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 [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet

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Rūna Sălv
Maitre Dragon
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Rūna Sălv


Date d'inscription : 07/06/2014
Sexe : Féminin
Présentation : URL
Messages : 119
RPs : 47
Race : Fëalocë de sang pur
Âme-Soeur : L'Incarnate Sărzeghnet
Affiliation : Clan Dominant
Alignement : Loyal Mauvais (Kaerl Ardent)
Ordre Draconique : Ordre Draconique d'Ombre (Kaerl Ardent)

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MessageSujet: [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet   [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Icon_minitimeJeu 28 Fév 2019 - 21:49

[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Fiche2

Avatars précédemment utilisés
Spoiler:
 

° ☼ ~ Playlist du personnage ~ ☾ °


Prénom : Son premier prénom est Rūna, mais comme toute noble elle en porte plusieurs : Sehmiraamis, Sūryah, Hatepheresa, Iara, Matkaara, Meraptah, Satiah.

Nom : Sălv. On parle également d'elle en terme de Salv Ahsht Arsuh (Salv qui vient de Arsuh.)

Surnom : La furie, la sultane écarlate, la princesse de feu..

Âge : Printemps, née en Eurilyaku 895. Elle a donc 24 ans en 919.

Race : Fëalocë de sang pur.

Physique : C'est une flamme qui vacille, qui danse, sans jamais s'éteindre, sans jamais perdre de sa magie. Sa chevelure ondule d'un rouge Andrinople aux reflets cinabres, une cascade de lave qui s'échoue sur les courbes généreuses de ses hanches du haut de son mètre soixante-quinze. Sa peau est plutôt pâle, mais un léger voile hâlé donné par les rayons de soleil de Ssyl'Shar dégage une chaleur enivrante. Son visage est ponctué d'yeux aux iris d'ambre et d'or dans lesquels tous aiment se noyer. Ses lèvres sont charnues et elle se plaît à les rougir avec des pétales de rose. Son visage est d'une finesse presque enfantine, contradiction à son corps de femme assumée. Runa est pulpeuse : elle pare ses formes de longues robes aux teintes noires ou rouges et aux fils d'or, toges qui laissent parfois percer le jour au travers du tissu sans ne jamais rien dévoiler, vêtements qui habillent sa hauteur modérée de fëalocë . Ses poignets sont fins et ornés de bracelets, tantôt d'or, tantôt de bronze, qui, en s'entrechoquant, produisent les mêmes cliquetis que les parures de ces danseuses des contrées baignées d'une ardente chaleur. De lourds colliers précieux teintent son col, ceintures, tiares, boucles d'oreilles... Une coquetterie omniprésente sur une femme qui croit être le plus précieux rubis de Rhaëg, c'est pourquoi elle prend énormément soin de son atout majeur : son corps.

Caractère : Sa beauté n'a d'égale que son avidité. Son surnom "d'Insatiable", hérité d'un peuple qui la méprisait, lui va à vrai-dire à ravir. Runa est une opportuniste invétérée qui saisira la moindre chance à sa portée, quitte à écraser les autres. Elle est indigne de confiance, cupide et égoïste. Un imparfait mélange. Ajoutons également qu'elle est traitée de "précieuse" par la populace, refusant de travailler, ne voulant pas effectuer le moindre "sale boulot", elle préfère cultiver ses tactiques de séduction pour se faire entretenir par des hommes puissants. Puissance ? Oh oui, c'est une femme qui aime cette notion. Ses moyens pour y parvenir sont son physique et son élocution, ajoutons à cela une maîtrise des poisons, son plaisant loisir est alors complet.
C'est une véritable Fëalocë : sa tendance est d'agir à l'impulsion. Elle déploie une énergie considérable à exprimer ses émotions, tout se doit d'être théâtralisé. Enfin, tout dépend des circonstances... Runa sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas. On pourrait parler de manipulation perverse tant elle se plaît à se jouer des autres. Femme de passions, méfiez-vous de sa colère car elle est dévastatrice, d'autant plus qu'elle peut-être longuement réfléchie comme lancée sur le moment, sans censure. Sans scrupules, l'échec des autres la délecte, d'une certaine manière. Elle n'agit que pour elle-même, sans aucune concession officielle envers les autres. Runa revendique des valeurs qui lui sont propres, des valeurs hypocrites, des valeurs de pouvoir, une vendetta perpétuelle envers ceux qui se mettront en travers de sa route. La contradiction est qu'elle ne peut en rien être solitaire : elle a besoin des autres pour se mettre en valeur, et elle use de tous les moyens possibles pour y parvenir. Une mégalomane narcissique aux idéaux racistes, revendicatrice et avide. Il n'y a aucune raison valable à sa hargne malsaine, son hystérie fait d'elle un être perpétuellement enflammé au curieux sentiment de supériorité.
Nuançons ses multiples défauts par quelques qualités : la mariage a fait de Runa une enfant un peu plus docile, qui a appris à maîtriser un peu mieux ses colères. Elle s'est largement cultivée, sans pour autant être un puits de science. Runa est une jeune femme persévérante et curieuse, pas seulement dans le mauvais sens du terme : quand elle veut quelque chose, elle s'en donne les moyens. Ajoutons qu'elle peut éprouver une certaine forme de respect en contrepartie de ceux qui agissent de même à son égard - bien que ce point reste exceptionnel dans son trait de personnalité - mais elle ne se l'avouera jamais réellement, trop fière. Elle répond à la règle du "donnant - donnant",  elle rendra ce qu'on lui a offert, même de façon atténuée. Il est probable qu'elle voue une certaine forme d'obligeance envers son Maître Dragon, dans la mesure de la situation, bien-entendu.

Alignement : Chaotique mauvais, puis Loyal mauvais.

Clan choisi : Ombre.

Liée : La Reine Incarnate aveugle Sarzeghnet, Empreinte datée de Flarmyaku 918.

Histoire :

[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Nouvelleflamme


[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Nuja3

Nuja Salv (née Hitziar)
Mère

   
[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Aodhar
Aodhàr Salv
Père

   
[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Volkahar
Volkahar Salv
Frère cadet

   
[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet 181116044528848488
Thaddeus Ahrimar Salv
Frère aîné

 
[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Anaithis
Anaithis Salv (née Nilofâr)
Seconde épouse d'Aodhàr et Marâtre
Flarmyaku 895. Le soleil était à son zénith lorsque que naquit le second enfant de l'Emir Aodhàr Salv 1er du nom. Les pleurs vigoureux d'une petite fille tout juste née s'élevèrent en écho dans le riche palais de la famille, et les serviteurs souriaient, soulagés que l'accouchement de la maîtresse de maison eut lieu sans encombre. Nuja, avait mis au monde, six ans plus tôt, un robuste fils nommé Thaddeus, l'héritier présumé de la famille s'il s'en montrait digne. Bien que d'un caractère déjà dur, le petit garçon avait grandement hâte de rencontrer sa petite soeur !
Aodhàr et Nuja étaient tous deux de haute naissance, issus d'une lignée de Fëalocës de sang-pur implantée au Ssyl'Shar depuis la création de Rhaëg. Le palais des Salv, s'élevant dans les plus beaux quartiers d'Arsuh, était plus ancien et plus splendide que celui du Sultan même, car depuis toujours ils avaient l'art du commerce et la noblesse du sang. Depuis des centaines d'années ils avaient le monopole des mines de pierres précieuses et d'or du continent, leur apportant des gains plus importants que celui du Sultanat et sa cour.. Depuis toujours, ces derniers les jalousaient, les enviaient, et toujours les Salv les ignoraient avec le plus parfait orgueil.
Le mariage d'Aodhàr et Nuja, cousins peu éloignés dans la généalogie comme à l'accoutumée dans cette famille, était parfait et baigné d'un amour sincère. Thaddeus naquit un an à peine après leur union, symbole d'une passion brûlante qui présageait le meilleur..

