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 [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeSam 12 Sep 2020 - 22:10

Un pas. Un autre. Valse et tourbillonne ma robe autours de mes jambes. Les froufrous du tissus est presque aussi sensuel que les yeux de mon cavalier. Ta'imiti n'a pas finit d'en voir de toutes les couleurs. Surtout que j'aime bien voir ses joues s'empourprer d'un rose pâle. Ses yeux s'embrumer dans une interrogation sans fin. Lui mon inversé, mon miroir. Cette nouvelle danse m'en apporte la preuve. Nous nous faisons face sans nous rapprocher. Les pas nous éloignent inexorablement. Nous forcent à nous tourner autours. Même si je m'en ris parfois, je sais que toute pause ne sera qu'éphémère. Un silence dans la musique qui nous entremêle sans nous fusionner. Et parlant musique nous ajoutons nos propres mélopés au brouhaha ambiant. Mon rire s'arrête un instant alors que je me remémore l'Interstice.

"Froid. Noir. Étouffant. Trop immense pour qu'on en percoive toute la profondeur. Trop petit pour y être à l'aise. Ton maître ne t'as donc jamais emmené ? As-tu seulement déjà volé ?"


Est-ce encore de la peur que l'on peut lire au fond de mes yeux au milieu d'un visage trop inexpressif. L'Interstice me terrifie au plus profond. Jamais je ne laisserais Kýreñ ou Dušan le comprendre. C'est une faiblesse que je dois éradiquer si je veux un jour être chevalier dragon. Où même simple Croc. Pas question de refuser l'honneur d'un vol ou d'un combat à cause de cela.

Mais nous passons aussi à des sujets plus légers. Le rire revient, s'envole, se déploie. L'oeil se fait plus malicieu encore accompagné d'un sourire coquin.

"Tu préfères que j'ose d'autres gestes plus suggestif encore ? Un simple baiser n'amène à rien, tu sais. Mais passer ma main sous ta chemise, réveillera à coup sûr mon... désir."


Dis-je en réponse à sa question suivante. Presque naïve. Alors que ma réponse ne l'est pas du tout. Et que j'ai bien accentué le dernier mot pour sa plus grande gêne assurément.

La ronde tourne et voilà une nouvelle question. Qu'il est curieux ce jeune homme.

"Je ne sais pas si elle s'en souvient mais elle n'a pas eu l'air d'en faire grand cas. Peut-être est-elle plus habituée que toi et moi à la magie de ces lieux. Et je n'en sais pas grand chose. Ou en fait rien. Tu as raison c'est bien dommage. Il faudra que je tente de remédier à cela plus tard. Ou nous ? Si ma compagnie ne te déplait pas."


Un sourire qui n'engage à rien. Avant un éclat de verre brisé qui brise la concentration de mon cavalier. Son faux pas en amène un autre qui nous précipite vers une situation très avantageuse. Pour moi s'entend. Un sourire doux accompagne le brutal retrait de mon cavalier. Accompagné de cette charmante couleur sur ses joues. A sa question je tourne la tête vers le bruit et remarque le charmant Lieutenant Efisio qui a l'air bien embarrassé et l'ondin aux yeux bleus.

"Non mais puisque nous avons interrompu notre danse, allons voir cela."

Je prends la main de mon ondin à moi et nous dirige vers les deux hommes. De l'autre main je retire le masque qui me couvre le visage afin que le lieutenant puisse me reconnaître. Si tant est qu'il ai envie de se souvenir d'une petite aspirante trop curieuse et excitée. Et fascinée.

"Lieutenant ! Bonsoir. On peut vous aider ?"

Ne semblant pas craindre pour ma robe ou mes doigts je ramasse à mon tour quelques éclats de verre que je jette sur le plateau. Tout en m'adressant à celui qui lui est venu l'aider en premier. Et au Croc aussi.

"Laissez-moi vous présenter Ta'imiti, aspirant comme moi-même. Moi c'est Poisson. Taï, je te présente le lieutenant Efisio Anath. Mais je ne connais pas monsieur. Désolée."


Je fais un sourire en guise d'excuse à l'ondin inconnu. Prenant le plateau maintenant bien remplie, je le dépose sur une table. Quelques serviettes rapidement jetée à terre, puis ramenée sous la table suffiront bien à nettoyer le bazar qui reste. Le tout avec une nonchalance amusée. Les fêtes au village ne sont pas si différente de celles de cette cité magique au final.

"Voilà c'est réparé. Bravo ! - dis-je en riant et sans méchanceté aucune. - c'était peut-être les premiers verres cassés de la soirée. Mais la prochaine fois contentez-vous de le faire un par un. Lieutenant dites-moi, vous avez danser ? Je me suis lancée le défi de le faire avec le plus de monde possible. Oui je sais c'est un peu idiot. Du coup vous accepteriez de m'en réserver une ? Vous aussi ? - regard et sourire vers l'ondin. - La prochaine est réservée mais les suivantes sont libres pour l'instant."

Je me suspends un instant au bras de Ta'imiti.

"Et toi ? Si tu devais relever un défi ce soir ce serait quoi ? Et vous ? "
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeJeu 17 Sep 2020 - 23:07


Sa robe et ses jupons tournoyaient à chacun de ses pas, tantôt s’écartant de ses jambes comme une corolle qui s’ouvre, tantôt s’enroulant autour de ses chevilles… et peut-être même autour de celles de son cavalier, pour le plus grand plaisir de Naevys. Si elle ne dédaignait pas les jupes colorées, l’elfe n’avait pas l’habitude de porter des tenues si somptueuses et ça ne faisait qu’ajouter au plaisir de la danse. Elle comptait bien profiter de chaque instant, tout en jouant son rôle de noble dame jusqu’au bout. Enfin, jusqu’au bout… Pas non plus au point de prendre un air pincé ou un ton dédaigneux. Il y avait des limites. Elle était tout à fait capable de prendre un air sérieux voire sévère lorsque c’était nécessaire – par exemple face à un élève qui l’aurait mérité – mais, là, c’était jour de fête ! Et son cavalier ne le méritait pas. Même si elle avait un peu l’impression qu’il la prenait pour une novice.

« C’est la deuxième fois que tu esquives ma question en ramenant la conversation sur moi, signala-t-elle, les yeux pétillants. Tu vas finir par me faire rougir. »

Comme si elle allait rougir pour si peu. Normalement, Dušan la connaissait suffisamment pour ne pas y croire une seule seconde, mais ce n’était de toute façon pas le but recherché. Elle lui signifiait juste, en conservant le ton festif de rigueur, qu’elle n’était pas dupe. Le sang mêlé avait tout à fait le droit de ne pas vouloir s’étendre sur ses états d’âme, et elle n’avait aucune intention de le forcer s’il ne le souhaitait pas, mais elle n’allait pas non plus lui laisser croire qu’elle n’avait pas compris sa manœuvre. Un nouveau tour sur elle-même ramena la barde face à son cavalier, suffisamment proche pour qu’elle ajoute une petite taquinerie à son oreille.

« Quand je dis que tu te débrouilles bien maintenant… Tu sais danser avec les mots à présent. »

Il avait fait un sacré bout de chemin, le petit nomade à peine dégrossi qui était arrivé au Kaerl sans trop savoir pourquoi, sans savoir lire ni écrire. Il s’était Lié à un bronze, était devenu chevalier, puis maître, et il avait maintenant la charge d’une aspirante.

La question suivante vint donc naturellement, même si, pour être honnête, Naevys ne s’attendait pas vraiment à obtenir une réponse. Dušan n’était pas du genre à s’épancher et ses deux dernières pirouettes verbales montraient bien qu’il n’avait pas l’intention de changer ses habitudes. Sauf que… Cette fois, il répondait franchement. Surprise, l’elfe haussa les sourcils, ce que son cavalier ne pouvait pas voir derrière son masque, et reprit son sérieux pour observer son interlocuteur. Son rire soudain sonnait plus gêné que joyeux et la rouquine se garda donc bien de renchérir, espérant que son silence inciterait le sang-mêlé à développer. Ce qu’il fit.

Les lèvres de la barde s’étirèrent à nouveau quand il se tut mais, cette fois, il n’y avait aucune trace de malice sur son visage. Elle virevolta une nouvelle fois avant de répondre, et sa voix chantante contenait autant de douceur que son sourire.

« Les caractères incompatibles, c’est toujours possible, mais ça m’étonnerait tout de même beaucoup, commença-t-elle pour le rassurer, avant de retrouver son ton taquin habituel : Tu n’es pas si vieux que ça pour être si rigide et inadaptable... »

Elle attendit le pas suivant qui la rapprochait de son cavalier pour continuer.

« C’est une adolescente. Elle a l’âge de chercher les limites et comment les outrepasser. Et puis, ça doit lui faire un sacré changement tout de même. Rappelle-toi ton arrivée.  »

Naevys, elle, était née au Kaerl. Mais quitter sa famille du jour au lendemain pour venir vivre parmi les dragons, dans un lieu dont les coutumes étaient parfois très différentes, ça ne devait pas être facile. Mais elle n’eut pas le temps de détailler sa pensée qu’un bruit de vaisselle cassée se fit entendre. Elle jeta un coup d’oeil en direction du bruit, pour voir un lieutenant des Crocs d’Argent ramasser les débris, vite rejoint par un nouvel Englouti… puis la fameuse aspirante et le jeune ondin qui avait tant plu à Telio.

« Elle ne manque pas de vivacité, en tout cas,  » sourit-elle, amusée par le fait que la jeune fille semblait être partout à la fois.

Un peu plus loin, la maîtresse verte dans sa robe bleue semblait soudain très proche d'Aydarkhan… mais ce n’était pas étonnant quand on connaissait la réputation de la dame. Le sourire de Naevys se teinta d’une pointe d’amusement, tandis que les souvenirs de l’agréable moment qu’elle avait partagé avec le grand torhil lui revenaient brièvement en mémoire, avant qu’elle ne les chasse d’un mouvement de tête comme on chasserait une mouche agaçante. Elle était curieuse de savoir si le frère de Dušan succomberait à la belle fëalocë, mais pas au point de se désintéresser de son cavalier. Elle n’était pas jalouse, le chevalier brun ne lui devait rien que de bons souvenirs, et sa conversation avec son ancien élève sur les joies et les limites de l’enseignement méritait toute son attention.

~*~

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Telio_oranj_tolorea
Telio, lézard de feu bronze

Mais l’attention de Telio, elle, était toute entière tournée vers sa compagne de jeu. Si son elfe n’était pas jalouse, lui en revanche, n’aurait pas apprécié de voir un autre lézard tourner autour de sa belle. Heureusement, ce n’était pas le cas, et Erdeni semblait toute concentrée sur lui ! Elle volait, enchaînant voltes et pirouettes à toute vitesse, avec l’agilité d’un félin et la précision des meilleures chasseresses !

Le petit bronze n’avait pas besoin de plus d’encouragements pour suivre sa congénère, et il s’efforça de l’imiter et de répondre à son invitation avec forces pépiements. Chaque fois qu’Erdeni le taquinait par une de ses attaques légères, il jouait le jeu en poussant un grognement qui aurait pu avoir l’air menaçant s’il avait été plus sonore. Il tentait de l’attraper mais, même rapide, il n’atteignait pas la vivacité de la petite verte et il avait toujours un train de retard. Aussi ne comprit-il pas tout de suite que sa compagne de jeu l’abandonnait pour fondre sur le buffet et les mûres qui s’y trouvaient.

Amusé, Telio se mit à tourner au-dessus du buffet et d’Erdeni, comme un oiseau de proie au-dessus de sa cible. Il ne quittait pas des yeux la petite lézarde et hésitait à la rejoindre, quand elle en attrapa un fruit entre ses dents sans le manger. Avec un roucoulement surpris, le petit bronze piqua vers la table à son tour et se posa à quelques centimètres de la verte. La queue s’agitant derrière lui, il tendit le cou, leeeentement, dans le but de venir saisir la mûre que tenait sa congénère.


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Amaélis Eleicúran
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeVen 18 Sep 2020 - 16:13

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Efisio10 [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Arihel10
Lieutenant Efisio Anath, Lié à la Noire Arihel

« Que je préférerais être consultée avant qu’ils prennent des décisions aussi stupides me concernant. » avait-elle répondu à Kÿreñ avant de le laisser la mener au milieu des danseurs, toujours sans aucune trace de plaisanterie sur son fier masque d’albâtre. Pas forcément très à l’aise dans son costume humain, qu’elle revêtait somme toute assez peu souvent, plus par désintérêt envers leur espèce que pour des raisons de confort personnel, Arihel pouvait néanmoins profiter de ses talents d’observation afin d’éviter de piétiner les belles bottines de son cavalier. Et s’il lui arriva sans doute de s’écarter du droit chemin, la Dragonne affichait pour toute excuse et tout commentaire une esquisse de sourire qui soulevait nécessairement un questionnement. Est-ce que tout cela n’était pas, peut-être, en partie intentionnel ?

Les plaisirs de la danse n’étaient pas de ceux qui émouvaient la Noire ; en revanche, la concentration et l’effort que lui demandait l’acte avaient cela de bénéfique qu’elle ne sentait plus les remous orageux en provenance du cœur de son Lié. Et à l’image d’une tempête, le calme ne revenait jamais qu’après un ou deux coups de tonnerre, une violente rafale ou une averse aussi rapide que torrentielle. Ainsi, plutôt que de se retrouver ballotée comme un fétu de paille par les pensées contradictoires et les émotions changeantes du Fëalocë, Arihel préférait généralement s’abriter jusqu’à ce que les éléments s’apaisent. Il était inutile de vouloir se battre contre une force de la nature – et c’était bien là, selon elle, une définition pertinente d’Efisio, ou en tout cas de ses sentiments.  

Naturellement, elle ne prêta donc pas attention au soudain fracas de verre brisé et de métal heurtant les dalles du Castel, effleura à peine l’idée que tout allait enfin s’arrêter. Si Efisio n’avait pas pu se contenir jusqu’à un endroit isolé, alors une seule catastrophe ne suffirait certainement pas à le libérer de toute sa colère et il demeurerait ingérable pour le moment. Une hésitation dans son pas la fit lever les yeux vers Kÿreñ, lequel semblait bien mal à l’aise, ses prunelles rivées dans la direction où, supposait-elle, devait se trouvait son Lié. Arihel attendit, le regard tourné vers ses pieds puisqu’il ne s’occupait plus qu’à moitié de mener leur danse, que le Bronze s’autorise une remarque. Celle-ci prit la forme d’une interrogation qui, parce qu’elle n’exprimait pas ouvertement le fond de sa pensée, transforma son sourire en rictus peu amène.  

« Non. » Puis, réalisant que sa réponse méritait peut-être d’être développée, la Noire poussa un soupir léger. Elle détestait devoir s’expliquer – mais la perspective de subir ce regard à la fois peiné et choqué une seconde de plus était encore pire et la décida donc à poursuivre : « Efisio est embarrassé et regrette son geste. Qu’on vienne l’aider ne ferait que renforcer ce sentiment d’humiliation ; en particulier s’il s’agit de moi, parce que ma présence serait pour lui un rappel peu appréciable de sa regrettable impulsivité. »  

Elle secoua doucement la tête, faisant tressauter les lourdes boucles noires échappées de son chignon.  

« Je ne tiens pas particulièrement à remuer le couteau dans la plaie … Insinuerais-tu que je ne ressens pas son chagrin comme si c'était le mien ? » fit-elle mine de le réprimander, ses fins sourcils courbés en une expression incrédule, et son ton laissait entendre à demi-mots qu’elle avait d’ores et déjà son opinion sur la question.  

~°~

Le reste du monde était cruellement insensible et sourd aux vérités de la Dragonne Noire. Efisio n’eut même pas le temps de balayer les environs de son regard amarante, chargé de menace et de défi pour quiconque aurait eu l’idée de s’approcher d’un peu trop près, que déjà l’on se portait à son secours.  

« Ah, c’est pas la peine de t’embêter, vraiment… » commença-t-il, d’une voix qu’il essaya vainement de rendre plus assurée que ne lui permettait son embarras face à la situation. Mais, de toute évidence, ce qu’il en pensait n’intéressait pas son sauveteur anonyme car celui-ci s’était penché pour commencer à ramasser les bris de verre, et, malgré son irritation d’avoir été ostensiblement ignoré, Efisio ne put s’empêcher d’éprouver quelque remords à l’idée de le voir salir ses si beaux vêtements. Ravalant péniblement une remarque acide, le Lieutenant, réalisant que ses doigts étaient restés en suspens au-dessus d’un énième éclat, s’en empara pour le placer délicatement sur le dessus de la petite pile à l’équilibre précaire qui reposait au creux de sa paume.  

« Hm. » Il se racla la gorge. « Merci… Je suppose. »  

De bien mauvaise grâce, en apparence, mais une partie de lui était véritablement reconnaissante – il avait simplement plus de peine à le montrer qu’à l’ordinaire, considérant la colère qui roulait toujours dans ses veines et l’incontrôlable sentiment d’injustice qui lui tordait l’estomac et attisait les braises d’un vieux complexe de persécution. Le Fëalocë risqua un bref coup d’œil en direction de l’autre homme, les lèvres plissées en une fine ligne qui hésitait sur la direction à prendre. Ni moue ni sourire. Comme beaucoup de Crocs d’Argent, Efisio aimait se vanter de connaître presque tous les visages des citoyens du Màr Luimë – à défaut de pouvoir se souvenir du prénom de tous ses hommes – et cela lui permettait plus particulièrement de remarquer instantanément ceux qu’il ne connaissait pas.  

Il lui sembla entendre dans le puits sans fond qu’étaient ses mémoires aux feuillets imbibés d’alcool la voix de Shay marmonner quelque chose à propos d’un réfugié Ardent, récemment accueilli sous les eaux. Penser à l’Humain, même indirectement, scella le destin de ses lèvres et il regretta ne pas avoir de masque derrière lequel cacher son expression ouvertement affligée. Toute lutte était inutile, n’aurait fait que lui donner l’air d’un enfant ayant croqué dans un fruit encore vert, aussi détourna-t-il rapidement le regard afin de ne pas induire son mystérieux bienfaiteur en erreur. Qu’il soit effectivement arrivé depuis peu et un ancien résident des Pics de Cendres n’avait rien à voir avec la grimace de dégoût qui tordait les traits du Fëalocë. Sa vexation, elle, en revanche, était bien réelle et toujours aussi présente.  

Efisio n’était pas connu pour être le genre de personnage à lâcher l’affaire lorsqu’il avait une idée en tête – et si cette assertion était vraie lorsqu’il se trouvait de bonne disposition, elle l’était aussi et surtout lorsqu’il était de mauvaise humeur.  

« C’est une très belle étoffe. » commenta donc le Chevalier Noir en désignant d’un mouvement du menton la tenue de l’Ondin, et il fallait bien le connaître pour percevoir le jugement mâtiné de reproche sous le compliment inoffensif. « Pas le genre avec lequel j’aurais décidé de faire les sols. »  

° Quand je pense que tu fais une scène quand Shay te reproche de toujours se mêler de ses affaires. ° … était ce qu’aurait certainement dit Arihel s’il l’avait laissée étaler sa science dans le confort de ses pensées. Fort heureusement pour lui, celle-ci devait probablement concentrer en ce moment toute son attention sur son cavalier pour éviter de s’évanouir de terreur à l’idée d’utiliser autre chose que son esprit – ce qui aurait été à la fois gênant et très difficile à expliquer sans froisser personne. À bien y réfléchir, il n’était pas étonnant que seule sa sœur d’âme soit capable de respecter et de comprendre ses désirs de solitude. À trop réfléchir, il s’ouvrit le pouce sur le côté d’un morceau de verre et laissa échapper un discret juron dans la langue de son pays natal, chantante quel que soit le propos, avant de porter son doigt à ses lèvres.  

Et juste quand il arrivait à la conclusion élaborée qu’il avait définitivement touché le fond, une voix familière lui apporta la preuve du contraire. Cette fois, le Lieutenant se redressa, moins par politesse que parce qu’il avait besoin de toute sa hauteur pour affronter le vent qui accompagnait inévitablement la venue de l’Aspirante … Ah, mince. Ce devait être "Poisson", n’est-ce pas ? Elle n’attendit ni d’avoir terminé sa phrase, ni même d’avoir une réponse à sa question – Efisio nota cependant qu’elle, au moins, avait pensé à demander – pour se joindre à son tour au nettoyage de l’improbable scène de carnage. En d’autres temps, en d’autres lieux, le Fëalocë aurait sans peine endossé son costume familier de mentor sans doute un peu trop étourdi pour son propre bien. Pas aujourd’hui. Le désastre nettoyé, il remercia les trois convives avec bien peu d’éloquence et releva enfin le menton.  

Il salua les deux Aspirants d’un signe de tête exsudant toute la froideur militaire dont il était capable, dans un réflexe pas tout à fait conscient de se maintenir à l’abri d’un trop-plein de bienveillance qui n’était rien de plus qu’un gâchis quand il n’était pas en mesure de voir les sourires autrement que comme autant de moqueries à ses dépens. Ses iris croisèrent le chemin des orbes marines du cavalier de Poisson – Ta’imiti – sans s’y attarder. Si son envie de fuir avait été moins pressante, peut-être se serait-il fendu d’un compliment sur la robe de l’Humaine ou sur la manière dont la couleur choisie par son compagnon mettait particulièrement en valeur l’argent pâle de sa chevelure. Pour le moment, il se contenta de croiser les bras, prenant appui sur une jambe. Désinvolte, mais un rien agressif.  

« J’ai déjà dansé, oui. » Il ne prit pas la peine de préciser que sa seule cavalière de la soirée avait été la Liée d’un confrère – fût-il un certain Shay Ekatz – puisqu’il ne jugeait pas nécessaire de se couvrir encore plus de honte. « J’espérais une pause, à vrai dire, et un rafraichissement. »

Une manière comme une autre de transmettre l’idée de calme, qui n’allait pas forcément de pair avec l’énergie tourbillonnant autour de l’Aspirante. Arihel était au bras de Kÿreñ, songea-t-il distraitement. Si lui-même entraînait Poisson sur la piste, le Bronze n’allait-il pas faire scandale ? C’était bien la dernière chose dont il avait besoin… Un léger mouvement à ses côtés, le crissement reconnaissable de la soie, lui rappela la présence de l’Ondin-peut-être-ancien-Ardent qui semblait attendre le bon moment pour s’éclipser et son regard glissa le long de ses traits durs jusqu’aux ombres qui jouaient entre ses clavicules. Bon, ce n’était pas comme si cela ne faisait pas partie de ses prérogatives en tant que citoyen modèle de la Forteresse Engloutie, alors…  

« On verra ça plus tard. » déclara-t-il à l’adresse de Poisson, haussant les épaules, faussement désolé.  Un sourire aux allures de grimace plaqué sur les lèvres, il se recula pour passer derrière Marek et le pousser délicatement en direction de … N’importe où, vraiment, tant que cela les menait hors de portée de ces Aspirants curieux. « Ne te laisse donc pas déconcentrer par deux vieux Chevaliers ; tu fais attendre ton pauvre compagnon et vous allez louper le prochain morceau. » Pressentant qu’une telle remarque ne satisferait probablement pas l’Humaine, il ajouta, tentant bien que mal d’ignorer la crispation qu’il ressentait à l’idée de profiter aussi éhontément de la situation : « Et puis, Marek et moi avons beaucoup de choses à nous dire ! »

Sans plus attendre, la pression de sa main dans le dos de l’Ondin se faisant légèrement plus insistante, le Lieutenant abandonna là les deux jeunes gens. Ce ne fut que lorsqu’il fut certain d’être sorti de leur champ de vision qu’il s’écarta d’un bon pas et jeta une rapide œillade en direction de l’Ondin. Même si cela ne se lisait pas forcément sur ses traits, sa gratitude envers lui était éternelle. Au moins. Tout en se frottant la nuque avec vigueur et embarras, il entreprit de se justifier : « Désolé. J’ai, euh. Je suis pas vraiment d’humeur à supporter – il agita une main puis secoua la tête comme s’il ne trouvait pas de terme adéquat – ça. »  

« Tu as faim, soif ? Dis-moi ce qui te ferait plaisir et je te dis où tu peux le trouver. Ensuite, je te laisse tranquille. » Il s’arrêta et pivota sur ses talons pour faire face à Marek. « Sauf si tu as envie de compagnie. » ajouta-t-il en arquant un sourcil, lui-même incertain de la réponse qu’il souhaitait entendre.  

« Comme la demoiselle a dit, je suis Efisio Anath. Chevalier Lié à la Noire Arihel et Lieutenant dans les Crocs d’Argent. » Il ponctua sa présentation d’une courbette hâtive et, lorsqu’il se remit d'aplomb, un sourire timide ornait désormais ses lèvres et ses yeux pétillaient d’étincelles malicieuses. « Alors, si jamais tu sais pas vers qui te tourner ou qu’on te fait des misères, tu peux faire appel à moi ! »

~°~

Avec l’approche du crépuscule, sur l’estrade, au milieu des musiciens, les assistants du Maître d’Art et quelques Prêtres d’Ouranos s’affairaient à préparer la scène pour le sacre du Roi et de la Reine du Jour. L’événement, bien que populaire et festif, revêtait tout de même une certaine importance pour le clergé du Père des Dieux et chaque année, l’un de ses représentants au Kaerl était chargé de coiffer les heureux élus de la couronne – bois flotté et coquillages pour le Roi, plumes et fleurs de gentiane pour la Reine.  

Son savoir était également requis pour vérifier l’authenticité des rémiges faisant leur apparition dans les vêtements des favoris… Aucun autre privilège ne venait avec cette cérémonie que celui de siéger sur un trône éphémère, mais cela n’avait jamais empêché les plus malins de se présenter le soir de la fête avec une plume récupérée, la veille, aux abords de la Baie d’Eau Claire.  

HRP:
 


Dernière édition par Amaélis Eleicúran le Mar 17 Aoû 2021 - 14:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeMer 23 Sep 2020 - 22:35

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Aydarkhan-tasunkaenkir*[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Iagyzh
Aydarkhan Tasunkaenkir & son Lié le Brun Iagyzh

Iagyzh sembla recouvrer un peu de toupet et d'estime de soi lorsque Belareth lui offrit un sourire franc et l'invita à danser.
Le Brun, sous la haute charge de son verbe provocateur, avait besoin d'être rassuré et apprécié pour ne pas se laisser aller à une mélancolie qu'il ne s'expliquait pas encore. Alors, les quelques élans chaleureux que lui véhicula la Verte le ragaillardirent !
Un air mutin et espiègle s'agrippa à ses orbes d'un turquoise plaisant à l'instant où il saisit la main de sa cavalière. Bien décidé à se montrer plus habile que son bipède dans l'exécution de sa danse, il entraîna la dragonne sous forme humanoïde sur la piste de danse et se mit à la faire virevolter au rythme des mélodies qui s'élevaient sous les voûtes de la grande salle.

Le jeune Brun n'avait pas encore saisi toute la subtilité du lien qui l'unissait à son âme-soeur, lui aussi sous la coupe d'une "Verte" insatiable. Le soucis étant que si Iagyzh ne répugnait pas à voleter en compagnie de Belareth, Aydarkhan n'avait pas encore idée du piège dans lequel il était tombé sous la stratégie d'Alkhytis...

***

Qui aurait pu croire qu'un fier colosse comme lui était prêt à s'époumoner pour supplier de l'aide face à la situation dans laquelle il était empêtré bien malgré lui ?
Un air incrédule déformant les traits de son visage arrondi, il avait suivi d'un oeil de prime abord innocent puis tétanisé l'approche de l'index de celle qui fut sa Maîtresse jusqu'à ce que ce dernier ne vint se poser sur ses lèvres. Fragile bâillon en apparence mais redoutable muselière pour celui qui ne repérait pas les signaux d'alerte à deux cents lieues... Il avait l'apanage d'un cerf qui ne sentait pas l'odeur de la meute de loups en chasse toute près, peut-être trop certain qu'il était pour eux un gibier trop impressionnant, mais surtout parce qu'il niait malgré lui l'évidence : une profonde part de lui demeurait innocente.
Sous le moule de son torse épais, son coeur s'était emballé d'un amalgame d'angoisse, de stupeur et peut-être aussi un peu d'agitation. Lentement, ses paupières aux cils épais battirent plus d'une fois, à la manière dont on cherchait à chasser un détail surnaturel dans un paysage si commun. Diantre... Avait-il bien compris ? Il ne sut guère combien de temps il fixa Alkhytis, à mi-chemin entre le désir de se dissoudre dans l'air pour disparaître et sa volonté de ne pas se laisser impressionner par une simple femme. Par Ouranos, il avait une réputation à défendre ! Enfin, selon ses dires et son machisme charismatique.

