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 [RP Officiel] L'oeil de l'âme

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MessageSujet: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMer 27 Mar 2019 - 17:39

» Précédemment : "Un amour pour une vie", aux Spires.

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Siegrain-kay-amberle-new-tolorea__[RP Officiel] L'oeil de l'âme Loki-brun-dragon-tolorea
Siegrain Kaÿ d'Amberle & le Brun Loki


~ 10e jour d'Eurilyaku 919

En ce milieu d’après-midi, la vaste enceinte de pierre des Sables d’Eclosion bruissait de la rumeur réjouie de plusieurs centaines d’âmes réunies, draconiques et bipèdes. Baignée d’or pur par les chauds rayons de Solyae, tombant à flot depuis les hautes ouvertures vitrées percées dans la voûte, la Reine Dragon s’était impatiemment lovée autour de ses précieux œufs. Un peu plus de huit lunes s’étaient écoulées depuis son vol nuptial, au plus rude de l’hiver, et son appel, plusieurs heures auparavant, avait signifié à tous que l’Eclosion était désormais imminente. Vite, vite, les Candidats avaient été préparés, et ils étaient à présent alignés, dans leur tunique blanche, vêtus aux couleurs du Màr Menel, subissant anxieusement l’examen de la jeune mère.
Pour la première fois depuis longtemps, il semblait à Siegrain que le Kaerl tout entier s’était réuni, car nulle autre que la Liée de la Dame, la Dorée Rintrah, était aujourd’hui à l’honneur. L’atmosphère déjà naturellement étouffante de la salle troglodyte lui paraissait encore plus électrique qu’à l’accoutumée. Tous attendaient, se rappelant que la précédente couvée avait éclos au coeur de Ssyl’Shar, dans une ancienne place-forte Valherue oubliée, murmurant hâtivement que l’on était sans nouvelle du devenir des quatre petits nés cet été là. Quatre petits, dont une Reine en devenir, disparus dans la nature … N’était-ce pas la preuve que les couvées sauvages étaient un danger pour l’avenir du Kaerl ?

Croisant les bras, le sang-mêlé laissa un sourire un rien acide fleurir sur ses lèvres, appesantissant son regard sur deux Chevaliers, d’un rang mineur, un peu trop prompts à son goût à colporter de fausses rumeurs. Il en avait toujours été ainsi, les gens raffolaient des ragots … Et plus ils étaient gros et invraisemblables, hélas … Plus ils se propageaient. Et à ses yeux, le dernier sujet en date à affoler les langues était le plus ridicule de tous : remettre en doute la paternité d’Ilweran, quand tout criait que leurs théories étaient non seulement erronées mais complètement stupides ?
Fuyant le feu ouvertement moqueur de ses iris dorés, les deux hommes se turent précipitamment, se bousculant dans leur hâte à aller prendre place dans les gradins, marmonnant qu’on les y attendait. Une expression excessivement satisfaite s’affichant sur son visage androgyne, il s’appuya tout contre les fraîches écailles de Loki, qui bailla nonchalamment, révélant une impressionnante rangée de crocs d’ivoire. Accompagné de Mallory - rentré juste à temps au Kaerl pour la naissance du fils de Kieran et Heryn, deux semaines auparavant - ainsi que de leurs Liés respectifs, Siegrain avait préféré opter pour un poste d’observation un peu à l'écart, éloigné des regards inquisiteurs qui n’auraient pas manqué de se poser sur eux.
Car là haut, sur la plus vaste corniche, les trois têtes couronnées du Màr Menel faisaient face aux sables, sous la surveillance vigilante du Maître Bronze et Arken Lordan Ventaren, posté derrière eux. Semblant vivante incarnation de l’idéal Céleste dans sa robe d’or blanc, ses cheveux cuivrés sagement nattés en couronne, de sa grossesse Heryn gardait encore quelques rondeurs résiduelles ça et là, qui ne faisaient qu’ajouter à l’image maternelle qu’elle présentait. A ses côtés, quoi qu’un pas en retrait, leur petit garçon sagement installé dans ses bras, Kieran arborait un visage fier quoi que fatigué, de celui du jeune père dont le rythme de vie a été soudainement chamboulé. Enfin, du côté opposé se tenait Ambroise, en tant que Second du Kaerl, en apparence concentré sur les échos de la foule en dessous de lui, mais présentant, aussi et surtout, le visage figé dans une froide neutralité, une attitude roide d’amertume contenue. Tous se souvenaient encore de la gifle magistrale qui lui avait été assenée par la Dame lors de la précédente cérémonie d’Empreinte, neuf lunes auparavant, puis de la blessure infligée par Seldryn à Merentar, résultante de leur violente opposition lors du Vol Nuptial de Rintrah. Il semblait évident pour tous que les Hautes Sphères du Kaerl souhaitaient éviter un nouvel esclandre. Pour autant … Aucun d’entre eux ne semblait réellement satisfait de se trouver en la présence de l’autre.

Son regard s’attarda sur Kieran, qui, sur un signe de tête de son épouse, s’avançait pour présenter au peuple du Màr Menel son nouvel héritier, et un pincement familier vint serrer son cœur. Sa mâchoire se contracta imperceptiblement et il soupira, se traitant intérieurement d’imbécile – entre autres qualificatifs dépréciants – tandis que des images qu’il aurait préféré oublier s’imposaient à sa mémoire. De là à y voir une autre raison pour vouloir se faire discret, il n’y avait qu’un pas ... Et, attisant impitoyablement les flammes de sa mortification, Loki laissa échapper un grondement persifleur et amusé, incitant Mallory à poser un regard curieux sur ses deux comparses. Bien sûr, lui ne savait pas. Il n’y avait eu que Renàto de présent à ce moment là, lequel, présentement introuvable, encore secoué par sa rencontre avec l’Archiprêtresse de Flarmya, s’était replié sur lui-même depuis quelques jours, s’isolant et recherchant les réponses à ses questions au travers d'une solitude auto-imposée.
Secouant la tête et haussant les épaules en direction de son ami, Siegrain se promit de remédier à ces deux points de détail aussitôt que la cérémonie serait terminée. ‘‘Peine partagée, diminue de moitié’’, n’était-ce pas ce que le dicton prétendait, après tout ?

Focalisant à nouveau son attention sur les évènements en cours, il se rendit compte que, comme s’il y avait eu une connexion muette entre les œufs, leur glorieuse mère et sa flamboyante liée, aussitôt que le discours de cette dernière s’était achevé, le chant des dragons s’était élevé. Les bipèdes avaient incliné respectueusement la tête, les dragons dressé la leur vers les cieux en un vibrant rugissement, saluant la naissance d’Ilweran de Dalneÿs, et celle à venir des petits de la Dorée Rintrah. Les œufs commencèrent à s'agiter, lentement, précautionneusement, l’amplitude de leur mouvement s’accentuant de seconde en seconde. Sa peau hâlée hérissée de chair de poule comme s’il avait été sur les sables à la place des heureux élus, le sang-mêlé se redressa, retenant son souffle.

Il connaissait le nom et l’histoire de certains des Candidats, pouvait se targuer de reconnaître le visage de la plupart des autres. Aujourd’hui leur vie allait basculer à jamais, leur âme trouver sa complémentaire, et chaque jour avant celui-ci leur paraître désormais bien terne, en comparaison de ceux qui les attendaient en compagnie de leur futur lié.
Lòneesah Aoibheann, dont les inclinaisons politiques promettaient de faire d’elle une recrue de choix pour la Maison Galastden, ayant attiré l’attention de sa Maîtresse Dragon, Semperya de Galastden.
Guillerm Sanlet, taciturne et amnésique, qui avait été récupéré aux portes de la mort suite au naufrage de son navire marchand, soigné puis éduqué sous l’aile patiente de Nalesean de Dalneÿs.
Thorvald Errocë, le jeune forgeron rebelle dont l’aspiranat avait été brillamment réalisé sous la tutelle d’Elerinna de Galastden.

Avec les huit autres jeunes gens prétendant au titre de Chevalier, ils étaient une petite dizaine d'Aspirants à faire face à Rintrah. Tous étaient prometteurs, mais seule Flarmya était à présent apte à décider si elle les jugeait dignes de partager l’âme de l’un de ses enfants ... Car, soucieux de maximiser les chances de survie des futurs dragonneaux, il avait été choisi par les Hautes Sphères de présenter plus d'aspirants que d'oeufs reposant sur les sables. Deux d'entre eux devraient ainsi retenter leur chance à la prochaine Empreinte ... Restait encore à déterminer lesquels.


(HRP : Post édité pour faire disparaitre la mention de Tristan.)


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Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeSam 6 Avr 2019 - 17:19

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Guille10
Guillerm Sanlet

L’eau, froide et oppressante, ses poumons qui se serraient et cherchaient à tout prix à avaler de l’air, la douleur sourde et la désorientation, un voile rouge alors que l’orage se faisait entendre même sous les flots, ses mains cherchant…

Il se réveilla, les cheveux collés sur la peau, couvert d’une sueur froide, cherchant avidement de l’air. Non il n’était pas sous l’eau, il lui fallut cligner plusieurs fois des paupières pour s’en rendre compte tandis qu’il se tenait à moitié debout sur sa couchette, les bras posés derrière lui et tendus.
Il secoua la tête, jetant des gouttes de sueur un peu partout dans sa petite chambrée d’Aspirant. Son Maître lui avait fait mention que ces cauchemars le poursuivraient pendant longtemps, presque toute sa vie, s’il ne cherchait pas ses origines ou à vaincre sa peur des océans. Il lui avait répondu qu’il essayerai, mais Guillerm avait dit cela pour être poli : certes savoir qui il était avant son accident lui faisait de l’oeil, mais pour ce qu’il en était de la peur des océans…
Il était très bien sur la terre ferme. Enfin… façon de parler au vu de la situation du Mar Menel.

Bref, il entreprit d’aller se rafraîchir quelque peu, il avait entendu parler d’une possibilité d’Empreinte ces jours-ci et au vu de son entraînement au vol et des sensations grisantes, Guillerm pouvait à peine cacher son impatience, il était plus souriant depuis trois jours, plus prompt à parler avec les autres plutôt que d’écouter et au sujet de son énergie : l’homme ne tenait déjà pas en place à la base alors aujourd’hui il était l’équivalent d’une puce souffrant de boulimie.

Et puis on l’avait appelé en lui tendant une robe blanche qu’il avait regardée avec un sourcil haussé de brèves secondes avant d’opiner du chef. Soit, en Orën fait comme les Orëniens, quelques instants plus tard il était ressorti habillé de l’habit de coutume et les cheveux jetés en arrière d’un grand coup de tête, Guillerm n’était pas connu pour le soin apporté à sa personne.


C’était comme si on lui avait asséné un coup de poing dans le ventre, tout l’air avait quitté sa carcasse tandis que l’immensité de l’endroit s’imprégnait sur ses rétines. La Kaerl était une merveille architecturale à n’en point douter mais son manque de références lui avait fait penser que ce genre de choses étaient à peu près normale, les sables d’éclosion quant-à eux…

C’était autre chose, l’endroit ne semblait pas à sa place dans la réalité, trop grand, beau, solennel, il avait l’impression de marcher sur le territoire des dieux et se sentait indigne de se tenir ici. Dans un bref sursaut de compréhension il tenta vainement de faire quelque chose d’à peu près acceptable de ses cheveux à grands coups de doigts dans l’espoir que l’on ne le prenne pas trop pour un saltimbanque. Ses mâchoires étaient serrées, le stress grandissait à l’intérieur de sa poitrine et il chercha vainement du regard une certaine aide de la part des autres aspirants, peine perdue au vu de son état car même si on lui avait posé une main sur l’épaule pour lui dire que tout irait bien sa cervelle n’aurait pas enregistré cela comme de l’aide. Soit, en avant !

Il avança sur les sables chauds, là où l’élévation du Mar Menel donnait une certaine fraîcheur ici on touchait à l’étouffant, à moins que ce ne soit sa tension en haut qui ne parle ? Il tenta d’avoir l’air digne mais se répétait sans cesse qu’il était une véritable tâche noire et qu’on devait le juger durement dans les gradins.

Il pouvait sentir ses cicatrices pulser et diffuser de la chaleur, son corps se mettre à le tirer dans tout les sens alors qu’il approchait de la Reine, un bref regard de côté lui donna la distance à laquelle s’arrêter. Sa poitrine était serrée, ses mains moites, des gouttes de sueur coulaient dans son dos et sur son front et puis il posa le regard sur une petite forme au loin…


L’enfant, du moins de ce qu’il pouvait en voir de sa position, était magnifique, les parents étaient magnifiques si ce n’était cette espèce de tension qu’il pouvait sentir entre le Consort Céleste et le Second. Son coeur ralenti, la sueur cessa de couler et un maigre sourire étira ses lèvres, il était inutile de s’inquiéter, on lui avait dit que Flarmya la mère des dragons le jugerait digne ou non et que l’Empreinte était en dehors de ses mains, ce sentiment de paix parcourut tout son corps et il reporta son regard sur la Reine dorée et sa couvée.

L’heure était peut-être venue pour lui de monter dans l’ordre, de retrouver sa moitié d’âme, d’être enfin Un.
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Persée Garaldhorf
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeJeu 11 Avr 2019 - 16:42

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Pyreinth-kendrak-5397f3f [RP Officiel] L'oeil de l'âme Hinarii-53a7e16
Pyreinth Kendrak & Hinarii


Or. Le monde est d'or.

Or dans les yeux, dans le ciel, dans le sable, dans le soleil se reflétant sur la cuirasse miroitante de la reine. Sous les flancs palpitants et les ailes aux couperets acérés reposaient six œufs, réceptacles de nacre où rêvaient les futurs enfants d'Elythiel. Matrone jalouse ou féroce gardienne, tous les adjectifs du même acabit lui seyaient en cet instant. Une main experte, aussi vive que prudente, remit un peu de paille séchée sur le côté du nid improvisé, empli de sable chaud volé depuis l'aire d'éclosion des grands dragons, où reposaient la Dorée miniature et sa couvée.

Pyreinth Kendrak se laissait attendrir par ce spectacle, à son corps défendant. Sa lézarde de feu ne se montrait aussi sage et docile que lorsqu'elle dormait. La demi-sang se détourna de ce doux spectacle avec une grimace circonspecte. Glissant à bas de la corniche où s'était installée sa lézarde pour couver, elle sauta sur ses pieds pour mieux épousseter avec désinvolture son veston, sous l’œil mi amusé mi impatient de sa Liée. Non contente d'avoir une spectatrice, Pyreinth se passa une main dans son indomptable chevelure de feu pour mieux l'ébouriffer, un sourire enjôleur étirant ses lèvres.

° Hâte-toi, frivole créature. Rintrah a lancé son appel il y a longtemps déjà. Ton Aspirant t'attend ! °

A travers ses mèches folles, Pyreinth jeta un regard moqueur à la dragonne.

° Tu veux dire NOTRE Aspirant...
Peu importe ! Hâte-toi, c'est tout, ° renâcla la Verte avec une parfaite mauvaise foi, bien que démentie par ses prunelles d'une teinte aussi éclatante que ses écailles.

Hinarii quitta le Valarëa par la voie des airs sitôt que sa bipède écervelée fut en selle. La Verte grogna de plus belle, avec ce sens de la tragédie digne d'une aïeule acariâtre, car elles avaient manqué le discours de la Dame et la présentation de son fils. Il leur fallut jouer des coudes et des ailes pour se frayer un passage dans cette foule aussi dense qu'une jungle, qui envahissait les Sables d’Éclosion du Màr Menel.

Sous l’œil appréciateur d'Hinarii, légèrement en retrait derrière sa Liée, les hautes sphères du Kaerl au grand complet se présentaient aux regards sous leurs plus beaux atours. La Verte aimait les démonstration de faste et d'autorité. C'était toujours une occasion de se réjouir – et d'asseoir la stabilité du Màr. Une leçon qu'elle avait retenu de la part du Brun lié à feu Logain de Dalneÿs.
Quant à Pyreinth, son cœur se serrait d'appréhension tandis que ses yeux d'ambre et de topaze erraient sur la couvée honorée. Elle ne connaissait pas personnellement Heryn Amlug, ne savait rien de son passé et se moquait des rumeurs. Elle-même n'en était pas exempte. Ne l'avait-on pas traitée à une époque comme une paria et de pire Maîtresse Dragon de tous les temps ? On la disait sans jugeote, incapable de ployer le genou quand il le fallait, encore moins de prendre une décision raisonnable. Qu'elles apprennent à se taire, ces vipères sans courage ! Elle valait mieux qu'eux tous réunis, à trembler et s'empiffrer bien à l'abri entre les quatre murs du Kaerl. Ils ne connaissaient rien de la violence et de la cruauté du monde extérieur. Ils n'avaient pas le droit de la juger sur ce qu'ils ignoraient... Elle ne les laisseraient pas gâcher la cérémonie de son protégé – ni le souvenir tendre autant que farfelu de sa propre Empreinte en ces lieux.

Sur le devant de la scène s'avançaient les Candidats, dont aucun n'était plus méritant au regard peu objectif de la Maîtresse Kendrak que le jeune neishaan dont elle avait eu la charge. Pyreinth se dandina un instant sous le rythme hypnotique des vocalises draconiques, avant de reprendre subitement son sang-froid. Bercée par le chant d'Hinarii, reconnaissable entre mille parmi tous ces dragons, elle ne pouvait empêcher ses mains de trembler en voyant les œufs s'agiter. Son Aspirant était un orphelin, un gamin des rues d'Orën, qui avait survécu en mendiant et en volant, parfois même en tuant de petits rats des villes et son esprit fragile lui avait valu d'avoir déjà manqué une Empreinte.

