Tol Orëa, la Terre de l'Aube

Le Ciel est notre Empire ... pour Vaincre ... ou pour Mourir !
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:38

Flash-back : il y a quelques jours sur la Grand'Place:


Horatio Pace, votre héraut céleste




L'aube s'était levée depuis quelques minutes sur la Grand'Place, dévoilant une structure nouvelle qui s'était construite ans la nuit sous les mains habiles des charpentiers et menuisiers du Mar Menel . Les hommes en sueur, de leur labeur, fatigués, s'étaient assis pour contempler leur oeuvre. L'estrade bâtie dans les bois les plus nobles arborait les mêmes couleurs que les fanions qui fleurissaient la place, violets ourlés d'un blanc crème et de dorure. Sa jumelle avait été édifiée au coeur de la scène de l'amphithéâtre.

L'astre du jour vint caresser la structure de bois qui s'élevait au bout de l'esplanade comme pour saluer le travail des simples mortels, nimbant cet instant d'une magie presque sacrée. Les hommes de l'art s'affairaient à réunir leurs outils et effets pour gagner le lieu d'un repos bien mérité après une nuit de labeur.

La toile du ciel offrait un dégradé de rosé et de bleu clair nimbé d'or pâle,raies lumineuses qui se levaient sur la rosée de la fin de nuit drapant les lieux d'un aura inhabituel. Il flottait dans l'air un parfum indescriptible, comme celui qui précède les grands changements.Nul n'aurait pu dire ce qui avait changé dans l'air, mais on pouvait sentir le vent des grands bouleversements se lever entre les fanions qui claquaient au vent.

La place ayant été interdite aux activités habituelles de la vie de la cité, les commerçants commençaient à dresser leurs échoppes dans les rues adjacentes. Quelques chevaliers Dragons déchiraient le ciel de la cité flottante dans leurs vols matinaux. Les cris des Dragons se saluant ici et là faisaient vibrer l'air de leur voix ancestrale. La vie s'éveillait peu à peu au coeur de la cité, les citoyens du Mar vaquant à leurs occupations quotidiennes. Pourtant leur attention était attirée par l'étonnante architecture qui avait pris place au coeur de leur quotidien. De petits groupes commençaient à se former pour commenter l'événement, s'agglutinant par endroit sur l'Agora.

L'homme, de son nom Horatio Pace, s'avança au pied de l'estrade, le parchemin serré dans sa main, conscient de la responsabilité et de l'honneur qui incombait à sa nouvelle fonction: héraut du Mar Menel. Il avait été choisi, tant pour son excellente maîtrise du vocable que pour sa neutralité, pour annoncer les événements importants qui allaient faire vibrer le Mar les jours à venir. Il gravit les marches qui menaient à l'estrade la tête baissée, concentré sur sa tâche à venir, se plaça au centre de la scène et prit la parole pour la première fois de la journée , car il aurait à répéter encore et encore son invite, entre les citoyens qui viendraient s'exprimer au sortir des tavernes.

- Oyé! Oyé! Peuple du Mar Menel! Ici vont bientôt être déclarées officiellement ouvertes les élections au titre de Second du Mar Menel ! Les candidats s'exprimeront en la tribune de l'Amphitheâtre dans quelques jours! Le peuple sera invité à s'y rendre pour les écouter présenter leur programme! Ils ont nom: Maître Maëvann Kerr'wan , Maître Persée-Morian Drak et Chevalier Dragon Nathaniel Illyan ! Oyé Oyé! Peuple des Célestes! Rendez-vous dans les jours prochains à l'Amphithéâtre pour les entendre! Ici s'achève mon premier message!

Il se referma sur lui même et se concentra sur ce qu'il allait dire ensuite, puis après un léger soupir, il reprit son discours.

-  Mais Dame Heryn , soucieuse de connaître vos opinions sur la vie politique du Mar Menel et sur  ce que vous attendez de vos diregeants, a souhaité vous permettre de vous exprimer ici même sur et autour de cette tribune.  Vous, peuple du Mar Menel, avez la parole en ce jour pour débattre publiquement et librement des enjeux de cette élection! Tout débordement sera sanctionné , j'y veillerai avec la Garde qui m'est attachée! Vous avez la parole! Usez-en à bon escient! Démocratiquement ! L'enjeu est primordial, vous tous êtes invités à participer aux débats ! Toutes vos idées seront prises en considérations pour peu qu'elles soient en lien avec le sujet!  Ajouta-t-il en voyant arriver un jeune homme qui arborait le même uniforme que lui, aux armes du Mar Menel.

Il le prit en apparté pour mettre au point les derniers détails. Ce Greffier, sorte de témoin des débats,  qu'il n'avait eu que quelques semaines pour former et qui lui paraissait, bien que fort érudit, un peu chétif pour être plongé dans  les mouvements de foules que les débats passionnés n'allaient pas manquer de soulever. Heureusement la Garde Céleste veillait non loin et il lui avait maintes fois conseillé de ne pas hésiter à l'appeler à la rescousse, le cas échéant.

- Bonjour, Adan Welher ! Je te les confie ! Courage! tu pourras afficher l'annonce de l'ouverture de la Tribune Libre ! Je compte sur toi pour bien retranscrire les débats! Notre Dame compte sur toi!  Je file de ce pas  poursuivre les préparatifs  pour l'ouverture de la cérémonie qui aura lieu dans quelques jours ! Par Flarmya que le temps passe vite !

Il quitta l'estrade après un signe de tête pour son compère et traversa d'un pas pressé la Grand'Place. Il chemina jusqu'au bâtiment principal et s'y engouffra en rasant les murs, puis une fois dans le hall monumental, il s'engagea dans un couloir sur sa gauche. Après avoir déambulé quelques minutes dans ce couloir aux éclairages sphériques en lévitation, il hésita devant la multitude de  traverses qui s'étendaient  latéralement de part et d'autre mais finit par arriver face à une grande porte magnifiquement ouvragée. LA PORTE !  celle derrière laquelle allait se déroulé un moment historique dans la vie de Mar Menel. Il déboucha sur le vaste hémicycle encore relativement désert mais qui pouvait accueillir aisément une bonne centaine de dragons et d'hommes.  Pleins de choses restaient à faire et il sentait peser le poids de la responsabilité sur ses épaules, plus que jamais.

°°°°°°°°°°°°°°  

Le grand jour était enfin arrivé, après les dernières heures passées dans l'effervescence des derniers préparatifs. Horatio traversa fébrilement la grande salle pleine de monde. Apparemment les annonces faites il y avait quelques jours sur la Grand'Place avaient été entendues. Nombre de chevaliers accompagnés de leurs Liés, mais aussi de civils, étaient venus entendre les candidats dans leur ultime joute oratoire avant les votes. Au centre de l'hémicycle, se tenait une petite estrade avec un pupitre ; Il en gravit les marches et s'installa en se raclant légèrement la gorge.  


- Noble assemblée des paires du Mar Menel ! Nous voici réunis en ce lieu empreint de l'histoire de notre Kaerl pour assister à des instants mémorables. Voici venir le temps où les candidats au poste de Second de notre Kaerl bien-aimé vont se succéder pour nous exposer leurs intentions ! Après leurs prises de parole, il vous sera donné la possibilité de leur poser des questions sur leur programme, mais pas avant, afin qu'ils aient tout loisir d'exprimer leurs projets pour notre Mar ! Nous veillerons à ce que les questions soient posées dans le calme et après avoir demandé la parole en levant la main ! Un ton courtois et respectueux envers les candidats et aussi les citoyens qui prendront la parole, est exigé! Toute personne visant à semer le trouble ou manquant à ces règles, sera conduite immédiatement hors de l'hémicycle! A présent, j'invite donc les Maitres Maëvann Kerr'van , Persée Morian-Drak et le Chevalier Nathaniel Illian à s'approcher de la tribune pour se préparer à s'exprimer tour à tour ! Chacun disposera du même temps de parole maximal de quinze minutes. L'ouverture des votes se fera sitôt les débats clos ici-même.

Il fit un geste engageant les candidats à se rapprocher puis se lissa la barbe et poursuivit:

- Cependant avant de leur céder la parole, notre Dame bien-aimée, Heryn  Amlug souhaite s'adresser à vous, Peuple Céleste ! Conclut-il dans un geste théâtral en désignant la noble Fëalocë qui s'avançait dignement sur l'Estrade .

[HRP]Les grandes lignes de la prise de parole sont celles -ci (limitée à cinq pages , attention! ) :

Citation :
--> présentation rapide du candidat , statut , rappel de son parcours et de son implication dans le Mar.

--> sa conception du rôle de second.

--> Constat des choses à faire évoluer selon lui au Mar Menel .

--> Exposé sur les valeurs auxquelles il est attaché au sein du Mar et pourquoi .

--> Motivations personnelles et plus générales de sa candidature

--> Grands axes de réformes /travail envisagés sur le plan:
- des armées
- de la vie quotidienne
- de la politique extérieure ( notamment ouverture et relation interkaerls et ouverture sur d'autres continents)
- de la gestion des aspirants ( accueil, formation , évolution)
- de la politique sociale ( place des conjoints dans le cas des couples "mixtes , place des enfants au sein du Mar, développement du commerce et des transports au sein du Kaerl et vers l'extérieur).

Pour finir, une rapide conclusion et une synthèse des raisons qui font que les autres doivent voter pour lui et surtout VOTER tout court (appel à la responsabilisation, au civisme)


Ce RP est ouvert à Heryn , Peddyr et aux trois candidats. Le peuple céleste pourra s'exprimer et interagir avec les trois éligibles dans un autre RP que j'ouvrirai en temps et en heure et dont j'indiquerai le lien ici-même. Heryn ouvrira le feu avec son discours suivi par Peddyr, puis les candidats posteront presque simultanément dans l'ordre que le tirage au sort fait par Heryn a désigné : Maëvann, Persée et Nathaniel. Ensuite ce RP sera verrouillé par le Staff.  

Aucune allusion HRP sur les joueurs intervenant dans ce RP ne sera tolérée, le post incriminé sera aussitôt supprimé par le Staff ! Les élections devront se dérouler dans une parfaite équité en RP ( pas de commentaire au sujet des candidats, ni des élections, également sur le chat ) . On vote pour un personnage et non pour son joueur.

Bonne lecture et bon RP à tous ! Amusez-vous bien !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:39

Posté par Heryn


Alors que le soleil se levait doucement au dessus de la citadelle céleste, une silhouette couronnée d'une chevelure cuivrée s'étirait dans son lit, étouffant un bâillement d'une main fine. La nuit avait été agitée. Incapable de trouver le sommeil, anxieuse, tournant et retournant les évènements passés et futurs dans son esprit, elle s'était finalement endormie assez tardivement, pour être réveillée peu après l'aube, les rayons de lumière venant chatouiller désagréablement ses paupières. Allongée, un bras pendant paresseusement hors du lit, et le visage enfoncé dans l'oreiller, elle soupira, marmonnant quelque phrase inaudible. La journée d'aujourd'hui allait être importante dans l'histoire du Màr Menel, et ce pour plusieurs raisons. Le peuple du Kaerl allait devoir élire un Second parmi trois candidats soigneusement sélectionnés au retour de ce qui avait été appelé « Quête des Deux Lunes ». Maëvann Kerr'wan, Nathaniel Illyan et Persée-Morian Drak allaient s'affronter d'ici quelques heures, dans une joute verbale destinée à convaincre les habitants du Màr de la justesse de leurs désirs concernant l'avenir.

Aujourd'hui, ils devraient également valider ou non la nomination du Maitre Brun Peddyr Thelrand en tant qu'Ambassadeur et représentant du Kaerl Céleste auprès des autres Ordres Draconiques. Son union rare autant que précieuse avec cette Chevalière Blanche du Màr Luimë en faisait un candidat idéal, et lui permettrait de vivre son amour à la mesure de ce qu'il méritait, tout en assurant qu'il prendrait toujours à coeur les intérêts communs des Ordres dans leur ensemble. On ne déclenchait pas de guerre quand on s'apprêtait à fonder une famille, et encore moins quand cela risquait d'affecter à la fois son propre Kaerl et celui auquel appartenait son épouse !

Dernière chose et non des moindres, elle devrait annoncer publiquement et officiellement sa décision concernant sa propre union avec la Maison Galastden. Sa visite au Mont Gerikor, et les choses qui lui avaient été révélées ce jour-là avaient guidé son choix, semaines après semaines, en dépit des élancements douloureux de son coeur, des souvenirs nostalgiques qui l'assaillaient. Elle devait accepter. Pour elle, pour le Kaerl, pour cette paix à laquelle elle aspirait tant … Et pour la nouvelle génération qui grandissait lentement dans les ventres de nombreuses femmes sur Tol Orëa. On ne pouvait pas prétendre à une stabilité du continent tout entier si l'on n'était pas capable d'assurer celle de ses propres territoires ! Au fil des mois, elle avait appris à connaître, tant bien que mal, cette mystérieuse personne qu'était Kieran de Galastden, et beaucoup trop de choses restaient encore dans le flou, au moins lui inspirait-il désormais plus de confiance qu'à l'origine.

Comme souvent à cette heure du jour, son esprit se tendit instinctivement vers Rintrah, qui se reposait au Valarëa, allongée indolemment contre Seldryn, ainsi qu'elle semblait en avoir pris l'habitude ces derniers temps.

Leurs âmes se touchèrent et se reconnurent avec chaleur, se saluant sans un mot, et appréciant le simple fait d'être liées. Le Bronze à son côté était visiblement encore plongé dans un sommeil paisible, ses flancs se soulevant avec régularité sous ses ailes repliées. Voyant par les yeux de sa Liée et partageant ses émotions, Heryn sourit doucement, pour la première fois depuis son réveil. Sourire qui s'assombrit lorsqu'elle(s) aperçu(ren)t, vivante statue d'écailles noir ébène, dressé dans une alcôve voisine, Arawn, le Lié de Ehsan. Ses yeux luisaient étrangement dans la pénombre tandis qu'il les fixait avec une intensité désagréable. Malgré sa taille proche de celle d'une verte, le Noir dégageait toujours une certaine majesté, un certain charisme, qui faisait que de nombreux dragons, plus grands ou plus âgés l'évitaient ou le considéraient avec une sorte de respect, mêlé de défiance. Les observant ainsi, tête haute, le regard … désapprobateur ? Il semblait absorber toute lumière, ses écailles noires aux reflets bleutés paraissant plus sombres que l'ombre elle-même.

*Rin, je n'aime pas ça ...*

Mise mal à l'aise par cette vue, Heryn détacha son esprit, se redressant dans son lit en frissonnant, draps resserrés autour de son corps. Quel était ce mauvais pressentiment qui l'étreignait soudain ? Pour toute réponse à son nom silencieusement murmuré, la Dorée ne se pressa que plus encore contre Seldryn, qui ouvrit alors les yeux, relevant la tête pour fixer son aîné. Un grondement sourd s'échappa de sa gorge, et il tourna ouvertement le dos à Arawn pour saluer sa compagne, se plaçant devant elle dans une attitude protectrice.

Contrairement à Kieran, le Bronze n'avait jamais fait montre d'une grande patience ou d'un grand calme face à ce qu'il interprétait comme des provocations. Réagissant au froid grandissant entre Ehsan et son Lié, même si ce dernier refusait de lui révéler ce qui s'était passé, il méprisait depuis lors le Noir, sans se soucier des conséquences. Qu'il tente donc de le battre ! Il était plus jeune, plus grand et plus puissant, malgré l'intelligence et la ruse d'Arawn, Seldryn ne s'inquiétait pas de ne pas arriver à le vaincre. Au fond de lui il brûlait d'en découdre, extériorisant ainsi, sans en avoir réellement conscience, toute la colère et la douleur soigneusement contenue par Kieran.

Emportée par ce tourbillon d'émotions vives, Heryn fut tirée de ses ''rêveries'' par des coups pressés frappés à sa porte, tandis que Nalesean entrait. Trop perturbée pour reprocher au Guérisseur son intrusion soudaine dans sa chambre, elle se contenta de l'observer en silence, appréciant le calme qu'il dégageait, et sentant son angoisse se dissiper peu à peu.

**Tu es trop émotive ma chère, alors que tu devrais garder l'esprit clair pour ces élections à venir. Je n'ai jamais vu le Valarëa aussi animé que ce matin ! Je pense que je vais aller me dégourdir les ailes, loin de tout cet émoi, tu me préviendras quand l'heure sera venue.**

« … Heryn ? »

Réalisant qu'elle n'avait pas écouté un mot de ce que le Torhil lui disait, elle rougit légèrement, et baissa la tête.

« Pardonne-moi Nalesean, je n'ai pas entendu ce que tu disais. »
« C'est bien ce que je constate. Je m'enquérais simplement de l'avis de ma très noble Dame Amlug concernant le programme de sa journée. Lui plairait-il de me faire l'honneur d'une réponse ? »

Ses yeux gris pétillaient de malice au sein de son visage basané, et de petites rides d'expression s'étiraient doucement de ci, de là, marquant son âge mûr tout en lui donnant un air sage. Ne pouvant s'empêcher de lui sourire en réponse, la jeune femme secoua doucement la tête.

« Je crains de ne pas avoir écouté non plus, et je m'en excuse sincèrement. Je … J'avais la tête ailleurs. Mais je suis certaine que tu as pensé à tout. Je te fais confiance, tu le sais. N'est-ce pas là ton rôle, de guider ton étourdie de Dame ? »

Mi amer mi triste, Heryn inclina légèrement la tête tandis qu'il levait les yeux au ciel. Nalesean s'approcha pour lui tapoter gentiment la joue, et s'assit sur le lit, à côté d'elle.

« Pas quand elle ose dire des choses pareilles. Tu as plutôt bonne mine, malgré ces vilaines cernes sous les yeux. Un peu de crème devrait pouvoir les faire disparaître, il faudra demander conseil à Myrelle, cette vieille commère fait toujours des merveilles à partir de rien. T'es-tu suffisamment reposée ces derniers jours ? Tu as repris des couleurs avec l'arrivée du soleil, c'est rassurant à voir. Serais-tu enfin totalement guérie ? »

Le Patriarche Dalneÿs contemplait affectueusement sa jeune Dame, un sourire bon enfant aux lèvres, attentif aux moindres détails, paternel et amical à la fois. Elle avait mis longtemps à se remettre de son empoisonnement depuis le Bal d'Automne, il y avait de cela désormais plus d'un an. Il avait pris soin de faire passer cette affaire pour une maladie, répandant cette rumeur au sein du Kaerl pour protéger la jeune demi-sang, tant sa santé, et sa réputation que sa personne elle-même. Ceux qui auraient pu profiter d'une telle occasion pour la mettre à mal étaient nombreux … Aussi le Guérisseur avait-il veillé personnellement sur elle, en profitant pour resserrer ses liens avec la fille adoptive de son vieil ami Logain. Ils devaient travailler en duo, après tout, et une confiance mutuelle était indispensable.

Il se souvenait encore d'elle il y a quelques années, adolescente rayonnante et insouciante au bras de Jasdrian, héritier présomptif du trône du Màr. La montée au pouvoir imprévue de la demi-Fëalocë avait apporté son lot de douleur, et une mélancolie insaisissable s'était installée dans ses yeux noisettes. La Grande Guerre des Ordres, ainsi qu'on l'appelait, avait privé le Màr Menel, tout comme sans doute les autres Kaerls, du fleuron et de l'élite de ses membres, fauchant la vie de dizaines de jeunes gens prometteurs, ne laissant que les plus âgés, et les plus jeunes, propulsés alors bien trop tôt à des places auxquelles ils n'auraient, pour certains, même pas dû accéder. Mais la citadelle céleste s'était relevée, renaissant de ses cendres, et allait en ce jour, entrer dans une nouvelle ère de de grandeur et de prospérité.

« Merci Nalesean, merci pour ton aide précieuse. Je me sens bien, ne t'inquiète pas. Qui plus est, cela ne sera pas à moi de parler aujourd'hui, nos candidats devront convaincre d'eux-même le peuple de les choisir. Tout ira bien. »

C'était moins une affirmation qu'une prière fervente aux Dieux de Rhaëg, mais elle l'exprima avec conviction, adressant un sourire rassurant au Torhil, qui hocha la tête, avant de se relever, défroissant ses vêtements d'un geste large.

« Très bien, dans ce cas je vais te laisser te préparer tranquillement, et aller chercher Myrelle pour qu'elle vienne te seconder. Il y a des choses que seule une femme peut comprendre, et celle-ci ne s'étonne actuellement plus de rien. Je lui demanderai de te préparer un solide petit déjeuner pour que tu puisses tenir la journée. Viens me retrouver lorsque tu seras prête, nous passerons en revue ce que tu comptes dire lors de l'ouverture de la cérémonie, si tu le souhaites. »


Heryn baissa les yeux, se mordant la lèvre inférieure avec une soudaine anxiété. Elle devait le lui dire, non ? Elle ne pouvait pas honnêtement laisser Nalesean dans l'ignorance de sa décision.
Kieran le savait déjà, bien qu'elle ait longuement hésité, cherchant de quelle façon lui annoncer, par quelles paroles, dans quelles circonstances, pour finalement se jeter à l'eau, la veille. Il avait sourit, pour la première fois depuis longtemps, imperceptiblement, une flamme embrasant brièvement ses yeux de chat, avant de s'incliner avec élégance devant elle, enserrant sa main, murmurant quelques mots lui assurant qu'il se montrerait digne de son choix.

Avec la retenue qui le caractérisait, protégeant ses sentiments réels sous son impassibilité de surface, il avait sobrement accepté sa décision, se promettant intérieurement de rester désormais fidèle aux idéaux que lui avait inculqué sa mère, Lelÿ. Droiture et justice. Il règnerait sagement aux côtés de sa Dame, tâchant de la protéger de l'influence d'Ehsan, qui s'était apparemment écarté des valeurs chères aux Galastden.

« S'il te plait, Nalesean, attends,… Lors de ma rencontre avec l'Oracle, ce dernier m'a offert des visions du passé, des scènes oubliées qui m'ont profondément marquées. Je l'ai interrogé sur ce qu'il m'avait montré, lui demandant si la stabilité du Màr Menel devait absolument passer par une union entre la Maison Dalneÿs et la Maison Galastden, malgré tous les dangers que cela induirait inévitablement. Il m'a alors offert la réponse suivante : ''Refuser cette union provoquerait des troubles bien plus grands que d'y accéder.'' »

Son regard se fit songeur tandis que ses sourcils se fronçaient, les joues légèrement rosées. Qu'il était donc dur de prononcer ces mots !

« J'y ai longuement réfléchi … Tu oeuvrais pour l'avenir lorsque tu me l'as proposé, ce jour-là. Il y a sûrement d'autres moyens, cependant … Il me faut assumer mes responsabilités. J'ai foi en les prédictions du Dragon Primordial, et j'ai confiance en Kieran, étrangement. Il a changé ces derniers mois, à moins que ça ne soit moi qui ai appris à le connaître. Il est différent de ce qu'on en dit, au fond de lui. J'accepterai ce mariage. Nous solidariserons le Kaerl derrière nous et nous ferons taire les mécontents ! Dalneÿs et Galastden, les Maisons rivales à nouveau unies … Comme par le passé. »

Elle releva les yeux vers Nalesean, un sourire tremblant sur les lèvres, les yeux humides. Le Torhil resta silencieux quelques instants, ruminant l'information, avant de sourire paisiblement.

« Je comprends. C'est une bonne décision, je craignais que tu ne la prennes jamais. Il fera un bon consort, et te complètera dans ses domaines de prédilection. C'est pour cela que je l'ai choisi, lui, plutôt que Zackheim, malgré sa grande intelligence. Ce mariage prouvera ta bonne volonté aux yeux de tes détracteurs. Je serai là pour t'aider, et ton futur Second également, qui qu'il ou elle soit. Ne l'as-tu pas dit ? Tout ira bien … Tu es une bonne Dame, Heryn. »


Face aux larges de portes gravées de l'Amphithéâtre, la jeune femme repassait mentalement ce qu'elle souhaitait exprimer durant son allocution face au peuple Céleste. Il lui faudrait être convaincante. A son côté, Dara avait les yeux brillants, sa chevelure dorée nattée et entrelacée dans une tresse complexe. Deux candidats affiliés à sa Maison se présentaient aujourd'hui, même s'ils n'emportaient pas vraiment le crédit des hautes sphères, l'un pour son attitude lors de la Quête, l'autre pour son implication dans une soirée funeste qui avait vu la mort d'une future petite Reine. Seule la dernière pouvait montrer un parcours irréprochable, fille d'un valeureux Chevalier Dragon du Màr, malgré son empreinte des plus atypiques.

Trois candidats des plus étranges, mais jeunes et dynamiques. Heryn avait décidé de leur faire confiance, approuvée par Nalesean, malgré les réserves de Dara tout comme celles de Kieran.

Dressée fièrement devant l'entrée, rajustant sa tunique bouffante crème brodée d'or, ses cheveux retenus en arrière dans un foulard moiré hésitant entre le doré et le cuivré, elle avait plus l'air d'une guerrière que d'une noble dame. Cette impression était renforcée par son pantalon brun, glissé dans de hautes bottes de cuir cirées, qui lui arrivaient peu avant le genou. Myrelle, l'Intendante, avait intentionnellement choisi cette tenue pour qu'elle donne l'image d'une jeune femme forte et assurée, plutôt que celle d'une demoiselle fragile. Elle devait montrer au peuple Céleste qu'elle ne se laisserait pas manipuler, et que ses décisions étaient justes.

Fermant à demi les yeux, elle s'emplit du brouhaha qui enflait tel la rumeur lointaine de la mer, perceptible à travers les épais battants de bois. Le héraut, Messire Pace, était en train de terminer son discours, achevant d'indiquer au public assemblé les conditions de paroles de chacun des candidats. Beaucoup de monde semblait avoir répondu à l'appel, et tous attendaient avec impatience le début des évènements. A quelques pas derrière elle se tenait Kieran, offrant un visage serein aux deux femmes qui l'accompagnaient malgré le mépris constant de Dara, sa chevelure brune lissée avec soin pour l'occasion. Reynald, Ehsan et Nalesean, les Patriarches des trois Maisons Majeures s'étaient installés quelques heures auparavant, au premier rang, représentant les ''partis'' politiques du Màr en l'absence de leurs dirigeants. Il était temps.

- Cependant avant de leur céder la parole, notre Dame bien-aimée, Heryn Amlug souhaite s'adresser à vous, Peuple Céleste !


Elle échangea un regard confiant avec son amie, et poussa les lourds battants pour pénétrer dans l'Amphithéâtre, s'avançant vers l'Estrade en compagnie de la Neishaane et du seigneur Galastden, tandis que les Candidats se rapprochaient de leur côté et que Horatio Pace se retirait.
Elle s'installa devant le pupitre, y posant tranquillement les mains, tandis que Dara et Kieran se postaient derrière elle. Tête haute, prunelles noisettes brillantes, parcourant visuellement les rangs de l'Amphithéâtre, elle croisa le regard de nombreuses personnes, certains aimables, d'autres plus acérés, mais tous, sans exceptions, semblaient dangereusement attentifs. Prenant une profonde inspiration, elle commença :

« Habitants du Màr Menel, peuple Céleste, quel que soit votre rang, votre âge, ou encore votre ancienneté au sein de notre belle citadelle, ce jour doit marquer pour nous tous le départ vers de nouveaux jours plus radieux.

Je souhaiterais avant tout vous faire part d'une nouvelle réjouissante, qui en surprendra certains, laissera de marbre d'autres. Durant de nombreuses années, les Maisons Galastden et Dalneÿs furent engagée dans une rivalité amicale, leurs valeurs s'opposant sur certains points, et se rejoignant pourtant sur une volonté commune : la paix. Tant celle du continent que celle de notre Kaerl.

Dans l'espoir de mettre fin à ces attitudes négatives, et de poursuivre leurs aspirations, elles décidèrent récemment d'unir leurs dirigeants respectifs par les liens sacrés, dans un pacte devant devenir la preuve de leur bonne volonté. Un mariage. Aussi ai-je l'honneur de vous annoncer l'acceptation de mes fiançailles avec le Seigneur Kieran de la Maison Galastden. La cérémonie de mariage aura lieu dans quelques mois, au Kaerl, et ces festivités rassembleront tout ceux désireux d'y participer. »


Se taisant tant pour reprendre son souffle que pour étudier la réaction du peuple céleste, elle constata avec un malaise grandissant le silence pesant qui régnait sur l'Amphithéâtre. Elle avait perçu du coin de l'oeil le sursaut de Dara, et pouvait imaginer son expression incrédule. Cela faisait si longtemps que la proposition avait été faite que la Neishaane ne devait certainement plus y croire.

Son amie semblait intérieurement peinée par la nouvelle, ses bras resserrés autour d'elle pour les empêcher de trembler. Pour quelle raison réagissait-elle donc ainsi ? Mentalement, Heryn s'excusa envers elle, fermant brièvement les yeux. Elle aurait du lui annoncer en premier, mais son attitude ces derniers mois envers Kieran l'en avait dissuadée. Dans quoi s'était-elle engagée ? Dara aurait-elle eu des sentiments pour l'Humain ? Il n'en montrait pourtant rien … Il ne montrait de toute façon jamais rien, aucune émotion, comment pouvait-elle savoir ! Pourtant elle sentait son regard fixé sur elle, la soutenant par la force de son esprit, son attention à peine détournée par Dara qui le fixait, lui. C'était un passage que Heryn devait dépasser seule, et il n'avait pas le droit d'intervenir, quand bien même l'aurait-il désiré.

Anxieuse, et légèrement irritée, elle scruta de nouveau les rangs bondés, sentant la présence rassurante de Rintrah dans son esprit. Les yeux d'Ehsan, tout devant, flamboyaient intensément, mélange désagréable d'une profonde satisfaction et d'une sourde colère, un sourire grimaçant sur les lèvres. Ils l'avaient humilié secrètement, elle le savait, en ne le prévenant pas. A son côté, Zackheim, aussi immobile qu'une statue, l'observait de ses yeux verts sombres, impassible, comme se délectant silencieusement d'une vue que lui seul pouvait voir, présentant comme un reflet déformé une attitude similaire à celle de son mentor. Autour d'eux, les Galastden s'agitaient sur leurs sièges, tournant des regards interrogateurs vers le vieil Elfe, ne sachant comment réagir. Kieran détourna brièvement son regard de la silhouette de sa Dame, pour rencontrer celui de Ehsan. Son regard semblait lui promettre mille souffrances pour sa désobéissance, mais il le soutint sans faiblir, poings serrés.

S'efforçant de rester impassible, mais ne parvenant pas à reprendre la parole, le souffle bloqué dans ses poumons, Heryn planta ses ongles dans sa paume.

Un poids pesait sur sa poitrine, et la respiration soudain difficile, la jeune femme accrocha les prunelles argentées de Nalesean, qui hocha la tête avec un sourire rassurant, bien qu'une once d'inquiétude puisse se lire sur son visage buriné. Le regard de la jeune femme perdant légèrement de sa netteté, elle écarquilla les yeux lorsqu'une haute silhouette, assise non loin du Torhil, se dressa fièrement sur ses pieds, frappant avec vigueur ses mains l'une contre l'autre, sa longue chevelure brune rejetée par dessus son épaule. Sa voix grave et forte claqua sur la haute voûte de la salle, et déchira la lourde chape de silence comme une épée aiguisée.

- Bienheureux le sieur Kieran ! Votre fiancé ne devrait pas vous laisser trop seule Dame Heryn ! Longue vie au Mar Menel! Longue vie à la Dame Céleste , Dame Heryn ! Flarmya veille sur vous !

Comme un catalyseur indispensable au départ d'une réaction chimique, la voix joyeuse d'Istvan Sarkanys, Maitre Bronze et compagnon de Maëvann Kerr'wan déverrouilla les corps immobiles, qui se levèrent un par un, de plus en plus nombreux, pour joindre leurs applaudissements et leurs félicitations à la Dame du Kaerl, jusqu'à ce que l'Amphithéâtre résonne tout entier d'exclamations joyeuses. Pendant un instant terrible, elle avait cru voir le temps se figer sous ses yeux, les emprisonnant tous dans une solide gangue de stupeur. Sans l'intervention de l'Humain, elle n'osait imaginer ce qui se serait passé. Ses paroles firent également écho au sein de l'esprit de la jeune Demi-Sang, qui se rappela ce rêve chaleureux qu'elle avait fait, endormie dans la Sylve, et propulsée au coeur d'une rencontre oubliée.

Prenant conscience de la douleur au creux de sa paume, de la présence toujours silencieuse de Kieran et Dara derrière elle, et du calme revenant doucement sur la salle, elle reprit son discours d'une voix volontaire.

« Les heures parurent longues alors que nous étions sous la menace de la Conjonction des Deux Lunes, notre sort suspendu entre les doigts fragiles des Elus des trois Ordres réunis, mais enfin pouvons-nous relever la tête sans crainte, car le Dragon Quadricéphale a retrouvé ses prunelles, et s'est élevé, étendant ses ailes millénaires pour protéger Rhaëg tout entier. Durant cette période sombre, je ne vous ai rien caché, j'ai été honnête avec vous, et vous m'avez fait confiance. Il est temps pour moi de vous remercier, en remettant entre vos mains le choix de celui qui vous représentera, qui sera le garant de vos désirs, tant au sein du Kaerl qu'à son extérieur. Je parle bien sûr d'un Second, qui m'épaulera dans la direction de la citadelle, et prendrait temporairement ma place au cas où il m'arriverait malheur, le temps qu'un nouveau Seigneur soit nommé …

Mais je vous parle également d'un Ambassadeur, intermédiaire indispensable à mes yeux pour maintenir cette trêve incertaine, et amener la paix sur la Terre de l'Aube. Il est temps pour vous de faire entendre vos voix ! Il est temps pour nous tous de choisir activement ce que sera notre avenir. Les Ordres sont repliés sur eux-même, cherchant à se protéger les uns des autres, s'observant avec méfiance. Il nous faut maintenir les contacts fragiles établis lors de la collaboration de la Quête des Deux Lunes.