A tout avouer, il paniquait un peu. Il commença par lever une main calme afin d'abaisser le doigt qui scellait ses lèvres, tout en se résignant qu'il n'avait pas la moindre idée de sa réponse, alors il se ravisa. Il semblait gesticuler comme un enfant pris sur le fait accompli de quelque bêtise sans grande incidence, cherchant du regard une échappatoire à son traquenard sans trouver le moindre réconfort d'un visage connu. Hormis celui de son lié, qui à l'autre bout de la pièce s'esclaffait en l'admirant dans la superbe panade où il pataugeait allègrement. En silence, Aydarkhan le maudit.
S'il avait mal compris, il allait se ridiculiser en répondant, ce qui n'était pas envisageable pour ce Torhil un poil fier de sa personne. S'il avait bien compris... AAAAH !
Il était d'ordinaire plutôt à l'aise avec la gente féminine - surtout si cette dernière était pourvue d'un balcon aussi bien achalandé que celui d'Alkhytis -, mais c'était tout de même un peu gênant.
N'en tenant plus, il se pencha légèrement en arrière afin de se défaire de cette promiscuité qui dans un autre contexte ne l'aurait pas dérangé, reculant ensuite d'un demi pas. Un rictus contraint étira ses lèvres, et il brisa le silence.

« Blmrzdf. »

Fort éloquent.
Tout en ayant bredouillé, se rendant bien compte du point auquel il était ridicule, il porta une main à sa bouche comme pour s'empêcher d'en "dire" plus. Il se racla la gorge, prodigieusement noyé dans ce grand instant de solitude qui sembla lui donner une sueur froide.
Aydarkhan secoua brièvement la tête, en quête de rassembler ses esprits, puis parla sans avoir anticipé la tournure de ses propos. Il joua le poisson nageant entre deux eaux afin de se soustraire au mieux à ce supplice.

« Je vous remercie pour votre invitation mais s'éclipser pour une promenade alors que le Bal bat son plein me semble un peu malpoli donc et mh, bien... Il y aura peut-être une autre occasion d'aller... visiter le Kaerl ? » Interrogea-t-il en plissant les paupières.

Une part de lui suppliait qu'on le sortit de son pétrin, qu'un évènement plus ou moins opportun ne le secourut de son marasme. Il entendit bien le brouhaha des fracas de vaisselle et de la dispute au loin, mais un coup d'oeil furtif lui révéla que le concerné ne manquait pas d'aide. Son Lié lui, dansait avec la dragonne de celle qui lui faisait du charme, comme si cela allait servir à dissiper la tension qui venait de s'installer entre Alkhytis et lui ! Sa tête brûlée de cadet avait la chance d'être en compagnie de Naevys de qui il partageait le bon souvenir, et les deux aspirants qu'il avait croisé tout à l'heure semblaient plus ou moins batifoler dans leur coin pour éviter la compagnie des "adultes."
Fichtre, Aydarkhan était décidément foutu.

***

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Erdeni - Lézarde de feu Verte d'Aydarkhan

La petite lézarde semblait sourire, les perles qui faisaient office d'yeux étincelantes de malice. Tout d'abord accueillante envers le Bronze, elle prit soudainement une posture de jeu tout en gardant la mûre dans sa gueule, se tapissant alors contre la table et gardant la tête basse.
Erdeni surveilla avec excitation l'approche calculée de Telio, le corps dodelinant comme celui d'un chaton prêt à bondir sur un bout de ficelle. Elle se fit alors étrangement silencieuse, les yeux ronds et grands ouverts comme deux billes d'un verre brillant. Ses pattes avant se mirent à gratter - et en partie massacrer - la nappe déjà bien meurtrie par les tâches violines impactées par son festin de fruits rouges, puis elle se jeta sur son acolyte en un saut magistralement bien exécuté.
Dans l'attaque, l'offrande pour le petit lézard Bronze roula au loin, tout comme eux-même roulèrent sur la table non sans déranger quelques coupes et plats. Erdeni mordillait sans chercher à blesser son partenaire tout en vociférant quelques adorables rugissements de lionceau.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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Alkhytis Doréhor
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeDim 27 Sep 2020 - 13:55

La Dragonne Verte, toujours sous son apparence d'emprunt d'Ondine, savourant de voir que le Brun prenait plus confiance en lui désormais. Peut être s'était-il raccroché à quelques préjugés qu'on pouvait songer au sujet de la dragonne liée à la Maîtresse Doréhor... Ou alors, vu qu'il était encore un ''timide'' dans des domaines qui demandaient parfois... un petit coup de pouce. Le malheureux aurait pu devenir sa ''proie'', jouant de ses charmes pour le faire réagir. Mais, elle n'était pas d'humour taquine. Elle était d'humeur ravie, en dansant en la compagnie de Iagyzh. Elle y prenait plaisir et cela s'en ressentait dans son sourire qu'elle affichait. Après tout, ce que les Dragons pensaient, ce n'était pas tout à fait la même chose que chez les bipèdes. Même si elle sentait sa Fëalocë qui menait une tentative de prendre dans son filet Aydarkhan, rien ne l'empêchera de profiter de la présence de son cavalier de la soirée. Après tout, il était charmant, maintenant qu'il s'était un peu décoincé, très charmant même. Et il dansait très bien sous son apparence humaine, chose qui n'était pas toujours à la portée de bien des dragons mâles.

''Tu danses très bien, même avec excellence. Certains humains que ma liée a pu croiser resteraient la bouche ouverte devant tes prouesses. Je vais te jalouser de cette perfection''

Et elle avait son sourire sincère. Elle se plaisait à imaginer la tête des spectateurs qui les observaient, les enviant ou marmonnant sur leur dos. Elle avait tellement l'habitude de ce genre de réaction... Et elle gardait toujours une langue bien acérée pour remettre à leur dragon ou bipède qui oserait plus tard se moquer ou ironiser cette soirée, pendant qu'elle dansait avec le jeune Brun, qui ne paraissait pas ''perturber'' par les réactions de son propre lié en compagnie d'Alkhytis.

***

Alkhytis observait les mêmes mouvements du visage de son compagnon de soirée. La pose de son index sur ses lèvres provoquait chez Aydarkhan un tel intensité d'émotion ! Elle n'avait pas besoin d'être télépathe pour percevoir le trouble qu'elle provoquait chez lui, le malheureux pris au dépourvu.

Sous la pulpe de son index qui tenait les lèvres de la proie acculée, Alkhytis avait la sensation de sentir le rythme cardiaque s'amplifier. Le regard affichant la stupéfaction, il y avait la lueur d'un bref désespoir de pas pouvoir s'échapper, de fuit ses charmes qu'elle avait doucement amené à lui, avant de se montrer plus téméraire dans son approche, avant d'ouvrir le filet, dans le but de l'entourer et de l'enfermer en son sein

Il aurait pu rester figé, pour accepter le sort qui lui était réservé ; un si doux sort, il devait s'en douter. Mais au lieu de cela, il trouva la force de résister. Alkhytis souriait intérieurement. Un peu de résistance était plaisant, démontrant que Aydarkhan n'était pas un homme si facile à capturer. Il finit par se reculer juste un peu, pour mettre une petite distance tout à fait raisonnable ; qui ne serait ni frustrant, ni insultant pour la Dame Verte. Le message était simple et très claire à comprendre. Alkhytis avait toujours le sourire à ses lèvres pulpeuses, nullement déconfite par ce geste de refus. Elle guettait déjà la réponse orale quand à sa douce proposition, s'attendant à la suite logique suite à son petit recul....Et quand ce fut un petit cafouillage qui brisa le silence, elle retint un petit gloussement. C'était si mignon de voir qu'il était tellement troublé qu'il n'arrivait plus à s'exprimer. Le malheureux devait supplier son dragon de venir le chercher pour le sauver du danger de tentation que représentait Alkhytis.

°Tu le laisserais s'échapper, alors que tu le tiens presque à ta merci ? °
°Je vois que tu me surveilles toujours, ma belle. Donc pour te répondre, peut être.... Il est désemparé face à moi, c'est vrai, mais vu que tu es toujours en train de danser avec Iagyzh, je présume que le Brun est tombé sous ton charme et qu'il en oublie totalement son lié. °
°je ne dirai pas cela comme cela. Disons qu'Iagyzh est encore en apprentissage de comprendre les ressentis de son lié, malgré la détresse dans laquelle tu l'as plongé. Mais revenons à ma question première... °
°Je suis tentée de ne pas insister comme de le taquiner encore un peu avant de me décider à l'avoir bien à moi... Les deux voies sont tellement plaisantes, qu'il est difficile de choisir. °

En sentant la pensée de sa liée, elle l'imaginait déjà en train de lever les yeux aux cieux.

°Faudra bien te décider °
°Oui, ne t'inquiètes pas. °

Et pendant ce temps Aydarkhan avait le temps de reprendre le contrôle de son être, repoussant le désarroi qui l'avait pris au coeur, face à la magnifiquement dangereuse Alkhytis. Elle s'était rapprochée de lui, mettant à mal la petite distance qu'il avait réussi à imposer vis à vis d'elle, pour se trouver un début d'échappatoire. C'était à elle de lui rendre sa liberté, ou pas.

Quand la réponse arriva enfin, claire, nette et posée, elle avait toujours son sourire charmeur. Elle n'affichait aucune déception, aucune frustration. Elle demeurait la femme déterminée, se préparant à trouver une autre barrière à lui imposer pour se diriger vers son filet.

''Il est vrai que le Bal est en pleine effervescence, surtout que maintenant, il va être question de trouver le Roi et la Reine de la soirée. Il serait dommage de briser notre duo maintenant par une simple balade.... que nous pouvons reporter juste après les élections. Sauf si vous acceptiez de vous voir élu Roi....Je serai alors votre sujette.... ''

Puis, elle entendit ds vociférations de lézards de feu, qui s'en donnaient à coeur joie dans une petite bataille sifflante, en plein sur la table de banquet. Alkhytis ne put que sourire de plus. Déjà qu'elle n'avait pas réagi au bruit de vaisselle cassée pour rester pleinement concentrée sur son beau danseur.... Elle avait trouvé la voie à prendre vis à vis de sa proie.

Elle s'était rapprochée de lui, brisant définitivement le fragile bouclier aérien qui les séparait. Elle déposa un tendre baiser sur les lèvres de son cavalier, se recula par la suite, tout en remettant une mèche rebelle dorée en place sur ses oreilles, qui s'était échappé de sa chevelure durant la fougueuse danse.

''... Mais, il semblerait que Flarmya ait décidé de vous appeler à elle avec la petite dispute dans laquelle se retrouve votre lézarde de feu. Volez vite à son secours, pour pas qu'elle se retrouve blessée. ''

Si avec cela, Aydarkhan ne trouvait pas une belle ouverture pour s'échapper. Elle lui offrait une belle boie de fuite et tout à fait justifiée et en toute politesse. Et si jamais il venait à demeurer planter là comme un benêt, pris dans un tumulte d'émotions. Car après tout, ce n'était pas pour rien qu'elle lui avait offert un bref baiser, épousant ses lèvres contre les siennes pour lui laisser un petit avant-goût de ce qu'il pourrait rater. Maintenant que le filet était baissé, c'était à lui prendre la fuite qu'il avait tant désiré.

°Décidément, je te reconnais bien là. Jusqu'au bout, tu ne lâches rien°
°Toujours ma chère, toujours. Mais c'est un grand garçon, je lui laisse l'opportunité d'agir. Ainsi, tout le monde y trouve son compte. Et comme tu peux le sentir, je ne suis pas déçue °

Forcément, comme elle trouvait du plaisir à malmener de ses charmes les hommes qu'elle prenait dans ses mailles....


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeLun 5 Oct 2020 - 21:46

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Dusan-bakhtiyar-tolorea__[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Kyren-fealoce-dragon-bronze-tolorea
Dušan Bakhtiyar & le Bronze Kÿreñ

Theme Song :
The Winter – Balmorhea

Avec autant de grâce qu’une véritable dame, parée des riches atours qui faisait généralement l’apanage de ces dernières, Naevys tournoyait à son bras, toujours son énigmatique sourire flottant sur les lèvres. Sous son air détaché, en apparence pleinement concentrée sur les plaisirs de la danse, la barde n’en était pas moins attentive à ce que son ancien élève voulait bien lui révéler sur son nouveau statut de Maître Dragon. Pour autant … Elle n’était pas dupe de ses piètres tentatives d’esquiver le sujet. Dušan eut un sourire contrit sans répondre, tendant le bras pour l’écarter et la faire voltiger le temps de quelques mesures, avant de la ramener plus ou moins habilement vers lui.

Allons, la faire rougir ? Celui qui ferait rougir Naevys, celui qui parviendrait à la décontenancer suffisamment pour ça, n’était pas encore né. Ou bien pas encore arrivé au Màr Luimë. Elle le connaissait quant à lui beaucoup trop bien pour se laisser prendre à ses compliments détournés – quoi qu’ils fussent sincères. Se rapprochant de lui, elle lui chuchota malicieusement à l’oreille son approbation, louant l’habileté avec laquelle il jouait maintenant avec les mots. Haussant un sourcil vaguement amusé sur l’Elfe, le demi-sang inclina la tête, baissant ses iris bleu hivernaux avec une fausse humilité.

« Mais bien évidemment, tout ceci c’est à ton éducation que je le dois, Sarnai. »

Il allait sans dire que Naevys avait eu fort à faire pour dégrossir l’adolescent rebelle et sauvage qu’il était lors de leur rencontre, ne serait-ce que pour parvenir à gagner sa confiance et à lui faire prendre conscience des bienfaits qu’il pourrait tirer d’un apprentissage dans les règles. Et au fil des mois, au fil des années, malgré son impression persistante de ne pas être à sa place en compagnie des autres jeunes auprès de qui elle jouait le rôle de préceptrice … Son côté mal dégrossi s’était affiné, policé, faisant ressortir toute la subtilité et l’esprit mordant de sa personnalité. Et malgré son désamour pour les interminables heures d’étude, il leur en était véritablement reconnaissant, à elle et Nealyan … Pour leur patience, et surtout leur compréhension.

Poussant donc son avantage, la jolie barde poursuivit ses investigations, l’interrogeant l’air de rien sur Perlina. Penchant la tête, contenant le soupir qui menaçait de franchir ses lèvres, il se perdit quelques instants dans ses réflexions, s’avouant finalement vaincu et décidant de jouer la carte de la franchise, en dépit du ton léger qu’il employa. Oui, être Maître Dragon n’était pas si simple que l’on se l’imaginait. Il ne s’agissait pas juste de transmettre son savoir, de se placer dans le rôle du sachant, enseignant à un autre placé dans un rôle d’ouverture et de réceptivité. Il fallait prendre en compte le caractère et les spécificités propres de chacun, ce qui faisait que l'Aspirant allait réagir de telle ou telle manière … Et cela, le dépassait totalement. Les lèvres de la rousse frémirent, accompagnant ses aveux, mais elle ne dit rien, le laissant poursuivre avant de lui donner son avis.

Comme à chaque fois, elle lisait à travers lui comme un livre ouvert, masque ou pas. Elle parvenait à percevoir ce qui se tramait derrière ses sourires, derrière ses rires et ses haussements d’épaule, si neutres soient-ils en apparence.

L’expression de Dušan se fit néanmoins ouvertement dubitative lorsqu’elle lui annonça qu’elle ne croyait pas en l’incompatibilité de leurs caractères. Lui-même se savait peu porté à apprécier une bonne majorité des gens, et cela lui convenait parfaitement. Il n’aimait pas se mêler à la foule – ce soir faisant exception pour la ‘‘bonne cause’’, et était tout à fait content de vivre sa vie comme il l’entendait, sans devoir dépendre des uns et des autres. Sa remarque sur sa rigidité et son âge fit néanmoins naître un sourire caustique chez le grand blond.

« Ma très chère amie et professeure, pour mon peuple, à mon âge il y a longtemps que je serais casé avec femme(s) et enfants. Mais ici, je suis encore jeune et libre de faire ce qui me semble bon pour moi … Dans la limite de ce qui est jugé acceptable par mon inégalable Lié. »

Il porta un regard franchement amusé sur Kÿreñ au loin, duquel émanait des ondes contradictoires de fierté et de perplexité mêlées. Il ne savait de toute évidence pas sur quel pied danser – et c’était le cas de le dire – avec la Noire Arihel, qui le fixait avec un rictus aux nuances carnassières et vaniteuses. Si le demi-sang ne le blâmait pas pour son malaise – qui ne le serait pas, face à une telle dragonne ? - il considérait que le jeune Bronze s’était placé lui-même dans cette déplorable situation … Et qu’il lui revenait donc d’en trouver la solution.

Une volte, et Naevys se retrouvait à nouveau tout près de lui, levant vers lui son visage masqué, sous lequel ses iris noisettes semblaient pétiller de joie. Le renvoyer à sa propre arrivée n’était sans doute pas le plus diplomate, mais eut au moins le mérite de le pousser à réfléchir, faisant le parallèle entre celui qu’il avait été et le comportement … agité, de son Aspirante. Incapable de retenir une grimace, il secoua la tête, non sans dérision.

« Eh bien, si elle met autant de volonté que moi à l’époque à s’opposer à toute tentative de lui apporter un cadre, notre relation n’est pas prête de s’arranger. »

Lui-même avait trouvé la voie de l’équilibre depuis … Mais peut-être étaient-ils trop similaires finalement ? Déléguer toute la partie relationnelle à son frère d’âme pouvait être une solution, lui qui était capable de sociabiliser avec un caillou, mais l’idée le contrariait au fond de lui, sans qu’il ne parvienne à mettre le doigt sur la raison. Lentement, les dernières notes de musique s’évaporèrent, et autour d’eux les danseurs se séparèrent, certains plus à regret que d’autres. C’est dans le relatif silence qui s’était établi qu’un bruit de vaisselle brisée retentit, et son attention fut magnétiquement attirée par la source de tout ce remue-ménage. Le lieutenant Anath, à genoux pour ramasser les bris de verre, fut bientôt rejoint par un Ondin inconnu, à l’allure sombre, et c’est alors que Perlina fit son apparition, toujours accompagnée par son mystérieux ami.

Se tournant vers Naevys, il lui désigna la petite assemblée du menton, plus amusé que véritablement résigné.

« Elle semble avoir un instinct infaillible pour ce qui est de se trouver là où réside le chaos. Que puis-je y faire ? »

Puis, se penchant en direction de la jolie rousse, Dušan prit l’une de ses mains entre les siennes, y déposant dans le creux de la paume un baiser malicieux, selon les coutumes Akitaas.

« Merci pour cette danse, ma dame, et pour vos conseils avisés. »

 🍃🌊  • 🍃

A sa question plus rhétorique qu’autre chose, concernant la volonté des Dieux à son égard, Arihel avait répondu avec aplomb, allant jusqu’à qualifier les projets divins de ‘‘décisions stupides’’. Passablement déconcerté par son attitude, Kÿreñ guida la dragonne accrochée à son bras vers le centre de la salle, où les danseurs évoluaient gracieusement. Après quelques mesures, la dragonne se révéla plutôt une cavalière tout à fait correcte, dans l’ensemble, malgré quelques faux pas. Seulement … Il était difficile pour lui de déterminer si la Noire s’amusait réellement, et s’il était parvenu à la distraire comme il le lui avait promis.

Arihel le … toisait, si on pouvait qualifier cela ainsi, un sourire suspect plaqué sur ses lèvres fines, comme si elle irradiait de toute sa suffisance. De la part d’un prédateur, fut-il caché sous une enveloppe de chair bipède, une telle expression était plutôt inquiétante. Cependant, dans un élan peut-être de naïveté, le Bronze choisit d’y voir toute la satisfaction qu’elle pouvait éprouver à l’avoir pour compagnon, et la provocation inhérente qui était adressée à toutes les autres femelles. Son Lié avait beau se moquer intérieurement, il avait bel et bien réussi à dérider l’inénarrable Noire, quand bien même servait-il en cela les propres projets de la femelle.

Puis la danse arriva à son terme, et un fracas soudain s’éleva, focalisant les regards sur le malheureux Fëalocë qui était le frère d’âme de sa cavalière. Il paraissait peu probable à Kÿreñ que le soldat ait été si maladroit – on ne devenait pas Croc d’Argent en étant si étourdi – cela ne laissait donc que la possibilité d’un éclat de colère fugitif. Fronçant les sourcils sur Efisio, il reporta son attention sur Arihel, qui ne manifestait pas d’intérêt débordant à l’égard des déboires de son Lié. Hésitant durant un long moment, il passa d’un pied à l’autre, affectant de ne pas se sentir concerné, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, une grimace gênée étirant ses lèvres.

Et une nouvelle fois sa réaction ne fit que le déstabiliser, tant elle lui paraissait incompréhensible et contre-nature. « Non. » avait-elle répondu, avant de soupirer face à son expression navrée. Au fur et à mesure qu’elle développait son propos, adoucissant sa répartie première qui avait été un peu trop sèche, les prunelles de saphir du Bronze s’emplirent de pitié à l’égard du Fëalocë. Ce n’était pas tant qu’il ne pouvait disposer du soutien de son âme sœur, mais plus qu’il devait en effet se sentir particulièrement humilié. Cependant les accusations portées par la Noire lui firent ouvrir de grands yeux, la bouche arrondie par la surprise et la peine.

« Je, non, bien sûr que non, je ne me permettrai pas de juger votre relation, à toi et ton Lié ! »

A moins que si ? Etait-ce l’impression qu’il avait donné ? En vérité, il avait bien eu un moment où il avait considéré que l’attitude d’Arihel était indigne.

« Je saisis très bien ton raisonnement. Tu le connais mieux que moi, après tout. »

Il eut un sourire penaud, tout à fait charmant, époussetant distraitement le riche tissu de sa chemise. Quelque part dans la salle, Belareth venait de claironner dans tous les esprits environnants que la désignation du Roi et de la Reine du Bal aurait bientôt lieu. Le Bronze n’y accorda qu’une maigre attention : ceci ne concernait pas les sauriens.

« Est-ce que tu veux encore danser ? »

 🍃🌊  • 🍃

Épargnant au Fëalocë déjà bien embarrassé le poids d’une attention trop inquisitrice, Marek s’était affairé calmement à rassembler les bris de verre éparpillés, laissant à l’autre l’initiative de la conversation, s’il le souhaitait. A sa remarque, prononcée d’une voix trop faible pour être réellement déterminée, l’Ondin avait haussé à demi les épaules, secouant la tête en signe de dénégation. Cela ne le dérangeait pas de l’aider, sans quoi il ne serait pas intervenu. Néanmoins, lorsque l’autre homme lui lâcha quelques remerciements hésitants, il releva les yeux sur lui, le fixant un instant de ses iris d’outremer, avant de lui adresser un mince sourire en coin, silencieux. Merci, ‘‘je suppose’’ ?

« Ce n’est rien, je vous assure. »

Selon toute apparence, le soldat était assez confus quant à ses intentions. Craignait-il qu’il soit venu pour le railler ? Il ne le connaissait pas et ne l’avait encore jamais vu à ce jour, il n’avait aucun intérêt d’agir de cette façon.

**Devrais-je lui dire qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et que mon Lié est doux comme un agneau ?**

*Leith, cesse donc tes commentaires et viens me rejoindre si cela t’amuse tellement.*

**Et gâcher le spectacle que tu donnes ? Jamais de la vie !**

Roulant des yeux devant les excuses du Brun – auxquelles il ne croyait qu’à moitié – il allongea la main pour récupérer des éclats qui avaient glissé un peu plus loin. Le serveur avait filé, sans doute pour aller recharger son plateau, laissant les deux hommes à leur tâche fastidieuse.

« C’est une très belle étoffe. » Un mouvement de tête du Fëalocë orienta la conversation en direction de sa tenue de soie Ondine, puis ce dernier poursuivit. « Pas le genre avec lequel j’aurais décidé de faire les sols. »

Ignorant les éclats de rire ravis d’Asaleith, les lèvres de Marek se réduisirent à une fine ligne désapprobatrice, tandis qu’il considérait pensivement son désormais compatriote. L’autre était en colère : fort bien. Sa présence le dérangeait : sans aucun doute. Il le voyait comme un empêcheur de tourner en rond, venu le sortir de sa bouderie maussade alors qu’il aurait voulu rester seul et disparaître : probablement.

**En voilà un qui a la langue bien acide. Ce que vous les bipèdes pouvez vous montrer susceptibles dès que les hormones s’en mêlent ...**

L’Ondin comprenait parfaitement les mécanismes, conscients ou inconscients qui le poussaient à réagir ainsi. Quand le cœur était impliqué … La raison et la logique n’avaient plus prise sur les êtres. Il décida qu’une fois sa tâche accomplie, il ne s’attarderait pas plus. Il n’imposerait pas sa présence indésirable à quelqu’un qui ne la souhaitait pas et qui le lui faisait clairement percevoir.

« C’est un cadeau d’une personne que je respecte beaucoup. Je vous remercie de vous en soucier. »

Indéchiffrable, son regard d’outremer se posa à nouveau sur le Fëalocë, sans qu’on puisse dire s’il y résidait autre chose sous son apparente sincérité. Le vêtement lui avait été offert il y avait de cela quelques lunes par Sraoshaï et Seqenenrë, à son départ du Màr Litsë. Tout à la fois symbole et offrande de ce renouveau qui se dessinait alors à l'horizon. Il le chérissait et était fier de pouvoir le porter au sein du Kaerl Englouti.

Mais Flarmya devait avoir décidé que cette soirée réservait d’autres surprises à l’attention du Fëalocë, car soudain une adolescente rousse masquée, accompagnée par un jeune Ondin à la chevelure couleur d’écume, se présenta à eux. Une connaissance du soldat ? D’une main habile, elle releva son masque, saluant ce dernier comme un ‘‘Lieutenant’’ avant de s’agenouiller pour venir les aider, sans considération aucune pour ses beaux habits. En deux temps trois mouvements, les ultimes petits bouts de verre furent ramassés et mis de côté, et la jeune fille engagea la conversation avec naturel, comme si la situation était tout ce qu’il y avait de plus normale.

Marek suivit brièvement son geste en direction de l’Ondin – Ta’imiti, un nom aux consonances résolument Yssiennes – avant de revenir à elle lorsqu’elle mentionna le fait que lui-même lui était inconnu. Sentant poindre une vague contrariété devant ce qu’une partie de lui considérait comme une intrusion, il lui sourit néanmoins, sans que celui-ci n’atteigne réellement ses yeux.

**Cette petite me plaît bien. Et je pense que tu as attisé son intérêt. Gare à toi !**

« Marek. Marek d’Ardiénor. Prêtre de Flarmya et lié au Brun Asaleith. » lui répondit-il d’une voix douce mais sans véritable chaleur. Quant à l’Aspirante, elle s’était présentée sous le nom de … Poisson ? Etait-ce vraiment son prénom ? Quelle étrange idée pouvait-on avoir de nommer son enfant de cette façon !

Sans attendre, elle enchaîna, s’adressant au Lieutenant – Efisio – babillant insoucieusement sur la danse, sur son intention de danser avec le plus de monde possible, et allant même jusqu’à lâcher un commentaire se voulant humoristique sur les verres cassés. Une telle absence de conscientisation de l’atmosphère et de l’humeur des gens le poussa à hausser les sourcils, muet, envisageant sérieusement de laisser le Fëalocë avec ses jeunes compagnons.

