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 [RP Officiel] La rébellion Neutre

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MessageSujet: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeMar 25 Juin 2019 - 16:25

Solyaeku 919




C’était un beau jour au Kaerl englouti, les poissons nageaient autour du dôme, les effluves des boulangeries venaient chatouiller le nez des passants et un elfe à la chevelure immaculée placardait des affiches, aussi discrètement qu’il le pouvait. Ces affiches n’étaient pas du tout ordinaires. Elles parlaiet en la faveur d’un certain Sévan de Gilraën et étaient en la défaveur du Seigneur Javerth Séram. C’était en quelque sorte un appel à la révolution. Ewen avait été désigné pour les placarder un peu partout où il pouvait. Pourquoi lui ? Parce qu’il restait toujours seul dans son coin et n’était connu de presque personne, isolé de la société par sa propre volonté. Il avait pratiquement toujours vécu seul et avait beaucoup de mal à rester avec les autres. L’aspirant ne les côtoyaient que par nécessité.

Quelques jours plus tôt, le sénateur avait voulu le voir et lui a demander d’aller voler un document dans les appartements d’un certain Aedan de Gilraën. Pourquoi voler une personne de sa famille ? Il n’en avait aucune idée. Ce qui était sûr, c’est qu’il avait dû se faire remarquer pour des raisons qu’il ignorait encore. Ainsi, Ewen mit a profit ses compétences d’ex voleur et son agilité d’elfe pour accomplir la tâche qui lui avait été demandée. Ce ne fut pas facile a cause du nombre de personnes qui allaient et venaient tout au long de la journée. Jusqu’à un court moment, propice à la réalisation de son petit travail. Aussi rapide que discret, il se faufila dans les appartements et choisit le tiroir le plus susceptible de contenir le fameux document. Son instinct de voleur était toujours là et trouva le document en peu de temps et reparti aussi vite qu’il était venu, rapportant son butin à celui qui le lui avait demandé, c’est à dire Sévan de Gilraën. Celui-ci fût plutôt satisfait et lui proposa alors de placarder des affiches en échange d’un poste d’espion. Ewen fit mine d’y réfléchir et accepta, bien qu’il n’était pas sûr de pouvoir être un bon espion, ni même que la proposition restera toujours valable.

C’est ainsi qu’il se retrouva donc à récupérer des affiches auprès d’un certain Naharis de Gilraën et à devoir les placarder. L’aspirant arriva donc dans les environs de l’Agora et entendit un brouhaha particulièrement inhabituel sur la place. Certes, il y avait toujours du bruit, mais jamais autant. Il décida donc de s’approcher, tout en restant discret avec ses affiches, pour voir d’où cela venait. Il reconnu le Sénateur Sévan, debout sur l’estrade prévue pour les "discours",entrain de crier des choses que l’elfe ne pouvait comprendre à cause des voix qui s’élevaient  de la foule qui l’entourait. La révolution n’allait probablement plus tarder à éclater au sein du kaerl. L’étincelle allait bientôt enflammer la poudre qui risquait d’exploser à tout moment.

Ewen esquissa un léger sourire en pensant qu’il avait, peut-être, aider cette étincelle à devenir une flamme. Tout ce qu’il voulait, c’était d’éviter le plus possible d’être associé à ce coup d’éclat et ainsi éviter de s’attirer les foudres de personnes soutenant leur Seigneur adoré.

Ainsi, il placarda sa dernière affiche et disparu dans l’ombre des ruelles, comme s’il n’était au courant de rien, retournant tranquillement vers sa chambre pour retrouver son Faolan, qui était désormais un Loup, prêt à aller se reposer dans un coin tranquile.
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeMar 25 Juin 2019 - 19:46

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Sévan de Gilraën & le Bronze Ta'arwa __+__ Aedan de Gilraën & le Bronze Yazwyrm
Sénateur________________Ancien Gix


Il fut réveillé en sursaut par un grand fracas. Il se redressa d'un bond sur le fauteuil défraichi, les yeux écarquillés. D'un rapide coup d’œil, il constata qu'il n'avait guère du dormir que quelques heures, car la lumière filtrant d'au travers la mer était toujours identique. L'Ondin aperçut ce qui avait provoqué le bruit : une tasse précédemment posée sur le rebord de la fenêtre. Enfin, plutôt, son cousin, grand dadais aux cheveux d'argent qui l'avait fait tomber d'un mouvement maladroit.

Le sénateur grogna tout bas et se frotta les yeux, encore tout engourdi de sommeil. Il n'avait dormi que cinq ou six heures en tout ces deux derniers jours, et le manque de repos commençait à se faire sentir.
Après avoir bu à la cruche disposée sur la table en bois placée au cœur de la pièce et s'être lavé le visage à grande eau, l'Ondin se sentit déjà plus revigoré. Il put enfin se concentrer plus attentivement sur son environnement. Le brouhaha d'une pièce excentrée lui parvint. Il devait y avoir au moins une dizaine de personnes, au regard des murmures s'enchevêtrant en plusieurs tonalités disparates.

« Silence ! Nous le ferons aujourd'hui, comme prévu. » tonna soudain la voix d'Aedan.

Sévan grimaça. Pourquoi ne pouvait-il jamais dire les choses aimablement ? Il franchit la porte laquée ouvrant sur un large couloir sentant le renfermé, dans lequel il avait effectué les quatre-cent coups avec sa petite soeur dans son enfance. Les Gilraën et leurs alliés avaient en effet tous trouvé refuge dans la large demeure familiale depuis que les affaires politiques commençaient à vraiment sentir le roussi.

Son regard habitué n'accrocha pas les fastueuses peintures décorant les allées, représentant la haute mer sous toutes ses parures, de l'odyssée à la mort. Tout dans la bâtisse embaumait le destin de cette lignée : les fastes passées étaient marquées dans les nervures d'argent des colonnes soutenant un large escalier en colimaçon, la déchéance d'aujourd'hui se lisait sur le pavage de marbre souvent brisé sous ses pieds. Un détail retint cependant les iris d'aigue-marine : l'imposant Aigle bleu nuit incurvé dans la pierre surplombant l'entrée principale. Sous sa forme déployée, une portion de la devise familiale étaient encore lisible malgré l'âge : « Qu'ils ploient sous nos Ailes ».

Ces mots étaient tout ce qu'il restait d'une inscription plus longue, dont les vers avaient été perdus dans le temps. Cette fanfaronnade était devenue leur devise ; et il fallait dire que cela avait été une bien grande lignée, jusqu'à peu de temps du moins. L'Ondin resta un moment songeur, son regard fixé sur l'inscription. Des siècles d'histoire allaient peut-être se trouver rayés à jamais du destin Englouti si ce qui se tramait actuellement au sein des murs dérapait. Il ne voulait pas réellement porter cette responsabilité sur ses épaules. Mais il n'avait à vrai dire guère le choix.

Dans ce soulèvement, il n'était en premier lieu que le pantin de sa famille, profondément meurtrie par l'oubli dont ils faisaient l'objet malgré ces centaines d'années de bons et loyaux services. N'étaient-ils pas les descendants de ceux qui avaient fondé le nouvel Ordre draconique ? N'avaient-ils pas tout perdu pendant la Guerre, pour la survie du kaerl ? Et ils n'avaient rien récolté, sinon l'oubli, des regards détournés, des chuchotement étouffés. Aujourd'hui, ils réclamaient reconnaissance et vengeance. Dans cet ordre ou dans l'autre, selon les individus concernés. Après tout, l'âme belliqueuse faisait partir de l’apparat de Gilraën...

Le Sénateur s'arracha à la contemplation du passé pour revenir aux bruits étouffés des alentours. Lorsqu'il entrouvrit la porte donnant sur ces derniers, il croisa le regard de sa sœur, qui parut légèrement troublée avant que son visage de ne s'éclaire, se parant d'un masque de sourire.

"Sévan, te voilà.... nous allons partir."

L'Ondin lui rendit un léger sourire et aquiesca d'un regard entendu. Il était temps.

***

« Cela n'a que trop duré ! » éclata la voix grave d'Aedan, faisant taire la clameur de la foule. L'ancien Gix ne prenait pas la peine de dissimuler sa fureur. La fine veine lestant le pourtour de son crâne frémissait à mesure que ses mâchoires se contractaient. Son regard d'écume était empli d'éclairs, pourfendeurs et sinistres.  « Le Seigneur Seram se joue de nous, il se joue de nos vies, de la grandeur de notre kaerl ! Il laisse les imbéciles de célestes et les lâches d'ardents nous marcher dessus ! Il laisse nos vivres dépérir sans rien faire de plus qu'enfermer les opposants ! »

Il interrompit sa diatribe un instant, laissant glisser son regard bleu sur la foule, s’enivrant de l'attention portée à son égard.

« Trystan n'aurait pas voulu ça... Mon défunt frère a toujours porté haut les valeurs des Engloutis, plus haut que sa propre vie. Et aujourd'hui, elles sont foulées du pied par un vieillard sénile. Le kaerl mérite un Seigneur à sa hauteur... »

Il s'interrompit, saisissant avec délectation le silence pressé dans lequel s'étaient mués les membres du Màr Luime. Ils étaient accrochés à ses lèvres ; attendant que la phrase sentencieuse soit enfin prononcée . Le goût enivrant de la rebellion décocha un large sourire sur les lèvres d'Aedan, tandis qu'il tournait le regard pour croiser celui du jeune homme posté non loin.

« Comme mon fils, Sévan … » L'Ondin lui intima de s'approcher d'un mouvement de bras.

Le jeune Sénateur sentit la main de Duncadn exercer une pression chaleureuse sur son épaule. Il avait toujours été plus paternel que son véritable géniteur, qui se tenait plus haut, toisant la foule de son regard d'aigle vrillant tant d'excitation que d'inquiétude. Car tous les de Gilraën présents en avaient terriblement conscience : ce jour pouvait tout aussi bien marquer la renaissance de la lignée que sa perte définitive.
Il pris une grande inspiration, et faisant abstraction de ses jambes chancelantes menaçant de se dérober à tout moment, pris la place de son père. Son cœur manqua de défaillir lorsqu'il constata l'étendue des personnes présentes. Sa gorge se noua, et il eut un moment d'hésitation. Serait-il à la hauteur de ce pourquoi il se présentait aujourd'hui ?

° Regarde, le nez du petit homme là bas ressemble à une citrouille !° s’immisça Ta'arwa dans son âme, le sentant chagriné. L'Ondin sourit, et eut du mal à contenir un rire.

° Merci ° lui souffla t-il avec gratitude. Il redressa la tête, et porta un regard franc devant lui.

« Cela serait le plus grand des honneurs. » dit le jeune homme d'une voix claire.

« Si vous m'acceptez pour ce rôle, Peuple Englouti... je serais un Seigneur juste. Avant tout, je supprimerais toutes les barrières commerciales, pour que nous n'ayons plus jamais à souffrir de la pénurie.
Au niveau pénal, aucune peine ne demeurera inappliquée, mais elles seront applicables à tous, dans la plus grande équité. Un jury tiré au sort parmi vous s'en assurera.
Je demanderais votre opinion sur les grands sujets de notre cité, au minimum tous les trois mois, car je n'oublierais jamais que vous seuls êtes l'âme du kaerl, et que je ne suis que votre émissaire. Il ne s'agit pas d'une déclaration d'intention, sotte et frivole, qui serait oubliée dès demain... Non, il s'agit là d'une conviction que je porte en moi depuis toujours. Je choisi de vous faire confiance, car je crois en vous et car je sais qu'en l'humanité réside l'erreur. Nul Seigneur ne saurait se prévaloir d'y échapper : et par nos esprits communs; nous pourrons lutter à plus grande échelle contre nos vices terrestres. Et, ensemble, atteindre un avenir plus juste pour tous, donner le goût du concret à la vie de la cité.

Je souhaite aussi engager des réformes sur notre armée, pour qu'elle porte nos valeurs au plus haut. Pour que nous ne soyons plus un kaerl négligeable, mais bien la clef de voûte pouvant faire basculer le monde. Car c'est notre destin, mes sœurs et frères, que d'être les garants de cet équilibre fragile. Un destin qui nous a été volé par des dirigeants peu regardants; mais que nous pouvons reconquérir dès aujourd'hui si vous m'accordez votre confiance.»


