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Galaad Lucis
Chevalier Dragon
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MessageSujet: [RP] Pièces détachées   [RP] Pièces détachées Icon_minitimeVen 12 Avr 2019 - 18:15

Haskèlku 919

[RP] Pièces détachées Glorfi10 [RP] Pièces détachées Vorondil-53b564f
Séléné Lòkë & Vorondil
Ancien prisonnier de guerre

In The Cells - James Newton Howard (Fantastic Beasts OST)


Un rayon de soleil factice écorcha ses yeux comme il s’avançait au bord de l’antre. D’un mouvement instinctif, il se recula d’un pas. Les ténèbres lui seyaient davantage, il aurait dû le savoir. Il y était pourtant habitué depuis de longues années. Le temps s’écoulait lentement, tel un mirage brumeux, autour de lui, tant et si bien qu’il ignorait tout des fêtes et des événements qui se produisaient dans l’année. Il ne comptait guère les jours. Ils n’avaient plus aucune signification pour lui. Il suivait la course des deux lunes, sa vie répondant au rythme de leurs apparitions dans le ciel nocturne de Rhaëg. Il menait une existence ballottée par les caprices lunaires. On pouvait médire sur son compte et le dire lunatique tel un esprit-loup et il en riait. Car c’était on ne peut plus exacte. Il était par ailleurs rassurant qu’il soit encore capable de rire. Il avait cru cela impossible après la guerre.

Il avança une main hésitante, tremblante, vers la lumière. Ses doigts pâles, fins et crochus telles des serres, lui apparurent dans toute leur étrangeté. Ils étaient à l’image de sa silhouette amaigrie. Frêle, nerveux, spectral, malsain : de pareils adjectifs lui convenaient à merveille. Il se reconnaissait à peine dans un miroir. Un étranger dans son propre corps, voilà ce qu’il était.

Faisant brusquement demi-tour, il s’enfonça dans la chaude gueule rocheuse, fuyant la lumière du jour comme on essaierait vainement d’éviter une épidémie de peste. Tôt ou tard, il lui faudrait quitter son refuge. Pour l’heure, le courage lui manquait. Il n’éprouvait pas l’envie ni le besoin d’affronter les palabres de ces imbéciles heureux et pourtant plaintifs peuplant le Kaerl. La solitude feutrée de l’exil avait sa préférence. Il se relevait à peine de l’Equinoxe de printemps et les forces lui manquaient.

Déroulant sa masse écailleuse dans le fond de la grotte, son Lié feignait la paresse alors que ses prunelles, plus opaques que jamais, reflétaient toute sa vigilance. Dragon et neishaan coexistaient plus étroitement que n’importe quel couple draconique. Leur symbiose forcée relevait presque du miracle, compte tenu des épreuves et des tortures qu’ils avaient subis. Cette âme à vif, tourmentée, séparée en deux corps, se mouvait pourtant avec la même féroce détermination à survivre, envers et contre tout. Qu’importe les changements politiques, la valse des saisons ou les innombrables conflits au dehors de leur refuge. Ici, dans les sombres cavernes des Larmes de Sang du Cìrban Telemna, plus rien n’avait de sens. Seule comptait la survie.

Neishaan et dragon frémirent de concert. Ils se figèrent. Leur cœur s’emballa. Sous la cendre du passé et des chapes de souffrance s’éveilla l’ancienne personnalité du Chevalier. Des souvenirs s’accrochèrent aux frontières de l’esprit du Brun. Leur respiration s’accéléra.

- Bonjour Sévan.
° Bonjour Ta'arwa. °
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MessageSujet: Re: [RP] Pièces détachées   [RP] Pièces détachées Icon_minitimeJeu 30 Mai 2019 - 14:02



Les trombes d’eau s’effacèrent sous l’imposante masse du saurien, repoussant les flots comme on époussette négligemment une particule dilétante. Sur son dos se discernait une silhouette longiligne, drapée d’une longue tunique bleu-cyan et d’un pantalon souple et gris, au visage aussi fermé que ses paupières étaient closes. Soudain, un large sourire s’épanouit sur ses lèvres fines, semblant de concert éclairer son visage diaphane de l’intérieur.

