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 [RP] L'Arcane du Fou

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeSam 7 Mar 2020 - 15:03



[RP] L'Arcane du Fou Renato-de-leysse-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto "Braen" de Leysse & le Blanc Cyngar
--[RP] L'Arcane du Fou Siegrain-kay-amberle-new-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Loki-brun-dragon-tolorea
Siegrain Kaÿ d'Amberle & le Brun Loki



~ 11e jour d’Eurilyaku 919, soir, au lendemain de l’Eclosion

Il lui avait fallu tout son courage pour lui faire enfin face, pour ne serait-ce que la regarder dans les yeux, croiser son regard. Katell. Sa propre demi-sœur, pourtant, à présent guère plus qu’une étrangère pour lui. Qu’elle lui paraissait loin, leur enfance commune sous l’égide calme et exigeante de leur mère ! Que n’était-il pas né de la douce Cassandre, échangeant ainsi sa place avec Ambroise, lui qui aurait su, sans aucun doute, répondre aux ambitions affirmées de Laërte. Tout aurait pu alors, peut-être, se dérouler différemment … Les bras croisés, l'expression indéchiffrable, obscurcie par les ombres étroites des colonnes qui délimitaient la promenade couverte, Katell n’avait pas ouvert la bouche depuis qu’il était venu la trouver. Inflexible, elle se contentait d’attendre. Elle n’avait pas changé, sa soeur, même une fois liée à l’une des Reines du Màr Menel. Fidèle à elle-même, fidèle aux attentes que la Matriarche de Leysse reposait sur elle. Renàto lisait son impatience, son irritation même, dans les rides infimes qui marquaient les coins de sa bouche, dans l’éclat tranchant de ses iris d’agate. Il savait pertinemment à quoi s’attendre, dès le départ, que même en prenant le risque de s’ouvrir à elle, elle ne l’accueillerait pas les bras ouverts, en tirant un trait sur tout ce qui se dressait encore entre eux.

Le sang-mêlé n’aurait jamais imaginé, cependant, que leur discussion tournerait ainsi. Quel raisonnement aussi tordu qu’extravagant l’avait poussé à considérer qu’elle, entre tous, méritait d’être la première à entendre sa résolution ? A prendre la mesure de sa volonté … non, de son besoin, devenu vital, de prendre enfin sa destinée en main ? Ne s’était-il pas simplement encore une fois voilé la face, se cherchant inconsciemment une bonne excuse pour ne pas affronter ce qui l’attendrait certainement là-bas, à l’extérieur, au-delà des hautes murailles, inexpugnables, du Kaerl ? Son choix pourtant, il l’avait mûrement réfléchi, incapable de fermer l’oeil durant la nuit. Mais les heures passant, la journée s’écoulant doucement, il n’avait toujours pas bougé ... Il avait fallu que le soleil amorce enfin son déclin, pour qu’il rassemble en lui suffisamment de force morale pour aller l’aborder, pour qu’il annonce à Cyngar que c’était là une épreuve qu’il devait mener seul.

C’est au son de son sang rugissant à son oreille, sa bouche lui paraissant emplie de poussière, qu’il l’avait entraînée à l’écart, s’efforçant de chasser l’angoisse qui lui tordait les entrailles. Soudain incapable de parler face à son silence qui s’appesantissait bien trop lourdement sur lui, il avait bafouillé quelques mots inintelligibles, la honte rougissant ses joues hâves ; un adolescent gauche et inexpérimenté n’aurait pas fait mieux … Il déglutit lentement. Il valait mieux que ça !
Aussi sèche qu’un coup de fouet, avec cette impassible façade qui la caractérisait, Katell avait à peine eu besoin d’élever la voix. Oui, il avait bien conscience que d’autres affaires plus urgentes requéraient son attention, mais si elle acceptait de lui accorder encore quelques minutes de son temps … Il allait changer, il le jurait, il allait tout faire pour cela, qu’il soit digne de cette deuxième chance qu’on avait accepté de lui donner, pour prouver qu’il le méritait réellement !



« Pars, quitte donc en secret le Kaerl pour poursuivre des chimères, si ça peut te faire plaisir. En ce qui me concerne, mon frère est mort depuis bien longtemps, depuis ce jour où l’on a retrouvé cet écœurant charnier dont tu étais le responsable. Tu n’aurais jamais du revenir. Peut-être rencontreras-tu au Nurdlhàm ta juste fin, la justice que les Dieux réservent aux traîtres et aux lâches. Adieu et à jamais, Braen. »

De comment la situation avait bien pu basculer si radicalement, si instantanément, il n’en savait rien. Sa mémoire, ses souvenirs même s’embrouillaient, les mots s’y mêlant avec une clarté trop vive, écorchant ses sens, lui broyant le crâne, réduisant l’air qui entrait encore dans ses poumons à un mince filet douloureux. Pris dans l’étau de sa panique, il ressentait à nouveau le souffle de Kalièl à son oreille, alors qu’il lui soulignait, concupiscent, la ressemblance entre lui et sa sœur. Il lui semblait soudain être environné, entouré de toute part par la Mort, sentir le baiser froid de ses lèvres sur sa gorge … Et elle … Katell ne s’était pas attardée sur la dépouille du paria, non bien sûr, sa chevelure aile de corbeau battant dans son dos, comme une bannière, à chacun de ses pas, alors qu’elle s’éloignait ... Elle l’avait simplement rejeté, abandonné là, prostré, à genou sur les pavés de ce marbre virginal qui caractérisait le Màr Menel, si aveuglant, si blanc, si cruellement pur ; les mains pressées sur ses tempes tandis que les larmes ruisselaient sans fin le long des reliefs de son visage livide … en un bien pitoyable miroir de celles que sa sœur avait certainement versé, et versait certainement encore, sur leur famille brisée.

☽ ☼ ☾

Le dos pressé contre les froides colonnes ouvragées, Siegrain n’avait pu qu’assister, impuissant, à l’altercation entre Renàto et Katell, sentant une rage froide ramper à travers ses veines au fur et à mesure que les mots, d’une violence contenue, s’égrainaient. Il lui avait fallu prendre plusieurs profondes inspirations pour se calmer, pour assourdir ce sentiment de vive injustice, une vieille connaissance en vérité, qui martelait son cœur … Le temps que la jeune femme s’éloigne, les yeux rougis par une émotion qu’il refusait de voir et de reconnaître. Et lorsqu’il avait fait enfin volte-face, c’est frappé de stupéfaction qu’il avait contemplé le sang-mêlé agenouillé à même le sol, ses épaules secouées de sanglots hoquetant, lui insufflant la sensation d'être littéralement écorché vif. Ses poings serrés, il avait avancé d’un pas hésitant dans sa direction, sans tenir compte de la bourrasque contenue qui avait annoncé la discrète arrivée de son Lié.

**Siegrain ...**

« Quoi ? »

Sa réplique avait été plus sèche qu’il ne l’aurait souhaitée … Mais il pouvait deviner, sans qu’il ne la formule, la réserve prudente qui émanait du Brun.

**Ça pourrait être dangereux pour toi, et pour lui aussi … Tu ne sais pas ce qui pourrait se passer si jamais il perdait le contrôle.**

Fronçant les sourcils sur Loki, il croisa les bras, son visage se crispant en une expression fermée. Aurait-il du intervenir plus tôt ?

*Et depuis quand les membres du Màr Menel abandonnent leurs camarades, leurs frères même, lorsqu’ils sont dans le besoin ? Depuis quand l’égoïsme fait-il partie de nos valeurs ?*

Après cette véhémente tirade, Siegrain soupira doucement, passant une main nerveuse dans sa chevelure brune. Kieran … Kieran n’aurait pas hésité lui, dans une telle situation, pas plus qu’il n’avait hésité à s’interposer entre lui et les autres enfants qui s’amusaient à le tourmenter, bien des années auparavant. Et qu’importait le transfert présumé qu’il appliquait entre lui et Renàto. Le dragon émit alors un grondement grave, à la fois résigné et approbateur.

**Je voulais simplement m’assurer que tu étais bien décidé. Mais j’aurais du m’en douter. Quoi que tu choisisses, je suis là, à tes côtés. Allons-y.**

☽ ☼ ☾

Un ronronnement bas et sécurisant faisant vibrer son ample poitrine, Loki s’était lentement approché du sang-mêlé tremblant et recroquevillé sur lui-même. Cyngar n’était nulle part en vue, et cette constatation faisait naître en lui une profonde contrariété, qu’il savait partagée par son Lié. En réponse à la chaude émanation du dragon, Renàto avait enfin levé un regard hagard sur lui, jusqu’alors sourd aux paroles apaisantes que Siegrain lui adressait déjà depuis plusieurs minutes.

« Cyn … ? Oh ! »

Ses iris semblant lui dévorer le visage, la respiration encore un peu trop hachée, ses lèvres s’étaient arrondies en un ‘‘o’’ de surprise lorsqu’il avait reconnu le Brun, tout d’abord, puis le demi-sang qui lui faisait face. Lui adressant un sourire faussement amusé et détendu, Siegrain se contenta de poser une main caressante sur le haut de sa tête alors que le jeune homme détournait les yeux, ses doigts crispés sur sa gorge.

« Drôle d’endroit pour faire sa prière, messire le Prêtre. » lui énonça-t-il, assortissant sa remarque gentiment moqueuse d’un petit tapotement réconfortant, quoi que maladroit. Car qu’aurait-il pu faire d’autre ? L’étreindre, le prendre simplement dans ses bras, lui aurait paru bien trop … familier, trop intime peut-être, dans les circonstances présentes, et il n’était pas certain que cela soit avisé. Le regard profondément triste de Kieran, du baiser qu'il lui avait imposé, au soir de la naissance de son fils, s’imposa à son esprit, et il refoula ce souvenir au fond de sa mémoire, retenant un sifflement d'agacement. Ce n’était pas le moment de penser à ça ! Il fit donc plutôt claquer ses paumes bien à plat sur ses cuisses :

« Bien ! Où est Cyngar ? »

Comme il s’y attendait, ses paupières papillonnant avec désarroi, Renàto secoua la tête, une pointe de culpabilité se lisant sur son visage tendu. Sa voix n’était guère plus qu’un croassement rauque lorsqu’il lui répondit.

« Je ... Je ne sais pas ... »

Siegrain dressa alors un doigt sentencieux, sans pour autant se départir de son expression malicieuse : « Première leçon : ne jamais se séparer de son Lié. »

« Je ne voulais pas ... »

Sans lui laisser le temps de poursuivre ses explications désolées, le Chevalier Brun enchaîna, levant un deuxième doigt face au sang-mêlé :

« Deuxième leçon : arrêter de tout vouloir porter seul sur tes épaules. Lorsque tu te sens sombrer, tu peux t’en remettre à tes amis pour t'aider à t'en sortir. »

Percevant la gêne subite de son Lié face à ce qu’il venait de déclarer effrontément, Loki allongea le cou d’un air grave, ses prunelles ne révélant pour autant rien qu’autre qu’un bleu-vert paisible et serein. Parfois les meilleurs conseils que l’on offrait aux autres étaient ceux qui s’appliquaient également à soi-même.

**Nous devrions l’emmener voir Nalesean, par précaution.**

Intervention pleine de tact et de bon sens que voilà. Songeur, Siegrain acquiesça silencieusement à la suggestion de son Brun, néanmoins titillé au plus profond de lui par la sensation persistante d’avoir oublié quelque chose d’important … Que la notion de ‘‘guérisseur’’ venait de ramener à la surface. De quoi s’agissait-il ? Et c’est sous le regard perplexe et inquiet de Renàto qu’il se mit à jurer tout bas, en se souvenant qu’il avait promis à Selcot de le rejoindre ce soir pour jouer aux cartes. Un coup d’oeil rapide sur le ciel s’assombrissant rapidement lui appris que l’heure de son – ou plutôt, de ses – rendez-vous approchait et qu’il serait bientôt passablement en retard aussi bien pour l’un que pour l’autre …
C'était en début de journée, peu après l’aube, que Neithan Kendric, Phénix et espion à la solde de la Maison Amberle et en poste jusque là à Lòmëanor, était venu le trouver avec un ordre de mission bien déconcertant. Sous la stupeur, il l’avait dévisagé de haut en bas, son regard s’égarant un instant sur le dragonneau Bronze, Marduk, qui l’étudiait avec une lueur d’intérêt non dissimulée. Quant au barde que ce dernier avait choisi comme son Lié, il s’était contenté d’un sourire en coin mystérieux, assorti de la remarque qu’il devait veiller à faire preuve d’un peu plus de discrétion dans ses entreprises de "recherche d’informations". Ce n’est que lorsqu’il avait reconnu le nom inscrit sur le parchemin – Zackheim – qu’il avait compris, mais l’autre homme s’éloignait déjà, agitant une main au dessus son épaule et l’enjoignant à bien traiter la personne qu’il allait être amené à rencontrer, une ‘‘estimable collègue, courtisane à la Maison de la Rose et du Chêne’’.

Reprenant ses esprits, une idée commençant à germer en lui, il fronça lentement les sourcils sur le sang-mêlé toujours assis par terre, avant de lui adresser un sourire éblouissant et de bien mauvaise augure pour quiconque le connaissait un tant soit peu.

**Tu ne vas quand même pas ...**
*On n’aurait pas pu rêver mieux comme concours de circonstance !*

☽ ☼ ☾

Cédant à ses encouragements insistants, le Chevalier Blanc avait finalement accepté de le suivre, encore mal assuré sur ses jambes, mais visiblement satisfait, pour l’heure, de s’en remettre à quelqu’un d’autre afin de prendre les décisions à sa place. La courte marche lui avait fait du bien, et ses joues avaient repris des couleurs rassurantes lorsqu’il atteignirent la bordure de la Grand’Place, particulièrement animée en cette soirée d’été, prélude aux festivités à venir lors des Bacchanales d’Eurilya.

Peu de temps après, ils s'arrêtaient devant l’une des plus fameuses tavernes du Kaerl, le Cygne et L’Epée, et Siegrain ne marqua aucune hésitation à en franchir le seuil, balayant d’ors et déjà la foule pour repérer celui qu’il cherchait. Ce n’est seulement à ce moment que le regard de Renàto s’anima, une pointe de panique résiduelle venant embraser ses iris de vif-argent. Mais déjà la porte s’était refermée derrière lui, et Siegrain le vit réprimer tant bien que mal un frisson égaré. Lui adressant un clin d’oeil confiant, parfaitement dans son élément, il lui déclara, aussi incongru que cela puisse paraître dans un tel environnement :

« Ainsi que je te l’ai promis, je t’amène à un Guérisseur. »

Gardant le silence et arborant une expression de bête blessée, le sang-mêlé secoua la tête avec une incrédulité mêlée de résignation. Il se sentait épuisé, endolori, et n’avait qu’une seule envie, celle de disparaître dans un trou de souris et de retrouver la solitude de ses appartements. Pourtant paradoxalement … Il y avait une forme étrange de réconfort, de familiarité à se laisser entraîner dans les habituelles frasques pittoresques du jeune Amberle. Au moins cela l’empêchait-il de penser trop à l’état dans lequel Siegrain l’avait retrouvé après sa rencontre avec Katell, et à ce qu'il ferait ensuite.

« Sieg ! »

S’élevant au dessus du brouhaha, la voix de Selcot Denali, reconnaissable entre mille, attira son regard vers le fond de la salle où il était installé, et Siegrain leva une main pour le saluer, avant de se tourner à demi vers Renàto pour lui faire signe de le suivre. Louvoyant entre les gens déjà installés, dont la plupart ne leur accordaient pas la moindre attention, ils finirent par rejoindre l’Elfe à la mine réjouie.

« Selcot ! Pardonne-moi, j’ai un empêchement, je ne vais pas pouvoir rester ce soir. » Il se pencha par dessus la table pour asséner une claque amicale sur son bras. « Pour m'excuser, je t’ai ramené un autre partenaire de jeu. Il a passé … une assez mauvaise journée, alors je compte sur toi pour lui changer les idées. » Nouveau sourire fulgurant, adressé cette fois à son infortuné compagnon. « Renàto, voici Selcot Denali, Guérisseur au Màr Menel, Chevalier de la Verte Beith. Mais, vous vous connaissez déjà, je crois ... »


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeDim 8 Mar 2020 - 11:17

[RP] L'Arcane du Fou Tybald10 & [RP] L'Arcane du Fou Vahagn14
Maître Guérisseur Tybalt de Leysse, Lié au Brun Vahagn

« Mère. Père. Grâce soit rendue aux Dieux de m’avoir ramenée auprès de ma famille. »

Les mots résonnaient entre les parois de son esprit ; vigoureusement lorsqu’il baissait sa garde, plus indistinctement quand il s’efforçait de regarder ailleurs, de concentrer son attention sur des pensées inoffensives. Étendu seul sur la couche conjugale, il entendait le murmure d’une conversation, un étage plus bas, entre son épouse et la seule personne qu’elle fût capable d’aimer sans condition – ou du moins était-ce ce qu’il croyait. Silindiel. Il n’avait même pas pu prétendre participer à son baptême, comme s’il avait eu besoin d’un tel rejet pour bien comprendre qu’il ne s’agissait pas de sa fille, et aujourd’hui encore, les sonorités elfiques de ce nom et leur signification lui demeuraient inconnus.

Père ... !

Elle avait l’insolence innocente de ses géniteurs, c’était certain. Hier, après son Empreinte, elle avait enlacé sa mère sans vraiment lui prêter attention, étouffant ses sanglots dans une étreinte emplie de fausse sollicitude, son regard d’azur fixé dans celui de Tybalt comme un défi. Il ne reconnaissait pas ces yeux qui, s’il en croisait pourtant les nuances dans chaque miroir depuis presque quarante ans, brillaient d’une flamme trop étrangère. Il était bien le seul capable de le remarquer. Elle avait été accueillie dans la demeure Chantevent et il n’avait pas eu son mot à dire. Ces murs n’étaient pas les siens, pas plus que la famille qui vivait en leur sein, et Silindiel, à l’image des vieux tableaux poussiéreux et des reliques exposées en vitrine, n’était qu’un ornement de plus pour lui rappeler qu’il ne possédait rien.

Avec un profond soupir, Tybalt ferma les paupières et passa une main lasse sur son visage, maudissant en silence Eníredis, son absence de malice qui l’avait toujours empêché de véritablement la haïr et son inaptitude à tenir le plus simple engagement.

« Père. » Il leva les yeux vers la petite silhouette qui se tenait dans l’encadrement de la porte,  pieds nus et enveloppée dans une robe de chambre trop grande pour elle, ses cheveux d’or roux ramenés en une lourde natte sur son épaule, capturant le reflet des chandelles. « Ne vous joindrez-vous donc pas à nous, ce soir ? »

Le Maître Brun secoua la tête, incapable de retrouver le contrôle de sa voix tandis que l’enfant l’observait, les sourcils légèrement froncés. Malgré son refus, elle ne bougea pas, les lèvres serrées en une fine ligne soucieuse et réprobatrice.

« Vous êtes tous des inconnus, pour moi, ici. » déclara-t-elle soudain, haussant les épaules, la voix égale. « Vous ne devriez pas vous montrer si obstinément… inconciliant. Peu importe ce que vous pensez savoir de moi, vous ne me connaissez pas. Si vous refusez de m’accorder une chance, pourquoi devrais-je vous en laisser une ? »

Et sur ces mots, sans attendre de réponse, Silindiel se détourna et Tybalt écouta le bruit feutré de ses pas disparaître dans le couloir, le laissant avec la sensation d’un étau cruellement serré autour de son cœur. Elle avait raison et venait de démontrer à la perfection que celui qui avait fait d’elle la personne qu’elle était aujourd’hui n’était ni sa frivole de mère ni un Rhidian, mais bien le Chevalier Éphialtès, l’Héritier perdu de la Maison Chantevent, à des milles et des milles du Màr Menel. Qui d’autre aurait pu lui enseigner une telle franchise, froide et dépourvue de sentiment, violente dans sa vérité nue et sans artifice ? Il soupira à nouveau, se laissant glisser à terre, et sa respiration demeura irrégulière et lourde tout au long de l’interminable chemin qui le mena jusqu’au salon, en dépit de tous ses efforts pour la calmer.

Contrairement à ce qu’il avait cru, Silindiel et Eníredis n’étaient pas seules. La Matriarche Elioriel Chantevent trônait également sur un large fauteuil brodé de cuivre faisant directement face à la porte, avec l’ostentation candide d’une rose au milieu d’un bouquet d’orties, ses mains flétries reposant sagement sur ses cuisses. Quand elle aperçut Tybalt, elle retroussa son joli nez et ses traits s’étirèrent en une expression qu’il était risqué de véritablement définir. Un savant mélange de mépris, de déception mal assumée et de moquerie.

« Oh, voilà que mon cher fils daigne nous faire l’honneur de sa présence ! Le faire sortir de sa chambre a toujours été une telle corvée… On penserait pourtant que cela lui aurait passé après l’adolescence. »

La vieille rose ne prenait même plus la peine de cacher ses épines. « Dame Elioriel. » répondit Tybalt, laconiquement, s’inclinant devant elle sans se laisser perturber par ses paroles suintantes de poison. « Entendre votre voix est un plaisir continuellement renouvelé. »

« Passez-vous donc vos journées en tenue de nuit, Tybalt ? » renchérit la Matriarche en portant sa tasse à ses lèvres, ses paupières poudrées venant voiler l’éclat cruel et amusé qui dansait dans ses iris.

« Ce sont mes habits normaux, mère. Un honnête homme ne peut-il pas arpenter sa maison dans la tenue qui lui sied ? Je n’ai pas pour habitude de froisser inutilement un habit d’apparat. Et puis, nous sommes en famille, n’est-ce pas ? »

Derrière la tasse, Tybalt parvint à distinguer que les lèvres de l’Elfe s’étaient tordues en un rictus de dégoût et de colère, mais aucune répartie ne vint, et il estima qu’il pouvait se considérer vainqueur de cet échange – une innocente mise en jambes, au regard de la tournure qu’étaient capables de prendre leurs conversations. Il prit place aux côtés de son épouse, se laissant tomber sans aucune grâce sur le canapé, un bras nonchalamment jeté derrière elle et une jambe relevée. Eníredis posa une main délicate sur le genou de son mari qui occupait péniblement son espace vital, comme si elle avait voulu le repousser, et tourna vers lui son visage où flottait l’ombre d’une irritation.

