expliquer sa présence en ces lieux hostiles à la vie humaine. Alors la jeune fille raconta son histoire. Durant tout le discours Nathaniel n’écouta que d’une oreille distraite, cherchant le moyen de détourner Azdraiel des paroles de Lam’ pour qu’ils puissent se diriger vers leur réel objectif.
Alors qu’elle finissait de parler, il réalisa que sa vie avais été bien loin d’une partie de plaisir. Du moins ce qu’elle avait bien voulu dire.

Quelque chose clochait, comme d’habitude. Nathaniel finissait presque par s’en accommoder, tant les évènements de la lande et l’ambiance qui les accompagnait étaient illogiques. Cependant, alors qu’il luttait en lui-même pour savoir comment sortir de cette impasse le malaise s’étendit encore plus et écarta la blessure de sa conscience. Il n’étaient pas seuls, quelque chose spectre ou animal désirait la mort et la souffrance de tous. Le plus étrange était que cette présence n’était pas accompagnée d’une odeur animale, aucune autre effluve que les gaz pestilentiels de la lande ne parvenait aux narines du demi elfe.
Il se souvient du hurlement terrifiant qui avait précédé le départ de Darweel puis le sien et frémit. Il fallait faire vite, tout cela devenait de plus en plus pressant.

L’assurance de la jeune inconnue était revenue à son apogée, et elle avait cessée de dévisager tous les aventuriers. Amaélis quand à elle semblait vouloir se taire et se faire oublier, car on ne l’entendait plus.
Lam’ leur proposa alors de rester à ses côtés pour la nuit. Cela n’enchantait guère Nathaniel, mais la brume se leva pour confirmer les dires de la jeune fille. Cette purée de poix les avaient empêchés de réaliser a quel point la journée avait passée vite.

La troupe se prépara alors à profiter de la nuit pour se reposer. Dans l’obscurité le demi sang s’approcha du Torhil et l’interpela.

-Azdraiel … Je dois vous parler. On ne doit pas rester ici, je sais où est l’obsidienne et ça ne va pas vous plaire. Demain matin dès le lever du soleil nous devrons partir pour la Kaerl sanglant …
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:50

Amaélis avait décidé de se taire. Pour le moment, du moins. Le regard que lui avait lancé le Torhil Ardent l’avait dissuadée de continuer la conversation. Recroquevillée contre le mur, son regard allait d’un point à un autre : le ciel de cendres, Azdraïel qui présentait leur compagnie, Nathaniel, silencieux mais attentif, Lam’, le Dragon Brun qui semblait mal à l’aise, puis de nouveau le ciel. Elle reporta enfin son attention sur l’Ardent et l’adolescente. Une couvée sauvage ? C’était assez intéressant, mais si elle était cachée dans les ruines du Màr Agarwaen... Azdraïel semblait déterminé à éviter l’ancien Kaerl. Et si la Pierre d’Obsidienne s’y trouvait ?
Certes, elle en avait lu et entendu des histoires horribles, des récits terrifiants qui la faisaient encore trembler, mais l’avenir de Rhaëg en dépendait. Elle ne voulait pas mourir. Bon, il était vrai qu’elle risquerait sa peau en affrontant les Spectres du Màr Dìnen, mais là, elle avait une chance de s’en sortir, alors que s’ils ne retrouvaient pas la Pierre à temps, ils étaient sûrs de mourir. Quitte à être tués, il valait mieux que ce soit en essayant de sauver le monde. Même si...
Elle n’avait rien pour quoi se battre. Le Màr Luimë ? Bah, elle n’y attachait pas plus d’importance que ça. Après tout, l’idée de changer de Kaerl ne la traumatisait pas, pas plus que de s’imaginer celui-ci détruit. Sa famille ? Cette pensée lui arracha un rictus. Elle n’avait pas de famille. Ses amis ? Darweel se mourrait dans le beau manoir d’Ael Alfirin, et Khaavren... Elle secoua la tête. Les Dragons ? Ah oui. Ces sublimes créatures, elle pouvait se battre pour qu’aucun d’eux ne meurent, pour que leur race ne s’éteigne pas. Ses yeux se posèrent sur Méléagh. Oui, elle ferait ça.

