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 [RP] Une Vieille Flamme

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Zoran Cynfelyn
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MessageSujet: [RP] Une Vieille Flamme   [RP] Une Vieille Flamme Icon_minitimeLun 6 Mai 2019 - 17:04

Une Vieille Flamme.

Eurilyaku 919, quelques jours après l'Empreinte.

[RP] Une Vieille Flamme Enired10 [RP] Une Vieille Flamme Ihintz12
Eníredis Chantevent & la Verte Ihintza

Moon - Foals

À son balcon, tandis qu’approchait le crépuscule et que Solyae inclinait une dernière fois sa tête couronnée de flammes sur l’horizon, une brise naissante portant sur ses ailes le parfum de l’ipomée blanche dont les lianes s’enroulaient gracieusement autour des balustres de marbre, Eníredis ferma les yeux pour mieux humer les fragrances sucrées du soir. Jasmin, chèvrefeuille et épices exotiques se répandaient dans l’air encore lourd, dans la chaleur qui s’élevait de la pierre. Elle avait toujours préféré l’été. Elle laissa son esprit arpenter les rivages lointains de sa mémoire, se rappeler l’inestimable écrin des nuits du Ssyl’Shar. Dans la pièce adjacente, Silindiel dormait déjà, son cœur blotti entre les écailles brillantes de sa jeune Liée. Elle avait été si soulagée, en la voyant apparaître sur les Sables, auréolée de lumière et portée par l’ambition de son sang – et plus encore quand elle avait rencontré son Âme Sœur. Qu’elle était belle, sa précieuse fille… Dix-huit longues années s’étaient écoulées depuis leur séparation, et si Eníredis n’avait jamais douté du devenir de son enfant, laissée entre les mains de sa chère Aruzhan et d’Éphialtès, son neveu en plus d’un éminent Maître Dragon, elle aurait menti en affirmant ne pas avoir souffert. L’émotion de cet instant emplissait encore sa poitrine, se mêlant aux exhalaisons nocturnes.

Les retrouvailles avaient été brèves, marquées par l’étrange distance que Silindiel semblait s’imposer avec ce nouveau monde. Tybalt s’était emmuré dans un profond silence, incapable de haïr une créature aussi innocente mais se refusant le droit de l’aimer, et son ombre hantait les couloirs de la demeure Chantevent, pensive et humiliée. Car l’enfant retrouvée possédait des yeux couleur azur, tout comme sa mère et son père, il n’avait pas pu réfuter son ascendance. Eníredis joignit ses mains fines sous son menton, contemplant toujours le crépuscule. Tybalt n’avait pas la carrure pour s’opposer trop ouvertement à l’Héritier Rhidian, quand bien même Ariadne de Leysse et Elioriel Chantevent auraient sans doute trouvé là un terrain d’entente pour tenter d’endiguer l’ascension flamboyante de leurs rivaux. L’Elfe poussa un léger soupir, et abandonna ces considérations – elle ne souhaitait penser qu’au visage de Silindiel, espérait secrètement, égoïstement, être délivrée du poids de la solitude. Quoiqu’il advienne désormais, elle ferait son possible pour protéger son unique héritière – que lui importaient les querelles de pouvoir et de noms ?

Poussée par un élan nostalgique, Eníredis couvrit ses épaules d’un voile de satin émeraude, délicatement brodé d’oiseaux cuivrés, et quitta ses appartements pour filer dans la brune. D’un pas discret, elle déambula à travers les rues du Kaerl jusqu’à rejoindre le Jardin d’Hiver. Un sourire amusé ourlant ses lèvres carmin, elle songea qu’il n’y avait aucune originalité dans le choix de ce lieu. Au point du jour, il ne restait plus que quelques esprits amoureux de poésie, perdus dans les senteurs envoûtantes des fleurs, et des jeunes couples transis profitant du couvert des arbres pour se déclarer leur flamme. Dans ces images fugaces, volées à leur intimité, elle se vit, presque vingt ans plus tôt. Elle n’était plus si naïve, aujourd’hui.

° Tu ne l’as jamais été, en vérité. Tu étais simplement folle. ° fit la voix acide et fraîche d’Ihintza, lui arrachant un éclat de rire cristallin.