Aodhàr était un puissant Fëalocë, doué d'une carrure imposante et peu commune pour sa race. Grand de près d'un mètre quatre-vingt-dix, sa chevelure d'un rouge profond était le plus souvent attachée en catogan ou en chignon. Sanguin et bagarreur, son visage portait quelques uns de ses exploits de manière indélébile, tracés dans la chair de sa peau hâlée par le cuisant soleil du Ssyl'Shar. Nuja nuançait majoritairement de la constitution de son époux. Féline dans ses pas, quelques rondeurs au niveau des hanches ravissaient son époux et lui conférait une silhouette plutôt appétissante. Ses longs cheveux fins et carmins s'ornaient d'une large mèche d'un blanc albinos, hélas résultats d'une longue lignée consanguine. Malgré tout, cette étrangeté ne faisait qu'accentuer sa réputation de sorcière. Sur sa peau légèrement dorée se dessinaient de nombreux tatouages des doigts aux épaules, marques aux significations complexes et magiques. Elle portait un assez grand nombre de bijoux sans que cette coquetterie n'en soit pour le moins du monde vulgaire ou ostentatoire.
Tous deux avaient pour iris deux cercles d'or patiné et ambré, typique et uniques à la famille Salv. Leurs sorties mondaines parmi le Haut-Ssyl'Shar laissaient souvent envieux les couples unis d'un mariage arrangé.

Et de cet accord parfait, Runa était née. Ce fut le nouveau trésor de ses parents, et plus particulièrement de son père. Elle était la petite princesse de la maison, et rien ne lui serait refusé. Tout comme son frère aîné, elle fut.. pourrie-gâtée, non sans manquer d'une éducation assez rude, malgré tout. Et lorsqu'elle eut un peu plus de quatre ans, le petit Volkahar pointa le bout de son nez, agrandissant la fratrie d'un second garçon.

Les jours, les semaines, les mois, les années passèrent, et la petite fille laissa peu à peu place à une enfant passionnée, une jeune fille assez capricieuse mais sage dans un même temps. Du moins assez friande de commettre quelque bêtise en compagnie de ses frères.

A mesure qu'elle grandissait, Runa porta grand intérêt à la lecture et de mondanités. Elle ne manquait pas une seule occasion de s'instruire ou de déjà s'intéresser aux intrigues politiques, non sans déjà faire monstrance d'une once d'orgueil par ses airs hautins. Runa était une jeune fille rusée et intelligente, toujours accompagnée de son grand-frère avec qui elle se chamaillait peu et qu'elle prenait beaucoup pour exemple. Mais toute l’attention du monde devait être braquée sur elle. Ses parents dirent d’elle qu’elle était un cadeau des dieux, tant par sa beauté que par son adresse à exprimer son avis. Elle fut si précieuse à leurs yeux qu’ils dépensèrent des fortunes pour satisfaire ses moindres envies : des joailliers donnèrent vie à leurs plus belles créations en s’inspirant de l’enfant, les tailleurs de tout le  continent se déplacèrent pour lui offrir les plus belles robes. Tout fut prétexte à rendre heureuse la petite Fëalocë. Runa ne connut jamais le manque, la faim, ou la restriction.

Elle voyait souvent son père s'absenter en compagnie de Thaddeus, parfois seulement quelques jours, d'autres fois plus d'une semaine. Runa avait beau poser des questions, du haut de ses 7 ans, on ne lui donnait toujours que des excuses infondées. Au fond, elle voyait bien que ses parents tentaient de la protéger de quelque chose. Quand elle interrogeait son grand frère, ce dernier évitait toujours le sujet ou répondait qu'il avait promis de ne rien dire. La jeune fille répéta les caprices, mima un manque d'attention. A mesure qu'elle atteignait l'adolescence, elle devenait exécrable, surtout passée de son aîné avec qui elle se défoulait beaucoup.  
Un jour, Aodhàr et Nuja annoncèrent à Runa que Thaddeus allait quitter la maison, et qu'elle ne le reverrait pas avant une longue période. La jeune Fëalocë fut d'une même paire inconsolable et insupportable jusqu'au grand jour et au delà. Elle implora sa mère et son père de lui dire pourquoi, et ne se heurta qu'à des refus. Ils tentèrent de la rassurer, promettant qu'un jour elle serait assez grande pour comprendre, et qu'elle devait se montrer patiente.. Cette séparation fut plus qu'amère au goût de la petite fille, mais elle n'eut d'autre choix que continuer à grandir sans son frère ainé, non sans en vouloir à ses géniteurs de garder le secret.

En vérité, Thaddeus avait été révélé au Don alors à peine âgé de 12 ans, par son propre père.. Car Aodhàr Salv était Maître du Kaerl Ardent expatrié au Ssyl'Shar pour son mariage. S'il comptait premièrement revenir en compagnie de son épouse pour y fonder son foyer, la déception fut grande lorsqu'il comprit que Nuja n'avait pas le Don. L'aimant malgré tout avec sincérité, il préféra savourer son exil en sa compagnie, et se résigna à confier son premier né à Curunír del Deldúwath, Maître estimé et érudit du Màr Tàralom. Pour l'heure, Aodhàr préférait ne rien dire à ses deux autres enfants, et il attendrait que le Don se relève chez eux à leur tour. Étrangement, chez Runa, il en percevait déjà les vives vibrations.. Mais assez égoïstement, il préférait protéger encore un peu sa précieuse petite princesse, malgré les réprimandes de son Lié.  

Les années passèrent, et Runa n'avait pas oublié son frère ainé. Ses parents en parlaient assez peu et elle savait le sujet tabou. Au fond d'elle, elle le savait en sécurité, mais ne pouvait s'empêcher de penser à lui et avait hâte de le voir à nouveau. Une certaine rancoeur avait rongé une partie de son âme, une rancoeur d'avoir vu son aîné lui être enlevé par ses parents. Quelque part, elle leur fit payer cette douleur par des caprices toujours plus grandiloquents et des bouderies qui pouvaient durer plusieurs jours. Mais jamais ses parents ne cédèrent. Bientôt, se disait Aodhàr, mais pas maintenant.
Quand elle fut en âge d’être éduquée par un précepteur, elle découvrit véritablement la lecture, initialement apprise par sa mère. Le palais renfermait une collection impressionnante de vieux ouvrages écrits en langues mortes, pour la plupart. Nuja, la mère de Runa, pratiquait la Magie, surtout divinatoire, mais nombreux de ses ouvrages parlaient de pouvoirs plus sombres qu'elle n'osa pas pratiquer de prime abord. Certains étaient indéchiffrables par leur dialecte trop ancien. Étonnement, Runa parvenait à les lire sans encombre, mais jamais elle ne le révéla à quiconque.

Puis Runa grandit, modèle de beauté et de caractère typiquement Salv. Elle adorait se mêler aux banquets rassemblant les plus hautes fonction du palais du Sultan, où les Salv étaient ponctuellement conviés. Par ces occasions, elle ne manquait jamais de faire démonstration de son verbe à la fois mielleux et acerbe. Déjà convoitée alors qu'elle venait à peine de dépasser la puberté, la Fëalocë était promise à une grande destinée. Bien que d'un naturel plutôt coléreux et impulsif, elle n'avait de cesse de faire la fierté de ses parents, malgré son tempérament lunatique et brûlant.

Et tout bascula. Hélas, à 13 ans, Runa perdit sa mère, morte en couches d'un troisième garçon.

Runa et Volkahar portèrent lourdement le deuil. Aodhàr, en revanche, semblait couver un autre ressentiment que la tristesse : une forme de colère dansait dans ses yeux, une colère à l'encontre de feue son épouse, et personne ne parvenait à en comprendre la raison. Rapidement, le corps de la défunte avait été réduite en cendres sur le bûcher, et aucune larme ne fut versée par le père de famille, plongé dans un profond mutisme par delà sa mâchoire crispée d'une rage silencieuse mais omniprésente. Ses enfants n'osèrent le questionner, mais ils furent sincèrement affectés par son absence de chagrin. Dans le fond, Runa avait le sentiment que Nuja avait commis l'irréparable, quelque chose entraînant son trépas, une erreur qui avait brisé le coeur de son père.. Il se renferma peu à peu sur lui, et devint plus froid, radicalement opposé au père de famille rassurant et entraînant qu'il fut avant. Une part de lui avait brûlé dans le bûcher de Nuja.