A mesure qu'il avait parlé, ses mots s'étaient fait plus articulés, sa parole plus fière. Comme s'il s'était lui même persuadé de leur véracité...  Il avait acquis en confiance, et se tenait maintenant droit, menton dressé face à la foule, attendant son verdict avec une confiance qu'il n'aurait pas cru détenir il y avait de cela à peine dix minutes.
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeMer 26 Juin 2019 - 14:14


Plus d’un an s’était écoulé depuis son arrivée en ces lieux, l’homme d’alors dont la vie était en danger de par ses infections et dénué de possessions avait prit soin de faire les choses pas à pas. Sa maîtresse, Aléiya d’Elvrydden l’avait bien aidé durant le temps d’adaptation qu’il lui avait fallut pour enfin se sentir plus ou moins chez lui.

Vêtu simplement car il n’était pas homme à se soucier des choses triviales telles que le goût vestimentaire, il avait tout de même tenu à mettre de côté pour obtenir la réplique de son arme d’alors : une longue épée à deux mains sans pointe et dotée de trois trous sur sa tête arrondie. Une arme communément nommée : l’épée de bourreau, qui servait bien plus à tailler en pièces que de percer.
Durant cette année d’aspiranat, le Duc s’était instruit sur les us et coutumes, lois et devoirs des membres de l’ordre et avait intégré tout cela dans sa façon d’être : car nul homme n’était au dessus des Lois et il avait juré allégeance au Màr Luimë malgré ses réserves du début.

De guérisons en guérisons, le Borgne s’était remit en forme, rencontrant bien des gens mais restant discret : il ne lui était pas demandé de faire ami-ami, il ne lui était pas demandé d’être aimable, il ne lui était demandé que sa Loyauté et son Respect des Lois.
Et cela lui convenait parfaitement.
Une main sur le pommeau de l’épée pour l’empêcher de traîner au sol, il se promenait dans les rues tout en observant les évènements comme à son habitude. Il avait remarqué que le faste de son arrivée n’était plus, que cela sentait la décrépitude et la stagnation, mais la colère du peuple lui faisait grincer des dents. Les mesures fortes pour redresser un endroit étaient nécessaires, après tout n’avait-il pas fait la même chose à son Duché pour le redresser ? Mais non, cette plèbe larmoyante se contentait de critiquer sans même connaître la moindre chose du fardeau de dirigeant.

Il s’était cependant retenu de les châtier, il n’y avait rien qui interdisait les propos mécontents. Cependant les affiches…
Voilà pourquoi il se promenait armé, patrouillait même, prêt à rosser les malandrins qui osaient appeler à la sédition, ces couards pas même capables de venir devant leur seigneur et faire pétition, ces incapables et faibles qui préféraient la voie de la trahison plutôt que celle du devoir. Et puis le fracas de voix habituées à porter sur les foules mit fin à ses recherches, ainsi donc l’on se permettait d’élever la voix en ces lieux et de critiquer la couronne des flots ?

D’un air dur et peu affable, comme à son habitude, il hâta le pas, croisant un elfe aux cheveux blancs qui semblait pressé et aurait autrement attiré son attention s’il n’y avait un remue-ménage. Il se tint derrière la foule, profitant d’une légère élévation pour voir par dessus les têtes malgré l’un ou l’autre Torhil qui lui bouchait la vue.

Un visage noble et fier, altier mais agressif à la carnation rappelant le marbre s’exprimait avec véhémence. Bien qu’il fut un instant séduit par le charisme naturel de l’homme il plissa des paupières sur son œil restant : tout ceci puait le noble tentant de prendre le pouvoir par le biais des serfs. Le coin gauche de sa bouche se souleva sur une mine de dégoût alors que la cicatrice qu’était son œil gauche se tordait, il en avait déjà exécutés des pareils mais ici ? Il n’avait pas l’autorité pour le faire, cela outrepassait ses droits. Mais pas ses devoirs…

Il allait tourner les talons lorsqu’un homme, son fils comme le disait l’orateur, prit place sur l’estrade et fit jouer sa voix claire comme l’eau de source sur la foule, fendant murmures et grogne, discussions feutrées ou vives. Il se départi de sa moue de dégoût, écoutant avec attention mais traquant l’appel à la violence.
Il était bon, très bon même, quelque chose avait vibré en Baldrik : cette corde dure de la Loi avait été jouée avec la grâce d’un harpiste sur son instrument.
Mais il ne pouvait faire défaut à sa parole et à ses serments, Baldrik se devait de prévenir rapidement les autorités compétentes de ce qui se jouait au sein du Kaerl.

La foule avait grossi, maintenant les ruelles s’engorgeaient et il joua de ses épaules larges pour se frayer un chemin. Son visage couturé l’aidant à taire les protestations qu’il y aurait pu avoir sur son passage.
Un nom résonna dans son esprit : Shay Ekatz. Sergent des Crocs d'Argent.

Poussant sans ménagements, le dos droit mais la démarche d’un bagarreur, il fendit encore et encore le flot bêlant de gentils qui étaient appâtés par le grain. S’il n’en tenait qu’à lui, il leur ferait manger de l’ivraie durant une décade pour leur apprendre le respect de leurs supérieurs.

« Arrière, arrière ! Libérez le passage ou je vous rosse ! »

Sa voix tonna, celle du Duc, du commandant, du vétéran de guerre, de celui qui ne rechignait devant rien pour respecter ses mots. Il devait atteindre le Castel le plus vite possible.

Enfin ses pieds foulèrent les marches de Dolen, tenant toujours fermement sa lame il jeta un regard aux gardes.

« Garde à vous et en phalange ! Nous allons avoir du pain sur la planche ! »

Oh certes il n’avait pas l’autorité mais son charisme naturel lui servait généralement dans ce genre de situation, d’une main il saisit l’un des gardes par le bord haut de sa cuirasse.

« Prévenez tout de suite le Chevalier Vert Shay Ekatz que la plèbe risque de faire des mouvements violents. Allez ! »

Il le poussa sans ménagements pour le faire bouger plus vite et lui faire comprendre l’urgence de la situation avant de faire volte face, épée tirée et venant se tenir en première ligne.
Ils ne passeraient pas.
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Amaélis Eleicúran
Chevalier Errant
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Amaélis Eleicúran


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeSam 29 Juin 2019 - 17:17

[RP Officiel] La rébellion Neutre Shay-53b0df6&[RP Officiel] La rébellion Neutre Zhaleh-drgon-53b0df9
Sergent Shay Ekatz, Chevalier Lié à la Verte Zhaleh.


Avec la participation de Baldrik en tant que lui-même !

Dans la salle commune où se réunissaient les membres des Crocs d’Argent, il régnait un silence inhabituel. Les yeux baissés sur leur maigre pitance, ou bien échangeant quelques rares mots dans le plus discret des murmures, les gardes du Màr Luimë avaient bien pâle figure, et des ombres maussades noyaient leurs traits fatigués. Fatigués, ils l’étaient tous, et las de lutter. Entre les murs aux pierres imposantes et froides, de vagues soupirs de rébellion se faisaient entendre, parfois, mais s’effaçaient dès qu’ils prenaient trop d’ampleur ou que des nouvelles des Hautes Sphères leur parvenaient enfin. Malheureusement, celles-ci ne disaient jamais rien de concret, et les ordres ne changeaient jamais – pas plus que le rationnement, les cris mécontents du dehors, et ce sentiment qu’une stagnation moribonde était à l’œuvre, partout.  

Shay Ekatz, en dépit de toute sa bonne volonté, commençait à douter que tout se terminerait bien pour le Seigneur Seram. Pour être tout à fait honnête, cela ne l'atteignait pas plus aujourd’hui qu’hier. Au début de cette lunaison, le vieux Sénéchal avait à nouveau réuni ceux qu’il avait chargés, au printemps, de démanteler tout prémisse de révolte. À en juger par la situation, il était évident que cette précaution n’avait pas suffi à contenir ni les ambitions, ni les colères, et le Maître Brun avait ainsi démis de leur fonction officieuse les quelques hommes triés sur le volet dont Shay faisait partie. Alors, assis seul sur un banc non loin de l’armurerie, les jambes étalées devant lui sans aucune espèce de bienséance, le Chevalier Vert jouait distraitement avec sa chevalière, qu’il faisait tourner entre ses longs doigts gantés. Les yeux dans le vague, il observait sans vraiment les voir les reflets que créait la lumière en tapant sur le métal.  

Comme ses frères d’arme, il avait envisagé la possibilité d’une mutinerie au sein même de la Garde. Quelle était la valeur d’un serment, quand on avait le ventre vide ? Shay ignorait quelle espèce de reconnaissance tacite envers le Màr, ou envers Kunaï El’Azad, retenait aujourd’hui les soldats de se décider à agir. L’impulsion ne viendrait pas de lui, c’était là chose certaine. Il possédait un naturel très peu enclin à toute forme de révolte, et d’autres considérations occupaient actuellement son esprit. Les cernes inhabituels sous ses yeux en amande étaient là pour témoigner d’un sommeil qui, ces derniers temps, semblait lui échapper. Ainsi, l’Humain, déjà réputé pour son caractère nerveux, dégageait une aura encore plus électrique qu’à l’ordinaire. Sans l’appui secret de Javerth Seram, Kunaï devenait à nouveau le seul responsable du sort d’Usui Ikeda, toujours isolé dans les geôles du Castel – et cela n’allait pas dans le sens de Shay. Il sentit ses mâchoires se serrer ; il avait gâché la première occasion en plusieurs années d’enfin obtenir vengeance, avait péché par indécision.

Et comme si cela ne suffisait pas, sa propre Liée s’était terriblement éloignée de lui, emmurée dans un silence qui ne lui ressemblait pas. S’il ne la connaissait pas mieux, le Sergent aurait soupçonné qu’elle lui cachait quelque chose. La Verte était la créature la plus loquace qu’il avait pu rencontrer, et elle ne manquait jamais une opportunité de s’infiltrer dans les pensées de son Âme Sœur, aimait par-dessus tout l’idée de prendre toute la place. Par le Lien qui les unissait, et même si elle tentait de se faire discrète, il percevait son agitation, sa confusion mêlée de honte et de peine. Cela l’inquiétait, le contrariait et l’empêchait de se concentrer sur ses devoirs. Bien sûr, il aurait aimé pouvoir la questionner, trouver la bonne manière de lui venir en aide, ainsi qu’elle le faisait toujours avec une aisance épatante, mais il n’avait pas sa douceur, et il avait bien peu de temps à lui consacrer.

Le bruit distinct d’une course le tira de ses pensées, et il tourna la tête pour observer le garde qui se dirigeait vers lui à grands pas, l’expression résolument anxieuse. Une fois face à lui, il se redressa en faisant claquer ses bottes contre les dalles, puis lui adressa le salut réglementaire que Shay lui rendit d’un geste désinvolte.

« Sergent Ekatz, un homme s’est présenté aux portes du Castel et a demandé qu’on vous prévienne qu’il se tramait quelque chose en ville. »

« Ah, et c’est qui ? »

Le jeune soldat laissa piteusement retomber son bras le long de son corps et fronça les sourcils en une mine décontenancée. « Je… euh, je sais pas. Il n’a pas donné son nom. »

Shay poussa un soupir, délibérément long et sonore, avant de se pincer l’arête du nez. Il se leva, poussa sans considération celui qui était venu le chercher et se dirigea d’une démarche hargneuse vers l’entrée du Castel Dolen, la cape grise des Crocs d’Argent claquant dans son dos. Il était déjà vêtu de son armure, et son arme pendait à son côté. En traversant la salle commune, il leva le bras pour faire signe à ses quelques hommes d’aller se préparer – rapidement – et chargea l’un d’eux de trouver et d’informer un Capitaine de la situation. Soit le messager était un honnête homme, auquel cas il valait mieux prendre de l’avance sur la mobilisation des Crocs, soit il soutenait une toute autre cause et cherchait à duper la garde. Pour régler au mieux cette dernière éventualité, Shay attrapa une arbalète qu’il arma à la va-vite avant d’apparaître entre les lourdes portes vernies.