° Penses-tu, je le suis toujours… Et ce soir plus que jamais. °

La pensée était teintée d’une mélancolie douce-amère, tandis que ses pas la menaient, comme un fait exprès, auprès d’un grand saule pleureur, dont les branches lourdes venaient effleurer la surface d’un bassin serti de fleurs de lotus. Eníredis, une lueur de ravissement pétillant au fond de ses prunelles claires, ôta ses chaussures pour enfoncer ses pieds dans le tapis de mousse. Du bout des doigts, elle écarta le rideau végétal et disparut de l’autre côté, à l’abri des regards, protégée par le cœur de l’arbre, dérangeant le ballet des éphémères et des lucioles. Sa paume suivit le tracé de l’écorce, remontant ainsi le cours du temps ; elle appuya ses coudes contre une branche basse, rêveuse. Attisé par le souffle des réminiscences, un espoir insensé s’était éveillé en elle, comme une belle-de-nuit, à la faveur du crépuscule, déroulant ses pétales au parfum entêtant. La Chevalière Verte ne lui avait pas adressé la parole, même après le retour de Silindiel… Et pourtant, elle se languissait de sa présence. Pourquoi n’arrivait-elle jamais à faire les choses simplement ?

Alors, laissant les ombres s’allonger autour d’elle et le chant distant des Dragons Fées guider ses pensées, elle se demanda confusément si Elyakim, tout occupé qu’il était par son devoir familial, trouvait le temps de penser à elle. Si, comme elle, il chérissait le vieux souvenir de leurs entrevues secrètes, le balbutiement mystérieux de leurs amours juvéniles, leur beauté surannée. Si, parfois, il ressentait de la colère envers le passage inéluctable des jours. Trente ans plus tard, elle ne lui pardonnait toujours pas d’avoir accepté d’épouser Ezekièle, et si elle avait découvert, à son grand dam, ne pas pouvoir se passer de lui, sa jalousie avait souvent pris le dessus sur ses sentiments – en avait résulté une relation chaotique, aussi douloureuse qu’enivrante. Aujourd’hui, l’envie de découvrir ce qu’il pensait de leur fille tournait à l’obsession. Toutefois, elle ne céderait pas si facilement et rejetait entièrement l’idée de faire le premier pas. Dans un coin de son esprit, Ihintza faisait naitre le doute ; croyait-elle vraiment qu’Elyakim la retrouverait ici ?

° S’il m’aime... Enfin, s'il me connaît, il n’aura pas le choix. Où d’autre pourrais-je être ? ° rêva-t-elle, le passé s’invitant dans la douce étreinte des branches. Les paupières closes, elle sentait encore le parfum de son haleine tiède sur sa nuque.


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Dernière édition par Zoran Cynfelyn le Ven 31 Mai 2019 - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] Une Vieille Flamme   [RP] Une Vieille Flamme Icon_minitimeVen 10 Mai 2019 - 20:43

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Elyakim & Tsélèq



Comme en écho à la tombée du jour, l'éclat rougeoyant de la chevelure d'Elyakim se détachait dans le lointain. Drapé d'une tunique d'un vert profond se mariant avec goût au halo flamboyant encadrant son teint blême, il se mouvait avec une assurance ne laissant guère de place à l'expression du désarroi habitant son cœur. En l'espace de trop peu de temps, il avait perdu un fils et retrouvé une fille qui devait le haïr de tout son être.

Il ne l'avait observée que de loin, mais avait déjà décelé en cette frêle silhouette toute l'enivrante beauté de sa mère. Un ballet d'émotions l'avait alors transporté. D'abord béat de stupeur, un sentiment de fierté l'avait ensuite envahit en découvrant l'enfant, si grande, si belle. Au moins son sang n'avait pas amoindrit la splendeur des Chantevent. Tout juste une touche de cuivre dans sa longue chevelure blonde pouvait vaguement rappeler son ascendance paternelle.

Puis Elyakim avait sentit avec effroi les larmes lui monter aux yeux alors qu'il avait entendu l'enfant appeler Tybalt de Leysse "Père".
Pourtant il n'avait aucun droit d'en être attristé ou contrarié. Il était celui qui l'avait rejetée dans l'oubli au nom de l'honneur. Toutefois, cela avait sans doute été un service à lui rendre, au regard du piètre parent qu'il était... Le départ de Kalièl vers les contrées ardentes, qui avait causé son trépas, était entièrement sa faute il en était persuadé. Et il se martyrisait le cœur de souvenirs amers et de remords, encore, toujours et encore, ne trouvant d'autre expiation à ses crimes.