« Silindiel nous racontait le Désert. » l’informa-t-elle en souriant, de ce sourire figé et terne qu’elle réservait d’ordinaire aux livres de comptes, aux débiteurs et à toute chose qu’elle jugeait désespérément ennuyeuse. Il le lui rendit innocemment.

« Ah ? Et est-il fidèle à tes souvenirs, mon amie ? Toi aussi, tu y as vécu ! » Eníredis roula des yeux, excédée par l’attitude faussement enthousiaste du Maître Brun, avant de reporter son attention sur sa fille. Tybalt l’imita. « Continue donc ton histoire, Silindiel. Ne laisse pas ton pauvre père t’interrompre. »

L’adolescente cilla une fois, puis deux, laissant son regard passer de Tybalt à Eníredis avant de reprendre le cours de son récit, et il était évident qu’elle s’adressait plus particulièrement à sa grand-mère – la seule personne qui devait lui apparaître un minimum sensée dans cette pièce. Ignorant avec application la pression qu’exerçait la main d’Eníredis sur sa jambe et le poids de son jugement silencieux, Tybalt s’affaissa un peu plus sur lui-même et projeta ses pensées en direction de son Âme Sœur. Il était trop tôt pour qu’il accepte de participer à une telle mascarade.

° Vahagn. Appelle donc ton frère et dis-lui que son cher Lié doit me sortir de là à tout prix. °
° Tout de suite. ° ronronna le Brun dans son esprit, et il pouvait presque entendre le bruissement de ses écailles tandis qu’il déroulait son corps encore engourdi par le sommeil.

Et les minutes passèrent comme une véritable éternité, au cours de laquelle l’Humain n’écouta pas un seul mot de la conversation, tout occupé qu’il était à imprimer sur sa rétine l’image de Silindiel, à l’examiner sous toutes ses coutures, à chercher la faille. Il le voyait dans la manière dont les ensorceleuses prunelles d’Eníredis se paraient d’étoiles quand elles caressaient les angles de son visage ; il le sentait dans chacune de ses expressions, dans la façon qu’avait son physique de capturer la lumière et de la libérer ensuite, rendant l’air autour d’elle mille fois plus chaleureux. Elyakim. Amusant, qu’il se retrouve obligé de vivre perpétuellement dans l’ombre d’un homme à la si petite stature. Silindiel pouvait bien arguer qu’elle était différente, il était condamné à toujours voir en elle le reflet de son humiliation, de ses regrets. Il ne lui restait plus qu’à prier pour que sa tante Ariadne n’apprenne jamais l’ascendance bâtarde de Silindiel.  

Enfin, on toqua bruyamment à la porte principale de la demeure et, si Tybalt fut pourtant prompt à se redresser, Eníredis fut plus rapide. D’un élégant froncement de sourcils, elle lui intima de ne pas bouger, et il soupçonna que l’Elfe avait compris ses intentions. Était-il toujours si facile à lire ? Si oui, alors il n’était pas étonnant qu’elle n’ait jamais réussi à l’aimer. Eníredis était une femme qu’il fallait savoir surprendre. Elle quitta la pièce d’un pas vif, ses jupes ondulant autour de ses hanches au rythme de sa démarche chaloupée ; les quelques rares domestiques encore au service de la Maison avaient depuis longtemps fini leur journée.

[RP] L'Arcane du Fou Joachi10
Maître Joachim de Leysse, Lié au Brun Nakyamë

Joachim de Leysse, Capitaine de la Garde, ne s’attendait certainement pas à être accueilli par la maîtresse de maison en personne, à en juger par le léger silence qui précéda le son de sa voix et la forme brièvement arrondie de ses yeux.

« Ení… Dame Chantevent ! Est-ce que Tybalt est ici ? Il y a une urgence. Quelqu’un… a été… mordu par un serpent. Sûrement plein de venin. Nous avons besoin de l’avis de votre mari. »

« Capitaine. » le salua-t-elle, sans qu’une once de déplaisir ne soit perceptible dans son attitude, inclinant obligeamment la tête. « Je vais vous le chercher de ce pas. »

Elle rayonnait pourtant d’agacement quand elle revint dans le salon pour se pencher vers Tybalt, lequel était resté assis, dans une vaine tentative de masquer qu’il attendait cette visite.

« Mon cher époux, Joachim te fait quérir. Apparemment, l’un de ses hommes a été mordu par un serpent et a besoin de ton aide. » lui glissa-t-elle à l’oreille, et son ton évoquait à la perfection les anneaux d’une telle créature. Satané Joachim ! N’avait-il pas pu trouver une excuse plus subtile ou désirait-il secrètement sa mort ? Le Maître Brun se leva, contournant habilement l’aura délétère qui entourait sa femme, et pâlit visiblement en constatant que son regard ne le quittait pas.

« Par Flarmya, le pauvre homme ! Silindiel, dame Elioriel, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Mon travail m’appelle. » s’exclama-t-il entre deux courbettes précipitées, avant de s’enfuir tout aussi rapidement. Avant de franchir la limite du salon, cependant, il ne put retenir une dernière pique acérée à l’attention de la Matriarche Chantevent : « Ah, quelle honte, je n’ai même pas le temps de me changer ! »

Il aurait juré entendre les dents de la vieille Elfe grincer, juste avant que la porte ne se referme derrière lui et qu’il se retrouve enfin à l’air libre, débarrassé de la tension qui avait maintenu ses épaules douloureusement hautes et droites. Enveloppé dans sa houppelande favorite qui trahissait qu’il n’était pas actuellement en service, chose qui n’avait d’ailleurs pas dû échapper à Eníredis, Joachim l’attendait, adossé contre la façade immaculée, arborant un air à la fois essoufflé et hilare.

« Joachim, par la grâce des Dieux, merci d’être venu. Tu viens de gagner une place éternelle à leur table. » déclara Tybalt en l’empoignant par l’épaule, un soupir tremblant venant le secouer de haut en bas.

« Tout pour sauver un confrère des terribles griffes de sa belle-mère. Et on s’étonne que je ne veuille pas me marier, tu fais peur à voir. » rétorqua le Fëalocë avec un sourire malicieux, puis le gratifia d’une accolade compatissante et prit les devants pour se mettre en route – vers où, Tybalt n’en avait aucune idée mais il acceptait volontiers de se laisser guider.

Ils quittèrent le quartier résidentiel et ses grandes bâtisses aux jardins luxuriants, parés de l’humidité du crépuscule et qui répandaient dans l’air tranquille une telle variété de parfums qu’il était impossible de tous les nommer. Ils marchèrent dans un silence familier, échangeant parfois quelques banalités ou plaisanteries avant de retourner dans le confort de leur mutisme, jusqu’à se retrouver sur la Grand’Place où l’on s’affairait à préparer les festivités futures. Joachim ralentit alors, semblant réfléchir à quel établissement serait le plus judicieux et le plus agréable, balayant les alentours de son regard perçant, tandis que Tybalt levait le nez vers le ciel et y trouvait une étrange ressemblance avec l’étendard de leur Ordre. Fronçant les sourcils, le Capitaine crut reconnaître, l’espace d’un instant, la silhouette fugitive de Siegrain Kaÿ d’Amberle quittant d’un pas vif la taverne du Cygne et l’Épée. Il mit un coup de coude à son cousin, et pointa du doigt la porte de l’auberge.

« Là. » déclara-t-il simplement, et Tybalt acquiesça.

Il y avait déjà foule, et ce n’était guère étonnant compte tenu de la notoriété dont jouissait l’établissement parmi les habitants du Kaerl. On y servait du vin venant des quatre coins de Rhaëg et des spiritueux précieux importés des contrées les plus reculées, le tout sur une cuisine peu élaborée mais savoureuse comme un souvenir d’enfance. Malgré la cohue et les fumées, Joachim repéra rapidement, ou plutôt perçut, la présence de son autre cousin – plus proche celui-là, mais plus éloigné également. Ils ne s’étaient jamais vraiment connus. Renàto courbait la tête sous l’attention gesticulante d’un Elfe dont la voix, le profil et l’accoutrement lui laissaient croire qu’il l’avait déjà vu quelque part. Il secoua Tybalt et pointa du menton l’improbable duo dans le fond de la salle.

« Ce n’est pas l’un de tes collègues, là-bas, avec notre cousin ? » l’interrogea-t-il, et l’Humain battit des cils pour tenter d’y voir plus clair. Si Joachim était observateur et vif d’esprit, Tybalt, lui, était en permanence dans la lune et avait la capacité de concentration d’un chiot. Il finit néanmoins par hocher la tête, identifiant l’Elfe comme étant Selcot Denali, un camarade Guérisseur qu’il qualifia de « difficilement oubliable ». Le Capitaine laissa échapper un rire déconcerté, incertain de ce qu'il avait voulu dire par là.

« Qu’en penses-tu ? On les laisse entre eux ou on les rejoint ? » Le Fëalocë pinça distraitement les lèvres. Le retour de Renàto, depuis quelques Lunes, avait provoqué un raz-de-marée dont les vagues ne s’étaient toujours pas apaisées, déferlant à répétition sur leur famille. Le visage d’Ambroise traversa son esprit et il carra la mâchoire. Tybalt haussa les épaules pour signifier que l’une ou l’autre possibilité lui importait peu.

« Tel que je connais Selcot, nous ne ferions que protéger l’intégrité mentale de Renàto en choisissant de les rejoindre. » précisa-t-il toutefois, au cas où cette information déciderait Joachim. Et ce fut exactement ce qu’elle fit, car, levant les yeux au ciel, le Capitaine se saisit de Tybalt par la manche et les entraîna vers la table qu’occupaient l’Elfe Guérisseur et leur cousin, qu’ils considéraient tous deux plus comme un rescapé du Kaerl Ardent que comme un traître ou un transfuge. Joachim laissa Tybalt s’occuper des présentations.

« Selcot ! Toujours fidèle à ton poste, que ce soit au chevet des malades ou à la table d’une taverne. » Il se fendit d’une demi-révérence et d’un franc sourire avant de tourner un visage bienveillant vers le jeune de Leysse. « Et Renàto. Tu ne dois pas te souvenir de moi, tu étais bien jeune la dernière fois que je t’ai vu. Tybalt de Leysse, fils de Cyrian et Anyse de Leysse. » Il fit s’avancer Joachim, deux mains plantées sur ses épaules, et le Fëalocë pencha la tête en guise de salut. « Voici Joachim de Leysse, qu’on ne présente plus. Ça vous dérange si on s’installe avec vous ? L’heure tourne, et il devient difficile de trouver une table libre… »


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Dernière édition par Zoran Cynfelyn le Ven 1 Mai 2020 - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeMer 18 Mar 2020 - 0:32


Les Éclosions, c’était des moments de joie et de réjouissance. On accueillait de nouveaux enfants de Flarmya, on les accompagnait dans leurs premiers pas et dans leur Empreinte avec leurs Liés qui ressentaient la plénitude d’un esprit enfin complet… et on faisait la fête. Qu’il s’agisse d’une Empreinte Majeure ou Mineure, il y avait toujours un petit – ou un grand, selon l’importance de l’Éclosion – banquet à la fin. Et c’était évidemment pour ça que Selcot n’en ratait jamais une. Ja-mais. Comment aurait-il pu manquer une occasion de partager de nouveau ce moment avec sa sienne profiter de bons vins, bonne chère et bonne compagnie ? Heureusement, jusqu’à présent, il n’avait jamais eu à gérer d’urgence médicale lors d’un de ces moments exceptionnels. Comme si la Mère des Dragons elle-même faisait en sorte que ses enfants et leurs élus puissent faire la fête en paix ! Et il était évidemment de leur devoir d’honorer le souhait de la Déesse, n’est-ce pas ?

Le problème, c’était que les bipèdes compliquaient toujours tout. Au lieu de profiter du moment pour honorer Flarmya, l’heureuse Reine mère et les petits dragonneaux, il fallait toujours qu’ils s’arrangent pour organiser des révélations, comme s’ils ne cherchaient qu’à se faire remarquer le plus possible. Par exemple, en faisant soudain débarquer la fille Chantevent disparue, juste au moment de la cérémonie. Genre, il n’y avait pas moyen de la ramener au Kaerl quelques jours plus tôt ! Elle aurait eu son moment de gloire tout pareil, elle aurait assisté à l’Éclosion tout pareil, mais elle n’aurait pas essayé de voler la vedette aux nouveaux-nés. À eux seuls, ils se débrouillaient suffisamment pour marquer les esprits, en plus. Suffisait de voir le petit bronze qui avait créé la surprise en choisissant dans les gradins un barde au Don soit-disant trop faible pour se Lier. Pourtant, personne n’avait pu douter que Neithan – qui n’avait pas entendu son nom, franchement ? – était bien l’élu du dragonneau…

Sérieusement, toutes ses émotions, ça creusait. Et Selcot ne s’était donc pas fait prier pour faire honneur au banquet proposé. Il avait bien bu – pas assez pour être complètement ivre, mais ça, ce n’était pas la peine de le dire – bien mangé et bien profité de toute la compagnie qui avait bien voulu de lui. C’était fête, on avait dit ! Ce qui ne l’avait pas empêché de se présenter frais et dispos à son poste, à l’Infirmerie, le lendemain matin. Hé ! Faire la fête, c’était pas pour les amateurs !

La journée s’était donc bien déroulée et, le soir venu, il avait rejoint avec plaisir Le Cygne et l’Épée. Il était prévu qu’il y retrouve Siegrain pour jouer aux cartes et bavarder de tout et de rien. Tout ce remue-ménage lors de l’Empreinte avait brassé son lot de ragots et il n’y avait rien de mieux que de partager ces nouveautés avec une compagnie joyeuse autour d’un jeu de cartes et d’une bonne pinte de bière. Ou d’un verre de vin, hein, on n’était pas sectaire. Assis à une table encore vide, le chevalier-vert savourait un cocktail multicolore et rafraichissant en attendant son comparse. Mais la troisième gorgée de breuvage n’avait pas franchement le goût attendu…

*Franchement, Bêtise ! T’aurais pu attendre que j’aie fini de boire pour égorger ton mouton !*
*C’est pas un mouton, c’est un auroch, renifla la verte, avec dédain. Et si tu buvais moins souvent, ça t’arriverait pas pendant ma chasse.*
*Tu préfèrerais que je meure d’ennui en attendant Sieg ?! Espèce de dragonne indigne !*

Seul un soupir blasé lui répondit, pendant que Beith s’occupait de dévorer sa proie.

Renonçant à son cocktail le temps que sa sienne merveilleuse et affamée termine son repas, Selcot laissa son regard errer autour de lui. La vérité, c’était que, même s’il attendait son ami, il ne s’ennuyait pas le moins du monde. Ses oreilles traînaient pour récolter la moindre rumeur qui aurait la chance de s’égarer jusqu’à lui et ses yeux guettaient les expressions des visages sans avoir l’air d’y toucher. La taverne se remplissait petit à petit et ça faisait d’autant plus d’informations potentielles. Il finit toutefois par repérer un visage connu et attendu parmi la foule et émit un « Sieg ! » sonore pour signaler sa présence à son ami… qui était visiblement accompagné. Chouette alors ! Plus on était de fous, plus on riait !

Sauf que ce fourbe de Chevalier brun se défilait ! Et en plus, avant même qu’il puisse protester et le culpabiliser – il l’abandonnait seul avec ses cartes ! au milieu de cette taverne quasi-déserte ! n’avait-il pas honte ? – il lui présentait son compagnon qui allait le remplacer. Et qu’il connaissait déjà !

« Bien sûr qu’on se connaît ! Assis-toi, Renny ! invita le guérisseur, tout sourire, en indiquant la chaise en face de lui. Ça fait plaisir de te voir en bonne santé ! – et un peu (beaucoup) déprimé, apparemment, mais on allait arranger ça ! Ça te gêne pas qu’on se dise « tu », hein ? C’est quand même drôlement plus simple. Et plus sympa, aussi. On est pas des vieilles douairières à chipoter sur toutes les convenances, n’est-ce pas ? »

Laissant à Renàto le temps de s’installer, Selcot se tourna vers Siegrain qui était déjà sur le départ, et son sourire accueillant s’agrémenta d’un froncement de sourcil qui n’était pas du tout crédible.

« J’espère que ton empêchement sera bien barbant, pour la peine, et que tu vas regretter de nous avoir fait faux bond comme ça. Et note bien que, la prochaine fois, c’est toi qui offres la tournée, hein. Sinon, je te pardonnerais pas ! »

Les sourcils de l’elfe retrouvèrent leur position normale et il hocha la tête pour saluer son ami avant de revenir à son compagnon de tablée imprévu mais bienvenu.

« Tu bois quoi, Renny ? Ils ont du bon vin, mais j’avoue que j’ai un faible pour la carte des cocktails. Il y en a de toutes les couleurs et de tous les goûts ! Et avec la chaleur de l’été, ils sont terriblement rafraîchissants, ça fait un bien fou ! Ils devraient en proposer sur les Sables d’Éclosion, à la prochaine Empreinte ! Je sais pas si tu y étais hier, mais il faisait une chaleur là-dedans ! C’est quand même fou qu’une cité volante comme la nôtre soit pas capable d’avoir une aération suffisante dans une grande caverne pareille, tu crois pas ? Ou alors faudrait demander aux Reines de ne pas pondre en été… mais c’est pas moi qui irais le leur suggérer ! »

Profitant que sa sienne merveilleuse semblait avoir terminé son repas, Selcot prit une gorgée de sa boisson. Et puis, comme ça, si Renny-chou voulait commander, il pouvait. Mais vite, hein, parce qu’il avait encore plein de choses à dire :

« Sinon, tu sais jouer aux cartes ? Y a pas beaucoup de jeux qu’on peut jouer à deux, maintenant que Sieg nous a lâchés, mais on devrait peut-être trouver un ou deux autres joueurs pour nous rejoindre… »

Et, comme si Flarmya l’avait entendu – à moins que ce ne soit Osmaël – deux hommes se matérialisaient soudain près d’eux. Et pas n’importe qui. Un Maître guérisseur qui devait rêver de s’éloigner de sa famille étouffante avait eu la chaaance de retrouver sa fille perdue la veille, et le Capitaine de la Garde ! Rien que ça ! Une compagnie si prestigieuse ne pouvait qu’être accueillie avec un sourire ravi. Même si Tybalt essayait de détruire sa réputation.

« C’est la table de la taverne qui a ma fidélité, tu sais bien ! Les malades, c’est quand elle m’a préféré une autre compagnie et que je ne trouve pas de place… Heureusement, je suis arrivé suffisamment tôt aujourd’hui ! »

Selcot laissa son supérieur terminer les présentations et adressa un salut silencieux à Joachim, avant de désigner les deux chaises libres d’un grand geste extravagant.

« Faites, faites ! Regardez, Renny et moi n’attendions que vous ! Il faut être quatre pour pouvoir jouer à la belote ! »

Et, comme s’il était prêt, le Chevalier vert sortit de sa poche un jeu de trente-deux cartes qu’il déposa au centre de la table. Les cartes n’étaient visiblement pas neuves, ce qui n’avait rien d’étonnant quand on connaissait leur propriétaire. Elles n’avaient rien d’exceptionnel non plus, ni dans la qualité du papier ni la beauté des dessins. Ce n’était qu’un simple jeu de cartes, comme on pouvait en trouver des milliers sur Tol Orëa.

Jeu de belote:
 

« Je bats les cartes pendant que vous commandez, hein ? Vous savez jouer, n’est-ce pas ? »

Comment ça, il ne laissait absolument pas le choix à ses compagnons ? C’était soirée cartes ce soir, après tout ! Et puis, de toute façon, qui n’aimait pas ça ?


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeLun 23 Mar 2020 - 14:56

[RP] L'Arcane du Fou Renato-de-leysse-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
I Riden Så – Gjallahorn

La tête emplie de brouillard et les oreilles bourdonnantes, Renàto n’avait été que trop heureux de laisser Siegrain ouvrir la marche. Il se sentait bien trop vidé nerveusement pour seulement s’interroger sur la présence opportune du demi-sang, ou même pour s’inquiéter de ce que son esprit excessivement tortueux avait pu lui souffler comme idée. Le laissant aux bons soins de son Lié, Loki n’avait pas tardé à s’envoler pour aller retrouver Cyngar … Car dans sa détresse, le Chevalier s’était instinctivement coupé de son Lié, et n’était pas sûr d’être en capacité de faire face au regard triste que le Blanc ne manquerait pas de poser sur lui.

Son attention fixée sur la mince silhouette de son ami, toute son énergie exclusivement concentrée sur le fait de mettre un pied devant l’autre, sans aucune notion de ce que pouvait bien être leur destination, il s’était néanmoins laissé aller à admirer les riches couleurs qui partageaient le ciel au dessus d’eux. Il ne pouvait faire autrement, car laisser libre cours à ses pensées, à ces images et ces mots qui se tapissaient encore dans l’ombre de sa conscience ... Dangereux, bien trop dangereux, de céder ne serait-ce qu’une parcelle de ce contrôle sur lui-même.
Aussi ne put-il contenir un regard confus, vainement anxieux lorsqu’ils pénétrèrent finalement dans ce qui se révéla être une taverne joyeusement animée. Que faisaient-ils ici ? Le son funeste de la porte claquant derrière lui lui arracha un sursaut, et ses iris de vif-argent s’emplirent d’une supplication muette face au clin d’oeil malicieux que le sang-mêlé lui adressa. Un guérisseur, dans cet endroit ? Allons, ne connaissait-il aucune limite à ses plaisanteries – trop souvent douteuses –, ne pouvait-il pas, pour une fois, faire preuve d’un peu de pitié envers lui ?  

Il le suivit, pourtant, lorsque Siegrain lui fit signe, se dirigeant d’un pas visiblement guilleret vers le fond de l’établissement. Il aurait très bien pu faire demi-tour, il le savait, le Chevalier Brun ne lui en aurait en aucun cas tenu rigueur … Mais pour l’heure, il lui paraissait plus sûr, il se sentait plus calme en son improbable compagnie que seul, à ruminer, dans ses appartements. Et ce, même s’il ne souhaitait, pour l’heure, rien d’autre que de se faire oublier, de disparaître dans le premier trou de souris venu. Tout ce monde, tous ces visages étrangement ciselés par les ombres et les lumières ambiantes, c’était … Étouffant. Presque trop. Il avait perdu l’habitude, s’il l’avait jamais eu, d’être au milieu de tant de gens. Quelque chose en lui se noua, douloureusement, et il s’efforça de prendre une profonde inspiration pour calmer le rythme de son cœur. Personne ne faisait attention à eux, à lui. Il était en sécurité. Tout irait bien.

