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 [RP] L'amour est plus froid que la mort

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Jorgga Vadrak
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Jorgga Vadrak


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MessageSujet: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 19 Avr 2020 - 22:29

2ème jour d'Ouranosku - Automne 919 - Montagnes d'Undomë

La neige épaisse rendait ses déplacements difficiles. Mais elle avançait, sa capuche abaissée, ses mains au chaud dans le creux de ses poches. Elle avançait droit devant elle, comme s’il s’agissait d’abord de mettre la plus grande distance possible entre les siens, au village, et elle. Comme si, pour une fois dans sa vie, elle avait fait le choix libre et assumé de tout quitter pour recommencer. Transie de froid, Jorgga essayait de se concentrer sur chacune de ses enjambées. Tout autour d’elle, rien. Rien d’autre que la nuit noire et le blizzard impitoyable. Il n’y avait aucune visibilité, d’autant plus qu’elle faisait le dos rond sous les bourrasques, de crainte qu’en ne relevant la tête, la neige accumulée sur son épaisse chevelure ne lui dégringolât dans le cou. En dépit de ses bottes fourrées, le froid et l’humidité commençaient à gagner ses pieds. Alors elle marchait, obstinément. Elle progressait à petits pas, le coeur lourd, se fiant uniquement à ses sens et à son instinct. Sous la confusion de la neige, toute forme semblait avoir disparu. Plus de repère dans l’espace, comme si le temps s’était recroquevillé sur lui-même. Jamais elle n’avait vu pareille tempête et Jorgga n’était pas certaine d’y être totalement étrangère. Pourtant, mais au bout de combien d’interminables minutes, surgie de l’obscurité blanche, une ombre finit par se laisser deviner. Il lui fallut attendre d’être tout près d’elle pour finalement la voir se changer en un arbre. Un pin immense, aux moignons sombres et noueux. Dans son prolongement, une deuxième silhouette, puis une troisième. D’une autre et de bien d’autres encore. Le classique alignement d’arbres ancestraux qu’elle connaissait sur le bout des doigts et bordaient le chemin menant au petit chalet de chasse. Elle n’avait plus qu’à se laisser guider par eux. Quatre ou cinq courbes, plusieurs centaines de mètres à chercher son souffle, puis une masse sombre apparue. Ce chalet de bois où elle avait l’habitude de se réfugier avec Grim lorsque les parties de chasse duraient trop tard dans la nuit et qu’il était inconscient de rejoindre le village sans risquer de se faire attaquer par une bête sauvage. Là-bas, à défaut de réponses, Jorgga y trouverait au moins la chaleur d’une cheminée.

- Jorgga !

La jeune femme se retourna hâtivement et trouva le regard de Grim posé sur elle. Elle semblait embarrassée par sa présence, elle qui avait tout fait ce soir pour mettre un fossé entre eux. Pour sûr, Hilde devait y être pour quelque chose. En bon chef de famille, il avait dû s’empresser d’avertir Grim de sa petite escapade juste après qu’elle ait quitté le grand hall. Fidèle à lui-même, Grim avait rassemblé ses affaires et s’était lancé à sa poursuite, certain que Jorgga rejoindrait instinctivement le chalet de chasse pour y trouver refuge. Lorsqu’il fit un pas vers elle, sa voix se brisa et elle serra les lèvres pour ne pas pleurer. Soudain, elle sentit de longues mains fermes sur ses épaules la tirer en avant. Elle se laissa aller, la joue sur la fourrure de son grand manteau, épuisée par son périple. Il la tenait serrée, refuge contre le froid de la nuit, la douleur et le désespoir. C’était bon d’être bercée comme une enfant, réconfortée. Il émanait de cet homme un parfum boisé très subtil, lui rappelant celui des pins. D’un geste doux, Grim écarta les mèches de son visage, puis il se pencha vers elle. Leurs lèvres s’unirent en un long baiser, tendre et mélancolique. Un baiser qui n’était que pour eux deux, au parfum d’éternité. Pourtant Jorgga fit un pas en arrière et remit machinalement de l’ordre dans sa chevelure, que le vent s’empressa d’ébouriffer de nouveau. Ce laisser-aller la désarçonnait. Elle bénissait la nuit noire qui cachait la rougeur subite de ses joues.

- Tu ne devrais pas être là, souffla la jeune femme d’une voix tremblante.
- Jorgga, cette tempête te suit à la trace. A peine as-tu quitté le village que le ciel dévoilait de nouveau ses étoiles. C’est dangereux de se déplacer dans la montagne par un tel blizzard ! Je me suis fait un sang d’encre !
- Je savais ce que je faisais. Je voulais juste…
- Ca suffit maintenant, allons-nous mettre à l’abri. Nous allons mourir gelés sur place si nous restons ici.

Il lui prit de nouveau la main, mais elle la retira aussitôt, comme si elle s’était brûlée les doigts. Elle s’était déjà habituée à l’obscurité depuis un moment. Elle n’eut pas de mal à déchiffrer la tension - et les interrogations - dans son regard. Grim fronça légèrement les sourcils, enfonça ses deux mains dans ses épaisses poches et se rapprocha d’elle. Il faisait crisser et écrasait la neige sous la semelle de ses bottes. Maintenant qu’ils étaient là, maintenant qu’il l’avait embrassé, il ne savait plus que dire. Comment donc pourrait-il lui révéler que les instants qu’ils avaient passés ensemble ici, dans cette forêt, demeuraient les plus beaux de sa vie ? Il ne pouvait même pas se l’avouer à lui-même qu’il n’avait jamais ressenti un désir aussi puissant, aussi brûlant, aussi sincère que les mots qu’il avait prononcé en lui demandant sa main, il y a de cela quelques jours.

- Jorgga, il faut que tu apaises tes pensées. Ce blizzard n’a rien de naturel.
- C’est douloureux, gémit-elle, de plus en plus épuisée.

Il la regarda dans les yeux.

- Pourquoi est-ce que tu m’as évité tout ce temps ? demanda-t-il d’une voix rauque en butant un peu sur les mots. Si tu ne te sentais pas prête, si tu ne le voulais pas, il suffisait juste de me le dire.

Jorgga semblait respirer avec difficulté. Un soudain grondement, et la terre qui se mit à vibrer, suffirent à leur faire comprendre ce qu’il se passait. Grim lâcha son ballot et se précipita contre Jorgga. Il la saisit à la taille, la jeta sur son épaule et partit en courant, fendant la neige de ses jambes puissantes. Un mur de bois, de terre glacée et de neige avançait vers eux en un tumulte effrayant. Grim accéléra son allure, espérant s’éloigner suffisamment du passage de l’avalanche. Soudain, il trébucha et s’étala dans la neige avec la jeune femme. Il se jeta aussitôt sur elle pour la protéger. Presque simultanément, une imposante pierre vint le frapper avec violence et rebondit plus loin, puis une autre. Un instant après, une masse de neige s’abattit sur eux. Jorgga eut l’impression que son manteau se remplissait d’une glace brûlante. Ils étaient enterrés vivants. Tout semblait s’être arrêté. Le temps s’écoulait avec une lenteur inquiétante alors que le grondement de l’avalanche et le poids de la neige ne cessait de grossir. Une sourde terreur se mêla à la chaleur du sang sur son visage.


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Peddyr Thelrand
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeLun 20 Avr 2020 - 20:57

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
Altahir Nordan & le Brun Norloth

Altahir maudissait le contrat qu'il avait accepté.... trouvez des renards à la fourrure blanche pour une noble dame qui ne rêvait que d'un manteau eu douce fourrure d'Undòmë. Non, mais quelle idée débile au final ! On était en automne ici ! Il souffla encore dans ses mains, malgré ses épais gants de cuir qui couvraient ses mains. Dans son esprit, il entendit le rire moqueur de son lié.

°Quand il y a une grosse somme d'argent à la clé, tu acceptes sans prendre le temps de réfléchir. Et plus encore quand tu garantis une livraison dans les meilleures délais défiant toute concurrence. °

Le pire était que Norloth avait raison. Il n'aurait jamais du accepter. Mais après tout ce qui s'était passé à Tol Oréa, il avait eu et grandement envie de se changer les idées en reprenant quelques activités lucratives ; et des fois pas vraiment officielles. A défaut de chasser le brigand, il chassait la bestiole. Et en survolant les bois qui s'étaient revêtues de leur feuillage automnale, tout de rouge et d'or, Altahir avait compris qu'il n'aurait pas ses renards blancs par le coin. L'hiver n'avait pas encore frappé dans cette région. Et il frissonnait, car avec son dragon, ils volaient haut. Assez haut pour ne pas attirer le regard des gens qui ignoraient de l'existence réelle des dragons.

°Rendons vers les montagnes, là la saison hivernale sera bien présente. °
°En vol normal ou plus direct ? °

Le Maître Brun terminait d'ajuster sa lourde cape et mis sa capuche prise à l'occasion d'un voyage très.... frais.

°Par l'inters....°

Et pouf, il se trouva directement au dessus des montagnes, dont les silhouettes se dessinaient à peine dans l'obscurité.
°Diantre, on est où là ?°
°A Undomë, t'as juste oublié qu'on était en fin de journée là où nous étions... et forcément, en changeant de zone...°
°Ca va, ca va ! Il y a bien longtemps que  je ne suis plus un aspirant ! Et t'es vraiment insupportable de franchir l'interstice de la sorte.°

Le Brun ricana et vira sur l'aile. A l'altitude où ils se trouvaient, malgré la nuit, on discernait les surfaces enneigées, à peine moins sombres que les formes rocailleuses et immenses des montagnes environnantes.

°On va se trouver une petite vallée et passer la nuit. On chassera le renard demain. Essayons de voir où on trouverait un bon endroit et là, on se fait un feu du tonnerre.°
°Tu l'allumeras tout seul.°
°Merci... c'est sympa..°

Norloth termina son virage et commença à descendre. Doucement, le sol se rapprochait. Altahir ne put retenir un baillement, avant de sourciller en entendant un bruit sourd.

°Norloth ? Ne me dis que c'est ton estomac ! °
°Non, c'est plus lointain, plus diffus. Les montagnes répercutent l'écho d'une avalanche dirait-on.°
°Sais-tu d'où ca viendrait ? °
°Regarde là bas°

Le Brun venait de pointer son antérieur droit vers une zone assombrie de nuages. Altahir avait beau plisser les yeux, il ne voyait rien.

°On dirait qu'il y a un amoncellement de nuages. C'est étrange, c'est très petit.°
°Un orage localisé ? °
°On aurait les effets jusqu'à nous. Cela expliquerait le grondement.°
°Allons....

Voir...qu'il ne put que dire ce mot que dans le froid à la noirceur éternelle de l'Interstice. Diantre ce dragon ! Et une fois ressorti, une fois encore de l'Interstice, le dragon s'exclama.

°Y a quelqu'un qui a le Don ici ! °
°Tu te fiches de moi ? °
°Non ! Et regarde, le grondement était bien une avalanche. Elle se termine juste !°
°Ne me dis pas que tu sens la personne sous cette neige !°

Le dragon se mit soudain à piquer vers l'immense langue de neige qui avait dévalé de la pente voisine. Le blizzard paraissait s'atténuer. Mais là n'était pas la préoccupation des deux Célestes.

°C'est où ?°
°Attends, je me pose.°

A peine le dragon tendait ses postérieurs pour se poser qu'Altahir se désangla pour glisser le long de l'épaule massif de son dragon, puis de son antérieur, pour se réceptionner mollement dans la neige. Et aussitôt, son dragon écarta les doigts de son autre antérieur, pour creuser un profond sillon.

°La personne est juste là.°
°Je reprends le relais.°

Il ne pouvait que reprendre le relais. Le saurien risquait d'étriper la victime de cette maudite neige. Et lui qui se plaignait d'avoir froid précédemment !


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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Jorgga Vadrak
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMar 21 Avr 2020 - 19:21

Après un instant qui sembla durer une éternité, Jorgha reprit connaissance. Elle ne pouvait émettre le moindre son, incapable de bouger tant la douleur et la fatigue obscurcissaient son esprit. Gelée comme si de l’eau l’avait pénétré jusqu’aux os, ses doigts tremblèrent lorsqu’elle essaya, en vain, de lutter contre le poids qui l’étouffait. Son esprit embrouillé ne répondait plus correctement. Elle ne se souvenait de rien et n’avait aucune idée de l’endroit où elle pouvait se trouver en ce moment. La seule chose dont elle était absolument certaine, et qui était de loin la moins rassurante, était qu’elle ne sentait absolument aucune once de vie à ses côtés ; aucun mouvement, aucun souffle, aucune chaleur bienveillante, juste celle du sang brûlant qui s’écoulait lentement le long de ses lèvres. Difficilement, Jorgga essaya de raisonner de la façon la plus rationnelle qui soit dans une situation pareille et décida de s’apaiser malgré la suffocante souffrance qui l’assaillait. Elle fallait qu’elle détermine quelles étaient les informations qu’elle pouvait bien obtenir de ses sens. Même si son horizon n’était que noir total, elle pouvait entendre. Il lui semblait percevoir le son familier du craquement de la neige sous le vent. A moins que ce ne soit sous les pas d’un gros animal. Mais il était si lointain.

Je vais mourir.

Ses larmes coulaient par torrents, se mêlant au sang et aux peintures azurées. Elle étouffait inexorablement, emprisonnée, impuissante et terrifiée. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait surtout pas mourir de cette façon là, sans savoir, sans pouvoir lutter de toutes ses forces pour survivre. Parce qu’elle aimait bien trop la vie pour cela. Elle voulait courir de nouveau dans les vallées, la forêt et la montagne. Elle voulait sentir les doux rayons du soleil sur sa peau blanche et écouter le chant mélodieux des oiseaux. Elle voulait revoir son petit village, le regarder grandir et vaincre. Elle voulait passer le reste de ses jours auprès de sa famille et de l’homme qu’elle aimait tant. Elle ne lui avait même pas dit qu’elle l’aimait. Alors, elle lutta pour respirer. Instinctivement, alors que tout devrait la pousser à abandonner, elle respira pour ne pas mourir. Puis ce fut la libération. Jorgga sentit enfin l’air sur son visage et quelque chose tira son bras, l’extirpant avec force de sa prison de glace.

Allongée dans la neige, la jeune femme peinait à retrouver ses esprits. Le souffle du vent la glaçait jusqu’au sang. Soudainement, le voile se déchira et tous ses souvenirs affluèrent d’un seul coup. L’accrochage avec son frère, sa fuite dans la montagne, la tempête de neige. Son départ subit avait tellement inquiété Hilde qu’il s'était empressé d’en informer Grim, qu’il savait très proche de Jorgga. Le jeune homme l’avait rapidement retrouvé, au pied du chalet de chasse dans lequel elle avait l’habitude de se réfugier. Il y a eu un baiser. Un baiser profond, exigent, presque complice. Puis la montagne s’était abattue sur eux.

- Grim...se rappela Jorgga.

Inquiète pour son ami, la jeune femme se redressa brusquement malgré la douleur vive qui lui vrilla le crâne. Peinant à trouver ses repères dans la nuit noire, inconsciente de ce qui l’entourait, elle avait l’impression de souffrir de multiples contusions et cela ne l’aida pas à stabiliser ses pensées. Puis elle le vit, allongé à ses côtés, totalement inerte, comme endormi. Jorgga eut une douleur fulgurante au coeur. Elle cria le nom de Grim une première fois, puis une deuxième, mais il demeura désespérément immobile et silencieux. Désespérée, elle se pencha et se concentra sur sa respiration et les battements de son coeur, tandis que le blizzard gagnait de nouveau en intensité. Il battait faiblement. Très faiblement. Son odeur était celui de la mort. Son beau visage était recouvert de sang, le sommet de son crâne défoncé. Jorgga ferma les yeux. C’était de sa faute. Elle aurait pu empêcher cela si elle s’était contrôlée. Elle aurait dû ! Lorsqu’elle rouvrit les yeux, son regard croisa celui d’un inconnu dont elle n’avait pas remarqué la présence jusqu’à maintenant. Par réflexe, Jorgga chercha la sécurité du toucher de l’un de ses petits couteaux de chasse à sa taille, son autre main se posant sur la poitrine de son ami qui agonisait. Elle distinguait à peine ses traits dans l’obscurité.

- Qui êtes…

Un frisson lui traversa l’échine et son instinct lui dicta de se retourner. Sous la proie d’une peur immense, son front se plissa, ses yeux s’agrandirent d’effroi, ses mâchoires se crispèrent. Jorgga n’avait jamais ressenti pareille sensation depuis le jour où elle avait été pris à partie par ce vaurien d’Alastar Burnouf. Sauf que cette peur-ci, valait mille fois toutes les autres. C’était cette peur immense et incontrôlable qui raidit les membres et leur donne toute la force vitale pour essayer de fuir. Mais ses muscles étaient tétanisés.

- C’est impossible, parvint-elle finalement à articuler. Les dieux me jouent un mauvais tour.

Jorgga savait exactement à quoi elle avait à faire. Elle avait été bercée toute son enfance par les légendes sur les dragons, en particulier par son père, qui, lorsqu’il était ivre, clamait haut et fort en avoir déjà vu de ses propres yeux. Il évoquait souvent ces hautes et étroites corniches, accrochées au flanc d’un volcan surplombant un vaste territoire habité par les dragons, comme un rêve qui ne semblait pas vouloir quitter son vieil esprit malade. Mais Atholf était un menteur. Un conteur d’histoire. Un fou qui croyait dur comme fer à ces balivernes autrement contées pour faire peur aux enfants.

- Tu es quoi au juste ? s’exclama Jorgga à l’attention du dragon. Un mauvais rêve envoyé par mon père pour me faire payer les frasques que je lui ai fait subir de son vivant ? C'est ça ? Même mort, il veut me prouver qu’il avait raison ? Quel vieil imbécile ! Bon sang, fichez-moi la paix tous autant que vous êtes !

Dans la grisaille bleutée du blizzard, une lueur vacillante déchira le ciel.


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Dernière édition par Jorgga Vadrak le Mer 22 Avr 2020 - 13:33, édité 1 fois
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Peddyr Thelrand
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMar 21 Avr 2020 - 20:36

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
Altahir Nordan & le Brun Norloth


Altahir haletait des efforts qu'il fournissait pour prendre de vitesse la mort blanche qui agissait déjà sur le Doué prisonnier des mains neigeuses de la montagne. Le temps jouait contre lui et il n'avait que ses deux mains, qui commençaient à le brûler tellement elles étaient prise par le froid humide de la neige qui avait fini par transpercer le cuir de ses gants. A grand coup de main, il pelleta de son mieux, pour atteindre la proie enneigée.