L'impérieux instinct propre à son sang l'avait guidé au travers des feuillages; lui murmurant qu'il y trouverait de quoi combler la douleur lui ravageant la poitrine. Mais avait-il seulement encore le droit au bonheur ? Il avait un temps réfréné son envie de la voir, ne voulant causer plus de tords qu'il n'en avait déjà commis, mais ses pas le guidaient aujourd'hui d'une manière sans équivoque vers le lieu de son amour caché. Peut-être n'y trouverait-il rien. Mais peut-être y était-elle. Et alors, que ferait-il ?

Les effluves douces-amères d'un temps perdu lui saisirent la gorge alors qu'il entraperçu au cœur de verdure la longue chevelure d'or blanc annonciatrice de l’impétueuse Elfe qu'il était venu quérir.

Lui qui se targuait d'être un homme droit, oubliait toute vertu lorsqu'il venait à croiser le regard azuréen de l'héritière Chantevent. Elle seule savait faire fondre le voile de glace qu'il arborait, et il ne se perdait à être lui-même qu'entre ses bras. Toutes les autres femmes étaient bien ternes, après avoir goûté au parfum exquis de cette fragile tempête.

Oubliant ses hésitations, il avança dans son dos, discret comme un chat sauvage. Sûrement l'avait-elle entendu, mais ses paupières restaient closes. Les doigts encore sages du Fëalocë parcoururent avec délicatesse le long de l'oreille effilée d'Eníredis, tracèrent le contour voluptueux de sa mâchoire, de son cou, comme s'il voulait s'imprégner des formes de ce visage encore si juvénile. Puis, abandonnant une nouvelle fois tout discernement, il se plaça face à elle et se plongea avec extase dans les reflets carmins de ses lèvres pulpeuses, laissant le parfum enivrant du plaisir abattre ses dernières craintes.

Il se dégagea, puis parla enfin d'une voix profonde et suave coïncidant si peu avec son faible gabarit.

"Bonsoir, Eníredis." lui dit-il sobrement, esquissant un demi-sourire.
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MessageSujet: Re: [RP] Une Vieille Flamme   [RP] Une Vieille Flamme Icon_minitimeVen 17 Mai 2019 - 22:22

[RP] Une Vieille Flamme Erined11 [RP] Une Vieille Flamme Ihintz12
Eníredis Chantevent & la Verte Ihintza

Le plus infime frisson troubla son épiderme lisse, comme la caresse d’une brise l’eau tranquille d’un lac. Doucement, elle laissa ses lèvres s’entrouvrir sur un soupir discret, chargé de peine et de soulagement, et son cou s’incliner vers la paume aimante du Fëalocë. Sa chaleur délicieusement épicée l’enveloppa alors, chassant les dernières rumeurs du passé, et l’Elfe sentit sa poitrine se gonfler d’un sentiment équivoque. Jamais ses poumons n’avaient goûté une sève semblable, un si habile mélange de miel et d’ambre gris. La proximité d’Elyakim lui faisait l’effet d’un véritable élixir de jouvence, et, petit à petit, aussi sûrement que se levait l’aube, un sourire avait éclos sur son visage délicat, creusant quelques fossettes dans la nacre de ses joues. Il s’empara alors de ses lèvres, lui arrachant un souffle surpris, et Eníredis ne se raidit que quelques instants avant de laisser ses épaules s’affaisser. D’un geste tendre, elle prit le visage de son amant entre ses mains et ouvrit enfin les yeux, révélant un vaste regard clair, piqueté d’une myriade d’étoiles ravies.  

« Bonsoir, Elyakim. » répondit-elle, d’un ton aux inflexions mutines que l’âge n’avait pas su assagir, avant de s’écarter, ramenant le tissu de son voile sur ses épaules fines. « Charmante soirée, n’est-ce pas ? »

Autour d’eux, le crépuscule estival s’allongeait à l’infini, avec indolence, comme s’il n’avait jamais voulu céder sa place à la nuit. Le chant des grillons emplissait peu à peu le Jardin d’Hiver, s’élevant de l’herbe humide de rosée, accompagné par les trilles, rares, lointaines, d’un rossignol esseulé.

« Je suis si heureuse que tu sois venu me trouver… Ihintza avait presque réussi à me convaincre que tu ne viendrais pas. » confia-t-elle, presque un murmure. Ce n’était pas tout à fait vrai, mais l’Elfe avait un penchant pour romancer à outrance le moindre aspect de sa vie, et elle ne manquerait certainement pas une occasion de provoquer la culpabilité de son vieil amant.

