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 [RP] À la lueur de l’impossible

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Oracle Tol Orëanéen
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MessageSujet: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeDim 21 Juin 2020 - 22:40



[RP] À la lueur de l’impossible Kasim-adrikan-solaufein-2-tol-orea__[RP] À la lueur de l’impossible Jahangir-Forme-Dragon-Tol-Orea
Kasim "Solaufein" Adrikan & le Noir Jahangir
--[RP] À la lueur de l’impossible Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] À la lueur de l’impossible Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor



~ Fin Eurilyaku 919


Dans la petite pièce sans fenêtre, la seule lumière perçant la pénombre ambiante était celle de la flamme vacillante des chandeliers. La porte soigneusement close pour dissuader les visiteurs, l’atmosphère en était devenue lourde, presque étouffante. D’un confort et d’un ameublement particulièrement spartiate, l’alcôve aurait très bien pu être considérée comme une cellule si son actuel occupant n’avait pas été relativement libre d’aller et venir. Une liberté qui était celle d’une cage aux barreaux d’or, dans le cadre de laquelle le moindre de ses mouvements était épié, surveillé, analysé. Certaines parties – pour ne pas dire la grande majorité – du vaste domaine Zenghwei lui étaient interdites, et il lui était fortement déconseillé d’en sortir. La protection de la noble maisonnée, et par extension, de celle du Haut Représentant du Clan Valherien, ne s’étendrait pas en dehors des limites de leur territoire.

Inconfortablement perché sur un tabouret, une cheville croisée sur sa cuisse, Solaufein se faisait inhabituellement silencieux. Tambourinant nerveusement de ses doigts sur le cuir de sa botte, suivant un rythme connu de lui seul, le Moredhel se contentait d’observer. Trop grand pour rentrer dans la chambre, une fois n’est pas coutume Melkor faisait face à Martel sous sa forme humanoïde … Et la discussion ne se déroulait malheureusement pas sans heurt. Le Bronze, anxieux et mécontent, s’exprimait à grands renforts de gestes furieux, sa voix rauque mal maîtrisée résonnant à la fois sous leurs crânes et se réverbérant sous le plafond bas. Les raisons de son agitation résidaient dans un court message soigneusement manuscrit, reposant sur le bureau vermoulu et branlant. Impavide, du moins en apparence, ne cédant pas d’un pouce aux récriminations du dragon, Martel avait néanmoins ce regard de mauvaise augure, brûlant d’une colère glacée et difficilement jugulée. Cela faisait bientôt trois lunes pleines qu’il était enfermé ici, à la merci des moindres lubies politiques du Zenghwei, trois lunes qu’il remâchait sa cuisante humiliation et se forçait à étouffer soigneusement la rage aveuglante qui saisissait son âme à chaque fois que le nobliaud osait se montrer devant lui … L’inaction le rongeait, petit à petit.

Ce message, Solaufein le savait, constituait un mouvement particulièrement osé sur le grand échiquier du Màr Tàralöm, et en même temps, paradoxalement, l’un des derniers espoirs de son maître. Yong’Wu Zenghwei avait disparu depuis quelques semaines déjà, et nul, au Kaerl, pas même au sein de sa propre maisonnée, ne semblait savoir ce qu’il était advenu de lui. Il était désormais sans protecteur officiel … Mais aussi libre de ses mouvements. Et cela, signifiait qu’il était temps de passer enfin à l’action. Un frisson d’excitation anticipé le parcourut, avant qu’il n’esquisse une grimace contenue. Quand bien même, si possible, il aurait préféré s’abstenir du pénible spectacle qui lui était présentement donné à voir … Le jeune Chevalier Noir fronça les sourcils, sa main longue et fine accélérant son rythme impatient sur sa botte. Il en était à songer à s’éclipser discrètement pour aller attendre la fin de leur dispute dans le couloir, lorsque, d’un simple regard agacé, Melkor figea la course de ses doigts, tuant dans l’oeuf toute velléité d’esquive. Solaufein sentit sa respiration se bloquer dans sa poitrine en réalisant quel était le sujet, peut-être inévitable, que le Bronze venait de mettre sur le tapis.

« … Tu ne peux pas faire ça, Martel ! Pourquoi penses-tu que ce gosse ait trouvé la mort sur les sables, sinon pour chercher à t’atteindre indirectement ? Ça ne peut pas être un hasard ! »

Le teint gris sous sa peau brune, le temps que les mots impriment leur marque dans sa conscience, l’Elfe s’efforça de garder un visage neutre, s’absorbant dans la contemplation des coutures dans le cuir. Le sous-entendu était clair pour lui : le dragon faisait de toute évidence référence au meurtre d’Alwin Ingialdr. Le sang perdu des Sui’Aerl. Le fils de Martel … Comment, par les Ancêtres, le grand mâle avait-il bien pu avoir connaissance de la véritable identité du défunt, lui qui était consigné au domaine Zenghwei depuis leur retour ?

Un ricanement sinistre, se glissant dans son esprit comme un entrelacs de serpents froids et doucereux, l’incita à se replier sur lui-même, cherchant instinctivement à le repousser loin du cœur de ses pensées, mais en vain. Il ne pouvait pas lutter contre la moitié de son âme.

**Serais-tu effrayé à l’idée qu’ils apprennent ce que tu as fait ? Oh, quelle tragédie ce serait ! Peut-être te répudierait-il, qu’en penses-tu ? Te retrouver mis de côté, sans plus la moindre valeur, sans plus le moindre intérêt à ses yeux. Mais je ne le laisserai pas te tuer bien sûr, rassure-toi ...**

Le cœur battant et les oreilles bourdonnantes, la conversation entre son maître et le Bronze lui était devenue inaudible, couverte par le crissement écœurant de la lourde masse écailleuse de son Lié se dépliant pour s’étirer paresseusement. Depuis le début de cette affaire, le Noir se réjouissait bien trop de voir son Elfe se débattre avec ses angoisses et ses cauchemars concernant les conséquences de ses actes. Il avait assassiné sans frémir des dizaines de personnes, dont son propre maudit géniteur, pourquoi alors le meurtre de cet insignifiant Aspirant continuait-il de le hanter ?

*La ferme, Jahangir ! Est-ce toi qui en a parlé à Melkor ?*

**D’abord tu m’ordonnes de me taire, et ensuite tu me poses une question, es-tu donc incapable de te décider, mon pauvre Lié ? Comment pouvais-je résister à l’idée d’épicer un peu les choses pour toi ? As-tu peur à présent ? Peur qu’ils découvrent ton crime ?**

*Ah ! Comme si j’allais te faire ce plaisir ! Je n’ai pas besoin que tu t’immisces dans mes affaires privées, dragon.*

Seul un inquiétant silence lui répondit, et il n’eut pas le temps de s’en réjouir que face à lui, le ton montait irrémédiablement entre les deux Liés. Melkor n’était pas connu pour sa patience, et Martel avait visiblement atteint un point de non retour, l’accumulation de tension nerveuse ayant dépassé ce qu’il était en mesure de contenir.

« Es-tu idiot au point d’être incapable de comprendre !? Es-tu donc tellement indifférent à notre avenir, du moment que nous sommes de retour sur tes terres de naissance ? Devrais-je me résigner à mon sort ? Je suis en train de devenir fou, tu m’entends, à tourner en rond entre les quatre murs de cette chambre miteuse ! Je ne peux pas me contenter de rester pieds et poings liés sans rien tenter ! Tu voudrais que j’abandonne ? Que je renonce ? »

Son visage habituellement si calme et inexpressif paraissait ciselé par une douleur vive alors qu’il dégainait un poignard de sa ceinture, en pointant la lame vers lui, le regard figé sur son Bronze muet de surprise.

« Autant me trancher la gorge tout de suite plutôt que de me laisser mourir à petit feu ici. »

Son champ de vision se troublant d’un voile rouge de panique et de fureur, le grand mâle n’eut qu’un seul pas à faire pour faire sauter l’arme de la main de son Lié, l’empoignant sans ménagement par le devant de sa tunique. Jamais encore il n’avait vu Martel dans un tel état, dans une telle … incompréhensible détresse, et il ne savait ni que faire, ni que dire, pour le ramener à la raison.