Une expression indéchiffrable résolument plaquée sur son visage hâlé, n’était la lueur prudente qui vacillait dans ses yeux gris, il laissa Siegrain faire les présentations, se renfrognant légèrement lorsque ce dernier lui indiqua l’Elfe d’un geste ample de la main. Selcot Denali. Oui, il connaissait le Chevalier Vert, au moins de nom, pour l’avoir déjà croisé à plusieurs reprises en se rendant à ses rendez-vous auprès de Nalesean. Et pour autant que ça lui coûtait de le reconnaître, l’homme était effectivement guérisseur. Lui adressant un signe de tête aussi poli que réservé, il lui fut hélas impossible de réprimer un soudain froncement de sourcils qui engloba d’un même regard les deux compères. Venait-il vraiment de de l’appeler ‘‘Renny’’ ? Et Siegrain qui s’excusait de ne pas pouvoir rester ? Il ne comptait quand même pas … ?

Déglutissant nerveusement, il se laissa tomber sur le banc en face de l’Elfe, qui s’était à présent lancé dans une tentative de culpabilisation du sang-mêlé, tout aussi outrageuse qu’exagérée. Inutile de s’interroger sur les ennuis dans lesquels le Chevalier Brun venait de le fourrer. L’incroyable sociabilité de Siegrain le laissait toujours coi. Il semblait connaître tout le monde au Kaerl, de la dernière des lavandières au plus obscur membre de la Maison Amberle, et l’inverse était malheureusement tout aussi vrai. Qui n’avait pas eu vent des rumeurs équivoques bâtissant sa réputation ? Quant à son compagnon du soir … La logique avec laquelle il considérait la pensée que Selcot soit fait du même bois lui laissait un goût désagréable dans la bouche. Qui se ressemblait, s’assemblait, après tout.

L’ombre diaphane d’une aile d’opale vint recouvrir son esprit, et Renàto se relâcha imperceptiblement en sentant son frère d’âme reprendre sa juste place en lui. Prévenant et précautionneux, son Blanc l’entoura sans un mot de la chaleur de sa présence, évaluant l’état émotionnel et physique déplorable dans lequel il se trouvait. Le jeune homme lui fit ressentir l’étendue de ses regrets, de ses remords, et une onde de peine, bien vite maîtrisée, fluctua dans l’espace partagé entre leurs consciences.

*Pardonne-moi Cyngar, je me suis montré trop orgueilleux pour mon propre bien.*

Le coupant un instant de son environnement, ses lèvres formulant silencieusement ses excuses, ses paupières vinrent recouvrir la marée refluante de son hypersensibilité. Et dans un coin de la salle principale, les ménestrels, ayant terminé d’accorder leurs instruments, commencèrent à jouer tranquillement, couvrant le brouhaha du son plaintif des violons et de la harpe.

Accompagnée d’un grondement sourd, la réponse de son Lié lui parvint enfin avec une infinie douceur.

**Je suis soulagé que Siegrain ait pu te rejoindre temps ; je ne voulais pas te laisser seul avec Katell. Où es-tu ? Loki m’a dit que tu étais ‘‘entre de bonnes mains’’...**

Gratitude. C’était donc à Cyngar qu’il devait, au moins en partie, sa présente situation. Rouvrant les yeux, un vague rictus ironique effleurant ses lèvres, il contempla le dos de Siegrain qui s’éloignait déjà souplement à travers la foule, tandis que Selcot se fendait d’une tirade passablement décousue sur les boissons qu’il lui conseillait, la chaleur de l’été, et l’Empreinte d’hier. Et cet impossible surnom, à nouveau. Renny. Personne ne l’avait jamais appelé ainsi, et il ne savait pas encore s’il devait en rire ou en pleurer. Il reporta son regard sur l’Elfe à l’autre bout de la table. Au moins ne paraissait-il pas dérangé par son absence de réaction, au contraire.

*Vois par toi-même.*

Un long silence, presque méditatif. Contraint. Et un rien soucieux peut-être. Puis finalement :

**Loki vient de partir pour rejoindre Siegrain. Il a dit qu’ils étaient désolés de pas pouvoir s’attarder, mais Siegrain avait un rendez-vous à Lòmëanor.** Nouveau silence, circonspect, comme pesant le pour et le contre. **Il doit rencontrer une femme à la Maison de la Rose et du Chêne.**

Ses joues s’embrasant, Renàto baissa les yeux sur ses mains, s’absorbant dans l’étude des fines cicatrices blanches qui les marquaient, et des cernes dans le bois usé de la table en dessous d’elles. Un bordel. Évidemment. Refoulant l’irritation que la pensée faisait naître en lui, il s’interrogea sombrement sur le genre d’hommes qui décommandaient une soirée entre amis – il supposait que c’était ce que représentait Selcot pour le demi-sang – prévue de longue date, pour se rendre dans une maison close.

**Les bipèdes … ont leurs besoins.**

Maladroite tentative de réconfort. Cyngar était toujours aussi peu à l’aise avec la nature humaine, et plus encore avec les émotions des bipèdes autres que son Lié. Un haussement d’épaules mental plus tard, et il soupira avec lassitude à l’adresse de Selcot :

« N’importe quoi fera l’affaire ... »

Et il le pensait sincèrement. Il n’avait pas l’intention de s’attarder outre mesure. Mais Flarmya devait avoir d’autres projets pour lui, car au moment où l’Elfe, pas démonté pour un sou, lui proposait une partie de cartes, deux visages familiers venaient s’encadrer dans leur champ de vision. Pâlissant légèrement, il se tassa en reconnaissant son cousin Joachim, accompagné d’un Humain qui ne lui était pas inconnu mais dont il ne remettait pas, pour l’heure, l’identité exacte. Ce dernier faisait visiblement parti des accointances de Selcot, car les deux hommes s’interpellèrent amicalement avant qu’il ne se tourne vers Renàto.
Tybalt. Tybalt de Leysse. Son arbre généalogique défila à toute vitesse dans son esprit, et il hocha lentement la tête, esquissant un sourire incertain en guise de salutations. Dire qu’il n’était pas en bons termes avec sa famille était un large euphémisme, mais le Baskan, tout comme le Maître Guérisseur – il savait à présent où il l’avait aperçu depuis son retour – paraissait assez curieusement bien disposé envers lui. Il avait eu à peine quatorze ans lorsqu’il avait quitté le Màr Menel, et en était maintenant âgé de vingt-sept … Beaucoup de choses avaient changé, dont les gens. Lui y compris. Son regard dériva sur la terrible cicatrice qui marquait le visage de Tybalt, et il frissonna. La Guerre les avait changés, pour le meilleur et souvent pour le pire.

« Joachim. Et Tybalt. Je me souviens de vous. »

**Sa fille portée disparue à la naissance a fait un retour fracassant lors de l’Eclosion hier. Peut-être vient-il fêter l’évènement. Et son Empreinte également.**

Platement, comme s’il n’y avait pas là une annonce aussi cocasse qu’ébouriffante, la déclaration de Cyngar insuffla en lui une vague de suspicion.

*Comment peux-tu le savoir ? Tu n’y étais pourtant pas.*
**Rintrah ...**

La seule mention du nom de la Reine Dorée raviva en lui les braises de cette contrariété passée qu’il s’était efforcé d’étouffer, et ses ongles rentrèrent dans sa paume tandis qu’il se décalait pour laisser de la place aux deux hommes. Il n’avait pas le choix, semblait-il. Et peut-être même que cela lui ferait du bien de se distraire, malgré son épuisement et sa nervosité, d’oublier la réalité à laquelle il devrait inévitablement faire face le lendemain.

**Tu es jaloux.**

La conclusion apportée par son Lié résonnait bien trop douloureusement dans son cœur pour qu’il cherche à argumenter avec lui. Pour l’heure, son problème était tout autre : sans attendre de réponse des autres, Selcot avait quant à lui d’ors et déjà commencé à battre les cartes, en un mouvement hypnotique de couleurs et de formes dont Renàto ne parvenait pas à en détacher les yeux.

« Je … n’ai jamais joué à la belote ... » avoua-t-il finalement d’un air embarrassé. A la belote, pas plus qu’à aucun autre jeu de cartes, mais la précision ne le faisait se sentir que d’autant plus anormal. Les douze années vécues au Màr Tàralöm, il les avait consacrées principalement à sa survie et au maintien impératif de son anonymat. Pouvait-on réellement l’en blâmer ? Néanmoins … Lorsque Siegrain apprendrait ça, il en était persuadé, le Chevalier Brun en rirait à en perdre haleine, encore, et encore. Une partie de cartes et non plus, un, mais deux guérisseurs. Les Dieux avaient définitivement une bien étrange façon de marquer les mortels de leur faveur.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeLun 23 Mar 2020 - 22:24

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Maître Brun Tybalt de Leysse, Guérisseur & Maître Brun Joachim de Leysse, Capitaine de la Garde

« C’est la table de la taverne qui a ma fidélité, tu sais bien ! Les malades, c’est quand elle m’a préféré une autre compagnie et que je ne trouve pas de place… Heureusement, je suis arrivé suffisamment tôt aujourd’hui ! »

Avec un sens du dramatique savamment surdosé, Tybalt porta une main à son cœur et afficha une expression ouvertement choquée.

« Eh bien, va falloir nous payer la tournée si tu ne veux pas que ces informations soient relayées à nos supérieurs… de manière très légèrement amplifiée, cela va de soi. » plaisanta-t-il avec un clin d’œil malicieux en direction de son confrère guérisseur, et tira une chaise pour inviter Joachim à s’asseoir, laissant entendre que le Capitaine de la Garde se faisait trop vieux pour rester debout indéfiniment. Cela lui valut un haussement de sourcils peu impressionné, ainsi que la promesse qu’il ne résisterait pas à son cousin au cours d’un concours de boisson, peu importait leur âge.

L’Humain se tourna à nouveau vers Renàto et il perçut, par cette grande intelligence du cœur qui venait compenser celle plus discutable de son esprit, que leur présence ne le mettait pas particulièrement à l’aise. L’infâme brûlure qui avalait toute la moitié gauche de son visage n’aidait certainement pas à répandre une aura de familiarité autour de ces retrouvailles, et il se sentit coupable d’afficher aussi ostensiblement le souvenir de la Guerre. Plus sociable que son inséparable compagnon, plongé dans un examen approfondi de la carte pendant que Selcot sortait un jeu de cartes dans sa poche sans cesser son babillage enthousiaste, Tybalt se fendit d’un sourire encourageant.

Douze années les séparaient, et la branche dont était issue le jeune Sang-Mêlé avait l’inconvénient de former un entrelacs incompréhensible d’histoires familiales. Il ne savait donc pas grand-chose de Renàto en-dehors de son ascendance, et seulement parce que Joachim avait eu la patience de lui expliquer, et, bien évidemment, de ce qu’Elioriel et Ariadne aimaient raconter au sujet du garçon. En bien ou en mal, il ne faisait jamais bon être l’objet des conversations de ces vieilles peaux. Ainsi, même s’il ne l’avait vraiment connu qu’enfant, Tybalt éprouvait d’ores et déjà pour le Chevalier une espèce de tendresse sympathique et fraternelle, comme si le simple fait de porter le nom de cette famille aux idéaux trop étriqués suffisait à faire de lui un ami potentiel.

« Vin rouge d’Orën, blanc d’Undòmë ou bière ? » La voix de Joachim le sortit soudainement de ses réflexions, et ses yeux au bleu de glace, si étrangement chaleureux, quittèrent enfin Renàto pour contempler la liste des boissons envisageables. Naturellement, suivant une dynamique vieille de plusieurs années et parfaitement maîtrisée, Joachim reprit les rênes de la conversation. Il observa l’Elfe battre les cartes, sans même avoir attendu une confirmation de la part des autres concernés, mais cela ne parvint pas à l’étonner.

« Va pour la belote. » déclara-t-il avec un sourire dont la timidité apparente était démentie par l'éclat rusé de ses yeux bruns. « Et ne faites pas attention à lui ! On vient de s’inviter à votre table, on ne va pas en plus vous demander de nous payer à boire... »

Tybalt leva les yeux au ciel et se pencha vers Selcot pour lui glisser, d’un air revanchard : « Crois pas t’en tirer comme ça, cher collègue, mon cousin est peut-être magnanime, mais en ce qui me concerne, je perdrai pas une chance de me faire gracieusement inviter par… » Le reste de sa phrase mourut lorsque Joachim l’empoigna par le col pour le ramener sur la voie de la raison et loin des messes-basses, bien droit contre le dossier de sa chaise.

« Allons bon, il est interdit d’utiliser sa position pour exiger des faveurs de la part de ses subordonnés. Tu veux que je te renvoie chez ta femme à coups de pied ? »

Tybalt grimaça et appuya son front contre la table en signe de repentance. Satisfait, Joachim hocha la tête et interpella un serveur pour demander un pichet de bière tandis que Tybalt se redressait, ôtant sa cape qui commençait à lui peser dans l’atmosphère bien encombrée de la taverne. À travers le brouhaha ambiant, il eut quelque difficulté à capter la voix de Renàto – lequel n’avait vraisemblablement toujours pas trouvé de réponse à la question qui le travaillait. "Qu’est-ce que je fais là ?" était ce que ses yeux, fixés sur Selcot battant les cartes, semblaient vouloir dire.  

« Je … n’ai jamais joué à la belote ... » confessa alors le jeune homme, honteux comme s’il venait d’avouer une tare impardonnable, et Tybalt sentit une nouvelle fois le poids de sa propre empathie peser lourdement dans son ventre. S’il lui apparaissait évident que même les Ardents jouaient aux cartes, il se fit la réflexion que peut-être aucun d’eux n’avait voulu qu’un ressortissant Céleste se joigne à eux. L’ironie étant que, maintenant qu’il était de retour au Màr Menel où il était pourtant né, bien peu de ses membres auraient souhaité trouver un transfuge Ardent à leur table.

Lui, il n’en avait pas grand-chose à faire. Il ne s’était jamais soucié de sa réputation et, avec le retour de Silindiel, il songeait qu’il n’avait plus rien pour le retenir d’embrasser complètement son statut de laissé-pour-compte. « Ah, ce n’est pas un problème, ça ! Je vais faire équipe avec toi, si Selcot ne voit pas d’inconvénient à jouer avec notre cher Capitaine. »

Un serveur vint déposer un pichet sur la table, ainsi que quatre verres. Joachim haussa les épaules, signifiant qu’il suivrait le mouvement. Tybalt sortit alors un écu de sa poche et le fit tourner entre ses doigts. « On fait une partie pour du beurre ? Pile, je distribue. Face, Selcot ? »


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Dernière édition par Zoran Cynfelyn le Ven 1 Mai 2020 - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeSam 28 Mar 2020 - 0:49


Le pauvre Renny avait l’air… bouleversé (non, trop dramatique) déprimé (trop triste) perturbé (trop bizarre) déboussolé (ah ! voilà, c’était bien !). Mais il s’asseyait quand même face à lui, aussi Selcot lui dédia-t-il un sourire éblouissant avant de se tourner vers le vilain Siegrain qui les abandonnait comme ça, sans aucun regret. Il aurait dû avoir honte ! Laisser ainsi ses obligations professionnelles (ça n’existait pas, ce genre de choses) petits plaisirs primer sur les soirées cartes entre amis, c’était d’un tel manque de savoir-vivre ! Le chevalier-vert n’eut donc aucun scrupule à faire culpabiliser le brun, histoire que celui-ci sache qu’il lui faudrait ab-so-lu-ment revenir payer sa tournée un de ces jours.

En attendant ce jour heureux, toutefois, il fallait bien laisser partir le chevalier brun. Et Selcot se concentra donc sur son compagnon de tablée qui avait visiblement besoin de passer une bonne soirée. Pas question de se laisser démoraliser par la défection de leur ami, commun, hein ! Et comme chacun le savait, pour passer une bonne soirée sans se poser de questions, choisissons avant toute chose la bonne boisson !. Le guérisseur entreprit donc de vanter à son vis-à-vis les mérites de la carte de l’établissement, en insistant (très) légèrement sur ce qui avait sa préférence. Tout en vantant les mérites des cocktails colorés, en pestant sur la chaleur des Sables d’Éclosion et en rapportant des bêtises détails très intéressants, l’elfe ne manquait pas d’étudier son vis-à-vis. Il ne passa donc pas à côté de la soudaine coloration de ses joues et ne put s’empêcher de se demander ce qui l’avait provoquée. C’était peu probable que ce soit la mention de l’Empreinte, quand même… Mais bon, Renny ne semblait visiblement pas convaincu par son plaidoyer en faveur des cocktails… Qu’à cela ne tienne, il allait lui prouver leur qualité !

« Bon, je te prends un Cenedril alors ! répondit joyeusement le guérisseur lorsque le sang-mêlé déclara que n’importe quoi lui irait. Tu vas voir, il a une couleur ma-gni-fi-que ! Un mélange de bleu de vert, on se croirait au bord du fleuve, au milieu des bois ! Et il est suc-cu-lent ! »

Sur cette bonne résolution, Selcot leva la main pour hêler un serveur, avant de proposer une partie de carte. Heureusement, avant qu’il ne doive se casser la tête pour trouver quel jeu serait amusant à deux, les deux de Leysse débarquaient. Grâces en soient rendues à Osmaël ! Même si, le Dieu du Hasard avait visiblement profité d’exaucer son souhait informulé pour lui envoyer une grande menace en la personne de Tybalt. À la plaisanterie du Maître Guérisseur, l’elfe répondit par un regard mi-horrifié mi-suppliant (presque) crédible.

« Mais, par Flarmya, tu ES mon supérieur ! Je suis fichu ! Que vais-je devenir ? »

Il aurait pu continuer son petit numéro longtemps, tout en battant ses cartes – il était multi-tâches, on avait dit – si le Capitaine de la Garde ne l’avait pas interrompu en énumérant les différentes boissons possibles.

« J’ai déjà commandé un Cenedril pour Renny, précisa le vert, mais prenez ce que vous voulez. »

C’était sa tournée après tout… Sauf que Joachim semblait en avoir décidé autrement. Selcot adressa donc un sourire outrageusement soulagé au Baskan, avant que Tybalt ne fasse mine de le menacer, lui, pauvre petit guérisseur de bas étage. La menace du Capitaine et la fausse repentance du Maître firent naître une lueur franchement amusée dans le regarde de l’elfe mais il se garda bien de sortir de son personnage et émit donc un soupir soulagé, tout en continuant à battre ses cartes.

« Je ne sais comment te remercier, Capitaine – on avait dit qu’on se disait « tu », c’était une soirée cartes, pas une réunion de douairières aux balais coincés là où ils n’auraient pas dû se trouver – car Maître Tybalt n’hésite pas à martyriser son petit personnel. »

Sans doute aurait-il continué, encore, si une petite voix embarrassée ne s’était pas faite entendre. Renny avait l’air tout choupinou gêné de ne pas savoir joué à la belote. Mais le bourreau du petit personnel avait déjà trouvé les mots pour le rassurer et Selcot se contenta donc de hocher la tête pour approuver sa proposition, tant de répartition des équipes que d’une partie pour rien.

« Ça me va très bien ! »

Comme si l’elfe pouvait se contenter d’une réponse rapide…

« On va t’expliquer vite fait, tu vas voir, c’est facile ! commença-t-il en étalant les cartes, faces visibles, devant Renny-chou. Tu vois, il y a les quatre Kaerls, le Céleste, l’Englouti, l’Ardent et le Maudit. Chacun comporte huit cartes correspondant à l’Œuf et aux sept couleurs de dragons. L’Œuf vaut onze points, la Reine dix, le bronze quatre, le brun trois, le noir deux, et la bleue, la verte et le blanc zéro. Ouais, moi aussi, je trouve que c’est de la discrimination… mais bon, que veux-tu, Renny, on est que de pauvres petits chevaliers, toi et moi… Ensuite, c’est facile, on est en équipe de deux. On dépose une carte chacun notre tour, et une fois qu’on a fait un tour de table, celui qui a déposé la carte la plus forte ramasse les quatre cartes. Le but c’est d’avoir le plus de points à la fin. Mais t’as le droit de poser une carte que si elle est de la même couleur que celle qui a été posée en premier ! Ou alors, il faut couper… Oh, je t’ai même pas dit ce que c’était que l’atout ! »

L’elfe secoua la tête, désolé, avant de reprendre.

« Au début du jeu, y a un joueur qui décide que son équipe peut gagner. Et il choisit un kaerl d’atout. Dans ce kaerl, tu vois, le noir devient Empereur et vaut vingt points et la bleue devient Doyenne des Dragons et vaut quatorze points. Et, du coup, quand t’as pas la couleur qu’il faut, il faut couper. C’est-à-dire mettre une carte de la couleur de l’atout. Mais si y a déjà eu un atout posé, il faut forcément mettre plus fort. Sauf si c’est ton partenaire qui a déjà la carte la plus forte de la table, à ce moment-là tu peux mettre n’importe quelle carte. »

Et, avec un sourire éblouissant, de celui qui ne doute pas une seconde qu’il a été clair, Selcot ramassa les cartes pour les battre à nouveau. Prêt à distribuer ou à céder les cartes à Tybalt en fonction du résultat du lancer de pièces.

Précisions HRP:
 

~*~

[RP] L'Arcane du Fou Qqht
Source inconnue
Beith

Pendant que son chevalier déblatérait des sornettes plus grosses que lui, Beith, elle, avait fini son repas et comptait bien profiter de sa soirée pour se décrasser et se reposer. Les cartes, c’était pas trop son truc, même si l’amusement qui rayonnait de Selcot n’était pas désagréable. Mais les bains, c’était mieux… Ce qui ne l’empêcha pas de faire un petit détour au lieu de se diriger directement vers les Thermes. Les bains c’était bien. Mais avec de la compagnie, c’était mieux.

Ce fut donc une dragonne verte au museau et aux griffes couverts de sang qui se posa à proximité d’un dragon blanc dont le chevalier apprenait à jouer à la belote.