Balayant la scène de son regard perlé, il identifia le seul personnage dépourvu de l’attirail réglementaire et descendit les marches pour venir à sa rencontre. Profitant de sa position sur l’escalier, qui lui donnait une certaine supériorité, il pointa son arme en direction de l’inconnu.

« Excuse-moi, monseigneur le Commandant, mais il me semble que t’es pas de la maison. Je te conseille de vite me donner ton nom et tes intentions, parce que j’ai autre chose à foutre aujourd’hui. »

Entendant une voix habituée à commander dans son dos, l’homme fit rapidement volte-face et se laissa tomber sur un genou, épée posée à la verticale sur le sol tandis que son œil étudiait l'homme. Il ne l'avait point souvent vu mais se rappelait au moins quelques caractéristiques physiques lui signifiant que c'était bel et bien le Chevalier qu'il avait envoyé chercher.

« Duc Baldrik de Corbeciel, Aspirant de Maîtresse Aléiya d'Elvrydden. Un discours est en ce moment tenu sur l'Agora et appelle au remplacement du Seigneur Séram par un certain 'de Gilraën', je suis donc venu vous prévenir et me mets à vos ordres. »

Lentement, après quelques secondes de réflexion passées à examiner le visage et la posture du borgne, le Sergent abaissa son arbalète et en retira soigneusement le carreau, qu’il donna à l’un de ses subalternes venu le rejoindre à la hâte. Un élève de la douce Aléiya n’aurait jamais trahi son Màr – une Argentée ne se Liait jamais à celles qui voulaient troubler l’ordre. Néanmoins, sa mâchoire s’était crispée, car il savait très bien de quel Gilraën il était question. Les informateurs en parlaient depuis qu’il avait été élu Sénateur, et cela concordait bien trop avec le début des ennuis.

« Fort bien. J’vais aller voir de quoi il en retourne. Tu peux rester ici, si tu le souhaites, mais en tant qu’Aspirant, tu comprendras que pour ta propre sécurité, j’peux pas te laisser seul. » Puis, se penchant vers son frère d’armes : « Que deux hommes s’occupent de lui, j’veux pas que vous le perdiez des yeux une seule seconde, c’est clair ? Et débrouillez-vous pour avertir Kunaï, vite. »

Baldrik se redressa dignement, et, tandis que Shay et ses hommes le dépassaient pour se rendre sur l’Agora, il mit son poing sur le cœur en signe de salut. Il reprit ensuite place, déterminé à défendre l’endroit.

~°~

° Zhaleh, je suis désolé de te déranger, mais je vais avoir besoin de toi. Rejoins-moi sur l’Agora dès que tu peux. °

Ses cinq subalternes sur les talons, tous dûment équipés et prêts à en découdre, le Sergent Ekatz traversa le Màr. Entre ses nerfs à vif et son sang bouillonnant d’une excitation vicieuse, le Chevalier Vert faisait peur à voir, un masque de haine déterminée gravé sur ses traits acérés. Il n’avait qu’à aboyer brièvement un ordre pour qu’on lui libère le passage. S’il s’attendait à trouver une certaine agitation, il ne fut pas déçu. Les rues étaient noires de monde ; on se bousculait, se pressait, et tout ce beau monde convergeait vers un même point.

Car sa petite taille ne lui permettait pas de voir qui trônait actuellement sur l’estrade dressée en plein cœur de l’Agora, il se mit à hurler plus fort, empoignant au hasard et jetant hors de son chemin tous ceux qui avaient la malchance de se trouver là. Un murmure enflait dans la foule ; certains scandaient leur volonté de révolte ; tous étaient réunis ici car ils souhaitaient la même chose : que le pain revienne dans leurs assiettes. Et puis, une ombre survola la masse humaine, et l’on s’écarta avec précipitation pour laisser la place à une Dragonne Verte de se poser au beau milieu de l’assemblée. Quatre autres Dragons la rejoignirent, forçant les spectateurs à se séparer en des groupes de moindre taille, les isolant les uns des autres. Enfin, il put voir celui qu’ils étaient venus écouter parler – et il n’eut aucune surprise.

Laissant ses hommes encadrer l’estrade, une main posée sur le pommeau de leur glaive ou arbalète armée, Shay s’avança en direction du Sénateur Sévan de Gilraën, non sans retenir une grimace lorsqu’il remarqua les autres membres de l’antique famille Ondine qui se trouvaient là. Shay inclina légèrement la tête en guise de salut, avant de se frapper la poitrine du poing.

« Je suis terriblement navré de vous annoncer que votre rang de Sénateur ne vous dispense pas de respecter les lois de votre Seigneur, messire. » déclara-t-il d’une voix oscillant entre la moquerie et la plus froide évidence. « Je vais donc devoir vous demander de dégager avant d’être obligé de rameuter toute la garde et de vous faire arrêter. »
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeDim 30 Juin 2019 - 0:34

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Sévan de Gilraën & le Bronze Ta'arwa __+__ Aedan de Gilraën & le Bronze Yazwyrm
Sénateur________________Ancien Gix


Comme de juste, la cavalerie ne tarda pas à débarquer, bousculant la foule sur son passage sans une once de délicatesse. Sévan sentit son père se crisper avant même d'apercevoir la petite silhouette du Sergent Shay Ekatz, qui lui intima rapidement de décamper au plus vite.
L'Ondin resta impassible, descendit de l'estrade d'un pas leste et approcha sa tête de celle du Chevalier Vert comme il l'aurait fait pour un enfant. Sans lui rendre son salut, il lui dit froidement, d'une voix qu'il fit forte dans l'optique de porter le plus loin possible :

« Sergent, je suis comme vous croyez le rappeler si opportunément, Sénateur, donc représentant du Peuple et non d'un Seigneur. Ma seule Loi, comme devrait d'ailleurs être la votre, est de protéger les  membres de ce kaerl. Elle nous impose donc à tous deux de renverser un dirigeant ayant décidé en son âme et conscience de tous nous laisser mourir de faim. »

« Choisissez votre camp, soldats. » Il s'adressait cette fois ci aux hommes réunis autour de l'estrade, d'une voix empreinte d'un ton autoritaire et laissant planer son regard azur un bref instant sur chacun d'eux. « Celui du Peuple, de vos frères, de vos familles. Ou celui de l'égoïsme, de l'injustice, de Javerth Seram qui nous abandonna tous autant que nous sommes, qui piétine l'honneur de notre Màr. Sachant que choisir la seconde voie... ne se fera pas sans conséquences regrettables pour vous. »

Il avait parlé d'un ton calme, mais la lueur résolue vrillant en ses prunelles devenues glaciales n'annonçait que trop bien la réalité de ses propos. Sous cette tranquille assurance, l'Ondin ne pouvait toutefois pas s'empêcher de s'inquiéter légèrement : les membres de la garde allaient-ils fondre sur lui, et lui faire rendre son dernier souffle dans la minute ? Il résista à l'envie pressante de porter la main au poignard installé à son côté ; car cela serait annoncer le début d'hostilités qu'ils n'étaient pas encore tout à fait en mesure d'assumer. Les silhouettes élancées des autres Gilraën dans son dos n'étaient qu'un maigre réconfort dans l'attente.

Soudain, deux silhouettes draconiques, une petite Noire et un large Brun, se déployèrent au-dessus d'eux, émettant un grondement puissant. Répondant en écho à ce signal, une quinzaine de forme humanoïdes installées sur la partie droite de la foule se muèrent en gigantesques créatures ailées. Au milieu d'elles, Ta'arwa, qui faisait claquer ses larges mâchoires d'impatience devant le "jeu" qui lui avait été promis en grande pompe.
Un immense sentiment de gratitude envahit le jeune Sénateur en constatant que sa cousine Brynn, la bâtarde de Trystan, se tenait finalement parmi les soutiens. Il en avait douté jusqu'à la dernière minute. La jeune femme avait dardé son regard bleu nuit sur lui, mais ne semblait pas oser s'approcher, ou n'en avait simplement pas envie.

« Vous en avez mis du temps ! » lança Aedan à sa fille et son gendre, descendant des deux dragons nouvellement arrivés. Les deux jeunes gens étaient drapés de la cape caractéristique des Crocs d'argent, et leur armement étoffé ne laissait planer aucun doute sur leurs intentions. Pas plus que leurs chevelures d'argents trahissant en un coup d’œil leurs origines communes avec les principaux fauteurs de trouble.

« Le temps qu'il fallait » grogna l'Ondine d'un air agacé en posant pied à terre. Elle adressa un signe de tête entendu à son père, signifiant que le plan de libération des opposants avait été mis à exécution. Si tout se passait bien, dans quelques minutes tout au plus, ils rejoindraient leurs rangs. Les deux Crocs ne posèrent même pas un regard sur leurs anciens compagnons d'armes, resserrant les rangs derrière Sévan, l'arme prête à être dégainée. Le motif pour une telle défection était la colère envers ces idiots obéissant à tout comme des pantins.
Tous ici avaient assez d'expérience pour ne pas être dupes quand à l'issue de l’événement : Javerth ne se rendrait pas sans coup férir, du sang aller couler. En sa qualité d'ancien Gix, Aedan, particulièrement, ne pouvait l'ignorer. Sentant se déployer sur son échine le frémissement de l'excitation du combat à venir, il se replaça sur l'estrade sur laquelle était auparavant juché Sévan.

« Suivez moi, camarades ! Une énième tentative de négociation ne nous mènerait qu'à la prison, le lâche Javerth Seram ne nous écoutera jamais ! Mais nos armes trouveront leur chemin jusqu'à ses oreilles... j'en fais le serment devant vous. 

Il tourna le visage vers le lieu d'habitation du Seigneur du Màr Luimë. Même s'il devait y laisser sa vie, ce dernier serait au coucher du sol dépossédé à jamais de ce titre. Le Coup d’État était lancé.

"Qu'il ploie sous nous Ailes !" ajouta Sévan alors que Ta'arwa le survolait de près. Après qu'un sourire rare eut éclot sur ses lèvres, il se saisit de son arme et ouvrit le chemin à la foule qui souhaiterait le suivre.
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Galaad Lucis
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeLun 1 Juil 2019 - 23:32



La dernière paye pesait à ma ceinture sans que j’en sois ressente de la joie ou du soulagement. Les écus commençaient à manquer, à la fois dans ma bourse comme dans celles de tous les habitants. L’usure, l’épuisement, la méfiance s’imprimaient sur la face des gens comme dans leur chair. Il y avait quelque chose de pourri au Màr Luimë. J’étais bien placé pour sentir le vent tourner. Bien malgré moi, j’avais toujours été présent à la charnière des événements, en tant que victime ou fauteur de troubles mais jamais en tant qu’acteur premier. Je reniflais les ennuis mieux que personne dans ce fichu Kaerl. Ce parfum de révolte, cette tension orageuse dans l’air, je les connaissais. Il allait se passer quelque chose d’extraordinaire aujourd’hui. A nous de décider ensuite s’il s’agirait d’une bonne nouvelle ou d’une tragédie funeste.

Je courus à l’Agora, une main sur ma bourse pour ne pas me la faire voler, mon esprit occupé par la cavalcade aérienne et métaphysique de mon Lié. Je sentais les émotions d’Elérion supplanter peu à peu les miennes, m’engloutissant sans qu’il y prenne garde et je devais lutter comme un forcené pour garder la tête hors de l’eau. C’était pire qu’un Vol Nuptial. Au moins y avait-il du plaisir durant ce maelstrom psychique sans queue ni tête. Au moins n’y avait-il pas des relents de souffre et de glace dans les pensées de la gigantesque bête de combat qui partageait votre âme…

Je compris à peine de quoi il en retournait. La foule amassée devant l’estrade, la myriade de têtes couronnées d’importance et de dragons aux regards de feu, le brouhaha agité : tout cela n’aidait pas à garder son sang-froid. Je sus toutefois distinguer la fragrance inimitable de la révolte. La révolution tant promise, tant vantée, depuis le soulèvement des négociants, faisait enfin parler d’elle. Mettant le feu aux poudres, ce qui ressemblait à une réunion familiale tourna court et prit bientôt le visage d’un Coup d’Etat tel que le Kaerl le réclamait. Perdu dans la masse anonyme du peuple, moi, médiocre et banale Chevalier Bronze, regardait, médusé, l’espoir chevillé au corps et le cœur hurlant d’exultation, les élégantes et enviées capes grises des Crocs d’Argent se faire face dans les deux camps. Adieu maudit Javerth Seram !
J'aperçus le Sergent Ekatz et me rappelai que je pourrais tenter de briller par mes actions en ce jour. Peut-être alors aurais-je davantage de chance aux sélections pour entrer dans le corps des Crocs d'Argent...