**Je t’interdis de mettre fin à ta vie, Rizzen Sui’Aerl ! Ton âme m’appartient et en tant que telle, nous vivrons et nous mourrons ensemble jusqu’à ce que le temps qui nous aura été imparti par Flarmya soit écoulé ! Je ne te savais pas si lâche !**

Tremblant d’émotion, le Bronze avait grondé sourdement, martelant chacun de ses mots dans l’esprit du Moredhel, refusant de se laisser fléchir par le regard glacé et provocateur que ce dernier lui adressait.
Cependant, l’emploi de son nom de naissance avait paru faire renaître une once de bon sens chez son Lié, et d’un geste sec, Martel se dégagea donc de l’emprise de Melkor, prenant le temps de rajuster soigneusement son vêtement avant de relever une nouvelle fois les yeux sur le dragon.

« Tranquillise-toi mon frère. Je comprends tes craintes, mais crois-moi, Eléderkan pourrait se révéler être notre meilleur allié ici. Qu’il accepte ou non de me rencontrer pour discuter, je ne peux pas rester plus longtemps terré comme un lapin dans son terrier. »

Les poings serrés, Melkor secoua la tête, les lèvres retroussées sur ses dents comme il aurait pu le faire sous sa forme draconique.

« Qu’il ose te trahir, et je jure que je lui ferai payer très cher, d’une manière ou d’une autre, il le regrettera durant tout le reste de sa misérable vie. »

Tassé sur son siège, bouchée bée d’incrédulité, son regard allant alternativement du Bronze à son maître, le Spectre des Cendres se reprit néanmoins bien vite. Un coup d’oeil fugitif de Melkor avait suffit à lui faire sentir, que, s’il faisait le moindre commentaire, lui aussi risquait de le regretter longtemps. Pour son propre bien, il serait plus sage d’oublier la scène à laquelle il venait d’assister. Et l’apparition discrète d’une servante à la porte du logement, étant passée inaperçue de l’Elfe et de son Lié, lui fournit une diversion bienvenue pour chasser ces images inquiétantes de son esprit.

Les mains soigneusement croisées dans son giron, un sourire poli et respectueux plaqué sur ses lèvres, la femme s’inclina devant Martel, s’adressant à lui d’un ton humble.

« Maître Dehlekna, un visiteur vous attend dans le petit salon. »

Sa voix douce lui paraissait étrangement familière, et le mouvement fugitif de ses mains, dévoilant un tatouage inscrit dans la chair de son poignet, ne fit que renforcer cette impression. Oculus. Ainsi ils possédaient des espions même au cœur de ce domaine bien gardé. Il aurait du s’en douter. Vigilant, Solaufein referma ses doigts sur le couteau glissé dans sa botte, mais déjà la servante se détournait pour partir, sur une dernière courbette.

« Kasim. Tu porteras ce message à son destinataire, comme convenu. Et tâche de ne pas te faire voir. Melkor, tiens-toi prêt. »

Son attention ramenée sur son maître, il hocha la tête, sentant un sourire amusé étirer ses lèvres. Que voilà une habile façon de le congédier, tout en s’assurant que ses désirs seraient accomplis et que Melkor ne pourrait pas insister plus avant sur le sujet.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeMer 24 Juin 2020 - 22:11

[RP] À la lueur de l’impossible Levon_10 [RP] À la lueur de l’impossible Vathek10
Maître Levon Narses, Décurion Étincelant & le Noir Vathek.

Levon Narses n’était pas un coursier. Qu’on prenne la liberté de le déranger dans sa routine déjà chargée, fût-on Haute-Représentante, pour réaliser une tâche aussi ingrate lui faisait l’effet d’une plaisanterie de mauvais goût, et seule l’insistance un rien déplacée de Vathek l’avait retenu de refuser tout simplement la proposition – ° L’ordre… ° – de la Maîtresse Incarnate Jora Evumbrar. Comme pour celui qui occupait sa place avant elle, le Maître Noir n’éprouvait pour elle qu’un vague sentiment de mépris, qui ne l’empêchait certes pas de dormir la nuit mais qui était à l’origine de quelques douleurs dans le cou à force de serrer les dents pendant les réunions de leur Clan. Intrigues, alliances et manigances … qui avaient bien évidemment abouti à la disparition soudaine de Yong’Wu Zenghwei, pourtant redoutable guerrier et hériter d’une famille dont le nom suffisait d’ordinaire à dissuader les plus téméraires. Et voilà maintenant qu’on envoyait des Décurions jouer les pigeons voyageurs – ce Màr était devenu décadent, c’était un fait.

° N’en fais pas trop… Tu devrais plutôt être flatté. C’est encore vers toi qu’on se tourne pour les négociations les plus ardues… Et puis, c’est là la preuve que notre Clan se souvient de ta loyauté. À qui d’autre aurait-elle pu confier un tel secret ? °

Raide comme un piquet au milieu du salon à la décoration luxueuse, quoique savamment arrangée, sa haute silhouette engoncée dans un costume de cuir sombre et de velours bleu nuit, Levon tourna un regard peu amène en direction de son Lié – lequel se tenait avec une nonchalance étudiée dos au mur, une jambe relevée pour y prendre appui et bras croisés. Vathek affronta les pupilles glaciales sans sourciller, puis, baissant la tête dans un mouvement de fausse soumission, il poussa sur son talon pour quitter sa position et faire face au Sang-Mêlé, écartant les bras et haussant les épaules, ses paupières trop fines venant à moitié voiler l’éclat terne, trompeur de ses iris au couleurs mêlant l’ardoise et l’obsidienne.

° En ce qui me concerne, je meurs d’envie de revoir Melkor…  Ah, mais ne me regarde pas comme ça. Je saurai me tenir. ° Le Dragon ponctua sa déclaration en pinçant affectueusement les deux joues de son Lié, tirant sur la peau jusqu’à y voir comme l’ébauche d’un sourire – une vision effrayante, en vérité, mais Vathek se satisfaisait de peu. ° N’as-tu pas hâte de revoir ce cher Martel, grand frère ? °

Levon haussa un sourcil – non, il n’avait pas hâte. Quand bien même il se trouvait ici malgré lui, il était en mission pour son Clan, pas en visite de courtoisie. Quant à ce que lui inspirait la situation… Comme beaucoup, il avait assisté au duel qui avait opposé le Maître Bronze au Seigneur Iskuvar, et il avait ressenti l’humiliation du premier lorsqu’on lui avait ôté le droit de mourir à l’issue du combat comme si elle avait été sienne. Forcé à l’exil puis fait otage par un Clan rival, forcé, encore une fois, à prêter allégeance à ses ennemis ; pouvait-on vraiment tomber plus bas ? Le Décurion aurait été prêt à lui ôter la vie, ici-même, si Martel le lui avait demandé, et tant pis pour les desseins de Jora. On ne jouait pas avec l’honneur d’un homme.

De telles pensées arrachèrent à Vathek un éclat de rire haut perché. L’honneur était évidemment une notion qui ne le concernait pas, et, si Levon semblait croire qu’on pouvait mourir pour une telle abstraction, alors le Dragon préférait ne jamais le connaître, cet honneur. Il n’avait aucune honte à admettre sa lâcheté, préférait s’y complaire plutôt que de mettre sa vie en jeu pour tout et n’importe quoi. Les morts étaient tous égaux, au final. Il s’éloigna de son Lié, se plongeant dans la contemplation de quelque vase en cristal sûrement fort précieux qu’il s’amusa à faire tinter du bout de son ongle. De toute évidence, le Noir ne mentait pas sur son impatience. Il n’était pas aussi bavard, d’ordinaire, ni aussi joueur, et parmi le peu de choses susceptibles d’éveiller son intérêt, le Sang-Mêlé n’aurait jamais soupçonné Melkor d’en être une.