*Bonsoir Cyngar. Ça te dit d’aller te baigner ?*

Subtili-quoi ? Les tours et les détours, c’étaient bon pour Selcot. Beith, elle, elle aimait bavarder et profiter de la compagnie de ses congénères… mais pas tourner autour du pot pendant cent-sept ans.


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeMer 8 Avr 2020 - 16:18

[RP] L'Arcane du Fou Renato-de-leysse-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Suvetar – Gjallahorn

Toute son attention captivée par le ballet des oeufs et des dragons des cartes battues d’une main assurée par Selcot, Renàto avait suivi sans réellement y prêter attention les échanges conviviaux et amusés entre les trois hommes. Joachim et Tybalt paraissaient partager une dynamique de longue date, et au-delà de leur simple parenté, il était aisé de ressentir les liens amicaux qui les unissaient. Une ambiance détendue s’était installée autour de la table, chacun y allant de son commentaire et de sa plaisanterie, et même le flegmatique Baskan semblait aussi à l’aise que si cette soirée avait été prévue de longue date. Au creux de son ventre, une vague envie, pas tout à fait définie, tordit ses entrailles.

‘‘Tu es jaloux’’, lui avait énoncé Cyngar. Inutile de chercher à le contredire ; le Blanc avait raison, et sur bien plus de points qu’il ne le supposait. C’était … Comme si son retour au Màr Menel, sur la terre de ses ancêtres, là où son cœur avait toujours résidé, s’était fait le catalyseur de changements qu’il n’aurait pu seulement envisager, ou espérer il y avait quelques mois. Un besoin d’appartenance, de se sentir réellement intégré, reconnu pour sa valeur propre … Un désir de racheter ses erreurs passées, même s’il savait pertinemment qu’il ne pourrait effacer totalement ce sentiment de culpabilité qui le tenaillait. Lui aussi, il le réalisait à présent, désirait pouvoir considérer ce genre de moments précieux, ce genre de relations, comme quelque chose de parfaitement normal et allant de soi.
Lorsqu’il releva les yeux, il rencontra le regard de Tybalt, assis en face de lui, dont l’éclat de ses iris bleu clairs lui indiquait qu’il l’observait apparemment depuis un certain temps. Il y avait là dans son expression, une étonnante compassion, une profonde empathie, rien de ce qu’il aurait pu imaginer de la part d’un membre de l’indomptable Maison de Leysse. Et, tandis que Joachim examinait la carte des vins, l’Humain lui adressa un sourire tranquille, aux nuances encourageantes, qui achevèrent de le déstabiliser. Ils ne se connaissaient pas, ou très peu, en dehors de leur lointaine parenté bien sûr, et de ce que Tybalt avait pu entendre de son passé. Quelle était cette douloureuse ironie qui voulait que des inconnus se montrent plus chaleureux et ouverts avec lui que les membres de sa proche famille ?

Ses doigts se serrèrent brièvement sur le tissu de ses chausses, il songea à Siegrain, ainsi qu’à Heryn et Kieran, à l’amour évident que le couple seigneurial éprouvait l’un pour l’autre, et soupira, faiblement. Tout ceci … Et bien plus encore, il pourrait y avoir droit, lorsque le moment serait venu. Pour l’heure, il reconnut intérieurement qu’il était sans doute encore trop tôt, que c’était encore peut-être trop prématuré : il avait encore à faire ses preuves, à montrer à tous qu’il était digne de porter les couleurs du Kaerl Céleste, qu’il était digne de confiance, tout simplement. Il ne voulait pas décevoir ces gens qui comptaient sur lui.

Aussi son aveu, pas tout à fait pleinement conscientisé, s’éleva difficilement au dessus du brouhaha de la taverne, et quoi qu’il ait craint – ou espéré, en vérité, il ne savait pas bien – qu’il ne soit pas entendu, fut reçu favorablement par ses compagnons de soirée. Il ne savait pas jouer à la belote ? Qu’à cela ne tienne ! Tybalt, achevant de se débarrasser de sa cape, offrit de faire équipe avec lui, tandis que Selcot se lançait dans une interminable explication des règles, qui fit irrémédiablement poindre la migraine à ses tempes. Un sourire éclatant plus tard, sans faire cas des rides soucieuses et perplexes qui s’étaient affichées sur son front, l’Elfe avait repris en main les cartes pour les battre à nouveau. Il ne doutait vraiment de rien, celui là … Quant à ce surnom ridicule qu’il semblait avoir décidé de lui affubler …

« Excusez-moi ... » Il s’éclaircit nerveusement la gorge, cherchant à parvenir à hausser suffisamment la voix pour dépasser le niveau sonore ambiant qui ne faisait pas mine de diminuer, bien au contraire.

*Pourriez-vous cesser de m’appeler ‘‘Renny’’ ?*

« … Pourquoi m’appelez-vous Renny ? » fut finalement ce qui franchit la barrière de ses lèvres, et ses joues s’empourprèrent à nouveau, maudites soient-elles. « C’est assez embarrassant, vous savez ... » se sentit-il obligé de rajouter, comme s’il lui fallait exposer une justification logique à sa question.

Soudain mortifié de honte sous le regard des trois hommes, ses doigts s’enroulèrent autour de son verre, et il s’absorba attentivement dans l’examen des nuances turquoises de la boisson, comme si la réponse au sens de sa vie s’y trouvait là, quelque part. L’expérience qu’il avait avec l’alcool – lors des célébrations religieuses auxquelles les Prêtres de Haskèl étaient tenus de participer au Màr Tàralöm – n’était guère ni joyeuse, ni positive, et il n’avait absolument aucune idée de la composition de ce cocktail aux couleurs chatoyantes. Le Chevalier Vert l’avait évidemment pris au mot lorsqu’il lui avait répondu négligemment que ‘‘n’importe quoi fera l’affaire’’ et avait commandé à sa place. Comment avait-il dit que cela s’appelait déjà ? Un Cenedril ? Avec un peu d’imagination, on pouvait certes s’imaginer au bord du fleuve, à en contempler les courants tumultueux, ombrés par les arbres imposants au feuillage d’émeraude …

Plus pour donner le change et saisir l’opportunité de retrouver un tant soit peu de sérénité, il porta le verre à sa bouche, grimaçant instinctivement avant même que le breuvage n’entre en contact avec sa langue … Puis, ses iris s’arrondirent de surprise en en découvrant les arômes frais et plaisants, indéfinissables sous la rondeur du miel qui recouvrit ses papilles. Il se montra sans doute par la suite un peu trop empressé ou trop confiant, car la chaleur de l’alcool se répandant dans sa gorge, il fut prit d’une quinte de toux sournoise, qui lui amena les larmes aux yeux et le laissa le souffle pantelant.

D’une voix étouffée, il s’adressa enfin à Tybalt, évitant franchement son regard :

« Je m’en remet à vous dans ce cas, merci d’avance pour votre aide. »

Et de l’aide, il allait en avoir besoin, car il n’était pas sûr d’avoir pu extraire les règles exactes des explications embrouillées de Selcot.

Dans son esprit, la présence de Cyngar s’étant faite plus distante, il perçut la surprise mêlée à une sage curiosité qui tenaillait son Lié, face à celle qui s’était présentée à lui. Suivant visiblement l’exemple de son Chevalier, la Verte Beith avait décidé de venir distraire le Blanc solitaire, qui s’était lentement redressé, toute la dignité du monde faite écaille, la queue soigneusement enroulée autour de son corps. Dans la pénombre du Valarëa, silhouette indistincte, la dragonne paraissait couverte d’un liquide poisseux que, ses narines s’élargissant, il ne tarda pas à associer à du sang. Allant droit au but, elle lui proposait de venir prendre un bain.
Une once de perplexité lutta vaillamment contre la chaleur d’une viscérale gratitude – Renàto – et Cyngar inclina la tête à demi, contemplant sa vis à vis. Etait-ce une façon détournée d’annoncer qu’elle souhaitait sa compagnie ? Son premier réflexe aurait été de refuser, poliment, mais il sentait son Lié irradier de tellement de soulagement pour lui, de le voir interagir avec d’autres dragons, de le savoir admis dans la société draconique céleste … Qu’il ne put continuer à se dérober.
Ren était après tout ‘‘entre de bonnes mains’’, d’après ce que lui avaient énoncé Loki et Siegrain, et il n’avait ainsi nulle inquiétude à avoir. Il pouvait y aller l’esprit tranquille.

Un bain, donc. Pourquoi pas. Voilà une activité qu’il n’avait jamais vraiment pratiqué avec d’autres dragons, pas même avec ses frères et sœurs de couvée.

**Bonsoir Beith. Tu as l’air d’avoir fait bonne chasse. Où souhaites-tu aller ?**


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeVen 1 Mai 2020 - 13:14

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Maître Brun Tybalt de Leysse, Guérisseur & Maître Brun Joachim de Leysse, Capitaine de la Garde

Les explications de Selcot concernant les règles de la belote volaient autour de sa tête comme une nuée de moustiques. Était-ce trop compliqué de faire simple, ou bien trop simple de ne pas faire compliqué ? Joachim avait agité la main avec un sourire en coin pour écarter les remerciements de l’Elfe, avait rajouté qu’il ne craignait rien avec lui et faisait maintenant mine de l’écouter attentivement tandis que Tybalt remplissait leurs chopes. Puisque Selcot et Renàto avaient déjà leur propre boisson, et qu’il estimait mériter une récompense après cette dure journée, il n’hésita pas à servir copieusement son cousin et lui-même. C’était une bière à la belle robe blonde couleur miel, légèrement trouble, et à la mousse épaisse. Après avoir levé son verre en guise de salut, Tybalt y trempa ses lèvres et hocha la tête en direction de Joachim, l’air de le féliciter pour son choix. Quelques notes d’agrume apportaient une fraicheur bienvenue pour une soirée d’été, mais il restait tout de même assez d’amertume sur la langue ; l’Humain était satisfait.

Contrairement à ses camarades, et à en juger par les larmes qui perlaient à ses cils, Renàto n’était pas un habitué. Avec n’importe qui d’autre, Tybalt y serait certainement allé de son commentaire, mais il ne souhaitait pas se mettre à dos l’un des rares de Leysse qui ne le regardait pas encore de haut, aussi préféra-t-il faire semblant de n’avoir rien remarqué. Et puis, observant plus attentivement les nuances entre azur et émeraude qui tournoyaient dans son verre, qui n’étaient d’ailleurs pas sans lui rappeler les écailles de la nouvelle Liée de sa fille, le Maître Brun retint une grimace car lui-même n’était pas sûr de pouvoir en boire une gorgée sans devoir se racler la gorge ensuite – il ne savait pas ce qu’il y avait dedans, mais cette boisson avait l’air tout bonnement toxique.

« Je m’en remet à vous dans ce cas, merci d’avance pour votre aide. » fit le jeune Chevalier d’une voix un peu étranglée tout en s’appliquant à ne pas croiser son regard. Tybalt lui lança un franc sourire avant de répondre, tentant de garder un ton égal pour ne pas l’effrayer – il avait l’impression d’avoir affaire à un animal sauvage, susceptible de s’enfuir en courant au moindre geste brusque :

« Ah, pas la peine de faire des formalités ! Tu peux me tutoyer. » Il orienta son visage vers Joachim, puis Selcot, et laissa une moue faussement dubitative éclore sur ses lèvres. « Nous sommes en bonne compagnie, ici. Enfin, je crois… »

« Tais-toi donc ! Tu l’empêches d’écouter les explications ! N’as-tu donc aucun respect pour ton personnel ? » intervint le Capitaine de la Garde avec tout le sérieux du monde, mais il ne fallait pas s’y tromper. Tybalt leva les yeux au ciel et croisa les bras autour de sa poitrine. Puisque son cher cousin avait de toute évidence décidé de se liguer contre lui au côté de Selcot, il n’avait pas d’autre choix que de s’en remettre à Renàto !

Il attendit sagement que le Chevalier Vert ait terminé d’exposer les règles, puis lança l’écu en l’air. Il retomba sur la table, côté pile, et Joachim se pencha pour annoncer le résultat au reste de la petite assemblée. Tybalt rafla le paquet de cartes et commença à les distribuer, face cachée, tout en expliquant ses gestes à Renàto :

« Chaque joueur a cinq cartes, au début... » Il acheva la distribution, déplaça la chope de Joachim en faisant attention à marmonner de manière audible son agacement, et retourna une carte qu’il plaça au milieu des joueurs. Il posa son doigt dessus. « Elle, c’est la première carte. Bronze Céleste. Joachim à ma gauche est le premier à jouer. Il va regarder ses cartes et, en fonction, décider de prendre ou de passer. »

Le Capitaine prit son jeu en main et fit signe à Renàto d’en faire de même pendant que Tybalt continuait sur sa lancée : « Si Joachim a des bonnes cartes du Kaerl Céleste, suffisamment pour faire quatre-vingt-deux points – ah oui, il faut compter, j’avais oublié pourquoi je n’aimais pas ce jeu – alors il peut prendre la carte, et le Kaerl deviendra celui d’atout. »

« Allons, ça fait travailler ton esprit. Tu vieilliras moins vite. »

« Déstabiliser son adversaire en l’insultant est indigne d’un personne de votre rang, Capitaine. » Il secoua la tête d’un air peiné et reprit, faisant pianoter ses doigts sur la table en jetant un coup d’œil à son propre jeu. « Si Joachim passe, on continue le tour et c’est à toi de décider si tu prends ou non. Et ainsi de suite. Lorsqu’un joueur prend, je distribue le reste des cartes et le vrai tour commence. Jusque-là, c’est bon ? »

Il haussa un sourcil inquisiteur en direction du Chevalier Blanc, et attendit une confirmation quelconque avant de reprendre : « Joachim, ta décision ? »

« Une partie pour rien, alors je prends. » déclara le Fëalocë en même temps qu’il se penchait pour récupérer la carte. Tybalt salua l’initiative d’un signe de tête et distribua le reste du paquet. Bien, c’était maintenant que les choses sérieuses commençaient. D’un œil distrait, il compta le nombre de points dans sa main. Trois Œufs, deux atouts. À côté de lui, Joachim prit son temps pour observer son jeu et trier ses cartes, les sourcils froncés dans une mimique d’intense concentration. Enfin, il en choisit une et la plaça soigneusement sur la table. Blanc Maudit.

Tybalt s’adressa alors à Renàto, qui était le prochain à jouer. « Maintenant, tu dois poser une carte qui est de la même couleur. » Il se gratta distraitement la barbe, sembla hésiter à ajouter : « Celle que tu veux, de préférence plus forte, le but étant de remporter le maximum de points, mais… Mais on causera stratégie plus tard ! À toi ! »


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeSam 9 Mai 2020 - 18:55


Pauvre Renny-chou ! Il n’avait jamais joué à la belote, il n’avait jamais bu de Cenedril… Il fallait ab-so-lu-ment lui faire découvrir tous les petits plaisirs simples de la vie. Enfin, tous… Tous ceux qui étaient acceptables dans un lieu public, déjà. Il fallait y aller par étape. Petit à petit. Ne pas le brusquer. Il semblait déjà avoir du mal à suivre quelque chose d’aussi simple que les règles de la belote dragon, alors on en était pas encore à lui présenter tous les plaisirs que pouvait offrir la vie au Màr Menel. Surtout qu’il était déjà embarrassé par l’emploi d’un surnom !

« Embarrassant ? Mais, Renny, faut pas s’embarrasser pour si peu ! On est pas de vieilles douairières engoncées dans leurs corsets. C’est vachement bien les surnoms, c’est plus simple ! Sieg mérite des tortures éternelles s’il t’appelle par ton prénom entier ! C’est pas que c’est pas beau, Renàto, hein, mais quand même… C’est long ! Ici, on se tutoie et on joue aux cartes ; les formalités c’est pour dehors… Y a juste mon cher supérieur avec qui il faut faire attention, ajouta-t-il en coulant un regard faussement inquiet vers le maître guérisseur. Tu n’imagines pas le nombre de corvées qu’il est capable de me refiler si j’ai le malheur de l’appeler Tyb ! »

Il dédia un grand sourire innocent à Tybalt, pendant que Renny-chou tentait de masquer son embarras dans son cocktail. Ce n’était pas une bonne idée, visiblement. De toute façon, ce n’était jamais une bonne idée d’essayer de cacher quoi que ce soit dans un verre d’alcool. Mais le Chevalier Blanc était choupichou quand il était embarrassé… et quand il essayait de contrer les effets de sa première gorgée de Cenedril. Le sourire de l’elfe s’élargit un peu, mais il se garda bien de faire un commentaire, laissant le sang-mêlé retrouver ses esprits. Il devait battre les cartes et même un chevalier multi-tâches comme lui pouvait avoir besoin d’un peu de concentration. Si si. Et puis, comme ça, Renàto pouvait remercier Tybalt… qui en remettait une couche sur l’absence de formalités autour de la table. Parfaaaait !

Selcot jeta un regard faussement blessé au maître guérisseur quand celui-ci fit mine de douter de la qualité de sa compagnie, puis un sourire de remerciement à Joachim qui prenait sa défense. Ah ah ! Enfin quelqu’un pour comprendre quelle épreuve c’était de devoir supporter l’autorité du Maître de Leysse tous les jours à l’Infirmerie ! Que la vie paraissait moins sombre et solitaire à présent qu’une personne au moins était consciente de son supplice !

« Heureusement que tu es là, Capitaine ! déclara donc l’elfe avec un soulagement feint. Sans toi, Maître Tybalt n’hésiterait pas à profiter de sa position, même ici ! »

La pièce dudit Maître Tybalt indiquait qu’elle non plus n’osait pas contrarier le terriiible guérisseur – au moins, peut-être fallait-il quelques i de plus d’ailleurs – et Selcot abandonna donc son paquet de cartes à son supérieur pour qu’il puisse les distribuer. Et donner les explications qui allaient avec. C’était bien un maître et un guérisseur, tiens. À toujours expliquer ce qu’il faisait. Ça lui arrivait jamais de s’expliquer, à lui, ja-mais ! Du moins… pas de façon si synthétique !

L’elfe prit à son tour une gorgée de son cocktail pendant que la distribution continuait et que Joachim décidait de prendre l’atout proposé. Céleste donc. Très bien, très bien. Il reprit une gorgée puis classa ses cartes, avant que le Capitaine de la Garde ne pose sa première carte. Blanc Maudit. Tybalt expliquait à Renny-chou ce qu’il devait faire… mais ne pouvait pas s’empêche non plus d’essayer de tricher en jetant un œil aux cartes de son voisin. Heureusement, que Joachim était son cousin et pouvait le remettre en place d’une tape sur la tête ! Lui ne pouvait pas se permettre une chose pareille avec son supérieur…

Jeu en direct:
 

« Si je comprends bien, c’est la couleur Maudit qui est maître pour cette manche ? demanda Renny-chou, en regardant ses cartes d’un air concentré.
— C’est ça, Renny, tu as tout compris ! Pour ce tour de table-là, vu que le Capitaine a posé sa première carte, c’est la couleur Maître. Sauf si quelqu’un n’a pas de Maudit et qu’il pose un Atout alors c’est lui qui sera Maître. Les Atouts, c'est les Célestes pour cette partie. »

Le chevalier blanc posa finalement le Noir Maudit avec hésitation mais Selcot, alors qu’il posait la Bleue Maudite avec un grand soupir théâtral, remarqua que le Maître guérisseur hochait la tête d’un air encourageant. Héhé ! C’était pas une ébauche de sourire sur les lèvres de Renny-chou, ça ?

« Je ne me suis pas trompé ?
— Non, c’est bien ! Tu as posé la bonne couleur, et une carte plus forte ! Exactement comme il fallait, assura Tybalt, avant de se frotter la barbe et de poser l’Œuf Maudit avec un sourire pas très fier. Et voilà, on a terminé le premier tour !
— Ma carte est la plus forte, je remporte le pli pour notre équipe ?
— Hey, c’est ma carte la plus forte ! rit le guérisseur. Mais oui, c’est nous qui remportons ce tour ! Maintenant, je vais additionner les cartes pour savoir combien de points nous avons fait... »

Il plissa les yeux en direction du centre de la table, tandis que Renny comprenait son erreur :

« Oh, oui, j’ai confondu ! J’ai cru que l’Œuf valait zéro ... Bravo !
— D’ailleurs, n’hésitez pas à recompter, je ne suis pas connu pour faire de très bons calculs... »

Et il était si concentré sur son calcul qu’il ignora à la fois Joachim qui confirmait que son cousin était nul en maths d’un air malicieux, Renny qui tapotait sur le verre de son cocktail en disant qu’il lui faisait confiance, et Selcot qui ne put s’empêcher d’en rajouter une louche :

« Et c’est là que tu vois le grand Maître, Renny. Il veut tout contrôler tout le temps. Moi, pôvre petit chevalier vert, je ne compte qu’à la fin !
— Le Blanc vaut zéro, le Noir vaut deux, la Bleue vaut zéro et l’Œuf vaut onze. Ce qui nous fait un total de… Treize points ! Quelqu’un prend des notes ? »

Le Capitaine fit signe qu’il notait, mais l’elfe n’y fit pas attention, tout concentré sur Renny qui le regardait en fronçant les sourcils – ça le rendait choupichou ça aussi – comme pour essayer de déterminer s’il fallait le croire ou pas.

« Je vois… Il faut… commença-t-il avant de se mordre les lèvres et d’inspirer pour ne pas dire "vous" : … te rebeller !
— J’essaie, j’essaie ! répliqua Selcot, avec un sourire éclatant. Mais que veux-tu, il est trèèès doué pour empêcher toute rébellion ! Un tortionnaire de petit personnel, vraiment !
— Eh bien, eh bien, quelle drôle d’idée vas-tu lui mettre en tête ! Je suis le meilleur supérieur dont on puisse rêver ! se défendit Tybalt, avant de regarder sa main. Bien, maintenant c’est à mon tour de poser une carte ! »

Il posa la Verte Ardente et, à la suite, le Capitaine de la Garde, très peu expressif, déposa le Brun Ardent. Amusé, le chevalier vert prêtait plus attention à ce qui se passait autour de la table qu’à son jeu et ne put s’empêcher de noter que Renny-chou semblait se détendre petit à petit. L’effet de l’alcool ? De la belote ? De la compagnie ? Peut-être tout ça à la fois ! Il avait hâte de raconter tout ça à Sieg ! Mais, en attendant, on jouait, et Renny posait sa carte, l’air plus assuré qu’avant : Reine Ardente.