Norloth quand à lui n'était pas sans reste. Une odeur de bipède lui chatouilla les narines. Haussant son museau, il huma profondément l'air frais de la nuit, malgré le vent qui emportait déjà les embruns.

°Il en a une autre personne non loin de toi ! °
°Essaie de la sortir. J'ai encore à faire ici ! °

La question de savoir si l'autre individu prisonnier des glaces était un Doué ou pas ne vint même pas à l'esprit du Maître-Dragon. Norloth était là, son dragon agirait tout comme lui pour un seul objectif : sauver des vies.

Après avoir réussi à évacuer une dernière pelleté de neige avec ses deux mains, il aperçut ce qui paraissait être un bras. Il l'attrape fermement de ses mains, et malgré ses doigts gourds, il assura sa prise et tira de toutes ses forces. La personne prisonnière des glaces fut difficile à extirper de sa gangue. Altahir pesta et banda ses muscles, jusqu'à tomber en arrière. La neige l’accueillit mollement. Le souffle court quand aux efforts urgents qu'il avait dû faire, il vit que la silhouette humaine remuait. Au moins était-elle en vie.

De son côté, Norloth n'était pas resté sans rien faire. Il dut se fier à son odorat pour trouver l'autre victime de l'avalanche. Il avait d'abord labouré la surface neigeuse avec son antérieur, avant de plonger sa gueule dans la neige. Du bout de ses crocs, il avait réussi à extirper le bipède qu'il avait senti. Doucement, et en arquant son encolure, il le sortit, veillant à ne pas le blesser. Il faisait preuve d'une étonnante délicatesse. Par contre, il doutait de la survie de ce bipède masculin. Il paraissait déjà à l'article de la mort.

Altahir se redressa d'abord sur ses deux coudes, voyant le rescapé se redresser et se précipiter vers l'autre individu. Rescapé... enfin plutôt LA rescapée. Le Maître Brun se mit debout.

°Elle est en état de choc n'est ce pas ? °
°Oui, et elle tient à son compagnon, vu comment elle s'est redressée quand je l'ai sortie de la neige..°

Il se préparait à se rapprocher quand il se figea, en croisant le regard de la jeune inconnue, qui était paniquée quand à l'état de son compagnon. Paniquée, mais qui avait porté sa main à une arme qu'il ne voyait pas. Il retenait son souffle, se demandant si sur le coup de son choc, elle n'allait pas le tuer. Mais c'était sans compter l'imposante silhouette sombre écailleuse qui se dressait derrière lui. Et là, elle partit totalement en vrille.

Ni une ni deux, Norloth leva légèrement sa tête vers les cieux et ouvrit sa gueule. Là, une longue langue de feu éclaira la nuit des montagnes, rendant les environs rougeoyant le temps d'un souffle de feu draconique. Cela ne dura qu'une seconde, mais cela devrait être suffisant pour secouer cette femelle à deux jambes qui se perdait dans ses délires. Une voix caverneuse masculine et autoritaire pénétrèrent l'esprit de Jorgga.

°L'heure n'est pas aux délires, jeune bipède. Ton compagnon se meurt. Tu veux le voir périr à tout jamais parce que tu perds ton temps à te raccrocher à tes fantasmes de frayeur ?  °

Altahir pesta mentalement du manque de subtilité de son lié. Mais il avait raison de presser l'inconnue. Le temps n'étaient pas à la discussion, quel qu'elle pouvait être.

"On n'a pas le temps de causer. Oui, c'est un dragon et il y a votre ami? Grim, c'est ça ? Il est là et il faut le réchauffer si vous voulez le sauver ! Il faut trouver un coin sec, hors des restes de cette avalanche pour le réchauffer. Et vous aussi. Je vous expliquerai tout par après, mais d'abord la vie de votre ami. Vous ne voulez pas le voir mourir n'est ce pas ? "

Il devait prendre les devants, courant le risque de provoquer une mauvaise réaction de la part de la jeune femme ébranlée. Avec Norloth qui avait pris une initiative directe, il n'était guère aidé. D'ailleurs le dragon s'était rapproché de Grim, pour le prendre délicatement dans son antérieur griffue. cela fait, il décolla pour aller se poser à une centaine de mètres de la langue neige de l'avalanche récente, brisant un pin pour ensuite l'enflammer de son souffle, veillant à mettre le corps de l'agonisant à la juste distance.

Altahir anticipa en même temps que cette nouvelle prise d'initiative.

''Norloth ne va pas le tuer. Il veut le sauver. Tout comme moi, vu que je vous ai extirpé de la neige, je veux vous aider. Comme Grim, il faut vous réchauffer !


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Jorgga Vadrak
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMer 22 Avr 2020 - 18:08

Alors que son esprit s’égarait en mille pensées tempétueuses, un épais et long torrent de flammes déchira les cieux, soufflant en un instant toute sa fureur. L’ombre du brasier dansa élégamment sur les nuages, avant de s’évanouir comme un spectre, engloutie par l’obscurité et le blizzard. Curieusement, le souffle de feu réchauffa le cœur de Jorgga mais ne l’effraya pas. Elle avait aimé cette sensation. C’était même de loin la chose la plus grisante qu’elle n’avait jamais ressentie au cours de sa vie. Elle ne savait plus que penser. Les dragons n’étaient donc pas une légende, un mythe issu de la folie d’un homme passionné ? Son poing se serra sur sa cuisse puis se détendit un peu. S’ils existaient vraiment, alors pourquoi donc n’en avait-elle jamais vu aucun autre avant lui ? Jorgga fut subitement tirée de sa torpeur par l’homme qui accompagnait la créature de légende. Sa voix assurée la ramena très vite à la réalité.

- Je ne veux pas qu’il meurt, souffla la jeune femme dans un murmure, en réponse aux exhortations de l’inconnu.

Elle se releva tant bien que mal et s’avança en titubant dans la neige. Elle avait froid, terriblement froid, mais elle n’allait certainement pas laisser tomber maintenant. Pas maintenant que le destin, les dieux peut-être, capricieux et imprévisibles, avaient mis sur sa route une aide inattendue et bienvenue. Non sans quelques difficultés, elle rejoignit en silence son ami. Des taches d’ombre et de lumière dansaient élégamment sur ses joues au rythme des flammes qui s’élevaient sous les assauts du vent. Le jeune homme, très pâle, était toujours inanimé. Il paraissait dans un état de très grande faiblesse. Ses fourrures et son visage étaient maculés de sang chaud. Jorgga prit place à ses côtés, retira la fourrure de ses épaules, la rouge en boule et fit lentement basculer le corps inerte de Grim pour y installer sa tête. La jeune femme faisait toujours de son mieux pour paraître brave, pour montrer une confiance en elle inébranlable, mais à cet instant, une terreur inédite lui dévorait les entrailles.

Le blizzard soufflait encore avec force. Jorgga leva ses grands yeux bleus emplis de larmes vers le ciel sans lune ni étoile, obscurci par de sombres nuages. Il faut que tu fasses le vide dans ta tête, murmura-t-elle dans un souffle, comme un précepte qu’elle récitait. Fermant ses yeux, elle prit le visage de Grim entre ses mains et posa son front contre le sien. Elle chercha le calme en elle. Il lui fallut de longues minutes pour apaiser ses craintes, maîtriser ses angoisses, et se préparer à affronter l’inéluctable. Soudain, le vent tomba avec davantage de brusquerie qu’il n’était apparu et le ciel se dégagea effroyablement vite pour retrouver son calme habituel. Ce silence subit était très perturbant après la tempête qui s’était déchaînée sur ces montages. Jorgga resta un moment sans réaction. Il lui semblait finalement n’avoir été que la spectatrice de ce qui venait de se produire. Comme si elle n’était responsable de rien. Pourtant, au fond d’elle, elle le savait. Elle était la cause de ce désastre.

- Ses blessures sont graves, parvint-elle finalement à articuler, le regard fuyant. Il est train de mourir, il faut le ramener au plus vite au village.

Jorgga reprit son souffle puis pressa sa petite main tremblante contre la blessure à la tête de son ami. Le sang chaud s’insinua entre ses doigts, sans qu’elle ne parvienne à en arrêter l’écoulement. Elle n’avait jamais vu de sa vie une plaie aussi affreuse et profonde. Grim allait mourir dans cette montagne, vidé de son sang. Malgré la chaleur réconfortante du feu, il n’avait toujours pas repris conscience.

- C’est ma faute et je ne me le pardonnerai jamais !

Au loin, plus bas dans la montagne, de faibles lumières s’animaient dans la nuit noire. Elles provenaient de torches enflammées. Les villageois étaient sans doute à leur recherche. Ces hommes et femmes connaissaient ces montagnes sur le bout des doigts et ne tarderaient pas à retrouver leurs traces. Jorgga leva les yeux, éperdue. Son regard chercha un instant celui de l’inconnu à qui elle devait la vie. Elle était terrifiée. Terrifiée à l’idée de perdre l’homme qu’elle aimait le plus au monde. Impuissante, elle posa finalement sa tête contre la poitrine de Grim, écoutant les lents battements de son cœur, dont le son se faisait de plus en plus imperceptible. Jusqu’à ce qu’il s’arrête de battre.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMer 22 Avr 2020 - 21:31

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
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La gerbe de feu crachée par Norloth eut le don de ramener, d'une certaine façon, la jeune femme à la réalité, malgré l'expérience qu'elle venait de subir et l'état alarmant de son compagnon. D'ailleurs, elle devait énormément tenir à lui, car elle réussit à puiser de l'énergie au plus profond d'elle-même pour rejoindre le corps agonisant de Grim. Altahir s'était un peu rapproché, demeurant prudent si jamais elle venait à craquer. Quand on était en état de choc, face à l'inconnu, face à un homme inconnu surtout, avec une imposante créature sortie tout droit des contes et des légendes, qui sait comment on pourrait réagir pour se défendre. Ou encore défendre l'être qu'on voulait protéger.


°On ne devrait pas perdre de temps. Le temps est épouvantable et on risque de les perdre tous les deux°
°Plus facile à dire qu'à faire. Je ne suis pas guérisseur et puis, regarde la. Elle évalue peut être l'état de son compagnon mieux que nous pourrons le faire. °

Le dragon souffla fortement à travers ses narines, libérant un bref nuage de condensation qui fut rapidement emporté dans le vent du blizzard.

°Toi aussi tu vas geler, je le sens et ne dis pas le contraire. Va la presser, voir où on peut les mettre à l'abri sans prendre l'interstice. Car si j'y passe, ils mourront tous les deux, c'est sûr et certain. °

Là dessus, le Maître Brun était bien d'accord. Même lui qui était trempé des mains et des bras, malgré ses protections prévuse pour le vol et non pour supporter la neige, il n'aurait pas pris le risque de franchir l'Interstice. Puis, bien décidé à faire bouger les choses, il se rapprocha de la jeune femme, qui visiblement n'était pas surprise de le voir. Par contre, ce qui étonna le Céleste fut la tombée soudaine du blizzard.

°Je rêve ou quoi ?  °
°Les montagnes ont toujours une météo capricieuse°
°d'accord, mais pas comme ça !  °

Bon ! Il se posera la question de cette bizarrerie météorologique plus tard. Il fallait trouver un abri et vite. D'ailleurs, la jeune inconnu s'exprima enfin. Quoi, il allait mourir ? Etait-elle  certaine ? En tout cas, il avait remarqué la blessure qui saignait abondamment à la tête. Pas le temps de faire un bandage, vu le flot.

Il recula, sortit une courte lame et appela son lié, qui baissa la tête.

°vas y mollo, d'accord ? °
°Bien entendu°

la tête reptilienne était si proche d'Altahir, qui était minuscule à côté. Veillant à ne pas être dans la direction des deux inconnus montagnards, le dragon entrouvrit sa gueule juste assez pour qu'Altahir y glisse la lame métallique de sa dague. Il souffla une petite gerbe de flamme. L'humain grimaça sous l'effet calorifique de son souffle. Mais au moins, la dague était chaude. Puis, il se tourna vers le gisant ; il n'avait que quelques pas à faire. Là, sans ménagement, il retira la main de la jeune femme pour apposer le fer de la lame encore suffisamment chaude pour tenter de cautériser la plaie. Il manquerai d'avoir une sale réaction de la part de la femme, mais tant pis ! Tant que le sang cessait de couler, ce serait mieux que rien.

"Mon geste est brutal, mais c'est cela où il mourra avant d'avoir atteint le village..."[/i]

En parlant de village, il était où ?

°On dirait qu'il va venir à toi ce village, je vois des lumières se rapprocher. °

Diantre, manquait plus que cela. Non, en fait, tant mieux, car les deux loustics seraient avec les leurs et pris en charge. Mais le hic était la présence du dragon. Ce village ne devait pas le voir. Bon, il était réellement tant de se bouger !

''Tu pleureras sur ta faute plus tard ma petite. Les tiens ont l'air d'arriver, c'est le moment de bouger. Désolé, mais pousse toi...

Il croisa brièvement son regard. Elle paraissait perdue, loin de vouloir se battre pour rester, elle, en vie. Le sien, lui, était déterminé et bien décidé à lutter contre le temps qui passait, inéluctablement. Si elle venait à pleurer, à protester ou autre chose encore, tant pis. Il attrape le bras inerte de Grim, le tira pour le hisser sur ses épaules. Diantre, il pesait son poids l'animal. Un autre homme arriva prêt de la jeune femme, l'aidant à se relever, quitte à la soutenir.

''Venez. Allons rejoindre les vôtres. On les voit, regardez les lumières dans le lointain.''

°Les villageois vont se demander qui nous sommes..°
°On verra quand on y sera. On improvisera. Allez en route, vers eux !  °


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeVen 24 Avr 2020 - 18:04

Après toutes ces péripéties, Jorgga n’avait même plus la force de se redresser sur ses deux jambes.
C’est alors qu’un inconnu attrapa son bras pour l’aider à se relever. La jeune femme sursauta au contact de ses doigts et leva vers lui des yeux alarmés. D’où sortait cet homme au juste ? Et où était donc passé le grand dragon ? Leurs regards se croisèrent, mais avant qu’elle puisse dire mot, un petit groupe de villageois, tous munis de torches et de pelles, se détacha à une petite centaine de pas seulement de leur position. Le chef du village se trouvait parmi eux, reconnaissable entre tous avec sa longue crinière dorée qui luisait à la lumière des flammes et l’épaisse fourrure noire sur ses épaules.
Hilde était parti à la recherche de sa petite soeur peu après le départ de Grim, alerté par le grondement sourd de la montagne et le déchaînement du blizzard. Il craignait que Jorgga et Grim ne se soient égarés ou n’aient été victimes de la puissante avalanche qui avait tout emportée sur son passage, y compris les arbres parmi les moins robustes et les cabanes de chasse. Les secousses provoquées par l’éboulement s’étaient même fait ressentir jusqu’au coeur du village, effrayant le bétail. En dépit de l’obscurité, et avec l’aide de toutes les bonnes volontés, il était finalement parvenu à les retrouver tous les deux. Et ils n’étaient pas seuls.
Accablée de douleur, Jorgga fut incapable d’avancer davantage. La jeune femme était en proie à un tourbillon d’émotions qui menaçait de la submerger. Son coeur se noua douloureusement dans sa poitrine et ses poumons ne semblèrent même plus s’emplir d’oxygène. Si seulement elle avait écouté ce que Hilde avait à lui dire. Si seulement elle avait eu le courage de lui confier ses tourments. Si seulement, pour une fois dans sa vie, elle avait su faire preuve de retenue, de discipline et de résilience. Si seulement...Rien de tout cela ne serait arrivé. Les dieux étaient parfois capables d’une grande cruauté envers les Hommes.

- Jorgga, je n’espérais plus vous retrouver en vie tous les deux, s’exclama Hilde.
- Je suis désolée... souffla la jeune femme dans un murmure.

Le jeune chef vint cueillir sa petite soeur dans ses bras, doucement, avec un infini respect et une tendresse au-delà de ce que l’on pouvait attendre de la part d’un homme d’une telle carrure. Une fois Jorgga confortablement installée sur son dos, Hilde tourna le regard vers le deuxième étranger, qui portait le corps inanimé et couvert de sang de Grim. Son état semblait critique. Ils devaient rentrer au village au plus vite, sans quoi il n’y survivrait sans doute pas.
Le pas lourd, freinés dans leur avancée par la neige fraîche, ils empruntèrent un petit chemin qui serpentait à travers les bois. Jorgga suivait en silence le trait de lumière de la torche qui se trouvait devant elle et dont le mouvement lui rappelait celui de la neige se dérobant sous ses pieds. Sa vision se brouilla, la tête lui tourna et elle s’accrocha plus fermement au cou de son frère comme si elle craignait de tomber. Ils marchèrent longtemps avant d’arriver enfin à destination, contraints de contourner le vaste territoire que l’avalanche avait engloutie pour ne pas risquer de déclencher une nouvelle catastrophe qui aurait cette fois-ci raison d’eux.

An-Fhüar était un petit village de tout au plus un millier d’âmes. On y voyait un petit nombre de maisons de bonne taille, aux toits de chaume en pente raide, et même un grand bâtiment de pierre ; les ruelles de terre boueuses étaient presque désertes à cette heure de la nuit, en dehors de petites taches crème, noires ou blanches : du bétail en liberté. Des fumées odorantes s’échappaient des cheminées. Aucun rempart qui n’en soit vraiment un, ni même une ébauche d’une tour de guet. Ce village respirait la paix et la tranquillité, à l’image du ciel étoilé dont la lune éclairait avec timidité les eaux calmes du lac voisin.

Jorgga, Grim et les deux étrangers furent immédiatement conduits au grand hall pour y être soignés et nourris. Grim fût aussitôt pris en charge. L’un des guérisseurs, un type avec une grosse moustache, avait chassé de la chambre du jeune homme tous les curieux, ne gardant à ses côtés que famille et amis proches. Ses blessures étaient très graves. Selon ses dires, s’il se réveillait, il souffrirait énormément, au point de vouloir en mourir. Le guérisseur en personne avoua qu’il aurait bien mieux valu mourir dans ces montagnes. Mourir en paix et sans souffrance. Jorgga se montra sourde à de telles paroles, refusant d’envisager que tout ceci puisse se terminer aussi tragiquement. Alastar Burnouf, l’un des amis d’enfance de Grim, entra dans un état de semi-démence.