° Je crains que ce ne soit ni le lieu, ni l’endroit pour causer de nos souvenirs de la guerre autour d’une tasse de thé. ° lui rétorqua finalement le Sang-Mêlé, les mains croisées dans son dos, reportant son attention sur la porte que ne tarderaient plus à franchir Martel et son Bronze.

Les instructions de Jora avaient été suffisamment vagues pour laisser au Décurion l’opportunité de mener la danse comme il le déciderait et, pour cela au moins, il lui savait gré. La Maîtresse Incarnate semblait se reposer sur les liens qui unissaient les deux hommes autant que leurs Liés pour tirer le meilleur parti de leur confrontation. Levon et Martel n’étaient pas amis, mais le premier n’avait jamais donné au second une seule raison de douter de sa loyauté depuis qu’il avait réussi à l’obtenir en le menant au combat – et ce même si de nombreuses années avaient passé et que leurs idéaux les avaient poussés à suivre des voies bien différentes.

« Récupère-le, rappelle-lui qu’il a besoin de notre soutien tant qu’Aodren sera à la tête des Dominants et montre-lui que Yong’Wu n’était pas le Clan Valherien. »

Jusque-là, Levon n’y voyait rien d’impossible… Le Màr Tàralöm se porterait mieux sans sa cour de polichinelles – qu’ils fussent Dominants, Valheriens, héritiers de nobles familles ou culs-terreux arrivistes – et il était donc tout à fait disposé à voir disparaître le Haut-Représentant del Hendrake. Il fut tiré de ses pensées par l’entrée discrète de la petite servante, qui annonça d’une voix menue l’arrivée des improbables invités hébergés par les Zenghwei. L’un après l’autre, l’Elfe et son Lié sous forme humaine pénétrèrent le petit salon. Comme s’il n’avait pas voulu s’imposer, Levon les dévisagea rapidement, son regard de glace n’exprimant pas plus ses émotions que ses traits taillés dans la pierre. À ses côtés, son Lié ne se privait pas de les fixer, sa langue venant lécher furtivement ses lèvres et ses pupilles lançant des éclairs de jade.

« Maître Dehlekna, Melkor. » salua le Sang-Mêlé d’une voix posée, l’air le plus naturel du monde, un sourire aimable posé sur ses lèvres, ployant le buste en une rapide révérence, poing serré au niveau du cœur. « Ça faisait longtemps… »

« Nous sommes ravis de vous voir, vivants. » renchérit Vathek, une main sur les hanches, après avoir demandé à la servante de leur apporter de quoi boire et manger. Ce n’était pas la première fois que la demeure Zenghwei accueillait le Décurion Narses, et il gageait qu’on ne leur refuserait pas une collation.

« J’espère que votre hôte a su vous accommoder. » D’un geste, il invita l’Elfe et le Bronze à prendre place sur les fauteuils avant de s’asseoir lui-même, et Vathek vint se percher nonchalamment sur le large accoudoir, s’attirant une brève œillade désapprobatrice qu’il ignora avec une aisance née de l’habitude. « Je ne vais pas faire de longs discours. Maître Zenghwei a quitté le Kaerl et nous ignorons où il se trouve en ce moment. J’ai donc été mandaté par Maîtresse Evumbrar, qu’il avait jugé bon de tenir informée du… » Le Maître Noir pencha la tête sur le côté, réfléchissant à la formulation la plus adéquate. « … de l’arrangement qui avait été conclu entre vous ainsi que de votre présence au Kaerl, afin que nous discutions des termes d’un nouvel accord. »

Levon se présentait à lui sans autre arme qu’un parchemin, une plume et le sceau des Valheriens. Il les disposa sur la table basse, veillant à laisser suffisamment de place pour accueillir en plus un plateau, puis se recula à nouveau dans son fauteuil, les mains sagement posées sur ses cuisses, et reprit : « Le précédent ayant été effectué dans la précipitation, et sans l’aval du Clan – ou en tout cas, sans celui de plus d’un homme – je suis ici pour tenter de trouver un véritable terrain d’entente concernant nos actuelles aspirations. »

« Et également pour vous assurer que, même en l’absence de Maître Zenghwei, nous continuerons à veiller à votre sécurité ainsi qu’il vous l’avait promis. »
ajouta-t-il avec cet air bon enfant qu’il réservait habituellement à ses hommes après un entraînement particulièrement rude, lorsqu’était enfin venue l’heure de les mener à la taverne.
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MessageSujet: Re: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeMer 1 Juil 2020 - 20:25

[RP] À la lueur de l’impossible Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] À la lueur de l’impossible Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor


Sur une rapide inclinaison du buste, quoiqu’un peu trop irrévérencieuse pour la circonstance, le Chevalier Noir s’en était allé, son sempiternel sourire provocateur vissé aux lèvres. Trop soucieux pour prendre la peine de le relever, Martel avait soupiré, profondément, d’un souffle creusant sa cage thoracique. Ses longs doigts venant pincer l’arrête de son nez, ses paupières s’étaient closes et son esprit s’était mis en marche, écartant Eléderkan de ses pensées. En dehors de la maison Zenghwei, qui était au courant de sa résidence en ces lieux maudits ? En vérité, il n’en avait aucune idée et n’avait eu aucun contrôle sur ce point précis. Son allégeance avait concerné la personne du Haut Représentant, mais aussi le Clan Valherien tout entier …
D’après les informations rapportées par Kasim, Jora assurait une forme de co-régence au Concile, en tant que suppléante du Zenghwei lorsque ce dernier était absent. L’avait-il informée de la prise juteuse qu’il avait réalisé ce soir là, près de trois lunes auparavant ? Ou bien avait-il gardé le silence sur le sujet, prêt à s’en servir comme d’un levier pour le pouvoir lorsqu’il le jugerait opportun ?

Une seule chose était sûre : il ne pouvait exclure un retour soudain de son indésirable ‘‘gardien’’. Yong’Wu Zenghwei. Comme il le haïssait ! Cela aurait bien été de lui de le convoquer ainsi, trônant orgueilleusement dans l’un de ses riches fauteuils, comme un seigneur face à son vassal soumis. Ses mâchoires se serrèrent, et Melkor s’ébroua, roulant impatiemment des épaules, à l’étroit sous cette bien malhabile forme bipède qu’il empruntait si peu. Il n’avait pas le temps de se préparer, pas le temps de s’éterniser à considérer les différentes éventualités liées à l’identité de son mystérieux visiteur. Il fallait agir, maintenant.

« Quoi qu’il advienne, nous devons nous saisir de tout avantage qui nous sera offert. »

Sa voix grave creva le lourd silence comme une bulle de savon, et le dragon acquiesça sans un mot. Il suivrait son frère d’âme jusqu’aux enfers s’il le fallait, et se mettrait en travers de la route de quiconque entendrait le faire souffrir, quoi qu’il lui en coûte. D’un simple coup d’oeil, il balaya Martel du regard, avisant son allure décharnée malgré sa chevelure soigneusement nattée, et la lueur presque désespérée qui brasillait comme un feu couvant dans ses iris de glace. Ses lèvres se pincèrent malgré lui, désapprobatrices. Bien sûr, son Elfe avait raison. Ils ne pouvaient rester ainsi. Mais ce dernier serait-il encore capable de faire face au prix qui lui serait demandé ?

***

La tête haute et le pas assuré, comme s’il s’était agit de sa propre demeure, Martel prit son temps pour passer la porte du petit salon, ses doigts s’attardant sur le bois ouvragé avec une nonchalance affichée. Il ne put cependant empêcher ses fins sourcils de se froncer en reconnaissant Levon Narses, Maître Noir et actuel Décurion Etincelant. Il avait été l’un de ses hommes liges et soldats durant la Grande Guerre, un guerrier compétent et solide sur lequel on pouvait compter pour assurer ses arrières. De ceux aptes à veiller à ce que les missions soit correctement effectuées. Et avant tout… En dépit de son sang-mêlé, il était surtout une recrue du Clan Valherien. Il s’arrêta à quelques pas de l’entrée, l’expression impénétrable, le jaugeant et l’affrontant du regard. Une perte regrettable pour le Clan Dominant, il fallait l’avouer. Il ne pensait pas que ce soit le hasard qui l’ait à nouveau placé sur sa route, mais plutôt la main d’un intrigant bien habile … Quiconque l’avait envoyé connaissait certainement leurs liens passés, forgés par le poids des armes et du commandement.