C'est pourquoi je souhaiterais, avant de laisser place et parole aux candidats au poste de Second du Màr Menel, vous présenter quelqu'un. Il est, comme beaucoup d'entre vous, originaire d'un autre continent que de Tol Orëa, arrivé il y a relativement peu de temps à l'aune de la vie céleste de certains, et pourtant, a fondé il y a quelques semaines une famille, heureuse malgré ce qui les sépare. Son épouse est une jeune Ondine, Chevalière Blanche du Màr Luimë.

Faisant fi des conventions, il lui a déclaré son amour inconditionnel. Cet homme aujourd'hui, se propose de représenter l'Ordre de Lumière auprès des autres Kaerls. Peddyr Thelrand, lié du Brun Sveargith, porte en son coeur, tout comme nos trois Candidats, l'envie d'oeuvrer pour la paix. Il ne me paraît pas personne plus adaptée pour cette tâche que lui, qui sera d'ici à quelques mois, l'heureux père de deux jumeaux. Enfants des deux Kaerls et d'aucun à la fois, ils méritent un avenir meilleur, et il est prêt à œuvrer, maintenant comme par le futur, à l'accession de ce difficile objectif. Je vous demande donc votre approbation. Accepterez-vous Maitre Thelrand, désormais appelé Avanaël du nom de sa compagne, comme votre Ambassadeur ?

Votre voix, votre choix peut tout changer. Il est important pour notre Kaerl, pour la communauté que nous formons, que vous vous exprimiez, tant sur celui ou celle qui sera votre futur Second, tant sur votre accord concernant votre Ambassadeur. Vous êtes venus nombreux, et en cela je vous remercie. »


Achevant son temps de parole la voix légèrement enrouée, elle s'inclina profondément devant le peuple assemblé en signe de respect, et se détourna du pupitre pour descendre de l'estrade, découvrant avec une certaine surprise la main tendue de Kieran, déjà au bas de la tribune, un éclat énigmatique dans ses yeux verts. Il s'inquiétait pour elle, visiblement. Elle n'avait plus parlé autant depuis sa harangue au Manoir d'Ael Alfirin, lors de la réunion des Elus de la Quête des Deux Lunes, aussi accepta-t-elle ce soutient inattendu avec reconnaissance, légèrement épuisée mais soulagée d'avoir réussi cette ''épreuve''.

[HRP : Voilà pour le discours tant attendu, j'espère que ce message vous plaira ^^. Istvan, tu devais me ''kidnapper'' dans les coulisses, mais je ne sais pas trop comment tu as vu ça, donc je te laisse l'initiative, sachant que Heryn ne peut pas trop partir maintenant alors que ses futurs Seconds vont s'exprimer. Donc peut-être situer ça après les différents discours, je te laisse PNJiser Kieran si tu le souhaites ^^.]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:39

Posté par Peddyr

Peddyr était dans l’Amphithéâtre... Il y avait tellement de monde qu'il avait l'impression de se sentir oppressé. Il n'avait pas eu ce sentiment depuis le premier jour de sa venue au Kaerl. Il faut dire qu'il avait passé tellement de temps à mener une vie, replié sur lui-même avant de découvrir ce qu'il était vraiment. La question ne se posait plus vraiment. Son passé, il n'y songeait plus guère et il était là, aujourd'hui, pour accomplir sans doute une nouvelle voie dans sa destinée. En si peu de temps, comment aurait-il pu imaginer il y a encore quelques années, qu'il serait ici, dans un univers complètement irréel. Aujourd'hui, il était à une phase importante de la vie Mar Menel... Des candidats se présentaient pour accéder à la place de Second. Et lui dans cette affaire ? On était venu le voir pour lui demander s'il accepterait de devenir l'ambassadeur du Kaerl. Il avait mûrement réfléchi, demandant un délai... Ce n'était pas rien comme décision à donner.

Et pour se faire, comme bon nombre des Célestes, il était venu assister à la présentation des candidats pour la place de Second, assistant comme tous à la venue de la Dame Céleste et de sa suite... Son discours était éloquent et gonflait la fierté des Céleste, mais le bouquet final fut quand elle proposa qu'on présente aussi un ambassadeur, pour servir de représentant en l'absence du Second. Le nom de Peddyr Thelrand sortit en résonnant dans l'immensité de l'Amphithéâtre. Le vieux guerrier se sentir les jours rougir. Là il ne pouvait plus reculer. Sa décision était d'emblée prise, même si elle était un peu malgré. Mais on le connaissait assez pour savoir qu'il ne refuserait pas la tâche qu'on lui offrait... Il fit un pas en avant, pour se montrer aux yeux de tous. On lui accorda la parole pour qu'il se présente. Il devait discourir donc... Intérieurement, il frémissait. Jamais encore, il n'avait eu à parler devant autant de monde. Pourtant, il n'était pas timide et il en fallait plus que cela pour le stresser

*Le pire est que je ne suis pas un experte en discours...*

Il eut les encouragements de son lié et se lança, se raclant un peu la gorge.

"Mes Dames, Messires. Dragonnes et Dragons…Avant de commencer, sachez que je suis pas un expert en discours….Pour ceux qui ne me connaissent pas encore… Je suis Peddyr Thelrand Avanaël, Maître brun lié au dragon Sveargith et maître des aspirantes Sylence Dwirani et Mahaut d’Arnath. Je suis par rapport à vous un jeune habitant du Mar Menel et parmi vous, certains se souviennent de ce guerrier humain qui se présenta à l’Eclosion, jugé déjà par bien des regards trop âgés pour réussir à marquer. Aujourd’hui, je suis maître-dragon. Les apparences ne sont pas les premières choses à focaliser pour connaître l’âme d’un individu.

Je suis originaire d’Ören. Je suis natif de là-bas. De ma vie, je ne pourrai vous en raconter beaucoup. Tout ce que je puis vous narrer est que j’étais un capitaine d’une ville d’un royaume en proie à des prises et des luttes de pouvoir. C’est une vie qui fut brisée dans de douloureuses circonstances, me privant à jamais de mon passé et de tous ceux que j’ai pu connaître. Pendant dix longues années, je suis parti en exil, fuyant ce que j’ai pu être, cherchant une certaine rédemption dans le désert en travaillant comme escorteur pour les caravaniers. Durant toutes ces années, je me suis posé qu’une unique question. Qui étais-je. Longtemps, je me suis demandé qui j’étais, ce que j’avais pu être, commençant à penser que mon amnésie m’offrait une chance de me racheter, pensant que j’avais été un homme différent de ce que je suis aujourd’hui. Longtemps j’ai pensé que je vivrai dans ces doutes. Jusqu’au jour où j’ai rencontré mon maître : Altays Dra-Aldhibadh. Avec lui, je commençais à découvrir que la vie ne s’arrêtait pas à des doutes et des remises en question de ce qu’on est ou était… et jusqu’au jour où je fus lié au Brun Sveargith, je découvris ce que j’avais au fond de moi, ce que j’avais toujours eu dans mon cœur. "


Son regard se baissa un peu. Si longtemps en effet et maintenant il pouvait regarder en avant. Il reprit en s’adressant à l’assemblée qui lui faisait face.

"Aujourd’hui, j’appartiens au Kaerl Céleste. Car ici, j’ai trouvé le sens de ma voie d’existence. Les mots qui nous symbolisent nous les Célestes sont : Compassion ; Vivacité ; Patience. Moi je rajouterai ces mots. Loyauté ; Amitié : Courage. Ces mots se lient aux nôtres, les renforcent et donnent le sens de ce que nous sommes au fond de chacun de nous. Et ce sont tout cela qui font notre force. A nous tous. Depuis que je suis ici, j’ai découvert ces mots par les liens que j’ai désormais avec d’autres Célestes et pour qui je serai prêt à les aider, quitte à me sacrifier pour les aider voir à sauver leur vie. "

Il se râcla la gorge.

"Je ne pourrai pas avoir la prétention d’être un Second. Je pense que les trois personnes en liste en sont bien plus capables que moi. Pour en connaître deux parmi elle, je peux vous assurer qu’elles pourraient le mériter toutes. Pour moi, on me propose la place d’ambassadeur, mais cela sera avec votre consentement à tous. Je n’ai pas la prétention d’en prendre la décision seul. Il faut que le Kaerl accepte. Et vous êtes le Kaerl. Je serai là pour apporter des conseils, des avis possibles. Car aujourd’hui, nous commençons à arriver à une ère où tous les Kaerls bougent et doivent aller de l’avant. Si nous n’évoluons pas, nous allons en nous enlisant. Je ne dis pas qu’il faut faire comme nos Anciens, refaire le passé serait source de catastrophes qu’ils ont connues… Non je parle d’aller de l’avant, de nous préparer à un avenir sur des bases solides… et le monde extérieur sera un défi pour nous tous."

Même plus qu’un défi. Surtout si les autres Kaerls ne suivent pas le mouvement.

"Ce ne sera pas facile, il faut le savoir… En ma qualité d’ambassadeur, j’aiderai à éteindre les possibles tensions qui pourraient naître entre les Kaerls sur les décisions que nous prendront et surtout si nous avons besoin de l’avis de nos frères et sœurs des autres Kaerls. Tout ne peut pas se faire d’un claquement de doigts, surtout pour le monde extérieur… Oui je parle bien du monde extérieur. Nous ne pourrons pas rester longtemps en autarcie. Un jour où l’autre, notre terre perdra son image de terre maudite et nous risquons de voir des hommes tenter d’en prendre possession. Moi-même, venant de ce monde extérieur, je sais de quoi je parle… Actuellement, ce monde là n’est pas encore prêt à entendre parler de dragons. Mon expérience sera un atout pour le futur Second….même si ce que j’évoque n’est pas encore pour de suite…."

Il soupira. Tout pouvait arriver vite comme pas du tout.

"A savoir que tout est possible entre les Kaerls. Indirectement, j’ai déjà tissé un lien avec le Kaerl Neutre. Sans le savoir au début, j’ai lié les Célestes avec les Neutres… En effet, durant ma formation de chevalier, j’ai fait la rencontre d’une chevalière, une ondine. Crylith Avanaël. Elle est au jour d’aujourd’hui ma tendre femme et malgré ce qui nous sépare, nous arrivons à concevoir un début de vie famille… Comme quoi rien n’est impossible quand nous avons quelque chose de cher à chérir dans notre cœur….Par ce lien, il est possible en cas de besoin ou de nécessité d’avoir un contact plus franc et plus direct avec le Kaerl Neutre. Il est temps en effet, de retrouver des choses que nous avons perdu après la perte de nos Anciens…"

Peddyr eut l’impression d’avoir vidé son sac. Pourtant, il ne pouvait pas finir en vrac comme cela.

"Noble peuple du Kaerl Céleste. On m’a proposé à me retrouver aux côtés du Second, en qualité d’ambassadeur. Si tel est ton désir et le choix de ton cœur, j’accepterai cette tâche qui m’incombera et veillerai à l’accomplir de tout mon cœur et mon âme. Si tu estimes avoir un autre chevalier ou maître pour accéder à cette place, donne sans crainte de ma part son nom. J’accepterai de me rétracter. "

Il salua l’assemblée et laissa sa place pour que commence les discours des candidats.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:39

Dans l’ombre salvatrice du vomitum, la demi-sang observait la foule bruisser sur les gradins. En cette matinée significative pour le Mar Menel, tout les Célestes , de sang ou d’adoption , s’étaient rassemblés à l’Amphitéâtre afin d’écouter la Profession de Foi des trois candidats au poste de Second… Et Maëvann Kerr’wan comptait parmi ces derniers.
Dans les méandres des questionnements angoissés qui précèdent les moments décisifs, la jeune femme se demandait encore comment elle en était arrivée la. Eduquée par un Chevalier Déchu , elle avait toujours baigné dans une étrange ambivalence ou les regrets , l’amertume se disputaient à l’indéfectible amour qui lie les âmes loyales aux causes qu’elles défendent. Engagée de cœur et d’esprit, Maëvann n’en était pas moins étrangère aux jeux et aux intrigues politiques, préférant dire les choses sans ambages.

- Ma foi , peut être est-ce cela qu’ils attendent… l’honnêteté ? L’authenticité ? se hasarda-t-elle a penser, jetant un regard anxieux à la foule.

Le bourdonnement bruyant du public dans l’attente d’un prochain discours ne l’empêchait guère d’entendre le sang battre violemment à ses tempes. La poitrine oppressée dans uns sourde angoisse , elle effleura du bout des doigts son ventre tendu sous la toile de sa tunique. Ce geste la rassura. Quelque part dans le public, son aimé attendait sa venue … Peddyr serait là aussi … Autant de personnes qui lui témoignerait d’un soutien silencieux mais fidèle lorsque viendrait son tour.

La Maîtresse Noire n’était pas de ces timides maladifs qui craignent de parler en public. Son caractère franc lui déliait aisément la langue, parfois même à l’excès. Cependant, elle n’était pas non plus une adepte des oratoires et des discours policés.

- Suis-je vraiment faite pour tout cela ? soupira-t-elle en jetant un œil au parchemin griffonnés de notes entre ses mains moites. N’était-ce pas une erreur d’accepter cette candidature ? … Oh Flarmya , guide ma voix et mes pas !

La crinière flamboyante d’Horatio Pace accrocha son regard alors qu’il se hissait sur un promontoire installé dans l’Orchestra. La voix du Héraut se propagea comme une onde claire et la réaction attentive des derniers arrivants installés sur les plus hauts gradins témoigna de l’excellente acoustique du lieu. Maëvann déglutit. Répercuté par le pupituum sculpté de majestueux dragons fermant l’hémicycle, aucun mot de son discours n’échapperait à l’auditoire.

- C’est à présent au tour de la Maîtresse Noire Maëvann Kerr’wan de s’avancer ! déclama Horatio, avec un regard pour l’ombre ou elle s’était réfugiée. Que ses mots soient entendus et sa foi respectée !

Elle plia soigneusement son discours dans sa poche et s’avança d’un pas égal au centre de l’Amphithéâtre, ses prunelles vertes résolument fixées sur le Héraut. Comme le veut la tradition, elle prêta serment par Flarmya sur la véracité de son discours et la fidélité de son engagement, une main posée sur le cœur. Horatio hocha la tête puis donna dans une phrase solennelle le signal de départ et l‘ordre de faire silence :

- Le Mar Menel vous écoute.

Enfin il s’inclina, le visage imperturbable comme l’exigeait l’impartialité de sa fonction , et se retira …la laissant seul face aux gradins bondés. Retenant de justesse un soupir désemparé, Maëvann eut juste le temps d’apercevoir son fiancé du coin de l’œil avant que les murmures naissants ne la pressent à commencer. La douceur confiante de son sourire et la force de son regard gris lui donna l’impulsion nécessaire :

- Chacun d’entre nous à des rêves. Qu’ils soient nés de l’enfance ou qu’ils aient fleuri au gré de nos vies… Chacun d’entre nous … rêve d’un idéal à atteindre, d’une utopie a concrétiser.

Le public s’agita , surpris par cette amorce peu conventionnelle. Maëvann ferma un instant les yeux pour calmer les battements affolés de son cœur ... Elle adressa un dernier regard doux et reconnaissant à son homme, ses amis puis prit une inspiration et se lança dans son discours.
[ Afin de ne pas vous abîmer les yeux sur mon vert flashi , ce texte restera brut ^^ . Ne perdez simplement pas de vue que c'est Maë qui parle , s'adressant au public à voix haute. Certaines séparations sont cliquables ]

[size=32]J[/size]e ne suis née dans cette cité il y a vingt-trois ans , mais j’ai longtemps tout ignoré de mes racines et de mon histoire. Mon père , Maël Kerr’wan , était Chevalier au service du Prédécesseur de notre Dame, Sire Logain et ma mère une Druidesse l’ayant suivie dans cette Cité des Cieux par amour. Un amour que tout deux avaient également pour le Kaërl qui les avait accueilli et dont ils ont longuement défendu les valeurs et la lumière…au prix de leur vies.

On m’éleva à Lomeänor, loin de la cité qui m’avait vu naître, mais je fus une enfant heureuse. Comme vous tous ici, je garde dans l’écrin de mes souvenirs quelques perles inestimables : bêtises faites en douce, crapahute et cabanes secrètes dans les bois , longues rêveries allongée dans l’herbe , à s’imaginer pléthore d’aventures extraordinaires. J’ai pourtant vécu en exilée, sans le savoir , cherchant chaque jour à comprendre le cri de mon sang et ce qui manquait à ma vie , mon identité…

Mon nom est Maëvann Kerr’wan et je suis Céleste. Je l’ai compris dès l’instant ou , franchissant le froid de l’Interstice, j’ai découvert ces flèches de marbre se découpant magnifiquement sur le couchant puis chaque jour qui suivit , lors de ma formation d’Aspirante avec Morgana Dyn’Shamerian. Je suis Céleste, je l’ai su au plus profond de moi lorsque l’œuf de Draveÿn à éclot alors que je le croyais perdu et que son esprit s’est Lié au mien…Et je l’affirme encore aujourd’hui alors que je me tiens devant vous :
Si vous êtes ici aujourd’hui , Maître Dragon, Chevalier ou simple citoyen …c’est que, comme moi, votre âme vous à mené vers la Lumière là ou d’autres ont choisi l’Ombre. C’est que vos engagements vous ont poussé à prêter foi à la Justice là ou d’autres préfèrent le Chaos. Oui…Tous autant que nous sommes ici, une chose nous rassemble , par le sang , le cœur et l’esprit. Nous sommes des Célestes !

~° °~

C’est donc en mon âme et conscience et au nom de l’amour que j’ai pour le Mar Menel que je me présente aujourd’hui au poste de Second. La tâche est vaste mais j’ai à cœur de la mener jusqu’au bout, avec toute la Foi qui m’anime car notre belle cité mérite que l’on prenne soin d’elle…Vous méritez que l’ont prenne soin de vous et que l’ont soit à votre écoute !…Vous êtes le cœur qui bat sous la marbre blanc et l’or de nos oriflammes!

Dame Heryn Amlug le sait et chaque combat qu’elle mène pour la prospérité de notre Cité se doit d’être soutenu, de la plus humble des tâches au rôle le plus complexe : Etre au fait de la politique intérieure et extérieure, de l’Histoire de notre cité et de nos terres , des besoins des citoyens pour pouvoir la seconder dans son travail , la suppléer pendant son absence, pouvoir parler sans crainte au nom du Kaërl Céleste et de la Dame devant nos alliés et nos rivaux, être force de proposition et même écrire un rapport tout a fait banal font partie des contributions que je juge indissociables du Second.

Le Second du Kaërl se doit de représenter l’abnégation et la stabilité auprès de la Dame…mais aussi témoigner de bon sens et de regard critique ! Le Bien de notre Cité et de ces citoyens est prioritaire sur les intérêts personnels des personnes de pouvoir.
Forte de ce constat, je peux donc dire sans crainte - car sans doute l’avez-vous senti aussi - que notre Kaërl perds peu à peu de sa vitalité , de sa flamme ! Il s’est replié sur lui-même et coupé du monde : Au-delà de la Quête des Deux Lunes, nous n’entretenons pas de relation , telles qu’elles soient , avec les autres Kaërls et notre interaction avec la terre « d’En-bas » se limite tout juste au commerce pour nous sustenter.

La Cité elle-même a perdu de sa vigueur. Nous accueillons toujours de nouvelles âmes prêtes à servir la cause de la Lumière… Nous nous devons de leur offrir un lieu de vie convenable afin qu’elles puissent s’épanouir ! Le Kaërl se doit de fourmiller de vie et de projets afin de donner toutes les chances à nos Aspirants de venir un jour rejoindre dûment les rangs des Célestes aguerris … Et pour cela, il faut qu’ils se sentent bien parmi nous !


Frères et sœurs Célestes, regardez le Mar Menel lancer fièrement ses flèches de marbre vers le Ciel , tutoyer les nuages et le vent. Qui n’a jamais regardé le soleil décliner, étendant son dais sur ses dômes d’or comme une coulée de feu ? Qui n’a jamais écouté les ramures du jardin d’Hiver susurrer dans la brise tiède ?
Comme notre Cité , nous aspirons au calme et à l’harmonie …et comme ses tours de marbres notre âme est droite et forte.

Et c’est tout cela que je veux défendre , mes amis , avec vous ! C’est un combat que nous devons mener de concert pour redonner à notre cité sa lumière et sa vitalité d’antan! Ce sera peut être long, ce sera peut être ardu … mais au-delà des dissensions, au-delà des obstacles et des épreuves qui s’imposeront à nous je porterai le Kaërl avec vous pour le tirer vers le haut ! Avec justice et transparence toujours !
J’ai eu un parcours atypique , mon chemin au Mar est loin d’être droit et discipliné… Mais je considère cela comme une force ! Je serai à l’écoute de chacun d’entre vous, que vous soyez simple citoyen , Maître ou éminent sommité et je respecterai vos aspirations, vos personnalités respectives… car la richesse se trouve aussi dans la différence et l’authenticité.

Compassion , Vivacité , Patience! Tel est mon crédo , tel est nôtre crédo à tous ! Et c’est ensemble, tant avec vous qu’avec nos alliés que nous propagerons ce message pour un Kaërl meilleur …et peut être…un monde meilleur ! Vous avez des préoccupations concrètes , c’est donc des solutions concrètes que je vais vous proposer maintenant . Car il y a un temps pour le discours et un autre pour l’action !

{ En ce qui concerne la politique extérieure }

On ne peut œuvrer pour l’épanouissement en restant dans notre coin. Le Mar Menel a grand besoin de développer ses interactions avec les autres Kaërls , témoigner sa curiosité et sa volonté de dialogue avec les autres peuples ! L’Ambassadeur est le premier intermédiaire, le premier contact avec l’extérieur. Son rôle est fondamental! Il doit œuvrer avec ses confrères à la création d’un Haut Conseil, présidé par le Dragon Primordial - Entité Impartiale et Sacrée de Tol Orëa - pour pacifier et équilibrer au possible les relations interkaërls.

Notre volonté d’unification sera aussi exprimée en légitimant des couples mixtes. Mes amis, nos valeurs sont aussi celles de l’Amour ! Ne serait-ce pas paradoxal de lui imposer des barrières ? Notre politique extérieure laisserait libre court aux nôtres de se lier à un être d’un Kaërl différent , à condition qu’il présente des garanties de non-agression préétablies par une Charte.

La mise en place d'une cohorte tripartite pour surveiller les abords de la lande d'Eru et l'activité autour du Mar Dinen sera également amorcée. Allons aussi au contact de ce que nous ne connaissons pas pour mieux l’appréhender !
{ En ce qui concerne les armées du Mar }
Nous ne sommes certes pas avides de sang et de guerres comme nos confrères du Mar Taralöm mais nous ne pouvons dénier avoir besoin d’un corps d’armée. Défendre nos valeurs passe aussi par le fil de l’épée, même si nous n’aimons guère en venir là …du moins pour la plupart. Pour êtres plus efficaces dans la défense du Mar et l’offensive contre nos assaillants , nous devons fractionner notre armées en corps bien spécifiques:

Le Kaërl est protégé par sa position en hauteur et la tempête perpétuelle qui l’entoure mais…Le passé nous as démontré de cruelle façon que nous n’étions pas intouchables pour autant. Les plus doués au vol d’entre nous constitueraient un escadron de patrouilleurs du Ciel afin de prévenir toute attaque par le haut, contrôleraient les allées et venues du Mar. Un autre détachement de bons dragonniers accompagnerait la Dame ou l’Ambassadeur dans ses déplacements.

La formation des Aspirants devra également comprendre un chapitre plus poussé sur le combat au vol, car nous y sommes exposés bien plus souvent qu’il n’y parait ; la coordination entre le Céleste et son Lié doit être la plus parfaite sous peine de le payer de sa vie.


{ En ce qui concerne la formation des Aspirants : accueil , formation , évolution }

A ce sujet justement … Les Aspirants sont l’avenir du Kaërl et nous nous devons d’en prendre le plus grand soin. Une prise en charge adaptée à la spécificité de chaque nouvelle âme est indispensable. Maîtres Célestes, je m’adresse à vous ! N’oubliez pas que nos Aspirants laissent tout derrière eux pour se consacrer à la cause de la Lumière… Nous l’avons vécu avant eux. Mettre l’Aspirant en confiance pour l’aider a s’approprier sa nouvelle fonction, son nouveau monde doit rester notre priorité!

Le Labyrinthe est un lieu d’entrainement autrefois plébiscité mais désormais peu utilisé. Aspirants, Chevaliers, Maîtres …je vous propose de le remettre à l’ordre du jour !
Les réserves d‘armes dans les sous-sols des Spires sont combles et l’accès à tout les membres de l’Ordre sera réhabilitée. Vous aurez ainsi l’opportunité de compléter votre formation martiale avec des mises en situations dans les dédales, ainsi qu’user sans contrainte de la magie des lames, le Labyrinthe étant situé au dessus de la Source Magique alimentant notre Cité.
Un Bestiaire sera également affiché à l’entrée, présentant les caractéristiques de créatures - de chair ou d’illusion - que les Maîtres seront libres de choisir pour agrémenter l’apprentissage de leurs Aspirants en prévision de pratiques sur le terrain.

Mais la pratique n’est rien sans la théorie ! Les Archives pourraient être le lieu idéal pour tester le bon sens des Aspirants par le biais de questionnaires groupés portant sur l’Histoire de Tol Orëa, les Dragons ou tout autre forme de savoir théorique.

Pour beaucoup de nos nouveaux arrivants, les Dragons sont des créatures de Légende et paraissent difficile à cerner et à approcher… Pourtant , il faut les préparer au Lien qui unira leur âme à celle de ces merveilleuses créatures ! La salle commune du Valarëa pourra être aménagée pour accueillir les Aspirants en quête de réponse sur les enfants ailés de Flarmya. Le seul impondérable reste de composer avec le caractères de nos Liés !

Quant aux Sables d’Eclosion , ils pourraient être également le lieu d’un « Cérémonial de l’Ecaille » officialisant la promotion des jeunes Chevaliers au statut de Maître. Une armure d’écaille confectionnée avec la première mue de leurs Dragons leur seraient remise par la Dame… Car il est important de marquer les étapes du parcours unique de chacun dans notre communauté, et de les ancrer dans leurs souvenirs.

{ En ce qui concerne la vie quotidienne au sein du Kaërl }

Le Kaërl est notre de lieu de vie, que l’ont soit Aspirant, Chevalier, Maître , commerçant ou serviteur. Les Célestes doivent se réapproprier les lieux communs afin de créer une nouvelle animation dans notre belle Cité !

La Grand’Place est le lieu idéal pour les manifestions culturelles. Des concerts, des pièces de théâtre, des concours animés par des intervenants extérieurs voire les citoyens eux-mêmes pourraient permettre de rassembler les Célestes dans une ambiance festive et ludique !

La Haute Salle ne doit pas rester cloisonnée à la Politique des Hautes-Sphères. Des conseils à huis clos continueront de s’y tenir , mais je crois en l’importance d’une culture populaire. Vous êtes un des rouages indispensable de notre évolution , aussi je propose d’ouvrir un Conseil mensuel rassemblant la Dame, Maisons Mineures , Majeures et citoyens Célestes afin que notre politique soit accessible et proche de tous !

Je pense qu’un nouveau Guérisseur au Mar serait le bienvenue, le Patriarche Dalneÿs étant seul à assurer la médication de tout les Célestes. Les Thermes de Naira ouvriront une section spéciale pour le traitement des blessures par l‘eau. Mais nous nous devons aussi d’apprendre à développer une certaine autonomie ! Ce nouveau Guérisseur pourra vous proposer une formation de soins élémentaires, tant par la magie que par la connaissance des plantes médicinales, cultivées dans le Jardin d’Hiver.

Les Spires enfin , notre lieu de villégiature. Elles sont entrain de se transformer en dortoirs… Nous y sommes tous réunis sans jamais nous croiser ou presque ! Pourquoi ne pas ouvrir des lieux de détente où nous rassembler tels que salles communes, tavernes , bibliothèques ?

Encourager les rencontres donne parfois lieu à de belles histoires d‘amour ! Le Mar Menel n’est pas toujours adapté pour la vie de famille …C’est pourtant une fierté et une émouvante promesse d’avenir que de voir naître de nouvelles vie au sein de notre Cité ! L’ouverture de garderies - l’une aux Spires pour une scolarité privée axée sur les valeurs et la discipline, l’autre au Jardin pour une éducation plus libre au contact d’enfants de tout horizons - serait la bienvenue. Mais nous ne sommes pas les seuls à nourrir le rêve de fonder une famille, nos Liés aussi peuvent avoir le même !

Les Dragonneaux n’étant pas issus de pontes Royales seraient élevés avec le même soin dans une Alcôve du Valarëa mais dévolus à un service de transport. L’idée peut paraître saugrenue… mais nombre d’Aspirants sont tributaires de Chevaliers et de Maîtres pour leur déplacements , le Portail de la Grand’Place étant soumis à un rigoureux contrôle et réservé à la circulation des commerçants et employés du Mar.
Ces Dragons pourraient non seulement aider les Aspirants à développer le contact au vol et à l’Interstice mais aussi les transporter à différents endroit de l’île - le voyage sur le reste du Rhaëg étant bien trop risqué pour des novices - pour de courtes missions formatrices exigées par leurs Maîtres

{ En ce qui concerne la politique sociale en général }

L’Amphithéâtre restera le lieu privilégié pour vos doléances , qui seront reprises à l’Ordre du Jour pour le Conseil Mensuel à la Haute Salle. Il sera à votre disposition de façon permanente afin que vous vous exprimiez sur les sujets qui vous tiennent à cœur et que nous puissions cerner vos besoin et vos envies :

Déplacements , transports, garde des enfants , médecine , politique culturelle …mais aussi ouverture aux autres Kaerls et aux autres continents… Tout ces sujets seront évoqués afin que nous puissions progresser ensemble vers une nouvelle ère !


Vous l’aurez compris , ma politique se base sur l’écoute de tout à chacun afin de satisfaire au mieux vos besoins. Je pense que nous oeuvrons tous pour la même chose : le bien et l’épanouissement du Mar Menel… et cela ne pourra se faire que par une ouverture et une volonté de dialogue , tant envers les Célestes que le reste de Tol Orëa…et par expansion, du Rhaëg ! Mon intérêt et mes convictions sont les vôtres , mes rêves sont les vôtres ! Avec votre aide, celle des Maisons et de la Dame , nous guiderons notre Kaërl vers une nouvelle énergie inspirée par l’Harmonie et l’Ouverture !

Et ce combat commence par une geste simple et civique : celui de voter, quel que soit votre choix.
Merci à tous de m’avoir écoutée et que Flarmya vous guide.


~~°~~°~~

Après s'être inclinée dans un profond salut, Maëvann se hâta de retrouver l'ombre salvatrice des vomitum. S'adossa à la paroi rugueuse, elle poussa un profond soupir comme au sortir d'un exercice éprouvant et ferma les yeux pour savourer la fraicheur et le silence relatif des coulisses.

- Alors...Tu m'a entendu de là dedans ? Comment m’as-tu trouvée ? murmura-t-elle, se penchant vers son ventre bombé avec un sourire doux. Je crois que n'ai jamais autant parlé de ma vie... Mon discours était peut être un peu trop pompeux non ? Je n'ai pas employé de mots trop compliqués ? Je crains ne pas avoir réussi à faire passer le mess...Aouch !

La Demi-sang grimaça, étouffant un rire.

- Ca va , ca va ...Inutile de me marteler de coups de pieds... J'ai compris.

Elle s'étira pour détendre son corps , gainé par l'intensité de son discours et sortit discrètement sur les gradins par une issue adjacente. Fort heureusement, Istvan et Peddyr étaient assis près de la travée d'escaliers centrale, lui évitant ainsi de bousculer ses futurs votants de son gros ventre pour les rejoindre. Ils lui adressèrent un sourire radieux et s'écartèrent pour lui laisser une petite place.

- Je suis épuisée ! murmura-t-elle en se laissant tomber aux côtés de son fiancé, posant la tête sur son épaule.
Le public a l'air encore vif...Soit j'ai réussi à capter suffisamment leur attention, soit ils ont une étonnante capacité de résistance à l'assoupissement !

Istvan émit un petit rire, saisit son menton entre ses doigts pour l'embrasser avec douceur et s'apprêta à répondre -sans doute pour la morigéner gentiment - quand Horatio Pace annonca l'imminence du discours d'un nouveau candidat : Persée Garaldhorf. Les trois Célestes se regardèrent avec circonspection puis fixèrent l'estrade avec une grande attention, curieux d'entendre ce qu'elle avait a dire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:39

Posté par Persée

Par la fenêtre grande ouverte sur le matin, le soleil vint caresser une joue d’albâtre, des dessins runiques couleur de l’ambre, une mèche blonde et des cils fournis, réchauffant l’impression de froideur que dégageait l’être empêtré dans les draps blancs. Un œil d’ombres mouvantes s’ouvrit sous une caresse d’une autre sorte. Un sourcil fin, en croissant de lune, se fronça méchamment et une longue oreille pointue se dressa soudain au milieu des cheveux d’or pâle. Une grande main hâlée faisait lentement son chemin sur son bras nu, jurant avec la blancheur de celui-ci mais s’accordant étrangement avec les innombrables tatouages.

- Enlève ta main de là si tu veux la revoir en un seul morceau plus tard, assena mi-coléreuse mi-amusée une voix franche et musicale.

Un éclat de rire lui répondit mais la main se reposa sur les draps. Persée se redressa en grognant, s’assit sur le rebord du lit et entreprit de délacer ses bottes. Concentrée sur sa tâche, elle se permit de jeter un coup d’œil à son compagnon d’infortune. Le jeune Torhil venait de se retourner, se mettant sur le dos, les bras croisés derrière la tête, un sourire enjoué allant d’une oreille à l’autre. Sa chemise à moitié déboutonnée laissait entrevoir un torse puissamment musclé dont il s’enorgueillissait. Lui non plus n’avait pas ôté ses bottes.