- Tout est entièrement de ta faute, Jorgga, l’accusa Alastar, brisant le silence pesant qui s’était installé dans le grand hall.
- De quoi est-ce que tu parles ?

Alastar lui lança un regard fou de colère. La rage du jeune homme s’enroula autour d’elle en un instant, étouffante comme un épais nuage de fumée noire. Jorgga eut l’impression de plonger les yeux dans un brasier sinistre et macabre. Mais cette fois-ci, elle ne reculerait pas. Elle savait plus que quiconque qu’il était totalement absurde d’essayer de raisonner cet homme. Ils étaient bien trop différents et son arrogance naturelle l’empêcherait d’écouter ce qu’elle avait à dire. Pourtant, Jorgga fit un grand effort et trouva le sang-froid nécessaire pour défendre l’indéfendable :

- Crois-tu que c’est vraiment le moment de chercher un coupable ? Je l’aime plus que quiconque ici. Jamais je ne lui aurais fait le moindre mal. Comment pourrais-tu comprendre cela, toi qui n’y connais absolument rien à l’amour ? Toi dont le cœur est aussi dur et intraitable que la pierre ?

Blessé par les propos tenus par Jorgga, Alastar perdit tout contrôle sur lui-même. Il grogna, la saisit par les cheveux et tira si fort en arrière qu’elle se retrouva à terre, sur le dos. Le choc lui coupa le souffle. Un voile noir tomba devant ses yeux. Lorsqu’il se dissipa, l’homme la traînait avec force vers la grande porte, ce qui la fit hurler de douleur.

- Espèce de sale sorcière ! cracha-t-il. Tu seras la seule responsable de sa mort ici !
- Par tous les dieux Alastar, je n’y suis pour rien ! Nous avons été surpris par une avalanche ! protesta Jorgga, essayant, en vain, de lui faire entendre raison. Je n’ai pas ce pouvoir tu m'entends ? Je n’ai pas ce pouvoir !

Ils se trouvaient maintenant sur la place du village. Alastar lâcha les longs cheveux noirs de sa victime et lui donna un coup dans l’estomac avec sa grosse botte de cuir. La jeune femme s’écroula dans la poussière en pleurant. Tenant son ventre à deux mains pour essayer de contenir l’insoutenable douleur, elle gisait dans la poussière, son regard azuré braqué sur Alastar.

- Elle est la cause de tous ces drames ! annonça le jeune homme aux villageois épouvantés et silencieux qui s’étaient rassemblés autour d’eux. Elle a presque tué Grim, comme elle a failli me tuer il y a plusieurs années de cela. Vous ne vous rappelez donc pas ? Lorsque la foudre a frappé le grand pin ? Cette femme est dangereuse !
- Arrête…je t'en supplie, tais-toi…
- Tuez la sorcière à coups de pierres ! ordonna le jeune enragé à son public. Lapidez-là, elle ne mérite que ça !

L’absence de réaction de l’assistance n’apaisa pas la folie meurtrière d’Alastar. Il saisit une pierre et la lança de toutes ses forces sur sa proie. Il était toutefois bien trop aveuglé par la haine pour viser juste. La pierre tranchante atteignit l’épaule de Jorgga et lui arracha un cri de douleur. La jeune femme essaya de se relever pour fuir mais elle en était incapable. Elle se servit alors de ses mains pour se protéger le visage du mieux qu’elle le pouvait. Cet homme souffrait sans nul doute terriblement de ce qui était arrivé à Grim. Il voulait rendre les coups à quelqu’un. C’était là sa nature profonde et Jorgga était aujourd’hui une cible de premier choix. On ne lisait maintenant qu’amertume, cruauté et douleur dans les yeux d’Alastar, qui l’avait pourtant toujours soigneusement évité depuis l’incident qui les avait opposé lorsqu’ils n’étaient encore que des enfants.

- Alastar, ça suffit ! tonna la voix sévère du chef du village, qui venait d’être alerté de l’incident.

Hilde saisit le poignet d’Alastar avec force, le lui tordant pour lui faire lâcher la pierre qu’il tenait en main. Son regard se porta sur le ciel qui s’était voilé en quelques secondes. Il était arrivé juste à temps.

- Tu la pousses à la faute. Déguerpis, je m’occuperai de toi plus tard.


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Dernière édition par Jorgga Vadrak le Sam 25 Avr 2020 - 10:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeVen 24 Avr 2020 - 20:33

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
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A peine le duo céleste s'était-il mis en marche pour descendre vers la vallée et vers les lueurs que les villageois venus à leurs rescousses pointèrent le bout de leur nez. Les torches que certains individus portaient éclairaient faiblement les lieux, laissant deviner le drame des deux rescapés secourus. Autour d'eux, on pouvait observer les dégâts observés par l'avalanche. On serait en droit de se dire que Grim et la jeune femme avaient une veine divine. Mais l'attention se portait plus sur eux deux que sur les sauveteurs inconnus.

La jeune femme fut prise en charge par un des siens et Norloth en profita pour se rapprocher de son lié, pour l'aider à mettre l'inconscient sur un brancard improvisé. Altahir tint à participer à l'effort de portage.

°T'es sûr ? T'as déjà froid, je le sens°
°Faut bien qu'on serve à quelque chose non ? °

Sur le fond, Altahir n'avait pas tort. Le dragon, qui empruntait une forme humaine d'à peu près l'âge de son lié, demeura à ses côtés, pour le relayer au besoin. et vu que le chemin de retour s'avéra long, le maître comme le dragon se relayaient pour aider à porter le moribond sur son brancard de fortune. Et une fois arrivés au village, qui avait tout d'un havre de paix pour un millier d'âmes sereines et vouées ) une vie assez pastorales, les sauveurs comme les rescapés avec leurs escortes furent meener dans le grand hall. On ne pouvait pas le louper au vue de sa taille et l'usage des pierres qui composaient ses murs. Une fois à l'intérieur, les deux blessés furent pris en charge et on invité les deux Célestes à se réchauffer, éventuellement à se faire soigner. Pas une seule fois Altahir ne se demandait comment les habitants arrivaient à repousser les envahisseurs. Peut être qu'ils en avaient peut être pas. Pour le moment, il songeait à ses doigts qui le brûlaient comme jamais, signe qu'ils étaient plus que refroidis et que son corps cherchait à les réchauffer même si la chaleur était  naturellement garder pour les centres vitaux les plus importants.

Norloth, lui, n'avait rien. Il était à peine marqué par le froid. Altahir, c'était tout le contraire. Il était trempé aux jambes et aux mains. Entre les pelletées qu'il avait effectuées pour sortir la prisonnière des neiges et le long voyage du retour pour rejoindre le village. Heureusement, un grand feu était là et il put retirer ses gants et sa cape encapuchonné de vol. Le froid de la neige était plus pernicieux que le froid de l'interstice.

Se frottant ardemment les membres, on lui proposa une boisson, qu'il accepta sans discuter et manqua de se brûler la gorge devant la force alcoolisée du breuvage. Ca donnait un coup de fouet.

°Un seul verre, d'accord ? °
°Oui maman.... °
°Tiens, on dirait qu'il commence à y avoir du grabuge °

Altahir, qui se frottait toujours les mains et les doigts, tourna son regard brin vers le début de tumulte. Un homme commençait à hausser le ton, tellement fort que le Céleste n'avait pas besoin de se concentrer pour écouter les griefs du beuglard. Il en sourcilla d'ailleurs. IL y avait des gens qui n'avaient aucune compassion quand à la situation... et les choses s'envenimèrent.

En entendant le venin qui sortait de la bouche de la brute, Altahir se préparait à réagir. Une main se posa sur son épaule.

°Nous ne sommes pas au Kaerl. Nous n'avons pas à intervenir dans les affaires de ces gens °
°N'est-elle pas dotée du Don ?  °

Il y avait un réel soucis de dilemme. Norloth en avait conscience.

°Je t'aurai prévenu....Mais tu as raison dans un sens. C'est une Douée, on ne peut passer pas à côté de ce qu'elle représente. Fais juste attention. °
°Au pire, je compterai sur toi, n'est ce pas ?  °

Le dragon ne répondit rien, mais Altahir sentait son approbation. Ne pas intervenir dans les us et coutumes des peuples que les liés rencontraient était une chose, mais qu'une femme se fasse battre de la sorte, alors qu'elle venait de réchapper à la mort... Peu importait les superstitions qu'elle avait pu apporter à son peuple, ce n'était pas une raison.

La situation s'était très vite déroulée de toute façon. Malgré l'intervention du chef de village ; de ce qu'Altahir avait compris, et l'intervention d'un tiers, il ne put s'empêcher de quitter la chaleur réconfortante du feu pour se foutre non loin du rageux. Bon pas nez à nez, mais juste à bonne distance pour lui parler d'homme à homme.

''C'est plus facile de battre une femme blessée que de s'en prendre à un homme valide n'est ce pas ? '

Il affichait un demi sourire provocateur.

''Je me fiche de vos griefs envers cette donzelle, mais c'est aisé de la ramener pour se défouler quand la cible n'est pas capable de se battre. Maintenant, face à un inconnu tel que moi, un homme qui a sauvé cette femme et votre ami, serez vous capable de la ramener ? ''
°Fais attention... °

Altahir prit en compte l'avertissement.

''J'ai sauvé la vie de Grim et celle de cette femme, ces deux là me sont redevables. Vous en prendre à l'un d'eux, c'est vous en prendre à moi...''

Norloth porta sa main au visage. Son lié n'était pourtant pas un homme si courageux d'ordinaire. Sans doute se montrait-il très téméraire parce que la jeune femme était une Douée. Restait à voir la suite des évènements...


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeSam 25 Avr 2020 - 15:44

L’intervention de Hilde mis fin à la pluie de coups. Celle de l’étranger fut quant à elle plus inattendue et surpris l’assistance, tout autant que le chef du village, qui relâcha doucement son emprise sur le poignet d’Alastar. C’était bien la première fois que l’on prenait la défense de sa petite soeur de façon aussi frontale, mais pour couronner le tout, cet homme s’impliquait dans sa tâche avec un culot et une confiance inouïs. Amusé par la personnalité attachante et vaillante de l’étranger, Hilde esquissa le semblant d’un sourire. Au fil du temps, petit à petit, Jorgga gagnait l’adhésion de ceux qui l’entouraient. D’abord parmi les siens, et maintenant auprès de parfaits inconnus.

Il en était persuadé désormais, il ne s’était pas trompé en gardant sur sa petite soeur un oeil attentif et en veillant à ce que ses émotions ne l’emportent plus sur la raison. C’était un rude et long combat que le jeune dirigeant s’était résolu à tenir tous les jours, jusqu’à ce que Jorgga soit en mesure de le mener de front, accompagnée de ceux qu’elle aura choisi pour être à ses côtés. Il ne se souvenait pas avoir eu dans sa vie pareil défi à relever pour assurer la sécurité de ses proches, et depuis peu, celle de tous les villageois d’An-Fhuär. Si cette lourde charge avait souvent été ponctué d’échecs, il était tout de même parvenu à préserver la paix et l’harmonie, sans qu’aucune perte malheureuse ne soit à déplorer. Du moins jusqu’à ce jour.

L’annonce de la mort de Grim par le guérisseur conclut injustement et cruellement toute cette affaire. Il fallut quelques secondes à Jorgga pour prendre conscience de la nouvelle qui venait de leur être annoncée. Comme si on venait de lui arracher le coeur, elle fondit en larmes, le corps secoué de puissants spasmes nerveux. Elle pleura toutes les larmes de son corps, gémissant, terrorisée et prostrée, tandis que les minutes transformaient peu à peu son chagrin en une colère assourdissante. Le miracle qu’elle avait tant espéré n’aura finalement pas eu lieu.

- Vous ne la connaissez pas, cracha Alastar à l’intention de l’inconnu. Vous ne savez pas de quoi cette femme est capable. Grim ne sera pas la dernière victime de sa sorcellerie. Que les dieux m’en soient témoins, bientôt, elle aura les mains couvertes du sang de nombreux innocents.

Il pointa son doigt vers l’homme, sa voix se fit aussi basse que le sifflement d’un reptile.

- Si vous avez le malheur de croiser de nouveau ma route, je vous détruirai.
- Si tu touches à un seul de ses cheveux, ou que tu t’en reprends de nouveau à moi, crois-le ou non, c’est moi qui te détruirais Alastar, rétorqua durement Jorgga en se relevant, sur un ton où colère et désespoir se mêlaient.
- Ferme-là maintenant, Alastar, s’agaça Hilde. Tu en as assez fait pour aujourd’hui. Ne m’oblige pas à te faire enchaîner.

Attristés par l’annonce de la mort de l’un des leurs, les quelques badauds présents sur la place du village se dispersèrent, comme des feuilles mortes sous le souffle du vent d’automne. Les villageois d’An-Fhuär étaient réputés pour être braves et vaillants. Ils n’affectionnaient pas particulièrement de montrer leurs émotions en public, d’autant plus lorsqu’il était question d’un grand chagrin. Alastar les suivit de près, luttant vraisemblablement contre l’irrépressible envie d’éclater la tête de l’homme qui avait eu l’impertinence de se mettre en travers de son chemin.

Hilde se tourna vers les deux inconnus, un air grave crispant les traits habituellement si paisible de son visage.

- Vous êtes et serez toujours les bienvenus ici, quoi qu’en dise cet idiot. Vous pouvez rester le temps qu’il vous sera nécessaire. Si vous avez besoin de nouveaux vêtements ou de provisions, nous vous les fournirons. Je vous dois bien ça, ainsi que toutes mes excuses pour le comportement de certains de mes hommes.

Les yeux brouillés par le chagrin, s’efforçant d’étouffer ses sanglots, Jorgga dévisageait tour à tour les deux étrangers à qui elle devait d’être encore en vie. Au fond, elle ne connaissait encore rien d’eux, pas même leurs noms. D’un geste vif, elle essuya les larmes sur ses joues puis attrapa la main de l’homme qui s’était opposé à Alastar.

- Je m’occupe de ces deux là, trancha la jeune femme.
- Tu es sûre de toi ?

Hilde eut pour toute réponse un silence de plomb. Le jeune chef de village rejoignit en silence le grand hall. Son rôle, s’il comportait des avantages, lui imposait également d’aller voir la famille du défunt pour l’accompagner dans son deuil.

- Je crois que vous me devez des explications, enchaîna Jorgga en forçant l’étranger à se tourner vers elle.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 26 Avr 2020 - 7:05

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Altahir fixait Alastar droit dans les yeux. Oh, il savait qu'il risquait de voir l'hargneux villageois prendre le mors aux dents et de lui tomber dessus, pour défouler sa haine du moment. Mais le Maître Brun serait comment l'accueillir.. Il n'était pas aussi costaud que l'autre, mais il n'était pas démuni d'expérience. Il se retenait juste d'afficher un sourire provocateur, histoire d'éviter de provoquer l'étincelle d'un incendie de colère aveugle. En attendant, il dardait sur Alastar un regard déterminé et qui ne serait pas près à se détourner.

Ce qui empêcha sans doute l'envie d'Alastar de passer aux mains -ou peut être pas-, vu la venue du guérisseur, qui affichait une mine désolée. Il ne perdit guère de temps à faire l'annonce. Quelques secondes après le décès confirmé de Grim, la jeune femme fondit en larmes. Elle venait de perdre un être cher à son coeur. Altahir fut désolé pour elle. Même si Norloth et lui étaient arrivés rapidement sur les lieux, l'avalanche avait réclamé son cruel dû. Par contre, il y en avait un qui ne semblait pas se soucier de la nouvelle et en vint à cracher son venin vindicatif.

Altahir sourcilla devant l'énoncé des dires du fou furieux. Sorcellerie hein... Il reviendrait sur ce fait plus tard. Et d'un ton sérieux, limite cassant, il s'adressa de nouveau à Alastar.

''Je n'ai pas besoin de la connaître pour voir qui les Dieux devraient réellement juger''

De nouveau, le Céleste dût mordre sur sa chique pour ne pas dire le fin fond de ses pensées. Il n'était pas chez lui, et il n'était encore moins de ce village. De plus, il n'était pas connu dans les parages... Donc autant demeurer l'inconnu de passage qui avait présent pour sauver Grim et Jorgga, malgré le décès malheureux du premier.

°Surtout que tu fais preuve d'une témérité que je te reconnais pas. °
°C'est vrai. Mais n'as-tu pas senti en elle le Don ? En plus, elle se faisait battre comme plâtre. °
°Oui, mais reconnais que tu n'avais guère frémi de crainte, à l'idée de peut être en revenir aux mains °
°Oh si, j'ai frémi. Crois moi, j'ai frémi. °

Surtout vu la taille du bestiau qu'était Alastar. Quand à sa menace, il ne put y répondre. Jorrga avait retrouvé l'énergie de l'apostropher. Puis, la conversation fut totalement coupée par l'intervention de leur chef. Altahir en profita pour jeter un dernier regard froid à Alastar et s'en retourna vers Norloth, vers le feu, pour terminer de se réchauffer. Car mine de rien, il avait encore les mains froides. Et quand la plupart des membres présents s'en furent, Hilde s'était retourné vers les deux. Il exprimait sa gratitude, malgré la situation. cela se lisait sur son visage

''Nous vous remercions Chef. Nous n'abuserons pas de votre hospitalité. Le temps de nous réchauffer, que nos affaires sèchent, un peu de repos et nous repartirons. Je suis désolé pour Grim. Pour le reste, ce serait plutôt à moi de m'excuser. ''

Il se préparait à frotter les mains devant l'âtre flamboyant quand une main saisit l'une des siens, avec une petite fermeté. Jorgga s'était rapprochée d'eux et tenait la main d'Altahir. Le Maître Brun avait haussé un sourcil. le chef de village finit par les laisser, pensant que Jorgga, malgré le drame qu'elle vivait, arrivait à les gérer. Après tout, ils étaient leurs sauveurs. Peut être qu'elle voulait les remercier.