**Vathek !**

L’exclamation réjouie de Melkor, qui venait de paraître derrière lui, le sortit de ses pensées, et tout en inclinant respectueusement la tête en réponse aux salutations du Décurion, il glissa un avertissement muet à son Lié. L’homme était un combattant redoutable, son rang militaire n’étant pas usurpé, et dans son état physique présent, il serait sans doute incapable de le battre s’il fallait en venir à tirer l’épée. Contrairement à son Bronze, les liens familiaux n’entraient pas en ligne de compte dans le choix de ceux à qui il accordait crédit et confiance. Que l’excentrique Vathek soit son frère de couvée ne l’empêcherait pas de les massacrer si un tel ordre leur avait été donné. La servante, discrète et effacée, fut promptement renvoyée par le Noir en quête de quoi agrémenter leur discussion, et Martel reporta son attention sur le sang-mêlé.

« Maître Narses. Je me réjouis également de me trouver ici vivant. » Un sourire piquant vint étirer ses lèvres avant qu’il ne reprenne son sérieux. « Pour ce qui est de l’hospitalité Zenghwei, je crains de ne pas avoir pu la savourer à sa juste valeur. »

Suivant son invitation, le Moredhel prit place dans l’un des imposants fauteuils de cuir sombre, croisant une jambe par dessus l’autre et les mains dans son giron. Restant debout aux côté de son lié, prêt à le laisser mener la discussion comme il l’entendait, le Bronze ne se priva néanmoins pas de lancer des œillades curieuses à Vathek, cherchant à sonder ses prunelles verdoyantes pour y dénicher le moindre indice quant à ses intentions.

**Je suis content de te revoir petit frère. Cela fait bien trop longtemps que je n’ai pas pu échanger avec un visage connu.**

En preuve de sa bonne foi, Melkor laissa l’autre dragon effleurer son esprit, l’y laissant voir et sentir la vibrante sincérité de ses pensées. Il appréciait son frère de couvée, en dépit de sa réputation trouble et de ses humeurs passablement … changeantes. Il serait réellement regrettable à ses yeux de se voir obligé de s’opposer à lui, mais entre Martel et le sang de sa lignée, sa loyauté était claire : il défendrait son Elfe avant tout.

Posément, laissant la table basse du salon faire office de séparation entre eux, comme une évidente matérialisation des tractations qui auraient inévitablement cours – car l’ancien Exilé doutait fortement que la présence de Levon ne soit due qu’à une simple courtoisie – Martel laissa le Valherien prendre l’initiative de la discussion. Ce qu’il fit avec une remarquable économie de paroles. Droit au but, sans détour, ni hypocrisie de surface. Un nouveau sourire, plus franc cette fois, vint éclairer son visage anguleux, quand bien même ses propos ne lui apportaient pas, évidemment, une entière satisfaction. Dans ce monde de vipères et de double jeu, sa franchise avouée était agréablement rafraîchissante.
Ainsi était-il mandaté, selon ses propres mots, par Jora Evumbrar. Voilà qui lui apportait quelques réponses. Il était évident qu’avec la disparition inopinée du Zenghwei, la place vacante à la tête du Clan Valherien n’allait pas le rester bien longtemps. Dans quelle mesure la Dame Incarnate était-elle impliquée dans … l’éloignement, plus qu’opportun, de son prédécesseur ? Le noble avait-il enfin commis une erreur, et fatale celle-là, en s’ouvrant à sa suppléante au sujet de la carte maîtresse dont il était secrètement détenteur ? Son sourire s’élargit, se teintant de nuances dangereuses pour qui le connaissait bien. Que le Zenghwei ait rencontré sa juste fin ou non, l’essentiel était qu’il ne se dresserait désormais plus sur son chemin …

Maintenant, la nouvelle Haute Représentante, présente de longue date au Kaerl Ardent et liée de l’Incarnate Takhasya, se révélerait certainement un adversaire tout aussi complexe à gérer. Mais on lui offrait visiblement l’occasion d’un nouveau départ, d’un re-négociation des termes de leur contrat, et il espérait bien en tirer le maximum de bénéfices. La servante reparut, les bras chargés d’un plateau qu’elle disposa précautionneusement sur la table, avec un soin tout particulier dénotant une longue habitude. S’inclinant tour à tour devant les deux hommes, jetant un regard furtif aux dragons, elle quitta la pièce aussi silencieusement qu’elle y était entrée. Prenant le temps de réfléchir à sa réponse, il se servit une tasse de thé parfumé, remplissant dans le même mouvement celle du Maître Noir, savourant la fraîcheur de la porcelaine sur ses doigts nerveux.

L’expression de Narses, se voulant benoîte, ne le trompait pas. Il n’allait pas se laisser amadouer pour si peu. L’homme en revanche, lui paraissait de bonne foi, même en n’étant que l’envoyé, pour ne pas dire le messager, de plus haut gradé. Il devait bénéficier de suffisamment de confiance de la part de la Neishaane Incarnate pour être jugé apte à la représenter dans ces négociations : il n’était donc pas si inoffensif que l’on voulait bien lui faire croire.

« J’ignore dans quelle mesure Jora Evumbrar a eu connaissance des termes et des circonstances exactes de ce pacte. » Ses iris bleu de glace lançant des éclairs au souvenir déplorable de sa confrontation avec le Zenghwei, il porta le breuvage à ses lèvres, sans pour autant faire mine d’y boire. « Il a clairement été établi de manière arbitraire et unilatérale. »

Rabaissant sa tasse, il toisa le sang-mêlé, se décidant à se montrer aussi franc que lui l’avait été avec lui.

« Maître Narses, je suis reconnaissant envers la Haute Représentante, de voir qu’elle semble se soucier d’honorer la … promesse qui m’a été faite. » Ses lèvres se tordirent un bref instant, chargées d’amertume. « Je suis convaincu que nous saurons trouver un terrain d’entente qui nous sera profitable à tous les deux. Quoi que Yong’Wu Zenghwei ait pu en douter, m’imposant sa seule vision quant à mon propre avenir au Màr, j’estime posséder quelque valeur intrinsèque qui pourrait intéresser le Clan Valherien. »

L’Elfe marqua une pause, se redressant dans son fauteuil, l’expression grave et sérieuse. Il ignorait s’il pouvait se fier au Décurion, mais il lui paraissait être homme à valoriser l’honnêteté associée au respect, et à attendre un échange dépourvu de tout vernis inutile et faux-semblants.

« Voici ce que je désire : j’ai besoin de votre soutien dans ma reconquête du pouvoir. Vous qui avez servi sous mes ordres durant la Guerre, Levon, vous connaissez les principes qui me dirigent, vous avez conscience de ce que je vaux et de ce dont je suis capable. Vous savez quel exécrable chemin le Màr Tàralöm a emprunté depuis la prise de pouvoir d’Arkalin, depuis la mort d’un Seigneur que beaucoup aujourd’hui, considèrent encore comme irremplaçable. C’est dans la lignée du règne de Celanduil Huriand que je souhaite agir, pour la gloire de notre Kaerl … Et parce que, à ce titre, j’estime mes revendications comme légitimes. Le combat contre Iskuvar m’a … dépouillé de mon honneur. Je souhaite la recouvrer. »

Un simple grondement approbateur fit écho à la déclaration du Maître Bronze, et Melkor adressa un regard confiant à Vathek. Ni trop ambitieux, ni trop hautain, faisant appel à la nostalgie de son interlocuteur sans paraître chercher à l’apitoyer, il dansait sur une corde raide au dessus d'un abîme prêt à l'engloutir. Martel avait appris de son humiliation passée. Conscient de la fragilité de son statut, il se montrait plus prudent, attentif.

