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 [RP Officiel] Aube de promesses

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MessageSujet: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 10 Jan 2021 - 20:17

Première partie : Le Vol - Dragons et lanternes


* Solyaeku 919, 23ème jour

Sur Tol Orëa, la sorgue était tombée. Mais au coeur du Màr Menel, la vie sembla y battre davantage. Et pour cause ! Depuis l'aube se déroulait la Fête de la Lumière, une kermesse plus qu'allégorique pour le peuple du Kaerl Céleste qui allait honorer le dieu du soleil jusqu'à l'aube suivante.
Aspirants et Chevaliers étaient conviés par leur Maître ou amis à venir festoyer en leur compagnie à la faveur d'une des auberges de la cité, et dans les Spires les appartements des uns et des autres gardaient porte ouverte à qui le souhaitait pour partager un met ou un godet dans le respect de cette tradition. La plèbe se mêlait indépendamment des grades militaires ou des rangs, certains membres des trois Maisons parvenaient à s'amuser en paix en troquant une choppe contre un bol de thimekhlett au miel et à la fleur d'oranger. Par delà l'habituelle harmonie du Kaerl, cette journée se voulait d'autant plus douce et sans heurts.

Les éminents membres des Grandes Maisons organisaient le plus souvent à cette date un banquet pour accueillir les quelques curieux susceptibles d'être ralliés à leurs préceptes, ou tout du moins pour répondre aux questions et partager l'histoire de leur nom à qui désirait l'entendre. Il n'était pas impossible que certains usèrent de cette opportunité pour faire étalage de leurs richesses quelconques comme pour mieux persuader un Chevalier ou un autre d'adhérer à leur ordre. Là où des décidés profitaient du festin pour enfin se rallier officiellement à un parti, d'autres ne rechignaient pas à l'opportunité de se gaver de pâtisseries et de fruits aux frais des Hautes Sphères.
Et là, vous y découvriez Darius.

[RP Officiel] Aube de promesses Darius.[RP Officiel] Aube de promesses Hirath
Darius Elioenai et son Lié le Bronze Hirath

Les mains dans le dos, non sans une certaine nonchalance un tantinet pédante, l'humain défilait entre les Dalneÿs avec la fierté d'un éléphant au milieu d'un troupeau de gazelles. Ses orbes mutines d'un brun mordoré s'accrochaient çà et là à un visage ou une assiette, laissant présager d'un désintérêt de tout pourtant factice. Le Maître Bronze venait de quitter la réception Amberle pour rejoindre celle-ci, bien plus attrayante à son goût, sans pour autant avoir le projet de s'attacher à une famille ou une autre. Après tout, il en était ainsi depuis qu'il s'était lié huit ans plus tôt au Bronze Hirath.
Soucieux de sa liberté, l'homme couvert d'une chevelure ébène l'était beaucoup moins concernant ses fréquentations. L'on disait de lui avec critique qu'il picorait à tous les râteliers. Ce n'était pas tellement faux connaissant son lointain passé de corsaire... Mais si sa loyauté avait des limites en matière de politique, cette dernière s'en voyait totalement dénuée lorsqu'il fallait délivrer le Bien des carcans trop lourds imposés par les Lois et l'Ordre.  Ainsi ne trouva-t-il donc jamais réellement sa place parmi ceux qui influençaient le Màr Menel, il était bien plus heureux ainsi, sans attaches bien que muni d'un coeur bienfaisant. Et tant mieux !

S'il charriait dans son sillage des effluves de chaos doucereux et bienveillant, Darius accordait une grande importance au soin de sa tenue et son apparence. Cela était d'autant plus vrai ce soir. Paré de sa plus riche tunique en soie fauve brodée avec parcimonie de cuivre, il aspirait à évoquer son sempiternel surnom - Le Lion - avec l'écho de la royale crinière de cet animal modelé de fierté. Le menton franc, le regard pénétrant, ce félin au bon coeur avait su faire se pâmer quelques beaux minois du Kaerl. Peut-être serait-ce le cas ce soir, d'ailleurs, bien qu'il n'était en quête que d'un peu de distraction en pavanant avec la superbe d'un coq dans une basse-cour.
Alors qu'il s'approcha d'une vaste table où reposaient quelques verres remplis et des plats de fruits découpés, se frayant pourtant habilement un chemin entre les groupuscules qui échangeaient sur tout et rien, une jeune femme recula sans prendre gare à qui se trouvait derrière elle et vint doucement le heurter.

« - Oh là, dame ! L'interpella-t-il en souriant et avec gentillesse, apposant la paume de ses larges mains sur les épaules de cette dernière. Peu de plus s'en fallu pour que vous ne tombiez. »

[RP Officiel] Aube de promesses 8fox.[RP Officiel] Aube de promesses Niallan
Iratze Belven de Dalneÿs et sa Liée la Reine Dorée Niàllan

Se confondant en excuses, un peu gênée mais s'affairant à lui rendre son sourire, une Chevalière Dorée du nom d'Iratze lui souffla quelques onomatopées qu'il ne parvint à comprendre, du moins de ce que ses sourcils froncés laissèrent deviner tout comme l'entièreté de sa grimace amusée.
D'un rire chaleureux et mesuré, l'Humain fit un pas en arrière pour lui laisser la place de se remettre de ses émotions. Un brin cérémonieux et surtout charmeur, lui décochant un rictus fort aimable, il inclina succinctement le buste en guise de salutations.

« - Vous êtes damoiselle Belven, si ma mémoire est bonne. Nous nous sommes croisés quelques fois.
- Pardonnez ma maladresse, Maître. Les mondanités ne sont pas mon fort...
- Elles vous vont pourtant bien. » Asséna-t-il, tout à la fois sincère que naturellement enjôleur.

Rabattant derrière son oreille effilée une tresse agrémentée de perles dorées, la Torhille pataude laissait là percevoir la timide délicatesse des quelques grains elfiques qui subsistaient dans ses veines. Pourtant, tout aussitôt, la sombre brûlure de ses iris d'obsidienne étrangement nacrés d'or balaya l'innocence sans pour autant s'arquer de méchanceté. Son timbre réconfortant se fit légèrement ferme, mais entendu.

« - La soirée ne fait que commencer, gardez donc encore quelques uns de vos compliments pour vos conquêtes tardives... Je ne doute pas qu'elles seront nombreuses, je vous le souhaite même. »

Exagérant avec théâtralité la blessure de cette flèche qui venait, semblait-il, de transpercer son coeur alors qu'il portait ses mains à sa poitrine, Darius haussa les épaules en acceptant sa défaite mais rechigna à lui laisser le dernier mot.

« Puissent-elles avoir la poésie de votre parler, Dame, et l'art de vos traits. Je vous souhaite en retour une douce nuit, que celle-ci vous amuse et vous divertisse ! Au plaisir de vous recroiser, si vous le désirez. »

Bon perdant - enfin, si tant fut qu'on pût parler de jeu -, le Maître Bronze lui concéda un amène hochement de tête mais ne put s'empêcher de l'observer s'éloigner, attiré malgré lui par un magnétisme qu'il ne pouvait encore s'expliquer. A ce même instant, remarqua-t-il, la brise d'été tiède lui parut plus chaude, aussi il se rabattit sur un verre d'eau au écorces d'agrume tout en déboutonnant le haut de son col.

***

A la lueur des cierges et des bougies allumées déposées sur les balcons et aux fenêtres en l'honneur de Solyae, sous tout le couvert des douces mélopées mêlées de rires échappées d'une réception ou d'une taverne, loin des danseries des bipèdes, une Reine Dorée se mettait à fredonner un chant ancestral.
Au coeur du Valarëa, après avoir profité de la fraicheur de la pierre pour échapper aux ardentes étreintes de l'été, la dragonne avait trouvé une alcôve pour s'isoler de ses pairs et entrer dans une sorte de méditation propre à sa race, mais surtout aux femelles prêtes à prendre leur envol dans un but précis. La rumeur avait enflé depuis l'aurore, ses consoeurs s'impatientaient de la voir éclore dans le ciel tandis que les mâles mûrissaient ou non le projet de la poursuivre une fois l'heure venue. Minuit approchant, le chant de Niàllan se fit de plus en plus profond et vrombissant, plus fort et plus passionné. Par respect, ses pairs gardèrent le silence et apprécièrent à sa juste valeur ces refrains compris d'eux et eux seuls puis, peu à peu, les mâles lui répondirent et les femelles l'encouragèrent.
La Reine Dorée se leva, doucement, le corps entier frémissant d'excitation à l'idée d'escalader les cieux ce soir. Dans la douce pénombre de son antre, ses opales avaient pris la teinte de rubis, sa respiration sifflait autant avec menace qu'avec séduction entre les poignards qu'étaient ses crocs... Et, après un grondement annonçant l'officiel commencement de sa cérémonie, ses ailes s'ouvrirent et la portèrent en quelques battements au dessus du Màr Menel.

** Entendez mon appel ! **

Telle une envolée d'étourneaux, elle fut presque immédiatement suivie par deux Bruns et un Bronze déjà convaincu de sa victoire. Dans une danse qui leur était propre, Niàllan s'affairait à les tester d'une manière ou d'une autre, les semant avec aisance ou se laissant rattraper pour qui en aurait labeur. L'un des Bruns voulut ruser et prit le raccourci d'un courant d'air chaud pour l'atteindre plus rapidement, un comportement que la Reine désapprouva fortement ! Par quelques claquements de mâchoire réprobateurs et un coup de patte bien placé, la dragonne chassa ce dernier qui rebroussa chemin, non sans pester.
Profitant de voir l'un de leur frère être sèchement éconduit, les deux autres mâles s'écharpèrent sommairement dans l'espoir de se décourager mutuellement pour rester seul dans la course. C'était sans compter sur un Empereur Noir opportuniste qui les devança en fusant comme le carreau d'une arbalète, tout droit dans le sillage de Niàllan qui voltigeait habilement au dessus de la cité suspendue dans le ciel.
La Reine Dorée avisa avec ferveur la fulgurante arrivée de son soupirant dont la robe se mêlait à l'opacité de la nuit. Tous deux effectuèrent ensemble quelques adroites cabrioles en dépit de leur taille imposante dans ce qui était alors une joute séductrice... L'issue du Vol semblait scellée.

Parmi les Hommes à l'annonce de minuit, comme le voulait la tradition, des lanternes de papier furent allumées et s'élevèrent vers la voûte céleste en un bouquet de lueurs rappelant les aigrettes de dent-de-lion envolées par la grâce d'une bourrasque d'été. Elles représentaient des guides par la clarté des étoiles dans les ténèbres de la nuit mais aussi et surtout les secrets baisers déposés par Solyae sur la peau stellaire de son amante éternelle, Kishi. Fête de la Lumière et Fête d'un Amour symbolique entre les Dieux, le 23 de Solyaeku était propice aux unions fugaces et passionnées, inédites mais sincères. Et tout à l'image de ces festivités, les couples s'esquissaient parfois d'un simple et chaste regard ou d'une étreinte plus charnelle.
Les gens s'étaient réunis sur les balcons, les toits et les esplanades pour faire partir leur lanterne, chargée ou non de voeux seuls connus de leur pensée. Certains en profitaient pour se retrouver seul en compagnie d'une bouche plaisante, d'autres se laissaient aller à quelques rêveries en observant les lanternes ascensionner vers les astres, portés par la chaleur de la flamme logée au creux de leur écrin de papier.
Etonnamment, Darius était de ceux-là. Les  prunelles arrimées à ces étoiles artificielles qui disparaissaient vers le lointain au détour d'un courant d'air, un verre d'hydromel à la main - boisson solaire et estivale par excellence -, il sentait son coeur s'emballer sans encore pouvoir en donner les exactes raisons bien qu'il en percevait la source. Malgré la brise fraîche, la chaleur lui prenait à la gorge et au front bien qu'il ne fut pas ivre. Dans les tréfonds de son âme, il entendit peu à peu s'élever l'appel qui ne lui était pas destiné de son Lié. Les rugissements fébriles du Bronze se répercutaient dans son crâne et dans son sang, sa vue se brouillait pour se mêler à celle de son âme-soeur.