Hilde parti, Jorgga parut soudain déterminée, malgré la chagrin qui voilait son visage et ses yeux encore embués de tristesse. Elle avait forgé Altahir à se tourner vers elle.

Norloth s'assura qu'aucune oreille indiscrète ne les écoutait. Il fit sentir à son Lié que personne ne se préoccupait d'eux. En même temps, il était aisé pour le saurien métamorphosé d'observer l'attitude des villageois qui demeuraient encore dans le Grand Hall ; il y en avait plus guère, hormis pour s'occuper du défunt.

''Hum, des explications sur ce que tu as vu et entendu dans la montagne ? N'est ce pas un peu tôt pour aborder le sujet au vue des circonstances que tu viens de vivre, jeune fille ? ''

Entre le choc de l'avalanche, et la perte de son compagnon, aurait-elle encore les nerfs assez solides pour encaisser la vérité de ce qu'elle avait vu ?

''Tu es blessée et tu devrais voir ton guérisseur...''

Quelque chose lui souffla qu'elle ne le lâchera pas aussi facilement. Il hésita pour le coup.

°A toi de voir. Mais n'oublie pas que ce ne sera pas facile pour elle. °

''Tu n'as pas rêvé, tu n'as pas halluciné, tu n'as pas été le jouet moqueur des Dieux ou de je ne sais qui...Ce que tu as vu était bien vrai et l'est toujours. Mais je préférerai en parler plus en avant avec toi une fois que tu auras pris du repos. Crois-moi, tu en as besoin, avant d'apprendre pourquoi tu as pu voir un Dragon...''


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 26 Avr 2020 - 15:48

- Vous n’allez pas partir tout de suite, n’est-ce pas ? souffla la jeune femme.

Jorgga lâcha délicatement la main de l’étranger.
Après tout, il était libre de ses mouvements. S’il le souhaitait, cet homme pouvait disparaître dans la nature à tout moment. Personne ici n’entendrait alors sans doute plus jamais parler de lui. On s’en souviendra comme du héros ayant sauvé la vie de la jeune soeur du chef du village. Un acte gentil, d’une générosité estimée et reconnue, qui avec le temps, comme il arrive en général à toutes les belles histoires à An-Fhuär, tournera à la légende et finira par être complètement oubliée.

- Comme vous l’avez si bien rappelé à Alastar tout à l’heure, je vous suis redevable. Alors ne vous enfuyez pas sans m’avoir laissé l’opportunité de vous rendre la pareille, sans quoi je retournerai la terre, la mer et les cieux pour vous retrouver, vous et votre ami.

***
*

Jorgga resta auprès du guérisseur une grande partie de la nuit. Epuisée, gagnée par la fièvre, elle rejoignit sa couche au petit matin et s’endormit, aussitôt happée par les cauchemars.

Le froid la submerge. Elle sent la neige sur son visage, le goût métallique et entêtant du sang sur ses lèvres, dans sa bouche, les bourrades furieuses de l’avalanche. Ballotée, retournée, coulée, elle tente de lutter pour survivre. Mais elle est de nouveau emportée par une grande vague. Rapidement, son courage abdique. La neige la recouvre, la dévore toute entière dans la douleur glaçante. Bizarrement, cela lui est bien égal. Plus rien n’a d’importance. Plus rien ne compte que le silence et la plénitude qui l’envahissent. Elle ferme doucement les yeux et s’enfonce dans un profond abîme. Lorsque des crocs se plantent dans sa chair et l’arrachent aux abysses, la douleur l’accable. Elle rouvre finalement les yeux sur de hautes et étroites corniches, accrochées au flanc d’un volcan surplombant un vaste territoire où volent librement les dragons. Leurs cris lui parviennent, comme fané. Parfois assourdissants, au point de lui donner la nausée, et parfois en simples murmures qui caressent son âme comme le vent de printemps. Elle ferme les yeux et sombre de nouveau dans le néant.

Elle peut sentir l’effervescence autour d’elle. Elle a chaud. De temps en temps, alors qu’elle ne demande qu’à se reposer, on lui soulève la tête pour faire couler dans sa gorge un liquide brûlant, au goût si familier et particulier, qu’elle recrache aussitôt. Son corps rejette cet écoeurant breuvage. Les silhouettes autour d’elle insistent, encore et encore, jusqu’à ce que son esprit cède. Alors elle pose de nouveau ses lèvres engourdies sur le bord du grand récipient et lutte pour avaler chaque gorgée du liquide amer. Elle plissa les yeux et reprend lentement conscience du monde qui l’entoure. Il y a un visage au dessus du sien. Deux yeux, d’un gris translucide, improbable, la fixent avec anxiété. Jorgga tente de parler mais ne parvient pas à émettre le moindre son. Le guérisseur se fend malgré tout d’un grand sourire et s’éloigne pour crier des mots dont elle ne perçoit que la moitié. D’autres visages, cette fois-ci bien plus familiers, se massent peu après au dessus d’elle. On l’observe, on l’interroge sur son état de santé, on la secoue gentiment. La jeune femme ferme les paupières pour ne plus les voir. Elle se sent à bout de forces et n’aspire qu’à replonger dans son rêve, mais les siens refusent de la laisser faire. Des mains chaudes l’attrapent et la force à se redresser dans son lit. De nouveau, on la force à avaler le breuvage immonde, qui coule dans sa bouche, dans sa gorge, sur son menton. Jorgga entend les voix qui l’encouragent, qui la portent et qui se réjouissent. On l’essuie, la cajole plus que d’accoutumée. Fatiguée, elle ferme les yeux de nouveau.

Jorgga émergea péniblement de son sommeil, sans savoir, dans un premier temps, où elle pouvait bien se trouver. Elle tourna la tête un peu trop rapidement et une vague de nausée lui souleva le coeur. Grimaçant de douleur, elle se redressa sur un coude et regarda autour d’elle. Elle était dans sa chambre, dans le grand hall qui abritait toute la famille Vadrak. Son bras gauche ainsi que sa tête étaient soigneusement bandés, et elle se sentait encore un peu maladroite. Les questions se bousculèrent dans son esprit. Combien de temps avait-elle dormi au juste ? Le village s’était-il remis de la tragédie qui venait de le secouer ? Avait-elle a l’esprit une vérité pure ou des bribes d’un rêve éveillé ? La peau de bête séparant sa chambre de la pièce de vie commune s’écarta en un léger bruissement pour laisser entrer une grande et imposante silhouette. Jorgga plissa les yeux sous l’effet de la lumière avant que la paroi ne se referme. Hilde, qui venait d’entrer, lui sourit.

- Tu es réveillée, enfin.
- J’ai dormi combien de temps ?
- Presque trois jours. Ne t’inquiète pas, le guérisseur dit que tu vas beaucoup mieux. Il s’est occupé de toi jour et nuit. Dis-donc, tu as fait de sacrés cauchemars cette nuit. Tu as l’air terrorisée.
- Avec tout ce qui s’est passé, c’est plutôt normal, tu ne crois pas ? souffla Jorgga, alors qu’elle remémorait les derniers événements, tentant de faire le tri entre ce qui était réel ou le fruit de son imagination.
- Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Jorgga, tu ne parlais pas de lui dans ton sommeil, mais de père. Tu criais son nom. Ça me rappelle vos disputes lorsqu’il évoquait les légendes sur les dragons. Ces histoires pour enfants avaient le don de te mettre dans une colère noire ! Tu ne cessais de vouloir répéter à père que tu n'étais plus une enfant.

Les dragons, hein…
Jorgga fit mine de s’asseoir, mais Hilde lui fit signe de ne pas bouger et s’installa à côté d’elle avant de se saisir d’un récipient d’eau. Le liquide limpide coula dans le verre et la jeune femme alitée se rendit compte qu’elle avait terriblement soif. Elle se saisit du verre et le porta à ses lèvres. Elle pouvait presque sentir l’eau parcourir tout son corps. Elle se souvint alors vaguement d’une autre boisson dont elle gardait encore aujourd’hui le goût amer dans la bouche et fit la grimace.

- Ils sont encore ici, n’est-ce pas ?
- De qui est-ce que tu parles ?
- L’homme...les deux hommes qui m’ont sauvé la vie. Ils sont encore au village ?
- Oui, Jorgga. Il semblerait qu’ils aient pris goût à la vie à An-Fhuär. J’ai demandé au tavernier de leur prêter généreusement une chambre et de leur donner tout ce qu’ils demandent.
- Tu en fais trop, Hilde, rétorqua Jorgga en forçant un sourire. Au fait, je me demandais...tu sais où est né père ? Je crois bien que nous n'avons jamais parlé de cela tous les deux.
- Dans un village plus au sud, il me semble. Il a rejoint An-Fhuär il y a un peu plus de vingt-huit ans. Mais je n’en suis pas sûr. Pourquoi ?
- Juste comme ça.

Le grand chef lui sourit en réponse. Jorgga s’agita alors nerveusement sur sa couche. Il fallait qu’elle se lève et les voit au plus vite.

- Holà, pas si vite Jorgga ! Tu vas d’abord devoir te reposer encore un peu. Et surtout guérir. Ensuite, je te mènerai jusqu’à eux. Rien ne presse que je sache.
- Par tous les dieux Hilde, j’ai dormi trois jours. Je ne supporte déjà plus la vue des murs de cette chambre ! Tu es bien gentil, mais s’il te plait, laisse moi aller respirer de l’air frais.
- Comment les gens ont pu douter de ton ascendance avec un caractère pareil ?

***
*

Jorgga se vêtit à la hâte et les chercha des heures durant. Elle arpenta les ruelles, les impasses, les prés destinés aux élevages et même les abords du lac, sans grand succès. Alors que le soleil était au plus haut dans le ciel, elle était encore dehors et toujours au même point : aujourd’hui, personne n’avait vu les deux “étrangers”, comme les villageois d’An-Fhuär se simplifiaient à les surnommer depuis leur arrivée.
Fatiguée et découragée, Jorgga remonta jusqu’à la grande place dans l’espoir d’y trouver des réponses. Un pêcheur l’informa qu’ils étaient peut-être allés prêter main forte à un petit groupe de villageois pour rassembler un peu de bois en prévision des nuits glaciales à venir. L’hiver, le vrai, approchait à grands pas, et avec les derniers événements, le village avait pris du retard dans le stockage des fagots. Deux paires de mains supplémentaires n’étaient donc pas de trop pour assurer à tous un hiver bien au chaud.

Plus elle grimpait dans la montagne, plus le paysage devenait boisé. Jorgga finit par laisser derrière elle toute trace de civilisation. Lentement, presque timidement, la jeune femme reprit confiance en la montagne. Elle sentait le sommeil hivernal qui pesait sur les plantes ; le petit ruisseau attendait sagement le retour du printemps pour entamer de nouveau son grand et long voyage vers l’océan lointain. Cà et là, de grosses pierres se dressaient, dont certaines faisaient la taille d’un bœuf, d’autres celle d’une petite maison. L’étroit sentier qu’elle suivait était emprunté par les humains comme par le gibier, mais en nombre relativement réduit. La végétation dense, la raideur de la pente et la neige risquaient généralement de pousser les hommes à s’éloigner de la voie tracée. Le chemin déboucha finalement sur une petite clairière, coincée entre les flancs escarpés de la montagne. Plusieurs bûcherons s’affairaient autour d’un arbre très imposant, très fier. Il s’agissait d’un pin énorme, robuste, presque élégant. Beaucoup d’arbres étaient déjà étendus au sol. Les autres frémissaient sous les coups de hache et, en tombant, poussaient un cri de toute leur ramure.

Elle l’aperçut enfin. Les mains noires de boue et de poussière. Son esprit se fit alors plus léger. Tout au fond de son âme raisonnaient les paroles de cet homme. “Tu n'as pas rêvé, tu n'as pas halluciné, tu n'as pas été le jouet moqueur des Dieux ou de je ne sais qui...Ce que tu as vu était bien vrai et l'est toujours.” Jorgga se sentait envahie du désir irrépressible de satisfaire sa curiosité, comme si c’était là le seul remède pour lui faire oublier son chagrin.

- Vous n'êtes pas obligé de faire tout ça, souffla Jorgga en s'approchant de l'étranger. Mais c'est très gentil de votre part.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMar 28 Avr 2020 - 20:51

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La question que posa la jeune femme était aux antipodes de à quoi s'était attendu le Céleste. D'ordinaire, les potentiels aspirants posaient des tonnes et des tonnes de questions quand à la présence du dragon et bien d'autres choses. Mais là, la jeune femme souhaitait seulement ne pas les voir partir ; du moins pas dans l'immédiat. Elle avait libéré sa prise sur sa main, lui rendant d'une certaine façon sa liberté. On pourrait penser qu'elle lui laissait le choix de prendre la décision de rester, ou de partir... lui faisant déjà confiance. La décision finale appartenait au Céleste.

Il était vrai qu'Altahir réfléchissait déjà à peut être partir. Il était indécis, car même si la jeune femme était Douée, elle était très impétueuse et sur le coup, il doutait d'être capable de la former comme il le faudrait. Il faut dire qu'il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas eu d'aspirant. Serait-il à la hauteur ? Il serait plus facile de partir, tout en demandant à Norloth d'effacer la mémoire de la jeune femme qui concernait les souvenirs proches concernant la vue du dragon sous sa forme originelle. Oui ce serait plus facile...

°Trop facile même et indigne de toi. Quand cesseras-tu de te marteler le cerveau de la sorte ? Flarmya nous a mis sur sa route, ce n'est pas pour l'abandonner à son sort°

Altahir grommela mentalement. En effaçant sa mémoire, la jeune femme n'aurait pas pu suivre sa promesse...Mais Norloth avait raison. La laisser ici, alors qu'elle n'avait peut être plus rien hormis le soutien de son village contre le dénommé Alastar qui serait capable de se venger sur elle... Non, il ne pouvait pas partir comme cela.

''Ne fais pas de promesses que tu ne pourras pas réussir à tenir, même avec la meilleure des volontés. Là où je peux me trouver, tu ne pourrais me suivre. Du moins, maintenant. Mais je ne vais pas partir, si cela peut te rassurer.

Cela fait, et une fois Jorgga partie, Altahir perdit son regard dans l'âtre chaleureux où crépitait un bon feu nourri de grosses bûches de la forêt proche.

°Que comptes-tu faire maintenant ?°
°Rester. Mais pour ce soir, voir comment je peux me soûler un peu... °

******

Durant les trois jours qui vinrent à passer, en attendant donc la future et possible aspirante, Altahir avait de quoi trouvé à s'occuper. Même s'il avait eu de la part du chef de village une chambre où se loger, il tenait à se rendre utile. Profiter de l'hospitalité n'était pas son genre ; sauf chez les gens qui méritaient d'être abusés. de plus, il ne douterait pas un seul instant qu'Alastar chercherait tous les prétextes pour le nuire. Il était presque dommage que le Céleste ne l'avait pas juste touché du doigt... ou eu un petit morceau de tissu lui appartenait. Il aurait pu ''pister'' sa présence et donc l'esquiver. Mais, bon, au final, Altahir ne devait guère s'en soucier. Il avait d'autres affaires à se préoccuper.

Donc, il avait très vite apporter sa modeste contribution auprès des habitants. Il n'avait pas de grandes compétences, vu qu'il était plus doué pour la chasse à la prime et d'autres activités peu recommandables dans le genre -tant que cela ne demandait pas de tuer des gens-. Mais il avait le physique suffisant pour apporter deux bras capables de tenir l'effort et de porter de la masse.
Ainsi donc, il aida à aller couper d'imposants troncs d'arbres, qui poussaient lentement, très lentement sur les flancs de la montagne balayés par le vent glacial.

Norloth lui, s'absentait le temps nécessaire pour se reposer de sa métamorphose en humain, prétextant de partir à la chasse. Il mettait des fois une bonne journée, revenant avec un chamois bien en chair ou un jeune bouquetin. C'était justifié au vue de la difficulté de chasser ce genre de gibier montagneux.

Au troisième jour, quand Jorgga rejoignit le petit groupe de bûcherons, elle sut rapidement trouver Altahir, qui terminait de débiter une solide et épaisse branche, à coup de hache. Même s'il portait des vêtements adaptés à la montagne, on savait rapidement voir au premier coup d'oeil qu'il n'était pas du coin? En le comparant aux villageois occupés à débiter le bois ou à donner de puissants coups de hache tranchante à des arbres encore debout, il était quelque peu plus sec, moins en masse musculaire. Mais il ne rechignait pas à l'effort. Quand il aperçut la jeune femme, il était en train de passer le revers de sa main à son front, pour en chasser la sueur, tout en évitant de se salir, vu l'état dans lequel il se trouvait.

''Bien le bonjour fillette. On dirait que ça va beaucoup mieux...Vu que tu as su monter jusqu'ici. Quand à apporter mon aide. C'est ça où je tournais en rond comme une chèvre dans son pré...Et puis, garder la forme est important. Je pense que tu le sais déjà''

Etait-ce une forme de leçon ? On dirait bien.

''Es-tu rassuré de voir que je suis toujours là ? Diantre, il y avait bien longtemps que je n'avais bûcheronné...''

La belle excuse que voilà qu'il osait sortir. Maintenant, restait à voir ce que la jeune femme allait faire. Car, elle n'était pas monté jusqu'ici pour rien. Elle avait forcément une idée derrière la tête.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMer 29 Avr 2020 - 22:12

- En effet, monsieur, je suis rassurée que vous ne soyez pas reparti là où même une promesse ne me permettrait pas de vous retrouver, plaisanta Jorgga en s’appuyant contre le tronc d’un arbre. Mais pour être sincère avec vous, depuis que je vous ai rencontré, je crois que je suis prête à croire n’importe quoi.

La dernière fois qu’elle était venue dans cette clairière, elle était accompagnée de son ami. Gagnée par de douloureux souvenirs, Jorgga ressentit l’envie irrépressible et insaisissable de l’avoir de nouveau à ses côtés. C’était la première fois qu’elle repensait vraiment à lui depuis qu’elle avait repris conscience. Non seulement elle éprouvait pour Grim une infinie reconnaissance, mais il lui manquait terriblement. Il était sans nul doute le meilleur homme qu’elle n’ait jamais connu, un des rares qui lui avaient donné autant d’amour. Elle l’avait aimé de tout son être, sans jamais avoir osé le lui dire, au point même de ne pas envisager une seule seconde de tomber amoureuse de quelqu’un d’autre. Comment pouvait-on relever la tête après avoir sombré dans pareil abîme ? Comment reprendre une vie normale avec autant de questions restées sans réponse ?