« Je suis certain que mes paroles ne constituent pas une surprise pour vous, et que vous y étiez préparé. Tout autant que vous, je vais donc me montrer direct : énoncez-moi le prix qui est le votre, le prix qui aura été établi par votre Dame. Nous sommes là pour négocier les nouveaux termes du contrat qui me lie au Clan, n’est-ce pas ? Alors négocions. Quelles sont vos conditions ? »


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Pour l'éviter
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MessageSujet: Re: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeMer 8 Juil 2020 - 22:16

[RP] À la lueur de l’impossible Levon_10 [RP] À la lueur de l’impossible Vathek10
Maître Levon Narses, Décurion Étincelant & le Noir Vathek.

Dans sa frêle carcasse de bipède, blême et dégingandée, tout enveloppé de noir comme les mornes serviteurs et gardiens des tombes, Vathek frétillait sous l’attention que lui portait Melkor.

° Pareillement, pareillement… Si tu étais plus souvent au Kaerl, tu n’aurais pas ce problème. ° ronronna le Noir d’une voix timide en réponse au Bronze, dissimulant l’insulte qui faisait passer leur exil pour un simple caprice sous un masque mêlant habilement la complainte puérile et la moquerie affectueuse. ° Mais, ah, mes autres frères se lassent si vite de moi… bien plus vite que je ne me lasse d’eux, alors, un tel accueil m’émeut profondément ! °

Joueur, il posa une main sur l’une des larges épaules de son Lié et se pencha en avant afin de mieux humer l’odeur de l'autre Dragon, son sourire peut-être rien de plus qu’un prétexte pour mieux goûter l’air sur sa langue, ses iris revenus à leur naturelle nuance d’ardoise luisant dans l’ombre confortable que leur prodiguaient les lourdes boucles noires tombant sur son front. Vathek mentait par conviction, par ennui ou par lâcheté – mais en caressant les pensées de Melkor, son esprit avait la candeur violente et déconcertante d’un enfant-roi. Il transmit inconsciemment l’information à son Lié, se redressant et croisant élégamment ses jambes fines ; son frère était de bonne disposition. Lui et son Elfe ne tenteraient pas de les tromper. Levon ne parut pas impressionné car il ne pensait pas que les circonstances auraient été favorables à Martel dans tous les cas, et il songeait aussi que ce dernier avait bien trop de jugeote pour succomber aux pitoyables sirènes du désespoir.  

Le Décurion suivit du regard la jeune servante, l’angle peu avenant de ses sourcils froncés rappelant à la demoiselle l’éventualité qu’une maladresse de sa part aurait pu tremper les parchemins et que cela n’aurait pas été digne d’une domestique de la famille Zenghwei, et la remercia d’un mouvement du menton lorsqu’elle s’inclina à nouveau devant les deux hommes avant de quitter la pièce. Le devançant, le Maître Bronze s’était emparé de la théière et remplissait les tasses – pour gagner du temps, ou pour distraire sa nervosité ? Levant le délicat récipient jusqu’à pouvoir inspirer les effluves qui s’en élevaient – ° Jasmin, rose et mandarine. Prévisible. ° –, il souffla sur les volutes de fumée paresseuses, laissant à l’Elfe tout loisir de choisir méthodiquement ses mots. Levon n’était pas réputé pour sa patience, mais il n’était pas particulièrement pressé.

Il accueillit les paroles de son ancien confrère avec le détachement qui le caractérisait, jaugeant le poids des termes employés, scrutant chaque intonation, chaque infime expression de passage sur le visage de glace de son vis-à-vis. Il attendit la fin de son discours pour boire une gorgée et reposer la tasse sur la table dans un geste qui, s’il restait volontaire, n’était pas tout à fait dépourvu de délicatesse. En dépit de ses origines et de sa rigueur militaire, les années passées à arpenter les corridors et les antichambres des grands de ce Màr avaient fini par adoucir les angles droits de son caractère, et sa voix, quand elle retentit après un court instant de silence, avait toute l’aménité d’un habit de velours. Il ne paraissait pourtant nullement amusé par la manière dont son confrère avait exposé son point de vue.

« La Haute-Représentante me considère assez pour me révéler une partie de ses secrets, mais pas tous. Quant à ce qui figurait dans votre contrat avec Maître Zenghwei, cela n'a de toute évidence plus aucune importance ; ce parchemin est encore vierge. Pour le reste, vous exprimerez vos griefs à qui de droit. »

° Agréable…  °
° Je ne suis pas venu ici pour l'écouter se plaindre. °
° Ne t'ai-je donc rien appris ? °

« Je sais que vous fûtes un excellent chef de guerre quand celle-ci était notre quotidien, et que vous avez reçu l'enseignement précieux de celui qui reste l'une des plus grandes figures de l'histoire de notre Màr. » convint Levon en inclinant légèrement la tête. Le discret frémissement de ses lèvres trahissait que ce constat, cependant, n’était pas la fin de son commentaire. Il se recula dans le fauteuil sans quitter Martel des yeux et poursuivit d’un ton plus doux : « Vous n'êtes certes pas le seul nostalgique du Seigneur Hùriand – néanmoins, vous en êtes sûrement conscient, le fait que vous lui ayez servi de Second n'a plus autant de valeur aujourd'hui qu'à l’époque. Les temps changent. Vous devez prouver au Kaerl que vous êtes celui dont il a besoin, maintenant. »

Le Moredhel semblait n’avoir rien perdu de son aplomb, ni de son ego, et entendre de tels propos de la bouche d’un autre – ° Je désire, j’estime que… Il a du vocabulaire. Moi, je dis « je veux ». ° – aurait sans doute quelque peu irrité le Sang-Mêlé. Mais, venant d’une figure ayant autant connu le respect et la gloire que la honte et le déshonneur, il en concevait une certaine forme de satisfaction, un lointain réconfort. Des hommes de cette trempe, il n’en existait pas mille dans une même cité. N’importe qui aurait été en mesure de le voir : Martel Dehlekna appartenait au Màr Tàralöm, était l’un de ses prestigieux enfants. Celui qui aurait souhaité se débarrasser de lui aurait jeté au feu une partie de son glorieux héritage, et il n’aurait été qu’un sot de désirer une telle chose. Jora l’avait bien compris.

Le Sang-Mêlé frotta négligemment la barbe rase qui lui rongeait le menton et les joues, ses prunelles à l’éclat étincelant du givre plantées dans un regard à la couleur similaire. « Est-ce votre honneur ou le pouvoir que vous vous êtes mis en tête de reconquérir ? Nous ne pourrons pas vous aider à retrouver tout ce que vous avez perdu ; il faudra faire un choix et décider ce qui compte vraiment. »

Il offrit au Maître Bronze un de ces sourires sincères mais tristes qu’ont ceux refusant de perdre espoir même lorsque la tempête semble interminable, puis reprit sa contenance de commandant pour aborder les sujets plus formels. Martel avait exposé ses désirs, à lui maintenant de faire connaître quels desseins officiels animaient sa Haute-Représentante.

« Lorsque la nouvelle de votre retour aura dépassé ces murs, nous proposons d’appuyer la tenue d’un procès en bonne et due forme afin de ne pas laisser au Seigneur Iskuvar l’occasion de dispenser sa justice de manière trop expéditive. » déclara-t-il sans chercher à rendre la vérité plus belle à entendre. « Nous pensons que vous perdre serait regrettable, et une décision stupide au vu de ce que vous êtes encore capable d’apporter à notre Kaerl. Il va de soi que les Valheriens soutiendront votre … amnistie, ou à défaut, votre réintégration. »

Près de lui, toujours perché sur l’accoudoir, Vathek se balançait doucement, à la manière d’un serpent charmé par le son d’une flûte, paupières mi-closes. Il feignait l’indifférence, la nonchalance un rien insolente ; seul Levon, parce qu’il vivait à moitié sous sa peau, savait que son instinct de préservation était aussi sensible qu’une plaie à vif et que son esprit travaillait déjà à élaborer une centaine d’histoires pour faciliter la tâche de son Lié. Le Sang-Mêlé poursuivit, la mine toujours aussi affable et le ton toujours aussi implacable.