Le regard dur comme du diamant jaune de Pyreinth se braqua sur la Dorée. Rintrah ne possédait aucune ascendance connue en Tol Orëa. Reine sauvage, aux origines nébuleuses, au moins autant que sa Liée, jeune et réfléchie bien que souillée par cette sorte de défiance propre aux Célestes qui n'aimaient guère ce qu'ils ne comprenaient pas, on ne voyait ici que sa deuxième couvée connue. Tout portait à croire qu'il s'agissait d'un signe de renouveau pour le Màr Menel et la Maison Dalneÿs. Mais l'espoir résidait ailleurs dans les replis tortueux du cœur de l'ancienne mercenaire. Si son protégé n'avait pu marquer lors d'une Empreinte avec une reine conventionnelle, les enfants de l'atypique Rintrah représentaient-ils son dernier espoir ?


Dernière édition par Persée Garaldhorf le Jeu 12 Déc 2019 - 13:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeLun 15 Avr 2019 - 10:45

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Maitre-celeste-520d210 [RP Officiel] L'oeil de l'âme Asra_re-52ea82a
Sable Lewë et la Bleue Asra

Des heures durant, à la faveur des interminables crépuscules d’été, les doigts agiles de Sable Lewë s’étaient affairés à coudre la traditionnelle tunique blanche des Candidats à l’Empreinte. Le tissu, choisi par ses soins, évoquait les timides printemps sur les pentes des alpages, la caresse du vent encore gorgé de neige sur l’herbe grasse. C’était là un hommage muet aux contrées d’origine de Tristan, et la Sang-Mêlé, dont l’affection ne pouvait jamais se révéler totalement, espérait qu’il en comprendrait le sens. Sous le regard curieux de la Bleue Asra, qui avait cependant fait l’effort de taire ses réflexions pour ne pas plus la troubler, elle avait délicatement brodé les manches et le col en mêlant fils d’or et de cuivre. Enfin, sur l’envers du vêtement, juste entre les omoplates, elle avait tracé une discrète rune ondine qui, si les Dieux le voulaient bien, saurait porter chance au jeune homme.

Comme à chaque fois qu’approchait l’heure de l’Empreinte, et même si des années s’étaient écoulées depuis son dernier Aspirant, la Maîtresse Bleue sentait son cœur se serrer, engourdi par une tiédeur douce-amère. Des vagues réminiscences de son temps auprès des Sœurs de la Lune Mauve lui revenaient ; contrairement à ce qu’elle avait toujours cru, le visage de ses enfants s’était doucement effacé de sa mémoire. Elle avait vécu tant de séparations que celles-ci n’étaient plus une épreuve si douloureuse, mais il en résultait toujours un sentiment en demi-teintes.

° Tu l’appréciais. ° souffla la voix d’Asra dans son esprit, et ce qui n’était rien de plus qu’un constat lui fit l’effet d’un jugement désapprobateur. ° Je me demande ce qu’il te rappelait. °

° Rien du tout. ° Sans lever les yeux vers la Dragonne, Sable rompit le fil de ses pensées d’un ton froid et tranchant. Peut-être un peu blessée, elle acheva son dernier point, noua puis coupa le dernier fil cuivré. Asra laissa le silence s’étendre, sachant pertinemment qu’elle ne tirerait rien de cette discussion, car elles ne s’étaient pas Liées par hasard et Sable partageait avec elle un certain besoin de mystère. La Sang-Mêlé avait souhaité sceller son cœur et la Bleue comprenait qu’elle ne pouvait rien laisser filtrer.

Enfin, la tenue cérémonielle était prête et c’était bienheureux, car, le lendemain, l’appel de Rintrah avait résonné à travers les murs du Màr. Sable était alors allée se présenter à la porte des appartements où était logé Tristan, et lui avait tendu son ouvrage avec un sourire mutin :

« Préparez-vous, Tristan. On vous attend sur les Sables. »

Elle l’avait ensuite salué, inclinant sa noble tête, et par ce geste, elle l’encourageait tout autant qu’elle lui signifiait qu’il n’était plus un simple Aspirant. Elle était sincèrement désolée de ne pas pouvoir l’accompagner, mais elle n’avait pas la force de supporter ni la foule, ni la prévisible intervention de la Dame, qui présenterait sans doute, aux côté de son mari Kieran, leur héritier Ilweran de Dalneÿs. Ah, voilà qu’elle revenait, cette morosité teintée de nostalgie, d’amertume et de regret.

Seule dans sa chambre, pour passer le temps, Sable s’entêta à natter son infinie chevelure bleu paon puis la ramena sur une seule épaule. Elle croisa les mains dans son giron, soutenant son regard dans le miroir sans ciller, et attendit patiemment que sa Liée l’avertisse de la fin du protocolaire préambule. Sur un côté du petit meuble devant lequel elle était assise reposait une paire de gants, bien trop grands pour elle. Elle les effleura rapidement en se levant, puis prit la direction des Sables d’Éclosion.

Pas plus en retard qu’à l’accoutumée, la Maîtresse Bleue n’essaya même pas de se frayer un chemin vers les gradins. Raide et tendue, elle prit place à quelque pas de l’entrée des sables, suffisamment à l’écart pour se trouver hors de portée des regards. Seul lui importait Tristan. Ses yeux clairs se posèrent sur la silhouette massive de la Reine Dorée, qui veillait jalousement sur ses œufs, puis sur les Aspirants. Lorsqu’elle réalisa qu’ils étaient plus nombreux que les œufs de la Dragonne, la Sang-Mêlé arqua un sourcil surpris, une pointe d’angoisse perçant sa poitrine. Elle songea à la rune qu’elle avait tracée sur la tunique de Tristan, et pria les Dieux qu’elle lui vienne en aide.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMer 17 Avr 2019 - 23:49


Ses pieds nus s'enfoncèrent sous les grains de sable presque brûlants de la grande caverne d'éclosion. Sa peau d'ivoire, si lisse, à la finesse digne de la brume matinale percée de frêles rayons d'un soleil pâle, se mêla à la robe de blé perlant le sol.
Pas à pas, elle s'efforça de rejoindre les autres candidats, le coeur pourtant lourd en ce jour qui devait être glorieux. La tête haute mais le regard coulant vers le sol, la jeune elfe semblait endurer cet instant, muette par ses lèvres peintes mais si éloquente dans l'expression de ses iris de pierre.

Bien que ne daignant guère lui adresser une oeillade en quête d'un quelconque réconfort, elle sentait tout le poids des yeux inquisiteurs de sa Maîtresse Dragon, alourdissant d'avantage ses épaules déjà bien appesanties par le devoir présent. Il était difficile de nommer tous les sentiments qui l'envahissait, mais les principaux liaient la peur de l'échec, l'envie de fuir, l'angoisse de réussir et le désir profond d'enfin se sentir complète jusqu'à l'âme. Si son coeur brûlait de toutes ces émotions, son visage demeurait de marbre.
Depuis son enfance, elle n'avait été que verre brisé, éparpillé en milles morceaux sans dessein de restaurer l'intégralité si fragile de son enveloppe charnelle et spirituelle. Elle n'était rien, ni personne. Du moins s'en était-elle persuadée, au fil du temps, poussée dans ses retranchements à force de l'absence de considération dont elle fait preuve depuis le jour même de sa naissance. Et pourtant..
Sauvée in extremis d'une Mort qu'elle avait tant souhaité et appelé en silence, cherchant une forme de consolation maternelle dans les bras d'Isashani, la venue de Semperya de Galastden avait eu de prime abord des airs de comédie tragique. Difficilement convaincue d'être autre chose qu'une créature mortelle et insignifiante sans but ni rôle sur Rhaëg, la jeune elfe se résolut à suivre la Maîtresse Dragon vers ce nouveau monde, si loin de ceux qui l'avaient tant haïe et méprisée. Elle n'était pas encore en mesure de saisir toutes les promesses qu'allait lui apporter ce continent hors de portée des Hommes pavés de de leur médiocrité.

Peu impressionnable, elle avait pourtant avoué sans honte l'époustouflante beauté des paysages inconnus qui s'étaient offerts à ses yeux trop habitués aux nuances ternes d'une existence sans saveur.
Hantée par sa propre ombre qui semblait vouloir la dévorer depuis toujours, elle avait enfin chassé une partie de ses tourments par la clarté de la cité suspendue dans les cieux. Il lui était presque impossible de masquer les étincelles qui pétillaient dans ses pupilles à la vue des dragons qui fendaient la toile azuréenne entourant le Kaerl. Le seul espoir de pouvoir se lier à l'un d'entre eux suffisait à son esprit égaré. Au seul souvenir de son apprentissage au vol sur le dos de la liée de Semperya, ses paupières se fermèrent comme pour enfermer ces quelques instants de bonheur. Son coeur d'ordinaire si lourd de ses démons passés semblait cesser de battre, figeant les affres du temps pour qu'enfin elle puisse découvrir l'ambroisie et oublier le goût des cendres.
En secret, bien que sceptique, elle priait Flarmya de lui accorder ce cadeau.
Si elle échouait, son sort était d'ors et déjà scellé. Elle s'y refusait, mais ne pouvait omettre l'éventualité de la défaite.

Une fois placée à côté des autres, elle prit le temps de balayer du regard ce qui l'entourait tout en tâchant de rester discrète. Ses iris couleur de fer s'attardèrent pour décrire la silhouette de l'homme à sa droite : fébrile et ébahi, l'elfe sentait presque ses palpitations par le sol commun qu'ils empruntaient. Elle l'avait déjà aperçu une ou deux fois aux Spires, et le savait lui aussi tourmenté par les spectres d'un passé douloureux. Sa première pensée fut de lui souhaiter réussite en ce jour, ce qu'elle fit sans prononcer un mot.
Elle croisa ensuite le regard endurci d'un aspirant aux cheveux couleur de flammes, puis ceux de divers maîtres venus soutenir leurs élèves.
Tout en rabattant une mèche d'un blond pâle derrière son oreille effilée, elle leva les yeux vers la voûte qui les surplombait et en eut quasiment le vertige. Éblouie par la magie et la beauté des lieux, elle demeura expectative de longs instants, faisant peu cas du brouhaha et de l'effervescence autour d'elle. Peu démonstrative de ses affects, seuls les regards plus aiguisés sauraient entrapercevoir son admiration muette.
Puis, un pressentiment sourd la tira de ses pensées.

Ses opales d'étain se perdirent dans la robe d'or de la Reine Rintrah, qui inspirait noblesse et respect. La dragonne était absolument magnifique, là, veillant sa couvée avec toute la bienveillance d'une mère et sa protection jalouse. Comme il devait être difficile pour les Reines de devoir se séparer de leur héritage afin qu'il puisse vivre..
Le coeur de l'elfe s'emballa un instant en observant toute la majesté de la dragonne aux écailles dorées. Elle n'hésita pas une seconde à la fixer droit dans les yeux, avec humilité et envie mêlées.

Puis le Seigneur consort prit la parole, sans qu'elle n'y prêta sincèrement attention. Son intérêt se porta plutôt vers la Dame du Kaerl, Heryn Amlug. A l'image de son âme soeur, elle inspirait à l'admiration. Si belle, si digne, elle représentait les valeurs mêmes du Màr par sa seule présence. Peut-être les joues de l'elfe rosirent quelque peu avant que celle-ci ne détourne le regard, gênée, se rabattant finalement avec ferveur sur les précieux oeufs qui commencèrent à s'agiter..
Lòneesah était prête.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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Zoran Cynfelyn
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMer 24 Avr 2019 - 11:50

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Aruzha10 // [RP Officiel] L'oeil de l'âme Ephial10[RP Officiel] L'oeil de l'âme Euthym10
Aruzhan Meltem Rahal, protectrice de Silindiel.
Sire Deimos & la Bleue Euthymia.


Llefelysku 919, Terre de Liberté.


Il devait faire dehors une chaleur étouffante. Allongée sur sa couche sommaire, les draps négligemment rejetés à ses pieds, Aruzhan Meltem Rahal dormait encore. Sous le sceau impénétrable de ses paupières closes, seuls les Dieux savaient de quel paysage elle pouvait rêver. Parfois, ses sourcils se fronçaient, sa mâchoire se crispait, comme si elle avait été en proie à d’intenses douleurs. Ces deniers temps, son sommeil avait été agité – la mercenaire mettait cela sur le compte de l’été qui approchait. Elle n’avait jamais aimé cette saison. En vérité, elle n’avait même sûrement jamais aimé le désert – mais quel autre choix avait-elle eu ? La Torhille leva un bras pour le placer contre son front, sifflant entre ses dents. Puis, bondissant hors de l’Interstice, une petite forme écailleuse atterrit sur sa poitrine en poussant des piaillements impatients, la soustrayant de ce fait à l’étreinte de ses songes.  

Aruzhan ouvrit difficilement un œil, puis l’autre, et attrapa la créature avec prudence, tirant pour retirer ses griffes de sa tunique en lin. Le Lézard de Feu se laissa faire. Délicatement, elle défit l’attache qu’il portait autour de son cou blanc et qui retenait un étroit rouleau de parchemin, lissa le papier entre ses mains sèches et se concentra pour déchiffrer l’écriture alambiquée de sa maîtresse.  

« Ma bien chère Aruzhan,

La Reine Dorée Rintrah veille en ce moment-même sur sa nouvelle couvée. L’Empreinte aura lieu dans quelques lunes, maintenant. Silindiel, je le pense, est prête à se présenter sur les Sables. Fais en sorte qu’elle soit rentrée le jour de l’éclosion. Je tiens à ce que mon neveu l’y mène. Tu le sais, ta présence n’est plus la bienvenue au Màr, et j’en suis la première navrée. Voici de quoi faire confectionner pour ma fille la tenue de cérémonie traditionnelle.  

Mes pensées t’accompagnent, toujours.

Eníredis. »


Étouffant un bâillement, Aruzhan se prépara, non sans avoir récompensé de quelques caresses le Lézard de Feu. Elle enfila son plastron de cuir, ses chausses et ses bottes ; ajusta sa ceinture et ses tresses, et se mit en route vers les appartements de Sire Deimos. En raison de la présence d’Euthymia, l’Elfe exilé s’était réfugié dans une zone reculée de la cité, avec l’aval des Fondateurs et à l’abri des regards indiscrets. Aruzhan, elle, n’avait rien à cacher au reste du monde et préférait demeurer au milieu la foule. Le silence l’aurait rendue folle. La Torhille attrapa une poignée de raisins secs avant de quitter sa chambre et de s’engouffrer dans les ruelles, déjà bien animées en cette heure matinale. Avant toute chose, elle décida de s’arrêter chez un tisserand pour commander la tenue rituelle de Silindiel. L’affaire réglée, elle laissa derrière elle les dédales colorés et bruyants, rejoignant plutôt la solitude des corniches centenaires et des colonnes monolithiques. Deimos avait élu domicile en bordure des ruines de l’ancien Kaerl, qu’Euthymia pouvait arpenter à loisir. Là, seul l’œil de Solyae fixait les vestiges immobiles, le passage du temps qui altérait même les montagnes, imposant l’étreinte suffocante de ses rayons. Le silence des pierres était assourdissant.  

Enfin, elle trouva l’Elfe, perché sur la carcasse d’une arche effondrée, occupé à tailler des pointes de flèche. Averti par ses sens plus développés que la moyenne, et même malgré l’entraînement de la mercenaire, il avait déposé ses outils pour la saluer.

« Sire Deimos. » fit-elle en frappant sa poitrine du poing.

« Hoş geldiniz, Aruzhan. Nasılsınız ? »

« İyiyim. Merci. Ta tante me fait savoir qu’une éclosion se prépare, au Màr Menel. Elle souhaite que tu y présentes Silindiel. »

Le sourire qu’affichait l’ancien Maître Dragon disparut comme la flamme d’une bougie que l’on souffle, et la Torhille croisa les bras, l’affrontant du regard, sa bouche tordue en une moue explicite.

« Sire Deimos. Les ordres de ma maîtresse, je les respecte et les fais respecter. Je te ferai rentrer auprès d’elle, à toi de voir si tu préfères que ce soit les poignets liés ou les genoux brisés. »

Une puissante bourrasque souleva les pans de sa cape, et des éclairs d’un bleu sombre et profond dansèrent devant ses yeux. Le son des griffes de la Dragonne contre la pierre résonna longuement à ses oreilles, et, soudain, deux orbes aux couleurs de forêts lointaines apparurent devant elle. Aruzhan ne broncha pas, solidement plantée sur ses jambes.  

« Euthymia, parle à ton Lié. Rappelle-lui où est sa place. »

« Paix, Aruzhan… » soupira l’Elfe en sautant lestement de son perchoir. « Je me plierai à la volonté de ma Dirigeante. Silindiel n’a plus rien à apprendre de moi. » Il laissa sa main courir le long des écailles de son Âme Sœur. « Si je n’ai plus ma place là-bas, elle a encore beaucoup de choses à accomplir pour notre famille. »

Son visage fier n’exprimait rien ; en lui, cependant, il sentait le malaise l’envahir à l’idée de retourner au Màr Menel. Après toutes ces années... Il n’avait jamais cru devoir mettre à nouveau les pieds sur Tol Orëa - et pourtant, il aurait menti en affirmant ne jamais s’y être préparé. Dans un coin de son esprit, la joie d’Euthymia était presque palpable, grondait doucement face aux réserves de son Lié.

° Qu’as-tu à perdre, qu’as-tu à craindre ? Tous ceux qui auraient pu t’en vouloir sont morts désormais. Elles seront bien vaines, les accusations des tombes... ° argua la Bleue, avec toute l’indélicatesse du monde mais sans aucune forme de méchanceté.

« Nous irons. »

~°~

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Silind10
Silindiel Chantevent, Candidate à l’Empreinte.


Eurilyaku 919, Sables d’Éclosion du Màr Menel.


L’appel de la Reine avait trouvé en elle un écho des plus particuliers. Les mains jointes dans son giron, incapable de fixer son regard sur un point précis, Silindiel avait attendu le retour de Sire Deimos avec anxiété, assise tout au bord de la couche qu’elle occupait depuis quelques nuits déjà, dans une auberge située non loin de la Grand'Place de ce Kaerl. Le tissu de l’ample tunique blanche la démangeait férocement – Aruzhan n’avait pas pu trouver meilleure qualité en un laps de temps si court. Elle avait résisté à l’envie de regarder par la fenêtre pour guetter le retour de l’Elfe sombre. Elle n’avait pas eu le droit de découvrir sa nouvelle maison, ce qui était insensé car ici, personne ne la connaissait. D’un geste tremblant, elle avait vérifié des dizaines de fois que sa coiffure tenait en place ; que la broche aux armoiries Chantevent était correctement placée ; que ses sandales étaient convenablement nouées autour de ses chevilles. Elle avait écouté les battements de son cœur emplir petit à petit l’étroite pièce, et puis, enfin, la porte s’était ouverte sur son mentor. Sire Deimos avait l’air agité – du moins était-ce ce qu’elle avait appris à lire au-delà du masque impassible qu’il affichait en permanence.  

