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 [RP] Dans les ténèbres, les lier

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Rūna Sălv
Maitre Dragon
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Rūna Sălv


Date d'inscription : 07/06/2014
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Âme-Soeur : L'Incarnate Sărzeghnet
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MessageSujet: [RP] Dans les ténèbres, les lier   [RP] Dans les ténèbres, les lier Icon_minitimeJeu 28 Fév 2019 - 23:29


* Fin Zakerielku 918.

Le crépuscule. En ses serres apportant les effluves de la froide nuit d'une année nouvelle, parfums mélangés de cendres froides et de la pierre glacée du Màr Tàralöm ; en sa gueule retenant à peine les spectres et les ombres nourris par la clarté des deux lunes. Le temps se figeait toujours en cette heure, même la brise sifflante et mordante du soir semblait retenir son souffle avant qu'enfin les ténèbres de la sorgue ne s'abattent pleinement sur Rhaëg tout entier. Et tel un immense corbeau étendant ses ailes sur le monde des mortels, enfin le ciel ne se fit plus qu'encre pailletée des citrines qu'étaient les étoiles.

A sa fenêtre, elle observa longuement les astres apparaître les uns après les autres, plongée dans un mutisme énigmatique, les pupilles luisant comme deux braises discrètes et cachées par la cendre tiède d'un feu mourant. Ce regard lui était inhabituel, pour qui la connaissait un tant soit peu.
L'or patiné de ses iris s'était teint d'un profond déterminisme plus sombre qu'à l'accoutumée, murmurant quelque chose de secret et d'annonciateur à la fois, comme présageant de la Fin de l'ère des Temps, et le début d'un nouveau cycle. Un regard qui avait transpercé bien des âmes au cours de sa vie, mais ce soir c'était la sienne qu'elle laissait apparaître. Néanmoins, une ombre planait dans ses yeux. Quelque chose d'obscur, de déchirant, et même si elle tentait de chasser ces démons de son esprit troublé, ils se délectaient d'approcher en silence, comme des fauves en chasse.

Sa poitrine se soulevait lentement, accordée à la profonde respiration de sa liée tapie derrière elle et qui par son seul souffle faisait onduler la longue chevelure andrinople de la Fëalocë.
Dans l'air du weyr de la princesse déchue et de la Reine Incarnate pesait une attente, quelque chose de longuement préparé par les deux soeurs. Quelque chose qui allait changer leur destinée mais dont l'issue était encore incertaine. Il était seulement avéré que leur voyage ne prévoyait, pour l'heure, aucun  retour, et la Mort joncherait leur périple.

Le pâle halo des deux lunes joint à la lueur vacillante des flammes ambrées des braseros conjuguaient le nimbe de leur aura teintée de sang. Toutes deux arboraient les couleurs de la sève vermeille pulsant dans le corps de toute créature vivante en cette terre. Mais leur robe ne symbolisait pas le simple éclat cardinal de la Vie. Il s'agissait là plutôt d'une mise en garde, d'un avertissement. Comme la rose attisant les regards curieux de son velours carmin pour mieux dissimuler ses terribles épines, comme Atheris squamigera fascinant par l'éclat et la perfection de ses écailles découpées en pointe mais dont une seule larme de son venin était capable de tuer dix hommes. Plus qu'être aimées ou admirées, elles aspiraient à être craintes.
Malgré les moqueries sur sa condition, Sarzeghnet avait déjà de quoi faire trembler ses comparses. Par cœur, elle avait appris la moindre tour, le moindre col du Kaerl, signant un vol maîtrisé et puissant, déjà observé avec intérêt par ses frères et soeurs ailés. Sa taille, impressionnante sans avoir encore atteint l'âge adulte, présageait la stature d'une des plus grandes Incarnates jamais vues au Màr Tàralöm. Puis peu à peu, les brimades s'étaient tues, laissant place à des murmures impressionnés. Jamais la dragonne n'avait cherché à punir ses détracteurs, ou à les contredire, elle n'avait fait que garder le silence. Un sinistre silence. Dans son coeur brûlait pourtant un encens noir comme les Ténèbres, qu'elle exprimerait en temps voulu, et qui pour l'heure était refreiné par sa bipède qui avait cru en elle dès l'instant où sa coquille se brisa sur les sables d'éclosion.