** Es-tu sérieux, l'ami ? Tu vas encore y laisser des écailles. Comme moi ce soir... **
** Pas cette fois ! **

Signe d'échec à son premier Vol, Hirath arborait pourtant avec fierté la balafre qui lui marquait les flancs. Encore jeune à l'époque, il n'avait su impressionner une Verte furibonde. De cette leçon, il s'en trouva grandi : plus question de Vertes aujourd'hui, il se promit de voir plus grand. Cette opportunité n'était que trop belle !
Le Bronze exalté huma l'air, flaira l'entêtant et puissant parfum déposé par Niàllan à mesure de ses voltiges. Ses naseaux se dilatèrent pour emplir ses poumons de cette fragrance qui le fit frissonner. Il gronda lourdement pour dissuader ses adversaires de poursuivre sa conquête. Oui, il répondait à son  appel !

***

Si une partie de son âme était la parfaite supportrice des élans de son Lié, Darius se sentait quelque peu mélancolique. Il n'avait pourtant presque rien bu, son estomac était plein, il était le plus beau de la demeure où il se trouvait et son dragon s'en allait quérir princesse - Reine, plus en détail - à courtiser. Sa saison préférée étant en cours, la plèbe étant en joie, il ne comprenait guère cette diable nostalgie qui l'habitait à l'instant. Peut-être était-ce exacerbé par le fait que, les uns après les autres, les convives quittaient les lieux pour poursuivre leur soirée, dénudant le vaste balcon où il se tenait là, ainsi appuyé à la rambarde. Il ne sut pas combien de temps il se perdit dans ses pensées, persuadé d'être seul, enquillant d'un trait ce qu'il restait de lie au fond de son godet. Ebrieux plus par l'exaltation de son Frère que par le peu d'hydromel qu'il avait consommé, il défit un énième bouton de son col comme pour pouvoir mieux respirer. Soufflant bruyamment, un peu abruti par la chaleur qui émanait de l'état de son Lié, il fit volte-face en entendant tout à sa gauche un son similaire à celui qu'il venait de produire.

« - Pardon, je me croyais seul !
- Pardon, je me croyais seule ! »

Sa voix suave se calqua mot pour mot au timbre plus doucereux d'Iratze. La belle Torhille lui offrit un sourire tout à la fois confus qu'amusé auquel il répondit de même, mais le teint qui habillait ses joues brunes ne pouvait qu'évoquer les propres humeurs de sa Liée. Un peu bêtes, comme des adolescents, ils gardèrent le silence et campèrent à leur place, sans se risquer à approcher l'autre. Au loin résonnait le parler des dragons, leur lié, et ceux restés à terre pour les encourager.
Mais le brouhaha des bipèdes s'était calmé, éloigné.
Malgré une désinvolte assurance habituelle, Darius hésita longuement avant de reprendre la parole, mais le fit en mimant un ton convaincu.

« - Il fait chaud, semble-t-il... Me permettriez-vous de vous apporter un peu d'eau ? »

Un peu fuyard, il n'attendit pas sa réponse et s'en allait déjà exécuter sa proposition. Il revint vers elle en tenant l'objet de sa quête et lui tendit poliment.
La Chevalière Dorée, après un instant, accepta son cadeau non sans sentir la chaleur lui monter aux oreilles, le tout sans pour autant baisser le regard. Elle n'était certes pas liée en vain à une Dorée, mais sa timidité se montrait encore retorse à l'évident aplomb de Niàllan, toute Reine qu'elle était.
Alors qu'Iratze s'éventait d'une main tout en buvant par petites gorgées, Darius ne pouvait qu'apprécier un peu plus à chaque seconde le brun métissé de sa peau et les pierres charbonneuses que constituaient ses yeux. Ils n'étaient pas dupes et connaissaient fort bien la finalité possible qu'entraînerait l'union de leur Lié respectif... Mais tout restait à envisager.

***

Hirath prit son envol et rejoignit le duo formé par la Reine Dorée et l'Empereur Noir, tantôt en émettant des roucoulements à l'égard de la dragonne tantôt en menaçant son rival de grognements caverneux. Niàllan accepta la venue du Bronze en se détachant de son premier choix qui s'en trouva fort vexé. L'Empereur mécontent se rua sur le Bronze, échangeant avec lui quelques morsures et griffures sans gravité mais au demeurant impressionnantes. Hirath l'emporta en tonnant le plus fort et en repoussant ce dernier d'un coup de tête robuste, emporté par son euphorie. Echangeant quelques remontrances articulées en des grondements outrés pour l'un et victorieux pour l'autre, Hirath s'en retourna à la conquête de sa Reine.

Les lanternes les rejoignirent alors, chancelantes entre les bourrasques d'éther tiède qu'ils brassaient par leurs ailes majestueuses, les entourant avec la beauté des lucioles autour de fleurs de lune. Hirath entama une sérénade à même de chambouler les entrailles de ses congénères comme celles des bipèdes en dessous. Ses yeux ronds et grenats d'excitation se tamisèrent d'un éclat moins virulent tant il acceptait de se laisser, pour cet instant, dominer par la magnificence de Niàllan.
La Reine Dorée lui répondit avec une même douceur et frotta le côté de son long cou le long de celui de son dévolu. A la lueur aléatoire et apaisante des lanternes tandis que le couple s'élevait, l'or et le cuivre se mêlèrent en une valse à la fois langoureuse et passionnée, créant un nouveau métal qui prenait des airs de météore fendant l'atmosphère. Leur chant, haut dans les cieux, vint faire écho contre les murs du Màr Menel, et le peuple se mit à joyeusement féliciter l'union des deux dragons déjà rapportée par leur lié et les rumeurs.
Au même moment, sur un balcon oublié de tous, Darius s'était penché sur les lèvres d'Iratze pour y déposer un baiser.
Le Vol de la Reine Dorée Niàllan et le Bronze Hirath était la providentielle métaphore de l'amour entre Solyae et Kishi. Et comme tout Vol, il était la promesse d'autres grands moments de joie à venir pour les futurs Chevaliers, avec la bénédiction de Flarmya...


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 10 Jan 2021 - 20:18

Seconde partie : L'Empreinte - L'Accomplissement

* 1er d'Isashaniku 920, au lendemain de la Fête des Fous.
Sept mois après le Vol

Les têtes étaient lourdes et les yeux brûlaient en s'ouvrant sur le ciel cotonneux et blanc d'hiver, plus particulièrement en ce jour inaugurant l'an 920. La veille jusqu'à encore peu se tint la Fête des Fous. La plus grande partie des festivités avait eu lieu à Lòmëanor mais quelques irréductibles ne manquèrent pas de ripailler dans l'enceinte du Màr Menel. Les fûts d'alcool et les tablées de banquet n'étaient pas encore tout à fait rangés, ni plus que ses membres les plus festifs eurent fini de cuver, d'autres n'avaient d'ailleurs même pas regagné leur Kaerl... Quel meilleur moment pour Niàllan d'annoncer la naissance de ses petits et, par conséquent, une glorieuse Empreinte ? A sa manière, Kaziel semblait avoir déposé son empreinte sur ce premier jour d'Isashaniku d'une année nouvelle, comme s'il eut profité de l'ivresse des mortels et des autres divins pour tirer les ficelles. Le fourbe.

N'ayant bien cure de qui ou non était encore soûl, la Reine Dorée leva sa tête vers le plafond et entama le chant annonciateur d'un jour béni pour les futurs Chevaliers. Hirath la rejoignit bien vite sur les Sables d'Eclosion, se tenant à distance respectueuse de sa Reine pour ne pas l'offenser ou créer une sensation de danger en approchant trop près de ses oeufs, mais suffisamment pour lui montrer tout son soutien. Jour après jour, sept mois durant, il lui avait apporté des proies afin qu'elle ne quittât pas son nid.
Le mâle était incommensurablement fier de pouvoir, lui aussi, offrir une noble descendance au Màr. A son tour il se mit à émettre des vibrations gutturales et des oscillations de voix précises, recréant la mélodie que déjà ses ancêtres produisaient près de mille ans auparavant.

La couvée était modeste par son nombre d'oeufs mais tous semblaient plutôt de grande taille. D'autres, plus petits, n'étaient guère en reste et se mirent à bouger les premiers ! En dehors de l'enceinte du nid reposaient hélas deux oeufs volontairement abandonnés de leur mère, dont l'un ne le fut que quelques jours plus tôt seulement.
Par des cliquetis encourageants, Niàllan invitait sa progéniture à voir le jour, ne pouvant décrocher son regard apaisé des coquilles qui s'agitaient entre ses pattes avant. Couchée en sphinx sur les sables à la réconfortante chaleur, la Reine Dorée jalousait un peu les bipèdes qui lui enlèveraient le fruit de sa seconde couvée, mais l'acceptait pour leur offrir une vie riche et haute en couleurs !  
Peu à peu, la salle se remplit de visage tantôt ravis tantôt encore assoupis mais profondément désireux de participer à cet évènement. Hirath les accueillit avec empressement mais n'avait d'oeil que pour les candidats à l'Empreinte.

Malgré le manque de soleil par cette saison - probablement trop frileux de pointer le bout de son nez dans ce ciel blanc et épaissi de nuages - pour illuminer l'immense salle par les percées en son plafond, Niàllan irradiait d'une douce lueur rappelant l'astre solaire.

** Approchez, aspirants élus, approchez tous ! Venez admirer les enfants de Niàllan ! **

La Reine Dorée lova un regard chaleureux sur celui avec qui elle Vola, des mois plus tôt. Puis entonna à son tour.

** Aspirants, je vous confie mes filles et mes fils, montrez vous dignes de ce Don de Flarmya et du cadeau que je vous fais. **

Le peuple afflua tout autant que les dragons. Le bruit monta crescendo, fait de conversations humaines et draconiques. La foule crût à mesure que s'égrainèrent les minutes, et il valait mieux car les petits n'allaient pas tarder à chanceler sur le sables de leur démarche pataude !
Il fallait désormais espérer que les Candidats étaient prêts et que leur Maître saurait assurer leur acheminement jusqu'aux Sables...


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 17 Jan 2021 - 12:54

La soirée avait été longue. En conséquence, la nuit, elle, avait été particulièrement courte. Ça n’aurait dû avoir que peu d’importance puisque, au lendemain de la Fête des Fous, au premier jour de l’année, il n’y avait normalement que peu d’activité. Où que l’on se trouve sur Rhaëg, on se remettait des excès de la veille et on savourait les promesses de l’année à venir. Aussi, Arjuna n’avait-il pas prévu, pour une fois, de se lever particulièrement tôt. Même s’ils n’avaient pas bu beaucoup d’alcool la veille, lui et Dak – et Chichi – étaient rentrés de Lòmëanor suffisamment tard – ou tôt selon le point de vue – pour savourer quelques heures de sommeil.

C’était sans compter sur le chant des dragons qui retentit à l’aube à travers le Kaerl.

Même si son maître lui en avait évidemment parlé, même si sa femme lui avait décrit la sienne, Aru n’avait encore jamais assisté à une Éclosion. De ce qu’il en savait – et il avait écouté avec attention les cours de Peddyr et étudié les Archives conseillées – la dernière avait eu lieu au dixième jour d’Eurilyaku, une quinzaine avant que Dak ne vienne le chercher à Itzahuacán. La Reine Niàllan, elle, avait Volé plus tôt dans l’été et couvait à présent ses œufs sur les Sables jusqu’au moment où son chant indiquerait au Kaerl tout entier qu’ils étaient prêts à éclore. Peddyr lui avait expliqué tout ça, lorsqu’il avait déclaré qu’il le jugeait prêt à se présenter sur les Sables. Lui et Sveargith avaient même tenté de lui décrire le chant de bienvenue. Mais c’était une chose de savoir que les dragons chantaient pour célébrer la naissance des leurs…. et une autre de l’entendre. Si bien que le torhil, qui dormait comme un bienheureux, ne comprit pas immédiatement ce qui se passait.