Quelques mois plus tard, Aodhàr prit une nouvelle épouse, forcé par les protocoles inhérents aux titres de noblesse.
Il fut contraint de se marier à Anaithis Nilofâr, une Fëalocë également veuve et n'ayant jamais eu de progéniture. Bien que de belle apparence, son âme était putréfiée d'une personnalité détestable qu'elle avait le don de savoir dissimuler en présence de son nouvel époux. En revanche, Runa et Volkahar en firent les frais à maintes reprises. Anaithis traitait serviteurs et beaux-enfants de la même manière : Volkahar, encore jeune, essuya plusieurs coups jusqu'à ce que Runa ne le découvre et tente de montrer la vérité à son père, qui ne la crut pas, ou du moins l'ignora.
Runa, de son naturel volcanique, ne laissa jamais sa belle-mère attenter à son intégralité. Elle lutta pour protéger son frère cadet de cette marâtre qui n'avait aucunement sa place dans la famille. Hélas, sa sécurité et celle de son cadet ne reposaient que sur elle même, car leur père répondait le plus souvent absent ou ne voyait pas la vérité en face.

Peu à peu, la santé d'Aodhàr se dégrada, jusqu'au jour où il fut incapable de quitter le lit. Depuis environ un mois, sa condition s'était affaiblie, et une puissante fièvre s'installa. De plus en plus faible, il comprenait toute l'ampleur de son mal. Les guérisseurs se succédèrent vainement, même l'un des médecins du Sultan fut envoyé auprès de lui sans, mais n'eut aucune compétence face à ce qui le tuait à petit feu.
Presque incapable de boire ou se nourrir, et bien qu'épuisé, il fit rédiger son testament en sentant l'heure venir. Anaithis minait son chagrin, parée de fausses larmes, tandis que les deux derniers Salv se relayèrent au chevet de leur père.

- Papa.. Dis moi ce que je peux faire pour t'aider, dis moi de quoi tu as besoin..

Le souffle lent, les yeux mi-clos, Aodhàr porta une main affaiblie mais douce à la joue de sa seule et unique fille.

- Ma princesse, mon plus précieux trésor.. Un grand avenir t'attend.. Hélas.. Je ne pourrai pas le voir..

Des larmes roulèrent le long du visage crispé de la jeune Fëalocë, qui vint poser sa petite main pâle sur celle de son père.

- Je t'aime, ma fille adorée.. Je suis désolé.. Il y a tant de choses que j'aimerais te dire.. Ne te laisse jamais faire.. Sois forte et digne.. Honore ton Nom.. Prends soin de ton frère.. Tout est noté dans ce que j'ai fait rédiger..

- Je te le promets.. Je t'aime, papa.. Repose toi..  

Aodhàr mourut le lendemain, à l'aube, par un froid matin de Zakerielku.
Les serviteurs entendaient Volkahar et sa soeur pleurer autour du lit du défunt père, rongés par une certaine forme d'inutilité. Malgré leur condition, leurs maîtres les avaient toujours bien traités, et ils sentaient bien que la nouvelle maîtresse leur réservait un avenir plus sordide.
Une semaine passa, la semaine de deuil coutumière du Ssyl'Shar où nul ne devait prendre d'ablutions, faire de repas opulents, ne porter de riches toilettes, se coiffer ou se maquiller.. Où il ne fallait être vêtu que de noir et dissimuler les miroirs, où les disputes devaient être bannies du foyer. Une semaine où le temps se figeait pour honorer la personne partie.
Anaithis, évidemment, ne respecta pas cette tradition, comportement qui choqua autant les servants du palais que ceux de la cour du Sultan, qui la voyaient se pavaner dans les beaux quartiers parée de bijoux et d'étoffe tissées au fil d'or. Folle de colère, Runa, du haut de ses quatorze ans, patienta difficilement jusqu'au coucher de soleil du septième jour puis fit éclater sa rage. Les yeux rougis par le chagrin, les traits du visage creusés, elle déboula dans le boudoir qui fut celui de sa mère et vit Anaithis, vêtue d'un grand sourire, jeter dans les flammes d'un brasero ce qui était le testament de son père.
La jeune fille se noya sous les propres flots de sa fureur.

- C'est vous qui l'avez tué ! Vous l'avez empoisonné ! VOUS L'AVEZ TUE !

- Tais toi, petite idiote ! Une gifle vola sans atteindre la jeune Fëalocë, qui lui attrapa le poignet. De toute façon tu ne seras bientôt plus là pour dire quoi que ce soit de ce que tu crois savoir !

La dispute fut violente, mais les serviteurs connaissaient la folie qui pouvait emporter un Fëalocë en colère, aussi n'osèrent-ils pas intervenir.
Elles brisèrent vases et miroirs en se débattant l'une contre l'autre, jusqu'à ce qu'Anaithis n'assène à Runa un coup si puissant que la jeune fille s'écroula et perdit connaissance.
[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Embrasement

[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Ajdir
Ajdir Hadrazavari 1er
Sultan du Ssyl'Shar

A son réveil, une nouvelle aube avait pointé le jour. La jeune fëalocë massa sa tempe légèrement endolorie puis se leva, le pas chancelant mais bien décidée à tuer celle qui avait osé lever la main sur elle - ce que sa mère n'eut jamais le besoin de faire. Alors qu'elle voulut sortir, elle se heurta à une porte scellée, l'enfermant de l'extérieur. Elle tambourina, martela, hurla, mais personne ne vint lui ouvrir. Faisant les cent pas comme une lionne en cage, elle distillait sa haine et buvait à sa coupe, cherchant le moyen le plus sanglant de se venger. Car hélas, la jeune furie avait dit la vérité : depuis plusieurs semaines, Anaithis versait une larme de liqueur d'obscurcine dans le thé du soir d'Aodhàr. Ce poison n'avait qu'un goût très léger, vite emporté par la puissance des écorces d'agrumes ajoutées dans la boisson.. Peu à peu, l'état du père de famille se dégrada avant de rapidement sombrer en une mer à l'issue irréversible.

Plus tard dans la soirée, Runa entendit un brouhaha, puis des bruits de pas avançant jusque ses appartements. N'ayant aucune arme pour se défendre, elle recula prudemment et se tenait prête à user de ses poings si nécessaire, les tripes embrasées de ravager le corps de vieille catin de sa marâtre.

La clef tourna dans la serrure dans un tintement métallique, puis s'ouvrit en grand, dévoilant des gardes du Sultan. Un porte parole s’immisça entre eux et sa voix s'éleva entre les murs de marbre de la demeure, face à une jeune femme à la fois enragée et dubitative. Ses propos peu intuitifs trahissaient un discours appris par coeur et non récité pour la première fois..

- Le Sultan Ajdir Premier du nom vous a choisie et désignée vous, Runa Salv Ahsht Arsuh, en qualité de cinquième épouse. Veuillez recevoir tout l'honneur et la joie que vous méritez pour cette bénédiction. Vous serez transférée dès ce soir dans vos nouveaux quartiers du palais du Sultan afin de préparer le mariage qui aura lieu demain, à midi, faisant de vous notre nouvelle Sultane.
Gloire à sa majesté !