« Je pense que j’ai compris les règles, jusque là…
— Tu te débrouilles très bien,acquiesça gentiment Tybalt, tandis que Selcot, tout sourire, posait l’Œuf Ardent, s’attirant un sourire de renard de son partenaire.
— Vous vous connaissez depuis longtemps ? interrogea le chevalier blanc en regardant les deux guérisseurs… avant d’aviser la dernière carte posée : Ah, ça ne s’annonce pas bien pour nous.
— Évidemment que ça ne s’annonce pas bien, vous êtes en lice contre le maître incontesté de la belote ! répliqua Joachim au moment où son cousin, après avoir prit une gorgée de bière, répondait à la question précédente d’un ton très sérieux :
— Trop longtemps. »

Pauvre Renny-chou, avec son sourire hésitant, qui ne savait visiblement pas trop comment réagir, entre la déclaration de Tybalt et celle de Joachim. C’aurait été amusant de le laisser se poser la question de savoir qui était le maître de la belote, mais il y avait des choses qu’on ne pouvait pas laisser passer ! Selcot jeta un regard blessé à son supérieur :

« Comment ça, "trop" ? Mon cher Maître, ce serait à moi de me plaindre, c’est moi qui effectue les corvées... »

Il offrit un regard de chaton malheureux à son voisin de table, pour le prendre à témoin, tout en ramassant le pli. Il y avait des choses importantes dans la vie !

« Et vingt-quatre points pour le Capitaine et le petit personnel TROP-matisé. »

Après un instant de réflexion, il posa la Verte Engloutie, pendant que Tybalt répliquait, évidemment. Aussi bien avec le Blanc Englouti qu’avec ses mots.

« Des corvées, des corvées... En attendant c’est à moi de te surveiller, c’est pas de tout repos non plus ! osait-il déclarer, avant de se tourner vers Renàto : On plaisante, bien sûr. Selcot – ça ne sort pas d'ici – est un très bon guérisseur.
— En plus, tu médis ! s’offusqua l’elfe, l’air choqué, tandis que Joachim levait les yeux au ciel et posait la Bleue Engloutie.
— Moi, médire ? répéta le Maître guérisseur en haussant le ton. Enfin, tout le Kaerl doit savoir que le Chevalier Selcot Denali est le MEILLEUR guérisseur qui soit ! D’un sérieux irréprochable ! »

L’air catastrophé, Selcot garda le silence – si, si, c’était possible – le temps que Renny sorte avec hésitation une carte de sa main et la pose sur la table : Bleue Céleste.

« Je ne dispose pas de carte engloutie… je peux donc poser cette couleur-là ? Vu qu’il s’agit de la couleur atout ?
— Si tu n’en as pas de moins forte en atout, alors oui ! Tu remporteras la main et ce sera à toi de poser une carte.
— Pas d’autre qui nous permette de remporter ce pli, je crois, répondit Renny en hochant la tête, avec un mince sourire.
— Eh bien, va pour la Bleue Céleste alors ! Quatorze pour nous, et à Renàto de jouer ! »

Bien. Maintenant que les choses importantes étaient réglées, le chevalier-vert comptait bien faire savoir à son supérieur ce qu’il en pensait : il leva donc son regard blessé vers Tybalt.

« Alors là, mon cher maître, tu me déçois vraiment beaucoup. Tu détruis ma réputation. Moi qui pensais pouvoir au moins te faire confiance pour ça ! commença-t-il avant de se tourner vers Renny-chou : Quand je te dis que c’est un tortionnaire, tu vois, tu vois ? Pour qui il me fait passer ?
— Vous… tu ne sembles pas apprécier les compliments qu'il t'adresse… »

Il prit le temps de regarder ses cartes puis de poser le Bronze Maudit, mais Selcot le vit ! Le sourire amusé qu’il ne retint pas ! Haha ! Ils avaient réussi ! Renny-choupinou souriait ! On n’allait pas s’arrêter en si bon chemin !

« Des compliments ? De me faire passer pour quelqu’un de sérieux ? Mais tu ne te rends pas compte, Renny, quels ennuis ça risque d’amener ? Et comment je vais trouver des partenaires de belote après ?
— Tu n’as pas besoin de partenaires de belote, rétorqua Tybalt avec un sourire carnassier, en se reculant sur sa chaise, tu nous as, nous ! Devrais-je comprendre que notre compagnie ne te satisfait plus assez ?
— Ah, soupira l’elfe en posant la Verte Céleste, tu ajoutes la torture mentale avec le chantage affectif en plus, c’est du propre ! Et comment je fais quand tu es de garde, hein ? Tu y as pensé à ça ?
— Je récuse toutes ces accusations, riposta Tyblat en posant le Brun Céleste par-dessus la Verte avec ostentation. Et j’essaie de ne pas trop penser, de manière générale.
— Bêtise est pas encore proche de son Vol, mon cher Maître ! » répliqua Selcot en décalant le Brun de son supérieur pour qu’il ne cache pas tout à fait la carte de la Verte.

Tandis que Tybalt soufflait par le nez d’un air faussement indigné, Joachim resservait son cousin et lui-même en bière et regardait Renàto avec l’air de compatir à la situation.

« Ils ont l’air de bien s'entendre, émit le chevalier-blanc à l’intention du Capitaine, en reprenant prudemment une gorgée de Cenedril.
— Ils s’entendent bien, oui... Heureusement. Je plaindrais Nalesean, dans le cas contraire, acquiesça le Baskan en posant sa Reine Maudite avec un regard mauvais à Tybalt.
— Maitre Nalesean doit être habitué à gérer… toutes sortes… d'énergumènes, répondit Renny avec un sourire en coin, les yeux brillants et le nez sur ses cartes, avant d’aviser la carte de Joachim : Oh, une Reine, nous perdons ce pli là également ! »

Mais celui des deux énergumènes qui était Lié à une dragonne n’avait pas fini son numéro et il adressa un sourire innocent à son confrère :

« Tu ne crois pas pouvoir gagner ma verte si facilement tout de même… Déjà que tu attrapes une Reine ! s’exclama-t-il avant de corriger Renny-chou : Eh non, Renny, eh non. Hélas. Notre cher maître guérisseur a posé un atout, et l’atout remporte toujours le pli. Vous nous volez notre belle Reine Améthyste !
— Quelle que soit sa valeur, l’atout gagne toujours le pli ?
— Et oui ! Tu vois, Renny, tout n’est pas perdu pour les pauvres petits chevaliers verts et blanc tels que nous ! Parfois nous gagnons ! »

Même si les fourbes chevaliers-bruns profitaient qu’il réponde à des questions de la plus haute importance pour ramasser les cartes – bon, ok, ça c’était normal – remercier le Capitaine qui comptait les points, poser une nouvelle carte – Bleue Ardente – et se trouver de fausses excuses.

« Moi, moi… c’est plutôt à Vahagn qu'il faut dire ça. Moi, j’ai rien à voir là-dedans. »

S’il n’avait pas été multitâche, Selcot aurait sans doute manqué le fait que Joachim coupe avec le Bronze Céleste ou l’expression soudain un peu trop sérieuse de Renny-chou et son « Nous pouvons gagner en déployant des talents différents de ceux des plus puissants ... ». Il n’en fut rien, évidemment, comme le montra son « Bien dit, Renny ! » mais il était hors de question d’encourager le chevalier-blanc dans une fois trop sérieuse… ou de laisser Tyblat s’en tirer à si bon compte !

« Ah c’est du propre ! Tu essaies de te disculper en plus ! Et tu accuses ton dragon ! ton Lié ! ta propre âme sœur ! »

Mais comme son supérieur se contentait de boire sa bière sans répondre, et que le chevalier blanc posait le Noir Ardent avec un air peu convaincu, l’elfe soupira à nouveau, de façon très exagérée, et se sépara de son Bronze Ardent. Le Baskan ramassa les cartes et annonça les dix points pour son équipe :

« Allons, allons, pas la peine de soupirer, mes points sont les tiens, Selcot, fit-il remarquer en posant le Noir Englouti.
— Ah mais ce n’est pas après les points que je soupire, Capitaine... expliqua le chevalier-vert en posant son Brun Englouti à la suite du Blanc Céleste de Renny-chou. C’est à cause de ton cousin. Il est incorrigible...
— Même quand je dis rien, il me le reproche ! marmonna le maître brun, tandis que Joachim hochait la tête d’un air entendu. Pour la peine… »

Il posa l’Œuf Englouti sur la table et ramassa le paquet de cartes dans un (trop) grand geste tout en faisant un clin d’œil à Renny-chou qui lui jetait un regard admiratif. Il était choupinou aussi avec ce regard-là !

« Tu as mis ton Œuf à l'abri, tsss.
— Je n’avais pas le choix, mon brave confrère ! »

Mais Renny-chou avait l’air de s’amuser, finalement, et c’était le plus important !

« C'est à moi de poser la première carte ?
— Oui, à toi ! répondit Tybalt en mimant les syllabes pour tenter de lui dire quelle couleur jouer.
— Et en plus, tu triches !, s’exclama Selcot en lui faisant les gros yeux, tandis que Renàto faisait glisser le Brun Maudit jusqu’au centre de la table.
— J’espère que ça conviendra…
— Je ne triche pas, je joue en équipe ! se défendit le Maîre brun en secouant la tête.
— C'est de la mauvaise foi, ça, mon cher Maître ! rétorqua l’elfe de son air le plus snob, en posant la Reine Céleste : Allez, Chishongo est avec nous ! »

À la réflexion, peut-être que Renny-chou ne savait pas qui était Chishongo mais bon… Il l’apprendrait vite. Et la frustration de Tybalt qui grinçait des dents en posant son Œuf Céleste rendait toute autre préoccupation caduque. Le chevalier-blanc inclinait la tête, comme s’il se demandait pourquoi le maître brun était si sérieux, mais il n’eut sans doute pas le temps de se poser la question, puisque Joachim tapait sur la table d’un air tout content qui faisait presque peur. Quand il retira sa main, tout le monde put observer un Noir Céleste, ce qui fit naître un grand sourire sur le visage de Selcot.

« Aaaah ! L'Empereur !
— Ah, un noir d'atout, c'est la carte la plus forte, c'est bien cela ?
— QUARANTE-QUATRE ! »

À l’exclamation de victoire du Baskan, Renny grimaça légèrement et, bien plus drôle, Tybalt marmonna que la partie ne comptait pas, de toute façon. Franchement amusé, le chevalier-vert lui tapota la main d’un air compatissant, pendant que Joachim se raclait la gorge et posait délicatement sa dernière carte, le Bronze Englouti. Renny déposa sa Verte Maudite à la suite d'un air presque navré, mais Selcot, lui, était ravi de poser sa Reine Engloutie. Et le soupir de Tybalt, qui ajoutait son Blanc Ardent, ne fit rien pour diminuer sa bonne humeur.

« Héhé, ça nous fait quatre-vingt-onze points ! Le contrat est rempli, cher Capitaine !
— Un Capitaine accomplit toujours son devoir, mon cher. »

Et Renny-chou était tout choupinou quand il offrait un sourire d’excuse à Tybalt.

« Je ne suis pas certain de me souvenir du décompte total ... mais nous avons perdu, n'est-ce pas ?
— Eh oui, nous avons perdu ! Mais qu’à cela ne tienne, nous aurons notre revanche ! ... Après une deuxième tournée.
— Une deuxième tournée… répéta le chevalier blanc en regardant son verre à peine plus qu'à moitié vide, avant d’incliner la tête en direction de Selcot et Joachim tout en levant doucement son verre : Félicitations.
— Alors, ça t'a plu ? demanda Tybalt tandis que Renny prenait une nouvelle gorgée de son cocktail.
— Oui, cela demandait plus de réflexion que je ne l'aurai cru ! »

Renny-chou se détendait, buvait son cocktail, souriait et avait apprécié la partie de cartes – en même temps, comment ne pas aimer la belote ? – et Selcot lui adressa donc un grand sourire enthousiaste.

« Tu n’as pas démérité Renny, surtout pour une première partie ! »

Il reprit le paquet de cartes qui se trouvait devant Tybalt pour les remettre avec celles gagnées par Joachim et lui. Il laissait le soin au Baskan de commander la deuxième tournée.

« On recommence alors ? »

~*~

[RP] L'Arcane du Fou Qqht
Source inconnue
Beith

Ravie d’obtenir une réponse de la part du dragon blanc solitaire – pas qu’elle se serait contentée du silence, elle était un brin têtue – Beith inclina gracieusement la tête. Les paroles de Cyngar ressemblait à un compliment sur ses talents de chasseuse, et la dragonne décida de les prendre comme tel.

*Un bel auroch, déclara-t-elle sans fausse modestie, mais il n’avait aucune chance.*

Aurait-elle été sous forme bipède qu’elle aurait adressé un sourire mi-fier mi-taquin à son congénère. En l’occurrence, seuls ses yeux, d’un bleu tirant vers le vert, trahissaient son bien-être et son amusement.

*J’aime les Thermes, les bassins sont grands et on peut choisir la température qui nous convient : l’eau y est plus fraîche que partout ailleurs en cette saison, mais il y a aussi le bain d’eau chaude…*

Et si elle appréciait une baignade à la fraîche, surtout en plein été, la verte aimait la chaleur. Celle du soleil sur ses écailles, par une chaude journée estivale, celle des bains chauds… ou celle des grands mâles aux écailles rutilantes. Mais, à cette heure-là, le soleil était couché. Et les grands dragons aussi, les paresseux !

*Mais si tu préfères un autre lieu de baignade sur le continent, ça me va aussi,* ajouta-t-elle pour que le blanc ne se sente pas obligé de se ranger à son avis.

Les bains à la belle étoile, surtout avec de la compagnie, c’était chouette aussi. Même si ça nécessiterait de quitter le Kaerl. De toute façon, Selcot était dans sa belote, il en avait pour un moment.


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 18:32

[RP] L'Arcane du Fou Renato-de-leysse-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Fager som en Ros – Myrkur

Visiblement, Selcot, lui, ne trouvait absolument pas cela embarrassant, d’appeler un quasi parfait inconnu, fut-il ami d’un ami, par un surnom aussi ridicule. Renny. Personne ne l’avait jamais appelé ainsi, non, même parmi ses proches. Quant à Siegrain, prenant exemple sur Cyngar, il se contentait à l’occasion d’un ‘Ren’ qui lui convenait parfaitement. Il grimaça légèrement, sans répondre, laissant l’Elfe poursuivre sur une tirade à propos de Tybalt et du martyr – tout à fait exagéré – qu’il faisait subir à son petit personnel. Aurait-il eu un vécu différent qu’il aurait certainement approuvé la suggestion de faire subir à Siegrain des tortures éternelles, sa liste de griefs étant cependant bien différente de celle du Chevalier Vert. Se renfrognant à demi, il avait jugé plus sûr de cacher son trouble en s’attachant à expérimenter sa mystérieuse boisson, ce ... Cenedril, comme l’avait appelé Selcot.

Les joues encore empourprées tant par une honte cuisante que par la quinte de toux qui l’avait ensuite saisi, Renàto s’était ainsi appliqué à regarder partout ailleurs sauf en direction de ses compagnons d’infortune, marmonnant dans un croassement à l’attention de Tybalt, dont il avait été décidé qu’il serait son binôme. Fort heureusement pour lui, jugeant sage de ne pas venir malmener plus encore son ego piqué au vif, aucun des trois hommes ne fit de remarque, ni n’échangea de regard douloureusement significatif … Pour autant qu’il put en juger, les yeux furieusement baissés sur le cocktail, comme si c’était lui le responsable de tous ses maux.
Il ne pouvait faire autrement, néanmoins, qu’admettre que la boisson était plutôt plaisante à son palais et sur sa langue, quoi que le miel et les agrumes la parfumant masquassent dangereusement le véritable goût de l’alcool. La sensation de chaleur se propageant délicatement dans sa poitrine n’était quant à elle pas désagréable non plus, comme une promesse séduisante de tensions dénouées … Un simple verre ne pouvait faire de mal à personne après tout, s’il s’en tenait là, dans le respect de ses évidentes limites ? Accompagnant sa décision, sur un soupir et d’une pichenette légère du doigt, il fit tinter le cristal, produisant une petite note claire qui passa inaperçue dans la joyeuse ambiance de la taverne. Quelle idée avait eu Siegrain, de l’abandonner ici, pour le faire jouer aux cartes ?

Et, tandis que Selcot terminait ses explications des règles du jeu, Tybalt se tournait, lui, vers Renàto, un franc sourire étirant ses lèvres, avec toujours la même bienveillance luisant ouvertement dans ses yeux bleus. Du même genre que celle, déconcertante, qui emplissait toujours le regard de Heryn, lorsqu’elle s’adressait à lui, de celle résultant d’une intolérable compassion à l’égard de ceux qui ont souffert. Étourdi, il acquiesça à la demande de son cousin, qui se faisait à présent humoristiquement réprimander par Joachim. Inutile de faire des manières, et trêve de formalités, ils étaient rassemblés pour prendre du bon temps et s’amuser. Étrangement glacé par tant de … bonté, d’acceptation, peut-être, à son égard, il réprima un frisson, et porta résolument, une nouvelle fois, le verre à ses lèvres, cherchant à chasser le froid de son cœur, laissant le feu de l’alcool le réchauffer. Une gorgée prudente plus tard, il suivait le trajet virevoltant de l’écu, lancé d’une main experte par Tybalt : pile, c’était donc à ce dernier de distribuer les cartes. Accompagnant ses gestes de nouvelles instructions, l’Humain commença à répartir les cartes entre chaque joueur, puis, jugeant sans doute que seule la pratique pourrait lui permettre de saisir les subtilités du jeu, la partie commença …

… Et, émaillée des commentaires des uns et des autres, démontrant les rapports amicaux qu’entretenaient les trois hommes, Tybalt semblant le point focal de leurs relations, elle se déroula puis s’acheva par leur défaite après quelques minutes. Malgré sa surprenante discrétion, Joachim avait fait preuve d’un esprit rusé et railleur, plongeant Renàto dans une certaine perplexité mêlée d’un amusement incrédule, tant il lui était difficile d’associer l’image qu’affichait son cousin, avec celle qui allait de pair avec sa réputation de Capitaine de la Garde. Quant à Tybalt et Selcot, il régnait entre eux une atmosphère bon enfant, faite de gentilles provocations et de l’évidente sympathie qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre. A sa question sur leurs liens, le Maître Guérisseur s’était contenté de prendre une mine grave et d’un "trop longtemps" brodé de retenue et de sérieux, ce à quoi le sang-mêlé avait répondu par un vague rictus hésitant, ne sachant comment prendre sa déclaration.

Même si la sensation de ne pas être tout à fait à sa place continuait de le tenailler, au fil de la partie, mis en confiance par les encouragements de ses compagnons, il s’était petit à petit relâché, se laissant aller à sourire plus franchement et à les tutoyer, jusqu’à sentir monter en lui l’envie réelle, finalement, de gagner cette manche. Il n’aurait pas pensé qu’un simple jeu de cartes puisse être si … Amusant. Et même si Tybalt et lui avaient perdu, qu’importait, car les trois hommes ne comptaient évidemment pas s’arrêter en si bon chemin. Ceci étant dit … Ne s’était-il pas trop détendu, un peu trop rapidement ? La tête dans du coton, il se sentait … Bien. Un bien être assez étrange, lacé de fatigue nerveuse et de fièvre, et au parfum de menthe et d’agrumes, effaçant sa méfiance et sa peine initiale comme un coup d’éponge passé sur une ardoise. L’ambiance tamisée de la taverne lui paraissait maintenant presque accueillante et non plus oppressante, de même que le murmure de dizaines de voix s’était transformé en un bourdonnement agréable, apportant un contrepoint intéressant au chant rythmé de la ménestrelle.
Alors, lorsque les autres commencèrent à échanger concernant la deuxième tournée, il replongea son attention vers son propre verre, un peu plus qu’à moitié vide, laissant couler dans sa gorge l’alcool au subtil goût de miel. Le reposant sans hâte, il se sentit comme happé, hypnotisé par les délicates volutes de vert et de bleu qui se mêlaient au sein du liquide tourbillonnant. C’était beau … Et même assez lénifiant, en quelque sorte.

Sans en avoir tout à fait conscience, ni sans lever les yeux, il s’adressa donc à ses compagnons, le souffle un peu trop hâtif, frappé par une soudaine révélation.

« Malgré dix ans de vie au Màr Tàralöm, il n’y a jamais eu personne que je puisse appeler mon ami. Et l’alcool … Ah, l’alcool, elle, pour moi, elle était toujours vêtue de rouge et aussi tranchante qu’une lame cérémonielle … Toujours le résultat, la compagne fidèle, de beaucoup, beaucoup de sang versé. »

Un sourire amer étira brièvement ses lèvres, et, sa peau se hérissant de chair de poule à la mémoire de ce passé honni, il écarquilla les yeux en réalisant ce qu’il venait de dire, son regard sautant de visage en visage, révélateur de sa panique et de sa gêne. Qu'allaient-ils donc penser de lui ?

**Ren … ?**

Un peu plaintive et plutôt inquiète, la voix de Cyngar se glissa nerveusement dans son esprit, aussi Renàto s’efforça-t-il de calmer le rythme affolé de son cœur. Le Blanc, faisant toujours face à la Verte de Selcot – Beith, lui rappela son Lié, d’un ton incertain – ayant senti la soudaine angoisse du sang-mêlé, hésitait à présent à refuser poliment la proposition de la dragonne d’aller se baigner. Il ne voulait pas s’éloigner de lui … D’une caresse mentale, le Chevalier se voulut rassurant.

*Ne t’inquiète pas. Tout va bien. Juste de mauvais souvenirs. Va t’amuser, profites-en. Je sais qu’en cas de besoin tu seras là en moins de temps qu’il le faut pour le dire. On ne fait pas attendre une jolie dragonne.*

Perplexe, le Blanc s’ébroua légèrement, dans un doux bruissement d’ailes.