La soirée avait été mouvementée. Alors que le soleil entamait sa descente rituelle, Persée pinçait les cordes de sa guitare, assise tranquillement sur le sol de sa chambre lorsque quelqu’un avait frappé à la porte. Surprise, elle crut un instant au retour de Vraël mais elle n’avait pas senti sa présence familière revenir du Valarëa. Et puis, pourquoi vouloir la voir et prendre le temps de se métamorphoser ? En ouvrant, la jeune fille fut encore plus stupéfaite de découvrir le Chevalier Lyam sur le seuil. Le jeune homme lui exposa sa situation avec un sourire tout sauf désolé : son Lié, le Bronze Reyn venait de quitter le Màr pour la Sylve avec Vraël et il savait bien pourquoi… Bref, il ne voulait pas passer toute la nuit seul, à tenter de passer le temps et de se défouler alors que son Lié batifolait avec toute son ardeur avec la belle Bleue – c’était ses propres mots. Et Persée serait aussi seule donc, pourquoi pas aller la trouver et passer le temps ensemble ? Persée avait d’abord été mal à l’aise devant de telles révélations, même carrément suspicieuse puis elle avait laissé entrer le Chevalier Bronze, en lui posant néanmoins la seule condition : pas de batifolage entre eux ! Lyam avait bien essayé au début, même s’il disait qu’il aimait les femmes un peu plus en chair mais il n’allait pas faire le difficile ! Persée avait coupé court à ses avances en le menaçant de l’expédier dehors. Lyam avait fini par capituler mais il avait recommencé plus tard, en fait tout au long de la soirée mais c’était devenu un jeu entre eux, désormais. Ils avaient commencé par faire des passes d’armes puis cela n’avait pas suffit. L’excitation, la fougue avaient saisi leurs Liés respectifs et retombaient sur eux. Il avait fallu aller aux Thermes, faire des longueurs encore et encore. Ensuite, un nouveau duel s’était engagé. A la toute fin, Lyam, si proche de la victoire, fit une erreur fatale : il bloqua les lames et voulut embrasser Persée par jeu, grisé par les émotions de Reyn. La jeune sang-mêlé en profita pour envoyer son genou là où il ne faut pas et le Torhil se retrouva plié en deux, au sol. Enfin, ils n’avaient pas fait long feu. L'extase de leurs Liés retombée, la fatigue s’était emparée d’eux et ils tombèrent comme des masses sur le lit, tout habillés, happés par le sommeil.

- Une belle nuit, n’est-ce pas ? lança Lyam, une lueur espiègle au fond de ses yeux d’un bleu incroyable. On pourra recommencer, si tu veux…
- Ne te fais pas d’illusions ! Ce n’est pas demain la veille que ça arrivera et, si Vraël jette de nouveau son dévolu sur Reyn, je serai loin à ce moment là.
- Tu es injuste ! Ce n’était pas si terrible que ça, quand même ?

- Tu ronfles !


Ce par quoi il répliqua en lui jetant un oreiller à la figure et leur rire communicatif s’envola par la fenêtre. Lorsque Lyam partit rejoindre sa chambre et entendre la déposition complète de son Lié, Persée put à loisir prendre un bain, se vêtir dans des vêtements propres et qui ne sentaient pas la sueur. Elle ceignit son épée et alla rejoindre la dragonne turquoise au Valarëa. Tout le long du trajet jusqu’à l’Amphithéâtre, elles avaient chacune raconté leur nuit, échangeant plaisanteries et anecdotes cocasses sans la moindre gêne ; pas comme des proches amies ou des sœurs mais bien comme une seule personne. Parfois, leurs émotions, leurs pensées, leurs actions se confondaient et les unissaient, réagissant comme un seul être le ferait. Enfin, elles n’étaient plus seules. La seule chose que la jeune mi-Elfe mi-Fëalocë reprochait à son Ame Sœur faisant une dizaine de fois sa taille – si ce n’est plus, c’était d’avoir choisi la veille des Elections pour satisfaire son désir naissant.

Et ce fut l’heure.

La foule, qui un instant auparavant avait les yeux fixés sur Dame Amlug et le Héraut du Màr, observait maintenant les trois candidats au poste vacant de Second du Kaerl Céleste : la Maîtresse Noire Maëvann Kerr’wan, le Chevalier d’Airain Nathaniel Illyan et elle, Persée-Morian Drak. Un silence comme elle n’en avait jamais entendu. Palpable, avec une senteur particulière, comme un voile de soie que bientôt une voix déchirerait d’une fine griffe, pour rompre cette chaîne, cette scène figée. Persée s’avança d’un pas et, fidèle à elle-même, adressa brièvement une prière à Flarmya. Elle se rappela la devise de la famille des Enfants du Roi de Fer : « La vérité vous rendra libres ». Personne n’était au courant pour sa malédiction ; personne ne savait qu’elle était la Sans-Destin alors autant jouer là-dessus. Pourquoi faisait-elle cela ? Elle n’en avait pas la moindre idée mais Vraël, tout près, susurrait dans son esprit des mots enveloppés d’une vague bienfaisante de confiance, de sérénité et de volonté.

° C’est pour le bien du Màr que tu fais cela, ma chérie. Pour prouver à tes pairs que tu seras toujours loyale à ce Kaerl, à ses habitants et à ses intérêts. Pour montrer que tu as toujours été et resteras à jamais un membre de l’Ordre Draconique de Lumière même si tes actes rencontrent souvent l’incompréhension. Tu es un être d’exception. Il ne tient qu’à toi de prendre le cours du Destin entre tes mains ou de rester à l’écart de celui-ci. Profites-en. Cette occasion ne se représentera pas. °

La plus jeune Maîtresse Dragon du Màr Menel à cette époque, âgée de dix-huit ans, s’éclaircit rapidement la gorge et commença – un peu maladroitement – sa profession de foi d’une voix forte et claire :

- Peuple du Màr Menel, je me nomme Persée Garaldhorf, anciennement connue sous le nom de Persée-Morian Drak, Maîtresse liée de la Bleue Vraël, récemment acceptée dans la Maison d’Amberle, fille et petite-fille de Maîtres Dragons, descendante des Valherus. Je ne ferais pas de long discours politique, où briller par l’éloquence, ce n’est ni mon style ni mon intention. De toute façon, je ne sais pas en faire.

Comme le Héraut vous l’a annoncé, je me présente en tant que Candidate au poste de Seconde de notre Kaerl. Pourquoi ? Vous ne me croirez pas si je vous disais que je n’en sais rien. Et c’est presque la vérité. Je dis bien presque. J’aime ce Kaerl de toute mon âme. Dans ces temps troublés et surtout durant la fameuse Grande Quête dite des Deux Lunes, il a peiné sans son Second. Notre Dame doit avoir sur qui s’appuyer, un soutien plus responsable. Ce poste est resté trop longtemps vacant depuis la disparition du Maître Brun Yaggsil Galadorn. Il est temps de remédier à ce problème. Suis-je la mieux placée pour être cette personne ? Non mais je m’y efforcerais au-delà de mes limites, sans pour autant me voiler la face et faire cavalière seule. Ce n’est pas mon but. Si je ne suis pas élue, peuple humanoïde et draconique, c’est que le Destin en avait décidé autrement et qu’un autre chemin ne pouvait se tisser malgré ma présence. J’apporterais alors tout mon soutien au prochain Second, sans rancune ni esprit de vengeance. Tout ce qui compte, c’est la stabilité du Màr Menel, l’équilibre des trois Maisons majeures, le bien-être de ses habitants, la bonne administration du domaine et des charges, l’éducation de nos gens et plus particulièrement nos Aspirants et la protection de notre patrimoine et de nos dragons.

Je n’ai pas la prétention d’être d’un sang noble au passé glorieux ou même une enfant du Màr mais c’est mon foyer et je ferai tout pour son bien, quitte à y perdre la vie !


Persée reprit son souffle, ébahie d’avoir tant parlé devant tant de monde. Le silence, toujours là, avait changé d’aspect. Elle l’écouta un bref instant, en fermant les yeux, le temps de calmer l’affolement de son cœur sauvage tandis que Vraël continuait à tisser autour de sa Liée une sorte de cocon de sa force, encore plus efficace que son armure émotionnelle. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, l’hybride dévisagea un instant la foule, comme un chat surpris par le soleil. Elle entama alors la liste de ses arguments et ses rêves :

- C’est peut-être bien présomptueux ou utopiste et donc, impossible mais je suis ainsi. Je veux voir se relever notre gloire d’antan. Nous devons reprendre nos alliances, aussi bien avec le Màr Luimë qu’avec le Màr Tàralöm. Qu’importe ce qu’il s’est passé jadis, le monde a trop souffert pour qu’on laisse à nouveau passer cette chance. Nous nous sommes tous, c’est-à-dire les trois Kaerls, repliés sur nous-mêmes, en oubliant le dehors, ses dangers et ses bienfaits. Il est tant que cela change. J’entretiens déjà pour ma part des relations ou tout du moins j’ai placé ma confiance dans deux informateurs sûrs dans le Kaerl Ardent. Et en ce qui concerne le Kaerl Englouti, j’y ai un très bon informateur, tout dévoué à notre Màr mais qui entretient des relations amicales avec les Neutres. Je suis donc en position d’offrir cela au Kaerl Céleste, si nous en avons besoin dans les temps à venir. Cela ne signifie pas que je veux voir une coalition des trois Kaerls soudés comme les doigts de la main : je suis assez lucide pour savoir que c’est irréalisable et qu’il serait désastreux de tenter de refaire les mêmes erreurs que par le passé.
Toutefois, je préfère ne pas révéler le nom des dits informateurs pour leur propre sécurité et que je ne peux me permettre de rompre cette promesse de discrétion. Le cas où j’échouerai à cette Election, je ne révélerai ces noms au nouveau Second, puisse-t-il en faire bon usage s’il juge avoir besoin de leurs services.


Elle pouvait se targuer d’avoir une part Ardente en elle, ce que nul ne savait non plus ici ni nulle part qu’en leur cœur d’âmes entremêlées qu’en le cœur de son père et son Lié. Elle l’assumait enfin, cette part d’elle-même, symbolisée par la petite lézarde de feu qui chevauchait son épaule pour mieux dévisager la foule de ses opales attentives et curieuses, frêle créature pleine de vivacité et d’agressivité envers tout autre que Persée et Vraël, que la jeune fille avait dénichée dans le Jardin d’Hiver et sauvée de la frayeur des Aspirants et de la colère d’un Chevalier qui ne comprenait rien à la vie, petite vie si fragile sous la forme de cette Reine solitaire égarée, totalement dévouée à sa protectrice au point de se lier à elle, lézard de feu pas plus gros qu’un chaton mais débrouillard, aux écailles d’écarlate. Un messager personnel que Vraël et Persée avaient baptisé Eos, l’aurore flamboyante.

- De même, toute union au sein du Màr sera régie par une unique loi : l’équité entre homme et femmes. En ce qui concerne plus spécifiquement les Maîtres, leurs tâches ne s’en trouveront pas altérées pour autant, ni leur considération. C’est au couple de juger s’il faut prendre Aspirant ou non. La femme voulant se consacrer uniquement à son enfant se verra déchargées mais son compagnon n’aura pas à prendre plus d’Aspirants pour compenser, sauf s’il le désire. L’inverse est également possible à mes yeux. J’applique le même principe aux unions hors-Kaerl, avec des gens non-Liés. Je me veux être tolérante et, bien que cela ne soit pas conseillé, les unions entre gens de Kaerls différents sont autorisées et ne souffriront nulle persécution.

Ensuite, vu les récents évènements, je suggère une meilleure protection du continent de Tol Orëa, surtout pour le village de Lòmëanor, pour que les pertes tant en vie qu’en biens soient évitées au possible. Des patrouilles pourraient être organisées un peu partout mais je ne fais pas d’illusions : chaque Kaerl voudra défendre uniquement ses propres domaines de prédilections. Mais ce serait déjà un bon début, selon moi. Tout le continent devra être couvert et peut-être faudra-t-il même installer des avant-postes.

En ce qui concerne le Màr en lui-même, je propose la même chose avec quelques différences. Des patrouilles certes, régulées par des quarts – surtout la nuit – effectuées principalement par les Chevaliers. Je pense qu’un peu de responsabilités leur mettra un peu de plomb dans la tête et les préparera d’autant mieux pour le jour où ils seront nommés Maîtres. Ce serait un bon exercice et un moyen de leur donner confiance en eux, d’acquérir des connaissances qu’on doit apprendre par soi-même et sur soi-même, de celles qu’on ne trouve pas dans des livres. Pour plus de sécurité, une garde pourra être rajoutée et incorporer ainsi les Non-Liés, pour faire participer le maximum de gens et renforcer les liens qui les unissent.

Pour l’éducation des Aspirants, je laisse le soin aux Maîtres d’en user comme bon leur semble ! Entraînement militaire obligatoire mais aussi et surtout, Toutefois, ils devront redoubler de vigilance. Nos Aspirants sont trop précieux pour qu’on les perde bêtement… Pour une meilleure répartition, je suggère aussi de nommer un Archiviste et trois scribes qui l’aideront dans son travail. Ils auront la tâche habituelle de tout Archiviste mais puisqu’il aura des secrétaires avec lui, il pourra aussi s’occuper de distribuer les Aspirants aux Maîtres, en fonctions de leurs aptitudes et de leurs caractères, tout en référant à notre Dame et à son Second.

Les artisans itinérants, ne résidant pas ici j’entends, devront payer une menue taxe. La monnaie sera surveillée pour éviter les désagréments tells que dettes et escroqueries. Toute personne mise sous la protection du Màr bénéficiera d’un jugement égal et juste. J’en fais le serment !

Suivant le même principe, les enfants du Kaerl auront droits à une éducation faite par leurs parents évidemment ou des précepteurs. A partir de douze ans, ils pourront entamer un apprentissage chez un maître dans son domaine. Tous nos enfants doivent savoir lire, écrire et compter, connaître un peu de notre histoire et doivent avoir droit à un métier qui leur plaise.

Je pense en avoir fini
, conclut-elle malhabilement en jetant un regard perplexe au Héraut. Et ce fut plus avec fatalité qu’avec civilité qu’elle ajouta : Puissiez-vous faire le bon choix…

Persée s’arrêta. Devait-elle porter le coup de grâce ou laisser le soin aux gens d’assimiler toute la portée que ces mots signifiaient ? Et n’avait-elle pas elle-même juré qu’elle ferait ce qu’elle avait à faire sans pour autant faire un scandale ? Si son honneur était en jeu, elle le ferait mais, dans tous les cas, son sort reposait entre les mains du peuple du Màr Menel. Elle croisa parmi la foule le regard de l’imposante et âgée Reine Dorée Kiruna qui la couvait avec bienveillance, sachant qu’elle était liée à une de ses filles et que celle-ci lui avait conté maintes de leurs tourmentes sans en révéler l’essentiel. Elle accrocha le regard d’azur de ce grand jeune homme élancé et athlétique, sous une tignasse de mèches brunes, neveu d’une Maîtresse Bleue du Màr Luimë. Il n’y avait ni crainte ni concupiscence dans ce regard franc, juste du respect et un soupçon d’admiration que Persée ne sut pas déceler, n’y voyant là qu’un clin d’œil complice qu’il lui faisait la seconde d’après, un sourire espiègle étirant ses lèvres. A ses côtés, le jeune Bronze Reyn piaffait, mourant d’envie que la cérémonie se hâte. Elle se remémora la forme du grand Bronze qui avait su gagner la confiance de Vraël pour la protéger aux Pics de Cendres pendant que sa Liée léchait ses plaies, hâtant la cicatrisation, un dragon attaché au Màr Tàralöm du nom d’Elérion. Elle n’eut aucun mal à se rappeler le visage de son père et la forme élégante de son Lié. Oui, elle avait des alliés. Pas très conventionnels ni dotés de nobles desseins mais prêts, à leur manière, à servir la même cause qu’elle, à plus grande échelle.

C’est alors qu’elle croisa le regard noir, chargé de rancœur et de haine, que lui lançait Dara, Maîtresse de la jeune Reine Dorée Nyssath et Dirigeante de la Maison d’Amberle qu’elle avait intégré lors de son retour du Màr Tàralöm. Sans doute ne lui pardonnait-elle pas l’incident qui avait ébranlé tout le Kaerl, juste avant son exil... De nouveau l’assaillit la vision d’un malheureux petit corps fragile agonisant dans l’écrin de ses bras... Les yeux de ténèbres s’étrécirent comme ceux d’un félin irrité et son visage se ferma, s’assombrit subitement. Elle se dressa de toute sa hauteur, droite et fière, prête à n’en pas démordre, les oreilles rabattues sur son crâne.

- Et si quelqu’un me porte un grief personnel, qu’il ose me le dire en face, ici et maintenant, plutôt que d’avoir la bassesse de cracher son venin dans mon dos.

Et son regard chargé de colère, prêt à défendre son honneur, était rivé à celui de la Neishaane Dara.

Persée-Morian Drak, héritière des Garaldhorf et descendante du Màr Dìnen, descendit de l’estrade, caressa amoureusement le flanc lisse et chaud de sa chère Vraël et commença de patienter, attendant que le sens du devoir s’éveille en tous les cœurs du Kaerl Céleste. Sur son épaule, Eos lança un trille mélodieux, hymne à la vie et s’en retourna se lover autour du cou de sa « Liée », fermant les yeux et ronronnant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:40

Posté par nathaniel

Le jeune homme pénétra dans l’amphithéâtre d’un pas mal assuré voir tout à fait hésitant et mal à l’aise. Il était vêtu de beaux atours, une chemise de soie délicate sous un veston de carasse marron aux manches bouffantes qui se resserraient aux poignets. Le bout des manches et le col étaient brodés de fil d’or. A son cou dénudé pendait un pendentif en forme de dragon, dont les reflets d’airain attiraient l’œil sans jurer avec sa tenue. Il ne portait pas ses habituelles bottes de coureur des forêts mais des chausses montantes en cuir marron assurément de meilleurs qualité. Elles montaient jusqu’au dessous du genou comme Nathaniel aimait les porter. Il n’avait pas non plus son pantalon de toile ample mais des hauts de chausse et une culotte courte tous brodés d’or et des symboles du Kaerl.

Le demi sang n’aimait guère cette allure, mais il paraissait comme indispensable à l’habilleuse de la maison d’Amberle de se présenter en digne représentant du peuple céleste et « de la famille de dame Dara » comme elle disait si bien. Il n’empêchait que cela n’était pas son image habituelle, si bien que le Taëwien se sentait presque être quelqu’un d’autre. Il n’osa pas trop regarder en direction des gradins quand il progressa dans l’amphithéâtre, mais essaya tout de même de se détendre. Arriver avec une attitude guindé n’aurait sûrement pas arrangé l’image que les habitants du Mar devait avoir de lui, il devait défendre des valeurs plus hautes que tout ceci…

Nathaniel s’avança sur l’estrade, le ventre noué. Il leva légèrement les yeux pour se faire une idée du monde présent dans l’amphithéâtre, et les rabaissa aussitôt. Quel que soit le nombre c’était trop, il n’avait pas l’habitude de parler ainsi en public, jamais pour quelque chose d’aussi important ! Il ne devait pas paniquer, pas le moins du monde. Il chercha du regard le blond vif de la chevelure de Dara, plein d’espoir. Voir La dirigeante de sa maison l’aurait rassuré et l’aurais poussé vers l’avant, du moins le pensait-il. Il la vit au milieu de l’assemblée, un petit sourire en coin. Quand elle vit son regard empreint de détresse, la neishaane lui adressa un clin d’œil discret mais plein d’entrain qui le ragaillardit un peu.

Il avait son soutien politique dans l’élection qui allait avoir lieu, et savait qu’il s’agissait d’un atout majeur face à celles qu’il allait devoir affronter : Maëvann Kerr’wan, chevalière céleste et aimée du maître Istvan Sarkanys, une femme dont l’ancienneté dans le Kaerl risquait de la faire primer sur le demi sang ; d’une autre part il y avait Persée, son ancienne maîtresse devenue amie, qui elle aussi était plus ancienne et qui défendait également les couleurs de la maison d’Amberle. Nathaniel allait engager cette joute verbale et politique avec une petite angoisse qui accompagne toujours les défis contre ceux qu’on aime. Mais il saurait rester stoïque, quitte à ressasser sans cesse les objectifs qui l’avaient menés sur la tribune : servir encore et toujours le Kaerl, par action de grâce et de rédemption.

Il saisit son parchemin et le roula puis déroula machinalement. En arrivant devant le parloir de la tribune et l’étala et le fixa avec deux pierres prévues à cet effet. Après un raclement de gorge discret et une profonde inspiration il se redressa de toute sa hauteur et prit la parole :

« Je suis le chevalier Nathaniel Illyan, anciennement aspirant de la maîtresse bleue Persée Morian Drak, je représente aujourd’hui et pour l’élection à venir la maison d’Amberle actuellement sous la direction de dame Dara. Je porte aujourd’hui au regard de la population du Mar Menel mes vœux par rapport à la place de second du Kaerl.

Le second de Kaerl est la deuxième place la plus importantes du Kaerl, pas pour ce qu’elle apporte à l’occupant mais pour les charges qu’elle lui impose. C’est en ayant conscience de ces charges et en souhaitant les assumer pleinement que je m’avancer vers vous. Il s’agit à mes yeux d’une part de la délégation de notre noble dame de Kaerl Heryn Amlug, et d’une autre part d’une prise de responsabilité face au devenir du Kaerl

Se présenter à cette place n’est pas un choix à faire à la légère, ma participation est donc un fait murement réfléchi à la suites des évènements ayant liés les trois Kaerl et qu’on a appelé la quête des deux lunes. Parce que j’ai commis des erreurs, je souhaites aujourd’hui offrir ma participation à la construction de l’avenir du Kaerl. Je souhaites par là racheter ma conduite passé qui, même brièvement, s’est détourné de la voie de la justice.»


Quelques rires narquois fusèrent, comme prévu. Mais loin de s’en offusquer, il se redressa avec une expression droite et déterminée ancrée sur le visage. Ces rires n’avaient aucune importance. Désormais tout ce qui comptait était l’engagement pour lequel il se présentait aujourd’hui, sa profession de foi en les valeurs du Kaerl et son repentit de ses erreurs passées.

Il n’y avait plus rien pour le perturber, plus rien pour le faire douter des raisons de sa présence ici et, même si le choix des habitants du Mar se tournait plutôt vers une des dame qui l’accompagnaient il saurait tout de même dans quelle direction il orienterait sa vie : la défense du Kaerl et la conservation de la paix.
Il reprit la parole :

« En demandant la place de second je veux défendre quelques principes qui me tiennent à cœur. Tout d’abord par rapport à une idéologie pure associée au Kaerl je pense que la vie y est déjà paisible, quoi que très présente à travers tous les lieux tels les places marchandes, les lieux de recherches comme les archives ou même les thermes. Je souhaites tout d’abord que la circulation au sein de notre cité soit améliorer à travers de grand axes géographiques qui seraient le suivants : un axe des spires au Valarëa, un autre axe de la haute salle et du jardin d’hiver jusqu’aux termes en passant par la grande place. De la place partirait également des chemins indiqués par le biais d’affichage vers les archives, l’amphithéâtre et le labyrinthe.
Dans le même objectif de circulation ainsi que d’autres fonctions, le projet d’une milice publique à dispositions des habitants pour de multiples services ou renseignements me semble viable, un détachement de notre armée au recrutement totalement ouvert pour le service exclusif de la cité.

Dans la perspective de l’accueil de nouveaux aspirants, je propose la mise en place d’un poste de responsable des aspirants proposé par la dame du Kaerl et soumis à l’ensemble des maisons pour un vote. Il serait à l’entière disposition des jeunes recrues du Mar, ses quartiers indiqués à ces derniers dès leur arrivée au Mar Menel. Ce poste implique une connaissance importante de la fonction de chevalier et maître dragon, sans en être un forcément. Il ne lui serait pas permit de prendre un aspirant le temps de sa fonction. Il serait également chargé des empreintes du point de vue administratif, ainsi que du recensement de la population des aspirants.


-Excusez moi ! Une voix claire retentit dans l’amphithéâtre, et la silhouette d’un adolescent d’à peu près quatorze ans se leva. Qu’en est-il de la sélection des aspirants ? Serait-il possible de se présenter à ce responsable pour devenir apprenti ?

-Tu souhaites devenir aspirants ? Demanda Nathaniel avec un sourire. Il faut pour cela qu’un seigneur dragon détecte le don en toi, le choix d’un aspirant reste donc au libre arbitre des maîtres qui les prennent en charge, parfois sur la demande d’un dirigeant de maison.
D’autre questions ?


Aucune main ne se leva, personne ne fit mine de répondre. Nathaniel avait bien étudié la problème et se doutait que des demandes de ce genre arriverait tôt. Mais il y avait des choses qui ne devaient pas changer, tout comme d’autres réclamaient une évolution.
Il continua donc son discours.

-L’enseignement pour l’enfance est une chose importante qu’il convient de ne pas négliger. C’est avec cette vision que l’idée d’une valorisation des études dans le travail de la cité m’est venue. Dans cet objectif et en corrélation avec les guildes d’artisans des liens d’apprentissage beaucoup plus ouvert permettrait aux jeunes de la cité de s’engager dans le travail beaucoup plus aisément, avec la condition bien sur d’y mettre de l’entrain. La vie ne se construit pas seulement avec une épée de bois et des dragons qui ont une forme de manche balais.

Il avait prononcé ces dernières paroles avec un sourire léger, et il entendit quelques rires dans l’assistance. Il continua.

-Voici maintenant les actions que je souhaites mettre en œuvre au niveau de l’ouverture sur le reste du continent de Tol Orëa. Vis-à-vis du Kaerl engloutit et du village de Lomeanör, lieu d’alignement neutre reconnu, j’envisage la création et la signature de nouveaux traités commerciaux dans le but de dynamiser les flux d’échanges en termes d’hommes et de matières premières ainsi que de biens de marchandages.
Dans l’objectif de prolonger la trêve initialisé par la dame du Kaerl céleste Heryn Amlug…


Il interrompit un instant sa voix, cherchant les mots justes. Ce qu’il allait dire était délicat, mais incontestablement nécessaire à ses projets. Si il souhaitait être élu il se devait d’être franc. Mais le choix qu’il avait effectué n’allait peut être pas jouer en sa faveur.

-… Les négociations avec le Kaerl ardent pour conserver la paix militaire et commerciale sont envisageable, principalement par le biais du poste d’ambassadeur qui devrait être pourvu prochainement. J’expliquerais ce choix à qui souhaitera l’entendre, et en d’autres circonstances pour respecter mon temps de parole …

Un grondement sourd interrompit ses paroles. Plusieurs réactions naissaient devant lui, réponses spontanée à son discours. L’idée d’une « alliance » politique avec les ardents semblait totalement déconcerter certains et en révolter d’autres. Au milieu du vacarme qui venait de monter une fine silhouette se leva. Agitant un peu sa chevelure blonde, elle se redressa lestement et prit la parole :

-Que chacun cesse et finisse d’écouter le chevalier Illyan ! La loi est celle de l’équité, et le temps de parole est le même pour tout les candidats !

Nathaniel se rassura en voyant certains échauffés se rassoir calmement . D’un signe de tête amical il remercia Dara qui reprit sa place avec un petit sourire. La prestance de la dirigeante d’Amberle était la meilleure alliée qu’il puisse espérer, surtout depuis qu’elle avait commencé à retrouver ses forces. La longue période négative de la maîtresse dorée avait effrayé le demi sang, qui ne l’avait pas vu pendant longtemps. Aujourd’hui, quoi qu’encore fatiguée, elle s’affichait au grand jour avec force malgré sa fatigue corporelle et Nathaniel l’admirait pour cela.

Il saisit son parchemin, se secouant un peu pour se ressaisir, ce n’était surement pas le moment de lâcher prise. Il retourna le rouleau et le fixa à nouveau sur le support.
-Qu’en est-il maintenant ? Ah, oui : les valeurs que je souhaites défendre… Compassion, Vivacité, Patience ; tout d’abord ces trois mots qui font l’entête portée avec fierté par tous les habitants de cette cité, ils me tiennent à cœur également. C’est grâce à ces trois mots, ces trois valeurs que je suis parmi vous aujourd’hui et pas seulement au Kaerl céleste ! C’est également grâce à ces valeurs que je suis debout devant vous pour vous présenter ma candidature.

En cet instant je souhaites remercier dame Dara d’Amberle pour sa patience quand elle vint me trouver en terre d’Ys, je souhaite encourager ma maîtresse Persée Garaldhorf qui a su mettre sa vivacité dans mon enseignement d’aspirant, je souhaite pour finir rendre grâce à notre dame Heryn Amlug pour sa grande compassion envers moi, car quand tout risquait de s’écrouler au dessus de moi elle tendit un drapeau pour éloigner le danger.
Je ferais ces trois valeurs mienne pour protéger et servir le Kaerl, et pour me mettre à votre service.


Mais à ces trois mots je souhaites en ajouter un quatrième qui me semble indispensable et qui n’est, sommes toutes, rien d’autres que la synthèse des trois précédents : la paix.
Oui la paix, celle qui protège nos foyers et nos famille, celle qui fait briller le soleil plus fort que n’importe quels autres jours, celle qui amène le chaud dans les cœur pendant l’hiver, celle qui rafraichit les mœurs pendant la canicule de la moisson. Je parle de cette paix qui au final est le plus grand guide et la plus grande protectrice de notre monde.

Je souhaites faire de ces mots un mode de vie, afin que tous, ici présents puissent en bénéficier.


Il haussa le ton.

Oui tous, entendez moi ! Je souhaites faire de notre cité un havre de paix pour que chacun y ait une raison de vivre sans craintes, et quelque chose à protéger sans à avoir peur de le perde ! Je souhaites enfin une harmonie qui ne se fera pas sans efforts, mais qui les vaudra bien tous et peut être même plus. Il suffirait pour l’avoir de s’en donner les moyens, et de combattre avec moi !

Nathaniel cessa encore une fois son discours pour reprendre sa respiration. Il venait de prononcer la partie la plus poignante de son discours à son avis, et y avait mit tout son cœur. Il espérait avoir saisit celui des autres, y avoir déposé cette petite graine qui font l’avenir radieux et les lendemains souriants, cette petite graine qui lui donnerait la place attendue …
Il fallait maintenant passer à la partie la plus importante bien que bien moins profonde. C’était celle qui devait convaincre les aigris, raviver les espoirs des amateurs de fête et les esprits simples.
Il prit son parchemin, le roula et le mit dans une poche de sa culotte par-dessus laquelle il rabattit sa veste. Enfin il se tourna vers l’assistance avec un grand sourire.

-Le dernier point que je souhaites vous exposer est tout autre. Dans l’objectif de répondre à une demande de festivités et d’y répondre dans l’intérêt de la cité je propose d’organiser une grande foire au sein même du Kaerl, pour entamer les nouveaux échanges commerciaux et dynamiser la ville le temps de la fête, mais aussi faire des spectacles ou les meilleurs troubadours seront invités, des forains et des mages, des conteurs et des marchands de vie. Je souhaites voir en ces lieux la plus grande fête qui ait été donné au peuple céleste en l’honneur de la paix et du Mar Menel, et vous y seriez tous invités !

Nathaniel leva la main droite en direction de ses auditeurs comme pour leur tendre quelque chose. Il croyait sentir leur attention sur ses lèvres et ce sentiment lui plaisait, bien qu’il accorda peu d’importance à l’image qu’il dégageait d’habitude.
Enfin, il se rapprocha du parloir et d’y appuya.

-Bien entendu rien n’est décidé, rien n’est joué. Je suis le dernier à passer devant vous pour exposer mes intentions, il vous appartient désormais de décider de votre futur. Le choix d’un vote n’est pas toujours simple mais il sera toujours mieux mené de voter que de préférer s’abstenir. Soyez dès maintenant les acteurs de notre cité, les rouages vivants de notre Kaerl rayonnant, en prenant part à ce vote qui déterminera qui sera le prochain second.
Je vos remercie de votre attention. »


Et Nathaniel se recula. Sa tête était emplit de bourdonnement et il n’entendait rien de ce qui se passait dans l’amphithéâtre, c’était à peine si il avait vu Dara lui adresser un grand sourire que la fatigue venait à peine ternir, à peine s’il voyait son ami Kayle se précipiter vers lui pour le féliciter. Il avait fait ce qui devait être fait, c’était maintenant que tout allait se jouer …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:40



Horatio s'avança après que les trois candidats eurent finit de s'adresser au peuple Céleste, ayant ainsi succédé à Dame Heryn Amlug et à Maître Peddyr Avanaël et prit la parole pour ouvrir les débats.

- Peuple Céleste! Vous vous êtes aujourd'hui réunis ici-même pour écouter notre Dame s'adresser à vous, puis notre nouvel ambassadeur, Maître Avanaël et enfin les trois candidats au poste de Second du Mar Menel !
Chacun s'est exprimé ! Voici venir votre tour ! La parole vous est donnée ! Vous pouvez poser toutes les questions qui vous tiennent à coeur. Bien sûr, le plus grand respect pour ces lieux et les personnes auxquelles vous vous adressez, est attendu ! Je vous cède la parole et rend la tribune aux candidats pour qu'ils puissent vous répondre.