Son univers s’étiola, et le ciel tout entier sembla s'écrouler sur elle, la faisant suffoquer, l'écrasant sous le poids de ce qu'elle venait d'entendre. Elle comprit qu'Anaithis l'avait vendue. La Fëalocë avait déjà reçu plusieurs invitations de la part du Sultan afin de conclure à un mariage, mais son père avait toujours refusé, en raison de l'âge avancé du monarque et de sa race, trop impure pour souiller une princesse au sang vierge de Runa. Elle était promise, pour sûr, à un Fëalocë cousin, encore une fois par respect de la tradition.  
Malheureusement, Anaithis, en brûlant les testaments d'Aodhàr, l'avait condamnée. En tant que dernière épouse, elle était désormais légataire et reconnue comme celle qui dirigeait la famille. En assassinant Aodhàr, elle avait hérité d'un empire convoité et jalousé..
Si son premier souhait avait été de faire tuer Runa, elle eut vite conscience que la petite perle du Ssyl'Shar était trop ancrée dans les esprits de la cour du Sultan pour la faire disparaître du jour au lendemain. Quelque part, cette décision aurait été moins cruelle que la condamner à épouser Ajdir..
Bien que clamant son refus, et scandant ses accusations à l'encontre d'Anaithis, Runa n'eut d'autre choix que ce plier à son mariage. Afin de s'assurer son consentement, le Sultan fit peser de lourdes menaces à l'encontre de son frère cadet, et promit également de décapiter son aîné si un jour sa trace réapparaissait. Vestiges de sa famille détruite, Runa dû s'avouer vaincu, pour le bien des siens. Jamais elle n'obtint l'autorisation d'avoir de leurs nouvelles.

Ce fut les paupières lourdes de larmes retenues qu'elle apparut à ses épousailles, sans sourire, le regard éteint. Elle avait beau être vêtue d'une robe brodée de joyaux et d'or et d'une couronne plus riche encore, couverte de bijoux et de présents dignes de la fonction qu'elle venait d'atteindre, son coeur était mort. Elle n'avait même plus, pour l'heure, la force de haïr celle qui damna par cette union. C'était sous une pluie de pétales d'hibiscus couleur de safran et les applaudissements que le feu intérieur de Runa s'éteignit, pour la première fois depuis son premier cri, seize ans plus tôt.
Il n'était nul besoin de préciser que si aux yeux de la cour, cette union semblait normale, pour le reste du peuple, forcer une toute jeune fille à épouser un homme de plus de cinquante ans était une aberration. Le Sultan avait déjà eu quatre épouses qui ne lui donnèrent aucun enfant, le prétexte d'un prendre une cinquième pour prouver sa virilité en était pathétique, même aux yeux de certains nobles..
Après les affres d'une nuit de noces régie sous le déflorage forcé de Runa, la vie sembla reprendre son cours, sauf pour la toute jeune sultane devenue femme.

Avec le temps, elle fit le douloureux deuil de sa pureté, et accepta d'être visitée nuit après nuit. Elle fermait les yeux et s'efforçait d'abandonner son corps, laissant son âme s'envoler vers des cieux plus cléments.
Les années s'écoulèrent ainsi, sans la moindre annonce d'un enfant à naître. Ce nouvel échec pour le Sultan était une merveilleuse victoire pour la jeune femme, qui se réjouissait de ne pas lui offrir de descendance de sang impur. Peu à peu, Runa retrouvait de sa flamme, et gare à qui en ferait les frais..
Jour après jour, Ajdir la délaissait pour des concubines plus enclines à partager sa couche, en quête de ne serait-ce qu'une poussière de récompense pour leur tribut. Par là même, la Fëalocë se remit à vivre et à véritablement prendre soin d'elle.  

Elle reprit peu à peu goût aux soirées mondaines et recommença à se mêler à la cour, qu'elle avait longuement snobé. Désireuse de vider les coffres d'or, elle n'eut de cesse de chercher un nouveau caprice toujours plus coûteux. Il était temps pour elle de rappeler qui elle était..
Des robes de soie immensément chères étaient taillées sur mesure presque chaque jour, sans compter les parures serties de joyaux qu'elle commandait et ne portait pas. Elle fit venir des grands fauves des steppes du centre du continent, les exhibant comme ses animaux de compagnie. Certains de ses serviteurs leur servirent même de repas.. Ses nerfs passaient souvent sur ses esclaves qu'elle n'hésitait pas à punir de façon parfois extrême, car comme une provocation, ceux qui la servaient étaient souvent des sang-mêlés. A défaut de pouvoir se venger sur les personnes concernées par sa vendetta, elle utilisaient ceux qui se trouvaient à portée de sa main.
La rumeur s'éleva alors que la Sultane était digne d'une tigresse en furie, forçant ainsi la crainte par ceux de son entourage. D'une certaine façon, ses colères inspirèrent une certaine forme de respect. Enfin elle s'affirmait. Des flammes réapparurent dans ses yeux, et une férocité nouvelle luisait en eux comme des braises sous la cendre.  

L'audace de son verbe cinglant ne tarda pas à ponctuer ses conversations, doublée d'un orgueil ragaillardi. Ses paroles provocantes plurent à la cour, sûrement lasse de ne voir dans ses rangs que des petits bourgeois amateurs de plaisants mensonges pour satisfaire les égos démesurés de ceux au dessus d'eux.
Le plus amusant étant que Runa créa vis à vis d'elle une certaine forme de fascination par sa simple attitude naturelle. Appréciée pour sa culture et son savoir pointu en matière de manoeuvres politiques, elle se constitua un groupe de penseurs et de philosophes, de généraux de la garde et de membres du conseil politique du sultanat. Son bonheur était d'autant plus grand lorsqu'il s'agissait de personnes ayant des avis opposés à ceux de son époux. Envoûtante par son corps parfait aux courbes qui suscitaient ferveur chez les hommes et qui effaçait les autres femmes, charmante par son intellect, Runa gagnait peu à peu en réputation, dépassant celle du Sultan.

Ajdir, ayant peu de respect pour le sexe féminin, ne digéra pas cet affront. S'il avait accepté une fois de plus l'absence d'enfant pour perpétuer son nom suite à son mariage, il avait gardé Runa car elle était la plus belle femme qu'il eut connu, et bien sûr sa plus fascinante épouse. S'il avait particulièrement apprécié sa soumission au début de leur union, il se rendait peu à peu compte que la jeune femme l'effaçait de son entourage afin de vivre sa propre vie, loin du Sultan.
Là où la belle fleur couleur rubis resplendissait, le vieil Humain vulgaire et stupide qu'il était mourait, ébloui par l'éclat de sa jeune épouse. Runa le voyait, et en jubilait d'une extase qu'elle n'avait jamais connu dans le lit conjugal. Elle avait l'art de lui lancer des regards empreints d'un certain diabolisme menaçant parés de la rareté envoûtante de ses iris d'ambre, et ces derniers voulaient tout dire :

* Je te détruirai. *


[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Feuardent

Dans une rage incontrôlée, Runa éclata d'un rire à la fois nerveux et sincère.  

En réponse au comportement de la Fëalocë et ne voyant pas arriver d’héritier, le Sultan prit la décision d'enfermer sa jeune épouse dans son harem privé, parmi les catins et les concubines de petite vertu. Runa serait prêtée aux bons amis d'Ajdir, selon son ordre.
La cour s'indigna de cette décision mais n'eut guère d'autre choix que l'accepter. Quant à la Fëalocë, dévorée par la colère, elle n'avait pas dit son dernier mot, et jurait de trouver une furieuse vengeance. Tant qu'il ne trouvait pas de nouvelle épouse, elle gardait son statut de Sultane et donc les quelques pouvoirs associés à son titre, même dans le harem.
La jeune femme en profita pour se faire créer de nouveaux appartements parmi les chambres des courtisanes. Évidemment tout devait être d'or, d'argent, et de marbre. Un bassin d'eau fut creusé dans sa chambre, lui évitant ainsi d'avoir à se mêler à ses nouvelles compagnes, et elle ne manqua pas de faire rapatrier toutes ses affaires auprès d'elle.
Bien que fiévreuse de réduire le Sultan en cendres, sa nouvelle condition ne l'effrayait guère : elle avait toujours le pouvoir de refuser la compagnie d'un homme, et si ce dernier insistait, son tigre de Qahra ne manquerait pas de protéger sa maîtresse..