De Runa émanait une noblesse certaine, là, debout à son balcon, ses mains d'albâtre à peine refermées sur la rambarde. Tel le serpent, celle qui fut déchue mua pour devenir plus forte, plus grande, plus terrible Petit à petit, la couleuvre était devenue vipère, distillant un venin toujours plus fatal pour qui oserait ne serait-ce que lui jeter un regard déplaisant, et si sa morsure était douce la mort n'en serait que plus terrible.
Son lien avec Sarzeghnet avait enfin pleinement libéré la Flamme qui vivait en elle, enchaînée depuis la naissance et restreinte au silence, se manifestant parfois par l'impétuosité de la jeune princesse Ssyl'Sharienne. Etrangement, une fois défaite de ses chaînes, Runa se fit plus sombre et moins impulsive, chacun de ses mouvements sur l'échiquier de la politique et des intrigues étant désormais calculé.
D'une certaine façon, les deux âmes soeurs avaient trouvé un équilibre en laissant éclore leur part d'ombre respective. Runa pouvait tuer pour sa liée, torturer, réaliser les pires horreurs, et cette attention était réciproque. Sarzeghnet avait développé un caractère plutôt froid pour une Incarnate, bien loin de ses cousines colériques et impulsives, comme pour contrebalancer ces humeurs plutôt réservées à sa bipède. Néanmoins, quiconque approchait de trop près la Fëalocë fourni de mauvaises intentions était dévoré vivant, sans semonce. Elle avait l'aura d'un spectre : macabre, froide, sévère, mais dont la rage silencieuse battait de tout réduire à néant dans un mutisme annonciateur. Elle avait toute la fierté d'une Reine Améthyste sous sa robe couleur de sang.

° Il est temps. °

L'Incarnate brisa le silence, extirpant Runa de ses pensées égarées dans le ciel nocturne. Après une profonde inspiration, la princesse déchue quitta son balcon pour prendre place à son bureau. A la lueur d'une lanterne en fer forgé et aux vitres de couleur jaune safran, la plume trempée dans l'encre noire hésita un instant avant de graver sur le papier quelques lettres élégantes par une main légèrement incertaine de ses mots. La missive, une fois signée, fut soigneusement pliée avant d'être mise dans une enveloppe. Runa fit chauffer sur une bougie un bâton de cire d'un rouge profond, qui une fois plus tendre fut écrasé sur la jointure de l'enveloppe afin de la sceller. Un sceau vint s'y apposer, marquant d'un S imposant le cachet déjà tiède.
La Fëalocë se leva et sortit de ses appartement d'un pas rapide et décidé, attrapant au passage une étoffe de soie noire, ne laissant derrière elle que des effluves de cèdre et le bruit de ses bottes de cuir.

Elle se rendit au weyr d'Alauwyr, où devant la porte se tenaient deux gardes armés de lances, bien que le Seigneur Ardent ne fusse pas présent. Ils la saluèrent respectueusement avant de la laisser entrer. Au delà du fait que la jeune femme était l'avérée concubine du Maître Ardent depuis plusieurs mois, elle avait obtenu un laissez-passer grâce au Décurion Flamboyant, Thaddeus, qui n'était autre que son frère aîné.. Une autre longue histoire à vous conter, mais pas aujourd'hui..
Pénétrant dans la chambre vide, un certain pincement lui brûla la gorge. Elle se souvint alors du jour où Alauwyr affronta Martel dans la Fosse deux mois plus tôt. Le souffle court, le coeur battant comme cent tambours, elle avait assisté au combat tout en tâchant de masquer ses émotions pourtant débordantes. Si la Fëalocë avait été capable des plus grands griefs à l'encontre du Seigneur Ardent, un sentiment plus fort encore forçait sa peur : celui de le perdre. Fort heureusement, l'issue lui fut favorable, et il regagnât la place que l'Elfe avait tenté de lui dérober. Les semaines qui suivirent laissèrent mûrir un amour adolescent entre le Maître Noir et la Chevalière, se cachant comme deux amants emportés par la fougue nouvelle d'une passion taboue.
Mais aujourd'hui, elle n'avait d'autres choix qu'accepter la fatalité de ces nuits où ils s'enlacèrent, encore et encore..