« La danse n’est pas trop mon fort. »

**Allons, allons, tu te dévalorises, mon frère ! Et puis, ce n’est pas la petite bête qui va manger la grande.**
*Elle est bien trop jeune pour moi, et je n'ai pas le désir de m’engager dans une quelconque relation pour le moment, je suis certain que tu n’as pas oublié. Encore moins avec une Aspirante.*

Il eut un sourire d’excuse fugitif à l’adresse de l’adolescente, et s’apprêta à prendre congé, ouvrant la bouche pour prendre la parole, mais Efisio l’avait d’ors et déjà devancé, répondant à Poisson sur une intonation assez sèche, pouvant rappeler celle qu’un adulte emploierait envers un enfant. Ah. Furtivement, le soldat s’était déplacé, glissant une main légère mais insistante dans son dos pour l’inciter à le suivre. Allons bon, d’abord il ne voulait pas de sa présence et maintenant il se servait de lui pour fuir ? Décidant de jouer le jeu – cela les arrangeait tous les deux après tout – il inclina poliment la tête en direction des deux jeunes gens et emboîta le pas au Fëalocë, jusqu’à pouvoir disparaître dans la foule environnante.

Face à ses excuses, son visage s’illumina pour la première fois d’un sourire sincèrement amusé quoi qu'un rien réservé, et l’Ondin croisa les bras.

« Je comprends très bien, ne vous inquiétez pas. »

L’enthousiasme un peu trop débordant de Poisson lui paraissait à même d’exténuer même le plus impavide des hommes. L’insouciance de la jeunesse au Màr Luimë ne cessait de l’étonner, comparé à ce qu’il avait vécu au Kaerl Ardent. Ici tous avaient leur place pour croître et grandir dans une paix relative, et les éventuelles bisbilles entre Aspirants restaient largement mesurées et encadrées.

Poursuivant sur sa lancée, Efisio, sa bonne humeur apparemment retrouvée en dépit de son embarras persistant, lui proposa donc ses services en échange de son aide passée. Pour ce soir, dans un premier temps, puis à l’avenir si jamais il en éprouvait le besoin. Fidèle à la versatilité de sa race, le Fëalocë avait vite perçu là où se trouvait ses intérêts. Marek ne lui en tint pas rigueur, une nouvelle fois.

« Enchanté Efisio. Ravi d’avoir pu vous venir en aide. » Une lueur de dérision amicale flotta dans ses iris d’outremer, et il lui tendit la main, le laissant libre de la saisir ou non.

« A vrai dire … Je ne suis venu ici à ce Bal que sur les incitations de mon Lié. Je suis arrivé au Kaerl il y a peu, et je ne le connais pas encore très bien. Je serai soulagé d’avoir quelqu’un pour me guider et me faire découvrir le Màr Luimë sous un autre jour, si cela ne vous pose pas de problème. »

Pourquoi mentionner à demi-mot ses origines Ardentes ? Dans un élan d’honnêteté spontanée, cela lui avait paru important … Peut-être y avait-il là une façon inconsciente et indirecte de tester les réactions de l’autre homme quant à son passé. De vérifier si la fameuse ouverture, l’acception et le non jugement des Engloutis étaient choses aussi réelles que concrètes. Il ne souhaitait pas démarrer sa nouvelle vie sur des mensonges ou des non-dits.

« Et pour ce soir … Quelque chose à boire m’ira très bien. »


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Ta’imiti Roimata’toa
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeLun 12 Oct 2020 - 23:32

A la mention de l’Interstice, le visage de l’aspirante s’était assombri, son éternel rire s’évanouissant brusquement. Et si son visage se fait marbre, au fond de son regard se distingue la primale noirceur de la crainte, encore bien présente après que les semaines soient passées. Mais dans ses gestes qui se font plus rigides, l’ondin perçoit autre chose que de la peur, la tension du combat plutôt que la légèreté de la fuite, comme si elle envisageait en esprit quelqu’ennemi qu’elle souhaiterait un jour défaire.

« Froid. Noir. Étouffant. Trop immense pour qu'on en perçoive toute la profondeur. Trop petit pour y être à l'aise., explique-t-elle, l’esprit ailleurs. Puis, redressant vers lui ses yeux dont la noirceur disparaît peu à peu, elle l’interroge à son tour. Ton maître ne t'as donc jamais emmené ? As-tu seulement déjà volé ?

C’est une bien sombre description que tu en fais… On croirait entendre le marin qui a contemplé les abysses avant de parvenir à s’extirper de l’épave…», commenta-t-il après une courte hésitation, décontenancé. Ce qu’en racontent les chevaliers plus expérimentés ayant rédigé les ouvrages que ses maîtres lui avaient donné à lire était bien différent. Il était alors question de mer de brumes, d'échos de pays et d'âges lointains, et autres impressions imagées qui naissent lorsque le possible supplante le réel dans un esprit poète.

J'ai volé, oui, reprit-il d'un ton plus naturel, mais jamais sur de bien longues distances. Je suis arrivé sur le continent sur la voie des mers, avant de savoir que j'avais le Don. Et ça m'arrange bien, pour être honnête, plaisanta-t-il, tentant de détendre l'atmosphère. En fait, le vol ne fait pas partie des priorités de mes maîtres, pour l'instant. Ils sont trop occupés ici. »

Mais sans doute avait-il trop détendu l'atmosphère, car déjà la discussion reprenait un chemin qui ne plaisait guère à Ta'imiti, visiblement mal à l'aise face à tant de familiarité. Leur retrait de la piste de danse heureusement le prémunit de pousser plus avant la conversation quant aux gestes que suggérait Poisson, bien trop fière d'elle. Une fierté qui ne s'éclipsa pas le moins du monde lorsqu'ils arrivèrent face aux deux hommes qui avaient attirés l'attention du couple : car aussitôt à portée de voix, celle-ci s'était adressée avec grand entrain au lieutenant. S'empressant de faire les présentations et de ramasser le verre restant au sol, l'aspirante était encore une fois entrée dans la conversation de toute son éclatante bonne humeur.

« Laissez-moi vous présenter Ta'imiti, aspirant comme moi-même. Moi c'est Poisson. Taï, je te présente le lieutenant Efisio Anath. Mais je ne connais pas monsieur. Désolée.

Marek. Marek d’Ardiénor. Prêtre de Flarmya et lié au Brun Asaleith, lui répondit l'inconnu d'un ton égal qui ne manqua pas d'attiser la curiosité de Ta'imiti.

Enchanté, messieurs », dit-il, ponctuant seulement ses mots d'un léger signe de la tête. Si le prêtre réagissait avoir politesse et douceur à l'intrusion, ses yeux demeuraient ceux, froids, d'un esprit prudemment contrôlé. Et pourtant, il avait dans le regard les tressautements de qui observe et jauge avec attention. Peut-être étaient-ce quelques similitudes dans l'œil qui intriguaient l'aspirant, ou bien le culte qu'il servait, mais Ta'imiti vit en cet homme un curieux mystère. Il tâcha d'ancrer son nom dans un recoin de sa mémoire.
Mais déjà, Perlina alimentait à nouveau la conversation de moults questions, se délectant de l'ambiance festive, visiblement plus heureuse encore que lors de leurs précédentes rencontres. Une conversation, malheureusement, qui ne semblait pas vraiment au goût du militaire, qui retoqua sans grand ménagement les efforts de la demoiselle. S'il tâchait visiblement de faire preuve du minimum d'étiquette, ses traits trahissaient un agacement mal dissimulé.  

« Ne te laisse donc pas déconcentrer par deux vieux Chevaliers ; tu fais attendre ton pauvre compagnon et vous allez louper le prochain morceau. Et puis, Marek et moi avons beaucoup de choses à nous dire ! »

Et ce disant, le lieutenant Anath entraîna au loin le prêtre qui, s'il n'était pas hostile aux jeunes gens, avait brillé par sa prudente distance. Ta’imiti, lui non plus, ne s'était guère trop manifesté, observant sans un mot. Etrangement, les gens réagissaient d'habitude à la joie de la jeune humaine par des sourires amicaux ou des soupirs amusés et c'était bien la première fois qu'il voyait quelqu'un si manifestement chercher à l'éviter. Cela était d'autant plus surprenant qu'elle semblait, au moment de le saluer, avoir déjà établie avec le membre des Crocs une relation amicale… Mais les deux hommes s’éloignaient, sans plus se préoccuper des aspirants.

« Eh bien… Ça a été rapide… Et dire qu'on est censé oublier les rangs ce soir… »

Puis, se retournant vers Poisson, il s'exclama :

« Mais, ma parole, on dirait que tu connais déjà tout le monde dans le Kaerl ? Je serais curieux de savoir comment tu occupes tes journées pour ce résultat…
» Ce Marek est encore plus intriguant que je pensais. Avant d'arriver ici, je n'avais jamais vraiment pensé à Flarmya comme une déesse que les gens pouvaient prier. C'était plus une fable… C'est étrange de voir un prêtre, tu ne trouves pas ?»

Du regard, il chercha à nouveau les deux hommes qui avaient disparus parmi la foule. Puis, faute de les retrouver, il redirigea son attention sur la table proche et y saisit deux coupes d'hydromel, dont il en tendit une à Perlina. Dans la salle, les danses semblaient se calmer

« Et pour répondre à ta question… Je ne suis pas très joueur, reprit l'ondin plus calmement, et je crois que je ne comprends pas vraiment pourquoi tu aimes tant te lancer des défis comme ça. Enfin non, ne répond pas, va plutôt danser, je ne voudrais pas te faire manquer ton défi», conclut-il en plaisanta, sans pour autant chercher à la déloger de son flanc.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeLun 19 Oct 2020 - 15:20

J’aime Ta'imiti entre autre parce que c'est un homme de la mer. Il ne se laissera jamais impressionner par les millions de litres d'eau suspendus au dessus de nos têtes. Il a le même langage que mon grand-père. Le chant de la mer. Le chant de l’abysse.

« C'est très poétique comme comparaison. Et c'est un peu cela. Dušan m'a plongée dedans sans me prévenir et il aurait aussi bien pu me jeter en pleine mer sans que je sache nager que l'effet aurait été le même je pense. Je suppose qu'on peut s'y habituer comme on peut apprendre à nager. Mais je j’écrirai jamais d’ode à l’Interstice. »

Moi qui pensais qu’aller aider Efisio était une bonne idée et qu’elle ouvrirait vers de nouvelles connaissances, de nouvelles discussion j'en suis pour mes frais. Je pense savoir quand je reçois une fin de non recevoir. Enfin deux plutôt. Je ne comprends pas l'attitude froide et policée du lieutenant Efisio. Lui qui m'avait accueillit avec chaleur au sein de la combe. Même s'il s’était refroidit et refermé sous le regard de Kÿreñ. Mais le bronze n'était pas dans mon dos ce soir. Un rapide coup d'œil alentour me permet vite de m'en rendre compte. Alors pourquoi reste-t-il si froid ? C’était la fête, il avait fait tomber un plateau, la belle affaire. Il valait mieux en rire. Dédramatiser. A la place il avait cherché le premier prétexte pour filer. Me pense t'il vraiment dupe de ses excuses ? Et voilà la deuxième fin de de non-recevoir. L'ondin reste à son tour courtois mais pas plus ouvert et amical que le lieutenant. J'en viens à me demander si c'est moi qui les fait fuir tous les deux. C'est forcément moi. Ou Taï. En soit le refus de Marek n'aurait pas été si difficile à avaler s'il n'y avait pas eu Efisio juste avant. J'en reste presque incapable de respirer. Incapable de trouver le moyen de garder les deux hommes auprès de moi. Incapable de les forcer, surtout un, à m'expliquer ce que j'ai bien pu faire de mal pour qu'ils - qu'il- me fuient. Cela me sert le cœur au point de vouloir en pleurer.

J'en aurais presque oublier la présence de Ta'imiti à mes côtés. Lui semble moins affecté par le départ précipité des deux chevaliers. C'est bel et bien sa présence qui me décide à ne pas gâcher cette soirée à cause de l'incident. Sinon je me serais précipitée à la suite des deux hommes pour leur faire une scène. J’inspire profondément et souris courageusement. Non sans me demander si mon interlocuteur ne voulait pas me fuir lui aussi. Pourtant son attitude ne semble pas le suggérer.

« Les rangs oui, pas ceux qui ne vous veulent qu'un peu de bien. » dis-je, non sans amertume. Avant de secouer la tête, de remettre mon masque en place et de carrer les épaules. Je prends avec un gracieux signe de tête la coupe et y trempe mes lèvres pour achever de me calmer.

« Tu devrais sortir un peu plus ! Je suis loin de connaître tout le monde. Mais quand même ! Ton maître te cloître ou quoi ? Bon où est-il que je lui explique un peu de quoi il retourne exactement. – Je ris un instant en voyant sa mine – Ou non hein. Je suis trop rentre-dedans, il vaut mieux que je ne le rencontre pas si je ne veux pas me retrouver avec une nouvelle rebuffade.
Quand à ce Marek, il peut bien être prêtre de ce qu'il veut, ce n'est pas moi qui irait prier dans son temple. J'invective plus souvent que je ne remercie les dieux. J’espère que cela ne te gènes pas d’être avec une mécréante. »


Je me tourne pour englober les couples qui tourbillonnent encore alors qu'il me fait part d'une incompréhension pour lui.

« Mais parce que sinon je dépérirais comme une méduse sur la plage. Le principe n'est pas d’être la meilleure en quoi que se soit mais d'atteindre un objectif défini. Si en plus j'y trouve un petit plus nommé plaisir. Et puis c'est comme ça que je rencontre des gens, mon cher. Mais je comprendrais que toi tu ne veuilles plus danser qu'avec moi. »

Je fais un clin d'œil à mon dernier partenaire de danse en attendant que le prochain se ramène.
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeDim 25 Oct 2020 - 21:23


La passion de Naevys, plus encore que la musique, c’était l’enseignement. C’était sa vocation et elle n’aurait changé de métier pour rien sur Rhaëg. Mais jouer d’un instrument était un agréable passe-temps et danser un merveilleux divertissement. Virevolter au rythme de la mélodie, tournoyer au bras de son cavalier, exécuter des pas connus et plus ou moins compliqués, c’était un réel plaisir. Et puis, ça ne lui demandait pas toute sa concentration. Bien sûr, elle aurait pu s’abandonner totalement à l’exercice, pour en savourer chaque seconde et se reposer l’esprit, mais elle pouvait aussi, comme en cet instant, réfléchir sur autre chose et discuter. Et c’était tant mieux, parce qu’il aurait été dommage de se passer de cette conversation avec son ancien élève. Même s’il ne paraissait pas prêt à se livrer, elle pouvait constater qu’il avait fait beaucoup de progrès dans l’art de manier les mots.

Et elle éclata donc d’un rire cristallin quand il lui répondit par une nouvelle flatterie, sur ses compétences d’enseignante cette fois. Il ne faisait que prouver ses dires… et, surtout, c’était sans doute le plus beau compliment qu’on pouvait lui faire, bien plus que n’importe quel éloge de sa mise ou de sa danse.

Mais, compliments ou pas, pirouettes linguistiques ou pas, la Barde ne risquait pas de perdre le fil de la discussion. Et elle n’hésitait pas à poser ses questions, sachant que son interlocuteur saurait trouver une parade pour ne pas y répondre s’il ne le souhaitait pas. Mais, étrangement, il répondait. Et même franchement. Amusée – et un peu attendrie, aussi, il fallait le reconnaître – l’elfe ne se moqua pas cette fois. Du moins pas sur le fond, même si ses mots prenaient la forme d’une taquinerie sur l’âge et le caractère de Dušan. Et la répartie de celui-ci la fit sourire un peu plus.

« Et bien, tu vois, tu le dis toi-même. Tu peux faire ce que tu veux. Tu aurais donc pu te débrouiller pour te trouver une épouse si tu l’avais voulu. Mais tu t’es adapté au mode de vie d’ici. »

Son sourire prit fugitivement une teinte triomphante, le défiant avec malice de trouver un contre-argument. Mais ça ne dura pas longtemps, parce qu’il semblait vraiment désemparé. Clairement, il n’était pas aussi à l’aise dans son rôle de Maître qu’elle dans celui d’enseignante. Mais ce n’était pas étonnant. Après tout, enseigner, ce n’était pas simplement dicter une suite de règles. Il fallait s’adapter à l’élève et ça, ça ne s’apprenait pas dans un livre. Il n’y avait que l’expérience et l’empathie qui pouvaient aider. Pour la première, elle pouvait essayer de partager un peu de la sienne. Pour la seconde, peut-être que lui rappeler son propre vécu l’aiderait à se mettre à la place de sa toute nouvelle aspirante ?

« Je suis sûre que ça va venir, » émit la rouquine, rassurante, quand il se montra pessimiste sur la possible évolution de leur relation.

Et, après une dernière virevolte qui signait la fin du morceau, elle repéra la source du bruit de vaisselle cassée et la présence de la jeune fille à proximité. La remarque de son cavalier sur le chaos la fit sourire.

« Tu peux essayer de lui offrir un havre de repos, suggéra-t-elle. Tu ne la disciplineras pas en essayant de lui imposer des règles qu’elle ne comprend pas ou qu’elle ne veut pas comprendre. Imagine un chat. Plus tu essaieras de la contraindre et plus elle essaiera de s’échapper. Il faut réussir à lui laisser suffisamment de liberté pour qu’elle apprenne par elle-même où se situe la limite que tu lui auras décrite et qu’elle comprenne que suivre certaines règles est plus confortable que de s’en moquer. Comme un chat qui finit par retourner à sa place devant la cheminée. Quitte à ce qu’elle fasse quelques mauvaises expériences. »

Elle offrit un nouveau sourire au sang-mêlé pour adoucir la longue tirade de conseils qu’elle venait de lui asséner. Elle était presque trop sérieuse pour un jour de fête mais bon… Il fallait ce qu’il fallait.

« Ce n’est pas facile, mais je suis certaine que tu peux être un refuge confortable, » conclut-elle, taquine, pour retrouver un ton plus léger.

Les yeux pétillants, Naevys laissa le maître bronze déposer un baiser au creux de sa paume, avant de plonger dans une révérence parfaite – quoique dévoilant peut-être un peu trop son décolleté.

« Ce fut un plaisir, messire, répondit-elle sur le même ton. N’hésitez pas à solliciter à nouveau mes services en cas de besoin. »

Elle aurait bien enchaîné sur une autre danse, mais elle pouvait comprendre qu’il préfère une autre partenaire… ou la compagnie de son Lié ou de son aspirante. De toute façon, ce n’était pas les cavaliers qui manquaient et elle comptait bien ne pas s’arrêter de danser tant que son père ne lui faisait pas signe de le rejoindre. Un regard aux alentours lui apprit toutefois qu’elle risquait de devoir différer sa prochaine danse : Telio avait fait des siennes et le Lieutenant des Crocs d’Argent n’était pas le seul à avoir des bêtises à réparer. Malgré son sourire qui ne s’effaça pas, la rouquine poussa un soupir et adressa une pensée sévère à son lézard de feu.

« Je crains de devoir faire une pause, s’excusa-t-elle d’un ton léger. Ton aspirante n’est visiblement pas la seule à aimer le chaos. »

~*~

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Telio_oranj_tolorea
Telio, lézard de feu bronze

Il faut dire que l’attention du petit bronze était toute entière tournée vers sa congénère verte. Erdeni était un bijou d’éclat et de vivacité. Et, plus que la mûre qu’elle tenait entre ses dents, c’était toute son attitude qui l’attirait. Elle ne semblait pas prête à Voler, mais ça n’avait pas d’importance. Elle lui plaisait tout de même. Et il laissa échapper un roucoulement ravi lorsqu’elle changea soudain de position pour indiquer son intention de jouer. Son approche déjà calculée se fit encore plus lente, tandis qu’il s’aplatissait à son tour, prêt à recevoir la petite lézarde… qui ne tarda pas à lui sauter dessus.

Il se laissa emporter par l’élan d’Ederni et roula sur la table avec elle, pattes, ailes et queues vertes et bronze emmêlées, sans prêter attention à ce qui pouvait se trouver autour d’eux. De toute façon, ce n’était que des trucs de bipèdes, ça n’avait aucune importance. Ce qui en avait, en revanche, c’était les petites dents pointues de la lézarde qui le mordillaient et qu’il comptait bien imiter. Tâchant d’attraper à son tour quelques appendices verts, Telio répondit donc avec plaisir au jeu proposé par sa congénère, faisant écho à ses petits rugissements par ses ronronnements ravis.

Du moins jusqu’à ce qu’une pensée sèche le rappelle soudain à l’ordre. Surpris, il laissa échapper un glapissement outré et s’immobilisa, laissant tout le loisir à Erdeni de prendre le dessus si elle le souhaitait. Il n’avait aucune envie de s’arrêter et tâcha d’ignorer l’ordre de son elfe pour reprendre son jeu mais, hélas, celle-ci était têtue. Alors, avec un roucoulement d’excuse auprès de la lézarde, il prit son vol. Il plana quelques secondes au-dessus de la table malmenée, offrant à Erdeni l’image de l’Allée des Idoles pour lui proposer de le suivre, avant de plonger dans l’Interstice. Puisque les bipèdes n’étaient pas drôles, en particulier son elfe, il allait s’amuser ailleurs !


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeMer 28 Oct 2020 - 19:45

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Efisio10 [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Arihel10
Lieutenant Efisio Anath, Lié à la Noire Arihel

Fort heureusement pour lui, Kÿreñ eut la décence de paraître particulièrement choqué par les remontrances de sa cavalière. Le cas contraire, il y aurait eu fort à parier que celle-ci ne se serait pas contentée d’écraser gentiment – et tout à fait par maladresse – les pieds de son élégante forme humaine. Bien évidemment qu’elle connaissait Efisio mieux que lui ! Était-ce même bien la peine de le dire ? Prenant sur elle, Arihel retint une grimace méprisante ; après tout, le Bronze avait reconnu ses torts, et c’était déjà beaucoup plus que ce qu’elle avait espéré de sa part.

Ce fut donc sur un simple soupir las, comme la danse était terminée, qu’elle réinstaura entre eux une certaine distance. En vérité, et même si elle en concevait des sentiments contraires, partagée entre une incompréhension vaguement dégoûtée et une éprouvante forme d’attendrissement, il était difficile de refuser quoique ce soit à un si plaisant visage lorsqu’il vous regardait avec ces yeux-là. Satané Bronze ! Avec ses faux airs d’ingénu, bien trop satisfait de lui-même pour qu’on lui prête pourtant l’habit de la vertu ! Arihel fronça le nez et se détourna fièrement, surveillant d’un œil passablement ennuyé les aventures de son Lié, auprès duquel se pressaient désormais la petite protégée de Kÿreñ et celui qui devait sûrement être l’une de ses plus récentes victimes. Ou amis. Elle ne savait pas trop comment eux-mêmes se considéraient…

Mais déjà, alors qu’elle commençait à redouter que la présence de Poisson aux côtés du Lieutenant ne finisse par réveiller le démon jaloux qui sommeillait sous la parure du prince désinvolte, son Lié s’éloigna en compagnie d’un inconnu – duquel elle ne savait rien, sinon qu’il était suffisamment agréable à regarder pour faire oublier à son Lié sa colère. Tournant la tête de l’autre côté, ses yeux croisèrent le chemin de deux orbes d’améthyste flamboyant dangereusement sous les traits sévères de sourcils blonds. Ah, tiens. Elle n’était pas allée retrouver l’espèce de lendemain d’orgie ambulant qui lui servait de Chevalier. Et pourquoi donc la regardait-elle ainsi ? Elle n’avait fait rien de mal, n’était pas à blâmer pour les pitreries de leurs bipèdes. Peut-être convoitait-elle son partenaire de danse, alors ?

Sûrement, elle n’aurait pas fait preuve de médisance en supposant que la Verte devait éprouver une sombre frustration ; son frère d’âme avait disparu en la laissant seule, Efisio l’avait abandonnée au profit d’un entourage moins exigeant… Et voilà maintenant que même Arihel se faisait inviter à danser ! Un instant, la Dragonne Noire contempla la possibilité d’offrir à Zhaleh le bras de Kÿreñ, ce qui aurait eu le mérite de la libérer de deux problèmes d’un même coup, mais... Non, elle avait trop de bonté pour le laisser entre les serres d’une harpie comme celle-là ! Avec un sourire qu’elle s’efforça de rendre charmant – elle aussi savait user de ses charmes –, elle prit son temps pour rajuster le tombé de ses lourdes jupes de velours puis répondit à l’invitation du Bronze en agrippant délicatement son poignet, levant vers lui une œillade timide sous l’ombre épaisse de ses cils :

« Seulement si tu ne t’es pas encore lassé de moi. Je m’en voudrais de te priver d’une cavalière plus expérimentée. » Se hissant sur la pointe des pieds, elle jeta un regard par-dessus l’épaule de Kÿreñ. « Mais je crois qu’ils s’apprêtent à appeler les élus d’Ouranos. Il faudra attendre un peu avant le prochain morceau. »

~°~

Prestement, l’estrade avait été arrangée pour accueillir la cérémonie du couronnement. Les musiciens s’étaient éclipsés, profitant de cette pause pour aller se restaurer et se rafraîchir parmi les convives. Ne restaient plus que les assistants du Maître d’Art et le Prêtre d’Ouranos qui serait, cette année, chargé de célébrer l’office. Soufflant dans un petit cor d’ivoire ouvragé, une jeune Neishaane s’approcha du bord de la scène et tapa trois fois dans ses mains, réclamant l’attention de l’assemblée Neutre.

« Mes frères, mes sœurs ! Le moment est venu pour les favoris du Père des Dieux de se présenter à nous pour recevoir leur couronne ! Que celui et que celle ayant été béni ce soir d’une plume s’avancent donc maintenant vers le Maître Derioc… »

Elle se baissa en une révérence soignée, levant ses robes blanches avant de s’éloigner comme elle était venue, sur un souffle de cor et le pas dansant, au rythme d’un tambour qu’on battait lentement.

~°~

Enfin débarrassé de la pression, certes involontaire, qu’avait apportée l’Aspirante Poisson, avec ses questions et son engouement – tout à fait compréhensible au demeurant, c’était probablement son premier Bal ! – Efisio put clairement sentir la culpabilité se faire un nid dans le creux de ses entrailles. Ah, lorsqu’il se serait tiré d’affaire et qu’il aurait réglé son différend avec Shay, il faudrait qu’il aille lui présenter ses excuses… Une danse, peut-être, si la nuit se révélait plus clémente que le début de soirée ? Mais, pour le moment, il y en avait un autre à qui il devait quelques explications.

Marek, les bras croisés en une posture trop naturelle pour être autre chose qu’un simple réflexe né de l’habitude, ne paraissait pas particulièrement fâché. Il souriait, même, face aux tentatives – hasardeuses mais honnêtes – du Lieutenant de se justifier et l’éclat de plaisanterie éclairant le fond de ses iris força ce dernier à baisser la tête pour dissimuler la rougeur honteuse qui lui monta soudain aux joues. Le Fëalocë masqua son mouvement d’embarras derrière une main qu’il passa dans ses cheveux, faisant mine de rajuster sa coiffure. Ainsi qu’Arihel aimait lui rappeler, il était un bien piètre menteur. Il lui semblait évident, maintenant, que l’Ondin avait vu clair dans son jeu. Fort heureusement pour sa fierté, ou en tout cas pour sa susceptibilité, celui-ci n’en profita pas plus qu’il ne le lui reprocha.

Alors, lorsqu’il lui tendit la main, Efisio n’hésita pas un instant à la secouer, scellant ainsi leur rencontre. « Tu peux me tutoyer. » glissa-t-il alors que ses yeux balayaient les tables alentours à la recherche d’un coin qui n’était pas encore pris d’assaut par les danseurs assoiffés. « Je ne suis pas très bon pour les manières… Et puis, c’est soir de fête. »

Marek accepta son offre et cela raviva, momentanément du moins, une partie de la confiance du Fëalocë qui s’était évanouie plus tôt dans les vapeurs moribondes émanant de ce satané Ondin aux cheveux de pourpre. « Aucun problème ! J’ai proposé, après tout. Ça me ferait plaisir. » Il effectua un second salut, un poing sur le cœur, puis, en même temps qu’il se redressait, fit demi-tour pour se diriger vers le buffet.