[HRP] Merci d'éviter les post trop longs pour permettre une certaine interaction! Ce RP est ouvert à tous les célestes sans restriction de rang ! Il est bien entendu grandement conseillé de lire les professions avant de poster ici ! Bon RP à tous ! Le Post des votes sera prochainement mis en place par Heryn... Mais d'ici là vous avez de la lecture !
Lien de renvoi des Professions de foi, à lire avant de poster ici:
http://tol-orea.xooit.fr/t1326-RP-Officiel-des-Elections.htm#p14471

PS: Heryn pourrais-tu insérer le lien de ce RP ci dans le post d'Horatio, là où HRP j'avais dis que je le mentionnerai, pour que les joueurs n'aient pas à le chercher ( je sais, il n'est pas bien dur à trouver, mais sait-on jamais, si nous avions des distraits)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:40

Peddyr avait fait son discours et s'attendait à avoir des questions. Mais comme étant un membre du Mar Menel, il pouvait lui aussi en poser. Dans la mesure où il ne serait qu'un ambassadeur, il devait poser des questions qui lui trottaient dans la tête. Bien entendu, il n'avait pas pour idée de chercher à coincer les prétendants à la place convoitée, surtout qu'une grande part de responsabilité s'y mêlerait. Le but étant bien sûr d'avoir un Second qui serait capable de voir au-delà de sa place et d'anticiper ce qu'on attendait de lui. Après tout, ce n'était pas être seulement le représentant de la Dame Céleste, mais bien être à-même de la remplacer si jamais elle n'était pas là dans certaines passes critiques. Pour le moment, tout régnait dans la paix, mais il y avait un point qui n'avait pas vraiment été abordé pour le moment, sur le plan de la politique extérieure... Les candidats s'étaient beaucoup attardés sur le fait que les trois Kaerls devaient connaître des liens plus resserrés, mais pas grand chose n'avait été évoqué concernant le reste du monde... Et Peddyr qui venait de l'extérieur avait eu autrefois une vision plus superstitieuse du continent dit maudit avant....Alors pourquoi ne pas demander de ce fait ? De que se passerait-il si jamais un jour un royaume ou une ruée de pirate chercherait à mettre le pied sur l'île, malgré les légendes ? Il y aurait bien un fou pour aller revendiquer des terres dites inoccupées alors que du monde y vivaient depuis des siècles. Lui-même dans son discours en avait parlé, étant prêt à apporter des conseils et des suggestions pour ce qui pourraient être des liens possibles, mais l'assemblée avait besoin de savoir ce qui passait vraiment dans les pensées des candidats...

Il fut le premier à s'avancer pour poser les questions ; bien qu'il aurait préféré éviter, mais tant pis, il fallait bien ouvrir les discussions.

"Je suis Peddyr Thelrand, et j'ai quelques questions à révéler... Nous avons tous entendu parler de la vision de la politique extérieure de chacun des candidats, mais elle concerne surtout la politique pour Tol Orea et non pour le reste du Rhaeg. Qu'est-ce que chacun d'entre vous pense de ce monde qui ignore que nous sommes les habitants de la Terre de l'Aubre, considérée comme une terre désolée et maudite par les gens de l'Extérieur ? Je demande cela, car un jour, nous ne serons plus en autarcie comme nous l'avons été. Des chevaliers voyagent et dévoilent une présence qui est dite légendaire aux yeux des autres communs du monde..."

Il se râcla la gorge.

"Et pour la politique extérieure, que risque-t-il de se passer si jamais nous tombons sur des chevaliers qui se refusent à une idée de consolidation amicale de nos Kaerls ? J'ai ouie dire que certains Ardents rechercheraient à s'imposer comme étant le seul Kaerl à gouverner sur les autres..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:40

Son Maître l’avait prévenue, cette journée s’annonçait importante. Il avait vite rejoint sa Dame très enceinte pour l’accompagner au mieux dans sa rude épreuve tandis qu’Azîha l’avait suivie docilement jusqu’à ce qu’il lui fasse signe de rester dans l’amphithéâtre. Elle avait alors prit place à l’extrémité d’un rang, là où le maître l’avait exactement arrêtée pour l’inviter à s’asseoir. La foule s’était alors condensée, Azîha fut légèrement bousculée mais bien vite le silence se fit. Un homme à la chevelure flamboyante s’exprima d’une voix claire et puissante, la tribune ouvrait.

Il avait alors fait place à la Dame du Kaerl. Azîha l’observa avec un regard pétillant d’envie, sa toilette était sublime et son visage aussi doux que déterminé laissa une très bonne impression sur la Batuuli. Elle aimait les femmes fortes et décidées, leur chef était donc de cette trempe là ? Pourtant, elle décela l’hésitation de la jeunesse quant à l’évocation de l’amour… Elle devait pourtant être assez sure de son choix en ce jour pour oser annoncer à tous les autres hommes qu’elle se destinerait à un unique amant… Peut-être que ce mariage n’impliquait pas cette forme obscure de fidélité qu’Azîha avait découverte dans la relation que son Maître entretenait avec sa fiancée… Mais pourquoi aurait-elle redouté alors l’avis de ses autres prétendants ? Azîha plissa le front avant de porter un doigt jusqu’à ses lèvres charnues pour appuyer sa réflexion. Elle comprenait que le mariage de leur Dame concerne tout le monde mais ne s’expliquait pas la pudeur de la dirigeante. Elle détendit ses traits en entendant que ce serait l’occasion de grandes festivités. Azîha avait déjà hâte d’y être, la mariée serait alors encore mieux parée, elle se demanda quels soins les suivantes avaient-elles préparés pour l’occasion… Elle fut troublée dans ses rêveries par la voix forte de son Maître. Il s’était mis à frapper dans ses mains alors qu’il n’y avait pas de musique et ne semblait pas vouloir danser non plus.

Un homme prit place devant tous et se présenta pour répondre à la requête de la Dame. Un ambassadeur pour le Kaerl ? Azîha avait rencontré un ambassadeur une fois et l’homme avait été avare et plus encore sourd à la réalité des Batuuli. Il s’était intéressé à leur magie et à leur connaissances des sables, mais n’avait pas voulu comprendre la vie de voyage des itinérants. Est-ce que cette terre du ciel voulait apprendre des sables ? Le Maître semblait très respecté par tous et il témoigna de beaucoup d’humilité dans sa déclaration. Azîha fut émue de comprendre que la paix de la cité et de celle d’un autre Kaerl représentait la paix pour sa famille et ses enfants. Ainsi il allait devenir père. Elle ressentit beaucoup de tendresse pour cet homme et garda son sourire tandis que les autres autours se mirent à applaudir sans qu’elle n’en comprenne toujours le sens ; l’homme était parti, elle aurait trouvé étrange qu’il se mette à danser…

Déjà la première intervenante se présenta. Le profil arrondi et le visage un peu plus tiré que d’ordinaire. Azîha ressentit une étrange peine à l’égard de celle qui s’approchait de l’estrade. Elle aurait voulu l’emmener loin, faire disparaitre dans les yeux de la future mère toute cette couleur d’angoisse. Azîha savait que ce n’était pas bon pour l’enfant… Non il lui fallait un bain, un bon bain avec des senteurs douces pour qu’elle se détende et retrouve son sourire… Lorsqu’elle prit la parole, Azîha fut très intimidée par le charisme qui l’habitait puis par le discours en son entier. Elle en connaissait tant… La nomade ne comprenait pas grand-chose à ses projets mais elle cernait, à quel point ils étaient ambitieux et organisés. Etait-ce seulement la vraie mission d’une mère ?

Vint alors le temps pour la seconde candidate de s’exprimer. Azîha la scruta avec intérêt. Elle la trouvait si belle et étrange à la fois. De si beaux cheveux blonds sur une mine innocente ne lui aurait jamais fait deviner l’énergie qui habitait cette femme. Son ton était désinvolte par moment et même menaçant à d’autres. Comment une si jolie jeune femme pouvait-elle subir les morsures d’un passé qui ne lui appartenait pas ? Azîha tenta de cerner cette petite elfe à la verve affolée. Elle se défendait de ses propres accusations, répondait-elle vraiment à tant de rancœur ? La Rose des sables frémit pourtant lorsqu’elle comprit qu’elle avait des complices dans les autres Kaerls. Comptait-elle vraiment sur eux ? Azîha ne voulait pas rencontrer ces étrangers qui leur voulaient du mal. N’y avait-il pas déjà assez d’incompréhension et de tension chez eux pour ouvrir d’autres travers plus dangereux ? Azîha croisa les bras pour se donner le courage de comprendre ce qu’il se disait. Mais pourquoi avait-elle peur de cette Persée ? Celle-ci répondit presque à l"aspirante en s’écartant du pupitre avec un œil noir.

La nomade tourna son visage vers les autres auditeurs, certains commençaient à discuter, à se moquer ou à s’agacer quand l’un défendait les arguments d’une Maison et que l’autre s’y opposait. La Batuuli se sentit un peu perdue et chercha du regard son Maître. Même assis il dépassait légèrement les autres et ses longs cheveux le caractérisaient toujours aussi bien, il ne la voyait pas il lui faisait confiance il savait qu’elle ne partirait pas. Elle déglutit doucement en s’efforçant de rester à sa place. Il lui avait dit de rester là, c’est que c’était une bonne place. Elle releva la tête vers l’estrade et un homme aux traits elfiques apparut. Elle essaya de tendre l’oreille mais la foule prenait de plus en plus de liberté. Sa voix avait beau porter plus fort que celles des deux femmes, son timbre grave se perdait dans le naissant brouhaha. Il semblait lui aussi bien avisé de la réalité du Kaerl et les réactions à ses mots semblèrent plus incisives que lors des deux autres interventions. Un de ces détracteurs se tenait non loin d’elle et elle le regarda surprise qu’on puisse ainsi interrompre un homme public. Le trouble de ces altercations ne dessinait pas tellement d’ombre sur ce jeune Chevalier plein de bonne volonté. Les hommes avaient tant de ressources…

Lorsqu’il se retira, l’homme qui avait ouvert la tribune invita les habitants du Kaerl à s’exprimer. L’ambassadeur intervint avec pertinence et Azîha attendit les réponses que les candidats allaient lui donner même si elle n’avait pas mesuré la portée de sa question.

-Azîha ! Azîha Heeep, on l’appelait au deuxième rangs derrière elle mais elle hésita à se retourner.

Ce n’était pas l’heure des bavardages. Elle lança un bref coup d’œil et reconnut un jeune aspirant qui avait un peu trop pris goût à ses massages. Elle fronça les sourcils pour lui faire signe que ce n’était pas le moment. Comme il insistait, elle se mura d’avantage dans sa concentration. Tout à coup, elle sentit une douleur si intense qu’elle se leva d’un bond en émettant un petit cri aigu et se frotta le derrière là où l’aspirant l’avait piqué de la pointe d’une dague. Les hommes autour riaient avec lui et elle se sentit bien seule lorsqu’elle fut la seule de l’amphithéâtre à se tenir debout. Les regards s’étaient posés sur elle et une pression venait de tordre son estomac. Le héraut la désigna et lui demanda la question qu’elle avait à poser. Azîha ne savait pas quoi dire et se mit à bafouiller.

-B..B..Bon..Bonjour.

Le Maître s’était retourné et elle se perdit dans son regard. Il devait lire la panique qui s’était emparée d’elle. Elle imaginait déjà sa déception, il ne fallait pas qu’elle le ridiculise. Elle s’efforça de sourire, cela lui donnait toujours meilleure mine et elle posa sa main droite sur sa taille pour prendre un air plus décontracté.

-Oui.. je… Je m’appelle Azîha.. je suis aspirante à notre Kaerl et … Soudain elle se souvint de toute la solitude qui l’avait envahie à son arrivée et de la peine qu’elle avait encore aujourd’hui à trouver sa place.

Et je voulais savoir si les aspirants portaient vos espoirs… dans vos propositions. Car j’ai l’impression que seuls les Maîtres et les Chevaliers ont la reconnaissance de l’Ordre. Les aspirants sont les seuls qui doivent se consacrer à une nouvelle vie sans savoir si elle sera vraiment la leur.

Elle détourna le regard vers quelques visages connus.

-J’en avais déjà parlé à la tribune…. Peut-être que je me répète et que ceux qui m’avaient entendu s’en lassent mais si les chevaliers prêtent allégeance au Kaerl une fois liés, pourquoi nous, aspirants ne pourrions-nous pas accorder nos vœux de fidélité à notre nouvelle cité ? Même si certains ne vivront pas d’empreinte parce que leur destin en sera autre, offrez-nous d’entrer dans l’ordre… Notre Dame ne saura nous recevoir je le sais bien, mais même si notre don ne suffira pas pour tous à nous mener à une la grande qualité de Maître, il nous a porté jusqu’ici… C’est que nous avons quelque chose à apporter…
Pour vous il est peut-être évident que nous sommes membres de l'ordre.. pourtant nous dépendons seulement de nos Maîtres.


Elle lança un regard plein d'admiration au sien.

-Nos Maîtres sont sages et si patients... Quelles seraient leur déception de voir leurs protégés écartés d'une empreinte car la Déesse Mère Flarmya ne les aurait pas estimé prêts. Comment pouvons-nous être prêt et nous consacrer à notre nouveau royaume si nous ne ressentons pas l'importance que vous nous portez? Je ne suis qu'aspirante mais je voudrais me dévouer plus encore qu'à mon Maître et il sait je l'espère à quel point je lui suis fidèle.

Elle releva les yeux vers la tribune.

-Ma question se perd… C’est probablement une requête plus qu’une question. Je vous prie de m’en excuser. Que le Dieux entendent tous vos vœux de paix et y mêlent les miens.

Elle se rassit en soufflant de ce qu’elle venait de faire. Les hommes à côté d’elle ne se moquaient plus c’était déjà suffisant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:41

Ce jour important, si important était enfin arrivé. L'aube avait pointé son petit museau doré entre les vantaux de la chambre de l'Arpadien, réveillant les deux amants qui se perdirent dans le regard de l'autre. Nul besoin d'échanger un seul mot . Il suffit à Maëvann de lire dans les yeux de son aimé la fierté et l'amour qu'il éprouvait et Istvan sut voir l'angoisse et le doute de dernière minute qui tenaillait la femme de sa vie. Durant de longues soirées, il l'avait vue penchée sur son parchemin, trempant sa plume avec fébrilité dans l'encrier, faisant courir celle-ci avec frénésie, raturant, faisant des pauses, un vague sourire aux lèvres, perdue dans ses pensées, puis reprenant de plus belle. Souvent, il avait massé les épaules tendues et le dos endolori par l'effort, embrassé le front barré d'un pli soucieux. Il tâchait de se faire discret, alimentant de temps à autres le foyer d'une bûche ou lui apportant un verre de lait au miel. Lorsqu'il jugeait l'heure trop tardive, il se penchait par dessus l'épaule de la jeune femme, parcourant les lignes avec un sourire, puis posait sa grande main sur la sienne qui tenait la plume pour la guider jusqu'au porte-plume. Alors, elle protestait pour la forme et il la soulevait doucement dans ses bras pour la porter jusqu'à leur couche. Quelques fois, alors qu'il rentrait d'une mission tardive, il la trouvait endormie assise, la tête posées sur l'écritoire. Il faisait une moue contrariée et la soulevait délicatement jusqu'au lit. Depuis plusieurs semaines, depuis que Dame Amlug avait reçus un par un les candidats et avait prononcé son accord aux trois, les soirées se passaient ainsi dans la chambre des deux Maîtres et finissaient invariablement par une étreinte pleine de tendresse avant un sommeil salvateur. Aujourd'hui, enfin le jour était arrivé d'aller, pour la jeune Maîtresse, exposer le fruit de ses réflexions, la teneur de ses rêves pour l'avenir du Mar Menel, de faire valoir ses idées et ses propositions pour remplir les devoirs incombant au second de la Dame Céleste.

D'un doigt, tendrement posé sur ses lèvres, il fit taire les doutes de la jeune femme et déposa un baiser sur la douceur de sa bouche.

- Tu seras merveilleuse, j'en suis certain! Montre leur à quel point tu les connais et les aimes. Sois toi-même, explique leur le rêve que tu veux partager avec eux ... Leur coeur et leur raison entendront et choisiront. Je t'aime, je serai avec toi, mon ange.

Tous deux s'étaient préparés, pour cette journée exceptionnelle et Istvan s'était assuré que son aimée avait absorbé une légère collation avant de partir chercher son aspirante qu'il devait mener à l'amphithéâtre. Cet événement serait certainement plus formateur que tous les cours théoriques et il voulait qu'elle prit part à cette page d'histoire qui allait s'écrire pour le Mar. Il enlaça doucement son aimée, caressant de sa main le ventre arrondi et l'enveloppant d'un regard d'une infinie tendresse puis s'éclipsa après un baiser passionné, la laissant finir de se préparer tranquillement. Elle devait se rendre plus tard à l'Amphithéâtre. Lorsqu'il y arriva avec son aspirante, il put voir à quel point le peuple céleste s'était mobilisé dans une attente fiévreuse pour ce grand jour où il allait vivre un tournant de son Destin. L'hémicycle était comble et en pleine effervescence. Il installa Azîha à une place choisie parmi les aspirants et la rassura d'un sourire puis alla prendre place dans les rangs des Maîtres, non loin de Nalesean qui le gratifia d'un regard scrutateur. Istvan le salua d'un signe de tête respectueux puis donna l'acollade à quelques pairs. Au bout du rang, il aperçut furtivement Altays et lui adressa un sourire complice. Il regretta que le hasard des places les sépare et s'étonna de l'absence de Peddyr. Il eut juste le temps de se souvenir que son ami avait fait état d'un très long entretien avec Heryn et Nalesean, quelques semaines auparavant. Istvan se souvint de l'embarras de son frère d'armes quant à en évoquer l'objet. L'Arpadien n'avait pas insisté, ayant encore trop à l'esprit, lui-même, l'entrevue qu'il avait eu avec leur Dame au sujet du rôle particulier qu'elle souhaitait lui assigner. Istvan avait accepté avec un demi sourire mêlé de gratitude et d'amusement. Il n'en n'était pas moins fier, même si ce statut ne serait jamais évoqué en public. Il s'accommoderait à merveille avec son projet pour assurer avec plus d'efficacité, la sécurité d'Heryn. D'ailleurs, il devrait trouver un moment pour l'en entretenir quand tous les discours seraient achevés. Il croisa encore un fois le regard de Nalesean. Le Patriarche le fixait, les bras croisés, un air déterminé sur le visage, qui semblait dire " Nous avons des choses à nous dire". Istvan détourna ses yeux sur Altays, comme pour chercher un visage amical. Il aurait aimé aller le serrer dans ses bras, mais il n'eut guère le loisir de réfléchir à l'opportunité de déranger toute l'enfilade de Maîtres. Le Héraut officiel du Mar, Horatio Pace, qu'il se souvenait avoir croisé dans les couloirs menant à la petite salle, plus d'une fois les jours précédents, s'avançait pour annoncer la venue de leur Dame à la Tribune. L'homme avait une belle prestance, paisible et déterminée, qui semblait emblématique des valeurs du Mar Menel. Istvan sourit, Heryn Amlug savait choisir ses porte paroles. Il espérait que le peuple sut, dans une même clairvoyance, choisir le second.

Elle s'avança et l'Arpadien ne put s'empêcher de s'émouvoir de la beauté fragile et délicate de la jeune Fëalöce. Souvent, il s'était demandé comment ce petit bout de femme avait réussi à imposer sa volonté sur ce monde de guerriers. Pour l'avoir maintes fois côtoyée lors de réunions, il savait à quels écueils elle avait à faire face. Les seigneurs des autres maisons, ne lui faisant guère de concessions. Istvan était peu porté à l'allégeance à un clan qui lui était étranger et n'avait donc pas choisi de maison d'adoption. Il suivait donc les débats et les tractations d'un oeil neutre, cherchant uniquement à faire valoir l'intérêt du Kaerl et celui des aspirants, dans la formulation de ses opinions. Il avait plusieurs fois assisté à des réunions qui, bien que calmes et empreintes de civilité, laissaient entrevoir au détour d'un regard, d'un pincement de lèvres, d'une main pianotant nerveusement sur le bord de la table, les tensions entre les Maisons Majeures, plus particulièrement entre celle des Galastden et des Dalneÿs, les tenants d'Amberle oscillant de l'une à l'autre suivant les sujets soulevés. La Dame céleste écoutait chacun des partis et devait souvent justifier ses choix, argumenter avant d'emporter l'adhésion d'une majorité. Depuis quelques mois, un jeune homme aux yeux verts et aux cheveux noirs indisciplinés assistait aux réunions, se tenant en retrait dans un coin de la table. Le regard attentif et patient dont il enveloppait la Dame avait intrigué l'Arpadien, rompu à capter ce que porte un simple coup d'oeil. Un autre regard l'avait glacé, plusieurs fois, le regard de ce que sa Mère, la prêtresse Ilena aurait appelé un homme serpent. Le regard du prédateur couvant sa proie inconsciente. Plusieurs fois, il avait surpris ses yeux froids fixant la jeune femme, alors qu'elle parcourait ses parchemins ou lissait les plis de sa robe. Lorsqu'elle levait son regard sur lui, il changeait de face, affichant un air doucereux et mielleux, tissé de condescendance. Cet homme, Istvan le trouvait déplaisant, inexplicablement. Mais, l'Arpadien n'avait pas doit à la parole lors de ces réunions, sauf quand on abordait les aspects militaires ou la formation de aspirants. Il n'avait donc jamais eu à parler avec lui directement. Il apprit qu'il était Eshan de Galastden par un autre Maître au détour d'une conversation. Sans en saisir l'obscure raison, le guerrier de l'est, éprouvait de la défiance pour cet elfe froid et sec. Pourtant, sa position était intéressante. Il se targuait de défendre les valeurs de la Lumière, dans des propos fermes et des termes qui témoignaient d'une aura impressionnante. Il était écouté, semblait redouté, même, au sein du Kaerl. Istvan avait pris ses renseignements et avait appris que le jeune homme était son protégé. La disparité de comportement à l'égard de la jeune souveraine, n'avait fait que s'accentuer, laissant l'Arpadien perplexe. Istvan avait toujours été peu adepte des jeux politiques mais s'y adonnait par nécessité, ayant à coeur sa nouvelle fonction et la sécurité de la Dame. Il fut étonné de se découvrir bien plus d'aptitude à percevoir les enjeux qu'il ne l'eut cru.

Il détailla avec respect mais d'un regard aigu, la Souveraine à laquelle il avait prêté allégeance. Elle arborait une tenue presque guerrière, bien que parée de touches féminines. Elle prit la parole. Il devina dans la pénombre la silhouette du jeune homme et celle diaphane, d'une jeune femme blonde. Il sourit, d'un sourire chaleureux lorsque la voix de la Fëalöce s'éleva, clair et fort. Quelque chose d'étrange, de différent émanait de la jeune femme. Une assurance nouvelle. A ce moment, Istvan se souvint avoir lu dans les archives, que sa Dame était une demi sang ... Il ne put s'empêcher de penser, sans en connaitre la nature, que l'autre sang s'exprimait aujourd'hui. Elle annonça avec une détermination farouche et une émotion vibrante son union prochaine avec le jeune homme qui se tenait derrière elle. Pour qui ne connaissait pas bien les inflexions propres à Heryn Amlug, l'annonce pouvait sembler pleine de retenue mais Istvan sentit dans les accents fluctuants, les souffles, toute l'émotion retenue entre les mots et l'espoir qu'ils portaient, pour le Kaerl, mais aussi pour la jeune femme. N'avait-il pas appris au détour de ses lectures, qu'elle fut le jouet malheureux du hasard, se voyant arraché plusieurs fois des êtres aimés... son père adoptif, Logain, ses fiancés et prétendants, fauchés par la fatalité d'une guerre ou un mal mystérieux ? Son coeur meurtri ne pouvait qu'aspirer à la tendresse et au soutien d'un compagnon. Si de plus cela devait pacifier le Mar Menel ... Istvan parcourut l'assemblée d'un regard aiguisé. Assis au second rang juste derrière les Patriarches, il lut le regard chaleureux de Nalesean pour sa protégée mais surtout capta la flamme haineuse du vieil elfe qui, de ses yeux mobiles d'oiseau de proie allait de Kieran à Heryn. Istvan le voyait de profil, tourné de trois quart et ne perdit pas une miette du regard plein de menace qu'il dardait sur son pupille. Que signifiait donc ? Ne se réjouissait -il pas du bonheur de son protégé et de cette union ? Il ne put toutefois pas voir le regard des deux silhouettes restées dans la pénombre. Cependant il sentait l'ambiance lourde qui s'installait, là où l'allégresse devait rendre hommage au choix de la Dame. Pour lui, l'union d'une femme et d'un homme se devait d'être accueillie avec joie et il ne put s'empêcher de manifester son enthousiasme d'une manière un peu exaltée. Lorsqu'il se leva pour applaudir, il capta furtivement le regard douloureux de la jeune femme blonde sur le jeune Galastden et les yeux de celui-ci défiant clairement Eshan. Ce chassé croisé provoqua en lui un malaise étrange. Tandis qu'il voyait le regard troublé d'Heryn cherchant assurance il clama haut et fort sa joie à l'annonce, redoublant d'intensité ses applaudissements. Bientôt, les célestes se levant, exprimèrent le même enthousiasme.

L'ovation cessant, la jeune souveraine reprit la parole d'une voix résolue. L'assemblée prêta, tout comme Istvan, une attention soutenue au discours vibrant qui retraçaient les heures troubles mais aussi l'une des plus belles victoires du peuple céleste, celle de la Grande Quête menée conjointement avec les deux autres Kaerls. Le coeur de l'Arpadien se serra en songeant au lourd tribu payé pour l'accomplissement ce celle-ci, tribu collectif et personnel mais bientôt la Dame Céleste aborda un autre sujet avec tout autant de ferveur. Le choix, son choix d'un ambassadeur... Peddyr !! L'Arpadien ne se tint plus de joie ! Son ami dont il savait la loyauté à la cause céleste mais plus encore à la paix! Qui mieux que lui pouvait remplir cette fonction, en effet ! Istvan s'agitait sur sa chaise, en proie à une grande liesse, se retenant avec peine de crier " Bravo! C'est bien lui qu'il nous faut! " tandis que la jeune dame se retirait dans l'ombre, ayant lancé un appel solennel à son peuple pour l'inviter à se prononcer pour cet ambassadeur et à choisir le Second. La parole fut donnée au vieux guerrier si sage et son compagnon d'armes écouta dans un silence plein de respect sa belle tirade venue du coeur, sa déclaration d'amour au peuple céleste, à sa famille, à la paix et à la vie. Son coeur s'envola lorsqu'après les applaudissements qui saluèrent la fin du discours du Maître Brun, Horatio Pace vint introduire la première candidate... Maëvann ... Son aimée. Il but ses paroles, s'imprégnant de chacun des mots que sa voix émue prononçait . Mots qu'il aurait presque pu deviner, tant il savait ce qui était en son coeur. Il avait les yeux rivés sur elle, lui souriant, la couvant du regard. Lorsqu'enfin elle eut fini, Istvan réalisa que son ami était venu le rejoindre et lui donna l'accollade . Il le félicita voyant par dessus son épaule , son aimée qui s'avançait vers eux la main sur son ventre. Il lâcha Peddyr pour la serrer contre lui et l'embrasser avec fougue. Bientôt les deux autres candidats se succédèrent avec brio pour défendre leur candidature, prononçant tous deux des discours plein d'une émotion différente et proposant des idées intéressantes. La course s'annonçait serrée, même si le coeur de l'Arpadien avait déjà fait son choix. Il lui venait déjà plusieurs questions à poser aux candidats mais pour l'heure, il cherchait des yeux celle qu'il devait protéger et à qui il devait absolument parler. Il la vit, toujours sur l'Estrade dans l'ombre, près de son Fiancé. Il s'excusa d'un petit sourire auprès de son ami et de sa tendre chevalière.

- Je dois absolument parler à ...

Il traversa la foule, se glissa derrière l'Estrade, dans les coulisses et déboucha derrière le rideau auprès du couple. Il s'inclina avec respect devant la Dame et le futur consort.

- Permettez-moi Ma Dame de vous présenter mes hommages et de vous exprimer ma joie à l'annonce de votre mariage avec ... Il se tourna ensuite vers le jeune homme. ... Messire Kieran de Galastden. Je serai donc à votre service à tous deux!

- Messire, nous nous sommes déjà croisés...

- Oui en effet , pardonnez-moi, je ne me suis même pas présenté! Istvan, Maître Istvan Sarkanys, lié au Bronze Svarog, fils de Nyssath.

Le jeune homme opina, les sourcils froncés.

- Heureux de faire votre connaissance, Messire! J'ai pu constater votre enthousiasme de première heure, à l'annonce de notre union...

-Je suis honoré de pouvoir vous présenter mes hommages mais je dois vous parler sur le champ à tous deux ...

- Messire, loin de moi l'idée de vouloir me monter désobligeant mais ... Cela ne pourrait-il attendre ?
S'interposa le jeune Kieran, légèrement contrarié de ce contre temps. Le peuple va bientôt s'exprimer ...

Istvan les entraina avec fermeté, à l'écart, ayant passé un bras derrière le dos de chacun.

- Je suis navré de vous importuner en un moment si joyeux et solennel. Je ne vous retiendrai pas longtemps, cependant la sécurité de Dame Heryn vous tient à coeur tout autant qu'à moi je présume. Répondit l'Arpadien d'un ton résolu.

Le beau visage de Kieran se contracta tandis que Dame Heryn levait à son tour un regard circonspect sur son serviteur.

- Ma Dame, je comptais déjà vous mettre en garde contre le danger que vos escapades hors du Kaerl représentent. Je sais pas mes informateurs que vous avez accompli un périple au Mont Gerikor, et ce sans aucune escorte...

- Mais! Maître Sarkanys! Dois-je rendre compte de tous mes déplacements d'ordre privé ? N'ai-je pas droit à un peu de recueillement ?

- Ma Dame, hélas ... J'aimerai vous répondre que vous pouvez vous déplacer à votre guise où bon vous semble ... Mais je me comporterais comme un irresponsable et manquerait à ma mission... Ma Dame, des ennemis veillent dans l'ombre, avec au coeur des intentions pas toujours louables...

L'Arpadien se tourna vers Kieran Galastden, cherchant quelque appui.

- Il ne s'agit pas de vous priver de vous déplacements privés , mais permettez qu'une escorte composée des plus fidèles aspirants veille sur vous dans vos déplacements... J'ai commencé à les former ... Il vous seront personnellement attachés et se feront discrets mais néanmoins efficaces.

Istvan sonda tour à tour les deux jeunes gens.

- Je ne suis qu'un Maître parmi les autres, mais j'ai une longue expérience des complots. Ils ont jalonné ma vie ... Je puis vous assurer par exemple ...
Il s'interrompit , portant son regard d'anthracite sur le fiancé de sa Dame. Je puis vous assurer que dans nos rangs même, tous ne voyaient pas votre union comme une bénédiction ...

Le regard vert de Kieran s'assombrit, toisant le guerrier, mais contre toute attente, il dit lentement :

- Je pense que Messire Sarkanys a raison, il serait plus prudent de vous entourer d'une escorte dans vos déplacements comme ici même ! Flarmya seule, sait quelles désillusions notre union pourrait susciter chez les plus extrémistes de vos sujets ma chère Heryn. Ajouta-t-il en déposant un baiser sur la main de sa fiancée.

- Je vous remercie de votre confiance, Messire ! Ma Dame, je sollicite une entrevue pour vous présenter au plus vite les fidèles aspirants que j'ai sélectionné pour assurer votre sécurité. Vous pourrez juger vous même de leur dévouement. Je vous exposerai le fonctionnement de cet escouade céleste, attachée à votre personne ... Ma Dame, je ne saurai trop vous recommander de me tenir au courrant de vos déplacements , à présent plus que jamais.

Le guerrier s'inclina avec déférence.

- Permettez moi de prendre congé, à présent, Ma Dame, Messire ... Je réitère tous mes voeux , que Flarmya bénisse votre union ... Soyez certains que j'aurai à coeur votre sécurité, comme celle du Mar Menel ! Je vous laisse à présent écouter sa voix .

[ HRP] Ce RP se situe chronologiquement avant la prise de parole du peuple céleste, voilà pourquoi je n'y mentionne pas l'intervention d'Azîha ni de Peddyr . Je sais, on avait dit post court pour permettre l'interaction, mais celui-ci est un peu à part , d'ailleurs je ne pose pas de questions aux candidats . Mes questions viendront après. Je cède la place au peuple du Mar Menel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:41

En se levant ce matin il s'était attendu à tout sauf à ce genre de choses. Il n'en croyait pas ses oreilles et la nouvelle était tombée aussi soudainement qu'il aurait presque faillit ne pas l'entendre s'il ne s'était s'agit d'une personne pour qui il éprouvait un tel respect.

La journée avait bien commencé. Il avait enfilé sa tenue après son rapide passage aux bains. Il s'était vu escorté par Andúnë qui depuis la quête semblait presque préférer rester sous forme humaine qu'en tant que Dragon. Tout ça uniquement pour pouvoir tenir une épée et la sortir à tout bout de champ. Avec son visage il aurait pu passer pour un ardent si l'on ne lisait pas dans ses mots une telle innocence. Le regard fou et la main constamment posée sur son arme il arborait un sourire étrange et sautillait dans tous les sens. Mettant ainsi la patience de l'ondin à rude épreuve il s'amusait de ci de là conversant avec Altays de tout et de rien.

- C'est... tellement grisant d'entendre sa propre voix.

- A qui le dis-tu... c'est vrai que c'est quelque chose de fantastique. Je remercie Flarmya chaque soir de pouvoir me laisser entendre ma voix. Que deviendrait-on sans ça.

- Pourquoi es-tu de si mauvais poil?

- Pour rien. Devoir participer à ces élections et faire semblant de m'intéresser à ce qui se passe ici. Comme si les choses pouvaient changer. Depuis que je suis arrivé au Kaerl il ne se passe jamais rien. Et quand un évènement se produit, c'est de la politique.

- Ne fais pas ta mauvaise tête. On peut toujours tenter d'aller trouver Dinjelaï un peu plus tard si tu veux. Je meurs d'envie de lui montrer ces nouvelles passes d'arme que tu m'as montré.

Levant les yeux au ciel Altays avait prit place le plus loin possible du centre de l'amphithéâtre. Il ne voulait pas se joindre à la foule et même s'il savait qu'Istvan Peddyr et Maevann serait présent il se força à demeurer au loin.

Il avait écouté avec attention chacun des mots qu'elle prononçait. Mais il ne pouvait se résoudre à croire ce qu'il venait d'entendre. Jalousie? Non puisqu'il en aimait une autre. Il n'avait jamais songé à cet évènement et pourtant c'était assez normal. Juste qu'il n'en comprenait pas trop les raisons. Et puis... c'était aller tellement vite pour lui.