Malgré tout répudiée, le peuple eut vent de la nouvelle condition de sa souveraine, et le Sultan n'oublia pas de justifier cette punition par la stérilité de son épouse. Encore de la faute de la femme, comme toujours.
Cette fois fut la fois de trop, et de nombreux Ssyl'Shariens se moquèrent de lui au profit d'un soutien plutôt accordé à la Sultane, désormais emprisonnée. Ajdir n'accepta pas le manque d'aval de ses gens, et ordonna qu'on lui trouve une sixième épouse. Furieux, il fit quérir Runa jusque sa chambre plusieurs fois et abusa d'elle, quitte à demander à ses gardes de la tenir tant elle se débattait. Si jadis elle s'était montrée impassible et inerte en acceptant tristement son sort, la Fëalocë s'était depuis jurée de venger toutes les humiliations subies les six dernières années où cette pâle caricature d'homme avait fait d'elle son esclave et la privait de sa liberté, qu'elle aspirait à retrouver. Runa n'avait cure de perdre son titre de Sultane si Ajdir venait à mourir, elle voulait simplement rentrer chez elle, et reprendre ce qui lui revenait de droit.

Humiliée, frappée en plein égo à peine âgée de seize ans, Runa atteignait le point de non-retour. Ajdir DEVAIT mourir. Une femme bafouée était un danger que le Sultan avait ignoré trop longtemps, surtout s'il s'agissait d'une Fëalocë..

Comment le tuer sans finir lapidée ? Runa sombra peu à peu dans ses livres, certains parlaient de plantes aux vertus peu recommandables. Elle était la recherche d’une solution à ce qu’elle appelait « son problème. » Et pourquoi pas le poison ? Simple, efficace, discret. Elle chercha dans ses ouvrages une formule parfaite qui n'éveillerait pas les soupçons, elle fit même apporter en secret d’autres écrits de la bibliothèque de la cité. Pourquoi ne pas avoir fait appel à un expert, ou même un inconnu, à une de ses servantes ? Pourquoi ne pas avoir payé l’une des concubines de son époux, l'une de ses concurrentes ? Loin d'être stupide, elle savait que la convoitise de dévoiler un assassinat à l'encontre du Sultan pesait plus dans la balance que toutes les bourses remplies d'or qu'elle pourrait offrir à son commanditaire. Elle n'avait confiance qu'en elle-même. Elle voulait être la propre instigatrice de sa némésis.

A mesure qu'elle écoulait les manuscrits, elle trouva finalement un parchemin, ce genre de parchemin qu’on ne remarque pas dans une bibliothèque, que tous ignorent. La recette était simple : quelques graines d'une fleur nommée obscurcine, qui ne pousse qu'en Orën, sont à réduire en poudre et mélanger dans une boisson forte comme du thé ou du vin, idéalement relevé d'épices ou d'agrumes. Le poison devait être administré chaque jour, de préférence le soir, en petite quantité, et le sujet tomberait rapidement sous la coupe d'une fièvre irrémédiable.
Cette description ne manqua pas de lui rappeler le trépas de son propre père. Elle y vit une belle façon de se venger, d'une certaine façon, d'autant qu'elle avait vu par elle même ce que pouvait faire ce poison ou assimilé.
Le seul risque étant que les guérisseurs comprennent qu'il ne s'agissait pas d'une maladie.. Alors Runa allait prendre un risque calculé.

Elle n'eut d'autre choix que faire appel à un coursier discret qui lui commanderait ce dont elle avait besoin : elle fit préparer un luxueux thé vert de Qahra où la poudre de graines d'obscurcines fut directement incorporée. Prête à passer à l'acte, Runa se mit en tente de faire venir Ajdir à elle non sans un certain dégoût qu'elle s'efforçait de dissimuler. Elle se persuadait que ce supplice de plus serait de courte durée..
Runa se para de tenues toujours plus évasives pour inciter le Sultan à choisir sa chambre plutôt que celle d'une autre. De prime abord étonné par un comportement aussi entreprenant, Ajdir céda, vite charmé par ces initiatives inconnues de la part de sa cinquième épouse.
Dès la première nuit, elle fit servir le thé par sa servante personnelle. Portant une tasse emplie du brevage à ses lèvres, la Fëalocë prit sa voix la plus douce pour s'exprimer.

- Buvez ce thé, soleil de mes nuits.. Oublions nos querelles et ce qu'il s'est passé. Je l'ai fait venir de Qahra, pour vous. Il vous redonnera jeunesse et fougue de vos jeunes années. C'est le breuvage que boivent les grands hommes de ce monde.. Depuis que j'en bois, je me sens d'humeur plus.. Charnelle.

Quel homme ne serait pas séduit ? Il avala le contenu de sa tasse presque brûlante tant il était empressé d'en ressentir les effets.
Runa accepta alors ses visites chaque nuit, il n'y avait plus qu'elle à ses yeux et de nombreuses concubines pestaient contre la jeune Sultane.
Soir après soir, l'opération se répéta, des semaines durant. Nul ne se doutait de rien. Runa prenait garde à boire elle aussi un peu du brevage fatal avec parcimonie, mais elle devait également présenter quelques uns des effets escomptés. Une fois le Sultan parti, le sommeil de la jeune femme ne fut jamais plus reposant, se délectant par avance de l'issue tant attendue, piétant avec hâte le moment où les premiers signes feraient  leur apparition.

Enfin, un soir, Runa eut des vapeurs, et apprit que le Sultan était trop souffrant pour la visiter.
On disait qu'il devenait plus pâle chaque jour, la faim l’abandonnant, ses yeux jaunis par l’alcool et le tabac se vidèrent peu à peu de toute émotion. Il vomissait nuit et jour sang et viscères, et la fièvre était si forte qu'il en brûlait presque les draps de son lit.
Pour autant, Runa continua de faire apporter le thé de sa majesté dans sa chambre, et cet imbécile buvait gorgée après gorgée, persuadé qu'il s'agissait là de son remède. Les guérisseurs prirent en compte les symptômes également présents chez la Fëalocë et déclarèrent que le couple royal avait été empoisonné. La panique gagna rapidement le palais, certains serviteurs furent arrêtés, de même qu'un maître des cuisines, et la torture fut employée pour leur faire avouer ce qu'ils n'avaient pas commis. Tout frôlait la perfection, de ce qu'en apprenait Runa, bien moins souffrante que son époux.
Au bout de trois semaines, et avec l’aide de quelques médecins incompétents et démunis, le Sultan mourut dans d’atroces souffrances, avec pour dernières paroles hurlements et gémissements de douleur. A cet instant, Runa sentit une douce chaleur envahir son avide enveloppe corporelle. Enfin, elle pouvait respirer..

Etant la dernière épouse de feu Ajdir Premier du nom, Runa eut l'autorisation de regagner ses appartements royaux. Douce fut sa convalescence, mais elle devait mimer de porter le deuil de son défunt mari pour ne pas éveiller les soupçons.
La Fëalocë eut plusieurs semaines de répit qu'elle dégusta avec délice, se délectant de cette solitude où elle seule régnait sur sa demeure sans n'être importunée que par d'urgentes affaires d'état. Hélas, le bonheur ne pouvait que trop durer.

Un matin, on lui annonça qu'une femme ne pouvait gouverner le continent seule, et elle devait donc épouser le neveu d'Ajdir, Bahsir III, fils d'humaine et de torhil. Une râclure de sang-mêlé !
Runa explosa dans l'une de ses crises bien connues. Elle hurlait qu'elle préférait mourir qu'épouser un demi-sang, et que tant qu'elle règnerait, jamais elle n'accepterait une autre punition telle que celle-ci. Alors, le pire arriva.
Runa fut arrêtée les jours suivant cette annonce, puis jetée de nouveau dans le harem princier. Elle y regagna sa chambre parmi celles qui furent les favorites de son époux.

Le Sultan Bahsir fut élu par les hautes autorités de la cour et Runa destituée. Il fut vite rejoint par une épouse qui avait l'âge de la jeune fëalocë lors de son ascension au trône..
La Sultane déchue devint folle de rage. Cette fois, il n'était plus question de compromis.. Elle réduirait ce maudit palais en cendres !