Sa gorge se noua et son coeur se mit à cogner dans sa poitrine comme s’il cherchait à s’en échapper. Quelque soit le dessein des dieux, il appartenait à elle seule de décider de ce qu’elle devait faire. Et quelque soit sa décision, elle devait être la seule à la prendre et la seule à en subir les conséquences.
La jeune femme se courba sous un poids qui lui semblait bien trop lourd à porter. Pour le moment, le chagrin était bien trop grand pour songer à l’avenir. Chaque instant qui passait depuis ce terrible accident pesait des tonnes. Jorgga avait la désagréable sensation d’être écrasée sous le poids de la culpabilité. Les gouttes du temps continuaient de s’écouler paisiblement, faisait fi de sa douleur et de sa peine, l’obligeant à affronter la réalité qu’elle essayait d’éviter de toutes ses forces.

- Je commence seulement à prendre conscience de ce qu’il s’est réellement passé ce jour-là, dans les montagnes, souffla Jorgga, en posant son regard sur les bûcherons dont les haches fendaient le bois des arbres. Mes cauchemars et la réalité se mélangent dans ma tête. Tout semble tellement irréel.

Ses doigts jouaient nerveusement avec la broche en forme de hache qui maintenait fermé le col de sa cape.

- Avant votre arrivée, je croyais dur comme fer que les dragons n’étaient que les personnages des histoires contées par les adultes au coin du feu pour faire peur aux enfants. Jorgga s’arrêta un instant, semblant hésiter à continuer. Mais parfois, certains y croient avec tant de force qu’elles semblent alors soudainement prendre vie dans leurs yeux.

De plus en plus troublée, la jeune femme chercha le regard de l’étranger, espérant y trouver des réponses. A ses yeux, Atholf n’avait toujours été qu’un sombre menteur, un dissimulateur, un manipulateur, un donneur d’ordres tantôt agaçant, tantôt redoutable, tout particulièrement lorsqu’il se mettait en colère. Mais, en dépit de ses nombreux défauts, il était aussi réputé pour son courage, sa bravoure et sa grande force, qui avaient permis de préserver le village d’An-Fhuär de l’hostilité grandissante de ses plus proches voisins.

- Quand je pense que j’ai traité mon père de fou pendant toutes ces années ! Ce que j’ai vu ce jour-là était réel n’est-ce pas ? Aussi réel que vous et moi ? Comment se fait-il que les dragons ne soient pas connus de tous ? Comment se fait-il qu’ils ne soient que des légendes pour la plupart d’entre nous ? Comment peut-on ignorer l’existence de créatures aussi majestueuses que puissantes ?


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMer 6 Mai 2020 - 10:06

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
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''Vraiment prête à tout croire ? ''

La question était dite sur un très léger ton plaisantin. D'ordinaire, il y allait plus vivement, dans ce genre de ton. Mais avec ce qu'avait vécu la jeune femme, c'est à dire il y a moins de quelques jours, il ne tenait pas à passer pour un rustre ou un impoli. Même si la jeune montagnarde paraissait taire sa douleur intérieur, pour paraître forte et bien décidée à avoir les réponses à ses nombreuses questions. Enfin, presque forte en fait. Car bien des émotions trahissaient les pensées en apparaissant un peu sur son visage. Altahir fit comme s'il n'avait rien vu. Par contre, il ne pouvait pas demeurer sans rien dire en la voyant se recroqueviller un peu sur elle.

''Tu aurais du rester au village, le temps de terminer de te reposer tu sais. Tu n'aurais eu qu'à guetter ma venue avec le retour avec ces hommes''

Dit comme cela, c'était comme s'il était déjà un habitué du village. En même temps, le maître-brun ne rencontrait guère de soucis quand à s'incruster quelque part. En même temps, prêter main forte à un village en usant de sa force physique pour des tâches comme couper du bois, forcément, ca donnait quelques approbations positives. Si on omettait le fait qu'il avait sorti Jorrga et son défunt compagnon de la neige dévoreuse bien entendu.

Puis la jeune femme s'exprima, veillant visiblement à ne pas se faire entendre de ses pairs, occupées à fendre les troncs tombés à terre après avoir subi les coups de hache. Elle termina avec bien des questions, celles devenues très classiques aux oreilles d'Altahir. Il la regarda, tout en reprenant sa hache en main. Il devait terminer sa tâche, car mine de rien, il ne voulait pas paraître lambiner aux yeux des autres bûcherons Mais, il n'allait pas esquiver les interrogations de la jeune rescapée. Par contre, il ne reviendrait pas sur son drame. Elle en avait déjà bien assez conscience pour devoir enfoncer cela dans son coeur meurtri.

''Ce que tu as vu était bien réel. Tu as vu Norloth sous sa véritable forme. Je suis bien là et je confirme que les dragons ne sont pas des légendes. Et si nos chers amis volants passent pour des légendes à travers le monde, c'est parce que c'est voulu ''

Il leva sa hache et l'abattit avec force sur sa grosse bûche à fendre. Bien que c'était du pin, le bois était costaud, car encore très frais et les arbres poussant dans les montagnes ne pouvaient qu'être aussi rudes que le climat de cette région.

''C'est voulu et lié à une période obscure de notre histoire, qui est devenue elles aussi d'autres légendes hors de celles dites et narrées sur les dragons. Et si le monde entier ignore leur existence, c'est parce qu'ils sont là où le reste du monde ne peut pas les voir. Le monde est vaste et nous nous trouvons dans une contrée inaccessible, sauf par malchance quand on prend la mer... et encore. Si on survit au naufrage..  ''

Il abattit une seconde fois son outil de travail plus fortement sur le bois, provoquant un ''tchac'' plus violent''

''Et puis, il y a le fait que les dragons ont le pouvoir de se transformer en personne, comme toi, comme moi. C'est plus discret pour se ''promener'' parmi les communs. Et visiblement, du peu que tu causais de ton père, il a déjà vu des dragons, n'est ce pas ? ''

A se demander d'où venait son paternel... Avait-il fui un Kaerl, avait-il déjà vu un dragon en vrai ? Un ancien aspirant à qui on n'aurait oublié d'effacer la mémoire ? Il abattit une énième fois sa hache sur la bûche, réussissant à la fendre sur les trois quart de sa longueur. Enfin, il l'avait eu cette garce ! Bon, concernant son père, peut être que ce n'était pas le moment de demander plus de détail. Il revint sur le sujet du Don.

''Et peu de personnes peuvent ''entendre'' un dragon. c'est aussi pourquoi nous ne sommes guère présents dans le monde, sauf pour chercher des gens comme toi... qui sont comme moi, capable de parler à l'un des membres de leur espèce.... de devenir un chevalier-dragon et de te lier à ton.... âme soeur draconique.  ''

Allait-il la perdre et passer pour un fou ?


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 20:24

- Vous savez, mon père racontait bien des choses lorsqu’il était ivre, souffla Jorgga, le regard perdu dans le vide.

An 912. Continent d’Undomë. De nouveau, elle a dix-sept ans.
La pâle douceur des rayons du soleil chasse le rigoureux hiver des monts. La brise embaume le pollen des fleurs sauvages sur la grande colline et la saveur exquise de l’hydromel délie les langues et chauffe le sang des hommes. En cette belle année de printemps chantant, Atholf Vadrak, chef hors norme mais estimé du village d’An-Fhuär, organise un fabuleux banquet en l’honneur des récentes fiançailles de son fils aîné, Hilde. Malgré l’euphorie des réjouissances, le son entêtant du tabour et de la flûte et l’abondance de nourriture, Jorgga ne parvient pas à s’amuser. Mêlée aux conversations assommantes des convives, la jeune femme entend retentir à plusieurs reprises, presque intact, le rire si particulier de son géniteur. Ivre, comme possédé par un esprit fou, il est animé d’un feu particulier et brûlant, tandis qu’il conte, pour une énième fois, la légende des chevaucheurs de dragons. Tentant tant bien que mal de contenir son exaspération et de se changer les idées, Jorgga s’applique à détailler avec attention les convives attablés à ses côtés, en particulier les guerriers du village allié de Pakoüh. Les beaux tatouages bleus qui recouvrent une bonne partie de leurs visages se teintent par moment d’une étrange couleur violacée à la lueur du grand feu de joie, lui évoquant de délicates cicatrices. Mais les délicieux motifs s’animent soudain sous les expressions de colère ou d’agacement de leurs porteurs. Aidé de quelques coupes d’hydromel et de bières supplémentaires, Atholf finit par se laisser aller à davantage de fanfaronnades et mensonges innommables, au plus grand désarroi de son public. Il rit toute la soirée, brailla de folles chansons paillardes et les refrains de légendes anciennes, faisait fi des crispations. Il se battit avec certains de ses hommes, engloutit plusieurs morceaux de gibier rôti et vola même un ou deux baisers à quelques jeunes filles peu farouches. Pourtant, ce soir là, il n’échappa pas à Jorgga que le contact de leurs lèvres ne lui procurait pas autant de plaisir que l’évocation des créatures de légende.

- Nous le prenions tous pour un fou.

La jeune femme tenait à peine en place. Elle entrelaça nerveusement ses doigts, cherchant à rassembler ses souvenirs.

- Il n’avait que ce mot à la bouche : dragon. Combien de fois, abattu par l’ivresse, la folie et la fatigue, a-t-il fièrement évoqué de hautes et étroites corniches, accrochées sur les flancs d’un volcan et surplombant un puissant royaume ? Une terre vivante, aux roches nues et enflammées, habitée par les hommes et les dragons ? Combien de fois encore son visage s’est-il illuminé lorsqu’il se souvenait de ses exploits de guerre ? Du souffle du vent dans ses longs cheveux noirs, tandis que sous les rayons de la lune et d’un puissant battement d’ailes, un dragon le conduisait haut dans le ciel ? Et de ce lien si fort qui l’unissait à l’une de ces créatures en particulier ?

Jorgga se leva et se mit à arpenter la clairière, passant une main dans ses longs cheveux noirs d’un geste rageur.

Elle avait soudain l’estomac noué. Combien avant elle avaient perdu leurs proches, leurs parents ou leurs enfants ? Et combien étaient morts, victimes injustes de la guerre ou de la maladie ? Bien d’autres succomberont encore. Foutu destin. Au fond, il était peut-être totalement honteux de sa part de se lamenter sur elle-même alors que tant d’autres enduraient les mêmes souffrances, voire pire. Pourtant, Jorgga ne pouvait s’empêcher de fléchir sous le poids de son malheur, ses sanglots intérieurs résonnant dans sa tête comme un océan de regrets. Depuis la mort de Grim, il ne lui restait plus que sa vie, et celle-ci ne signifiait plus grand chose à ses yeux, sinon une longue condamnation à la souffrance et au chagrin. Face à un martyre dont elle n’entrevoyait pas la fin, la jeune femme trouvait pourtant auprès de son bienfaiteur une certaine forme d’échappatoire.

- Cet homme, malgré l'apparente assurance qu’il dégageait, semblait brisé. Il était peut-être réellement fou.


Elle croyait être prête à tout entendre, à tout supporter. A tout affronter surtout. Mais l’était-elle vraiment ?

- Je ne suis pas sûre de bien comprendre et d’être prête à entendre tout ce que vous avez à me dire. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de me poser mille questions. Qu’est-ce que j’ai de si spécial pour faire partie de ces gens que vous cherchez ? Vous m’avez bien regardé ? Je ne suis pas...je ne suis pas comme vous. Je ne sais pas parler aux dragons ! Je n’ai rien de plus que les autres, sinon cette formidable capacité à faire du mal à ceux qui m’entourent ! Et je ne veux plus faire le moindre mal, encore moins à celui à qui je dois la vie ! Croyez-moi, vous gagneriez beaucoup à me laisser ici. Sauf si vous espérez que le ciel vous tombe un jour sur la tête.


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Peddyr Thelrand
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeVen 8 Mai 2020 - 21:58

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Tout en tenant fermement le manche, il écarta avec l'aide de la part métallique de la hache le morceau de bois qu'il avait enfin réussi à fendre. Il en restait encore plusieurs autres et il se demandait quel sera le niveau de crampes à la fin de la journée. Norloth aurait été là, il se serait bien fichu de sa trogne. Mais le dragon n'était pas encore là. Peut-être était-il sur le retour avec un bon gros gibier. Il avait presque hâte de faire ripaille et de se remplir la panse avec quelques chopes bien alcoolisées. Mais ce n'était pas le bon moment. Pour l'instant.

Car visiblement, la jeune femme n'était pas totalement dans son assiette. Comment pourrait-on le lui reprocher en même temps, vu ce qu'elle avait vécu ? Et quand elle parlait de son père et de ses histoires, il y prêta la plus grande des attentions, convaincu qu'il aurait bien des réponses quant à son comportement de la dernière fois, quand il l'avait extirpée de l'avalanche.

Et c'est ce qu'elle fit. Elle résumait ce que son paternel racontait après s'être pris une bonne dose d'alcool. Aux dires de la jeune femmes, aux détails qu'elle apportait, il n'y avait pas de doute quant à l'origine de son père. Ce dernier avait été lié à un dragon. et pas des moindres. Un volcan.... Il n'y avait qu'un Màr qui vivait près d'un volcan : c'étaient les Ardents. Rien que de comprendre cela, il ne put s'empêcher de tirer une légère grimace. En même temps, la jeune montagnarde avait commencé à arpenter les lieux proches, limite à tourner en rond. Cela la travaillait, c'était évident.

La suite qu'elle narra apporta un complément d'information. Il ne put s'empêcher d'avoir l'estomac se nouer. Il espérait qu'une chose : qu'il ne perdre jamais son dragon. Le père de cette possible aspirante avait dû perdre son lié durant les guerres kaerliques et avait réussi à survivre à la mort du dragon, trouvant une raison de vivre ailleurs, même si le passé venait à le rattraper et qu'il avait dû essayer de le noyer dans l'alcool. Par les Dieux.... songea-t-il alors. Il était tombé sur la fille d'un ancien Ardent.

Mais ce n'était pas cela qui changerait ce pourquoi il était encore présent. Cette fille avait le Don et peu lui importait son ascendance. On ne choisissait pas la voie de sa lignée.

Il porta la hache à son épaule, bien décidé à e pas fournir plus d'efforts. En même temps, la journée était bien avancée quant au travail à faire aujourd'hui.

''Et si tu restes ici, qu'est ce que tu aurais à y gagner dis moi ? ''

la question pourrait paraître un peu soudaine et un peu brutale aux premiers abords.

''Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie, mais qu'as-tu maintenant qui vaille le coup de rester vivre ici ? Je ne doute pas de l'amour ''fraternel'' que te porte le chef du village, mais la vie m'a appris que tout finit par nous rattraper. Surtout avec l'autre crétin qui a cherché à te faire ramasser des cailloux sur le coin de la tête par les gens de ton propre village. Heureusement qu'ils se sont montrés plus intelligent que lui, mais cela pourrait ne pas durer.  Tu as une capacité que je n'ai pas encore découvert et qui chez moi s'appelle la magie. Car pour moi, c'est cela, tu as un peu de magie en toi. Les tiens ne sont pas à même de comprendre cela, mais crois moi, cela se maîtrise. On sait apprendre à des gens comme toi à contrôler ce qui passe pour de la superstition. ''

Il gardait une posture droite, pour afficher le sérieux de ce qu'il abordait comme sujet. En même temps, cela l'était. Restait à déterminer si elle désirait suivre la voie qui s'ouvrait à elle ou si elle le refuserait. Dans le dernier cas....

''Tu n'es pas quoi, dis moi ? Ton père était un lié à un dragon. Il a connu cela et des circonstances assez particulières si ce n'est tragique ont fait qu'il a perdu son dragon. Ce que tu me décris, c'est une âme à la limite de la folie suite à la perte de sa moitié draconique. Je suis peut être direct, mais au moins tu apprends les raisons de sa folie. Quant à savoir si je t'ai bien regardé... ''

Il ne put s'empêcher de glousser.

''Je te rassure, je me moque pas de toi, mais j'étais pire que toi, à se demander comment Norloth a pu voir quelque chose de valable en moi. Et pourtant. Ne dénigre pas ce que tu as de valeur en toi. Tu ne le sais juste pas encore, c'est tout. Ensuite... tu ne sais pas parler aux Dragons... Tu as déjà entendu les paroles de Norloth dans ta tête après l'avalanche. Donc tu sais déjà. Cela se perfectionne pour le reste. ''

Il jouait des doigts sur le manche en bois de sa hache, histoire de paraître un peu détendu. Mine de rien, il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas tenu un tel discours.

''Tu as vécu une sale situation et tout récemment. Le chagrin te pèse, même si tu cherches à le dissimuler. C'est tout à ton honneur, mais cela est bouffant sur l'âme et le coeur. Crois moi. Je ne sais rien des rites funéraires de ton peuple, mais ne refoule pas la tristesse qui te prend. Ce sera plus facile. Sinon, si cela peut te rassurer, je me suis déjà pris le ciel sur le coin de la tronche. Donc aucun risque que tu fasses pire que ce que j'ai connu. ''

Il n'en dit pas plus, mais on voyait que cela assombrissait un bref instant son regard. Il était clair qu'il avait vécu un sale truc.

''La vie n'est jamais facile, tu sais... L'avenir t'appartient dès maintenant. A toi de voir si tu veux aller de l'avant en suivant ce que Flarmya t'offre ou si tu veux demeurer ici. Chose certaine est que si tu veux préserver les tiens du ''mal'' que tu prétends apporter sur eux, le mieux serait de me suivre et découvrir la nouvelle existence qui s'offre à toi. Mais toi seul doit prendre la décision définitive.  ''


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 10 Mai 2020 - 21:53

Les paroles du chevaucheur de dragons la touchèrent au plus haut point, la laissant sans voix et au bord des larmes. Pourquoi fallait-il qu’il lui dise des choses aussi gentilles ? Des mots qui réconforteraient le cœur de n’importe quelle personne qui se sent au bord du gouffre ? Jorgga se mordit la lèvre inférieure pour l’empêcher de trembler, tandis que son cœur battait de plus en plus fort dans sa poitrine. Aussi butée soit-elle, la détermination et l’aplomb dont fit preuve cet homme eurent finalement raison de ses derniers remparts et firent couler des larmes brûlantes le long de ses joues rosies par le froid de la montagne. Elle n’avait, à dire vrai, pas l’habitude de pleurer en présence d’un étranger. C’était une battante, qui préférait de loin l’action à la réflexion et ne se laissait jamais abattre par les obstacles qui se dressaient en travers de son chemin. Elle était brave, efficace. Même son père le reconnaissait volontiers lorsqu’il était encore de ce monde. Il disait souvent que c’était une qualité qui la rendait indispensable à An-Fhuär, quoi qu’en pensent les villageois. Outre son père, son frère, ou encore Grim, Jorgga n’avait jamais eu personne pour la protéger ou l’estimer à sa juste valeur. Partie de presque rien, elle sortirait peut-être, grâce à cet homme, plus forte de cette terrible épreuve. Mais avant tout, elle devait faire un choix qui n’apparaissait pas comme une évidence.