Je ressentis néanmoins un aigre tiraillement dans ma psyché. Ce coup d’éclat m’en rappelait un autre, il y avait de cela plusieurs désillusions, lorsque Dame Al’Ysiria prit le pouvoir. Comme ce jour-là, le trône serait disputé sous les yeux affamés du peuple.

Mais qu’en était-il de la méthode, des moyens mis en œuvre ?
Après tout, ne disait-on pas que l’enfer de Kaziel était pavé avec de bonnes intentions ? Le Màr Tàralöm n’avait-il pas lui-même coutume de recourir aux armes pour mieux appuyer les décisions de gens bien nés, bien mieux informés que le commun des mortels sur l’avenir du monde ?
Je plissai les yeux, dubitatif et constatai avec étonnement – et dérision – que j’avais posé la main sur ma rapière de fortune, pendant à mon côté telle un vulgaire bâton. Je savais me battre avec mes poings. Je savais prendre la fuite. Mais je ne savais rien des secrets de la noble escrime. Je n’avais pas ma place dans ce grandiloquent théâtre, moi, l’ancien paria, le transfuge Ardent que tous avaient oublié et qui était pourtant encore détesté par beaucoup… Maudits soient-ils tous !

D’ailleurs, d’où me venait cette hésitation ? Je sautais de joie l’instant d’avant ! J’aperçus l’ombre fabuleuse d’Elérion au-dessus de moi, tandis qu’il étendait ses ailes pour nous octroyer davantage de place et de respiration dans cette cohue. A en croire l’éclat de son regard autant que la tempête qui mugissait à la frontière de nos esprits mêlés, il se désignait lui-même comme le coupable. Elérion aimait tergiverser parfois simplement pour le plaisir de débattre et d’écouter tous les points de vue. Aujourd’hui, il n’en demeurait pas moins insatisfait, débordant de défiance, voire… De la crainte ? Une coulée de sueur glacée dévala mon échine. Ce Bronze n’avait pas peur de grand-chose en ce monde. Je sentis mes propres entrailles vibrer en rythme du grondement sourd montant de la gorge du grand mâle. Quelque chose ne tournait pas rond.

Je reculai d’un pas, avalant difficilement ma salive et fus soudain percuté par une bourrasque humanoïde aux cheveux blonds. Je lui jetai un regard peu amène avant de reporter mon attention, le souffle suspendu, sur l’estrade principale.

°¤~¤°

[RP Officiel] La rébellion Neutre Athelstan-4d07efc [RP Officiel] La rébellion Neutre Thyst_10
Athelstan Thrawnen & Lhassa
Sénateur

[RP Officiel] La rébellion Neutre 1d187910 [RP Officiel] La rébellion Neutre X-chit10
Harmony Thrawnen & Xòchitl
Cartographe


Dardant des prunelles d’un bleu innocent sur les partisans du Parti Ouvert pour un Coup d’Etat, Harmony Thrawnen ne se rendit pas compte qu’elle venait de percuter le Chevalier Lucis. Ce fut même à peine si elle sentit la main possessive de son frère aîné s’abattre sur son épaule. Athelstan fit pivoter la frêle silhouette de sa cadette pour qu’elle se retrouve face à lui. Le charmant minois de la demoiselle se retrouva dupliqué dans les bésicles aux verres écarlates de son frère sans qu’elle ne réagisse. Trop abasourdie par le chambardement, elle se laissa étudier sous toutes les coutures par son ultime protecteur, tandis que la Verte Xòchitl – pourtant adulte depuis quelques années – trottinait derrière elle comme une gamine affolée.

- Va-t-en, Harmony. Ta place n’est pas ici.

La jeune cartographe sembla se réveiller en sursaut. Elle fut parcourue d’un irrépressible frisson, ouvrit de grands yeux effarouchés. Sa dragonne sur les talons, elle s’enfuit loin de l’Agora, après une brève accolade envers son aîné, rejoignant sans doute son repaire au milieu des livres de la Flèche du Cadastre.

Maintenant qu’il savait sa sœur en sécurité, Athelstan Thrawnen se redressa de toute sa taille. Princier dans sa vêture d’or et d’azur, drapé de son suprême dédain, il prit le chemin de l’estrade en prenant garde à ne pas disperser son escorte – composée uniquement de sa dragonne. Lhassa paraissait si chétive, si insignifiante dans ce décor mais, à cette occasion exceptionnelle, jamais elle n’aurait voulu être ailleurs. Il n’avait donc pas eu le choix que d’accepter sa présence. Lhassa refusait de le quitter d’une semelle depuis des jours. Plus exactement : depuis le début des tensions entre le peuple et les hautes sphères.

Le Maître Bleu n’aimait pas l’ancien Gix de Gilraën. Un homme fort en gueule, qui savait parler par les armes et manipuler une foule. En d’autres circonstances, il l’aurait applaudi et, surtout, lui aurait accordé un respect modéré digne d’un bon soldat. Mais il ne faisait assurément pas un bon politicien. Il maudissait son récent allié, Sévan de Gilraën, de n’avoir pas su tenir tête à son père pour lancer la Révolution à sa manière. Athelstan avait toujours préféré la manière douce, contourner les traditions par le rappel des lois, user du Verbe pour mieux faire ployer la réalité à son bon vouloir. S’il savait évidemment se battre honorablement à l’épée et au tsalion, il n’en demeurait pas moins un maître des mots plus que redoutable. Ce qu’il jugeait comme une grave erreur stratégique lui laissait un goût amer, qui gâchait l’approche de son possible triomphe.

Athelstan refusait de croire en sa réussite, ou de médire sur son échec, tant que tous les éléments n’étaient pas entrés en jeu. Il en avait toujours été ainsi. L’ondin passait pour indifférent à tout car, à la vérité, il ne se réjouissait jamais vraiment de ses succès. Il ne perdait pas de temps à s’émouvoir d’une broutille ou d’un obstacle, car chaque seconde perdue pouvait s’avérer fatale. A chaque pas en avant, il songeait déjà aux cinq suivants. Aujourd’hui, Lhassa ne l’aidait pas à se concentrer pourtant. La Bleue ne connaissait que la loi naturelle du plus fort et ne s’imaginait pas un autre scénario qu’un nécessaire bain de violences – quelles qu’elles soient. Quant à savoir qui serait le plus fort de tous… Si ce n’était pas son Lié, elle ferait en sorte de le sauver envers et contre tout.

La Bleue desserra quelque peu son étouffante étreinte de sollicitude et d’anxiété autour du sénateur Thrawnen lorsqu’elle reconnut sa sœur de couvée parmi les appuis de Sévan de Gilraën. Parmi les autres figures de proue du mouvement, il était naturel d’y voir figurer la propre sœur et l’héritière de la Maison de Gilraën. Lhassa craignait Nuskahh, sa dragonne. La Noire lui faisait peur depuis l’enfance. Elle ne pouvait que courber l’échine devant la radiance et l’autorité de pareille dragonne, fut-elle plus petite qu’elle.

Parvenu sur l’estrade sans encombre, Athelstan se contenta de dérouler un parchemin de doléances et un autre de lois, un dans chaque main, tel un prestidigitateur de prestige, l’expression impassible, face au conflit montant. Il jeta un regard de connivence à Sévan. Prêt à rejoindre le Castel Dolen et entrer dans l'Histoire. Armé du droit et de l’ambition, il sentit son cœur se gonfler de bonheur à la pensée de jouer l’Histoire, ici et maintenant. Qu’importait le final, tant qu’il y avait l’ivresse de la gloire et de l’inédit.

°¤~¤°

[RP Officiel] La rébellion Neutre Glorfi10 [RP Officiel] La rébellion Neutre Vorondil-53b564f
Séléné Lòkë & Vorondil
Ancien prisonnier de guerre


La cité était en feu !

Reclus dans l’ombre d’une rangée de colonnes, à l’écart du plus gros de la foule, Séléné tremblait convulsivement, le regard hanté et la peau plus livide que jamais. Son estomac se contractait en rythme avec les palpitations ventrales de Vorondil, quelques pas en retrait. L’envie de vomir faisait remonter une désagréable bile acide dans sa gorge. Il ne pouvait desserrer les lèvres à moins de risquer de déverser le peu d’aliments qu’il était capable d’avaler au quotidien sans craindre quelque poison. Plus mort que vif, il contemplait la chute de son ami de toujours et l’ascension fulgurante de son meilleur ennemi.

La cité brûlait de toutes parts et personne ne s’en préoccupait.

Séléné tomba à genou derrière un pilier, se recroquevilla, ferma les yeux, tout en serrant les poings jusqu’à faire perler le sang sous ses paumes. Il ne voulait pas assister au traître spectacle de sa maudite idole en train de s’immoler sur l’autel de l’ambition. Cette vue le révulsait.

Pense à l’avenir. Pense à l’avenir… Tout va s’arranger, tu verras. Ça va aller, maintenant… Il va tout arranger ! Il peut tout réparer… Pense à l’avenir, pauvre idiot !

Il aurait dû s’en réjouir. Sévan atteignait son but. Il égalait la puissance tant rêvée des plus grands prédateurs. Dans cette cour emplie de fous, il était le plus aliéné de tous. Bravo ! Oh que oui, il lui portait rancune de rendre réels des rêves et des idéaux qu’il avait eu la bêtise de croire, des années auparavant, quand il avait connu le neveu de son défunt mentor. Oh que oui, il le jalousait plus fort qu’il ne le haïssait ou ne l’aimait ! Il ne savait plus ce qu’il ressentait. La peur dominait toutes les autres émotions, le laissant plus faible qu’après une exposition aux deux lunes.

Son poing droit vint marteler son crâne, tandis qu’il psalmodiait des propos inintelligibles. Dans son dos, Vorondil agitait sa queue mutilée dans un rythme de balancier n’augurant rien de bon. Le dragon n’était pas aveugle de cœur autant que d’yeux. Gagné par la terreur sourde de son Lié, le Brun poussa des stridulations rugissantes, acérées telles des piques de givre et d’acier, qui auraient fait frémir n’importe quel esprit amoureux de belles harmonies. Cette voix grinçante était celle d’un dragon brisé, mille fois mort et mille fois survivant, qui criait d’horreur et de rage face à l’impuissance de ses sentiments.

Des larmes dévalaient les joues blêmes de l’ancien Chevalier du Màr Luimë tandis qu’il enserrait la large tête cornue de son Lié, tel un  naufragé s’accrochant à son navire en perdition. Ni Séléné ni Vorondil ne pourraient sauver leurs frères, dorénavant. Leur chemin s’ouvrait d’un abîme qui les séparait plus sûrement que toutes les guerres du monde.

Un Kaerl paré des couleurs de l’incendie.


Dernière édition par Galaad Lucis le Mer 22 Avr 2020 - 14:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeVen 5 Juil 2019 - 22:10

Belareth grondait. Ses crêtes maxillaires frémissaient tellement qu'on se demandait si elles n'allaient pas s'abîmer. Puis elle grinça des dents. Sa nervosité était palpable, ses muscles tendus. La moindre étincelle pourrait très provoqué une explosion de colère et d'écailles si on n'y prenait pas garde. Et perché non loin de l'Agora, elle avait une bonne vue sur le fourmillement emplis de milliers et de milliers de pensées, d'émotions et de réaction qui se portaient intensément à ses narines. Oui, car les bipèdes pouvaient sentir par leurs pores de leur peau de bien des choses. D'ordinaire, la saurienne verte d'eau savait ne pas en tenir compte, mais aujourd'hui, devant la masse encore grandissante des membres à deux jambes du Màr, qui s'agitaient, qui bouillonnaient, cela lui était impossible. Percevoir olfactivement tout d'un coup était écoeurant et à la fois entraînant. La tension des bipèdes était-elle qu'ils étaient tous à la limite d'imploser et de provoquer un mouvement comme jamais la dragonne verte n'aurait été témoin depuis son éclosion.