« Silindiel. Il est temps. Les premiers Candidats se sont sûrement déjà avancés sur les Sables. » avait-il dit, la voix à peine tremblante. Il avait mis un genou à terre devant elle et avait saisi ses petites mains dans les siennes, lui accordant l’un de ses rares sourires.  

« Aie confiance. Tout va bien se passer. »

Ensuite, la lumière avait noyé ses yeux. Partout où elle avait posé son regard, tandis que Sire Deimos la traînait à travers les rues, elle n’avait vu que de l’or. Ce n’était pas la même chaleur qu’au Màr Lìtsë ; ici, tout était doux et aimant, scintillant. Sous ses pas, les dalles de marbre avaient défilé, et les murs veinés d’or, et les arbres aux branches assez basses pour en cueillir les fruits, et les arches volumineuses, et les Dragons… Son esprit avait été assailli par leur proximité, leur nombre. Elle aurait aimé s’arrêter pour contempler chaque détail de la Cité, en caresser chaque pierre, parler à chacun de ses habitants… Mais plus tard, plus tard.  Car devant elle se dressait maintenant une immense voûte, puis des escaliers menant à une mer de sable et d’or, encore. Toujours. Elle sentit sa gorge se serrer devant la beauté des lieux, la peur enfler comme une vague, une étrange amertume se coller à son palais. Sire Deimos lâcha sa main, et elle se retrouva seule.  

Par automatisme, et parce qu’elle avait joué cette scène maintes fois en rêve, la jeune Elfe s’avança sur les sables. Son pas, déterminé, solennel, ne trahissait rien de son émoi. Les regards coulaient le long de ses épaules frêles et tombaient au sol, où elle les foulait sans guère s’en soucier. Rien ne comptait en-dehors des vastes opales de la Reine Dorée qui l’engloutissaient, balayaient élégamment et négligemment les voiles confiants dont elle avait cru pouvoir s’envelopper. Silindiel se porta au niveau des autres Candidats, prit une profonde inspiration et déclara :

« Reine Rintrah. Je suis Silindiel Chantevent, fille d’Eníredis Chantevent et de son époux, Tybalt de Leysse. Je me présente devant toi et devant tous, en ce jour, pour accomplir mon destin – par la grâce de Flarmya et si toi, qui es sa fille, m’en juge digne. »

Alors, elle s’inclina, se recula, fouilla le lieu du regard à la recherche de ce qu’elle n’avait jamais vu mais toujours su. Le visage lumineux de sa mère, muse indolente dont la beauté semblait flétrir quand elle se retrouvait dans l’ombre de son mari – lui, un roc, un bloc de glace qui s’était formé autour d’un orgueil piétiné. Heryn Amlug et consort. Et encore tant d’autres noms, tant d’autres silhouettes qu’elle avait étudiées avec application. Sire Deimos, entouré d’ombres, sa capuche rabattue, n'avait sans doute pas osé se fondre dans les gradins et s’était retiré en bordure des sables. À quelques pas de lui, si discrète que Silindiel avait failli ne pas la remarquer, se tenait une Maîtresse Dragon, toute drapée de cobalt, d’indigo et de mauve.


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Ñiniel Iserimir
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMar 30 Avr 2019 - 23:53

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Vahinearii-doree-tolorea [RP Officiel] L'oeil de l'âme Vahi2
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***

La décision avait été prise de ne pas emprunter l'Interstice pour deux principales raisons ; la première était que la situation du Kaerl Céleste leur était devenue inconnue et de ce fait, elles s’accordèrent à dire que la prudence était de rigueur. Les deux Liées n'avaient pas que des alliés, et ces derniers se faisaient de plus en plus rares. Qui sait le chemin desquels elles croiseraient. La seconde raison était l'état physique de Ñiniel. Si le voyage était inconfortable au possible pour l'Ondine et son dos meurtri, il lui était toutefois possible de faire des haltes autant qu'elle le souhaitait. Elles voleraient alors de nuit et le voyage serait plus long, certes, mais l'Interstice était une inconnue trop risquée qu'elles ne jugèrent pas opportun de tenter.

C'est donc après plusieurs jours de voyage que la Chevalière Dorée Ñiniel Iserimir et sa Liée la Dorée Vahi'Nearii arrivèrent aux abords du Màr Menel.

Malgré cette perspective, les deux femmes ne se réjouissaient pas encore, car elles savaient que le périple n’était pas tout à fait terminé. La dernière étape du voyage retour des deux Liées était la plus redoutée,  la plus difficile. Au loin il ne s’agissait que d’un épais nuage blanc. Mais plus elles s’approchaient, et plus le nuage se faisait menaçant, promettant d’étouffer tous ceux qui tenteraient de le traverser. Le Vortex entourant le Kaerl Céleste n’était pas une mince affaire.

Vahi s’était voulue rassurante auprès de Ñiniel. Elle n’avait jamais emprunté cette voie, mais elle faisait confiance à son instinct saurien qui saurait la guider ; pour les vents et dangers présents au sein du Vortex, elle en faisait son affaire et se sentait prête à tout affronter. Ñiniel était solidement attachée à sa Liée, et ne risquait pas de s’envoler. Tout reposait sur Vahi, sentiment qui galvanisait la Dorée.

Après de longues minutes à voyager dans cet univers entièrement blanc qui pourrait rendre fou n’importe quel téméraire qui s’y perdrait, l’Ondine ferma les yeux, incapable d’en supporter plus. Il lui était impossible de différencier le haut du bas, tant le vent les secouait violemment, et cette absence de couleur lui brulait les yeux. Quant à la jeune Dorée, elle était entièrement concentrée sur la présence des siens, unique boussole qui lui permettait de tenir le cap. Il était plus que temps de s’échapper du Vortex, elle-même ne tiendrait plus longtemps tant la pression exercée sur elles était forte.

Enfin elles percèrent le voile, laissant apparaitre le Màr Menel baigné d’une lumière d’été et aéré d’une légère brise apaisée, déstabilisant le vol de Vahi qui s’était habituée à contrer les vents puissants du Vortex. Bien que légèrement étourdies, elles sentirent au plus profond de leur être le soulagement de revoir leur Kaerl, cette vision chaleureuse du foyer retrouvé.

Le hasard voulut qu’à ce moment-même un évènement de la plus haute importance était en train de se produire, et cela, Vahi pouvait le percevoir tout autour d’elle. Elles planèrent au-dessus de la Grand’Place étrangement vide, découvrirent les Spires au loin, aperçurent le toit de la Grande Serre… tandis qu’elles survolèrent le Màr Menel, de nombreux souvenirs, bons et mauvais, refirent surface.

Instinctivement, Vahi de dirigea vers les Sables d’Eclosion ; et tandis qu’elles passèrent au-dessous de la voûte, Ñiniel remarqua que les sables d'Eclosion étaient remplis de monde, ce qui ne signifiait qu’une chose : une Empreinte avait lieu.

*Quel bon moment pour revenir ! Un retour parmi les arrivées, une renaissance parmi les naissances, une seconde....*

*Je pense avoir compris...*

*Tu n'as aucune sensibilité à ma poésie...*

Ñiniel préféra ne pas relever.

*Que fait-on?*

*On ouvre la voûte, se pose en plein milieu et on accueille la nouvelle couvée?*

*L'air de Tol Orëa te rend pleine d'esprit à ce que je vois....*

Ce fut le dernier trait d'esprit du voyage.

Vahi'Nearii retrouva bien rapidement son sérieux en percevant la présence de Rintrah au loin. Sa mère couvait et protégeait une nouvelle portée de petits frères et sœurs pour Vahi. À cette idée, son cœur se serra. Sa fratrie aujourd'hui disparue lui avait et lui manquait encore terriblement. Bien que ses deux sœurs fussent liées à deux Ardentes, son frère Maodan avait partagé les mêmes souvenirs qu'elle. Leur affection rendait plus douloureuse sa disparition. Cette nouvelle couvée aurait la chance de partager le même Kaerl, et vraisemblablement de grandir ensemble.

D'un coup d'ailes, Vahi'Nearii changea de direction pour survoler la zone tout en chassant ces tristes souvenirs. Elle repensait peu à sa fratrie car ce sentiment ne lui apportait que nostalgie et regret, ce qui n’avait à ses yeux que peu d’intérêt. Elle n’aimait donc pas que ce désagréable sentiment refasse surface, encore moins de manière si inattendue.

De son côté, Ñiniel avait réfléchi à la meilleure façon de revenir au Kaerl Céleste.

*Je suggérerais une arrivée plus... discrète. Aux abords des Sables, sous ta forme bipède par exemple...*

Les crocs de Vahi'Nearii se serrèrent. Elle n'aimait pas cette enveloppe humaine si frêle et fragile dont elle n’était pas encore parfaitement maîtresse. Cette sensation de vulnérabilité lui était très difficile à supporter.
Elle avait toutefois conscience des intérêts non négligeables que cela pouvait lui apporter. Et le premier, même si éphémère, était celui de l'anonymat.

*Fort bien. Après tout, en tant que Reine, je me dois aussi de maîtriser cette forme.*

Vahi'Nearii vola en rase motte non loin des Sables d'Eclosion. Tous étaient présents pour l'Empreinte, il y avait donc peu de chance que l'on remarque leur arrivée. A quelques pieds du sol, elle déploya ses larges ailes d’or et replia souplement ses larges pattes sur son torse étincelant. Avec une agilité parfaite, elle amortissait tous les mouvements et chocs que pourrait subir sa Liée ; enfin, Vahi’Nearii toucha le sol sur le Kaerl Céleste après cette longue absence.

Même si l'atterrissage se fit en douceur, il ne suffit pas à exempter l'Ondine de serrer les dents lorsque son dos la fit tressaillir de douleur. Le voyage n’avait rien arrangé, et même si la douleur faisait partie de son quotidien, il lui était difficile de l’accepter, et plus particulièrement vis-à-vis de sa Liée qui ne méritait pas un Chevalière si fragile. Mais de cela, elle ne disait jamais aucun mot.

La Dragonne, de son côté, faisait comme si elle n'avait rien perçu : elle savait à quel point ce handicap lui faisait du mal, pas seulement dans ce petit corps de fragile bipède, mais aussi au fond de son âme qui se retrouvait alors teintée de sombres pensées. La Dorée ne alors voulait pas leur donner l'occasion de s'exprimer, c'était le risque de ne plus les contrôler.

Ñiniel prit le temps nécessaire pour descendre de sa Liée, se détacha et entama la pénible descente tant la raideur de son corps état gênante. Enfin, elle aussi toucha le sol du Kaerl.
Et tandis qu’elle regardait autour d’elle, elle enleva ses gants de cuir et passa rapidement sa main sur les manches, faisant voler le sable qui était venu s'engouffrer dans les plissures du lourd manteau, dont elle releva ensuite la capuche. Ses lourds cheveux aux reflets faiblement bleutés avaient quelques peu souffert du voyage, mais pas autant que ce que l'Ondine s'imaginait. La chaleur réchauffait sa peau transi par les vents du Vortex.

Qu’il était bon de poser le pied sur la terre ferme.

*Quelques curieux nous ont probablement aperçues, mais dans l'ensemble je pense que nous avons été discrètes. Tous les yeux doivent être rivés sur les Sables d'Eclosion après tout. Hâtons nous avant qu'il ne soit trop tard !*

*Vahi?*

*Oui?*

*Ta forme....*

*Pardon c'est vrai ! Tu veux bien te retourner quelques secondes? Et me donner le sac ?*

L'Ondine s'exécuta sans mot dire. Vahi'Nearii n'était pas particulièrement pudique mais s'amusait des bipèdes qu'elle avait vu agir ainsi. Puisqu'elle "devenait" l'un d'eux, elle aimait faire "comme" eux.

Lorsqu'elles pénètrent sans l'enceinte, elles découvrirent des gradins pleins à craquer; tout le Màr Menel était effectivement réuni pour l'occasion. Les deux Liées ne cherchèrent pas bien longtemps avant de trouver deux places; elles ne pouvaient de toute façon pas aller bien loin et devaient se contenter de ce qu'elles trouvaient, mais elles apercevaient de façon assez large le spectacle qui s'offrait à elles, et cela leur suffisait amplement.

Tandis que Vahi'Nearii n'avait d'yeux que pour sa mère, tentant de l'accompagner par la pensée, Ñiniel jeta son regard curieux sur les jeunes Aspirants en tenue de cérémonie. Elle qui n'avait pas eu l'occasion de se lier en de telles circonstances découvrait pour la première fois le rituel de l'Empreinte. Le moment était solennel et l'atmosphère lourde d'enjeux. Rintrah veillait sur ses œufs. Une dizaine de candidats se présentaient face à la Reine Dorée ; si le nombre sembla important, Ñiniel pouvait comprendre l’émotion qui pouvait les étreindre à cet instant. Cela la replongea à sa propre Empreinte, sauvage et précipitée, et se souvint de l’angoisse qui l’avait saisie lorsqu’elle crut ne pas être digne du Lien. Elle se souvint de la joie et l’émotion lorsque Vahi sortit de sa coquille pour se diriger vers elle. Déjà à cette époque elle avait montré à quel point elle était sûre d’elle et de ses choix. L’Ondine sentit ses yeux s’embrumer quelque peu en repensant à tout cela.

La Chevalière leva alors le regard autour d'elle et fut impressionnée par le nombre de personnes venues assister à la Cérémonie de l'Empreinte.

Puis elle découvrit ce qui devait être la loge royale. Elle rencontra le visage familier de Lordan, ce qui la rassura immédiatement. Ils s’étaient rencontrés alors qu’elle n’était qu’Aspirante, et voulut croire qu’il se souviendrait d’elle. Cela voudrait alors dire qu’elles n'étaient pas seules au milieu d'inconnus. Ce fut d’ailleurs le seul visage amical qu'elle reconnut parmi tous.

Elle aperçut ensuite Heryn son époux, et, à la surprise et la joie de l'Ondine, leur enfant. Ainsi donc, Heryn Amlug, Dame du Kaerl Céleste avait donné la vie. De l’endroit où elle se tenait, elle ne pouvait réellement déterminer son jeune âge ni son sexe. Mais voir la Dame Céleste avec sa famille tandis que Rintrah veillait sur sa progéniture était à la fois poétique et lourd de sens. Le Lien d'Heryn et Rintrah semblait maintenant renforcé par leur maternité réciproque.

Cette joie fût presqu'aussitôt dissipée lorsque le regard de Ñiniel découvrit Ambroise à leurs côtés. La surprise laissa place à l'incompréhension. Et tandis qu'elle releva la capuche pour dissimuler son visage tout en détournant la tête, milles questions lui traversèrent l'esprit. Comment pouvait-il occuper cette place malgré ce qu'il s’était passé ? Quelqu'un savait-il seulement ce qu'il s'était passé ?

Ñiniel se tourna furtivement pour en parler à sa Liée, mais celle-ci était trop occupée à observer la petite couvée.

Elle ne semblait d'ailleurs même pas réaliser à quel point elle était belle, sublimée dans cette robe blanche aux broderies dorées. Sa chevelure blonde reflétait les rayons que la voûte des Sables d'Eclosion laissait parvenir, et sa silhouette dégageait une assurance fascinante. Son visage angélique n'était que bonté.

Pour peu que l'on puisse croiser son regard, on y voyait alors toute l'ardeur de la jeune Reine qu'elle était, mais aussi la profondeur de son âme qu'il serait bien imprudent de cantonner à la seule apparente confiance qu'elle dégageait.

En touchant son collier, réflexe dont elle ne parvenait pas à se débarrasser lorsqu'elle devanait pensive, Ñiniel s'amusa de la comparaison de leurs deux personnes. Non seulement leurs tenue et attitudes respectives étaient à l'antipode l'une de l'autre, mais elle allait encore plus loin en comparant leur couple à celui de Kishi et Solyae : il y avait autant de contrastes entre elles qu'il y en avait entre le Soleil et la Lune.

*Je leur souhaite de tout cœur de créer un Lien aussi fort que le notre....*

Vahi était réellement inquiète; si l'Empreinte ne réussissait pas, elle savait ce que cela signifierait. Sa confiance d'ordinaire à toute épreuve était en train de faillir face à l'enjeu dont la Dragonne était le témoin impuissant.

