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 [RP] La Danse des Feux Célestes

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeMer 20 Nov 2019 - 15:37



[RP] La Danse des Feux Célestes Avatar_zevradhavan_tolorea & [RP] La Danse des Feux Célestes La_Blanche_Rakesh_Tol_Orea_VAVA [RP] La Danse des Feux Célestes Rakesh_la_blanche_tolorea
Adhâvan Ilaiyaraja & La Blanche Rakesh

Theme Song :
In the Gardens of Armida – Irfan

~ 13 Eurilyaku 919, nuit

La réponse du jeune mâle n’avait pas tardé, enthousiaste, à parvenir en retour à Rakesh, au grand désarroi d’Adhâvan. Des pensées de Nagendra face à leur rencontre, en revanche, si Llyr en avait fait une quelconque mention, la dragonne ne lui dit rien. S’arrachant lentement à l’étreinte étouffante de sa Liée, l’Elfe ressentit alors un irrépressible frémissement d’impatience le parcourir de part en part, et il soupira nerveusement, s’avouant vaincu. Avant toute chose, il ne souhaitait rien d’autre, pour le moment, que quitter les Cavernes Flamboyantes et leur atmosphère pesante de suspicion et de complots, pour enfin se soustraire aux regards et aux murmures. Il avait beau de ne pas y accorder de véritable importance, se trouver ainsi exposé en pleine lumière ne lui était pas moins difficile à accepter. Aussi, lorsque la petite Blanche se détourna de l’entrée principale des sables d’éclosion, il hésita quelques instants, son regard se portant fugitivement vers le haut des gradins, avant de la rattraper d’un pas hâtif. Qu’avait-elle encore en tête ?

Le bout de sa queue ondulant paresseusement derrière elle, Rakesh ne prit pas la peine d’éclairer son Lié sur ses intentions et il ne put que la suivre, lèvres pincées et sourcils froncés. Après de longues minutes de cheminement silencieux, la fine couche de sable encore répandue sur le sol de pierre étouffant le son de leurs pas, ils débouchèrent finalement dans une surprenante caverne, uniquement éclairée par d’étranges cristaux rougeoyants, gigantesques, jaillissant comme d’innombrables crocs désordonnés. Et au centre de la grotte, un lac, à l’étendue immobile et miroitante, sans doute suffisamment grand pour accueillir en son sein une Incarnate.

« Je n’avais pas connaissance d’un tel lieu au Kaerl. » Son souffle, surpris, lui échappant sous forme d’une petite volute de buée, il se pencha pour tremper l’extrémité de ses doigts dans l’eau. Chaude. Aussi idéalement chauffée que pouvait l’être un bain. Un bassin naturel dédié aux dragons ...

**Comment le pourrais-tu, ô mon aimé, quand ce joyau secret est réservé à l’usage exclusif des Reines occupant les sables ?**

Un petit ricanement mesquin et satisfait lui échappa, et la dragonne se laissa glisser avec délice dans l’onde tiède. Encore un privilège de plus dont elle pourrait se targuer d’avoir amplement profité, même si c’était certainement pour la dernière fois avant longtemps. Résonnant de manière curieuse sous le plafond bas et hérissé de la grotte, un profond grondement de plaisir fit vibrer son ample poitrail, et elle reporta un regard enjôleur, piqueté d’émeraude et de saphir, sur son Elfe.

**Viens donc me rejoindre, Kishan.**

Bras croisés, l'expression lasse et désapprobatrice, il la toisa un instant sans répondre, débordante d’orgueil qu’elle était. Devait-il une fois encore choisir céder à ses caprices ou serait-il plus sage pour lui de refuser ?

**Allons, tu ne voudrais pas que je fasse mauvaise figure face à mon royal prétendant ?**

Les subtils sous-entendus glissés derrière son innocente remarque vinrent incompréhensiblement piquer au vif sa sensibilité déjà durement éprouvée, et les dents serrées, il ôta successivement bottes, ceinturon, surcot et tunique pour accomplir ce que désirait la dragonne. Le sable ne manquait pas au bord de ce lac. Il frotterait ses écailles jusqu’à ce qu’elles brillent de l’éclat aveuglant du diamant, et qu’il soit damné si son intenable Blanche jugeait ne pas encore attirer de regards suffisamment envieux à son goût.

**Qu’il est agréable que tu comprennes si vite ce que l’on attend de toi !**

Un nouvel éclat de rire cristallin accompagna sa provocante déclaration, avant que Rakesh ne se rapproche, complaisante, pour faciliter la progression de son Lié.


Il lui avait finalement fallu près d’une heure entière de travail soigneux avant que chaque parcelle du corps écailleux de sa Lié n’ait été convenablement étrillée et bichonnée, au point que les articulations de ses doigts en soient devenues presque douloureuses. Pour autant, la tâche, par son côté répétitif et fastidieux, était curieusement parvenue à apaiser son esprit enfiévré, lui permettant d’occulter pour un temps toutes ces pensées qui ne faisaient que tourner vainement dans sa tête. Quant à sa Liée, parfaitement ravie et de bien meilleure humeur qu’auparavant, sa parure d’écailles plus que simplement blanche, elle arborait maintenant les reflets riches et chatoyants des opales.

Une fois revenus à leur weyr, se débarrassant de son uniforme, il s’était vêtu après une toilette sommaire d’une tenue plus simple et confortable, les manches d’une chemise ivoirine retroussées jusqu’aux coudes. A présent, assis en tailleur aux pieds de Rakesh, les yeux clos et plus ou moins détendu, il supportait bon gré mal gré ses attentions, tandis qu'elle s’affairait patiemment à démêler sa longue chevelure encore humide. Aussi improbable que l’on aurait pu le croire, son âme-soeur faisait preuve d’une égale dextérité, née d’une longue habitude. Ce genre de petits moments privilégiés entre eux, ces moments de calme précédant la tempête, étaient excessivement précieux aux yeux de la Blanche, qui n’avait guère eu à insister pour que son Elfe la laisse faire. Elle le savait pensif, et respectait son besoin d’introspection. Il n’avait pas besoin d’être poussé en permanence, car son esprit toujours en alerte l’amènerait de lui-même aux conclusions qu’elle attendait. Pour l’heure, ils avaient plus important à faire.

Attachant sommairement les fines mèches d’or blanc sur sa nuque à l’aide d’un lacet de cuir brun, la dragonne se pencha pour l'enlacer malicieusement, en profitant pour lui chuchoter à l’oreille :

« Inutile de perdre du temps à les tresser, mon travail serait de toute façon bien trop vite défait. »

Gardant un œil luisant sur l'évidente rougeur coupable qui envahissait les hautes pommettes d’Adhâvan, elle s’écarta, et lissant du plat de la main sa courte robe de lin, planta ses poings sur ses hanches, observant son Lié d’un air critique. Refusant de lui laisser le temps de tirer plus avantage de la situation, ce dernier se redressa d'un bond, empoignant son lourd manteau de vol pour se protéger du froid de l’Interstice, et lui annonça d’un ton un peu trop vif pour être parfaitement serein :

« Allons-y. »


Lorsqu’ils avaient atterri dans la clairière, juste assez vaste pour laisser se poser un grand mâle, la Sylve de Nòrui résonnait de vie, de bruissements et de gazouillis divers. Mais à présent, un silence profond s’était fait, même les grands carnivores qui hantaient la forêt se faisant discrets en la présence de la dragonne. Il n’y avait que le dais du ciel nocturne, d’un bleu indigo presque noir, et la valse empressée des météores célestes loin au dessus d'eux pour les distraire. Au cœur de la nuit, la Sylve était obscure et mystérieuse, et l’éclat des lunes ternissait l’or délicat de la silhouette de son Lié. Le laissant s’appuyer tout contre elle, la tête reposant contre ses blanches écailles et contemplant songeusement le firmament étoilé, Rakesh s’était allongée sur le flanc, savourant la beauté austère que présentait Adhâvan dans cet écrin éphémère de nature. Il lui paraissait à sa place dans ce tableau, plus à l’aise qu’au sein de l’ambiance lourde et poisseuse du Màr Tàralöm, et son cœur se gonfla d’un amour possessif à son égard. Il croisa son regard, muet, interrogateur, et elle soupira doucement, reposant sur ses pattes sa tête cornue et racée, aux lignes élégantes.

**Chante pour moi, Kishan.**

Une quelconque lubie de plus de sa part ? Pas réellement. Pour une fois il y avait là plus une demande qu’un ordre. Il ne chantait toujours que pour elle, exclusivement, dans le secret de leur weyr, le plus souvent de son propre chef. Alors sa voix, fragile et incertaine sur les premières notes, s’éleva, emplissant l’air parfumé de la forêt d’une lamentation lancinante aux accents du Ssyl’Shar.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeLun 25 Nov 2019 - 22:16

[RP] La Danse des Feux Célestes Nagendra-50b0629 & [RP] La Danse des Feux Célestes Llyr_test-52ea84b
Chevalier Nagendra Tuncay, Verseur de Sang, Lié au Bronze Llyr

Comme beaucoup, Nagendra avait été prompt à vouloir fuir les Sables et leur atmosphère poisseuse une fois les enfants de Llyr et de Rakesh réunis par la grâce de Flarmya à leur moitié d’âme. Il s’était assuré de la sécurité du jeune del Hendrake, avait salué avec froideur son protecteur, et ainsi, après avoir assuré au Fëalocë qu’il avait dûment rempli tous ses devoirs, avait demandé la permission de disposer. Sous le poids des prunelles cendrées du Haut Représentant, lourdes de discernement, le jeune Humain s’était senti un instant ployer – mais quelque chose en lui, nourri par le feu éternel qui brûlait chez son Lié, l’avait forcé à soutenir son regard, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il avait requis et mérité.

Ces dernières Lunes, Nagendra n’avait pas dissimulé son désir d’éviter autant que possible de se trouver en présence d’Aodren. Déjà bien au fait de la rivalité crasse et latente qui l’opposait à son nouveau Décurion, le Maître Noir Levon Narses, le Chevalier Bronze avait jugé plus judicieux de faire profil bas pour éviter de devenir un point de contact supplémentaire entre les deux hommes. De plus, à en croire la réaction d’Adhâvan et ce qu’il avait perçu de son agitation désespérée lorsqu’ils s’étaient trouvés tous deux en présence du Fëalocë, l’Humain souhaitait également épargner à son amant la régularité d’une telle situation si celle-ci lui était aussi difficile à supporter. Il comprenait, sans réellement partager son malaise.

Le visage impassible, impossible à déchiffrer malgré l’incendie qui tournoyait dans ses yeux, le Verseur de Sang avait finalement déposé dans les paumes du Haut-Représentant le riche poignard qui avait servi à prendre une vie ce soir, avant de se détourner.

Rejoignant Llyr sur les Sables, tandis qu’il observait du coin de l’œil les quelques silhouettes encapuchonnées chargées de disposer du corps de l’Aspirant, le jeune Bronze lui partagea alors l’invitation de Rakesh, et Nagendra crut défaillir, assailli de sentiments féroces et de visions de chasse qui n’étaient pas destinées à un simple humain. Le Chevalier rabattit sa capuche sur sa tête, peut-être dans une tentative inconsciente de protéger son identité, puis fut forcé de croiser le regard crépusculaire du Bronze, de remarquer sa mâchoire entrouverte qui dévoilait une rangée de crocs assoiffés. Avec un léger soupir teinté de défaite, l’Humain continua sa route, laissant sa main flatter le cuir rutilant de son Lié à mesure qu’il avançait. Le Dragon était devenu père, et Nagendra, même si sa fatigue était grande, n’allait certainement pas gâcher son plaisir en lui imposant la moindre contrainte. Ou alors, une seule : faire un détour par leurs appartements afin qu’il puisse au moins échanger ses habits de voyage pour une tenue propre.

Le weyr de l’Humain avait pris, depuis sa promotion, des allures de musée – et aussi la poussière, car il n’était plus assez présent pour en assurer l’entretien régulier. Il eut beau se mordre l’intérieur de la joue pour tenter de se retenir, Llyr eut beau rouler des yeux en poussant des grognements agacés et en balayant son lit de sable du bout de la queue, rien n’y fit. Avant même de songer à se préparer, le Chevalier s’était armé d’un chiffon et virevoltait présentement d’un bout à l’autre de la pièce, avec la même rigueur et la même précision que s’il s’était trouvé sur un champ de bataille. Pour chaque pouce de mobilier convenablement nettoyé, il lui semblait qu’une partie de ses doutes et de ses préoccupations disparaissait également. C’était satisfaisant. Nagendra aimait l’impression de contrôle que lui procurait cette tâche pourtant si futile, en apparence.

Quand il eut fini, même les grains de sable que Llyr s’appliquait à faire rouler sur le sol propre ne parvinrent pas à le contrarier. L’Humain lui adressa un sourire large et heureux, un de ceux qu’il ne montrait jamais à l’extérieur et qui lui donnait un air d’enfant – et les iris du Dragon passèrent d’un ocre impatient à un turquoise affectueux, même s’il ne pouvait pas comprendre. Enfin, Nagendra attrapa quelques affaires et s’en alla d’un pas vif vers les Bassins Ignés, laissant à son Lié le choix de rester ici pour ruiner son travail ou d’en profiter pour se joindre à lui. Après tout, le Bronze aussi revenait d’un long voyage et pouvait faire l’effort de se décrasser un peu avant d’aller retrouver sa Reine de nacre.

~°~

L’Interstice les lâcha au-dessus de la Sylve de Nòrui, sombre mer végétale à la surface agitée de vagues paresseuses quand le vent nocturne estival soupirait un peu plus fort. Savourant le contact de l’air contre ses écailles, Llyr se laissa porter un instant avant de projeter son esprit à la recherche de Rakesh. Presque allongé sur son Lié, Nagendra gardait lui les yeux levés au ciel, fasciné par la pluie brillante qui lacérait à répétition la toile obscure de la nuit. Chaque année, son étonnement face à cet étrange miracle céleste restait intact – et l’on pouvait bien moquer sa sensibilité, pourquoi les Dieux auraient-ils créé de belles choses s’il avait été interdit ou honteux de s’en émerveiller ?