Les yeux de Runa tapissèrent la pièce, tout d'abord empreint d'un souffle de tristesse, ou du moins de notalgie. Elle s'arrêta, figée, rongée par le doute de ce qu'elle s'apprêtait à faire, avant de finalement retrouver en elle la Raison. Elle déposa sa lettre sur l'un des oreillers du lit, du côté où habituellement elle prenait place aux côtés de son amant. Elle plia l'étoffe de soie noire imprégnée de son parfum et l'odeur de sa peau, et l'y posa au dessus.
Reculant après un bref soupir, elle chercha de sa main le contact de son ventre légèrement arrondi, un instant éperdue et muette, avant de puiser au fond d'elle la force de s'en aller. La mâchoire serrée, elle tourna les talons et quitta les lieux avant de rejoindre sa liée, le goût de l'amertume dans la bouche, les yeux embués de larmes qu'elle s'interdisait.

Runa apposa une main en recherche de consolation sur le cuir écailleux de Sarzeghnet, qui en retour lui adressa un grondement à la fois réconfortant et implacable.

° Quand nous reviendrons, ils trembleront, ma soeur, car c'est la Mort qui marchera dans nos pas. Nul ne saura barrer ta route ou la mienne. °

L'Ardente acquiesça silencieusement, le coeur lourd mais déterminé. Elle laissait le soin à sa liée d'être combative pour elles deux. Ce soir, la Fëalocë n'avait pas vraiment l'âme à clamer sa véhémence au visage du monde.. En revanche, elle se tenait prête pour les évènements à venir.
Après avoir enfilé son lourd sac de cuir en bandoulière, Runa éteignit les bougies, ne laissant danser que les flammes du gros brasero central, comme pour montrer que bien qu'elle quittait le Kaerl, elle y laissait une once de son esprit si brûlant.
Elle vérifia que l'essentiel se trouvait dans sa sacoche : l'énorme manuscrit d'Amtziri-Sūrya, son ancêtre Valherue. Elle caressa la reliure de la pulpe de ses doigts, et comme à chaque fois le livre semblait vibrer au simple contact de la chair de sa nouvelle maîtresse. Le grimoire pulsait, comme le ferait un coeur, parfois on aurait cru entendre quelque murmure en émaner sans parvenir à en comprendre une parole claire et précise. Cet ouvrage avait une âme, une âme terrible. Le toucher, l'écouter, en parcourir les pages, était devenu pour Runa une drogue des plus dangereuses.
Tout cela avait commencé peu de temps après le duel entre Martel et Alauwyr..


.• •.

[RP] Dans les ténèbres, les lier 181114030930388940
Amtziri-Sūrya
La Mère de la Nuit

* Deux mois plus tôt, fin Néharaku 918.

..Tûl ahst nimaarë..

Un murmure. A la fois poignant et à peine audible. Une invitation à en suivre l'émissaire. Une invitation spectrale à entrer dans le royaume de ce qui n'existait plus. Les mots prononcés à mi-voix étaient ceux d'une langue gutturale, ancienne, oubliée, prohibée. Cette sommation évanescente mêlait la dureté d'un sombre dialecte à la douceur de la voix qui la susurrait.
Runa entendit cet appel pour la première fois alors qu'elle était seule, par une nuit au sommeil agité. Mais ces incidents se répétèrent, parfois plusieurs nuits de suite, toujours plus insistants, causant souvent des insomnies chez la Fëalocë.
Et cette nuit, la jeune femme était plus agitée qu'à l'accoutumée. Elle gémissait dans son sommeil, le front couvert de sueur et les sourcils froncés sur ses paupières closes. Cette nuit, le point de non retour serait atteint.

Sarzeghnet avait l'habitude, depuis que ces évènements avaient commencé, de voir sa liée dans cet état. En revanche, pour une fois, elle la sentait particulièrement fébrile. Et alors qu'elle veillait sur sa bipède, elle la vit.
Bien que ses yeux fussent dépourvus de vue, l'Incarnate distingua - dans ce qui d'habitude était n'était qu'un brouillard noir et opaque - la forme imposante d'une femme constituée de lambeaux de brume blanche. Sa silhouette ne lui apparaissait pas pour la première fois, depuis quelques temps, elle se manifestait presque chaque nuit au même endroit.
L'esprit se tenait au pied du lit de la princesse déchue, flottant, avançant vers elle une main famélique et crochue aux serres dignes d'une harpie. Les griffes effleurèrent la cheville droite de la jeune femme à travers ses draps de lin, puis les doigts l'entourèrent, formant une ferme emprise sur son membre frêle. Au même instant, les mots s'élevèrent une fois de plus à l'oreille de Runa, mais cette fois, la promiscuité en était effrayante.