**Tu crois que je devrais la trouver jolie ?**

Mais déjà son Lié s’était détourné, le laissant seul avec la proposition de sa consœur, qui s’était ouvertement rengorgée, comme s’il lui avait adressé un compliment. La façon de raisonner des femelles, et plus encore des Vertes, lui était tout bonnement incompréhensible. Mais, devant les évidents efforts que fournissait Renàto pour socialiser et se faire des amis, il ne pouvait pas être en reste ! Peut-être Beith voulait-elle aussi être son amie, tout comme son Elfe Guérisseur s’occupait de distraire son propre Lié. Quoi qu’il en soit, elle était probablement sincèrement intéressée par sa compagnie, car elle aurait eu l’embarras du choix pour trouver un autre dragon, dans tout le Valarëa, même si la plupart somnolaient déjà à demi, dans la lourde chaleur de l’été.

Alors, se redressant, lui adressant un regard d’un bleu aussi pur et innocent que le ciel d’été, il laissa flotter jusqu’à elle une pensée prudente. Même si une baignade en extérieur était tentante, il préférait rester à proximité … Au cas où. Hors de question qu’il se fasse avoir deux fois dans la même journée. Les Thermes donc. Et ce serait la première fois qu’il prendrait un bain avec quelqu’un d’autre que Renàto !

**Les Thermes me paraissent un bon choix : allons-y. Est-ce que tu as un bain préféré, Beith ?**

Finalement, en y réfléchissant bien, Cyngar se découvrait sincèrement curieux de connaître les habitudes et préférences de la dragonne.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeLun 18 Mai 2020 - 12:07

[RP] L'Arcane du Fou Tybald10 [RP] L'Arcane du Fou Joachi10
Maître Brun Tybalt de Leysse, Guérisseur & Maître Brun Joachim de Leysse, Capitaine de la Garde

La partie s’était soldée par leur défaite, et si Tybalt avait fait mine d’être un mauvais perdant, soupirant et dissimulant sa mauvaise foi simulée derrière sa chope, ce n’était que dans l’objectif d’amuser ses camarades de jeu. Après tant de soirées passées attablé autour d’une table et d’un paquet de cartes, garder le compte de chaque victoire et chaque dérouillée aurait certainement été le signe d’une inquiétante névrose. Il nota toutefois dans un coin de son esprit que Joachim de Leysse, tout taciturne et décontracté qu’il pouvait paraître en apparence, ne jouait jamais pour rien – la satisfaction ostensiblement plaquée sur son visage tandis qu’il faisait un signe à un des employés de la taverne de leur apporter une deuxième tournée indiquait qu’il n’avait jamais eu l’intention de faire semblant.

« Oh, eh bien, ici, l’alcool est surtout la compagne des bons moments. » répondit Tybalt d’une voix légère et pensive, tranchant dans la lourde chape qui s’était soudain abattue autour de la table suite à la déclaration de Renàto, levant sa chope pour observer le tourbillon des bulles dans leur océan de miel et d’ambre. Il n’osait guère imaginer ce qu’avait bien pu vivre, là-bas, parmi les ombres et les flammes, celui dont il gardait le souvenir d’un garçon renfermé, effacé, et qui aujourd’hui était un devenu un homme pour qui sourire n’était visiblement pas une évidence. L’Humain était rarement le premier à juger les actions des autres, mais il croyait fermement que Laërte avait été stupide de penser que la place d’un tel enfant avait pu se trouver sur un champ de bataille. Inconsciemment, sa mâchoire se tendit autour d’un soupir qu’il garda pour lui-même.

Ah, mais après tout, il n’avait jamais été père… Pour qui se prenait-il ?

« Des moins bons, aussi… » remarqua Joachim en pointant du menton le tas de cartes abandonné au milieu de la table, faisant référence à l’issue de leur partie de belote, arrachant Tybalt des griffes de ses pensées trop amères.

« Mais toujours en bonne compagnie ! » renchérit le Maître Brun, penchant la tête vers Renàto, un sourire gêné ourlant ses lèvres – non pas par les paroles pour le moins inattendues du Chevalier, mais parce qu’à cet instant, il n’avait rien de plus à offrir que des paroles qu’il espérait réconfortantes. « Tu devras t’y faire, j’imagine. »

Tybalt était Guérisseur et, en tant que tel, il ne pouvait jamais vraiment s’empêcher de vouloir guérir, de vouloir aider tous ceux qui croisaient son chemin. Jusque dans sa vie de tous les jours, certes de manière plus triviale, il n’était jamais plus heureux que lorsqu’il pouvait réparer les choses cassées – un vase, une chaise, un meuble. Mais le cœur humain était bien plus complexe, et il savait que certaines blessures restaient sans espoir, que même les mains les plus habiles ne l’étaient jamais suffisamment pour panser les plaies de l’âme. On apprenait simplement à vivre avec. Ses iris de glace scrutaient Renàto avec une douceur et une bienveillance qui auraient sans doute été insupportables si elles n’avaient pas été contrebalancées par la sévérité de ses traits, par la présence menaçante de ses brûlures.

« Et le seul rouge que tu verras ce soir, ce sera celui sur les joues de notre cher Tybalt lorsqu’il se rendra compte qu’il a sifflé la bière comme si c’était de l’eau et qu’on l’a tous vu lorgner la petite chanteuse Neishaane. » Joachim s’inclina vers son cousin, ses yeux de renard luisant de malice, pour ajouter, dans un murmure destiné à lui seul : « Et tu ferais mieux d’arrêter, je crois que tu as déjà une admiratrice. Là-bas, ne serait-ce pas ta fille ? »

Tybalt suivit discrètement la direction que le Fëalocë lui indiquait du regard, incrédule, et faillit avaler de travers. À quelques tables de distance, perchée sur l’un des tonneaux sans doute plus à caractère décoratif que censé être utilisé comme place assise, enveloppée dans une cape grossière qui ne devait certainement pas appartenir à sa mère mais qui avait le mérite de la faire se fondre dans le paysage, Silindiel semblait avoir compris qu’elle venait de se faire remarquer. Si elle avait réussi à rester discrète, ce n’était pas le cas de sa petite Liée, à la couleur par trop remarquable pour passer inaperçue – Joachim n’était pas Capitaine de la Garde par hasard. Rien ne pouvait lui échapper bien longtemps. Oh, douce Gaïa, il espérait pour le joli minois de la jeune femme qu’Eníredis était au courant de son escapade… Non, de qui se moquait-il ? Son épouse n’oserait jamais lever la main sur sa précieuse, si précieuse gamine, et tout cela retomberait bien évidemment sur lui. Avec un grognement sonore, à mi-chemin entre l’irritation et le désespoir, il fit racler sa chaise contre le sol en même temps qu’il prenait solidement appui sur le bord de la table pour se redresser.

« Messieurs, je vous prie de bien vouloir m’excuser, je dois… régler un imprévu. » annonça-t-il à ses camarades avant de se diriger d’un pas qui se voulait assuré vers l’imprévu en question, bousculant au passage quelques clients à qui il demandait ensuite pardon, son empressement dénotant son désarroi quant à la situation. Plus il approchait d’elle, plus Silindiel plissait les yeux. Ah, cet air ! Il connaissait bien cet air ! C’était celui de la déception, du reproche qu’on dissimulait avec un manque évident d’application. La Sang-Mêlé sauta à bas de son perchoir, et Tybalt se plaça devant elle de façon à lui bloquer la vue de leur tablée, bras croisés et sourcils froncés. Il aurait aimé pouvoir la prendre de haut, mais la demoiselle était aussi grande que lui, et toute la noblesse qu’elle dégageait avait la fâcheuse tendance à faire paraître ce qui se trouvait autour d’elle cruellement plus petit.

[RP] L'Arcane du Fou New_si15
Chevalière Verte Silindiel Chantevent

« Silindiel. » Sa voix, qui s’était faite grave pour les circonstances, tonnait comme la promesse d’un orage. « Ce n’est ni l’heure, ni l’endroit où tu devrais être. »

« Père. Je pensais que vous aviez une urgence ! » rétorqua la jeune femme avec toute l’innocence du monde, ôtant d’un geste souple la capuche qui plongeait la moitié de son visage dans l’ombre, révélant une opulente rivière d’or roux. Tybalt ne cilla pas, refusant d’abandonner sa posture autoritaire, et il dirigea ses pensées agacées vers son Lié.

° La peste ! Qu’est-ce qu’elle fait ici, Vahagn ? Est-ce toi qui lui as indiqué le nom de la taverne ? °
° Je ne sais pas, ma tendre Ihintza me boude depuis que je me suis approprié la place qu’elle briguait au Valarëa. Et non, je ne lui aurais jamais révélé cette information, sauf s’il était question de vie ou de mort. Je ne suis pas un sauvage. °

En vérité, Silindiel avait été en route vers l’Infirmerie afin d’y retrouver Tybalt, souhaitant échapper aux discussions ennuyeuses d’Elioriel et pensant sincèrement pouvoir se rendre utile, lorsqu’elle avait entendu plusieurs passants mentionner la présence du Maître Guérisseur de Leysse à la taverne « Le Cygne et l’Épée ». Un bien curieux lieu pour y soigner un blessé, selon elle, et la Sang-Mêlé, à force de demander son chemin à droite et à gauche, était finalement parvenue à la porte de l’établissement ainsi nommé. Elle ne l’aurait avoué à personne mais quelques fois, en de rares occasions, elle avait suivi ses amis dans des endroits similaires à celui-ci. Cependant, l’endroit n’avait rien à voir avec les salles exigües, puantes et sombres où on l’avait entraînée pour boire dans les pichets abandonnés par des artisans ou des marchands à moitié évanouis. Sans trop de difficulté, elle s’était donc faufilée à travers la foule et avait fini par repérer Tybalt, qui n’était de toute évidence pas du tout en train de soigner un soldat du Baskan. Lequel se trouvait à ses côtés, en compagnie d’un Elfe et d’un autre homme qui lui étaient tous deux inconnus. Elle avait ensuite pris place à distance respectable, trop loin pour entendre ce qu’ils se disaient au milieu du brouhaha ambiant, mais suffisamment proche pour voir le Maître Brun sourire, boire et… jouer aux cartes.

Et maintenant, il devait se sentir bien embarrassé, car le mécontentement qu’il s’efforçait d’afficher était décrédibilisé par une gêne légitime. Il soupira et détourna le regard.

« Ce n’est pas vraiment à toi de me faire la leçon … » marmonna-t-il. « Dis-moi au moins que tu as prévenu Eníredis de ta sortie. »

Silindiel hocha doucement la tête. « Je lui ai dit que je vous rejoignais. »

« Bien. Tu n’as qu’à lui dire que j’en ai encore pour un moment, et que je rentrerai plus tard que prévu. »

« Je… je ne vais pas rentrer maintenant. Je ne connais pas encore le chemin ; je risque de me perdre. Je pensais rester avec vous jusqu’à ce que – Elle se hissa sur la pointe des pieds pour observer par-dessus l’épaule de l’Humain – … vous ayez fini. »

Tybalt ouvrit la bouche avec la ferme intention de protester, mais ne trouva finalement aucun argument valable. Que ce soit clair, il n’avait aucune envie de passer sa soirée en compagnie de la bâtarde d’Eníredis, d’être obligé de jouer au bon père pour ne pas éveiller les soupçons ou risquer de heurter la sensibilité de la jeune fille – néanmoins, il ne pouvait pas non plus se décider à la laisser seule. La Maison Chantevent n’était pas la plus estimée du Kaerl, et si l’on ajoutait à cela l’apparition fracassante de leur Héritière perdue à l’Éclosion de Rintrah, le fait qu’elle s’y soit effectivement Liée, et pour finir la couleur originale des écailles d’Eithne, la Sang-Mêlé faisait objectivement une cible de choix pour les quolibets. Il était hors de question qu’elle revienne auprès d’Eníredis en larmes. Ses yeux en amande légèrement écarquillés dans l’attente d’une réaction de la part du Maître Brun, Silindiel patientait sagement, aucune ride ne venant troubler son front. Les épaules de Tybalt s’affaissèrent.

Ils sauraient tous qu’elle n’était pas sa fille, même s’ils devaient ne jamais être en mesure de le prouver. Elle n’avait pas la grâce éthérée, insaisissable de sa mère Elfe. Elle n’avait pas non plus la force terrienne, rigoureuse et parfois froide des de Leysse. Elle avait des flammes sous son épiderme, une poitrine dans laquelle brûlait la même lumière qu’au cœur des étoiles – mais il lui était impossible de s’en émouvoir. S’il avait été moins fier, s’il n’avait pas été si cruellement trahi par une femme qu’il avait fait l’erreur d’aimer, il aurait sans doute glissé une ou deux mèches échappées de sa coiffure derrière son oreille effilée, lui aurait souri, aurait imaginé son propre reflet dans ses iris à la teinte trompeuse comme s’il s’était regardé dans un miroir. Avec une grimace, le Maître Brun tourna les talons, se fendant d’un simple  « Tiens-toi bien. » avant de filer vers la table où Joachim, visiblement, battait les cartes pour une seconde partie.

Celui-ci s’interrompit en voyant Tybalt revenir en compagnie de sa fille et, grand seigneur, se leva pour offrir sa chaise à la Dame, se glissant ensuite tant bien que mal sur le banc qu’occupaient Selcot et Renàto pendant que son cousin faisait les présentations. « Silindiel. » déclara-t-il, puis songeant qu’il valait mieux se montrer un peu plus enthousiaste, il ajouta : « Ma fille. »

« Et voici Eithne, ma Liée. » La Sang-Mêlé gratta affectueusement le museau de la petite Dragonne qui restait confortablement enroulée autour de son cou, le plus loin possible de l’agitation et des regards, puis s'inclina poliment. « Enchantées de faire votre connaissance. »


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeSam 23 Mai 2020 - 13:09


Qui ne dit mot consent, c’était bien connu. Alors Selcot n’hésita pas  considérer l’absence de réponse de Renny-chou comme un encouragement à poursuivre l’utilisation de son surnom. Pour être honnête, il n’avait jamais eu la moindre intention de changer quoi que ce soit, mais bon… Ça, Renny n’avait pas besoin de le savoir. À moins qu’il l’ait déjà compris et qu’il n’ait pas envie de se lancer dans un débat interminable pour, de toute façon, ne pas obtenir gain de cause. Ce serait triste dans un sens. Les discussions, c’était chouette, quelle qu’en soit l’issue. Mais la plupart des gens ne comprenaient pas ça… et ils se privaient d’un bon débat, juste parce qu’ils ne voulaient « perdre du temps pour rien. » Comme si discuter, c’était perdre du temps !

La preuve que non, puisque Renny-chou commençait à se détendre avant même qu’ils ne commencent à jouer. Et la partie de belote en elle-même remplit complètement son rôle : faire naître un sourire sur les lèvres du chevalier blanc apprendre les règles au chevalier blanc pour en faire un futur partenaire de jeu. Héhé ! Il fallait toujours voir à long terme ! Les partenaires de belote, c’était comme les partenaires de taverne, c’était précieux ! Et Renny allait en devenir un bon… surtout s’il déballait enfin ce qu’il avait sur le cœur !

Le premier instant de surprise passé, l’elfe ressentit une intense satisfaction à l’écoute des mots de l’ex-Ardent. Ce n’était pas très joyeux, évidemment, mais il suffisait de voir Renny-chou à son arrivée à la taverne, traîné par Sieg, pour savoir que ce qui le tracassait n’était pas réjouissant. Mais les trucs pourris, il fallait les faire sortir avant qu’ils ne pourrissent à l’intérieur. Alors, certes, là ce n’était peut-être pas grand-chose, mais c’était un début ! Percer l’abcès, c’était toujours la première étape du parage, le premier pas vers la guérison ! Si Selcot avait pu entendre les pensées de Tyb, il lui aurait sans doute flanqué une petite tape derrière la tête. Tant de défaitisme ne méritait rien d’autre ! Oui, les blessures de l’âme et du cœur étaient toujours plus compliquées à soigner que celles du corps ; oui, il fallait du temps… Mais elles pouvaient guérir ! Parfois, souvent même, elles laissaient des cicatrices, mais elles finissaient par guérir.

Et… il était bien évidemment hors de question de trahir ses convictions en public, en plein milieu d’une taverne ! Aussi le chevalier vert plongea-t-il le nez dans son verre, pour ne pas risquer de laisser voir un sourire ou un brin de compassion dans ses yeux. Tyb faisait ça beaucoup mieux que lui, mieux valait le laisser parler. Et Joachim dédramatisait le tout, c’était par-fait !

« Ah bah voilà ! renchérit donc le guérisseur, à la suite du Baskan quand il fut question de la ménestrelle. Notre maître guérisseur se déconcentre ! Il est prêt à nous abandonner pour aller conter fleurette ! Pas étonnant que vous ayez perdu la première manche, Renny, si ton partenaire était distrait ! »

Et, comme pour appuyer ses paroles, voici que le maître guérisseur en question quittait la table ! Même s’il se doutait que le départ de Tyb était plus dû à la messe basse de Joachim qu’à la chanteuse neishaane, Selcot poussa un soupir très exagéré. Il ne se retint pas de pivoter sur sa chaise pour suivre du regard la progression du chevalier brun… qui, étrangement, ne se dirigeait pas du tout vers la ménestrelle. Mais il ne put pas voir le visage de l’imprévu puisque son supérieur se plaçait ostensiblement entre lui et eux, le vilain ! Frustré de ne pas pouvoir satisfaire sa curiosité, l’elfe poussa un nouveau soupir à destination des ses deux compagnons de tablée.

« Ah les imprévus ! Que c’est pénible ! Déjà que Sieg nous a faussé compagnie pour ça… Voilà que nous allons perdre notre cher maître guérisseur… Et une belote à trois, vraiment, ce n’est pas possible ! »

Il sourit d’un air innocent à Joachim et Renny.

« On peut remplacer les cartes par les paris, en attendant ! À votre avis, le grand Maître Tybalt va-t-il revenir à table ? »

Le Capitaine semblait le croire, en tout cas, puisqu’il récupérait les cartes pour les battre à nouveau. Et la réponse vint au bout de quelques minutes : il revint, mais pas seul. Ah ah ! L’imprévu était donc une jeune fille… qui ressemblait farouchement à la Candidate imprévue de l’Éclosion de la veille. Elle devait avoir un souci avec les trucs prévus… En tout cas, la dragonnelle vert d’eau sur ses épaules ne laissait pas place au doute, mais l’elfe nota sans peine que l’heureux papa ne respirait pas la joie. Alors, certes, il n’était sans doute pas ravi que sa progéniture le trouve à la taverne en train de boire une bière et de jouer aux cartes, mais Selcot avait comme l’impression que ce n’était pas si simple. Il venait de retrouver sa fille perdue, il aurait dû être ravi de passer du temps avec elle, non ? Fondamentalement, il n’aurait même pas dû se retrouver à la taverne ce soir… mais bon, il allait pas se plaindre, hein ! Et puis, de toute façon, c’était comme les états d’âme de Renny-chou… ça ne le regardait pas tout ça.

Selcot dédia donc un grand sourire à la nouvelle venue. Enfin, aux nouvelles-venues, puisque la petite dragonnelle était là aussi.

« Enchanté de même, demoiselles ! salua-t-il avec entrain. Mais il faut arrêter là les formalités et les tournures alambiquées, parce qu’elles n’ont pas leur place à notre table ! Tu connais peut-être Joachim, déjà ? Et Renàto ? Moi, c’est Selcot. On jouait à la belote pour l’apprendre à Renny et il s’en est drôlement bien sorti ! Tu sais y jouer, Sissi ? »

Et il réalisa soudain ce que signifiait l’imprévu…

« Ah mais nous voilà cinq ! s’exclama-t-il avec un air catastrophé du plus bel effet. C’est fichu pour la belote ! Il nous faudrait un jeu de tarot – tu verras, Renny, c’est quasiment pareil pour les règles – mais je n’en ai pas avec moi… Peut-être faudrait-il faire une annonce et demander aux voisins ? »

~*~

[RP] L'Arcane du Fou Qqht
Source inconnue
Beith

Son congénère semblait avoir eu un moment de flottement, mais Beith ne s’en offusqua pas. Elle était à peu près certaine qu’il n’avait pas dû avoir beaucoup de contacts avec les autres dragons célestes – il suffisait de voir comment il se tenait en retrait – aussi lui laissa-t-elle le temps de reprendre pied. Et c’était une bonne idée, puisqu’il lui faisait un compliment ! La verte avait beau reprocher sa frivolité à son chevalier et se targuer de ses capacités au combat, elle n’était pas du tout insensible pour autant. Sauf lorsqu’elle était d’humeur à badiner, les flatteries éhontées l’agaçait, mais Cyngar avait parfaitement tourné sa phrase : elle sonnait comme une simple constatation.

Et le dragon blanc approuvait sa proposition de se rendre aux Therme, ce qui était parfait aussi.

*Le bain chaud ! répondit-elle sans hésiter. Il te gorge de chaleur, délasse tes muscles et tu en sors tout détendu ! Je pourrais y rester des heures, même à cette saison !*

Elle prit son envol pour se diriger vers les Thermes.

*Mais pour se décrasser, je préfère plus frais.*

Il ne lui fallut que quelques instants pour se poser devant la porte des Bains et elle se tourna vers Cyngar avant d’y rentrer.

*Et toi ? Lequel préfères-tu ?*


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeDim 31 Mai 2020 - 15:56

[RP] L'Arcane du Fou Renato-de-leysse-tolorea__[RP] L'Arcane du Fou Cyngar-le-blanc-dragon-tolorea
Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Remembrance – Balmorhea Music

En dépit de sa panique initiale, ses compagnons d’un soir n’avaient eu qu’un bref instant de flottement et de surprise avant de se reprendre, dans une bien admirable tentative pour faire comme si de rien n’était. Tybalt avait été le premier à réagir, lui affirmant avec un aimable détachement que ces mauvais souvenirs appartenaient désormais au passé : ici, comme ailleurs sans doute, l’alcool se faisait surtout vecteur de bons moments. Sans véritablement croiser son regard, le Maître Brun s’était plongé dans la contemplation des bulles ambrées de sa bière, visiblement pensif, poussant Renàto à s’interroger, non sans culpabilité, sur le vécu de ce dernier. Honteux, son regard s’arrêta sur les terribles cicatrices qui marquaient la joue de l’Humain, et il sentit ses épaules s’affaisser à demi. Qu’avait-il traversé comme épreuve, qui ait pu conduire à de telles blessures ? N’était-ce pas bien trop égoïste de sa part à lui d’évoquer, avec tant de … légèreté et d’inconséquence, ses propres souffrances, à présent révolues, sans un seul instant penser à ce que les autres avaient vécu ? Il ne possédait pas le monopole d’un passé dramatique !