Le Dragon obliqua en direction du lieu de rendez-vous, faisant claquer ses larges ailes, et l’Humain ramena contre lui les pans de sa cape afin de ne pas risquer l’accroc. C’était l’une de ses préférées ; longue et légère, élégament taillée dans un velours de coton d’un vert impérial si foncé qu’il paraissait quasiment noir, brodée d’entrelacs cuivrés et assortie d’une broche en croissant de lune. En-dessous, il portait son habituel plastron de cuir bouilli noir, une chemise brune et le reste de son attirail de Verseur de Sang, bottes comprises. Nagendra ne possédait rien de confortable ou de décontracté. Il avait malgré tout consenti à laisser de côté son épée, ne gardant sur lui que sa dague du Ssyl’Shar, devenue une sorte de porte-bonheur.  

° Ssh, fais donc taire tes pensées, fillette. Tu risquerais de louper quelque chose. ° intervint soudain la voix rauque du Bronze, arrachant son Lié à la contemplation du tissu entre ses mains. Nagendra tendit alors l’oreille, et puis, entremêlé au bruissement constant du feuillage, il le remarqua enfin. L’écho lointain de quelques notes poignantes, abandonnées sur les ailes de la brise. Un étrange sourire étira ses lèvres pleines, mélange de satisfaction prédatrice et d’une affection si profonde qu’elle lui tordait le cœur. Llyr ralentit son vol, car il avait l’intuition qu’Adhâvan se tairait dès lors qu’il ne serait plus seul en compagnie de sa Liée. Ce chant n’était pas pour eux. Du plat de la paume, le jeune Humain enjoignait le Dragon à ralentir encore plus, à attendre encore un peu. Il était si rare d’entendre l’Elfe s’exprimer de cette façon.

Ce ne fut que lorsque la complainte sembla s’éteindre doucement que Chevalier et Dragon, d’une même impulsion, décidèrent de rejoindre la clairière nimbée de lune. Avant d’amorcer sa descente, le Bronze émit une espèce de ronronnement sourd et fier en avisant les reflets roux et mauve qui baignaient les écailles opalines de Rakesh, et Nagendra ne put s’empêcher de renifler d’un air moqueur devant une telle démonstration d’adoration. Llyr se posa avec autant de délicatesse qu’il était capable d’en faire preuve et l’Humain se laissa glisser à terre, dans un grand mouvement de cape que le hasard semblait avoir soigneusement étudié. En quelques pas, il fit face à la Dragonne Blanche et mit un genou à terre devant elle, inclinant solennellement sa tête.

« Rakesh, je tenais à te dire en personne à quel point je suis heureux d’avoir pu assister à l’Éclosion de tes enfants, ainsi qu’à leur Empreinte. » Nagendra se redressa juste assez pour croiser le regard de la Blanche, et il se fendit d’un fin sourire. « Nul doute que les nouveaux Chevaliers sauront se montrer dignes de leur Âme Sœur et de leur héritage … »

° … Et en espérant que celui-ci viendra plus de leur mère que de leur père. °

Avec un éclat de rire à mi-chemin entre la raillerie et la consternation, le Chevalier Bronze écarta les propos de son Lié d’un haussement d’épaules, puis se tourna – enfin – vers Adhâvan. Immédiatement, les braises ambrées qui dormaient dans son regard semblèrent s’agiter et prendre vie. Il écarta les bras, tout en s’avançant, et tira de sous sa cape une petite amphore en céramique bleue, typique du sud d’Orën. Ses sourcils se froncèrent doucement, conférant à ses traits une expression presque confuse.

« J’ai pensé que si nos Liés allaient célébrer l’évènement, nous pouvions tout aussi bien faire comme eux… » commença-t-il, le bras levé pour mettre en évidence son offrande. « C’est … du vin. Je sais que tu n’en bois pas, mais il faut que tu saches que c’est assurément l’un des meilleurs. Non, le meilleur vin de Rhaëg. Si tu ne devais en boire qu’une seule goutte dans toute ta vie, il faudrait que ce soit une goutte de celui-ci. »

Puis, après avoir posé l’amphore à ses pieds, il ajouta d’un ton navré : « En fait, je ne sais pas. Mais je n’avais rien d’autre à amener, alors… Il est sûrement très bon, cela dit. Je suis un homme de goût. »

Cette fois, il avait retrouvé son sourire en coin, qu’il arborait généralement lorsqu’il était fier de ses paroles, et il franchit la distance qui le séparait encore d’Adhâvan pour l’encercler de ses bras et poser sa tête sur son épaule, fermant les yeux et poussant un long soupir. « Tu m’as manqué. »

À côté, Llyr avait étendu une aile pour effleurer Rakesh et il joignit ses émotions à celle de son Lié pour transmettre le même message à la Blanche, avec plus de subtilité que s'il avait été seul.
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeSam 30 Nov 2019 - 17:25

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Adhâvan Ilaiyaraja & La Blanche Rakesh

Theme Song :
Fei – Irfan

Délicates et plaintives, les notes de son chant s’égrainaient, s’élevant, capricieuses, vers les cieux enténébrés où là-haut, peut-être, observant la danse des feux célestes, les Dieux s’en émouvraient. Pendant quelques minutes ou quelques heures, peut-être, toute notion du temps abolie, l’Elfe laissa sa voix exprimer ce que ses mots seuls étaient incapables de transmettre, tout ce que son âme était incapable de saisir. Puis, lentement, il perçut un subtil changement dans la brise vespérale, comme une lente accélération du rythme du cœur battant de la Sylve et il sut, instinctivement, ressentant sur sa peau cet imperceptible frisson d’exaltation. Rakesh redressant la tête pour humer les parfums de la forêt, ses prunelles se teintant d’une ambre vive, elle gronda tout bas, tandis que le chant de son Lié s’éteignait paisiblement.

**Ils sont là.**

Ouvrant les yeux, Adhâvan acquiesça sans un mot, et se tendit vers les cieux, ses iris mordorés scrutant longuement la cime des arbres avant que la forme puissante de Llyr n’apparaisse enfin entre les feuilles épanouies des mellyrn. Repliant ses ailes avec toute la délicatesse dont un mâle de son envergure était capable, ce dernier ne put empêcher une fugitive bourrasque de venir frapper la Blanche et son âme-sœur. Laissant le vent malmener sa chevelure d’or blanc sans chercher à lutter contre lui, l’Elfe garda son attention fixée sur la silhouette perchée là sur le dos du dragon, la chaleur de leur réunion à venir s’épanouissant subtilement en lui. Nagendra ...

Toujours si plein de cette fougue et de cette noblesse apparente qui semblait le caractériser, sa cape voletant derrière lui, les premiers mots de son amant furent pourtant pour Rakesh, dont les prunelles tourbillonnèrent un instant du vert-bleuté d’un plaisir mêlé d’orgueil, pas tout à fait involontairement touchée par les flatteries associées de Nagendra et Llyr.

**J’accepte tes félicitations, Humain. Le temps nous dira s’ils sont finalement dignes du présent que je leur ai fait.**

Ses salutations envers la reine du jour – ou de la nuit – achevées, le Verseur de Sang se tourna vers Adhâvan, sa bonne humeur évidente se reflétant dans l’ambre de ses iris. L’Elfe, qui savait quels incendies et quelles passions elles pouvaient contenir, en supporta toute l’intensité, le monde autour se rétrécissant jusqu’à ne plus laisser exister quoi que ce soit d’autre en dehors de cette clairière, baignée par les Lunes. Pour l’heure, les flammes dormaient, et seules quelques étincelles brasillaient vivement dans son regard tandis que, les sourcils froncés par une surprenante confusion, son amant lui présentait une précieuse amphore de vin d’Orën. Un sourire incertain naissant sur ses lèvres, le Chevalier Blanc inclina silencieusement la tête pour lui signifier son accord. L’alcool et les gens qui en consommaient rentraient pour lui dans deux catégories : les lourdes boissons capiteuses que s’offraient ceux qui en avaient le pouvoir et la richesse, et celles, sans autre saveur que celle de l’amertume, dans lesquelles se noyaient ceux qui cherchaient à échapper à leur cruelle réalité. L’image lui revint à l'esprit, de leur seigneur et maître, assistant au combat rituel entre Iskuvar et Martel Dehlekna un calice d'or à la main, et il contracta nerveusement les mâchoires. Il ne voulait pas penser à Aodren. Pas ici. Pas maintenant.

« J’en boirai une gorgée en ce cas. »

Il ne parvenait pas tout à fait à contenir le saisissement que lui inspirait le geste de Nagendra. L’idée de ne pas venir les mains vides à cette rencontre ne l’avait absolument pas effleuré, lui pas plus que Rakesh. Les mois passant et leur relation s'établissant dans le temps, son amant lui avait semblé s'imprégner de son rôle avec une effroyable aisance. Ce n’était ainsi pas le premier présent que le Chevalier Bronze lui offrait, mais une telle attention, un tel gage d’affection même, tout ceci lui était tellement étranger, qu’il lui était impossible de ne pas continuer à en éprouver surprise et gratitude. Ses doigts vinrent effleurer la bosse que formait sous sa chemise le pendentif, niché juste là contre son cœur, d’ambre sertie dans un écrin de cuivre ouvragé, que lui avait apporté Nagendra lors de leur dernier rendez-vous. Le choix d’un tel bijou, tant dans sa forme que sa symbolique, lui avait paru alors si personnel, si … intime en quelque sorte, que même face aux railleries de sa Liée, Adhâvan avait pris l’habitude de le porter tous les jours.

Comme une ombre sournoise, la crainte vint de nouveau mordre son cœur, et il jeta un coup d’oeil furtif à la dragonne à ses côtés, se remémorant leur conversation houleuse sur les sables. Il devrait parler à Nagendra.
Percevant les réflexions troublées de son âme-soeur, la Blanche se redressa gracieusement, à l’attention manifeste de Llyr, haussant son cou sinueux et écartant légèrement les ailes pour mettre en valeur leur nacre translucide, jouant des reflets lunaires sur ses écailles avec une innocence séductrice. Puis, sur un souffle vaguement moqueur, elle baissa les yeux sur le Chevalier Bronze qui approchait, détaillant sa tenue passablement protocolaire, avant de se détourner à nouveau vers son Elfe.

**On pourrait se demander de quoi il espère pouvoir se prémunir, ainsi vêtu … Aurais-tu peur de mon Lié, Nagendra ?**

Préférant ignorer l’interruption de Rakesh et l’inévitable embarras que ses réflexions avaient provoqué en lui, il s’avança à la rencontre de Nagendra, une infime crispation parcourant son dos avant qu’il ne s’abandonne totalement à son étreinte, dans un souffle contenu. Ses bras vinrent entourer son cou, et son visage se nicher contre sa chevelure sombre, cherchant à emplir l’ensemble de ses sens de tout ce qui constituait l’être même de son amant, soupirant de ne pas pouvoir sentir les battements de son cœur contre sa poitrine, à travers son plastron. La force de ses mains reposant dans son dos, le son apaisant de sa respiration, l’odeur familière de cuir et de savon qu’il dégageait. Il n’y avait pas de faux semblants ici, pas besoin de se soucier des regards et des murmures, nul raison de se soucier d’obscures manipulations politiques dont ils pourraient être les victimes. Il n’y avait rien qu’eux ici, eux et leurs âmes-sœurs qui seraient bientôt trop absorbées par leur propre cour pour faire attention à leurs liés. Rien d’autre que l’enlacement rassurant et enivrant de ses bras autour de lui ...
Distraitement, dans les profondeurs inaccessibles de son esprit, en une pensée coupable uniquement partagée par sa reine de diamant, l’Elfe regretta une nouvelle fois que Nagendra ait coupé ses cheveux. Là, l’image de ces mois où ils avaient été plus longs, son allure sauvage et farouche, brûlait tout au fond de lui comme un vivant rappel de son renoncement, de sa défaite face à lui.

« Tu m’as manqué. »

Les mots se bousculant et se brouillant confusément dans sa tête, il répondit à sa déclaration de la seule façon qui lui parut appropriée, ses lèvres allant se joindre aux siennes en un baiser appuyé qu’il laissa durer jusqu’à ce que leurs souffles se fassent courts. Alors, seulement, lentement, il se recula, laissant sa main glisser sur la joue du Chevalier Bronze, son pouce caressant avec douceur l’angle prononcé de sa pommette, ses iris mordorés brillant d’une émotion difficilement contenue.

« Merci d’être venu ... »

Sa main retomba, légère, pour aller chercher celle de Nagendra, ses doigts s’entrelaçant aux siens et les serrant avec force, comme pour appuyer ses paroles, pour transmettre la vibrante sincérité, la fiévreuse affection qu’elles recelaient. Faire ouvertement preuve d’une telle fragilité lui était toujours aussi difficilement supportable, mais c’était plus qu’il ne pouvait étouffer en lui.

« Allons goûter ce vin, à présent ? »

Un mince sourire amusé, quoi qu’un rien vacillant, vint éclairer son visage et il scruta son amant, attentif, en même temps que Rakesh, satisfaite et enjôleuse, venait se frotter tout contre les écailles de Llyr dans un ronronnement sourd, laissant l’ombre d’une aile cuivrée la recouvrir comme d’un voile précieux.

**Notre couvée se couvrira d’or et de gloire, et montrera à tous la valeur qu’ils te dénient, ô mon Roi.**


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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeJeu 19 Déc 2019 - 21:44

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Chevalier Nagendra Tuncay, Verseur de Sang, Lié au Bronze Llyr

Dès lors que les bras de l’Elfe avaient entouré son cou, les emportant tous deux dans une étreinte plus étroite encore, les battements de son cœur s’étaient emballés, cognant avec force contre la maigre barrière de ses côtes. Quelques brins de cheveux d’or blanc étaient venus lui chatouiller le nez, et il avait inspiré avec force l’odeur qui s’en dégageait, n’avait même pas esquissé le moindre mouvement pour réduire son inconfort. Il avait attendu ce moment depuis tellement de temps, avait dû lutter pour ne pas s’emparer d’Adhâvan sous les yeux de leur Maitre et du Màr. Quand leurs lèvres se trouvèrent enfin, il réalisa qu’il ne regrettait pas d’en avoir retardé l’échéance car ici, au moins, le Chevalier Blanc n’avait rien pour le retenir dans ses élans. Nagendra lui rendit son baiser avec toute la passion dont il pouvait rester maître, un vague sentiment de trop peu visible dans ses iris flamboyants lorsqu’Adhâvan se recula.