Elle laissa un peu d'eau couler sous les ponts, puis engagea sa manoeuvre de destruction. Un matin, elle fit appel à l'un de ses eunuques, le plus crédule d'entre tous. Sachant que sa féminité n'attiserait pas les désirs d'un homme dépourvu de ses attributs, elle joua la carte de la richesse et du pouvoir. Le contrat fut des plus simples : s'il l'aidait, il serait couvert d'or et se verrait attribué une place au sultanat ; dans le cas contraire, il serait exécuté pour vol. Elle ne lui précisa pas les termes du contrat, le risque étant trop grand. C'est assez spontanément que l'eunuque lui apporta son accord, avide de tenir entre ses mains des émeraudes grosses comme des oeufs. En guise de bonne foi, Runa lui donna quelques pierres de petite taille pour l'appâter, et elle vit à ses yeux brillant d'envie qu'il ne lui ferait pas défaut.  

Runa lui ordonna de répandre de l'huile à lampe dans tout le harem, une fois le soir tombé et les concubines couchées. Il dut en déverser dans toutes les chambres, autour des bains, même dans la chambre de Runa. Partout, sauf dans la chambre de la seconde épouse. La Fëalocë n'eut qu'à faire tomber la mèche allumée d'une lampe à huile, et ce fut le brasier. Nul n'eut le temps d'éteindre l'incendie dont les flammes s'élevèrent jusqu'au ciel à certains endroits, et le feu par l'huile était quasiment in-éteignable. Certaines femmes périrent par la fumée, dans leur sommeil ; d'autres furent brûlées vives, réveillées par la caresse du feu, hurlant de douleur.  Seules survécurent la seconde épouse et Runa. L'eunuque, effrayé par l'acte de sa maîtresse, s'enfuit à l'aube. Le palais fut presque intégralement détruit, de nombreuses personnes avaient fui les flammes mais certains en restèrent prisonniers. Ce fut un carnage, et à Arsuh l'odeur de fumée donnait la nausée tant elle s'imposait.

Le Sultan dépêcha des personnes pour enquêter sur les lieux. Constatant que parmi les survivantes, seule la chambre de la seconde épouse était intacte, et que celle de Runa avait été en partie calcinée, l'accusation sembla évidente. Une personne un minimum sensée aurait compris le piège, mais fasse à l'ampleur des dégâts, quelqu'un devait payer pour ça.
Runa fut innocentée en l'absence de preuves flagrantes. Elle appuya les accusations à l'encontre de la seconde épouse, clamant haut et fort l'avoir vue répandre l'huile dans le harem, de ses propres yeux.
La seconde épouse fut condamnée à la lapidation le soir même. Bien que des accusations pesaient en la défaveur de la Fëalocë, rien ne prouvait son implication. Le Sultan décida donc de lui accorder la jouissance de la demeure royale d'Har'lu, où elle devrait se rendre les prochains jours pour se faire oublier. Pour l'heure, le Sultan ne lui accorda pas l'autorisation de regagner le palais des Salv. Mais qu'importait, Runa dérogerait à cette règle. Elle devait retrouver Volkahar, et Thaddeus, et se venger d'Anaithis.
Malgré tout, Runa était emplie de la douce chaleur de la satisfaction : elle avait gagné, quand bien même elle perdait sa place, elle restait veuve de Sultan.

A l'aube de ses 22 ans, la Fëalocë prit la route du désert avec cinq servantes, une dizaine de gardes et des chameaux chargés de ses biens. Elle n'emporta avec elle que le plus coûteux, heureuse de prendre sa retraite aussi jeune, ne semant derrière elle que le chaos et la mort. Quittant malgré tout à regret la cité qui l'avait vue grandir et où elle demeurait sans nouvelles de son cadet, elle se promettait d'y revenir au plus vite pour reprendre ce qui était sien.

Le septième jour de voyage, la caravane s'arrêta au flanc d'une montagne pour passer la nuit. Rien n'indiquait qu'elle serait différente des autres. Dans le silence de la sorgue, près du feu de camp, tous s'endormirent sous le regard des gardes. Sans un bruit, quatre cavaliers aux noirs desseins s'approchèrent. Avec l'agilité de félins, ils tranchèrent les gorges des servantes. Ce fut un garde qui donna l'alerte juste avant de s'étouffer avec son sang. Les autres périrent de la même façon, sans témoigner le moindre son de leur funeste fin. Les assassins du sultan étaient là, et avaient une tête à rapporter. Lentement mais sûrement, ils encerclèrent la tente de la Sultane déchue, tandis que plus haut dans les cieux, le bruit d'une créature qui battait des ailes réveilla la Fëalocë..

Equipement possédé : Bijoux d'or, de bronze, d'ambre, de rubis, de saphir... héritage de ses ancêtres et de son défunt époux. Son annulaire droit est serti d'une bague qu'elle ne quitte jamais, un anneau dont elle prend soin et qu'elle apprécie pour son symbolisme et son histoire puisque présent dans sa famille depuis plusieurs générations.
Elle porte également un médaillon d'or richement orné depuis de funestes évènements. Il renferme une mèche de cheveux de sa fille morte-née, et est ce qu'elle possède de plus précieux, sans jamais s'en séparer.

Magie : Runa possède le Don et celui-ci est puissant. Le lien qui l'unira à sa liée sera donc d'une force considérable.
Elle a également hérité du don de compréhension de la langue Valherue, dialecte mort que plus personne ne parle et qui est prohibé. Ce pouvoir sera développé in-RP sur Tol Orëa, et lui apportera surtout la maîtrise de la magie du sang.

Divers : Je m'excuse d'avance pour les fautes s'il en reste.

NB : Fiche remise à jour en novembre 2018.


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MessageSujet: Re: [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet   [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Icon_minitimeJeu 28 Fév 2019 - 22:00

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Nom : Sărzeghnet, qui en vieux Ssyl'Shari signifie "Éclipse sanglante." Prononciation disponible ici.

Liée : Rūna Sălv, Chevalière Incarnate du Màr Tàralöm.

Âge : Naissance fin Flarmyaku 918.

Couleur : Dans sa robe d'Incarnate, la couleur de ses écailles semble jouer avec la lumière pour aller de pair à ses humeurs changeantes comme une flamme soufflée par une bourrasque. Sărzeghnet arbore une robe d'un rouge alizarine, plutôt sombre mais saturé et puissant. Elle oscille entre l'écarlate à l'éclat du soleil et l'andrinople dans la pénombre. Ses écailles luisent comme le sang frais et inspirent à une fureur digne de son statut de Reine.  

Ascendance : Héritière de la Reine Incarnate Takhasya, liée à la Maîtresse Valherienne Jora Evumbrar et de Melkor, Bronze lié au Maître Martel Dehlekna.

Descendance : Aucune pour le moment.

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Description physique : Terrible et magnifique. Sărzeghnet est l'archétype de la parfaite Incarnate.
Immense, elle figure parmi les plus grandes Reines ayant existé, toisant le monde du haut de son imposante stature. Malgré cette carrure, une certaine agilité transparaît lors de son vol. Capable de semer un mâle non désiré, elle arbore néanmoins une puissance à même de la ralentir, mais rien qu'un coup de dents ne saurait résoudre.

Sa large gueule sertie de pointes abrite une féroce mâchoire capable de dévorer un homme entier. Ses crocs acérés rappellent à quiconque de ne pas approcher trop près de la noble dragonne.. Car tant sa morsure que ses flammes sont irrévocables et fatales. Ses cornes rejoignent deux yeux typiquement en amande où reposent ses iris mortes. Bien qu'aveugle, Sărzeghnet offre un regard inquisiteur qui sonde l'âme et fait frémir. Les deux globes d'un blanc laiteux luisent d'un éclat plutôt vif, comme trahissant la véracité de sa cécité. Quelque part, ce handicap ajoute à la terreur de sa silhouette, apportant une ombre prophétique à sa prestance avérée. Son port de tête est fier du haut de son cou épais, recouvert de la nuque à la pointe de la queue d'une collerette dorsale intercalée de pointes.