Le ciel déclinait lentement dans le ciel et l’un des bûcherons quitta le petit groupe qui travaillait de l’autre côté de la clairière. S’approchant lentement, il ignora volontairement Jorgga. Surprise par cette intrusion inattendue, la jeune montagnarde sécha ses paupières du  revers de son poignet. Elle comprit rapidement que cet homme était parfaitement conscient de sa présence, et se raidit devant l’antipathie qui transparaissait sur son visage. Et le mot antipathie était encore bien en dessous de la réalité. Einer semblait la détester. Jorgga savait qu’elle n’avait jamais été d’un abord particulièrement facile, en particulier depuis qu’il lui semblait deviner l’indifférence ou la défiance dans le regard de chacun des villageois d’An-Fhuär. Pour autant, elle ne comprenait pas ce qu’elle avait fait pour s’attirer le mépris de cet homme en particulier. A moins qu’Alastar ne soit pas totalement étranger à cette soudaine montée d’animosité.

- La journée est bien avancée, et grâce à toi, nous aurons bien assez de bois pour tenir tout le long de l’hiver, souffla l’homme, le regard fuyant. Nous allons redescendre au village. Ne traîne pas trop dans ces montagnes, la nuit ne devrait pas tarder à tomber et les loups sont affamés. Ils ne feraient qu’une bouchée de toi. Plusieurs de nos chèvres se sont fait dévorées, et hier encore, c’est l’un de nos meilleurs chasseurs que nous avons retrouvé en lambeaux dans le sous-bois.

Le jeune bûcheron s’éloigna, sans même porter un regard à Jorgga.
De nouveau, la jeune femme essuya ses larmes qui continuaient de couler toutes seules. Plus le temps passait depuis la mort de Grim, moins elle avait envie de remettre les pieds au village. Rien d’autre ne l’attendait là-bas, qu’une existence entière consacrée à se faire pardonner un crime inexpiable, à tenter de contenir une magie redoutable et incontrôlable, ou encore à fuir le regard suspicieux des villageois qui ne désiraient plus sa présence parmi eux. Depuis trop longtemps déjà, elle comptait sur Hilde ou Grim pour accourir à son secours et la protéger des autres ou d’elle-même. Elle devait désormais apprendre à ne compte que sur elle-même. Ou tout du moins, ne pas systématiquement dépendre de ses proches pour se sortir du pétrin.

- Emmenez-moi avez vous, murmura Jorgga. Par pitié, emmenez-moi très loin d’ici.

Ce chagrin, cette colère qu’elle gardait profondément en elle, lui dévoraient l’âme et le cœur. Alors, pour la première fois depuis la mort de Grim et malgré une présence étrangère, elle hurla. La tête renversée, elle hurla jusqu’à ce que ses poumons et sa gorge ne supportent plus cet effort nouveau, et que ses cris ne se transforment en gémissements désespérés. Haletante, elle se laissa finalement tomber dans l’herbe, noua ses bras autour de ses genoux tremblants et contempla la clairière. Comme les larmes lui brûlaient les yeux, elle pencha sa tête pour frotter ses yeux sur la fourrure de sa cape. Les cheveux lui balayaient le visage tandis que le vent se levait dans la montagne, mais elle n’avait pas la force de les repousser. La jeune femme avait maintenant ce désir incoercible d’aller voir ailleurs comment le monde tournait. Ce farouche besoin, alimenté par le regret, la peur et la douleur, d’aller se frotter à de nouveaux territoires. Là-bas, où personne ne connaissait ni son passé, ni ses crimes. Mais plus que tout, elle n’avait qu’une envie : fuir. Fuir très loin. Fuir le plus rapidement possible ces terres pour ne pas avoir à assumer tout ce qu’impliquait la mort de Grim : les funérailles, le chagrin, le doute...

- Je sais que cela va vous paraître étrange, mais j’aimerais ne pas être contrainte de repasser au village avant notre départ. Dire adieu à ma famille sera bien trop dur. Et puis, je ne veux pas qu’ils conservent de moi l’image d’une femme triste et abattue. De plus…

De plus, ce soir, le village célébrait les funérailles de Grim Turgis.

- ...je ne suis pas prête à lui dire au revoir. J’ai tué cet homme. De quel droit je pourrais…

Sa gorge se noua. Elle se remit à trembler.
Par tradition à An-Fhuär, on célébrait la mort comme on célébrait la vie : de manière grandiose. Les prêtres, couverts de peintures colorées, bijoux en os et fourrures, invoquaient les dieux. Puis les villageois sacrifiaient des animaux par dizaine, versant leur sang rougeoyant dans de grands récipients en bois taillé, avant d’y tremper leurs lèvres et de boire à grandes gorgées le liquide encore chaud. Enfin, on brûlait le corps du défunt, après avoir déposé aux côtés de la dépouille les objets qui lui avaient appartenu depuis la naissance : bijoux, armes, équipements de cavalier...
Bien qu’elle ait grandi dans le respect des traditions, Jorgga ne s’était jamais habituée à ces cérémonies morbides, à ce malaise profond que l’on ressent face au cadavre dont la chair crépite au contact des flammes, aux prières douloureuses qui guident l’âme du défunt vers des rivages plus paisibles, loin des êtres qui lui sont chers et qu’il laisse derrière lui. Honnêtement, elle ne se sentait pas capable d’affronter cette nouvelle épreuve.

- Je ne sais pas quel est le destin que les dieux me réservent, mais je ne pense pas que je le trouverai ici.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeLun 11 Mai 2020 - 18:35

[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
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Et Altahir ne put rien rajouter d'autres, si ce n'était de laisser la jeune femme commencer à digérer ce qu'il avait pu lui révéler. Peut être que ses paroles avaient été dures quand à la réalité qu'elle devait choisir. La suite de son destin était entre ses mains ; il ne pouvait l'obliger à déterminer sa voie de vie. Donc, limite impuissant à la consoler, il ne pouvait que lui adresser un regard désolé quand les larmes coulaient le long des joues de la rescapée de l'avalanche. Mais ainsi était la réalité... Et elle parut jouer dans le sens du possible destin de Jorgga quand un des bûcherons s'approcha du duo. A voir le coup d'oeil qu'il jeta sur l'instant à sa congénère, Altahir n'avait pas besoin de plus de détails pour comprendre. Juste cela suffisait à comprendre que Jorgga souffrira si elle demeurait dans son village. Peut-être y avait-il l'influence d'Alastar... Altahir ne saurait le dire.

Faisant comme s'il n'avait rien remarqué, vu qu'il n'était qu'un étranger après tout, il acquiesça à la remarque du jeune bûcheron.

''De rien, pour le coup de main. Apporter de mon aide était l'essentiel. J'en ai que pour un instant encore, le temps d'empiler ce que j'ai débité et je rentre''

Puis, le Maître regardait l'homme s'éloigner, attendant qu'il soit assez loin pour s'assurer qu'il n'y aurait pas un changement d'avis ou pour s'en prendre à Jorgga. On pouvait contenir une certaine tension au sein de son coeur, mais quand celui-ci débordait, il ne pouvait qu'exploser, pour faire jaillir tout ce qu'il avait pu retenir. Heureusement, rien ne se produisit. Altahir ne put s'empêcher de sourciller à la pseudo surveillance qu'il avait eu. Cela avait été une réaction instinctive. Il n'aurait pas dû l'avoir. Sans doute qu'il passait trop de temps hors du Màr Menel à faire ses magouilles et ses contrats de seconde zone. Il était vraiment temps qu'il fasse moins de virée. Et tant pis pour le contrat en cours.

Il posa à nouveau son regard sur la montagnarde, qui craqua. D'abord, elle hurla une frustration trop longtemps refoulée, avant de se laisser tomber sur le sol herbeux et de quasi se prostrer, en serrant les genoux contre elle. Le Maître Brun décida de pas la laisser ainsi. Il avait abandonné sa hache pour se rapprocher et pas une main ferme et rugueuse sur l'épaule de la jeune femme. Il pouvait sentir la tension musculaire sur celle-ci. Puis, elle s'exprima, évoquant ses craintes. Il la comprenait, mais ce n'était pas en fuyant qu'elle trouvera plus tard la paix. Et il attendit qu'elle ait tout dit, jusqu'à presque confirmer le choix de suivre ce que le Destin lui avait mis au travers de sa douloureuse voie d'existence.

''Comment pourrais-je t'abandonner alors que j'ai moi même proposer une autre vie, ailleurs, loin de ces terres ? Je comprends que tu ne veuilles pas être présente ce soir au dernier voyage de ton ami, car c'est plus le poids du regard des autres, leurs possibles reproches que tu as peur d'affronter, pas de dire au revoir une dernière fois à l'homme qui était ton ami... enfin.. c'est mon avis''

Il était mal placé pour imaginer toute la douleur et la souffrance qu'avait connues Jorgga, mais elle ne pouvait pas partir comme cela. Pour lui, elle pourrait regretter ce choix là toute sa vie. Sa main était toujours posée sur l'épaule de la jeune femme.

''Ceux qui ne t'apprécient pas s'attendent déjà que tu ne viennes pas, ce qui ne fera que renforcer l'image qu'ils ont de toi. Ceux qui t'apprécient, ceux qui t'aiment dans ce village, s'attendent eux, à te voir présente. Fais le pour eux, fais le une dernière fois pour Grim. Et cesse de dire que tu l'as tué. L'avalanche est du fait de la nature, de la montagne. Tu le sais mieux que moi en plus, vu que tu vis ici, dans cette contrée où la vie est rude et parfois impitoyable.  ''

Il espérait ne pas provoquer de dommages émotionnels avec un tel discours.

°Il est vrai que tu n'as jamais été un très bon pyschologue. °
°Hum.... t'es où ? Je te sens, mais je ne te vois pas. °
°Je suis en vue du village, je ramène deux cuissots d'un chamois mâle. Vous devriez ne pas tarder, la nuit arrive déjà.  °
°Nous allons arriver°

''Allez jeune fille, même si je sais que tu ne veux pas y retourner, nous rentrons à ton village. Si tu veux, je ne serai pas loin de toi, cela découragea quelques attitudes belliqueuses à ton égard. Tu prépareras tes affaires personnelles, les affaires que tu veux amener avec toi. Et des effets chauds pour le voyage. Puis, ce soir, nous serons présents pour offrir un dernier hommage à Grim. Ne laisse pas son esprit partir sans te ''voir'' une dernière fois. Et aussi pour ton chef de village. Quand il te verra, il comprendra que tu partiras. ''

°Et si tu lui disais le fond de tes pensées, celle que tu as depuis le début ? °

Diantre, ce dragon était toujours là quand il ne le fallait pas, dans ce recoin de sa tête qu'il pensait bien clos.

°et bien non !  °

Soupirant mentalement, il se décida à reprendre la parole.

''Je suis désolé de te demander pareil effort. C'est pour t'éviter d'avoir des regrets plus tard, des regrets qui pourraient te ronger durant toute ta prochaine longue vie...''

Et c'était aussi un bon moyen d'évaluer déjà sa volonté et sa capacité à suivre les conseils de son futur maître dragon, même si là, la ''mise à l'épreuve'' était plus qu'hors norme,vu qu'elle touchait à la détresse actuelle de la jeune montagnarde.


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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 16:22

Essuyant ses larmes du dos de sa main, Jorgga se releva, sa détresse à présent muée en une compacte et sourde boule de colère.

En dépit des paroles bienveillantes de son protecteur, la jeune montagnarde ne parvenait pas à se libérer du terrible sentiment de culpabilité qui l’assaillait depuis la mort de son ami. Elle se répétait sans relâche que Grim aurait pu être encore de ce monde si elle n’avait fui lâchement dans la montagne ce soir-là. Elle entretenait son deuil avec la force et la ténacité du dernier jour, s’accusant de ne pas être morte à ses côtés, se servant de sa souffrance pour se torturer davantage, comme si elle cherchait à expier quelque faute. Isolée des siens, confinée dans l’étroit et sombre cachot qu’elle se construisait pierre par pierre, il lui arrivait de se demander s’il y avait une justice. Après tout, pourquoi devrait-elle payer le crime d’être encore en vie, elle qui n’avait jamais rien souhaité de tout cela ? Comment aurait-elle pu seulement imaginer que pareille catastrophe se produise ? Qu’aurait-elle pu faire de plus pour que Grim ait la vie sauve ? Rien. Mais alors pourquoi se sentait-elle coupable de vivre ? En quoi méritait-elle d’être punie ? Pourquoi ne pouvait-elle pas aller de l’avant ? Lorsque toutes ces questions lui venaient à l’esprit, Jorgga s’efforçait de les refouler, de les ignorer, comme si les remords lui interdisaient de se reconnaître un quelconque droit de vivre. Pourtant, dans les moments de faiblesse, elle se reprenait à souhaiter être débarrassée de tout cela, à espérer que le poids du désespoir cessera de peser sur ses épaules pour la laisser enfin libre de vivre comme tout le monde. Elle faisait alors le voeu coupable de ne plus jamais avoir mal.

- Jamais je retournerai là-bas ! rétorqua Jorgga, les poings serrés et la mâchoire crispée.

Les jambes tremblantes de fébrilité, ses grands yeux bleus noyés de larmes et sa longue chevelure noire secouée par le vent naissant de l’hiver, la jeune femme chercha le regard de son bienfaiteur, l’expression sombre. Il était plutôt bel homme. Presque aussi grand que ce bougre d’Alastar, mais nettement plus âgé et mature, son style vestimentaire trahissait ses lointaines et mystérieuses origines. Ses longs cheveux bruns pommadés, noués par un délicat lacet de cuir, soulignaient le teint hâlé de sa peau tannée par le vent et le soleil. De belle stature, il avait le visage long et saillant, le nez droit et deux grands yeux sombres qui semblaient briller comme un millier de pierres précieuses à la lueur du soleil couchant. Malgré son allure roublarde et les impressionnantes cicatrices qui sillonnaient sa peau, son visage illuminé par un regard intelligent, vif et doux, la bouleversait. Jorgga ne connaissait cet homme que depuis quelques heures seulement et pourtant, elle n’éprouvait aucune crainte à son égard. Pour des raisons qu’elle ignorait et préférait continuer d’ignorer, elle avait entièrement confiance en lui. Elle était même prête à mettre de nouveau sa vie entre ses mains, sans le moindre doute possible. Et plus que tout, bien qu’elle répugnait de l’admettre à haute voix, elle savait qu’il avait raison au sujet des funérailles. La jeune femme soupira, la gorge nouée par l’appréhension.

Le chemin du retour fut bien plus long et mal aisé que l’aller. Une bise glacée se leva avec la lune et le ciel se chargea bientôt de lourds et sombres nuages noirs, tandis que les premiers chants funèbres s’élevaient comme le rugissement du tonnerre au moment de l’orage.



***
**



A An-Fhuär, la mort n’était que le début d’une toute nouvelle vie. Alors on la célébrait sans aucune retenue, ni aucune larme.

Tout au long de la cérémonie funèbre, Jorgga prit sur elle de ne pas laisser entrevoir son malaise grandissant à mesure que les chants, les danses et les sacrifices se succédaient au pied du grand bûcher où reposait le corps de son ami. Sans doute quelque magie la retenait là, suffisamment puissante pour l’empêcher de fuir à toutes jambes dans les bois, suffisamment cruelle pour l’obliger à assister à la mise à mort de la monture favorite de Grim. Portés par le souffle grandissant du vent du nord, le chant rauque et monotone des prêtres fut déchiré par les hennissements stridents du grand étalon noir. L’animal s’affaissa lourdement dans la boue et aussitôt, un homme se précipita à ses côtés, tenant dans ses mains calleuses un grand vase en bois élégamment gravé, prêt à recueillir le sang qui jaillirait de la blessure, une fois que la lame serait retirée.
Tandis que l’on récoltait avidement le précieux liquide écarlate, le grand prêtre resta parfaitement immobile et silencieux, son long couteau ensanglanté brillant à la lueur des torches, dont les flammes dansaient telles des langues de feu dans la nuit noire. Puis il enfonça de nouveau la lame étincelante dans le corps agonisant de l’animal, qu’il fendit de haut en bas. Et lorsqu’enfin les rayons de la lune percèrent les nuages et baignèrent de leur lumière froide le lieu du sacrifice, le grand prêtre tendit vers les dieux, sur ses mains levées, le coeur encore battant de l’étalon, avant de le déposer dans les mains du chef du village. Vêtu de ses plus beaux atours, accompagné par le son du tambour et le cri de ses hommes, Hilde déposa le coeur saignant dans le feu. Puis il trempa ses lèvres dans le sang encore chaud de l’animal, avant de confier le grand vase à un autre villageois. Le vase passa ainsi de mains en mains. Hommes, femmes et enfants se prêtèrent à la tradition sans chercher à s’y soustraire.

Essuyant ses lèvres du revers de la main, Jorgga sentit son coeur se serrer. Son père lui avait souvent répété que les vaisseaux incendiés qui s’éloignaient dans le couchant, et sur le pont duquel on avait entassé chevaux et serviteurs égorgés, appartenaient davantage au passé qu’au présent. Que ces funérailles réservées aux plus grands des chefs de village, étaient rares et oubliées, que désormais, personne n’avait envie de détruire un bon bateau dont la construction avait nécessité beaucoup d’efforts et de bois. Pas plus qu’on avait envie de sacrifier une dizaine de bons chevaux, ou plus de moutons que nécessaire, en particulier à l’approche grandissante de l’hiver. Si de telles choses avaient eu lieu, c’était jadis, à l’époque des guerres et des sauvageries. Néanmoins, certaines coutumes semblaient être restées dans les moeurs.

