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 [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle

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Rūna Sălv
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Rūna Sălv


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MessageSujet: [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle   [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Icon_minitimeDim 7 Juin 2020 - 17:38

Clint Mansell "The Fountain" - Stay With Me

[RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle 181118112528238217 . [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Seqenenre
Sraoshaï Ter Altansarnannûn & la Cendrée Seqenënre  

* Aran'Rhiodku 919

Il était encore tôt, mais déjà une chaude brise soufflait entre les couloirs et les alcôves de pierre finement ouvragée malgré leur apparente usure.
Comme à son habitude, la Terre de Liberté était d'un calme digne et apaisant malgré la différence des vies y subsistant. D'une part, la peuplade de non Doués habitait la partie la plus vaste de la cité, mais une dépendance de celle-ci leur était fermée, étant redevenue en partie l'ombre du Màr qu'elle fut.
S'il s'agissait avant tout d'une simple aire de passage sur les itinéraires des errants ou d'une escale pour trouver des vivres destinés aux bipèdes comme aux dragons qui traversaient le Grand Désert, le Màr Litsë s'élevait là comme un phare au milieu de la tempête. Il n'avait pas pour vocation de diriger qui ou quoi que ce soit, il n'était que terre d'asile pour ceux en quête de réponses, ou havre de paix dénué des intrigues de Tol Orëa.
Il y siégeait pourtant un conseil de têtes sages pour maintenir cet équilibre parfait mais fragile par le secret de l'existence des Dragons voilé aux Non-Doués tout près. Et parmi eux se trouvait Sraoshaï.

Nul ne savait réellement dire d'où elle venait ou qui elle était. Les registres du Màr Litsë renfermaient seulement la date de son Empreinte à l'Impératrice Noire Cendrée Seqenënre, plus de quarante ans auparavant. Sraoshaï avait foulé de ses pieds Tol Orëa, membre à part entière de deux Màr différents coup après coup, incapable de trouver sa place, incapable de se lier.
L'Elfe-Neishaane avait alors découvert cette contrée qui lui correspondait si bien, liant la moitié de son âme à la vie abritée par l'oeuf abandonné d'une Incarnate. La dragonne qui en sortit avait l'air elle aussi indécise par la simple nuance de ses écailles anthracites, mais son caractère plus sévère et juste s'avérait bien être celui d'une Noire.
Depuis, ni l'une ni l'autre n'avait évoqué le désir de partir, et elle prirent part à la fondation de l'actuelle société qui y résidait, sans pour autant déroger à leurs idéaux et clamer une quelconque légitimité de règne. Nombreux l'appelait la Gardienne dans le sens de celle qui veillait, celle qui gardait les clefs de la moindre serrure de fer et d'éther. Car les mots de Sraoshaï avaient le pouvoir de déverrouiller les esprits les plus cloisonnés, libérant de leur prison d'ombres et de questions les âmes trop appesanties par le poids du Doute ou de l'Echec. Elle avait, jusqu'à présent, aiguillé un certain nombre de personnes au cours de son assez longue vie, et il était certain que ce qu'elle voyait comme sa tâche en ce bas monde n'était pas prête de s'achever.

Du haut de la tourelle où elle avait élu domicile, elle observa longuement les enfants qui jouaient en contre-bas, souriante et apaisée. Comme chaque matin, une fois ceci fait, elle descendit rejoindre l'office où arrivait l'éventuel courrier du jour. Sraoshaï croisa et salua quelques de ses pairs, échangeant un ou deux mots d'une rituelle mais nécessaire banalité.
En l'absence de missives pour cette fois, elle gagna la bibliothèque qui était à ses yeux le meilleur des refuges, et surtout un puits de fraicheur dans cet océan de chaleur.
Le bout de ses doigts mûrs parcourut avec assurance une étagère connue avant de sortir un ouvrage au cuir teint mais usé. Elle trouva place sur un sofa au fond de la pièce et commença à s'installer en quête d'une position confortable. Mais, car il y avait toujours un mais, son instinct mêlé à l'approche intéressée de sa Liée ne laissait pas planer de doute sur la suite d'évènements bien trop connus. Avant même qu'une pensée fusse prononcée, elle se releva sans soupirer, et rangea le manuscrit à la place d'où il fut dérobé un instant plus tôt.

Toute de blanc d'étain vêtue, elle s'en alla rejoindre la passerelle qui séparait le monde des Non-Doués à celui des possesseurs du Don et dont le couloir aboutissait sur la Grande Salle des Fondateurs au trône où régnait une statue de pierre.
La demi-sang semblait connaître cette manoeuvre par coeur, se figeant à la même place que d'habitude, les mains jointes devant le ventre, les pieds ancrés au centre exact de la jointure entre le couloir et l'immense salle à laquelle elle faisait dos.
Sans même chercher cet effet, elle apparaissait ainsi pour la première fois au regard de ceux qui cherchaient refuge au Màr Litsë : comme un phare dans la tempête, à l'image de la cité.

Sous ses yeux peints de grège s'avança un trio avec à sa tête sa Liée sous forme humanoïde. Derrière elle se devinait la forme d'un homme au teint pâle et aux cheveux sombres.
Seqenënre l'avait rejoint à l'entrée de la cité pour lui permettre de découvrir le reste du Màr Litsë, appelée par le Don de l'ondin mêlé à l'odeur à la fois Ardente mais pas tout à fait qui suait par tous les pores de sa peau.
Les tatouages du visage de Sraoshaï s'animèrent doucement alors qu'elle lui offrait un sourire mesuré, et sa voix résonna contre la pierre avec une assurance liée par son expérience et l'âge trahi par ses traits aussi marqués que la roche autour d'elle.

- Sois le bienvenu au Màr Litsë, jeune égaré.