° Les choses sont si différentes lorsque l'on vole le regard fermé… Mais je t'en prie, n'essaye pas comme la dernière fois, Ta'arwa, tu heurterais quelque chose°


° Je ne suis pas aussi stupide ! °
s'offusqua l'immense Bronze en retour, tout en fermant immédiatement les yeux. Sévan entrouvris un oeil, poussa un grand soupir et effectua une pichenette affectueuse sur son large front écailleux.

° Je te vois, mon très cher ami °

Ta'arwa pris une face penaude, puis ouvrit de nouveau le regard et embraya avec une colossale délicatesse dont il avait le secret vers les Cavernes des solitaires. Le corps aguerri de Sévan suivit l’embarquée sans coup férir, son sourire s’élargissant encore plus si cela était possible lorsqu’il ressentit son corps filer à une vitesse indécente vers les tréfonds. Il connaissait tant le paysage pour l’avoir maintes fois parcouru qu’il n’avait pas besoin d’ouvrir les paupières pour le discerner. Toutefois, tout lui semblait plus rutilant, dans le cloisonnement de son esprit. Était-ce le mouvement d’air causé par un Dragon à sa droite ? Sûrement, mais il n’y avait nulle obligation à cela : il était seul maître de son monde, et la vacuité des sens ne faisaient que trahir la réelle beauté.

Un brin contrarié, l’Ondin sentit le mouvement ralentir. Le monde visible allait de nouveau se rappeler à lui, avec son lot de contrariétés et d’émotions divergentes. A peine eut-il posé pied à terre que son cœur chavira, comme au premier jour et à ceux l’ayant ensuivi. Même s’il vivait une centaine d’années, son cœur resterait sûrement aussi fragile que celui de l’adolescent trop rêveur qu’il avait jadis été.

Ainsi, comme de coutume, un sentiment doux-amer l’emplit lorsque qu’il entendit la voix du Neishaan. Celle qui peuplait tant ses rêves que ses cauchemars, qui lui conférait autant l’envie de pleurer comme un enfant que de sourire naïvement sans raison plus spécifique que le bonheur de vivre.

Il se délectait de la souffrance procurée par un rêve qu’il savait ne jamais pouvoir devenir réalité. Et il savait intimement qu’il se serait sentit profondément vide sans cette blessure lui lancinant le cœur. Cet attrait pour sa propre douleur le décontenançait, l’horrifiait même parfois : n’était-ce pas là l’apanage des fous que de vivre par le biais de monstrueux mirages ? Alors, fou, l’était-il ? Car le sentiment étreignant sa poitrine alors qu’il observait le visage émacié du Chevalier Brun était sans doute ce qui se rapprochait le plus pour lui du bonheur.

Laissant son Lié à ses états-d'âme, Ta'arwa alla s’affaler aux côtés de son frère et commença à lui parler à tue-tête des avantages considérables du vol aux fermés.

Pendant ce temps, le jeune Sénateur se composa un masque de neutralité, s'intimant de détourner le regard du visage de l'autre homme. Combien de temps ce simulacre durerait-il ? Ne finirait-il pas par se faire percer à jour par Séléné ? Ou ne devrait-il pas simplement lui dire… ? Non… Il ne le méritait pas. Lui qui avait été trop faible pour porter la souffrance de celui qu’il aimait ne pouvait se targuer de le mériter. Un instant de silence, pesant, lancinant, vibra au sein de la grotte, semblant étendre de toute part sa toile filandreuse. Il ne faudrait pas s’y laisser piéger, que les mots viennent s’y tarir après avoir déjà été perclus de coups d’enclume sur leur itinérance débutée au cœur. Alors, au prix d’un effort lui semblant presque surhumain, il le rompit abruptement.

« Bonjour Séléné »

Sa voix n’était pas naturelle. Un peu trop sèche. Il n’aurait plus manqué que Séléné imagine une quelconque rancune.

« Je suis désolé de t’avoir demandé d’effectuer cette mission. Je sais bien que tu n’aimes pas trop les affaires politiques. »

Un faible sourire étira ses lèvres pâles. N’était-il pas lui-même devenu un politique dernièrement ? Que pouvait donc bien en penser Séléné ? Il aurait été vain d’espérer une réponse cependant, car même lors des jours d’autrefois, le Neishaan n’était pas des plus loquaces.