Juchée sur ses épaules se dressait Alkhytis, vêtue simplement, car dans la précipitation de ce qui avait commencé à se tramer, elle n'avait forcément pas eu le temps de se vêtir comme à son accoutumé. Elle regardait elle aussi ce qui tramait et écoutait... Les lèvres serrées, elle commençait à comprendre bien des choses auxquelles elle ne s'était intéressées jusque là. HOrmis ses devoirs de Maîtresse Dragon pour former des aspirants, elle avait plus privilégié son train de vie que d'accorder une quelconque attention à la politique du Màr. Oh, elle avait suivi la montée au pouvoir de Javerth, suite à un certain et long retrait de Dinjelaï, la précédente dame que le peuple avait eu à choisir... Ce même peuple qui avait opté pour Jarveth. Mais après tout ce qui s'était passé ces derniers mois, les prises de décisions du Seigneur qu'il était n'avait pas réellement été dans le sens espéré du Kaerl entier. Et guère au goût des Sénateurs. Tout cela, Alkhytis avait eu des retours, des oui dire... Et elle ne s'était pas plus intéressée de ces débuts de tensions que cela... Et elle aurait dû. Maintenant, elle regrettait. Car l'heure prochaine imposerait de faire un choix. Il sera difficile de choisir un camp alors qu'elle n'avait jamais vraiment privilégié un plus qu'un autre, suivant son existence au fil des vagues politiques. Même après la guerre contre l'Ombremage.

°Oui, c'est un peu tard pour avoir des remords ! L'heure n'est pas à l’apitoiement, l'heure est à la décision à prendre pour ce qui est de l'avenir de notre Kaerl ! °

Alkhytis ne put s'empêcher de frémir au ton colérique et réprobateur de sa liée. Belareth avait son caractère et savait l'exprimer quand quelque chose de lui convenait pas. Mais aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, jamais la petite saurienne n'avait vibré d'une telle conviction rageuse. La rage était dans son esprit, elle le sentait, la dragonne ne le cachait pas.

°Tu regrettes et c'est fort dommage qu'il ait fallu qu'on arrive à ces extrémités là pour que tu te rendes compte de notre passivité. Oui, je n'omets pas que j'étais comme toi, à prendre certains choses par dessous l'aile, mais quand je vois maintenant tout ce que nous avons négligé, je bouillonne à l'idée que nous avons manqué à nos devoirs de Neutres. Jamais Javerth n'aurait du agir de la sorte, alors qu'après Drazahir, nous aurions dû, justement, montrer plus encore ce que nous valions... Au lieu de cela, nous nous sommes terrés dans notre trou aquatique. °


L'esprit de la saurienne bouillonnait dangereusement, Alkhytis manqua d'en souffrir tellement la colère était intense chez sa liée. Outre les bipèdes, il y avait aussi des dragons présents, qui roulaient des couleurs de la colère. Rougeoyant, orangé sang... toutes les nuances de cette gamme de couleur y passaient. Et à travers le lien qui la faisait souffrir, elle sentait aussi la confusion, la perplexité, la tristesse également... Cela venait-il de sa dragonne ? De l'assemblée croissante et braillante ? De souvenirs ancestraux ? Elle ne saurait le dire et soudain, devant une brutale onde de choc autant sonore que mentale, elle porta ses mains à ses oreilles. Sans prévenir, Belareth avait poussé un long et puissant rugissement tonitruant, au timbre d'airain furieux.

Pour être puissant, il était puissant, de quoi largement attirer une partie de l'attention sur elle. Déjà que les Neutres présents étaient déjà très tendus, au risque de voir quelques lames sortir de leurs fourreaux, alors si les dragons s'y mettaient aussi. Peut être que certains penseraient à un dragon qui lançait un défi.

De la part de Belareth, ce n'était pas vraiment un défi, mais une provocation à toute cette atmosphère qui provoquait chez elle une petite explosion émotionnelle. Mais rassurez vous, ce n'était pas pour faire couler le sang...

°Est-ce pour l'avenir du Kaerl que vous êtes tous ici à espérer un nouveau Seigneur ou pour sa destruction ? Regardez vous, regardez-vous tous ! Vous êtes sur le point de prendre les armes pour vous battre entre vous ! J'entends des choses de vos bouches et je capte certains de vos pensées, tellement elles sont songées avec force ! Que vous souhaitez changer de voie, pour qu'elle soit meilleure, plus adéquate avec les besoins de notre Kaerl est une chose... Mais faut-il que vous en soyez au point de faire couler le sang pour savoir qui doit choisir son camp ! Voilà à quoi nous en sommes réduits ! A faire tomber des têtes pour des divergences d'idéaux alors qu'on doit faire front commun et comme on a su le faire par le passé quand un Seigneur ou une Dame ne convenait pas pour le Màr ! Heureusement que nous ne sommes plus à combattre Drazahir, car nous aurions été plus qu'une cible de choix sur l'instant ! Et les Ardents vont se gausser de savoir que nous sommes au bord d'une guerre interne, à se battre entre frères et soeurs !
Et je refuse d'entendre que le Kaerl est négligeable, faible, ou incertain de sa fierté, de la solidité de ses enfants ! Si moi, une Verte, arrive à terrasser une Incarnate pendant des Tournois, alors d'autres dragons, d'autres liés peuvent faire preuve  d'une force enfouie aux tréfonds de leurs entrailles ! Moi en tant que Verte, je veux terrasser cette animosité qui s'égraine dans nos coeurs pour des broutilles ! Vous avez la rage, la colère ? Allez nager en surface pour calmer vos ardeurs, pendant qu'on arrêtera les responsables du début de la déchéance de notre Kaerl ! Après vous pourrez revenir plus posés. Ou mieux ! Vous voulez vous défoulez ? Venez ! j'ai de quoi vous faire courir un peu !   °


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeVen 5 Juil 2019 - 23:28

[RP Officiel] La rébellion Neutre Javerth-Seram-Tol-Orea[RP Officiel] La rébellion Neutre Tyom
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Seigneur du Kaerl
&son Lié
le Brun Tyom

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- Emmenez la ! Faites lui quitter le Kaerl et qu'elle n'y revienne pas avant que nous ne soit fini !

Comme pour appuyer ses propos, le vieil homme darda un index inquisiteur sur le garde dont il affubla la mission à l'instant même. Sa voix puissante malgré son âge mûr détonna dans la haute pièce de ses appartements seigneuriaux, frappant avec éclat et tonnerre la pierre humide du Castel Dolen. Son regard ahuri eut à peine le temps de distinguer une ultime fois le visage tiré d'effroi de sa petite fille, Keren, dont les cris d'opposition et les pleurs s'atténuèrent lentement au détour des couloirs à mesure qu'elle fut entraînée de force en lieu sûr.
Les soldats de la garde rapprochée courraient prendre leur position. Ils étaient prêts depuis longtemps maintenant. Le vent avait tourné au sein du Kaerl, et avec lui les effluves de la guerre civile embaumaient l'air. Ce vent gonflerait de larges voiles pour mener à bon port les navires d'une ère nouvelle, mais le prix à payer pour tel voyage s'annonçait déjà bien trop lourd.. 
 
Scandant ordres à tout va, Javerth faisait montrance d'une rigueur somme toute militaire, parfaitement au clair avec le chaos qui s'était élevé aux aurores de ce jour marquant l'Histoire du Màr Luimë. Il était lui aussi prêt pour ce jour, se couchant chaque soir avec l'angoisse de ne guère entrapercevoir poindre la lumière du jour.
Si seulement le peuple savait tout ce qu'il avait fait pour lui.. Des mois que des discussions étaient en cours avec les marchands, des attaques militaires avaient même été évoquées, en dernier recours, pour taire la famine qui hurlait dans le ventre des femmes, des enfants et des hommes. Ils étaient nombreux à scander que le Seigneur s'engraissaient pendant que la foule mourrait de faim, mais il n'en n'était rien : quiconque saurait observer aurait vu les joues de Javerth se creuser et sa panse réduire. Lui aussi avait réduit son rationnement, car malgré toute la dureté du personnage qu'il représentait, le Seigneur aimait les siens, quoi que fusse leur statut.
Certes, certains actes avaient tardé pour sauver le Kaerl ; certes, il n'avait guère entreprit d'autres solutions plus vindicatives mais qui auraient mis un terme à l'embargo ; certes, son perpétuel refus à s'ouvrir sur le reste de Tol Orëa et même de Rhaëg les avait en partie menés jusqu'ici.. Mais devant les dieux, qu'ils en soient témoins, Javerth Seram n'était pas un homme mauvais. Il n'était qu'un homme justement, avec ses défauts et ses erreurs, comme le furent ses prédécesseurs et comme le seraient ses successeurs.
 
Il avait beau s'efforcer à montrer son assurance, un éclat métallique étincelait au dessus de ses iris aquilaines, trahissant les affres de ce qu'il avait aperçu dans ses cauchemars. En ce jour, soit il parviendrait à garder une place sur laquelle il était trop instable depuis longtemps, soit il perdrait tout. Une partie de lui souhaitait la dernière option, trop épuisé de luter avec tant d'acharnement à contenir ce qui ne demandait qu'à exploser. Mais son inéluctable fierté taisait ardemment cette option.
Luisant de sueur et l'oeil effaré, sans comprendre pourquoi, son corps se figea d'un bloc en plein milieu de la salle seigneuriale. Il leva les yeux vers la voûte, si haute et majestueuse, et sembla s'y perdre un long moment comme un enfant découvrant les astres par une nuit étoilée pour la première fois. Il manqua presque d'en tomber à la renverse, se rattrapant en moulinant brièvement les bras, reculant un pied puis l'autre pour s'équilibrer. Ses opales brillantes balayèrent la pièce, s'attardant sur les armoiries du Kaerl, gravées là depuis près d'un millénaire.. Bien que Seigneur depuis plusieurs années, il raisonna tardivement en regrettant de ne pas avoir pris le temps de les observer plus avant. Ses iris s'accrochèrent au moindre détail de la grande salle de trône, inspirant à plein poumons l'odeur si particulière de pierre et de sel qui y régnait. Les jeux de lumière bleutée paraissaient plus virulentes qu'à l'accoutumée, comme si l'océan au dessus d'eux s'apprêtait à accueillir une tempête en ses flots. Cette ambiance somme toute particulière avait des airs oniriques, même pour lui, cet homme si terre-à-terre. Il ferma les paupières, et peina à déglutir. Bien que n'étant pas de nature à se laisser ébranler même par le plus fervents des chaos, son , il savait ce qui l'attendait aujourd'hui..

- Seigneur Seram, vous devez vous cacher, fuyez ! Le garde brisa le protocole, attrapant les épaules du vieil homme pour le ramener à la réalité. Javerth tressaillit, tiré si brutalement de sa torpeur inappropriée pour l'occasion. Il mit quelques secondes pour revenir à lui, encore plongé dans le défilement de ces dernières années si vite passées, puis repoussa vigoureusement l'homme face à lui.
 
- NON ! Je ne leur donnerai pas cette gloire !
 
Machinalement, la pulpe de ses doigts effleura la chevalière en argent qui sertissait son annulaire droit. Son regard sembla devenir sévère à nouveau, comme à l'accoutumée, ramenant son profond déterminisme comme seul atour de son visage usé par le temps mais qui n'avait pas rendu les armes pour autant.
Il fixa les immenses portes du Castel Dolen, en passe d'être condamnées par force planches et clous, mais son regard parut aller au delà, vers ce qu'il y avait derrière, sur l'Agora. Il entendait la foule rugir, distinguant à peine la voix vindicatrice du Gilraën affamé de Pouvoir parmi les éclats effrayés et les applaudissements enfiévrés. De là où il était, il ressentait tout le poids de sa défaite annoncée, mais surtout il humait déjà dans l'air l'odeur du métal des épées et du sang bientôt répandu.
Il savait l'opposition plus forte que les alliés - s'il lui en restait, tant la loyauté était denrée rare.., il avait observé la famille des fondateurs depuis des lunes et n'avait pu que constater leur essor, noyant le peuple sous des paroles mensongères et tyranniques.
 
- Qu'on aille me chercher mon plus beau manteau, et ma tiare.
 