Elle inclina sa tête couronnée de cendre et ouvrit les bras, envoyant là une invitation pour l'assurer de son accueil. Malgré la chaleur qui pulsait de son coeur, Sraoshaï s'efforçait de ne pas se montrer trop bienveillante de prime abord, mais la part de neishaane en elle ne pouvait s'empêcher d'être douce.
Seqenënre tendit alors une coupe d'eau fraîche à l'ondin, presque certaine qu'il en avait le plus grand besoin.

- Je suis Sraoshaï Ter Altansarnannûn, l'une des représentantes du Conseil des Fondateurs. Dis moi quel vent t'a amené jusque la Terre de Liberté, et je te conduirai vers celui ou celle qui pourra répondre à tes questions.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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Marek d'Ardiénor
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MessageSujet: Re: [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle   [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Icon_minitimeMer 17 Juin 2020 - 18:34


Lorsqu’il avait quitté la taverne, ce soir là, nauséeux, lourdement appuyé sur Asaleith, c’est en tenant à peine sur ses jambes qu’il était retourné à leur weyr. Et froissée dans une petite poche intérieure de sa tunique, là, tout contre son cœur, se tenait la note d’un espoir possible. Sraoshaï. Màr Litsë. Ssyl’Shar. L’esprit trop embrouillé pour réfléchir plus avant à la signification sibylline des mots inscrits par la Dame Incarnate, et la tête martelée par une intolérable migraine, Marek s’était écroulé sur son lit, tout habillé, pour s’endormir presque aussitôt. Au matin, l’étau compressant ses tempes s’était à peine atténué, au point que la simple lumière du jour constitue un véritable supplice pour ses yeux. Son estomac se tordant en vagues houleuses, il avait rassemblé juste assez de courage pour se forcer à aller prendre un bain, sous le regard soucieux de son Lié. Sans doute le Brun craignait-il qu’il perde connaissance soudainement et finisse noyé dans son propre bassin ... Asaleith n’avait pas bougé pour autant, se contentant de veiller sur lui depuis sa couche de sable, muet et réprobateur, ses prunelles teintées d’un jaune grisâtre. Tremblant d’effort, se sentant aussi faible qu’un nouveau né, l’Ondin avait rejoint son lit, se roulant en boule sous ses draps moites, paupières étroitement pressées comme si cela pouvait faire disparaître son malaise.

Il avait ensuite rapidement sombré dans un sommeil agité, peuplé de rêves étranges, dérangeants, dont il n’émergeait que pour se rendormir peu après, poursuivi par l’éclat luisant et menaçant des iris de son Brun, invariablement posés sur lui. Sa lourde tête cornue calée contre ses pattes avant, Asaleith n’avait ainsi pas quitté son poste de la journée, pas même pour se nourrir, se refusant à quitter une nouvelle fois Marek du regard. Son pauvre esprit de bipède tourmenté était de toute façon ouvert aux quatre vents, et le dragon ne pouvait que souffrir en silence des ondes de mal-être qui irradiaient de lui. Qui veillerait sur lui, s’il s’absentait ? Personne, absolument personne. Dans cette jungle où la loi du plus fort prévalait, l’Ondin ne pouvait décemment faire confiance à personne d’autre que lui. Et ce quand bien même la Fëalocë Incarnate avait eu pitié de lui, au point de lui offrir ses conseils. Tout ça pour une femelle, fut-elle l’Archiprêtresse et l’Avatar de Flarmya. Quel idiot ! Ne savait-il donc que se faire du mal à lui-même ? Il ne le comprenait pas ...

Ce n’est qu’à la nuit venue, Ioalya s’élevant lentement dans le ciel enténébré, que son Lié n’avait semblé reprendre connaissance de l’état quasi comateux dans lequel il était plongé. Le visage encore pâle et l’expression emprunte d’une irritante fragilité, la première chose qu’il avait faite avait été de venir s’agenouiller à ses côtés pour le serrer entre ses bras, frissonnant et éperdu. Il y avait toujours ce désaccord irrésolu planant comme un fantôme entre eux, mais au moins étaient-ils à présent capables de mettre de côté leur fierté personnelle pour y réfléchir un peu plus rationnellement … Même si le compromis semblait bien difficile à trouver.

Sraoshaï. Màr Litsë. Ssyl’Shar.

Avant toute chose : que signifiait cette inscription ? Que signifiait cette suggestion voilée, de se diriger vers ‘‘une aide plus clémente’’ ? Depuis le banquet mouvementé qui avait suivi l’éclosion de la couvée de l’Incarnate Takhasya, en Flarmyaku de l’année précédente, celle là même d’où était issue la jeune Reine Sărzeghnet, le souvenir du Màr Litsë s’était réveillé dans la mémoire des Ardents. Ancienne cité Valherue cachée en plein cœur des sables brûlants du Ssyl’Shar, elle avait été le refuge de la Dorée Rintrah et sa liée en fuite, Heryn Amlug. De la dragonne Céleste étaient secrètement nés quatre dragonneaux, dont deux aujourd’hui portés disparus, avaient alors rejoint le Màr Tàralöm …
Le Brun, étudiant son Ondin absorber prudemment une gorgée d’infusion brûlante, ne parvenait à cacher son scepticisme. Quelle aide pourraient-ils trouver dans la cité des sables, sur cette Terre de Liberté qui accueillait, selon la rumeur, les exilés et les marginaux, ceux qui ne parvenaient à trouver leur place ailleurs ?  L’Histoire l’avait prouvé, cette organisation pourrait constituer un refuge adéquat s’ils décidaient de quitter le Kaerl, les protégeant de leurs éventuels – et certainement inévitables – poursuivants. Le Màr Tàralöm n’était pas tendre envers ceux qu’il considérait comme traîtres, et il ne comptait pas laisser qui que ce soit faire souffrir son Lié. Avait-on déjà vu un Sang quitter l’Ordre ?