Face au grand bûcher, Jorgga prit peu à peu conscience de son extrême faiblesse. Sous le regard lourd de reproches de la famille du défunt, elle se trouvait incapable de prononcer les prières anciennes, de faire les gestes et les incantations. Et lorsqu’il fut enfin temps de dire adieu, la jeune montagnarde se trouva incapable de bouger. Paralysée, étouffée par le chagrin et la peur, réduite à une puérile impuissance indigne de la fille d’un chef de village, c’est finalement Hilde qui la conduisit jusqu’au corps de son ami.
Grim semblait dormir paisiblement. Mais ne c’était là que l’image rassurante et illusoire de la mort. Jorgga contempla ses traits pâles et délicats, ses lèvres bleues scellées à jamais par le silence, ses grands yeux cernés du cercle de la souffrance et fermés pour toujours. Elle caressa du bout des doigts son front, sa joue, puis ses beaux cheveux noirs. Enfin, avec une grande douceur, elle déposa un dernier baiser sur ses lèvres glaciales. Elles avaient le goût turpide de la mort. Se dégageant de la pression de son frère, Jorgga fendit la foule et s’enfuit en courant dans le dédale de ruelles pour trouver refuge dans les bois.

Malgré l’humidité du bois, le bûcher, qui avait été préalablement recouvert d’huile, s’embrasa immédiatement.  



***
**

[RP] L'amour est plus froid que la mort 5ec14710 [RP] L'amour est plus froid que la mort 5ec14810
Alastar Burnouf & Sten Burnouf


- Pourquoi est-ce que vous me suivez ?! Allez-vous en ! s’emporta Jorgga. Partez ! Partez, vous dis-je !

Un regard suffisait pour constater à quel point elle était en colère contre cet homme, furieuse contre le monde entier. Bientôt, le dos de Jorgga se courba sous le poids de la culpabilité, ses épaules se soulevant violemment. Dévastée par la mort de l’homme qu’elle aimait, elle pleura sans retenue toutes les larmes de son corps. Jamais de sa vie elle n’avait ressenti pareille douleur, pareille impuissance, pareil vide. Une combinaison aussi paralysante d’horreur, de colère et de désespoir. Folle de rage, elle frappa du poing contre l’écorce d’un jeune pin. Une fois, deux fois, puis trois, encore et encore, sans relâche, ignorant la douleur dans sa main jusqu’à ce que ses phalanges s’ouvrent et que l’odeur de son sang ne se mette à flotter autour d’elle. A mesure que sa colère gagnait en amplitude, le ciel s’épaississait au-dessus de la forêt.

- Qui vous dit que je ne ferai aucun mal aux habitants de votre monde ? Qui vous dit que je n’aurai pas de nouveau du sang sur les mains ? Je ne veux pas être responsable de la mort de l’un des vôtres, je ne veux pas vous faire de mal, vous entendez ?!

Un éclair déchira le ciel et, une seconde plus tard, la foudre s’abattit sur un arbre situé à seulement quelques pas de leur position. Les branches s’enflammèrent en craquant. S’en suivit ensuite un inquiétant silence. C’est ce moment que choisit Alastar pour accomplir sa vengeance. Profitant de l’effet de surprise, il jaillit de l’ombre du bosquet comme un prédateur et asséna un violent coup de poing dans la nuque de l’étranger. Le rattrapant dans sa chute, il emmêla ses grands doigts dans les cheveux de sa victime et ramena sa tête en arrière pour susurrer dans le creux de son oreille.

- Toi, je vais te démolir. Te démolir et te pulvériser.
- Qu’est-ce que tu fais Alastar ! Arrête ! cria Jorgga, sans même avoir la force de paraître agressive.

Un rire strident s'éleva dans le dos de la jeune femme. Sans lui laisser le temps de réagir, un homme de haute stature lui balança un grand coup dans l'oreille, l'étourdissant. Jorgga chancela, eut une violente nausée, tentant de se mettre à genoux, en vain. Debout près d'elle, son agresseur lui colla un coup de botte dans l'estomac, lui coupant le souffle. Par terre, le nez dans la boue, elle pensait fixement "relève-toi et court", mais pendant qu'elle tentait de respirer, il lui tordit un bras dans le dos. Elle hurla de douleur et s'immobilisa.

- Casse-le bras de cette monstruosité si cela te chante, Sten, mais ce type est à moi ? D’accord ?
- Tu ouvres ta gueule, tu bouges, je te saigne. T’as compris ?

Une énorme main aux doigts musclés lui attrapa les cheveux et lui écrasa le visage dans la boue poisseuse. Une migraine se mit à cogner dans son crâne tandis que son corps réclamait de l’oxygène. Les narines remplies de boue nauséabonde et collante, elle ne pouvait plus respirer comme elle ne pouvait plus bouger.


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Dernière édition par Jorgga Vadrak le Lun 18 Mai 2020 - 9:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 17 Mai 2020 - 21:59


[RP] L'amour est plus froid que la mort Altahir[RP] L'amour est plus froid que la mort Logo_b13
Altahir Nordan & le Brun Norloth

Altahir ne sut rien dire de plus devant la réplique cinglante et emplie de colère de la part de sa possible et future Aspirante. Bien qu'il pouvait effleurer la souffrance qui était la sienne, il ne pourra jamais réellement comprendre cette douleur qui lui prenait le cœur depuis si longtemps. Lui, il n'avait pas vécu dans un clan montagnard comme elle, il n'avait pas eu des liens avec des membres de familles ou d'amis comme elle. Son parcours avait été très différent, voir même aux antipodes de ce qu'elle avait pu vivre. Il était donc difficile de comparer. Et pourtant, il l'avait presque mis au pied du mur quand à lui épargner des douleurs futures, en lui demandant... pardon, lui ''exigeant'' de participer aux funérailles de son plus proche ami. Avoir des regrets qu'on ne saurait résoudre vous bouffait une vie. Et en tant que ''futur'' Maître, il voulait lui épargner cela. A condition qu'elle veuille toujours suivre la voie du Destin qui se présentait à elle.

Après avoir exprimé son opposition quand à la suite à donner, elle avait croisé son regard. Il ne l'avait pas détourné, gardant dans son éclat,  la conviction énoncée précédemment de faire ce qu'il y avait à faire, même si cela lui serait difficile. Peut-être qu'elle comprendra qu'elle n'avait pas vraiment le choix pour pouvoir avancer plus tard. Chose qu'il avait noté néanmoins avait été sa réaction soudaine, emplie de colère. C'était là une réaction naturelle quand on se faisait agresser de toute part, selon son premier jugement.

Toujours dans le silence, les deux êtres ne soufflaient aucun mot, gardant un regard rivé l'un sur l'autre. Puis la jeune femme finit par céder, soupirant, résignée. Le Maître-dragon ne put que se rapprocher d'elle le temps du retour vers le village, lui tapotant l'épaule, pour lui apporter un courage muet. Et bientôt, en se rapprochant du village, on pouvait déjà entendre les premières mélopées funéraires monter dans les airs, répondant en écho aux coups de tonnerre lointains qui résonnaient dans les montagnes.


******


La célébration funèbre avait commencé. Altahir y assistait, retiré du reste de la foule, suffisamment éloigné pour se faire oublier le temps d'un événement primordial dans les valeurs de ce peuple qui vivait avec la rigueur et la vie impitoyable que leur imposait l'environnement montagneux. Les bras croisés, adossé contre un poteau en bois d'une habitation, il observait le déroulement de la cérémonie. ll ne la jugeait pas barbare, car, comme cela lui était enseigné, chaque peuple avait sa vision de la manière dont il fallait accompagner le départ de l'âme du défunt. Là, en voyant l'affaissement de l'étalon à la robe obsidienne, qui devait être la monture du défunt, il détourna le regard. Même s'il était endurci pour certaines choses, il y avait quelques points qu'il ne pourrait jamais se défaire. Au moins, l'équidé avait été vite été épargné par une mort rapide. Puis, une fois le sang encore chaud et vivace, on passa un vase magnifiquement décoré de main en main, pour partager la force vitale de l'étalon au sein du peuple présent pour accompagner le départ de l'âme de Grim... Cela et le cœur...

°Ça va ? Je te sens nauséeux. °
°Te t'inquiète pas, je ne vais pas vomir, si c'est cela que tu veux savoir°
°Tu ne peux pas tout me cacher, mon cher lié. Tu le sais. °
°Ça, je le sais que trop bien. Bon, tu me causes pas pour juste m'embêter, n'est ce pas ?  °
°Effectivement. Penses-tu que cette bipède, après cette cérémonie, acceptera toujours de nous suivre ? °
°Elle n'aura plus rien qui la retiendra dans ce village, malgré le soutien indéniable de son chef, qui a une certaine autorité. Je sais que je lui impose une sacrée épreuve, mais malheureusement, elle ne pouvait pas lui déroger °
°On aurait pu partir avant tu sais....  °
°Elle l'aurait regretté et elle aurait fini par se faire dévorer par la culpabilité d'être partie sans raison... Si nous partons après les funérailles, ses amis comprendront mieux son départ que si elle était partie sans y avoir assisté °
°Hum, vu sous cet angle, tu as peut être raison. Je la vois qui se dirige vers le bûcher funéraire. Elle se laisse trop aller à la colère, mais elle a malgré tout le courage d'aller au bout de ce que tu lui as imposé°
°Au fond d'elle-même, elle savait qu'elle devait le faire....même si le chef de village a un peu ''aidé''...°
°Et maintenant, elle se sauve. Je la voie qui file vers la forêt. °
°Je vais aller la rejoindre. Vu la situation, le mieux est de ne pas la laisser toute seule°
°Tu veux que je t'accompagne? °
°Je devrais m'en sortir. Va causer au chef de village pour évoquer les intentions de Jorgga et voit pour récupérer ses affaires personnelles°

Sur ces derniers moments, Altahir quitta son petit recoin d'observation pour rejoindre Jorgga. Chose qui était à noter était qu'il était dans la même tenue que lors de leur première rencontre, une tenue de voyage en cuir léger, et un peu fourré, plus adapté pour un voyage par froid sec que neigeux et humide...


Altahir ne mit guère de temps à retrouver les traces de Jorgga. En même temps, la jeune femme n'avait pris aucune précaution pour les éviter ou les effacer. Donc, ce fut aisé pour Altahir de la rejoindre, sans même user de son pouvoir. Et quand elle la trouva, elle était en pleine tempête coléreuse. Autant cela se voyait dans son regard que dans les gestes brutaux qu'elle défoula sur le tronc malheureux d'un pin proche. Heureusement que les arbres n'avaient pas l'écorce sensible à la rancœur émotionnelle des bipèdes qui se défoulaient sur eux.

Le Maître Dragon la laissa discourir, se préparant à lever ses mains pour essayer de calmer les choses et de lui expliquer qu'elle n'avait pas de raison à se laisser emporter de la sorte dans son tumulte de haine et de colère. Pour lui, c'était juste les conséquences de la peur de blesser encore des gens, voir de les tuer. Il allait expliquer tout cela, malgré la présence d'un lourd ciel nocturne, dépourvu d'étoile. Altahir ouvrit la bouche quand un éclair foudroya soudainement un arbre proche de quelques pas de lui et de la jeune montagnarde. La détonation lui fit mal aux oreilles, l'obligeant à porter que trop tard ses mains pour vainement les protéger. Grimaçant, il avait eu au moins le réflexe de s'écarter du chemin possible de la chute de l'arbre qui s'embrasait face à la violence du ciel.

''Diantre....''

Il ne sut rien dire d'autres quand un choc brutal provoqua une nuée d'étoiles dans les yeux en recevant un sale et brutal coup dans la nuque. Était-ce l'arbre qui venait de lui tomber dessus ? A moitié comateux, il sut que ce n'était pas cela quand il entendit une voix menaçante résonner à son oreille sifflante.... Diantre, Alastar ! Il serra les dents en sentant sa prise dans sa chevelure. Il lâcha bien malgré lui un gémissement quand son agresseur l'obligea à se remettre sur ses jambes flageolantes. A ce stade, Altahir n'avait pas un grand champs d'action possible. Il jeta violemment sa tête en arrière, touchant quelque chose de physique qui qui fit rager le protagoniste. Au moins retrouva-t-il un semblant de liberté quand la main puissante lâcha sa prise dans ses cheveux. Il tituba et essaya de s'éloigner de l'imbécile qui avait osé s'en prendre à lui. Sa main glissa vers sa botte, attrapant sa dague qu'il y planquait habituellement.

La vision encore troublée par le sale coup poing d'Alastar, il aperçut Jorgga en prise avec un inconnu. Le fils de chien ! Il n'était pas venu seul pour régler ses comptes. Sans plus réfléchir, confiant en ses capacités qui étaient momentanément réduites, il leva son bras armé de la courte lame et lança la dite dague, qui alla se figer dans l'avant-bras de l'acolyte d'Alastar. Son geste eut pour conséquence qu'il reçut un solide coup de point au visage, le jetant en arrière.

Sous ce nouveau coup, le Céleste manqua de perdre conscience. Le dos dans le sol glacé, il aperçut dans un étrange flou brumeux son adversaire arriver sur lui. Altahir roula sur le côté pour éviter un nouveau coup et peina à se redresser.

Il ne manqua pas de ricaner sombrement.

''Voilà ce que cela donne, la vengeance d'un pourceau, incapable de réfléchir et qui n'a que la force pour s'exprimer ! ''

Bien qu'il était de la même taille qu'Alastar, il n'avait pas sa force. Mais, il compensait cette faiblesse par l'agilité. Commença donc un un court ballet offensif défensif entre les deux hommes. Altahir espérait que la jeune femme s'ne sortait mieux que lui, se doutant bien que sa courte lame avait touché les chairs de l'autre imbécile.

Il réussissait à parer et à esquiver la plupart des attaques sournoises d'Alastar, pendant que lui l'asticotait en paroles insultantes. Quand à le mettre hors d'état de combat sans le tuer, c'était une autre affaire. Puis, il sentait l'approche de son lié, qui détourna brièvement son attention. Il en fut quitte pour un coup dans les côtes, ce qui lui coupa le souffle.

Une créature volante se posa sans prévenir et ouvrit une gueule armée de dents tranchantes pour libérer un puissant rugissement  à vous glacer le sang. Et quand on y était pas préparé, cela faisait son petit effet. Et suite à cela, Alastar et son ''ami'' ne purent que réagir face à l'arrivée d'un monstre de légende, quelque peu énervé de sentir son lié en proie à un possible danger. Claquant ses mâchoires de fureur, le dragon brun fit trembler le sol à chacun de ses pas, pendant que son long corps serpentin offrait une barrière de protection à Altahir et Jorgga. Il lâcha un nouveau rugissement et les deux montagnardes, pris de panique, partirent en courant, avant de s'effondrer quelques dizaines de mètres plus loin, inconscients. Cela fait, le reptile ailé tourna sa tête vers son lié et la jeune montagnarde.

°Ca va ? Pas trop de bobo ?  °
[i]°On gérait la situation avant que tu n'arrives...

Altahir se redressa, grimaçant. Bon sang, il était rouillé quand à des combats de ce genre. Portant une main à son flanc douloureux, il porta un regard à Jorgga.

'Ca va jeune fille ? ''

Il passa le revers de sa main libre sur sa bouche, là où le sang maculait encore les points où il avait reçu méchamment les coups.

''T'inquiète pas pour ces débiles....Ils ne se rappelleront pas d'avoir vu Norloth et encore moins de s'être battu contre nous... Ils auront juste une grosse migraine, comme s'ils avaient trop bu. Le temps de récupérer ma dague sur l'un d'eux et on se barre d'ici.... enfin... si tu veux toujours partir.  ''


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeSam 23 Mai 2020 - 19:35


Si elle voulait toujours partir ? Le coeur de Jorgga se serra si douloureusement dans sa poitrine qu’elle en eût le souffle coupé. La gorge nouée de tristesse et d’amertume, elle détourna lentement le regard. Sans Grim à ses côtés, elle se sentait incapable de faire les bons choix. Une petite voix intérieure, lointaine et pourtant si prometteuse, lui soufflait que quitter son village natal serait une nouvelle souffrance, car elle avait peur de se retrouver de nouveau seule. Mais en vérité, avant ce jour, avant la mort tragique de son ami, Jorgga n’avait jamais sérieusement envisagé sa vie sous cet angle. Elle réalisa que toute son existence, elle l’avait passée à subir, à tout accepter sans jamais ni se plaindre, ni fléchir, même lorsque tout semblait désespéré. Pourtant, personne au village ne lui avait jamais demandé de se taire, de se cacher, ni même de se soumettre à l’adversité comme elle l’avait fait. Il s’agissait là de ses propres choix, inconscients, piquants, parfois obscurs, mais parfaitement assumés. Cela lui paraissait normal à cette époque d’agir ainsi. Elle était restée gentille et prévenante avec les siens en dépit de leur indifférence et de leur haine grandissantes, parce que cela lui faisait juste plaisir de voir son petit village s’épanouir. Elle était alors obstinément convaincue que son bien-être passait nécessairement par celui des autres, et plus particulièrement par celui de son propre peuple. Cette situation l’arrangeait bien au final. Elle lui permettait de rester tranquillement dans son coin à faire ce qui lui semblait juste, sans jamais être importunée. Ainsi, par la force des choses, elle avait appris à accueillir les événements, si pénibles soient-ils, comme une épreuve d’espérance, car les dieux ne pouvaient décemment pas l’ignorer indéfiniment.

Jorgga se redressa lentement en veillant à éviter tout mouvement brusque. Ses jambes tremblaient tellement qu’elle crut qu’elle allait de nouveau s’effondrer. Chancelante, elle s’adossa contre le tronc d’un arbre centenaire que la foudre n’avait pas abattu. Son bras, malmené par Sten, la faisait terriblement souffrir. Mais son chagrin était bien plus grand encore. Autour d’elle, le tonnerre grondait toujours comme un dieu de colère. La jeune femme inspira profondément, tentant d’apaiser ses émotions, de canaliser sa rage et son indignation grandissantes, attendant en vain l’impossible silence de la forêt. Un souffle d’air fit doucement tinter les aiguilles des grands pins éternels. Le loup éperdu d’amour poussa un hurlement sans fin, un cri déchirant répété inlassablement par les arbres et la pente de la montagne. Plus loin encore, les grenouilles firent bourdonner le silence dansant des roselières au bord du grand lac, quand finalement, le râle plaintif d’un animal vibra jusqu’aux tréfonds de son âme. Le silence. Jorgga ne demandait qu’un peu de silence.