« As-tu pu constater… du mouvement du côté de qui-tu-sais ? »

Sans le réaliser, il avait baissé d’un ton à l’évoqué de ce nom, enfin plutôt de cette vulgaire couverture, comme si les murs pouvaient bien avoir des oreilles et qu’il n’était pas de connaissance acquise par tous que ses vues politiques étaient diamétralement contraires à celle du Sénéchal. Les manies ont la vie dure, cependant, et Sévan ne put s’empêcher de glisser un rapide coup d’œil légèrement anxieux vers l’entrée de la grotte. A moins qu'il ne s’agisse là d'une énième tentative pour éviter le regard meurtri du Neishaan.
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Galaad Lucis
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MessageSujet: Re: [RP] Pièces détachées   [RP] Pièces détachées Icon_minitimeMar 4 Juin 2019 - 21:55

[RP] Pièces détachées Glorfi10 [RP] Pièces détachées Vorondil-53b564f
Séléné Lòkë & Vorondil
Ancien prisonnier de guerre

Nature Boy – David Bowie (Moulin Rouge OST)

Sur les orbes pâles du neishaan et du dragon se reflétaient les frères d’antan, nés d’œufs aimés par la même mère mais issus de deux destins différents. Dans le regard à l’étrange fixité que posaient le couple d’âme sur le sénateur et son Lié ne se lisait aucune émotion véritable. L’espace d’un instant, tandis que le saurien aux écailles ternies relevait le museau, que l’homme-enfant se retournait lentement vers l’entrée de la grotte, des yeux morts, perdus dans l’immensité des limbes, dévisageaient intensément ces vivaces preuves d’un passé autrefois radieux et prometteur. Des yeux de fantômes.

Vorondil émit un chuintement digne d’une vieille bouilloire, signe qu’il approuvait – et même encourageait – l’approche de son frère de couvée. Par instinct, ne trahissant en rien sa cécité – sauf par l’aspect d’un blanc opaque de ses yeux -, il déroula son appendice caudal et se poussa contre la paroi pour laisser de la place à ce grand frère à l’émail cuivré.

Les yeux toujours fixés sur son compagnon d’armes, Séléné parut soudain revenir à lui – revenir à la vie. Il se contenta pendant un long moment d’observer le nouveau sénateur, gardant les lèvres closes et l’expression impénétrable. Immobile, figé tel une statue de sel,  maigre silhouette dressée dans la pénombre qui contemplait son contraire, son frère, son ami, son ennemi, avec la mort inscrite sur son corps. Dans ce visage émacié, ses traits constamment tirés accusaient des cernes dignes du tracé des cauchemars qui l’assaillaient à chaque nouvelle lune. Dans cette figure jadis angélique et aujourd’hui ravagée, il était presque impossible de discerner clairement un sentiment précis. Ou il n’y avait que le vide absolu, ou il y avait un maelstrom absorbant une psyché fragile. L’équilibre si cher aux Neutres n’existait plus chez cet être mille fois brisé mais jamais totalement détruit. Il ne représentait plus que la somme des souffrances et des parcelles éparses de sa vie d’avant, reconstituées en un simulacre de neishaan, qui officiait dorénavant en une parodie d’existence au sein du Màr Luimë – là où il n’avait pas sa place mais où on ne le chassait pas.

Le sénateur refusait de croiser son regard de manière trop prolongée. Séléné le savait, il le voyait bien : le sénateur ne pouvait pas mentir avec son corps. S’il était doué avec les mots, il maîtrisait encore très mal le langage corporel pour des yeux aussi sagaces que les perles grises de Séléné.
Sévan, se força-t-il à se remémorer. Sévan de Gilraën. Il devait l’appeler par son nom, car il était le sien, car il méritait son respect et son amitié. N’avaient-ils pas été amis autrefois ? Ne l’étaient-ils pas encore ? Les vestiges de sa maladie chronique embrumaient sa mémoire. Voilà pourquoi il comptait davantage sur son Lié pour se souvenir – qui il était, qui il avait été, qui était important pour eux. L’un ne pouvait se passer de l’autre.