*Puisse Flarmya leur venir en aide.*


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Lordan Ventaren
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeVen 3 Mai 2019 - 0:42

Du haut de l’estrade princière, Lordan Ventaren fixait l’espace autour de lui d’un regard impassible et sévère. Ce n’était pas intentionnel mais si la majesté ancienne de ce lieu l’impressionnait toujours, il était en ce jour profondément marqué par le rôle que sa nouvelle charge lui imposait.  
Lors de précédentes éclosions, des émotions différentes le dominaient. Considérant l’évènement comme  le plus important de toute la vie d’un possesseur du Don, à chaque fois, le maître bronze avait éprouvé un sentiment quasi religieux devant cette rencontre entre deux âmes prédestinées. A cette gravité se mêlaient de multiples élans d’espérance, de sympathie, d’attente partagée, car même si les candidats ne lui étaient pas toujours très connus, aucun ne lui était indifférent, tous des Célestes ayant choisi de répondre à l’idéal de vie qui définissait leur kaerl.Et comme on pouvait toujours craindre qu’un des dragons nouveaux-nés ne trouve pas son esprit frère et ne soit ainsi voué à une fin inévitable, il imaginait l’angoisse de la mère, le désarroi du petit, la panique impuissante des aspirants non choisis et qui ne pourraient rien pour nouer un lien non voulu par la destinée. Heureusement, lors des empreintes majeures ou mineures auxquelles il avait assisté, les Sables d’Eclosion n’avaient jamais eu à vivre ce moment  tragique.
Le sort des candidats qui ne se liaient pas le touchait beaucoup. Lors de son empreinte, lui-même avait un instant cru à son échec, Hanelvig tardant à quitter sa coquille et l’aile protectrice de la bleue Vraël. Il anticipait et partageait leur chagrin, même si la plupart demeuraient stoïques par fierté. Et puis, ils avaient l’espérance d’une seconde chance.
Lordan en apprenant le nom des candidats, s’était inquiété pour Tristan Gwened, le seul qu’il connaissait vraiment. Il le considérait comme un ami, un être d’exception, aux qualités d’âme et de coeur débordant hors de son apparence fragile. Lordan lui trouvait une distinction faite de retenue et d'une part de mystère qu'il attribuait à la nature artiste de cet esprit affûté. Un frère dragon serait pour lui une présence merveilleuse. Tout ce que les dragons avaient de magique et d’exaltant ne pouvait que combler un esprit poétique et sensible comme l’était celui du jeune Neishan.
Mais aujourd'hui, si tous ces sentiments demeuraient en lui, il était moins préoccupé par ce qui se passerait sur l’espace doré des Sables que par les va-et-vient de la foule sur les escaliers reliant les balcons, dans les allées desservant les gradins, dans les niches en retrait où les retardataires trouvaient une place d’où l’on voyait moins bien mais qui permettaient aussi de ne pas être vu.  Que craignait-il ? Rien de précis mais il était Arken, responsable de l’Escadron d’élite et son devoir était justement de rester en alerte même si rien ne semblait justifier cette surveillance
En conséquence, à chaque palier, il avait posté deux de ses Lames, nom donné officiellement aux membres de l’Escadron et repris d’une ancienne tradition encore vivante dans les récits des bardes. Comme lui, ils étaient en uniforme d’apparat, pour participer à la liesse et à l’hommage particulier rendu à la Dame. En effet  le jeune fils du couple princier était présenté au kaerl en cette heureuse solennité. Mais ces Lames, reconnaissables à leurs grands manteaux violet sombre, leurs écharpes blanches et leurs insignes dorés, rappelaient aussi au peuple comme aux notables que la Dame Heryn était détentrice de l’autorité suprême et qu’ il n’était pas question de tolérer – envers elle ou sa famille - le moindre geste déplacé ou propos malveillant. Malgré la réconciliation générale et l’unité restaurée, il y avait encore au kaerl des semeurs de désordre, lesquels pour satisfaire des ambitions partisanes, cherchaient à ébranler la paix retrouvée. La Dame n’avait pas recréé l’Escadron sans motif sérieux et certainement pas pour s’entourer d’une garde honorifique qui paraderait aux cérémonies pour le plaisir du peuple.

Pouvait-on cependant craindre des troubles sérieux lors d’une Eclosion ? Lordan ne le pensait pas : non, pas ici, avec tous les dragons unis dans une puissante communion, avec le Second, en alerte aussi à quelques mètres de lui, avec la garde du kaerl en faction aux entrées, avec la majorité des maîtres et chevaliers qui s’étaient ralliés sans hésiter au retour de la Dame. Par prudence, il avait cependant dispersé dans la foule et sans uniforme, certains de ses hommes particulièrement observateurs, chargés d’écouter et de repérer toute ombre de désordre dirigé vers la Dame Dorée ou vers le Consort. Kieran de Galastden ne plaisait pas à tout le monde, même à certains qui par ailleurs étaient fidèles à  Heryn Amlug.
Lordan avait été formé par l’ancien capitaine du premier Escdron et celui-ci était un maître en surveillance discrète. C’était afin de poursuivre dans cette voie que Lordan commençait à recruter et à entraîner quelques Lames  pour oeuvrer dans la discrétion à la protection de leurs souverains.  En dehors comme en dedans du kaerl, il fallait se tenir au courant des rumeurs , des arrivées insolites, des événements inhabituels qui pouvaient avoir un rapport avec une menace possible contre la sécurité du couple princier et de leur enfant.
Il aperçut soudain un très jeune page qui proposait des verres d’eau fraîche – l’atmosphère était étouffante- et qui,  un peu hésitant, se dirigeait vers lui. Jusqu’alors le gamin n’avait pas osé s’approcher, pas plus que d’Ambroise de Leysse d’ailleurs, et il se contentait de traverser le fond de la loge princière où se tenait  le personnel de service.  Si la mine peu aimable du Second et sa réputation de colérique expliquait la prudence du petit, on aurait bien surpris Lordan s’il avait compris qu’il faisait aussi peur au page avec son grand manteau sombre et son air concentré. Mais cette fois, le garçon s’arrêta devant lui, tira un mince rouleau de papier de sa manchette et le lui tendit en même temps qu’un verre d’eau en murmurant :

- C’est pour vous, messire Arken.

Le geste fut réalisé avec beaucoup de discrétion et Lordan comprit immédiatement de quoi il s’agissait. Un de ses observateurs lui envoyait un message.  Il prit le papier et remercia le page tout en repoussant gentiment le verre. Il n’allait pas se mettre en position d’infériorité en buvant alors que le regardait l’oeil noir et perçant d'Ambroise de Leysse. Il croyait l’entendre penser : "Ça, un guerrier ? Ramolli et sans tenue, comme les autres !"

Le message tenait dans la paume de la main et sitôt que le Second détourna son regard, Lordan vit le petit signe tracé comme convenu pour mot de passe et il lut :"Une Reine dorée signalée à la voûte d’entrée. Chevalier non identifié."

Plus que surpris, Lordan balaya du regard l’étendue des Sables puis les alcôves où chantaient les Dragons. Une reine Dorée ? On l’y aurait forcément vue avec les jeux de lumière sur les écailles. Une seule explication : la dragonne avait mis en œuvre son pouvoir de métamorphe et avec sa liée, avait rejoint le public.
Pour intéressant que fut le message, il  n’y avait pas lieu de prévenir la Dame, du moins pour l’instant. Aucun dragon avec des intentions hostiles n’aurait pu échapper à ses frères et sœurs assemblés ici et encore moins à la reine Rintrah, toute en alerte pour protéger ses petits. Cependant la nouvelle était d’importance et Lordan parcourut les premiers rangs tout en bas où les liées avaient dû prendre place. Mais en vain, ce qui était prévisible car du haut son poste, il ne voyait pratiquement que des nuques. 
Il n’était pas question de chercher à joindre Hanelvig dans ce moment solennel. Et puis les dragons gardaient toujours les secrets de leurs frères et ne communiquaient à leur lié que ce qui  lui était vital ou d’intérêt pour leur kaerl. Et aussi, ajoutait Hanelvig, "ce que des bipèdes étaient capables de comprendre"... Mais Lordan était sûr que cette arrivée allait avoir un retentissement dans tout le kaerl.


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Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMer 15 Mai 2019 - 17:12

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Sous la haute voûte, le silence, petit à petit, s’était fait, et s’étendait à présent comme une lourde chape de plomb au dessus de l’assemblée. Tous s’étaient tus. Toute l’attention s’était tournée vers la frêle silhouette de la jeune fille, Silindiel, qui faisait bravement face à la Reine Mère, la tête haute. En dépit de l’identité qu’elle avait énoncé, en dépit de son âme qui résonnait en accord avec la magie du Màr Menel, un vent de méfiance et d’incertitude soufflait sur les sables d’éclosion. Les Candidats s’entre-regardaient, hésitant, ne sachant s’il fallait lui souhaiter la bienvenue ou éprouver de la jalousie pour cette Empreinte potentielle qu’elle allait peut-être leur arracher. Une rumeur sourde, provenant des centaines de dragons présents en ce jour, s’éleva alors, de plus en plus fort.  Cette incartade à la plus sacrée des traditions en plongeait plus d’un dans une bien compréhensible confusion. Étroitement lovée autour de ses œufs prêts à éclore, comme pour les protéger, Rintrah, quant à elle, étudiait attentivement l’intruse. La Dorée n’était pas encore prête à la laisser s’approcher. Soit, elle ne mentait pas. Mais d’où sortait-elle et pourquoi ne se présentait-elle que maintenant ? Qui l’avait amenée au Kaerl ? Pensait-elle pouvoir s’avancer simplement et repartir avec l’un de ses petits, comme si de rien n’était ?

Son nom lui était inconnu, bien que celui de ses parents réveillait un vague souvenir dans la mémoire de sa Liée. Seldryn, quoi que à distance raisonnable de sa compagne, s’était tendu, lui aussi, prêt à intervenir si nécessaire. Pas que l’adolescente ne représente une quelconque menace … Mais pouvait-on laisser, une nouvelle fois, une inconnue s’emparer de la descendance du Màr Menel ? Alors même que ceux de la couvée qui avait regrettablement éclos au Ssyl’Shar, avaient rencontré une mort probable en accompagnant leurs âmes-sœurs au Kaerl Ardent et au-delà ? Pouvait-on se permettre un nouveau scandale ?
Soucieux, le Bronze effleura délicatement l’esprit de Kieran, lequel, sourcils froncés, et quoi qu’avec une évidente répugnance, s’était déjà tourné vers Ambroise pour l’interroger sèchement sur la situation. Mais déjà, une expression innocente affichée sur son visage, Heryn l’avait devancé, s’interposant adroitement entre son époux et son Second, comme s’il en avait toujours été ainsi. Sous ses apparences fragiles et malgré sa grande bonté, la Fëalocë avait bel et bien l’âme d’une Reine Dragon, féroce et protectrice envers les siens, à l’image de sa Liée Rintrah. Pour autant, Seldryn savait que tôt ou tard, le conflit entre Kieran et Ambroise dépasserait, et de loin, les capacités de la jeune femme. Mais pour l’heure, l’Humain au profil de rapace, le regard passant de Silindiel à son cousin Tybalt, se contenta de secouer la tête négativement. Si sa réponse ne parvint pas physiquement aux deux dragons, ils en perçurent les échos dans leurs esprits. Non Ambroise n’avait pas connaissance du fait que la jeune fille était encore en vie, car on avait perdu sa trace lors de son enlèvement, bien des années auparavant. Sur ce point au moins, le Second et la Dorée s’accordaient : on ne pouvait pas être absolument certain qu’il ne s’agisse pas d’un obscur complot destiné à ébranler le Kaerl Céleste.

Toujours peu décidée à lui faire confiance, malgré l’urgence des coquilles qui, elle le sentait, commençaient à s’agiter furieusement sous le voile pudique de ses ailes, Rintrah réprima un grondement d’avertissement lorsque, se saisissant de l’affaire, la Matriarche des Reines du Màr, Kiruna, atterrit soudain à quelques pas de Silindiel, soulevant autour d’elle d’abondantes gerbes de sables blonds.

**Avec ta permission, petite sœur.**

Sa liée Elerinna se trouvant à la tête de la Maison Galastden, et Rintrah n’étant pas native du Kaerl, il revenait à Kiruna l’autorité de démêler cette affaire. Avec la délicatesse d’un grand chirurgien, la vieille Dorée plongea son esprit dans celui de la jeune fille. Si elle souhaitait prouver sa réelle identité, elle veillerait à lui présenter les preuves de ce qu’elle avançait.

Mais déjà, profitant de l’inattention momentanée de leur majestueuse mère, les deux premières coquilles libéraient leur précieux contenu … Et, s'élançant dans deux directions différentes, un Bronze aux écailles flamboyantes, et une délicate dragonnelle, à la couleur changeante se jouant de la lumière, rappelant l’exquise teinte turquoise des mers du sud, s’échappèrent loin des derniers restes de leur prison calcaire.
La petite femelle se mit à trottiner vivement en direction de Silindiel, la tête dressée avec un orgueil déjà criant en dépit de son jeune âge – en tant que fille de Reine, cela ne faisait-il pas d’elle une princesse ? - prête à interrompre sur le champ l’échange entre la Matriarche et sa future Liée, les murmures du public accompagnant sa progression. L’on s’interrogeait ; était-ce une bleue, ou bien une verte ? Sa petite taille et sa jeunesse ne permettaient pas d’en être sûrs, et cela ne fit qu’accentuer le malaise ambiant. Nul, sinon Eniredis, la mère de Silindiel, peut-être, ne perçut, en revanche, la parfaite ironie qu’appuyait la couleur indéfinissable de ses écailles. Flarmya avait-elle le sens de l’humour ? Si tel était le cas, il risquait de compromettre bien des choses.

Il était trop tard pour faire marche arrière à présent, Rintrah le savait, ce qui ne l’empêchait pas d’en éprouver une irritation croissante. Elle avait choisi et approuvé chacun des Candidats qui se tenait sur les sables devant elle. Elle connaissait leur valeur. Tous ne seraient pas liés au terme de cette éclosion, elle le savait pertinemment. Mais qu’une inconnue soit projetée ainsi sur le devant de la scène et lui vole sa première-née … Elle acceptait difficilement qu’on lui force la main de cette façon. Alors, se redressant de toute sa hauteur, ouvrant largement les ailes pour révéler ses précieux œufs au grand jour, elle laissa échapper un rugissement impressionnant qui sembla ébranler jusqu’aux fondations de la voûte rocheuse, rappelant à tous le respect qui lui était dû. Elle ne se laisserait pas tromper une deuxième fois.

Une par une, les coquilles éclataient, éparpillant sur les sables d’or une multitude de fragments nacrés au milieu desquels les dragonneaux s’égaillaient, certains avec plus d’aisance que d’autres, vacillants et rendus maladroits, qui par leurs ailes encore humides, qui par leur queue trop encombrante. C’est ainsi qu’une petite Blanche, aussi scintillante que du diamant, tentant de couper la route à l’une de ses sœurs Verte qui se rapprochait trop dangereusement de celle qu’elle convoitait, trébuchant dans une irrégularité du terrain, s’affala à terre dans un petit couinement indigné. Et lorsque son frère Brun, d’une belle couleur chaude rappelant le bois verni, qui avançait jusque là d’un pas tranquille à ses côtés, s’arrêta pour l’aider à se relever, elle lui jeta un regard hautain et repris sa progression pour aller se jeter aussitôt dans les bras consolateurs d’une Elfe blonde de haute taille.

Son frère, un peu dépité par son refus, resta un instant assis, la queue enroulée autour de ses pattes, l’air vexé, avant de reprendre son chemin, drapé dans sa fierté blessé, pour aller s’installer sagement aux pieds d’un Humain, qui présentait l’apparence rude de ceux qui ont longuement navigué sur les océans. Il sentait qu’une partie de son esprit lui était encore inaccessible, mais il ne s’en inquiétait pas. Lui à ses côtés, les choses finiraient par se débloquer. Il était confiant. N’était-il pas lui-même encore dépourvu d’une partie de sa mémoire, celle qui lui viendrait par le sang de ses mères ? Tout allait changer maintenant qu’ils étaient enfin ensemble.

De son côté, Rintrah, d’apparence aussi paisible que celle d’un chat à l’affût, s’était ramassée sur elle-même, contemplant les Empreintes successives d’un air vigilant, tout en cherchant à définir quelle était cette présence familière et insistante au creux de son âme, qui affolait son coeur. Et lorsque son regard croisa celui d’une silhouette à l’éclatante chevelure d’or, en retrait aux côtés de sa pâle Liée, elle sut, et ses prunelles furent chavirées du vert éclatant d’une pure joie. Son enfant, son Héritière, Vahi’Nearii, était ici ! Elles étaient donc en vie ! Mais pourquoi se cachaient-elles ? Pourquoi ne révélaient-elles pas leur présence au grand jour ? En dépit de sa naissance en terre étrangère, Vahi’Nearii était la digne fille du Màr Menel. Et elle défierait quiconque de dire le contraire !

Finalement, l'agitation sur les sables s'apaisa peu à peu, et il resta moins d'une demi-douzaine de Candidats face au petit Bronze. Ce dernier, le bout de la queue animé de mouvements furieux, ne leur prêtait aucune attention, tout aussi sourd aux appels pressants de sa mère. Il SAVAIT que son âme-sœur était là, pourquoi ne venait-elle donc pas ? Il l’avait attendu si longtemps qu’il avait bien cru que ce jour ne viendrait jamais. Ne percevait-il pas lui aussi sa présence ? Rajoutant à l’affront, il sentait que son âme était déjà liée à celle de l’une de ses petites cousines, une lézarde de feu arborant les noires écailles des Impératrices, et qu’il portait la marque de nombreux autres de ces petits êtres. Comment osait-il lui être aussi infidèle ?

Face à l’indifférence du dragonneau Bronze, la seule fille du trio fixait ses pieds, les yeux plein de larmes contenues, causée tant par l’injustice de la situation, que par l’inquiétude du sort cruel qui attendait certainement le nouveau-né. Elle savait que celui là ne serait pas pour elle. Sur un dernier coup d’oeil envieux et jaloux à Silindiel et sa liée, elle n’avait pu se contenir plus longtemps et avait tourné les talons, pressant le pas pour atteindre la sortie avant que quiconque ne puisse l’arrêter. Et déjà, l'un des deux garçons, ancien Aspirant de la Triade de la Verte Hinarii, le visage pâle comme la mort, semblait prêt à l’imiter, tournant le dos à la Reine Dorée et aux vestiges des coquilles brisées. Pourtant, il n’avait fait que quelques mètres avant que la masse ronronnante d’un petit Noir ne le heurte de plein fouet, l’aplatissant dans le sable, pétrissant de ses griffes sa tunique cérémonielle. Caché jusque là derrière l’aile de Rintrah, anxieux à l’idée de rencontrer son Lié après tant de temps, paralysé par la peur de ne pas lui plaire, il n’avait osé s’avancer que lorsqu’il l’avait vu commencer à s’éloigner sans lui. Mais maintenant, il en était sûr et certain : rien ne saurait désormais les séparer !