En entendant les vivats de Istvan il revint à lui-même. Apparemment tout le monde avait été surprit par cette nouvelle. Seulement enthousiasme de son ancien aspirant avait mit fin à tout chuchotements et à présent c'était une foule entière qui clamait sa joie face à cette nouvelle. Il ne partageait pas ce sentiment. Il se sentait... presque... effacé. Comme s'il était loin de tout cela.

* Je t'avais dit que je n'avais rien à faire ici. Je ne me sens pas à mon aise. Je préfère m'en aller.*

* Attends. Peddyr semble avoir quelque chose d'important à voir avec la suite. Tu pourrais rester au moins pour ton ami.*

* Soit! Mais je file ensuite.*

* On attend de voir les postulants et ensuite on file.*

* Qu'est-ce qui t'arrive? Depuis quand les soucis des Hommes t'importent?*

* Chuut!*


S'adossant à un mur il écouta d'une oreille plutôt distraite la suite du discours de la Dame. La question qui avait retenu son attention fut enfin abordée. Peddyr avait été choisit afin d'assurer le rôle d'Ambassadeur au sein du Kaerl. A l'inverse de la première nouvelle Altays prit par aux effusions de joie. Il applaudit son ancien aspirant qui était en effet tout à fait bon dans ce rôle de part son mariage avec une Neutre. S'apprêtant à quitter les lieux, il croisa le regard flamboyant d'Andúnë et s'abstint de proposer une fuite discrète.

Enfin la Dame introduisit les différents postulants au titre de second. Il n'avait pas la moindre idée de qui serait proposé mais il aurait aimé voir Istvan à ce poste. Il le savait, la personne qui aurait cette position ne serait surement pas en excellents termes avec lui. Il ne supportait pas vraiment l'autorité. En dehors d'Heryn il n'aimait pas s'entendre ordonner quoi que se soit. C'était peut-être ça qui le dérangeait dans ces épousailles. Cet hommes se prendrait-il pour le Maître du Kaerl en épousant la dirigeante. Haussant les épaules il préféra renoncer aux images d'une dispute qui viendrait un jour ou l'un de ces deux là, le second ou cet homme, aurait dans l'idée de lui dicter sa conduite.

La première personne qui s'avança fut Maevann. Il leva les yeux au ciel. Il faudrait probablement qu'il discute un peu avec elle. Il n'avait pas encore eu la chance d'apprendre à bien la connaître. Il ne voulait vraiment pas avoir à se disputer un jour avec elle. Du coup, il faudrait probablement l'avertir... ou lui faire comprendre qu'il ne se sentait pas forcément au dessus des lois mais qu'il agissait selon ses principes et non pas selon la volonté d'une tiers personne. Il n'attendit pas d'entendre ses mots. Il lui faisait confiance pour savoir qu'elle avait travailler son discours et qu'il devait être intéressant à souhait pour quelqu'un que cela intéressait. Il prit la direction du lieu où Istvan et Peddyr se tenait et tandis que Maevann les rejoignait elle aussi il jeta un coup d'œil en direction de la candidate suivante. Persée... souvenirs souvenirs.

Alors qu'il arrivait auprès d'eux, Istvan s'en alla en direction de l'estrade. Il se plaça entre Peddyr et Maevann.

- Toutes mes félicitations Peddyr.

Il offrit une accolade à son vieil ami lui offrant un grand sourire.

- Je suis heureux pour toi. Ce rôle te va à ravir. Avec ta chère et tendre... c'est parfait. Tu lui passeras d'ailleurs le bonjour de ma part. Je devrais pouvoir passer vous voir d'ici peu je pense.

Se tournant vers Maevann il poursuivit.

- Ma chère je ne m'attendais vraiment pas à te voir postuler pour ce poste... même si... à bien y penser il pourrait te convenir. Je... je voulais clarifier certaines chose. Je ne sais pas si Istvan a eu l'occasion de te raconter un peu comment je me conduis en général mais... dans le cas ou ce poste te reviendrait je préfèrerai que tu sois au courant. Je... disons que je n'aime pas beaucoup heu... c'est un peu gênant mais. Je n'aime pas l'autorité. Aussi dans le cas ou... si tu dois devenir la seconde. Il faudrait éviter les ordres directs.

Il s'empressa d'ajouter à la suite de peur qu'elle ne s'offusque.

- Je ne dis pas que je ne t'obéirais pas. Juste qu'il serait surement préférable que... que ... en fait... je risque de refuser tout ce qui ne me plairait pas... et je voulais que tu le saches. Je ne compte même pas participer à ces élections. Tu as tout mon soutient mais... mais voter ne fais pas partit de mes intentions. Je ne veux vraiment pas que l'on se dispute ou autre. Je voulais juste que tu t'y attendes.

Relevant la tête en direction de l'estrade il regarda où donc avait bien pu se rendre Istvan. Dans tous les cas il en avait finit mais resterait probablement ici pour profiter de ses amis. Après tout il n'avait pas grand chose de mieux à faire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:41

Legundir était au Mar Menel depuis peu de temps lorsque ce jour de grande assemblée arriva. Fraîchement récupéré d’Orën par Maëvann Kerr’wan, il avait encore peu visité les différentes parties du Kaerl et ne s’y intéressait pas tellement hormis les archives et les jardins. Ces deux zones lui rappelaient un peu son ancienne vie et les séjours avec sa mère dans les bibliothèques ainsi que la nature…

Il écouta attentivement les quatre orateurs ainsi que la dame du Màr Menel ; il n’arrivait toujours pas à l’appeler sa dame et il ne lui dirait certainement pas prochainement.

Le candidat Peddyr au poste d’ambassadeur était une bonne chose au vue de sa relation privilégiée avec les engloutis, mais il ne faudrait pas que ce dernier décide en cas de conflit de choisir le clan de sa douce.

Cette Persée Garalhorf, elle ne lui avait fait guère bonne impression. Son apprenti avait fait une meilleure présentation mais il n’avait pas à se présenter selon l’elfe…

Quand à Maëvann Kerr’wan, son Maître, elle avait eu de bons arguments et une bonne présentation : simple, vraie et peut être qui lui correspondait mieux. Et cela n’est pas lié au fait qu’elle était son maître.


Le jeune elfe se leva à son tour et se présenta tout d’abord.


Mes salutations vous membres du Màr Menel !


Peu d’entre vous me connaissent car je ne suis parmi vous que depuis peu de temps. Je suis Legundir Unarion d’Orën, l’aspirant de Maître Maëvann Kerr’wan. Certains d’entre vous vont penser que je n’ai pas à m’exprimer ainsi par ma faible ancienneté au sein du Kaerl mais je suis quelqu’un qui dit ce qu’il pense.


Messire Avanaël, votre place en tant qu’Ambassadeur sera une bonne chose pour lier ce Kaerl au notre et pourra contribuer à une bonne union par temps de paix, de même en tant de troubles vous serez à même d’apaiser les tensions. Ce qui m’interpelle est plus les situations plus critiques, les périodes de crises ou de guerre… Quelle sera alors votre position envers le Kaerl de votre dame ainsi que son peuple, qui sera alors notre ennemi à ce moment là. Jusqu’où ira votre loyauté envers le Màr Menel et celle envers votre dame ?


Dame Kerr’wan, je ne m’adresse point à vous en tant que votre aspirant mais simplement en tant que membre de ce Kaerl. Votre prestation est à mon goût, complète, bien construite et embrasse l’ensemble des parties de la vie du Kaerl. Vos propositions pour les aspirants sont assez clairvoyantes mais jusqu’où irait votre confiance envers eux ? Confirez vous le poste de guérisseur à l’un d’entre eux si il possédait des prédispositions pour cela sans voir en lui un petit nouveau voué aux basses besognes ?


Dame Garalhorf je serai bref, si vous ne savez pas pourquoi vous vous présentez à ce poste prestigieux et à ses responsabilités, sans plus que votre AMOUR pour le kaerl, je crois que toute cette assemblée peut alors se présenter aussi. Qui plus est vous parlez de donner votre vie, mais ce n’est pas là votre devoir… Vous devez au contraire rester en place et faire face à vos responsabilités.


Messire Illyan, je serai encore plus bref, votre présentation est fort intéressante mais vous sentez vous meilleur que votre Maître ? Plus à même de tenir ces hautes responsabilités ? Pensez-vous avoir plus d’expérience de la vie de ce Kaerl que votre Maître ?


Je vous remercie tous les quatre de votre attention et de vos motivations pour le bien être de notre Kaerl et je vous remercie tous de votre attention.



Legundir reprit alors sa place, ce qui ponctua son discours. Il se mit alors à observer l’ensemble de l’assemblée et à guetter leurs réactions si toutefois il y en aurait
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:41

La solitude restait le maître d’œuvre. Au-delà du répits et de l’usure, au delà de l’agitation, des bruits, des gens. Il n’y avait qu’un seul et unique être, non pas égoïste, mais bien seul. Face à l’ouragan, la marée montante ou la crue d’un fleuve l’homme seul est un insecte périssant, de même qu’il se retrouve confronté à lui-même quand tout un peuple discute de son sort pour les années à venir. Il y avait dans le débat engagé quelque chose suscité par une volonté commune à toutes les personnes présentes dans l’amphithéâtre, comme si d’un commun accord chacun venait juger ceux qui prétendait à leur gouvernement. Chaque éclat de voix devenait alors un grondement sourd, chaque prise de parole prenait l’allure d’une potentielle condamnation, d’un blâme irrévocable. Et dans chaque fin de phrase le suspens se tenait tapi, prêt à saisir la gorge ou le ventre pour le broyer.

En écoutant le flot des paroles qui emplissait l’amphithéâtre Nathaniel se sentait petit, même minuscule, et surtout bien seul. La populace maniait parfois la langue comme on manie la fourche et le fléau en période de récolte, coup par coup il abattaient le blé de la moisson, guettaient la parole des sages pour en faire un filin de coton, le tisser puis le coudre, et enfin l’offrir à qui voudrait bien le prendre. Ce flot de parole parfois très incohérent n’en témoignait pas moins le souhait des céleste d’avoir un regard sur qui les dirigeait, c’était là l’essentiel.
Certaines paroles attiraient l’attention du jeune homme plus que d’autres, comme des cris de conscience dans un amas d’instinct, une parole de raison qui savait s’élever au dessus des cris de la masse.

Une déclaration notable fut à ses yeux celle de la demoiselle Azîha, une des récentes aspirantes d’Istvan. Elle semblait pleine de ressource et sa requête était plus que légitime. Elle réclamait une reconnaissance de son statut, pas aux yeux des autres mais bel et bien aux siens, qu’elle retrouve dans ce mot d’aspirant une valeur et un rattachement. Son cri de détresse était touchant, Nathaniel y voyait son arrivée sur l’île, ses heures d’études à la bibliothèque, son entrainement aux labyrinthe, son engagement dans la quête. A quel moment avait-il juré allégeance ? C’était bien simple, avant son passage devant le sage Meilan-Lavok il ne l’avait pas fait, il avait suivi les préceptes de sa maîtresse Persée, parfois à la lettre, parfois en se battant pour obtenir d’elle qu’elle soit plus claire ou qu’elle change d’avis. Il s’était préparé dans un unique objectif, devenir chevalier, lier son âme à une autre et servir la cité par les cieux des dragons.

Cependant, l’idée d’instaurer un repère pour les aspirants lui avait semblée tellement évidente, se mettre à l’écoute de la population dont, des mois auparavant, il faisait encore parti intégrante était si naturelle qu’il ne l’avait pas précisé. Pourtant la réponse était là, bien présente. Le représentant des aspirants devait être la clé de tout, de même que l’instauration de valeurs à défendre et de connaissances indispensable à la formations de nobles chevaliers et Dames de la cité. Il savait que répondre à l’aspirante …

Quand celle-ci se fut rassise, le demi sang remarqua qu’elle jetait des regards pleins de respects et de fierté en direction d’une personne qui lui était dissimulée. Il fit donc quelques pas vers la gauche pour observer celui ou celle qui se trouvait honoré d’un tel regard, et vit sans surprise qu’il s’agissait d’Istvan. LE maître bronze pouvait être fier de son apprentie, elle au moins semblait se poser des questions quand à sa présence en ces lieux, et pour l’intérêt de la cité qu’elle servait indirectement.

Cillant un peu, Nathaniel vit que le guerrier aux longs cheveux bruns était en pleine discussion avec la dame Heryn Amlug et un autre homme : Kieran de Galastden. Cette figure plein d’assurance horripila le Taëwiens qui préféra ne pas le fixer. Il se demanda un instant comment la dame céleste pouvait épouser cet homme, avant de se rappeler qu’il s’agissait d’une alliance politique plus que d’autre chose. Quand à savoir si quelque chose de plus les unissait, cela ne le regardait pas … Du moins essayait-il de s’en convaincre en un élan de raison.

Une autre voix s’éleva et attira l’attention du demi elfe. Une voix douce et chantante quoiqu’indéniablement masculine, et aux intonations elfique. Ce jeune homme, Nathaniel ne le connaissait pas, mais son discours attira son attention de par ce qu’il ciblait chez les candidats. Son ton s’emplissait tantôt de gratitude envers l’ambassadeur et ses indéniables qualités de diplomates, tantôt d’une façade critiques imperturbable. Il s’adressa à Maëvann en lui disant que son statut d’aspirant ne comptait pas pour ces paroles. Ah, c’était donc l’aspirant de Maëvann, la bien aimé d’Istvan. Mais ne l’avait-il pas déjà dit ?

Les questions qu’il lui posait touchait d’ailleurs au même centre que celle d’Azîha, encore qu’elles soient plus centrées sur la confiance que Maëvann leur accorderait en tant que seconde. C’était peut être vendre la peau de l’ours un peu vite. Quoiqu’il en soit son choix par rapport au vote semblait fait, les éloges sur le discours de sa maîtresse en témoignaient.
Le reste de ses remarques, destinées à Persée et à lui-même confirmèrent cette pensée, les deux autres candidats semblait à ses yeux manquer cruellement de crédibilité. C’était presque insultant de voir son discours qualifié d’intéressant quand on le comparait encore à son ancienne maîtresse. Il s’étonnait d’ailleurs de n’avoir pas vue Persée réagir quand l’aspirant l’avait tout simplement et tout bonnement remis à sa place.

Comment diable un nouvel arrivant dans la cité pouvait ainsi monter sur ses grands chevaux pour défoncer la porte ? le jeune homme trouvait cela mal séant, non pas qu’il ait souhaité prendre la parole mais bel et bien la manque de respect qu’il avait témoigné. Quand les discours furent calmés, il s’avança au milieu de la population et éleva la voix.

J’aimerais réagir maintenant à deux interpellations qui ont particulièrement suscités mon attention.
Tout d’abord, demoiselle Azîha, je tiens à vous rassurer. La place d’aspirant est à mes yeux une des plus importantes dans la mesure où elle représente un future pour la cité. En effet chaque nouvel arrivant dans votre cas représente un potentiel chevalier puis maître et il semblerait inconvenant de ne pas leur indiquer la voie. Comme vous l’avez très justement soulevé c’est d’abord une des missions du maître que d’indiquer à son apprenti comment on sert la cité sans léser sa personne, comment on défend des idéaux avec force mais toujours courtoisement. Mais c’est également dans une perspective d’un enseignement polyvalent que je souhaite mettre en place la fonction de représentant des aspirants, et également pour qu’il puisse répondre à toute les questions que vous autres aspirants vous posez. Je conçois qu’on puisse en arrivant ici se poser maintes questions sur le fonctionnement de la ville, sur la place qu’elle peut prendre dans nos vies et sur la place que l’on est prêt à lui accorder.

Ainsi le responsable devrait être en mesure de vous accueillir et de répondre à chacune de vos questions dans le but de vous satisfaire dans l’occupation de vos fonctions, et de vous rassurer si besoin est. J’espère avoir répondu à votre requête.

Ensuite, j’aimerais parler de l’intervention de messire Unarion d’Orën. Je conçois très bien que votre franc parler et vos manières de vivre soient un fait avéré, mais il s’agit ici de faits publics dont nous parlons, et il convient parfois de retenir certaines envolées de conscience jusqu’à un éventuel tête à tête avec les intéressés directement concernés par votre discours. Je conçois également que la prestation de votre maîtresse vous ai semblé appréciable, je le reconnait également, mais il est nécessaire de respecter celle des autres. Ainsi vous avez ridiculisé la parole de Persée Garaldhorf, qui descend d’une noble lignée et dont l’amour pour ce Kaerl n’est pas la seule vertu. Elle est également plus ancienne que vous en ce Kaerl et vit des jours troublés où elle sut tenir bon. C’est entre autre là où se place ma fierté pour mon ancienne maîtresse.

Mais c’est bien là ou s’arrête toute comparaison que l’on serait raisonnablement amené à penser entre elle et moi, dans la mesure où je suis chevalier indépendant de toute autre forme d’autorité politique que le conseil du Kaerl et la dame Heryn Amlug, et d’autorité morale que celle de mes aînés chevaliers et maîtres dragons. Ainsi tout rapprochement vous ayez pu faire se retrouve dénué d’intérêt si ce n’est celui de la diffamation publique.

Mais je puis bien vous répondre tout de même, car oui je suis sur de moi, sur de mon engagement et sur de mon souhait. J’ai déjà fait mes preuves en tant que guerrier au service du Mar, fait mes preuves en tant que chevalier, voilà des mois que j’ai dépassé mes erreurs et je me présente à vous en homme qui a évolué. Oui j’ai avancé, et je souhaites cette évolution pour la cité !
Quand à savoir si je suis meilleur que mon ancienne maîtresse, la question ne se pose pas, elle est ma concurrente car elle présente des idées différentes des miennes, elle a porté mon évolution et fut mon guide, je me suis aujourd’hui émancipé de son modèle pour forger mes propres convictions.

J’espère dans mon intérêt pouvoir vous convaincre de mes capacités, sans avoir à dénigrer aucune de celles des dames Persée et Maëvann. Cette lutte n’est pas une course au pouvoir, elle est celle qui permettra à l’un d’entre nous de vous servir du mieux que nous pouvons.
Messire, vous vous permettez de remettre les gens à leur place, restez donc à la votre ...

C’est tout ce que j’ai à dire … Pour le moment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:41

Maëvann ne put s’empêcher de rire de bon cœur au discours d’Altays , alors que sur le visage de l’Ondin se disputaient gêne et bravache. Elle posa une main sur l’épaule du Maître dans un geste d’apaisement.

- Cher Altays, te voilà bien embarrassé, ce n’est pourtant pas ton genre ! Rien n’est gagné pour l’heure, les votes ne pas encore ouverts mais n’aies crainte, si mon caractère est réputé pour le moins entêté et fougueux …Regard éloquent pour son fiancé. Je sais tout de même parvenir au consensus, tout comme faire preuve de rigueur lorsque la situation l’exige.

Elle invita l’Ondin à s’asseoir près d’eux et se fendit d’un sourire complice.

- Ta réputation « indocile » n’est plus à faire au Kaërl ! Cependant, j’ai l’intime conviction que tu œuvres toujours pour son bien, même si l’art et la manière déplaisent fort à certaines Autorités ici-bas. Elle baissa le ton et glissa dans un murmure conspirateur. Istvan et moi-même ne sommes pas en reste – il faut que dire que nous avons été à bonne école – et tordons parfois le cou à certes règles. Pour laisser libre champ au renouveau, il est parfois nécessaire de se défaire de ce qui est inadapté et suranné…Même si autrefois, cela servit à fonder de grandes choses. Partant de ce postulat, je pense que nous parviendrons à nous entendre Altays, que je sois élue ou non.

Horatio Pace donna la parole au peuple et Maëvann glissa un regard fébrile sur l’assemblée, serrant la main de son homme. Un amalgame d’anxiété et d’impétuosité bouillonnait dans ses veines, entre l’envie d’aiguiser sa verve au contact des éventuelles remarques et l’angoisse de rester pantoise, ne sachant que répondre.
Le silence perdurait, dans un bruissement de murmures et froissements, quand soudain une frêle silhouette osa enfin se lever, arrachant un hoquet de surprise à la demi-sang :

Il s’agissait là d’Aziha Meyn’andi, l’Aspirante d’Istvan. Maëvann ne l’avait que peu côtoyée et ne tenait guère renouveler l’expérience pour l’heure, leur dernière rencontre étant placée sous le signe de quiproquos et autres situations…explosives. Néanmoins, l’ambivalence de la Batuuli n’empêchait pas une timidité effective et la Maîtresse Noire songea que si elle osait ainsi prendre la parole, c’est qu’elle devait avoir longuement maturé ses arguments. Elle ravala donc sa rancœur et écouta ce qu’elle avait à dire, mobilisant son objectivité et son devoir politique. Le discours de la nomade du Ssyl’Shar lui donna raison : elle souligna des points importants quant au statut et à la reconnaissance, interrogations sans doute muettes et commune à tous les Aspirants.

Maëvann réfléchissait encore à sa réponse quand Legundir prit la parole, avec le tact et la réserve qu’on lui connaissait. Elle eut grand peine à ne pas lever les yeux au ciel, cet hautain énergumène ne changerait-il donc jamais ? Néanmoins, un petit sourire étira le coin de ses lèvres…Bien que ne s’embarrassant ni de conventions, ni de formes, le discours de l’Elfe avait le mérite de dire tout haut ce que certains pensaient surement tout bas. La demi-sang abhorrant les non-dits et l’hypocrisie, il lui était encore difficile de concevoir qu’ils faisaient malheureusement partie du jeu politique, qu’elle y serait encore confrontée bien des fois si elle était élue… La fougue de Legundir était comme l’étendard du libre-arbitre et savoir qu’il y aurait toujours des individus prêts à briser les masques la réconforta.

Nathaniel fut le premier à réagir…et elle le laissa bien volontiers faire car il lui fallait encore réfléchir à son argumentation. Ecoutant le discours de son rival d’une oreille, elle ne put s’empêcher de sourire devant l’impétuosité qui caractérisait sa jeunesse, l’emportement de son discours et de ses valeurs encore fraîches. L’Aspirant de Persée – qui avait sans doute une petite dizaine d’années de différence avec elle – n’était pas sans lui rappeler la Maëvann à ses débuts au Kaërl : vive, épidermique, sincère dans sa volonté de changer le monde et de découvrir de nouveaux horizons...trop sincère peut être.

La demi-sang songea avec une étrange mélancolie que les années passées au Mar et les diverses pérégrinations qui les avaient marquées l’avaient, non pas assagie, mais poussée à agir et penser différemment. Elle avait toujours en elle cette fougue et ce franc-parler parfois si gênant aux yeux des autres, mais ils avaient désormais adopté une autre forme d’expression. Elle avait du apprendre à avancer avec prudence, à observer d’avantage avant d’agir et même à se taire, à attendre … Néanmoins, Maëvann ne se leurrait pas. La fougue de Nathaniel séduirait sans doute un certain public, tout comme le discours sensible de Persée en toucherait d’autres. Chacun avait son lot de failles et d’avantages…La suite ne dépendrait pas d’eux.

Lorsque Nathaniel eut fini, elle prit une inspiration et se leva doucement. Son regard vert parcourut solennellement l’assemblée alors qu’elle élevait la voix :

- Aziha et Legundir, je vous remercie de vos interventions. Vous soulevez des questions intéressantes et si vous les exprimez chacun « à votre manière » …tempéra-t-elle, choisissant un terme neutre pour éviter un autre procès d’intention … Je pense qu’ils reflètent des interrogations plus communes, à plus ou moins large spectre. Je vais donner mon avis quant à cela. Elle fronça légèrement les sourcils, ressassant mentalement son argumentation. Je suis pour l’autonomie des Aspirants et cela le plus rapidement possible. Non pas pour aller avec mon Lié me faire dorer au soleil sur les plages de la Baie d’Eau-Claire, ce qui est au passage notre rêve secret , nous les Maîtres du Mar Menel … glissa-t-elle, signifiant son humour par un sourire bon enfant. Mais parce que nous ne devons être qu’un tremplin vers votre avenir, une marche supplémentaire…pas un mentor déifié.

L’arrivée d’un Aspirant sur Tol Orëa est souvent vue comme une renaissance, c’est en partie vrai. Néanmoins je pense que nous ne devons pas oublier que vous venez ici avec des compétences, des capacités. Vous n’êtes pas des nouveaux-nés, des terrains vierges qu’il suffit d’essaimer au gré de nos envies. Les Maîtres n’ont pas la science infuse et vous n’avez pas à être entièrement dépendants de nous. Je ne vous proposerai ni un représentant, ni un guide pour Aspirants égarés, vous êtes avant tout votre propre chef. Maëvann prit une inspiration, cherchant des modulations moins strictes à son discours. Je pense plutôt qu’a l’arrivée d’une nouvelle âme au Kaërl, il faut l’encourager à lister ses compétences et ses appétences afin de lui fournir une formation « à la carte », plus proche, plus adaptée à ce qu’elle est vraiment. Ainsi, les nouveaux arrivants seront reconnus en tant qu’Aspirants mais aussi en tant que personnes. Je préconise aussi de vous laisser une certaine autonomie dans l’apprentissage, avec un accès –réglementé néanmoins – aux Archives et au Valarëa d’y cibler vos envies d’apprentissage. Il y a bien sûr des « incontournables » que les Maîtres se doivent de vous enseigner mais je suis pour un parcours varié, au plus proche du réel potentiel de l’Aspirant.

Quant à tes griefs, Aziha , je conçois l’envie d’être reconnue comme faisant partie de l’Ordre Céleste et non pas la Première Etape d’une longue et parfois fastidieuse ascension. Maëvann baissa un instant les yeux, s’accordant une courte réflexion. Je pense que la mise en place d’un Comité Consultatif d’Aspirants pourrait être intéressante. Il vous serait donné carte blanche pour organiser cette faction comme il vous semble et vous auriez une place et une part de décision légitime aux Séances du Concile Céleste. Nous pourrions également organiser une petite Cérémonie d’intronisation lors de l’arrivée d’un Aspirant au Kaërl, comme il est pratiqué au Mar Luimë …mais je crains que le faste solennel ne soit pas exactement ce qui est recherché. Je crois…que l’Aspirant à besoin d’être reconnu comme personne, forte de ses valeurs, de ses droits et de ses compétences, avant d’être considéré comme le maillon d’une Evolution… Aussi la parole doit vous être donnée avec plus de liberté. C’est pour cela que renouer avec la Politique du Kaërl me parait être une bonne idée et…Maëvann se mordit les lèvres, craignant son idée trop audacieuse, mais se lança quand même. Pourquoi ne pas organiser des « cours », vous aussi ? Après tout, nous avons tous, Chevaliers et Maîtres y compris, à apprendre les uns des autres. Je suis persuadée qu’il existe ici des Aspirants en mesure de m’enseigner des choses intéressantes et utiles ! L’évènement aurait lieu une à deux fois par mois, sur la Grand’Place et tout les Célestes y seraient conviés. Les Aspirants ouvriraient des ateliers de pratique individuelle ou collective visant à partager leurs passions, leurs connaissances – indépendantes ou non de l’enseignement de l’Ordre – avec tous…C’est une proposition parmi d’autres. Tout est possible du moment que nous œuvrons ensemble pour le bien du Kaërl ! termina-t-elle, faisant écho aux valeurs porteuses de sa profession de Foi.

La Maîtresse Noire s’inclina légèrement pour signifier la fin de son discours et se rassit. Elle massa le creux douloureux de son dos en grimaçant, posa la tête sur l’épaule d’Istvan et ferma un instant les yeux pour récupérer, profitant des quelques minutes de répit avant la réponse prochaine de Persée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:42


//ATTENTION : Ce rp concerne une autre Alyin que celle normalement présente dans le temps du rp.
Pour plus d'information, lisez mon carnet de routes! //


[HRP/Je m'excuse d'avance parce que c'est un peu long, j'ai essayé de faire court pourtant. u_u"
Ce post ne vous ralentira pas, il ne fait qu'apporter le ressenti d'Alyin à la scène et je m'en excuse d'avance, de ne pouvoir pas poser une pierre à l'édifice. Pas que je veuille pas interagir, mais il aurait été un peu (en fait très) gros, qu'Alyin pose une question et que ni Maëvann, ni Persée - ni Heryn, ni Kieran, ni Nyssath, ni Dara, ni Doran, etc - ne la reconnaissent... Et Alyin n'est pas stupide au point d'attirer l'attention quand elle cherche pour une fois à se faire discrète, surtout que je ne voulais pas avoir de plainte pour dérive de topic. Après, si quelqu'un veut interagir avec Alyin, lui courir après, lui taper sur les doigts, lui faire un sermon ou que sais-je, y aura qu'à le faire dans un autre topic. /HRP]


~°~

"Je n'irais pas." avait-elle dit d'une voix distraite, comme on chasse une mouche ou un regret, sans penser à mal.

Assise comme l'enfant qu'elle n'était plus, trop occupée à glisser des fleurs dans sa longue tresse blonde, à laisser ses doigts effleurer les feuillages humides de rosée, elle n'avait pas vu Dealra se raidir, son regard se durcir pour acquérir non le tranchant de l'acier, mais l'inflexibilité de la pierre.

°Tu iras.°
avait-elle asséné, avec cette résolution tranquille qui faisait de la dragonne désormais bicolore une créature de sagesse et non de rage.
°Tu iras car se jouera le sort du Màr, et le nôtre par son emprise. Vois, malgré tes rebuffades, nous sommes encore là. Combien de temps te faudra-t-il pour admettre qu'encore et toujours notre place est ici ? Crois-tu que Doran t'aurait amenée en ces lieux s'il n'avait pas décelé ce lien, penses-tu que Nyssath t'aurait laissée approcher les sables sans cela ? Même si ce Màr devait sombrer un jour, et puisse Flarmya l'en préserver toujours, nous resterions enfants de ses ruines. Tu iras.°

Alyin s'était redressée d'un bon comme piquée au vif. Un déluge de pétales avait voleté dans son sillage, douceur timide qui achevait sa valse dans un tendre baiser, perles de miel et de sang sur l'herbe vive des jardins. Aussi verte que le dragon-fée qui surgit aussitôt, lui qui ne manquait jamais une occasion de tirer parti des différents qui opposaient les deux liées, fussent-ils moins fréquents que dans d'autres temps.

"Doran doit sûrement maudire le jour où nos chemins se sont croisés. Quant à ta mère, j'ai bien peur qu'elle ne rattrape cette erreur et ne me dévore à la moindre occasion."


°Nyssath n'a jamais rien fait contre toi.°
avait riposté la dragonne, battant l'air de ses ailes immenses comme pour expier son agacement naissant.

"J'ai vu le regard qu'elle t'a lancé !"
se désola Alyin, décochant ces mots comme une volée de flèches.

Et les deux liées s'étaient tues, échangeant dans un silence le souvenir honni de ce jour où leurs existences avaient basculé une fois de plus, leur offrant de nouveau le luxe regrettable d'un anonymat pesant. A regret, Dealra reconnaissait qu'elles n'avaient jamais moins goûté la liberté de cette vie hors norme que depuis qu'elles avaient trouvé refuge dans le jardin d'hiver, hantant des sphères trop proches de celles où on les traquait pour qu'on s'imagine les y trouver jamais. Même dans les profondeurs étouffantes du Màr Tàralöm, le risque avait le goût exaltant du danger. Ici, se faire trouver ne rimerait qu'à blesser davantage Nyssath, Doran, et tous les autres. Et la pensée de leurs âmes douloureuses suffisait à intimer Dealra à la prudence, davantage que ne l'avait jamais fait la peur tapie dans l'ombre ardente.

Sans quoi, elle n'aurait pas redouté de revêtir une fois de plus son apparence bipède, fut-elle trop semblable à celle de sa liée telle qu'on la recherchait encore, pour se glisser jusqu'à l'amphithéâtre. Mais c'était une chose que de jouer d'illusion pour s'avancer vers une estrade à l'heure où les bonnes gens sont encore rivés à leur plumard, c'en était une autre que d'espérer s'immiscer dans une enceinte où s'amassait le Kaërl entier, du plus humble serviteur à la Dame du Màr, et Nyssath... Même si elle avait encore été la fragile dragonnette tout juste éclose, elle n'aurait pas espéré pouvoir se soustraire à ce regard-là. L'aurait-elle pu, qu'elle n'aurait pas tenu sous ses allures neishaanes. Alyin avait toujours embrassé avec délice l'invraisemblance de ses illusions tandis qu'elle... Elle n'avait goûté avec bonheur au jeu des apparences qu'au bal donné en l'honneur de Flarmya, où, l'esprit léger, il lui avait alors été si aisé de tromper son monde. Elle s'était bien rendue à la dernière empreinte sous le bénéfice des talents d'Alyin, mais la donne était autre.

Alyin était imperturbable dans son art, plus encore quand le dragon-fée se mêlait de la partie. Mais cela n'excluait pas Nyssath. Il ne régnait pas la même euphorie, apte à griser les esprits dans une cérémonie d'empreinte que dans une réunion solennelle où parlaient les candidats au rang de second. Quand bien même, Dealra ne faisait pas assez confiance au dragon-fée pour poursuivre ce jeu-là, et sachant qu'il s'en mêlerait quoi qu'il arrive, elle avait convenu avec sa liée de cesser le jeu des inversions, qui la faisait paraître, elle semblable à l'Alyin d'avant, et sa liée semblable à la dragonne minuscule qu'elle n'était plus. Alyin elle-même s'était lassée du tour de passe-passe, comme si une fois les souvenirs exhumés, ils avaient perdu de leur couleur, elle n'avait plus alors eu d'autres hâtes que celle de les renfermer dans la malle. Alyin seule, pouvait espérer pénétrer dans l'amphithéâtre sans attirer l'attention, d'autant plus qu'une seule personne - deux en incluant sa liée - connaissait son visage et non celui de l'adolescente en fuite qu'elle avait été. Elle n'avait pas tant changé, mais confondre une jeune fille et une femme n'est pas toujours un raccourci évident.