- Tûl ahst nimaarë !

La Fëalocë s'éveilla en sursaut, haletant, portant aussi immédiatement une main sur la zone de contact. Elle était persuadée que quelqu'un l'avait touché, qu'on lui avait susurré à l'oreille. Mais lorsqu'elle balaya son weyr du regard, elle n'y trouva qu'une Sarzeghnet aux humeurs sombres, silencieuse. La dragonne semblait troublée sans vouloir en donner les raisons.. Car elle, savait qui avait parlé. Ce n'était pas la première fois qu'elle la voyait.. Bien qu'elle ne sentait aucune malfaisance de sa part, la méfiance était de mise, car il ne s'agissait pas de n'importe quel spectre. Elle n'en n'avait jamais parlé à sa bipède, jusqu'à présent, mais l'heure était venue de lui révéler ce qui forgerait une partie de sa destinée.
Sarzeghnet laissa passer le restant de la nuit sans pensée exprimée, son regard mort dirigé vers un point fixe, plus loin dans le Kaerl.

° Tout va bien, ce n'était qu'un mauvais rêve. °

Malgré la tentative de propos rassurant de sa dragonne, la Fëalocë trouva difficilement le sommeil. Elle était persuadée que quelqu'un était là. Cette pensée la rongea longuement, tard dans les méandres de la sorgue, mais elle finit par s'endormir, dévorée par le doute.
Runa s'éveilla à l'aube, le lendemain, avec le sentiment que ses songes furent tumultueux. Elle n'avait pas oublié la voix, s'insinuant parmi les ombres de son weyr. Une voix qui lui disait "Viens à moi..", qui malgré sa langue inconnue lui paraissait claire comme de l'eau de pluie. Elle caressa sa cheville, dubitative, rabattant de l'autre main une mèche de cheveux par dessus son front.
Ses réflexions furent brisées par le timbre de Sarzeghnet qui s'éleva dans son esprit.

° Tu trouveras tes réponses dans la bibliothèque interdite de l'Observatoire. °

Runa fronça les sourcils, voulut prendre la parole, mais rien ne put sortir de sa bouche.  Hésitante, en recherche de réponses, elle ne perdit pas de temps et se rendit prestement au lieu susmentionné. L'écho froid de la voix inconnue retentissait dans sa tête, comme une litanie, à la fois douce comme le miel et blessante comme le tranchant d'une épée. A mesure qu'elle approchait des archives oubliées, le ton montait, toujours plus insistant, et son coeur s'emballait au rythme de ses pas. L'Incarnate la suivait comme son ombre, sous sa forme humanoïde, et toutes deux atteignirent rapidement la grille scellée séparant le reste de la bibliothèque du Savoir caché d'écrits qui ne devaient plus être lus mais conservés en la mémoire d'un âge sombre.
Sarzeghnet glissa un coup de dague sec dans la serrure, puis suivit sa liée qui manquait de défaillir tant elle était frappée de palpitations. Elle sentait la Magie, un pouvoir puissant et dangereux qui ne demandait qu'à la dévorer. Comme un instinct primaire de prédateur traquant une proie, la Fëalocë sut immédiatement où chercher. Derrière une vitrine reposait un imposant manuscrit à la couverture d'un cuir foncé et usé par l'ouvrage du temps. Elle s'en saisit, et le bout de ses doigts parcourut les gravures qui le recouvrait. A ce contact, le temps sembla se figer quelques secondes, comme si les Dieux eux-mêmes retenaient leur souffle.

* Sešelis Zinasklaidah.. *

Telle une évidence, le nom du grimoire s'imposa à sa conscience. Celui qui apporte l'Ombre. Ses mains tremblaient, peut-être conscientes de détenir de si sombres augures.