Fermant les paupières avec la paresse d’un félin satisfait, il laissa la main de l’Elfe courir le long de sa joue, cherchant à en graver la pression délicate dans sa mémoire. Il était si doux… Bien plus doux que n’aurait jamais su l’être Nagendra, en dépit de la sincérité de ses sentiments. Il n’en avait tout simplement pas la capacité, et son Lien avec un colosse de Bronze ne viendrait certainement pas démentir une telle assertion. Sienne était la rudesse des combattants, mais il n’avait jamais imaginé qu’il puisse en être autrement. Il ne put que sourire, alors, car il ne trouva rien à dire qui aurait pu transmettre avec assez de fidélité ce qu’il ressentait en cet instant, et il craignait qu’à se montrer trop brutal, il briserait ce fil si vulnérable que semblaient à présent symboliser leurs mains liées. Il en profita pour se tourner vers Rakesh, hochant la tête avec l’air de celui qui vient d’être surpris dans une situation embarrassante.

« Je suis un soldat, belle Dragonne. Sans mon épée, il me manque déjà une partie de moi-même ; ôtez-moi mon armure, et il ne reste plus rien. » lui rétorqua-t-il, une ombre amusée couvrant un instant ses traits sérieux. « Quant à craindre ton Lié… Pourquoi penses-tu que j’ai apporté de l’alcool, si ce n’est pour le réduire à ma merci ? »

L’Humain coula un regard faussement sombre, menaçant, vers son amant, les lèvres étirées en un rictus prédateur, jouant de la facilité avec laquelle celui-ci se laissait toujours surprendre par les réflexions équivoques dont ni le Chevalier Bronze, ni la Blanche ne semblaient tarir. Il dissipa tout risque de doute quant à ses réelles intentions par un rire chaleureux, tirant doucement sur le poignet de l’Elfe quand il se dirigea vers l’amphore, abandonnée à quelques pas d’eux.

Rakesh lovée sous son aile, Llyr observait leur manège d’un œil aimable. Quelques Lunes plus tôt, il aurait été obligé de guetter la moindre pensée de son Lié afin de veiller à ce qu’il ne flanche pas une nouvelle fois. S’il paradait désormais avec aisance, comme un roi en son domaine, s’appropriant à merveille le rôle du parfait chevalier courtois, le Bronze savait quels fantômes le visitaient encore, dans le silence de ses nuits passées à chercher le sommeil. Petit à petit, bataille après bataille, aussi patiemment qu’un stratège, Nagendra avait finalement réussi à affronter l’image fantasmée de son père. Avant de pouvoir le regarder dans les yeux, cependant, il avait douté, encore et encore, étouffant sous ses draps mouillés de sueur comme sous le poids de la honte, et luttant avec acharnement pour s’en défaire. Le Bronze se rappelait également les moments où son Lié s’était tenu bien trop près du précipice, et qu’alors, seul le souvenir de serments prononcés sans une parole, imprimés dans sa chair, avait pu lui donner la force de reprendre les armes.

Songeant à tout cela, il regardait l’Humain, continuellement frappé par sa dévotion et par la désinvolture dont il faisait preuve pour mieux dissimuler des abysses de peine, et il comprenait un peu plus chaque jour leur Empreinte. Pourquoi cela avait dû être lui, et pourquoi cela n’aurait pu être personne d’autre. Les écailles de Rakesh crissaient contre son cuir, dans une symphonie feutrée qui fit chavirer ses larges iris – jade d’abord, puis veinés d’écarlate lorsque sa voix résonna à l’intérieur de son esprit. Il ne pouvait pas empêcher le venin d’une moquerie, fût-elle involontaire, de ronger le velours délicat des louanges, et un grognement sourd s’échappa de ses flancs puissants. La pensée était douloureuse, mais il ne pouvait envisager un monde où l’honneur de ses enfants serait le seul auquel il aurait pu prétendre, et ses griffes pétrirent un instant la terre meuble et humide face à l’injustice qu’il ressentait. Une bien piètre réussite, et un bien maigre réconfort, voilà tout ce qui lui évoquait le ronronnement de la Blanche.

° C’est là tout ce que je leur souhaite… ° répondit-il néanmoins sur un ton sinistre, ne cherchant même pas à cacher sa vexation. Il déplia ses ailes, faisant rouler les muscles de ses antérieures, levant sa lourde tête en direction du ciel. ° Je suis las du gibier ordinaire, que dirais-tu d’aller nous attraper une étoile ? °

Son regard tomba sur celui de son Lié, assis en tailleur auprès d’Adhâvan, perçut la sourde appréhension qui lui nouait les entrailles à l’idée de le laisser s’éloigner, et le Bronze lui envoya une légère vague de réconfort : il continuerait de le protéger et de chasser les ombres, même s’il n’était plus à ses côtés. Nagendra, en retour, tandis qu’il humait le vin d’un air connaisseur, lui offrit son consentement à contrecœur. Il préférait se concentrer sur la chaleur diffuse qui émanait de son partenaire, plutôt que sur le froid qui souffla dans sa poitrine au moment où Llyr prit son envol. L’Humain fit passer l’amphore à l’autre Chevalier avec un sourire en coin.

« Avant de le boire, il faut le sentir. » expliqua-t-il, tapotant son nez du bout de l’index. « Vas-y, et dis-moi ce que tu sens. »

Il se laissa basculer en arrière, prenant appui sur ses coudes, et observa les deux formes scintillantes des Dragons disparaître parmi la pluie de météores. « Notre dernière mission était interminable, j’ai cru que nous ne serions jamais rentrés à temps pour assister à l’Éclosion. » La bouche ouverte, comme s’il allait continuer sur sa lancée, l’Humain se ravisa finalement, refusant d’aborder ce sujet, refusant de laisser l’ombre d’Aodren del Hendrake rôder même dans les aspects les plus intimes de sa vie. « C’est si beau… » soupira-t-il plutôt, la surface de ses iris reflétant par intermittence l’éclat fugace des étoiles vagabondes.
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeLun 23 Déc 2019 - 22:00

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Adhâvan Ilaiyaraja & La Blanche Rakesh

Theme Song :
Freya's Forest – Rúnfell

Sous la caresse tranquille de ses doigts sur sa joue, les yeux de son amant s’étaient clos, voilant un instant l’éclat passionné et insatiable qui y brasillait tout bas. Il lui parut ainsi que le loup sauvage et fier avait laissé chez lui place à un fauve alangui, prédateur indolent et bien passagèrement amadoué … Mais dont Adhâvan savait qu’il ne suffirait que d’un rien pour qu’il ne s’éveille à nouveau. En réponse à la gratitude qu’il ressentait, Nagendra avait sourit, avec la plus grande simplicité, avant de se tourner enfin vers Rakesh, arborant sur son visage anguleux les traces d’un vague embarras, sans pour autant rompre le lien de leurs mains enlacées. Qu’elle soit réelle ou juste feinte, la gêne exprimée par le Chevalier Bronze ne l’empêcha pas de répliquer avec une certaine assurance, faisant preuve d’une admirable auto-dérision qui lui sembla parfaitement assumée … Et en profitant pour venir, l’air de rien, piquer la fierté de son compagnon.

Laissant peser sur lui tout le poids de son attention flamboyante, Adhâvan soutint fermement son regard ambré, un lent frémissement indéfinissable, prenant naissance dans le creux de son ventre, venant le parcourir tout entier. Au plus profond de son coeur, la flamme de l’espoir, si petite et minuscule soit-elle, brûlait avec férocité, brandissant sa lumière pour chasser le froid et l’obscurité de ce passé cruel qui le tourmenterait toujours. Les vieilles habitudes liées cet instinct de survie primitif étaient tellement ancrées en lui qu'il lui paraissait bien difficile de s'en défaire ... Il en avait d'ailleurs une conscience aiguë : la confiance instillée par son amant, lunes après lunes, à chacune de leurs retrouvailles, luttait pied à pied contre la crainte sournoise, implacable, qui venait mordre ses talons dès qu’il relâchait un tant soit peu sa vigilance.
Loyal et fidèle à ses serments ainsi qu’il le lui avait juré, l’ancien esclave savait que Nagendra ne chercherait jamais à l’asservir. Aussi, s’en remettant à la pénombre pour la délicate tâche de masquer son trouble, se laissa-t-il entraîner à sa suite, le rire content de l’Humain résonnant plaisamment dans l’air tiède et parfumé de la Sylve. Il était heureux de pouvoir partager ce moment avec lui, loin du Màr Tàralöm et de ses machinations. Rien d’autre ne devrait avoir d’importance cette nuit.

Satisfaite, câlinement mussée tout contre son mâle, couverte par son aile comme par une mante de cuivre précieux, la Blanche eut pour toute réponse un ronronnement moqueur face à la remarque effrontée du Chevalier. Qu’il était amusant de les voir, tous deux, prétendre être au contrôle de leurs vies respectives, quand ils peinaient tout juste à contenir la tempête dévastatrice des émotions que la présence de l’autre provoquait ! Elle savait néanmoins pouvoir se fier à Adhâvan, consciente que leur échange orageux sur les sables d’éclosion continuerait à venir ronger son esprit, suscitant les justes questions en lui, et le pousserait, tôt ou tard, à s’ouvrir à Nagendra. Ce qui en résulterait, cela, elle l’ignorait. La relation des deux hommes en serait-elle renforcée ou bien ses aveux provoqueraient-ils la fuite de son amant ? C’était plus que, même elle, pouvait deviner … Et ce n’était désormais plus de son ressort. Quelle que soit sa décision, son Elfe en ressortirait grandi, et bien plus fort.

Un grondement mécontent, sourd et puissant, fit alors vibrer les larges flancs du Bronze à ses côtés, et elle leva un regard azuré vers Llyr, dont les griffes écorchaient agressivement la terre fertile de la clairière. Le dragon, blessé dans son orgueil, exsudait un profond mécontentement, et elle se glissa hors de l’étreinte musquée de son aile pour venir frotter sa tête contre son épaule, avec une innocence séductrice. Observer leurs âmes-sœurs représentait certes une distraction délectable, mais tout ceci pâlissait nettement, et de loin, face à la perspective de mêler une nouvelle fois son vol avec celui qu'elle avait élu. Le plaisir anticipé de la chasse emplissait d’ors et déjà sa gorge … ! Le saphir de ses prunelles se dilua lentement vers une topaze rougeoyante, et un vif éclat de satisfaction la traversa lorsque le Bronze lui affirma son intention de capturer une étoile. Charmée par l’idée tout autant que par l’impétuosité qui en ressortait, la proposition l’emplissait d’un parfait ravissement. Ainsi qu’elle lui avait dit, cette nuit les verrait maîtres de la terre comme des cieux, régnant sans partage sur ce monde sauvage qui se plierait à leurs désirs.

**M’offriras-tu en guise de présent l’un des joyaux de Kishi, Llyr, ô mon Roi, lorsque tu le lui arracheras ?**

Alors, sans attendre, l’incitant à le suivre d’un mouvement d’aile velouté, la Blanche, insaisissable comète nacrée, s’élança vers le ciel enténébré, sans plus une pensée pour son Elfe qui avait pris place dans l’herbe, non loin de son amant, un genou relevé et l’autre jambe à demi repliée.

Un sourcil haussé, il avait saisi l’amphore que celui-ci lui tendait, non sans s’interroger sur ses intentions, cherchant à déceler même la plus infime trace de plaisanterie dans son regard ou ses paroles. Mais il n’y avait eu qu’une ombre, fugitive, venant altérer un instant le port altier de Nagendra, alors que leurs dragons s’envolaient, puis là, encore, alors qu’il évoquait les jours interminables de sa précédente mission. Lèvres scellées sur ses réflexions intérieures, se refusant le droit à l’interroger, Adhâvan conçut un ambigu désarroi devant sa fébrilité manifeste. Quels que soient leurs tourments, quels qu’ait été les cauchemars que recelaient leurs passés respectifs, ils n’en parlaient pas, jamais, lorsqu’ils étaient ensemble. C’était … comme un accord tacite. Sauf si l’autre l’évoquait en premier, ce qui arrivait rarement – son vécu à lui étant plutôt de nature à vouloir être oublié – ils ne posaient aucune question. Le Chevalier Blanc respectait son silence, son secret. Il lui exposerait, s’il le souhaitait.

« Rakesh était heureuse que Llyr ait pu être présent lors de l’éclosion. »

Puis, décidant de se prêter au jeu décidé par son amant, il rapprocha de son visage la délicate céramique d’Orën pour humer songeusement les parfums qui se dégageaient du vin. En dehors de l’évidente odeur d’alcool et de fruits rouges, il y avait là, peut-être, quelques notes florales qu’il s’avouait bien incapable de définir. En vérité, son attention se voyait détournée de sa tâche par le profil baigné de lumière lunaire de Nagendra, tandis que ce dernier contemplait l’éblouissant ballet des étoiles au dessus d’eux. Aussi, lorsque l’Humain soupira après la beauté du spectacle qui s’offrait à lui, Adhâvan émit un discret bruit de gorge, son étranglé entre acquiescement et rire contenu, le plaisir de sa présence se répandant en lui et allégeant un peu son coeur. Leur discussion sur leur avenir, quoi qu’inévitable à ses yeux, pourrait attendre. Tout ce qu’il désirait, pour l’heure, était de pouvoir savourer le moment présent, autant que cela lui serait possible.

« Je ne te savais pas amateur de vins ... »

Esquivant la difficulté, il n’avait pas répondu à la question posée, car il ne savait concrètement quoi en dire. L’étudiant par dessus l’amphore qu’il tenait encore en main, à travers ses yeux mi-clos, une soudaine et en apparence insignifiante étincelle de bravade le traversa, allumant de petits éclats chatoyant dans ses iris mordorés.