Il passa une main tremblante dans sa chevelure filasse et trempée de sueur, puis sur son visage aux traits ô combien tendus et serti d'une barbe de plusieurs jours. Fixant l'entrée de la salle seigneuriale, il buvait de force l'ivresse du chaos assourdissant au dehors.
Une servante l'aida à enfiler son manteau de laine d'un bleu profond brodé d'or blanc, et ajusta fébrilement la tiare en argent afin qu'elle demeure droite sur le front de son souverain. Chose faite, il la congédia, plus dans l'ordre de fuir trouver refuge qu'autre chose.
 
° Javerth ! Nous ne sommes pas assez pour les retenir ! °

Enfin, il ressenti la présence de son lié, qui vint se poser au sommet des marches de l'entrée du Castel Dolen. Le Brun d'un naturel si calme arborait cette fois ci des opales d'un rouge vif mais orangé, mêlant la fureur à la frayeur. Il n'aimait pas les obscures pensées qui habitaient son bipède, mais lui même se perdait dans ses propres émotions de dragon et celles bien plus éparses du mortel dont il partageait l'âme.
 
° Nul besoin de les retenir, mon vieil ami. °
 
L'Humain s'avança, le pas décidé et militaire, et ouvrit les portes de son refuge sous les visages réticents de sa garde. Avant de ne franchir la haute voûte, il jeta un regard entendu à l'un de ses miliciens à sa gauche et parla avec fermeté et mélancolie à la fois.
 
- Prenez soin de ma petite-fille, tout ce qui m'appartient lui revient de droit et servira à payer sa sécurité au Màr Litsé. C'est le dernier ordre que je vous donne.
 
Après un regard entendu, il fit deux pas de plus. L'épaisseur de la foule le surprit presque, et du haut des escaliers il percevait l'excitation des dragons présents tout autour. Il était vrai que la cité tout entière était en flammes, des flammes animées par un feu invisible et qui ne détruisait pas les bâtiments mais les âmes de son peuple.
Le brouhaha amplifia lorsqu'il imposa sa présence à ses détracteurs, explosant même en insultes parmi certains groupuscules plus véhéments. D'autres se turent, s'accrochant simplement par leur regard à la venue du Seigneur Neutre.
Le Brun Tyom émit un lourd grondement qui tonna comme la foudre pour rappeler à un semblant d'ordre.

° SILENCE ! °

Dans le bref moment de semi accalmie, la voix sûre de Javerth s'éleva avec la puissance de la maturité alors qu'il asséna Sévan d'un regard mêlant la reddition, la colère et la fierté
 
- JE COMPRENDS VOTRE COLÈRE, MAIS JE VOUS IMPLORE ! QUE LE SANG DU PEUPLE NE COULE PAS EN CE LIEU SACRÉ !
 
Tyom se rapprocha de son lié, le plongeant dans l'ombre sous l'une de ses ailes alezanes, protecteur.
Javerth coula un regard vers la foule qui réclamait sa chute, lui qui même en ce jour fatal ne voulait que leur bien. Le douloureux tableau de l'enfant parricide lui vint à l'esprit, et enserra sa gorge, partagé entre la tristesse d'avoir échoué et le dégoût envers ceux qui manquaient de reconnaissance envers lui.
A nouveau il toisa Sévan, et fit résonner son timbre mûr.
 
- Quel Seigneur prendrait le pouvoir en débutant son règne par la mort de ses pairs, pour peu qu'ils soient en désaccord avec ses idéaux tyranniques ?
 
Il leva le menton, empli d'une forme rarissime de dédain, les mâchoires crispées par l'amertume de devoir assurément céder sa place à un dictateur en devenir ...


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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Amaélis Eleicúran
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeDim 25 Aoû 2019 - 18:52

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Chevalier Usui Ikeda, peintre et trafiquant, Lié au Brun Majak.

Enfermée sous terre dans la nuit perpétuelle de son cachot, poignets et chevilles liés par des chaînes devenues trop lourdes, la masse informe qui avait été autrefois Usui Ikeda reposait contre les pierres humides et glaciales.  Sous sa sombre crinière hirsute, parfois, luisait furtivement l’éclat sanglant de la pourpre, noyé dans le puits sans fond qu’avaient formé autour de ses yeux des cernes aux couleurs de la mort.  Depuis quelque temps, et même s’il en avait perdu la mesure, il lui semblait qu’il ne recevait plus autant de visites qu’avant. La nourriture se faisait rare. S’il avait été véritablement fou, les brimades minables et cruelles de Shay seraient venues à lui manquer – et il était bien heureux de constater que ce n’était pas le cas.

° Crois-tu qu’il sait ? °
° Pour l’amour de Flarmya, Majak… Si c’était le cas, il serait déjà venu pour moi. °

Une Lune à peine auparavant, le Brun avait enfin rompu le silence, révélant à l’Ondin la raison qui l’avait poussé à prendre ses distances. Évidemment, Usui lui en voulait profondément, mais il n’arrivait tout simplement pas à lui faire sentir sa colère. Au moins avait-il à nouveau un compagnon avec qui discuter, et dont les pensées, bien que souvent moroses et honteuses, l’aidaient à ne pas perdre pied. Selon Majak, six mois s’étaient écoulés, dehors – et le Kaerl ne ressemblait plus à rien de ce qu’Usui avait quitté. Le Seigneur Javerth Seram était sur le point de tomber, d’une manière ou d’une autre, et c’était tout ce qui comptait. Le Chevalier avait accompli son devoir sacré, qu’il savait inspiré par les plus anciennes voix du Màr. Il en brûlait de fierté, en dépit du prix qu’il avait dû payer.

° C’est pour aujourd’hui. ° avait déclaré le Brun d’un ton qui laissait peu de doute quant à l’anxiété qui dévorait son cœur puissant. Alors, l’Ondin s’était mis à faire s’entrechoquer les lourds maillons de métal. Le bruit, menaçant, résonnait avec un étrange fracas dans les geôles, marquant l’écoulement des secondes ou accompagnant la marche martiale des Crocs d’Argent qui quittaient leurs quartiers, quelque part au-dessus de sa tête. Sa bouche était restée si longtemps crispée que l’envie de sourire le fit souffrir, et il ne parvint même pas à faire se soulever la commissure de ses lèvres. Tordu comme une créature de cauchemar, le Chevalier se traîna vers les grilles, empoigna tant bien que mal un barreau pour tenter de se redresser, puis poussa un long hurlement, la tête rejetée en arrière.  

~°~

C’était sans ciller que Shay avait laissé le Sénateur descendre de son estrade et se pencher ostensiblement vers lui. Il puait la noblesse à plein nez, et quelque chose dans la teinte même de sa couronne d’argent lui paraissait pécher par orgueil. Sévan de Gilraën fit de sa réponse un discours, adressé à l’ensemble de la foule présente, et le Sergent fronça imperceptiblement les sourcils car il ne souhaitait pas servir d’exemple, ni être pris à partie dans cette histoire. Il laissa l’Ondin terminer son laïus, adoptant une posture au déhanché nonchalant, une main appuyée sur le pommeau de son épée. Son visage ne laissait rien transparaître de la haine qui l’habitait, tout au plus un vague mépris qu’on aurait pu croire inhérent à ses traits.

« Moi, je ne suis que Sergent, messire. Cette décision m’appartient pas. »

° Protéger le peuple, hein ? Ceux qui protègent le peuple, c’est ceux qui meurent pour lui. C’est ceux qui ont abandonné femme et gosses pour lui. Ce sont les chiens loyaux que l’on bat dès que leur maître change. J’en ai rien à foutre de qui pose son noble séant sur le trône de ce Màr, tant qu’on paie ma putain de pension. Toi… °

Il cracha aux pieds du Sénateur de Gilraën avant de laisser tomber son tsalion au sol dans un cliquetis funeste. La prudence l’empêchait de révéler le fond de sa pensée, et il n’avait pas assez d’orgueil, de toute manière, pour retirer quoi que ce soit d’une confrontation. Sévan ne lui inspirait rien de plus que du dégoût, et il aurait aimé lui éclater la tête sur le sol, à répétition. Au plus profond de lui-même, il savait qu’Usui partageait ce sentiment, il ne pouvait tout simplement pas en être autrement, et il n’arrêtait pas de se poser la question. Pourquoi lui ? Pourquoi l’avait-il choisi ? En dépit de leurs différences et de leurs différends, les deux anciens élèves de Kunaï vivaient sous le même toit, et jamais aucun d’eux n’avait eu à cœur de détruire la forteresse qui les protégeait.

Et puis, Zhaleh l’avertit de l’arrivée de deux nouveaux Dragons, qui avaient autrefois grossi les rangs des Crocs d’Argent. Parmi la foule, certains membres du public abandonnèrent leur déguisement humain pour revêtir leur armure d’écailles, et Shay fit un pas en arrière, la bouche tordue en un rictus irrité. Il fit volte-face, sa courte cape grise claquant dans son dos, et agita la main en direction de ses hommes.

« Vous avez entendu, les gars ? Faites comme il a dit. J’fais pas de politique, et j’vais pas commencer maintenant. »

Il adressa un sourire torve à ses deux anciens camarades, comme pour leur rappeler à quel point ils avaient sali leurs vœux, et puis, levant son majeur à l’attention de la noble famille, il s’éloigna et disparut, sa courte silhouette rapidement engloutie par la masse agglutinée autour de l’estrade, emportée par le mouvement de foule en direction du Castel.


Son pas traînant résonnait dans le silence du souterrain, et, couplé à sa respiration rauque et chaotique, cela donnait l’impression qu’un monstre innommable rampait et se démenait dans les ténèbres, raclant les murs. Usui connaissait l’existence de ces passages depuis bien longtemps, mais, en réalité, il n’avait plus eu besoin de les emprunter depuis que Flarmya lui avait fait la grâce d’un Dragon. Les rares souvenirs qu’il en gardait étaient bien évidemment flous, et de toute manière, son esprit subissait aujourd’hui le contrecoup de ces longs mois d’isolation. Même sans l’obscurité opaque qui y régnait, le labyrinthe de galeries qui s’étalait sous le Castel et plus loin encore serait resté inextricable. Alors, péniblement, le Chevalier Brun avançait. Il n’avait pas voulu fuir avec les autres ; il n’avait pas souhaité se mêler à la masse des évadés. Tant que l’issue du conflit demeurait incertaine, il songeait qu’il était plus judicieux de rester à l’écart du Kaerl, et n’avait plus en tête que de retrouver son Lié pour se jeter dans l’Interstice et réapparaître quelque part en Orën.

Il avait prévenu Majak, mais celui-ci semblait accaparé par d’autres soucis, et cela plongeait l’Ondin dans une colère houleuse. Il n’y avait pourtant rien de plus urgent, de plus important que sa survie !

Et puis, après une éternité, un autre son se fit entendre à travers les tunnels. Celui, clair et distinct, de bottes dont il n’imaginait que trop bien le détenteur, car il se déplaçait avec rigueur et ostentation, comme un roi en son domaine. Machinalement, Usui chercha de quoi se défendre, mais il avait été complètement dépouillé. Un rare sentiment de panique s’insinua sous sa poitrine, enserrant sa gorge dans une poigne brûlante. Il ne pouvait pas dire qu’il n’avait jamais craint Shay Ekatz, mais il n’avait jamais imaginé se retrouver dans pareille situation un jour. Ici, il n’avait aucune échappatoire. Dehors, les flammes ravageaient le Màr, et, sans doute, si le Sergent avait abandonné son poste, n’y avait-il plus ni ordre ni loi. Usui était fatigué, affamé, fou – et seul. Shay n’aurait pas de plus belle opportunité que celle-ci. Les ongles de l’Ondin crissèrent contre le mur, tandis qu’il tentait d’accrocher les interstices présents entre les pierres pour se redresser.

La lumière vive mais tremblotante d’une torche précéda l’ombre ridicule de l’Humain, avant qu’enfin sa forme n’apparaisse enfin au milieu du boyau souterrain.

« Eh bien, eh bien… Où vas-tu donc comme ça ? Tu comptais filer sans Dragon ? » fit le soldat d’un ton narquois en glissant la torche dans l’un des supports installés le long du mur, et si sa voix n’était qu’un mince filet aigre et hostile, elle se trouvait étonnamment amplifiée par le vide des tunnels.