Mais Asaleith en était convaincu, cette solution de repli ne serait que temporaire. Le cœur de Marek était bien trop loyal pour vivre en tant qu’errant, déchu de ses titres et de son rang, sans personne à servir, sans but véritable à poursuivre. Il avait besoin de se sentir utile, et quoi qu’il en dise, d’être intégré à une communauté. Qui plus est, le dragon conservait cette certitude chevillée au cœur : cela n’était pas la voie sur laquelle Aoatea, et Flarmya par delà elle, attendait qu’il s’engage. Celle dans laquelle le Prêtre pourrait s’épanouir pleinement. Celle que … Le Màr Tàralöm ne pouvait désormais plus lui offrir.

Portant un regard profondément attristé sur son Ondin, chargé de lourds regrets, le Brun gronda tout bas. Il avait pris sa décision. Pour le bien de son frère d’âme, il était prêt à abandonner sa demeure ancestrale, même à contre-coeur. Il ne supportait plus de le voir s’étioler à petit feu.

**Allons au Màr Litsë, Marek. Trouvons Sraoshaï et voyons où cela nous mène.**

Ses iris d’outremer s’élargissant de surprise par dessus sa tasse, il ne répondit pas immédiatement. Avait-il bien entendu ? Pourquoi un tel revirement soudain ?

*Leith, je ...*

**Pas de discussion, petit frère. C’est bien ce que tu voulais, non ? Quitter le Màr Tàralöm. Alors allons-y. Faisons-le. Ensemble. A ta charge d’en assumer les conséquences ensuite.**

Sur ces derniers mots, le Brun s’étira, dans un crissement de griffes sur le sol de pierre, avant de se diriger vers l’aire d’envol, ne lui prêtant en apparence plus aucune attention. Il avait faim et il avait sommeil : en résumé, il n’était pas d’humeur à écouter les sempiternelles tergiversations de son Lié, pas plus qu’à chercher à raisonner avec lui.

***

Il ne leur fallut que quelques jours pour mettre leurs affaires en ordre, ou du moins pour recevoir la pleine satisfaction de Marek. Si cela n’avait tenu qu’à lui, Asaleith aurait emmené son Lié de force, dès le lever de soleil du jour suivant … Mais il ne pouvait évidemment pas en être ainsi. Leur départ serait certainement définitif, le Brun le pressentait, que cela soit volontaire de leur part ou non : une fois qu’il serait établi par leurs confrères qu’ils s’étaient désolidarisés du Màr Tàralöm, il serait extrêmement complexe, pour ne pas dire risqué, de revenir. Ils en savaient tout simplement trop. Aussi était-il nécessaire pour eux de bien préparer leur départ, de ne laisser derrière eux aucune piste qui puisse trahir leur but … Ou les doutes croissants qui dévoraient lentement son frère d’âme.
C’était également pour cette raison que le dragon n’avait pas souhaité s’attarder plus que nécessaire : afin d’éviter que Marek ne perde sa détermination et change d’avis, prétextant des excuses plus futiles les unes que les autres. Il le connaissait par cœur, son Ondin.

Sept jours, c’était la limite de temps sur laquelle ils étaient tombés d’accord. Sept jours pour prendre des forces et faire le tri, à la fois matériellement et psychologiquement, entre ce qu’ils abandonneraient ici et ce qu’ils pourraient emmener, à savoir bien peu de choses. Le plus dur pour son Lié avait été de se dire qu’il livrerait le Sanctuaire de Flarmya a un évident chaos : nombreux seraient ceux qui se battraient pour prendre sa place, et récupérer le siège au Concile qui y était associé … Et il ne pourrait rien faire pour l’éviter.

Au terme du délai imparti, alors que la journée battait son plein au Kaerl, un baluchon finalement bien maigre accroché à son harnais, ils s’étaient envolés, planant quelques minutes au dessus des Pics de Cendre comme pour leur dire adieu, avant de bondir dans l’Interstice. Marek et lui avaient pris soin de mémoriser une carte de la région, dessinée d’après les informations recueillies par les deux ex Aspirantes qui avaient été amenées là-bas pour s’y lier, après la chute de Drazahir. La localisation exacte de l’endroit restait passablement imprécise, mais le Brun n’était pas inquiet. Les dragons n’étaient pas surnommés les Seigneurs des Trois Règnes pour rien : depuis le ciel, rien ne leur était impossible. Il trouverait ce fichu Kaerl des Sables, coûte que coûte, parce qu’il constituait la seule piste à laquelle son Lié pouvait actuellement se raccrocher. Asaleith n’avait pas le droit à l’échec et cela seul constituait une motivation impérissable pour le pousser à avancer.

Au sortir du néant glacé de l’Interstice, la chaleur oppressante du désert les frappa de plein fouet, et il sentit son Ondin étouffer un hoquet, rajustant autour de sa tête les voiles protecteurs censés atténuer la morsure de l’astre solaire.

**Tu as vécu plusieurs années à Ys, puis des années encore au cœur d’un volcan, et te voilà gémissant comme une fillette sous la chaleur ?**

Seule une claque affectueuse sur le cuir de son cou répondit à sa pique, et Asaleith eut un grognement satisfait, prenant de la vitesse d’un ample battement d’ailes. Au delà de ses moqueries, il ne serait guère raisonnable d’infliger un tel environnement à son frère d’âme plus que de raison. Il était encore tôt ici, le soleil venant à peine de se lever, et les températures ne tarderaient pas à augmenter. Il ne fallait pas perdre de temps.
Néanmoins, ce n’est qu’une bonne heure plus tard qu’ils finirent par apercevoir une vaste zone rocheuse s’élevant impérialement hors des sables, stérile et abandonnée uniquement en apparence, s’il fallait en croire leurs sources. Incertain du fait qu’ils aient atteint leur but, le Brun ouvrit instinctivement son esprit, se tendant à la recherche de la présence hypothétique d’autres dragons, ou de courants magiques quelconques qui lui indiqueraient qu’ils étaient au bon endroit. C’est alors qu’il le perçut, cet appel … Cette lumière chantante dans l’obscurité, lui souhaitant la bienvenue et l’invitant à se rapprocher sans crainte.