Le décès de son ami avait complètement déserté son esprit désormais, remplacé par un profond sentiment de haine à l’égard de ses agresseurs. Le souffle court, ses cheveux pendant lamentablement sur son visage baigné de larmes, elle posa sur les deux hommes ses grands yeux bleus comme une prière de l’âme. Un court instant, elle souhaita les voir morts. Morts parce qu’à ces yeux, des êtres dotés d’une telle cruauté n’avait pas leur place sur cette terre. Coupable, Jorgga sentit alors le monde se dérober sous ses pieds. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment en étaient-ils arrivés à se battre entre eux comme de vieux ennemis ? A se haïr avec tant de férocité qu’ils en avaient tous oublié que la terre qui les avait vu naître les uns comme les autres pouvait se nourrir de tout autre chose que du sang versé par la vengeance et la haine ? La jeune femme serra ses bras autour de ses épaules en pleurant, silencieuse pour ne pas trahir les pensées horribles qui lui venaient à l’esprit et qu’elle n’arrivait à chasser que pour devoir à nouveau les combattre quelques instants plus tards.

Laissant dans son sillage un faisceau de lumière argentée, la foudre s’abattit non loin de là comme un grondement de fin du monde. Jorgga se sentait prise au piège dans un cauchemar sans fin. Elle était le témoin impuissant de ce qu’elle libérait. En cédant à la colère qui grondait en elle, elle avait perdu tout contrôle sur sa magie. Elle avait la désagréable impression que son esprit était en retrait, que quelque chose d’autre avait pris possession d’elle. Malgré le vacarme ambiant, elle n’entendait rien d’autre que le fracas impitoyable du ciel. Son regard balayait les épais nuages noirs, sans qu’elle soit capable de réagir. Et elle ne pouvait rien faire pour arrêter toute cette folie. Elle se sentait comme un frêle oiseau en plein milieu d’un ouragan. Un second éclair s’abattit sur la grande forêt, cette fois-ci à seulement quelques mètres du saurien. Le souffle coupé, son coeur manquant un battement, Jorgga s’immobilisa, paralysée par la surprise et la peur. En aucun cas elle ne souhaitait lui faire du mal.

- Je suis tellement désolée Norloth ! Je ne voulais pas...ce ne sont que des mots, ils sont pathétiques et ils ne suffisent pas, mais...je suis vraiment navrée, vraiment.

Jorgga adressa à Norloth un regard empli d’une extrême incertitude. Curieusement, ce dragon lui semblait bien plus impressionnant que dans ses plus récents souvenirs. Immense, élancé, il était recouvert de belles écailles brunes, aussi dures et résistantes que des rochers. Les muscles épais qui gonflaient son cou et son large poitrail, attestaient de sa toute puissance. Doté d’imposantes pattes aux griffes acérées et mortelles, il était très certainement un chasseur de haut-niveau, mais aussi, s’il en existait parmi les siens, un tueur impitoyable et sanguinaire, qui aurait pu ne faire qu’une bouchée d’Alastar s’il l’avait voulu. Pourtant, loin de le craindre, Jorgga était irrésistiblement et inexorablement attirée par lui.

La jeune femme, dont les émotions semblaient à vif, s’avança avec la plus grande prudence parmi les grands pins. Le souffle court, elle leva ses grands yeux bleus et scrutateurs vers l’imposante créature. Une vive et belle intelligence rayonnait dans ses yeux opalescents, boules de cristal à la lumière des éclairs. Sa gorge se noua douloureusement, sa confusion et sa peur sourdant des profondeurs même de son âme. Jorgga leva une main tremblante vers lui et caressa délicatement les écailles rugueuses de son museau.

* Si je viens avec avec vous, m'emmèneras-tu danser un jour avec les étoiles ? *

Doucement, elle déposa son front contre celui du saurien. A son contact, ses muscles se détendirent, ses pensées s’apaisèrent, sa vision réduite aux grands yeux clairs de Norloth. Le ciel redevint couvert d’étoiles, les nuages se dissipèrent et les grondements du tonnerre laissèrent place au doux son du chant du hibou.

* Comme tu es beau…*


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Dernière édition par Jorgga Vadrak le Dim 24 Mai 2020 - 13:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeDim 24 Mai 2020 - 13:10


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Il ne fut qu'à moitié surpris de pas avoir de réponses à ses questions. A voir son état, c'était presque compréhensible. Outre d'avoir perdu un ami cher à son coeur, d'abandonner le village natal, de se faire encore malmener par des gens qu'elle avait connu toutes ces années, elle était malmené par ses propres tourments. Et cela commençait à se voir dans le ciel ; du moins, c'était ce que soupçonnait Altahir, qu'elle avait un pouvoir qui influençait de manière locale la météo. Et comme elle ne maîtrisait rien, que tout se jouait dans le flot de ses émotions. Donc, ne cherchant pas à la bousculer, il devait récupérer sa dague dans la jambe de l'un de ses deux abrutis et veiller que ces deux vicelards inconscients soient à l'abri.

°Veux-tu un coup de main ? °
°Non, ca ira, j'en auras pas pour long. Veille sur la gamine.°

Bien que l'humain était perclus de douleurs, il se dépêcha du moins qu'il put pour s'occuper des deux montagnards, surtout celui qui avait reçu sa dague. Il veilla à faire un garrot avant de retirer sa dague. Le sang ne coulait plus vraiment mais bon, il ne voulait pas laissé de mort derrière lui. Puis, il les traîna l'un après l'autre sous le couvert des arbres proches non loin d'un chemin fréquenté. Vu le bazar qu'ils avaient provoqué, dont le puissant rugissement de Norloth, des villageois rameuteraient.

Donc, Norloth veillait sur Jorgga, malgré l'alourdissement du ciel par des nuages d'orage. Il espérait qu'il pourra décoller avant la tempête. Entendre la foudre toute proche ne put que renforcer son inquiétude. Il était un dragon, un maître dans l'art de voler, mais il ne pouvait braver toutes les tempêtes. Il avait levé la tête pour humer le sens du vent quand soudain, un éclair tomba à quelques mètres de lui, le faisant bondir de côté. Il ne put s'empêcher de gronder devant l'agression céleste. Manquerait plus qu'il se fasse frapper par un trait électrique de Mère Nature tiens !

la jeune Montagnarde s'était levée, encore prise des spasmes que provoquaient la bataille de ses émotions dans son esprit ; le dragon brun le sentait à la surface de son mental. Il ne pouvait que la laisser s'approcher de sa personne. Au moins, ne chercherait-elle pas à s'enfuir une seconde fois, en proie à sa propre détresse, tentant de a fuir le plus loin possible. Non, là, elle paraissait se focaliser sur Norloth tenait à en profiter. Il s'adressa d'ailleurs à elle pour la rasséréner.

°Tout va bien. Je n'ai rien et je sais que ce n'est pas de ta faute. °

Au moins pourra-t-elle se rapprocher de lui sans devoir redouter de recevoir un coup de griffe ou un coup de crocs. Et c'est ce qu'elle fit, se concentrant uniquement sur la présence du dragon. Et quand elle vint à poser une main sur les écailles de son museau où les narines frémissaient à chacune de ses respirations profondes, il ne cilla même pas, se contentant juste de libérer un sourd sourd de contentement, histoire de rassurer plus encore cette bipède en pleine guerre intérieure que tout allait bien. Puis, elle posa sa tête contre ses mêmes écailles qui couvraient l'avant de son museau. Et là, le Brun constata le ciel qui se dégageait. Altahir aura la confirmation de ses hypothèses. Mais pour l'instant, le moment était pour elle.

°Tu verras que tu pourras y danser bien plus souvent que tu ne peux l'espérer. °

"Ne m'oubliez pas, hein..."

Le ton à demi moqueur d'Altahir rappela au dragon que l'humain lui avait énoncé en avoir terminé avec les deux autres débiles. Mais, comme il s'était focalisé sur la jeune femme pour l'aider à se calmer et à faire passer la tempête, il ne l'avait pas senti se rapprocher.

°Mais on ne t'oublie pas. Qu'est ce qui te fais croire cela ? °
"Hum... Absolument rien. Allez gros lourdaud, il était temps de partir d'ici. Et toi aussi, jeune fille. Il était temps de prendre la voie des airs, avant qu'un autre débile de soupirant haineux ne vienne nous chercher les noises. "

Norloth se baissa un peu pour faciliter la monte de son lié. Il tendit déjà l'antérieur pour créer un point d'appui à la jeune femme. Altahir réussit à gravir son lié, avec souplesse, non sans quelques mouvements un peu raide et s'installa sur les épaules puissantes du Brun, tendant déjà une main gantée à la montagnarde.

"Allez hop, princesse, c'est l'heure de prendre ton envol"

Une fois qu'elle l'aura rejointe, elle sera placée devant lui, sanglée au harnais du dragon et du Maître-Dragon. Et Norloth aura eu le temps de lui narrer la réaction de Jorgga et des effets météo brefs qui s'étaient produits. Altahir était ravi d'apprendre que ses hypothèses se confirmaient, mais il craignait en même temps que la peur de sa première envol ne prenne la jeune femme et ne les mène dans la tourmente

"Tu vas voir, ca va être grisant de voir le monde sous un autre angle, même s'il fait malheureusement nuit. Et tu vas sentir ton coeur bondir dans ta poitrine en te sentant volet dans les airs. Et tu auras peur, ce qui sera normal. Mais ni moi ni Norloth ne te laissons tomber. Et a un moment donné, nous franchirons ce que nous appelons l'Interstice. Ce sera bref. Il y fera très noir et très froid. Mais ca passera le temps d'une respiration. et là, tu découvrirons ton nouveau chez toi. "

Il lui laissa le temps de digérer cela. Cela fait, il balança.

"Tu peux décoller Norloth !"

Le Brun ne s'était pas fait prié. Ses grandes ailes de chauve-souris se déployèrent, on sentit ses muscles de ses épaules et de son dos se contracter et puissant, il bondit vers les cieux, tout en claquant ses bras ailés pour s'arracher à l'attraction du sol. Puis, de plus en plus rapidement, le sol s'éloignait d'eux, prenant la direction des montagnes ombrées par la nuit étoilée.

Les deux bipèdes et le dragon volèrent une dizaines de minutes dans ce ciel là, avant de bondir dans l'Instertice.


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessageSujet: Re: [RP] L'amour est plus froid que la mort   [RP] L'amour est plus froid que la mort Icon_minitimeMer 10 Juin 2020 - 20:22

Jorgga grimpa maladroitement sur le dos du grand dragon brun. Il faut dire qu’elle n’était pas particulièrement rassurée à l’idée d’effectuer son tout premier vol, qui plus est en chevauchant une créature dont elle venait tout juste de conforter l’existence après de si nombreuses années de soupçons, de doutes et de dénégation.
Epuisée par les épreuves qu’elle venait de traverser, la jeune femme avait à peine saisi le harnais et écouté les consignes lorsque Norloth, d’une incroyable et puissante détente des postérieurs, se propulsa haut dans le ciel d’Undomë, guidé par la voix de son Lié. L’estomac noué par la peur, Jorgga se cramponna aussi fermement que possible, les doigts engourdis à force de serrer les liens du harnais. Mais lorsque le saurien, les ailes déployées, prit davantage d’altitude, elle se sentit gagnée par un étrange sentiment d’allégresse. Maintenant elle comprenait ce que ressentait son père. Elle comprenait ce bonheur indescriptible qui traversait son regard lorsqu’il lui contait, d’une voix tremblante, son premier vol sur le dos d’un dragon. Et il avait raison : cette expérience était aussi terrifiante que grisante !
Les larmes aux yeux, Jorgga se rappela ses rêves d’enfant où elle planait majestueusement par-delà les montagnes, à l’instar des aigles. Un jour, elle s’était même élancée avec Grim dans une meule de foin du haut du toit d’une grange, les bras étendus comme les ailes d’un oiseau, manquant de peu de se rompre le cou quelques mètres plus bas.

Rapidement, l’euphorie chassa toutes ses frayeurs. Regardant le sol défiler sous elle, elle eut la curieuse sensation que le monde qu’elle avait toujours connu s’éloignait d’elle, et non l’inverse. Puis, elle fut frappée par un silence d’une essence rare. Rien à voir avec celui que l’on croyait parfois percevoir lorsque l’on fermait les yeux, quand on ne faisait plus attention au torrent de bruits de fond auquel on s’était habitué depuis l’enfance : le chant mélodieux des oiseaux, le lent bruissement des feuillages sous le vent d’automne, les voix lointaines, presque familières, ou encore le murmure sauvage de la rivière. Non. Là, on n’entendait réellement plus que le puissant battement des ailes de Norloth.

Le bonheur et l’apaisement gagnèrent simultanément la jeune femme. C’était comme si désormais, elle ne faisait plus partie de ce monde, mais flottait au-dessus des soucis et des tracas. La pesanteur n’avait plus aucune emprise sur elle, elle se sentait infiniment légère, débarrassée du poids du chagrin et de la culpabilité. Retourner au sol pour les affronter, de nouveau accablée par les fardeaux ? Cette perspective lui inspira une profonde horreur. Elle aurait pu danser à jamais sur les vents, en quête de la grande lune qui se couchait et du soleil qui se cachait.

- J’aimerais que ça ne s’arrête jamais, murmura Jorgga en appuyant son dos contre le poitrail de son protecteur.

D’un battement d’ailes, le dragon laissa derrière lui la cime des grands pins des montagnes d’Undomë. Le reste du voyage se passa dans le silence le plus total, au secret soulagement de la jeune montagnarde. Le macabre cours que prirent ses pensées jeta des ombres inquiétantes sur le splendide tableau qui offrait ses richesses, à ses pieds.
Peu avant son départ, Jorgga avait prétendu être certaine de sa décision. Mais en réalité, à mesure que le vol du dragon la rapprochait de sa nouvelle maison, elle se disait que rien n’était moins sûr. A quoi pouvait donc bien ressembler cette cité ? Y trouvera-t-elle sa place, parmi les autres chevaucheurs de dragons ? Y blessera-t-elle de nouveau quelqu’un, submergée par sa magie destructrice ?
L’annonce du saut dans l’Interstice sortit la jeune femme de sa torpeur. Les dents serrés, la gorge nouée, elle se pencha vers le dragon et lui fit signe qu’elle était prête. Norloth battit des ailes et s’élança. L’accélération soudaine plaqua la jeune femme le long de son grand dos écailleux. Elle en eut les larmes aux yeux et se trouva à demi-aveuglée. Et l’estomac plus retourné encore que lorsqu’ils avaient quitté le sol enneigé des montagnes d’Undomë. Elle raffermit sa prise sur le harnais d’un air sombre. Si seulement il y avait encore, en cet instant, des dieux de confiance à qui adresser toutes ses prières !

Jorgga flottait à présent dans un abîme sans fin. Elle ne faisait plus qu’un avec lui. Cela ne l’effrayait pas le moins du monde, car à cet instant, elle ne ressentait absolument rien, ne voyait rien et n’entendait rien. Il n’y avait dans ce lieu que le néant absolu, qui formait comme une barrière protectrice autour d’elle. Puis, soudainement, ce vide se transforma en un véritable supplice. Le temps de quelques secondes, qui lui parurent pourtant durer une éternité, un froid glacial la saisit jusqu’aux os, anéantissant toute sérénité, toute chaleur. Ce froid-là n’avait rien à avoir avec celui qui figeait dans le givre les grands arbres de la montagne aux plus froides nuits de l’hiver. Celui-là était aussi saisissant et acéré que la mort elle-même.
Il n’y avait rien, rien d’autre que le froid, la douleur et la peur. Plus rien ne semblait exister. Tout ce qui avait toujours été, était ou devait être n’avait plus la moindre signification. Mais Jorgga était parfaitement consciente, et peu à peu, ses souvenirs égarés plus revinrent en mémoire. Elle se rappelait de qui elle était. Elle se souvenait de son passé. Certains souvenirs étaient difficiles à atteindre, comme s’ils étaient voilés, cachés dans la brume. Toutefois, elle découvrit que si elle parvenait à se concentrer davantage, elle parvenait à les retrouver. Doucement, elle reprit possession de sa mémoire, image après image. Elle se souvint de Hilde. Puis de Grim. Où étaient-ils maintenant ? Et surtout, où était-elle ?

Jorgga…

La jeune femme sursauta mentalement. Un instant, elle avait cru entendre la voix de son ami d’enfance dans sa tête. Elle devait être en train de délirer.

Jorgga revint à la réalité aussi durement qu’elle y était entrée. La pression se relâcha et elle rassembla toutes ses forces pour rester parfaitement consciente et ne pas lâcher sa prise sur le harnais de Norloth. Ses poumons s’emplirent de nouveau d’air et elle reprit doucement ses esprits. Elle respira par la bouche afin d’essayer de contrôler la nausée qui l’accablait. Après quelques minutes, son malaise se calma et elle sentit qu’elle s’habituait de nouveau au sol. Tremblante, elle porta sa main à sa tête, puis à sa poitrine, où elle perçut les battements de son coeur. Ils résonnaient dans sa tête en une pulsation rapide mais régulière. Elle était encore en vie.

Un moment plus tard, ils effectuèrent un virage et se laissèrent doucement descendre en planant. Une masse sombre se dressa devant eux, dans le ciel nocturne, puis la lumière d’un millier de torches lui releva la cité flottante. Elle regarda autour d’elle, savourant la brise et le calme. Le ciel nocturne de ce côté était parsemé de nuages légers. Le reflet de la magie était plus fort qu’elle ne l’avait jamais éprouvé auparavant. Elle contempla la silhouette des arbres de la grande place, qui se balançaient doucement dans le vent, se demandant à quoi pouvait bien ressembler cet endroit en plein jour. Le pavement en dalles blanches renvoyait la lumière de la lune, qui éclairait les rues, les bassins, les jets d’eau et l’étagement des habitations. Cette cité était si belle, si pure, qu’elle semblait traverser le temps et ne pas être faite pour accueillir les hommes, mais plutôt les dieux.

FIN DU RP


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