Ce furent la voix de Dakarai à ses oreilles et celle de Chisongo sous son crâne qui le réveillèrent en sursaut.

« Aru ! Aru ! Réveille-toi ! C’est l’Éclosion ! »

*La Reine chante ! Les petits arrivent !*

Soudain parfaitement réveillé, poussé par une vague d’excitation et d’impatience – qui n’était sans doute pas que de son fait, ses barrières mentales n’étaient pas encore assez solides pour résister à un réveil en sursaut – autant que par le chant qui retentissait dans tout le Kaerl et dans la gorge de Chichi, le forgeron sauta du lit. Dak, aussi vive que d’ordinaire, était bien évidemment déjà debout et lui jetait une tunique blanche à la figure. La tunique blanche. Celle qu’il avait achetée lorsque son maître l’avait estimé prêt à recevoir l’Empreinte. Il l’enfila rapidement par-dessus le premier pantalon qu’il attrapa et qui se trouva donc être le bleu marine de son costume de la veille. C’était aussi bien, Éclosion matinale ou non, nouvelle année ou pas, on était toujours en plein hiver et il faisait froid.

Arjuna joua des épaules sous le tissu blanc et brodé, à la fois pour le faire tomber correctement et pour essayer de dissiper sa nervosité. Le tunique elle-même ne faisait rien pour l’aider. C’était la tenue traditionnelle des candidats à l’Empreinte, il le savait, mais il ne se sentait pas à son aise, malgré le travail de la couturière qui la lui avait taillée sur mesure. Il ne portait jamais de blanc d’habitude, c’était bien trop salissant pour ses activités quotidiennes. Et il ne possédait aucune tenue si finement brodée, sauf celles pour les grandes occasions, comme la veste de son mariage ou celle de son costume de la veille. La couturière avait balayé ses objections d’un revers de main, arguant qu’une Éclosion était une occasion spéciale et qu’elle aurait honte de lui fournir une chemise dépouillée pour un si grand événement. Sachant que Dak aurait sans doute dit la même chose, Aru avait cédé. Mais, à présent, il le regrettait presque. Comme la veille justement, il se sentait costumé. Sauf que, la veille, c’était la Fête des Fous, la nuit où tout était sens dessus dessous, dont le but était d’induire Kaziel, le dieu du Chaos en erreur. Ce matin, si Flarmya le voulait bien, il devait rencontre son âme sœur. Il n’avait aucune envie de l’induire en erreur…

Une pensée s’immisça soudain sous son crâne, le détournant de ses réflexions nerveuses, pour lui annoncer l’arrivée de son maître et de son Lié qui se posa sur le balcon de l’appartement. Aru salua Sveargith par la pensée, avant de se tourner vers sa Furie, qui l’enlaça en lui souhaitant bonne chance. Il lui rendit son étreinte et son baiser, puis se détacha d’elle pour aller rejoindre le reste de sa Triade, en adressant au passage un sourire à Chishongo.

« Bonjour Maître, salua-t-il Peddyr en tâchant de lui offrir un visage calme comme à son habitude. Bonjour Sveargith. »

S’il parvenait peut-être à donner le change à l’ex-Ambassadeur – et encore, celui-ci n’était sans doute pas dupe – le dragon brun était probablement conscient des émotions qui bouillonnaient dans l’esprit de son aspirant. Il y avait de la nervosité, du stress, de l’excitation, de l’appréhension… En revanche, la fatigue due au manque de sommeil, elle était pour l’instant reléguée bien loin par l’effet de l’adrénaline.

Aru s’approcha du brun et grimpa sur son coup sans hésitation, comme il le faisait depuis cinq mois qu’il était arrivé au Màr Menel. Quelques instants plus tard, ses maîtres le déposaient sur les Sables d’Éclosion, et le torhil retint son souffle. Il avait déjà visité la grande caverne, bien sûr, Peddyr y avait veillé, mais rapidement pour ne pas déranger la Reine qui y couvait. Or, là, la Reine n’était pas du tout dérangée par les visites, bien au contraire. Et le torhil put ainsi admirer sans scrupule l’immense cavité… même si ses yeux revenaient inévitablement sur la scène principale. La dragonne, déjà, était impressionnante. Arjuna fréquentait Chishongo tous les jours mais Niàllan semblait différente. Peut-être par sa position de sphynx ? Par la lueur qu’elle irradiait ? Par les œufs qu’elle couvait toujours, même si elle invitait les candidats à s’approcher ? Les œufs. Ils paraissaient à la fois grands et petits, à la fois nombreux et très peu. L’un d’eux contenait-il son futur Lié ? Lorsqu’il était arrivé au Kaerl, à la fin d’Eurilyaku, Aru ne songeait même pas au Lien qui pourrait un jour l’unir à un dragon. Il avait retrouvé Dak et c’était tout ce qui comptait. Mais, au fil des mois, il s’était mis à espérer.

Le souffle court, malgré son habitude des travaux à la forge, le torhil adressa un dernier regard à Peddyr et Sveargith, puis s’avança sur les Sables, vers les œufs et la Reine qui les veillait. Il s’arrêta à bonne distance, là où il pouvait embrasser toute la couvée d’un coup d’œil et retint sa respiration en voyant un des plus petits commencer à bouger.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 20 Jan 2021 - 19:28

Une voix, par-dessus la tourmente des bourrasques, prononçait son nom. Et cette voix, bien qu’affaiblie par les éléments et la fatigue de son propriétaire, lui était parfaitement connue : c’était son père qui l’appelait ainsi, en bravant les dangers de cette saison où les tempêtes étaient encore dangereuses, où toute sortie d’Ablah pouvait conduire à une catastrophe. Malgré cela, malgré son côté raisonnable et, avait cru son fils, un peu froid à son endroit, Leonyd Gwened était à sa recherche. Et lui, qui assistait à la scène, ne pouvait se faire comprendre d’aucune manière, pas plus qu’il n’était parvenu, par la lettre qu’il avait laissée lors de son départ de la cité du savoir, à convaincre son paternel de l’oublier simplement, de l’abandonner à un nouveau destin dont il n’avait rien pu dire clairement, secret sur l’existence des dragons oblige.

Nuit après nuit, ses cauchemars lui avaient montré tous les pièges de ces altitudes extrêmes, s’ouvrir sous les pas de son père : crevasse, éboulement, bêtes sauvages, températures polaires, épuisement, avalanche, les raisons de connaître une fin prématurée dans ces étendues au trompeur caractère immaculé ne manquaient pas. Et à chaque fois, Tristan s’était montré absolument impuissant à prévenir son plus proche parent du danger, à détourner ses pas de la vaine recherche dans laquelle il s’était engagé. Leonyd ne le voyait pas, ne l’entendait pas, et continuait droit vers le funeste destin qui l’attendait.

Inévitablement, l’épilogue de ces épisodes consistait en un réveil en sursaut, le cœur battant, et le front brûlant, malgré les cristaux de glace qui parsemaient ses draps. Maintenant qu’il avait cessé de refuser de voir les effets de sa magie, ou peut-être, parce qu’ils étaient si évidents dans ces moments, Tristan commençait à les accepter. Ce qui ne rendait pas ses nuits plus sereines, ni ses journées plus simples, à tenter de faire abstraction de sa fatigue, sa culpabilité et ses restants de fièvre nocturne. Il avait espéré que, les jours passants, cela s’apaiserait, mais le temps s’écoulait, et son cœur se serrait toujours autant quand quoi que ce soit lui évoquait Ablah ou ses habitants. Quelle folie avait pris son père, de partir sur ses traces -inexistantes- à une saison pareille ?


Cette nuit-là n’avait pas été différente des autres pour l’aspirant. Au-dehors, au kaerl, à Lomëanor, et jusque dans bien des recoins de Rhaëg, on avait souvent peu dormi, mais la raison en était toute autre : il s’agissait de la fête des fous, dernier jour de l’année où toutes les extravagances étaient de mise pour tenter de tromper le dieu du chaos. Le rouquin, lui, n’avait pas la moindre envie de se mêler à un divertissement qui ne s’accordait aucunement à son état d’esprit : conscient de n’être capable que du rôle de trouble-fête, il avait préféré rester enfermé dans ses appartements, seul avec ses cauchemars et sa culpabilité. Dire qu’il avait cru que Leonyd ne se souciait que peu de lui… L’étendue de son erreur lui donnait le vertige, le laissant assis au bord de sa couche, immobile de consternation et d’impuissance. Qu’aurait-il dû faire autrement ? Aurait-il mieux fait de refuser la proposition de Ciryandil, de rester à Ablah ?

Impossible. Le prix de tout ce que lui avait fait découvrir le Màr Menel, depuis une année qu’il s’y trouvait, lui semblait trop énorme. Et pourtant, n’aurait-il pas dû être prêt à le payer, pour son père qui, lui, avait mis en jeu tout ce qu’il possédait pour tenter de le retrouver ? Un claquement caractéristique vint le tirer de ces vaines pensées, celui d’une main toquant à sa porte. Etait-il déjà si tard ? Ou s’agissait-il d’un plaisantin mal remis de sa nuit agitée ? Essuyant son front d’un geste vif, il passa en hâte une veste et un pantalon par-dessus ses vêtements de nuit, et alla ouvrir pour trouver, de l’autre côté…
« Maîtresse Sable ? »


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 27 Jan 2021 - 19:05

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Maîtresse Sable Lewë, Liée à la Bleue Asra

Asra s’éveilla la première, puis ce fut son chant, grave et chuchotant, qui tira Sable du sommeil. La nuit avait été courte, mais pas pour les raisons qu’on aurait pu croire. À défaut de trouver sous ses doigts le contact familier de ses draps, elle entendit le crissement du papier, et, ouvrant à demi un œil encore noyé de rêves, avisa avec un sourire qu’elle s’était endormie livre en main. Éphialtès avait ramené de son exil bon nombre de recueils, dont les pages jaunies, ornées de poésies et de contes plus extravagants les uns que les autres étaient imprégnées d’une fantastique odeur de sable, de chaleur, de couleurs et d’odeurs épicées. Qui aurait pu croire qu’il s’intéresse ainsi à une autre littérature que celle de la stratégie, de l’histoire et des lois ? Certainement pas son ancienne élève, mais si elle n’était plus assez naïve pour croire qu’il avait collectionné ces livres en pensant à elle, elle s’autorisait toutefois à se laisser distraire par cette pensée.  

Un fantasme illusoire n’en n’était pas moins réconfortant. À quoi d’autre pouvaient-ils bien servir, puisqu’il était certain qu’ils ne se réaliseraient pas ?

Cinq Lunes s’étaient écoulées depuis le retour des Héritiers Perdus de Chantevent. Cinq Lunes, également, depuis la dernière Empreinte qui avait tant ébranlé les certitudes du jeune Tristan. La Maîtresse Bleue referma délicatement son bouquin avant de se lever, d’enfiler une robe de chambre et de s’avancer jusqu’au balcon où fredonnait sa Liée, paupières mi-closes. L’aube blanche la fit frissonner.

° Quel meilleur moment pour venir au monde que l’aube du premier jour d’une nouvelle année ? °
° Tout dépend ce que l’on souhaite accomplir. °

Sable se mordit distraitement la lèvre avant de retourner dans le confort de ses appartements. Après une toilette sommaire, elle se vêtit d’une sobre robe bleu nuit aux manches et au col bordés de fourrure, puis prit le temps de démêler sa lourde chevelure céruléenne. Ses pensées se dirigèrent naturellement vers Tristan. Le jeune Neishaan avait beaucoup progressé depuis l’été, mais depuis quelques jours, maintenant que l’hiver s’était installé sur Tol Orëa, il avait semblé perdre une nouvelle fois pied. Quelque chose le tourmentait, mais il ne s’en était pas encore ouvert à elle. Sable savait se montrer patiente. Tout comme lui, elle préférait observer avant de prendre une décision, avant d’agir. Peut-être parce que l’idée d’une discussion trop personnelle l’intimidait, elle n’avait pas tenté d’accélérer les choses et avait laissé son élève passer sous silence les cernes et le regard lointain, jugeant – espérant – qu’ils sauraient tous deux reconnaître le moment où il ne leur serait plus possible d’éviter les confidences.