*C’est … Comme un phare dans la tempête, qui nous guiderait vers la sécurité de la terre ferme. Allons-y, Leith !*

L’excitation dans la voix de son Ondin, pour la première fois depuis des jours, le convainquit de pousser leur exploration plus loin. Et s’ils ne trouvaient rien, au pire pourraient-ils s’abriter du soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. Après quelques minutes supplémentaires de vol, ils se posèrent prudemment devant une haute arche de pierre, gravée de bas-relief à moitié effacés par le temps, et de l’ombre de laquelle une haute silhouette se détacha. Dès le premier regard, Asaleith l’identifia pour ce qu’elle était réellement, et se posta en protection devant Marek, les crocs dénudés, méfiant.
Quelles étaient les intentions de cette dragonne inconnue ? Il n’avait aucune désir de foncer tête baissée dans ce qui pouvait encore se révéler être un piège ! Mais déjà, elle se détournait sans un mot, sa chevelure d’un brun argenté battant son dos, les invitant de toute évidence à la suivre. Une main apaisante posée sur les écailles tièdes de son frère d’âme, Marek leva un regard interrogateur vers lui, ses iris marins seuls visibles à travers les tissus qui masquaient son visage.

*Elle ne paraît pas hostile, qu’en penses-tu ?*

**Elle nous a trouvés bien trop facilement à mon goût, je n’aime pas cela.**

Sans rompre le contact avec lui, l’Ondin détacha d’une main ses voiles, soupirant de soulagement de pouvoir à nouveau respirer à l’air libre.

*Nous n’avons pas fait grand cas de masquer notre présence après tout. J’aimerais savoir ce que nous pouvons apprendre d’elle. Elle n’est certainement pas ici pour rien.*


[RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Asaleith-Marek-d-Ardienor-Tol-Orea
Le Brun Asaleith

C’est ainsi qu’ils se mirent tous deux en route derrière l’étrange dragonne, le Brun sous forme humanoïde sur les talons du frêle Ondin, l’un et l’autre ouvrant de grands yeux curieux sur leur passage, jusqu’à ce que, au bout de l’interminable enfilade de corridors, une lueur lointaine ne se dessine. Et, là, alors qu’ils se rapprochaient, s’encadrant à contre-jour devant ce qui paraissait être une salle à haut plafond, une nouvelle silhouette, féminine, gracieuse et digne.

"Sois le bienvenu au Màr Litsë, jeune égaré."

Un sourire, doux et mesuré accompagna sa déclaration, tintant et se réverbérant harmonieusement contre la pierre autour d’eux. Le Màr Litsë ! Ils avaient réussi ! Marek échangea un regard soulagé avec Asaleith, sentant une partie de sa tension se dénouer.
Puis, la femme inclina respectueusement la tête, ouvrant les bras comme pour appuyer sa formule d’accueil, lui tendant une coupe remplie de ce qui paraissait être une coupe d’eau fraîche … Absolument irrésistible après cette heure passée à voler dans une atmosphère sèche et poussiéreuse. Et tandis qu’il se saisissait délicatement de l’offrande, veillant à ne pas en renverser la moindre goutte, l’Elfe au sang-mêlé se présenta enfin. Sraoshaï Ter Altansarnannûn. Les yeux clos, savourant tant la sensation de l’eau pure coulant dans sa gorge assoiffée, que les sonorités musicales du nom de leur interlocutrice, il soupira, ne pouvant empêcher une vague nuance d’angoisse de saisir son cœur. Les choses ne s’étaient-elles pas déroulées bien trop facilement jusqu’à présent ?

« Je suis Asaleith, né de l’Incarnate Takhasya. Et voici mon frère d’âme. Nous sommes venus ici à la recherche de réponses et du refuge offert à ceux qui se sont perdus. »

Rouvrant les yeux, Marek porta un regard troublé sur son Lié, avant de s’incliner devant la femme et celle qui était sans aucun doute sa Liée.

« J’ai été guidé ici … par la main de Flarmya. » Un bref sourire de dérision amusée flotta sur ses lèvres, avant qu’il ne reprenne son sérieux. « On m’a conseillé de venir à la rencontre de Sraoshaï du Màr Litsë, certain qu’elle pourrait me guider à travers l’obscurité qui assaille mon cœur. Mes hommages, ma dame. Je suis ... Nezvan, serviteur de la Déesse aux Larmes de Feu. »

Car toute autre présentation lui paraissait vaine et obsolète en l’état actuel, il se redressa lentement et accrocha ses iris d’outremer, francs et ouverts en dépit des cernes qui les assombrissaient, à ceux de la Gardienne.