* Amtziri-Surya.. *

° C'est le nom de ton ancêtre Valherue. Elle t'a menée ici, afin que tu le trouves. °

Connue comme l'une des plus terribles de sa Race, La Mère de la Nuit avait tissé de sang sa toile et sa cruauté avait tatoué au fer rouge les noires légendes qui forgèrent le Monde. Son nom avait marqué l'Histoire de Tol Orëa d'une sinistre réputation. Elle fut la dernière Shaman du Màr Tàralöm avant la Chute de l'Empire Valheru, et c'était par sa faute qu'aujourd'hui la Magie était plus crainte qu'admirée.
Au cours de ce qu'on pouvait qualifier de son règne, Amtziri-Surya ne manqua pas de notifier tous ses sortilèges, ses rites, ses recettes d'onguent, ses incantations nécromantiques et sa pensée occulte. De nombreux écrits furent détruits après sa chute mais d'autres pensèrent que les garder pour leur importance historique serait plus sage.. et utile.
Ainsi le plus grand ouvrage de sa vie, celui qu'elle nommait le Sešelis Zinasklaidah fut mis à l'abris des regards dangereux, caché dans les archives interdites du Màr Tàralöm. Les runes et la langue qui y étaient retranscrites étaient mortes, mais une personne était en mesure de les déchiffrer.

Runa, dès l'enfance, avait fait montrance d'un don rare et particulier : nulle langue empreinte de magie, bien que morte, ne résistait à sa compréhension. Issue d'une famille de sorcières, sa particularité restait pourtant inédite parmi les Salv. Elle n'avait eu que rarement l'occasion de développer ce pouvoir, sauf pour créer les quelques illusions qu'elle maîtrisait.

Plus elle touchait l'énorme et lourd livre, plus elle comprenait son attraction à son égard. Il dégageait quelque chose d'envoûtant, comme le ferait un objet possédé : on craignait autant de le garder que de le jeter.
Ce sentiment tenait du fait que la Valherue avait glissé entre les pages une partie de son âme, afin que sa destruction soit impossible, permettant à l'un de ses descendant méritant de le retrouver. Depuis longtemps, depuis les Limbes, la terrible Shaman observait celle qui portait son sang. Elle sentait en Runa toute la fureur qui l'avait jadis animée et poussée à commettre ce que l'Histoire connut de pire. Depuis des années, Runa avait l'étrange sensation qu'on l'observait, et toutes les brises n'étaient pas portées par le vent. Certains souffles glacés avaient déjà effleuré son visage, caressé sa longue chevelure andrinople.. Et pourtant, sa peur se mua en une passion dévorante pour son ancêtre à l'instant où elle découvrit son nom.

Des jours durant, elle parcourut les pages pleines de formules et de signes, ignorant le cycle des lunes et du soleil, oubliant de se nourrir. Runa découvrit un pouvoir plus sombre que le Néant, et plus terrible que la Mort. La Nécromancie jonglait avec la Magie du Sang, permettant de contrôler la Vie, les Astres, le cours du Temps.. Tant de magies interdites et prohibées, si bien dans le Kaerl que dans le reste de Rhaëg.

Dans le même temps, Runa découvrit sa grossesse. Incertaine du sort à réserver à cet enfant illégitime et de sang-impur, conjugué à la découverte de ce grimoire, peu à peu une décision s'imposa à elle : elle devait partir. Sa haine demeurait également grande à l'encontre de sa belle-mère, celle qui la vendit à l'Emir d'Arsuh alors qu'elle avait à peine 15 ans, celle qui s'était emparée de l'empire des Salv sans en avoir le droit. Dans le coeur de la jeune femme se distilla un acide mélange de désir de vengeance, de quête de Savoir, et le tourment de la vie qui grandissait en elle.
Oui, la décision était prise, elle devait partir.

.• •.

Runa grimpa le long de la large épaule de Sarzeghnet et prit place. Après un silence entendu et mutuel entre elles, la jeune Incarnate bondit du balcon du weyr puis franchit l'Interstice dans un saut parfait. Le Ssyl'Shar n'attendaient qu'elles.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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. ○ • ☾ Nous aimons nous repaître de ceux qui veulent nous soumettre ☽ • ○ .
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