« Et je ne crois pas que tu aies besoin d’avoir recours à un quelconque artifice pour m’avoir à ta merci. »

Un prêté pour un rendu, une provocation pour une autre. C’était là une part de sa personnalité qu’il était bien rare qu’il montre, en dehors de la présence de sa Liée, et pourtant il n’y avait cette fois dans sa déclaration aucune moquerie, aucun sarcasme, rien d’autre que l’expression brute de la plus pure vérité. Contenu dans l’étreinte de ses bras, aussi invraisemblable que cela ait pu lui paraître initialement, quoi que cela puisse signifier, il ne se sentait pas menacé.
Bénissant la nuit d’atténuer l’humiliante rougeur coupable qui envahissait ses joues – il n’avait pas véritablement eu l’intention de formuler ses pensées ainsi – l’Elfe s’efforça de reprendre son examen olfactif consciencieux, mais en vain. Seule résonnait dans son esprit la promesse, menaçante et aux accents prophétiques, de sa Blanche.

Là-bas, volant au dessus de la Sylve, rasant volontairement la cime des arbres, se jouant de son compagnon, en se laissant tantôt rattraper tantôt distancer, Rakesh menait Llyr à sa suite, en direction du cœur de la forêt. Ses paroles avaient fait germé en elle une idée bien précise quant à leur destination, que, malicieuse, elle comptait bien mettre à exécution. Ainsi, soudain, les feuilles d’or laissèrent place à une étendue liquide argentée, paisible miroir reflétant avec la plus parfaite exactitude le domaine céleste, et les météores ardents qui en trouaient le dais obscur. Frôlant le cou de son mâle du bout de son museau, enjôleuse, elle laissa entendre un rire cristallin avant d’aller se jeter, toutes griffes dehors, dans les flots limpides du Lac Immortel, sa gueule claquant comme pour aller mordre l’image des deux lunes qui y apparaissait. Puis, se dressant sur ses pattes postérieures, elle se tendit vers le ciel, arrondissant le cou et étendant ses ailes constellées de gouttelettes d’eau, royalement parée d’une bien éphémère mante d’opales et de diamants.

**Vois avec quelle effronterie les Dieux prétendent encore pouvoir nous échapper !**


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeJeu 2 Jan 2020 - 20:18

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Chevalier Nagendra Tuncay, Verseur de Sang, Lié au Bronze Llyr

° Un seul serait une bien piètre manière de vouloir te rendre honneur, ma Reine. °

Filant dans la nuit, essayant de ne pas perdre de vue sa belle de diamant au milieu de la myriade de filaments scintillants qui griffaient le ciel, Llyr faisait déjà claquer ses larges mâchoires dans l’air, savourant l’excitation du vol et de la chasse qui emplissait peu à peu ses veines. Cela, et plus encore, il le mettait à disposition de son Lié, dans ce sanctuaire en lisière de leurs âmes mêlées, pour que celui-ci puisse, au moins le temps d’une soirée, se sentir puissant et indomptable comme sous une armure d’écailles. Le jeune Bronze poussa un discret rugissement qui, non loin de là, fit frémir les cils de l’Humain. Comme s’il avait voulu le remercier, il transmit à son Lié les paroles d’Adhâvan concernant Rakesh, avant de fredonner d’un air approbateur et de renchérir, se détachant de Llyr pour revenir auprès de son compagnon :  

« Oui, et je pense que nous pouvons nous estimer heureux que l’inverse ne se soit pas produit… Je n’ose même pas imaginer ce dont Llyr aurait été capable, si on lui avait refusé le droit d’assister à la naissance de ses enfants. »

Et à raison, car y avait-il au monde un droit plus primordial que celui d’être présent pour sa progéniture ? Mais un droit n’était nullement un devoir, ainsi qu’il avait pu en faire lui-même l’expérience, aux côtés d’une dizaine d’autres. Une part de lui était comblée de savoir que Llyr jouerait son rôle de père sans se poser la moindre question ; une autre, plus honteuse mais non moins vorace, ressentait une invraisemblable jalousie envers Riagal et Kalani. Sans doute ne réaliseraient-ils jamais pleinement leur chance – et c’était tant mieux. En un battement de cils, le sentiment était parti, et l’Humain s’accrocha une nouvelle fois à la chaleur du corps près de lui afin de mieux s’ancrer dans le présent. La vague réflexion étonnée d’Adhâvan provoqua un léger frémissement à la commissure de ses lèvres, et il tourna à moitié son cou en direction de l’Elfe, rencontrant immédiatement son regard d’or terne qui l’épiait, sans doute moins intéressé par l’examen du vin que par celui de qui l’avait apporté.

« C’est un plaisir que je m’accorde rarement, mais je me dois d’admettre avoir une certaine faiblesse pour les vins rouges. Ils réchauffent le cœur, ravissent le palais et délient juste assez la langue pour encourager les conversations édifiantes. » confia-t-il sans chercher à dissimuler la sincère satisfaction qu’il éprouvait à l’idée de faire découvrir ce péché mignon à son amant, pas plus que celle qui le traversait en sentant qu’il avait pour lui seul toute l’attention du Chevalier Blanc. Sans être narcissique ou trop imbu de sa personne, Nagendra avait toujours apprécié qu’on l’observe – plus précisément, il avait toujours apprécié que ceux qu’il jugeait dignes de son intérêt l’observent, comme lui aimait les contempler. La réciprocité, ou tout du moins une certaine notion de partage, occupait une place importante dans son cœur, dans son caractère. Qu’elle vienne de son enfance miséreuse, de sa vie de soldat ou plutôt d’une volonté de faire adhérer pour mieux prévaloir, il n’en savait que trop rien.  

« Fruits rouges. » lâcha finalement le Chevalier Bronze devant l’absence de réponse à sa question, avec un sourire malicieux, comme s’il avait su que c’était là l’une des seules odeurs que l’Elfe aurait été capable de reconnaître parmi la dense harmonie que dégageait le précieux nectar, puis il orienta à nouveau les yeux vers le ciel. À dessein, il ne releva pas immédiatement la provocation de l’autre Chevalier, préférant laisser le temps aux possibles conséquences de mûrir dans son esprit sûrement déjà effaré par sa propre témérité – et à un scénario de vengeance approprié de se dessiner dans le sien. « Mûre et cassis, plus particulièrement – des fruits presque noirs. »

D’un mouvement souple, à la nonchalance féline toute mesurée, l’Humain décroisa les jambes et bascula sur le côté, prenant appui sur ses genoux pour venir planter une main de chaque côté de son amant, dans une attitude ouvertement prédatrice. Ainsi, son visage planait face à celui de l’Elfe, trop proche mais étrangement tout aussi lointain, le vrillant sans douceur de ses iris d’ambre vive et brûlante. Sa bouche entrouverte exhalait dans un souffle retenu la promesse de menaces délicieuses. « Quoi d’autre ? Avec des sens aussi développés et réceptifs que les tiens, je serais surpris que tu ne puisses rien sentir du tout... » le pressa-t-il, faisant pianoter ses doigts sur l’herbe douce, accrochant peut-être, au passage, le tissu de la tunique de son compagnon, et dévorant avec une lenteur cuisante, insupportable la maigre distance qui les séparait. Il était clair, cependant, qu’il ne ferait aucun geste de plus tant qu’il n’aurait pas finalement obtenu ce qu’il attendait – même si cela devait être aussi futile qu’une interrogation mondaine, à laquelle il savait par ailleurs très bien qu’il n’aurait pas de réelle réponse.

Sous les ailes du Bronze, le Lac Immortel s’était finalement révélé être la destination choisie par Rakesh. Ses eaux paisibles formaient comme un vaste médaillon d’opale et d’argent, dans lequel les étoiles venaient se jeter sans en troubler la surface. L’intelligence espiègle de sa Reine fit se gonfler sa poitrine d’un grondement fier et passionné, et il n’hésita pas longtemps avant de plonger à son tour dans un grand fracas, de hautes vagues se soulevant dans son sillage. N’ayant rien pu gagner de cette première attaque, Llyr émergea et reprit son envol, effectuant de larges rondes autour de la Blanche, dont les ailes écartées, couvertes de minuscules étoiles liquides, envoyaient dans l’air alentour de violents reflets de nacre irisée.  

Un éclat de jade traversa les iris du Dragon tandis qu’il piquait une nouvelle fois, ouvrant les ailes pour venir capturer la forme scintillante de Rakesh. Là, il la maintint fermement contre lui, eut l’audace de laisser ses crocs courir l’espace d’un instant le long de son cou d’ivoire avant de rencontrer son regard. Il joua l’étonnement, comme s’il avait été réellement surpris de la découvrir dans son étreinte.  

° Pardonne-moi, Rakesh. Une seconde, j’ai cru m’être emparé de la plus belle des étoiles pour te l’offrir… °
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeSam 4 Jan 2020 - 16:07

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Theme Song :
Farewell – Rúnfell feat. Sigurboði Grétarsson

Une fois encore, tout à la fois altière et caressante, comme si l’orgueilleuse ambition du Bronze avait été concrètement réalisable, Rakesh n’avait pu que s’avouer charmée par l’habile réponse qu’il avait apporté à sa requête. Cela, sa promesse de lui offrir non pas uniquement un, mais plusieurs joyaux, puis la ferveur avec laquelle il l’avait poursuivie, avec autant d’élan que si cela avait été leur premier vol, avait fait vibrer en elle une profonde suffisance. Une fois encore, c’est de Reine qu’il l’avait qualifiée, et c’est cette flatterie, plus que toute autre chose, qui avait poussé la Blanche à ployer l'échine, brièvement. Elle l’avait laissé parader, exposer son habileté et sa force tandis qu’il s’ébattait dans les eaux cristallines du Lac Immortel, jouant à chasser les étoiles qui s’y reflétaient. Qu’importait alors la faune et la flore qu’ils dérangeaient, ils étaient ici, cette nuit, l’espèce dominante … Et le spectacle était par ailleurs bien trop plaisant, trop vaniteusement satisfaisant à ses yeux pour qu’une telle pensée ne la traverse.
Aujourd’hui comme lors de leur première confrontation, bien des lunes auparavant, il cherchait à briller à ses yeux, à la séduire et lui prouver que son intérêt pour elle ne s’était pas éteint, bien au contraire. Rakesh présumait l’attention de Llyr non totalement désintéressée, mais n’y accordait aucune vaine importance. Il y avait là une façon indirecte et permanente de s’évaluer, de voir qui, entre eux deux, serait le plus fort, ce soir, qui se soumettrait le premier. Ainsi en allaient les choses dans l’environnement cruel du Màr Tàralöm. Les faibles périssaient, les puissants régnaient. Et son ardent prétendant n’avait, quant à lui, en rien perdu de son attrait ou de sa hardiesse.

Il y avait en elle comme une volonté implacable de rattraper le temps qui avait été perdu, à présent que leur progéniture était née, de quitter son improbable rôle de mère pour reprendre celui de dragonne, libre et affranchie de toute contrainte … Ce privilège précieux auquel les Incarnates, elles, ne pouvaient prétendre.
Aussi lorsque, reprenant son envol, le Bronze était venu la capturer entre ses ailes, elle le laissa s'emparer de sa récompense, l’autorisant même à effleurer quelques instants ses blanches écailles de ses crocs d’ivoire. Comme avec n’importe quel prédateur, il fallait bien lui permettre de toucher sa proie à un moment ou à un autre, car le contraire aurait été prendre le risque de le voir se lasser. Les paroles de son élu, ingénument séductrices même si couvertes de miel, intelligemment formulées, firent pourtant mouche, et un grondement d’avertissement, quoi qu’aux notes approbatrices, la parcourut.

La petite dragonne de nacre se vit alors bien obligée d’admettre, non sans une pointe de jalousie sous-jacente, que son Elfe avait eu raison. Pas sur le fait que ses émotions influençaient les siennes, car c’était, pour elle, inconsciemment, quelque chose de d’ors et déjà établi, mais bien sur ce qu’il lui avait énoncé concernant Llyr. Plus que ne l’avaient eu aucun de ses précédents prétendants, le jeune mâle revêtait pour elle une aura particulière, exclusive et possessive, qui faisait qu’elle ne tolérerait pas de le voir se tourner vers une autre … Il était sien, et le resterait jusqu’à ce qu’elle en décide autrement.

Un rugissement agressif lui échappa, faisant écho à cette conclusion, et elle se tordit dans l’étreinte du Bronze, dans un crissement d’écailles. Vive comme les serpents avec lesquels ils partageaient une lointaine et improbable parenté, elle se glissa entre ses griffes pour plonger, crevant la surface du miroir liquide pour disparaître dans les profondeurs. N’étaient-ils pas après tout les Seigneurs des Trois Règnes ?
Réapparaissant enfin un peu plus loin, le regard mutin, Rakesh maintenait fermement entre ses crocs un gros poisson, éclat d’argent luisant sous la lumière céleste, se débattant encore faiblement, agonisant et étouffant lentement hors de son milieu naturel.

**Il semblerait que sous les eaux, les étoiles tombées du ciel se soient métamorphosées, ô mon Roi.**

Laissant les dragons à leur ébats, la présence de sa Blanche réduite à un mince territoire au creux de leurs âmes liées, Adhâvan avait incliné la tête, vaguement perplexe, quand Nagendra avait évoqué la probable colère de Llyr. Les liens familiaux n’étaient pas de ceux qu’il comprenait le mieux … D’autant plus quand ils impliquaient les dragons, société dans laquelle la place du mâle, son rôle dans l’hérédité et la descendance, était réduite à sa plus simple expression. Étant lié à une femelle, le Chevalier Blanc pensait appréhender, plus ou moins, l’orgueil que pouvait ressentir Rakesh, tant celui d’avoir assuré la pérennité de son nom à travers les souvenirs de sa lignée, que d’avoir crié à la face du Màr tout entier que cela n’était pas uniquement l’apanage des Reines. Mais celui de Llyr ? Quelle importance sa progéniture pouvait-elle receler à ses yeux ? Pour son âme-soeur, tout le plaisir avait résidé dans le fait que celui qu’elle avait élu ait été présent pour assister à cet instant de triomphe fugitif, le sien, bien évidemment, mais aussi le leur. Ce moment où, sous la pluie de météores, leurs petits avaient laissé leur première empreinte sur ce monde qui leur appartiendrait un jour. Une première, minime, probablement insignifiante, écorchure dans le vernis de tradition, trop parfait, qui entourait le plus souvent les éclosions … Mais une promesse, muette, de grandeur à venir.