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Rūna Sălv
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MessageSujet: Re: [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle   [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Icon_minitimeDim 28 Juin 2020 - 15:04

[RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle 181118112528238217 . [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Seqenenre
Sraoshaï Ter Altansarnannûn & la Cendrée Seqenënre  

Armand Amar - The Storm

Sans rien dire, un air à la fois apaisant et solennel enveloppant les traits de son visage mûr, Sraoshaï sonda longuement l'ondin de son regard de grège, de la même façon qu'elle étudiait les tranches de cuir des livres de la bibliothèque, quelques minutes plus tôt.
La sang-mêlé l'examina le temps d'un instant qui put paraître long à son interlocuteur, tâchant de décortiquer avec minutie et non sans respect les pétales de cette fleur pour mieux en humer le parfum et en révéler la quintessence de son arôme vrai mais caché au reste du monde.
Sans pour autant le juger sur sa seule apparence, et sans une seule once de moquerie, elle releva que le jeune homme n'était pas à l'apogée de sa floraison, comme la plupart de ceux qui venaient à sa rencontre. Elle nota la fatigue sur son visage, pendue à ses yeux cernés de peine et de doute comme un bourdon s'accrochait à son brin de lavande pour ne pas être emporté par la pluie d'un orage d'été.
Pourtant, sous l'épuisement de ses traits et sans tenir compte de la chaleur peu coutumière à laquelle il était confronté, un étrange éclat pétillait au fond des abysses d'un bleu marin de l'océan qu'étaient ses iris. Cet homme n'était pas réellement perdu. Tout au plus égaré d'esprit, mais nulle franche défaite ne planait au dessus de son existence. Au fond de lui battait un espoir au rythme de son coeur, un espoir qui avait la capacité de le porter enfin vers le véritable début de sa vie.

Sraoshaï lui offrit un sourire doucereux mais impénétrable, satisfaite de ce qui émanait de lui mais aussi de son Lié qui s'était exprimé le premier. Il y avait d'ailleurs une profonde symbolique dans cette simple interaction : Asaleith le Brun, protecteur et méfiant, avait pris les rênes de cette rencontre, à la manière d'un grand-frère introduisant son cadet à une activité nouvelle mais s'assurant tout de même qu'il n'y avait pas de danger pour lui. Leur lien était fort sous l'atypique symphonie de leur âme unie et malgré les dissonances occasionnelles, il était certain qu'aucune fausse note ne put en gâcher la mélodie.  
Le dragon n'avait pas manqué de rappeler son ascendance et par là même ses origines Ardentes, lignée que Seqenënre avait sentie à l'instant même où son regard se posa sur son frère, elle même née d'une Incarnate. Asaleith vibrait malgré lui de la fierté des Reines du Màr Tàralöm, le sang typique de leurs écailles luisant sous la robe lasurée du bois dont il était couvert. Son fiel détonnait avec le tempérament habituel des Bruns, non sans déplaire à Sraoshaï et sa Liée qui voyaient là une agréable façon de déroger aux stéréotypes. De manière générale, l'une comme l'autre savaient apprécier le caractère des choses et des êtres uniques, et force était d'admettre que le duo Ardent l'était à leur goût.

** Ne crains rien, petit frère. Ici, tout ce que vous risquez c'est de ne pas supporter le baiser trop brûlant de Solyae, bien plus chaud que le volcan où siège ton Màr. Je comprends ta méfiance, mais tu ne crains rien. **

Après les avoir écouté, leur avoir laissé le temps de s'exprimer ou poser leurs questions, le timbre chaud et rassurant de la gardienne s'éleva en écho sous les alcôves de grès fauve.

- Ici, il n'y a plus de Kaerl, de titre ou de patronyme. Vos origines importent peu. Tout ce qui compte c'est de guider vos pas dans le présent pour aller vers un avenir plus clément. Le passé à certes son importance, car c'est de là d'où vous venez. Mais nul n'y réside, il ne s'agit que d'une aire de passage obligé. Le passé ne peut être défait ni effacé, il nous forge et nous modèle, mais il n'est pas une fatalité.

Elle inclina légèrement la tête sur le côté, battant doucement des paupières, les mains venant s'entrelacer par ses doigts devant elle. Puis, en temps voulu, elle poursuivit avec la même pondération.

- Je suis donc enchantée de faire ta connaissance, Nezvan, de même que la tienne, Asaleith.
Que ce soit une déesse ou un mortel qui te mena jusqu'à nous, tout ce que je vois c'est toi et toi seul, accompagné de tes interrogations.
Quelques ombres planent au dessus de toi. Je les vois aisément, aussi clairement que je te distingue à l'instant même. Mais que serait un lac d'eau claire sans ses nuages de pluie ? Sans les libellules qui chassent sur son onde ? Tes ombres te donnent tant de relief, jeune ondin... Je n'ai aucune volonté de les faire disparaître, je peux seulement t'aider à les apprécier.


Sraoshaï ponctua ses derniers mots d'un énième sourire reposant alourdi d'une profonde sincérité, détrônant peut-être le temps d'une seconde sa traditionnelle impartialité. Elle formula la suite de ses propos avec la véracité des prédictions d'un oracle sans pour autant prétendre le moins du monde en être un.

- Avant toute chose, avant d'aller plus loin, j'aimerais que tu parviennes à abandonner le mysticisme des divins pour accepter que seuls tes choix, et peut-être ceux de ton Lié, t'ont amené au Màr Litsë. Ces vautours que sont tes démons, qui te suivent depuis tant d'années, sont indépendants de tes croyances. Tu seras le seul à pouvoir les chasser, aidé de prières si nécessaire. Mais seules tes actions, seules tes décisions t'aideront à trouver le nouveau cap de ta vie.
Je sais que c'est difficile, et je ne te demande absolument pas de renier ta foi, seulement de te mettre à nu pour que je puisse t'aider, du mieux possible.