« Maîtresse Evumbrar souhaiterait que vous l'assistiez dans les affaires du Clan, et pour cela il vous faut d’abord être convenablement lavé de vos crimes. À condition qu’un siège se libère pour un Valherien de plus au Concile, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider à retrouver votre place. »
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MessageSujet: Re: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeSam 1 Aoû 2020 - 12:06

[RP] À la lueur de l’impossible Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] À la lueur de l’impossible Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor


Il avait exposé ses revendications. Dévoilé ses désirs de puissance recouvrée, de victoire sur ses ennemis, de justice et de vengeance … Tout cela étroitement entremêlé jusqu’à l’écœurement, tout cela sans pour autant livrer ses pensées profondes, sous l’apparence lisse et propre de l’honneur. Noblesse d’un objectif qui ne l’était pas tant. Laissant ses doigts se crisper sur la porcelaine ornementée, Martel avait essayé de se persuader qu’après vingt longues années à courir inlassablement après ce mirage, il était resté droit sur son chemin. Qu’Eléderkan avait tort et lui raison … Une fois de plus. Que sa quête touchait enfin au but, quand bien même celui-ci ne cessait de lui échapper, parfois se rapprochant juste assez pour qu’il puisse l’effleurer du bout des doigts, avant de s’en voir écarté avec toute la violence qu’impliquait une existence vouée au Màr Tàralöm. Il y avait tant d’obscurité inassouvie en lui !

Capiteux et raffinés, presque insupportables, les parfums du thé fumant montaient à ses narines, lui rappelant ce qui se jouait ici.

Levon n’avait pas répondu immédiatement. Avec une patience composée et réfléchie, l’étudiant tout comme il le jaugeait à travers ses paroles, le sang-mêlé avait ostensiblement pris le temps de boire avant de reposer sa tasse sur sa soucoupe. Lui aussi avait bien changé, depuis ces jours sanglants où ils se battaient tous deux sur les champs de bataille, sous les ordres d’un Seigneur que beaucoup méprisaient secrètement. Le Maître Bronze ne reprochait pas à Arkalin la guerre, selon lui inévitable, mais bien plutôt la négligence, l’insouciance avec laquelle il s’y était engagé. La gloire et la victoire dont il avait privé le Kaerl, qu’il avait arraché à celui à qui elle aurait du revenir légitimement. Celanduil Hùriand.
Si les combats avaient forgé leurs corps et leurs âmes comme le marteau sur l’enclume, les années qui avaient suivi s’était chargées de polir leur nature, d’aiguiser leur esprit, transformant les anciens soldats en de bien étranges animaux politiques. Ici aussi pourtant, chaque faux pas, chaque erreur de stratégie, pouvait se révéler mortelle. Quelle différence alors ?

Martel soupira, silencieusement, chassant impitoyablement de son esprit ces ruminations qui ne lui ressemblaient pas. L’emprise de Melkor sur son épaule se raffermit, se durcissant jusqu’à faire irradier des pulsations douloureuse tout le long de son bras, et le Moredhel redressa la tête, le dos bien droit. Prêt à considérer le prix qui lui serait réclamé. Car, enfin, Levon avait repris la parole. Et si le ton était calme, presque affable, les mots eux, s’exposaient sans fard, aussi secs qu’un coup de fouet, provoquant en lui un bien détestable arrière-goût de réprimande. Comme s’il n’avait été qu’un enfant plaintif, ou même pire, un médiocre soldat sous ses ordres. Ses lèvres se pincèrent sans chercher à cacher son déplaisir, mais Martel ne répondit rien, attendant la suite. Il ne désirait rien tant que, justement, pouvoir ‘‘exprimer ses griefs à qui de droit’’, mais il pressentait que le moment était mal choisi pour en faire part. Soit. Sa soif de vengeance attendrait.

Ainsi le Décurion était-il fidèle à sa parole : il exprimait sa pensée avec franchise, d’une manière directe et sans chercher à l’enrober, d’aucune façon, de frivoles mondanités. Le thé et toute la comédie qui allait avec n’était que poudre aux yeux, pour qui voudrait bien se laisser tromper. C’était en véritables guerriers qu’ils se faisaient face, en combattants qu’ils s’affrontaient. Et leur échange ne constituait que les toutes premières passes d’armes, de celles qui vous permettaient de jauger la valeur de l’adversaire.

A son côté, le Bronze s’agita, passant impatiemment d’un pied sur l’autre. Ce sentiment d’impuissance à pouvoir aider son frère d’âme le rongeait, et il réfléchissait furieusement à comment tirer parti de ses liens avec Vathek. Sa répartie sarcastique l’avait certes pris par surprise, mais le Noir lui avait offert en échange toute l’authenticité, la spontanéité sauvage et égocentrique de ses ressentis. Ce dernier semblait presque frétiller de plaisir, là perché en équilibre instable sur l’accoudoir auprès de son Lié. Nul doute que la discussion excitait ses instincts carnassiers, et que l’autre dragon, contrairement à lui, s’en délectait véritablement. Alors, même s’il n’avait pas la finesse de son frère de couvée dans ce domaine, Melkor s’interrogeait. Quelle influence Vathek pourrait-il avoir sur la négociation ? Le petit Noir avait paru sincère en exprimant son plaisir de les revoir.

**Nous n’avons pas l’intention de nous en laisser chasser à nouveau à l’avenir, crois-moi. Quant aux autres, ils sont simplement bien trop faibles d’esprit pour apprécier ton implication dans leurs affaires à sa juste valeur.**

Parce que la force et l’assurance étaient tout ce qu’il connaissait, et les seules choses sur lesquelles il savait pouvoir se reposer, cela s’était finalement imposé comme la seule réponse logique à lui apporter. Car, comme n’importe quel grand prédateur, la moindre exposition de faiblesse ne pourrait, nécessairement, que le pousser à se retourner contre eux. Tournant son regard rougeoyant vers Levon, l’observant à l’ombre de son capuchon, un mince rictus, cryptique, étira ses lèvres fines. L’homme lui paraissait digne de confiance, apte à traiter convenablement avec Martel. A tort ou à raison, pour l’heure, il ne pouvait pas encore en juger.

Mais déjà le Maître Noir poursuivait, avec la précision et l’économie de paroles qui caractérisait ceux habitués à commander. Et là se révélait la différence majeure d’avec le Zenghwei, qu’il soit damné pour toute l’éternité. Inclinant la tête en guise de remerciement devant cette reconnaissance de ses accomplissements, Martel soutint donc le regard clair de Levon, attentif au peu qu’il pouvait lire sur son visage buriné par les éléments.

**Malgré les années, tu as encore son respect. Tu as peut-être une chance de te faire entendre, malgré son appartenance au Clan Valherien.**
*Je ne ferai pas l’erreur de croire qu’il se laissera convaincre pour autant. Il sait ce qu’il doit obtenir et il suivra les ordres de Jora, quoi qu’il advienne.*

Son discours était en demi-teinte. Même sans nier les services que le Moredhel avait rendu durant la Guerre, le Décurion reléguait le passé à la place de simples souvenirs, remettant le présent, et plus encore l’avenir, son avenir au sein du Màr Tàralöm, au cœur des tractations.

Ses traits anguleux se tendirent, et ses sourcils se froncèrent au dessus de ses iris glacés tandis qu’il le questionnait, indirectement, sur ce qu’il pouvait apporter au Kaerl. Avait-il donc perdu tant, en échouant lors de son combat contre Iskuvar ? Perdu plus que son honneur, humilié là sous les yeux de tous ces vautours avides, prêts à retourner leur veste pour quiconque leur ferait une offre alléchante ? Lui qui se réclamait héritier de Celanduil Hùriand, ne s’était-il pas précipité vers un destin similaire ?