Seul candidat à être encore en lice, Thorvald ne savait visiblement que faire, son regard ne cessant d'aller et venir entre son camarade bousculé par le petit dragonneau Noir, et le jeune Bronze solitaire. Il serra alors les poings, comme pour se donner du courage et s’avança en direction du bébé dragon, ouvrant lentement la bouche, dans l'intention manifeste le convaincre de venir vers lui. Malheureusement pour lui, ce qu'il voulu réellement dire fut tout bonnement couvert par le cri mental du jeune dragonneau, qui, à bout de patience, avait décidé d’interpeller directement son véritable Lié … En projetant avec force sa pensée vers l’ensemble des âmes bipèdes douées de l’assemblée. Ainsi, était-il sûr de parvenir à le toucher, même au milieu de toute cette foule.

**NEITHAAAN !**


(HRP : Post édité pour faire disparaitre la mention de Tristan.)


Dernière édition par Heryn Amlug le Dim 23 Juin 2019 - 12:52, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeVen 17 Mai 2019 - 17:42

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Guillerm Sanlet

Il avait senti le vent tourner, quelque chose d’inhabituel se passait au vu des regards que jetaient les gens dans la foule. Que pouvait-il donc bien se – et il vit la jeune Elfe s’avancer dans les sables, Guillerm haussa un sourcil, recula un peu du chef en oblique tandis que celle-ci prenait place parmi les autres aspirants en passe de se Lier.
Il écouta les mots : ceux-ci n’avaient pas de significations pour lui, Chantevent ? Elle aurait pu tout autant dire qu’elle venait de Bourg-la-pastèque, qu’étaient donc les Chantevent ? A nouveau, au vu des regards que lançaient ceux au courant ce n’était pas d’une superbe augure pour un bon déroulement d’une Empreinte Majeure.

Ses yeux oscillant entre l’ambre et marron froid passaient tour à tour entre la nouvelle venue et la Reine Dorée. Une boule s’était formée dans sa gorge : celle-ci allait-elle lui voler son Lié en fin de compte ? Après tout il était tout nouveau ici, n’avait aucun poids politique et était en plus amnésique, la jeune Elfe quant-à elle semblait avoir un nom important pour s’annoncer de cette façon, sans doutes un futur atout pour le Kaerl là où lui n’était rien elle représentait une forme de noblesse, de grâce, d’assurance, toutes ces choses qu’il lui manquait.

Ses sourcils se froncèrent, bien déterminé à se Lier, on lui avait dit qu’il avait été choisi par Flarmya après tout ! Vint alors la matriarche qui se posa sur les sables, l’immensité de la Dorée manqua de le faire reculer, il avait ouï de part son Maître que les Dragons continuaient leur croissance tout au long de leur vie, certes plus lentement que lorsqu’ils devenaient adultes, mais la dite Kiruna devait être la plus grande créature qu’il eut jamais vue.
Il était si absorbé par le spectacle qu’il ne remarqua les premières éclosions qu’un peu tard, grâce au silence qui s’était abattu. Encore quelque chose qui se déroulait dans son d- il croisa le regard des premiers nés. Il était fou que des créatures si majestueuses pouvant atteindre des tailles incroyables commencent la vie si petites…
Il fut intrigué par la couleur de la femelle, qu’était-ce donc que cela ? Bleue ? Verte ? Il n’arrivait pas à le déterminer et voyant la direction qu’elle prenait elle n’était sans aucuns doutes pas son Lié. Le Bronze ? Sa couleur rappelant presque l’or rouge lui accrocha le regard mais il ne sentait rien au fond de lui, rien, vide, creux, raterait-il son empreinte ?

Les autres globes de calcaires se fendirent, laissant sortir leurs précieux habitants. Un pincement, un petit quelque chose, une écharde chaude dans son torse…
Ses yeux se fixèrent sur le Brun, serviable, noble, gentil.
Était-ce lui ? Était-ce son Lié ? Rien n’était certain mais il n’arrivait pas à décrocher ses yeux du Saurien.

Il le fixa tandis que celui-ci s’était assis avec le port altier de ceux de son espèce, le regardant en retour. Il avait l’air d’un être patient et -

°Quel est mon nom?°

Il su instinctivement la réponse à cette question, clignant plusieurs fois des paupières il s’accroupit pour mettre son visage au même niveau que celui du Dragonneau, Guillerm devait encore utiliser cette technique pour arriver à parler aux Dragons, on lui avait dit que c’était à cause de son âge : que le don était devenu faible mais qu’une fois Lié tout serait réparé avec le temps.

°Ulthùnuri. Tu es Ulthùnuri.°

Le Brun sembla satisfait, se redressant plus encore et venant poser la pointe de sa tête sur le nez de l’Humain. Il écarta ses ailes, trop grandes, trop lourdes, trop humides et vacilla un peu mais parvint à garder sa position. Ses yeux passèrent de l’opalescent tranquille des Sauriens au vert pétillant de la joie. Guillerm se saisit délicatement de son Lié et senti son coeur se remplir, comme si une partie vide de son être qu’il ne connaissait pas était enfin complète. Le dragon se blotti dans ses bras avant de grimper sur ses épaules avec une agilité insoupçonnée jusqu’ici : ce corps qu’il parcourait était comme le sien, le Brun le sentait, en connaissait les contours comme s’il l’avait toujours connu.

°Je suis heureux que nous nous rencontrions enfin, Guillerm Sanlet.°
Redressé de toute sa ‘hauteur’, Guillerm offrit un sourire éclatant à l’assemblée tandis que le Brun était lové autour de son cou, se tenant fermement sur la robe cérémonielle.

« Mesdames et Messires, je vous présente Ulthùnuri, mon Lié ! »

Il l’avait dit assez fort, emporté par la joie de l’instant, il se moquait si on le prenait pour un grossier personnage, si ce n’était pas dans les traditions, non, son coeur était bien trop transporté en ce moment pour même se souvenir de la moindre information sur le déroulement d’une empreinte. Le Brun, dont les yeux rayonnaient de bonheur grâce à un vert pratiquement luisant, gardait le regard sur le visage de Guillerm. La chaleur du corps bipède passant à travers ses écailles, chauffant son sang avec bien plus d’ardeur que le soleil ne le pourrait jamais.

Guillerm croisa le regard de son Maître, le Guérisseur du Kaerl qui opina du chef pour le féliciter, un sourire en coin étirant son visage. Qu’il était bon d’avoir réussi, qu’il était bon d’être ici, qu’il était bon… d’être Un.

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeSam 18 Mai 2019 - 22:47


Il tremblait si fort que ses genoux s’entrechoquaient en une cacophonie inquiétante. Il entendait à peine le discours des grands de ce monde, tant son cœur évoquait un lugubre tambour dont les coups sourds résonnaient jusque sous son crâne. La tempête mugissait en son âme tandis qu’il attendait, les deux pieds enfoncés dans le sable clair, l’espoir chevillé au cœur, que son tourment prenne fin. Il se sentait si petit, si insignifiant, si parfaitement incolore dans cet univers peuplé de chevaliers, de princesses, de psychopathes et de dragons… Il résidait au Màr Menel depuis plus d’un an sans pour autant se faire encore à l’idée que sa place était ici, parmi tous ces grands personnages à la verve habile et ces bêtes merveilleuses aux yeux de feu. C’était une autre vie, un autre rêve, qu’un crédule petit mendiant sans avenir ni passé comprenait à peine.

Orobas crut sa dernière heure arrivée comme il croisait le regard insondable, renfermant tous les astres du ciel, de la reine mère. La divine et gigantesque Dorée écrasait la foule de toute sa majesté. Il n’aurait fallu rien que moins que la matriarche en personne, doyenne des reines, pour davantage saturer l’atmosphère. Tremblant des pieds à la tête, il entrevit plus qu’il n’appréhenda réellement le sens de cette nouvelle mise en scène improvisée, dans une cérémonie pourtant aussi réglée qu’un vol de prestige, tandis qu’il plongeait soudain son regard dans le sable. Ses pieds lui paraissaient incroyablement intéressants en cet instant… Il ne connaissait pas cette jolie elfe et se moquait bien de son sort. Ne pouvait-elle pas se taire et attendre son tour, comme tout le monde ? Le nom des Chantevent avait déjà été prononcé à l’occasion par sa Maîtresse : jamais Pyreinth n’avait souligné avec autant d’emphase la malheureuse disgrâce d’une maison noble - ni avec aussi peu d’intérêt.

Comme il aurait aimé disparaître ! Il n’était jamais aussi à l’aise que lorsqu’il se fondait dans les ombres, silhouette muette et furtive, lorsqu’on ne faisait nullement attention à lui. Il pouvait alors contempler à loisir cette existence dérobée à ses souvenirs, l’enfance de ces autres qu’il n’aurait jamais et imaginer, imaginer que ces péripéties triviales pouvaient être siennes. Sa non-existence de jadis lui manquait cruellement.

Le rugissement de Rintrah perça l’air avec le fracas du tonnerre. Les jambes d’Orobas se seraient effondrées sous lui s’il n’avait senti, avec effroi autant qu’avec reconnaissance, la présence mentale d’Hinarii s’enrouler chaudement autour de sa conscience. Contre toute-attente, de la part d’une créature qu’il avait cru capable de le dévorer vivant en une seule bouchée le jour de leur rencontre, la Verte savait se montrer la plus réconfortante de l’improbable duo formé avec son mentor. Maître Kendrak était un être fantasque, extraverti, provocateur et insolent, bien que doté d’une rare sensibilité. Cependant, durant son apprentissage, elle échouait sur un mal que ni Orobas ni Pyreinth ne pouvaient endiguer, même à force de patience et d’écoute : le jeune neishaan refusait tout contact physique et n’aimait rien tant que sa silencieuse solitude. Hinarii, bien que dragonne et d’humeur aussi changeante que la brise, n’était pas un humanoïde comme les autres. Même face à ses crocs et ses serres, Orobas se sentait davantage en sécurité qu’entre les bras de la Maîtresse Céleste.

L’envie de fuir, de courir se cacher dans le recoin le plus proche le quittait au fur et à mesure que la pression sur son esprit retombait. Il osa jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, croisant le regard de Pyreinth, apercevant la dragonne dans son sillage. Il crut lire un soupçon de peur à travers la fierté et l’espoir qui rayonnaient de sa personne. Il se détourna aussitôt de la demi-sang en se mordant la joue. Il ferma résolument les yeux, inspira de toute la force de ses poumons, serra les poings. Il ne voulait pas lire l’angoisse qui l’étreignait dans le regard de sa Maîtresse. La sienne ne ferait que s’y refléter et gagnerait en puissance. Il n’en avait pas besoin aujourd’hui. Il refusait de se laisser guider par la peur, tout comme il avait auparavant refusé de se laisser mourir dans les rues.

Il fut frôlé par un nouveau Chevalier qui, dans son élan de joie impudique, manqua de le faire tomber sur son séant. L’ancien voleur de pacotille retrouva aisément son équilibre mais son regard se dispersa alors sur les coquilles brisées, les dragonneaux éparpillés sur les sables, les Candidats aux traits tirés d’angoisse… De même que le son, brusquement ravivé, le frappa de plein fouet. Un brouhaha de conversations, d’applaudissements, de cris emplit ses oreilles avec toute la violence d’un raz de marée. Plaquant ses mains sur ses oreilles maltraitées, il ne put retenir une grimace. Qu’il était peu digne, cet Aspirant aussi blanc de corps que de tunique, qui ne savait pas garder son sang-froid le jour le plus important de sa vie ! Il avait pourtant déjà vécu – échoué – une Empreinte. Il aurait dû savoir à quoi s’attendre.

Parmi les enfants de la Dorée Rintrah et du Bronze Seldryn – avec quelles difficultés avait-il appris tous ces noms par cœur ! – ne restaient que peu de place au doute concernant le sort des derniers Candidats en lice. Livide, l’âme chagrine, il comptait sur ses doigts, cachés par ses longues manches, le nombre de coquilles encore intactes et comparait celui-ci avec la présence des Candidats. Il jeta un regard éperdu à l’assistance, cherchant le soutien de Maîtresse Kendrak et de sa Liée, peut-être même une once de bienveillance de la part de la terriblement mirifique Rintrah. On lui avait promis ! Plus jamais il ne serait seul à affronter le monde, les autres ! On lui avait promis que son Âme Sœur remplirait le cocon de solitude qu’il s’était tissé tout au long des années, sans pour autant briser sa quiétude… Pourquoi ? Il avait envie de hurler alors qu’il n’élevait jamais la voix. Cette promesse ne serait-elle jamais tenue ?

Le choc dans son dos, comme il se décidait enfin à tourner les talons, lui coupa le souffle. Il fut propulsé en avant, perdit pieds et finit tête la première dans le sable. Un irrépressible frisson lui secoua l’échine. Il devait se relever le plus vite possible, courir, se cacher quelque part, n’importe où, fuir… Son corps refusa de bouger. Immergé dans cette mer minérale, il n’osait faire un geste, de crainte de faire fuir la créature qui lui pétrissait le dos et dont il sentait la piqure aiguë des griffes à travers le vêtement. Depuis quand s’inquiétait-il de faire fuir quelqu’un ? Les sentiments qui l’étouffaient étaient inédits, bouleversants. Il crut s’évanouir lorsqu’une voix s’immisça avec douceur, le plus naturellement du monde -  car elle avait toujours été là – dans son esprit.

* Pourquoi me fuis-tu ? Je te fais peur ?… Tu ne m’aimes pas ? *

Orobas ravala ses larmes. Il s’étonnait de son débordement d’émotions. Jamais encore un tel phénomène ne s’était produit.

* Non ! Je… Tu m’as surpris, c’est tout. *

Un immense vague de contentement noya son âme. Il hoqueta pareil à un poisson hors de l’eau, cracha un peu de sable, stupéfait d’être ainsi ballotté par les émotions d’autrui tout en s’émouvant que cela fut possible, au lieu d’en être terrifié. Le petit être glissa de son dos pour rejoindre le sol et il put entreprendre de se redresser. Prudemment, il s’assit dans le sable, face à ce dragonneau plus sombre qu’un soir d’hiver sous un porche, pourtant aussi éclatant qu’un ami cher retrouvé. Un sentiment de plénitude apparut enfin. Ils se contemplèrent un moment, l’homme et la bête, le neishaan et le dragon, sans pensée échangée, ne sachant que faire de leur lien si nouveau.

* Je te reconnais… Orobas Shiôn. Je t’ai vu en rêve.
Oui. Moi aussi, je te connais.
Dis mon nom !
… Haagenti. *

Un nom pour sceller leur entente. Une étreinte pour partager leur bonheur. Des larmes de joies pour débuter leur nouvelle vie.


Dernière édition par Persée Garaldhorf le Dim 26 Avr 2020 - 22:44, édité 3 fois
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Zoran Cynfelyn
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeLun 20 Mai 2019 - 16:09

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Silind10
Silindiel Chantevent

Si son arrivée sur les Sables avait fait s’enfler la rumeur des conversations, elle, n’entendait plus que le silence. Distraitement, ses doigts tremblants s’accrochaient au tissu de la tunique cérémonielle, en raclaient du bout des ongles la trame grossière. Face à elle, la grande Reine Dorée semblait épier la moindre de ses pensées ; évidemment, comment aurait-elle pu lui faire confiance ? Les lèvres entrouvertes sur un souffle de plus en en plus erratique, la jeune Héritière n’avait pourtant à cœur que de prouver sa légitimité. Malheureusement pour elle, Euthymia restait la seule Dragonne qu’elle eût jamais rencontrée, et la sauvage Bleue n’avait certes pas la prestance de Rintrah, et encore moins son esprit. Décontenancée par la situation, incapable d’imaginer quelconque solution, il ne restait plus à Silindiel que l’orgueil de son sang pour l’empêcher de défaillir, et les regards qu’elle devinait pesant sur elle pour la retenir de fuir.

Des grains de sable lui éraflèrent la joue en même temps qu’une seconde Reine Dorée, plus imposante encore, se posait près d’elle, la détaillant de ses yeux vastes comme un ciel. Machinalement, la jeune Sang-Mêlé se tourna en direction de la Dragonne, une main levée au niveau de ses clavicules, effleurant l’un des nombreux bijoux offerts par sa mère. Plongeant son regard dans celui de la somptueuse créature aux écailles ternies, Silindiel sentit, un long frisson remontant le long de son échine, que celle-ci sondait son âme, exhumant ses souvenirs les plus enfouis, les plus intimes – ses espoirs, ses peines et ses peurs. L’odeur sèche de la pierre du désert, gorgée de chaleur et de rires, l’effleura alors ; le visage d’Aruzhan, éclairé par les Lunes, tandis que la mercenaire lui enseignait le nom des constellations ; les longs après-midi dans les ruines, répétant, mémorisant laborieusement une liste de Seigneurs, de Dames et de leurs Liés et l’air sévère de Sire Deimos. Du plus profond de sa mémoire, perçant les brumes, enfin, deux éclats d’ambre luisaient dans leur écrin de nuit.

La doyenne des Reines du Màr avait-elle reconnu la marque que sa fille avait laissée sur l’esprit de la Candidate ? La compréhension illumina les opales de Kiruna, un grondement montant de sous ses flancs écailleux, et Silindiel fut prise de vertiges. Mais, avant d’avoir l’opportunité de s’exprimer, de remercier la vieille Dragonne, ou au moins d’apporter une conclusion à leur échange, une nouvelle tempête emporta sa conscience, révélant au creux de ses ailes mouvementées des parfums mélodieux. Paupières mi-closes et menton relevé, la Sang-Mêlé huma ces fragrances inconnues, orientant lentement son visage en direction de leur source. Là, bravant la mer de sable d’or, première-née de Rintrah, une petite Dragonne aux écailles étranges, ni bleues ni vertes, ou alors les deux en même temps, trottait vers elle avec toute l’assurance du monde. Silindiel croisa son regard, et le monde entier disparut, balayé comme une vulgaire brindille par le souffle violent tourbillonnant au fond de ses iris nacrées.

° J’ai cru que tu ne viendrais jamais. °
Son ton était celui du reproche, mais sa voix, quelque part, lui rappelait le murmure clair des étoiles.