Un bref silence s'instaura, désireux de laisser le temps au duo Ardent de digérer les paroles de la sang-mêlé. Peut-être furent-elles percutantes ou désagréables à entendre, mais elles avaient le mérite d'être justes.
Il était arrivé plusieurs fois qu'elle mette en colère ses interlocuteurs par ses simples analyses. La vérité, dénuée de soie pour en masquer la potentielle laideur, était souvent bien difficile à accepter. Pour le moment, elle n'avait pas encore assez de recul pour ébranler les fondations de l'ondin et son Lié. Bien que le premier apparaissait fragile par son épuisement à luter contre lui-même, elle avait bien perçu que tout restait à explorer sous la fausse facilité de sa personnalité. Au regard de l'océan niché dans ses iris outremer, il pouvait se montrer lisse et sans vagues de prime abord tout en abritant de féroces requins. Ses vagues tantôt lentes et fluides savaient tout autant s'éveiller de rage sous les étreintes de la tempête, engloutissant en ses flots les plus robustes navires, animant l'onde d'écume comme le faisait les bords de la gueule d'un loup affamé en chasse.
Même si le destin les avait tous deux perdus au Màr Tàralöm, le lien les unissant y était né, non sans la futilité du simple hasard.
Sraoshaï et Seqenënre échangèrent un regard quelque peu malicieux : les Ardents, sous la complexité de leur caractère, étaient les plus simples à guider. Car ils avaient le mérite d'être entiers, ayant rarement honte d'exposer leurs secrets même les plus inavouables. Mais rien n'était encore écrit pour Nezvan et Asaleith...

- Je serai d'une réelle sincérité envers vous, par mes actes et mes mots. Je ne vous demande rien d'autre que l'être en retour, sans quémander de votre part des choses que vous refuseriez de m'offrir. Vous êtes ici en Terre de Liberté. Vous pouvez partir quand vous le souhaitez, rien ne vous retient.
Je ne suis pas l'Oracle, ni une envoyée des Divins. Je n'ai pas leur omniscience, je ne détiens pas les clefs de leurs secrets pouvant vous concerner. Je ne suis d'une femme d'un certain âge qui possède l'expérience liée à mes décennies passées sur Rhaëg. J'espère seulement pouvoir vous donner ce qui vous manque pour poursuivre votre existence, que ce soit simplement un verre d'eau et un peu de nourriture au passage vers un autre lieu, ou la révélation d'un avenir auquel vous n'aviez même pas songé.
Ceci étant dit, si vous le souhaitez toujours, je serai donc celle qui tentera au mieux de vous aider. Je me réserve le secret de vous révéler ma façon de procéder, mais rien ne sera fait en dépit de votre volonté.


Sraoshaï détourna le regard, avisant au loin une large table de bois cernée de chaises. Il y reposait une large théière fumante d'eau aux écorces d'agrumes et des coupes retournées pour éviter que le sable ne s'y déposât. Elle invita ses convives à la suivre en ouvrant le bras vers le lieu éloigné de quelques pas seulement. D'une marche calme et lente, elle s'avança la première et remplit quatre timbales de l'infusion à la bigarade et au cédrat, répandant par sa vapeur des notes fruitées et rafraichissantes.

- Dis moi, Nezvan, ce qui t'a réellement mené jusqu'ici. Tu es libre de garder tes secrets, mais sache qu'ils ne dépasseront jamais l'enceinte de mes lèvres. Ce qui se dit en ces lieux reste ici, et le restera jusqu'à ce que le monde ne soit devenu poussière.
Je te demande seulement de me donner les raisons de ton errance pour savoir quelles réponses t'apporter. Si tu préfères que nous soyons seuls, je ne m'y opposerai nullement.
Tu peux tout me dire. Tu peux chuchoter, hurler, pleurer, rire... Nul ne te jugera.
Si tu souhaites te reposer plus avant, il est évident que tu y auras droit. Ici, nous sommes loin de la course qui fait tourner le Monde, tu auras le temps dont tu as besoin pour t'ouvrir.


Elle prit une coupe juste servie et but calmement quelques gorgées, détachant son regard du duo pour ne pas les oppresser d'une quelconque manière. S'ils étaient méfiants, il était certain qu'ils nécessitaient un temps de réflexion avant de poursuivre.  
Plus tranchée que sa bipède, Seqenënre espérait qu'ils acceptassent la main tendue de Sraoshaï, intriguée par l'ondin et le Brun bien loin de chez eux.
Dans le fond, la gardienne et sa Liée adoraient ce rôle de prime abord imposé puis embrassé, et elles prendraient les jours, les semaines ou les mois indispensables à la naissance d'un nouvel homme et son âme-soeur.


.:: Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent ::.
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Marek d'Ardiénor
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MessageSujet: Re: [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle   [RP] Au son du carillon tinte une vie nouvelle Icon_minitimeLun 3 Aoû 2020 - 19:21


Laissant volontiers Asaleith prendre les devants pour les présentations, Marek s’était concentré sur le cadeau inestimable de cette eau désaltérant sa bouche asséchée, tant par la nervosité que par l’atmosphère sèche et étouffante qui caractérisait le désert profond. Cet endroit en valait un autre, dans leur quête de vérité et d’absolu. Mais en dépit de sa confiance envers cette voie sur laquelle Flarmya l’avait placé, il ne pouvait s’empêcher de se demander quelles nouvelles épreuves l’attendraient ici. En dépit de son nom de baptême, la Terre de Liberté ne s’ouvrait certainement pas à n’importe qui.

Aussi lorsque le Brun lui fit part des pensées apaisantes de l’étrange dragonne, qui accompagnait visiblement celle qui se présentait sous le nom de Sraoshaï Ter Altansarnannûn, il relâcha un soupir pénible. La Liée dégageait une aura étrange, subtilement teintée des flammes natives du Màr Tàralöm, mais comme pouvait l’être la note de tête d’un thé parfumé : celle que l’on percevait en premier, mais non celle fondatrice de sa véritable personnalité. Qui était-elle et d’où venait-elle ? Quelle était sa relation avec l’Elfe au sang-mêlé qui les accueillait ici ?