Se détournant de ces considérations dont les mystères appartenaient trop pleinement à leurs Liés, l’Elfe avait relevé les yeux, croisant le regard satisfait de son amant. Ce dernier semblait heureux, rayonnant et irradiant sa pleine satisfaction sous l’attention dont il était la cible, un imperceptible sourire jouant sur ses lèvres pleines, de ceux qui lui faisaient se demander s’il ne s’était pas agit de son imagination. Il était curieux pour Adhâvan de l’imaginer s’autoriser à savourer quelque vin délicat, lui qui semblait si … rigoureux, si strict par moments, contrôlant son image au détail près. Mais le fait que Nagendra se laisse aller à lui exposer ce plaisir qui lui était propre, si rare soit-il, faisait inévitablement naître en lui de petits éclats d’une joie diffuse. Chaque nouvelle part de sa personnalité qu’il lui dévoilait, chaque masque qu’il ôtait le rapprochait des profondeurs véritables de son être, de la réelle richesse qui résidait en son cœur, et il se surprenait à en éprouver une bien curieuse chaleur. Il le reconnaissait confusément, il y avait quelque chose de différent chez l’Humain, quelque chose qui appelait en lui des réactions nouvelles, pour des raisons qu’il ne percevait pas encore clairement, refusant, pour l’heure, de les regarder en face.

Aussi, devant l’absence de réaction de son compagnon face à son inattendue audace, il ressentit un bien honteux et éphémère soulagement, fronçant les sourcils sans saisir à quoi faisaient référence les mots qui sortaient à présent de sa bouche. Fruits rouges, mûre et cassis … Le sourire du Chevalier Bronze, soudain plus franc et espiègle, aurait du l’alerter sur ce qu’il préméditait, et le temps qu’en lui, le lien se fasse avec les fragrances supposées du vin, son amant s’était déjà souplement rapproché, ses bras l’entourant sans pour autant le toucher. Près, trop près pour son propre bien. Figé, Adhâvan n’esquissa pas le moindre mouvement, le temps s’arrêtant, et son cœur pourtant, accélérant brutalement son rythme jusqu’à venir battre le passage des secondes. Ses entrailles se contractèrent, et il cilla sous le feu ambré de ses yeux, qui le dévoraient et le dévisageaient sans aménité, déchiffrant sans peine toutes les promesses et menaces, étroitement mêlées, qu’ils contenaient. Il ne savait que trop bien l’effet que pouvait avoir sur lui le contact de ces lèvres sur sa peau, ce dont étaient capables ces mains qui le frôlaient alors à peine, jouant avec lui sans toutefois le saisir. Il y avait là un brasier tentateur dans lequel il n’aspirait qu’à se jeter, corps et âme. Mais pas encore, pas tout de suite ... Seule une légère, minuscule inclinaison de son buste, irrépressible, vint réduire le maigre espace qui les séparaient encore, sans toutefois le combler franchement.

« Quoi d’autre ? » L’Elfe reprit une inspiration heurtée, se forçant à reconsidérer Nagendra comme un tout indivisible, à ramener son attention sur l’instant présent au lieu de se perdre en fiévreuses conjectures, capturant à nouveau son regard dans le sien. Sa remarque sur l’acuité présumée – et même, amplement constatée – de ses sens ne fit qu’enflammer plus encore ses joues, lui parvenant de très loin, comme étouffée à travers le rugissement du sang à ses oreilles, et il s’interrogea éperdument sur toutes ses significations sous-jacentes.
Haussant légèrement le menton, son orgueil curieusement mis à mal, ses iris mordorés flamboyant de tant de choses informulables, il se convainquit ainsi de lui tenir tête, rien qu’un instant, pour voir combien de temps son amant serait capable de se maîtriser avant de lui céder, jusqu’où ils seraient capables d’aller. Un mince sourire farouche, nuancé d’un infime défi, étira doucement ses lèvres, répondant à l’effervescence qui noyait ses veines, à cette flamme ardente embrasant tout son être, faisant écho, sourdement, à la fureur et l’exultation qu’éprouvait, là-bas, sa reine de diamant.

C’était paradoxalement parce que son compagnon avait su faire naître cette confiance et ce respect en lui qu’il pouvait s’autoriser à réagir de cette façon, à lui résister. De ses craintes, quant à ce pouvait advenir s’il brisait ce fragile statu quo, il ne ressentait aujourd’hui plus que quelques résidus irraisonnés, cendres délétères du bûcher où il les avait implacablement consumées. Il lui apparaissait qu’il existait dans leur relation, depuis le premier jour, à chacune de leurs retrouvailles, étreintes après étreintes, une forme de jeu préalable, une danse les voyant se confronter tour à tour, aux pas marqués de fuites et de poursuites … Comme s’ils éprouvaient, peut-être, le besoin informulé de se rassurer quant à leurs réactions, quant à leurs ressentis respectifs. Et, là où d’autres que lui, conquérants, auraient déjà pris ce qu’ils estimaient leur revenir de droit, Nagendra se contentait de l’observer, certain de sa victoire, son souffle chaud et assuré lui évoquant celui du prédateur qu’il savait tapi derrière ses iris ambrés. Ainsi qu'il le lui avait dit, le Chevalier Bronze aimait les assauts de l'esprit autant que ceux du corps, que ce soit dans la Fosse ou ailleurs. Cette délectable attente, quoi que douloureuse, n’en recelait que plus de sel encore.

Si proche ... Sans parvenir à cacher les frissons que la chaleur de son amant induisait naturellement, Adhâvan déposa l’amphore à terre, lentement, précautionneusement, avant de lever une main pour aller courber entre ses doigts, presque innocemment, une mèche égarée de ses cheveux sombres. Comme si l’impeccable mise de son compagnon avait pu être dérangée, lui qui ne semblait avoir été à peine ébouriffé par le vol qui l’avait mené jusqu’ici.

« Ambre, cuir, et musc ... »

Et ce fut tout. Sa voix, rauque et étranglée, creva lourdement l’épais silence qui les enveloppait. Cela, ses iris d'or brun soutenant les siens, et la présence fantomatique de ses doigts effleurant ses cheveux, constituèrent l’unique concession qu’il lui offrit en réponse à sa provocante question.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeMer 8 Jan 2020 - 10:53

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Chevalier Nagendra Tuncay, Verseur de Sang, Lié au Bronze Llyr

Avec un violent rugissement, sa belle s’était libérée de son étreinte, disparaissant dans les profondeurs du Lac Immortel, et le Bronze craignit d’avoir commis un impair. Instinctivement, piqué au vif par la réaction imprévisible et incompréhensible de Rakesh, il ouvrit la gueule à son tour pour pousser un long cri, empli de rage et de puissance, écartant ses larges ailes qui soulevèrent des trombes d’eau, crevant la surface comme d’immenses géodes de cristal. Une flamme, aussi sombre que l’éclat du sang sous la lune, couvait dans son regard tandis qu’il balayait les alentours à la recherche de la fugitive. Le Bronze ne tolérerait pas qu’elle se joue ainsi de lui – pas en cette nuit sacrée, en cette nuit qui avait vu naître les fruits de leur…

… Amour ? Un tonnerre d’incendie grossissait dans l’ample poitrine du Dragon. S’il savait ce qu’il ressentait envers l’habile princesse Blanche aux caprices de reine, il ne pouvait décemment pas affirmer que l’inverse était tout aussi vrai. Et comment l’aurait-il pu ? Les Dragonnes du Màr Tàralöm avaient comme héritage des siècles de défection, de jeux cruels et d’ambitions retorses. Mais, en toute connaissance de cause, il avait accepté de courir le risque du ridicule afin de libérer son Lié de ses chaînes trop encombrantes, trop vieilles – inacceptables, maintenant qu’ils étaient deux. Alors pourquoi redoutait-il tant la vérité ? Pourquoi avait-il envie de souffler ses flammes, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de ce lieu qu’un vaste cratère sec et craquelé, lorsque l’idée lui traversait l’esprit qu’elle n’avait jamais vraiment voulu de lui ?

Sans doute, s’il s’avérait que ce soir devait être celui où les masques tombaient, les eaux miroitantes et augustes seraient changées en un enfer vermeil – car il ne laisserait pas l’effrontée s’enfuir avec une partie de son cœur sans lui avoir arraché en retour un large morceau de sa beauté... !

Mais alors que cette pensée effleurait sans douceur son esprit agité, Rakesh émergea à quelque distance, si parfaite sous la lueur des Deux Lunes, avec entre ses crocs la silhouette argentée d’un poisson de bonne taille, et ses mots lui parvinrent, non dénués d’espièglerie satisfaite, effaçant en lui toute trace de vindicte.

**Il semblerait que sous les eaux, les étoiles tombées du ciel se soient métamorphosées, ô mon Roi.**

La gueule du Bronze révéla ses crocs comme pour sourire, et une bouffée irrépressible de fierté et d’affection mêlées acheva de teindre ses iris dans un bleu tranquille. Se prêtant sans hésiter à ce nouveau manège, Llyr plongea lui aussi, et le plaisir de la pêche nocturne occulta aisément ce qu’il restait en lui de tempête, de doutes et de peurs. Il se délectait de la sensation de l’eau qui filait contre ses écailles, de sa morsure qui perçait si facilement les étoiles filantes dissimulées dans les entrailles du Lac, semant dans son sillage des traînées pourpres, d’un violet presque noir. Voilà qui le changeait effectivement et agréablement du vulgaire gibier trop maigre des Pics, ou des proies terrestres trop communes de la Sylve. En bons prédateurs, inconscients de leur cruauté, les Dragons festoyaient pour célébrer la naissance de leurs enfants et leurs retrouvailles, loin des traditions de leur Kaerl, une nouvelle fois libres dans l’écrin de la nuit qui savait garder tous les secrets, peut-être même immortels s’ils avaient l’audace de le croire.

Lorsqu’ils furent repus, ils baignaient dans une eau épaisse et trouble, et au milieu du carnage, Llyr se plaisait à penser qu’aucune couleur ne rendait mieux hommage, ne seyait mieux à sa blanche compagne que celle du grenat dont toutes ces Incarnates coquettes avaient oublié l’origine et le sens. Bien assez tôt, cependant, le sang s’estompa, de même que les vagues lueurs rougeoyantes dans les yeux du Bronze tandis que l’excitation refluait et qu’il se trouvait de nouveau seul face à son inquiétude. Il devait bien se l’avouer, sa relation avec Rakesh, si elle n’avait eu pour principal but que de servir les intérêts de son Âme Sœur, avait eu sur lui une série d’effets inattendus. Pour lui plaire, ou tout du moins pour espérer lui convenir, il avait découvert en lui des trésors dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence, avait grandi d’une manière qui avait rendu Nagendra fier, au lieu de voir se concrétiser toutes les craintes de l’Humain. Le Bronze comprenait aujourd’hui tout ce qu’il devait à cette Dragonne qui l’avait choisi, lui, pour des raisons qu’il ignorait encore ; à quel point elle l’avait rendu meilleur.
Alors, péchant assurément par la même franchise que son Lié, il ressentit soudain le besoin, tordant et viscéral, de le lui avouer, sans savoir ce qu’il escomptait vraiment tirer de telles confessions – si déraisonnables, si insensées – mais pas tout à fait sûr non plus de ce qu’il aurait pu y perdre. Du bout de l’aile, avec retenue, il alla effleurer celle de Rakesh.

° Merci… ° gronda-t-il, les flancs vibrants, cherchant à accrocher son regard. Il n’était pas aussi doué avec les mots qu’il n’aurait voulu lui faire croire, aussi préféra-t-il lui offrir quelques bribes de ses pensées. Celles-ci étaient brutes et grossières comme un diamant non poli, impropres à être exposées aux yeux de sa belle, mais infiniment précieuses pour qui savait en déceler la splendeur cachée.

~°~

Sous le poids brûlant, perçant de son regard, Adhâvan semblait peiner à se donner bonne contenance, se forçait pourtant à lui tenir tête, comme s’il avait souhaité se prouver qu’il était capable de résister. Nagendra sentait la chaleur qui croissait en lui, même à travers la distance qu’il leur imposait, même à travers son armure, comme s’ils s’étaient trouvés enlacés, peau contre peau – et il ne pouvait que s’en enorgueillir. Il savourait l’attente avec un plaisir à peine teinté de culpabilité, songeant qu’il pourrait l’étirer à loisir, et refuser ainsi à l’Elfe le soulagement vivement désiré. Car celui-ci n’avait de véritable valeur que s’il c’était lui qui le dispensait, et son amant, du moins l’espérait-il, en était à la fois pleinement conscient et bien trop sage pour prendre le risque de tout gâcher.

Avec une avidité qui attisait l’incendie contenu dans ses iris d’ambre, Nagendra étudiait et profitait d’Adhâvan dans ses moindres détails : la façon dont son menton s’était pointé dans sa direction, soulignant l’angle de sa mâchoire et accentuant l’ombre dans ses joues rosies ; les étincelles qui voletaient au fond de ses yeux, autant souvenirs que promesses de sa capacité à s’embraser ; et ses lèvres, si désirables, qui lui souriaient maintenant, opiniâtres. La respiration de l’Humain s’alourdit un peu plus, et, en l’espace d’un instant, l’obscurité de ses pupilles s’élargit au point d’en éclipser la flamme. Déjà, dans l’intimité de son esprit, il imaginait mille façons de s’emparer de l’Elfe et de lui ôter ce sourire insolent ; mille mélodies à jouer le long de son échine et encore cent autres façons de faire sonner son nom dans le silence. Il ne fit rien pour abréger leur supplice, cependant, car il attendait toujours une réponse, et il avait derrière lui des années d’entraînement à la patience.