« À boire, donc ! J’en fais mon affaire. Tu aurais pas pu trouver meilleur guide ; j’étais en cuisine aujourd’hui, et je sais donc parfaitement où sont cachées les petites merveilles des celliers Neutres. » l’informa-t-il sur le ton des conspirateurs tandis qu’il guidait le Prêtre de Flarmya à travers la foule – tiens, c’est vrai qu’il était Prêtre, il allait devoir faire attention à tenir sa langue. Il connaissait mal les usages en vigueur dans les clergés de la Déesse aux Larmes de Feu ; ses fidèles prêtaient-ils certains vœux qui les empêchaient de se livrer aux mêmes plaisirs que le commun des mortels ? Il n’avait pas prévu de lui proposer un jus de fruit… Et quand bien même irait-il lui chercher un jus de fruit alors qu’il avait parfaitement le droit de boire de l’alcool, Efisio n’allait-il pas se ridiculiser ou l’offenser ? La situation était plus délicate qu’il ne l’avait envisagée !

° Tu penses trop fort… Cette énigme-là est simple, pourtant. Il suffit de lui demander. Au moins, tu ne pourras pas te tromper. °
° Arihel, tu n’y penses pas ! Je suis censé l’épater avec ma capacité à deviner ce qu’il appréciera le mieux ! °
° Ah oui ? Je ne demande qu’à voir… ° Parce qu’il avait compris la phrase de travers, la Dragonne se trouva soudain assaillie par les images qui lui parvenaient de son Lié. Elle roula des yeux, exaspérée, mais se prêta au jeu. ° Guindé. Il a un petit air du nord, tu ne trouves pas ? Si j’étais toi, je m’en tiendrais à des classiques. Tu prendras moins de risques ainsi. °

D’une pensée, il lui exprima sa gratitude. Le pragmatisme de la Noire s’entourait d’un halo sacré lorsqu’il émergeait du brouillard épais où pataugeaient piteusement les pensées du Fëalocë. Celui-ci fit le reste du raisonnement seul, et marcha d’un pas vif jusqu’au bout de la rangée de tables, presque au bord de l’estrade réservée au Roi et à la Reine. Là, oublié au milieu des piles d’assiettes et de vaisselle propres, trônait un petit tonneau qui ne payait certes pas de mine mais qu’Efisio avait l’air ravi de voir là. Il s’empara de deux chopes et leur servit à chacun une belle rasade d’un liquide clair, à peine ambré, duquel s’envolaient de plaisantes, douces notes de résine et de fleurs.

« C’est une cervoise aux simples, brassée au pays de Niwl. » commenta le Lieutenant en remettant solennellement le verre entre les mains de l’Ondin. « Un choix plutôt approprié, pour la saison. »

Levant sa propre chope, il la fit taper délicatement contre celle de Marek, joignant au geste une discrète parole de bienvenue. Ici, ils étaient moins exposés aux regards et le son des conversations semblait un peu plus lointain que lorsqu’ils s’étaient trouvés en plein cœur de la fête. Avec une nonchalance feinte, du moins en partie, Efisio appuya le bas de son dos contre la table, laissant son regard dériver vers les couples de danseurs qui s’apprêtaient à se faire ou se défaire en fonction des affinités, tout en sirotant le délicieux breuvage qu’on aurait voulu cacher aux connaisseurs.

Il songea alors que le Lié de l’Ondin, s’il l’avait pourtant convaincu de se mêler à leurs nouveaux compatriotes, ne semblait, lui, pas avoir voulu pointer le bout de son museau au Castel. Par pudeur, il n’osa pas poser la question. Peut-être était-il relativement aisé pour les bipèdes de changer ainsi de maison, il n’en allait certainement pas de même pour les Dragons, pour toujours attachés par la mémoire et le sang au Kaerl de leurs ancêtres. Il ne parvenait pas à imaginer un tel déchirement… Il se contenta donc de laisser le sujet de côté – ils n’en parleraient que si Marek l’évoquait à nouveau – et préféra jeter son dévolu sur des matières dont il savait qu’il pouvait discuter sans vraiment réfléchir.

« Un véritable délice. Pas étonnant qu’ils s’en vantent pas, en cuisine. Si j’avais de pareils trésors sous la main, moi aussi je m’arrangerais pour les garder à l’abri des regards. Mais, ah, le peuple mérite bien un petit remontant… » Il poussa un long soupir, puis, réalisant soudain ce que ses mots pouvaient avoir d’incompréhensible pour quelqu’un qui n’avait pas vécu la pseudo-révolution de Gilraën, il élabora, sans pour autant trop rentrer dans les détails car ce jour était celui des réjouissances et non des regrets : « On sort d’une période tendue. Je te raconterai. »

Efisio n’avait qu’à moitié conscience du fait qu’il parlait peut-être trop. C’était plus fort que lui : quand la timidité menaçait de le rattraper, il se lançait dans une course irrationnelle pour tenter de lui échapper même lorsque son intuition faisait tout pour le convaincre que le silence n’aurait pas été un problème. Il se mordit distraitement l’intérieur de la joue, concentrant plutôt son attention sur les mets qui étaient disposés avec soin sur la table. Ah ! Voilà qui ferait une parfaite distraction ! Les Dieux savaient que le seul moyen de le faire taire dans ces moments-là était de bloquer le flux de paroles par quelque chose de comestible.

« Tiens, goûte donc un bout de cette tourte, tu m’en diras des nouvelles. » fit-il en désignant du pouce une tourte à la pâte dorée et brillante. Puis, il ajouta avec un sourire, tapotant du bout du doigt la trace violacée de son ecchymose : « Ça valait sacrément le coup de me faire arranger la figure par le cuisinier. »

Il se pencha au-dessus de la table pour attraper le plat et le rapprocher d’eux. Se saisissant d’une part sans trop faire cas des miettes qui rebondirent joyeusement contre le bois – il venait d’une famille où il était plus important de se servir en premier que de se soucier des bonnes manières car personne ne se gênerait pour manger à votre place –, il eut un moment d’hésitation. Il craignait qu’un certain non-dit subsiste en dépit de son attitude ouvertement amicale et ne voulait pas que le doute gâche la saveur du repas ou de la boisson, aussi inclina-t-il doucement la tête en direction de Marek, adoptant une voix plus douce.

« Je dois te faire une confidence. J’ai un ami dans les Crocs d’Argent qui m’avait mis au courant de ton arrivée, mais comme je suis un peu tête en l’air, j’avais oublié ton nom. Enfin, c’est juste pour dire… » Le Lieutenant haussa les sourcils avec une certaine emphase avant de se fendre d’un sourire qui révéla toutes ses dents. « Tu n’as absolument rien à craindre avec moi. Tu peux dire tout ce qui te passera par la tête, je promets que je ne te ferai pas arrêter. » conclut-il, un rire aux accents chaleureux s’échappant de sa poitrine juste avant qu’il ne croque enfin dans sa part de tourte …

… Et qu’il ne la recrache directement dans sa paume en se mettant à tousser comme un damné. Par Kaziel, il savait pourtant qu'il ne fallait pas rire la bouche pleine !
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Rūna Sălv
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeMer 4 Nov 2020 - 22:01

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Aydarkhan-tasunkaenkir*[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Iagyzh
Aydarkhan Tasunkaenkir & son Lié le Brun Iagyzh

The Beggar Boy - Drive the cold winter away

Le Brun se sentit... erhm, et bien... pousser des ailes, au compliment sincère de sa cavalière de jade. Son petit air timide s'éclipsa lorsqu'il releva le menton et défia l'assemblée tout autour d'un regard empreint d'une certaine fierté, et ce quand bien même personne ne semblait se soucier le moins du monde de la sérénade naissante du duo. C'était dans ce genre de bref instant de victoire que Iagyzh ressemblait trait pour trait à son Lié, en dépit des ragots scandant qu'il s'était approprié un torhil bien trop grand pour sa modeste robe rappelant les premières noisettes de la saison. Son visage entier souriait et son torse se bomba bien malgré lui, rasséréné par tant de considération de la part de la Verte sulfureuse. De nature discrète et réservée, le jeune mâle n'avait guère pu faire sa place auprès de ses consoeurs, pas en tant qu'adulte, tout au plus comme un frère cadet légèrement turbulent. Jusqu'à aujourd'hui, seuls quelques silencieux élans le motivèrent à les approcher sans qu'il ne tentât quoi que ce fut, hélas. Iagyzh était, malgré le masque pataud qu'il offrait à son Màr, un dragon adorable et responsable, certes maladroit dans l'artisanat de tisser de liens envers le cercle extérieur à celui de son bipède, mais plus noble que certains pédants Bronzes ou dédaigneux Empereurs. De plus, il était de ces dragons qui trouvaient une réelle beauté dans la simplicité des atours plus modestes de ses petites comparses, plus abordables que les paillettes d'argent qui ceignaient leurs Reines mais non dénuées d'un caractère tantôt retors ou belliqueux.

Le jeune Brun darda une oeillade d'un turquoise pétillant sur sa congénère, prenant le temps de détailler son fort élégant minois cardé d'une soyeuse chevelure ébène. Il était indéniable qu'elle s'était octroyée une ravissante forme d'emprunt, pensa-t-il, mais par delà le grain fin d'ondine qu'elle s'était choisi, il ne rêvait bien que de ses écailles d'émeraude dont il lui fit plus tôt l'apologie.
Bien malgré lui, trop absorbé par sa contemplation, il serra la main de Belareth avec quelques énièmes gouttes d'intensité, trahissant bien son intérêt mordant pour cette dragonne qui n'était jamais restée très loin de lui depuis sa naissance.  

Iagyzh se racla doucement la gorge. Celle-ci était sèche, tant par l'effort à faire tournoyer sa danseuse que par une attendrissante gêne qu'il masquait en maître. Répondant à sa réplique par un sourire ravi, il passa une main pour recoiffer sa chevelure bistrée tout en s'engonçant d'une réserve qui paraissait rendre sa tunique plus étroite tant il gesticulait.

« Tu veux boire quelque chose ? Ou... Mh, et bien, je crois que la suite de la soirée concerne plus nos Liés que nous donc si tu le souhaites, je t'invite à une promenade au Cirban Telemna. Sauf si tu préfères assister à la révélation des favoris d'Ouranos. Enfin, comme tu préfères ! Je ne suis pas sûr de pouvoir te faire danser toute la nuit, mais je passerais volontiers le reste de la soirée en ta compagnie. Si tu n'es pas prise. Si ça te dit. Si personne ne t'attend. Si.. Il secoua la tête, désireux de remettre ses idées en place avant que le rouge ne lui monta aux oreilles. C'est pas ce que je veux dire ! Juste que, si ma compagnie ne t'est pas déplaisante, nous pouvons aller marcher un peu loin de toute cette foule, ou voler au dessus de l'océan. Quoi qu'il en soit, je dois boire un coup avant de continuer à balbutier comme un dragonneau. » Il laissa tinter un éclat de rire franc, probablement pour se dédouaner de sa gaucherie, empêtré dans ses propres rets.

Iagyzh s'inclina respectueusement face à sa convive, avec la révérence réservée aux monarques parées d'argent, le buste humblement penché tout en déposant un baiser sur le dos de la main de Belareth pour finalement se redresser. Puis, picoté par un profond ressentiment et une assurance nouvelle, il lui présenta son avant bras dans le gage qu'elle s'en saisisse.

« Alors, ma belle amie ? Si tu me fais l'affront de décliner mon invitation, je n'aurais qu'à aller fêter ma petite victoire couplée à ma défaite en noyant ma honte dans un de leurs immondes breuvages, ne t'en fais pas pour moi ! Mais je serais honoré si tu acceptais. »

Le coeur du Brun s'emballait, impatient d'obtenir l'une ou l'autre des réponses. Il était déjà si fier d'avoir enfin eu le cran d'inviter l'une des siennes à passer un peu de temps au delà des mondanités habituelles !

***

Etait-il réellement récalcitrant à l'idée de.. Enfin vous voyez quoi ? En toute franchise, pas le moins du monde. Par son éducation de premier né de sa fratrie, digne descendant de son père, Aydarkhan avait simplement appris à ne pas s'épandre dans le foin avec la première échauffée de la soirée. Mais après tout, il connaissait mieux Alkhytis que quiconque, en tant que son ancien aspirant, et elle était loin de l'image si facile que soufflaient les bouches trop avides de colporter des rumeurs. La fëalocë était une femme incroyable, libérée, haranguant fièrement toute l'impétuosité de son caractère par le reflet des flammes dans sa chevelure ambrée. Dans le fond, bien trop soucieux de heurter sa virilité, Aydarkhan lui concédait qu'elle s'en montrait intimidante d'assurance et de volonté. Et le torhil n'avait pas grand honte d'aimer ça.
Surtout, il était soucieux du qu'en dira-t-on, sans véritablement pouvoir argumenter sa réticence. Après tout, qui pouvait bien en avoir à faire des pommes dans lesquelles croquait Alkhytis ? Ca jaserait, certes, comme toujours à vrai dire, et comme pour tout. Alors, qu'attendait-il pour saisir une opportunité plus que déballée devant lui ?

Pléthore d'émotions se bousculaient aux portes de son esprit et de son coeur, tantôt dignes d'un preux chevalier, tantôt plus proches de situations ô combien osées qu'il n'était guère lyriques de décrire. Le torhil avait trop souvent agi par et pour autrui, il était grand temps pour lui de se saisir de ses propres décisions d'homme !
Il ne sut guère si son enthousiasme fut ragaillardi par les propres aspirations de son Lié qui se dépêtrait au loin avec l'âme-soeur de sa cavalière, tout autant que sa maudite Erdeni qui se roulait en agréable compagnie dans les mûres avec une idée bien précise en tête, mais soudainement il ne vit plus Alkhytis Doréhor comme sa Maîtresse, il la vit alors seulement comme une femme. Une femme belle, ayant un esprit vif, plantureuse, annonciatrice d'une nuit voluptueuse et sans promesse de lendemain. Et puis à la voir là ainsi essoufflée par quelques pas d'une danse enfiévrée, le Chevalier Brun ne pouvait que l'imaginer faire de même dans d'autres... conditions, et cela était plus que plaisant  ! Que demander de plus ? Lui, du moins, ne pouvait pas en espérer mieux de la part d'une amante. Et si cela jasait comme dit plus tôt, il n'aurait qu'à aller se mettre au... vert - pardonnez le jeu de mot grossier - en dehors du Kaerl pendant quelques temps, comme il avait coutume de le faire lorsque sa jauge de sociabilité atteignait son surplus. Dans le fond, Aydarkhan n'avait strictement rien à faire du jugement du peuple, cela ne l'empêcherait en rien de tenir sa place au sein du Màr.

Il darda le courroux de son agacement par une oeillade sombre sur sa lézarde de feu qui avait autant de manières qu'un rat dans une orgie de tomme des montagnes. Tâchant de faire le clair dans son esprit, il se convainquit de tout d'abord réprimander sa petite âme-soeur avant de revenir conter fleurette à la fëalocë pendue à son bras.
Le jeune homme prit une inspiration calme, comme pour apaiser les flammes qui brûlaient sa conscience, et au moment où il s'apprêta à trouver une habile manière de rentrer dans son jeu, elle l'embrassa sans prévenir.
Ses paupières aux cils épais et fournis battirent plusieurs fois sans qu'il ne se mut davantage. Alkhytis avait agi avec légèreté, laissant dans le sillage du goût de ses lèvres l'engagement mutin de perspectives plus ferventes. Tout comme le palpitant de son Lié, le sien s'enjailla d'un même accord mais à contrario de lui, il sut rester maître de lui-même. Tout à coup, le regard des autres n'eut plus la moindre importance, alors que le sien se raccrochait au vert amande qu'arboraient les prunelles de la fëalocë.

« A Kaziel ma lézarde de feu, elle saura bien se débrouiller ! Veuillez bien oublier mes propos précédents et faites moi donc visiter des parties encore inconnues du Kaerl, si je ne vous ai pas froissée. Si tel est le cas, laissez moi donc me faire pardonner d'une plaisante façon. »

A son tour, reflet de son dragon, Aydarkhan fit un baise-main à la Maîtresse Verte, un sourire enjôleur accroché aux lèvres. Dans les iris mordorés du torhil luisait une facétie nouvelle, loin de son ordinaire sérieux pince-sans-rire. Son teint de lait s'animait de lumières plus chaleureuses, à la fois par l'atmosphère des festivités, par les quelques coupes d'hydromel qu'il avait avalées mais aussi par l'horizon que convoitait son désir.

« Il me semble avoir entendu qu'en effet l'Allée des Idoles regorge d'alcôves qui me sont encore voilées, autant que certaines chambres des Tours Joyaux. A moins que vous ne souhaitiez assister à l'élection des favoris de notre bon Ouranos ? Sans mentir, selon moi, vous valez bien le titre de reine du Bal, n'en déplaise à notre cher divin. »

Aydarkhan lui fit une douce accolade, se penchant à peine vers elle car la dominant bien grandement par son statut de torhil de sang pur. Il espérait qu'à son tour elle ne déclinât pas son invitation, son égo s'en verrait meurtri plus qu'il ne pouvait se l'avouer.
Qu'importait sa réponse, en inspectant la salle où la fête battait son plein entre petites querelles et baisers volés, il savait par avance qu'elle toucherait bientôt à sa fin pour sa part. Si Maîtresse Doréhor le plantait, il n'avait plus guère de raison de rester ici, avisant du coin de l'oeil son Lié qui s'éloignait à son tour en belle compagnie, tout autant qu'Erdeni.

***

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Tiny-erdeni-vava-tolorea

Erdeni - Lézarde de feu Verte d'Aydarkhan

La petite Verte piailla de déception lorsque son ami l'abandonna, un loooong piaillement désespéré et théâtralisé au possible mais traduisant bien une profonde tristesse lorsque son comparse s'envola. Sa petite moue joviale disparut pour laisser place à une bouderie à la fois vexée et frustrée alors qu'elle s'assit au milieu de leurs ruines de baies. Son petit ventre rond se soulevait vivement par une respiration rapide entrecoupée de quelques sanglots traduits par des soupirs saccadés.
Elle aussi avait bien senti l'agacement de son bipède, mais n'en n'avait cure ! Sur l'instant, elle voulait jouer, casser des trucs et faire accuser Telio pour ça.
Mais avant de disparaître dans l'Interstice, son compagnon l'invita à la suivre vers l'Allée des Idoles. Cette pensée raviva l'esprit déjà bien vif de la petite Verte qui lui scanda un feulement de joie pure.
Erdeni s'élança à son tour dans les airs, suivant de près son camarade dans le portail qu'il emprunta un instant plus tôt. Le temps d'un bref passage dans le tunnel de néant, à peine un clignement de paupières, elle se retrouva à virevolter au dessus du somptueux paysage nocturne qui lui fut promis.

Erdeni roucoula pour appeler Telio en se posant sur l'épaule d'une statue, inspectant déjà les lieux pour l'apercevoir, prête à le voir jaillir d'un bosquet feuillu. Ses pattes avant patassaient la pierre sous ses griffes en aiguilles et ses grands yeux brillaient d'excitation
Voler ? Oh que si elle était prête, mais il fallait que le petit Bronze s'en montrât digne !


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeDim 8 Nov 2020 - 12:45

Face au compliment sincère de la dragonne "ondine", le jeune Brun n'avait pu cacher l'émoi qu'une simple phrase provoquait chez lui. Déjà que de gérer un corps à la peau dénudée de toute écaille et qui se tenait que sur deux pattes, à travers un centre de gravité guère adéquate en comparaison d'un dragon, imaginez un peu l'angoisse et l'épreuve de devoir danser sans avoir l'air ridicule. C'était facile pour leurs liés ! Ils étaient nés, demeuraient et mourront toujours sur leurs deux membres inférieurs, sans subir les aléas d'une métamorphose temporaire. Il était vrai que les dragons prenaient souvent leur apparence secondaire durant leur existence, mais tout de même... l'habitude de se mouvoir de la sorte n'était pas entièrement instinctif. Donc, réussir à danser comme l'avait mené Iagyzh était un exploit, surtout pour son âge. Combien de dragons pourraient se targuer d'avoir le pas aussi souple et vif que le sien, pour réussir à suivre une Verte bien plus habituée à ce genre de ''frasque'' ? En tout cas, c'était avec une certaine saveur de fierté que Belareth sentait l'assurance gagnée son partenaire de danse. Il avait un sourire plus volontaire, moins forcé que tantôt. Son torse s'était bombé, tirant ses épaules en arrière pour rajouter un peu de panache à sa confiance croissante. La satisfaction pétillait presque dans le regard ondin et sombre de la petite dragonne verte.

Face au clin d'oeil taquin d'Iagyzh, Belareth n'avait pas manqué de marquer une légère rougeur rosée à ses joues pâlement bleuie par la nature Ondine de sa forme d'emprunt. Voir un jeune mâle passer du stade timide à un plus avenant, avec une douce d'audace, c'était plaisant. Attirant même. Car les Dragons qui jouaient de leurs forces, à longueur de temps, cela pouvait avoir son charme, mais quand ces derniers ne variaient pas leurs élans de démonstration physique par un peu de jeu d'esprit ou de facétie, cela donnait un certain désintéressant à leur égard. D'autres qui arrivaient à se renouveler avaient plus de chances... Ou alors, comme le jeune Brun, démontrer de leur courage à braver leurs propres peurs intérieures, leur propre timidité, dévoilait l'image d'un joyau à peine dégrossi qui demandait encore un polissage d'attention et de certitude pour les rendre plus magnifiques encore. Oh, bien entendu, Belareth n'allait pas prendre son compagnon de danse par la main pour certaines avancées quand à la suite à donner après leur danse enthousiasmante.


Le jeune Brun apporta ensuite une proposition, qui fut des plus douce à ses oreilles. Comment refuser cela alors qu'elle se sentait bien à sa compagnie, mai le début de lassitude qui la gagnait ? Non pas qu'elle s'amusait, mais le Bal en lui même était plus pour sa liée que pour elle. Elle pourrait profiter qu'Alkhytis offre une voie de sortie pour un Aydarkhan à la limite de sombrer totalement en pamoison devant elle. Mais en voyant Iagyzh s'incliner devant elle, lui offrant une révérence digne d'une reine, L'ondine ne put que sourire plus encore, non sans un certain délice portés aux coins de ses lèvres légères. Le don qui unissait les deux âmes masculines ne semblaient pas s'accorder avec accord quand à la suite à deux pour leur partenaire respective. Là où Aydarkhan semblait perdu à ne pas pouvoir réchapper à l'avidité de la Feälocée, Iagyzh lui, était bien décidé à avoir la saurienne verte à ses côtés. Le Brun prenait en main ses propres ressentis, sans se laisser influencer par son lié. Belareth était ravie.

Elle ne manqua pas de rire devant l'invitation à l'accompagner au Cirban Telemna pour se détendre loin de la cohue des conversations des bipèdes et des autres dragons.

"Et que tu paies les conséquences de cela par une ignoble gueule de bois, avec la bouche et la langue pâteuse ? Que nenni mon cher. Ce serait plus qu'un affront que tu subirais si je venais à refuser. Mais je ne peux pas dire non à une si délicieuse promenade hors de ce brouahah. D'ordinaire, cela ne me pose point de soucis, mais ce soir, je pense que l'allégresse monte d'un grand maintenant que le nom des favoris va bien être dévoilée. Quand à y assister, ce n'est pas important. On saura de toute façon qui a eu les faveurs d'Ouranos, en revenant de notre petite escapade reposante, loin des heurts vocaux à nos oreilles. ''

Les voix des bipèdes étaient un véritable capharnaüm pour qui tendait l'oreille pour essayer d'écouter certaines conversations... Pour un bipède, c'était indiscernable. Mais pour une dragonne telle que Belareth, qui s'amusait des fois à écouter ce qui se disait en toute discrétion, c'était aisé. Mais pour une fois - et depuis longtemps- qu'elle se trouvait dans des festivités, en la compagnie d'un membre masculin intéressant et désormais enivrant de son espèce, elle n'allait pas demeurer en lieu et place pour la forme. De ce fait, elle passa son bras dans celui proposé par le jeune dragon.

'' J'ai surtout l'honneur d'être en ta gracieuse compagnie. Je me sens... hum, comme le dire... apaisée. Allons profiter que personne ne se balade au Cirban Telemna, car trop occupés à apprendre le nom des lauréats divins de la soirée. Allons marcher, puis voler si tu le souhaites. Mais avant, comme tu le dis, allons étancher notre gorge. Car mine de rien, tu avais un rythme tel que j'ai bataillé à tenir avec toi et pour toi. Ne viens pas faire ton modeste. Mon compliment tient toujours mon cher. Et je suis sûre et certaine que tu as encore d'autres surprises à me dévoiler, dont tu n'as même pas conscience. ....''


Alkhytis était toujours souriante, tout en étant dans l'idée d'aller se chercher un verre au doux nectar mieillé d'un hydromel Neutre réputé. Les Bals ou autres festivités mondaines étaient toujours un moment de plaisir et d'appréciables rencontres. Même si elle avait laissé grande ouverte la porte de l'initiative à suivre à son séduisant partenaire et ancien aspirant, elle ne serait aucunement déçue s'il venait à partir pour limiter les frasques d'une lézarde de feu en plein amusement au détriment de la malheureuse table de banquet. Attendant déjà la suite qu'allait donner à Aydarkhan quand à la porte grande ouverte de sa liberté masculine, elle se concentra sur son Don et ne manqua pas de rire mentalement en sentant la forte activité émotionnelle de sa liée. Elle qui ronchonnait toujours dans les grandes fêtes, il semblait bien qu'elle ait trouvé son bonheur.

°Je sens ton ''regard'' sur moi. Oui et alors ? Je ne suis pas une ronchonne à vie que je sache. °
°Est-ce moi qui influencerais ton jugement ma chère Verte ? D'ordinaire, tu préfères les mâles plus mâtures et plus sûrs d'eux mêmes°
°C'est parfaitement le cas d'Iagyzh. °

Et Belareth lui envoya une onde mentale semblable à une moue boudeuse, prenant de son côté le bras de son dragon servant pour s'éloigner en sa compagnie. Alkhytis ne s'empêcha pas de rire, autant à cette attitude d'adolescente écailleuse que pour le regard encore interloqué du Torhil après son rapide et doux baiser posé à ses lèvres. Allait-il prendre ses jambes à son cou en toute dignité, ou retournerait-il sa chemise ? Dans les deux cas, elle demeurerait gagnante. Si Aydarkhan venait à la quitter pour le restant de la soirée, elle aura bien apprécié sa compagnie. S'il décidait de braver sa timidité et de demeurer en sa présence, la nuit restante serait encore plus savoureuse.  

Le revirement que décida de prendre le Torhil fut presque instantané, la surprise passé du gratifiant baiser. Il se montra soudainement plus sûr de lui. Alkhytis se demandait si c'était en raison de l'influence de son dragon. Avec ou sans cela, le Torhil ne pourra que prendre conscience de ce dont il était capable. Même s'il n'était plus son aspirant depuis longtemps, elle savourait avec satisfaction cette progression.

En la présence d'une Dame des plus séduisantes, malgré sa réputation sulfureuse, Aydarkhan paraissait avoir rejeté toute crainte, tout apriori sur sa propre personne. Il savait qu'Alkhytis était une Feälocë, fière et libre, qui savait ce qu'elle voulait. Il se doutait bien que de demeurer en sa splendide compagnie créeront quelque ragots. Mais si la Maîtresse Verte n'en avait cure, alors pourquoi pas lui ? Et il la gratifia d'un tendre baise-main, qui provoqua un léger frisson chez la Dame verte.

''Ne l'envoyez pas à Kaziel... La malheureuse provoquerait que plus d'embarras encore. ''

Elle se permit un sourire radieux. Elle avait l'impression de découvrir une facette nouvelle de son ancien aspirant. Elle assistait avec fierté à la naissance d'une petite fleur de caractère, qu'elle ne connaissait pas en lui. Quel plaisir rare et qui ne le rendait que plus attirant et adorable. Et comme il avait décidé de refermer la porte qu'elle lui avait ouverte pour s'épargner la prise de ses griffes sur lui, elle serait prête à défendre sa totale capture sur lui. Qu'une autre dame tente une approche et elle veillerait ''poliment'' à la faire détaler.

°Je ne te savais pas si possessive...°
°Ce n'est pas vraiment à le prendre comme tel, ma belle. Mais tu comprendras que je ne vais pas perdre l'occasion. Toi non plus tu ne vas pas le laisser à une autre ce soir...°

Nouvelle onde de bouderie. Alkhytis adorait les taquineries qu'elles s'échangeaient régulièrement quand elles étaient en phase. La soirée se terminerait dans la plus belle des délectations, pour toutes les deux.