Instinctivement, le sang-mêlé se tendit, prêt à présenter ses malheureuses excuses, mais par un heureux hasard, Joachim choisit ce même moment pour rebondir sur les paroles de Tybalt, avec cet humour pince-sans-rire qui semblait le caractériser … Et ce dernier lui accorda un nouveau sourire, qui, quoi que dénotant un malaise évident, ne s’était pas pour autant départi de sa bienveillance.

« Tu devras t’y faire, j’imagine. »

Renàto n’eut pas le temps de songer plus avant aux raisons de sa gêne – autres que celles, logiques, liées à l’incongruité de sa déclaration précédente – qu’il sentit ses lèvres s’étirer elles aussi en un sourire répondant à celui, communicatif, de son cousin. L’expression de son visage même sembla s’apaiser et s’adoucir, repoussant le chagrin dans les ombres auxquelles il appartenait, une lueur exprimant sa profonde gratitude venant illuminer ses iris de vif-argent. Il avait été trop jeune avant son départ du Màr Menel pour véritablement faire connaissance avec ses aînés, que ce soit Tybalt ou Joachim, n’ayant eu pour contact que le taciturne Ambroise, avec lequel il avait toujours été mis en concurrence … Et il ne cessait de s’étonner des caractères affables et compatissants que les deux hommes paraissaient exposer, ne cessait d’en éprouver de la surprise, s’interrogeant sur le miracle que la hiératique et exigeante Maison de Leysse ne soit parvenue à les briser. Quel homme serait-il devenu, si sa lâcheté et sa folie ne l’avaient pas poussé dans les bras empoisonnés et possessifs du Màr Tàralöm ?

Un frisson le saisit, paradoxalement, tandis que la chaleur qui le dévorait ne cessait de croître en lui, et il s’affaira à délacer un peu plus, de ses doigts gourds, le col de sa chemise, dévoilant son pendentif. Que pouvait-il répondre à une telle sympathie, une telle sollicitude ? Bien des mots se bousculèrent dans son esprit, mais le Chevalier Blanc se contenta d’acquiescer silencieusement, pieusement, se voulant rassurant, soutenant tant bien que mal l’attention que Tybalt, grave, portait sur lui. Le moment lui paraissait trop mal choisi pour le remercier. Il ne voulait pas l’inquiéter plus encore. Il ne voulait pas gâcher l’agréable soirée que son cousin semblait passer.

Aussi, curieux, suivit-il donc du regard la direction indiquée par le Baskan, clignant des yeux avec surprise sur la ménestrelle Neishaane, actuellement en pleine discussion avec ses musiciens. Ce n’était pas tant qu’une telle chose ne lui serait pas venu à l’esprit, ou que la chanteuse n’était pas jolie – elle possédait son propre charme, de fait, à sa façon – mais plus qu’il ne parvenait pas à associer, une fois encore, l’image de Tybalt badinant avec insouciance avec ce qu’il imaginait et savait de lui. N’était-il pas marié et père de famille ? Ne venait-il pas à peine de retrouver, de ce que lui avait expliqué Cyngar, sa fille portée disparue depuis près de vingt ans ? Sans qu’il ne sache exactement quel sentiment prédominait en lui à ce moment, il se retourna lentement vers ses compagnons, mais déjà son cousin se levait de table pour s’éloigner à travers la foule. Maintenant qu’il avait été découvert, allait-il réellement aller aborder la ménestrelle ?

Ses sourcils se froncèrent sur le Guérisseur sans qu’il n’en ait conscience, mais finalement, ce dernier s’arrêta plutôt face à une silhouette encapuchonnée, perchée sur un amas de tonneaux non loin de l’entrée, à l’opposé de la direction où se trouvait la chanteuse Neishaane. Tybalt leur tournant le dos, faisant face à l’inconnue – puisqu’il s’agissait probablement d’une femme – il leur était impossible de percevoir l’expression désapprobatrice qui ciselait à présent le visage du Maître Brun. Soucieux de ne pas être trop intrusif, Renàto reporta son regard sur Selcot, qui s’étant montré anormalement silencieux jusque là, venait de se fendre d’une nouvelle réplique mi mélodramatique mi humoristique sur les raisons de leur défaite à la belote.

Plissant les yeux sur l’Elfe d’un air soupçonneux – lui, il ne se privait pas d’épier ouvertement leur compagnon et sa nouvelle interlocutrice – il haussa légèrement les épaules pour toute réponse. Anormalement silencieux oui, et le sang-mêlé aurait même pu juré l’avoir vu cacher un sourire presque satisfait dans son verre, au moment de son échange avec Tybalt et Joachim. Selcot n’avait rien dit, étrangement, face à son embarrassante évocation de sa vie au Màr Tàralöm, alors qu’il aurait eu l’occasion rêvée pour offrir à tous une énième démonstration d’habile moquerie. Il continuait de l’appeler ‘‘Renny’’ après tout … Si bien qu’il lui était encore difficile de déterminer s’il l’appréciait ou non. Il ne le détestait pas et il était même plutôt sympathique … Mais son comportement était bien trop déstabilisant – encore pire que celui de Siegrain, et ce n’était pas peu dire – pour qu’il se sente véritablement à l’aise avec lui.

Se frottant les yeux sous l’effet d’une brusque recrudescence de fatigue, il marmonna une réponse quasi inaudible à la question du Chevalier Vert. Ouvrir les paris sur la conclusion de la discussion de Tybalt ? Et pourquoi faire ? La vie amoureuse de ce dernier ne les concernait pas ...

« S’il revient vers nous, ce sera sans doute en bonne compagnie. »

Se rendre dans une taverne pour avoir quelque sorte de rendez-vous galant secret, vraiment … Car il devait forcément s’agir de cela, sinon pourquoi la femme garderait-elle son visage couvert ? Entre Siegrain qui le plantait là pour se rendre dans un bordel, et Tybalt qui leur faussait compagnie pour rejoindre une mystérieuse inconnue, il ne savait plus quoi attendre d’autre de cette déconcertante soirée. Joachim, en tout cas, ne paraissait ni inquiet ni chagriné par le comportement de leur cousin, ayant récupéré le paquet de cartes pour les battre tranquillement, prévoyant apparemment son retour incessamment sous peu.

Passant distraitement son doigt sur le tour de son verre, l’esprit de plus en plus embrumé, Renàto en absorba une nouvelle gorgée, savourant les arômes frais et acidulés sur sa langue. Lorsqu’il reposa son verre, il constata que le Maître Guérisseur les avait effectivement rejoints … Mais, qu’ainsi que le sang-mêlé l’avait prédit, il n’était pas seul. Il contempla avec étonnement le visage de la jeune femme – elle paraissait à peine effleurer l’âge adulte – et son abondante crinière d’or roux, avant que ses lèvres ne s’entrouvrent avec étonnement lorsque Tybalt leur présenta la dénommée Silindiel comme ... sa fille. Et ce, avec une mauvaise grâce beaucoup trop criante. Son aîné paraissait contrarié, sans doute à cause de la présence imprévue de la demoiselle. Peut-être estimait-il que sa place n’était pas dans une taverne, et encore moins à une telle heure. Surtout avec une dragonnelle en si bas âge … L’une des filles de Rintrah, donc, s’il fallait en croire Cyngar.

Le regard de Renàto passa alternativement de l’Humain à celle qui l’accompagnait, puis se fixa sur cette dernière, la dévisageant pendant un moment, captivé par la la flamme intérieure qui auréolait chaleureusement ses traits volontaires, et qui n’était pas sans lui rappeler Heryn … Avant de se rendre compte de ce que son attitude pouvait avoir d’inconvenant et de baisser les yeux avec une certaine gêne, tandis que Joachim se glissait sur le banc à ses côtés. Se décalant pour lui faire de la place, à présent inconfortablement coincé entre lui et Selcot, il songea qu’il n’y avait guère que ses yeux d’un bleu céruléen saisissant pour rappeler la filiation de la jeune femme avec Tybalt.

Pas déstabilisé pour un sou, le Chevalier Vert la salua quant à lui avec enthousiasme, répondant à ses présentations par un joyeux flot de paroles, proposant une nouvelle partie de belote, non, de tarot en fait, et allant jusqu’à la baptiser ‘‘Sissi’’ du même élan qu’il avait pris le parti de le surnommer ‘‘Renny’’.

« Je ne suis pas tout à fait certain que ce soit une idée judicieuse, Selcot ... »

Étourdi et amusé, bien malgré lui, secouant la tête à l’attention de l’Elfe, c’est avec un sourire sincère, quoi qu’un peu réservé sous ses joues rougies, qu’il s’adressa à Silindiel.

« Ne faites pas trop attention à lui. Il semblerait que son passe-temps favori soit de donner des surnoms ridicules aux gens. »

Son attention happée par la curieuse couleur que la dragonnelle, Eithne, arborait sous la lumière tamisée, ni tout à fait verte, ni tout à fait bleue - à l'image du Cenedril qui tournoyait dans son verre - il inclina la tête, soudainement compatissant. Cela devait être dur pour la jeune femme d’arriver dans un Kaerl où elle ne connaissait personne mais où tout le monde savait, a contrario, qui elle était. Son cœur se serra face à ce curieux miroir, ce douloureux rappel de sa propre situation, et ses iris de vif-argent, si expressifs, se firent plus engageants.

« Enchanté, Silindiel, Eithne. Soyez les bienvenues au Màr Menel. Je suis Renàto. » Un bref soupir, si imperceptible que l’on pourrait croire l’avoir rêvé, et il poursuivit maladroitement, vaguement embarrassé. « Renàto de Leysse. Je … Nous sommes parents, par votre père. Nos grands-pères étaient frères. »

Il grimaça inévitablement devant cette présentation confuse. Peut-être serait-elle soulagée de connaître leur lien de parenté ? Il était bien placé, malheureusement, pour savoir que cela ne présageait en rien de la sympathie que l’appartenance à une même famille pouvait impliquer … Mais, là, pris sur le vif et ses réflexions embrouillées par l’alcool, c’était tout ce qu’il pouvait lui offrir : la certitude qu’elle ne s’adressait pas à de parfaits inconnus. Silindiel étant la fille de Tybalt, il lui semblait que c’était la moindre des choses qu’il puisse faire pour remercier son cousin de sa bienveillance envers lui.

☽ ☼ ☾

De son côté, Cyngar, gardant une petite part de son esprit au contact de celui de son frère d’âme, fut soulagé de constater que la Verte ne semblait pas impatientée ni ennuyée par ses hésitations. Avec tout le naturel du monde, elle avait attendu sa décision finale avant de lui répondre, l’éclairant sur ses goûts. Et, c’est énonçant que les bains chauds avaient sa préférence, comme si c’était une évidence pour elle, qu’elle s’envola, légère et vive, en direction des Thermes. D’un bond souple, le Blanc s’élança à sa suite, se laissant planer sans effort sur les courants chauds qui s’élevaient encore du marbre blanc et or, après cette journée de chaleur estivale.
Après quelques instants de réflexion, battant des ailes de concert avec lui, Beith rajouta que pour ce qui était de se nettoyer, elle préférait une température plus fraîche. Sans doute réservait-elle la chaleur pour un second temps, pour mieux se détendre.

Sa question le prit néanmoins au dépourvu, car il n’en avait en vérité aucune idée : quels bains préférait-il ? Ah … Quels bains devrait-il préférer ? Se disant qu’une réponse évasive ne satisferait certainement pas la dragonne, Cyngar s’attacha à y réfléchir attentivement. Quelle température était la plus adaptée ? Suivant la Verte à l’intérieur, il jugea que les dragons étant amenés à emprunter fréquemment l’Interstice et à voler à de hautes altitudes sans autre protection que leur armure d’écailles, le bain chaud était sans doute préférable. Mais avec les fortes chaleurs de la présente saison, une température trop élevée pouvait faire risquer la surchauffe … Alors, ses griffes émettant un discret cliquetis sur le sol tandis qu’il marchait, il glissa très sérieusement à sa compagne :

**Je pense qu’un bain tiède me conviendrait, je n’ai pas besoin de me décrasser.**

Et puisqu’on évoquait le sujet …

**Vas-tu arriver à enlever toutes ces traces de sang toute seule ?**

S’arrêtant aux côtés de la dragonne, le Blanc leva sur elle un regard où la grisaille troublait le bleu limpide du ciel, évoquant une inquiétude sincère pour le bien-être de Beith, dénuée de la moindre arrière-pensée. Les bains étaient calmes et silencieux à cette heure, et seuls quelques rares dragons, seuls ou accompagnés de leurs liés, se prélassaient encore dans l’eau.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeMer 1 Juil 2020 - 11:23

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Chevalière Silindiel Chantevent & la Verte Eithne

Son regard, curieux et franc, sans aucune gêne, glissait d’un convive à l’autre, et elle sentait monter en elle l’excitation toute particulière de pouvoir enfin associer un visage à quelque souvenir, leçon ou anecdote autrefois narré par Éphialtès. Dans sa tête, elle récitait. Celui qui s’était levé pour lui laisser sa chaise, le Fëalocë aux yeux de renard, était le Maître Joachim de Leysse, Lié au Brun Nakyamë, fils de Nemuel et Cassandre de Leysse, petit-fils de la Matriarche Ariadne de Leysse et de feu Ezra d’Amberle – le Capitaine de la Garde, le Baskan. Bien qu’ils fussent d’une génération différente, il était né la même année que Tybalt, avec qui il avait partagé ses premières classes, son Aspiranat et finalement l’Empreinte. Ils étaient sans doute de proches amis, songea Silindiel, au point d’avoir chacun trouvé sur les Sables un Dragon Brun.  

Silindiel remercia Joachim du bout des lèvres et prit place à table, se débarrassant de sa cape puisqu’il n’était plus question désormais de vouloir passer inaperçue. Elle portait l’une des robes de sa mère – en lin, légère, simple mais de meilleure qualité que ses anciens habits, d’un beige à peine rosé et aux manches ornées de lacets couleur vieux bronze. Le vêtement ne permettait vraisemblablement pas de courir, ce qui était une nouveauté en soi, et la seule idée qu’un faux mouvement aurait pu y causer un accroc suffisait à lui donner des sueurs froides. Eithne s’installa sur les genoux de sa Liée, satisfaite, pour le moment, de disparaître à moitié sous la table. Son intérêt pour les situations inattendues – et bruyantes – était assez limité, et sa timidité de nouveau-né l’emportait sur son désir de découverte.  

Et pour ce qui était du bruit, à en juger par l’enthousiasme avec lequel il s’exprimait et ses phrases qui ne se terminaient jamais là où le pensait, l’Elfe au sourire aussi long que ses oreilles n’était pas le dernier en cause. La Chevalière étudia sagement ses traits, la tête légèrement penchée sur le côté, plongée dans une intense réflexion, mais rien ne vint. Il devait être un ami de la famille. Ou un collègue. Il semblait sympathique, quoique malicieux, et Silindiel se dit que c’était là tout à fait le genre de personnes qu’elle imaginait graviter autour de Tybalt. Battant des cils sous ce soudain afflux de paroles, la Sang-Mêlé, inconsciemment, avait laissé ses mains agripper le tissu au niveau de ses cuisses comme pour ne pas être emportée par le courant. Elle était habituée aux bavards, mais après presque une lunaison passée sans autre compagnie que celle du taiseux Sire Deimos, Selcot lui faisait le même effet que cette première bouffée d’air du Désert en sortant des grottes.

« De nom, oui. » convint-elle avec un fin sourire avant de jeter un bref coup d’œil à Tybalt, rayonnante de fierté enfantine. Elle connaissait chaque membre de la Maison de Leysse, et aurait été capable de déclamer les dates de vie et de mort de ses plus éminents membres ainsi que le nom de leurs Liés, le tout sans trop d’hésitation. En revanche … « Je suis désolée, je ne sais pas jouer à la belote… » Sa phrase disparut sous l’exclamation consternée de Selcot quand celui-ci s’aperçut qu’il y avait maintenant trop de joueurs, mais la Sang-Mêlé refusa de se montrer impressionnée, enchaînant d’une voix à peine plus forte dès qu’elle en eut l’opportunité : « ... Pas plus qu’au tarot. »

L’idée fut toutefois abandonnée, à la fois parce que celui qui se faisait pourtant discret avait émis l’hypothèse que ce n’était pas raisonnable, et aussi parce que les deux Maîtres Bruns étaient bien trop engagés dans une virulente discussion visant à déterminer s’ils devaient commander la même bière ou non pour s’occuper de Selcot. Silindiel adressa un sourire contrit à l’Elfe, et était prête à annoncer qu’elle ne se vexerait pas s’ils voulaient jouer sans elle quand la voix de Renàto retentit à nouveau, et cette fois les mots lui étaient destinés.  

« Ne faites pas trop attention à lui. Il semblerait que son passe-temps favori soit de donner des surnoms ridicules aux gens. »

« Je comprends mieux. Et vous n’en avez toujours pas trouvé un pour lui ? » répondit la Sang-Mêlé, et son rire, naturel et chaleureux, tranchait avec la réserve dont elle avait fait preuve jusqu’à maintenant et ses airs de jeune fille bien élevée.  

Le dernier membre de leur tablée était donc Renàto de Leysse. Fils de Laërte de Leysse et d’Amalric de Galastden, petit-fils de la Matriarche Ariadne de Leysse et de son premier époux, feu Valerian de Leysse – lequel était, comme le jeune homme venait de lui indiquer à l’instant, le frère du père de Tybalt. Silindiel ne savait pas grand-chose de Renàto, en-dehors de sa généalogie, et elle s’accorda un temps pour l’observer à son tour tandis que les deux Maîtres Bruns commençaient à débattre – « Selly ? Scottounet ? Scotty ? » – d’un ton qui, parce qu’il était outrageusement sérieux, trahissait qu’ils n’en étaient pas à leur premier verre.  

Renàto ne ressemblait pas vraiment à ses cousins. Il semblait plus... calme, moins ouvertement lumineux, absorbé dans la contemplation d’Eithne qui le regardait timidement en retour, curiosité et hésitation se disputant la place dans ses jeunes iris. Comme Tybalt, il portait sur son visage fin le vestige d’une blessure, cicatrice presque opaline dans le clair-obscur de la taverne. La Guerre, ou un simple accident ? Puis son œil fut attiré par un bref scintillement, sans doute le reflet d’une flamme capturée par le métal, et elle reconnut, entre les lacets du col de la chemise de Renàto, le symbole de Haskèl, sous la forme d’un pendentif savamment ouvragé. Si l’ouvrage était beau, le mariage de l’obsidienne et du bronze faisait chatoyer l’objet d’un éclat menaçant, et Silindiel éprouva quelque difficulté à enfin en détacher son regard. Lorsqu’elle n’était encore qu’un nourrisson, et car elle était née au cours de la Lune dédiée au Dieu de la Guerre, elle avait eu une amulette en cuivre gravée de ce même bouclier et de ces épées croisées. Aruzhan aimait lui raconter qu’elle dormait toujours avec, la gardant à l’abri dans son poing serré. Le médaillon de Renàto était de bien meilleure facture que son colifichet d’alors, et la jeune femme se demanda fugacement s’il faisait partie de ses fidèles, ou peut-être de son culte.  

De retour dans le moment présent, la Sang-Mêlé, embarrassée d’avoir laissé le silence s’étirer, lutta contre la rougeur qui lui montait aux joues. « Oh, oui, en effet. » souffla-t-elle, et elle était désormais plus gênée par son propre comportement que par la perspective de parler d’une famille inconnue mais qu’on devait croire sienne. « Je n’ai encore jamais rencontré Maître Cyrian ; vous le connaissez bien ? »

Tybalt et Joachim n’ayant pas réussi à se mettre d’accord, le premier avait décidé de remplir une nouvelle fois leurs chopes, arguant qu’ils n’avaient pas encore assez bu pour atteindre l’illumination. Cela n’empêcha pas le Maître de Guérisseur de se pencher sur la table et de froncer les sourcils en direction de son infernal subordonné : « Selcot, appelle encore une fois ma fille “Sissi” et je ferai en sorte que tout le monde ici te vouvoie jusqu’à la fin de la soirée. Je le jure sur l’honneur de mon Lié. Ou sur l’honneur de Joachim, plutôt. »


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeDim 12 Juil 2020 - 19:24


Le timide sourire de Renny-chou, suite à l’échange entre Joachim et Tybalt et à la compassion du Maître Guérisseur, n’échappa pas au chevalier-vert. Ce n’était pas parce qu’il cachait son sourire à lui dans son verre sirotait avec attention son cocktail que ce qui se passait autour de la table lui échappait. Et, pour une fois, il se félicitait d’avoir gardé le silence. Lui, il était bon pour détendre l’atmosphère, noyer ses interlocuteurs sous ses paroles et repousser les idées noires, mais les deux maîtres bruns étaient bien meilleurs que lui pour exprimer leur empathie et leur gentillesse. Lui, il n’était pas gentil, c’était bien connu ! Il était bavard, joueur… et curieux comme une chouette ! Aussi, Selcot adressa-t-il un regard amusé et malicieux à Renny-chou quand celui-ci sembla lui reprocher en silence d’espionner son collègue. Hey ! Si Tyb ne voulait pas être vu, il ne fallait pas qu’il donne rendez-vous à ses conquêtes au milieu d’une taverne, hein ! Il n’allait pas cracher sur les commérages… surtout si ceux-ci venaient à lui !

Mais, hélas, en termes de ragot, il allait devoir rester sur sa faim. Il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent, là, c’était peu croustillant, puisque ce n’était pas une conquête que le maître guérisseur guidait à leur table mais sa fille ! Et il n’en avait pas l’air ravi, d’ailleurs… Qu’à cela ne tienne ! Plus on était de fous, plus on riait, et le chevalier vert était capable de montrer suffisamment d’enthousiasme pour deux ou trois ! Même si les jeunes semblaient se donner le mot pour essayer de le moucher.