Le reste de son corps n'est que muscles galbés, significatifs d'une implacable puissance. Ses pattes robustes portent un corps harmonieux et assurent une démarche calme et assurée. Au bout de chacune d'elles reposent des griffes d'un noir d'obsidienne taillées en poignard à lame courbe, parées à mettre en lambeaux la chair morte ou vive.
Une fois ses vigoureuses ailes déployées, elle fait monstrance d'une envergure impressionnante et significative : malgré son handicap, elle ne manque pas de développer son vol, alternant la facilité et la difficulté, lui conférant de ce fait une telle musculature.
Son corps tout entier est recouvert d'écailles d'un rouge sang, fines et découpées en forme de pointe, hormis de sa gorge à son ventre où des plaques plus larges la protège d'une attaque en plein vol.


Évolution physique


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Naissance
   
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Adolescence
   
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Âge pré-adulte
   
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Adulte
 


Description caractérielle : Sărzeghnet est une Incarnate d'une édifiante froideur, sauf envers sa liée. A l'instar de ses consœurs d'un naturel plutôt colérique, l'Incarnate se montre silencieuse, déterminée, calculatrice et réfléchie. Il émane d'elle une aura sombre, spectrale, sinistre.. Quelque chose qui intrigue, force le respect et effraie à la fois. Elle rappelle les oracles annonciatrices de la fin des Temps : énigmatique et mystérieuse, mais également sévère par la fatalité de ses propos. La place n'est jamais accordée au doute ou aux hypothèses tant dans ses pensées que ses paroles : sa certitude est le reflet de son aplomb déconcertant.
Secrètement fière de ces émotions qu'elle est en mesure de déclencher chez autrui, le reste de son caractère est plus complexe à définir. Assez hautaine par la noblesse de son rang, elle n'en demeure pas moins sauvage et majestueuse à la fois. Elle a conscience d'être une Reine Incarnate - même si ratée, d'après certains - et bien qu'elle ne soit pas du genre à s'en vanter, elle n'oublie pas de le rappeler à quiconque s'essaie à lui manquer de respect. Acerbe et mordante, ses propos ont souvent la dureté d'une lame qui tranche sans faire fi de blesser.

Sărzeghnet est une Incarnate pourvue d'un handicap, ce qui de prime abord suscita une profonde colère à l'encontre de ceux qui se moquèrent d'elle ; mais avec le temps, elle apprit à les ignorer, et par la même en faire une force. Sa cécité lui impose de se fier à ses autres sens, bien plus développés et aiguisés que la normale, lui conférant ainsi le caractère d'une créature sûre d'elle. Ce qu'elle ne voit pas chez autrui, elle le ressent, et le dissèque autrement que par la vue. Malgré cette tare, son instinct de prédation est grand, renforçant l'image d'une saurienne qu'il vaut mieux éviter.
Cette assurance s'est faite ressentir chez elle dès l'adolescence. Sărzeghnet osait déjà tenir tête à plus grand ou âgé qu'elle sans en craindre la moindre représaille. Bien qu'elle soit plutôt taciturne, ses colères sont terribles, et c'est sa rage qui prend le dessus sur son calme froid habituel. La Dragonne a déjà tué, même massacré, plusieurs bipèdes trop enclin à déclencher chez elle une furie dévastatrice. Elle n'hésite pas à déchiqueter et dévorer des humanoïdes plutôt que s'encombrer de les recroiser à nouveau.
Sa rancoeur n'a pas de limite dans le temps, et jamais elle n'oublie, ni ne pardonne. Nombreux de ses traits de caractère corrèlent avec ceux de son âme-soeur, surtout dans ses accès de violence. Sărzeghnet est une dragonne effroyablement sanguinaire si provoquée, et elle ne manque pas d'ôter la vie de quiconque se trouve sur son chemin ou celui de sa bipède. Ses grondements sont effrayants, et son regard sait s'assombrir pour dissuader l'inconscient qui ose dire mot de plus. L'issue en est souvent fatale.
Faisant peu cas de ce que pensent les autres dragons ou bipèdes de son infirmité, il vaut mieux pour eux garder leurs propos dans leur bouche, car si l'envie ne lui dit pas de les réduire immédiatement en pièces, elle n'oubliera pas de marquer leur nom dans son esprit pour un jour trouver vengeance..  

En compagnie de sa Liée, la Dragonne se montre plutôt calme mais ferme dans certaines prises de position. Peu démonstrative de son affection pour Rūna, elle l'aime néanmoins par dessus tout. Protectrice et stricte comme le serait une mère, Sărzeghnet voit en sa bipède l'équilibre nécessaire à sa propre existence. Toutes deux se complètent parfaitement, tant par leur part d'ombre que leur feu intérieur. Traditionnellement, les Incarnates sont plutôt indépendantes de leur liée et jouent souvent de démonstrations de domination l'une avec l'autre. Ce n'est pas le cas de Sărzeghnet, consciente que son lien avec Rūna est puissant et que ce n'est pas le hasard qui les a unies. La Dragonne voit en sa bipède son égale, celle avec qui elle pourrait dominer Rhaëg tout entier. Entre elles, elles ne cherchent pas à maîtriser l'autre, et privilégient une relation conseillère.
L'Incarnate sait en revanche se montrer vexante, parfois, sans jamais penser à nuire à sa bipède, bien au contraire.

En résumé, le jour peut contraster avec la nuit, parfois en une fraction de seconde. Elle est à la fois le temple des froides ténèbres dans le chaos, et l'éclat de l'apocalypse annonciateur de la Mort. La Dragonne se complait dans l'idée d'apporter l'effroi par son calme ou sa furie, et même les Dieux en viendraient à craindre son silence ou son courroux. A la fois sage par instant puis adepte d'un déchaînement torrentiel, les inconnus parviennent difficilement à la cerner et elle inspire une certaine méfiance si ce n'est de la peur.
Ces changements d'humeur nourrissent des rumeurs : Sărzeghnet tiendrait plus de la Reine Améthyste qu'Incarnate..


Forme humanoïde choisie :


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Première apparence

Sărzeghnet apparaît pour la première fois sous les traits d'une jeune fille de tout au plus seize ans, de taille et silhouette moyenne. Son visage rond, encore dépourvu de traits matures, laisse luire deux opales d'un blanc incandescent. Bien qu'aveugle, ces yeux d'ivoire nacré regorgent de vie sous une allure désintéressée. Toujours vêtue d'une large coule noire, plongeant son visage dans l'ombre, sa première forme humanoïde se veut discrète et mystérieuse, et joue la stratégie de l'innocence fragile factice.
Néanmoins, l'Incarnate en changea rapidement à mesure qu'elle atteignit l'âge de un an.


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Apparence définitive


Aujourd'hui, c'est sous les traits d'une femme d'un mètre quatre-vingt qu'elle apparaît. De longs cheveux fins d'un blanc pur ondulent jusqu'au creux de ses hanches, tranchant à peine à son teint diaphane d'un grain parfait.
Deux yeux à la courbe en amande, souvent soulignés de noir, abritent en chacun un globe blanc éburnéen pourtant pétillant d'une ferveur certaine. Des sourcils taillés finement et expressifs ourlent son regard de pierre avec une certaine sévérité, digne d'une statue représentant la Justice. Les traits de son visage sont harmonieux, presque elfiques, mais une mâchoire légèrement carrée révèle un faciès assez dur et aux expressions mêlant l'orgueil à la froideur.
D'une musculature sèche, elle n'en demeure pas moins élancée et sa démarche calme a tout de celle d'une monarque. Athlétique, une finesse raffinée dessine pourtant son corps des épaules aux chevilles, toujours dissimulée sous de longs vêtements noirs souvent associés à des pièces d'armure en ébonite. Peu encline à montrer ses charmes féminins discrets mais désirables, elle revêt le plus souvent des atours en conséquence, bien que souvent porteuse d'accoutrements cintrés. Sărzeghnet ne porte quasiment pas de bijoux.
Certains diront que la beauté est subjective. L'Incarnate, sous cette forme, est aussi gracieuse que le spectre d'une princesse elfique en deuil déposant un bouquet de roses rouges sur une tombe, et se préparant pour une guerre vengeresse. Elle dégage un halo charismatique et dérangeant à la fois, et souvent on se retourne sur son passage.