° Jamais je ne t’aurais laissée seule… ° répondit Silindiel, tombant à genoux pour accueillir celle qui partagerait son âme dans ses bras. ° Eithne. °

Le temps d’une étreinte, la jeune fille posa sa tête sur le corps vibrant de sa Liée, âmes, cœurs et respirations unis par le plus sacré des liens.

~°~

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Maitre-celeste-520d210 [RP Officiel] L'oeil de l'âme Asra_re-52ea82a
Sable Lewë & la Bleue Asra

En vérité, elle devait bien l’avouer, son cœur avait chaviré à la mention du nom des Chantevent. Son regard lisse et clair, meurtri, s’était posé sur la frêle silhouette de l’Héritière retrouvée. Elle, qui connaissait si bien cette famille, n’aurait pas pu s’y tromper. La jeune fille rayonnait de toute la grâce de sa mère volage, capricieuse et excentrique ; sa haute stature, son menton fin, arrogant, et ses mouvements félins criaient son appartenance à l’une des plus anciennes lignées du Màr Menel. Mais d’où venait-elle ? Qui donc avait bien pu veiller sur elle, toutes ces années, et la préparer à l’Empreinte ? Elle sentait sa poitrine se soulever, douloureusement, au rythme d’un vieil espoir dont elle avait pourtant arraché toutes les racines, tandis que ses yeux, luisant de panique, cherchaient les intrus parmi la foule. Non, Éphialtès était mort… lui, et tous les autres. La Grande Guerre l’avait englouti dans sa gueule avide, insatiable. Sable pouvait bien naviguer de rive en rive sur l’océan du Temps, il n’en allait pas de même pour la vie et la mort. Certains voyages étaient sans retour. Calme mais glacée, la présence d’Asra se faisait plus insistante, comme une bien vaine tentative de réconfort. La Sang-Mêlé lui souffla, avec aigreur et sans dire un mot, qu’elle ne souffrait pas – ou alors, d’une peine qui ne connaitrait jamais le répit.

À sa gauche, le froissement du tissu attira son attention. Une forme encapuchonnée s’était avancée, dans l’ombre des gradins, pour prendre place. La Maîtresse Bleue la salua d’un léger mouvement de tête, avant de se concentrer à nouveau sur les Sables – car Kiruna avait fait irruption, et cela ne pouvait pas être anodin. Comme pour beaucoup de Maîtres et de Chevaliers ayant connu Tol Orëa avant la guerre, c’était elle qui avait donné naissance à sa Liée. Sans qu’aucune d’entre elles ne s’en rendent vraiment compte, une vague d’affection émana de la Sang-Mêlé et de son Âme Sœur, jusqu’à la doyenne des Reines.

Et puis, les coquilles craquèrent, et les premières Empreintes se réalisèrent sous le regard de Flarmya, du Kaerl et de ses Dragons. Petit à petit, les épaules de Sable s’affaissèrent. Tristan demeurait introuvable. Asra propulsa son esprit à travers les gradins et les couloirs, par-dessus la foule, jusqu'à l'alcôve obscure où s'était replié le jeune Candidat. Alors, Sable voulut aller le retrouver, le saisir dans une étreinte maternelle, le ramener auprès d’elle pour qu’il ne reste pas plus longtemps à la merci de sa solitude, mais se retint bien malgré elle, sachant pertinemment que cela n’aurait aidé en rien. Doucement, elle passa une main transie sur son visage, fermant les yeux, retenant au plus profond d’elle-même la déception et le chagrin de voir son Aspirant fuir. Pourtant, elle fit le vœu silencieux que Tristan en sortirait grandi, et espérait qu’il l’autoriserait à guider à nouveau ses pas.

« Vous avez fait de votre mieux, Maîtresse Lewë. » déclara alors une voix dans son dos, proche et lointaine, comme un souvenir égaré. « Mais le moment n’est pas encore venu pour lui. »

Elle connaissait cette voix. C’était celle, grave et sombre, qui avait accompagné son apprentissage. C’était celle de l’impossible, qui avait hanté tant de ses nuits, qui avait su allumer un brasier en son cœur et qui avait aussi su l’éteindre. Aujourd’hui, c’était celle de la honte, cuisante, et des regrets innombrables. Elle connaissait cette voix, mais refusait de se retourner pour contempler celui dont elle provenait. Les yeux écarquillés, la Sang-Mêlé peina à émettre un hoquet étranglé, se raccrochant comme elle le pouvait à Asra – imperturbable, silencieuse, semblable à une statue jusque dans son cœur de pierre qui ne savait s’émouvoir des tourments de sa Liée. Alors, la vue brouillée par des larmes malvenues, impossibles à réprimer, la Maîtresse Bleue serra fermement les attaches de sa cape entre ses mains pâles et prit la fuite, laissant à son Âme Sœur le soin de s’occuper de leur Aspirant perdu.

~°~

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Erined11 [RP Officiel] L'oeil de l'âme Tybald10
Eníredis Chantevent & Tybalt de Leysse

Un pas après l’autre, sa nouvelle Liée perchée sur ses épaules, posant sur le monde un regard nuancé de jade, de turquoise et d’or, Silindiel avait gravi les marches menant au balcon où était installée la famille Chantevent. Eníredis, sa mère et Dirigeante, splendidement vêtue de voiles céruléens et de cuivre, son imposante chevelure laissée libre, sanglotait doucement. À ses côtés, Tybalt de Leysse, se tenait raide, le visage dur, une main négligemment posée sur le bras de son épouse. Encadrée par l’ombre de son mari et par ses serviteurs, la Matriarche, Elioriel Chantevent, flattait les écailles d’un Lézard de Feu aux écailles de jais, un sourire distant suspendu à ses lèvres fines. En contrebas, Sire Deimos tentait de se frayer un chemin à travers la foule en liesse pour rejoindre son élève. Laissant Eithne sauter à ses pieds, l’Héritière s’approcha de ses parents et posa un genou à terre, inclinant noblement sa tête.

« Mère. Père. Grâce soit rendue aux Dieux de m’avoir ramenée auprès de ma famille. » fit-elle, sa voix chantante s’élevant avec suffisamment de force pour être entendue. « Et grâce soit rendue à Flarmya de m’avoir permis de trouver l’Âme Sœur sur les sables. »

« Oh, Silindiel, mon enfant chérie… Si tu savais comme je suis heureuse ! »

Eníredis se précipita pour étreindre sa fille, inspirant avec plaisir le parfum qui se dégageait de sa chevelure, la serrant contre elle de toute la force de ses bras frêles. Silindiel sentit les larmes maternelles couler dans son cou, mais ses propres yeux restaient secs. Avec douceur, elle laissa ses mains caresser le dos de sa mère, levant le visage pour croiser le regard sérieux, soucieux de Tybalt. Celui-ci fronçait les sourcils, étudiant avec application les traits de la Sang-Mêlé. La jeune fille soutint son examen sans ciller, braquant sur lui ses iris désespérément bleus, esquissant l’ombre d’un sourire. . Elioriel s’était levée pour applaudir sa petite-fille, des étincelles mutines au fond de ses prunelles sages. Autour de leurs bipèdes, la Verte Ihintza, le Brun Vahagn et la Blanche Nefeli accueillaient leur petite sœur, s’interrogeaient sur la couleur de son cuir, la félicitaient pour son Empreinte.

En apparence, tout irait bien. En apparence, la famille Chantevent, noble maison tombée dans l’oubli, vivait ses premiers instants de bonheur depuis de bien longues années.


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Rūna Sălv
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeDim 26 Mai 2019 - 11:18

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Loneesah
Lòneesah Aoibheann


Trop absorbée par sa propre détresse, l'elfe ne prêta guère attention à la foule grossissant sur les sables, ni même à l'arrivée d'une seconde Reine, bien qu'un léger sursaut à peine visible fit défaillir ses frêles épaules.
Lò demeurait figée, le regard accroché aux oeufs à la robe nacrée à la fois avec un profond espoir de voir sa vie changer et l'envie de fuir en courant pour éviter d'offrir au Kaerl toute la gloire de son échec. Sa vie toute entière n'était qu'une misérable complainte, que pouvait-elle bien offrir de plus que ce pourquoi elle était née : décevoir ?
Plusieurs fois ses yeux inquiets croisèrent ceux plus excités des autres candidats, certainement le coeur allégé par l'évidence de leur réussite. Tout au fond de son être en parti dévoré par ses démons, l'elfe les enviait d'être aussi confiants. Eux n'avaient probablement pas autant la guigne qu'elle. Certes sa vie aurait pu être bien pire, le plus simple aurait encore été de ne jamais voir le jour..
Une partie d'elle-même avait envie de la gifler d'être aussi pessimiste, cette même partie qui la fit inspirer profondément, comme si l'air autour d'elle était une plante médicinale qui aidait à luter contre tous ses maux.

Alors que tous semblaient s'intéresser à l'interaction entre la Dorée doyenne et la liée de Dame Amlug, ou encore à l'arrivée d'une jeune fille dont le nom la précédait, les prunelles de cendre de Lòneesah s'agrippèrent aux coquilles pour mieux occulter le chaos ambiant. Et lorsque les fragiles coffres de minéraux se fendirent en dévoilant leurs premiers trésors, ses épaules crispées se relâchèrent, comme une fleur s'ouvrant au petit matin aux premiers rayons d'un timide soleil. Tout à coup, son corps entier se mit à vibrer et trembler, le palpitant logé dans sa poitrine s'emballa à la mesure que ses longs doigts pris de soubresauts.
Une chaleur inconnue emplit ses poumons d'un air nouveau, et ragaillardie par ce rare instant d'assurance, elle osa faire un pas en avant, le bout de la main droite légèrement devant elle, prête à saisir sa propre part du butin. Le rugissement de la Reine Rintrah ne la perturba pas outre mesure, peut-être réprouva-t-elle un sursaut surpris bien vite oublié par son expectative de réussir.

Uns à uns, les dragonneaux s'éparpillèrent en quête de leur âme-soeur, certains déterminés, d'autres sûrs de savoir à qui s'adresser, puis quelques uns légèrement perdus. Une première petite créature à la robe alliant le vert et bleu dans un étrange camaïeu posa griffes à terre, rejoignant la dernière arrivée dont l'entrée fit grand bruit. Un rare sourire étira les lèvres de l'elfe aux relents radoucis par ce spectacle magnifique. Silindiel se voyait affublée d'une dragonne à la couleur unique ! A peine la petite saurienne était née que déjà elle faisait débattre dans les gradins, tant chez les aspirants que les maîtres.
Chacun leur tour, les candidats se lièrent sous les applaudissements et le regard à la fois rude et maternel de Rintrah. Petit à petit, Lòneesah commença à se tordre les doigts avec contrition : son éternelle négativité la rattrapait, étouffant doucement la lueur d'espoir en son sein. Et si l'heure n'était pas encore venue pour elle de se lier ?

Puis vint le tour de l'humain premier arrivé sur les sables, bien rapidement alpagué par un brun pataud dont la route s'interrompu pour aider une fière boule de neige qui avait trébuché. Cette dernière le rabroua d'un couinement hautain, fonçant tête baissée vers Lò avec une certitude dégoulinante, coupant net le chemin à une verte intéressée. Tout aussi immédiatement qu'elle aperçut la fiévrée blanche, l'elfe sut. Elle sut que c'était elle.
La dragonnelle s'avança avec toute l'audace d'une Reine, le pas trottant vers l'elfe. Et comme l'aube chassait les ténèbres de la nuit, une lumière nouvelle éclaira l'âme de Lòneesah.

° Je n'allais tout de même pas te laisser à une vulgaire naine couleur mauvaise herbe ! °


La voix cristalline et infantile de la blanche percuta son esprit non sans une certaine violence. Presque gênée, impressionnée au possible et émue, la jeune elfe s'accroupit lentement devant celle qui allait compléter son existence. Elle tremblait, les yeux embrumés de larmes de joie naissante. Un profond sentiment chaleureux, jamais connu jusqu'alors, l'inonda avec autant de force qu'une tempête malgré la petitesse de l'être dont elle partageait l'âme. Enfin, un sourire sincère et innocent égaya le visage trop sombre de Lò.
Ses iris d'anthracite se perdirent un long moment dans les orbes opalescentes de sa liée. Mutuellement, elles s'admirèrent, et la petite blanche gonfla la poitrine pour faire valoir toute sa prestance.

° Je ferai du mal à tous ceux qui oseront te blesser ! °
° ... Blgksùgnbshfj.. °
° .. Quoi ? °
° Je.. je.. °
° Je ne m'appelle pas comme ça. °
° .. Lhýeraerys.. °

Lòneesah, hésitante par l'émotion, prit dans ses bras ce qui était ce qu'elle avait jamais vu de plus précieux au monde.

° Je préfère ça ! °

L'étincellante blanche voulut sourire, étirant les écailles de sa petite gueule reptilienne et dévoilant les aiguilles de nacre qui lui servaient de dents. Par ses griffes juvéniles, elle s'accrocha à la robe de sa bipède et grimpa sur son épaule avant d'enfouir sa tête couleur de neige dans le creux du cou de l'elfe. Entre quelques roucoulements innocents, elle frottait sa joue contre celle de Lòneesah, essuyant quelques unes des larmes qui perlaient le long de sa peau de pêche.
Levant les yeux vers Rintrah, et avec toute la candeur de l'enfant qu'elle n'avait jamais vraiment été, elle osa lui offrir une pensée doucereuse.

° Merci.. °

Puis, après quelques éloges et félicitations, toutes deux s'en allèrent, prêtes à conquérir le monde.

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Ñiniel Iserimir
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeVen 31 Mai 2019 - 14:55

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Vahinearii-doree-tolorea [RP Officiel] L'oeil de l'âme Vahi2
La Dorée Vahi’Nearii

Laissant Vahi'Nearii contempler le déroulement de l'Empreinte, Ñiniel s'éloigna quelque peu pour mieux se mêler à la foule et ses commérages. La Chevalière n'avait pas oublié qu'au milieu des habitants du Kaerl Céleste se trouvait la meilleure source d'information, et partit à la recherche des dernières nouvelles.

Tandis qu’elle marchait au milieu de la foule, Ñiniel ressentît cette familière impression agréable et saisissante. Son corps semblait s’être réapproprié chaque recoin du Kaerl Céleste, comme s’il ne l’avait jamais vraiment quitté ; ses sens étaient en alerte, concentrés sur le moindre contact qu’ils pourraient avoir. Cette étrange torpeur, Ñiniel l’avait également ressentie lorsqu’elle avait franchi les portes de la Demeure Iserimir il y a de cela plusieurs lunes. Elle comprit alors qu’elle se sentait de nouveau chez elle.

Après quelques minutes de déambulation, à jouer parfois des coudes pour se frayer un chemin, Ñiniel trouva de quoi étancher sa soif de nouveautés, et s’approcha discrètement de deux jeunes gens à l’allure fière et à la bourse bien remplie.
C’était exactement ce que recherchait la jeune Chevalière : un petit groupe de personnes relativement bien installées au Màr Menel, augure de rumeurs de qualité, ancrées tant dans le passé du Kaerl qu’aux portes des nouveautés de l’extérieur.

Toujours encapuchonnée, Ñiniel releva sa main comme pour ajuster la cape, masquant dans l’ombre son visage fatigué. Elle se tint juste à côté d’eux tandis que son regard semblait se perdre sur les Sables d’Eclosion.

"Une Chantevent ? On croit rêver.."

"Qui est-ce ?"

"Une vieille famille du Màr tombée dans la disgrâce... la fille d'Eníredis dit-elle...c’est étrange, on ne l’avait encore jamais vue ... "

"Ah ? Comment ça ?"

"Oh ce n'est pas vraiment à moi qu'il faut demander cela... mais surtout, elle ne fait pas partie des Candidats de l'Empreinte ! Vont-ils laisser le permettre?"

Tandis qu’elle écoutait attentivement les propos tenus, Ñiniel ne cessait de contempler le Sable, et observait silencieusement les candidats. Certains semblaient plus confiants que d’autres, mais au fond, pensa l’Ondine, en cet instant précis, la confiance n’avait rien à voir avec ce qui allait se passer. Des âmes étaient destinées à se rencontrer et se lier en ce jour, d’autres non. C’était une immuable vérité à laquelle il allait bientôt leur falloir plier.

C’est alors qu’une Reine Dorée vint se poser auprès de Rintrah. Ñiniel crut tout d’abord qu’il s’eût agit de Vahi’Nearii, et son cœur ne fit qu’un bond. Mais elle s’aperçut bien vite qu’il s’agissait en réalité d’une autre Reine Dorée, bien plus grande, bien plus majestueuse, ce qui fût bientôt confirmé par les deux compères.

"C’est Kiruna !"

Le silence se fit quelques instants au milieu des spectateurs encore surpris d’une telle arrivée, et curieux de voir la suite. Les premières coquilles se brisèrent et deux petits Dragons coururent bien vite vers les Candidat à l’Empreinte. Une petite femelle s’approcha d’une Candidate, tandis qu’un petit Bronze s’élançait vers son âme-sœur. Un premier Lien était né, ce qui captiva l’Ondine qui n’en détachait plus le regard.

Aux côtés d’elle, le lourd silence fut alors brisé dans un souffle de stupeur bientôt avalé par le brouhaha naturel qui revenait s’imposer dans les gradins.

"... Et en plus elle est choisie ! Après la dernière Empreinte sauvage et des Ardents, voilà que les enfants de Rintrah se lient à de telles personnes..."

Ñiniel fût soulagée de remarquer que sa Liée n'eut rien entendu, car alors elle n'aurait pas donné cher aux deux imprudents au jugement bien hâtif.

En revanche, pour la Chevalière, cela ne l’atteignait pas outre mesure. Si l’Ondine trouvait à travers les diverses rumeurs un certain intérêt lorsqu’il s’agissait de se renseigner, elle se gardait bien de tirer des conclusions trop hâtives sur ce qui pouvait être colporté et mettait un point d’honneur à ne pas vouloir juger les autres.

Rintrah poussa alors un terrible rugissement tout en déployant ses ailes, provoquant une nouvelle vague de silence au milieu d’une foule surprise par la réaction de la Dorée.