Telle une chouette intriguée, il pencha la tête sur le côté. Le comportement de Sévan lui avait toujours paru étrange. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, son presque frère recherchait le pouvoir, la reconnaissance, bercé par des idéaux aussi grands que ses propres rêves d’enfant. Des illusions ! Un violent frisson secoua la frêle carcasse de l’orphelin de Tol Orëa. Son visage se dérida et perdit son aspect d’eau stagnante pour afficher un rictus indéfinissable. Idiot de Sévan ! Il venait d’entrer dans la parade des prédateurs, des manipulateurs et des imbéciles abreuvés de leur propre orgueil. Il ne l’enviait pas. Il le maudissait pour cela. Il se souvint subitement qu’il aurait voulu lui ressembler, jadis. Qu’il avait voulu l’imiter en tout et devenir aussi fort, aussi habile, aussi important. Non, jamais plus il ne rêverait de cette chimère !

- Tu as peur de moi ? s’effara Séléné en un murmure à peine audible – et mille fois répercuté en échos dans cette chambre rocheuse.

D’ordinaire, la voix du Maître Bronze caressait son épiderme, colorait son monde et réchauffait son âme. Aujourd’hui, plus encore qu’hier, sa voix sèche et ses regards fuyants dénotaient un trouble de plus en plus visible. Celui qui ne portait le titre de Chevalier Dragon que grâce à une chaîne indivisible de l’âme posait un regard neuf, avec une énième lutte contre la magie délétère des deux lunes, sur son meilleur ennemi. Le seul être qui le rattachait un tant soit peu au présent, à une existence qui pourrait avoir du sens, s’embarrassait de manières protocolaires. Le Loup Blanc s’ébroua comme pour chasser un reste de regrets et répliqua durement, d’un ton sans chaleur ni émotion :

- Qui-je-sais… N’est pas en bonne posture. Les marchands râlent. Le Parti Ouvert lui a retiré tout son soutien. Mais tant que le Kaerl tient debout, je suppose que tout va bien dans le meilleur des mondes ?

Ces derniers mots suintaient une amertume nauséabonde, collante et étouffante, que le souffle vaporeux de Vorondil accentuait depuis les tréfonds de l’antre. Flancs d’écailles et de peau palpitaient de concert, animés par la même colère. La rancœur et l’envie dévorèrent un peu plus le cœur de ce spectre à visage humain, de ce squelette à faciès draconique, jusqu’à ne laisser qu’une épave attristée. Séléné ferma brièvement les yeux et se détourna résolument de Sévan – de sa figure lumineuse comme le soleil, de sa stature si parfaite. Le regard d’un bleu perçant le poursuivit néanmoins sous ses paupières closes. Cela, jamais il ne pourrait l’oublier, n’en déplaise à la malédiction qui frappait son corps et altérait sa perception du temps depuis presque vingt ans. Maudis sois-tu !

- Il ne t’aime pas beaucoup, tu sais ? Je les entends, ses fidèles, cracher leur venin dans chaque ombre du Màr. Fais attention à toi.

L’ancien prisonnier de guerre redressa brusquement la tête, chercha le regard de Sévan et darda sur lui des orbes rougeoyantes fendues d’une pupille verticale, tandis que neishaan et dragon partageaient la même vue pour mieux fusiller du regard son homologue. La sentence tomba comme un couperet.

- Idiot !
° Idiot ! °
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MessageSujet: Re: [RP] Pièces détachées   [RP] Pièces détachées Icon_minitimeDim 30 Juin 2019 - 23:31


Lorsque Séléné ouvrit la bouche, Sévan fut d'abord blessé. Le ton adamantin du Chevalier Brun, plus que ses paroles, l'entaillait avec plus de vigueur qu'une lame. Sous son air impavide, son cœur tremblait. Mais il songea rapidement que ce n'était qu'un juste retour des choses, au vu de son propre comportement.
Il songea aussi qu'il était beau, avec sa silhouette sylphide, sa peau d'albâtre et ses cheveux d'un blond presque blanc lui conférant un aspect de fleur nivéale... Toutes ses conquêtes amoureuses n'étaient au final qu'un reflet étriqué de celui-ci. Mais comment de simples copies auraient pu combler le vide laissé par le premier objet de ses désirs ?