Sur le balcon, Asra étendit ses ailes et ouvrit la gueule en un prodigieux bâillement, tournant vers son Âme Sœur son regard nacré. La Dragonne ne disait jamais rien, mais Sable savait qu’en temps voulu, elle ne manquerait pas de lui dresser l’inventaire exhaustif de toutes ses fautes avec la même froideur acharnée et le même désintérêt que les vagues venaient mordre les falaises pour les réduire en poussière.

L’Elfe passa une dernière fois ses doigts dans ses boucles, jeta sa cape sur ses épaules. Il était temps d’aller trouver leur Aspirant qui, elle en était sûre, ne viendrait pas grossir les rangs des fêtards de la veille. Les couloirs des Spires étaient déjà parcourus d’un flux d’excitation. Il y avait des Maîtres à l’air austère qui tambourinaient sévèrement à la porte d’un élève sans doute un peu trop dissipé, mais aussi des Aspirants extrêmement bien réveillés qui tentaient de véhiculer leur enthousiasme à un professeur pourtant visiblement occupé à se masser le crâne. La Maîtresse Bleue observait ce remue-ménage désormais bien familier avec un détachement paisible, l’ombre d’un sourire en demi-teintes au creux de ses joues pâles.

Tenant les liens de sa cape d’une main, une fois arrivée à destination, elle toqua doucement de l’autre à la porte de Tristan. Le Neishaan l’accueillit avec un air surpris, et un rapide examen de sa mine quelque peu hagarde informa l’Elfe qu’il n’avait guère profité de la nuit pour se reposer. Contrairement à d’autres, le voile devant ses iris d’ambre lui donnait plus l’air d’avoir vu un fantôme que d’avoir passé la nuit à abuser de substances.

« Bonjour Tristan. » Sable inclina la tête en guise de salutation. « Je suis navrée de vous déranger à cette heure… » Deux adolescents la dépassèrent en courant et elle dut se retenir à l’encadrement de la porte pour ne pas être emportée par leur élan. Avec un soupir, elle adressa un sourire contrit à Tristan. « Puis-je entrer ? Ce ne sera pas long, promis. »

Réservée et timide, elle ne s’autorisa pas un seul regard autour d’elle, le dos résolument collé à la porte afin d’occuper le moins d’espace possible. « Avez-vous entendu les Dragons chanter ? La Reine Niàllan appelle les futurs Liés de ses enfants à la rejoindre sur les Sables. »


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Par les chemins que l'on prend
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Dernière édition par Oracle Tol Orëanéen le Mer 3 Fév 2021 - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 31 Jan 2021 - 11:50

Perdu en lui-même, l’Aspirant n’avait pas remarqué le remue-ménage qui enflait autour dans la totalité des Spires. L’eût-il fait, qu’il l’aurait sans doute attribué à la fête de la nuit, et qui pouvait, pour certains, se prolonger bien au-delà – qu’en savait-il, après tout ? Il n’était tellement pas familier de ces réjouissances, malgré plus d’un cycle désormais passé au kaerl Céleste... C’est d’ailleurs ainsi qu’il interpréta le passage hâtif de deux jeunes personnes, lesquelles faillirent presque arracher Sable à sa tâche, en l’attachant à leur sillage. Comprenant fort bien l’envie de la sang-mêlé de se mettre à l’abri de ce genre de manifestations d’enthousiasme, il se recula pour la laisser entrer, lui faisant signe d’avancer, en attente de ce qui lui allait être annoncé.

Il sursauta lorsqu’elle lui dévoila la raison de sa venue, et chercha brièvement confirmation dans son regard. Elle s’y trouvait. Bien sûr, il n’ignorait pas qu’une Reine couvait actuellement sur les sables de la grande caverne, car le vol d’une dragonne suscitait toujours une excitation nouvelle parmi les Aspirants. Et celui d’une Dorée, plus encore... Cependant, l’information était tellement passée en arrière-plan de son esprit ces derniers jours, qu’en redécouvrir la réalité lui fit presque l’effet d’une gifle. Avec cela, une impression de distorsion du temps, donnant aux premières rumeurs entendues sur ce vol une apparence encore toutes proches, le conduisit à lâcher une brève exclamation :
« Déjà ? »

Son doute fut cependant de courte durée. Il savait ce qu’il avait à faire. La tunique blanche, trop belle pour lui, mais soigneusement préparée par sa Maîtresse, et dont il avait stupidement gâché la première apparition, l’attendait pliée à sa place. En quelques pas suivis de quelques gestes, sans qu’aucune hésitation ne soit perceptible, mais avec quelques saccades, il l’avait sortie et déployée devant lui, forme immaculée qui lui renvoyait pourtant tant d’ombres. Si encore il n’y avait eu que la ruine de sa chance précédente… Mais une nouvelle interrogation, insupportable, se posait désormais : s’il était certain qu’il devait se rendre sur les Sables, sous peine de rendre totalement vaines les conséquences de sa disparition d’Ablah, pouvait-il prétendre que même une réussite à l’Empreinte rendrait sa décision de partir moins coupable ?

Comme en réponse, plusieurs fines étoiles de givre apparurent sur l’habit de Candidat.  Il se retourna vers la Liée d’Asra, lui lançant un regard semblable au message de détresse d’un navire pris dans la tempête.
« Je n’arrive pas à... contrôler cette magie. Pas tout le temps. Pas beaucoup en ce moment. J’ai peur de… de blesser quelqu’un. Ou un petit. »
L’idée de faire involontairement du mal à un dragonneau – sans doute destiné à un autre – était si insoutenable qu’il détourna les yeux pour les reposer sur l’étoffe pâle sur laquelle ses doigts se crispaient, et où étaient venues s’ajouter de nouvelles étoiles. Plus il y pensait, moins il lui semblait se maîtriser. La Dorée saurait certainement protéger ses enfants, mais se pouvait-il qu’il soit venu au Màr Menel uniquement pour éprouver le tranchant des griffes ou des crocs d’une de ces créatures de légende ?


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 3 Fév 2021 - 11:51

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« Il semblerait. » affirma la Maîtresse avec un discret hochement de tête et un maigre sourire contrit, réservé, en réponse à l’exclamation surprise du jeune homme. Elle aurait souhaité qu’il ait profité de ces quelques Lunes pour se préparer à l’éventualité d’une Empreinte prochaine – mais pouvait-on vraiment être prêt à un tel bouleversement ? Sans élaborer à ce sujet, elle l’observa tandis qu’il allait chercher la tunique cérémonielle et la dépliait devant lui. Une partie de la Sang-Mêlé se flattait qu’il l’ait conservée malgré tout, mais elle se garda d’en faire la remarque, écoutant plutôt ce que l’Aspirant avait à dire.

Elle s’approcha à petits pas, venant se placer aux côtés de son Aspirant mais maintenant une distance respectable. Du bout des doigts, elle effleura l’étoffe de la tunique blanche, et les étoiles de givre s’effacèrent sous la tiédeur de ses caresses distraites. Elle laissa le silence s’installer tandis qu’elle s’imprégnait des paroles de Tristan, songeant qu’elle aurait aimé être capable de faire disparaître les crispations de sa main avec la même aisance qu’il lui était possible de lisser le tissu sous ses doigts. L’hésitation ainsi qu’une lointaine forme de crainte l’empêchèrent d’avoir envers lui un geste d’apaisement. Dans ses iris d’ambre, la Sang-Mêlé entendait avec clarté les échos d’un appel à l’aide – mais, à bien des égards, elle n’était qu’un rivage pour accueillir les âmes des naufragés. Elle n’avait jamais su sauver que ceux qui avaient déjà perdu.

« Vous verrez lorsque vous y serez. Le chant des Dragons a le don de réchauffer même le cœur de l’hiver. Et puis, une Éclosion est un moment d’allégresse. Lorsque les premiers Dragons perceront leur coquille, vous aurez tôt fait d’oublier vos doutes. » déclara-t-elle finalement, détournant son regard pâle de celui, dans l’attente, du Neishaan. La poitrine serrée par un révoltant mais familier sentiment d’impuissance, ses propres mots avaient contre sa langue un tel arrière-goût désolant de poussière et d’écume qu’elle regrettait presque de les avoir prononcés.

Elle ne pouvait pas flancher devant son élève, qui n’attendait sûrement d’elle que réconfort et l’espoir de certitudes. Elle ne pouvait pas lui avouer que ce n’était pas son échec qui l’effrayait, mais qu’en dépit du bon sens, celui-là lui renvoyait forcément l’image d’une Maîtresse incapable de remplir son rôle – et que, si elle avait seulement arrêté de se mentir à elle-même, elle aurait pu constater et accepter que cela n’était que la continuation logique d’une vie marquée par la médiocrité. Autour de son âme, l’étreinte glaciale d’Asra se fit plus étroite. S’apitoyer sur son sort était une absurdité ; on faisait les choses ou on ne les faisait pas. Le monde était injuste et inégal. Certains brillaient et d’autres s’effaçaient, mais il n’y avait aucune honte à cela car ce n’était rien de plus que l’ordre des choses. S’apitoyer sur son sort était d’autant plus absurde quand on ne se comparait jamais qu’à meilleur que soi – ° Ou bien trouves-tu du plaisir dans la souffrance ? Une excuse à la passivité ? °

La Sang-Mêlé laissa à sa Liée le soin de répondre elle-même à ces interrogations. Relevant le nez de sa vague contemplation de la tunique étendue devant eux, elle rassembla tout son courage pour offrir à Tristan un sourire confiant. « Malgré tout cela, si cela ne suffisait pas à vous apaiser, Asra et moi serons juste derrière vous. Vous savez que vous pouvez nous faire confiance, Tristan, n’est-ce pas ? »

La Bleue gronda son approbation dans l’esprit de la Maîtresse et de l’élève, avare autant de paroles que de sentiments, mais pas complètement dénuée de bonnes intentions. Elle ne croyait pas plus en la réussite de leur Aspirant qu’elle n’était capable de se persuader d’un nouvel échec : selon elle, il était inutile de se perdre en conjectures lorsque la véritable réponse se trouvait à portée de main. Elle respectait l’appréhension du jeune Neishaan sans pour autant la comprendre, se faisant une fois de plus le miroir parfait de son Âme Sœur, qui reconnaissait la peur de son Aspirant mais cherchait inlassablement à en chasser l’ombre.

Les mains sagement jointes sous son ventre, Sable se recula d’un pas. « Je vous laisse vous préparer ? Je vous attendrai devant la porte. »


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeLun 15 Fév 2021 - 22:24

La présence de sa Maîtresse, quoique presque vaporeuse, avait le mérite d'exister. Sans parvenir à formuler la nature de son trouble, il hocha la tête à ses paroles. Si elle y croyait, il devait s'efforcer, lui aussi, de les tenir pour vraies. C'était sans doute peu, mais pouvait-il réclamer davantage ? Il avait déjà causé suffisamment de soucis à ses responsables, la dernière fois... Le regret de ne pas parvenir à expliquer quel fantôme le hantait depuis peu, continuait à s'attarder, mais la tranquille confiance arborée par la Liée d'Asra stoppa ses velléités d'introduire la question, en cela soutenue par un certain sentiment d'urgence.