Et puis, l’Elfe se débarrassa de l’amphore pour lever une main vers lui, doucement, si doucement, et se saisir d’une mèche de cheveux égarée. L’Humain émit une sorte de long grondement, sourd, autant d’avertissement que de contentement, fermant à moitié les paupières pour mieux savourer l’instant. La voix d’Adhâvan s’éleva ensuite, rendue sèche par le feu qui le consumait certainement, listant le résultat de ses constatations. Nagendra eut un rictus satisfait, se penchant soudain en avant, réduisant la distance qui le séparait de cette bouche qu’il brûlait d’embrasser, jusqu’à ce que seul un souffle subsiste entre eux, et laissa échapper un rire rauque.

« Ambre, cuir et musc ? Oh, Adhâvan, tu aurais pu au moins prétendre… » murmura-t-il d’un ton sombre avant de se redresser, franchement amusé, attrapant au passage l’amphore, puis reprit position assise, les yeux brillant de triomphe. Un lourd silence s’installa, et l’air frais de la clairière, entre les deux hommes, semblait parcouru d’électricité, comme quelques minutes avant l’orage. Nagendra s’offrit le luxe d’une gorgée de vin, et même si l’envie le tiraillait d’observer les réactions de l’Elfe abandonné à son triste sort, se débattant sans doute entre la frustration et l’incompréhension, il préféra jouer la plus parfaite indifférence, les yeux clos tandis qu’il laissait la chaleur veloutée de l’alcool caresser son palais, révélant toute la richesse de ses arômes harmonieux et entêtants. Enjoué comme un enfant s’apprêtant à commettre une bêtise particulièrement élaborée, il porta une seconde fois l’amphore à ses lèvres et se retourna pour faire face au Chevalier Blanc, croisant un instant son regard, le cœur battant à tout rompre.

Si chacun de ses mouvements jusqu’ici avaient été emprunts de lenteur, au point d’en devenir douloureux, ce fut cette fois avec la vitesse d’un rapace fondant sur sa proie qu’il s’inclina vers Adhâvan, capturant ses lèvres entre les siennes, sur lesquelles s’attardait le goût du vin, discret mais évident, totalement mêlé à sa propre odeur telle que l’Elfe l’avait décrite plus tôt. Aussi délicatement qu’il en était capable, l’Humain vint poser une main derrière la tête de son amant pour prolonger leur échange, ses doigts se perdant obligeamment dans les longues mèches d’or blanc. Même au cœur de leur baiser, le Chevalier Bronze ne put s’empêcher de sourire, bien au fait que son comportement original aurait pu lui attirer des ennuis s’il n’avait pas été convaincu que ces rares sursauts d’extravagance savaient trouver grâce aux yeux de son compagnon. Enfin, il se dégagea, se pourléchant les babines à la manière d’un chat sauvage, le regard pétillant de malice.

« Après le nez, vient la dégustation. » déclara l’Humain, comme pour reprendre son exposé sur l’art du vin et de son appréciation. « C’était uniquement un avant-goût ; maintenant, peut-être souhaites-tu te faire une meilleure idée ? »
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeJeu 16 Jan 2020 - 19:22

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Adhâvan Ilaiyaraja & La Blanche Rakesh

Theme Song :
From Heaven to Dust – Azam Ali

A son rugissement arrogant en avait répondu un autre, aux tonalités bien plus menaçantes, tandis qu’elle louvoyait habilement sous la surface des flots miroitant du spectacle céleste, capturant entre ses griffes acérées une flèche d’argent, filant dans la pénombre ambiante. De la colère du Bronze, la dragonne avait perçu la soudaine agitation des eaux, leur paix étale tranchée par le mouvement brusque de ses ailes. N’aurait-elle déjà attrapé sa proie, que l’ensemble des créatures aquatiques vivant dans l’écrin du lac se seraient hâtivement éloignées d’eux, bien trop pour qu’elle puisse s’en emparer avant de refaire surface. Alors, se propulsant d’un battement puissant de queue, elle se dressa à demi, reprenant une goulée d’air avide, prête à l’affronter, le rubis de ses iris, provocateur, faisant écho au grenat sombre de celui de Llyr … Qui cependant se dilua bien vite face à ses mots, et le poisson suffocant qu’elle lui présenta, innocemment.
Rakesh aimait jouer avec lui, se jouer de sa fierté et de ses désirs de possession, de puissance, comme pour s’assurer qu’en lui, son adoration pour elle resterait toujours intacte. Elle avait particulièrement conscience du mince voile existant entre cette haine et cette passion qu’il pourrait lui vouer, de cette frontière qu’elle se plaisait à franchir, ça et là, en de constantes escarmouches … Et, si elle aspirait à avoir le monde à ses pieds, elle ne revendiquait rien tant que sa plus pure liberté. Sans attache, ni contrainte. Libre d’être vénérée lorsqu’elle le souhaiterait, et de s’en détourner lorsqu’elle s’en lasserait.

Qu’il lui paraissait simple alors de satisfaire ce jeune mâle orgueilleux, tandis qu’il s’élançait à son tour, plongeant à ses côtés pour participer à la curée qu’elle lui proposait. Ainsi accomplirent-ils leur propre prophétie, arrachant des eaux ces étoiles déchues à l’éclat faiblissant, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils baignent dans de funestes flots carmins et qu’ils en soient repus. Émergeant à la surface, la nacre de ses écailles parée de glorieux sillons vermeils, Reine en nom autant qu’en titre pour quelques instants encore, elle rencontra le regard de son flamboyant prétendant, et ce qu’elle y vit alors fit souffler en son âme, inopinément, un trouble certain. Car s’il y avait là les nuances approbatrices, flatteuses, qu’elle escomptait y lire, il y brillait aussi une déroutante forme de reconnaissance. Voilà une émotion, qui, quoi que plaisante, tout bien considéré – car la gratitude était source de dette et de tribut mérité – lui était jusqu’à présent inconnue. Elle-même ne l’avait jamais éprouvée – ou ouvertement reconnue – envers qui que ce soit : toute bonne chose lui était due, naturellement.
Et, lorsqu’avec une délicatesse chargée de dévotion, il vint l’effleurer du bout de son aile, elle frémit, ébranlée malgré elle, par le diamant brut, aussi imparfait que précieux, qu’il venait de déposer à ses pieds. Lui aurait-il offert son cœur, arraché, battant, hors de sa poitrine, que la Blanche l’aurait alors contemplé avec la même incompréhension, la même angoisse dans son regard. Car c’est avec la sensation d’un nœud coulant se resserrant autour de son cou qu’elle réalisa ce que Llyr ressentait, et ce à quoi tout cela faisait irrémédiablement écho en elle.

L’amour était une fantaisie, un aveuglement passager bon pour Kishan, pour tous ceux qui croyaient en l’illusion des bons sentiments. Il n’avait pas sa place dans le monde mortel du Màr Tàralöm, dans la cruelle hiérarchie de la société draconique. Encore maintenant, figée par une surprise qui n’en était pas vraiment une, elle s’évertuait à se convaincre que le Bronze n’agissait que dans le but d’obtenir quelque chose d’elle, quoi que ce soit. En vain.
Avec une hargne couvant dans ses pensées, comme si cela avait pu être sa faute, Rakesh projeta donc son âme à la rencontre de celui de son Lié, qu’elle trouva, comme elle s’y attendait, dans un face à face oublieux avec Nagendra. Sans se soucier de troubler sa sérénité, elle envahit son esprit de son propre désarroi, cherchant, fouillant en lui pour trouver les réponses à sa propre situation. Mais il était bien difficile pour elle de lutter contre ce brasier vorace, qui crépitait sourdement dans les iris mordorés de son Elfe, et c’est un demi sourire fugace, féroce et irrépressible, alimenté par les flammes de son désir véritable, qui vint en réaction étirer ses lèvres pleines. Il était temps pour elle de payer enfin les conséquences de ses actes.

*Ne devrais-je pas y voir un juste retour de bâton, ô ma radieuse Reine de Diamant ? Llyr t’appartient pleinement à présent, ainsi que tu l’as désiré.*

Vexée par sa trop évidente satisfaction, trop perturbée par l’attente qu’elle percevait chez le jeune Bronze, elle s’écarta brutalement de son âme-sœur, sans toutefois se couper totalement de lui, ne laissant entre eux qu’un fil ténu, palpitant et frissonnant dans la brise impalpable qui les séparait.


Sous la caresse insaisissable de ses doigts, son amant s’était d’abord tendu, complaisant, ses paupières venant voiler une nouvelle fois l’ardeur mordante de ses iris, avant qu’un rire étouffé, profond et grave, ne lui échappe. Flagorneur et approbatif, visiblement ravi par le double sens tortueux de sa réplique, Nagendra s’était encore rapproché, jusqu’à ce que ne subsiste entre eux que l’espace d’un simple soupir. Le parfum de sa peau, tel qu’il l’avait décrit, emplissait à présent ses sens, son champ de vision irrémédiablement réduit à l’ambre magnétique de ses yeux, qui lui semblaient prêts à l’engloutir tout entier. Il lui paraissait ainsi percevoir, indistinctement, le son des battements affolés de son cœur, venant faire écho au sien, sentir résonner en lui le poids et la convoitise de ses pensées, piquantes, électrisantes. Leurs souffles, si proches, se mêlaient. L’atmosphère dans la clairière, pourtant si paisible, s’était chargée d’une si riche tension que, l’air se faisant douloureusement rare dans ses poumons, la tête lui tournait.

Le silence s’étira dans une expectative fiévreuse, et ses mains, retombées à ses côtés, vinrent tordre des brins d’herbes folles sans qu’il ne le conscientise pleinement, comme pour se retenir de venir saisir la présence tentatrice du Chevalier Bronze. Puis, le temps qu’il ne cille deux fois, Nagendra s’était reculé, se saisissant de l’amphore de vin qu’il avait abandonné, lui signifiant, avec une indulgence amusée, qu’il n’était pas dupe. Sans répondre, relâchant un souffle trop longtemps contenu, Adhâvan se contenta de le suivre du regard, détaillant les contours de sa silhouette ombrée par les lunes, ses lèvres tordues par une petite moue indéfinissable.
Pourquoi prétendre, après tout ? Il avait apporté sa propre réponse à la lancinante question de son amant, et cela lui avait paru, spontanément, bien plus adapté que n’importe quel autre mensonge qu’il aurait pu inventer. Saisi d’un soudain froid après la chaleur irradiante de leur intimité rompue, mille questions se mêlant en un écheveau chaotique dans son esprit, il ne bougea pourtant pas, se contentant d’observer Nagendra savourer une voluptueuse gorgée de vin, les yeux clos pour mieux en saisir toutes les saveurs. A quel jeu jouait-il, car il s’agissait bien évidemment de ça ?

Une bien faible colère, née de son amour-propre indélicatement froissé, vint ombrer les creux de son visage anguleux. N’aurait été l’irrésistible gaîté, piquée d’une infime pointe d’humour, qui auréolait encore et toujours les traits altiers de son compagnon, le Chevalier Blanc en aurait certainement conclu que ce dernier s’amusait à ses dépens. A moins qu’il ne se soit agit d’une nouvelle fuite de sa part, pour des raisons qu’il ne comprenait pas toujours. Il y avait bien eu ce soudain désarroi brillant dans ses yeux, lorsque Llyr l’avait quitté ...

Au moment où, désolé, l’Elfe se résignait à ouvrir la bouche pour l’interpeller, pour rompre ce pénible mutisme de quelque manière que ce soit, il croisa furtivement le regard de Nagendra, et ses iris mordorés s’agrandirent de surprise. Car il n’y avait pas là ce qu’il s’attendait à y voir. Nulle détresse, nulle dérision. Rien que d’infinies promesses, qui firent rugir et bouillir le sang dans ses veines, tandis que son amant se penchait vivement sur lui pour l’embrasser, sa main se glissant dans ses cheveux pour mieux l’attirer. Alors, quoi qu’un peu tard, il comprit. Là où le premier baiser qu’il lui avait offert, un peu plus tôt, avait été emprunt d’une certaine langueur, quoi qu’aiguillonnée par la passion, celui-ci recelait bien plus encore. ‘‘Fruits rouges, mûre et cassis’’. C’était là une expérience déconcertante que de sentir les parfums du vin sur ses lèvres, et, obscurément, Adhâvan perçut le sourire satisfait, réjoui et lourd d’une insolence enfantine, du Chevalier Bronze. Ils le savaient tous les deux, leur petite joute verbale venait très certainement de s’achever par la victoire écrasante de son compagnon, et il n’en ressentait ni amertume, ni regret. Mais ses doigts n’en allèrent pas moins se contracter involontairement sur les épaules de l’Humain, s’assurant ainsi qu’il ne s’esquiverait pas … prématurément.

Lorsqu’il se dégagea finalement, les paupières d’Adhâvan restèrent étroitement closes, ses lèvres encore entrouvertes sur le souvenir de leur étreinte, le hâle léger de son teint rehaussé par l’incarnat qui empourprait ses pommettes. Et pas même l’irruption vengeresse de sa Liée dans l’espace partagé de leurs âmes liées, ne put chasser le feu brûlant, ardent, que son amant avait alimenté en lui. Un rire incrédule, farouche, enfla dans le creux de sa poitrine lorsqu’il réalisa que Rakesh s’était tournée vers lui pour chercher son aide, pour qu’il dissipe les brumes de son incompréhension. Non. Sa Blanche maniait les mots mieux que personne, et n’avait en aucun cas besoin de lui pour faire face à son jeune prétendant. Masquée sous une âpre satisfaction, noircie d’une aigre culpabilité, une pointe d’angoisse vint pourtant lui serrer la gorge. Que se passerait-il, pour elle, pour lui, pour eux même, si, contre toute attente, la dragonne repoussait Llyr ? Le Bronze ne lui paraissait pas être de ceux à accepter une telle humiliation sans se battre en retour.

Il cilla un instant, douloureusement, étudiant le visage de Nagendra pour savoir si son Lié lui avait également fait part de la nature de ses sentiments, le scrutant pour déceler la moindre trace pouvant indiquer qu’il savait. Mais il n’y avait là que deux ambres pétillantes de finesse et de joie. Si familières et néanmoins si étrangères ... Lentement, dans les profondeurs oubliées de son esprit, un serpent tentateur déroula ses anneaux, jugeant s’il croquerait ou non dans le fruit défendu. Lui dirait-il ?