''Je vous pardonnerai toujours, mon cher. Quand à assister à l'élection des élus de notre Divin Hôte, comme vous, j'estime qu'il y en a nul besoin. Pour moi, c'est vous l'élu de la soirée, l'élu de ce Bal. Vous le méritez. Et puisque je parais à vos yeux, être la Reine du Bal, allons, en tant que couple royal, nous balader loin des badauds enivrés et bavards; rejoignons le Cirban Telemna, pour découvrir ses derniers mystères cachés....''

Elle frémissait déjà au plaisir de se retrouver qu'avec lui seul, au sein des Combes de l'Aube. Maintenant qu'il s'était un peu libéré de sa condition d'Aîné de famille qui se doit d'être irréprochable, d'être l'incarnation du sérieux et de la ligne de conduite à suivre scrupuleusement...Elle sera heureuse de partir à la découverte de ces nouveaux horizons d'émotions que le Torhil paraissait avoir découvert et qu'il tenait déjà en main de maître.

°Tiens, avant que tu ne partes en douce avec ton prince charmant, nous avons l'honneur d'avoir le Grand Prêtre de Flarmya. °
°Marek d'Ardiénor ?
°En personne. °
°Notre Gardienne n'a pu qu'accepter sa présence pour l'occasion du Bal rendu à l'honneur d'Ouranos. En même temps, un Ardent comme Ardienor ne représente guère une menace...°
°Ca reste un Ardent...°
°Me trompe ai-je, ou je ressens comme de la désapprobation ? °
°Prêtre de Flarmya ou pas, cela reste un Ardent... Même s'il est pacifique...°
°Allons ma belle, un peu d'ouverture d'esprit... Mais pour te consoler un peu, je vais te faire une surprise....°

Elle se permit de passer son bras autour de celui musclé du Torhil. Et si elle avait à la rencontre de Marek d'Ardienor ? Même un Ardent de son statut pourrait rougir de la présence aguichante de la Neutre, quitte à ravir la présence même de Flarmya. Le jeu était tentant... très tentant.

''Avant de nous échapper de toute cette mondanité, il serait grandiose de fêter la proche nomination des Elus d'Ouranos par une marque digne de l'intérêt par le Père des Cieux en personne, qu'en dites vous ? ''

Elle ferma les yeux, se concentrant pour ressentir toute la présence d'eau douce autour d'elle. Avec les fontaines chantant leur tendre mélodie aquatique qui environnaient le Castel, la matière liquide ne manquait pas. Doucement, et discrètement, elle ouvrit sa main qu'elle éleva de quelques centimètres. Tout autour d'eux, partout, des gouttelettes d'eau, perles transparentes lévitant dans les airs chargés de senteurs envoûtantes et alléchantes en tout genre, quittèrent leur support d'origine pour monter vers les hauteur du Castel Dolen. Avec la lumière présente, ce fut bientôt une voûte scintillante d'étoiles d'eau qui embrasa les regards curieux et ravis d'un spectacle simple mais magnifiques. Alkhytis rouvrit les yeux, tout en gardant le contrôle sur sa maîtrise de l'eau. Puis, elle sourit, apportant quelques joyaux liquides arrondies par sa magie en plus grande concentration au dessus des convives qui discutaient avec le Grand Prêtre de Flarmya

''J'espère que Flarmya n'y verra pas là un affront. Après tout, c'est rendre honneur à Ouranos.... ''

Elle frappe subitement ses doigts fins, provoquant une réaction à la suspension des petites gouttes d'eau. Elles éclatèrent toute en même temps, offrant une très fine pluie qui retombait doucement sur la tête des invités présents ; un peu plus pour l'Ardent favori de Flarmya. Et Alkhytis se permit un petit gloussement. Une petite bruine qui mouillera à peine la peau non couverte des somptueux atours des convives ne pourra qu'être amusant pour elle et le Dieu s'il était présent pour contempler les festivités.

''Et si, nous, nous allions nous rafraîchir dans les Combes de l'Aube ? Après une telle vague de fraîcheur, il serait bienvenue de se réchauffer mutuellement en une belle promenade en ces lieux secrets...''

Son regard émeraude scintillait déjà de plaisir à l'idée d'être seule, avec son bellâtre de la soirée.... Les Dieux savaient la chance qu'il l'aurait de l'avoir pour lui seule avant la fin de la nuit. Chose certaine était qu'il aurait un aperçu nouveau et différent à la fois de ce que son jeune frère avait pu partager avec elle. Et le jour où les deux hommes apprendront qu'Alkhytis les avait tous les deux gratifiés de ses belles performances....Elle espérait qu'ils n'en viendraient pas en main, ce serait tellement dommage pour leur beau minois respectif.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeDim 15 Nov 2020 - 22:31

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Dusan-bakhtiyar-tolorea__[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Kyren-fealoce-dragon-bronze-tolorea
Dušan Bakhtiyar & le Bronze Kÿreñ

Theme Song :
Vinter – Myrkur

Suite à sa répartie devant le compliment – éhonté, il fallait bien l’admettre – qu’il lui avait fait sur ses qualités d’enseignante, Dušan se renfrogna légèrement, sentant une rougeur fugitive teinter ses joues tandis que ses lèvres se tordaient en un arc définitivement coupable. L’éclat d’un certain amusement provocateur scintillait néanmoins ouvertement dans ses iris hivernaux et il haussa à nouveau les épaules.

« Pourquoi s’engager quand on peut profiter de ce qu’une vie de liberté peut offrir ? Quand nos Liés peuvent nous porter où bon nous semble en l’espace de quelques battements de cœur ? »

Reportant son regard sur la jolie barde, il la contempla soudain avec une inhabituelle compassion, se demandant ce que cela faisait d’être seule dans ce monde où la majorité de ceux qui l’entouraient partageaient leur esprit avec rien de moins que l’un des Seigneurs des Cieux ? De savoir qu’elle ne goûterait jamais à cet instant d’illumination, de félicité totale lorsque son âme rencontrait et reconnaissant sa moitié si longtemps perdue ? De se sentir vieillir inexorablement quand ceux qu’elle avait connu enfant paraissaient rester éternellement figés dans la force de l’âge ? Paradoxalement, laissant ces pensées se fondre dans le secret du silence, son respect et son affection pour Naevys ne firent que croître. L’Elfe était forte et digne, rayonnante malgré tout, et ne méritait pas la pitié de qui que ce soit.

D’ailleurs, tout sourire et se voulant rassurante, elle ne tarda pas à lui réaffirmer sa conviction que sa relation avec Perlina finirait par trouver un point d’équilibre, tôt ou tard. Ne jugeant pas utile de continuer à débattre sur le sujet – ce qui serait, serait – il se contenta de s’appliquer à la faire tourbillonner comme il se devait, pressentant que le morceau ne tarderait pas à s’achever. Délicieux moment hors du temps. Il ne s’en était pas si mal sorti finalement, et qu’importait le reniflement mental et moqueur qui résonna dans son esprit à cet instant.

*Eh bien, toujours pas lassé de conter fleurette à Arihel, mon frère ? Dois-je croire que tout se passe bien pour toi ?*

Mais seule une vague confusion vint s’échouer sur les portes de leur conscience partagée, le Bronze penaud s’excusant auprès de la Noire pour quelque obscure raison, tandis que résonnait au loin un brouhaha indistinct. Les gens, convives et danseurs, s’écartaient naturellement de la vaisselle brisée échouée au sol, laissant le Fëalocë seul avec sa mortification. Tous, sauf … Perlina. Toujours en compagnie de l’autre Aspirant, elle faisait face au Lieutenant qui avait visiblement été rejoint par un Ondin inconnu à la sombre chevelure.

Se détournant d’eux, le demi-sang eut un soupir exagérément plaintif tout en désignant l’attroupement à sa charmante cavalière. Là où le chaos se trouvait …
Taquine et amusée, lui faisant gracieusement face au terme de cette danse partagée, Naevys lui fit néanmoins grâce d’un dernier conseil, forte de sa longue expérience dans l’accompagnement d’adolescents au caractère parfois tempétueux. Sa métaphore le poussa à froncer les sourcils, creusant une fine ride au milieu de son front tandis qu’il s’efforçait de voir où elle voulait en venir. Lui offrir un havre de repos ? Un chat ? Au delà de la comparaison farfelue que ses propos recelaient, l’Elfe lui paraissait avoir mis le doigt sur un point important et qu’il ne pouvait qu’approuver. Peut-être qu’ainsi que Kÿreñ aimait à le rappeler, lui et Perlina n’étaient pas si mal assortis, si attachés qu’ils étaient à leur libre-arbitre et à la possibilité de pouvoir faire ce qui leur semblait bon. Quant à être un refuge confortable … Ses lèvres s’étirèrent en un infime sourire en coin.

« Comme toujours, tu es de bon conseil, Sarnai. Merci pour tout. »

Concluant le sujet sur ces mots, Dušan s’inclina promptement, déposant un chaste mais affectueux baiser sur ses paumes offertes, reposant entre les siennes. Il fut ainsi récompensé par une élégante révérence – Naevys n’était peut-être pas une dame ni une aristocrate, mais elle ne manquait en tout cas pas de noblesse … Ou de charmes. La vue offerte de son décolleté remua en lui d’étranges sensations, comme un feu couvant dans le creux de ses entrailles qui s’aviva soudain, et à l’image d’un voile se déchirant, il l’étudia d’un regard nouveau. Professeure, amie et conseillère, mais aussi belle femme séduisante.

**Naevys ?!**

Le ton du Bronze mêlait là incrédulité et ravissement.

*Hmm … Est-ce que ça te dérange ? Elle n’est pas liée après tout ...*

Est-ce que cela le dérangeait ? Mais absolument pas ! Il ne pouvait pas être plus heureux que de voir son Lié s’ouvrir un peu, et il partageait pleinement son inclination pour la séduisante ménestrelle. Qu’il ne s’en fasse pas pour lui. Il était un mâle mature et équilibré, il trouverait sans peine matière à s’occuper.

Mais déjà, avant que son frère d’âme ne puisse ouvrir la bouche pour répondre à la jeune femme, elle s’était détournée, se dirigeant d’un pas vif vers les tables du buffet où un lézard Bronze – Telio – semait la désolation et le carnage au milieu des victuailles … Encouragé en cela par la silhouette malicieuse et séductrice d’une petite Verte qui ne lui était pas inconnue. Erdeni, évidemment.

Murmurant des malédictions inaudibles dans sa langue natale, Dušan vint se pincer l’arrête du nez, cherchant son frère aîné du regard. Maudit Aydarkhan qui s’ingéniait une fois encore à lui couper l’herbe sous le pied, et ce sans même être physiquement présent ! L’avisant en indéniablement bonne compagnie mais relative délicate posture – le demi-sang était étonné que la flamboyante Alkhytis Doréhor ait attendu si longtemps, avant de tenter de prendre son ancien Aspirant dans ses rets – il fronça les sourcils sur le couple. C’était inévitable : à force de courir nu sous l’orage, on finissait par se prendre la foudre. Mais tout de même, le Torhil avait-il l’intention de remporter le beurre, l’argent du beurre, ET la crémière ?

Une moue boudeuse inscrite sur son visage hâlée, digne de l’adolescent qu’il avait été et bien peu de l’adulte qu’il était désormais, il accomplit un lent tour sur lui-même. Kÿreñ semblait bien décidé à dérider Arihel – et il lui souhaitait bon courage s’il comptait briser la glace avec la Noire – leur Aspirante semblait profiter de la présence de son ami Ondin, et Aydarkhan ne tarderait certainement pas à aller chercher un endroit plus propice à l’intimité. Il soupira. Plus rien ne le retenait ici. Ses iris bleutés s’arrêtèrent avec regrets sur l’accorte silhouette de Naevys, mise en valeur dans sa robe couleur d’émeraude. En tant que barde, elle avait ce soir des responsabilités auxquelles elle ne pourrait pas échapper …

Réajustant distraitement les manches de sa tunique brodée d’argent, il en épousseta une poussière imaginaire tout en raffermissant sa décision. Il profiterait de l’inattention de son Lié pour s’éclipser. Et si les Dieux le voulaient, alors, peut-être l’occasion d’approfondir sa relation avec son ancienne professeure se présenterait-elle. En attendant, il commençait à se sentir étouffer au milieu de cette foule, et il prit la direction de la sortie, passant les doubles portes du Castel Dolen avec un soupir de soulagement. Sentir l’air frais de la nuit sur son visage était un réel plaisir après cette atmosphère enfiévrée. Et qu’importait la nomination des Elus d’Ouranos, Roi et Reine de la soirée : son cœur et son âme allaient entièrement à Gaïa et Flarmya, malgré tout le respect avec lequel il considérait le Dieu des Tempêtes. Il était certain qu’il ne serait pas choisi.

 🍃🌊  • 🍃

Bafouillant des excuses, piqué au vif par une sensation de culpabilité – il avait effectivement jugé indigne le comportement de la Noire envers son Lieutenant de Lié – Kÿreñ tâcha de faire redescendre la pression en réassurant sa confiance en le jugement d’Arihel, assortissant sa remarque d’un sourire penaud quoi que charmeur. Assurément, ses paroles avaient dépassé ses pensées, mais elle ne pourrait lui en vouloir, non ?

Pourtant, se drapant à nouveau dans toute la hauteur de sa fierté, vivante statue de marbre de Thalassie, la dragonne avait soupiré, exprimant sans un mot toute sa lassitude, réinstaurant instantanément entre eux le gouffre qu’il s’était efforcé de combler. Un peu déçu et peiné, quoi que s’efforçant vaillamment de ne pas le montrer, il n’osa reprendre la parole, l’étudiant simplement tandis qu’elle surveillait du coin de l’oeil Efisio, qui avait maintenant été rejoint par Poisson et un autre jeune Aspirant.
Fronçant les sourcils sur la scène, il avisa alors avec une satisfaction féroce le Fëalocë s’éloigner en compagnie d’un deuxième Ondin, tout aussi inconnu que le premier, mais dont l’aura se nuançait de teintes obscures et soufrées. Un Chevalier donc, et un probable transfuge. Grand bien lui fasse. Si le Kaerl – et la Gardienne – l’acceptait, alors c’est qu’il était sans doute à sa place au Màr Luimë. Il ressentit malgré tout un peu de peine pour son petit Poisson, qui avait arboré l’espace d’un instant une détresse indéniable sur son minois juvénile. Il comprenait. Ce n’était jamais agréable de se faire rejeter, il en savait quelque chose.

Suivant le regard d’Arihel, qui s’était apparemment détourné vers une nouvelle cible à foudroyer – était-elle satisfaite également de voir que son Lié avait trouvé de la compagnie, en la personne d’un homme ? Il savait certaines dragonnes particulièrement jalouses de toute bipède de sexe féminin s’approchant de leur âme sœur – il fut heurté par toute la fureur de deux prunelles d’améthyste. Eh … Zhaleh paraissait de fort méchante humeur elle aussi, et il soupira à demi. Quel était exactement le problème des femelles ce soir ? S’il n’avait pas déjà occupé avec Arihel, sans doute serait-il allé distraire la Verte. Qu’il ne soit pas dit qu’il refuserait de tels défis !

Le silence s’étirant un peu trop longuement entre lui et sa compagne, il ressentit le démanger en lui le furieux besoin de reprendre la parole, pour dire quelque chose, n’importe quoi. Mais il fut bienheureusement devancé par la hiératique Noire, qui lui coulait à présent une oeillade veloutée sous l’abondante couverture de ses longs cils.
Désarçonné par ce soudain changement d’attitude, mais non moins ravi, il la laissa s’arrimer à son poignet, un sourire radieux venant illuminer son visage. Il se doutait qu’Arihel avait certainement une idée bien précise derrière la tête, sans quoi elle ne tenterait pas ainsi de l’amadouer, mais il décida savoir laquelle n’avait aucune importance pour l’heure. Il le découvrirait bien assez tôt, et cela ne ferait que pimenter agréablement leurs échanges. Peut-être même se prendrait-elle au jeu et viendrait-elle à l’apprécier réellement ?

« J’ai fait le serment de faire naître un sourire sur ton visage ce soir Arihel, et ma tâche n’est ainsi pas encore accomplie. Et je n’ai absolument rien à reprocher à tes talents de danseuse ! Tu n’as pas à en rougir. »

Si tant est que la dragonne en était capable. A l’annonce qu’ils devraient sans doute attendre pour le prochain morceau que l’élection des favoris d’Ouranos soit achevée, il acquiesça, balayant avec curiosité la salle du regard pour essayer de repérer celui ou celle qui se verrait gratifié de la Plume.

« Ce n’est pas un problème. » lui assura-t-il, radieux. « Nous pouvons discuter, en attendant. Dis-moi, d’ailleurs, sais-tu pourquoi Zhaleh nous regarde comme si elle désirait nous réduire en cendre par la seule force de son regard ? »

Au même moment, un discret tiraillement au creux de son âme attira son attention sur son Lié, dont le soulagement de se retrouver à nouveau à ‘‘l’air libre’’ était presque palpable, au point de venir envahir son esprit à lui. Allons bon ! Contenant un soupir – cet idiot pensait que la jolie barde allait lui tomber dans les bras s’il se contentait d’attendre passivement que les choses se fassent ? – il décida de glisser un mot à Naevys, concentrant ses pensées pour être sûr qu’elle les percevrait.

**Douce Naevys, mon Lié s’est soudain sentit se pousser des ailes en ta compagnie, et se morfond à présent, seul et abandonné. Si l’idée suscitait quelque intérêt en toi, il serait certainement plus qu’heureux de te prouver ses compétences en tant que ton partenaire, pour ... une nouvelle danse, qui sait, pour te distraire des tourments occasionnés par, hum … un Lézard de Feu un peu trop empressé.**

Oui, il en faisait trop, et le véritable message était certainement assez peu subtilement passé, mais il était bien certain que Dušan ne lui en tiendrait pas rigueur.

 🍃🌊  • 🍃

Si le Lieutenant éprouvait visiblement des remords à avoir ainsi éconduit la jeune Aspirante, Marek avait laissé glisser sur lui toutes considérations futiles la concernant. Il s’était montré poli et courtois, à défaut d’être réellement agréable. Aussi se concentrait-il pleinement sur les tentatives maladroites du Fëalocë pour masquer son embarras grandissant derrière un flot de paroles désordonnées, plutôt amusé, finalement, par son souci de vouloir bien faire. C’était un revirement certain comparé aux premiers mots qu’ils avaient échangé, mais une fois encore, l’ancien Ardent ne parvenait pas à l’en blâmer.

Lorsqu’il lui tendit la main, concluant officiellement leurs présentations sur une pointe d’humour subtilement dosée, Efisio n’hésita pas à avancer la sienne à sa rencontre, la serrant en une poigne franche et dénuée d’arrière-pensées. Confirmant cette impression, il lui offrit même de le tutoyer, arguant qu’il n’était pas très à l’aise avec les assauts de politesse.

**Peut-on conclure que tu t’es fait un ami ? Il semblerait que les félicitations soient de rigueur !**

Ronronnant dans son esprit, sa voix à peine teintée de sarcasme, Asaleith entourait toujours son frère d’âme de sa présence aussi curieuse que vigilante, lui faisant sentir son approbation quant au caractère s’annonçant haut en couleur de l’Englouti.

**Et un Croc d’Argent en plus, tu n’aurais pas mieux pu tomber. Reste à voir maintenant ce qu’il pensera d’un transfuge du Màr Tàralöm ...**

Refusant de laisser son cœur s’assombrir aux paroles de son Lié – qu’attendait-il de lui comme réaction exactement ? – il ne flancha pas au moment d’évoquer à demi-mot ses origines étrangères au Màr Luimë, accrochant de ses iris d’outremer ceux, aux teintes du vieil acajou, de son vis à vis. Lequel ne fit pas mine de broncher, continuant la conversation comme si de rien n’était, comme si l’arrivée soudaine d’un Chevalier extérieur au Kaerl était chose commune pour lui et ne valait pas la peine que l’on s’y attarde. Sans savoir s’il s’en sentait intérieurement soulagé ou plus anxieux encore, il étudia le Fëalocë tandis qu’il se redressait, une expression malicieuse plaquée sur son visage avenant alors qu’il frappait son torse de son poing avec une rigueur toute militaire.

**Il est plutôt beau garçon, si on y regarde de plus près, tu ne trouves pas ? Il doit avoir du succès. Pas étonnant que la petite rouquine lui faisait les yeux doux.**
*Mais malheureusement pour elle, il est plus que probable que son cœur soit déjà pris par un autre.*

Quand il repensait à la scène à laquelle il avait involontairement assisté, il lui paraissait clair que la relation entre les deux hommes était plus qu’il n’y paraissait. L’impressionnant bleu qui marquait sa pommette était-il lié à cette altercation ? Écartant de son esprit ces réflexions soucieuses qui ne le concernaient pas, l’Ondin lui emboîta le pas, ajustant ses enjambées pour se maintenir à sa hauteur et le suivre vers les tables du buffet. Efisio paraissait sincèrement ravi de partager avec lui ses connaissances sur les meilleures boissons et victuailles qu’ils pourraient trouver ce soir : il pouvait compter sur lui pour ça, d’après lui !

« Dans ce cas, je te remercie d’avance pour ton aide. » lui répondit-il avec sincérité, inconscient des pensées tourmentées que suscitait sa vocation divine au service de Flarmya. Après quelques instants, le Lieutenant finit par mettre la main sur un petit tonnelet, qu’il lui présenta comme contenant de la cervoise du pays de Niwl, en Orën du nord. Visiblement content de lui, l’autre homme lui présenta une chope remplie avec une gravité démentie par le plaisir qui brillait dans ses yeux.

**Et en plus c’est qu’il a bon goût ! Merveilleux. Et si tu pouvais ...**
*Non, Leith, c’est toujours non.*

Ni femme, ni homme, ni … qui que ce soit. Il ne voulait personne dans sa vie. Pour le moment … Et pour un certain temps à venir. Les blessures de son cœur étaient encore trop fraîches, trop douloureuses, pas encore totalement cicatrisées. Il savait le Brun attaché à le voir heureux, entièrement épanoui dans ce nouvel environnement. Mais avant cela, avant de pouvoir se l’autoriser, il s’était juré d’apporter lumière et justice sur les trahisons de son passé, quel que soit le temps que cela prendrait.

Humant les parfums du liquide ambré, en reconnaissant les notes florales et résineuses, il en absorba une gorgée prudente, laissant sa chaleur chasser sa morosité. Une chaleur à l’image du Fëalocë, pétillante et à l’agréable simplicité. Rebondissant sur l’intention cachée des cuisiniers de garder pour eux la cervoise, il lui sourit, quoi que conservant son expression réservée, « C’est une trouvaille qui vaut le détour. Je veux bien les comprendre. » avant de froncer imperceptiblement les sourcils à la mention des troubles passés qu’avait vécu le Kaerl Englouti.
Il avait eu des échos sur la révolution avortée qui avait eu lieu au printemps, sans en connaître ni en comprendre exactement les tenants et les aboutissants. Seul un nom, remontant des tréfonds de sa mémoire, avait retenu son attention. Gilraën. La noble famille de Gilraën, si adulée, et pourtant prête à sacrifier impitoyablement ses soldats sur l’autel de ses ambitions.

Parfaitement heureux de laisser Efisio mener la conversation, il promenait un regard curieux sur l’assemblée tout en l’écoutant, ne pouvant s’empêcher de noter comme l’ambiance de ces festivités différait de celles auxquelles il avait été habitué.

« Il y a encore bien des choses que j’ignore sur le Màr Luimë, j’en ai bien conscience, malheureusement ... Mais j’apprends vite. »

C’est avec un aplomb inconnu et qui le déconcerta lui-même qu’il lui avait répondu, se sentant intérieurement ridicule après une telle réplique.

**Bel effort, petit homme ! C’était absolument adorable.**
*Ah, n’en rajoute pas !*

Le rire enchanté d’Asaleith le poursuivit jusqu’à ce que le Croc d’Argent, visiblement lui-même tout aussi mal à l’aise, ne se détourne pour lui proposer une part de tourte … Lui apportant un éclairage sur la marque s’assombrissant sur sa joue. Un cuisinier à la main trop leste alors, trop pressé de châtier le gourmand. Un rire léger, quoi qu’un peu gêné, le secoua et il hocha la tête en signe d’appréciation.

« Je vois. Je crains donc d’être obligé de goûter ce pour quoi tu as risqué ta vie. »

Joignant le geste à la parole, l’autre homme s’était saisi du plat pour le ramener vers eux et s’emparer sans attendre d’une part, affichant une nouvelle fois son désir de ne pas faire de manières. Puis marquant un temps d’arrêt, le Lieutenant se pencha vers lui, baissant la voix sur le ton des confidences. Ce qu’il lui avoua alors, cette confiance qu’il lui apporta, lui serra inexplicablement le cœur, à l’image des premières gouttes de pluie venant s’abattre sur une terre assoiffée, amenant à ses iris de mer et d’orage d’infimes ondes d’eau salée. Et comme pour venir appuyer la métaphore, soudain, une délicate bruine, improbable, vint se déposer sur son visage. Levant un regard surpris vers le plafond, il conclut, pragmatiquement bien que non sans perplexité, que cela faisait sans doute partie des coutumes englouties.

Et il n’eut pas le temps d’aller plus loin dans ses réflexions que le rire chaleureux d’Efisio s’étrangla soudain dans sa gorge, étouffé par une toux implacable qui ne semblait pas vouloir s’arrêter. Alarmé, il fit un pas en avant, incertain de la conduite à tenir. Ses compétences dans l’art du soin se limitaient, bien tristement, à un talent acquis à travers l’expérience pour panser plaies et blessures diverses. Une impulsion mentale de la part de son Lié le poussa à agir, venant lui taper dans le dos tout en lui tendant sa chope de cervoise.

« Je préférerais que ma métaphore précédente en reste une, si possible. Surtout après une telle promesse. »

Un sourire mi amusé mi préoccupé vint éclairer son visage hâve, accompagnant sa déclaration hâtive. Finalement, il semblait que la réputation d’ouverture des Engloutis n’était pas usurpée ?


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Ta’imiti Roimata’toa
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeLun 23 Nov 2020 - 1:04

À son bras, Ta’imiti sentait monter une sourde colère en son amie, dardant son regard ardent sur le dos des deux hommes qui s’éloignaient. Bien qu’il n’en comprît guère la raison, il lui sentait le cœur serré, la défilade de leurs interlocuteurs l’ayant affectée plus qu’il ne l’aurait pensé. Lui-même si mesuré dans ses émotions, il observait avec curiosité comme elles se déchaînaient en ce petit brin de femme, tourbillons toujours flamboyants.

Puis, aussi soudainement qu’elle était montée, cette tension retomba dans le nectar doré. Ou se métamorphosa, plutôt, car déjà de tout son entrain elle entamait un nouvel élan dont l’ondin se serait volontiers caché. Et de pleuvoir sur lui questions et remontrances, comme elle était déjà prête à en découdre avec Erhali.
Ta’imiti faillit s’en étouffer dans son propre hydromel, tâchant de retenir son rire et son malaise.

« Je crois que tu t’y casserais les dents, finit-il par commenter quand il acheva de toussoter. Tu as déjà essayé d’avoir le dernier mot avec un politicien ? Et, j’ai suffisamment à apprendre par moi-même ici. Lire. Observer les mœurs. Et toutes les règles… Bon, j’imagine que passer mon temps libre là- haut n’aide pas non plus. Sauf à rencontrer ceux qui traînent sur la plage, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Alentours, les danses se calmaient, les groupes de bavards se reformaient et les couples se cachaient en messes-basses, tandis que sur l’estrade une neishaane fit une annonce. Et comme il était de mention de plumes enchantées, l’ondin s’étonna une fois encore de la façon dont les tol oréäniens célébraient les dieux.

« J'invective plus souvent que je ne remercie les dieux. J’espère que cela ne te gènes pas d’être avec une mécréante. »

Brièvement, les traits de Ta’imiti se firent plus sérieux. Jamais ne s’était-il considéré comme particulièrement fervent. Lui et les siens observaient seulement les rites courants, traditions et superstitions faisant partie du quotidien parmi les travailleurs de la mer. Les coups de sang du maître des mers pouvaient sans crier garde vider un village de ses hommes, aussi tous observaient une juste déférence envers les divins. Pourtant, il s'interrogeait chaque jour depuis son arrivée sur la relation que ses nouveaux compatriotes entretenaient avec les dieux. Que se doit-on de penser lorsque l’on se sait descendre en droite lignée de ces êtres qui défièrent le panthéon tout entier, estimant par trop leur titre de seigneurs des cieux ?