« Comment ça, pas judicieux ? s’offusqua l’elfe, d’un air outré presque crédible. Mais Renny, c’est toujours judicieux, les cartes ! »

Il aurait pu continuer sur sa lancée si Sissi n’en avait pas ajouté une couche dans le rabat-joie en précisant qu’elle ne savait pas jouer à la belote ni au tarot. Non mais vraiment ! Qu’est-ce que c’était que ces jeunes sans éducation ! Comment voulaient-ils s’amuser sans jouer aux cartes ?! Au moins, les deux maîtres bruns discutaient de choses sérieuses et importantes, eux. La bière, c’était primordial… même si, de l’avis du chevalier vert, les cocktails l’étaient bien plus. En tout cas, le Cénédril avait suffisamment déridé Renny-chou pour lui arracher quelques sourires, quelques confessions et, à présent, un commentaire sur ses surnoms. Selcot était tout prêt à rejouer l’offensé – « ridicules ? mais ce n’est jamais ridicule, un surnom, Renny ! » – quand Sissi lui coupa l’herbe sous le pied. Il éclata de rire.

« Que veux-tu, Sissi ? Nos camarades de tablée sont bien trop sérieux pour ça, il faut croire ! »

Ou, du moins, pas encore assez ivres, puisque l’idée commençait visiblement à faire son chemin dans l’esprit des deux cousins. Amusé, l’elfe reprit une gorgée de sa boisson en écoutant d’une oreille distraite les propositions des deux maîtres bruns et, de l’autre, les présentations de Renny-chou en bonne et due forme. Clairement, le Cénédril et la belote lui avaient fait du bien. Quelques instants plus tôt, il n’aurait sans doute pas osé s’adresser ainsi à la jeune chevalière, toute choupie qu’elle soit.

Mais voilà que Joachim et Tybalt renonçaient à lui trouver un surnom et que ce dernier se vengeait sur lui !

« Tu n’oserais pas ! s’exclama le chevalier-vert, prenant un air horrifié. Tu te venges parce que tu ne me trouves pas de surnom ! Et, ce faisant, tu prives ta fille d’un petit nom tout choupi ! »

Avec une moue désolée, Selcot se tourna vers Renny-chou puis Sissi-choupie :

« Tu vois, Renny ? Encore une preuve de la tyrannie de ton cousin… Ah, je suis désolé que tu le voies sous un tel jour, Sissi … -lindiel… Je suis sûr que tu ne l’imaginais pas comme ça. »

Il poussa un soupir à fendre l’âme, très réussi. Si si.

« Et, en plus, on manque à tous nos devoirs d’hospitalité ! Tu te ressers, Tyb, et tu ne proposes rien à notre nouvelle chevalière verte ! Qu’est-ce que tu veux boire, Sissi-lindiel ? Le Cénédril serait assorti aux écailles de la belle Eithne, mais j’ai pas envie d’être de corvée à l’infirmerie pendant les dix prochaines années… ajouta-t-il en jetant un regard faussement effrayé vers son supérieur. Un jus de fruits ? »

~*~

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Beith

Pendant que son Lié déblatérait des bêtises plus grosses qu’elle que lui, Beith concentrait presque toute son attention sur son congénère. Seule une petite partie de son esprit était connectée à son elfe. Elle savait qu’il s’amusait comme un fou, qu’il était en bonne compagnie et qu’il ne risquait rien, aussi n’avait-elle aucune réticence à s’occuper d’elle ou de ce qui l’intéressait. En l’occurrence Cyngar. Et un bon bain.

Et le choix dudit bain semblait déjà compliqué pour le blanc, alors que c’était la question basique par excellence.

*Tu penses ? répéta la dragonne, amusée. Il faut tester alors, pour être sûr !

La question suivante de son camarade, en revanche, la surprit, et elle s’arrêta à son tour pour le regarder. Le gris qui menaçait le bleu de ses yeux trahissait son inquiétude sincère et rien dans son attitude ni dans son esprit ne laissait sous-entendre quoi que ce soit d’autre. Selcot aurait sans doute dit qu’il était choupi. Beith, elle, se contenta d’approcher son museau de son épaule, dans l’équivalent dragonique d’une petite tape sur le bras.

*Je me débrouille en général. Mais je ne dirais pas non à un peu d’aide… Je suis moins efficace toute seule que lorsque Selcot est là pour me donner un coup de main.*

En compagnie d’un grand mâle, brun, noir ou, mieux, bronze, la dragonne aurait sans doute glissé quelques sous-entendus dans sa réponse. Elle perdait rarement une occasion de flirter. Mais Cyngar était trop… innocent. Il donnait l’impression d’être comme ces petits dragonneaux qui sortaient de l’œuf et qui n’avaient pas encore leur mémoire ancestrale pour les guider.

Les yeux tourbillonnants dans les tons bleus et verts, elle prit la direction du bain tiède. Les Thermes se vidaient peu à peu de leurs occupants, mais elles étaient de toute façon suffisamment grandes pour qu’elle n’ait pas besoin de se préoccuper des autres.

*On commence par le bain tiède alors. Tu vas voir, les bassins sont suffisamment grands pour accueillir des Reines et des Empereurs. Et ils sont presque tout à nous, ce soir !


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeLun 27 Juil 2020 - 16:34

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Renàto de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Urdarbrunn – Eliwagar

Comme si son arrivée à leur table avait été prévue de longue date, sans le moindre frémissement visible d’hésitation, la nouvelle venue avait aussitôt été accueillie avec une bienveillance unanime, avant de se voir brusquement happée par le flot de paroles de Selcot. Cet homme était-il donc capable de retomber sur ses pattes en n’importe quelles circonstances ? A moins que cela ne soit pour lui, simplement, une façon qui lui était propre de chercher à détendre l’atmosphère. De telles réflexions bien trop complexes pour sa conscience embrumée du moment, Renàto reporta son attention sur la jeune femme. Silindiel Chantevent. La fille de Tybalt. Curieusement, la pensée que son aîné ait pu fonder une famille, puis être séparé de son enfant pendant si longtemps, le bouleversa soudain. Il y avait tant de choses qu’il ignorait encore ...

Installée sur la chaise qui lui avait été cédée, pleine d’une réserve gracieuse, Silindiel avait d’abord pris le temps d’étudier chacun de ses improbables compagnons de soirée avant de se tourner vers l’Elfe Guérisseur un peu trop bruyant. Son regard clair cillant à peine, elle ne s’était pas laissée démonter, énonçant d’une voix douce mais ferme qu’elle ne savait pas jouer, ni à la belote, ni au tarot. Une nouvelle fois, la similitude entre leurs situations vint le frapper, et d’infimes rides d’un sourire amical, quoi qu’un peu flou, vinrent étirer le coin des yeux du sang-mêlé. Sa répartie légère quant aux surnoms qu’ils devaient supposément donner à Selcot, accompagnée d’un rire clair et chaleureux, le saisit par surprise et Renàto inclina la tête, vaguement confus l’espace d’un instant. Sous son apparence bien éduquée se cachait visiblement une certaine assurance, une aisance sociable qu’il ne put que lui envier.

Sa suggestion avait néanmoins fait mouche chez ses cousins, car, plongés dans un conciliabule peu discret, Tybalt et Joachim débattaient à présent d’une voix basse – mais toujours très nettement audible – du sobriquet idéal pour le Chevalier Vert.  Selly ? Scottounet ? Scotty ? La question était examinée avec le plus grand sérieux par les deux hommes, pour le plus grand plaisir du concerné qui, se fendant d’un grand éclat de rire, apostropha directement Silindiel … Par le biais d’un diminutif. Quand on parlait de surnoms embarrassants ...

Ses iris de vif-argent croisèrent ceux de la jeune femme, et il en soutint quelques secondes toute la franche curiosité, avant de détourner pudiquement les yeux sur Eithne, mal à l’aise. Il ne lisait aucun jugement dans ce bleu qu’aucun nuage ne venait troubler – le même bleu sincère et loyal que celui de Tybalt – juste une silencieuse évaluation. Quant à sa jeune dragonnelle à la couleur indéfinissable, elle semblait satisfaite de pouvoir rester en retrait et d’observer la situation sans avoir y participer. Il ne comprenait que trop bien.
Silindiel était comme lui, en quelque sorte. Étrangère à son propre Màr, y cherchant des repères familiers. Était-ce là le destin qui les avaient tous réunis ce soir ?

C’est pourquoi, alors que Tybalt se penchait vers son collègue à la langue trop bien pendue, sourcils froncés et le menaçant de représailles si d’aventures il lui venait à nouveau l’envie d’appeler sa fille ‘‘Sissi’’ ; Renàto s’était ouvert à elle d’une déclaration aussi malhabile que malavisée sur leurs liens familiaux. Grimaçant à peine les mots avaient-ils quitté ses lèvres, il tenta de se convaincre qu’il n’avait eu pour intention que de chercher à lui offrir quelque futile sentiment d’appartenance, et non pas de cacher son propre désarroi face à elle.
Coincé entre Selcot et Joachim, en d’autres circonstances, il se serait certainement senti trop oppressé pour le supporter. Mais là, entre la chaleur étouffante et l’alcool, il avait l’étrange impression d’être détaché de son corps, et très paradoxalement, que tout prenait une importance démesurée, que ce soit pour lui ou pour les autres. La tête lui tournant désagréablement, il adressa au Maître Guérisseur un sourire amusé quoi qu’un rien hésitant. Il ne connaissait pour ainsi dire pas Tybalt. Et si son cousin se fâchait véritablement parce que Selcot se comportait ainsi avec sa fille ? Sissi … Sissi…lindiel ? Il avait de plus en plus de mal à réfléchir.

Pressentant le mal de crâne à venir, il se pinça distraitement l’arrête du nez, espérant que cela pourrait suffire à éclaircir son brouillard mental. Il ne releva les yeux qu’en s’apercevant qu’elle l’observait encore, et, s’agrippant à son verre comme un noyé à sa bouée, se sentit franchement rougir de honte lorsqu’elle évoqua Cyrian – le père de Tybalt, et le frère de son propre grand-père à lui. Quel manque de tact il avait eu ! Bien sûr que ces noms ne représentaient rien pour elle … Rien de plus que des lettres froides tracées sur du papier, des concepts sans substance ni véritable personnalité. Son expression gênée s’auréola de culpabilité. Qu’allait-il pouvoir lui répondre à présent ? Elle apprendrait la dégradante vérité sur lui bien assez tôt, après tout.

« Euh … Non. »

Il cligna des paupières devant sa réponse laconique, se plongeant avec application dans les remous bleu turquoise de sa boisson comme si cela pouvait lui venir en aide. Il retint un gémissement sourd. Cette époque là lui paraissait si lointaine, comme s’il s’était agit d’une autre vie, d’un autre que lui.

« Je suis sincèrement désolé, j’ai été membre d’un autre Kaerl pendant une dizaine d’années et je ne suis de retour que depuis peu au Màr Menel, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’interagir avec lui. »

La phrase lui avait échappé d’une seule traite, se précipitant en une explication embarrassée, sans même qu’il ne prenne le temps de reprendre sa respiration. Consterné, il ouvrit la bouche, sans qu’aucun son n’en sorte pour autant, et c’est avec un soulagement désespéré qu’il accueillit l’intervention guillerette de Selcot, qui s’adressant à Silindiel, lui demandait ce qu’elle souhaitait boire. L’Elfe avait-il développé des antennes surnaturelles pour percevoir le moment idéal pour venir mettre son grain de sel ? Quoi qu’il en soit, il lui en était – pour cette fois – excessivement reconnaissant.

A la mention du Cenedril et des écailles de Eithne, Renàto hocha donc gravement la tête. Avec un sourire contrit à l’attention de la jeune femme, et, sous-jacente, une remarquable absence de souci des répercussions de son geste, il poussa son verre dans sa direction. Peut-être ceci pourrait-il aider à faire pardonner son comportement précédent ...

« Selcot a raison, c’est de la même couleur. Vous êtes … C’est très joli ! Je … Vous voulez goûter ? »

En guise de première impression, on ne pouvait que difficilement faire pire. Plus il essayait de se rattraper, et plus il se ridiculisait.

☽ ☼ ☾

Loin de se douter, ou même de se soucier particulièrement de ce que sa sœur Verte pensait de lui, Cyngar maintenait son attention pleine et entière sur la dragonne, dans l’attente de sa réponse. Seule une petite part de son esprit restait en contact étroit avec son Lié, que le Blanc sentait passablement troublé. Renàto ne lui semblait cependant pas en danger ou face à des personnes mal intentionnées, aussi choisit-il de ne pas chercher à s’en mêler. Son Lié ne souffrait pas. Il n’était pas véritablement inquiet, même si le reflet de son âme lui paraissait … étrangement déformé.

Il était entre de bonnes mains, se raisonna-t-il. Siegrain le lui avait promis. Tout irait bien.

Aussi se contenta-t-il d’acquiescer sagement à la réplique amusée de Beith, quoi qu’il ne saisisse pas pleinement ce qui suscitait en elle une telle hilarité. Seule une fine grisaille embuait le saphir tranquille de ses prunelles chatoyantes, et elle vint se tinter subtilement d’une émeraude plaisante lorsque la dragonne lui effleura l’épaule du museau pour le rassurer.

**Alors je t’aiderai.**

Car la conclusion était parfaitement logique pour lui au regard de sa question et de l’aveu de Beith, il ne jugea pas nécessaire de développer. Aux yeux de Ren, il était naturel et bon de s’entraider, et c’était sur quoi Cyngar se basait. C’était ce que les Célestes faisaient – normalement. Le comportement des uns et des autres envers son frère d’âme poussait fréquemment le Blanc à en douter. Mais le moment était malvenu pour remettre en question ses croyances.

La Verte se remit en route, tout en discourant sur les Thermes et en vantant leur mérite. Cyngar devait bien avouer que la description de ces vastes bains où ils pourraient se baigner en toute tranquillité était particulièrement attirante. Tout comme son Lié, le dragon n’aimait guère la foule, et cette baignade nocturne en petit comité promettait, d’après Beith, d’être une expérience agréable. Sa compagne était d’humeur joyeuse, et le Blanc se demanda si cela représentait pour elle l’un des ses rituels favoris pour faire connaissance et devenir ami avec d’autres sauriens.

Levant la tête vers elle, il étira légèrement ses ailes à la moire étoilée, curieux.

**Tu as beaucoup d’amis, Beith ?**

Peu conscient de la singularité de son questionnement, il poursuivit sur sa lancée, suivant un cheminement mental connu de lui seul.

**Tu as l’air de beaucoup aimer les bains.**


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MessageSujet: Re: [RP] L'Arcane du Fou   [RP] L'Arcane du Fou Icon_minitimeJeu 30 Juil 2020 - 12:25

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Tybalt et Joachim n’avaient peut-être pas réussi à se mettre d’accord pour trouver un surnom digne de ce nom à Selcot, mais étaient rapidement parvenu à la conclusion que commander un deuxième pichet de la même bière était la meilleure décision jamais prise dans toute l’histoire des prises de décision. Ce Tybalt ne ressemblait vraiment pas à celui que Silindiel avait rarement et toujours brièvement croisé dans les couloirs de la demeure Chantevent depuis son arrivée, qui était discret comme une ombre et avait une sombre mine. « Ils n’ont pas l’air si sérieux que ça, pourtant. » commenta-t-elle en glissant une œillade entendue en direction des deux cousins, car elle n’avait certainement pas oublié sous quel prétexte ils avaient réussi à échapper aux griffes de la Matriarche Chantevent. Puis, avec un petit rire, elle sourit à nouveau à Selcot et ajouta : « Et puis, je pense que tu ne passerais pas la soirée avec eux s’ils n’étaient pas aussi... »

Elle fut coupée par l’intervention de son père adoptif, lequel, en menaçant l’Elfe de la manière – selon elle – la moins crédible possible, lui fournit alors un vivant exemple bien plus évocateur que n’aurait pu l’être n’importe quel adjectif à la fin de sa phrase. Secouant doucement la tête, elle laissa les deux hommes régler leur querelle amicale, à laquelle ils semblaient d’ailleurs parfaitement habitués.  

Tybalt s’était fendu d’un rictus prédateur à l’attention de son subordonné en voyant son expression de terreur. C’était de la comédie, bien évidemment, mais cela n’en restait pas moins étrangement satisfaisant. « Tu veux parier ? » lui lança-t-il d’un ton faussement mauvais, haussant les sourcils puis écartant les mains en signe d’innocence. « Je ne prive ma fille de rien du tout ; je lui rends la tâche de t’écouter parler un peu moins pénible. Comme ça, peut-être que tu pourras lui faire la conversation plus longtemps avant qu’elle te mette un gnon. C’est une faveur que je te fais, Selcot. »

Après tout, Silindiel était la digne fille d’Eníredis Chantevent, avait été élevée dans une utopie par deux soldats de renom, dont une mercenaire qui ne donnait pas franchement l’impression de se laisser marcher sur les pieds et, pour toutes ces raisons, il n’avait aucun doute quant au fait que la Sang-Mêlé ne manquait pas plus de répondant que de poigne – ce qui était autant une bénédiction qu’une malédiction, quand il y réfléchissait. Il se frotta distraitement le menton, profitant qu’elle soit occupée par sa conversation avec le Chevalier Blanc pour contempler un instant son profil tandis qu’elle-même observait le jeune homme.  

Si Renàto n’avait déjà pas eu l’air à l’aise lorsqu’il s’était présenté, c’était encore pire maintenant que Silindiel l’avait interrogé sur ses liens avec Cyrian. Avait-elle commis, sans le vouloir, une maladresse ? Peut-être que leurs rapports étaient loin d’être à l’image de ceux qu’il semblait entretenir avec les de Leysse présents autour de la table. La situation lui parut soudain cocasse : tous deux avaient cru jouer la carte de la sécurité en évoquant un sujet en apparence anodin, et pourtant, ils se retrouvaient au final l’un comme l’autre bien embarrassés.  

Alors, quand Renàto s’excusa et avoua avoir passé les dernières années dans un autre Kaerl que celui de Lumière, la Sang-Mêlé lui offrit un sourire rassurant et seule la timidité qu’elle percevait dans le caractère de son vis-à-vis l’empêcha de se pencher en avant pour lui tapoter le bras. « Ça ne fait rien ! » lui assura-t-elle en agitant une main comme pour chasser le sujet et dissiper la tension qui alourdissait l’air. « Je le rencontrerai sûrement bientôt. » Son retour n’était officiel que depuis la veille et, Tybalt étant encore probablement sous le choc de leurs retrouvailles inespérées, il ne lui était sûrement pas encore venu à l’esprit l’idée d’organiser une réunion de famille. Si Silindiel se mettait à sa place, elle n’avait aucune difficulté à comprendre qu’il préférait avoir un peu de temps pour s’habituer à jouer son rôle...  

Songeant que questionner Renàto sur les plus jolis endroits du Màr Menel serait certainement bien plus agréable et productif que leurs vaines tentatives de discuter de leur arbre généalogique, la Chevalière Verte prit une inspiration mais fut aussitôt interrompue par les soupirs dramatiques de Selcot. « Pour être honnête, si. » pouffa-t-elle en évitant le regard de Tybalt qui avait froncé les sourcils et ouvert la bouche, peut-être, à moitié, sincèrement outré. « Mais je dois avouer que la réalité dépasse toutes mes attentes. »

« Sentiment partagé. » lui répondit le Maître Brun avec un grognement, roulant des yeux exaspérés face aux accusations qui suivirent – évidemment qu’il n’allait pas servir de la bière à une gamine ! Déjà qu’elle n’était pas censée être là... Il avait fait la Guerre et il avait failli y rester, ce n’était pas pour périr aux mains d’une vieille Elfe. Il désirait une mort tranquille, pas une longue et cruelle agonie. « Ce serait pire que dix ans de corvée, Selcot. Elioriel nous enverrait en enfer. Tous les deux. Et si j’en crois ta foudroyante crise de bégaiement – il faudra penser à consulter d’ailleurs, c'est assez inquiétant – tu n’as pas envie de te retrouver coincé en enfer avec le terrible tyran que je suis. »

Et pourtant, sous le regard consterné de Tybalt, Renàto fit glisser son verre en direction de la jeune fille. Ignorant soigneusement son père comme le démon qu’elle était réellement, Silindiel s’en saisit et le rapprocha d’Eithne qui le renifla d’un air intrigué. « Regarde, ils ont déjà fait une boisson en ton honneur ! » fit-elle d’un ton admiratif, mais la petite Dragonne ne sembla pas convaincue. Elle battit deux fois des ailes avant de s’allonger à nouveau sur les genoux de sa Liée, tournant ostensiblement le dos au cocktail.  

° Ça ne sent pas bon... À quoi ça sert si je peux pas la boire ? °

° À faire plaisir à ceux qui peuvent la boire ? ° proposa la Sang-Mêlé avec un sourire en coin, attendrie par la créature qui boudait sans grande conviction dans une moitié de son esprit. Elle remercia le Chevalier Blanc pour son geste et but une gorgée, prudente, veillant à ne pas montrer qu’elle était déjà plus ou moins familière du goût et des sensations de l’alcool sur sa langue. La distincte saveur de miel n’était pas pour lui déplaire, mais il y avait autre chose... Une herbe ? Fraîche et piquante, qui lui fit froncer le nez. Parce que Silindiel n‘était pas du genre à se laisser abattre, elle prit une deuxième gorgée pour confirmer son avis, puis reposa le verre et le poussa vers son légitime propriétaire.  

« C’est original ! Ils n’ont pas ça, dans le Désert... » conclut-elle d’un air sérieux avant de pointer du doigt le verre de Selcot, le regard pétillant. « Comment s’appelle celui-là ? »

Même si une partie de lui, lointaine et soigneusement étouffée, était soulagée et heureuse de voir la Chevalière Verte s’intégrer aussi facilement, l’autre assombrissait l’azur de ses iris et lui faisait prendre dix ans d’âge. Sans trop pouvoir se l’expliquer, des craintes étranges tournoyaient dans son ventre. Allait-elle lui voler sa vie ? De l’autre côté de la table, Joachim haussa les épaules et lui adressa un sourire encourageant. « Eh, sois positif. Vous avez au moins un point commun qui ne lui vient pas d’Eníredis. »

« Excuse-moi, as-tu déjà rencontré ma femme ? Elle est capable de coucher la moitié des hommes de ta garde ! » riposta le Maître Brun, abasourdi, et son cousin éclata de rire.


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