Mais, dissipant ses doutes comme le soleil effaçant le gel du sol d’hiver, la voix de son amant s'éleva à nouveau, reprenant naturellement le cours de leur conversation comme si elle n’avait pas été interrompue. Ainsi lui sourit-il opiniâtrement, son cœur s’emballant et sa peau se hérissant et s'embrasant, implacablement, délicatement, une nouvelle fois, en avisant le sens caché derrière ses mots. Derrière l’innocence apparente de sa proposition, il lui était impossible de ne pas considérer la tonalité, par trop exaltée, de ses paroles. Si Rakesh avait été présente, elle se serait, sans aucun doute, fendue d’une tirade impudente et libertine, à propos de certains mets recelant une toute autre saveur accompagnés d’un bon vin … Mais la dragonne était bien loin de lui, prise dans les rets de ses propres machinations, et il s’en félicita, gravant avec ferveur dans sa mémoire le profil élégant de Nagendra, jusqu’à en faire déborder son cœur. Cette nuit n’appartiendrait qu’à eux.

S’inclinant à demi, sans rompre le contact de leurs regards, il vint lentement caresser la main de son amant, ses doigts recouvrant les siens sur la anse de l’amphore qu’il tenait toujours, pour l’amener jusqu’à lui, jusqu’à hauteur de ses lèvres, lui permettant, s’il le souhaitait, d’en boire une gorgée. Encore et toujours, l’Humain revêtait à ses yeux une nature solaire, rayonnante, à côté de laquelle il lui semblait pâlir inévitablement. Le Chevalier Bronze était fait pour briller sous l’attention et les regards, pour côtoyer les sommets et s’y tenir. Il était inutile de lutter, et il n’en éprouvait d’ailleurs pas le désir. Sa propre place, dans l’ombre de la lune, était bien plus discrète.

« Peut-être y’a-t-il là en effet une expérience à tenter ... »


Face à face dans le cadre idyllique et trop parfait du Lac d’Ael Alfirin, la petite dragonne de nacre, furieuse, les prunelles rougeoyantes, défiait son prétendant aux écailles de cuivre sanglant. Quoi qu’elle ne l’accepte que difficilement, il n’y avait pour elle qu’une seule issue envisageable aux aveux que Llyr lui avait offert. Le jeune mâle ne tolérerait pas un refus, une nouvelle esquive. Elle ne pouvait plus fuir ni s’échapper à présent, elle ne pouvait plus se fuir. Aussi se dressa-t-elle au dessus des eaux cristallines, fièrement, projetant son esprit vers lui, violemment, ainsi que toute la richesse de ce qu’il représentait pour elle, sans fard ni duplicité aucune, son désir possessif pour lui, l’attrait de sa force, orgueilleuse et grandissante lune après lune. Qu’il voit ! Les mots étaient devenus superflus, vecteurs trop frustres, instruments propres aux bipèdes insignifiants. Elle n’était pas comme son faible Lié, à craindre d’évoquer la vérité, car, elle le savait, cette dernière pouvait devenir une arme, plus féroce que n’importe quels crocs, plus tranchante que n’importe quelles griffes.

**Tu m’avais promis un astre arraché des cieux, et c’est le joyau tout aussi unique de ton cœur brut que tu m’as offert. Seras-tu mien pour toute l’éternité, Llyr, fils de Nephtys ? Seras-tu Roi à mes côtés jusqu’à ce que nos ailes ne puissent plus nous porter ? Car, sache-le, je n’accepterai rien de moins de toi.**


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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeMar 28 Jan 2020 - 20:14

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Chevalier Nagendra Tuncay, Verseur de Sang, Lié au Bronze Llyr

Somehow – Cyesm

Victorieux, le visage auréolé d’une suffisance noble et naturelle propre aux idoles antiques, Nagendra observa Adhâvan tandis qu’il se penchait pour attraper l’amphore, effleurant brièvement sa main. L’excitation de leur petit jeu refluait lentement, et d’autres flammes venaient désormais dévorer son cœur et lacérer ses entrailles. Dans son esprit, l’écho des rugissements de Llyr gagnait en intensité à chaque nouvelle respiration. Humain et Dragon s’étaient toujours accordés pour ne pas déborder dans l’espace partagé de leurs âmes, pour maintenir une distance appréciable qui empêchait leurs sentiments de se mélanger et de se détruire. Il y avait ce qu’ils acceptaient de partager, et il y avait le reste. En bon amateur des règles, le Chevalier Bronze ne supportait pas qu’on les piétine – et surtout pas lorsqu’il s’agissait de celles qu’il avait instaurées. Une ride d’agacement vint barrer son front altier, et il se détourna bien malgré lui de son amant pour lever les yeux vers le ciel strié de larmes astrales, une infime lueur de reproche couvant dans ses iris d’ambre.

Llyr se montrait imprudent. Comme à son habitude, il fonçait tête baissée, sans prendre la peine de réfléchir, et Nagendra sentit une nuée de frissons se déposer dans sa nuque lorsqu’il pensa aux potentielles implications de ses pulsions téméraires. L’Humain était certes franc et spontané, mais s’il lui arrivait de satisfaire ses caprices, c’était toujours parce qu’il avait auparavant travaillé pour se trouver dans un environnement favorable où ceux-là n’entraîneraient aucune conséquence désastreuse. Pour cette raison, il ne parvint pas à empêcher une vague de ressentiment à l’égard de son Âme Sœur, encore exalté par sa chasse, incapable de réfréner les volontés de son cœur, comme un vulgaire pantin manipulé par des ardeurs adolescentes. Si la réponse de Rakesh ne lui convenait pas, que ferait-il ? Allait-il la tenir captive ou lui arracher les ailes, alors même que lui se trouvait là, un goût de vin et de désir subsistant sur ses lèvres, auprès d’Adhâvan ?

Nagendra se raidit imperceptiblement, et sur ses traits fiers planait une ombre menaçante et inquiète. Aussi fort qu’il le souhaitât, il n’arrivait pas à totalement détacher son attention de son Lié, tous deux tendus dans la même attente insupportable. Évidemment, au final, ils n’avaient pas d’autre choix que de s’en remettre au bon vouloir de la Blanche ! Le monde retenait son souffle en attendant sa décision. Un mot, une seule lubie de sa part, et tout aurait pu basculer. Était-ce là assez de pouvoir pour qu’elle puisse s’en satisfaire ? Le Chevalier Bronze calfeutra sa colère dans un silence obstiné qui lui retournait l’estomac, prétextant d’être entièrement absorbé par la contemplation du ballet d’étoiles filantes.

Il comprenait, en demi-teintes, ce que Llyr avait voulu ; refusait pour autant de l’admettre ou de lui donner raison, ni même de l’excuser. En vérité, le Dragon n’avait eu en tête que d’exprimer ce qu’il ressentait. Il n’avait jamais été question de réciprocité ou de promesses. Si Rakesh avait seulement avoué avoir apprécié le temps qu’ils avaient passé ensemble, cela aurait été suffisant. Si Rakesh l’avait seulement remercié de l’avoir aimée, cela aurait été suffisant.

Une part du Bronze niait les pensées de son Lié, un orage sanglant tourbillonnant dans ses larges yeux, soufflant pêle-mêle braises et cendres. Alors que la Blanche s’était dressée face à lui, sublime et terrifiante statue taillée dans le plus dur des diamants, il s’était recroquevillé sur lui-même, comme un condamné à l’approche de sa sentence. Il comprenait son erreur, et accepterait d’en subir les conséquences à défaut de les assumer. Mais alors qu’il se préparait à l’inévitable, l’esprit de la Blanche se propulsa pour rencontrer le sien, le frappant avec la violence d’une éruption solaire. Il prit tout ce qu’elle lui offrait, d’abord méfiant, puis la fierté et la surprise le submergèrent, le laissant presque à bout de souffle, éreinté par l’intensité de ses aveux silencieux. La radiance que projetait sa silhouette entièrement déployée éclipsait la pâle lueur des Lunes, et le Bronze n’aurait eu aucun regret à disparaître dans son ombre éclatante.

° Rakesh, fille de Takhasya, je resterai tien tant que tu accepteras d’être mienne. ° déclara-t-il avec un nouveau rugissement, levant son long cou vers sa Reine et étendant les ailes à la manière d’un lotus écarlate dans les eaux encore troubles du Lac, dans une bien étrange révérence. ° Je serai ton Roi. Ton ombre et tes flammes. Tes ailes et tes crocs. Tout ce que tu voudras de moi. °

Ses pensées s’envolèrent pour rejoindre celles de Rakesh, comme un souvenir de l’Empreinte sacrée qui les avait Liés à leurs Âmes Sœurs, enchevêtrées au-dessus de la surface du Lac, à mi-chemin entre la terre et le ciel ; à mi-chemin entre lui et elle.

« Adhâvan. » souffla doucement Nagendra au milieu du chaos que déversait en lui Llyr, des larmes suspendues à ses cils, comme un mirage, furtif reflet des lumières changeantes du ciel, et qui se volatilisèrent dès qu’il se tourna vers le Chevalier Blanc. Sa bouche était sèche, et il n’avait certainement pas bu assez de vin pour expliquer la chaleur qui se diffusait dans ses veines ou le léger tournis dont il était soudain victime. Les battements de son cœur résonnaient jusque dans ses tempes, et quelque soupir ardent avait nimbé son front de fièvre. Pourtant, ce fut portés par une voix assurée que les mots le quittèrent.

« J’ai lu des poètes qui affirmaient que le langage de l’amour est universel, mais je pense qu’ils ont tort. Il y a d’infinies manières de le dire, de le montrer et de le faire. Je ne voudrais pas qu’un malentendu s’installe ici, alors, même si je te l’ai sûrement dit maintes fois au cours de ces dernières Lunes, je préfère employer les mots d’usage. »

Il écarta distraitement l’amphore qui se tenait comme un obstacle entre eux, et battit plusieurs fois des cils avant d’être en mesure de plonger son regard dans celui du Chevalier Blanc. Ce qu’il lisait dans ses nuances d’or brun et de chrysocale, d’obstination et d’incertitude, il n’était plus en mesure de le dire.

« Je t’aime. » confessa-t-il enfin, le ton presque interrogatif, un sourcil haussé comme s’il attendait confirmation qu’il avait été clair. En réalité, il se sentait presque honteux d’énoncer pareille évidence, et coupable, aussi, parce qu’il n’était même pas sûr de ce que pouvait être l’amour. Il savait seulement qu’il aimait l’être en face de lui. Assez pour être parti en guerre contre ses propres démons, assez pour avoir osé plonger dans ses plus obscures ténèbres afin d’y trouver ce qu’il avait encore de lumineux et de fragile en lui, pour le lui offrir. C’était un étrange mélange, songeait-il, que de voir dans ces chaînes une telle promesse de liberté. Et il s’était imaginé prononcer ces mots, bien sûr, couronné de gloire et de puissance, et peut-être qu’on l’en aurait supplié, qu’ils auraient été trompeurs ou douloureux. Qu’ils auraient été une arme capable de brûler des univers entiers.

Il ne s’était jamais figuré qu’il se trouverait là, en pleine nuit, à l’écart du Kaerl, avec rien de plus qu’une piètre offrande de vin, et lui, engoncé dans son costume de soldat – avec son Lié qui meurtrissait chacune de ses inspirations, et le ciel qui pleurait sans un bruit au-dessus d’eux.
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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeDim 9 Fév 2020 - 17:49

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þÚ Ert Sólin – Ólafur Arnalds


You are the Sun
☽ ☼ ☾

Il n’avait fallu que quelques battements de cœur après que leurs mains ne se soient effleurées, puis quittées, pour que, finalement, les premiers signes d’une infime agitation ne viennent s’inscrire sur le visage hardi de Nagendra. Rien qu’une fugitive trace de contrariété, une ride nerveuse barrant son front, et il se détournait de lui, une fois de plus, levant son regard vers les cieux, comme pour s’en imprégner, comme s’il y avait eu là des réponses à ses errances intérieures. Livré à lui-même, Adhâvan ne s’en formalisa pas, contenant une bien dérisoire crispation d’angoisse en sentant les vagues furieuses émanant de Rakesh venir s’écraser sur les berges de son âme. Ce qui se jouait là, entre les deux dragons, cet affrontement de pouvoir, le dépassait totalement. Seule la pensée des terribles conséquences qui en découlerait emplissait sa conscience. Il ne parvenait pas à vouloir à son amant de sa réaction. Il pensait comprendre sa frustration, celle de n’être, à nouveau, que les jouets des humeurs de leurs liés. Il n’y avait rien à faire. Aucune supplique, aucune prière, ne viendrait adoucir la piqûre de ces ronces épineuses qui se resserreraient impitoyablement sur lui, s’il tentait de se débattre contre son destin …
Mais, cependant, cette fois, il y avait cela de différent qu’il savait quelle émotion, quel attachement, quel désir jaloux et exclusif, courait dans les veines de sa Blanche, quelle flamme vive faisait frémir ses ailes d’opale. La finalité des sempiternelles manigances de Rakesh lui échappait, mais il était sûr d’au moins une chose : la dragonne ne pouvait plus se cacher l’intérêt authentique que lui inspirait le Bronze. Ce qu’elle éprouvait en contemplant Llyr, il le déchiffrait, le ressentait, douloureusement, comme si c’était le sien, comme si … sans doute, un sentiment semblable l’habitait.

Dans un souffle étrangement coupable, il baissa les yeux, raffermissant sa prise sur l’amphore dont il s'était emparé, agréablement fraîche entre ses paumes, en inspirant les arômes, se sentant s’emplir de la chaleur du baiser qu’ils avaient échangé auparavant. Certains peuples vénéraient les étoiles et leur divinité, Kishi, considérant que ces larmes de feux célestes portaient chance, et pouvaient exaucer les vœux. Futile, infantile croyance. Et pourtant … Portant le vin parfumé à ses lèvres, il contempla fiévreusement le ciel nocturne, strié par la course des météores vagabonds, ressentant toute la morsure âpre et amère de l’alcool se répandre dans sa bouche. L’Elfe n’était pas certain de vouloir que cette nuit, ce moment partagé hors du temps et de l’espace, se termine, quelle qu’en soit la façon. Les Dieux les observaient-ils là-haut, se gaussant de leurs vaines existences, de leurs vains tourments de mortels ? Il secoua à demi la tête, faisant danser à son oreille le bijou d’or qui l’ornait. Il en doutait sérieusement.