Bientôt les autres œufs se brisèrent, et les enfants de Rintrah vinrent au Monde. Pendant de longues secondes qui semblèrent une éternité pour l'assemblée, le temps parut se suspendre, donnant ainsi tout le loisir aux nouveau-nés de reconnaître leur âme sœur.
Puis peu à peu, les Liens se créèrent avec soulagement, mais non sans inquiétude et déception pour les malheureux Candidats échouant à leur Empreinte.

"Tu as vu ? Le jeune protégé amnésique de Nalesean a trouvé son Lié également..."

A l’évocation du nom du Guérisseur du Màr Menel, le souvenir de son apprentissage à ses côtés lui revint violemment en mémoire. Ñiniel ressentait une lourde culpabilité à son égard ; elle était partie sans même avoir pris le temps de prendre congé. Malgré toutes les excuses qu’elle aurait pu invoquer, il n’en était pas une qui trouvait grâce aux yeux de l’Ondine, aucune qui lui permettrait d’effacer l’amer regret qu’elle éprouvait. Elle avait besoin de lui rendre visite sans trop tarder car elle tenait à obtenir son pardon si les conséquences de ses actes l’exigeaient. Elle se promit de s’en occuper rapidement, et s'éloigna pour retourner auprès de sa chère Liée.

Sur le chemin retour, qu’elle se fraya encore une fois et tant bien que mal, sa capuche tomba lors d’un jeu d’épaule un peu trop rapproché, révélant sa lourde chevelure cendrée. C’est à cet instant, et alors qu’elle réajusta la coiffe rapidement, que l’Ondine crut croiser un regard fixé sur elle. Prudente, elle continua sa route et fit comme si elle n’avait rien vu ; cependant, elle était désormais intriguée par ces yeux inconnus posés sur elle.

Enfin elle aperçut sa Liée au loin, à la place même où elle l’avait laissée un peu plus tôt.

Et tandis qu’elle s’approchait, Ñiniel parvint à percevoir le fond des pensées troublées qui accaparaient Vahi’Nearii, pensées qu’elle n’avait pas perçues jusqu’alors tant son attention était occupée par tout ce qui se passait autour d’elle. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait été forcée de distinguer son âme-sœur parmi tant d’animation, de bruit, de personnes, d’information… il n’y a pas si longtemps, elles n’étaient que deux ; aujourd’hui, elles sont deux parmi eux.

*Je dois y aller...* émettait pensivement sa Liée qui fixait ses aînées. Elle mourrait d’envie de faire éclater cette enveloppe humaine et déployer ses ailes parmi les siennes. Sa mère était là, forte et rayonnante, et mettait au monde une nouvelle génération de Dragons et Chevaliers Céleste. La grande Kiruna elle-même s’était posée sur les Sables aux côtés de Rintrah. Deux Reines Dorées se tenaient ainsi là, face aux habitants du Màr Menel, symbole fort de la puissance de leur Kaerl qui saurait marquer les esprits.

*En es-tu certaine ?*

Ñiniel n'était pas de cet avis. Sa nature prudente et discrète l'incitait à rester dans l'ombre le temps de retrouver quelques repères au Màr Menel. Peut-être avaient-elles été oubliées ? Leur départ est-il une défection ? Leur retour dans ce cas est-il toujours souhaité ? Ñiniel, si elle devait rendre des comptes, préférerait le faire en temps voulu.

De plus, aux yeux de l'Ondine, ce moment n'était pas le leur. Il s'agissait de l'Empreinte de ces jeunes candidats, le moment le plus important de toutes ces vies qui enfin allaient prendre tout leur sens en se liant avec leur âme sœur. Elles avaient déjà eu leur Empreinte et il ne lui semble ni opportun, ni légitime, de confondre l'Empreinte avec leur retour.

Elle allait lui saisir le bras mais au moment où elle effleura sa Liée, elle se sentit envahie par un flot d'émotions qu'elle n'avait plus ressenties depuis longtemps, et qui n'étaient pas siennes. Sa Liée, sa si confiante Liée, sa si forte Dorée, si rassurante Vahi, était en train de vaciller, fébrile et submergée.

En effet, pendant que Ñiniel tentait de se raccrocher au présent, Vahi’Nearii se retrouvait victimes des caprices du passé s’entrechoquant avec ce dont elle était aujourd’hui témoin.

La joie de se sentir reconnue par Rintrah fut la première et plus forte des émotions perçues. Ainsi, le lien avec sa Mère était si fort et puissant que parmi la foule, au milieu de tous ses enfants qui cherchaient à se lier pour survivre, elle avait senti la présence de Vahi et l'avait même aperçue.

Unes à unes, les petites coquilles avaient cédé, révélant au Màr Menel la nouvelle couvée de la Reine Dorée. Dans l'esprit de Vahi’Nearii, le silence s'était fait et rien n'avait alors eu plus d'importance que de sentir ces petites âmes pures et vierges se lier, trouver écho à leur appel pour la vie, leur survie. La jeune Dorée elle-même avait cessé de respirer, suspendant son souffle pour mieux percevoir celui de ses jeunes frères et soeurs. Et lorsque chacun et chacune d'eux eut lié son âme, ce fût à chaque moment une libération pour la sienne.

A cette joie se mêla la surprise et curiosité de rencontrer Kiruna que leur chemin jusque là n'avait pas permis de se rencontrer. Elle brulait de rejoindre les siennes pour montrer fièrement que le Kaerl Céleste était le berceau des Reines Dorées, et qu’elles lui appartenaient, toujours.

Au milieu de tout cela, un vide de solitude de plus en plus présent s'immisça en elle, avalant tout ce flux d'émotions positives sur son passage. Le souvenir douloureux de ses propres frères et sœurs disparus ; ce lien fraternel si peu habituel avait été la source d’une relation particulièrement proche avec son frère Maodan, mais est aujourd’hui la source d’un vide qu’elle ne devrait pas ressentir.

Ñiniel en fut si bouleversée que son geste se stoppa net.

La Dorée, malgré ces troubles, avait perçu son Ondine, et comprenait sa réticence.

*Tu as raison...*

La Chevalière était des deux la plus sage, et cela, Vahi'Nearii le savait. Pendant ces derniers mois, elle avait observé l'Ondine affirmer ses positions, prendre des décisions qui s'étaient avérées bénéfiques pour le Domaine Iserimir. Elle s'était révélée excellente administratrice, et si elle savait prendre les conseils qu'on pouvait lui adresser, et prenait les bonnes décisions, grâce ou en dépit d’eux.

Dans un moment comme celui-ci, où ses émotions se font plus présentes qu’elle ne devraient, et risqueraient d’influer une décision, Vahi’Nearii savait qu’elle devait suivre les conseils de sa Liée.

* Laissons-les à leur Empreinte. Cette nouvelle génération n'est pas la mienne, ma place n'est pas avec eux.*

Ñiniel trouva les propos plus durs qu'ils n'étaient en réalité, et se trouva peinée.

*Ta place est indéniablement ici ; si le lieu et le moment ne s’y prêtent guère, cela ne remet pas en doute ta place parmi les tiens.*

La Dorée se mit alors à rire. Elle ne s’était pas aperçue de l’inquiétude qui pouvait teinter ces propos. Elle attrapa le bras de Ñiniel et se serra contre elle tandis qu’elle l’amena aux abords des gradins afin de mieux assister à la fin de l’Empreinte.

*Ne t’en fais pas ; ceux qui devaient savoir savent que nous sommes revenues. Le reste viendra plus tard. Pour l’heure, restons encore, et concentrons nous sur cette Empreinte. Voici donc les nouveaux Chevaliers du Kaerl Céleste.*

Sa chaleur toute saurienne réchauffa rapidement le cœur de l’Ondine qui s’apaisa. La chevalière se mit à côté de sa Liée pour mieux contempler l’Empreinte qui déjà touchait à sa fin. Certains candidats, triste victime de ne pas avoir été choisi, ou tout jeune Chevalier, commencèrent déjà à retourner sur leur pas pour quitter les Sables.

Et tandis que l’attention était toute vouée à eux, Vahi’Nearii tendit la main vers sa Mère en signe de salutation. Bientôt elles se retrouveraient.

Quant à Ñiniel, elle regardait, songeuse, les petits Dragons faire tour à tour connaissance avec leur moitié d’âme. Tous les petits Dragons ne s’étaient pas encore liés, mais au fur et à mesure que de nouveaux Liens se créèrent, la tension laissait place à la liesse de la l’issue de cette belle Empreinte Majeure.

*Ils me semblent tous très prometteurs ; peut-être aurons nous l’occasion d’en croiser certains dans les prochains jours…*

En évoquant les prochains jours, l’humeur de Ñiniel se fit un peu plus sombre. Il était une chose qu’elle tenait à faire, qui exigeait qu’elle prenne son courage à deux mains, qui la rassurerait ou désolerait, mais qui enfin lui permettrait de savoir.

*Notre prochaine rencontre, sera, je l’espère, pour Nalesean…*


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeDim 23 Juin 2019 - 17:55

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Neithan Kendric
Barde et Phénix du Màr Menel

Theme Song :
If I Should Return – Marcus Warner

Assis là sur les derniers rangs des gradins réservés aux non-doués et aux Aspirants, visage anonyme parmi la foule assemblée pour assister à ce jour de renouveau et de gloire pour le Màr Menel, Neithan avait suivi attentivement le discours de la Dame Amlug, le coeur gros. Après trois Empreintes échouées, et des années de service secret à Lòmëanor, où il officiait sous la couverture d’un barde, cela faisait bien longtemps que le demi-sang n’avait pas eu l’occasion d’être présent pour un tel évènement. Choix inconscient, tout autant que tentative d’évitement de sa part, il savait pertinemment que voir tous ces jeunes gens rencontrer leur âme-sœur, un par un, constituerait une véritable épreuve pour lui. Distraitement, il passa une main apaisante sur la lézarde de feu accrochée à son épaule, une Impératrice Noire baptisée Nereyâ, qui lui paraissait bien inhabituellement agitée.

Aujourd’hui encore, près de dix ans après la dernière fois où il s’était tenu sur les sables d’or, vêtu de la traditionnelle tunique blanche, il se maudissait toujours, intérieurement, de n’avoir pu prouver sa réelle valeur aux yeux de Flarmya, aux yeux du Kaerl tout entier. Personne ne lui avait jamais fait aucun reproche et pourtant … Sa ‘‘tare’’ était évidente à ses yeux, et c’était en des jours comme celui-ci que ses pensées sombres à ce sujet refaisaient surface : à force de métissage, il avait été affligé à la naissance d’un Don trop faible, incapable de projeter ses pensées avec suffisamment de force pour atteindre les dragons. Ainsi, à trois reprises, et malgré tous ses efforts, aucun œuf n’avait éclos pour lui. Sa seule consolation était de n’avoir jamais été en cause de la mort d’un dragonneau, ce qu’il n’aurait jamais, au grand jamais, pu se pardonner.

Pourquoi alors avait-il accepté la proposition de son ancien Maître Dragon, le sage Reynald d’Amberle ? Refuser aurait été si simple, prétexter un rendez-vous avec un informateur à Lòmëanor, ou un récital quelconque à donner à l’Auberge de la Dame aux Écailles ... Il n’était monté au Màr Menel que pour faire son rapport mensuel à son seigneur, comme il le faisait toujours. Il avait su, bien sûr, que le moment de l’éclosion de la nouvelle couvée de Rintrah était proche. Mais, dans son refus de considérer cette simple et improbable possibilité, il n’aurait jamais songé que cela se produise précisément au moment où il ferait face à Reynald. Recevant la nouvelle via un lézard de feu surexcité, le Patriarche de la Maison Amberle avait sourit, l’expression paternelle et compréhensive, le scrutant quelques instants de ses yeux bruns au regard doux, dont il n’avait su se détacher qu’au prix d'un effort certain. Lui qui était connu pour être beau parleur, jamais à court de répliques, s’était trouvé désarçonné bien trop facilement.
Finalement, c’est le regard fixé sur ses pieds, comme l’adolescent rebelle qu’il avait été si longtemps auparavant, que le Phénix avait marmonné un accord inintelligible à sa question non formulée. Il n’était pas en position de refuser, et le contentement tranquille qui s’était affiché sur le visage sérieux du Maître Blanc avait fauché ses dernières velléités de fuite. Il assisterait à l’Empreinte, pour la première fois depuis des années. Il lui devait bien ça, et il pourrait ainsi rendre hommage à Dame Amlug et honorer la naissance de son jeune héritier, comme il se devait. En tant que soldat d’élite et espion du Kaerl Céleste, il avait affronté bien pire situation, après tout …

Ainsi s’était-il retrouvé à fixer un regard brillant d’émotion contenue sur ces sables d’or qui hanteraient certainement ses rêves jusqu’à la fin de sa vie. Mais très vite, le déroulement imprévu de l’éclosion l’avait poussé à laisser de côté le garçon meurtri qui résidait encore en lui, pour reprendre la peau de l’espion au service des Hautes Sphères.
Lorsque Martel Dehlekna avait été capturé au Vaendark, au coeur du Kaerl des Glaces, Neithan avait regretté de ne pas pouvoir participer ouvertement à son interrogatoire, son identité devant rester secrète jusqu’à ordre contraire de ses supérieurs. Pourtant il y avait assisté, dans l’ombre, admirant le caractère fier et obstiné de l’Ardent, sa résistance face au mal des kaerls, jusqu’à ce qu’il soit finalement décidé qu’il serait livré à ses pairs. S’il n’approuvait pas la décision de sa Dame, la trouvant bien trop risquée, il s’était néanmoins incliné, reconnaissant la sagesse de ses paroles. Puis Renàto de Leysse, présumé mort et pourtant bien vivant après des années d’une vie caché au Màr Tàralöm, avait rejoint son Kaerl d'origine, et une fois encore, Heryn Amlug avait décidé de gracier le paria, meurtrier involontaire des siens.
Comment réagirait-elle à présent ? Son regard gris croisa brièvement celui de la Fëalocë et il inclina respectueusement la tête. Le demi-sang était sincèrement curieux de savoir jusqu’où ses opinions modérées et pacifistes l’entraînerait, et si elle serait capable de faire face à l’opposition grandissante au sein de la Maison Galastden. La question fut finalement réglée par l’intervention magistrale de la Dorée Kiruna, qui, quoi qu’elle empiétait très clairement sur le territoire et les prégogatives de Rintrah, estima la jeune fille honnête quant à ses prétentions, au moins temporairement.

Et les œufs, un par un, se mirent à éclore. Le premier né, un fier dragonneau Bronze, filant comme une flèche entre les éclats de coquille nacrés, attira aussitôt son attention, le rythme de son coeur s’accélérant étrangement à sa vue. L’espace d’un instant fugace, une image aux contours vifs s’imposa à son esprit, et il se vit le serrer dans ses bras, faisant face au public. Mais il le savait, ce n’était qu’une rêverie futile, et la sensation des dents de Nereyâ se plantant durement dans sa main acheva de le ramener les pieds sur terre. Il fronça les sourcils sur sa lézarde, qui grognait à présent, les iris rougeoyants, fixant les sables avec une évidente réprobation. La petite Impératrice, en bonne représentante de sa couleur, s’était toujours montrée particulièrement possessive avec lui, surtout vis à vis de ses autres congénères, mais n’avait encore jamais réagi d’une telle façon … Chagriné par ce changement d’attitude envers lui, Neithan s’efforça de la contenir entre ses bras, lui murmurant des paroles apaisantes. Peut-être sentait-elle le trouble qui perturbait la paix de son âme, tout simplement ?

Le temps qu’il reporte son attention sur les sables et l’éclosion en cours, d’autres dragonneaux avaient d’ors et déjà rencontré leurs liés. Une Bleue – à moins que cela n’ait été une Verte – avait rejoint les bras de la dénommée Silindiel, puis ce fut au tour d’une Blanche et d’un Brun, et ainsi de suite jusqu’à l’empreinte inattendue, mais particulièrement attendrissante, de l’Aspirant de Pyreinth avec un petit Noir chétif. Il n’en resta finalement plus qu’un, le petit Bronze faisant face au dernier Candidat encore en lice. Il était sincèrement heureux pour eux. Un faible sourire étira ses lèvres, tandis que son coeur lui paraissait pourtant sombrer au creux de sa poitrine. Une fois cette dernière – et inévitable – empreinte effectuée, tous les petits de Rintrah auraient trouvé leur âme-sœur. Le soulagement de la foule était palpable, et pourtant, petit à petit, un murmure de malaise commençait à enfler. En effet, le dernier des dragonneaux ne semblait pas vouloir bouger, et la contenance de l’Aspirant à la carrure de forgeron commençait à s’effriter. En un parfait et curieux écho à l’irritation croissante de la lézarde Noire, le Bronze solitaire manifestait, aux yeux du Phénix, une évidente impatience. Qu’attendait-il ?

Ce n’est que lorsque le garçon en contrebas fit un pas dans sa direction, bouche entrouverte dans l’intention de prononcer ce qu’il imagina être une vaine tentative pour amadouer le petit rebelle, qu’un cri mental, perçant, vrilla littéralement les tympans de quiconque était capable d’entendre les dragons.

**NEITHAAAN !**

Surpris, ses iris gris perle s’écarquillèrent de saisissement, et c’est sans réfléchir plus avant qu’il se dressa d’un bond sur ses pieds, dans une posture passablement proche d’un garde-à-vous, dérangeant de ce fait Nereyâ qui s’envola en crachant furieusement. Face au regard scrutateur et perplexe de ses voisins, il pâlit et rougit tout en même temps, se rappelant ce qu’une telle réaction chez un barde pouvait avoir d’inhabituel, sinon de choquant. Sur un sourire d’excuse charmeur quoi qu’un peu vide, qui ne manqua néanmoins pas d’empourprer les pommettes d’une marchande potelée assise à sa gauche, il s’efforça donc de rejoindre les escaliers, les dévalant à la hâte. A présent, il ne parvenait plus à détacher son regard de la silhouette cuivrée qui l’attendait, seule, au milieu des couples déjà formés. Il n’y avait guère plus que quelques pas qui les séparaient encore, mais ils lui paraissaient interminables. Le sang rugissait, assourdissant, à ses oreilles, et sans plus se soucier de son image, il se jeta alors à genoux pour prendre tout contre lui le petit Bronze, soulevant dans son mouvement un petit nuage doré, qui se mêla élégamment à l’argenté de sa chevelure. Tremblant, des larmes de joie et de gratitude roulant sans honte sur ses joues pâles, inspirant à plein poumons son odeur musquée, Neithan lui chuchotait tout bas, inlassablement, ses excuses d’avoir cessé de croire en lui.