Consciente de l'importance que cela revêtait pour sa liée et pour elles deux, assurée que Dealra ne pourrait avoir sur cette scène d'autres yeux que les siens, empreinte de la ferveur que la dragonne lui prêtait par avance dans cette épreuve à venir, Alyin n'en avait pas moins refusé. Elle était, disait-elle, libre de choisir sa voie, et celle-ci n'incluait pas les méandres politiques de maîtres capricieux qui croyaient leurs décrets à même d'échelonner le monde à leur mesure. Qu'importe l'élu, il n'aurait pas pour elles plus de tendresse que la Dame ou Nyssath, elles n'avaient rien à espérer de ce qui découlerait de ce choix-là. Rien ne valait qu'elle risquât le bénéfice de leur fragile repaire au cœur des jardins...

La Neishaane n'en avait pas dit plus, car brillait dans le regard de la dragonne une résolution qu'elle ne lui connaissait pas, une détermination terrible qui frangeait d'or et de sang ses iris d'un naturel si paisibles. Elle avait décollé avec fureur et rugi, hurlant son mécontentement, et les jardins, déserts à cette heure trop matinale en ce jour si singulier, avaient réverbéré sa déception. Car ce n'était pas la colère qui enflammait son coeur, mais un tourment aux accents acérés de trahison. Etait-ce trop attendre de sa liée que d'implorer son aide dans un dessein qu'elle ne pouvait accomplir seule, sans meurtrir le cœur d'êtres chers ? N'en avait-elle pas pour lui refuser cela ? Ne valait-elle pas mieux que les chimères qu'elle couvait de son champ, que la minable dragonne-fée qui empoisonnait leur refuge ?

Alors qu'elle déchaînait toutes ces questions dans l'esprit de sa liée, Dealra brassait l'air avec vigueur dans un vol erratique, perdue et déchaînée comme un dragon en cage, sous l'œil sidéré de la Neishaane qui, il faut bien l'admettre, dans un fragment de pierre de ce cœur qu'elle avait, eu un instant peur pour sa moitié. Peur qu'elle ne se blesse sur les montants d'acier, sur les vitres de verre. Car dans l'âme torturée d'Alyin, Dealra était encore, la petite créature fragile lovée dans le creux de son cou, et non l'effroyable dragonne qui avait dérobé les oeufs de sa propre mère. Alyin avait donc cédé.

~°~

Drapée d'une cape d'un blanc plus franc que sa pâle chevelure aux teintes de blé pâle, le dragon-fée sifflant sur son épaule - car s'il était voyant, personne n'avait jamais connu à l'ancienne Alyin pareille compagnie - la Neishaane s'était engouffrée dans l'amphithéâtre, en prenant garde à ne bousculer personne, s'efforçant de ne pas baisser le regard à chaque visage connu, ce qui l'aurait rendu plus coupable encore. Par chance, elle ne croisa pas Doran. Elle se tint en retrait et se plaça au fond, en bordure de rang, là où il lui fallait lever le nez et presque jouer des coudes pour apercevoir l'estrade. A croire que tous ceux qu'elle redoutait de croiser s'étaient donner le mot pour y passer.

Vint la Dame, et son discours attisa davantage l'intérêt de Dealra - à qui Alyin décrivait la scène, alternant entre mépris et lassitude appuyée - que celui de sa liée. La dragonne, apaisée, alanguie entre un gros tronc et un ruisseau placide se passa de commentaire, elle soupçonnait fortement la Neishaane de n'avoir jamais digéré de s'être fait rabrouée sur les sables par la Dame du Kaërl. Dealra, quant à elle, se savait reconnaissante de n'avoir pas péri sur ces mêmes sables, privée de sa moitié, fut-elle butée, bornée, et particulièrement insupportable.

La nouvelle du mariage l'attrista néanmoins. Peut-être était-elle trop loin pour entendre les cris de joie que la nouvelle suscita, mais cette union même lui semblait inconcevable que ce sieur Kieran n'avait rien fait pour la mériter. Non pas qu'elle ait voulu qu'il les traquât, elle et sa liée, comme elle avait appris peu auparavant qu'il en était convenu, mais la sage dragonne trouvait qu'il ne rimait à rien d'apparier les bipèdes comme les dragons. Leurs liés s'éprenaient d'amour, et il ne leur réussissait que peu de s'unir au nom d'autres valeurs. Si la politique devait l'emporter, pourquoi n'avoir pas fait de lui son second ? Et s'il devait être son consort coûte que coûte, au mépris des convenances, n'aurait-il pas aidé prudent de s'assurer que le Bronze de Kieran pouvait couvrir Rintrah ? Les dragons ne goûtaient que peu aux politesses des bipèdes, et si un honnête homme respectait la fiancée d'autrui, les dragons avaient d'autres mœurs.

La présentation de Peddyr et le récit de sa vie attisa quelque peu la curiosité d'Alyin. Ainsi avait-il choisi une voie que ses pairs, à défaut de condamner, ne plébiscitaient pas.

°Avons-nous cette influence *néfaste*, sur toutes les personnes que nous croisons ?° glissa Dealra, mi-figue, mi-raison.

°Il n'a pas l'air de le vivre mal. Et nous ne lui avons jamais dit d'arpenter le monde, juste de se tourner vers l'avenir.°
rétorqua Alyin.

Ni Alyin, ni Dealra ne trouvèrent à redire à sa nomination. Elles avaient trop vu de Kaerls pour ignorer combien ces frontières étaient faibles, passé le malaise qui manquait à chaque fois de terrasser la dragonne lorsqu'elle s'introduisait en des lieux contraires à sa nature. Pire encore, les rares fois où elle s'y habituait, c'était la crainte d'avoir changé d'allégeance, aussi implicite soit-elle, qui la hantait.

Et les candidats se succédèrent, tandis qu'Alyin demeurait tapie dans l'ombre, serrée au fond de son siège de peur de croiser le regard de l'oratrice, qu'elle avait jadis menacée de mort. Pire encore, elle redoutait son lié noir, car le trouble qui ravageait Dealra à sa simple évocation suffisait à lui donner la sensation d'un plongeon dans l'interstice. La dragonne acquiesça mentalement à la fin du discours, tandis que sa moitié Neishaane, glacée d'effroi fut bien en peine d'admettre qu'elle n'en avait rien retenu. Elle ne bougea pas de sa place, alors que vint la seconde candidate, comme si le destin se plaisait à lui faire des pieds de nez.

Persée Garaldhorf. Le nom du seul danger direct qu'elle courrait en ce monde. Elle n'en perdit pas le nord au point d'omettre de se détourner prestement lorsqu'un ondin, remontant l'allée, passa à son niveau. Il lui était vaguement familier. Un grossier personnage, dans son souvenir. Altas ? Altys ?

°Altaÿs.° corrigea Dealra et l'amusement contenu dans ces mots en disait long sur ce qu'elle pensait de l'affaire.

Le deuxième discours lui passa également par dessus la tête, elle laissa à sa liée le soin d'en retenir ce que bon lui semblait, tout occupée qu'elle était à se cacher, et à surveiller d'un regard la direction empruntée précédemment par Maëvann. Inutile de dire que cette Persée ne lui inspirait rien qui vaille à elle, Alyin, si prompte à juger autrui sur une (mauvaise) impression tandis que sa liée méditait chacune des phrases, retournant chaque mot prononcé comme si terré sous chaque lettre se tenait une vérité profonde, inaliénable.

Le dernier à paraître la surprit par son âge, mais elle ne lui en tint pas rigueur. Ce fut peut-être le seul qu'elle écouta jusqu'au bout, le seul à parler de pardon, de rédemption. Se pourrait-il, s'il était élu...

°N'y compte pas.° l'interrompit Dealra, implacable.
°Notre voix, quoi qu'il en soit, va de droit à Maëvann et tu le sais.°


°Cela ne changera rien. Elle n'en saura jamais rien, et ta vaine allégeance ne rachètera ni l'oeuf brisé, ni les larmes versées.° s'indigna Alyin.

La dragonne encaissa le coup.
°Je sais.°

°Il aurait peut-être pitié de toi, sinon de moi. Tu pourrais de nouveau te montrer au Valarëa...°


°Non, cela ne sera pas, et tu le sais. Tu caresses des chimères, Alyin, mais elles ne sont pour moi qu'esquisses de murmures.°


Et Alyin se tut, car elle savait dans son âme et conscience que sa liée ne changerait pas d'avis. Qu'importe si leur faute était impardonnable, qu'importe si elle ne pouvait rien attendre et rien espérer en ce monde, Dealra n'en cesserait pas moins de porter son fardeau, avec ou sans témoin. Dealra se priverait du choix du vote et elle n'aurait pas de préférence, et lui interdirait d'en avoir, même si ce chevalier-là osait parler de fautes du passé. Les deux liées n'avaient pas laissé filer les cochons de leur enclos, elles avaient tué une reine en devenir, et cela, cela relevait d'un crime.

Lorsque le chevalier se tut, des larmes glissaient sur les joues d'Alyin, rougies par l'émotion et elle se détourna, confuse, lorsque son voisin, un Fëalocë d'âge respectable, s'étonna de son état. Elle essuya vivement ses pleurs dans un pan de sa cape, tandis que le dragon-fée la submergeait d'images rassurantes et surprenantes. Peu l'atteignirent vraiment, elle n'était guère d'humeur à les déchiffrer mais l'attention la toucha. Elle se renfonça plus encore dans son siège alors que s'exprimait le peuple du Màr, dont les questions portaient les espoirs et les craintes, les rêves et les aveux. D'une pensée caressante, l'esprit de Dealra vint se lover contre le sien, et Alyin se tint tranquille, écoutant impassible l'échange qui se faisait, où s'esquissaient les fils d'une nouvelle trame, d'une tapisserie élégante qui signerait le renouveau du Màr.

°Et quelle place pour une chevalière en fuite qui aurait bafoué son kaërl, pactisé avec des neutres, pire encore avec des ardents, attenté aux jours de sa liée, anéanti une reine et kidnappé un Noir ?°
soupira Alyin, cynique, ruminant la seule question qui lui brûlait les lèvres.

Dealra se tint coi, comme si elle étudiait la question, avant de déclarer.

°J'ai un coin de mousse confortable par ici, si tu veux.°


Alyin sourit béatement, et son voisin lui lança un regard en biais, se demandant sérieusement si elle était émotive ou tout simplement folle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:42

[HRP : Je suis partie du principe que Persée et Altays sont restés bons amis, que Maëvann et Persée sont un peu en froid à cause que : elle sait d’où vient son Lié et le voir lui rappelle toujours qu’elle a échoué à sauvé sa sœur dorée et que leur enquête est au point mort (en tout pour Persée) puisque sa fuite a coupé les ponts un bon moment.]


Persée sentit ses forces l’abandonner à l’instant où elle daignait enfin prendre place dans un siège des gradins, derrière l’estrade. Elle était seule avec des inconnus car Maëvann avait tôt fait de rejoindre ses amis. Et les mots de Nathaniel, son ancien Aspirant dont elle était si fière, résonnaient encore à ses oreilles pour qu’elle ne put les ignorer. Elle qui avait eu si peur, qui avait angoissé des nuits durant, elle avait réussi haut la main la reprise d’un apprentissage avec un Aspirant. L’échec – ou plutôt la fausse voie – d’avec Estyn n’était pas une damnation mais une épreuve que la jeune hybride avait passée avec succès. Et puis, comment ne pas être fière de son sang, après tous les mérites et toutes épreuves qu’il a traversé ?... Oui, il faudrait bien un jour qu’elle lui dise. Mais comment lui faire endosser ce fardeau ? Elle-seule avait été mise au courant et se méfiait encore, tant la source était peu fiable à ses yeux. Devait-elle faire subir cet assaut de l’âme, ce tourment de la mémoire à Nathaniel ? Il ne méritait pas une telle révélation, tout simplement parce qu’aux yeux de Persée, il ne méritait pas de souffrir. Déchirée entre son désir de rester franche et sa peur de tourmenter futilement le jeune homme, Persée ne savait que faire et resta prostrée là, ses pavillons effilés rabattus sur son crâne et le regard tombant au sol. Elle en oubliait sa propre prestance et le pourquoi de sa présence ici.

Si elle parlait, Nathaniel n’était pas obliger de la croire mais le doute subsisterait... Si elle ne parlait, elle mourrait en sachant qu’elle serait toujours seule à porter ce fardeau maudit...

Maudite Ys, maudit sang, maudite famille, tous maudits...

Vraël ne se préoccupait pas de sa Liée en cet instant, étrangement. Elle toujours si prévenante, si rassurante et optimiste, elle laissa pour un temps celle qui partageait son âme se morfondre, toute entière qu’elle était consacrée à chercher le regard de la Reine Dorée Nyssath dans la foule. Fatalement, elle s’envola vers elle. Rencontrant le regard sombre de la Reine étincelante et majestueuse, elle adopta aussitôt par réflexe et respect la posture de soumission, tête inclinée vers le sol. Puis, elle se releva avec cette même grâce véloce qui la caractérisait depuis sa naissance ainsi que sa couleur quasi irréelle et entama son plaidoyer. Elle n’avait pas honte de ce qu’elle faisait. Ce fut avec humilité qu’elle prononça les salutations d’usage et ce pourquoi elle avait tant désiré capter l’attention de la Dorée.

° Reine Nyssath, je te salue. Je suis Vraël, première née d’une couvée de la Reine Kiruna, Liée de la Maîtresse Persée Garaldhorf de la Maison d’Amberle.
Je suis consciente du fait que ma présence t’importune mais, je t’en prie, ne laisse pas ta Liée dans sa fausse vision de la mienne. Persée n’est pas responsable de la mort de ta fille, elle a même tout fait pour tenter de la sauver. Cela n’excuse pas sa fuite et son exil pendant six mois hors du Màr mais cela apaisera peut-être votre courroux et attisera votre compassion à son égard. Elle souffre encore aujourd’hui comme au premier jour, même si elle ne le montre guère, pour épargner ses proches et son honneur. Elle s’en veut encore de n’avoir put la sauver... Je vous en prie, soyez justes et magnanimes. C’est tout ce que je vous demande.
Puisses-tu vivre mille ans ! °


Et elle s’envola de nouveau, ses ailes puissantes et translucides brassant l’air avec force pour rejoindre là où se tenait sa Liée qu’elle si bravement défendue, laissant derrière elle une Nyssath sidérée. Mais de sa Liée, nulle trace. Elle la chercha du regard puis fit confiance au lien empathique pulsant dans son être pour repérer son alter ego. Elle était là, s’avançant vers un petit groupe d’amis, parmi lesquels Maëvann que ni Persée ni Vraël ne parvenaient à regarder en face après tout ce temps... La Bleue replia ses ailes et voulut la rejoindre mais fut aussitôt assaillis par Reyn. Le Bronze, de quatre ans son aîné, l’asticota avec espièglerie, faisait revivre le souvenir de leur étreinte, aussi brève et intense fut-elle. Mais la jeune dragonne n’avait pas envie de rire. Liam le sentit et quitta la place avec son Lié boudeur en faisant un clin d’œil à la Bleue qui avait jadis échappé aux mâchoires d’une Reine Incarnate. Cependant, Vraël n’osa aller plus loin. Cet instant où la sang-mêlé renouait enfin avec son passé et proches au Màr Menel n’appartenait qu’à elle-seule.

Persée rejoignit en quelques enjambées l’endroit où se trouvaient le nouvel Ambassadeur Peddyr, la Maîtresse Noire Maëvann et le Maître Noir Altays. Par crainte de s’immiscer trop longtemps ou de déranger, elle fit vite et comme si elle ne faisait que passer, pour ne pas leur soumettre sa présence. Elle alla d’abord à Altays, directement. Premier véritable ami en ces murs.

- Altays ! Je suis contente de te voir ! Ton retour semblait indispensable : tout le Màr s’ennuyait de son fauteur de troubles favoris, le taquina-t-elle avec un large sourire malicieux. Et Vraël commençait à m’énerver sérieusement à toujours s’inquiéter pour son cadet – mais ne va pas le répéter à Andùnë, qu’il ne croit pas qu’elle le couve, ajouta-t-elle sur le ton de la fausse confidence avec un clin d’œil complice.

Elle se tourna ensuite vers Peddyr, jeune homme dans la fleur de l’âge Lié lui aussi à un fils de Nyssath, de la couvée mise en péril. Elle lui fit un sourire amical.

- Maître Avanaël, félicitations pour votre mariage. Tous mes vœux de bonheur, à vous ainsi qu’à votre épouse. Et félicitations pour votre montée en grade.

Elle s’apprêtait à se tourner vers la demi-Torhille en retenant sa respiration presque avec crainte mais se retrouva face au vide. Elle n’eut qu’à se tourner pour la voir de nouveau sur l’estrade. Mince, elle n’avait pas fait attention. Des questions avaient été posées, Nathaniel avait déjà apporté ses propres réponses et venait le tour de la Maîtresse Noire. Puis viendrait le sien. Alors que Vraël lui transmettait les questions et les discours déjà fait, elle se retourna vers Altays et Peddyr, la mine contrite, ses oreilles pointues de nouveau rabattues sur son crâne.

- Veuillez m’excuser...

Elle se sauva ainsi, remonta sur l’estrade et croisa le regard de Maëvann qui en descendait. Le temps se dilata. Tout ce que put exprimer le regard d’ombres mêlées de cendres de la jeune fille fut de la crainte d’être devenue une parjure et/ou une rivale. Elle ne voulait être rien de tout cela. Et au fond des prunelles vertes, elle revit se tordre avec désespoir un petit soleil mourant. Elle détourna le regard, accablée et tâcha de reprendre un rythme respiratoire normal, renforçant instinctivement son armure émotionnelle. Elle monta les dernières marches quatre à quatre, la tête baissée. Une fois en haut, elle avait eu le temps de se ressaisir, aidée en cela par la paix émanant de sa Liée toute proche, grand chat turquoise allongé en position du sphinx parmi la foule, près d’une masse d’écailles d’or appelée Kiruna. Elle aurait pu se perdre dans le lac de ses immenses yeux opalescents mais elle ne fit qu’y puiser son énergie et son courage. Et se lança à l’assaut.

- J’ai moi aussi, tout comme Maîtresse Kerr’wan et Chevalier Illyan, des réponses à vous apporter. Différentes certes mais toutes les réponses du monde ne pourront satisfaire toutes les âmes.

Tout d’abord, en ce qui concerne la question de Maître Avanaël, je suis au regret de vous annoncer que nous ne partiront pas à la conquête du monde, fit-elle avec un mince sourire qui s’effaça aussitôt tant l’humour ne lui sied pas en cet instant. Rhaëg n’appartient qu’à lui-même. Mais, en effet, comment préserver le secret de Tol Orëa lorsque nos chevaucheurs partent quérir au quatre coins de ce monde des détenteurs du Don ? Grande question, me direz-vous et s’il en est de plus épineuse. Je pense que nous devrions progressivement faire entendre notre voix sur les autres continents. Nous lier avec d’autres peuplades vivant en des lieux stratégiques ou possédant un savoir non-négligeable qui pourrait rendre service au Màr, tout en les aidants. Toute alliance ne peut se faire qu’avec l’accord des partis concernés et une équité absolue. Sinon, l’alliance ne tient pas et ne sert de rien. Je ne dis pas que nous devons clamer sur tous les toits notre existence et celle des dragons, non. Et faire confiance aux gens du dehors peut nous être fatal. La superstition, la peur, la haine et la folie nous guettent. Mais, avec patience et intelligence, je suis sûre – ou du moins je l’espère – que certaines citées pourraient faire parties d’une alliance durable où elles et nous y verrions chacun notre profit.

Concernant les griefs d’Azîha, je répondrais ceci : toute personne résidant au Màr Menel et ayant prêté allégeance à sa Dame fait partie intégrante de l’Ordre, qu’il soit Lié ou Non-Lié. Toute personne faisant partie de l’Ordre a droit aux mêmes devoirs et privilèges : protection de l’individu, défense du Màr, éducation, logis, l’exercice d’un métier, nourriture et soins. J’ai peur de répéter les propos de mon confrère et de ma consœur mais les Aspirants demeurent le plus grand espoir du Màr, pouvant sauver et faire prospérer la race draconique.


Lorsque Vraël lui rappela les propos de l’Aspirant Legundir, l’ancienne Persée aurait rougi de colère, aurait tempêté et assené des paroles acides avec son franc-parler habituel. Dangereuse en apparence mais inoffensive en vérité. La nouvelle Persée était loin de s’être assagie mais on lui avait dessillé les yeux. Inoffensive en apparence mais dangereuse à l’intérieur. Son séjour au Màr Tàralöm l’avait changée en profondeur, bien qu’elle soit restée la même. Ardents, Neutres, Célestes et Maudits : c’était du pareil au même. Certes, les Ardents étaient méprisables et détestables mais ils n’étaient pas si différents des Célestes en fin de compte. Ils semblaient des Célestes montrant leur part de noirceur au grand jour et, en contre partie, les Célestes semblaient des Ardents dissimulant leur part de ténèbres. Lesquels étaient les plus dangereux ? Ceux qui montraient leur vrai nature ou ceux qui la cachaient ? Elle se rappela les mots de l’inconnue Neishaane. Oui, les apparences étaient trompeuses. La plus pure colombe peut receler le démon le plus cruel.

- Aspirant Unarion, si Dame Amlug nous a donné l’autorisation de nous présenter, le Chevalier Illyan et moi-même, vous pensez bien que nous avons quelques talents. Vos propos, toutefois, ne manque pas de sens. Il ne sert à rien de mourir pour le Kaerl, tellement de gens l’ont déjà fait par le passé. Le véritable courage réside aujourd’hui dans le fait de vivre – ou survivre – pour son Kaerl.

Elle laissa passer un silence, son regard parcourut la foule :

- Nous sommes tous les jouets du Destin (elle faillit dire « sauf moi » mais l’amertume retint sa langue), puissiez-vous faire le bon choix...

Et elle se retira, Eos toujours lovée dans son cou pour lui apporter réconfort. En y repensant, son regard fouilla machinalement la foule à la recherche de cette jeune Neishaane. Elle était sûre de l'avoir déjà vu quelque part...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:42

{HRP : Avis aux futurs commentateurs ou questionneurs qui chercheraient la tribune libre pour commenter les professions de foi des candidats : par mesure de commodité, les deux topics profession de foi et tribune libre - qui se passaient de toute façon l'un à la suite de l'autre - ont été fusionnés ! Ceci afin de pouvoir ouvrir enfin les votes RPs des élections du Second, qui se situeront un mois in RP après les discours des différents candidats (qui se trouve ici même, à l'Amphithéâtre). Vous pouvez bien sûr toujours commenter et répondre ici en parallèle si vous en avez envie, en gardant bien à l'esprit les dates des différents évènements (présentation des programmes vs réelles élections). Bon jeu à tous ^_^ !}
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:42

Les yeux rivés sur le couple qui conversait sur l'estrade, alors que les célestes se laissaient aller à commenter les annonces d'Heryn Amlug et les prestations des trois candidats autant que la "touchante " intervention de l'Ambassadeur, le sombre chevalier songeait à ce qu'il allait dire. Quelle dérision que ce titre! Un ambassadeur pour aller négocier avec les neutres couards et les ardents dont le sang était un fiel de vilenie.Le Mar était en pleine décadence et bénissait les unions mêlées. Hérésie, ces dérives n'étaient qu'hérésie aux yeux de Zackheim. Les professions des candidats étaient pétries de bonnes intentions faussées par leurs propres intérêts et leur inénarrable naïveté. Il ne pouvait leur en faire grief, au fond de lui. Il servait lui-même ses propres intérêts mais comment une femme prise par la maternité, une jeune écervelée en lien avoués avec les ardents et un repenti de ses actes inconsidérés pouvaient-ils prétendre à soutenir dans sa tâche l'âme élué à la gouvernance du Mar ? Bien évidemment les seconds proposés étaient à l'image de la première Dame : faillibles, incompétents, corrompus... Il observait le Maître Bronze, plein de mansuétude à l'égard du couple, avec mépris. Celui-là ne valait pas mieux que ceux qu'il servait, était souvent derrière les jupes d'Heryn ces derniers temps, comme une nourrice pleine d'égards.

Le jeune Galastden eut un sourire carnassier. Son frère n'était donc pas à même d'assurer la protection de sa fiancée sans ce chien dévoué ? Le jeune érudit lança un regard en direction d'Eshan qui dardait sur lui un regard sans ambiguité. Ce regard l'invitait à garder sa réserve mais Zackheim n'en avait cure. Il maniait avec assez de virtuosité l'art des mots pour prendre le risque de s'exprimer comme tout céleste en avait le droit en ce lieu et en cette occasion. Les questions des gens du petit peuple étaient amusantes mais n'allaient guère à l'essentiel et avaient trouvé réponse consensuelle dans les dernières répliques des candidats. Cette langue de bois amuasait l'ancien étudiant qu'il était. Tous ces arguments paraissaient fades à l'analyse de son esprit vif. Même Eshan ne trouvait au final pas grâce à ses yeux. Il avait poussé vers la jeune femme une arme émoussée en la personne de son frère et maintenant l'elfe était contraint de voir s'accomplir la machination qu'il avait dessinée, bien qu'elle ne le serve plus. Ce mariage serait stérile pour la Maison Galastden. Eshan avait finalement misé sur le mauvais cheval et la course se poursuivait, déservant les intérêts du Mar. Le Patriarche , avait fort heureusement en réserve un second coursier, en apparence plus docile. Pourtant ce deuxième pion avait sa propre volonté, excitée par sa mise en lumière proche. Un sourire aiguisé apparut sur le profil à peine sorti de l'adolescence.

- Je souhaiterai pour ma part avoir le sentiment des candidats sur la façon dont ils s'accommoderont de la gouvernance sous l'égide d'une jeune femme qui n'a guère eut l'expérience des champs de batailles, qui se targue d'empêcher les complots des nostalgiques du chaos et des rêves de puissance de nos chers ancêtres spectraux.

Il se redressa de toute sa stature de jeune homme et poursuivit sous le regard désapprobateur de son mentor.

- Qui de vous trois peut se targuer de connaitre parfaitement l'histoire et les origines des régnants de ce Mar afin de les protéger au mieux et de les seconder dans l'intérêt des Célestes ?

Un murmure parcourut le vaste hémicycle.

- Je n'ai certes pas votre science de la guerre, ni vos connaissances dans le maniement des armes, mais je connais par mes études, la généalogie de tous nos gouvernants passés et actuels. Il me parait ennuyeux que cela ne soit pas porté à la connaissance de tous car à trop guetter et fourbir vos armes en vue d'un ennemi extérieur, vous pourriez bien méconnaître par ignorance l'ennemi qui, peut-être grandit en votre sein.

Le cadet de Kieran poursuivit le sourire aux lèvres en soutenant le regard de son mentor avec un air bravache.

- Ma question est donc la suivante: ne pourrait-on pas instituer comme obligatoire des études historiques et sociologiques dans la formation des aspirants, mieux dans les écoles que fréquenteront nos enfants, afin de leur permettre d'appréhender par exemple, les origines de leurs dirigeants, dans le seul but, bien sûr de les mieux servir ?

Un brouhaha s'ensuivit qui fit tressaillir le héraut, retranché dans un coin du rideau.

- Un peuple qui connait son souverain et ses dirigeants, comme un dirigeant qui connait ses seconds et son peuple, sont les garants d'un royaume soudé et fort !

Un mouvement de foule s'en suivit tandis que des exclamations fusaient parmi la foule.

- Il dit vrai !

- Il a raison !

Le jeune homme tempéra les exclamations en levant la main mais cela eut l'effet inverse. Des applaudissements fusèrent, tirant un sourire étrange sur les lèvres de l'orateur.

- Je demande donc si les candidats ont prévu dans leur programme une enquête de moralité dans l'accession des aspirants au Mar Menel et bien sûr les dirigeants devant donner l'exemple, s'il serait envisageable de créer une commission d'enquête indépendante qui statuerait sur les origines et les actes passés de ces mêmes dirigeants et de leurs conjoints, bien entendu.

Une onde de choc traversa l'assemblée médusée par tant d'audace.

- Nous tomberont d'accord, je pense sur le fait que la Paix ne peut s'asseoir que sur une confiance qui n'est pas aveugle mais sciemment accordée à des personnes qui seront au dessus de tout soupçon.

Zackheim se rassit, un sourire aimable plaqué sur ses lèvres, toisant d'un air impassible tout le beau monde rassemblé sur la tribune et ignorant le spectre blême d'Eshan qui dardait sur lui un regard emprunt d'une rage contenue.

Les rangs du peuple céleste étaient parsemés de conversations qui couraient tandis que dans la rangée des Maîtres, l'incrédulité et la perplexité secouaient leurs épaules. Kieran dévisageait son jeune frère, un masque d'incompréhension déformant son beau visage . Heryn Amlug semblait bouleversée, le teint très pâle.

Zackheim se releva pour prendre à nouveau la parole, un charmant sourire s'affichant sur ses traits juvéniles d'habitude si sérieux.

- Allons ! Mesdames, Messieurs ! Il n'est pas dans mon intention de troubler les esprits en un si beau jour, d'ailleurs je tiens à présenter tous mes voeux de bonheur et de réussite à Dame Amlug et à mon frère aimé. J'ai juste exprimé ma volonté de voir votre union s'épanouir dans un climat serein et cette proposition ne vise qu'à conforter la paix dans notre beau Kaerl. Il n'y a pas lieu de s'émouvoir! Ne sommes-nous pas entre personnes de la plus haute moralité ? Ces propos concernent essentiellement les nouveaux arrivants au Mar Menel, même s'il est évident que tous les notables déjà en place devraient s'y soumettre pour "montrer l'exemple" .

Avec l'air de celui qui a fini de s'exprimer, le jeune Galastden reprit place sur sa chaise d'un air satisfait. Il savait déjà à quel candidat irait sa voix et il ne l'avait certes pas choisi pour son programme mais parce qu'il servirait au mieux ses intérêts ... sans le savoir. Et si ce dernier n'était pas élu, Zackheim s'adapterait, comme il l'avait toujours fait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:43

Istvan était en train de prendre congé de Dame Amlug et du consort lorsque le jeune frère de ce dernier prit la parole, tel un diable qui surgirait de sa boîte. Revenant sur ses pas, il adressa un regard interrogateur à Kieran qui haussa les épaules. Le trio prêta une oreille attentive à cette prise de parole tardive mais à la bienveillance de rigueur succéda bientôt la stupéfaction. Les propos habilement, distillaient un venin étonnamment efficace. Heryn avait blêmi , Kieran affichait un embarras perplexe. L'Arpadien, quant à lui, porta par réflexe sa main au pommeau de son épée. Ce geste n'échappa point au fiancé qui posa un regard étonné sur le Maître Bronze. Tous trois écoutèrent, tendus, la fin de l'exposé du jeune homme. La perplexité et le malaise palpable s'installèrent alors que Zackheim reprit place sur sa chaise.

- Dame Heryn... Le Maïtre Bronze se tourna un peu embarrassé vers Kieran. Sauf le respect que je vous dois , Messire... Dame Heryn, n'allez-vous point répondre aux propos insolents de ce jeune … citoyen ?

- Je pense qu'il est plus sage que Dame Amlug observe une certaine neutralité. Après tout, ce sont les candidats qui sont apostrophés et non point elle …

- Tout de même, il est question d'enquête … Et notre ambassadeur est plus ou moins directement visé … Par ce fait , le choix d'Heryn, également.

- Vous vous égarez Maître Sarkanys. Dame Amlug – et il insista sur ces termes- est au dessus de ces débats.

- Elle est pourtant directement mise en cause … dans son manque de pratique de la …

- Maître Sarkanys ! Contentez-vous de remplir votre mission ! Retournez à vos aspirants et laissez la politique aux hommes de l'art.

L'Arpadien prit de plein fouet les mots acerbes et ne put contenir les propos qui lui brûlaient les lèvres.

- Le fait de proposer l'instauration d'une enquête sur les aspirants ne vous parait-elle pas remettre en question la clairvoyance des Dieux eux-même lorsqu'ils choisissent les élus ? J'ai fort envie de souligner ce point en répondant aux questions de votre frère.

- Cette conversation est finie, Messire. Je vous invite à rejoindre vous amis. Coupa sèchement Kieran. Sachez rester à votre place.

Après s'être incliné devant sa Dame qui lui adressait un petit sourire contrit et avoir salué d'un claquement de talon martial le consort, Istvan fit volte face et descendit les degrés de l'estrade, affichant une expression passablement contrariée.

Il rejoignit Peddyr et Maëvann qui étaient en grande conversation avec Altays. L'air sombre de l'Arpadien n'échappa pas au trio.

- Que se passe -t-il Istvan ? Tu sembles furieux. Mon chéri ?

- Je souhaitais répondre à cet outrecuidant personnage puisque Heryn n'a pas l'intention de le faire mais apparemment, ce serait déplacé. Je ne suis que Maître Dragon.

- A ce titre tu as le droit de débattre avec un autre céleste et ici -même ! Argua Altays.

- Tout doux mon ami ! Temporisa Peddyr,qui connaissait bien l'impétuosité de son frère d'armes et n'avait pas été nommé ambassadeur pour rien, faisant montre de sa diplomatie coutumière.

Qui te l'interdit ? Souffla Maëvann.

Istvan, qui par sa haute stature voyait loin, laissa porter ses yeux de Kieran à Eshan puis à Zackheim. Encore cet étrange ballet de regards. La Dame du Kaerl n'en captait pas une once , penchée vers la jeune femme blonde qui se tenait en retrait de la scène et semblait-il en grande conversation. Les trois hommes continuaient à se lancer des regards lourds de sens et le Maître Bronze n'y tint plus. Il leva la main au dessus de la foule.

- S'il vous plait ! S'il vous plait ! Je réclame droit de réponse .

Il adressa un regard interrogatif au héraut. Celui-ci, bien que pris au dépourvu , ne vit aucune objection à la reprise du débat.