Il comprenait mieux le tohu-bohu des escaliers, maintenant, et une part de lui-même voulait juste oublier tout le reste, pour s'y abandonner comme tant d'autres aspirants d'aujourd'hui ou d'hier. Qu'est-ce qui le retenait de s'oublier à un enthousiasme spontané, à un espoir plus grand que les bipèdes ? Dans tous les cas, il ne devait pas rester là à s'emplir d'hésitations et de regrets, au risque d'en récolter encore davantage.
" Bien sûr. Merci, "
émit-il à la fois à l'intention de la sang-mêlé et de la dragonne. Un nouveau hochement de tête accéda à la proposition de Sable, qui allait l'attendre de l'autre côté du seuil.

Sitôt qu'elle eût refermé derrière elle, il s'activa pour se rendre présentable, du moins autant qu'il lui était possible quand il s'agissait de faire face à une Dorée. Il s'humidifia le visage en repoussant les mèches qui cherchaient à s'y coller, échangea ses habits quelconques contre le vêtement immaculé qui lui semblait toujours trop raffiné pour lui, et glissa ses pieds dans les godillots informes qu'il portait chaque jour. Un instant, il hésita devant son bonnet. Une telle protection ne se montrerait certainement pas nécessaire sur la chaleur des sables d'éclosion, mais l'objet représentait bien davantage pour lui... Il l'abandonna cependant, songeant qu'il ne pouvait se dissimuler ne serait-ce que si peu devant une reine dragonne, et fourra plutôt dans sa main un grand mouchoir bleu pâle.

Après l'avoir inauguré en essuyant son front qui s'humidifiait déjà, il se décida à émerger de ses quartiers. Maîtresse Lewë l'attendait, comme promis, et il se demanda si elle était restée là pour lui indiquer la bonne direction, pour le cas où il aurait cédé à la même faiblesse que la fois précédente.
" Allons-y, "
assura-t-il avec une feinte assurance, comme pour conjurer le sort, la devançant dans les couloirs. Il était impossible de s'y perdre par inadvertance : tous convergeaient vers le même endroit, tout le Kaerl Céleste se rendait à la grande caverne où couvait la future mère, pour assister à la glorieuse naissance d'une nouvelle génération de couples Liés au-delà de l'entendement des solitaires.



Tristan ne chercha pas à réengager la conversation, tentant plutôt de se persuader que tous ses devoirs le menaient lui aussi en ce lieu central du Màr Menel : oui, il devait s'y rendre et s'efforcer de faire honneur à ceux qui le lui avaient permis, qu'il s'agisse de Sable et Asra, ou Ciryandil et Aramanth, et jusqu'à chaque chevalier croisé au fil de la large année passée ici. Mais aussi, où qu'ils soient désormais, à ceux d'Ablah, à commencer par ses parents. Etaient-ils réunis désormais ? Pouvaient-ils voir ce qu'il advenait de lui ? Etaient-ils apaisés, enfin libérés des innombrables épreuves de la vie ?

Le chant des dragons qui s'amplifiait l'incita à chasser ces tristes pensées. Instinctivement, il s'était mis à marcher de plus en plus vite à mesure qu'il approchait, et c'est sans bien réaliser quel chemin il avait suivi, qu'il déboula soudain devant les sables, au pied des gradins... et sous le regard de la gardienne actuelle des lieux, magnifique ainsi qu'il se devait. Celle-ci semblait cependant dénuée de la férocité qu'il avait perçue lors de l'Empreinte à laquelle il avait assisté en spectateur émerveillé, aux premiers temps de son arrivée au kaerl. Comme en retrait, se trouvait aussi un bronze resplendissant de fierté, et il ne fallait pas être devin pour deviner son rôle dans cette couvée.

Se retournant vers Sable, il lui adressa bravement un signe du menton, puis alla prendre la place qui était la sienne, parmi les tuniques blanches déjà nombreuses. Et, cédant pour une fois au commun de ses congénères, il ne résista pas lorsque son regard se trouva attiré par les reflets pâles sur l'arrondi opalescent des coquilles. De grands œufs, des petits, qui d'ailleurs remuaient déjà, des proches, des plus lointains, et... Comme pour marquer son respect à la reine, le rouquin s'agenouilla, mais ce geste était avant tout inspiré par le besoin de poser ses mains sur le sable brûlant, alors que son cœur se serrait en apercevant les deux ovales écartés par leur mère. Des embryons non viables, forcément, pour qu'elle ait agi ainsi, mais la vision n'en était pas moins attristante.

L'aspirant avait donc posé ses paumes sur le sol, espérant que si glace il devait y avoir, elle fondrait rapidement au contact des grains de silice chauds, réduisant ainsi à néant la menace qu'il craignait de faire peser sur l'assemblée. Il sentait déjà le contre-coup se manifester, et porta furtivement le mouchoir d'azur pâle à son front : quel piètre allure il devait présenter devant la dragonne... Et tandis que ses idées commençaient à s'empoisser dans le brouillard bien trop familier qui se levait en lui, il tenta de se souvenir des conseils prodigués par sa Maîtresse en prévision de cet instant.

Il devait se concentrer, être un bon aspirant. Se tenir prêt à accueillir les dragonneaux, leur garder son esprit ouvert, avec reconnaissance... Plus facile à dire qu'à faire, même si le dernier élément restait évident. Il releva les yeux vers Niàllan, brièvement, et les rabaissa presque aussitôt, conscient de son insignifiance. Comment aurait-il pu en être autrement ? La mère était si rayonnante, touchée par la grâce de Flarmya... Presque inconsciemment, les yeux du neishaan se tournèrent vers les gradins, cherchant une autre silhouette bénie de la déesse. Quand il s'en rendit compte, il les reposa promptement sur le tissu bleuté serré dans son poing, le rouge lui montant au visage.

HJ:
 


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMar 23 Fév 2021 - 16:56

La nuit avait longue et pas que pour les participants à la Fête des Fous. Devant la fenêtre grande ouverte de ses appartements, Peddyr contemplait le lointain, comme pour être le premier à capter les toutes premières lueurs de cette période annuelle qui débutait. Bien du monde avait fêté la fin de la précédente, dans la liesse des danses, des rires et des chants, le tout accompagné de généreuses descentes des boissons nombreuses et variées, alcoolisées ou pas. En tout cas, le matin tout proche offrirait son lot de visages fatigués, marqués par la nuitée quelque peu ajournée par les longues festivités ou par une bonne gueule de bois.

Peddyr n'y avait pas participé, préférant s'abstenir pour bon nombre de raisons. Elles n'étaient pas nombreuses, mais là, debout à sa fenêtre à fixer le ciel ténébreux de la nuit qui s'achevait, il préférait ne pas y songer. La Fête des Fous était terminée depuis quelques bonnes heures pour les derniers festifs. Et puis, de toute façon, il n'avait de compte à rendre à personne pour son absence. Sa présence n'avait pas été obligatoire, dans tous les cas.

L'air était mordant au contact de sa peau. Le Maître Brun le ressentait, frissonnait à son contact. Cela avait le mérite d'être vivifiant pour le tenir éveillé. Derrière lui, dans l'immense âtre qui était le point névralgique de la chaleur à dispenser dans son habitat, une énorme buche se fendit en deux, en crépitant. Peut être qu'il n'avait pas participer à la Fête des Fous, mais avait-il songé à une tradition plus terre à terre, moins remuante, comme celle d'honorer les ancêtres en les invitant à se réchauffer auprès de son feu.

Doucement, le jour pointa, rendant le ciel de plus en plus lumineux, malgré la grisaille qui demeurait sur la voûte céleste. On entendit un dragon qui s'étira, par le craquement doux des écailles qui composaient sa lourde cuirasse naturelle. Sveargith venait de se réveiller et s'étirait tel un grand félin. Il baîlla et constata que son lié était éveillé.

°Déjà debout ? hum... on dirait que tu n'as pas dormi de la nuit.°
°Rassure toi, j'ai dormi... °
°Quelques heures et encore.... Je sens la fatigue dans les fibres de ton corps...°
°Tu te fais trop de soucis pour moi... Tiens, ne serait-ce pas...... ?
°Si. C'est l'heure. A croire que les Dieux ont décidé de remuer les choses pour contempler le visage fatigué des candidats qui ont trop fait la fête...°

Peddyr ne put s'empêcher de faire un petit sourire et quitta le palier de sa fenêtre pour se préparer. La Reine Dorée Niàllan chantait, annonçant que le temps était venu pour les possibles et futurs liés de se présenter sur les Sables. Aujourd'hui, son Aspirant, Arjuna Tlaloc, participait à l'Eclosion. Pour le Maître Brun, il avait toutes ses chances de réussir.

°Bon, si tu allais t'habiller maintenant ? °

Rabat-joie, songea avec amusement son lié. Pour sa tenue, il avait fait un effort cette fois. Bien que la tenue de lin complète, teintée d'un ocre brun très clair, paraissait modeste, il y avait de de nombreuses broderies qui partaient des épaules jusqu'aux poignets, qui mêlaient des écailles brunes et dorées, tissées de manière très stylisée. Et bien entendu, sa chevelure était noué en une simple queue de cheval et sa barbe de plusieurs jours étaient parfaitement taillée.

Ce fut une fois préparé et vêtu qu'il prit la voie des airs pour rejoindre le jeune homme, qui occupait les appartements de Dakarai et de sa Dorée Chisongo. Sveargith s'était annoncé, avant d'avoir la certitude de pouvoir se poser en toute politesse. Arjuna était déjà prêt. Svaergith lui rendit son salut, avant de se poser en douceur. L'Aspirant portait un magnifique ensemble blanc, digne de toute Empreinte. Une fois un dernier baiser matinal offert à sa douce, le Torhil vint rejoindre son Maître et son Lié.

''Bien le bonjour, Aspirant Arjuna ! C'est un grand jour pour toi ! ''

Le pauvre, il était marqué par la fatigue. Peddyr fit comme s'il n'avait rien vu. Un jour comme celui-ci avait toute son importance dans sa prochaine existence comme chevalier-dragon. Elle devait être mémorable, devenir un souvenir unique et magnifique.

L'Aspirant rejoignit Peddyr sur le dos puissant du Brun, qui, une fois les deux bipèdes bien sanglé, décolla pour rejoindre les Sables d'Eclosion. En douceur, le Brun se posa, permit à Arjuna de descendre de telle façon que sa tenue blanche demeurerait impeccable. Le jeune homme paraissait hésitant. Quoi de plus étonnant quand on allait s'approcher d'une Dragonne Dorée qui veillait jalousement à ses futurs enfants à éclore. On avait beau présenter les lieux, quand venait le Jour, on demeurait toujours subjugué, apeuré, fébrile.

L'humain croisa le regard de son Aspirant, lui adressa un regard encourageant et le regarda pénétrer sur les Sables.

°Rejoignons les tribunes.°

Même si cela faisait maintenant quelques années que Peddyr avait marqué Svear', cela lui faisait toujours quelque chose au coeur de voir une Eclosion. Une fois qu'il eut trouvé sa place, il prit le temps de se rappeler sa propre Empreinte... Lui, l'Aspirant qui avait passé l'âge de la trentaine quand il s'était présenté sur les Sables. Bon nombre de doutes s'était porté alors sur ses chances de réussir... Et il y eut Svear'. Et maintenant, une nouvelle génération de chevaliers-dragons allait prendre sa place au sein du Màr Menel.