Un frémissement incoercible parcourut son échine alors que les prunelles d'anthracite croisèrent les siennes, et il lui monta à la gorge un désir, presque un besoin, de serrer le Neishaan au plus près de son corps. Mais il détourna les yeux. Voir Séléné si près de lui et le sentir si infiniment lointain était plus qu'il ne pouvait en supporter. Il éprouva le désir de s'en aller, de fuir cette épreuve. Oui cela était lâche, et alors ? Si tout le monde en sortait gagnant, du moins si personne ne perdait rien, était-ce si grave ? Le jeune Ondin se sentait capable de gérer cent hommes en colère. Mais Séléné ? Non, c'était impossible. Sa résilience fondait comme neige au soleil devant le jeune éphèbe.

*Oui, c'est impossible* songea t-il, résigné. Il se méprisa pour sa faiblesse un bref instant.

*On ne peut être éternellement fort*
se justifia-t-il à lui même. Mais il fut immédiatement dégouté par cette tentative de dédouanement.

Abîmé dans ses pensées, il posa la main sur la paroi rocheuse, comme s'il avait besoin d'un soutien physique pour ne pas ployer sous la douleur mentale. Étonnement, Ta'arwa restait silencieux, lui habituellement si prompt à tenter de le consoler dans ce type d’événements. Un bref regard lui appris que son lié s'était endormi comme une souche.


Alors, lorsque Séléné s'était détourné, il avait enfin réalisé qu'aucune espèce de  faux-fuyant ne le tirerait de cette situation. Le Neishaan souffrait de son silence; c'était évident; et il lui devait au moins une explication quand à celui-ci... Timidement, il avait donc commencé à se rapprocher. Le tintement du petit grelot accroché à son poignet trémula dans le silence, clair, régulier, à mesure qu'il avançait. En écho à ce son, milles pensées s’enchâssaient dans son esprit : Voulait-il réellement ce qu'il allait advenir ? Le Fallait-il ?

*Arrête... Arrête de te poser toujours autant de questions et avance !* s'intima t-il avec colère.

Puis, il sentit son corps se mouvoir plus qu'il ne le commandait réellement. Agir impulsivement de la sorte, cela ne lui ressemblait pas. Mais il ne ferait pas marche arrière. Il ne s'expliquait pas clairement la raison de son choix. Il lui avait suffit d'entendre Séléné le qualifier d'« idiot ». Très bien, c'est ce qu'il serait donc : un idiot, un idiot amoureux. Il n'existait nul lieu plus idoine que celui-ci pour assouvir ce rêve lui consumant l'âme, il agirait ici, ou jamais.

Il se rapprocha une dernière fois, laissa couler son regard dans celui de l'autre homme. Puis ses lèvres vinrent effleurer celles du Neishaan, avec la douceur d'une brise vespérale.
Durant un instant, un bref instant, qui lui sembla se découper en heures. Trop courte, si longue, fut cette seconde cristallisant une décennie de rêves, de douleur, de culpabilité... d'amour. Ce contact physique tant imaginé avait le goût du miel et d'autres bonnes choses qu'il n'aurait su décrire.
S'il s'en était sentit digne, peut-être l'aurait-il étreint, mais il avait les mains souillées de sang et son âme n'était qu'un débris. Il se dégagea, puis s'éloigna d'un pas, à regret. «  Peur de toi ? Non... J'ai peur de moi. Peur de m'avouer que je t'aime... Je t'aime depuis si longtemps. Plus que tout, plus que ma propre vie.» dit le jeune Ondin, sentant la chaleur lui farder les joues et son être entier tourner sur lui même à mesure que les mots étaient prononcés. "Je t'aime" : cette formule abstruse prenait enfin sens; alors qu'il s'enivrait peut-être pour la dernière fois de l'odeur du Chevalier. Aucune miscellanées n'avait jamais décrit pareil sentiment que celui qu'il ressentait à l'instant, à mi chemin entre l'espoir au goût vulnéraire et l'odeur âcre des plaies qu'il sentait venir.

«Tu as tous les droits de dire que cela n'est pas réciproque. Je partirais. »
reprit le jeune homme, avec un timbre douloureux démontrant toute l'intensité de sa crainte d'une telle décision de la part du Neishaan.  Les épaules voûtées sous le poids du fardeau, il ne semblait plus si grand, et la crainte se lisait, claire comme de l'eau de roche, dans ses iris d'écume rendues presque ternes par le coruscant de sa chevelure.
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