**Et pourtant, contrairement à lui, tu as survécu. Seregon a clairement choisi de te protéger, en t’exilant.**
*Ce foutu rusé de borgne a toujours favorisé Iskuvar, ose seulement prétendre le contraire.*
**Martel ...**

« La plupart ici bas se laissent facilement attirer par tout ce qui brille, vous le savez aussi bien que moi, je pense. Ils oublient vite ceux envers qui ils sont redevables pour se tourner vers ceux qui leur promettent gloire et fortune. J’ai été Second, Décurion Etincelant, puis Sang. Je sais ce qui incombe à ceux qui dirigent. »

Que pouvait-il dire de plus ? Il ne supportait pas l’idée de devoir se vendre. Pour lui, la valeur et la confiance passaient par les actes, et non par les mots ou le sang.
Martel reposa la tasse sans y avoir touché, non plus par méfiance – le sang-mêlé y avait bu, et la maison Zenghwei aurait beaucoup à perdre en empoisonnant l’envoyé de la Haute Représentante en sus de leur précieux ‘‘invité’’ – mais poussé par une forme de mépris envers ces arômes fleuris et entêtants. Il esquissa un sourire dur, peu amène. Conscient de ce que tout cela sous-entendait.

« Je prouverai ma valeur lorsqu’il m’en sera donné l’occasion. J’en fais le serment, ici et maintenant. »

Aurait-il été encore le même homme, si plein de son importance, si certain de sa victoire, qu’il se serait certainement levé pour quitter la pièce, refusant d’en entendre plus. Lentement, années après années, il avait gravit les échelons, conquérant avide et jamais totalement satisfait, toujours dans l’ombre de son ancien Maître … Cherchant à le dépasser, peut-être, tandis que le vieux renard, avec un amusement non feint, l’observait se battre inlassablement contre ses démons intérieurs.
Respect et loyauté. Force et justice. Pouvoir et honneur … A ses yeux et pour ce qui le concernait, ces notions étaient indissociables. Pourquoi s’imposer un choix ? L’Elfe secoua la tête, l’expression sombre, animant par le même mouvement la lourde tresse neigeuse qui reposait sur son épaule. Il ne voulait pas voir, pas reconnaître la tristesse affichée par le Décurion. Il ne voulait pas de sa pitié.

Il lui semblait commencer à deviner ce que Levon réclamerait comme prix, au nom du Clan Valherien. Que dans son état actuel, exilé, destitué de tous ses titres et ses rangs, il serait exigé de lui qu’il recommence au plus bas de l’échelle. L’idée lui était intolérable.

Une colère froide, glaciale, et pourtant ô combien dévorante, s’agita au creux de son ventre, allumant un feu dansant dans ses iris pâles. Et pourtant il se tint coi, attendant la sentence dans un silence qu’il n’était pas difficile de déchiffrer. Il avait eu, et avait toujours, un respect certain pour Levon, pour son franc-parler et sa façon, rationnelle et méthodique, de régler les problèmes qui se présentaient à lui. Que l’on tente – bien futilement – de se servir de cela contre lui ne faisait qu’alimenter son mépris, envers tous ces pitoyables intrigants qui espéraient tirer leur épingle du jeu en le manipulant. Il ne leur ferait pas ce plaisir, ni maintenant, ni jamais.

**Tu as besoin d’alliés fiables, mon frère, aujourd’hui plus que jamais. Tu devrais ...**
*Tu es le seul dont j’ai réellement besoin à mes côtés.*

Le seul qui ne le trahirait jamais. La déclaration, par ce qu’elle avait d’inattendu, de purement et simplement anormal venant de Martel, insuffla en Melkor un vent soudain d’angoisse et de panique, le poussant à se tourner, presque suppliant, vers son frère de couvée, alors même que le Maître Noir ouvrait la bouche pour leur dévoiler les desseins de la Haute Représentante.

**Vathek !**

Trop tard, bien trop tard. Le couperet était tombé, brutalement, et le visage blême, ses paupières étroitement fermées, le Moredhel s’était laissé aller contre le haut dossier de son fauteuil. Que les Valheriens souhaitent un siège au Concile en échange de leur soutien n’était rien au regard de ce qu’il lui faudrait subir pour en arriver là. Un procès. Un procès officiel devant tout le Kaerl. Jugé par ses anciens pairs, pour ses prétendus crimes ... Foutaises ! Comme s’il avait besoin de cela pour être protégé d’Iskuvar ! Comme s’il n’était pas capable de lui faire face, comme s’il se terrait là, dans l’ombre honnie du Zenghwei, parce qu’il craignait de l’affronter ! Qu’il vienne donc !

**Dans ton état actuel, tu ne ferais que gâcher cette chance qui t’est offerte. Il finirait inévitablement par avoir raison de toi. Reprend-toi, Martel !**

Le regard sanglant du dragon, rivé sur son Lié, s’auréolait à présent d’une lueur menaçante, avertissement à l’unique destination du Moredhel qui partageait son âme et son cœur. Le sang-mêlé n’était pas responsable. Par trois fois Martel avait refusé de l’écouter, préférant se complaire dans son malheur. Il était bien conscient de ne pas posséder ce sens aigu de la stratégie qui caractérisait habituellement son frère, mais il était temps que ce dernier sorte enfin de ce marasme dans lequel il s’embourbait. Ils étaient en vie, ils étaient de retour au Kaerl, et on leur offrait, enfin, contre toute attente et sur un plateau d’argent, une opportunité de se venger. Tout était encore possible ! Rien n’était terminé, rien n’était définitivement perdu : au contraire, tout ne faisait que commencer.

Lorsque l’Exilé rouvrit les yeux, il y avait dans ses prunelles un éclat tranchant, faisant parfaitement écho à la férocité implacable qui s’était gravée sur le visage anguleux du Bronze. Une détermination le poussant à ne pas faillir, à emprunter cette voie qui se présentait à lui, qu’importait la souffrance qui l’y attendrait, une fois encore.

« Je comprends … La nécessité d’un procès. »

Et c’était l’expression de la pure vérité. Se servir de la loi pour contrer Iskuvar, pour s’assurer qu’il soit pieds et poings liés, impuissant face à lui. Il n’avait nul doute qu’il essayerait de régler cela en lui envoyant des assassins, dans l’ombre traîtresse des corridors du Màr, mais il saurait en faire son affaire.
A peine plus qu’un murmure rauque, sa voix avait tranché le silence à la manière d’une lame pénétrant délicatement la chair pour en faire couler le sang. S’humectant les lèvres, Martel étendit ses mains le long des accoudoirs, calme en apparence seulement, pour quiconque ne pouvait entendre le tonnerre de son cœur battant rageusement dans sa poitrine. Il était évident que les Valheriens n’avaient aucun intérêt à le laisser libre. Il échangerait ainsi un maître contre un autre, peut-être bien plus redoutable. Il n’avait pas d’autre option que d’accepter, pas assez naïf pour penser survivre longtemps à un refus.

**Si tu assistes Jora, tu afficheras aux yeux de tous le soutien du Clan Valherien et la confiance qu’ils t’accordent. C’est un marché honnête.**

Son regard vrillé sur Levon, lèvres entrouvertes pour laisser voir ses canines ivoirines, Melkor sentit l’accord muet de son Elfe. Bien. Avec l’intelligence de Martel et sa propre puissance, ils écraseraient tous ceux qui se dresseraient devant eux. Le dragon était prêt à en faire le pari devant les Dieux.

« J’accepte votre proposition. Qu’un procès soit organisé pour juger de mon bon droit. Je conseillerai la Haute Représentante et assurerait un siège supplémentaire au Clan Valherien en échange de sa … collaboration. Je m’y engage. »

Il avait finalement choisi, qu’importait que ce soit la mort dans l’âme. Choisi ce qui importait le plus, entre le pouvoir et son honneur. L’un découlerait naturellement de l’autre, pour peu qu’on lui en laisserait le temps.