Je souhaiterai savoir sur quelles bases la loyauté et la bonne foi d'un individu est évaluée selon Messire Zackheim de Galastden ?

Un murmure de surprise parcourut à nouveau l'assemblée.

Zackheim se releva lentement, le menton en avant, toisant de loin son détracteur. Son regard glacial dardait sur l'Arpadien des sentiments peu amènes .

- C'est très simple la bonne foi est essentiellement portée par la vérité et la non dissimulation de faits que les citoyens sont en droit de connaître. La loyauté quant à elle se mesure par les états de service et les actes visant à défendre les valeurs qui sont celles du Mar Menel. Il est bien évident qu'un individu qui se serait battu par le passé pour des valeurs qui nous répugnent ou aurait commis des actions contraires à ces principes, n'aurait pas sa place parmi nous .

- Que faites vous du droit de repentir et de la possible réhabilitation d'une âme ?

- Je l'envoie au temple de Flarmya où elle aura tout loisir de se repentir. Les rédemptions ont leur place dans la demeure des Dieux et pas sur les trônes ou à des postes à responsabilité.

Un grondement croissant soulevait la foule et Horatio Pace fit signe au capitaine de la garde de se tenir prêt.

- De quel droit pensez-vous pouvoir juger des décisions des Dieux, Zackheim de Galastden ?

- Quelque chose dans mes propos, vous laisse-t-il croire que je m'arroge ce droit ?

- En effet ! N'avez-vous pas suggéré que des enquêtes sur les aspirants devaient être diligentées ?
Et dans quel but, si ce n'est filtrer les accès de ceux -ci au Mar Menel et à la chevalerie ? Vous prétendez donc que les Dieux ont pu se tromper en dotant certains aspirants du Don ?


Zackheim plissa les yeux d'un air sournois.

- Et vous, vous blasphémez. Mais nous ne devrions pas vous en tenir rigueur. Les Divinités que vous idôlatriez jadis ne sont pas les nôtres et vous méconnaissez celles de la Terre de L'aube. Peut-être redoutez-vous en effet ce type d'enquête pour ces raisons ou d'autres encore plus inavouables, Istvan Sarkanys ? Ou devrais-je vous appeler autrement Seigneur de l'Otzédie ?

Istvan demeura pétrifié, sans voix, soutenant pourtant le regard froid qui le défiait avec un morgue sans pareille martelant ses mots.

- Je ne saurais trop vous conseiller Messire de prendre vos renseignements avant d'interpeler un homme sur ses propos. Il serait un comble que je vous appris cela, vous dont les fonctions ici même … Vous ne devriez pas vous émouvoir mais plutôt vous féliciter de ma requête d'ailleurs... Votre fiancée semble être la seule à ne rien avoir à redouter d'une telle précaution, à part peut-être une amitié un peu trop tendre avec un ardent dans son enfance ou peut-être un père en fuite.


L'Arpadien fendit la foule en direction de l'impertinent mais trouva Peddyr sur son chemin. Son ami s'interposa en le retenant par les bras.

- Ne fais rien que tu pourrais regretter Istvan, je t'en conjure! Marmonna -t-il entre ses dents.

- Tout doux, mon brave! Poursuivit Zackheim.Réellement, vous devriez me remercier! Les deux autres candidats auraient plus à craindre de telles investigations. Quant à notre ambassadeur … Par Flarmya ! Ajouta -t-il en levant les bras au ciel dans un effet de manche théâtral et en pivotant sur lui même. je vous le demande : quel crédit peut-on accorder à un homme qui a oublié son passé et scelle son avenir d' une alliance avec une ondine du kaerl englouti dont le père …

Ce fut au tour de Peddyr de devenir livide et d'apostropher le jeune héritier dans une longue tirade. *

A son tour Altays prit la parole pour soutenir ses anciens aspirants, et ce malgré sa volonté de rester en dehors des débats politiques.
- Quand cette mascarade va-t-elle donc finir Messire de Galastden? Allez vous offenser toutes les personnes ici présentes ? S'exclama Altays qui avait perdu son air enjoué et se sentait soudain très concerné personnellement.

- Je vous le demande, justement Messire Altays Dra-Aldhibadh ! Puisque j'en étais à évoquer la personnalité de certains pères … Il en est encore un autre qui susciterait bien des émois.

Un mouvement de foule se produisit alors et une gifle magistrale ramena le silence . Ehsan avait fondu sur son protégé et l'avait fait taire dans une humiliation suprême.

- Voulez-vous tout compromettre, jeune fou ! Murmura-t-il en le prenant par le bras et lui broyant entre ses fines serres d'oiseau de proie.

Une bousculade et des clameurs s'en suivirent tandis qu'Horatio se résignait à accéder au pupitre. Il se racla fortement la gorge avant d'annoncer d'un air grave

-Par décret express de Dame Amlug, je demande aux personnes suivantes de quitter les lieux. Messire Sarkanys et Messire Zackheim de Galastden. Toutes personnes désirant les accompagner dans leur départ voudront le faire dans le calme et ne pas apporter le trouble à l'extérieur de cet hémicycle. Je vous rappelle que la garde veille également dehors.

Zackheim se dégagea de l'emprise de son mentor dans un mouvement rageur et toisa le héraut puis quitta à grands pas les lieux sous les murmures de la foule en émoi. Istvan baissa la tête et se dirigea vers l'autre sortie.

Mortifié ! Il était mortifié ! Il avait voulu remettre en place cet insolent , le prenant pour un jeune rebelle divaguant. Il avait sous estimé le personnage. Même s'il avait mis en cause la plupart des personnes ayant une fonction haut placée, et les autres candidats, le Maître Bronze redoutait que le peuple ne retienne que le nom de celui qui avait relancé le débat, c'est à dire le sien et que cela fût préjudiciable à Maëvann. Il s'en voulait tellement de n'avoir pas suivi les conseils de Kieran qu'il trouvait judicieux avec le recul.

Une autre chose l'avait troublé... Cette histoire de père … Il savait donc pour Heryn … Pourtant , Istvan avait retiré le manuscrit des archives après être tombé dessus et l'avait caché en lieu sûr, espérant que peu de personnes encore en vie l'avaient parcouru. Il avait pêché par optimisme … Il aurait dû trouver le courage d'aborder la question avec la Dame. Il voulait juste chevaucher Svarog et disparaitre vers la Sylve pour aller y méditer et prier Flarmya de le pardonner , la conjurer de permettre encore aux âmes de bonne volonté de servir le Kaerl même si elles avaient failli dans le passé . Prier pour que cette Terre reste une terre ou la valeur d'un homme est mesurée à ses actes présents et non à des erreurs passées...Sinon, il n'y aurait plus sa place ...


[HRP]* Peddyr souhaitant répondre , j'ai préféré ne pas développer trop son argumentation... wAZA pEDDYR ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:43

Peddyr n'aurait pas cru que la tension apparaîtrait dans cette assemblée, le temps de poser les questions. Il était normal qu'après sa nomination, on lui demande quelle serait sa position au jour d'un conflit ou de querelles avec les Neutres. Oui il était marié avec Crylith, une maîtresse blanche du Kaerl Neutre. Oui il l'aimait et il était en même temps un maître céleste, connaissant les obligations qu'il devait tenir pour son Kaerl. Et plus maintenant qu'il était un ambassadeur ; une place qui demandait à être neutre et impartial quand une position était à prendre. On ne pouvait pas faire le choix d'un camp, on devait être pour les deux à la fois pour proposer la meilleure voie à suivre pour éviter des dissensions. Mais il n'avait pas besoin d'aller bien loin pour commencer déjà son rôle tout fraîchement nominé. Pour l'instant, avant que ne viennent les troubles lancés par Zackheim, il répondit à la question quand à sa place future :

"Oui je l'admets. J'ai épousé une Ondine Neutre. Mais cela ne change rien au fait de la place que je tiens en tant que Maître et maintenant comme Ambassadeur. Dame Crylith est aux faits de ce qui pourraient être un jour un poids pour nous deux. Je suis avant tout un Céleste, servant notre Kaerl et Dame Heryn. Si un jour, une quelconque dispute se produisait entre nous et les Neutres, ma position sera ici. Toutefois, je tiens le rôle d'un Ambassadeur. Mon devoir envers le Kaerl sera d'aider à résoudre les ambigüités de cette dispute pour que nous trouvions un point d'entente et d'accord, pour que les tensions qui auraient éclatées n'affectent pas nos relations envers le Kaerl Neutre. Jusqu'ici, nous sommes restés en paix avec nos frères de l'onde et nos frères enflammés. J'essaierai de veiller à ce que la paix perdure. Comme c'est autant le vœu de nos candidats. "

Il espérait avoir été assez clair pour donner une réponse satisfaisante. Lui-même devra prendre de la mesure de sa place dans un cas pareil ; qu'il ne souhaitait pas. Ce jour là, il sait qu'il aurait le coeur pris dans un douloureux dilemme. Mais Crylith comme lui connaissaient les risques en ayant accepté de se lier par le mariage. Pour elle, il se battrait pour lutter contre les troubles qui pourraient viser à déchirer la relation entre les deux Kaerls. Mais pour le moment, ce jour là n'existait et ne viendrait sans doute jamais.

Quand Persée vint à répondre à sa question, il lui accorda un signe de tête. C'était exactement ce qu'il voulait entendre... Lentement mais sûrement pour arriver à se faire connaître dans le monde, en prenant en compte que la présence des chevaliers et des dragons occasionneraient quelques soucis. Mais cela, il faudra de la patience et surtout du temps. Comme elle, il pensait la même chose et en tout cas, elle ne se vexait pas à l'image de conquête qu'il avait affirmée. Elle le prenait avec un peu d'humour. Si seulement la suite des discours à l'Amphithéâtre avait pu continuer sur la même note d'atmosphère...

Ce qui vint eut de quoi hausser les sourcils et surtout il fut un peu choqué d'entendre pareilles idées. Tenir compte du passé des notables pour qu'ils puissent accéder à des places ? Qu'est-ce qu'il ne fallait pas attendre ! Surtout que Zackheim usait avec ferveur et passion de ce genre d'argument, pour insister comme jamais. Et pour quelques individus... Istvan fut le premier à partir au car de tour, devant de tels dires, qu'il considéra comme presque d'insultant...Peddyr le retint, essayant de calmer son frère d'arme, pour ne pas lui donner l'opportunité de répondre à l'énervement de l'Arpadien. C'était légitime. Mais il ne fallait pas donner une ouverture pour ce chevalier là... Surtout ce personnage là qui profitait que la Dame Céleste se mariait avec son frère. Istvan en tout cas ne pouvait pas supporter ce discours... Par le fait que cela allait brider les aspirants. Il suffirait d'une malchance pour l'un d'eux et ils seraient cataloguer et mis au rebut, lié ou pas... Presque une perte d'égalité vis à vis des autres chevaliers. Une forme d'injustice pourrait en naître...

Mais enquêter sur le passé des Célestes... Cela donnerait un moyen de pression sur certains d'entre eux... Dans le lot des chevaliers et des aspirants, certains n'avaient pas demandé à posséder le Don... Et quand Peddyr regardait dans ce qu’il lui restait de souvenirs... Il se crispa légèrement... Zackheim savait beaucoup de choses... Beaucoup trop et dans des desseins malsains. Par contre, quand Zackheim le visait personnellement, avec une affaire qui concernait Crylith, il manqua de voir rouge. Il se retint d'éclater, emporté dans le flot des émotions qu'il avait endigué jusqu'ici. Il devait calmer sa colère... Car lui aussi, tout comme Istvan, avait un lourd passé, même s'il n'en avait que quelques brides de souvenirs. Avec son frère d'arme, n’avaient-ils pas prouvé qu'ils servent le Kaerl dans ses dogmes ? N'avaient pas des dragons nés d'une Eclosion du Kaerl ? Il serra les dents un bon coup avant de prendre la parole, avec un sérieux presque glacial. Il devait agir par l'esprit et non par les sentiments.

"Sommes nous là dans une cour de nobles qui jouent à jouter verbalement ou sommes-nous là pour discuter avec les candidats pour la place de Second... Dites-moi Messire Zackheim... Pour vos idées, pourquoi ne vous présentez-vous pas comme potentiel Second ? "

C'était de façon volontaire qu'il n'avait pas cité le nom de famille de son interlocuteur.

"De quel droit vous permettez-vous d'insulter des personnes qui ont montré qu'elles possédaient la noblesse pour servir la Dame Céleste et Le Màr Menel ? De quel droit prétextez-vous qu'il faut se fier au passé de ces gens pour décider de leur avenir ? Ils me semblent qu'un de nos préceptes est l'égalité ? Peut-être me tromperai-je.... A vous entendre, je me croirai être dans un système antique où les hommes et femmes ne méritent leur place que par leur naissance... "

Il essaya de juguler sa colère. Rester dans un ton ferme mais suffisamment posé pour ne pas montrer qu'il sortait de ses gonds....

"La loyauté et les actes présents d'une personne n'ont pas à être lié à un passé qui auraient pu être tumultueux. Le Destin peut se montrer cruel et mettre des embûches sur notre chemin sans que nous le demandions...Certes, il faut montrer l'exemple, être irréprochable pour diriger un Kaerl. Mais Dame Heryn n'est pas seule. Le Second ne sera pas seul ! Quand une décision sort de son contexte ou apparait comme dangereuse, ils ne seront pas les seuls à apporter une réflexion sur la décision finale... Vous oubliez que nous avons un Conseil.... "

Il alla attaquer sur le dernier point qu'il réservait pour la fin....

"Vous parlez de blasphème... Mais n'êtes-vous pas en train d'en commettre un ? Qui êtes-vous pour oublier que Flarmya a offert aux Dragons le moyen de lire les âmes avant de se lier à un être ? N'est-ce pas là un moyen de lire dans le cœur des futurs chevaliers ? Un cœur mauvais n'a pas sa place ici. Un cœur qui possède la loyauté, le courage, le sens du devoir...et tous les sens qui font la valeur d'un Céleste sera trouver un dragon qui aura découvert ces facettes... A vous entendre, les dragons se lient au premier venu.... A vous entendre pour finir mes remarques... on dirait que vous inspirez des actes passés des Valherus ! Nous ne sommes pas eux. Nous n'avons pas à commettre les fautes passés. Et je vais terminer sur un dernier point... Je suis marié à Crylith Avanaël, maîtresse blanche du Kaerl Neutre....Mais je suis et je resterai avant tout un Céleste. Un servant du Màr Menel. Si un jour un conflit se produisait contre les neutres, ma place serait ici, mais je lutterai aussi pour que les deux Kaerls retrouvent la paix... "

Il adressa un dernier regard froid à Zackheim...

"Sauf si vous souhaitez voir les Célestes prendre une attitude d'être supérieur vis-à-vis des autres et au sein de leurs propres membres...."

Altays prit la parole pour apostropher Zackheim... Peddyr n'avait plus rien à dire de toute façon. Il se sentait las d'un coup, resongeant que son passé à lui pourrait poser bien des soucis si ce genre d'enquête venait à voir le jour... Zackheim avait appris certaines choses sur ses cibles... Dont Crylith et son père... Savait-il des choses que sa bien-aimée elle-même ignorait encore ? Il en frémit. Zackheim était un être abject. Il en était même écœurant. Profiter du passé de ses amis pour se plaire à contre-argumenter de la sorte... Heureusement qu'il ne savait rien que le passé oublié de Peddyr. Aurait-il fallu qu'il apprenne déjà qui il était....Et cela Peddyr se gardait de le dire. Le passé était le passé, on n'avait plus à revenir dessus.

Par contre, ce qu'il notait, fut l'intervention d'un homme qui semblait être le mentor de Zackheim... L'humiliation publique ne fut pas à son goût... Il nota ce genre de détail. Il avait cru voir cela une fois, il y a bien longtemps...Cela puait les combines...

A la demande de l'héraut Zackheim et Istvan furent invités à sortir de l'assemblée sans heurts. Peddyr eut voulu le rattraper pour chercher à le réconforter.

°Non, laisse-le... Il a besoin de remettre un peu d'ordre dans ses idées. Les paroles de ce bipède venimeux l'a un peu perturbé. Comme toi d'ailleurs. Et ne me dis pas que ce n’est pas vrai. °
°Je n'allais pas dire le contraire... Mais on n’avait vraiment pas eu besoin de ça maintenant... On est là pour choisir notre prochain Second et j'ai eu l'impression d'être dans une lutte de pouvoir. Peux-tu....°
°Je me charge de le faire dire par mon frère. °


Sveargith se chargea d'annoncer à Svarog, son frère bronze, les pensées de son lié.

°Mon frère. Peddyr soutient Istvan. Il est comme lui, dans l'idée qu’on n’a pas à juger une personne sur son passé, mais sur sa valeur qu'elle démontre aux yeux des gens qui l'entoure. Il ne faut pas qu'un serpent comme ce bipède là brise les convictions de nos liés...Je pense qu'Istvan a entendu le discours de Peddyr. Il n'est pas seul. Et d'autres chevaliers doivent penser la même chose. Pour Peddyr, Zackheim n'est qu'un pion, rien de plus....°
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:43

Persée vit la scène se dérouler au ralenti. Sitôt qu’elle fut descendue et que le brouhaha des conversations reprenait, un sursaut de la foule la fit faire volte-face. Elle vit alors un jeune homme, de quelques années plus âgé qu’elle, monter les marches vers l’estrade. Lorsqu’il se retourna vers la foule céleste, la jeune hybride eut un choc. Tranchant sur la peau pâle et sous la tignasse cuivrée, elle crut voir le regard de son père. Mais non, c’était juste un reflet du soleil dans des yeux vert sombre et étincelant. Il n’empêche que Persée n’apprécia pas du tout la suite.

° Qui est-ce ?
Le Chevalier Brun Zackheim de Galastden, Lié de Sarevok, un de mes frères aînés. C’est le jeune frère de Kieran de Galastden.
Comment le sais-tu ?
s’effara la jeune fille.
Je le sais, c’est tout. Kiruna connaît bien ses nombreux enfants. °

Le discours de ce Zackheim était bien tourné. Persée aurait donné n’importe quoi pour avoir ce talent aujourd’hui. Mais le contenu était tout ce contre quoi elle voulait lutter. Fouiller dans le passé des membres du Màr était certes essentiel à ses yeux mais pas pour ce genre de choses ! Seuls quelques membres dignes de confiance, intègres et discrets, tout dévoués à Dame Heryn, pour la sûreté du Màr, seulement. Et il avait invoqué une excuse tellement évidente qu’elle en paraissait absurde. Mieux servir les dirigeants en connaissant leur passé… Persée était directement concernée, comme beaucoup d’autres sans doute. Son père, ses ancêtres : tout cela pourrait rejaillir sur elle. Peu lui importait qu’on sache pour Eléderkan Garaldhorf, lui aussi s’en fichait d’ailleurs. Mais la vérité sur le sang des Garaldhorf, le secret qu’il protégeait, personne ne devait savoir ! Et Nathaniel serait lui aussi en ligne de mire, alors qu’il n’était même pas encore au courant… Il est vrai qu’un inconnu sur le trône serait une erreur fatale pour le Màr Menel comme pour tout Kaerl mais… C’était condamner la moitié du Màr à l’exil ou la potence. Ce n’était pas parce qu’on avait des parents Ardents ou qu’on avait commis une erreur dans sa jeunesse qu’on ne pouvait pas avoir une seconde chance. La rédemption existait pour tous ; tout dépendait si la personne concernée si elle choisissait ou non la voir rédemptrice. Tout le monde avait le droit à une seconde chance. Le nier serait renier tout ce en quoi Persée croyait et tout ce que représentait l’idéal Céleste selon elle.

L’Histoire devait bien être enseignée à tout résidant céleste. Mais une étude sociologique sur chaque membre de l’Ordre et la divulguer à tous… C’était ouvrir la porte à toutes les infamies, l’intolérance, la haine, la suspicion, la xénophobie et les coups bas. Cela équivalait à fermer les portes du Kaerl à tout jamais. L’ampleur du désastre annoncé l’horrifia à tel point qu’elle se raidit comme une statue et laissa son armure émotionnelle s’entrouvrir. Un déluge d’émotions contradictoires déferlèrent en elle et elle vacilla violemment, manquant s’écrouler si le museau de Vraël se s’était pas trouvé tout près car elle se raccrocha à lui. La Bleue laissa sa Liée reprendre son souffle avec anxiété. Même si sa Liée était une forte-tête et une battante, elle se souvenait encore trop bien du soir où elle avait subi un si fort choc empathique qu’elle en avait oublié qui elle était. Ebranlée, celle-ci haleta pendant quelques instant en tentant de faire fuir les sensations étrangères. Eos couinait de frayeur dans son cou, complètement hystérique. Elle n’avait pas l’habitude. Persée se calma enfin et, fermant les yeux en maîtrisant sa respiration, referma soigneusement son armure émotionnelle. Lorsqu’elle se redressa et reporta son attention sur la scène, les choses avaient empiré.

Le jeune Chevalier Zackheim continuait sur sa lancée, usant des mots avec une habilité saisissante et dangereuse : c’étaient autant de coups de poignards. Persée pouvait sentir et même presque palper la tension monter dans la foule. La peur de voir une guerre civile éclater lui fit remonter un goût de bile dans la gorge mais elle parvint à se contenir. La jeune Dame du Màr avait pâli et semblait bouleversée. A ses côtés, son fiancé avait le visage sombre et hostile. Le parfum de la révolte flottait dans l’air. Tout près, elle entendit des voix familières. Elle jeta un coup d’œil et reconnu l’Ambassadeur, Maëvann et ce va-t-en-guerre d’Altays. Un autre homme qu’elle connaissait de vue et de réputation élogieuse se dressait devant l’estrade, face à l’orateur digne représentant des Extrémistes. Un Maître Bronze fiancé à Maëvann qui portait d’ailleurs son enfant. Il n’était pas homme à laisser bafouer ses idéaux. Pendant un court instant, Persée l’envia car lui seul avait réagi. Elle-même aurait dû mais elle s’était laissée prendre au piège émotionnel. Elle enragea en silence, ses oreilles effilées couchées sur son crâne et pointant vers l’arrière, signe avant coureur qu’elle était furieuse. Elle serra les dents, le visage fermé, les sourcils froncés, ses muscles crispés comme si elle était prête à bondir. Le cadet du Maître Bronze Kieran s’était engagé dans une joute verbale avec Istvan Sarkanys. Cela allait de mal en pis. Tous y passaient : Istvan, Maëvann, Heryn Amlug, Peddyr Avanël, Nathaniel et elle-même… Altays faillit même être sur la liste !

Peddyr Avanaël semblait être de la même trempe qu'Istvan. Il se défendait des accusations implicites et insultantes. Bon sang, louée soit Flarmya de leur avoir donné un Ambassadeur tel que lui ! Elle pouvait avoir confiance en lui, oui. mais il fallait pour cela empêcher Zackheim de Galastden de faire son crique. Il fallait qu'elle réagisse. Persée serrait les poings si fort que ses phalanges blanchissaient à vue d'œil. Pâle de rage et d'horreur, elle ne pouvait plus supporter d'entendre cet arrogant Chevalier empoisonner les esprits. Déjà, la foule de Célestes bruissaient de murmures, de doutes, de questions. Un parfum d'indignation, de colère, de peur et d'incertitude flotta jusqu'à ses sens. Des voix s'élevèrent un peu partout dans la masse, un dragon feula un peu plus loin. Tout cela la confortait dans sa décision d'agir. Persée était l'action ; à Vraël la réflexion. Elle se redressa, lâchant son appui rassurant tandis que Vraël se reculait un peu pour braquer ses grands yeux roux sur le Lié d'un de ses frères aînés. La jeune Maîtresse Bleue savait que peu de gens l'entendraient mais si ses paroles, rapportées par le souffle des autres, atteignaient Dame Amlug et les autres, alors son combat de se serait pas vain. Elle parla de sa voix la plus forte et la plus claire possible.

- Chevalier de Galastden, savez-vous prendre du recul ? Vous parlez de choses que vous ignorez. Vous possédez peut-être les faits mais pas la vérité. Qu'est-ce qui est le plus important ? Savoir que l'on fait le bien autour de soi ? Ou savoir avec quels moyens on le fait ? A vous entendre, vous auriez très bien votre place parmi les gens du Màr que vous autre,s les Galastden, vous haïssez et méprisez si fort. Car qu'est-ce qui nous différencie véritablement des autres Ordres ? Ce n'est ni le sang, ni les actions passées, ni même le prestige d'une lignée sacrée. Ce sont nos choix. Quand les Célestes s'efforcent d'œuvrer pour la cause qu'ils jugent justes, que font les Ardents ? La même chose. Quand les Célestes cachent leur part de noirceur sous le vernis des belles actions, que font les Ardents ? Ils enfouissent leur part bienfaitrice sous une carapace de rancœur et de vice. La vertu s'apprend, elle n'est pas innée. Alors, répondez : le plus important est-il d'atteindre son but ou les moyens employés ?

Prenons un exemple concret. Imaginez que nous sommes en guerre avec les Ardents. Vous trouvez un jour sur votre route un enfant dont les parents du Màr Tàralöm ont été massacrés par des Célestes, peut-être même vous. Imaginez qu'il est le dernier représentant du Kaerl Ardent. Le laisserez-vous ici, au milieu des cadavres ? Le prendrez-vous avec vous pour l'emmener au Màr Menel où il recevra une éducation céleste et l'affection de parents adoptifs ? Ou le tuerez-vous de vos mains, comme étant le fils d'ennemis jurés ? Cet enfant a le droit de racheter les erreurs de ses pairs ! Où est le Bien, où est le Mal ? La guerre, l'intolérance, la trahison : voilà où le Mal. On n'a tous droit à une seconde chance, la rédemption n'est pas une erreur. Ou alors c'est la plus belle erreur qui puise exister en ce bas monde. En vérité, en cet instant, vous ressemblez bien plus à ces Ardents que vous rangez parmi les porteurs du Mal. Et si un jour vous découvriez que vos ancêtres avaient commis des atrocités par le passé, que feriez-vous ? Vous vous ôteriez la vie pour cacher votre honte, votre déshonneur et le désespoir de voir tout ce en quoi vous avez cru détruit ? Ou vous vous efforceriez de racheter les fautes du passé, de laver votre honneur entaché, d'accéder à la r"demption pour tout votre sang ?

Nous sommes les choix que nous faisons.


Elle se tut. Son âme vibrait encore de ses propres mots, ébahie d'avoir dit tout cela.

C’est alors que le Maître Noir et Patriarche de la Maison Extrémiste, Ehsan de Galastden, fit un ample pas en avant, empoigna Zackheim et lui donna une gifle retentissante. Le silence tomba d’un seul coup. La stupeur figea la foule. Ehsan chuchota furieusement quelques mots au Chevalier fauteur de troubles et celui-ci se dégagea rageusement. Il redescendit l’estrade et disparut hors de l’Amphithéâtre tandis qu’un souffle d’interrogations balayait de nouveau la foule. A son départ, Eos cracha dans sa direction, comme si la lézarde incarnate s’était sentie visée. Le Héraut congédia publiquement les deux jouteurs et d’ailleurs, ceux-ci se retirèrent. Istvan disparut à son tour.

Il y avait quelque chose sous-jacent. Persée et Vraël auraient été prête à le parier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:43

Un sourire odieux flottait aux lèves d'Alyin, tandis qu'un brouhaha étourdissant l'assaillait. Elle ne pouvait que rire, avec tout le tranchant dont recèle l'ironie, des propos outranciers de ce jeune chevalier. A n'en point douter, elle aurait été une cible parfaite pour ses traits barbelés, son passé étant un obstacle de poids pour occulter la voie de son avenir au Màr. Mais par ce mépris que la Neishaane avait pour le pouvoir, elle n'était qu'une silhouette et un murmure, tous deux ensevelis dans la foule qui vociférait.

Avec une cruelle amertume, Alyin toisait ces hautains orateurs, leurs belles idées comme des oriflammes flottant au vent, tous de couleurs criardes et d'incendie. Ah ! Qu'ils savaient s'y prendre lorsque venait l'heure de déchaîner les passions et les coeurs, et de reprocher à autrui l'étincelle qui ravit la forêt !

Elle avait la profonde conviction, que chacun d'eux l'aurait damné pour sa simple présence si elle s'était présentée pour ce qu'elle était. Peut-être même aurait-elle pris un malin plaisir, quitte à payer par la suite sa hardiesse au prix fort, à révéler son nom et son histoire, si l'un des candidats - pourtant directement outragés - s'était donné la peine de s'exprimer. Mais seuls se levèrent le fiancé de la chevalière noir et le potentiel ambassadeur, et Alyin n'avait que faire de forcer ceux-là à se dédire.

°Peddyr ne nous a jamais dénoncé. Il en va de même d'Istvan. Joue les victimes si tel est ton désir, mais si tu te montres, tu seras l'instrument de la foule et de ce Zackheim, non le leur.° l'avisa Dealra, voix de la sagesse au cœur de la tourmente.

De fort mauvaise grâce, Alyin se rendit à la justesse des paroles de sa liée, et se contentât de lorgner l'estrade avec un mépris évident, avant de se replonger dans ses pensées, insensible aux montées de ton dans l'assistance. Cette fois-ci, son voisin était bien occupé à brayer pour s'apercevoir de sa mélancolie.

Bien plus morose dans son jardin d'hiver, Dealra regrettait que certains des mots du chevalier de Galastden aient fait mouche. Oui, il y avait une naïveté touchante parmi les gens du Màr. Et même par delà les frontières de la colère, Istvan trouvait à lui redire qu'il fallait avoir foi en l'empreinte, et y trouver la ferveur quant à la loyauté des membres du Kaërl. Hélas, elle aurait aimé lui murmurer que les choses n'étaient pas toujours aussi simples... Alyin et Zackheim étaient bien liés, non ?

D'humeur amère, Dealra ne put s'empêcher de se demander, par quelles odieuses menteries Zackheim justifiait-il sa propre allégeance à son Màr, et si le Brun Sarevok partageait, son éternel consternation, ou s'il était le parfait miroir des vilenies de son lié.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:43

La rage transcendait le corps de Nathaniel, elle rougeoyait en son sein et brulait chaque parcelle de son corps. Il ne se taisait que pour la contenir, sans quoi il aurait explosé en paroles injurieuses et pleines de mépris. Zackheim, Zackheim de Galastden ! Il l’aurait tué sur place, tant ses mots avait enfoncé de clous brulants, tels d’inlassables et violents marteaux. Qui était-il, sinon le descendant d’une noble maison ? Qu’est-ce qui lui donnait le droit de pointer sans vergogne chaque part des individus de l’amphithéâtre chacun sensés jouer un rôle au sein du Kaerl ? Rien, rien ni personne ne lui octroyait ce droit.

Qu’un céleste puisse tenir de tels propos diffamatoire attristait Nathaniel, bien que cela ne l’étonna qu’à moitié : on trouve des gens mécontents et bornés ou qu’on aille, ce constat lui venait de ses voyages sur Ys. Mais qu’en plus ce perturbateur fut le frère du promis à sa dame le mettait en colère. Ô combien d’homme bons auraient pu jouir de ses privilèges, de son éducation, de sa place, et faire du bien autour d’eux ; Celui-là ne semblait avoir cure de la chance dont il jouissait, et avait l’air déterminé à soutenir son discours quoi qu’il arrive. Cet entêtement était bien caractéristique de ceux qui servent leur propre intérêt. Il aurait certes pu être un naïf, sceptique devant les belles paroles que même Nathaniel avait essayé de prononcer, mais le venin de ses paroles était bien trop abouti pour qu’on en vienne à valider cette thèse.

C’était donc un effronté égoïste qui leur faisait face, et pas un idéaliste au service de ce qu’il croyait être le bien.
Non loin de Nathaniel la foule s’agitait, en réponses aux clameurs grandissante et effrontée de Zackheim de Galastden, et malheureusement tous ne semblait pas percevoir les choses de la même manière que le demi sang.
Le malaise grandissait au sein du candidat, et il ne doutait pas qu’il devait être au moins en partie partagé par ses concurrentes.

Au moment de l’intervention d’Istvan le demi sang s’échappa de la dispute en cours pour se renfermer sur lui-même quelques instants. Il cherchait à étouffer la colère et la peine qui l’enserrait étroitement, et n’écouta plus ce qu’on disait autour de lui. Tout lui semblait tel un brouhaha indifférent au feu déclinant au fond de lui-même. Quand il ne resta plus que des braises, il se trouva bien las, et souhaita se trouver ailleurs. En cet espace ouvert vers les hauteurs nul vent ne venait quérir ses oreilles pour y déposer les murmures auxquels il s’était habitué.

Peddyr parlait alors, avec les mots de la colère et de la passion, de son amour pour la Kaerl et pour sa bien aimée, des mots de défi pour celui qui l’avait insulté et des paroles de raison qui appelaient au calme et au respect. Il était bien l’ambassadeur, avant la prise de position et l’officialisation, rayonnant dans ce rôle, et Nathaniel se prit à sourire de le voir ainsi responsable. Il s’était bien calmé.
Altays intervint à son tour, incitant le jeune homme à se taire, mais Zackheim semblait ne jamais vouloir en finir.
Persée, son ancienne maîtresse, vint également à réagir avec sa fougue habituelle. Elle semblait particulièrement touchée par les menaces de Zackheim.
La réaction finale se fit en un éclair d’humiliation. La gifle d’Ehsan, le vieux patriarche, fit taire le Galastden et la foule par la même occasion.