**J’ai renoncé à mon Kaerl mais non aux instincts ancrés en moi depuis ma naissance. Face à l’inconnu, quel que soit les ombres qu’il recèle, et quoi qu’il m’en coûte, je protégerai mon frère d’âme. Je ne peux pas le laisser aller seul au devant du danger.**

Puis à haute voix, le menton toujours haussé dans une attitude un rien défiante :

« M’offriras-tu ton nom et ton ascendance, comme je l’ai fait moi, ma sœur ? »

Une caresse soucieuse des doigts de son Ondin, effleurant son bras, suffit à le faire taire, momentanément, sans toutefois souffler au loin sa vigilance. Il l’avait dit et en était persuadé : dans son état actuel, Marek était incapable de vaincre seul ses démons, bien trop égaré pour pouvoir leur résister. Il craignait par dessus tout de le voir s’effondrer, brisé par l’adversité, ou pire, de le voir se faire dévorer lentement par sa propre obscurité. Il devait veiller sur lui et accompagner ses choix, ainsi qu’il l’avait promis à Aoatea.
Et pourtant, il ne put cacher à son Lié sa fierté piquée au vif par la douce réprimande de la gardienne, lorsque de sa voix paisible aux inflexions maternelles, comme faisant écho aux pensées du dragon, elle énonça que leur passé était désormais derrière eux.

« Alors, ainsi que le veut la rumeur, ici tous sont acceptés, sans considération pour leur origine et leur passif, que ce soit sur Rhaëg ou sur la Terre de l’Aube ... »

Levant un regard d’avertissement vers Asaleith, il poursuivit avec un demi-sourire, accentuant les creux dans ses joues pâles, et les cernes d’épuisement sous ses yeux.

« Nous vous remercions de votre accueil, ma dame. »

En vérité, il peinait encore à concevoir comment une telle organisation pouvait exister, rassemblant en son sein tant d’êtres aux convictions forcément … divergentes. Cependant, maintenant une attention curieuse sur l’architecture de la haute salle dans laquelle ils se trouvaient, il réservait prudemment son jugement définitif pour le moment où il en saurait plus. Il pouvait sentir brasiller à bas bruit l’impatience qui émanait de son Brun, comme un vortex d’eau bouillonnante venue des profondeurs, qui viendrait se mêler à l’onde plus tranquille et plus fraîche de l’océan. De Sraoshaï ou de sa dragonne silencieuse, en revanche, que ce soit dans leur posture ou le ton de voix mesuré de la sang-mêlé, il ne lisait que paix et sérénité, comme si, dès l’instant où elle était venue à leur rencontre, le temps s’était arrêté. Ses mots s’égrainaient avec grâce et ses iris, lorsqu’ils n’étaient pas voilés par ses paupières soulignées de grège, semblaient voir au-delà de son corps physique, jusqu’à distinguer son âme mêlée à celle d’un Brun flamboyant.

Avec un frisson, il reçut ses paroles, usant de métaphores habiles mais bien trop évocatrices alors même qu’il ne lui avait encore rien révélé de ses tourments. Une fois encore, avec une curieuse bienveillance sous-jacente pour lui qui n’était qu’un inconnu en quête de réponses, elle le tançait gentiment, écartant le voile impersonnel du Prêtre de Flarmya dans lequel il s’était drapé. Il en conçut une forme de gêne et de culpabilité diffuse, détournant humblement son regard sur les bas-reliefs gravés qui les entouraient. Ne lui avait-il pas menti en se présentant sous un nom qu’il avait pourtant refusé d’entendre prononcé des lèvres de celle qu’il aimait ? Nezvan. Celui qui n’a pas été appelé.

Retenant les paroles à la verve trop piquante qui lui brûlaient la langue, Asaleith se contenta d’un froncement de sourcils à destination de Sraoshaï, bras croisés sur son torse musculeux. La femme n’ignorait pas d’où ils venaient. Comment pouvait-elle lui demander, en toute connaissance de cause, de mettre son âme à nu devant elle ? Quelle preuve avaient-ils de ses bonnes intentions, sinon de creuses paroles et des sourires censés leur apporter un sentiment artificiel de sécurité ? Que Marek se départisse de son mysticisme ? Autant réclamer de lui, dragon, qu’il se défasse de ses écailles. Ses lèvres se pincèrent et ses iris d’un bleu céruléen étincelèrent. Impassible devant sa colère évidente, les mains sagement croisées dans son giron, l’Elfe les contemplait, image vivante – et ô combien irritante – de la patience et de la miséricorde.

*Paix, Leith, ne te laisse pas emporter. Elle cherche vraisemblablement à nous faire réagir, mais ses paroles sont justes. Si elle doit nous aider, alors nous lui devons la sincérité.*
**Je souhaite simplement t’éviter de plonger tête la première dans ce qui pourrait être un piège, petit homme. C’est pour cette raison que je suis là avec toi.**
*Fais-moi confiance, pour cette fois, s’il-te-plait.*

Un sourire affectueux et reconnaissant illumina brièvement l’océan agité des prunelles de son Ondin, et le Brun sentit fondre ses dernières résistances. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vu agir ainsi, abaisser de cette façon toutes ces barrières qui s’étaient douloureusement érigées entre eux ? La chaleur emplissant son esprit, le dragon baissa la tête, curieusement touché. Loin des miasmes poisseux du Màr Tàralöm, l’âme de Marek semblait déjà résonner d’une mélodie nouvelle, et une terrible culpabilité vrilla son cœur. Tant de fois s’était-il juré qu’il l’emmenerait loin, pour quelques jours ou quelques semaines, loin de toutes ces responsabilités et ces doutes qui pesaient sur ses épaules. Depuis combien de temps s’était-il détourné des souffrances de la propre moitié de son âme, leur tournant le dos et refusant de les voir, trop aveuglé par son orgueil ?