Elle sortit de ses réflexions. Azdraïel venait de demander à Lam’ ce qu’elle faisait ici, dans cette terre morte et oubliée. La question souleva une vague de colère chez la fillette, la faisant se crisper au point de faire mal à son ami plumé, et son visage déformé par la haine effraya la Neishaane. Elle retrouva cependant rapidement son calme, et débuta son récit.
Une pointe d’émotion transperça le cœur d’Amaélis, elle qui était d’habitude si indifférente au sort des autres, trop occupée à se lamenter sur son propre passé, ses propres douleurs. Sa vie avait été dure. Elle était une exilée, tout comme la Neishaane, et bien qu’il y ait de grandes différences entre la Lande d’Eru et la forêt d’Undòmë, une prison reste une prison, qu’elle soit gris ou bien verte. Avec un petit sourire la bâtarde désigna le crâne humain. Ce devait être celui de cet homme. Amaélis, bien sûr, ne douta pas un seul instant de la véracité de cette histoire, et elle observa l’adolescente d’un air doux, pas compatissant – elle avait horreur de la pitié et de la compassion des autres – et rempli d’une certaine compréhension.

Passer la nuit ici... C’était une bonne idée, et puis ils n’avaient pas tellement le choix. A peine la brume se leva-t-elle pour laisser voir le coucher du Soleil que les ténèbres recouvrirent la Lande. Les compagnons se préparèrent pour la nuit, et profitant de ce que Lam’ se retrouvait seule pour veiller, Amaélis se rapprocha d’elle en silence.
Elle resta debout un moment sans dire un mot, essayant de percer l’obscurité du regard sans résultat. Les deux Lunes s’étaient levées, si proches l’une de l’autre, les lueurs rousse et violette commençaient déjà à se mêler en une couleur qui n’avait d’autre signification que chaos et mort. Un frisson parcourut la Neishaane, malgré la couverture dans laquelle elle s’était enveloppée.

Elles sont belles... murmura Amaélis, plus pour elle-même que pour la jeune fille à ses côtés. Quel dommage que ce soit pour de si mauvaises choses.

Elle soupira et se retourna vers l’endroit où elle devinait la frêle silhouette de l’adolescente.

Dis-moi... Tu n’as pas peur de vivre si près des Spectres ? Je veux dire, ils sont dangereux, n’est-ce pas ? Tu pourrais y laisser ta peau...

C’était stupide. Lam’ ne devait probablement pas craindre la mort. La mort ne devait pas être pire qu’errer dans ces lieux désolés. Elle se tut un instant, les lèvres pincées, réfléchissant à la Reine Incarnate et au Blanc.

Pourrais-tu m’en dire plus sur cette histoire de couvée sauvage ? Ça m’intéresse. Je n’ai pas envie de la retrouver, je crains les ruines du Màr Agarwaen, mais j’aime entendre des histoires au sujet de Dragons. Et puis, je ne pense pas pouvoir m’endormir de sitôt. Je... n’aime pas trop cet endroit...

Amaélis se laissa tomber au sol. Elle tombait de fatigue, mais elle ne voulait pas s’endormir, pas encore. Elle n’était pas à son aise, ici, elle redoutait de sombrer dans le sommeil.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:50

Azdraïel s’était éloigné, renfrogné, le front barré d’un pli soucieux. Il alla s’adosser contre le flanc chaud de son Lié qui, visiblement, ne parvenait pas à trouver une position confortable et ne cessait de s’agiter. Ils n’aimaient pas cet endroit, l’un comme l’autre. Même si ce n’était pas la première fois qu’ils s’y aventuraient, ils auraient préférés être autre part. Et la perspective d’être dans le secteur des spectres, si proches des ruines du quatrième Ordre Draconique disparu ne les enchantaient guère. Il fallait se tenir sur ses gardes. Seuls les dieux savaient ce qu’ils auraient à affronter dans cette terre maudite et désolée. Le Torhil entendit des pas se rapprocher. Il leva un regard froid mêlé d’indifférence son regard coutumier, sur le jeunot qui venait vers lui. Méléagh ronflait déjà. Aux paroles de Nathaniel, il étouffa un juron entre ses dents serrées. Puis il ferma les yeux et sembla réfléchir. Cette Quête partait dans tous les sens. Quelle connerie ! Quand le vieux du Manoir lui avait demandé d’intégrer la Triade Obsidienne pour arpenter la Lande d’Eru avec un petit Aspirant et une jeune Dame pleine d’autorité, cela ne lui avait pas particulièrement plut, surtout le fait de devoir retourner dans la Lande encombré de ces ceux-là. Mais ils n’avaient pas le choix. C’était ça ou la fin du monde.