Elle se tourna à nouveau vers lui, l’inclinaison de ses sourcils au-dessus de ses yeux à la couleur capricieuse lui conférant une expression apeurée. Silindiel était rentrée, et elle n’avait aucune idée de ce qui suivrait. Grâce soit rendue aux mages du Ssyl’shar et à leurs arts particuliers, l’enfant possédait le regard de son prétendu père, et resterait ainsi hors de portée de son orgueil blessé qui exigeait encore réparation. Les pommettes teintées de rose par l’excitation que lui inspirait néanmoins le retour de sa fille chérie, l’Elfe se glissa entre les bras d’Elyakim, ronronnant presque.

« As-tu pu la voir ? Dis-moi, as-tu vu son visage ? As-tu vu comme elle est belle, notre fille... » Elle battit négligemment des cils, la bouche légèrement ouverte, incorrigible séductrice, féline dans sa recherche d’attention. « Et sa petite Liée ? Elle sera parfaite pour elle, j’en suis sûre. Elle est tout aussi magnifique. »

Elle étouffa un rire argentin contre le cou du Fëalocë, étreignant doucement le tissu de sa tunique, respirant avec extase l’odeur qu’exhalait sa peau chaude. « Si seulement je pouvais voir ses yeux… Aruzhan m’a dit qu’elle avait les tiens. » chuchota la Chevalière, à regret, laissant les mots s’imprimer contre sa chair. « J’aurais pu avoir la preuve, chaque jour, que tu as été à moi. »

Ce soir, il n’y avait nulle place pour la colère dans son cœur, et les marées ardentes de son sang refluèrent avant même d’avoir pu ébranler son humeur. Ce soir, elle avait vingt ans une seconde fois, même si l’euphorie et le remords bouillonnaient en elle, se mordant l’un l’autre, jusqu’à lui donner le tournis. Eníredis quitta finalement le confort de sa cachette, le regard à peine brouillé par des larmes fugitives, pour sourire à Elyakim. Avec tout l’amour du monde, elle passa ses doigts dans quelques mèches flamboyantes.

« Ils diront tous qu’elle me ressemble. Il n’y aura que moi pour voir ton reflet dans son visage. » L’idée étira un peu plus son sourire, éparpillant des paillettes enjôleuses dans ses iris, tandis qu’elle déposait un chaste baiser sur la joue du Fëalocë.


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MessageSujet: Re: [RP] Une Vieille Flamme   [RP] Une Vieille Flamme Icon_minitimeDim 19 Mai 2019 - 20:41

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Elyakim & Tsélèq


Quel goût doux-amer avait eut cette Empreinte ! Alors qu'il enorgueillissait de voir la somptueuse beauté de sa fille qu'il avait rejeté et se remémorait qu'il n'avait jamais assisté à celle de son fils. Alors qu'il observait avec déchirement Tybalt de Leysse recevoir la place lui revenant par le sang, mais non de droit, car quel droit avait-il sur cette enfant, il l'avait reniée comme un vulgaire chiot. S'était débarrassé d'elle comme d'une vulgaire marchandise. Le tumulte d'émotions qu'il avait ressenti ce jour là ressurgissait avec plus de netteté alors qu'Eníredis lui apparaissait en chair et non en songe.


« Plus belle que le jour. »
répondit-il, un soupçon de mélancolie dans la voix et offrant un timide sourire, alors que la Dirigeante de la Maison Chantevent l'interrogeait sur ses impressions quand à Silindiel. Un frisson le parcouru et sa gorge lui serra alors qu'il sentit le doux contact de ses lèvres sur sa joue. Il était si injuste qu'il soit voué à ne l'étreindre qu'à l’abri des regards. Le Fëalocë saisit les longs doigts fuselés qui avaient trouvé leur chemin jusqu'à sa chevelure, les embrassant prestement.

« Tu n'as nul besoin de preuve, Eníredis . Tu le sais, et je te l'ai répété tant de fois, que mon cœur n'appartenait qu'à toi. »


Une grande lassitude le saisit alors qu'il contemplait les traits délicats de l'Elfe. Il était fatigué de devoir prétendre, chaque seconde, chaque jour. Prétendre aimer Ezekièle, prétendre aimer la vie qu'il menait alors qu'elle ne lui occasionnait que misère...