Puis, comme une explosion, l’agitation de la foule devint plus notable qu’à tout autre moment des débats, comme si tout à coup chacun se mettait à commenter la situation. Le héraut du Mar se fraya un chemin jusqu’au pupitre. Il annonça l’évacuation des lieux d’Istvan et Zackheim par décret de la dame Heryn Amlug. En arriver à de tels extrêmes …

Beaucoup semblaient ébranlés par les paroles de l’infâme, comme si chacun avait été touché par une des flèches lancées avec habileté. Nathaniel regardait tout ce désarroi et cette colère avec étonnement, car la sienne était passée pour céder à un scepticisme grandissant. Le frère de Kieran l’avait également désigné en parlant des autres candidats à l’élection, comme si son passé recelait plus de secrets compromettants que Maëvann, de même que Persée. Pour cette dernière il comprenait bien qu’il devait s’agir de ses origines, et de ses ancêtres du Kaerl Oublié, mais lui-même ? Il n’avait d’origines que sur la terre de Taëwa, n’ayant jamais vu son père …
Etait-il possible qu’il …

L’idée l’enflamma. Zackheim de Galastden connaissait-il l’origine exacte de son père ? Il devait lui parler, le plus tôt possible. Mais dans l’instant présent, l’agitation régnait au sein de l’amphithéâtre et le départ d’un candidat aurait peut être attisé la cohue de manière irrémédiable. Il fallait agir autrement. Tandis qu’Istvan passait la porte de sortie sur les pas de Zackheim, le demi elfe songeait à ce qu’il convenait de faire pour apaiser la situation et garantir le succès des élections malgré tout. Après tout, il s’agissait peut être de sa future responsabilité, il fallait bien jouer pour y garantir sa place.

Après quelques instants de réflexion, il se leva, et se dirigea à nouveau vers le pupitre, un nœud dans le ventre.
*Le silence n’est pas un bon jeu, il fera perdre toute la confiance du peuple et la nôtre par la même occasion …*

« Mesdames et Messires, je vous en conjure écoutez moi ! Ne laissez pas l’agitation nous gagner plus ! … Zackheim de Galastden avait raison … Que serions nous sans les enseignements de nos ancêtres ? Quel roi saurait régner sans le modèle de ses prédécesseurs ? Nous le savons bien, nous les chevaliers, parce que par le passé nos erreurs furent payées chères nous n’oublierons pas ce qui ne doit pas l’être.

Mais ne sommes nous pas le fruit d’une évolution ? Ne recherchons pas pour nous même et pour ceux que nous aimons un monde de paix et de prospérité ? Et qu’avons-nous fait pour l’obtenir ? Des erreurs, sans cesse des erreurs qui chaque fois nous rapprochaient plus de notre objectif.
Le bon roi a su reconnaitre ses erreurs plutôt que de les renier, et il les a dépassé. Chaque erreur tactique fut conciliée dans un livre, lui-même conservé dans une bibliothèque et bien en vue, afin de ne jamais oublier ce qui fit nos faiblesses.

De même, les erreurs de jugements sont la preuve irréfutable de notre nature humaine ou de toute autre race pensante, c’est ce qui nous rassemble et nous fait savoir que nous sommes frères. Pardonnons, à tous ceux qui dans leur quête de bien firent des erreurs et le payèrent au prix fort, ou le firent subir à d’autres malheureux. Cela fait parti de nos vies bien plus que tout ce pourquoi nous nous présentons aujourd’hui !

Pardonnons à messire Zackheim qui dans son vœux de protection du Kaerl repoussa chacun dans ses limites pour le mettre à découvert. Pardonnons lui d’avoir voulu faire ces reproches irraisonnés, ils n’auraient fait que distiller un poison violent au sein du Kaerl, celui de la méfiance, de la traitrise.
Jamais, au grand jamais il ne sera question d’enquêter, de fouiller la vie de ceux qui construisent patiemment cette cité vers le ciel. La force de leur pouvoir c’est la confiance que vous leur offrez. Ne leur retirez pas cette confiance parce qu’ils ont étés humains …

C’est tout ce que je souhaitais dire, je vous remercie de votre attention … »


Et Nathaniel se retira.

*Il y tout de même quelques chose d’étrange dans cette histoire … Je dois trouver Zackheim !*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:44

Tout semblait pourtant destiné à se dérouler au mieux … En ce jour historique, nombreux étaient les Célestes qui s'étaient déplacés, installés, dans l'expectative sur les larges bancs de l'Amphithéâtre. Son discours, en tant que Dame, avait été déclamé avec ferveur, issu du plus profond de son coeur, porteur de ses émotions vives qu'elle ressentait à ce moment là. La présence confiante que Kieran et Dara constituaient, derrière elle, malgré leurs différents, était un vrai soulagement pour elle, étrangement. Son oraison terminée, elle était descendue de l'estrade, soutenue par un bras secourable que son … fiancé … lui avait tendu, se retirant dans l'ombre pour laisser place aux héros du jour, les trois candidats au poste de Second du Màr Menel, et le futur Ambassadeur, qui devraient convaincre de leurs mots le peuple assemblé.

Les discours s'enchainèrent, les uns après les autres, les voix vibrantes de passion et porteuses de toute la conviction possible résonnant de belle façon d'un bout à l'autre de la salle, grâce à l'acoustique particulière des lieux. Tant d'émotions mêlées … Elle était fière des quatre personnes qui avaient défilé sur l'estrade, touchée par leur attachement envers leur nouvelle demeure, et leurs paroles, bien que différentes, étaient toutes, au fond, porteuses d'un message de paix, cette paix qu'elle désirait tant. Lorsque le moment de choisir serait venu, à ses yeux, toutes ces professions de foi méritaient que l'on opte pour un jeton en leur faveur.

Laissant échapper un soupir mélancolique, Heryn Amlug avait levé les yeux sur la haute voûte de marbre, songeuse, sentant la tension qui lui tenaillait le ventre depuis ce matin se dissiper petit à petit. Mais il n'était pas dit qu'elle puisse encore se reposer, car une voix familière attira son attention sur des choses plus terre à terre. Lorsque son regard se baissa, elle rencontra la silhouette élancée d'Istvan Sarkanys, lié du Bronze Svarog, et accessoirement, Maitre Espion de son état. Les lèvres de la jeune femme se pincèrent légèrement en repensant à l'assemblée des Elus, au Manoir, où l'Humain s'était rapidement éclipsé sans lui accorder la moindre explication, prétextant une affaire urgente.

Quand elle avait enfin eu l'occasion de le revoir seul à seul, une fois la Quête terminée, la demi-Fëalocë avait eu l'occasion de lui exprimer son déplaisir, quant à la petite omission qu'il avait faite, concernant la-dite assemblée et toutes ses implications. Au terme d'une âpre discussion où il avait défendu son point de vue, il s'était proposé d'entrer au service de la couronne du Màr, devenant indirectement son homme lige, et récoltant ainsi rumeurs et informations sur tout Tol Orëa … Maitre Espion, une tâche qui n'était guère aisée, mais qu'il accomplissait avec une promptitude et un zèle tout à son honneur … Et parfois quelque peu exagérée. Tandis que Kieran et Istvan faisaient connaissance, l'empressement du second se heurtant aux répliques circonspectes du premier, Heryn observait un silence attentif, sourcils imperceptiblement froncés. Un bras fermement passé derrière le dos des deux jeunes gens, le Maitre Bronze les entraina légèrement à l'écart, l'expression soucieuse, faisant fi de la contrariété visible que cela provoquait chez le futur consort. Que ne pouvait-il donc pas attendre que les candidats se soient exprimés ? Que dirait le peuple en voyant s'esquiver sa Dame à un moment si important, en compagnie de deux hommes, un air de conspirateur plaqué sur leur visage ?

Quand Istvan exposa le fait que cela pouvait justement concerner la sécurité de leur Dame, elle posa une main apaisante sur le bras de Kieran, le visage néanmoins grave. Qu'il parle donc, pour ne pas perdre plus de temps. Las, quand Istvan évoqua son périple pour rencontrer l'Oracle, Heryn s'empourpra, et porta sur lui un regard accusateur, mais également courroucé par ces paroles. Ce qu'elle faisait de sa vie lui appartenait, au moins en partie.

« Maître Sarkanys ! Dois-je rendre compte de tous mes déplacements d'ordre privé ? N'ai-je pas droit à un peu de recueillement ? »

Malgré sa sollicitude justifiée par le rôle qu'elle lui avait accordé, il dépassait les limites du raisonnable ! Loin de se laisser démonter pourtant, il se tourna vers Kieran, comme quêtant quelque appui, poursuivant son argumentation, sous le regard des impassibles prunelles d'émeraude du consort, et celui, orageux, de la dame. S'il se mettait en tête de lui fournir une escorte dans ses moindres déplacements, la maigre liberté de mouvement qu'elle conservait encore serait réduite à néant. Elle avait beau être un personnage officiel, elle tenait à son intimité. C'est sur ces sombres pensées que ses iris noisettes s'agrandirent de surprise, tandis que son fiancé acquiesçait lentement.

Qui sait quelles pensées étaient passées dans l'esprit du fin guerrier pour que, contre toute attente, il approuve soudain la proposition d'Istvan ? Elle lui lança un regard pénétrant, un sourire grimaçant et quelque peu incrédule figé sur les lèvres. Quelle était cette farce, qui si elle lui donnait l'envie de rire, était toutefois bien peu à son goût ? Sans frémir, Kieran déposa un baiser courtois sur la main de sa dame, comme pour appuyer ses paroles et sa décision. Réduite à quia, incapable de répondre, la jeune Dalneÿs fronça un peu plus les sourcils, mesurant avec inquiétude l'implication des révélations d'Istvan. Un complot … Comment cela pouvait-il seulement être possible, quand la plus probable "menace" était l'instigatrice même de son futur mariage avec Kieran de Galastden ?

Tournant et retournant les paroles dans son esprit, elle adressa un signe de tête distrait, mais respectueux, au Maitre Sarkanys, lui jetant un petit regard à la signification indéchiffrable, tandis qu'il rejoignait ses amis et sa compagne. Que certains puissent ne pas approuver son union ne l'étonnait pas, elle n'était pas si naïve … Cependant, l'Oracle avait lui même prédit que des troubles en résulteraient, qui mettraient en danger le Màr Menel. Elle se mordit la lèvre. Peut-être avait-il raison finalement. Elle leva les yeux sur Kieran, qui scrutait l'assemblée avec insistance, sa petite main toujours fermement ancrée dans la sienne. Se pourrait-il qu'il y ait un lien avec la prise de distance de son fiancé vis à vis de la Maison Galastden et de son mentor, Ehsan, qui l'avait pourtant élevé depuis son plus jeune âge ? Le pion du vieil Elfe avait-il échappé à tout contrôle ?

Une angoisse diffuse enserra à nouveau son sein. Quels dangers allaient donc guetter la citadelle céleste, que même l'Oracle en perçoive les remous, à travers le temps et l'espace ? Et d'où viendraient-ils ? De celui-là même à qui elle allait unir sa vie ? L'ennemi surgirait-il des ombres changeantes que recelait le Màr ? Quant à ces doigts qui enserraient les siens, n'avaient-ils qu'une intention protectrice ou bien n'étaient-ils que la matérialisation des chaines qui allaient l'emprisonner ? Heryn s'efforça de réfréner la crainte irraisonnée qui venait de la saisir, offrant un regard incertain à l'intensité verte des prunelles qui s'étaient à nouveau posées sur elle, interrogatrices. Kieran masquait tant et si bien ses réelles émotions que même l'empathie de la jeune femme ne parvenait à les déchiffrer.

Une voix fraiche et modulée s'éleva soudain dans le silence qui avait suivi le jeu de question-réponse entre le peuple Céleste et les Candidats. Semblant habituée aux discours, la voix posée, jeune et masculine appartenait à un jeune homme que peu avaient eu la ''chance'' d'entendre, jusqu'à ce jour. Dressé devant le banc où les Galastden avaient pris place, la silhouette nonchalante de Zackheim, le cadet de Kieran, attirait tous les regards, sa chevelure auburn soulignant ses yeux couleur de sylve. Avec une habileté consommée, il souligna d'abord son inexpérience concernant la guerre, appuyant ainsi l'importance que revêtait le fait de connaître l'Histoire pour éviter les erreurs du passé et en tirer enseignement … Le passé … Ce simple mot qui formait la charnière idéale pour embrayer sur ce qui devait révéler ses véritables intentions : n'était-il pas important pour le peuple, après tout, de mieux connaître ses dirigeants, notamment en prenant connaissance de leur passé ? De même, les Maitres Dragons ne devaient-ils pas connaître celui de leurs futurs Aspirants, afin d'être sûrs de faire le meilleur choix pour le Màr Menel ?

Le beau visage de Kieran s'était assombri, l'incompréhension et une méfiance à peine contenue y faisant soudain jour. Heryn, à ses côtés, avait le souffle court, et le visage blême. Les yeux brillant de colère, elle releva le menton avec fierté, lèvres entr'ouvertes comme pour répondre. La stupeur se répandit lentement au sein de l'assemblée, tandis que la compréhension des paroles prononcées par Zackeim se faisait dans l'esprit des gens.

Elle n'était pas de ce monde, et si elle ne s'en était jamais cachée, peu nombreux étaient les membres de la jeune génération à le savoir. Quant à son ascendance réelle, elle ferait hausser bien des sourcils incrédules si elle la révélait. La vérité était morte, emportée dans la tombe avec Jasdrian et le Seigneur Logain, les seuls à l'avoir jamais su. Elle même ne l'avait découvert qu'assez tardivement après son arrivée sur Rhaëg, au cours de ses voyages initiatiques de part le vaste monde. La version officielle était irréprochable, et au dessus de tout soupçon. Elle se soumettrait aux questions sur son passé s'il le fallait, et prouverait sa bonne foi, une fois encore. Quant à cette … ''enquête de moralité'' qu'il osait proposer … Il cachait habilement ses insultes sous un agréable dehors, mais cela ne suffirait pas. Le jeune noble remettait en cause la présence pourtant légitime, au sein de l'Ordre du Lumière, de nombreuses personnes de valeur. Quel qu'ait été le passé, elles avaient prouvé leur attachement au Kaerl, et semblait dignes de confiance ...

Elle se redressa et s'avança pour répondre, tête haute, mais la main qui tenait toujours la sienne la retint. Secouant doucement la tête, Kieran semblait l'adjurer du regard, l'inquiétude y étant clairement perceptible. Mais envers qui ?

« N'en faites rien, ma Dame, pour votre honneur. Mon jeune frère possède hélas un esprit retors, et est rompu à ce genre d'exercice. Il finirait fatalement par vous mettre en porte à faux devant tout le peuple assemblé, même si vous n'avez rien à vous reprocher. Ne vous lancez pas dans une joute verbale avec lui, le peuple vous défendra de lui-même s'il va trop loin ! »

Étonnée par une telle véhémence, la jeune femme jeta un bref regard à l'hémicycle, où Zackheim s'était rassis, dans une belle démonstration d'autosatisfaction, un sourire innocent accroché aux lèvres. A son côté, Ehsan, étrangement silencieux, fixait le cadet d'un regard qui ne semblait pas présager de bonnes choses. Un murmure indigné, voire surpris, et même parfois approbateur enflait dans l'air lourd de l'Amphithéâtre, courant de personne en personne, comme réalisant la prédiction qu'avait faite Kieran. Dans une travée à l'écart, Istvan, qui venait à peine de s'éloigner, avait fait promptement demi-tour, et se rapprochait à nouveau du couple, à grandes enjambées, la main sur le pommeau de son épée. Détournant son regard du Maitre Bronze, Heryn le reporta sur son fiancé, regrettant intérieurement d'avoir douté de lui quelques minutes plus tôt.

« Pourquoi … Pourquoi fait-il cela ? Qu'espère-t-il y gagner ? Est-ce une manoeuvre pour déstabiliser les candidats et les pousser dans leurs derniers retranchements ? »

Le guerrier n'eut pas le temps de répondre qu'Istvan fondait sur eux, visiblement furieux, tandis qu'au même moment, Zackheim se relevait pour poursuivre sa diatribe. Quelque peu embarassé par les justifications en apparence candide, apportées par son frère dont il peinait à percer les motivations, Kieran porta un regard tendu sur Istvan, sourcils froncés. Heryn, quant à elle, semblait s'être perdue dans ses pensées, les yeux dans le vague, le visage blême. Les dernières paroles du jeune noble formaient une réponse dérangeante aux questions qu'elle avait soulevé quelques secondes à peine auparavant. Elle ne connaissait pas les pouvoirs dont il était doté, et ses interrogations avaient très bien pu être portées jusqu'à son esprit !? Son expression se fit préoccupée.

Malgré tout … Il arguait agir pour la paix du Kaerl … Elle ne parvenait pourtant pas à se convaincre totalement de l'innocuité des motivations réelles du cadet Galastden. Ehsan avait l'air de plus en plus mécontent, et ses yeux de nuit, même à une telle distance, semblaient s'être effroyablement durcis … Il n'approuvait pas la prise de parole vaniteuse de son pupille, à l'évidence. Et cela ne la rassurait pas pour autant. La jeune demi-sang avait de plus en plus l'impression d'effleurer confusément la surface de quelque chose de bien plus profond, quelque chose qui ferait mieux de ne jamais voir le jour, pour le bien de tous. Etait-ce cela, ces complots qu'avait évoqué le Maitre Espion ?

Un bref éclat de voix la ramena à la réalité. Kieran ... s'opposait à Istvan ? Ce dernier attendait sans doute qu'elle s'exprime publiquement et remette à sa place l'impertinent … Mais malheureusement, Kieran avait raison. Les accusés devaient se défendre seuls, et elle n'interviendrait que si Zackheim outrepassait ouvertement son rang. Incapable de se contenir, Istvan semblait prêt à exploser. L'indifférence affichée par son futur consort l'avait frappé de plein fouet. Il ne pouvait comprendre … Elle adressa un regard contrit à son homme lige, qui, drapé dans sa fierté blessée, avait à nouveau tourné les talons. L'affaire en resterait donc là ?

Délaissant son fiancé quelques instants, elle se pencha vers Dara, qui avait observé silencieusement le déroulement des évènements, songeuse malgré son regard brillant, comme en partie absorbée dans ses propres drames. Elle ressentait le besoin d'avoir son opinion sur Zackheim, d'obtenir son avis éclairé et objectif … La blonde Neishaane eut une moue pensive tout en jetant un bref coup d'oeil à Zackheim, qui s'était rassis, aux côtés d'Ehsan, qui semblait de pas décolérer. Les prunelles de nuit de l'ascétique Elfe allaient et venaient, passant de Kieran à Zackheim, et inversement, les iris vertes des deux garçons s'affrontant mutuellement. Grande était la déception du Patriarche en ce jour, vis à vis des précieux héritiers Galastden ...

La voix d'un nouveau ''belligérant'' s'éleva peu après dans l'Amphithéâtre bondé, ramenant au silence les bruissements qui parcouraient la foule en émoi, faisant taire, petit à petit, le peuple Céleste médusé devant tant d'audace. Incapable de retenir ces mots qui lui brûlaient les lèvres, Istvan Sarkanys, ayant repris sa place aux côtés de sa compagne et de ses amis, s'était redressé, et foudroyant Zackheim du regard, avait demandé au Héraut le droit de parole. Une véritable joute verbale s'engagea, la voix de l'Humain résonnant d'une vertueuse indignation face à ce qu'il interprétait comme un blasphème : qui pouvait donc se rengorger ainsi de remettre en question les choix des dieux ? Comme un torrent trop longtemps contenu, les paroles du Maitre Bronze coulaient hors de sa bouche, s'attaquant minutieusement aux arguments élevés par le jeune noble, comme tentant de lui faire commettre un faux pas. Hélas, comme l'avait souligné Kieran quelques instants à peine plus tôt, son frère avait été à bonne école, et sa réflexion soigneusement étudiée. Il se jouait avec virtuose des propos tenus par Istvan, les écartant d'une pensée comme un chasse un insecte importun, allant jusqu'à les retourner contre leur propriétaire, faisant preuve une intelligence retorse, machiavélique.

Les yeux écarquillés, Heryn observait la scène, comme hypnotisée. Malgré toute sa volonté, elle ne parvenait à se détacher des deux protagonistes. Ce qui devait être une calme assemblée, où les candidats présentaient leur foi en leur kaerl menaçait de tourner en un véritable pugilat … Elle devait faire quelque chose pour les stopper avant que cela ne dégénère. Tel un coup de fouet impitoyable, les insinuations de l'Héritier Galastden s'abattirent sur le Maitre Bronze. Voilà qu'il relevait sournoisement les zones d'ombres du passé d'Istvan et Maëvann … Intolérable accusation. L'Humain s'avança, le regard brûlant, une main sur son épée. Non ! Ne faites pas cela ! Une main calme mais ferme se posa sur l'épaule d'Istvan, silencieuse conjuration de ne pas aller plus loin, et la Dame du Kaerl soupira de soulagement. Sa décision était prise. La magie était rompue. Ils ne devaient pas en venir aux mains ! Elle croisa les iris d'émeraude de Kieran, dont l'expression s'était prodigieusement assombrie. Les esprits s'échauffaient bien trop. Zackheim quant à lui, jubilait littéralement, même et surtout face à la défense indéfectible que lui opposèrent Peddyr, calme malgré son écoeurement, puis Altays, lui qui était pourtant si ouvertement désintéressé de la politique. Voyant Persée s'avancer pour répondre aux accusations et aux questions évoquées par le jeune Galastden, Heryn fronça les sourcils, et se détourna lentement de la scène, rassemblant sa détermination. Elle effleura doucement le bras de Kieran, incertaine, et s'avança vers le Héraut, sous le regard approbateur de Dara.

« Maitre Pace, pourriez-vous rappeler à ces messieurs que cette assemblée n'est pas destinée à être une foire d'empoigne ? Leurs griefs personnels ne regardent qu'eux. A la prochaine incartade, je les prierais d'aller passer leurs nerfs à l'extérieur, afin que les débats sur les professions de foi puissent se dérouler dans les meilleurs conditions. »


Le Héraut esquissa un sourire résigné, acquiesçant silencieusement aux instructions de sa dame, avant de relever prudemment la tête, l'expression méditative.

« Si vous me permettez une suggestion Dame Amlug, il serait peut-être bon de les expulser dès maintenant. Les paroles de Messire de Galastden ont touché une corde sensible, et sans l'intervention louable de Maitre Thelrand, je n'ose imaginer quel traitement Maitre Sarkanys aurait pu faire subir à l'Héritier … Ils se sentiront probablement humiliés dans un premier temps, cependant ... »

Le son d'une gifle déshonorante coupa soudain Horatio Pace dans son argumentation. Ehsan de Galastden, les yeux durs comme des agates, fulminant, se tenait au dessus de Zackheim, qui avait semblait-il perdu de sa superbe, le bras pris dans l'étreinte impitoyable de l'Elfe. Puisque le jeune homme avait persisté à ignorer les avertissements muets que son mentor lui adressait, il l'avait fait taire de la plus terrible des façons. La surprise était totale pour Heryn. Malgré sa méfiance qui ne cessait de croitre à l'égare du cadet Galastden, elle ne put empêcher la compassion de gonfler son coeur, d'autant plus lorsque se superposa à celle de Zakcheim se tenant la joue, l'image de Kieran, la lèvre ensanglantée. Ses yeux s'agrandirent avec stupeur. Impossible … En arriver à de telles extrémités ...

« … Ma Dame ? »

Courtoisement, mais avec une certaine urgence dans la voix, le Héraut ramena l'attention de Heryn sur lui. Celle-ci hocha rapidement la tête, malgré sa consternation nouvelle, approuvant la suggestion de Maitre Pace.

« Oui, faites-les sortir, je vous prie. Cette mascarade n'a que trop duré. »

Horatio s'inclina avec résignation, l'idée ne lui plaisait pas non plus, mais elle était nécessaire. Il entreprit de rejoindre le pupitre sur l'estrade, annonçant d'une voix grave et ferme, qui ne laissait place à aucune discussion, le décret de Dame Amlug. Istvan Sarkanys et Zackheim de Galastden étaient priés de quitter les lieux. Son annonce faite, il céda la place à Nathaniel, dont les yeux révélaient la colère qu'il s'efforçait de combattre intérieurement. Et il n'était pas le seul que de telles attitudes avait mis hors de lui. Tournant un visage fermé vers le Capitaine de la Garde qui se tenait appuyé dans l'ombre d'un mur, le Maitre d'Arme Joachim de Leysse, il attira son attention d'un bref geste de la main.

« Tenez prêts vos hommes à rétablir le calme, Capitaine. »


Le Fëalocë, un gaillard blond âgé d'une bonne quarantaine d'année, haussa un sourcil, passant une main pensive sur sa barbe soigneusement taillée, et jeta un regard évocateur en direction de la petite Dame du Kaerl qui revenait vers eux. Kieran serra les dents. Ce n'était pas le moment de pinailler sur des détails. Il n'avait pas l'intention d'outrepasser l'autorité de Heryn !

« Maitre Joachim, vous me connaissez depuis ma plus tendre enfance. Il est des décisions, je pense, qu'elle répugnerait à prendre, et celle-ci en fait partie. Il est parfois nécessaire d'user de force physique pour ramener les gens à de meilleurs sentiments ... »


« Très bien ... »

Un sourire rusé dévoila les dents blanches du Capitaine, et il hocha la tête, adressant un salut martial au consort et à sa fiancée, avant de disparaître derrière une tenture.

La jeune femme, pendant ce temps, s'était rapprochée doucement, presque craintivement, de son fiancé, tant il semblait irradier d'une rage irraisonnable. Poings serrés le long de son corps, mâchoires serrées, ses iris d'émeraude étaient emplies d'une flamme assassine, inhabituelle chez cet homme impassible et courtois. Ses yeux était rivés sur son mentor, qui observait quant à lui, le visage de marbre, le départ silencieux de son pupille, du côté de l'Amphithéâtre opposé à celui d'Istvan. L'idée qu'il ait pu humilier ainsi son frère lui était intolérable, malgré les différents qui les déchiraient aujourd'hui. Une nouvelle fois, la main fragile mais apaisante de Heryn se posa sur son bras, tendu comme une corde d'arc. Elle ne savait rien des menaces qui planaient derrière son dos … Lui dire la vérité … Non. Son orgueil s'y refusait. Il risquait de perdre la maigre confiance qu'elle lui accordait et il n'y tenait pas. Dans un souffle, sa main le quitta, et elle se dirigea à son tour vers l'estrade, où Nathaniel venait de terminer une brillante allocution, dans une tentative d'apaiser les esprits. Kieran la suivit des yeux, sans mot dire, l'expression indéchiffrable. Elle le capta et lui adressa un sourire confiant en réponse à son regard interrogateur.

Prenant posément place devant le pupitre, elle balaya du regard l'assemblée. Le fait qu'elle ne s'exprime qu'après le départ de Zackheim en ferait murmurer plus d'un, mais qu'importait ...

« Peuple Céleste, habitants du Màr Menel ! Je ne peux que réitérer les demandes du Candidat Illyan. Ne vous laissez pas déstabiliser par les propositions faites par Messire de Galastden. Bien qu'elles recèlent un certain bon sens, il n'est ni l'heure ni le lieu d'en débattre, sauf pour recueillir les avis des trois Candidats au poste de Second sur ce qu'ils envisageraient de faire pour que tous, nous nous connaissions mieux. Une enquête de moralité dans les termes dans lesquels elle a été exprimée, serait certes exagérée. J'ai confiance en vous, tout comme j'espère pouvoir obtenir la votre.

Il n'est pas question de remettre en cause votre appartenance à l'Ordre de Lumière, pas plus que de juger si elle est légitime ! Si vous vous trouvez au Màr Menel, c'est que là est votre place, et que vous l'avez choisi, sans aucun doute possible, mais également que vous vous êtes engagés à en respecter les règles et le credo. Quel besoin dès lors, de s'appesantir sur vos actes passés ? N'avons-nous pas tous droit à une deuxième chance, à la rédemption ? Cette proposition, comme je l'ai dit, sera étudiée en temps et en heure par les hautes sphères du Kaerl, afin d'être mise en place, si nécessaire, de la façon la plus convenable possible. Soyez tranquille. Votre intimité et vos serments ne seront pas bafoués. Une tribune libre a été mise en place sur la Grand'Place précisément pour que vous puissiez en débattre sereinement, et y apporter votre pierre.

Je souhaiterais maintenant que les esprits retournent à ce qui nous intéresse. Que ceux qui ont encore des questions à adresser à nos Candidats s'expriment, s'ils le souhaitent. Dans le cas contraire, nous pourrons lever la séance, et nous donner rendez-vous dans un cycle lunaire, pour les votes. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Oracle Tol Orëanéen
Eminence Grise
Eminence Grise
avatar

Messages : 824
RPs : 879
Date d'inscription : 30/08/2013
Localisation : Mont Gerikor

MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   Dim 1 Sep 2013 - 8:44

La poitrine de Maëvann s’emplit d’un souffle profond, alors qu’elle tentait d’apaiser l’adrénaline et la colère qui pulsaient dans ses veines. Dans les gradins bruissaient encore chuchotements et messes basses, y perçait parfois l’éclat d’une voix clamant réparation ou soutenant certains faits évoqués alors.

- Par Flarmya, mais qu’est-ce qui se passe ici ?!

La Maîtresse Noire, la tête bourdonnante, essayait de faire le clair dans son esprit. Istvan et Zackheim venaient d’être congédié de l’Amphithéâtre à l’instant et elle aurait bondi pour rejoindre son aimé si Altays ne lui avait fait judicieusement remarquer combien cela serait mal perçu.

- Non! Je suis désolé Maevann. Mais partir avec lui signifierait que tu es prête à tous les laisser pour ton homme. Attend encore un instant que les choses se tassent et tu pourras probablement t'eclipser de façon plus courtoise. Là... je pense que tu les offenserais et c'est sûrement ce que l'autre petit demeuré attend de toi.

La Candidate avait hoché la tête et s’était docilement assise de nouveau, le visage blême et les doigts tremblants. Elle savait combien l’âme droite et solennelle de son fiancé pouvait être heurtée de ce genre de propos et combien il était important pour lui de demander réparation aux offenses.

- J’espère que Peddyr saura calmer sa colère…

En le congédiant avec Zackheim, Heryn avait sans doute voulu ramener le calme dans les débats …mais c’était une façon de montrer comment le Mar Menel traitait les propos …dérangeants, tant de ses détracteurs que de ses serviteurs. De même que les interventions de Persée et Nathaniel – bien que toutes à leur honneur et brodées de courage – révélaient sans doute d’avantage leurs failles que leur irréprochabilité. En effet le cadet Galastden semblait rompu à l’exercice de la rhétorique malsaine et de la versatilité des discours. A l’image d’une plante envahissante, qui repousse de plus belle lorsqu’on la coupe, déploie ses racines sous terre pour rejaillir plus loin quand on cherche à restreindre sa poussée, tout contre argument à son égard ne faisait qu’affûter ses raisonnements pour mieux les retourner contre ses adversaires.
Istvan et Altays en avaient déjà fait les frais, se retrouvant sans voix devant l’effronterie de Zackheim, poussés dans leur retranchements jusqu’à en venir aux mains. Ce misérable savait y faire et Maëvann se rendit compte qu’elle portait déjà en horreur cet air crâne, ces lèvres pleines plissées dans une moue de dédain ou un sourire crâne, ce regard d’un sombre vert imprégné de froid calcul, de folie latente…Oui, c’est ce qu’il voulait, être haï, détesté… De cette haine qui vous fait perdre tout sens commun, vous ramenant à des sentiments bestiaux qui étouffent votre aptitude à réfléchir posément, à vous comporter dignement.

- C’est ce que tu veux n’est-ce pas, Zackheim de Galastden ? Jeter du sel sur nos plaies jusqu’à ce que nous criions grâce ou nourrissions l’envie de t’étrangler pour étouffer tes maudites paroles …Le visage de la demi-sang se fendit d’un sourire cynique. Dans un cas comme dans un autre, nous serions en porte-à-faux face au reste de la communauté…Mais je ne tomberais pas dans ton petit jeu, du moins pas ici, pas maintenant.

Heryn s’était avancée sur le pupitre pour inciter de nouveau le Peuple au calme, à défaut d’y parvenir pour Kieran qui fulminait dans un coin de l’Amphithéâtre. Maëvann hocha la tête lorsqu’elle mentionna la Tribune Libre. Il fallait recentrer les débats. Lorsque la Dame eut fini, elle se leva, soutenant son ventre lourd d’une main et déclara d’une voix calme mais sans faille :

- Je n’ajouterais rien de plus à ce qui à déjà été dit, ni ne rependrais les propos de Messire Zackheim de Galastden…car je n’ai pas à réfuter ni à défendre de ce que je suis. Son regard céladon parcourut l’assemblé avec lenteur, comme pour dévisager chacun des Célestes présents. Les élucubrations et provocations sur ma personne et la légitimité de ma candidature, je les entends, je peux les comprendre …mais n’en souffre ni ne m’en sens salie. Je sais ce que je vaux et ce que je suis. A vous de vous faire votre propre opinion par la suite, de façon démocratique et réfléchie, en votant pour celui qui vous paraîtra le plus digne d’être Second. Nous vous avons tout trois exposé nos Professions de Foi, répondu à vos questions. S’il en demeure encore, c’est le moment ou jamais d’en faire part. Vous êtes en droit d’avoir des doutes, des appréhensions, tout comme nous sommes en droit de garder le secret sur notre passé ou de nous montrer fier… mais sachons rester adultes et responsables. Le Mar Menel prend grand soin de vous donner la parole, c’est une chance qu’il ne faut pas spolier par de futiles rancoeurs ou provocations. Maintenant, regagnons le calme et , si vous le souhaitez, devisons et argumentons encore.

Malgré la fatigue de son dos et son cœur encore bouillonnant des fiévreux événements, Maëvann resta debout et attendit que les votants questionnent ou que la séance soit close. Cependant, elle glissait de temps à autres un regard entendu à Altays, espérant en son fort intérieur qu’elle pourrait très vite rejoindre Istvan au dehors.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tol-orea.xooit.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé   

Revenir en haut Aller en bas
 
V1 - [RP Officiel] Professions de foi des Candidats - Achevé
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» nouveau supplement-non officiel?
» Texte officiel des amendements de la constitution de 1987
» Site Officiel du Pool
» [Question] Format officiel des socles à Mordheim
» Liste des professions

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Tol Orëa, la Terre de l'Aube :: [RPG] Màr Menel, le Kaerl Céleste :: L'Amphithéâtre-
Sauter vers: