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 [RP] Un amour pour une vie

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Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
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Heryn Amlug


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MessageSujet: [RP] Un amour pour une vie   [RP] Un amour pour une vie Icon_minitimeLun 25 Fév 2019 - 15:27

[RP] Un amour pour une vie Kieran_de_galastden_new_tolorea__[RP] Un amour pour une vie Bronze_Seldryn_Vava_Tol_Orea
Kieran de Galastden & le Bronze Seldryn
Seigneur Consort du Màr Menel


Theme Song :
Krone – Hiroyuki Sawano

~ 1er jour d’Isashaniku 919

Alors que l’éclat fragile de Solyae commençait tout juste à saupoudrer d’or la cité endormie, encore hébétée des excès de la nuit passée, un rugissement puissant s’éleva, répété, encore et encore, au dessus des rues désertées du Màr Menel, ébranlant jusqu’aux cieux, où l’éclat lointain des étoiles pâlissait, comme effarouchées par l’apparition de l’astre solaire.

Ce vibrant avertissement, chargé de provocation, et destiné à chaque âme vivante au Kaerl, paraissait soudain provenir de partout et d'ailleurs à la fois. Pourtant, au Valarëa et ailleurs, les dragons se redressèrent, lentement, pressant leurs âmes vers sa source, avides de s’y abreuver. Tous ressentaient, gravé au plus profond de leur chair, la signification de cet appel. Une Reine venait d’annoncer à tous sa décision d’entreprendre son Vol Nuptial. Qui posséderait assez de courage et de témérité pour relever son défi, et devenir acteur de cette parade dont chaque dragon, quelle que soit son origine, connaissait instinctivement les pas ?

Le jour du passage, l’entre-deux, la nuit de la fête des fous venait de s’achever, et la nouvelle année à venir s’ouvrait sur la Terre de l’Aube. Aujourd’hui, on fêterait les Ancêtres. Aujourd’hui, une nouvelle génération de dragons serait conçue, bénie par l’ensemble d’une noble lignée matriarcale qu’ils pourraient revendiquer avec fierté. Baignée par la lueur du soleil levant, éblouissante étoile d’or et de flammes, la Reine ouvrit les ailes dans un claquement sec, se préparant à prendre son envol. Dans l’obscurité encore prégnante des alcôves du Valarëa, l’éveil se poursuivait, et ses prétendants se rassemblaient désormais derrière elle, prudents. Elle voulait être sûre que tous pourraient assister à son triomphe … Mais ne comptait pas laisser le premier venu la couvrir. Elle avait déjà fait son choix. Le reste ne serait que pure démonstration de force et d’agilité. Il devrait la mériter.

Aussi vrilla-t-elle un regard rougeoyant, sanglant, sur la silhouette sombre de Merentar, qui s’étirait avec langueur, l’aura chargée d’une évidente agressivité, destinée à Seldryn, silencieux et en retrait. Le Bronze s’était ramassé sur lui-même, extérieurement calme, mais prêt à bondir au premier mouvement de sa Reine. En son fort intérieur, Rintrah se jura que le petit Noir serait le premier à abandonner la course, suffisamment humilié pour ne plus jamais ne serait-ce qu’envisager de réitérer l’expérience.
Alors, elle s’élança, sans crainte, fendant le vide telle une comète oubliée, pour se propulser vers le ciel à la seule force de ses puissantes ailes. Plus haut, toujours plus haut, jusqu’à sentir l’oxygène se raréfier dans ses poumons. Elle ne regarda pas en arrière. Elle savait que tous la suivraient, que tous n’auraient d’yeux que pour elle.

Alors, une nouvelle fois, son rugissement éclata, orgueilleux, promettant une gloire partagée à celui qui la rattraperait, et perçant cette fois définitivement les brumes du sommeil qui engourdissaient encore l’esprit de sa liée endormie.

Saisie par un malaise soudain, à demi suffocante, Heryn ouvrit les yeux, constatant la couche vide et froide à ses côtés, les pensées se mélangeant alors dans sa tête, se repassant une scène bien trop douloureusement similaire. La fenêtre donnant sur le balcon était entrouverte, et, les mains serrées sur la rambarde de marbre, tendu vers l’avant comme s’il voulait s’envoler à son tour, Kieran avait les yeux rivés sur le ciel. Une sourde angoisse se répandit en elle, et elle se redressa lentement, incertaine, les bras serrés autour de son ventre dans une attitude protectrice. Elle n’avait pas oublié, la détresse passée du jeune homme, la noirceur de la culpabilité qui l’avait dévorée. Son désir de rédemption. Mais n’était-il pas censé avoir réussi à surmonter ces épreuves ?

« Kieran ... »

Son nom lui échappa comme une supplique, et il se tourna vers elle, ses iris d’émeraude semblant dévorer son beau visage. Comme il lui parut jeune alors, une lueur d’égarement dansant follement dans ses yeux, comme s’il ne parvenait plus à distinguer s’il était dragon ou homme. Sans qu’elle ne puisse se contrôler, elle sentit les larmes commencer à se bousculer en elle, et elle les refoula impitoyablement, tendant une main frêle vers lui, les lèvres tremblantes. Un instant, sa prière muette flotta entre eux, puis, en quelques pas, il fut de nouveau à ses côtés, l’entourant de la chaleur de ses bras, chassant le froid qui s’était emparé de son coeur. Ses doigts se crispèrent sur le tissus de sa chemise, et elle se pressa contre son torse, ressentant sa peau tiède contre la sienne, sa respiration hâchée et les battements accélérés de son coeur. Alors, elle sut, comme si Rintrah le lui avait soufflé. Seldryn ne lui épargnerait rien, jusqu’à la toute fin, leurs esprits resteraient étroitement liés.
Son visage enfoui dans sa chevelure cuivrée, son bien-aimé murmurait doucement, les mots se bousculant sur ses lèvres, en un flot impossible à arrêter :

« Seldryn, tout comme Zackheim … J’ai essayé, mais je ne peux pas leur en vouloir. Tout est ma faute. Pour avoir voulu disposer de mon honneur, de ma vie même, sans avoir voulu considérer combien elle était pourtant précieuse. Pour avoir… voulu remettre mon sort en d’autres mains que les siennes. Seldryn … Il a peur, tu sais, véritablement peur de me perdre une nouvelle fois, pour toujours cette fois. Il a besoin de crever cet abcès, de réduire en cendre cette rancoeur … C’est pour cela qu’il doit affronter sa Reine. Pour cette raison qu’il veut la conquérir. Il la tient pour responsable, et il voudrait pouvoir vous blâmer … Mais au fond, c’est lui qui se sent coupable. C’est une quête de confiance, en lui, et en nous ... »

Là-bas, éraflant de ses serres les pics acérés des montagnes bordant Tol Orëa, puis effleurant du bout de ses délicates ailes dorées les hauteurs des rondes collines d'Astrenuit, disparaissant dans un nuage de neige créé d’un vigoureux coup de fouet, Rintrah s’amusait avec les nerfs de ses prétendants.

Finalement, retenus par un simple regard ou une simple pensée venant des autres Reines, destinés à leurs amants, à leurs fils, à leurs frères, arrêtés par le poids des loyautés familiales, ils étaient peu à avoir osé prendre leur envol à sa suite. Des cinq mâles d’origine, il n’en restait à présent plus que deux. Seldryn, qui, poussé par une obstination ardente, n’en démordrait pas jusqu’à la ployer à sa volonté, et l’agaçant petit Noir lié à Ambroise, se glissant dans son sillage comme un moucheron déplaisant. Merentar la désirait pour de mauvaises raisons, et cela lui faisait l’effet d’un bien arrogant camouflet. Et quiconque insultait une Reine devait s’attendre à de terribles représailles ...
Alors, sur un rugissement de défi à destination des deux mâles, la Dorée infléchit sa course, se rapprochant de la muraille de pierre acérée, du haut de laquelle coulait, sauvage et indomptée, une puissante cascade, que même le gel n’avait su figer. Plantant ses griffes dans la falaise pour plonger directement sous la chute d’eau, son univers tout entier fut un instant oblitéré par la violence assourdissante de tonnes d’eau s’abattant sur sa parure d’or. Suivant le mouvement de l’eau, la Dorée se laissa entraîner par le courant, crevant brutalement la surface du lac en contrebas. C’était une manœuvre particulièrement risquée, à laquelle seul un dragon suffisamment vigoureux et imposant serait potentiellement capable de survivre. Car il s’agissait de cela à présent : une question de vie, ou de mort. Mais n’avait-ce pas été le cas dès le départ après tout ? Un besoin impérieux de créer la vie ?

A court de souffle, Rintrah ressortit de l’eau glacée pour se propulser sur la berge, prenant un instant pour vérifier si les deux autres dragons l’avaient suivie. Vivante statue de métal précieux, éclaboussée de diamant par les gouttelettes ruisselant sur son corps fuselé, elle croisa le regard amer de Merentar, une aile pendant de travers, perché tout en haut de la falaise. Il ne viendrait pas. Volontairement provocatrice, elle redressa la tête vers le ciel, claironnant sa victoire, et déploya ses ailes contre la morsure de la bise hivernale. Il allait lui falloir achever la course au plus vite, car son bain forcé l’avait largement épuisée. Elle ne tiendrait plus longtemps. Sans attendre que Seldryn réapparaisse, elle s’envola de nouveau, s’éloignant rapidement en direction de reliefs moins escarpés. Lui la suivrait jusqu’au bout. Elle en avait la certitude.

Ses lèvres s’écartèrent lentement des siennes, et ses iris d’émeraude, brûlantes de trop de choses pour être nommées, impétueuses, se posèrent sur elle, la maintenant sous le feu de son regard. Dans le cercle éperdu de ses bras, il s’était soudain raidit, muet. Il savait ce que Seldryn avait fait, qu’il était la cause de la blessure de Merentar, mais il n’en avait cure. L’autre n’avait eu que ce qu’il méritait. Partageant par les yeux de leurs dragons la raison de ses tourments, elle passa alors une main apaisante sur sa joue, et il s’abandonna un instant à la caresse, ses paupières venant enfin couvrir d’un voile pudique le miroir de son âme.

« Promets-moi … Promets-moi que tu ne te confronteras pas à Ambroise avant la naissance de notre enfant. Je t’en prie. »

Cette nouvelle promesse qu’elle voulait lui arracher, prononcée dans un souffle confus, Heryn ignorait encore si c’était la meilleure chose à faire. Mais une chose lui apparaissait clair : elle aurait besoin de lui à ses côtés pour traverser les lunes à venir, pour l’accompagner durant cette grossesse qui lui faisait si peur. Elle ne supporterait pas de le perdre à son tour. Elle ne pouvait imaginer ce qu’elle ferait s’il l’abandonnait. Elle se mordit les lèvres, repoussant une nouvelle fois ses larmes, et maudissant sans réellement le penser, le lien par lequel, pulsait, inépuisable, l’exaltation de sa dragonne et qui lui embrouillait l’esprit. Ne se montrait-elle pas cruellement égoïste ? Ne cherchait-elle pas inconsciemment, par sa demande, à s’assurer qu’il ne se détournerait pas d’elle ? Et pourtant … Quoi qu’elle ait du mal à se l’avouer, aussi inattendu qu’un tel sentiment ait pu paraître considérant leur vécu commun et les origines de leur relation, elle l’aimait tant que cela en devenait douloureux. Avec sincérité. Et de toute son âme. Elle éprouvait l’intolérable besoin d’être rassurée, comme vouée à rejouer toujours les mêmes drames, à ressasser les mêmes questionnements.

Sans rouvrir les yeux, sa joue toujours nichée dans le creux de sa main, Kieran laissa finalement échapper un très léger, impalpable soupir, et après un instant d’hésitation, tandis qu’un frisson venait le secouer tout entier, hérissant sa peau, il acquiesça lentement, la voix rauque.

« Je t’en fais le serment solennel. »

Alors, ses doigts s’entrelacèrent aux siens et toute conscience autre que celle de la sensation de leur étreinte disparut, noyée dans un brouillard éclatant, en même temps que, paradoxalement, tout lui semblait devenir infiniment plus clair.

Se sachant enfin débarrassé de son bien misérable adversaire, Seldryn s’était hardiment élancé à la poursuite de sa Reine, mobilisant ses forces dans un dernier effort, qui, il en était persuadé, la mettrait enfin à sa portée. La défaite ne lui faisait pas peur, elle lui était juste inconcevable. C’est ainsi que, alors qu’il s’était contenté jusque là de suivre Rintrah sans chercher à la rattraper, le Bronze poussa sur ses ailes, augmentant sa vitesse petit à petit et prenant de l’altitude jusqu’à pouvoir surplomber l’altière dragonne. Son ombre la couvrant toute entière, il se laissa chuter vers elle, griffes sorties et crocs d’ivoire retroussés sur un grondement agressif. Se retournant en plein vol d’un mouvement vif, elle lui fit face sans frémir, se précipitant à sa rencontre, prête à défendre chèrement son honneur.

Dans une masse chaotique d’écailles d’or en fusion et de cuivre sanglant, les deux dragons se heurtèrent violemment, chacun cherchant à prendre le dessus sur l’autre, leurs rugissements conjugués faisant trembler jusqu’aux racines des montagnes environnantes.

Ils donnaient ainsi l’image de deux gigantesques et impressionnants fauves, se cherchant querelle et avides de déterminer lequel d’entre d’eux établirait sa domination sur l’autre. Il y avait une colère, une douleur et une rancune ancienne qui couvait sous ce conflit apparent, à l’image d’une braise qui s’enflammerait une ultime fois avant de s’éteindre définitivement, tout autre conclusion que celle-ci étant devenue impossible. Aussi, instinctivement, étroitement agrippés l’un à l’autre tout en continuant à chercher à se mordre, leurs ailes repliées contre leurs corps pour les protéger, se défiant du regard, ils entamèrent une descente vertigineuse. Encore, et encore, tourbillonnant follement, leur vitesse s’accélérant, le sol se rapprochant jusqu’à ce qu’il ne soit bientôt plus possible de faire marche arrière, ils s’unirent finalement, leur hargne consumée par le désir. Le Bronze comme la Dorée, aucun n’était parvenu à prouver sa supériorité sur l'autre. Égaux, glorieux enfants de la Déesse aux Larmes de Feu. Et libres. Libres de faire table rase du passé, libres de décider de leur futur. Voilà ce qu’ils étaient.


Dernière édition par Heryn Amlug le Dim 22 Sep 2019 - 18:26, édité 2 fois
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Heryn Amlug
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MessageSujet: Re: [RP] Un amour pour une vie   [RP] Un amour pour une vie Icon_minitimeLun 25 Fév 2019 - 15:27


~ Hiver & Printemps 919


Après cela, les jours s’étaient écoulés, avec la langueur propre à celle de la période hivernale, tandis qu’une impatience grandissante se saisissait d’elle. Les lunes se succédèrent, lui paraissant interminables, tandis que son ventre s’arrondissait de belle façon.

Isashaniku, Llefelysku … Pour plus de confort et de simplicité, considérant son état, Kieran et elle s’installèrent dans la demeure ancestrale de la Maison Dalneÿs, et nul n’y trouva à redire, pas plus qu’aux visites hebdomadaires de Nalesean, autant Patriarche que Maître Guérisseur. Dans un excès de sûreté, désireuse de protéger son enfant à venir, la jeune femme persistait à vouloir cacher au plus grand nombre sa grossesse. Cependant, et de manière bien évidente, même les tuniques et les robes les plus larges devinrent bientôt insuffisantes à masquer son état. Et le nombre de personnes mises dans le secret s’accrût, ce qui se révéla finalement un grand soulagement pour elle.

Dans un premier temps, rien ne vint troubler la sérénité du Màr Menel, ni celle de sa Dame et son Consort. Ses relations avec son Second s’installèrent dans un cadre strictement professionnel, impersonnel. Il n’y eu ni coup d’éclat, ni provocation. Kieran se tint à sa promesse, restant à l’écart de son détracteur. Quant à Ambroise, proprement humilié lors de la précédente éclosion, puis du vol nuptial qui avait suivi, il remâchait sa cuisante défaite en silence. Pourtant, il lui semblait voir dans l’éclat sombre de ses yeux, lire dans le pli amer de ses lèvres, une profonde envie, qu’il se gardait bien d’exprimer. Dans ces moments là, confuse, elle envisageait l’éventualité que, d’une manière ou d’une autre, il soit au courant. Les gens murmuraient, elle le savait. Obligeant, Siegrain lui rapportait les rumeurs qui lui parvenaient. On disait que le Second et son épouse, Saraqiel de la Maison Rhidian, étaient en froid, et faisaient désormais chambre à part. Et on s’interrogeait sur le fait que leur union soit toujours infertile. Certains parlaient d’une maîtresse, d’autres de stérilité.

Haskèlku vint, et passa à son tour. De Zackheim ou Persée, il n’y avait toujours aucune trace.

Puis Rintrah s’installa sur les Sables d’Eclosion, prête à mettre au monde sa prochaine couvée, et l’équipée envoyée au Vaendark à la recherche du Kaerl des Glaces revint enfin. Victorieuse, grâce à l'aide précieuse d'un éclaireur du Màr Luimë envoyé lui aussi sur les lieux … Et accompagnée d’un prisonnier. Les évènements se précipitèrent alors. Martel Dehlekna, Maître Dragon exilé du Màr Tàralöm, avait été capturé, mais son dragon restait introuvable. Situation délicate s’il en était ... Au terme de longues tractations, le conseil des Hautes Sphères décida que l’homme serait maintenu en détention, et questionné sur les connaissances qu’il détenait concernant le Kaerl des Glaces. La Maison Galastden et ses représentants acceptèrent de mauvaise grâce l’intervention de consultants tiers, membres des Maisons Amberle et Dalneÿs, en tant qu’observateurs des séances d’interrogatoires … Qui devaient être menés sans usage de violence physique, Heryn s’y étant opposée dès le début.

Une, deux puis trois semaines s’ajoutèrent au compte des lunes.

Iolyaku, enfin. Lordan, apprenant sa grossesse, et soucieux de contrôler l’entourage de sa Dame dans un contexte politique tendu, commença à recruter de nouveaux membres prometteurs pour l’Escadron d’Elite. Ottilia Théandore et sa Verte Briinah furent dès lors prises sous l’aile du nouvel Arken en tant qu’apprenties ... Puis, un peu plus tard, Kyriel Rhidian et la Blanche Tahira, de tempérament strict mais toutes deux particulièrement vives d’esprit, furent quant à elles affectées à sa protection rapprochée.
Kieran, quant à lui, en plus du réconfort que sa présence constante à ses côtés lui apportait, fit preuve d’un grand talent pour gérer, de manière bien officieuse, les affaires du Kaerl lorsque la fatigue se faisait trop lourde à porter pour elle.

Au sein de la citadelle céleste, le printemps fit son apparition, les températures commencèrent à remonter, les arbres se couvrirent de rose, de vert et de blanc … Et une bien inconcevable demande de rançon leur parvint. Bien sûr, encore une fois, les rumeurs s’étaient propagées, et cette fois, jusqu’au Màr Tàralöm. Une vie pour une vie. Voilà ce qu'ils réclamaient.
Le Kaerl Ardent exigeait le retour en leur sein de l’Exilé, en échange de quoi ils leur restitueraient un membre perdu de l’Ordre de Lumière. Qu’ils refusent et leur prisonnier serait tué. Le mystère plana lourdement sur son identité, que nul ne put hélas deviner jusqu’au jour dit.
Heryn, dans un mélange âcre de clairvoyance et de crainte, estima alors qu’il serait plus sage de remettre le sort de Martel Dehlehkna entre les mains des siens, refusant de prendre sur sa conscience la mort potentielle de deux Doués … Ou de risquer une nouvelle guerre ouverte entre les Kaerls. L’éventualité que ce soit un piège était loin d’être à écarter, selon elle, mais quand bien même. La présence de l’Ardent au Màr Menel générait bien trop de tensions internes pour laisser la situation en l’état.

Et elle fit ainsi la connaissance de Renàto, enfant perdu de la Maison de Leysse, éduqué comme Aspirant au Màr Tàralöm, puis lié sur ses sables. Meurtrier des siens. Traître à son sang. Maudit. Fou de guerre.
Avec beaucoup d’humilité, résigné à son sort et prêt à être exécuté pour ses actes, ainsi que l'adjuraient les Maisons Leysse et Galastden, il se soumit à toutes les extrémités qu’on lui imposa durant son jugement. Forts des leçons acquises durant la guerre contre l’Ombremage, le Gardien Maeglin lui-même fouilla son esprit, ébranlant, sans douceur bien que sans malveillance, jusqu’à ses fondations mêmes. Son vécu fut révélé, exploité, exposé de bout en bout, sans fard, sans ne laisser aucune zone d'ombre, aucun secret. Tout en admettant sa nécessité, elle ne put s'empêcher de songer alors qu'il s'agissait d'une bien écœurante forme d'humiliation.
Le verdict tomba. Il n’y avait plus en lui la moindre once de loyauté envers le Kaerl Ardent et les meurtres qu’il avait commis relevaient d’un bien malheureux, quoi que sanglant, hasard.
Reconnaissant néanmoins la malédiction qui pesait sur lui et le risque que cela représentait, Renàto et son Blanc, Cyngar, furent assignés au Kaerl, interdits de quitter le Màr Menel tant qu’il n’en serait pas décidé autrement, et leurs déplacements en permanence surveillés. Touchée par son histoire et en dépit des très fortes réserves émises tant par Kieran que par Lordan, Heryn se décida à le prendre sous sa protection. Si elle ne lui accordait pas sa confiance, si elle ne lui tendait pas une main secourable, qui alors le ferait ? Quoi que se refusant au départ d’utiliser de tels arguments, elle prit l’exemple de Peddyr Thelrand, toujours bien injustement considéré au Kaerl, et Lordan fléchit.

Mal à l’aise en la présence de sa Dame, quoi que sincèrement reconnaissant pour sa bonté envers lui, Renàto accorda curieusement sa fidélité à Kieran, s’efforçant de gagner sa confiance, veillant sur lui lorsqu’il était loin d’elle. Peut-être ressentait-il une certaine forme de parenté inconsciente entre la détresse qui les affligeait tous deux. Responsabilité. Remords. Mélancolie. Leur proximité fut finalement facilité par la prévenance et l’humeur légère de Siegrain, qui, de manière surprenante, s’attacha en fort peu de temps au jeune de Leysse au passé si troublé. En vérité, il aurait été plus proche de la réalité de dire que le sang-mêlé, ayant attiré son attention, l'intrigait. Ce n’était guère qu’un original, un paria de plus, après tout ? Siegrain lui-même, Kieran, Mallory, Heryn, Peddyr, et maintenant Renàto … Que leur importait ce que les gens pouvaient bien dire à leur sujet ?

Veillant sur elle avec la sévérité d’une Reine Dragon, Kyriel, elle, se refusait à baisser sa garde vis à vis du ‘‘transfuge Ardent’’, peu aidée en cela par l'expression lourde de culpabilité qu’il arborait lorsque leurs regards avaient le malheur de se croiser. Car au Màr Tàralöm avait, hélas, également trouvé refuge un autre natif du Kaerl Céleste, en la personne du propre frère de la Chevalière : Kalièl Rhidian .... Avant qu’il n’y périsse par la main même de Renàto, contraint de préserver sa vie face à la démence haineuse d’un homme ayant purement et totalement rejeté les idéaux de sa famille de naissance.

Et les lunes reprirent leur lente danse à travers les cieux, la vie au Màr Menel retrouvant une certaine forme de calme. Gaïaku, puis Solyaeku. Le printemps installa définitivement son emprise sur la Terre de l’Aube, et l’été pointant timidement le bout de son nez, Heryn entra dans la dernière période de sa grossesse. Sur les Sables d'Eclosion, les oeufs de Rintrah et Seldryn mûrissaient à leur rythme, protégés par la garde vigilante de leurs parents.

Si son bien-aimé resserrait de son côté ses liens avec ceux qui étaient ses plus proches amis, elle-même ne fut pas en reste. Décidant de s’ouvrir aux Hautes Sphères au sujet de son enfant à venir, de toute façon incapable de le cacher plus longtemps, la jeune femme commença à recevoir la visite aimable de personnes de plus en plus nombreuses, pour autant que Lordan en filtrait attentivement les allées et venues.

Il y eut d’abord Dara, la blonde dirigeante de la Maison Amberle décidant de rompre la glace qui s’était établie entre elles suite aux évènements des Noces Pourpres. Auparavant éprise de Kieran, elle avait décidé d’enfin aller de l’avant, refusant de laisser une obscure jalousie ruiner leur relation alors que son enfant, fruit de leur amour sincère, allait bientôt naître. Tout au bonheur de pouvoir enfin laisser leur dispute derrière elles, Heryn avait senti son coeur s’alléger, et elles s’étaient promises de se revoir régulièrement, désormais.

Puis, ramenée par son bien-aimé incertain de la conduite à tenir, ce fut au tour de la Matriarche Galastden, Elerinna, liée de la vénérable Dorée Kiruna, la plus âgée des Reines du Kaerl. Accompagnée par son petit-fils Asdrig, adolescent roux et dégingandé, elles avaient devisé toutes deux pendant un après-midi ensoleillé, savourant leur thé assises sur le patio en bois devant la maison, pendant que le garçon échangeait quelques passes d’armes maladroites avec Kieran. La vieille femme lui avait présenté ses excuses pour le comportement des membres de sa Maison, expliquant qu’ils ne faisaient que suivre la ligne de conduite de leur dirigeante, Semperya, laquelle semblait avoir trouvé une figure de proue en la personne d’Ambroise, refusant ainsi d’écouter les opinions plus mesurées de la Matriarche.
Il y aurait eu tant à dire, mais le simple regard affectueux quoi qu’un peu triste, que Elerinna porta sur Kieran et Asdrig se suffisait à lui-même. Ehsan avait été son fils, et aussi terribles qu’aient pu être ses agissements, ils ne pouvaient entacher l’amour d’une mère. Elles conclurent leur entretien sur une accolade cordiale et chaleureuse, alors que l’Elfe lui chuchotait à l’oreille qu’un jour prochain, sa Dame pourrait assister à la même scène, jouée cette fois-ci entre son époux et son propre enfant.

Le soleil semblant déterminé à assurer son emprise sur Tol Orëa, Flarmyaku s’annonça doucement. Toujours attentivement veillés par Kyriel, accompagnée parfois par Siegrain et Mallory, et le plus souvent par Nashira, forte de son enseignement auprès de Nalesean, le couple seigneurial renforça l’intimité de leur cocon au sein de la demeure de famille des Dalneÿs, s’assurant qu’il y aurait toujours quelqu’un de présent aux côtés de Heryn. Ceci, tant pour distraire une jeune mère bien anxieuse, que pour pouvoir répondre au plus vite aux conséquences du terme qui s’approchait inéluctablement ...
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MessageSujet: Re: [RP] Un amour pour une vie   [RP] Un amour pour une vie Icon_minitimeLun 25 Fév 2019 - 15:29

~ 23e jour de Flarmyaku 919

[RP] Un amour pour une vie Siegrain-kay-tolorea__[RP] Un amour pour une vie Loki-brun-dragon-tolorea
Siegrain Kaÿ d'Amberle & le Brun Loki


Dans le jardin clôturé du manoir Dalneÿs, sous l’ombre des vénérables cerisiers qui procuraient un répit bienvenu à la lourde chaleur de cette fin d’après-midi, il était possible de percevoir la rumeur lointaine d’une conversation paisible. Au loin, hauts dans le ciel derrière les formes élancées des trois Spires, et bien que la menace soit encore incertaine, bourgeonnaient déjà des nuages d’orage, blancs et cotonneux.
Bien que seul représentant de la gent masculine de la petite assemblée, Siegrain ne sentait pas mal à l’aise. Heryn s’était montrée une hôte agréable, comme toujours, affichant un entrain bon enfant face à ses plaisanteries et prêtant une oreille attentive aux rumeurs qu’il colportait … Quant à Nashira, étant la sœur de Mallory, elle et lui se côtoyaient depuis suffisamment longtemps pour avoir appris à s’apprécier, en dépit de leurs différences. Restait l’irréductible Kyriel, qui ne manquait pas de lui faire sentir son déplaisir. Escadron d’Elite ou pas, on ne reniait pas si facilement les valeurs de sa Maison, après tout, et sa propre réputation … disons, sulfureuse, n’était plus à faire.

Sentant son regard vert de jade peser sur lui un peu trop lourdement depuis maintenant de longues minutes, le demi-sang lui adressa un sourire éblouissant, teinté d’une infime provocation, mais décida néanmoins, pour une fois, de suivre la voie de la raison. Il était temps pour lui de se retirer et de laisser ces dames à leurs occupations. Il agacerait la Chevalière Blanche une autre fois ; tant qu’elle graviterait dans l’entourage de Heryn, les occasions ne manqueraient pas.
Aussi, se redressant souplement, il lança son esprit à la rencontre de Loki, son Brun, présentement au Valarëa, et en train de faire une cour tout à fait éhontée à la Blanche Tahira, sa propre soeur de couvée. La dragonne, qui semblait exprimer par son attitude, tout comme si elle l’avait verbalisé, quelque chose se rapprochant de ‘‘stupide mâle’’, s’efforçait d’ignorer son compagnon à la manière d’un insecte déplaisant et insistant.
Un sourire amusé flottant sur ses lèvres, Siegrain s’inclina devant sa Dame, s’emparant de sa main et y déposant un baiser léger, un peu trop appuyé pour être totalement formel, tandis que deux paires d’iris verdoyants le fusillaient du regard. Extérieurement imperturbable, il maudit intérieurement, sans toutefois le penser réellement, la tendance de Kieran à s’entourer de rousses au caractère flamboyant.

*Que ne fait-on pas par amour ?*

« Ma Dame, une fois encore ce fut un plaisir. Assurez, je vous prie, à monseigneur Kieran qu’il est un homme chanceux, car la grossesse de son épouse ne fait que l’embellir chaque jour un peu plus. »


Rosissant élégamment face au compliment – il savait que ces dernières semaines de gestation avaient été difficiles à supporter pour Heryn, la jeune femme lui paraissant d’ailleurs toujours un peu pâle pour son propre bien – elle inclina la tête pour le remercier, lui indiquant en souriant doucement qu’elle n’y manquerait pas.

**Les hommes sont bien faibles face à l’amour, c’est ainsi.**

Loki. Le ton faussement affecté, imitant ainsi celui de son Lié, le Brun s’était mis en route pour rejoindre Siegrain, abandonnant là sa tentative de conquête avortée.

*Que peux-tu connaître aux choses de l’amour, dragonnet ?*

La pique, affectueuse, ne provoqua qu’un haussement d’épaules mental désabusé de la part du dragon.

**Beaucoup trop pour mon propre bien, merci à toi, ô mon Lié.**

Et le temps qu’avait duré leur badinage mental, une expression soucieuse s’était emparée du visage de Heryn, son regard soudain élargi, en même temps que ses bras frêles venaient entourer son ventre arrondi dans une attitude protectrice. Immédiatement et sans attendre, Nashira s’était rapprochée de la jeune femme, chuchotant d’une voix apaisante, tandis que Kyriel s’était levée, faisant face à Siegrain, une main sur son épée, le défiant du regard et l’incitant vivement à quitter les lieux céans. Se pinçant l’arrête du nez, le demi-sang soupira, sans chercher à s’en cacher. La Chevalière pensait-elle réellement qu’il représentait une telle menace pour sa Dame ? Il reconnaissait son comportement habituellement léger, néanmoins il était plus que capable de se montrer sérieux lorsque la situation l’exigeait. Et s’il pouvait aider d’une quelconque façon ...

Ressentant sans doute la tension croître dangereusement entre eux deux, Nashira s’interposa diplomatiquement, enfonçant un doigt intransigeant dans le creux de l’épaule de Siegrain et lui annonçant d’un ton sans réplique :

« Le travail a commencé. Siegrain, va chercher Kieran. Kyriel, allez faire quérir Maître Nalesean, et au plus vite. »

En vérité, elle ne pouvait en être sûre avant d’avoir ausculté convenablement sa patiente, mais les signes en faveur de cette conclusion ne pouvaient être ignorés. Quelles que soient les raisons réelles de ses douleurs soudaines, au final, Heryn apprécierait certainement le réconfort apporté par la présence de Kieran. Le plus inquiétant restant que le terme n’était pourtant prévu que dans plusieurs semaines ...
Abasourdis par l’annonce, et bien malgré eux, Kyriel et Siegrain échangèrent un regard surpris, avant que chacun ne se rappelle soudain le conflit qui les opposait et ne s’élance sans un mot dans deux directions opposées.

***  


Aussi confortablement que possible installée dans sa chambre, allongée là dans son grand lit, le visage rendu livide tant par l’angoisse que par la douleur, Heryn attendait le verdict. Que pouvait-elle faire d’autre qu’attendre ? En boucle dans son esprit, tournait et retournait une unique prière. Cramponnée au drap blanc qui recouvrait pudiquement son ventre gonflé par la vie qui s’agitait en elle, elle tâchait de maîtriser sa respiration, se focalisant sur la voix douce de Nashira.
Son amie ne savait pas, et nul d’ailleurs au Kaerl ne le savait, à part Rintrah et Nalesean, la peine qu’elle avait éprouvé lorsque tant d’années auparavant, elle avait perdu, avant même trois lunes de gestation révolues, ce bébé, cet enfant qu’elle ne rencontrerait jamais ... Elle qui était à l'époque fiancée,  contre toute attente, à Jasdrian, le fils unique du Seigneur Logain. Ils connaissaient les risques et les difficultés des unions inter-raciales, mais ils étaient jeunes alors et trop pris par leur amour pour y songer. Insouciants. Puis Jasdrian à son tour avait trouvé la mort, la laissant seule face à ses responsabilités. "Tous ceux que j'aime finissent inévitablement par souffrir". Qui aurait pu comprendre la crainte qu’elle avait ressenti lorsqu’elle avait appris cette nouvelle grossesse ?

**Tu aurais du en parler à Kieran.**
*Rintrah !*

Eperdue, les larmes emplissant ses iris noisettes, elle se raccrocha à la présence mentale et apaisante de sa Liée. Car la Dorée se trouvait actuellement sur les sables, veillant sur ses œufs, eux aussi dangereusement proches de l’Eclosion, et ne pouvait se permettre de les abandonner un seul instant. L’une et l’autre regrettaient profondément cet état de fait, et Rintrah aurait voulu à toutes forces être aux côtés de Heryn en ce moment crucial, mais elles savaient toutes deux qu’il n’y avait pas d’autres solutions. La venue au monde de son bébé n’aurait pas du se produire si tôt.

**Seldryn vient.**

Et Kieran avec lui. En contrepoint de cette pensée rassurante, Nalesean avait finalement interrompu son examen magique pour lui confirmer ce qu’elle redoutait tant. Son enfant naîtrait aujourd’hui. Elle devait s’y préparer. Hochant la tête pour lui signifier sa compréhension, elle le vit céder sa place à son chevet à une vieille Ondine, sage-femme expérimentée de la Maison Dalneÿs, et qui avait mis au monde plus de bébés que sa Dame ne comptait d’années de vie. Elle resterait avec elle et la guiderait jusqu’à la délivrance, et pour cela elle allait devoir suivre à la lettre ses instructions.
Indéchiffrable, son visage ridé ne reflétait qu’une intense concentration, qui fut à peine troublée par une vague de désapprobation lorsque son bien-aimé fit irruption dans la chambre, son expression chargée d’une inquiétude matinée d’incrédulité. Au travers l’encadrure de la porte, elle croisa brièvement le regard troublé de Renàto, resté à l’extérieur, qui s’inclina légèrement avant de s’effacer. Il veillerait sur eux à sa façon, empêchant les curieux de venir les déranger, quoi qu’en dise Kyriel.

Les doigts de Kieran, chauds contre sa peau qui lui paraissait anormalement glacée, s’entrelacèrent fermement aux siens, et elle puisa de la force dans ses iris d’émeraude, emplis d’une lueur brûlante. Aujourd’hui comme auparavant, il cachait admirablement bien toutes les angoisses qu’il pouvait éprouver, présentant une façade calme et solide. Et pourtant, de moins en moins capable de tenir en place au fur et à mesure que les lunes avançaient, son époux avait exprimé ce jour  le besoin d’aller décharger sa tension sur les terrains d’entraînement ... Et, comme à son habitude, Renàto l’avait accompagné, vigilant et silencieux, se prêtant sans broncher à recevoir les bleus qui résulteraient inévitablement de leur affrontement.
Heryn comprenait qu'il n'y avait là qu'un mauvais concours de circonstance et ne lui en tenait absolument pas rigueur. Kieran était venu aussi vite qu'il avait su, et c'était là l'essentiel. Qui aurait pu prévoir ?

« Tout ira bien. »

Vœu pieux autant que formulation absolue du refus d’un déroulement défavorable. Elle hocha à nouveau la tête, s’s'efforçant de s'emplir toute entière de l’amour qu’elle pouvait lui porter, avant d’étouffer un gémissement de douleur soudain tandis qu’une forte contraction la secouait toute entière. Bien proche de céder définitivement à la panique, elle réalisa qu’elle était, une fois encore dans sa vie, totalement impuissante face à son propre sort.
La sage-femme pinça les lèvres et secoua alors la tête, lui intimant de rester tranquille quelques secondes alors qu’elle palpait d’une main experte le ventre de sa patiente. Elle devrait en avoir le coeur net, maintenant. Quelque chose n’allait pas. Le bébé n’était pas positionné convenablement pour favoriser l’accouchement, et si on ne l’aidait pas, mère comme enfant risquaient hélas de ne pas y survivre.
Les informations défilaient dans l’esprit de la jeune femme sans réellement s’y imprimer, ses lèvres remuant silencieusement, la seule chose dont elle gardait conscience étant l’expression maintenant décomposée de Kieran. Quelque chose n’allait pas … Pourquoi encore, pourquoi elle, pourquoi eux … ? Que les Dieux les prennent en pitié !

Puis, posant une main ferme et n’acceptant aucune discussion sur l’épaule de son consort, Nalesean le dirigea gentiment vers la sortie, lui assurant qu’il serait le premier prévenu lorsque son état serait stabilisé. Heryn était entre de bonnes mains. Qu’il ne s’inquiète pas. Oui, la naissance était prématurée, mais il devait garder confiance en son épouse. Pour qu'ils puissent travailler vite et bien, il était nécessaire qu'il n'assiste pas à la suite des opérations.
Resté seul face à la porte se refermant devant lui, le visage exsangüe, Kieran se retourna lentement, vacillant et nauséeux, incapable de prendre une décision cohérente quant à ce qui venait de lui être annoncé. La scène lui rappelait bien trop cruellement le souvenir de sa propre mère sur son lit de mort, la promesse qu’elle lui avait alors arraché, et tous les drames qui en avaient découlé. Passant une main tremblante sur ses yeux qui le brûlaient étrangement, il sentit plus qu’il ne vit Siegrain quitter le fauteuil où il s’était installé, pour venir le prendre par le bras, ses paroles se brouillant dans un bourdonnement indistinct.[/i]


Dernière édition par Heryn Amlug le Ven 29 Mar 2019 - 19:42, édité 3 fois
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Dame du Kaerl Céleste
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MessageSujet: Re: [RP] Un amour pour une vie   [RP] Un amour pour une vie Icon_minitimeLun 25 Fév 2019 - 15:29

[RP] Un amour pour une vie Renato-de-leysse-tolorea__[RP] Un amour pour une vie Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Dear Mr. Alien – Thomas Bergersen

Dans le petit salon des appartements de Siegrain, assis autour de la table basse, faisant face à un Kieran muet, le regard cerné, Renàto gardait un silence prudent, mal à l’aise et s’interrogeant encore sur les raisons de sa présence ici. Derrière eux, le demi-sang s’affairait, examinant diverses bouteilles jusqu’à mettre la main sur celle qu’il recherchait, remplissant ainsi trois verres d’un cordial à la belle couleur ambrée, qu’il déposa, un par un, devant eux.

« Penses-tu réellement que l’heure soit à s’enivrer insoucieusement ? »
« Je ne compte pas me mettre à boire juste pour oublier. »

Dans un brouhaha confus, leurs voix s’étaient élevées en même temps. Le Chevalier Blanc esquissa une vague grimace d’excuse et le consort haussa les épaules en réponse. Alors, un sourire suspect flottant, fantômatique, sur ses lèvres, Siegrain pris place entre lui et Kieran, restant impassible sous son regard suspicieux.
Qu’était-il encore en train de mijoter ? Aussi vite qu’il en était venu à l’apprécier – quoi qu’au départ à son corps défendant – et à considérer qu’il pouvait lui faire confiance, il avait finalement appris, à ses dépends, qu’il fallait toujours se méfier de l’esprit excessivement tortueux de l’Amberle. Ses plaisanteries étaient rarement dangereuses, mais le plongeaient généralement dans des situations ... particulièrement gênantes. Et pire encore lorsqu'il s'associait à Mallory, son camarade d'enfance à l'apparence si surprenante.
Bien. On ne passait pas une décennie au Màr Tàralöm sans développer un minimum d’instinct de survie. Lequel instinct lui criait présentement que Siegrain avait quelque chose en tête. Mais quoi ?

Fronçant les sourcils sur son verre, il releva les yeux pour croiser ceux de leur hôte, vivante image de l’angélisme et de la désinvolture.

« L’alcool est un bien meilleur remède que vous ne semblez le penser, tous les deux. » Levant un doigt sentencieux, il poursuivit à mi-voix. « De plus, il ne s’agit pas tant de boire à en perdre la raison, que d’une manière comme une autre d’aider son corps et son esprit à se détendre. »

Son sourire changea un instant de tonalité, passant sur Renàto sans pourtant s’y arrêter, lequel ne put s’empêcher de rougir fortement face aux sous-entendus qu’il lui semblait soudain contenir. Si une part de lui se réjouissait de ce que, justement, dix années d'une vie torturée au Kaerl Ardent et autant de sang sur ses mains, n’étaient pas parvenus à ternir son innocence, il n’en restait pas moins particulièrement humiliant de se sentir réagir aussi vivement face à des banalités. Cyngar, pragmatique, le consolait dans ces moments là en lui assurant que c’était sans aucun doute un effet secondaire de son retour au Màr Menel.

Mais déjà, Siegrain levait son verre, englobant du regard ses deux compagnons, l’expression soudain inhabituellement sérieuse. Il voulait visiblement s’assurer qu’ils soient convaincus de la sincérité de chacun des mots qu’il s’apprêtait à prononcer.

« A la santé de Heryn et du magnifique enfant qu’elle va mettre au monde. »

Joignant le geste à la parole, le demi-sang porta le verre à ses lèvres, ses iris dorés épiant son vis à vis par dessus le rebord. Kieran. Quoi que Siegrain ait manigancé, il en était certain à présent, cela concernait Kieran … Lequel, trop préoccupé pour chercher à argumenter, s’était finalement laissé aller à vider le contenu de son propre verre, les mâchoires contractées comme seul signe extérieur de sa tension. Renàto devinait sans mal le cours des pensées du jeune consort ... Pendant qu’il était là à se détendre, Heryn, elle, souffrait, seule. Et le fait de ne pas être à ses côtés l’emplissait d’une profonde détresse. Il voulait qu’elle sache qu’il était là pour elle, pour eux. S’il lui arrivait quoi que ce soit, à elle ou à leur enfant, il n’était pas sûr de pouvoir se le pardonner ... Et sans doute bien d'autres flagellations mentales du même genre, fruits d'une intolérable angoisse à l'égard de l'avenir.

Le silence flotta un instant entre eux, Renàto observant Siegrain, Siegrain scrutant les réactions de Kieran, et Kieran le regard sombrement baissé sur son verre, inconscient de l’examen dont il faisait preuve. Bientôt les paupières de ce dernier commencèrent à papillonner, son assise se faisant plus vacillante, avant qu’il ne bascule lentement vers le sol, accompagné avec délicatesse dans son mouvement par le demi-sang, qui souhaitait lui éviter une chute brutale. Incapable de contenir plus longtemps son incrédulité, le Chevalier Blanc explosa finalement :

« Tu l’as drogué ! »

Indignée, son apostrophe ne provoqua aucun changement dans l’expression résolument calme de l’autre homme.

« Rien que des extraits de plante inoffensifs, son organisme a fait le reste. Il a besoin de repos. Cela fait des jours qu’il n’a pas fait de nuit complète et, prêtre de Haskèl ou pas, tu lui as complaisamment permis de passer l’après-midi à te taper dessus sans réagir. Le laisser se ronger les sangs inutilement ne rimerait à rien. »

Ses iris dorés de Fëalocë, si étranges dans un visage affichant si résolument ses origines Ondines, se fixèrent aux siens et il secoua muettement la tête, ravalant son irritation. Comment Kieran allait-il réagir lorsqu’il apprendrait la vérité ?

« Il suffira de ne rien lui dire. Aide-moi à le mettre au lit, Heryn ne me le pardonnera pas si je laisse son précieux bien-aimé dormir par terre. Oh, et c’est un sédatif très léger, il devrait pouvoir être réveillé si besoin est. »

Lui jetant un regard incisif et quelque peu réservé, comme à chaque fois que Siegrain lui semblait pouvoir lire à travers son esprit, il préféra ne pas répondre, glissant un bras secourable sous celui de Kieran, tandis que son comparse faisait de même.
Il s’était fait berner une nouvelle fois, et s'il détestait ça, il ne pouvait s’empêcher de reconnaître que le demi-sang avait raison. Il n’y avait dès lors plus qu’à patienter, et à prier pour que les compétences des guérisseurs auprès de leur Dame soient suffisantes, évitant toute conclusion funeste. Sans quoi il leur faudrait assumer les lourdes conséquences de leur acte ...

***  

[RP] Un amour pour une vie Kieran_de_galastden_new_tolorea__[RP] Un amour pour une vie Cassian-seldryn-avatar-tolorea
Kieran de Galastden & le Bronze Seldryn
Seigneur Consort du Màr Menel


Theme Song :
I've Lost Myself – Ashram

Le néant. Il flottait dans un vide obscur, où, soudain, ses préoccupations de mortel lui paraissaient bien lointaines. Quelles étaient-elles déjà ? Il n’avait pas peur pourtant, car il ne se savait pas seul : il sentait une présence, vaste, puissante, millénaire, l’entourer farouchement de sa protection. Ils étaient un et indivisibles. Âmes sœurs, liées pour l’éternité, au travers du cycle infini des réincarnations. Rien d’autre ne comptait. Ou bien y avait-il autre chose ?



Seldryn. Les bras croisés sur son torse musculeux, les angles durs de son visage étaient figés en une expression fermée, alors qu’il tenait tête à Nalesean, ses yeux verts soutenant effrontément le regard du vieux Patriarche. Soucieux de ne pas froisser le Bronze connu pour son tempérament parfois ombrageux, le Torhil choisissait ses mots avec soin pour convaincre le dragon d’aller rejoindre son Lié. Kieran avait besoin de lui, ne serait-il pas plus sage de veiller sur lui en ce moment difficile ?
Un mince rictus ironique s’afficha brièvement sur ses lèvres pleines tandis qu’il secouait la tête, animant ainsi d’une vie propre une multitude de mèches auburn. Le menton haut levé, il tourna délibérément le dos au Maître Guérisseur pour faire face à la compagne de son frère d’âme, engagée dans une lutte pour la vie. Il s’étonnait toujours de la fragilité des corps des bipèdes. Pour autant, ni le sang, ni les cris de douleurs, ni les supplications ou les sanglots convulsifs qui secouaient la jeune femme ne l’impressionnaient. Il avait déjà vu bien pire, chez des soldats blessés, sur le champ de bataille. Ce n’était qu’un combat d’un autre genre qui se livrait ici.

« Kieran est entre de bonnes mains, quoi qu’il en pense. Quant à cette bien trop fragile créature, elle me doit la vie autant que je lui dois la mienne. Je suis ici au nom de mon frère d’âme, mais aussi en celui de ma Reine, l’un et l’autre ne pouvant être présents. J’ai ainsi plus de droit sur ce petit à naître que quiconque d’entre vous ici. »

Il jeta un bref coup d’oeil inquisiteur au Torhil par dessus son épaule, avant d’aller s’agenouiller au pied du lit, refermant la petite main de Heryn sur la sienne avec délicatesse.

« Allons vieil homme, je ne vous dérangerai pas. »

Le néant, à nouveau. Le dragon lui avait fermé les portes de son esprit, l’empêchant de voir par ses yeux. Plus aucune image ne vint troubler le calme silence dans lequel il flottait, et il en conçu, étrangement, une vive contrariété … qui s’effaça aussi vite qu’elle était apparue. Il était bien trop douloureux de se concentrer sur ces souvenirs qui lui échappaient.



Ce furent des trilles aigües sur-excitées qui le tirèrent finalement de l’inconscience. Ouvrant difficilement les yeux, la tête lourde et pleine de coton, il réalisa que la nuit était tombée, et que le clapotis furieux qui avait bercé son sommeil était celui de la pluie. Peu avant le crépuscule, l’orage avait finalement éclaté, apportant un soulagement à la chaleur étouffante qui étreignait jusque là le Kaerl. Se redressant lentement, son regard tomba sur un lézard bronze furieux qui se débattait pour s’échapper de la prison que constituaient les bras de Renàto. Que faisait Meemaw ici ?

Il lui fallut quelques instants pour remettre les pièces du puzzle en place, et sa bouche s’arrondit sur un « oh » muet, la vague d’angoisse qui le balaya alors à peine atténuée par l’expression soulagée que son jeune parent arborait. Incapable de poser la question qui le torturait, il restèrent quelques secondes à se fixer, avant que le Chevalier Blanc ne prenne la parole :

« Nalesean a envoyé cette petite furie te prévenir. C'est terminé, enfin ! Heryn et votre enfant vont bien. Tu peux aller les voir immédiatement. Seldryn l’aura veillée jusqu’au bout ... »

A peine avait-il prononcé ces paroles que le lézard, plantant ses crocs dans la main de son gardien, se dégageait brutalement pour venir se percher sur l’épaule de Kieran, s’arrêtant pour fixer Renàto avec un mécontentement non feint. Puis, tournant son attention vers son perchoir humain, il le bombarda sans ménagement d’images désordonnées de Heryn berçant tendrement entre ses bras un minuscule nourrisson, et de Kieran avec eux, l’expression visiblement émerveillée ... Le tout teinté d’une irrépressible urgence qu’il ne put empêcher de venir colorer ses pensées.

« C’est bon, c’est bon, j’ai compris, allons retrouver ta maîtresse ! »

Il s’accorda néanmoins le temps d’examiner attentivement la blessure de Renàto, soulagé de constater qu’elle n’était que superficielle, toutes désagréablement pointues qu’étaient les dents de Meemaw. Le jeune homme avait certainement voulu lui éviter un réveil trop brutal et il se sentait responsable de la façon dont les choses avaient tourné. Le petit Bronze pouvait se montrer remarquablement buté lorsqu’il avait décidé quelque chose … A l’instar de ses grands cousins, et tout comme l'était Seldryn.

Chaque pas ébranlant son crâne comme si des oryx du Ssyl’Shar venaient s’y affronter, Kieran passa néanmoins dans le petit salon, avisant Siegrain confortablement installé, un verre à la main, et à ses côtés, la bouteille largement entamée. Un sourire ravi et particulièrement communicatif s’afficha sur son visage androgyne lorsqu’il constata que son ami était debout et bel et bien réveillé, puis se redressant, il lui tendit un second verre, dont le contenu exhalait un arôme de plantes et de miel.

« Besoin d’un remontant avant d’aller affronter la réalité, monseigneur ? »

Se moquait-il de lui, ou tendait-il le bâton pour se faire battre ? Son regard passant du verre à Siegrain, Kieran pinça les lèvres, réprimant difficilement un sourire pour lui lancer, le ton parfaitement neutre et l'expression prudente :

« Devrais-je commencer à me méfier à chaque fois que tu me proposes à boire ? »

Question rhétorique s’il en était. Dans son dos, Renàto esquissa une grimace contrite, et Siegrain, dont les yeux s’écarquillèrent imperceptiblement, eut la bonne grâce de paraître gêné. Il était rare que le demi-sang se laisse aller à tomber son masque avec d’autres personnes que lui, et il se demandait si cela était à mettre sur le compte de sa confiance envers le Chevalier Blanc, ou bien de l’alcool purement et simplement. Il comprenait ce qui l’avait poussé à agir ainsi, même s’il n’approuvait pas ses méthodes.
Mais soudain, le temps de quelques respirations, dans un froufrou de soieries, Siegrain avait comblé la distance qui les séparait, et se haussant légèrement, il vint déposer un court baiser sur ses lèvres, un sourire malicieux, quoi que nuancé de quelque chose de plus profond, venant allumer des éclats un peu trop brillants dans ses yeux dorés.

« Félicitations, Kieran. »

Figé par une surprise qui ne l’était finalement pas tant, ses paupières se fermèrent étroitement tandis que le demi-sang se reculait à sa place initiale. Il se souvenait de cette fameuse Empreinte, qui lui paraissait s’être déroulée il y avait maintenant une éternité, où Siegrain avait prétendu, dans un élan de provocation et d’impertinence, vouloir embrasser Zackheim. Cela, n’avait été alors qu’une plaisanterie de mauvais goût qui avait bien failli lui coûter la vie, et Elerinna les avaient tous trois vertement tancés pour leur comportement. Là … Là, les choses étaient différentes. Il y avait eu une sincérité troublante dans son geste. Le coeur serré par une incompréhensible peine, il ne put que murmurer :

« Siegrain ... Je ne peux pas répondre à tes sentiments »

Le demi-sang le dévisagea alors un instant, un sourcil haussé et l’expression ouvertement perplexe, comme si Kieran venait d’énoncer une évidence connue de tous, à la manière de « tous les dragons sont les enfants de Flarmya ». Allons, qui avait parlé de sentiments, déjà ?

« Je sais. »

Sa réponse, tranquille et sereine, n’avait été marquée d’aucune hésitation.

**Tu es remarquablement doué pour te voiler la face dans certains domaines, mon frère. Effarant.**
*Je ne vois pas de quoi tu veux parler.*
**...**


(HRP : le RP d'Empreinte évoqué est celui de la couvée de Kiruna, « Sous le regard des lunes », lors du Printemps 918.)


Dernière édition par Heryn Amlug le Dim 26 Avr 2020 - 12:21, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Un amour pour une vie   [RP] Un amour pour une vie Icon_minitimeLun 25 Fév 2019 - 15:31


~ 24e jour de Flarmyaku, à l'aube

Le son très léger des vagissements d’un nourrisson vint titiller sa mémoire, troublant son repos, se forçant un passage à travers sa conscience assoupie, par son côté inhabituel. Un bébé, un nouveau né. Repoussant l’angoisse au loin, une vague d’amour la traversa, autant sienne que provenant de sa Liée, et le soulagement manqua de lui faire tourner la tête. Une nouvelle vie, un nouveau départ, une nouvelle chance.
Son fils. Rouvrant difficilement les yeux, ses bras vinrent se resserrer instinctivement sur la petite forme emmaillotée qui reposait tout contre elle et qui s’agitait faiblement, manifestant son mécontentement. Ses iris bleutés lui paraissaient déjà présenter quelques nuances d’émeraude, et les boucles éparses sur sa tête étaient d’une couleur résolument rousse. Instinctivement, ses lèvres s’incurvèrent en un sourire attendri et amusé, et elle rectifia mentalement. Non, leur fils, à tous les deux.

Reprenant progressivement conscience de son environnement immédiat, la jeune femme constata que la présence chaleureuse et diffuse qu’elle ressentait à ses côtés était celle de Kieran, dont le visage arborait présentement un abandon et un apaisement qu’il lui avait été rarement donné de voir chez lui. La tête reposant sur les bras, son bien-aimé semblait plongé dans un profond sommeil. L’attente avait dû être longue, aux prises avec les affres de l’impuissance ...
Seldryn quant à lui, épuisé par sa longue veille tout au long de son travail, elle le savait, avait repris sa parure d’écaille pour aller rejoindre Rintrah, sur les sables d’éclosion. Avec toute la suffisance dont il s’était drapé quand il avait fait face à Nalesean, plus tôt, le dragon s’était emparé de l’enfant aussitôt les premiers soins terminés, l’examinant avec curiosité, avant de le déposer délicatement entre les bras de sa mère.

« Ilweran ... »

Avec au coeur une petite pointe d’impatience croissante, hésitante, elle fit jouer sur sa langue les sonorités du nom qui serait celui de son fils. Son arc-en-ciel.

« Pourquoi ce nom ? » avait-elle demandé, perplexe, au grand Bronze, tout en installant précautionneusement le nourrisson affamé tout contre sa poitrine.

« C’est un nom d’origine Valherue, qui signifie que le soleil finira toujours par briller après la tempête, que quelles que soient les épreuves, toujours la lumière reparaîtra grandie. »

Ses yeux verts, si étrangement semblables à ceux de son frère d’âme, s’étaient alors rivés à ceux du petit d’homme, ombrés de la sagesse ancestrale de l’ensemble de sa lignée, comme s’ils voyaient au-delà de son corps physique. Et, dans les tréfonds de sa conscience, elle sentit l’approbation de la Dorée, teintée d’une nuance de regrets imperceptible et de compréhension. Elle aussi avait du faire face à la perte terrible du sang de sa propre chair. Elle ne laisserait aucun mal arriver à son fils et le protègerait avec toute la férocité qu'elle accorderait à l'un de ses propres enfants.
Ainsi le garçon avait-il baptisé par deux dragons, à peine sa première bouffée d’air saisie. Arc-en-ciel. N’était-ce pas un nom approprié après tout, tant pour l’espoir dont il serait porteur pour l’avenir, que vis à vis des circonstances de sa naissance ? Avec une grande douceur, Heryn glissa ses doigts entre les cheveux bruns de Kieran, les lissant de sa main, avant d’effleurer les contours fiers de sa pommette, le sentant frémir sous sa caresse. Qu’en dirait son bien-aimé ?

Dans la semi pénombre qui précédait l’aube, l'orage et la pluie avaient cessé, et Solyae se préparait à embraser de nouveau le Màr Menel de sa chaleur. Un nouveau jour se levait, comme pour saluer la naissance qui avait eu lieu sous le regard bienveillant de son épouse Kishi.
Alors seulement elle avisa les deux silhouettes, encadrant de part et d’autre la porte, vigilantes et silencieuses. Kyriel, les bras croisés et son regard suspicieusement dirigé vers le ‘‘transfuge ardent’’, Renàto, pourtant sagement assis en tailleur, les yeux clos, en pleine méditation. Sans doute Kieran leur avait-il permis de veiller sur eux ainsi, quoi que, connaissant Kyriel, permission ou non, il était probable qu’elle se soit quand même placée en travers de l’entrée, épée au clair, défendant à quiconque de pénétrer dans la pièce. Lordan l’avait bien choisie, comme chacun des autres membres de son Escadron. Réprimant un rire à cette image, elle projeta ses sens empathiques en direction de la conversation animée qui lui parvenait, étouffée, en provenance de l’autre pièce.

Il y avait là la présence rassurante et enveloppante de Nashira, qui l’avait accompagnée tout au long de cette difficile grossesse, et celle, plus rayonnante, de Dara. Deux femmes, un homme … Le dernier membre de ce trio, à l’aura plus troublée, devait être Mallory. Comme s’il avait su, par un quelconque sixième sens – à moins qu’il n’ait tout simplement été prévenu grâce à Nuri – l’Elfe était enfin rentré, après une longue période d’absence. Heryn se réjouissait de ce que son époux pourrait fêter dignement l’évènement, en compagnie de ses plus proches amis.

Pour l’heure, ils devaient tous deux savourer ce moment de calme qui leur était offert, car elle en avait bien conscience, ils seraient bientôt entraînés à nouveau dans le tourbillon des intrigues politiques, et d’autant plus maintenant que leur fils était né. Ilweran. Elle était heureuse à l’idée qu’il serait entouré de toutes ces formidables personnes au sein de la Maison Dalneÿs, protégé par les membres de l’Escadron, mais restait toutefois soucieuse à l’idée qu’il ne puisse grandir sereinement au sein de la citadelle Céleste. Et elle le savait, il lui faudrait rester droite et assurée face à l'adversité, car seul l’avenir lui apporterait les réponses dont elle avait tant besoin.
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