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 18 Avr 2021 - 13:19


Là où des reflets d'un vert d'absinthe scintillaient dans le fier regard du Bronze père de couvée, les iris ronds de la Reine Dorée se teintèrent du lueurs soufrées trahissant l'évidence de son tourment ;  une bile émue inhérente à toutes les mères confiant leur trop précieuse progéniture vers un avenir inconnu dans des bras qui l'étaient tout autant.
Les pâles reflets du soleil mourraient sans honte le long des écailles peintes d'or de la dragonne mais s'attardaient de bonne grâce à l'envelopper d'une tiédeur bienveillante et timide, déposée là comme un voile de soie sur la chevelure d'une future mariée. Pourtant, malgré cette attention venue toute droite des cieux et tissée de mains divines, la Reine demeurait inévitablement inquiète sans pour autant se départir de sa prestance innée.
S'efforçant de rester digne et faire monstrance de sérénité, Niàllan avait pourtant adopté une posture sensiblement plus protectrice à l'intention des coquilles qui s'agitaient sous son buste magnifique, brandi là comme un impénétrable bouclier pour quiconque oserait s'approcher de la chair de sa chair sans son consentement. L'heure d'une fatidique et naturelle séparation approchait à grands pas, corrélée par l'ascension distante de Solyae à son zénith. A cet instant précis, dans le coeur de toute dragonne s'apprêtant à confier sa descendance, résonnait insidieusement un viscéral appel primitif : un retour à l'état sauvage pour garder sienne sa couvée de la plus ivre des jalousies possessives. Cet écho ne durait que le temps de quelques ricochets d'un galet à la surface d'une onde lisse et sans heurts. Pourtant, le sang pulsait plus vivement dans la poitrine de la créature, mêlant les pas d'une orgueilleuse excitation à ceux  d'une triste fatalité dans une valse où résidait toute la beauté d'un poème à la fois grandiose et mélancolique.

Hirath, non loin, tout en restant en retrait du périmètre de sa concubine d'une nuit, sembla gonfler les épaules et les arcs formés par ses ailes pour appuyer la menace passive mimée par sa souveraine. Les naseaux du mâle humaient l'air soufflé par cette dernière à mesure que son épaisse gueule cuirassée d'un métal rappelant le cuivre terne oscillait lentement d'un bout à l'autre de la salle à proportion qu'approchaient ses Frères, ses Soeurs et leurs bipèdes. D'un bref mais implacable jugement, le Bronze autorisait l'arrivée de tel ou telle convive et laissait la décision finale revenir au seul choix de celle qui fut son épouse le temps d'un Vol. Alors qu'il gardait encore à distance les curieux trop enhardis de dévorer de l'oeil le trésor qu'était la couvée, Hirath remarqua et ressentit le flot d'émotions contre lequel la Reine faisait front. Alors qu'il délimita une dernière fois d'un grondement réprobateur la frontière à ne pas franchir entre le nid de Niàllan et la plèbe grandissante, le Bronze tâcha d'apaiser la Reine Dorée, avec prudence. Le regard et la tête bas en signe de respect, oubliant un temps l'effervescence grandissante de la foule, d'un fredonnement composé de quelques feulements doux chantonnés à demi-ton, Hirath fit virevolter jusqu'à elle promesses et réassurance pour ce jour glorieux avec une touchante tendresse.
Niàllan n'y fut pas insensible, et peu à peu la joie chassa la sévérité de sentiments plus austères.

D'une allégresse contenue - et possiblement encore quelque peu éméchée -, Aspirants, Chevaliers et Maîtres conquirent les lieux une énième fois afin d'assister à la magnificence de l'Empreinte. Il s'agissait de la toute première pour les plus jeunes arrivés au Màr Menel, mais ce spectacle suscitait la même vive passion chez les anciens du Kaerl qui, certes, ne s'en émouvaient peut-être plus de la même façon mais savaient l'apprécier pour sa valeur sacrée.
Uns à uns, les chants des dragons s'élevèrent et se joignirent en un écho à la fois merveilleux et stupéfiant, faisant vibrer les fondations millénaires de la céleste cité qui parut s'ébrouer de lointaines secousses sismiques. La pierre frissonna avec autant de facilité que la peau des bipèdes présents, tout à la fois émerveillés et terrassés par la puissance de cet hymne charrié dans le sein  de la matinale brise d'hiver qui s'insinuait avec aisance sous l'immense alcôve qui soutenait le haut plafond de la salle d'éclosion.
Peu à peu , chacun prit place dans la hâte mais le respect des traditions. De vieux amis se saluaient çà et là par de chaleureuses accolades accueillies à grands renforts de sourires entiers ; des Aspirants chapeautés par leur Maître dévoraient le tableau de toute la curiosité qui brillait dans leur regard luisant d'ébahissement. Il n'était d'ailleurs pas impossible que quelques uns d'entre eux loupèrent une marche où s'emmêlèrent les pieds en gardant le nez rivé vers la scène où se jouait la vie du Màr Menel. Mais, si la majorité accordait son attention à la statue d'or qui veillait encore sur ses oeufs, d'autres oeillades plus inquisitrices suivaient l'arrivée sur les Sables des candidats à cette Empreinte.
Tout vêtu de la toge cérémonielle qu'ils furent, rien ne suffisait à les dissimuler du jugement tout à la fois aimant et terrifiant que Niàllan leur assénait.

La Reine Dorée s'attarda à longuement détailler la première silhouette qui brava son approche.
Il s'agissait d'un homme de haute stature, modelé dans le plus lisse mais solide des argiles de Qahra. Son teint rappelant la coque des jeunes noisettes évoquait la solidité d'un tronc de chêne centenaire, un hâle doucereux et bienveillant qui dissimulait un bois tendre et un coeur viscéralement Bon. Ce fait était souligné par deux yeux d'un pâle laiton qui dévoilait volontiers la clarté de son âme. Ce solide et vaillant prétendant semblait prêt à recevoir l'illustre honneur de se lier, bien que la Reine flairait en lui la légitime peur de la tâche à venir, ou tout simplement d'un possible échec. Niàllan pénétra son esprit, s'octroyant le droit absolu de choisir à qui elle s'apprêtait à confier ses enfants. Il était certain que le torhil ressentirait le passage de la Dorée sur son âme qui souffla sur celle-ci tel un coup de vent balayant les pages d'un livre ouvert.
L'inquiétude chassée par l'assurance, les orbes de la dragonne regagnèrent une opalescence naturelle mais mystique. Dardant sur l'homme un glas de magistrat, Niàllan s'adressa à lui avec calme et profondeur dans le timbre d'une pensée solennelle.

** Avance, Arjuna Tlaloc Aspirant de Peddyr Thelrand. Tu es digne de te lier à l'un de mes descendants. ** Récita-t-elle, avec honneur et sincérité.

Puis, d'un mouvement lent et parfait, sa tête vint se diriger vers le second candidat, et elle en fit de même que pour son prédécesseur. Puis un troisième, un quatrième... Et ainsi de suite alors que le groupe grandissait en nombre. Tous prometteurs, tous aptes. Du moins jusqu'à l'arrivée du dernier. Sous des allures d'adolescent, presque garçonnet même par la candeur d'un visage qui ne manquait pourtant pas de caractère, un flocon couronné de flammes s'avança pour clore cette assemblée. Le neishaan avait déjà failli par le passé, à la fois prêt mais trop instable pour recevoir la bénédiction de Flarmya.
En silence, Niàllan l'observa s'agenouiller, incapable de décrocher la lourdeur de son discernement inquisitorial sur les frêles épaules du jeune homme. Elle pouvait flairer en lui toute la contradiction de son existence, de son être, de son entièreté : l'assurance se heurtait au doute, le feu à la glace, la lumière aux ténèbres. Il allait sans dire que la Reine était plus que récalcitrante à la venue de ce candidat qui semblait maudit, trop inconstant et trop peu apaisé pour se lier... Mais, dirigée par les valeurs qui modelaient son Kaerl et son statut, la Reine Dorée concéda à lui laisser sa chance, non sans y rechigner en silence. A l'instar des autres candidats, Niàllan sonda l'âme de cet étrange aspirant, longuement, précautionneusement. En lui résidaient autant de champs fleuris par les premières chaleurs de l'été que de montagnes stériles perpétuellement bercées de crépuscule, mais les fondements de son âme laissaient s'élever une bonté viscérale. En lui dansaient quelques éclats d'un chaos réminiscent... Un chaos plus aisé à dompter une fois que son esprit ne ferait plus qu'un en compagnie de son âme-soeur.    
Avec plus de sévérité que pour les autres candidats présents, Niàllan s'adressa finalement au dernier arrivé.

** Avance, Tristan Gwened Aspirant de Sable Lewë. Tu es digne de te lier à l'un de mes descendants. Tonna-t-elle, marquant un silence avant de proférer une sentence aux allures menaçantes. L'échec n'est plus permis, c'est ta dernière chance. **

Si le neishaan souffrait de cette remarque, sorte d'ultime épreuve avant le plus grand moment de sa vie, cela indiquerait qu'il n'était pas prêt. Niàllan, bien qu'étant une dragonne dénuée des caractères parfois pompeux de ses Soeurs Dorées, n'en demeurait pas moins Reine. Il était certes risqué de piquer à vif le jeune homme, mais elle le fit pour mieux l'inciter à s'armer du désir de réussir.

Et enfin, l'Heure de l'Empreinte sonna.
Par ce rituel ancré dans leurs os, le Chant des dragons se fit plus profond et plus grave encore, sacral et litanique, il se gonfla davantage alors que s'ajoutèrent les voix des derniers arrivés sur les Sables. Ils en appelaient à la venue au monde de leurs enfants à tous. Dès lors, tout devint solennel. Tout revêtit un caractère liturgique, une scène appuyée par les robes blanches qui se tenaient debout face à la Reine Dorée qui déroula son long cou pour pleinement dévoiler ses oeufs.
Comme souvent, il y avait plus de candidats que d'oeufs, mais force était d'admettre que la couvée était d'autant plus précieuse que plutôt clairsemée pour le fruit d'une Reine et d'un Bronze. On ne comptait qu'une petite dizaine de coquilles - douze, en tenant compte des deux écartées du reste du nid car non viables -, mais toutes étaient d'une taille présageant de grands dragons !

Stimulés par les vibrations émises grâce aux complexes tonalités du Chant de leurs aînés, les dragonneaux s'agitèrent avec plus de ferveur dans leur réceptacle nacré. Désireux d'enfin pointer le bout de leur museau, les petites pattes griffues s'affairèrent à gratter de l'intérieur la coque de leur oeuf pour enfin apparaître. Une robuste Bleue émergea dans une explosion de coquille, secouant la tête pour se débarrasser d'un éclat qui lui collait à la joue. La petite boule vivace d'un saphir rappelant les abysses se rua avec peu de maladresse vers une femme à la silhouette martiale, et les premiers applaudissements fusèrent dans une jubilation générale !
Un Blanc de belle envergure suivit le même parcours, chancelant sur ses premiers pas pour finalement cavaler vers un candidat qui l'accueillit avec une vive émotion. Les dragonneaux émergèrent les uns en même temps que les autres dans une effervescence bouillonnante pour faire régner cet étrange arc-en-ciel débordant de vie sur les Sables d'Eclosion.
Un Empereur Noir s'extirpa de son oeuf avec une certaine nonchalance et prit le temps de se donner un semblant de toilette avant d'étirer ses membres endormis. Témoignant déjà d'un fort caractère et probablement d'un brin d'orgueil, le dragon tout juste né s'en alla pavaner parmi ses prétendants avec des allures de coq. Il avisa tout d'abord le neishaan aux allures de fëalocë, s'approchant de lui avec le magnétisme d'un chat et sa démarche chaloupée de félin. Alors qu'il émit quelques miaulements peu féroces à son égard en guise de premier contact - rappelant ceux des lionceaux dans les savanes du Ssyl'Shar -, une pensée mal articulée franchit les barrières de l'esprit de Tristan...