« Promets moi juste de ne jamais t’adresser à Ouranos ou Kainalu quand je suis là, dans ce cas…et dans la voix de l’ondin, la supplique était véritable, Je me passerais volontiers de leur colère. Mais cela mis à part, ajouta-t-il en se déridant quelque peu, blasphème comme tu veux. J’ai passé ma vie au milieu de gens qui juraient à tout va. D’ailleurs, ceux d’ici sont trop polis, si tu veux mon avis. On dirait qu’ils sont tellement habitués à parler par la pensée qu’ils en oublient de montrer ce qu’ils pensent. »

Et tandis qu’il disait ces mots, une pluie s’était abattue sur eux qu’il ne fit pas mine de remarquer. Son regard fouillait avec calme l’assemblée à la recherche de l’artiste, plus curieux du pouvoir que de l’étrangeté du spectacle. Après tout, il n’était point homme à refuser d’un embrun la caresse, fut-elle douce. Et son attention capta le froissement céruléen d’une robe qui s’éloignait, ancrant ce détail dans son esprit plus sûrement que les paroles de son amie.

« Et puis c'est comme ça que je rencontre des gens, mon cher. Mais je comprendrais que toi tu ne veuilles plus danser qu'avec moi.

Je ne dis pas non, répondit-il, le regard toujours perdu parmi les convives, mais avec la musique qui s’est tue, ce sera difficile de danser. Ce n’est pas comme dehors, il n’y a pas…

Lui qui n’avait guère encore parlé de son don à quiconque se ravisa. Quoiqu’il fît toute confiance à l’aspirante, il jugeait son fardeau trop personnel pour s’en ouvrir si facilement, et à Sobêek seul avait-il laissé échapper quelques murmures de sa mélodie intérieure.

« Tu sais, j’ai plutôt l’habitude d’autres danses. Chez moi, nous formions de grands cercles, alternant les instants où tous les danseurs se retrouvaient et ceux où ils s’isolaient deux à deux. Du coup, chacun faisait un tour du cercle. Ce sont de belles danses, on partage un moment avec tout le monde et personne n’est laissé de côté.
» Ici, c’est différent, regarde. C’est comme pour ton lieutenant. Les gens restent par deux, ils font leurs petits clans ou couples en tournant le dos aux autres. Enfin sauf ton maître visiblement, conclut-il en désignant du menton l’ombre de Dušan qui fuyait l’agitation. Tu ne devais pas danser avec lui aussi ?

Et en effet, quelques-uns semblaient déjà s'éclipser, comme effrayés par l’annonce des favoris d’Ouranos. D’ailleurs, personne ne semblait guère se hâter de répondre à l’invitation, remarqua l’ondin qui, pris d’un doute, porta la main à sa poche, heureusement vide de toute apparition.

« Tiens, même les lézards restent entre eux, ajouta-t-il en riant de bon cœur lorsque les deux démons écailleux qui l’avaient tourmenté en début de soirée passèrent tout près d’eux, laissant un sillage de destruction sur les tables derrière les aspirants, et du côté de la piste de danse une elfe en proie au soupir.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeLun 7 Déc 2020 - 1:29


Les masques cachaient la moitié des visages et deviner les émotions de ses interlocuteurs demandait une sacrée dose de déduction lorsqu’on devait se passer des expressions faciales. Mais Naevys était très douée à ce jeu-là. Les joues, les sourcils, les petits plis autour des yeux… tout ça n’était qu’une partie des indices qu’elle avait l’habitude de collecter pour savoir ce que pensaient les autres, et elle n’avait pas beaucoup de mal à s’en passer. Surtout avec un cavalier comme Dušan qu’elle connaissait déjà bien. Le pli de ses lèvres, le ton de sa voix, l’éclat de son regard ou la posture de ses épaules étaient autant de signes qu’elle savait également interpréter. Elle ne manqua donc pas son amusement teinté de provocation quand il lui répondit, et sourit, ravie de constater que sa taquinerie avait fait mouche.

« Ah mais je ne critique pas ton choix de vie ! riposta-t-elle – comme si elle, elle allait critiquer le fait de ne pas se marier ! – Ni les raisons qui t’ont poussé à le faire. Je souligne juste que tu t’es adapté. À Tol Orëa, au Màr Luimë et à ton Lié. Donc tu n’es pas encore un vieux grinchon, engoncé dans tes habitudes. Tu es adaptable. »

Et, par conséquent, il s’adapterait à son aspirante. Même si ce n’était pas facile et que ça lui demandait un peu de temps et d’efforts. Et puis, comme il l’avait si bien souligné, il n’était pas seul. Si elle, elle ne possédait pas un Don suffisamment puissant pour se Lier à une enfant de Flarmya, l’elfe n’éprouvait plus aucune forme d’envie envers ceux qui avaient trouvé leur âme-sœur. Elle avait été jalouse, bien sûr, plus jeune, mais ça lui avait passé depuis longtemps. Elle aimait sa vie telle qu’elle était, elle aimait son métier et avoir son esprit pour elle seule. Enfin, seule… Elle avait à présent un compagnon bronze qui prenait quand même pas mal de place, malgré sa petite taille. Son ancien élève, lui, partageait son esprit avec un bronze bien plus grand et, si elle en croyait la première danse et les propos du sang-mêlé au début de leur conversation, Kÿreñ était plus à l’aise que lui avec leur aspirante. À eux deux, ils s’en sortiraient comme des chefs, elle n’en doutait pas. Mais peut-être qu’il avait besoin d’un petit coup de pouce tout de même, ce qu’elle ne se fit pas prier pour lui donner une fois qu’ils eurent fini de virevolter.

Sans voir en entier le visage du chevalier, Naevys n’était pas certaine qu’il soit complètement convaincu par son petit discours – bien trop sérieux pour l’occasion, mais bon… il fallait ce qu’il fallait – jusqu’à ce qu’il lui offre une ombre de sourire et qu’il la remercie.

« De rien, » répondit-elle donc, les yeux pétillants, avant de répondre à son baisemain par une révérence.

Inconsciente de l’effet de son décolleté sur son cavalier – pour une fois, elle n’avait pas cherché à jouer de ses charmes – la barde n’aurait toutefois pas dit non à un peu de badinage… si un certain sac à main bronze n’avait pas décidé de mettre le chaos au milieu du banquet.

Elle s’excusa donc auprès de Dušan pour rappeler à l’ordre son lézard de feu qui, visiblement, n’apprécia guère la réprimande. Il arrêta ses bêtises, certes, mais l’elfe ne se laissa attendrir ni par sa réaction ni par la comédie de sa compagne de jeu. Et elle ne put retenir un profond soupir, mi-agacé mi-résigné, lorsqu’il disparut dans l’Interstice en incitant la petite verte à le suivre. N’ayant aucun moyen de savoir où était parti le fauteur de troubles, la rouquine termina son approche du buffet dans un vain espoir de réparer un peu les dégâts et de sauver ce qui pouvait l’être, tout en écoutant d’une oreille distraite les annonces concernant les élus d’Ouranos. Elle ne se sentait pas vraiment concernée, puisqu’elle n’était pas du genre à être bénie des dieux, mais elle devrait rejoindre son père et les autres ménestrels après la cérémonie du couronnement et comptait bien profiter de ses derniers moments de liberté.

~*~

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Telio_oranj_tolorea
Telio, lézard de feu bronze

La déception d’Erdeni quand il quitta leur terrain de jeu lui déchira le cœur. Si si. Mais son elfe était intraitable et refusait de se laisser attendrir par les mimiques désespérées de la petite verte. Alors, il n’y avait plus qu’une seule solution : trouver un lieu où ils pourraient jouer en paix. L’Allée des Idoles serait parfaite, il en était sûr !

Aussitôt arrivé à destination, Telio se blottit au cœur d’un buisson, guettant l’apparition d’Erdeni. Elle allait le suivre, c’était sûr ! Et cette fois, ce serait lui qui la prendrait par surprise, et ils pourraient continuer leurs jeux ! Les yeux brillants, oscillant entre le vert du plaisir et l’orange de l’excitation, la queue s’agitant comme celle d’un félin en chasse, le petit bronze se ramassa sur lui-même prêt à bondit à l’arrivée de sa congénère… qui ne tarda effectivement pas.

Il bondit aussitôt mais elle se posait sagement sur une statue… et son roucoulement laissait entendre qu’elle avait peut-être une autre idée en tête que de continuer le jeu des mûres. Le regard du petit saurien se teinta d’une pointe de rouge, tandis qu’il se mettait à tournoyer autour de sa belle verte, avec un ronronnement aguicheur.


« Oh, le démon ! » murmura soudain Naevys, dans la barbe qu’elle n’avait pas.

Son petit compagnon bronze avait échappé à son regard, mais il n’avait visiblement pas l’intention de garder ses émotions pour lui, et la barde perçut sans mal son changement d’humeur. C’était bien le moment, là, maintenant, alors qu’elle n’avait pas – ou plus – de cavalier à proximité et qu’elle allait devoir seconder son père dans quelques instants !

Elle s’efforçait d’ignorer le ressenti de Telio en lissant la nappe – du moins la partie qui n’en était pas déchirée – et en ramassant les fruits éparpillés à jeter quand une voix résonna soudain sous son crâne. Elle sursauta, surprise, avant de comprendre qu’il s’agissait de Kÿreñ. Par réflexe, elle pivota sur elle-même pour le chercher dans la foule et tâcher de repérer également son Lié mais, si elle finit par apercevoir le bronze au bras d’une jeune femme brune, elle ne vit Dušan nulle part. Son Don n’était pas suffisamment puissant pour lui permettre de répondre au dragon et, si elle voulait rejoindre le sang-mêlé, elle allait devoir se débrouiller toute seule. L’idée ne lui déplaisait pas, en soi, et pas seulement parce qu’un crétin de lézard bronze était en train de conter fleurette à sa verte préférée. Kÿreñ le savait-il lorsqu’il avait mentionné son « lézard de feu un peu trop empressé » ?

Abandonnant les fruits abîmés, Naevys prit la direction de la sortie sous une soudaine bruine. Elle n’eut pas le temps de se demander d’où venaient les petites gouttelettes que celles-ci avaient déjà disparu, et la rouquine se contenta donc de vérifier machinalement la position de son masque et de ses cheveux, avant de s’immobiliser. Elle n’avait pas mis de plume dans sa coiffure lorsqu’elle s’était apprêtée, elle en était sûre. Pourtant là… Les doigts de la barde se refermèrent sur une plume qu’ils amenèrent devant ses yeux. Blanche. Elle ne mettait jamais de plume blanche, elle aimait trop les couleurs vives.

Les dieux avaient-ils décidé de jouer avec ses nerfs ce soir ?

D’ordinaire, ils la laissaient tranquille pourtant, et elle ne s’en plaignait pas. Flarmya ne l’avait pas jugée digne de se Lier à un de ses enfants, Llefelys lui épargnait les tourments des amoureux transis, Mystra ne l’avait pas dotée d’un de ses dons à double tranchants… mais Eurilya avait semble-t-il décidé de la titiller par l’intermédiaire de Telio et Ouranos d’en rajouter une couche.

Une seconde, agacée de se voir déposséder de son libre arbitre, l’elfe fut tentée d’ignorer la plume et de continuer sur sa lancée pour aller retrouver le chevalier bronze. Mais, sans être la plus fervente des croyantes, Naevys en savait suffisamment sur le panthéon rhaëgien pour pouvoir transmettre ses connaissances à ses élèves. Et le dieu du Ciel n’était pas du genre à accepter qu’on ignore ses volontés. Il ne faisait pas bon le défier. Avec un soupir, la rouquine se résigna donc à changer de direction. Elle se fraya un chemin au milieu de la foule jusqu’à rejoindre l’estrade et le Prêtre d’Ouranos.

« Bonsoir Maître ! le salua-t-elle avec un sourire joyeux qui masquait parfaitement ses sentiments réels, avant de lui tendre la plume. Je pense qu’il y a erreur, cette plume est bien trop blanche pour moi. »

Elle aurait bien aimé pouvoir transmettre à Kÿreñ qu’elle n’oubliait pas son Lié mais elle en était incapable. Et son boulet de sac à main bronze était trop occupé à faire le joli cœur pour pouvoir transmettre un message.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeVen 11 Déc 2020 - 15:26

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Efisio10 [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Arihel10
Lieutenant Efisio Anath, Lié à la Noire Arihel

Kÿreñ était ridicule. Mais, contrairement aux énergumènes aux côtés desquels la Noire était forcée de vivre chaque jour, il n’était pas si difficile à satisfaire. Tant qu’elle lui offrirait quelques prises auxquelles se raccrocher pour continuer de croire qu’il avait une chance de lui plaire, Arihel aurait une bonne excuse pour ne pas se retrouver mêlée aux désespérantes histoires de cœur de son Lié et cela valait sûrement bien la peine de faire un effort de sociabilité. Et, alors qu’elle s’accrochait au poignet du Bronze, se coulant sans peine dans son rôle de la soirée, assez hautaine pour exciter la compétitivité de son cavalier mais également assez troublée pour qu’il ne perde pas tout à fait espoir, celui-ci lui adressa un compliment dont la spontanéité la prit au dépourvu.

Immédiatement, son visage retrouva sa froideur naturelle, ses lèvres se plissèrent en une moue aux courbes dubitatives tandis que ses iris d’ardoise étudiaient avec précision le Dragon. Se moquait-il d’elle ? Pire encore, essayait-il de la rassurer ? Elle, qui avait sciemment marché sur ses pieds à plusieurs reprises pour le punir de s’être montré si grotesque et sûr de lui dans sa manière de l’approcher ?

« Discuter. » répéta Arihel à mi-voix, avec un dégoût presque palpable tant il suintait de chaque pore de sa peau, imprégnait l’air autour d’elle. Mais lorsque Kÿreñ décida de la questionner au sujet de Zhaleh, l’opportunité de profiter du Bronze pour valider ses théories concernant l’état d’esprit de la Verte balaya bien rapidement ses réserves. Elle leva à nouveau les yeux en direction de l’endroit où s’était trouvée la Liée de Shay seulement pour constater qu’elle n’y était plus. S’était-elle finalement décidée à aller réconforter son Chevalier ? Non, la Dragonne ne brillait certainement pas par sa logique, mais elle n’était pas non plus stupide. Il était plus probable qu’elle soit partie en quête d’un cavalier capable de lui changer les idées.

Arihel prit un temps pour envisager quelles informations elle pouvait divulguer à Kÿreñ sans trahir la confiance d’Efisio, sans trop exposer à un regard étranger son intimité, qu’elle partageait malgré elle. La Noire ne raffolait pas des ragots et n’aimait pas nourrir gratuitement la curiosité de ceux qui ne faisaient pas partie de son cercle, fût-elle bien intentionnée ou mal placée, mais elle ne savait pas toujours où dessiner la limite.

« Hm, eh bien… » commença-t-elle en reportant son attention sur le Bronze à ses côtés. « N’y vois rien de personnel, ce regard m’était surtout destiné. Nos Liés se sont disputés – chose fréquente, au demeurant – et elle attendait sûrement de moi que j’aille intervenir. » Elle haussa distraitement une épaule. « Elle doit penser qu’Efisio est à blâmer, et donc moi aussi, par extension. »

La Noire se fit violence pour ne pas lever les yeux au ciel. Zhaleh était devenue une constante dans sa vie six ans auparavant, s’était presque aussitôt révélée une source infinie d’incompréhension et de contrariété. Elle n’avait pour elle aucune affection – dans ses bons jours, tout au plus la considérait-elle avec ce même attendrissement détaché qu’on pouvait éprouver face à une portée de chatons. Et si le rapport de force entre elles s’était naturellement instauré, il arrivait encore que la Verte oublie sa place, tout particulièrement lorsqu’elle s’apercevait que le monde continuait à tourner en dépit de ses caprices.

« J’ai du mal à comprendre. Efisio est seul maître de ses décisions. Je me vois mal courir après le Sergent Ekatz dans l’espoir de régler une situation que je ne maîtrise pas, tout comme il ne m’appartient pas de dicter à mon Lié la bonne manière de mener sa vie. » reprit-elle après un soupir las, mêlé d’une frustration qu’elle ne parvenait pas à complètement dissimuler. Levant le menton vers Kÿreñ, elle pencha délicatement la tête sur le côté. « Non ? »

~°~

Ce fut avec une sainte horreur que le Lieutenant se retrouva obligé de cracher le contenu fort peu ragoûtant de sa bouche, le rouge lui montant jusqu’aux oreilles et coulant le long de son cou. Les yeux écarquillés, il se détourna un instant pour ne pas infliger à Marek un tel spectacle, saisissant à la hâte la chope que celui-ci lui tendait et passant à répétition la main autour de ses lèvres afin d’en déloger quelques miettes potentielles. Par Mystra, c’était bien sa veine ! Pourquoi fallait-il toujours qu’il se ridiculise de la sorte devant les belles gens ? Pourquoi n’y avait-il jamais que les enfants, les vieilles personnes et les mères de famille pour être témoins de ses exploits ? C’était terminé. Sa crédibilité venait de prendre le large ; comment pouvait-il être pris au sérieux en tant que soldat si une innocente part de tourte était tout ce qu’il fallait pour l’éliminer ?

Le Fëalocë se racla la gorge, fermant un instant les paupières tandis qu’il tentait de retrouver une respiration régulière. Il ramena ses cheveux en arrière, grimaçant au contact d’une légère humidité. À quel moment… ? Comment ? Il secoua la tête pour ne pas y penser.

« Désolé, je suis désolé… » bafouilla-t-il, toujours sans oser se retourner pour faire face à l’Ondin, mais alors qu’il se rapprochait aussi discrètement que possible de la table afin d’attraper une serviette, il s’interrompit brusquement. Avisant au creux de sa paume une fine plume grisâtre, ses sourcils se haussèrent. Ouranos s’était-il associé à Kaziel, ce soir ? Ou bien peut-être souhaitait-il lui faire passer un message en particulier ?

Le seul son qui franchit ses lèvres fut un « Ah. » assez peu éloquent.

Efisio récupéra la plume et, après s’être essuyé la main, il la fit lentement tourner entre ses doigts, l’observant sous tous les angles possibles. « Il y a une tradition ici : lors de la fête d’Ouranos, un Roi et une Reine sont choisis par lui pour diriger le temps d’une nuit. Les heureux élus sont désignés par une plume de goéland, comme celle-ci. » Il la présenta à Marek. « J’ignorais en revanche qu’il aimait les soumettre à une expérience de mort imminente au préalable. » plaisanta-t-il, la langue encore brûlante d’humiliation.

« Je vais devoir aller me présenter au Prêtre. On pourra continuer à discuter plus tard, peut-être ? » Ses iris de vieil acajou se parèrent d’une faible lueur de supplication en croisant ceux du transfuge. Il allait être jeté en pâture à toutes les pires harpies du Kaerl, après tout. Forcé d’être le centre de l’attention pendant d’interminables minutes, peut-être même des heures ! Il voulait bien qu’on s’apitoie sur son sort, pour une fois… Mais il avait déjà bien assez joué avec la compassion du pauvre Ondin et il n’était pas du genre à abuser de la gentillesse des autres.

Il lâcha donc un dernier soupir, bomba le torse pour se donner du courage et informa Arihel de son improbable aventure. Le silence de la Noire était toujours aussi édifiant. Bah, tant pis pour elle ! Une cavalière plus aimable que sa Liée l’attendait certainement sur l’estrade. En quelques gestes empressés, le Fëalocë rajusta sa mise.

« Même si j’ai pas encore la couronne, ma première requête en tant que souverain est que tu continues à t’amuser ce soir. » annonça-t-il, les poings sur les hanches. « Ce sera bien sûr beaucoup plus compliqué sans moi, mais je suis certain que tu réussiras à t’en sortir. »
Il se recula de quelques pas, se penchant en avant en guise de salutation, son large et emblématique sourire de retour sur son visage. « Enchanté d’avoir fait ta connaissance, en tout cas, Marek d’Ardiénor ! À plus tard ! »

~°~

Maître Derioc était fort occupé à essayer de chasser une paire d’adolescents presque suspendus à ses robes lorsque l’arrivée Naevys décida finalement les deux garnements à renoncer à leurs rêves de gloire. Le Prêtre joignit les paumes comme en prière et salua la Barde.

« Las, le Père des Dieux tient à ses traditions et il ne nous a encore jamais fait le coup de teindre ses oiseaux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Mais là où tu regrettes de ne voir que du blanc, je vois au contraire une infinité de possibilités. » rétorqua-t-il aimablement en saisissant la plume qu’elle lui tendait. Un simple effleurement du bout des doigts lui apporta confirmation qu’il s’agissait bien d’un présent d’Ouranos et il hocha la tête.

« Il t’a choisie pour être sa Reine ce soir, Naevys Denali. Tu peux monter ; je crois voir un autre prétendant au trône s’approcher. » ajouta-t-il avec un demi-sourire, s’écartant afin qu’elle puisse gravir les quelques marches menant à l’estrade. La petite Neishaane au cor d’ivoire, qui avait entretemps abandonné son instrument, se pressa auprès de l’Elfe et s’accrocha à son bras pour la tirer devant un autel improvisé, babillant gaiement à propos de sa robe, qu’elle trouvait fort jolie.

Au même moment, Efisio se présentait devant le Maître Derioc, les pommettes empourprées par la perspective d’avoir tous les regards tournés vers lui. Il avait vidé d’une traite sa chope mais n’avait pas eu le temps de finir son morceau de tourte, ce qui n’aidait finalement pas tant que ça à calmer son vertige. Il montra la plume au Prêtre, évitant de croiser son regard, qui risquait fort d’être interrogateur au vu de l’état passablement collant du divin symbole.

« Navré pour l’attente, Maître. Une telle bénédiction m’a coupé le souffle, assurément. »

Le Prêtre préféra ne pas le questionner et précéda le Fëalocë rougissant sur l’estrade. Efisio mit un genou à terre devant l’autel, coulant une œillade et un sourire amusés en direction de sa compagne. Il ouvrit la bouche pour faire un commentaire malicieux mais fut couvert par la voix tonitruante de Maître Derioc, qui tonnait aussi bien que les orages du Dieu qu’il servait. Efisio se demanda brièvement s’il s’agissait là d’un hasard ou d’une manifestation du destin.

Naevys fut coiffée la première d’une guirlande tressée de gentianes aux pétales froissés et de plumes d’oiseaux des rivages. Efisio, ensuite, d’une couronne en bois flotté ornée de feuilles de chêne mordorées. Le Prêtre les autorisa à se relever, sous les applaudissements et les exclamations enthousiastes de la foule. Les musiciens reprirent leur place autour du couple royal, faisant sonner les premières notes de leur prochain morceau.  

Fut un temps où le Lieutenant aurait considéré que l’occasion était trop bonne pour ne pas tenter de glisser la demoiselle dans son lit, mais aujourd’hui, face à la gent féminine, il devait faire un véritable effort de concentration ne serait-ce que pour se rappeler il était censé regarder. Ce n’était pas qu’il n’appréciait plus leur compagnie, mais les longues années à partager les pensées de son Âme Sœur le forçaient désormais à considérer ces dames d’un autre œil. Alors, lorsqu’il croisa finalement le regard de Naevys, il se contenta d’une révérence soignée, main sur le cœur, et d’une galanterie aux accents plus amicaux que véritablement séducteurs.

« Je suis peut-être Roi, mais face à toi nul ne saurait être plus qu’un banal homme. Allons danser ? » déclara-t-il, le bras tendu vers l’Elfe.
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Rūna Sălv
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeMer 16 Déc 2020 - 21:24

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Tiny-erdeni-vava-tolorea

Erdeni - Lézarde de feu Verte d'Aydarkhan

La virevoltante lézarde Verte, déjà coutumière d'un tempérament facétieux, n'en vit ses fiévreux élans que davantage ragaillardis par les propres pensées volages de son maître. Tandis qu'Aydarkhan s'aventurait dans les rues calmes et discrètes au bras d'Alkhytis, le coeur emballé de cueillir ce lys safrané dont il s'eut interdit d'humer l'arôme, la petite créature peinte de jade s'accordait à une même légèreté. En cette soirée et cette nuit de fête, et l'âme d'ordinaire bien frivole, Erdeni se réjouissait d'avoir trouvé en son favori nommé Telio un rutilant Bronze pour la divertir.
Plus que ravie de l'avoir berné, lui faisant manquer son attaque peu pataude mais prévisible, elle dodelinait fièrement des épaules depuis son piédestal de pierre. Penchant tantôt la tête sur la gauche tantôt sur la droite, à l'image d'un oiseau exotique inspectant avec appétit quelques fourmis passant par là, ses grandes orbes se mirent à luire avec plus encore d'envie et autant d'amusement.
Peu à peu, le voile de mousse de ses yeux se mua en un corail mêlant l'excitation à la séduction, et il sembla que ses babines ceintes d'écailles s'étirèrent pour former l'ombre d'un sourire.
A son tour, sa queue se mit à balayer vivement l'air, avec plus d'hardiesse et moins de nonchalance à chaque fois.

« Mrouw ! » L'interpella-t-elle, une première fois par une trille brève, la gueule toujours penchée avec curiosité.

Distinguant à l'éclat des Lunes la teinte des yeux du Bronze, comprenant que ce dernier répondait au même intérêt que le sien, son ton se fit moins amical et plus charmeur. Jouant à se dandiner sur une patte puis l'autre, une fois certaine qu'il suivrait son badinage, elle se remit soudainement debout pour mieux tapir le haut de son corps sur l'épaule de pierre où elle se tenait. D'un bond léger et maîtrisé puis de quelques battements d'aile de moineau, Erdeni prit son envol pour mieux venir se poser auprès de son prétendant. Le pas volontairement traînant et suave, la petite lézarde s'approcha avec séduction de son congénère peint de cuivre et de laiton, la tête basse en signe de sérénade. Par quelques adorables roucoulements à demi-voix, Erdeni s'en vint frotter sa tête contre le cou de Telio, déposant çà et là les indices de l'évènement à venir, des indices que seuls eux deux durent à même de flairer.
Puis, élancée dans sa libidineuse entreprise, la Verte sautilla de quelques pas en amont du Bronze, soucieuse de le devancer pour lui lancer un regard qui l'invitait, une fois encore, à la suivre.
Tendant à peine le haut de son cou pour laisser jaillir un « Vraaooou... »  lascif, plissant lentement les paupières pour appuyer son charme, la Verte prit à nouveau son envol.

Erdeni entama une danse connue de ses soeurs et d'elles seulement, exécutant figures et cabrioles que jamais ne pourraient égaler leurs hautes cousines. Par quelques pensées empruntes de douceur, elle sut envoyer à Telio des images de papillons batifolant au dessus de champs de fleurs sauvages, de ramiers roucoulant sur la branche fleurie d'un cerisier. D'un caquètement charmeur, elle convia Telio à la rejoindre dans ce Vol tout en prenant de l'ascension au dessus de la superbe promenade de l'Allée des Idoles où, ici et là, se joignaient les lèvres des convives du Bal pour laisser fleurir le langage de leur sérénade.  
Ouranos pouvait bien avoir offert une plume à ses favoris du Bal, la lézarde de feu robe d'émeraude s'était, elle aussi, choisi un élu.
Dans cet étrange mais ravissant lien qui l'unissait à son grand machin de Torhil et son grand-frère Brun, Erdeni se laissa aller à une liberté que eux aussi allaient trouver cette nuit.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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. ○ • ☾ Nous aimons nous repaître de ceux qui veulent nous soumettre ☽ • ○ .