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Regard de Flarmya : Encore non révélé, à venir très prochainement..


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MessageSujet: Re: [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet   [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Icon_minitimeLun 24 Juin 2019 - 21:00

[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Zha

Nom : Senakht, qui signifie verredragon en haut Ssyl'Shari.
Race : Lézard de feu.
Couleur : Noir profond et laqué, comme l'obsidienne.
Âge : Quelques semaines tout au plus, né mi-Flarmyaku 919.

Histoire, apparence et personnalité : Senakht était un cadeau de la part de Sărzeghnet envers sa liée, dans le but premier de la consoler du deuil de son enfant morte-née. L'Incarnate s'était affairée à récupérer l'un des plus petits oeufs de la couvée abandonnée d'une lézarde de feu sauvage aux teintes d'un énigmatique violet.. Soucieuse de lui apporter un présent qui chasserait ses pensées les plus sombres, la Reine avait néanmoins opté pour la coquille la plus modeste, trop fière pour lui concéder une place mûrement jalousée. Un petit lézard Noir naquit bien vite, curieux de voir le visage de sa nouvelle famille, loin d'être effrayé par la taille impressionnante de sa grande soeur Incarnate dont il était le royal opposé, du haut de son gabarit presque chétif, même pour sa race.
Petit, hargneux mais joueur comme un chaton. 'Nakht se montrait téméraire malgré sa petitesse, et grand amateur à roucoulades et ronronnements sous les caresses de sa maman bipède. Fin chasseur gourmand de sauterelles et scorpions, il ne manquait pas d'en déposer quelques cadavres aux pieds d'une Rūna souvent dégoûtée mais toujours démonstrative en félicitations pour inciter les instincts du petit chasseur.      
Il se plaisait par dessus tout à taquiner la grande dragonne rouge qui ne voyait rien, voletant autour d'elle en mordillant çà et là, et les grondements agacés de la Reine ne faisaient que décupler son plaisir à l'embêter.
Assez étonnement, les trois se complétaient parfaitement, Sen' apportant une touche de légèreté au duo trop pédant de la Chevalière et sa liée.

Plutôt docile bien que fiévreux en raison de son âge puéril, le petit lézard se montrait surtout affectueux et toujours prêt à honorer les demandes de sa bipède, du moins bien plus qu'à celles de Sărzeghnet.. Presque tout lui était cédé à raison qu'il apportait le sourire au visage de Rūna, il essuyait simplement parfois le claquement des crocs de l'Incarnate souvent agacée par sa vivacité infantile.
Dénué de fierté, 'Nakht adorait par dessus tout jouer dans les fontaines à eau de la demeure Sălv et grimper les rideaux en soie noble sans manquer de les délabrer à l'aide de ses griffes en aiguilles. Mâcher les pieds de chaise, patasser les tapis en laine et casser les quelques coupes en verre de la maison. Loin d'être pataud, il simule aisément sa maladresse sous le couvert d'une espièglerie malicieuse. Très bavard, il en était même usant par la fréquence de ses miaulements.
Son petit plaisir, une fois calmé à la faveur de la nuit, était de s'endormir dans le creux du cou de sa bipède, et enfouir sa tête dans l'épaisse chevelure andrinople de cette dernière.


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Rūna Sălv
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MessageSujet: Re: [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet   [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Icon_minitimeDim 30 Juin 2019 - 21:58

[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Logofiche4

[EN CONSTRUCTION]





[Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Alauwyr1      
ALAUWYR ISKUVAR
Seigneur du Kaerl Ardent
         


             

Initialement son Maître, leur relation est très vite devenue complexe. Leur fierté mutuelle les a presque immédiatement menés à des conflits ponctuels et de plus en plus virulents : Runa jalousait ouvertement le Pouvoir d'Alauwyr quand ce dernier semblait se lasser de son poste et peu considérer son aspirante, trop différente de lui. Rapidement, le mépris se mua en haine réciproque, plus encore lorsque Runa découvrit l'existence d'un fils batard d'Alauwyr, né d'une union à but premier sacrificiel dont la mère était.. celle de Runa. Mais malgré tout, ils s'attiraient indubitablement, Runa y voyant enfin l'homme qui lui correspondait et savait la contenir. Frappée en plein égo, Runa se résigna à aller lui avouer ses sentiments une bonne fois pour toutes, afin de mettre des mots sur les maux de son coeur. La même nuit, Alauwyr la rejeta, par sécurité bien qu'épris d'elle en retour, et elle ne supporta pas qu'on refuse son affection. Elle tenta de l'assassiner, muée d'une impulsion folle, mais ce dernier fut sauvé in-extremis par son Lié qui préféra effacer leur mémoire pour mettre un terme à leur relation toxique. Il les renvoya au moment où ils se vouaient une haine partagée. Heureusement (ou hélas ?), rien n'était gravé dans la pierre. Une fois liée, en l'absence du Seigneur Ardent, Runa retrouva une bribe de mémoire grâce au lien de son âme-soeur, se rappelant peu à peu de cette fameuse nuit. Puis brutalement, elle dû faire face à tout ce qui avait été étouffé par le lié d'Alauwyr.
Disparu depuis plusieurs semaines, Runa partit à la recherche d'Alauwyr, étant probablement l'une des seules à se soucier de son sort. Elle le retrouva, grièvement blessé, et resta avec lui aussi longtemps que la convalescence l'exigeait. A mesure du temps, leurs affects se révélèrent timidement, puis passionnément.
Ils cachèrent leur relation aux yeux du Kaerl, mais forte était la rumeur, jusqu'au jour où Runa dut cacher une grossesse inattendue et inavouée à Alauwyr. Elle nomma Ashaïrah leur fille morte-née, et en révéla l'existence au Seigneur Ardent. Depuis ce jour, leur amour est fort et sincère, et n'est plus caché.


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MessageSujet: Re: [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet   [Chevalière Incarnate] Rūna Sălv & Sărzeghnet Icon_minitimeMer 24 Juin 2020 - 17:53

C H R O N O L O G I E . A P P R O X I M A T I V E

ANNEE 918
- Début Isashaniku : Arrivée de Runa au Kaerl, devient l'aspirante d'Alauwyr ;
- { D'Isashaniku à Ioalyaku : Aspiranat tumultueux }
- Gaïaku : Runa découvre l'existence de son demi-frère Lokath pendant que le Kaerl se fait attaquer par Drazahir ;
- Flarmyaku : Empreinte, Runa se lie | Alauwyr disparait dans l'indifférence générale ;
- Solyaeku : Runa part à la recherche d'Alauwyr sur Qahra ;
- { De Solyaeku à Aran'Rhiodku : Exil de Runa et Alauwyr }
- Néharaku : Retour au Kaerl suite au rétablissement d'Alauwyr, assiste au duel contre Martel ;
- Ouranosku : Runa fait des recherches sur son ancêtre Valherue et découvre ses pouvoirs ;
- Zakerielku : Runa découvre qu'elle est enceinte d'Alauwyr, décide de fuir du Kaerl et se réfugie au Ssyl'Shar ;

{ De Mystraku 918 à Gaïaku 919 : Runa reste cachée au Ssyl'Shar, subit une grossesse très difficile }

ANNEE 919 :
- Iolyaku : Début d'une relation épistolaire avec Eléderkan inachevée suite à l'état de santé de Runa ;
- Flarmyaku : Runa accouche d'une fille morte-née, elle laisse Alauwyr la retrouver ;
- Solyaeku : Runa accomplit un rituel Valheru et créé un artefact magique en tuant Lokath, puis retour au Kaerl ;
- Eurilyaku : Runa rencontre Marek, puis Peddyr ;
- { D'Aran'Rhiodku à Néharaku : Vie normale au Kaerl, entretient sa relation "secrète" avec Alauwyr }
- Ouranosku : Runa rencontre Eléderkan suite à leurs lettres échangées afin de discuter de l'avenir du Màr ;


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