Mais le monde s’était écroulé il y a déjà bien longtemps aux yeux du Chevalier Alaric.

Et maintenant ça. Décidément, ce n’était pas son jour. Il tâcha de prendre une voix courtoise mais l’agacement le gagnait, en même temps qu’une peur justifiée de l’endroit dont parlait le demi-Elfe avec tant d’ignorance.

- Et qu’est-ce qui vous fait croire que la pierre se trouve là-bas ? Savez-vous seulement ce qui se trouve là-bas ?

Malgré lui, la colère l’enflammait. Il se passa une main tremblante sur le visage. Excédé, il rendit un regard d'or dur à Nathaniel.

- Est-ce que vous avez une idée de ce qui nous attend dans les ruines du Kaerl Sanglant ? Les légendes recèlent toujours une part de réalité. On voit bien que vous n'y êtes jamais allé...

Mais l'attitude confiante et déterminée de son vis-à-vis lui faisait craindre que ce qu'il exposait était une vérité qu'il tâchait d'oublier et de nier depuis qu'ils étaient entrés dans la Lande. Mais si la pierre était réellement là-bas... Avaient-ils seulement le choix ?

- Très bien, reprit-il, résigné. Si elle est vraiment là-bas... De toute façon, dans un lieu aussi dévasté que celui-ci, elle ne peut qu'être dans un lieu bien gardé. Le Màr Dìnen semble l'endroit le plus probable. Mais nous devons nous méfier de cette Lam', ne serait-ce que par pure prudence. Ne lui révélons pas notre but... Prenons le prétexte d'aller voir sa fameuse couvée sauvage, ajouta-t-il après un instant de réflexion en se grattant le menton.

~°~
Comme elle l'avait dit, Lam' avait pris le premier quart. Perchée sur le reste de toit, Raven nettoyant ses plumes à ses côtés, elle observait la purée de poix de son regard aussi acéré que celui du volatile, comme si elle eut pu voir dans la nuit. Elle pouvait sentir le vent frais ébouriffer ses cheveux épars, une sensation de vie qui lui avait cruellement manqué durant tant d'années. Elle pouvait enfin se rassasier de la véritable souffrance, celle présente et celle à venir. Elle leva les yeux sur les deux lunes si proches, un sourire extatique sur son visage. Que le monde crève et rende ce qu'il avais si injustement détruit.

Des bruits de pas légers et une voix douce lui parvinrent. Elle ne se retourna pour que contempler avec un petit sourire mi-triste mi-amusé sur la jeune Amaélis.

- Non, je n'ai pas peur. Pourquoi aurais-je de ceux qui m'ont protégés, sans le savoir, de ceux venus du monde extérieur ? Pourquoi avoir peur de ce que l'on connaît depuis toujours ? C'est l'inconnu qu'il faut redouter...

Elle ponctua sa phrase d'un grand sourire rassurant et reporta son attention sur la plaine obscure.

- N'aie pas peur, Amaélis, reprit-elle en savourant la douceur de son nom sur sa langue. Tu ne crains rien ici, avec moi. Je vais te raconter une histoire de dragons. Toi qui viens du Kaerl Englouti, tu as déjà dû voir des majestueuses Reines Argentées. Alors imagine une de ces Reines aux écailles couleur du sang frais. Toutes les Reines sont belles et terribles par nature. Il y a plusieurs mois maintenant, une Reine Incarnate inconnue a fendu le ciel de la Lande d'Eru. Cela faisait déjà un certain temps qu'elle volait par ici, je crois qu'elle avait élu domicile dans les ruines, avec sa cavalière masquée, bientôt suivie par une Bleue et sa jolie chevaucheuse. Elles sont partie maintenant, peut-être mortes à l'heure qu'il est. Toujours est-il qu'avant leur disparition, cette Reine a batifoler dans les airs avec à sa poursuite un petit Blanc bien présomptueux. Après des heures d'acrobaties aériennes toutes plus spectaculaires les unes que les autres, la Reine s'est faite rattrapée - ou cela était-il voulu ? Après une étreinte aussi brève et aussi intense, je suis partie explorée les ruines, ma curiosité piquée au vif. Il m'a fallu du temps. J'ai trouvé la cachette de la couvée, des œufs nacrés d'une telle beauté... Mais la Reine avait disparu. Et seul le Blanc veillait désormais sur leurs enfants illégitimes. Le mystère de la vie...