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeMar 29 Déc 2020 - 16:51


La honte visible du Fëalocë faisait presque peine à voir, et Marek, dans un souci de l’épargner, s’était efforcé de ne pas trop le dévisager, les yeux mi-clos, concentrant plutôt son attention sur la mystérieuse bruine magique qui caressait agréablement ses joues. Entre les verres renversés et cette hostile part de tourte, le soldat semblait jouer de malchance en ce début de soirée. A moins que les Dieux n’aient décidé de l’éprouver de cette façon …

**Ooh, tu ne crois pas si bien dire, petit homme.**

Haussant un sourcil muet à l’adresse d’Asaleith, le Prêtre attendit poliment que son compagnon ait suffisamment repris de contenance pour lui faire à nouveau face. Si son Brun trouvait visiblement la situation très divertissante, lui ne savait que trop bien l’importance que pouvaient revêtir les apparences. Il lui faudrait néanmoins plus que de telles maladresses pour faire vaciller l’image de tolérance et de spontanéité que l’Englouti lui avait donné à voir. A ses excuses bredouillées hâtivement, il offrit donc un visage serein et compréhensif, éclairant les zones d’ombres qui hantaient encore ses iris d’outremer.

« Ce n’est rien, je t’assure. Cela peut arriver à tout le monde ... » Il accompagna sa remarque d’une grimace désolée, le coin de ses lèvres s’étirant en un sourire bien malgré lui amusé.
Voyant Efisio se figer soudain, fixant quelque chose dans le creux de sa paume, Marek s’interrompit, penchant la tête d’un air préoccupé. Il ouvrit la bouche, prêt à s’enquérir de son état, mais le Lieutenant le devança, faisant tourner entre ses doigts une petite plume à l’état peu reluisant. Lorsque le Fëalocë la lui présenta, explicitant les coutumes Englouties et sa probable provenance, une étincelle de compréhension le traversa, et il haussa les épaules avec une désinvolture qu’il n’était pas sûr de ressentir. Il pressentait que ce n’était ni le lieu ni le moment pour discuter théologie et que c’était la dernière des choses dont le nouvel Elu d’Ouranos avait besoin.

« Les Dieux ont parfois d’étranges façons d’exposer au grand jour leur intérêt pour les mortels qui ont le malheur d’attirer leur attention. »

Face au regard suppliant de son compagnon et la cuisante auto-dérision qui suintait littéralement de ses paroles, il lui adressa un nouveau sourire, plus chaleureux cette fois, se voulant rassurant. Efisio lui était définitivement sympathique, et il pouvait sentir qu’Asaleith pensait de même, quoi qu’il s’en défendrait certainement s’il lui posait la question.

« Il me semble que les félicitations sont de rigueur, Majesté. »

Reprenant son sérieux, il hocha la tête en réponse à sa suggestion de reporter leur discussion à plus tard et le salua d’une brève inclinaison du buste tandis qu’il s’éloignait.

« C’est entendu. Je compte sur toi pour me faire visiter le Kaerl, si la proposition tient toujours. Et … Je jure de faire de mon mieux pour profiter de la fête. »

Luttant contre la soudaine gêne que sa déclaration avait suscité en lui, il ne put que bénir l’intervention de son Brun, qui tout à son rôle de dragon ardent peu soucieux du décorum et de l’étiquette, s’était permis de glisser quelques mots dans l’esprit du Fëalocë.

**Merci d’avance de prendre soin de mon Lié. Flarmya sait qu’il peut se montrer têtu quand il le veut. N’hésite pas à venir me voir au Nogrod Nie Sereg pour te présenter.**
*Leith !*

Le rire d’Asaleith résonna en échos joyeux dans son esprit, peu soucieux de voir son Ondin se pincer l’arête du nez avec un soupir résigné. Son soulagement avait finalement été de courte durée, comme il fallait s’y attendre. Il espéra qu’Efisio – ou sa Liée, par ailleurs – ne prendrait pas ombrage de l’audace de son frère d’âme. Etait-ce vraiment la façon idéale de conclure son tout premier échange amical avec un membre du Màr Luimë ?

Laissant là ses réflexions, sur un dernier regard levé vers l'estrade où se dirigeait à présent le Lieutenant, l'Ondin se détourna, et dans un bruissement de soie délicat, se laissa engloutir et disparaitre dans la foule.

🍃🌊  • 🍃

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Kyren-fealoce-dragon-bronze-tolorea
Le Bronze Kÿreñ

Aux côtés de Arihel, Kÿreñ aurait aimé dire qu’il ne doutait de rien et était parfaitement sûr de lui. Hélas l’énigmatique Noire se révélait passablement difficile à déchiffrer, tant dans la logique de ses actions que dans ses inévitables intentions sous-jacentes. Aussi, là environné par le doux brouhaha des conversations autour d’eux, avait-il décidé de se laisser porter par son instinct. Il ne lui servirait à rien de spéculer plus avant sur le sujet : la dragonne finirait bien tôt ou tard par mettre à bas les masques qu’elle s’ingéniait à porter. Quoi qu’il en fut réellement, il se félicitait qu’Arihel ait d’une part accepté son invitation, et d’autre part trouvé quelque intérêt à le garder auprès d’elle. Sans quoi, il en était bien certain, sa comparse se serait d’ors et déjà débarrassé de lui par une réplique bien sentie.

Pourtant, il lui sembla que son compliment – définitivement sincère et bien intentionné ! – l'avait prise au dépourvu, au regard de la dureté qui avait aussitôt et instantanément envahi son visage. Allons, elle ne le croyait pas ? Pour un dragon, ce n’était pas donné à tout le monde d’être habile à la danse, et chaque effort méritait d’être dument récompensé ! Ce, même si elle lui avait bien écrasé les pieds deux ou trois fois pendant leur danse. A son expression fermée, il répondit donc par son éternel sourire, rayonnant et franc, sans la moindre arrière-pensée autre que celle d’en voir fleurir un, miroitant le sien, sur les lèvres de la Noire. Il le lui avait bien rappelé : sa mission de ce soir n’était pas encore achevée !

Un mince gloussement amusé lui échappa lorsqu’elle le dévisagea avec dégoût, visiblement outrée par la simple idée de discuter. Oh, il avait bien conscience qu’il n’était pas aussi intelligent qu’elle, loin de là … Mais néanmoins, il espérait qu’elle pourrait en venir à apprécier sa compagnie, en plus de le trouver utile, pour ces motifs encore inconnus qui lui appartenaient pleinement. Il espéra que ses questionnements sur la Verte Zhaleh et ses humeurs orageuses soient suffisants pour alimenter leur conversation, et il suivit son regard, songeur, en direction de là où s’était trouvée l’autre dragonne. Peut-être avait-elle senti leur intérêt et avait-elle décidé de s’éclipser pour rejoindre des personnes par lesquelles elle serait mieux accueillie. Après quelques instants de réflexion, Arihel s’ouvrit finalement à lui, lui distillant quelques explications qui poussèrent Kÿreñ à froncer les sourcils, plissant son front autrement lisse de toute marque dénotant le passage du temps.

Une dispute entre leurs liés ? Il était vrai que le Fëalocë de la Noire et le Sergent Shay Ekatz étaient tous deux Crocs d’Argent, ce dernier s’étant illustré d’après les rumeurs – et pas forcément en bien – durant la tentative de coup d’état des Gilraën. Leur lien allait-il au-delà de l’habituelle camaraderie entre soldats ? Il était alors possible que cette dispute soit la cause du coup d’éclat malheureux d’Efisio … Pinçant les lèvres, le Bronze hocha la tête, gardant le silence, laissant à sa compagne tout le loisir de développer son récit. Il tâchait de garder une expression la plus neutre possible, mais parvenait difficilement à cacher son excitation : Arihel se confiait à lui ! Elle l’estimait donc digne de recevoir ses confidences.
Il reçut son soupir lassé et croisa son regard avec une nette note de ravissement dans ses iris de saphir. Pour ce qui était des relations humaines – ou draconiques au demeurant – il était le compagnon idéal pour en parler !

« Il me parait plus sage pour toi en effet de ne pas chercher à t’interposer entre eux. Zhaleh est sans doute la mieux placée pour s’occuper de son propre Lié sans que tu cherches à t’en mêler. Quant à Efisio … Eh bien, si comme tu l’as dit, il ne veut pas de toi à ses côtés, il ne sert à rien d’insister ! Peut-être pourrez-vous en discuter à tête reposée quand la pression sera retombée ? Ou peut-être qu’il aura lui-même trouvé la solution d’ici-là, lui ou le lié de Zhaleh. Dans une dispute, les responsabilités sont toujours partagées. »

Passant d’un pied sur l’autre, son sourire penaud refit surface brièvement, tandis qu’il scrutait le visage d’Arihel à la recherche d’une quelconque approbation, ou désapprobation, face à ses conseils. Puis il rajouta à mi-voix :

« Je ne pense pas que tu aies quelque chose à te reprocher. »

Il était bien certain que lui n’aurait pas abandonné Dušan dans une situation pareille, que le demi-sang soit d’accord ou non – surtout que ce dernier ne brillait pas toujours par sa sociabilité – mais il pouvait concevoir que la Noire et Efisio aient une relation ... A la dynamique un peu différente. Il respectait cela, en tout cas.

Pendant ce temps, les Élus d’Ouranos s’étaient enfin révélés … En la personne de Naevys … Et Efisio. Par la Mère ! Pourquoi EUX, eux entre tous ? La jolie barde avait reçu son message, il l’avait bien senti au soudain sursaut de surprise qui avait animé son âme à son contact, pourtant délicat et plein de considération. Jurant tout bas en contemplant le couple, Kÿreñ se passa une main sur le visage, cherchant à juguler l’agacement qui affluait en lui. Ce satané Fëalocë était donc partout ?! Et le voilà qui rougissait devant la foule comme le dernier des adolescents !
A la pensée soudaine que Arihel ait pu lire à travers lui, il lui jeta un bref coup d’oeil d’excuse mortifié, croisant les bras dans une tentative de paraitre impassible, son regard fixé avec intensité sur Naevys qui souriait maintenant au Prêtre d’Ouranos.

S’il fallait en vouloir à quelqu’un, c’était à son imbécile de Lié qui avait jugé bon de s’éclipser, et que Flarmya le pardonne, au Dieu des Cieux qui avait décidé de jeter son dévolu sur la belle Elfe. Il n’y avait rien qu’il puisse faire de plus … A part prendre son mal en patience. Lorsque la danse de rigueur entre le Roi et la Reine du Bal serait achevée, il tâcherait de guider Naevys vers Dušan, où que son frère d’âme aie finalement choisi d’aller se faire oublier.
… Dans l'éventualité où cette dernière ne se déciderait pas avant à ‘‘croquer’’ l’élégant Fëalocë à son bras, sous l’influence de Telio, qui devait à présent bien s’amuser à flirter outrageusement avec Erdeni.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeDim 10 Jan 2021 - 19:55

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Telio_oranj_tolorea
Telio, lézard de feu bronze

Il ne l’avait pas attrapée. En temps normal, Telio aurait pu se sentir vexé d’avoir manqué son attaque, tant elle était censée être simple. Mais là, ce n’était pas un temps normal. C’était le temps d’Erdeni. Qui, après l’avoir invité dans ses jeux au banquet des bipèdes, l’avait suivi jusqu’à l’Allée des Idoles. Elle avait choisi de se poser sur une statue au lieu de venir jouer avec lui directement, mais le petit bronze savait que ce n’était pas un signe de désintérêt. Il lui suffisait d’entendre son ronronnement aguicheur, de voir ses yeux se colorer d’écarlate ou sa queue s’agiter de façon presque lascive. Après quelques virevoltes autour de sa belle et de son perchoir rocheux, histoire de bien lui faire comprendre qu’il ne comptait pas l’abandonner et qu’il était prêt à la suivre quels que soient ses projets – enfin, surtout pour un projet particulier, comme le trahissait la teinte de plus en plus rougeoyante de ses yeux – Telio finit par se poser sur une statue voisine. Il ne quittait pas la petite verte du regard et encouragea ses mouvements de petits bruits de gorge, jusqu’à ce qu’elle bondisse dans les airs… pour venir se poser à ses côtés. Un roucoulement ravi s’échappa du larynx bronze alors qu’elle venait se frotter contre lui. Quelques pastilles émeraude s’allumèrent dans ses iris sanguines, trahissant un plaisir sincère, tandis qu’il étendait ses ailes au-dessus du petit corps et tâchait d’enrouler sa queue à celle de sa congénère.

Mais, bien sûr, ce n’était pas encore le moment, et la petite créature s’éloigna en sautillant. Telio émit un léger grognement de protestation, mais c’était plus pour la forme qu’autre chose. Sa queue s’agita, en réponse à l’invitation d’Erdeni, ses ailes frémirent, ses muscles se tendirent, tandis que les dernières pépites vertes de ses yeux disparaissaient pour laisser toute la place au rouge de l’excitation. Il se ramassa sur lui-même, avant de bondir à la suite de la petite lézarde, admirant ses cabrioles et virevoltes, mais sans essayer de la suivre dans chacune de ses pirouettes. D’une il savait qu’il n’avait aucune chance d’y arriver, l’agilité d’Erdeni surpassant de loin la sienne, et de deux il l’admirait bien mieux avec un peu de recul. Néanmoins, il ne comptait pas la laisser s’éloigner au risque de ne plus pouvoir la rattraper ou de lui laisser croire qu’il ne la méritait pas. Les dragonnes, quelle que soit leur taille, aimaient qu’on fasse des efforts pour elle. Et il comptait bien en faire !

Plusieurs fois, Telio se rapprocha donc d’Erdeni à la frôler. Plusieurs fois, il partagea avec elle ses pensées, en réponse aux siennes, en lui envoyant des images d’oiseaux paradant dans leurs couleurs vives, de dragons batifolant dans les nuages, de poissons aux écailles argentées tournoyant dans les eux de la Baie… ou de leur premier Vol. Plusieurs fois, il manqua de peu de rattraper sa belle, mais toujours elle lui échappa, jusqu’à ce qu’elle décide que c’était enfin le bon moment.


Le hochement de tête du Grand Prêtre d’Ouranos et, surtout, sa réponse réduisirent à néant les derniers espoirs de Naevys d’échapper au grand jeu des dieux. Visiblement, ils avaient vraiment décidé de s’amuser avec elle ce soir, puisque la plume était authentique… ainsi que la passion inspirée par Eurilya à son espèce de sac à main bronze qui se trouvait elle ne savait où avec sa congénère verte. Retenant un soupir, la Barde retira son masque pour offrir un sourire joyeux au Maître Derioc. Elle n’avait pas l’intention d’afficher son désarroi, son agacement ou le désordre de ses émotions, et le Grand Prêtre n’y était de toute façon pour rien. Pas plus que la petite neishaane qui l’accueillit quand elle grimpa sur l’estrade. Et puis, il fallait reconnaître que c’était toujours un plaisir de s’entendre dire que sa robe était jolie. En attendant le Roi de la soirée, l’elfe rousse se fit donc un plaisir de répondre à son interlocutrice, tout en laissant errer son regard sur la foule devant elle. Elle tâchait de tenir à distance les émotions partagées par son lézard de feu grâce à une discussion futile et joyeuse, mais cilla en croisant deux yeux d’un bleu limpide qui semblaient la fixer. Kÿreñ. Elle n’avait pas oublié son message mais, hélas, la volonté des dieux primait sur la sienne. Ou celle du bronze. Du moins, pendant encore quelques temps.

Elle répondit donc avec bonne humeur au sourire de son Roi de la soirée – le Lieutenant Amath des Crocs d’Argent – qui ne semblait pas parfaitement à son aise si on se fiait à la couleur de ses joues. Naevys, elle, ne ressentait aucune gêne à devoir faire face à la foule. En tant qu’enseignante, elle devait souvent s’exprimer devant plusieurs élèves et, en tant que musicienne, elle avait l’habitude de se trouver sur une estrade devant un public. Elle aurait juste préféré être en pleine possession de ses émotions parce que, même si les habitants du Kaerl étaient relativement ouverts quant à l’influence des dragons, il y avait quand même des manières à respecter. Et Telio n’était pas un dragon, Flarmya merci !

Aux côtés d’Efisio, elle s’agenouilla devant le Grand Prêtre et concentra toute son attention sur le discours qu’elle connaissait pourtant par cœur. Il ne changeait guère d’une année à l’autre mais, cette fois, il était très intéressant. Et très utile pour ne pas se laisser parasiter par son démon de lézard de feu. Elle reçut la couronne qui lui revenait et, en se redressant, croisa le regard de son père qui reprenait sa place sur l’estrade parmi les autres musiciens. Les yeux de Myrdin brillaient de fierté de voir sa fille distinguée par le Père des dieux et, clairement, elle était dispensée de venir le rejoindre pour prendre son tour de musique. Tant mieux. Elle avait assez en tête comme ça. À commencer par la danse avec le Roi du jour.

« Un banal homme, mais qui sait manier les mots, répondit l’elfe en souriant et en prenant le bras que lui proposait Efisio. C’est important, la rhétorique, pour un Roi. »

Elle se laissa mener sur la piste de danse, savourant une nouvelle fois l’exercice de se laisser porter par la musique. Elle n’avait pas besoin de réfléchir pour savoir où poser ses pieds, elle pouvait apprécier la performance des ménestrels, la sensation de ses jupes qui tournoyaient, le contact des bras de son cavalier… qui était fort beau garçon d’ailleurs. Et qui sentait bon. Et…Emportée par le tourbillon de la danse, qui faisait écho aux cabrioles de Telio et Erdeni, Naevys ne maîtrisait plus avec autant de soin les émotions partagées par son mini bronze. Au moment où le lézard de feu frôlait les écailles vertes de sa dulcinée, elle laissa sa main glisser sur l’épaule du lieutenant en une caresse un peu plus qu’amicale. Profitant d’une nouvelle figure, elle se rapprocha de son cavalier au point de coller sa poitrine contre son torse… et ne s’en rendit compte que lorsque ses lèvres effleurèrent son visage.

« Oups ! murmura-t-elle avec un sourire qui se voulait désolé mais sans pouvoir retenir un petit rire qui sonnait plus aguicheur que gêné. Désolée, je me laisse emporter… »

Elle ne précisa pas si c’était la danse, la musique ou autre chose qui l’emportait. Ça n’intéressait probablement pas son cavalier.

« Je pense qu’il serait plus sage qu’on s’arrête à la fin du morceau, tu ne crois pas ? »

Bon, soyons honnête, elle ne dirait pas non si le Lieutenant Amath souhaitait poursuivre la danse… sur la piste ou un peu à l’écart. Mais, elle avait beau avoir chaud, la tête bourdonnante et la peau avide de contacts rapprochés, elle n’avait pas encore perdu tout bon sens. Efisio était Lié à la Noire Arihel et on ne lui connaissait aucune aventure. Les rumeurs parlaient bien de son amitié avec le Sergent Ekatz mais ça ne l’avançait à rien, de toute façon.

Aussi, dès que les dernières notes du morceau s’évanouirent, Naevys plongea dans une profonde révérence, avant de se relever, les yeux pétillants, les joues roses et le sourire aux lèvres.

« Je vous remercie pour cette danse, Majesté, mais, si vous voulez bien m’excuser, je vais prendre congé. J’ai une petite affaire à régler et je suis sûre que vous ne manquerez pas de cavalières à faire tournoyer. »

Manque de bol pour le timide Lieutenant, Ouranos l’avait distingué pour la nuit et il avait peu de chance de pouvoir retourner à ses discrètes occupations avant un moment. Elle-même ne passerait sans doute pas inaperçu, mais c’était le cadet de ses soucis. Qu’on commente son départ de la piste de danse si ça faisait plaisir aux commères, elle s’en moquait. Elle prit donc la direction de la sortie, bien décidée à rejoindre Dušan qui, si elle en croyait les pensées de Kÿreñ, partageait plus ou moins son état d’esprit du moment. Et si c’était plutôt moins que plus, ma foi, elle n’aurait plus qu’à trouver un autre compagnon… ou à aller faire un tour du côté de la Baie pour se rafraîchir les idées.

Elle ne mit pas longtemps à rejoindre le maître bronze qui, grâce à sa haute stature et sa chevelure blonde, était facilement reconnaissable, même dans la pénombre de la soirée.

« Et voilà. Je te laisse quelques minutes et tu retournes te morfondre tout seul dans ton coin, lança-t-elle en guise de salut. Ce n’est pas une façon de passer une soirée de fête, même Kÿreñ le sait. »

Elle avait abandonné son masque sur l’estrade, maintenant qu’elle était coiffée de la couronne de fleurs de gentiane et de plumes. Le sang-mêlé n’avait donc probablement aucun mal à lire l’expression malicieuse de son visage. Malicieuse… et un brin aguicheuse. D’ailleurs, si l’elfe comptait initialement s’arrêter à quelques pas de son ancien élève, l’enthousiasme de Telio qui se rapprochait franchement d’Erdeni la poussa un peu plus loin. Elle couvrit la distance qui la séparait de Dušan et se hissa sur la pointe des pieds pour nouer ses bras autour de son cou et poser ses lèvres sur les siennes, dans un baiser qui ne laissait que peu de doute sur ses intentions.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeJeu 14 Jan 2021 - 21:04

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Erdeni - Lézarde de feu Verte d'Aydarkhan

How To Train Your Dragon OST - Forbidden Friendship

Erdeni et Telio s'enlacèrent de leurs ailes, de leurs pattes et de leur queue avec délicatesse et poésie, mêlant le métal couleur d'or cuivré et la pierre d'émeraude à l'image d'un bijou de fine facture, sous la minutie et la précision des doigts experts de l'orfèvre qu'était Flarmya. Libellules d'un lac de plantes et de fleurs dans l'écrin de ces jardins bordés de mystère, les deux petites créatures s'effleurèrent à la fois avec jeu et sérieux, comprenant malgré leur petitesse et leur fragilité dans ce monde de géants toute l'importance de leur union pour les générations à venir. Heureuse de faire comme les grands, la minuscule Verte arborait une mine autant ravie qu'insolente, un tantinet défiante envers ses si immenses cousines qui, semblait-il, avaient perdu le lyrisme des amours draconiques.
Erdeni, bien que frivole, aimait Telio, autant qu'une chose aussi épaisse qu'un chaton en était capable. Elle le lui prouvait pour la seconde fois par une fidélité somme toute rarissime pour sa race qui d'ordinaire ne s'encombrait pas de ces principes trop humains.
La lézarde de feu était enchantée d'avoir pu le séduire encore une fois et d'avoir été capable de réveiller sa curiosité !

Alors là, sous le seul regard des statues qui s'élevaient çà et là seulement vêtues des doigts acérés de pieds de rosiers, elle se laissa aller à leur étreinte incroyablement pure et noble. Le cuir de leurs écailles se mit à luire timidement sous la caresse du halo des deux lunes, si hautes à la surface mais dont les rayons traversaient sans mal les vagues paresseuses de l'océan. Les ondulations de l'eau saline faisaient danser ces pâles et lointaines lumières sur le chamarré de leur robe, sur le marbre des idoles et des colonnes et sur le vert de myrte des plantes à l'éclat assoupi par la nuit avec l'évocation de spectres ou d'esprits dénués de heurts ou de volonté de nuire. Dans le sillage de ces notes fugaces de clarté, les opales rondes d'Erdeni oscillaient entre l'orangé des agrumes, le jade des jeunes feuilles de pommier et le pastel des pétales de bleuet, traduisant ce savant mélange d'euphorie et de quiétude qui l'habitait alors que sa chaleur épousait celle de Telio.

Son menton pointu, presque coupant, caressait pourtant avec une grande douceur le cou du petit Bronze. Erdeni agrippa les pattes de son favori en enlaçant ses doigts crochus aux siens, frottant amoureusement sa minuscule tête contre la joue du petit mâle tout en roucoulant à demi-ton.
Mordillant parfois, ronronnant beaucoup, leur vol conjugué au commun se fit de battements d'ailes assortis pour les amener vers la voûte de verre qui abritait le Màr Luimë. Leur queue allait à se dérouler et s'enrouler l'une autour de l'autre jusqu'à ne plus se séparer au moment de parachever leur pas de danse final.
Leur mariage éphémère se conclut par le chant de la Verte, annonçant la gloire de leur alliance à qui pouvait bien l'entendre. Dans la quiétude de ce jardin où régnait le Romantisme pur et dur, la ballade des lézards de feu remplaçait le chant des oiseaux avec un identique apaisement couplé de bonne humeur communicative.

Alors que, d'ordinaire, une fois le Vol terminé les lézards comme les dragons se séparaient pour s'en retourner à une ignorance naturelle, Erdeni ne voulait pas quitter Telio. Elle s'éloigna bien de lui le temps de quelques vrilles nonchalantes, s'aidant à sa manière à chasser l'euphorie de leur valse, mais revint tout aussitôt vers lui pour apposer le bout de son nez contre le sien avant de conclure par quelques coups de langue indisciplinés.
La petite Verte s'en alla ensuite se rouler dans le parterre d'herbe et de fleurs mêlés de l'Allée des Idoles en l'appelant de jappements transis, lovée de tout son dos les pattes en l'air et l'arrondi de son ventre si mignon tourné vers le ciel. Peut-être Telio la rejoindrait-il, pour partager un jeu ou une tendresse. La fin de l'histoire leur appartenait, désormais.

Et ainsi n'auraient plus qu'à venir les fruits de leur union, très bientôt...


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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. ○ • ☾ Nous aimons nous repaître de ceux qui veulent nous soumettre ☽ • ○ .

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeJeu 14 Jan 2021 - 23:13

[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Efisio10 [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Arihel10
Lieutenant Efisio Anath, Lié à la Noire Arihel

Marek s’était montré tout à fait conciliant, en apparence peu perturbé ni même rebuté par l’improbable tournure des évènements qu’avait causé la malchance – ou la maladresse – du Fëalocë. Simple souci de bienveillance ou réelle sincérité ? Efisio choisit de faire confiance à son intuition. Il n’avait pas perdu toute chance de s’en faire un ami. Et tandis qu’il filait à travers la foule, jouant des épaules pour se frayer un passage vers l’estrade, un esprit étranger effleura ses pensées, y déposant là quelques pensées qui confirmèrent son sentiment. En contrepoint de son âme soulagée, il sentit celle d’Arihel se figer et se tendre, à l’affût, puis vibrer de curiosité au contact de ces fréquences bien différentes de ce qu’elle connaissait. Se mordant la lèvre inférieure afin de ne pas sourire comme un lunatique, le Lieutenant remonta le fil intangible qui le mena jusqu'à l'esprit du Dragon.  

° Ce sera avec plaisir, Asaleith ! La proposition valait pour toi aussi, évidemment ! °

L’humeur plus légère, il se présenta au Prêtre et grimpa sur l’estrade à sa suite, rejoignant sa future Reine pour leur couronnement. Comme à son habitude, et parce que cela tenait plus chez lui de la deuxième nature que d’un rôle intéressé, Efisio ne put retenir un commentaire oscillant entre courtoisie et séduction, tendant son bras à Naevys. Et lorsqu'elle lui répondit, il s'inclina une seconde fois, l'air théâtral.  

« Ah, hélas. Même le plus fieffé orateur perdrait l’usage de sa langue au bras d’une si flamboyante cavalière ! Et il n’aurait aucune honte à avoir. Il y a un temps pour tout . »

En dépit de sa timidité et de la pression exercée par tous les regards pesant sur eux, Efisio pouvait se vanter d’avoir toutes les qualités d’un bon danseur. Mais s’il n’avait rien oublié des incessantes fêtes de sa jeunesse, il avait en revanche négligé qu’il avait alors la réputation de faire tourner les têtes aussi aisément que les jupes colorées de ses cavalières. Une seule caresse de Naevys fit naitre en lui le doute et il sentit le rouge lui monter aux pommettes, plus intense qu’auparavant. La danse les écarta et les rapprocha, une fois, deux fois, jusqu’à ce que la proximité de la Barde ne soit plus possible à ignorer. Il se força à garder son calme ; il n’allait pas lui reprocher son enthousiasme, peut-être était-elle simplement une danseuse passionnée ? Ou bien était-ce plutôt lui qui se laissait distraire par toutes les émotions de la soirée ? Après tout, cela faisait un moment que…

Un souffle chaud caressa son visage, et, avant même qu’il ait pu réaliser ce qui était en train de se produire, ses mains vinrent rapidement encercler les poignets de l’Elfe pour la repousser avec prévenance. Il battit bêtement des cils. Que de la gueule, raillait une voix de fausset au fond de sa mémoire tandis que sa propriétaire au visage flou relaçait son corsage. C’est pas de ta faute, carina… C’était quand même moins compliqué quand on faisait que s’amuser, non ? Les yeux arrondis par la surprise, un rire quelque peu étranglé s’échappa de sa poitrine en même temps qu’il répondait instinctivement au sourire de Naevys par une grimace aussi gênée que navrée.