** Mh... Es-ce que... Oh booouh, nion ! Pas toi ! **  

... Dont l'espoir naissant venait instamment de péricliter. L'Empereur Noir s'éloigna, le menton haut et fier, conquérir sa véritable et avérée moitié d'âme. Hélas, le nombre de dragonneaux à lier s'amenuisait bien vite...
Plusieurs candidats n'attendirent même pas la fin de l'Empreinte pour s'éloigner, comprenant d'avance que leur chance était passée. Le groupuscule tout de blanc cérémoniel s'étiola, les membres se dispersant tantôt avec des larmes roulant le long des joues et les bras vides tantôt chargés du plus précieux des présents.
Ils ne furent bientôt plus que deux face à Niàllan. Deux êtres en parfaite opposition, tant de caractère que d'enveloppe charnelle. Et devant eux ne s'agitait plus qu'un oeuf. Un seul, unique et dernier oeuf. Il était inévitable que du torhil ou du neishaan, un seul se verrait béni aujourd'hui.
Comme pour hâter la naissance de son petit dernier visiblement paresseux ou fatigué de lutter contre sa coquille, la Reine Dorée fit délicatement rouler son oeuf du bout du museau, avec tendresse. Elle lui murmura quelques cliquetis rassurants l'espace d'instants qui parurent une éternité. Si la Mère de couvée était confiante, l'inquiétude et le suspens grandissaient dans l'assemblée. Puis, après ce qui fut peut-être une longue minute, la surface lisse de la coquille se fissura enfin, sans pour autant encore dévoiler la couleur de la petite vie qui s'y débattait. Des pépiements en émanèrent tout d'abord avec timidité puis plus d'insistance et la coque de couleur crème se lézarda plus franchement.

Alors que tout le monde retenait son souffle, le cou arqué en direction de la scène distante pour mieux tenter d'apercevoir la couleur qui rutilait le long des écailles du dernier né, une frêle Verte apparût. Un tantinet étourdie par son effort, la dragonnelle s'extirpa lentement et vint se tenir face aux deux homme debout devant à elle. Au loin, la rumeur enflait déjà sur l'issue à venir. La Verte intimidée huma l'air en direction de Tristan, mais ne ressentit rien. Puis elle s'approcha d'Arjuna, le coeur tout aussi peu emballé, se fondant de couinements désespérés. Sa minuscule tête en pointe s'éleva vers le ciel et elle se mit à appeler son âme-soeur, car aucune d'elle ne répondait au nom du neishaan ni plus que du torhil...

« Je suis là ! J'arrive ! »
Scanda soudainement une jeune fille qui dévala les gradins à folle allure, des sanglots de bonheur noyant son visage éclairé de joie.

La petite Verte courut en sa direction et toutes deux se roulèrent sur le sable en une poignante étreinte. Alors, d'un côté éclata l'hilarité de cette Empreinte qui se terminait en beauté pour cette Aspirante qui n'avait pas été présentée devant Niàllan mais qui pourtant était prête. Mais de l'autre, un vide sidéral enveloppait les deux candidats qui ne furent pas marqués. Déjà la lourdeur de l'échec atterrit sur leurs épaules. Ils avaient raté leur Empreinte.
Quelques Maîtres et Chevaliers s'attardèrent à leur offrir un regard sincèrement baigné de compassion, les Aspirants en formation, eux, accusaient humblement la possibilité de se retrouver dans la même situation lors de la prochaine cérémonie où ils seraient à leur tour candidat. Quelques minutes passèrent, puis une dizaine environ. Les ragoteurs se réunissaient déjà en petits groupes pour déblatérer sur la situation ; les Maîtres de Arjuna et Tristan pourrait les rejoindre sur les Sables pour leur proférer quelque réconfortante parole. Tout indiquait la fin des festivités. Pourtant, les dragons ne partaient pas encore. Beaucoup semblaient toujours se préoccuper de Niàllan.


Tandis que certains spectateurs se levaient déjà pour partir, la Reine Dorée se surprit elle-même à les sommer de rester d'un grondement contestataire... Tout n'était pas fini ! Car l'un des oeufs écarté du nid depuis quelques jours à peine se mit soudainement à bouger avec ferveur. Etait-ce le Chant de ses aînés qui lui réinsuffla la Vie ? Une Vie que la Mère de couvée avait deviné trop faible pour survivre, expliquant son rejet ? Quoi qu'il en fut, la coquille grelottait dans le sable, dessinant des sillons dans son amusante danse convulsive. L'oeuf était encore plus gros que ceux déjà éclos, et le dragonneau qui s'y agitait était bien décidé à voir le jour et marquer son âme-soeur ! La fureur qu'il employait à éclore était digne d'une nichée toute entière, c'était tout bonnement incroyable et probablement unique dans l'Histoire du Màr Menel !
Hirath et Niàllan, en choeur, encouragèrent leur dernier enfant par des appels qui carillonnaient aux airs de clairons et de trompettes, un orchestre grandiose qui prenait aux tripes et tint en haleine quiconque était présent ! Il restait donc encore un espoir pour Arjuna ou Tristan !
Enfiévré par ces acclamations, la coquille du cadet se rompit, et...


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 25 Avr 2021 - 22:32

Sans oser relever son regard de vermisseau face à un phénix, Tristan sentait les orbes lourdes des parents posées sur le troupeau immaculé que lui et ses semblables constituaient à leurs pieds – ou à leurs griffes, telles des victimes sacrificielles. Il risqua un coup d’œil vers le groupe principal d’œufs, comme un écho nacré à leurs blanches tenues, et qui s’agitaient maintenant presque autant que les candidats anxieux, dans le chœur bas et continu, mais néanmoins impossible à ignorer, interprété par les habitants ailés du Màr Menel au grand complet.

Bien que n’ayant pas prêté une grande attention à ceux qui l’entouraient, le neishaan roux reconnut quelques visages croisés dans les couloirs et autres communs du kaerl. Premier à s’avancer, se trouvait le torhill Arjuna qui, du lot, était celui qu’il connaissait le mieux – encore ne pouvait-il se targuer que de deux rencontres, mais chacune avait été particulièrement marquante, quand celles avec les autres aspirants se résumaient bien souvent à un échange de politesses plutôt insipide. L’un après l’autre, les jeunes gens vêtus de neige vierge s’avancèrent, sous le regard scrutateur de la souveraine du jour. Elle semblait les sonder, chacun à leur tour, prenant son temps pour évaluer Flarmya savait quoi, avant de les laisser s’approcher davantage de sa précieuse couvée.

Tantôt impatients, tantôt inquiets, les candidats avaient tous passé l’épreuve invisible imposée par la dragonne, quand Tristan réalisa qu’il restait seul en arrière, les mains enfoncées dans le sable brûlant. Se courbant de plus belle en sentant l'attention de la reine Niàllan se focaliser sur lui, il attendit, tendu, ce qui allait suivre. Cet épisode lui faisait réaliser combien le gâchis de sa précédente chance d’Empreinte avait été total : non seulement il n’avait pu s’offrir à un possible Lien, mais aussi, réalisait-il désormais, il avait alors manqué une occasion d’en apprendre plus sur la position d’un aspirant sur les Sables. Aujourd’hui, il s’y trouvait en effet pour la première fois, et aucune expérience passée ne pourrait l’aider à appréhender la suite. Aux premiers temps de son arrivée au kaerl, il avait bien assisté à une Éclosion en tant que spectateur, mais cet unique exemple se montrait bien trop vague, et bien trop éloigné déjà, pour lui être maintenant d’un quelconque secours.


Sentant donc l’esprit de la dorée examiner le sien, sans oser lui faire obstacle de quelque manière que ce soit, il réfréna une brusque envie d’appeler Asra au secours, comme un nouveau-né confronté à l’inconnu appellerait sa mère. Mieux valait rester immobile et, comme le lui avait expliqué Zoran, se concentrer sur sa seule respiration pour s’efforcer de conserver un semblant de tranquillité de façade. Il ne pouvait cependant empêcher les sourds battements de son cœur de résonner en contrepoint désordonné à la douce mélopée des enfants de Flarmya qui, aux oreilles sensibles de sa race, ne faisaient qu’accentuer l’importance du moment, mais aussi son étrangeté. Les bipèdes pouvaient-ils comprendre ce que signifiait l’Eclosion pour ces êtres prééminents, ce que la puissance latente de leur chant, qui ridiculiserait le meilleur interprète neishaan, pouvait bien véhiculer parmi eux ? Il serait vain autant que prétentieux de prétendre le savoir, aussi le fils d’Ablah restait-il là, troublé par ces harmonies dont l’essence même semblait provenir de la nuit des temps, ou des sphères divines – voire des deux à la fois.


Le verdict éclata en lui comme un glorieux éclair libérant les nuages assemblés dans leur attente orageuse. Incapable de résister à l’autorité et l’assurance de cette voix lumineuse, il se releva comme un automate. « Digne », elle avait bien dit « digne » ? Il s’était tout juste redressé que, comme pour effacer le trait de clarté précédent, une ligne de foudre obscure prit le même chemin. Un instant dérouté, il cligna des yeux, rencontra furtivement ceux de Niàllan, et les détourna tout aussi vite. Il ne pouvait rien songer à contester face à une Dorée, malgré la surprise affligée que lui inspirait la seconde partie de cet édit royal. Ainsi, son premier et unique manquement, quoique sévère, n’était pas passé inaperçu, et ne serait pas sans conséquences : comment avait-il pu croire le contraire ? Dame Lewë lui avait-elle celé des décisions en haut lieu, pour éviter de l’inquiéter, d’exacerber ses appréhensions ? Résistant à l’envie de chercher des yeux sa silhouette frêle, et pourtant tellement rassurante, il supposa plutôt que, naturellement supérieurs aux bipèdes, les grands sauriens avaient toute légitimité à décréter ce qui leur semblait bon, sans nécessairement en informer les rampants. Devant leur gloire, on ne pouvait que s’exécuter…



Malgré le long frisson de malaise qui le traversa, le rouquin obéit donc à la première injonction, et parcourut les quelques pas le séparant encore du reste des candidats. Ses mains se serraient fort sur le mouchoir bleu, et il n’avait pas besoin d’y tourner le regard pour savoir que le gel le raidissait, ni de les porter à son front pour en sentir la brûlure. Cependant, puisqu’il était là, puisqu’on lui offrait cette opportunité de, peut-être, connaître la félicité des Liés, fut-ce en une ultime faveur… Il se devait de faire de son mieux, dans ce à quoi sa Triade avait tenté de le préparer, ne serait-ce que par respect pour elles. Sable avait beau ne pas s’être ouverte de ses doutes, il comprenait bien que tout échec d’un aspirant rejaillissait sur son maître, et la semi-elfe se tenait déjà suffisamment à l’écart de ses pairs, pour qu’il s’efforce de ne pas lui ajouter une raison de souhaiter les fuir.

Comme pour signifier à tous qu’il était temps, les dragons modifièrent subtilement les modulations de leur chant, et candidats comme œufs s’agitèrent de plus belle. Dès lors, pris dans un tumulte d’émotions contradictoires d‘où émergeaient principalement attendrissement et dépit, Tristan ne vit plus rien d’autre que l’aire d’éclosion et les couleurs des nouveaux-nés, crevant l’un après l’autre l’ivoire de leurs fragiles protections devenues prisons. Ils venaient ensuite s’emmêler les pattes au milieu des candidats, et terminer dans les bras de l’un ou l’autre, sous son nez. Malgré tout, l'admiration attendrie ne s'effaçait pas devant les déconvenues : toute naissance était un miracle, même celles des simples chevreaux dans les étables d’Ablah. Les dragons étant eux-mêmes des miracles ambulants, la naissance d’un dragon dépassait les mots…


Ainsi déboulèrent sur l’aire plusieurs bolides brillants et maladroits, mais néanmoins bien certains de leur destination. L’activité s’accéléra peu à peu, mais aucun des nouveaux-nés ne semblait intéressé par croiser les iris d’ambre brillant d’émerveillement, quand elles ne s’assombrissaient pas d’une déception non exempte de jalousie pour les nouveaux Liés. Ces jeunes gens semblaient si proches de lui, étaient parfois arrivés au kaerl après lui et, finalement, ne différaient pas tant de ce que lui-même présentait au monde… à moins que si ? La plénitude qu’irradiait chacun des choisis lui était bien étrangère, en tout cas, et à mesure que le nombre d’œufs encore pleins se réduisait, cette éclosion s’apparentait davantage à une séance de torture raffinée pour celui qui restait les bras ballants.