« Ezekièle et moi allons nous séparer. »
lâcha t-il sans préavis. « La mort de notre fils aura eu raison de cette relation déjà bancale dès le commencement. »

« Car je ne l'ai jamais aimée... après t'avoir connue, toutes les femmes du monde me seront à jamais insipides.. »

Il la serra un peu plus contre son corps, s’imprégnant des voluptueuses fragrances émanant de ses cheveux d'or blanc.  Elyakim leva ses iris verdoyantes vers ce délicat visage dont l'âge n'avait pas amoindri la splendeur. Ici, dans ce lieu qui avait été leur paradis, les limites qu'il imposait à cet amour semblaient si dérisoires.

« Je suis fatigué de mentir, Ení. Les mœurs et la fierté m'ont déjà coûté un fils ; mais ils ne me coûteront plus rien. Elle est ma fille, pas celle de cet imbécile d'humain. Je t'aime et je l'aime, plus que le de Leysse ne le pourra jamais. Et je vous protégerais de la colère de cette famille, je te le promets. »

En réalité, il n'avait pas été jusqu'à façonner un plan pour amoindrir la colère de Tybalt de Leysse, mais il mettrait le prix, quoi que cela lui en coûte. Il n'avait que faire de l’opprobre qu'il risquait apporter à son nom ce faisant, Kyriel étant désormais tout en fait en mesure d'en protéger la grandeur. S'il lui fallait aller quérir les perles de pluie du Ssyl'Shar en compensation de porter l'amour comme seul crime et étendard; il le ferait.

Ses yeux d'émeraude brillant d'un mélange d'amour et de larmes, il lui saisit délicatement la main. Il y déposa un fin bijou d'argent, dont la pièce principale était une arabesque prenant la forme d'un petit oiseau orné de pierres vertes miroitant d'un subtil reflet bleu. Il soutint son regard plus clair que le jour, puis prononça avec hardiesse les mots qui avaient tant habités ses songes :

« Eníredis Chantevent, me ferais-tu l'honneur de m'épouser ? »
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MessageSujet: Re: [RP] Une Vieille Flamme   [RP] Une Vieille Flamme Icon_minitimeDim 26 Mai 2019 - 22:33

[RP] Une Vieille Flamme Erined11 [RP] Une Vieille Flamme Ihintz12
Eníredis Chantevent & la Verte Ihintza

Adeline - alt-J

Depuis son plus jeune âge, Eníredis avait toujours aimé être l’objet de l’admiration et du désir des autres. Sans scrupule, elle se nourrissait de l’amour désespéré visible dans les yeux du Fëalocë, de l’espèce de révérence dont étaient éprises ses mains et ses lèvres tandis qu’il rendait hommage à sa muse. Et elle buvait ses paroles, flatteuses, transies, l’air éperdu. Chaque nouvelle seconde, l’Elfe paraissait plus brillante encore, les paupières à moitié closes, comme pour mieux apprécier l’afflux de sang qui venait teinter ses pommettes d’or rose – car elle était une éternelle jouvencelle, et même si elle n’avait jamais douté de l’affection qu’Elyakim lui portait, elle appréciait lui faire répéter, encore et encore, qu’il n’appartenait qu’à elle.

Et puis, enfin, l’étrange langueur vaporeuse qu’avaient provoquée leurs retrouvailles se dissipa, lacérée par les mots qui suivirent. Eníredis ouvrit grand ses yeux moirés, observa peut-être vraiment le visage de son amant, ses traits tirés, parés de lassitude, et le voile qui ternissait l’éclat d’ordinaire si puissant de l’émeraude. Sagement, elle posa ses mains sur les épaules du Fëalocë, attentive désormais aux variations que prenait sa voix grave et profonde. Elle n’ignorait pas le sort funeste qu’avait trouvé Kalièl Rhidian car sa propre mère, cette rose pâle et flétrie d’Elioriel, avait vent de tout ce qui se tramait entre les murs de la Citadelle Céleste et au-dehors. Un rictus confus tordit ses lèvres trop rouges, tandis que ses sourcils se baissaient en un air navré et qu’elle détournait soudain le regard, un mélange de honte et de pudeur étreignant sa poitrine. L’Elfe préféra garder le silence ; elle n’avait jamais été douée pour exprimer sa sympathie et les condoléances lui avaient souvent semblé bien vaines. Seule la pression de ses doigts sur le tissu de la tunique se fit plus insistante.