« Hum, ce n’est rien… » bafouilla-t-il en espérant parvenir à se donner l’air crédible, relâchant prudemment son étreinte autour des poignets de la demoiselle. Le rire clair d’Arihel résonna dans ses pensées, se faisant l’écho lointain d’un autre, et Efisio secoua la tête pour les chasser tous deux. Il ignorait les intentions de la Barde, mais gageait qu’elle ne pensait sûrement pas à mal… Peut-être même aurait-il dû se flatter d’un tel intérêt. Cependant, il avait accumulé bien trop de frustrations pour pleinement apprécier la douce chaleur que dégageait son affriolante compagne, et ses courbes ne parvenaient pas à éveiller son intérêt quand il n’était plus capable de penser qu’en angles. À sa suggestion de s’en tenir à cette seule danse, il se contenta donc d’acquiescer sans un mot.  

Fidèle à son devoir de Roi, il les mena malgré tout au bout de leur valse cérémonielle, quoiqu’avec des mouvements plus réservés et plus nerveux qu’ils ne l’avaient été plus tôt. Gracieusement, l’Elfe s’inclina devant lui, et le Lieutenant fit de même, une main sur le cœur et un soupir de soulagement au bord des lèvres lorsqu’il s’aperçut qu’elle n’avait été en rien déçue par leur court échange.  

« Faites, faites. Vous êtes la Reine, après tout. » fit-il mine de céder, l’air grand seigneur, et salua Naevys qui filait déjà. Lui avait bien besoin d’un rafraichissement, et, puisqu’il était Roi, il n’allait certainement pas se priver d’exiger le meilleur vin que possédait le Kaerl.  

~°~

Arihel décortiquait les paroles de Kÿreñ avec application. Mais même la meilleure volonté du monde n’aurait sans doute pas suffi à transformer le ramassis de banalités qui s’écoulait de la bouche de son confrère en données cohérentes. En même temps qu’elle l’écoutait attentivement, elle hochait doucement la tête, un discret sourire d’usage accroché à ses lèvres, mais ses bras étaient venus se croiser autour de sa poitrine, ses doigts s’enfonçant dans sa propre chair dans un imperceptible geste de frustration. Ah, elle s’en voulait d’avoir posé la question… Elle détestait faire semblant ! Mais elle réprouvait encore plus l’idée de plonger un peu plus son compagnon d’infortune dans l’embarras simplement parce qu’ils n’étaient pas… égaux.  

« Moi non plus. » confirma-t-elle d’un ton assuré. Qu’elle n’ait rien à se reprocher, au moins, elle en était certaine. Pour le reste, elle n’avait que faire d’éventualités, de possibilités et autres hypothèses fumeuses. Elle n’était pas naïve au point d’imaginer qu’il aurait pu en être autrement – il était question de son Lié, après tout – mais en vérité, tout cela menaçait de lui donner des migraines et elle regrettait presque d'avoir partagé cela avec Kÿreñ. La distraction, somme toute, ne s'avérait pas si bienvenue. La bouche crispée en une mimique qui échouait à masquer son malaise, la Noire sous forme humaine le remercia pour ses explications d’un bref mouvement du menton.

Elle suivit le regard du Bronze en direction de l’estrade où l’on s’apprêtait à couronner les deux Élus d’Ouranos. Ah, tiens, n’était-ce pas la jolie demoiselle qui virevoltait au bras de Dušan, quelques danses plus tôt ? Du coin de l’œil, Arihel perçut l’agitation du Dragon qui contemplait le couple royal d’un air mécontent. Elle avait bien saisi que, de toute évidence, il ne portait pas Efisio dans son cœur, mais que pouvait-il maintenant lui reprocher ? La pensée qu’il put être jaloux mit quelque temps à lui effleurer l’esprit – et pour cause, elle partageait la vie du Fëalocë depuis tant d’années qu’elle-même avait oublié le succès qu’il pouvait encore avoir auprès de la gent féminine, lui qui passait pourtant la majeure partie de ses nuits à courir après un rêve impossible quand il ne cherchait pas à échapper à celui-ci dans les bras d’un autre.  

Face à la mine déconfite du Bronze, elle ne put s’empêcher de rire. De simples gloussements qu’elle s’efforça d’abord de garder secrets en francs et suaves éclats d’hilarité, la Noire en arriva à se tenir le ventre d’un bras tandis que de l’autre main, elle vint chercher appui contre l’épaule de Kÿreñ. À bout de souffle, les pommettes visiblement rosies, elle chassa du bout des doigts quelques larmes éphémères avant de retrouver son calme.  

« Oh, douce Flarmya, ne le regarde donc pas comme ça. » haleta la Dragonne, les dents découvertes par un sourire carnassier. « Je pensais que tu le savais ; à choisir, Efisio passerait un meilleur moment en compagnie de ton Lié qu’aux pieds de la Reine, aussi belle soit-elle. »

Elle secoua la tête, à la fois consternée et profondément amusée par le malentendu. « Encore que, je te l’accorde, tu ne serais pas le premier à te laisser avoir par ses faux airs de joli cœur. »

~°~


Une bouteille dans chaque main, Efisio avait suivi l’exemple de la Reine et avait été prompt à s'éclipser, sans plus aucune considération pour ses devoirs régaliens maintenant qu’il avait obtenu gain de cause face aux intendants. Il marchait d’un pas déterminé le long des allées au sol maintes fois foulé par les bottes de la Garde qui serpentaient au dos du Castel, et seul un léger déséquilibre trahissait qu’il avait sûrement goûté un peu plus que de raison aux vins proposés par ses humbles sujets avant d'arrêter son choix.  

« Je suis Roi, oui ! Et quel indigne souverain ferais-je si je ne venais pas en personne m’assurer du bien-être de mes sujets ! » clama-t-il à la cantonade, tournant sur lui-même. Sous le couvert des chênes verts bordant les casernes des Crocs d’Argent, un soupir exaspéré se fit enfin entendre, suivi par une voix traînante et familière.  

« Que le peuple tremble, car son roi est gris. » railla Shay, perché sur l’un des murs longeant le chemin, sa fine silhouette enveloppée d’ombres. Efisio fit mine d’avoir l’air blessé, même s’il ne pouvait probablement pas voir son visage.

« Gris, gris… Vous y allez un peu fort, messire. Nous sommes d’humeur guillerette, voilà tout ! » D’un mouvement étonnamment agile, le Lieutenant sauta sur le muret pour prendre place aux côtés du Chevalier solitaire. « Écoute. Je tenais à te présenter mes excuses. Pour ce soir et, pour les autres jours aussi. Je ne devrais pas me mêler de tes affaires comme je le fais. » Shay marmonna, haussa les épaules et s’apprêta à écarter les excuses du Fëalocë lorsque celui-ci posa une main sur son bras. « MAIS. Sache que tout cela part d’une bonne intention. Je supporterais pas qu’il t’arrive quoi que ce soit. Qu’est-ce que je deviendrais, sans toi ? »

« Un homme bien plus accompli. » grogna le Sergent, se dégageant mollement et tendant le bras pour essayer de s’emparer d’une bouteille que l’autre agitait sans aucune précaution malgré la hauteur.  

« Foutaises ! » s’exclama le Fëalocë, et son ample mouvement d’emphase éloigna de Shay l’objet de son désir. « Tu es mon compagnon, c’est naturel que je veille sur toi. »

« Moi aussi, figure-toi. C’est bien pour ça que j’aimerais que t’arrêtes de… » Le Chevalier Vert secoua la tête, laissant la fin de sa phrase se perdre en un profond soupir. Il pensa à la lettre anonyme que ce chien d’Usui Ikeda avait failli faire parvenir au Conseil, et à ce qui aurait pu se produire si son nom avait été rendu public – mais surtout, il pensa aux risques inconsidérés qu’avait pris le Fëalocë pour la faire disparaître. « Un jour ou l'autre, ça va mal finir. »

Absolument pas perturbé, le Chevalier Noir gonfla les joues avant d’en expulser l’air dans un bruit de bouche immature, signifiant clairement que la conversation n’irait pas plus loin. « Je fais simplement ce que j’aimerais qu’on fasse pour moi, si j’étais à ta place. » conclut-il, ignorant le coup d’œil incrédule de son compagnon, puis, changeant de ton aussi facilement qu’il aurait changé de chemise, il poussa Shay de l’épaule, appuyant contre lui son poids rendu plus significatif par la quantité d’alcool ingérée. « Dis, tu te souviens de la vieille tour de guet où Félagi cachait la viande qu’il volait au sous-intendant ? J’ai pensé qu’on pourrait aller finir la nuit là-bas... En bonne compagnie. » ajouta-t-il en levant une nouvelle fois les bouteilles.  

Le Sergent battit bêtement des cils, se raccrocha à son pragmatisme pour affronter son incompréhension face à ce qui pouvait bien se tramer dans la tête de son confrère. « Il va faire froid. »

« Rien n’est plus froid que ton cœur, Shay. » rétorqua le Fëalocë avec une moue de dédain avant de sauter de leur perchoir et de tendre une main secourable vers l’Humain – qui prétendit ne pas l’avoir remarquée tandis qu'il se laissait glisser à son tour. « Allez, aide donc un vieil ami. Cette couronne attire plus de demoiselles que je n’ai le courage d’en repousser.
– Vous fuiriez vos plus simples devoirs, Seigneur Guilleret ? 
– Je prierai Ouranos de bien vouloir m’accorder son divin pardon. Je suis le pire prétendant au trône qu’il pouvait choisir. Il doit déjà être au courant… tu sais que j’ai failli mourir en découvrant cette foutue plume ? Dans une part de tourte ! Sur la tête du père Gianluca, si j’étais plus superstitieux, je croirais qu’on veut me faire payer ma gourmandise, là-haut ! »
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos    [RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Icon_minitimeJeu 21 Jan 2021 - 21:00

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Dušan Bakhtiyar & le Bronze Kÿreñ

Theme Song :
The Boatman – Celtic Legend

En l’honneur d’Ouranos, tous s’étaient parés ce soir de leurs plus beaux atours, rendant la foule semblable à un chatoyant parterre de fleurs de printemps, sur lesquelles se seraient délicatement posés des papillons aux ailes de joyaux. Et là, brillantes au milieu des visages tournés vers l’estrade, deux gemmes de saphir semblaient irradier d’un feu propre, magnétique. Kÿreñ croisa le regard de Naevys, laquelle cilla brièvement devant l’intensité exprimée par les yeux du dragon. Bien, le message était clair, semblait-il, derrière le sourire charmant affiché par la jolie rousse. Elle ne pouvait de toute façon pas faire autrement, après tout. Mais pourquoi fallait-il que les Dieux s’amusent à mettre des bâtons dans les roues des mortels ?

Le Bronze soupira, et se détourna vers Arihel, concluant ses explications avisées – selon lui – sur l’assurance que sa comparse Noire n’avait en aucun cas à ressentir une quelconque culpabilité. La solution reposait entre les mains d’Efisio et du Lié de Zhaleh. Il fut néanmoins quelque peu désappointé de constater que l’expression de sa compagne ne reflétait pas du tout ce qu’il espérait y voir. Ses bras étroitement croisés, ses doigts crispés sur sa propre chair en révélaient bien plus que la neutralité contrainte qu’elle affichait. Se rembrunissant à demi, le dragon baissa les yeux, ses épaules s’affaissant. Lui qui avait pensé pouvoir briller et lui montrer ses connaissances dans ce domaine dans lequel elle-même peinait de toute évidence … Qu’aurait-elle voulu qu’elle lui réponde ? Il connaissait trop peu les protagonistes de l’histoire pour une analyse plus poussée.

Une clameur diffuse le poussant à relever la tête, il constata que le couple royal constitué par les élus d’Ouranos se faisait maintenant face, main dans la main. Sa mâchoire se crispant irrésistiblement, le Bronze ne put s’empêcher de fustiger une nouvelle fois Efisio du regard, dérivant sur lui toute sa frustration, toute sa vertueuse indignation. Maudit soit ce Fëalocë et sa langue trop bien pendue ! Les joues rosies de Naevys ne laissaient pas place au doute quant à ce que lui inspirait le beau minois du soldat, et qu’importait si l’influence invisible de Telio y tenait une part non négligeable. Ce petit traître de lézard Bronze devait à présent bien s’amuser avec Erdeni ! Kÿreñ ne pouvait s'empêcher de compatir, ceci dit : tout mâle un tant soit peu honorable ne refuserait jamais les attentions d’une femelle, et plus encore si sa robe était parée d’émeraude. Les Vertes étaient toutes aussi passionnées que versatiles, et il ne faisait pas bon les contrarier, ou pire, de les éconduire !

Le Lié d’Arihel conduisait à présent la Barde vers la piste de danse, sous les regards admiratifs des gens alentours. Il fallait dire que l’un et l’autre paraissaient particulièrement bien assortis, et qu’Efisio menait Naevys avec bien plus de talent et d’aisance que Dušan ne pourrait jamais en avoir. Mais soudain, un son tout à fait incongru vint éclater la bulle de colère et de jalousie qui croissait jusque là inexorablement en lui. Ses paupières papillonnant avec confusion, il balaya du regard les visages autour de lui, avant de se rendre compte que ce rire, difficilement étouffé, s’échappait de la gorge de la Noire à ses côtés. Les yeux ronds, il la vit petit à petit perdre la bataille contre une terrifiante hilarité, ses gloussements contenus se transformant en francs éclats de rire, allant jusqu’à la pousser à s’accrocher à son bras tandis qu’elle se pliait en deux, les larmes aux yeux.

Arihel … était en train de rire ?

L’information lui parut mettre des années entières à venir s’ancrer dans sa conscience, et le Bronze contempla sa compagne, bouche bée. La morsure d’une subtile humiliation – la dragonne était très visiblement en train de se moquer de lui, mais cela en soi n’était hélas guère surprenant venant d’elle – disparaissait presque face à l’étonnement, et au pur ravissement de la voir aux prises avec cette joie incontrôlable.
Son calme recouvré, les lèvres d’Arihel se retroussèrent en un sourire rien de moins que prédateur et satisfait, et un frisson d’expectative parcourut le jeune mâle, ses joues se teintant d’un écarlate embarrassé. Une fois encore, il la regarda sans comprendre, incertain de la réaction qu’elle attendait de lui, avant que le sens de ses paroles ne fasse enfin jour en lui. Oh. Efisio … Et Dušan. L’image lui arracha une grimace, et il secoua la tête pour la chasser. Voilà qui expliquait beaucoup de choses …  

Comme si la lumière propagée par les éclats de rire de l’autre dragonne était venue chasser sa morosité, il porta un regard nouveau sur le couple royal, engagé dans une valse un peu plus sensuelle, l’un et l’autre se frôlant de trop près, que ce que l’étiquette ne requérait. Est-ce que Naevys savait ? Au vu de son attitude et du léger gloussement qui lui avait échappé, sans doute pas. Cependant, confirmant les révélations d’Arihel, le soldat avait poliment, mais fermement, ramené la jolie rousse à sa juste place. Rien n’était donc perdu pour son irrécupérable demi-sang, au contraire !

Le cœur plus léger, trépignant presque d’excitation, Kÿreñ adressa un sourire radieux à la Noire, avant de se pencher vers elle pour lui planter un baiser léger, mais indubitablement affectueux, sur la joue. A son tour de la surprendre, à présent !

« Merci, Arihel. Tu ne peux pas savoir à quel point cela me fait plaisir ! »

Comme le prince dont il arborait l’apparence ce soir, il s’inclina profondément devant elle, une main déployée sur le cœur, avec le plus grand respect, quoi qu’une lueur malicieuse irradiant encore de ses prunelles de saphir, fixées sur sa compagne.

« Et ma mission auprès de toi est désormais accomplie, puisqu’un ô combien précieux sourire est venu enfin fleurir sur tes lèvres. Qu’importe que cela se soit fait à mes dépends. Une telle réussite valait bien ce maigre sacrifice. Si ma compagnie te sied toujours, alors considère ma présence comme acquise pour le reste de la soirée, où que tu souhaites la passer. Dans le cas contraire, je peux me retirer sans honte, puisque j’aurai mené à bien ce que je désirais. »

Au centre de la salle, Naevys s’était pour sa part fendue d’une élégante révérence devant son cavalier, son charmant visage toujours rayonnant à la lumière des lampions colorés illuminant la voûte au dessus d’elle. D’un apparent commun accord, elle et Efisio se séparèrent, l’un pour se rendre auprès des sommeliers chargés de la gestion des vins, la seconde pour se diriger d’un pas décidé vers la sortie. Un rictus réjoui et triomphant étirant le coin de ses lèvres, le Bronze transmit à la jolie rousse l’image de son demi-sang, sa chevelure couleur de miel teintée d’argent par l’ombre du grand arbre au pied duquel il se tenait. Les yeux mi-clos, il semblait apprécier la fraîcheur de la nuit tombée, oublieux de ce qui l’entourait, le dos appuyé tout contre l’écorce rugueuse.

Kÿreñ savait qu’il pouvait compter sur la Barde pour mettre la main sur son Lié. Dušan ne perdait rien pour attendre.

🍃🌊  • 🍃

Sans attente ni objectif particulier, l’Akitaas s’était contenté de profiter du calme ambiant, fort bienvenu après l’agitation effrénée du Bal. Que lui importait la nomination du roi et de la reine de la soirée ? Tout ce qui comptait pour lui, était de savoir que Kÿreñ s’amusait (si tant est qu’une telle chose puisse être possible avec Arihel), et que son Aspirante était bien accompagnée. Il n’avait aucun doute que de pareilles réjouissances devaient très certainement la ravir. Pour sa part, il avait fait acte de présence, et songeait maintenant à terminer la soirée plus intelligemment.
Pourquoi ne pas aller profiter des terrains d’entraînement, désertés en ce soir de festivités ? Il pourrait s’y échauffer et se dépenser tout son saoul, sans que qui ce soit ne vienne le déranger ou troubler sa concentration. Une idée aussi attirante que pareille opportunité ne se présentait que très rarement.

Sur un soupir tenant plus de la tension relâchée que d’un dépit mal conscientisé, il se détacha de l’arbre centenaire contre lequel il s’était appuyé, lui adressant quelques remerciements muets pour lui avoir fourni un refuge temporaire, et fit quelques pas dans la lumière. Le visage levé vers le dôme, admirant le reflet déformé des lunes qui y jouait, il la sentit avant de la voir. Son parfum de fleurs, délicat, et son aura chaleureuse, comme le chant de carillons agités par une brise d’été. Aaah, Naevys ... Avait-elle abandonné ses responsabilités pour le retrouver ? Il sentit un mince sourire poindre et éclairer son visage, bien incapable de le contrôler, et se tourna tranquillement vers elle, notant la couronne de gentianes qui ornait son front. Alors Ouranos avait décidé de distinguer la Barde comme sa Reine pour ce soir ? Finalement, il semblait que les Dieux, eux aussi, pouvaient avoir bon goût.

« Et voilà. Je te laisse quelques minutes et tu retournes te morfondre tout seul dans ton coin, l’interpella-t-elle donc, espiègle. Ce n’est pas une façon de passer une soirée de fête, même Kÿreñ le sait. »

La mention de Kÿreñ lui fit hausser un sourcil vaguement suspicieux – il avait appris à se méfier des projets que son frère d’âme ourdissait dans son dos, prétendument pour son ‘‘propre bien’’ - mais il décida de ne pas s’en formaliser, trop heureux à l’idée que l’Elfe soit venue spécifiquement pour lui. Quant à l’expression qu’il ne pouvait manquer de lire sur le visage de la jeune femme, impossible de s’y méprendre, s’il ne l’avait jamais vue chez Naevys, il savait très bien la reconnaître. Soudain mal à l’aise en dépit de la chaleur qui envahissait son sang, il détourna le regard, haussant une épaule désinvolte, s’interdisant de laisser glisser ses yeux vers l’échancrure qui ornait le corsage de la jolie rousse.

« Je laisse de bon gré à Kÿreñ l’honneur de briller ce soir, en ce qui me concerne, je ... »

La fin de sa phrase se perdit dans un murmure incohérent et étouffé, alors que la Barde glissait ses bras autour de son cou, offrant à ses lèvres un baiser qui ne laissait plus de place au doute quant à ce qu’elle attendait de lui. Quelques fugitives secondes s’écoulèrent, marquant sa surprise, avant que ses mains ne viennent naturellement trouver leur place sur ses hanches, son corps se chargeant de répondre ce que ses mots n’avaient su exprimer.
Lorsque, le souffle court, ils se séparèrent, il la contempla longuement, légèrement étourdi et les joues imperceptiblement rougies. Que son ancienne professeure partage l’intérêt qu’il lui portait le ravissait, mais se posait maintenant l’épineuse question de savoir où aller. Il avait beau avoir grandi dans les Steppes, il n’était pas un sauvage pour autant, et cinq années de vie au Màr Luimë s’étaient chargées de polisser l’adolescent un peu brut qu’il avait été. Les Akitaas s’unissaient et se séparaient au gré de leurs humeurs, mais considéraient les arts de l’amour avec le plus grand sérieux.

Entrelaçant doucement ses doigts aux siens, il baissa les yeux sur cette petite main délicate, paraissant maintenant si fragile comparée à la sienne. Devait-il l’emmener chez elle, ou bien lui proposer de se rendre dans ses propres appartements ?

**Tu réfléchis trop ...**

Peut-être l’avait-il rêvé, ou peut-être Kÿreñ lui avait-il réellement soufflé cet avertissement. Puisant dans toute la flamboyante assurance de son Lié, il entraîna Naevys à sa suite, lui laissant le temps d’ajuster son pas pour qu’elle puisse marcher à ses côtés. Inutile de tergiverser plus longtemps, il allait se fier tout simplement à son instinct, comme il l’avait toujours fait. Ainsi avait-il décidé : le discret jardin des roses, non loin de la Flèche du Cadastre, lui fournirait un écrin tout à fait adéquat pour rendre hommage à la beauté de sa compagne.

« Je suis content que tu sois venue, Sarnai. Merci. »

Le bleu hivernal de ses iris se parant de nuances affectionnées, il lui adressa un sourire sincère, troublé par la profonde gratitude qu’il ressentait. Pour cette nuit au moins, leurs existences s’entrelaceraient, et qu’importait si au matin, ils reprenaient leur route chacun de leur côté : le moment présent n’appartenait qu’à eux. Elle ne regretterait pas sa décision.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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[RP Officiel] Le Jour d'Ouranos  - Page 2 Arihel10
La Noire Arihel

Leur danse à peine achevée, Roi comme Reine s’étaient évanouis parmi la foule, gardant les couronnes mais abandonnant sur l’estrade leurs devoirs éphémères. Llefelys, sans nul doute, devait se rire de son Père – mais quelle idée avait-il eu de choisir Efisio et Naevys ? Le couple paraissait bien improbable, tant qu’on ignorait qu’ils partageaient quelques intentions similaires concernant le déroulement futur de la soirée. Ainsi, l’un armé de bouteilles de vin soigneusement choisies, l’autre de son sourire, tous deux s’apprêtaient à quitter le Castel pour affaires.

Kÿreñ n’avait pas laissé à Arihel le temps de se remettre de son improbable fou rire. Sans doute était-il galvanisé par l’idée que le Fëalocë ne volerait pas à son Lié la jolie Barde, ou bien la soudaine ivresse de la Noire était-elle contagieuse – le Bronze se pencha vers elle et elle sentit tous ses muscles se raidir, constatant avec effroi qu’elle ne savait plus à quoi s’attendre avec lui. Les rouages de son esprit s’emballaient dans l’espoir de lui offrir une conclusion sensée, mais malgré son intelligence, malgré ses grands airs, la Noire manquait de considération envers sa propre personne pour concevoir ce qui allait suivre. Les lèvres de Kÿreñ se posèrent contre sa joue, imitant ce geste de tendresse qui avait cours au sein des populations bipèdes.

Sidérée, la Dragonne eut un léger mouvement de recul. Ses iris d’ardoise parcouraient frénétiquement le visage du Bronze, à la recherche d’un indice qui aurait pu l’éclairer sur ce qui venait de se produire. Par réflexe, son esprit se tendit vers celui d’Efisio puis, réalisant bien vite son erreur, la Noire battit en retraite et essaya vainement de barricader ses pensées. Trop tard. Après un pesant silence, le rire du Fëalocë résonna sous sa propre poitrine.

° Arihel ! On avait dit : pas de cachotteries ! °
° La paix. Tout ça, c’est à cause de toi. °

« Il ne t’en faut pas beaucoup. » maugréa-t-elle en réponse à la tirade du jeune prince Dragon, mais si les mots se voulaient dédaigneux, son ton trahissait la faible volonté derrière cette rebuffade, de même que ses yeux perdus dans le vague. Une panique insidieuse coulait dans ses veines, la glaçant jusqu’aux os. « Merci, mais je ferais mieux d’aller retrouver mon Lié. » mentit la Noire avec un sourire contrit, évitant soigneusement de croiser le regard du Bronze de peur de céder au remord qui lui tordait déjà l’estomac.

Elle se connaissait suffisamment pour savoir que tout ce qui sortirait de sa bouche dorénavant risquait d’aggraver la situation et de blesser l’autre Dragon – alors que ce n’était nullement son intention ! Il était plus judicieux de ne pas s’attarder. D’une main embarrassée, elle coinça une mèche échappée de son chignon derrière son oreille, un geste hérité de son Lié et de sa propension à se retrouver dans des situations gênantes. Elle voulut répondre à la révérence de son partenaire, mais son propre souffle lui échappait et elle ne parvenait plus à faire fonctionner correctement cet encombrant corps bipède. Ses pommettes pâles rougissaient sous le baiser insistant de la honte tandis qu’elle tentait de rassembler ses esprits pour prendre congé avec un minimum de politesse.

« Hm. Bonsoir, Kÿreñ. » parvint-elle finalement à articuler, presque mécaniquement. Les yeux écarquillés, Arihel inclina sèchement la tête en guise de salutation et fila sans demander son reste.

Par un hasard qui n’en était sûrement pas tout à fait un, sa course désorientée la mena face à Zhaleh. La Verte avait triste mine dans sa robe de satin, ornée de ces ignobles nœuds que les gamines bipèdes aimaient tant. Le menton posé sur ses genoux relevés contre sa poitrine, la Dragonne leva vers Arihel un regard mauve où, au milieu des vestiges brumeux de son indignation, brillait une lueur d’appréhension. La Noire esquissa une moue réprobatrice, les bras fermement croisés autour de son buste. Elle la regardait, et elle voyait l’étrange reflet de l’âme de Shay. L’amour qui emplissait le cœur d’Efisio la laissait confuse. Elle, ne pourrait jamais nourrir de tels sentiments – et sûrement pas envers Zhaleh.

Elle refusait de nommer affection l’élan qui poussa son esprit à effleurer celui de la Verte, délicatement, comme elle aurait pu saisir sa main si elle n’avait pas été aussi hostile à toute forme d’effusion. En tant qu’aînée, elle jugeait plutôt qu’il en allait de sa responsabilité.

« Je vais aller voler, puisque la soirée est finie pour Efisio et que je n’ai pas besoin de supporter ce déguisement plus longtemps. »

La Noire fit glisser un pan de ses jupes entre ses doigts fins. Du coin de l’œil, elle aperçut l’expression surprise de sa cadette, bientôt remplacée par une méfiance accrue. Les prunelles d’améthyste balayèrent la salle à la recherche du jeune Bronze qui avait réussi l’exploit insensé de faire danser la Liée d’Efisio. Les lèvres pleines de la Verte se courbèrent brièvement en un rictus moqueur, mais elle eut le bon sens de garder pour elle ses éventuelles railleries. Arihel haussa une épaule nonchalante avant de se détourner. Sa fierté lui brûlait la gorge, pourtant, elle songea qu’il lui faudrait bien une raison valable pour ne plus s’en vouloir d’avoir faussé compagnie à Kÿreñ. Un profond soupir fit s’affaisser ses épaules tandis qu’elle franchissait d’une démarche faussement assurée les portes du Castel Dolen, laissant dans son sillage une pensée lasse et amère, murmurée à l’attention de Zhaleh.

° Tu peux m’accompagner, si tu t'ennuies. °
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