**Pardonne-moi, Marek.**

Rien de plus qu’un murmure, un souffle effleurant les pensées de son Lié et il perçut, diffus, son acquiescement, son accord plein et entier, tandis que leurs deux âmes s’entrelaçaient plus étroitement encore, à la façon de deux pièces d’un casse-tête complexe mais parfaitement ajusté.
Comme un curieux miroir des deux anciens Ardents, Sraoshaï et sa dragonne avaient échangé un regard malicieux, visiblement satisfaites de ce qu’elles voyaient, avant que l’Elfe ne reprenne la parole. Peut-être avait-elle perçu leur réluctance initiale à se dévoiler et estimait-elle nécessaire d’en dire plus, ou peut-être cela faisait-il partie de son rituel d’accueil pour ceux venus rechercher sa guidance et ses conseils. L’un dans l’autre, elle ne faisait que tendre vers eux une main secourable mais fermement ancrée dans la réalité, leur présentant son savoir comme la conséquence des années. Une main qu’ils étaient donc libres de saisir ou de refuser, dans sa totalité, ou seulement partiellement. Puisant sa force dans l’aura à la fougue volcanique de son Brun, Marek accrocha ses iris d’outremer à ceux de leur hôte, la détermination s’affichant sur son visage hâve.

« Nous vous sommes reconnaissants pour votre proposition, ma dame. Nous sommes venus à vous sans connaître guère plus qu’un nom et un lieu, guidés par la simple promesse que vous seriez à même de venir à notre aide … Quelle que soit la nature des conseils que vous pourriez effectivement nous prodiguer. »

Il marqua une pause, désignant la gardienne et la dragonne étrangère.

« Il semblerait que la main qui nous a mené ici, mortelle tout autant que divine, ait été finalement bien intentionnée. »

‘‘ … Suivez le chemin, il vous mènera vers une aide plus clémente que la mienne. Une aide pour la nature de votre chagrin, mais aussi pour apaiser les braises qui rongent la relation avec votre Lié. ’’

C’est par ces mots que Rūna Sălv, étrangement, leur avait fait miroiter les prémices d’un avenir différent, d’une réconciliation et d’un espoir derrière la fatalité de son existence au sein du Màr Tàralöm. Un premier pas pour se libérer des chaînes et du carcan qu’il avait lui-même passés autour de son cou et de son cœur, s’interdisant de voir au-delà de cet amour dévorant qu’il éprouvait pour Aoatea. La liberté d’être. La liberté de choisir les causes pour lesquelles s’engager. La liberté de choisir sa voie.

Se détournant sur un geste les invitant à les suivre, quelques dizaines de pas suffirent à les mener à une table ornée avec sobriété d’une théière et de coupes de porcelaine peinte. Le breuvage, lorsqu’elle le versa dans les tasses, dégageait un parfum plaisant d’agrumes acidulés, et malgré la température ambiante, lui paraissait particulièrement tentant. Prenant place sur l’une des chaises, au confort spartiate mais néanmoins tout à fait honorable, il soupira doucement, de contentement cette fois, se saisissant du récipient dont la chaleur irradiait entre ses doigts.

Après un instant d’hésitation, Asaleith imita son Lié, gardant son regard d’un bleu perçant fixé sur l’Elfe et la dragonne, quoi qu’avec bien plus d’aménité qu’il ne l’avait fait au début de cet entretien.
Il suivrait l’intuition de son Ondin, mettant en arrière-plan sa conscience froidement analytique qui lui murmurait qu’une telle aide ne pouvait décemment pas être bien intentionnée. La bienveillance et la compassion, sans rien demander d’autre en retour ... Lui qui n’avait jamais rien connu d’autre que la loi du plus fort, après tout, comment pouvait-il seulement imaginer que cela puisse exister ? Ses paupières se fermèrent, presque malgré lui, relâchant sa garde, tandis qu’il humait les arômes de l’infusion brûlante. Bigarade et cédrat. Avec peut-être, en fond, une délicate touche de miel pour adoucir leur acidité première. Le mélange s’annonçait agréable, rafraîchissant et joyeux, et en même temps réconfortant, à l’image de celle qui se tenait devant eux.

Car enfin, une timbale en main, dans l’ombre de sa dragonne silencieuse, laissant là ses tentatives d’apaisement, Sraoshaï posait la question fatidique, logique et attendue. Pourquoi étaient-ils venus à elle ? Dans quel but ? Quel désir ou espoir animait leur cœur ? Et encore une fois, patiente, temporisant, leur énonçant qu’ils pourraient lui apporter leur réponse plus tard, après avoir soumis au crible de leur réflexion tout ce qu’ils avaient appris jusque là. Craignant de perdre de sa volonté s’il attendait trop, Marek prit une profonde inspiration, absorbant une gorgée de thé parfumé, en savourant le goût sur sa langue, les yeux rivés sur le haut plafond rocheux, loin au dessus d’eux.

« Je suis venu avant tout en quête de ma véritable identité. Je ne supportais plus mon enfermement entre les murs du Màr Tàralöm. »

Il glissa un regard doux, mais peiné à son Brun.

« Asaleith étant issu d’une longue lignée d’Incarnates, il nous a été difficile d’en partir et ... » il s’interrompit et secoua la tête, légèrement étourdi par la chaleur. « En réalité, dans mon entêtement, je pensais y accomplir une mission qui m’avait été confiée par l’Archiprêtresse en personne. Peut-être était-ce une façon pour moi de ne pas faire face à des sentiments trop douloureux. D’étouffer un amour désespéré sous une loyauté factice envers un épouvantail que j’aurais placé sur un piédestal et vêtu des habits de celle que j’aimais. »

A demi-mot, sans en révéler trop, cherchant à se dépêtrer de la honte et l’amertume qui le tenaillaient jour après jour depuis sa confrontation avec Aoatea, il s’était efforcé d’exposer clairement à Sraoshaï le cheminement de ses pensées … Comment il en était arrivé à se retrouver obligé de choisir entre sa survie et son devoir.


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