Elle continua de l’écouter, la tête légèrement penchée sur son épaule, sa respiration mélodieuse comme une brise. Doucement, la lueur joueuse illuminant ses iris se fit plus lointaine, cédant à l’hésitation. ° Où veux-tu en venir ? ° songea-t-elle, muette, une pointe d’inquiétude confortablement installée entre ses côtes. Le regard à peine obscurci, elle laissa son amant insulter son mari, et seule Ihintza, sans doute, aurait pu trouver moyen d’en rire – elle ne se permit pas de protester avant de connaître le fin mot de cette histoire, tout en craignant d’en avoir déjà saisi le sens. Elyakim s’empara de sa main, et elle sentit le contact froid du métal contre sa paume. Presque à contrecœur, Eníredis contempla l’improbable présent – un harmonieux travail de joaillier, représentant un oiseau et orné de pierres fines aux nuances mêlées de bleu et de vert – et ferma la main.

Le Fëalocë l’observait intensément, quelques larmes accrochées à ses cils, et l’envie de fuir la saisit à la gorge.

« Eníredis Chantevent, me ferais-tu l'honneur de m'épouser ? »

La Chevalière Verte sentit son cœur se serrer. Les yeux humides, un étrange sourire, oscillant entre joie, amusement et douleur, fit craquer l’émail lisse de ses joues.

« Oh, Elyakim, mon amour… Je crains que tu n’aies quelques années de retard… » gémit-elle, ni tout à fait un cri, ni tout à fait un rire, se dégageant imperceptiblement de l’étreinte du Fëalocë pour mieux lui faire face. Elle le connaissait depuis bien trop longtemps pour encore craindre de parler avec honnêteté ; elle aurait été mal avisée de vouloir lui mentir, de toute façon. Pour autant, les mots qu’elle s’apprêtait à prononcer lui paraissaient bien durs au regard de l’affection qu’elle éprouvait envers lui, de la passion qui brûlait toujours en elle, aussi vive qu’aux premiers jours. Un vague sentiment de rancœur s’agitait également dans le creux de sa gorge, amer, vieux souvenir de son orgueil blessé par la promesse brisée des Rhidian.

« Je porte le titre de Dirigeante… » tenta-t-elle d’abord, puis elle songea que cela ne lui ressemblait pas. « Non. Il ne s’agit nullement d’une question de titre ou de statut. Je n’ai que faire de ceux-là, mais il s’agit de ma famille. Elyakim… Ma famille a tellement souffert, je ne peux lui infliger un désarroi de plus. »

D’une main tremblante, elle coinça une mèche rebelle derrière son oreille effilée et poursuivit, la voix entrecoupée de sanglots. « Silindiel ne mérite pas cela, pas plus que Tybalt. Nous ne sommes certes pas unis par amour, mais cela fait tant de temps que nous vivons ensemble, que nous nous soutenons, envers et contre tout. Sans son aide, j’aurais précipité ma maison dans l’oubli…
J’ai déjà trahi sa confiance une fois, je ne souhaite pas… aggraver sa situation, ou lui causer plus de tort que je ne l’ai déjà fait. C’est un homme gentil et bon, comprends-tu ? Il ne s’est jamais opposé à ce que je vive ma vie comme je l’entendais… »


Eníredis enfouit ses mains dans le satin de son voile, si doux au toucher, le tenant fermement contre sa poitrine, comme pour se protéger. Tout autour, le vent bruissait doucement dans les bras languides du grand saule, en faisait frissonner les feuilles chagrinées, et les lucioles flottaient en étoiles errantes dans l’air du crépuscule.

« Je t’aime. » murmura l’Elfe, la tête baissée, laissant son regard effleurer les courbes de l’arbre qui protégeait ses souvenirs. « J’ai connu bien des hommes, mais à aucun je n’ai laissé la chance de pouvoir songer à t’égaler un jour. Et à chaque fois que je tentais de t’oublier, je courrais te retrouver… Sans doute parce que jamais tu ne cherchas à me conquérir. Tu étais simplement Elyakim Rhidian, et il ne m’en fallait pas plus pour te désirer. Mais moi... Tu te lasserais si vite de moi ; tu serais incapable de me supporter. »

Elle offrit ses confessions dans l’écrin secret des branchages, les paupières closes sur son regard changeant.


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