Nul besoin de révéler que la Liée du Blanc et celui-ci avaient déplacés les précieux œufs.
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MessageSujet: Re: Archive - [RP Officiel - Quête des Deux Lunes] La pierre des Morts aux regards des Spectres.   Sam 31 Aoû 2013 - 12:50

C’était comme se heurter à un mur. L’agacement de l’ardent était notoire, encore qu’il ai fait des efforts de courtoisie. Le demi elfe imaginait sans mal de quelle manière le torhil l’aurait envoyé voler loin de la place en toute autre situation. Mais l’heure n’était pas aux batifolages et même celui qui représentait le mauvais penchant de la triade au yeux de Nathaniel s’y accordait. Il ne fallait pas jouer aux querelleurs.

La question du Torhil mit le feu au cœur du demi sang. Si il savait ce que contenait le Mar ? Certainement pas, et il n’était guère pressé de le découvrir. Mais la situation l’exigeait, d’une certaine manière. Cela lui faisait presque regretter son retour, car l’expression presque effrayé de l’impassible ardent avait quelque chose … D’anormal, comme si quelque chose qui effrayait quelqu’un d’effrayant était inimaginable.

« C’est vrai, je n’y suis jamais allé, et croyez-moi je m’en passerais bien. Mais les choses sont faites de telles sortes que nous n’avons plus guère le choix. »

Il acquiesça aux affirmation de l’ardent. Le Kaerl maudit était de toute évidence la seule cachette possible, envisageable, et de toute manière la seule qui soit une base suffisamment solide pour y envisager enfin des recherches dignes de ce nom. Quant à Lam’, il n’était bien entendu pas question de lui accorder la moindre confiance. Elle ferait peut être un bon guide mais n’avait nullement besoin d ‘en apprendre davantage sur la situation de la triade. Amaélis en avait peut être déjà trop dit.

La couvée sauvage intriguait cependant le demi sang, qui voulait y prêter plus d’attention que le Torhil. Qu’était-ce que cette histoire ? Il faudrait peut être interroger la jeune inconnue dès le lendemain, cela ferait double emploi : il en apprendrait peut être davantage et maquillerais les objectifs de la triade. Si jamais Lam’ ne les avais déjà découvert.
Ce qu’il redoutait le plus, c’était les spectres de la lande qui rodaient aux alentours. Si jamais il avait à les affronter il ne pourrait garantir sa bonne condition pour le combat. De plus il n’avait qu’une vague idée de la manière dont il pouvait les battre, se contentant de les écouter par l’intermédiaire des vents secs de la Lande d’Eru.

Il retourna s’allonger sous une couverture, le dos tourné vers le feu.

Quelques instants plus tard, il fut tiré d’un demi sommeil par un bruit de pas léger. Il entendit la voix d’Amaélis interroger Lam’ qui avait prit le premier quart de surveillance. Ses questions naïves lui firent froid dans le dos.

*Nom d’une schloute ! Qu’est-ce qui lui prend ? Elle lui fait confiance … C’est mal parti.*

Il écouta l’inconnue au corbeau répondre à la neishaane d’un ton enjôleur, la couvrant de minauderie pour l’attendrir. Elle semblait telle le fourbe prédateur prête à bondir sur sa proie. L’image d’une araignée au large abdomen et aux fines pattes noires s’imposa dans l’esprit du demi elfe, et failli le faire trembler. Il se contint, afin de ne pas monter aux deux jeunes filles qu’il ne dormait pas.

La suite des paroles de Lam’ attirèrent son attention plus que les autres car elles concernaient la couvée d’œufs. Il sursauta vraiment quand il l’entendit parler d’une bleue et de sa jolie chevaucheuse. Il lui sembla comme évident qu’il s’agissait de sa maîtresse et de sa liée Vraël. Ainsi elles étaient venues au Kaerl sanglant ? Il devrait leur poser quelques questions à son retour au Kaerl. Si jamais il rentrait … Ruminant ces informations fraichement acquises, il se roula en boules dans ses couvertures, feignant un bâillement grossier. De toute manière, si couverture il avait eu il y avait un moment qu’elle était tombée. Et c’était un peu plus qu’un jeu de mot …
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