Un pas après l’autre, tranquillement, Shay réduisit l’espace qui le séparait de son ennemi juré – lequel, courbé comme un bossu, une épaule appuyée contre la paroi, n’avait pas d’autre choix que d’attendre, immobile. Usui se mordit la lèvre ; il se sentait brûler de haine mais toute force l’avait quitté. Le Sergent vint s’accroupir à ses côtés, portant son visage acéré au niveau de celui de l’Ondin.

« Où sont tes amis, Usui ? Où est ton Lié ? Pourquoi est-ce que t’es pas parti avec les autres ? »

Presque délicatement, il tira sa dague hors de son fourreau, dans un long crissement métallique qui fit frissonner Usui. Ses larges yeux de pourpre fouillèrent les perles de nacre, mortes et froides, serties dans la chair pâle de son vis-à-vis, à la recherche d’un vague fragment d’humanité ou de compassion. Il voulut protester, mais seul un râle parvint à s’échapper de sa gorge sèche. Shay agrippa férocement une poignée de cheveux sombres et força la tête de l’Ondin à rencontrer le sol dans un choc douloureux. Un goût métallique envahit sa bouche, et Majak fit irruption dans son esprit, lui hurlant des mots qu’il ne comprenait pas.  

« Tu te souviens de la fois où tu m’as jeté dans l’un des miroirs de la Galerie parce que tu voulais voir si j’allais ressortir par le même ? Ou bien quand … »
° Shay, non ! °
« … tu as trouvé amusant d’empoisonner mon repas afin que je me vide par tous les trous devant le Conseil ? Ah oui, et aussi la fois où tu as volé mes vêtements – ou non, attends, je sais ! Quand tu as marchandé avec les bandits qui nous avaient attaqués, au Ssyl’Shar, et que t’as pu t’enfuir en usant de moi comme monnaie d’échange ? »
° Shay, arrête, je t’en supplie ! °

« Je suis désolé. » répliqua Usui sans trop y croire. Maladroitement, il essayait de saisir Shay, d’entrer en contact afin d’user de sa toxine, mais le Sergent, en plus de son évidente supériorité physique, était, comme à son habitude, couvert des pieds à la tête.

L’Humain éclata d’un rire profond face à ces tentatives, puis envoya un violent coup de botte dans les côtes de son ancien camarade, le faisant rouler sur le dos. Le Sergent l’enjamba et se pencha vers lui pour attraper le col de sa tunique déchirée. « Pas moi. » cracha-t-il, les lèvres tordues en un rictus haineux. Usui observa les doigts gantés, impatients, raffermir avec une lenteur mesurée leur prise autour du pommeau de la dague, dans une danse qui l’hypnotisait. Shay ne parlait plus ; il n’était plus question de jouer, maintenant. Son sang hurlait si fort dans ses tempes qu’il n’entendait même plus les battements douloureux de son propre cœur. Des larmes amères brouillaient sa vision ; il ne s’était jamais senti aussi impuissant, aussi perdu.

Dans un tourbillon de voiles céladon et mauve, la frêle forme blonde de Zhaleh se jeta soudain dans les bras de son Lié. Celui-ci la réceptionna avec surprise, perdant l’équilibre, et, tandis qu’elle prenait son visage entre ses mains fines, une expression de pure panique plaquée sur son joli minois, le Chevalier, lui, semblait vouloir la repousser. Usui en profita pour ramper difficilement hors de portée et se blottir contre la pierre, essuyant le sang sur sa joue et sur ses lèvres d’un revers de main.

° Tu ne peux pas le tuer ! °
° Et pourquoi ? C’est le bordel là-haut, et puis à qui il va manquer, hein ? Regarde-le ! °

En dépit des efforts de Shay, Zhaleh refusait de le lâcher. Ses pommettes hautes s’étaient parées d’un rose honteux, et elle vrillait son Âme Sœur d’un regard chargé de regrets.

° C’est Majak… Je… Je ne voulais pas que tu l’apprennes comme ça, Shay ! Oh, mon Shay chéri, je... °

Tandis que ses yeux perlés s’écarquillaient, dans un mélange de surprise et d’horreur, une expression de dégoût déformait lentement le visage du Sergent, à mesure que l'image d’œufs nacrés, blottis sous des ailes brunes et des ailes de jade, se dessinait dans son esprit. Cette fois, il parvint à se défaire de l’étreinte de Zhaleh pour l’envoyer à terre à son tour, sans aucune douceur. « Comment as-tu pu… ? Comment as-tu pu me faire ça ? » Il porta une main à son front, comme s’il avait été en proie à une véritable douleur physique, tout en se reculant pour trouver appui contre le mur opposé. La pauvre Dragonne se traînait à même le sol dans sa faible enveloppe bipède, les bras misérablement levés en direction de son Lié, les joues maculées de larmes et de poussière. « Tu me répugnes. T’approche pas de moi. Je… J’veux plus entendre parler de toi, tu m’entends, petite putain de Verte ? Dégage de ma tête ! »

L’Humain semblait avoir complètement cédé à la panique. D’un geste rageur, il essuya les larmes que la tristesse émanant de sa Liée faisait couler sans qu’il puisse les retenir, avant de récupérer la torche et d’abandonner Usui et Zhaleh aux ténèbres. Les sanglots de son Âme Sœur, qui continuaient de lui fendre le cœur, le suivirent le long des couloirs souterrains.
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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] La rébellion Neutre   [RP Officiel] La rébellion Neutre Icon_minitimeDim 24 Nov 2019 - 20:07

[RP Officiel] La rébellion Neutre Nejdan11__[RP Officiel] La rébellion Neutre Siarhe10 [RP Officiel] La rébellion Neutre Siarhe12
Nejdan Jacek & le Brun Siarhei
Croc d'Argent


Theme Song :
Fear – Atom Music Audio

Dès le commencement de l’année 919, pour des raisons qui lui étaient propres et qui échappaient à beaucoup, Javerth Seram, le Seigneur en titre, durcissant sa politique, avait pris de bien impopulaires mesures. Petit à petit, lunes après lunes, la tension avait crû, accompagnant le lent repli sur soi du Màr Luimë. Les frontières du Kaerl s’étaient assorties de contingents de gardes supplémentaires, avant de se refermer complètement. Les marchands n’avaient plus été autorisés à entrer et sortir librement de la citadelle Engloutie. Les denrées de base avaient commencé à se faire rares. A cette époque, lorsqu’on lui demandait son avis sur la situation, le plus souvent, Nejdan se contentait de hausser les épaules sans répondre. Bien qu’ayant fêté son passage à l’âge adulte, Siarhei était encore jeune, et le sang-mêlé comptait bien profiter de sa liberté retrouvée, maintenant qu’il était Chevalier. Il ne niait pas ressentir une vague inquiétude à l’égard de l’avenir de ce qui s’était imposé comme sa nouvelle demeure, mais il laissait à d’autres le soucis de se préoccuper de tout ça. Il refusait tout simplement de s’impliquer. D’ailleurs, de nouveaux Sénateurs avaient été élus, n’était-ce pas leur rôle de prendre les choses en main ?

Mais les lunes s’étaient écoulées, lentement, sans que rien ne change, en apparence. Puis, un beau jour, alors que le printemps s’annonçait et que les arbres bordant les allées se chargeaient de fleurs, Jilian Faron, son ancienne Maîtresse Dragon, était venue le voir, l’expression grave. La rumeur enflait sur le marché noir, et ses informateurs étaient anxieux. Quelque chose de dangereux se préparait. Elle envisageait de renforcer les rangs des Crocs d’Argent pour sécuriser l’Agora, et souhaitait qu’il fasse partie des nouvelles recrues. Elle avait confiance en lui. D’abord, il avait refusé. Malgré tout le respect qu’il éprouvait pour Jilian, il n’avait pas l’intention de mettre les pieds, de près comme de loin, dans ce nid de vipère que représentait l’arène politique. Siarhei n’avait rien dit, se contentant de le suivre, silencieux, réprobateur, mais il avait senti le poids de son regard triste posé sur lui. Les jours avaient passé, et Jilian n’était pas revenue. L’atmosphère devenant électrique au Màr Luimë, le jeune homme choisit de passer plus de temps encore à l’extérieur, s’évanouissant dans la nature parfois pendant plus d’une semaine. Que devait-il à ce Kaerl après tout, en dehors de sa rencontre avec son Brun ?

Iolyaku vint, et passa. Au dernier quartier de la lune dédiée à cette Déesse incarnant pourtant logique et sagesse, la situation implosa. Les marchands, excédés, se soulevèrent, et un blocus fut mit en place, à la fois à Lòmëanor et au Kaerl. Ce qui aurait pu n’être qu’un faux pas de plus du Seigneur Seram devint le symbole de ce qui deviendrait plus tard une véritable rébellion. Au pied du mur, le Sénéchal décida d’envoyer l’armée pour réprimer toute opposition. La loi martiale fut décrétée. En vain. Poussés par la faim, la colère et le désespoir, les marchands, aidés dans l’ombre par des partisans pas tout à fait désintéressés, tinrent bon. Les premiers frémissements de l’été se firent sentir, irrémédiablement entachés par le sang du peuple Englouti, versé par ceux-là même qui auraient dû être chargés de maintenir la paix.

Incapable de contenir plus longtemps son angoisse, Siarhei éclata en une violente diatribe à l’égard de l’attitude bien trop lâche de son Lié, résultant en une dispute qui le laissa abasourdi, les larmes coulant librement sur ses joues, rongé par une impensable culpabilité. Allait-il rester inactif, choisissant et refusant sciemment de s’engager alors que les siens se battaient et mourraient ? Alors, dès le lendemain, lui qui tenait la liberté de choisir sa propre vie comme la chose la plus précieuse au monde, Nejdan alla se présenter, très humblement, à Jilian. Il acceptait son offre. Il entrerait dans les Crocs d’Argent.
Après une brève évaluation de ses capacités, il fut donc placé en tant qu’archer et éclaireur, sous les ordres de la Sergente Anahita Kesari, Ondine sévère liée à la Verte Shalmali, et rapidement déployé en surveillance, lui et ses nouveaux frères d’armes, en des points stratégiques de la cité.

Flarmyaku apporta avec lui les premiers incendies, prémisses de ce qui menaçait de devenir une véritable guerre civile si rien n’était fait. Inexorablement, grandissant de jour en jour, un terrifiant gouffre se creusait entre les partisans intégristes du Seigneur en titre, et curieusement, de ceux qui s’étaient élevés comme les opposants à ce régime oppressif : les charismatiques de Gilraën, parents du regretté Seigneur Trystan, descendants des fondateurs de l’Ordre Draconique. Parmi eux, le nouveau Sénateur, Sévan, élevé à ce poste lors des élections de Llefelysku, attirait les regards. On chuchotait que ce jeune homme brillant pourrait devenir la figure de proue du mouvement rebelle. Trop peu de temps après pour que ce soit une véritable coïncidence, des affiches satyriques apparurent sur les murs, se multipliant, dénigrant la politique du vieux Sénéchal.
Remisant alors son uniforme militaire au placard, car bien trop reconnaissable, Nejdan se mit à patrouiller anonymement dans les rues, engageant la conversation de ci de là au hasard de ses déambulations, toujours en compagnie de son Lié, Siarhei refusant de le laisser aller seul. C’est ainsi qu’au détour d’une ruelle obscure, un soir, il capta une conversation secrète entre deux hommes. Il y fut mention d’un lieu, l’Agora, et d’une date, capitale pour les insurgés, à laquelle tous devraient ‘‘se tenir prêts’’.
Une fois prévenue, la Maîtresse Verte Kesari arbora un air soucieux et lui conseilla sèchement de n’en parler à personne. Même au sein des Crocs d’Argent, la dissension se faisait de plus en plus sentir, et les rapports douteux que le Sergent Ekatz entretenait avec le précieux prisonnier retenu dans leurs geôles, connu sous le nom de ‘‘Marchand de Sable’’, étaient désormais loin de faire l’unanimité.