*Marduk ...*
**Tu m’as enfin trouvé, Neithan !**

Et comme pour parachever la scène, ses prunelles luisantes d’une jalousie boudeuse, la petite Impératrice vint se percher à nouveau sur l’épaule de son insaisissable Lié, s’enroulant autour de son cou et s’efforçant de pousser du museau le nouveau membre de leur désormais inséparable trio. A vingt-sept ans, après tant d'années passées à ressentir ce vide en lui, le demi-sang Ondin-Neishaan était désormais enfin complet.

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L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeSam 24 Aoû 2019 - 11:16

contexte perso, dispensable:
 



L’agitation de fourmilière par temps d’orage, qui prit les couloirs des Spires à l’appel de Rintrah, gagna également le jeune neishaan aux cheveux roux, même s’il ne manifestait pas sa nervosité aussi clairement que la plupart de ses camarades. Incapable de penser à autre chose, il avait regagné sa chambre, où il faisait les cent pas, s’arrêtant parfois pour tenter de se reprendre, sans succès. La venue de Sable mit fin à cette fébrilité, pour amener de nouvelles angoisses. Elle tenait une pièce d’étoffe blanche, et il savait ce que cela signifiait avant même qu’elle ne la lui offre : il était attendu sur l’aire d’éclosion… Incapable cette fois de réprimer le tremblement de ses mains, il accepta la tunique, ne trouvant que négativité pour montrer sa reconnaissance face à la finesse de l’ouvrage qui s’était déplié devant lui, révélant les rutilantes broderies dont il se parait.
« Oh, c’est bien trop beau ! Il ne fallait pas. Je... »

C’était une tunique d’éclosion pour quelqu’un digne de se lier avec un enfant de reine, pour quelqu’un dont la place se trouverait parmi le marbre et les ors du majestueux Kaerl Céleste. Pas pour lui. Il faillit le lui dire, les yeux baissés sur les arabesques artistement tracées, les doigts éprouvant la douceur fraîche comme une neige nouvelle de l’étoffe. La gorge nouée autant par l’ampleur de l’attention de son instructrice, qui ne se faisait habituellement pas si manifeste, que par le décalage avec ce qu’il estimait valoir réellement, il resta un instant statufié. Elle n’avait pas cherché à prolonger le moment et, comme elle le rendait déjà à ses responsabilités, il avait réussi à se ressaisir suffisamment pour lui transmettre son sentiment de manière un peu moins fruste :
« Merci… C’est un superbe vêtement, parfaitement en accord avec le Màr Menel. »
Tout y était, les couleurs, la qualité, l’ornementation fine sans être outrancière, un soupçon de brillance et une large part laissée à la pureté virginale, immaculée. Alors que la dame Lewë s’éloignait, il songea que la seule chose qui jurerait sur cet habit, ce serait la tête qui en émergerait.


Docile malgré ses doutes, Tristan avait donc revêtu la tunique. Heureusement, il ne possédait pas de miroir, et n’avait pu se confronter à sa propre image. Alors, il était sorti, dans les couloirs et les escaliers des Spires. A mesure qu’il approchait de l’immense caverne vers laquelle tous convergeaient, le flot de bipèdes se faisait plus dense. Il lui semblait aussi qu’il était la cible de tous les regard, avec sa tenue blanche le désignant comme Candidat. Ou était-ce pour une autre raison ? Ses cheveux roux, si abhorrés, cette fois laissés libres et totalement visibles, sans son habituel bonnet de laine, qui juraient sur sa silhouette fantomatique de neishaan ? Chaque pas devenait plus difficile, comme il s’approchait de la caverne où, encore davantage, tous les yeux seraient braqués sur lui.

Et pourtant, s’il avait un devoir sacré entre tous envers cette communauté des Célestes qui l’avait accueilli parmi eux, comme l’un des leurs, lui fournissant le nécessaire et davantage, sans quasiment rien demander en retour, c’était bien de se présenter devant ces œufs renfermant leurs plus grands espoirs, pour le cas où… Mais puisqu’il n’en serait rien ? Trop de monde dans ces couloirs, et il semblait au rouquin, dont l’allure avait ralenti notablement, qu’il y faisait de plus en plus chaud. Il respirait plus vite, et ressentait une envie de fuite qui se faisait de plus en plus pressante. Collé contre la paroi pierreuse, qui aurait dû lui paraître bien plus fraîche, il finit par céder à la tentation d’un passage transversal, apparemment peu fréquenté. Juste un répit d’un instant… du moins le pensa-t-il à ce moment-là.


En s’éloignant encore un peu plus du flux de ses semblables, un niche toute emplie d’ombre sembla lui faire signe, et il s’y lova comme dans les bras de cette mère jamais connue. Là était sa place, invisible parmi l’obscurité, non dans l’éclatante blancheur du marbre et la brillance des ors. Là, il pouvait cacher sa faiblesse plutôt que d’aller la montrer à tous, à commencer par l’éclatant couple de Liées glorieusement posées au sommet de l’ordre de Lumière.

Il brûlait maintenant, plus fort que s’il s’était trouvé sur les tièdes sables d’Eclosion, et sans réaliser que le délicat tissu de son habit immaculé, lui, se couvrait d’un fin givre qui ne déparait pas avec l’allure raffinée garantie par les broderies de sa Maîtresse. Et plus les cristaux de glace se multipliaient, plus le feu grandissait en lui. Et la suée, qui trempait encore davantage sa tunique, l’ornait de nouvelles étoiles gelées, alimentant ainsi ce cercle sans fin dans un tourbillon de chaud et de froid, orchestré par ce pouvoir qu’il ignorait toujours posséder.

Les pensées de la naissance de dragonneaux à laquelle il avait assisté, plus d’une demi-année auparavant, tournaient et retournaient dans son esprit fiévreux, en proie à une lutte aussi titanesque que vaine : devait-il y aller, en bon aspirant, au risque de s’effondrer sous les regards, et de rendre ainsi criante aux yeux de tous, son inadéquation en ces lieux ? Ou valait-il mieux ne plus bouger, continuer à fuir sans plus tenter de nier sa couardise, se fondre dans l'invisible en espérant que Rhaëg tout entier oublierait son existence ?


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] L'oeil de l'âme   [RP Officiel] L'oeil de l'âme Icon_minitimeMar 29 Oct 2019 - 17:49

[RP Officiel] L'oeil de l'âme Renato-de-leysse_tolorea-53a4892__[RP Officiel] L'oeil de l'âme Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Valkyjur – Gealdýr

Là-haut, tout au sommet des remparts étincelants du Màr Menel, le silence, proprement assourdissant, régnait en maître absolu. Il n’y avait guère que la rumeur diffuse, presque inaudible, de la conversation des gardes postés au pied d’une tour voisine, et le roucoulement discret des tourterelles pour venir lui disputer sa suprématie sur cet instant. En ce jour d’Eurilyaku, tout était paisible, et la chaleur bien trop écrasante pour que les gens s’aventurent trop longtemps en dehors de leurs demeures.

Plus seul qu’il ne l’avait jamais été depuis son retour mouvementé au Kaerl, Renàto observait l’horizon lointaine, sans véritablement la voir, le regard perdu dans le vague. La silhouette verte et élancée du relief d’Astrenuit, loin en contrebas, il l’imaginait plus qu’il ne la voyait, cachée par la couverture nuageuse qui protégeait le Màr Menel du regard des intrus. Consigné au Kaerl pour une durée bien indéterminée, le sang-mêlé s’étonnait de ne pas ressentir de manque à la vue de cet ‘‘extérieur’’ que beaucoup auraient jugé tentant. Sa liberté était restreinte, et il était prisonnier du Màr en tout sauf de nom, mais il y avait ici comme une aura, une force invisible et rassurante qui apaisait ses souffrances. Il ferma doucement les yeux, se concentrant sur la caresse du vent sur ses joues creuses.
Il était en vie. Tous n’avaient pas eu cette chance. La solitude ne le dérangeait pas. Elle lui était nécessaire … Il s’y était habitué … A force de se le répéter, peut-être avait-il fini par s’en convaincre réellement.

Car il n'était pas un simple Ardent qui avait soudain choisi de suivre la voie du repentir. Il était bien pire : Céleste de naissance, devenu Ardent par la force des choses, par l'action conjuguée de sa faiblesse et de sa lâcheté, il prétendait à présent pouvoir retrouver sa place d'origine au sein du Màr Menel. Mais pas d'inquiétude, en cet endroit isolé, nul ne viendrait troubler les réflexions troublées du paria, lui qui était traître à son sang … D’une part parce qu’en dehors de ses inévitables gardiens, il était bien sûr extrêmement mal considéré de s’afficher en sa compagnie, mais également et surtout parce que l’ensemble du Kaerl devait être actuellement rassemblé sur les Sables d’Eclosion.
L’Appel avait résonné, impérieux, vibrant de gloire et de fierté, se propageant d’esprit en esprit et signifiant à tous, du plus humble Aspirant au plus gradé des Maîtres, que la couvée de la Dorée Rintrah était proche du terme.

Il l’avait senti, lui aussi, bien sûr. Et avait sagement choisi de l’ignorer, opérant une retraite discrète vers un lieu où sa présence ne heurterait ni l’ego ni les convictions de qui que ce soit. Pour ce qui le concernait, il pouvait bien aller se faire pendre, sa famille - son ancienne famille ? - n’en serait que soulagée. Il les comprenait et ne parvenait pas à leur en vouloir, sa propre culpabilité étant beaucoup trop étouffante pour qu’il puisse se permettre d’éprouver une quelconque amertume à leur égard.
C’était pour cette raison précise, en ce jour de liesse et de réjouissances pour les membres de l’Ordre Draconique de Lumière, qu’il avait préféré disparaître, et épargner au couple seigneurial toute ombre qu’un paria comme lui aurait pu projeter sur leur image. Heryn et Kieran s’étaient montrés bons pour lui, le prenant sous leur protection là où tous avaient préféré lui tourner le dos, même après l’examen public de sa conscience et toutes les révélations, qu’impitoyable, Maeglin del Cirth lui avait arraché. C’était la moindre des choses qu’il pouvait faire pour eux.
Aujourd’hui, plus que jamais, avec la naissance d’Ilweran, les Hautes Sphères du Kaerl devaient convaincre le peuple que ce dernier pouvait avoir confiance en le jugement de ses dirigeants.

En provenance du Valarëa, des rugissements indistincts trouèrent l’épais voile de calme dans lequel le Màr s’était enveloppé, puis un chant lancinant, hypnotique, s’éleva. Enfin ! Les premières coquilles devaient s’être maintenant brisées. Une joie diffuse mais indéniable le traversa, et le sang-mêlé accueillit en lui les pensées tranquilles de son Lié, Cyngar. Les paupières étroitement closes, son esprit s’égara à imaginer les gais bavardages de la foule, les rayons du soleil filtrant à travers la voûte et éclairant d’une chaude lumière les gradins creusés dans la roche. Et là-haut, sur la plus grande corniche, Heryn, dans sa robe blanche abondamment brodée d’or, sa chevelure rousse créant comme une auréole de flammes autour de sa tête …
L’atterrissage précautionneux de son Blanc sur les remparts chassa alors ses rêveries puériles dans les profondeurs de son inconscient, comme un nuage de brume effiloché par le vent. Il soupira, en repoussant les derniers lambeaux. Avec Kieran à ses côtés, Heryn serait capable de tout surmonter, même la mauvaise volonté évidente d’Ambroise.

Haussant un sourcil inquisiteur, le jeune homme inclina la tête devant le dragon qui repliait avec un soin délibéré ses ailes le long de ses flancs. Bien que ses prunelles affichaient en apparence un bleu tranquille, rivalisant avec celui du ciel, Renàto sentait que Cyngar était soucieux … Et prudent.

**Tu n’y es pas allé, finalement.**

Sans répondre, le demi-sang se contenta de secouer la tête. Son Lié connaissait parfaitement ses arguments.

« Toi non plus. »

**Malgré toute la tolérance dont Rintrah et Seldryn font preuve envers moi, je doute que l’engeance maudite d’une Incarnate sur les Sables d’Eclosion soit vue d’un bon œil par les Reines Célestes. Et puis, je n’allais pas te laisser te morfondre indéfiniment.**

Un sourire triste s’affichant sur son visage, il acquiesça. La défiance que subissait le Blanc le touchait plus qu’il n’aurait pu le penser. Un jour peut-être, parviendraient-ils à trouver leur place au Màr Menel … Mais pour cela, il lui faudrait prendre une décision concernant l’énigme que l’Archiprêtresse de Flarmya lui avait offerte lors de leur rencontre, quelques semaines auparavant.

*Les Svalganskèl … Cyngar, penses-tu réellement que des barbares sanguinaires puissent m’aider à comprendre ce que je suis ?*

Ils avaient déjà eu cette discussion des centaines de fois, depuis ce jour aux Archives où un grimoire poussiéreux leur avait livré la légende de ces fous de guerre du Nurdlhàm, adorateurs de Haskèl vivant à l’extrême nord-ouest du Vaendark. Il était éreinté par la permanence de ses propres peurs, las de devoir toujours craindre que ses émotions ne prennent le dessus sur sa raison et le transforment en un monstre qui ne reconnaissait plus ni amis ni ennemis. Il désirait plus que tout prouver qu’il était digne de la confiance que le couple seigneurial avait placé en lui.
Et pourtant, le doute persistait, minant son moral, petit à petit. Quitter la protection du Màr Menel, se confronter une nouvelle fois au monde extérieur où la mort traîtresse le guetterait à chaque pas, se retrouver livré à lui-même, face à sa propre folie … Et surtout affronter une bonne fois pour toutes à ses propres démons, tout ceci l’effrayait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Il lui arrivait encore beaucoup trop régulièrement de s’éveiller brusquement la nuit, paralysé par la terreur, incapable de distinguer la réalité de ses cauchemars, persuadé de sentir encore penché sur lui la silhouette menaçante de Kalièl. Comment affronter ce qui n’était plus ?

**Renàto ...**
*Mais tant que nous n’aurons pas le droit de quitter le Kaerl, toi et moi, la question ne se posera pas, après tout.*
**Pourquoi s’obstiner à vouloir garder tout cela secret ? Tu devrais en parler. A Heryn, à Kieran, ou même à Siegrain ! Tu n’es pas obligé de porter ce poids tout seul.**

Ses iris de vif-argent s’assombrissant, il se revit, muet de stupeur, tandis qu’Aoatea, Avatar de Flarmya sur Rhaëg, tournait vers lui son regard sans âge, semblant voir au travers du règne du corps pour étudier son âme, soudain mise à nue. Il ressentit à nouveau le contact maternel de sa main sur sa joue, perçut à nouveau ses mots à son oreille, sibyllins, destinés à lui et à lui seul.

‘‘Ton âme ne trouvera la paix que lorsque ton cœur sera à sa place, Svalganskèl.’’

Il pouvait choisir de partir maintenant, profitant du fait que nul ne serait là pour l’arrêter. On ne s’apercevrait pas de sa disparition avant la nuit, certainement, lui laissant une longueur d’avance suffisante pour échapper à ses inévitables poursuivants. Et après … ? Qu’adviendrait-il d'eux, devenus fugitifs, à supposer que leur quête soit couronnée de succès ? Comment pourrait-il regarder la Dame du Kaerl en face après une telle trahison ? Non, il s’y refusait. Il refusait jusqu'à l'idée de blesser - une fois encore ! - ceux à qui il devait tant, ceux à qui il tenait tant, quelle qu'en soit la manière.
Sournoisement, dans son esprit, la main d’Aoatea fut remplacée par une autre, plus menue, plus fragile peut-être, mais non moins royale, et il se mordit les lèvres tandis qu’une rougeur coupable envahissait ses pommettes. Le regard compatissant de Cyngar, toujours fixé sur lui, se fit soudain plus acéré, et le jeune homme sentit plus qu’il ne vit la question muette qui y brasillait.

Etait-il … ?

*Oui … Non … Aaaah, je ne sais pas, voilà, es-tu satisfait !?*
**Tu as bien conscience qu’une telle relation serait vouée à l’échec, mon frère ? Son existence même est impossible et ne dépassera jamais les limites de ton imagination ...**

Bondissant sur ses pieds, une vertueuse indignation gravée sur ses traits hâlés, il baissa les yeux sur son Blanc, incapable de supporter la pitié déchirante qu’il sentait transparaître à travers le lien de l’Empreinte.

« ÉVIDEMMENT ! Comment peux-tu seulement insinuer de telles choses ? »

**Ce que je fais, tout comme ce que je dis, ne sera jamais que pour ton bien, Renàto, je le jure, crois-moi !**

Se détournant de la peine qui auréolait la présence de son âme-sœur en lui, le sang-mêlé jeta un regard furieux aux tourterelles aux plumes rousses qui s’éloignaient des remparts à tire-d’aile, dérangées par ses cris.

« L’orphelin Braen du Màr Tàralöm est mort et enterré. Je ne serai plus jamais cette personne. Jamais. »

**L’as-tu simplement déjà été ou as-tu toujours prétendu l'être ?**

Ses poings se serrèrent, et il reporta son attention une nouvelle fois vers la Fleur des Dragons, d’où de petites taches sombres commençaient à se déverser, d’abord sur le marbre blanc de la place, puis par la voie des airs. La cérémonie venait très certainement de prendre fin, et le peuple du Màr était à présent invité à poursuivre les festivités au cours d’un banquet, organisé dans la Haute Salle.

Il ne lui servait plus à rien de fuir la réalité. Il était temps de prendre ses problèmes à bras le corps.

« J’irai parler à Nalesean. »


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
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