Laissant Nagendra aux prises avec ce qu’il supposait être l’exultation farouche provenant de son Lié, il déglutit difficilement, non sans une grimace fugace, laissant son regard dériver sur son compagnon, qui semblait s’être muré dans un silence sinistre, de mauvaise augure. Non, la situation ne lui plaisait pas plus qu’à lui. Mais que pouvaient-ils faire d’autre qu’attendre, suspendus au bon vouloir d’une orgueilleuse petite dragonne de nacre ? S’exhortant à une patience acharnée, avec dans ses iris mordorés toute l’évidente détresse qu’il éprouvait à l’idée que ces instants soient les derniers, Adhâvan contempla le Chevalier Bronze, sa silhouette ombrée de colère. Contre qui était-elle dirigée ? Rakesh, Llyr, ou bien lui-même, pour avoir relâché sa garde ? Il n’était pas sûr d’être en capacité de le déterminer.

Ses paupières vinrent voiler l’éclat d’or brun de ses yeux, et il se raccrocha à la sensation ferme de la poterie sous ses doigts, de l’air tiède et odorant de la Sylve caressant chaque parcelle de sa peau offerte aux éléments, pour ne pas se voir englouti par l’esprit ardent de sa Blanche. Il ne fit qu’un avec elle, néanmoins, lorsqu’elle offrit enfin à celui qu’elle avait élu, toute la violence de ses sentiments. Le voir là, presque soumis, courber l’échine devant elle, avec la résignation d’un condamné à l’échafaud, avait fait courir à la surface de ses blanches écailles une onde électrisante, comme si la foudre l’avait soudain frappée. Etait-il réellement digne d’elle ? En d’autres temps, d’autres lieux, aurait-il été un autre, que peut-être se serait-elle ri de lui. Mais pas maintenant, pas ici. Pas lui. Comment pouvait-elle alors le rejeter, lui qui venait de placer rien de moins que le diamant imparfait de son âme sur l’autel de son adoration ?

° Rakesh, fille de Takhasya, je resterai tien tant que tu accepteras d’être mienne. Je serai ton Roi. Ton ombre et tes flammes. Tes ailes et tes crocs. Tout ce que tu voudras de moi. °

Leurs pensées se rencontrèrent dans un fracas terrible, aussi étourdissant que le tonnerre, aussi furtif que le souffle du vent d’été, leurs âmes s’entrelaçant étroitement, là, dans cet écrin de nature sacrée au dessus du Lac silencieux. Et elle sut. Une union bien plus profonde, bien plus intime que ce que leurs enveloppes charnelles avaient pu connaître, bien au-delà de ce que leurs liés bipèdes ne pourraient jamais satisfaire. Ils avaient mêlé leurs sangs, leurs lignées, et leur glorieuse progéniture arpentait à présent les passages ancestraux du Màr Tàralöm. Ils s’étaient trouvés, et reconnus, et s’appartenaient désormais l’un l’autre, pleinement, aussi longtemps que Tol Orëa vivrait.

**Ainsi soit-il.** lui chuchota-t-elle donc, scellant leur serment solennel, auréolée de toute une arrogante et fière satisfaction. Espiègle et câline, elle vint se coller au grand Bronze, faisant crisser légèrement ses écailles contre les siennes, l’invitant d’un simple regard à entrer dans son jeu, disparaissant une nouvelle fois, souplement, sous la surface des eaux cristallines. L’onde était pure, douce et plaisante, et le Bronze n’aurait aucun mal à la suivre pour la rattraper. Le Lac tout entier s’offrait à eux. Il ne leur restait plus qu'à en profiter.

Frissonnant dans la moiteur de cette nuit si particulière entre toutes, Adhâvan se força à se détacher des sensations trop vives, trop mordantes, de sa dragonne, pour réintégrer son corps fragile, abandonné là sous le dais infini des étoiles. Les pulsations de son cœur, emprisonné entre ses côtes, lui paraissaient encore beaucoup trop violentes pour être les siennes, et il ouvrit lentement la bouche pour interpeller son amant. Il ne pouvait plus les contenir, sous crainte d’imploser, de se voir irrémédiablement consumé par le brasier hurlant dans ses veines. Il devait le lui dire, maintenant, car après … Après serait trop tard, l’occasion perdue à jamais de mettre des mots concrets sur toutes ces déconcertantes émotions qui le torturaient sans répit, jour et nuit, comme une feuille déchirée par la tempête.

« Tu ... »

Mais son mince filet de voix fut coupé net par la vision éphémère, imaginaire peut-être, d’une minuscule perle cristalline accrochée aux cils de Nagendra. Pleurait-il ? Ses iris mordorés s’écarquillèrent largement sous la surprise, et il se raidit inconsciemment, mais, déjà, son amant se tournait vers lui, murmurant son nom, le figeant dans son mouvement et capturant instantanément son attention. De son chagrin supposé, il n’arborait nulle trace, et sa voix était calme et affirmée lorsqu’il poursuivit doucement. Les sourcils du Chevalier Blanc se froncèrent et sa tête s’inclina légèrement tandis qu’il s’imprégnait de ses paroles, en cherchant le sens, le but final, sans réellement accepter de faire face à la vérité qu’elles dissimulaient. L’amphore de vin, oubliée, fut écartée, et son compagnon se rapprocha, comblant la distance d’une manière infime et pourtant autrement significative, plongeant son regard dans le sien en prononçant ces deux simples mots, d’apparence si triviale.

« Je t’aime. »

Avant cet instant précis, avant de les sentir se graver en lui, de percevoir l’allégresse et l’euphorie que sa confession avait suscité, Adhâvan n’avait pas réalisé à quel point il avait eu soif de les entendre. Qu’ils soient prononcés par lui, par cet homme qu’il avait appris à connaître, à respecter, à apprécier, pour lequel son attachement et son attirance n’avait fait que croître et le dévorer lunes après lunes … Lui apparaissait d’autant plus irréel, d’autant plus précieux et inestimable.
Ainsi, face à la question muette qu’il pouvait lire chez Nagendra, son visage s’illumina littéralement d’une joie pure et sincère, et à travers les larmes roulant ouvertement sur ses joues, il lui adressa un sourire tremblant. Tout semblait si clair, si évident, alors qu’il se repassait chaque échange, chaque sourire de leurs moments passés ensemble.

« Je n’ai jamais ressenti ça pour personne, auparavant, tu sais ... »

Avait-il conscience, lui aussi, de ce curieux miroir entre leur première confrontation et leur présente situation ? De ce qu’il lui avait avoué, alors, de la façon dont ils s’étaient quittés ensuite ?

« Je n’avais pas compris. C’était comme si ... » Il baissa un instant les yeux, troublé, incapable de trouver les mots justes, et porta une main à hauteur de son cœur, ses doigts se crispant sur le tissu ivoirin de sa chemise. « Je t’aime, Nagendra. De cela au moins, j’en suis certain. »

Car il ne voyait rien d’autre qui puisse expliquer cette chaleur qui irradiait de plus en plus fébrilement dans les profondeurs de son être, ce désir d’être en présence, au contact de l’autre, il s’inclina vers lui, déposant sur ses lèvres un baiser, hésitant et volatil, qui portait encore la saveur des larmes qu’il avait versé.

« Je t’aime. »


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MessageSujet: Re: [RP] La Danse des Feux Célestes   [RP] La Danse des Feux Célestes Icon_minitimeMer 18 Mar 2020 - 17:10

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Llyr n’était pas une créature complexe, et si une infinité de sentiments se consumait dans sa poitrine comme les éléments au cœur d’une étoile, il les laissait aller et venir à leur guise, n’écoutait jamais que le moment présent. Ainsi, vibrant d’énergie lorsque leurs ailes s’étaient effleurées, il avait plongé à la suite de Rakesh sans la moindre hésitation, parfaitement heureux de s’abandonner à nouveau à l’excitation légère du jeu et ne pensant déjà plus à ce qu’ils s’étaient avoué. Il fendait l’eau avec la même aisance qu’il se savait capable de trancher l’air et la chair, poursuivant sa Reine avec une vitesse qu’il retenait volontairement, profitant du spectacle qu’offrait la silhouette lunaire de la Dragonne fuyant dans l’obscurité du lac.

La partie de son cœur qui battait au rythme de celui de son Lié emplissait ses veines d’une puissance solaire – terrifiante, implacable et vitale. Essentielle. Il ne partageait pas l’âme poétique de Nagendra, mais savait s’émouvoir du contraste saisissant et complémentaire entre son armure d’écailles rougeoyantes et la lueur opaline qui ruisselait autour de Rakesh comme ces robes de soie dont aimaient se parer les femmes bipèdes. Le Bronze vrilla pour se tourner vers le ciel, glissant sous la surface du lac sur laquelle les étoiles continuaient de pleuvoir. Il se sentait plus libre, ce soir, qu’il ne l’avait jamais été depuis qu’Adhâvan était apparu dans la vie de son Âme Sœur. Son arrogance espérait que l’Humain saurait lui exprimer toute la gratitude qui lui était due, car, sans Llyr, Nagendra n’aurait probablement jamais brisé ses propres chaînes.

Mais sans Nagendra, le Dragon n’aurait jamais pu capturer l’attention de la plus prétentieuse, de la plus cruelle et de la plus belle des véritables Reines du Màr. Il n’aurait jamais mêlé son sang au sien, n’aurait jamais vu la naissance de leurs enfants. Et cet amour qui rugissait en lui, il n’en aurait jamais saisi le sens – pas plus que le Chevalier.

° Merci, mon frère. ° murmurèrent-ils d’une même pensée avant de se séparer à nouveau, Llyr rattrapant enfin la Blanche pour l’entourer de ses ailes et les laisser être emportés par l’onde.

Les traits de son visage se durcirent, presque imperceptiblement, en réaction à la vulnérabilité affichée par le Chevalier, par la fragilité de ses aveux. Être celui qu’il estimait digne de recevoir de tels présents, aussi dangereux qu’inestimables, submergeait Nagendra d’une fierté qu’il ne souhaitait même plus contenir. Il réalisait maintenant à quel point il avait désiré sa confiance, à quel point il avait brûlé d’envie de ressentir à nouveau ce sentiment, bouillant mélange de mérite, de possessivité et d’accomplissement qui savait lui conférer la force et le courage de mille hommes. Il percevait avec clarté que ce sentiment avait la couleur de l’âme de Llyr, mais il le reconnaissait aussi d’avant, de cette époque où il avait dû affronter le monde à la seule force de son intelligence et de ses bras d’enfant.

« Plus rien ne pourra nous arrêter maintenant, meleth nîn. » fit Nagendra d’une voix douce, une satisfaction féline muée en un fin sourire tandis qu’il se penchait en avant pour rencontrer Adhâvan, capturant entre ses lèvres son souffle tiède et la saveur de ses larmes. Il tendit une main qui vint épouser la forme de sa joue, essuyant du bout de son pouce les sillons irisés et humides qu’il sentait sous sa paume, et se recula afin de mieux l’observer, de mieux plonger son regard ardent dans le sien, comme s’il avait pu voir s’y dessiner la trame de leur avenir.

« Je t’aime. » répéta-t-il – plus affirmé, cette fois. « Un mot de toi, et je réduirais notre Kaerl même en cendres. » Dans ses iris d’ambre et de cuivre semblaient couver les flammes sacrées de son Âme Sœur, promesse silencieuse d’incendie. Adhâvan avait-il conscience de qui était Nagendra ? De ce dont il était capable ? Les serments d’un guerrier étaient les plus terribles. Il tuerait ceux qui oseraient s’en prendre au Chevalier Blanc ou à sa Liée, puis traverserait l’Enfer pour les retrouver et les tuer à nouveau, encore et encore.  Il briserait ses vœux, deviendrait parjure. Il mourrait lui-même avant de laisser quoi que ce soit arriver à ceux qu’il avait décidé de protéger et de servir.

Car c’était ainsi qu’il était, lui qui n’avait jamais eu pour famille qu’une meute de chiens errants, malades et brisés. Les larmes d’Adhâvan avaient éveillé en lui de vieux souvenirs qu’il pensait avoir enfouis. Toutes les fois où ses frères et sœurs d’infortune étaient venus se blottit et pleurer dans ses bras, où il avait senti la rage le consumer car ils n’étaient que des enfants et où avait crû en lui l’irrépressible besoin de les défendre. Il avait su, alors, puisque c’était toujours vers lui qu’ils se tournaient, qu’il n’était pas destiné à demeurer dans l’ombre. Quelque chose en lui l’appelait à régner, et l’Humain jugeait qu’il s’agissait plus d’une nécessité naturelle que d’une vulgaire soif de pouvoir. Il se savait mille fois plus légitime que les parvenus siégeant confortablement sur leur trône de corruption et de mensonges.

Avec un soupir, il attira l’Elfe à lui et le laissa se réfugier dans son cou, quelques mèches d’or blanc venant lui chatouiller le nez et les joues tandis qu’il inclinait la tête pour qu’elle repose contre celle de son amant, ses mains se perdant en caresses légères le long de sa silhouette frémissante. Il ferma les yeux, inspirant les effluves entêtants que dégageaient sa peau et ses cheveux, la chaleur de leur proximité. En cet instant, il se permettait de croire qu’il n’avait jamais douté de la réciprocité de ses sentiments, dissimulant son soulagement sous le même masque de détermination inébranlable qu’il arborait sans relâche, et, ses paupières s’étant closes, seuls les battements de son cœur trahissaient encore son vertige et le grondement féroce, jaloux de ses émotions.

Demain verrait l’aube d’un nouveau jour pour eux ; et cette fois, Nagendra nourrissait l’espoir que l’éclat du soleil ne viendrait pas éclipser celui de leur amour, né dans l’écrin secret de la nuit.

meleth nîn = mon amour


– FIN –
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