Puis, la date fatidique se rapprochant, un nom commença à courir sur toutes les lèvres, se propageant de bouche à oreille, connu de tous en dépit des efforts acharnés de la Garde qui interdisait à présent tout rassemblement. Gilraën. Gilraën. Gilraën. Et leur devise, partout, résonnait : « qu’ils ploient sous nos Ailes ! »

***

Au matin du jour dit, Nejdan avait pris poste sur le toit d’une boutique bordant l’Agora, son grand arc bandé et prêt à décocher, Siarhei perché un peu plus loin, gardant un œil attentif sur tout danger potentiel pouvant menacer son Lié. Il savait ses frères d’armes répartis tout autour de la place, ceux qui avaient choisi de vouer leur fidélité à la paix et à la protection du Kaerl plus qu’à un quelconque pouvoir régnant. Ils ne soutiendraient ni les Gilraën, ni le Sénéchal. Ils ne suivraient que leur propre cœur.

La respiration calme et détachée, il assista au discours nostalgique et passionné d’Aedan de Gilraën, ancien Gix et patriarche de sa maison, puis à celui, non moins fougueux, de son fils, le Sénateur. Ils étaient dans la plus parfaite illégalité en organisant cette assemblée sauvage, plus encore en se positionnant ouvertement contre Javerth Seram, et ils le savaient. Le sang-mêlé, songeur, s’interrogeait sur ce qui adviendrait s’il lâchait sa flèche ici et maintenant, perçant le cœur arrogant du jeune de Gilraën. Y aurait-il quelqu’un pour prendre sa suite, ou bien tout serait-il enfin terminé, toute menace écartée ? Il pinça les lèvres, infléchissant légèrement sa prise sur la corde. Bien sûr, il avait ses ordres, et Anahita serait mécontente, gracieux euphémisme pour dire que l'Ondine l’étranglerait sans doute de ses propres mains. Le jeu en valait-il la chandelle ? Un grondement mental, inquiet, le ramena à des préoccupations plus terre à terre et le Chevalier Brun plissa les yeux.
La foule, agitée et vindicative, avait encore grossit, et fendant sa masse compacte, une silhouette familière se rapprochait lentement de l’estrade, bientôt rejointe par une petite dragonne aux écailles de jade. Zhaleh … Et Shay Ekatz.
Le temps que Nejdan ne capte le regard de sa supérieure, postée quelques pas en retrait derrière lui, quatre autres dragons avaient atterrit, dispersant les gens, effrayés par l’apparition des sauriens. Tous étaient liés à des Crocs d’Argent, ce qui n’augurait vraiment rien de bon. Le Sergent Ekatz étant surtout connu pour son interprétation bornée et littérale de la loi ... Anahita secoua négativement la tête, lui faisant signe d’attendre, et il se rembrunit, sentant son cœur s’accélérer. Les soldats entouraient à présent Sévan de Gilraën, dans l’intention manifeste de l’arrêter, ou a minima de de l’empêcher de poursuivre sa joyeuse petite allocution appelant à la révolte. Sur l’estrade, les membres de sa famille s’étaient tendus, menaçants, empoignant leurs armes, tandis que le jeune Sénateur faisait fièrement face au Sergent.

Sentant ses mains se mettre à trembler en apercevant deux nouveaux dragons, puis le Sénateur Athelstan Thrawnen s’ajouter à la troupe Gilraën, le sang-mêlé se mordit violemment la lèvre inférieure pour se forcer à reprendre son calme. L’idée d’un bain de sang s’annonçant de plus en plus inévitable, lui donnait littéralement la nausée. Comment allait réagir Ekatz face à une telle provocation ? Et il suffirait d’un idiot exalté dans la foule pour que …
Son souffle se bloqua dans sa gorge lorsque le Sergent se pencha pour cracher aux pieds de Sévan de Gilraën, y laissant tomber son tsalion dans un fracas retentissant à travers tout l’Agora, avant de faire volte-face. Sans perdre de temps, le Chevalier Vert abandonna son poste, adressant aux Gilraën un ultime geste d’injure qui ne put qu’arracher à Nejdan un rictus admiratif. Voilà qui était pour le moins inattendu. Et pourtant, une fois encore, le signal ne vint pas, Anahita restant muette, les yeux clos, apparemment en grande conversation avec sa Liée.

Laissés à eux-même, les autres soldats s’entre-regardèrent et commencèrent à reculer prudemment alors que un par un, se révélant dans le public, des dragons reprenaient leur forme naturelle. Le jeune homme pouvait sentir ramper sur sa peau, goûter sur ses lèvres la tension morbide qui empesait à présent les esprits de la foule, cette soif de sang qui faisait bouillir leur sang. Le calme ne tiendrait plus longtemps, et alors, le peuple du Màr Luimë s’entre-déchirerait.
Même l’arrivée du Seigneur Seram, ayant courageusement choisi de quitter le refuge du Castel Dolen pour affronter son adversaire politique, et son questionnement rhétorique, pourtant d’une cruelle justesse, ne fit l’effet que d’une trop brève accalmie. Sans pour autant cautionner le régime intégriste de Seram, loin s’en fallait, Nejdan approuvait ses sages paroles et envisagea ainsi, très sérieusement, d’enfin décocher sa flèche pour faire taire le jeune Sénateur. Cela risquait certes d’être l’étincelle mettant définitivement le feu aux poudres, transformant Sévan en une figure de martyre et faisant basculer dans une guerre ouverte le fragile statu-quo entre les deux camps … Mais au moins l’agitateur serait mis hors d’état de nuire, le Seigneur peut-être destitué, et le Conseil en tirerait les leçons qui s’imposaient.

Joignant le mouvement à la pensée, il accentua la tension sur sa corde, la ramenant souplement derrière son oreille, retenant son souffle pour stabiliser son tir. D’un geste précis et presque gracieux, il la relâcha, en appréciant la note vibrante, le regard fixé sur sa cible. Mais les Dieux devaient avoir décidé qu’il n’était pas l’heure pour Sévan de Gilraën de quitter ce monde, car une puissance silhouette argentée, en surgissant brusquement de derrière les bâtiments, dévia la trajectoire de sa flèche qui retomba, inutile, sur les dalles de marbre de l’Agora. Dressant une main devant ses yeux pour se protéger des bourrasques engendrées par le battement puissant des ailes draconiques, il contempla, stupéfait, le vol majestueux de Serenah.

**Mère !**

Irradiant d’espoir, l’appel de Siarhei résonna dans son esprit, et ce fut la dernière chose qu’il entendit avant que l’obscurité ne s’empare de lui.

***

[RP Officiel] La rébellion Neutre Anahit10_[RP Officiel] La rébellion Neutre Shalma11
Anahita Kesari & la Verte Shalmali
Sergent des Crocs d'Argent

Le menton dans une main, maussade, Nejdan contemplait sa tasse, remplie d’une infâme décoction supposée contrer les derniers effets secondaires de la toxine Ondine qui courait encore dans son sang. Pour la cinquantième fois en quelques minutes, il soupira lourdement, se massant le front. Consigné au Màr après ce qui avait été jugé comme ‘‘un acte d’insubordination inconsidéré’’, il n’était pas autorisé à quitter la caserne, et passait donc le plus le plus clair de son temps isolé dans sa chambre, avec pour seule compagnie son Lié et le jugement silencieux qu'il lisait dans ses yeux. Ce qui était tout bien considéré une indéniable amélioration comparé à son état déplorable lorsqu’il avait repris conscience, à demi paralysé, emprisonné dans une geôle humide du Castel Dolen.

Contenant à grand peine son excitation, d'un ton consciencieux, son Brun lui avait fait un récit complet des évènements. Soucieuse de l’escalade rapide de la violence lors de l’affrontement entre Javerth Seram et Sévan de Gilraën, Anahita avait fait prévenir la Dame Argentée Aléiya d’Elvrydden, avec qui elle avait été en contact étroit depuis l’apparition des premiers troubles au Kaerl. Jugeant la situation suffisamment grave pour intervenir, pressentant que le Màr Luimë était bien trop proche d’une sanglante révolution, Aléiya était allée quérir en toute urgence la seule à même de pouvoir soumette le peuple Englouti à sa volonté : la Gardienne du Kaerl, Nienor del Cirth. Avec l’Argentée Serenah pour escorte, les deux femmes avaient gagné l’Agora par un chemin détourné, évitant ainsi la foule et ses dangers. Kunaï El'Azad, Maitre Bronze et actuel Gix, était également arrivé peu après, accompagné par une troupe de soldats de son cru, renforçant aussitôt la sécurité sur la place.

Sa voix tonnant dans les esprits avec une force inimaginable pour une si frêle enveloppe, Nienor s’était alors imposée en quelques secondes seulement, rayonnante d’autorité en réclamant le contrôle immédiat de l’ensemble des Crocs d’Argent présents, quelle que soit leur allégeance présumée. Avec leur aide, elle avait fait arrêter sans attendre tant Javerth que Sévan, énonçant froidement à chacun d’eux leurs chefs d’accusation et leur évidente culpabilité dans ce qui avait bien failli se produire. Chaque camp privé de sa figure de proue, la foule s’était finalement dispersée d’elle-même, à l’exception de la famille de Gilraën, dont le patriarche, Aedan, avait osé élevé la voix contre la Gardienne, s’opposant vivement à l’arrestation de son fils … Conduisant inévitablement à ce qu’il soit lui aussi mis aux arrêts, en attente des procès à venir qui jugeraient ou non de son innocence.

« Nejdan.
Nejdan Jacek.
Chevalier ! »


Le ton, autoritaire, le poussa à relever la tête pour contempler le visage séduisant quoi que passablement excédé, de sa supérieure. Peu concentré sur ce qu’elle pouvait bien lui raconter, il s’égara un instant, distraitement, à admirer l’éclat de ses iris d’émeraude, qui arboraient en réalité le vert exact des écailles de sa Liée, Shalmali. Foutues plantes, qui lui embrouillaient l’esprit.

« J’apprécierai un peu plus d’attention de votre part. »

Elle fronça ses charmants sourcils, ses lèvres purpurines se tordant quant à elles en une moue peu engageante.

« Oui, Sergent. »

Laconique, la réponse du jeune sang-mêlé manquait sérieusement d’énergie. Il soupira à nouveau. Il avait bien assez de Siarhei pour lui faire la morale. Si elle continuait comme ça, son crâne n’allait pas tarder à exploser.

« Après de longues délibérations, Aléiya a enfin réussi à obtenir votre libération auprès du Conseil. Vous pourrez reprendre votre poste dès la semaine prochaine. Je compte donc sur ... »

Elle s’interrompit avant de pouvoir terminer sa tirade, un jeune messager en tenue grise, sans doute un Aspirant effectuant son apprentissage auprès des Crocs d’Argent, s’étant penché à son oreille, une main posée sur son épaule pour attirer son attention. Rapidement, le garçon s’inclina, repartant sans attendre dans la direction dont il était venu. Les prunelles de la Sergente s’ombrèrent d’une inhabituelle gravité, et à voix basse, sans sembler en avoir réellement conscience, elle annonça :

« Javerth Seram a été retrouvé mort dans sa cellule. Certainement empoisonné. Le Conseil ignore comment une telle chose a pu arriver ... »


-- FIN --

HRP : A l'issue de ce RP, voici un point sur la situation des personnages importants mentionnés dans le scenario.
- Javerth Seram, destitué de son titre, est bel et bien mort. La rumeur court qu'il s'agirait d'un suicide : il a probablement bénéficié de l'aide de complices.
- Aedan et Sévan de Gilraën sont en prison, et ce pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que jugement soit rendu. Ils sont considérés comme trop dangereux pour être remis en liberté. Le reste de la famille de Gilraën, déshonorée, fait désormais profil bas.
- Aléiya d’Elvrydden, étant donné son statut de Dame Argentée et d'ancienne candidate à la régence du Kaerl, est intégrée au Conseil en tant que Sénatrice et Sauriv (l'Oeil du Sénat au sein du Conseil).
- Le Conseil du Màr Luimë assure donc la régence du Kaerl en l'absence de tout Second ou Seigneur, et ce jusqu'à ce que de nouvelles élections soient organisées ou un nouveau Seigneur désigné par leurs soins.
- Usui Ikeda, le "Marchand de Sable", libéré de son emprisonnement par des partisans, quitte le Kaerl avec son Lié, Majak, après l'éclosion de la couvée de la Verte Zhaleh. On ignore tout de sa destination.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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