« Je réclame une clause supplémentaire à ce contrat. Cela fait bien trop longtemps que nous sommes obligés de vivre ici comme de vulgaires serviteurs ; mon frère et moi-même avons besoin de retrouver notre forme physique. Une fois notre retour dévoilé au grand jour, nous devrons pouvoir faire face, la tête haute, à ceux qui attenteront à notre vie, sans devoir nous cacher sans cesse dans l’ombre du Clan Valherien. Que nous proposez-vous pour y remédier ? »

Déconcerté par l’intervention arrogante de son Bronze, Martel haussa un sourcil vaguement amusé sur lui, avant de reporter sur attention sur le Décurion, dans l’expectative.


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MessageSujet: Re: [RP] À la lueur de l’impossible   [RP] À la lueur de l’impossible Icon_minitimeVen 7 Aoû 2020 - 11:50

[RP] À la lueur de l’impossible Levon_10 [RP] À la lueur de l’impossible Vathek10
Maître Levon Narses, Décurion Étincelant & le Noir Vathek.

À la remarque de son frère Bronze, un rire sec avait secoué l’enveloppe squelettique, blafarde de Vathek. Toujours si direct et simple, celui-là ! Un vent chargé d’assurance et d’arrogance soufflait derrière chacune de ses paroles, et le Noir en laissa le souffle ardent caresser ses joues livides.

° Ahah, crois-tu vraiment ? Je pensais qu’un plumage noir était de mauvais augure. M’est avis qu’ils ont toutes les raisons de fuir quand ils m’aperçoivent, et que tu serais bien avisé d’en faire de même avant de me laisser l’occasion de… t’assister dans tes affaires. ° Il fronça les sourcils et afficha une expression de pure incompréhension. ° Je ne sais pas pourquoi ; je veux bien faire, mais c’est comme si j’étais tout simplement incapable d’y parvenir. °

Habitué aux lubies de son Lié, Levon n’était pas perturbé par les soubresauts imprévisibles qui naissaient sous son épiderme de cuir tanné. Caressant le pourtour de sa tasse du bout du doigt, il pensait, pendant que Vathek jouait. En toute honnêteté, la Sang-Mêlé songeait que Jora Evumbrar avait fait preuve d’une bien étrange pudeur en élaborant la liste de ses exigences. Qu’avait-elle bien pu craindre ? Les Dominants étaient menés par un opportuniste de mauvais goût qui n’aurait sans doute rien souhaité de plus que d’obtenir le chef de son prédécesseur en guise de décoration, et nul n’ignorait que le représentant des Introvertis n’avait pas encore réglé tous les contentieux qui le liaient à son ancien frère d’armes. Était-elle restée volontairement si évasive pour éviter de donner à Martel trop de raisons d’aller quérir l’aide d’Eléderkan Garaldhorf, alors ? Il cilla une fois, deux fois, trempa ses lèvres dans le thé encore fumant et constata avec une pointe d’amusement que l’Elfe ne semblait pas le trouver à son goût.

° La glace n’est guère indulgente envers les mignonnes fleurs. °
° Ce sont les fleurs qui font trop les difficiles. °

« Vous et moi ne sommes pas comme eux. Mais nous ne pouvons pas prétendre être aveugles, ni agir comme s’ils ne méritaient pas d’être contentés. » répondit le Sang-Mêlé en se reculant dans le large fauteuil, un frisson de déplaisir parcourant ses épaules lorsqu’il sentit la main de son Lié venir jouer dans sa nuque, tirer sans réelle délicatesse sur les fins cheveux qui poussaient là. « Il y a aussi ceux qui courent toujours après l’honneur comme les pies sont attirées par un scintillement lointain. Gloire, fortune, titre, serments ou loyauté. Le pouvoir a de multiples formes selon celui qui pense le détenir, mais n’est jamais plus dangereux qu’entre les mains de celui qui parvient à persuader qu’il est capable de le donner. »

« Quant à votre valeur… » Les ongles de Vathek raclèrent sa peau en secret. « Il appartient à vos ennemis d’en juger. »

Levon but une nouvelle gorgée avant de reposer sa tasse. Il n’appréciait pas non plus le choix qui avait été fait par la petite servante – ° Pas plus de fleurs sous les dunes, alors. ° – mais doutait pour autant qu’aucune autre option dans les cuisines Zenghwei eût été capable de satisfaire son palais. Les mains débarrassées, il put les joindre sous son menton pour finalement annoncer le prix qu’exigeait Jora. Vathek goûta la détresse de son frère Bronze avec un enthousiasme que son Lié trouvait particulièrement déplacé et qu’il ne tenta même pas de dissimuler, remuant comme un enfant pressé de quitter la table, malmenant sa lèvre inférieure entre ses dents, si minuscules sous cette forme. Le Dragon n’était pas connu pour faire cas de ce qui était convenable ou non. Il offrit une œillade à la fois désolée et moqueuse à Melkor, puis haussa vaguement les épaules.

° Ton Lié a gravi l’échelle, et quelqu’un l’a fait tomber. Il la gravira une seconde fois. Qu’importe ? Comme tous, il la gravira, encore et encore, jusqu’à ce que ses bras refusent de le porter ou jusqu’à ce que la prochaine chute lui brise la nuque. °

Son regard d’ardoise se posa sur la forme avachie de Martel tandis que Levon détournait les yeux pour lui laisser un semblant d’intimité, faisait mine d’arranger les parchemins sur la table basse. Élégamment, le Dragon décroisa les jambes et se glissa dans le dos de son Lié, jetant ses bras autour de son cou comme la corde autour de celui d’un condamné à mort et coinçant sa tête dans le creux de son épaule pour attendre la suite. Silencieux quoique visiblement irrité par la proximité de Vathek, qui lui donnait parfois l’impression de vouloir le chasser de sous sa propre chair, le Sang-Mêlé fronça les sourcils en croisant le regard de Martel. Il avait pris sa décision – et celle-ci s’avéra être un soulagement, doublé d’une réussite. Un franc sourire tordit les rides et les cicatrices creusant le visage terne du Décurion dans toutes les directions possibles.

« Je n’en doutais pas. » annonça-t-il, troquant un instant sa rigueur militaire contre une gaieté chaleureuse qui révélait l’éclat de ses iris et laissait, encore aujourd’hui, apparaître en filigrane le souvenir du jeune soldat qu’il avait été. Il avait beau être habitué à obtenir ce qu’il voulait, Levon n’arrivait pas à échapper au distant sentiment d’émerveillement qui le traversait à chaque nouvelle victoire, aussi petite fût-elle. Il se pencha en avant pour récupérer la plume, forçant son Lié à lâcher prise, mais s’interrompit en entendant s’élever la voix de Melkor.

« C’est une condition qui me semble parfaitement honnête. » convint le Maître Noir, fixant son regard dans celui du Dragon, où couvaient d’immortelles braises.

Le Clan Valherien ne manquait pas de bons guerriers, à commencer par lui-même, mais Levon n’accordait pas facilement sa confiance et il était hors de question de laisser Martel entre les mains de n’importe qui – ° N’importe qui avec un tant soit peu d’ambition et guère beaucoup plus d’attaches politiques. Occire Dehlekna, peu importe si cela est accompli dans l’honneur ou par la fourberie, est un fantasme répandu. Surtout dans ce Kaerl. Même toi tu le sais. ° Néanmoins, le Sang-Mêlé ne pouvait pas se porter volontaire sans mettre en péril l’accomplissement de ses principaux devoirs. Il était un homme de parole, et surtout de priorités. Peut-être un membre de sa Décurie, alors… Ces gamins le craignaient assez pour étouffer leurs hypothétiques velléités de gloire. Ils avaient tous rapidement pris conscience qu’une couronne ne vous profitait jamais que si vous possédiez encore votre tête pour la porter.

« Je vais devoir y réfléchir. Nous ne pouvons pas prendre votre sécurité à la légère. » Il se saisit de la plume, écarta d’un geste les tasses oubliées, puis arqua un sourcil en laissant son regard aller du Moredhel à son Lié. « À moins que vous n'ayez besoin d’un nom dès à présent ? »
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