Cette impression culmina lorsqu’un jeune saurien d’ébène, à la luisante souplesse de panthère, s’en vint comme quêter de son côté... pour, finalement, lui refuser le partage de son âme avec la cruelle innocence des enfants. Le neishaan ne pouvait lui en vouloir, mais il n’en était pas moins blessé par la limpidité de cette rebuffade, et se laissa retomber à genoux dans le sable brûlant pour y reposer ses paumes, tout en se morigénant intérieurement. Pourquoi cette jeune voix, si sûre de son fait, le laissait aussi désemparé ? D’autres peluches aux éclats métalliques passèrent encore parmi les tuniques immaculées, mais le point d’orgue de cette symphonie, apparemment désordonnée, de couleurs se croisant selon de complexes trajectoires, était déjà passé.


L’écume blanche des candidats refluait désormais, mais le rouquin se sentait incapable de remuer. Seul son regard osa balayer le sable encombré de débris de coquilles, pour s’apercevoir que devant la mère magnifique et terrible, un seul orbe restait inviolé. Et un seul autre candidat restait, comme lui, à ne pouvoir ou ne vouloir abandonner la partie : Arjuna.



HJ:
 


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeSam 1 Mai 2021 - 18:56


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Neithan Kendric & le Bronze Marduk
Barde et Phénix du Màr Menel



Il régnait sur les Sables aujourd’hui une ambiance toute particulière. Était-ce parce cette Éclosion venait saluer le début de cette nouvelle année ? Qu'elle constituait un symbole de renaissance au démarrage de ce mois dédié à la Déesse de Ceux qui n’Etaient Plus ? Ou bien parce qu’au contraire, pour cette deuxième couvée qu'elle donnait au Màr, Niàllan avait du écarter deux œufs du nid ? Deux, sur la petite dizaine qui avait désormais éclos à grand renfort de mugissements et de battements d’ailes effarouchés, deux de ces petits ne verraient jamais le jour.

Seul signe d’émotion dans son visage qu’il s’efforçait autrement de garder neutre, les fins sourcils du Chevalier Vert s’étaient froncés, ses lèvres prenant un pli soucieux. Ses iris fauve se levèrent vers la Dame du Kaerl. Ses doigts entrelacés à ceux de son époux, elle paraissait ouvertement bouleversée par le drame qui se jouait sous leurs yeux. Là-bas, à proximité du nid, un seul œuf persistait, sans que son occupant ne paraisse pressé de voir le jour. Kissare sentit ses paupières se clore, comme pour se protéger de cette triste conclusion qui s’annonçait. Isashani leur prendrait-elle une troisième âme ce matin ? C’était là les choses de la vie, si pénibles soient-elles ... Mais son cœur se gonfla néanmoins de compassion, tant pour la mère-dragon endeuillée, que pour les deux Candidats qui ne rencontreraient sans doute pas leur âme-sœur en ce jour. Il n’osait imaginer la culpabilité qui viendrait les assaillir, ce doute cruel qui viendrait inévitablement les narguer ...

Un souffle chaud balaya délicatement sa nuque, et il rouvrit les yeux sur Mâyuri, interrogateur. D’un léger coup de museau, elle lui indiqua les sables, les ailes frémissantes d’excitation. Oh ! Enfin, l’oeuf retardataire s’agitait. Sa main vint se plaquer contre les fraîches écailles de sa Liée, tandis qu’un vent d’espoir venait balayer leurs esprits joints. Bien sûr, c’était un choix tout aussi cruel et cornélien qui se présentait maintenant : lequel des deux Aspirants serait élu par la Déesse aux Larmes de Feu ?
S’il ne connaissait pas bien Arjuna Tlaloc – c'est Tapiwa maintenant, mon chéri – il avait eu l’occasion de discuter avec son Maître, Peddyr Thelrand, au sujet de son expérience dans l’Interstice, et il le respectait pour son dévouement envers le Kaerl. Quant à Tristan, leur expédition commune au Ssyl’Shar les avaient rapprochés sur des intérêts communs : il appréciait sincèrement le jeune érudit.

Il lui paraissait trop égoïste de favoriser dans ses prières ferventes l’un ou l’autre des deux garçons, l’essentiel étant à ses yeux que le dragonneau – ou la dragonnelle ! – trouve la moitié de son âme. La coquille éclata soudain, et tous, dans les gradins, se tendirent pour essayer d’en distinguer la couleur. Autour de Kissare, les paris allaient bon train. Le rouquin avait déjà échoué à une Empreinte ; non, il ne s’y était même jamais présenté, mais il avait rendu à plusieurs reprises service au couple seigneurial. Le forgeron, de son côté, s’était vu distingué par des cours personnels donnés par la Dame, et il était marié à une Chevalière Dorée.

La petite créature, encore à demi masquée par l’ombre de sa royale génitrice, leva son museau en une lamentation plaintive. Se pouvait-il que ce ne soit l’un ni l’autre, alors ? Un nouveau coup d’oeil sur Heryn Amlug lui montra son doux visage, ciselé par la peine qu’elle éprouvait à l’idée de voir ses deux ‘‘protégés’’ échouer. Ne disait-on pas de Tristan qu’il s’agissait là de sa dernière chance ?

Tous avaient craint que la couvée n’éclose sous le signe de Kazièl, ce qui aurait été perçu comme une bien mauvaise augure. Comme pour déjouer les mauvaises langues, les œufs avaient attendu, patiemment, que Solyae ne se lève sur un nouveau jour et une nouvelle année. Seulement, il apparaissait que le Dieu du Chaos n’en avait pas fini avec eux, car dévalant les escaliers, les larmes ruisselant sur son visage, une jeune fille se précipitait en direction des sables. Ses bras se refermèrent sur un joyaux écailleux d’un vert éclatant, et elle tomba à genoux, sanglotant de bonheur.

Le Torhil soupira, baissant les yeux. L’Eclosion était terminée, mais il lui semblait difficile de se réjouir dans ces circonstances. Au fond de lui lui, le soulagement luttait pied à pied face à une douloureuse et incompréhensible compassion.

« Eh bien, tu en fais une tête d’enterrement. A croire que c’est toi qui a échoué à te lier. »

Un frisson vint hérisser sa peau et il ne sut trouver dans l'immédiat le courage de tourner la tête pour le saluer. Bien sûr, c’était donc là la raison ... Il aurait reconnu entre mille les accents mélodieux de cette voix, aussi caressante que du velours. Devant Mâyuri, un jeune Bronze se dressait fièrement, étrangement immobile et silencieux, ses yeux rivés à ceux de sa Liée. Après toutes ces années … Il lui était encore difficile d’intégrer l’idée.

**Tu as simplement besoin d'un peu de temps.**

« Kissare ? »

D'un contact léger le demi-sang effleura son épaule, et comme attirés magnétiquement, ses iris fauve rencontrèrent les siens, aussitôt happés par leur éclat familier. Il y avait là quelque chose de connu et de rassurant. Un sourire hésitant répondit à celui que le barde, par trop chaleureux, lui adressait. Pourtant ... Rien ne serait désormais plus pareil. Tout ce qu’il aurait pu prévoir de son avenir, de leur avenir, avait été balayé le jour où son ami s’était miraculeusement lié.

« Neithan ... »

Deux iris gris perle le dévisagèrent, un simple pli ridant son front avant qu’il ne prenne place à ses côtés. Il avait toujours su lire en lui comme dans un livre ouvert.

« Tout n’est pas encore joué. Regarde. »

D’un geste du menton, un sourire malicieux au coin des lèvres, Neithan lui désigna les deux œufs abandonnés. A bien y regarder … L’un d’entre eux, d’une taille particulièrement imposante, avait l'air effectivement secoué par de furieuses convulsions. Le murmure allant croissant de la foule vint lui confirmer que le demi-sang avait bel et bien raison. Une chance … Une dernière chance leur était offerte.
Une main, chaude et délicate, vint recouvrir la sienne, et le cœur du Torhil accéléra ses battements, sans qu’il ne puisse en déterminer véritablement la cause principale ; qui, de l’expectative ou de la surprise, en était responsable.

« Puissent les Dieux vous être favorables », chuchota-t-il alors simplement, le regard fixé sur les deux silhouettes vêtues de blanc, un double grondement d'approbation venant y faire écho.


Dernière édition par Heryn Amlug le Mer 5 Mai 2021 - 15:54, édité 4 fois
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 2 Mai 2021 - 22:12

Malgré son hésitation au réveil, Aru était visiblement le premier des candidats à fouler les sables de l’aire d’Éclosion. Grâce à la vivacité de Dak et de Chishongo sans doute – elles l’avaient tiré du lit à toute vitesse – et à la réactivité de son maître. D’aucuns auraient pu être heureux de cet état de fait, mais le torhil n’en était pas forcément ravi. Il n’avait pas pour ambition de se faire remarquer plus que de raison – de toute façon, sa taille et son teint de peau s’en chargeaient déjà – et il n’avait jamais eu l’intention d’être le premier. Quel que soit le domaine. Mais il l’était, là, en l’occurrence, et il n’allait certainement pas faire demi-tour. La nervosité, le trac et l’appréhension n’étaient pas des raisons suffisantes pour renoncer à ce qui le motivait depuis cinq lunes… ni pour décevoir sa Furie, sa Liée et son maître. De toute façon, rien de plus périlleux ne l’attendait dans la grande caverne, n’est-ce pas ? Au mieux, son dragon l’attendait ; au pire, il repartait bredouille. Il n’en mourrait pas.

Prenant une profonde inspiration, Arjuna s’avança donc sur les sables en tâchant de refouler toutes les pensées et les émotions négatives qui tentaient de l’assaillir. Il s’arrêta toutefois au bout de quelques pas, à une distance de la Reine qui lui semblait convenable. Niàllan était imposante, plus impressionnante que Chishongo, dans toute sa majesté de mère, mais ce n’était pas la peur qui avait stoppé le forgeron. Il souhaitait juste ne pas déranger la Reine et voir l’entièreté de la couvée. Dix œufs. Non, douze, si on comptait les deux qui se trouvaient un peu à l’écart. Mais Peddyr lui avait expliqué ce que signifiait cette exclusion. Les deux orbes écailleux ne livreraient sans doute passage à aucun dragonneau vivant. Dix œufs donc. Dix enfants de Flarmya. Dix dragonneaux dont l’un, peut-être, déciderait de le choisir, lui, et de Lier sa vie à la sienne. C’était vertigineux, quand on y pensait, presqu’angoissant. Et ça paraissait en même temps tellement merveilleux…

Comme la voix qui s’invita soudain sous son crâne, pleine d’assurance et d’autorité. Aru avait déjà communiqué de la sorte, évidemment, que ce soit avec Chishongo ou Sveargith, mais cette voix-là semblait faire peu de cas de ses sentiments. Elle délivrait son message qu’il le veuille ou non, avec calme et solennité. Surpris, le torhil leva les yeux pour croiser le regard de la Reine, qui semblait le jauger et qui, visiblement, l’acceptait. Alors, n’osant pas lui répondre de la même façon, il se contenta de s’incliner comme il l’aurait fait face à un Conseiller de sa cité natale, pour la saluer à son tour et la remercier de son appréciation.

Lorsque la dragonne détourna le regard vers le deuxième candidat, Aru prit le temps de jeter un œil vers les gradins. Dak et Chishongo s’y trouvaient, il le savait, ainsi que Peddyr et Sveargith. Il repéra sans mal la Reine mais ne put distinguer ni sa Liée à ses côtés ni le reste de sa Triade dans la foule qui se pressait pour remplir peu à peu les tribunes. Il nota tout de même l’arrivée de la Dame du Kaerl – enfin, plutôt celle de Rintrah – et prit une nouvelle inspiration. La Dame Heryn avait commencé à lui enseigner comment maîtriser son don d’empathie et ça faisait donc une personne de plus qui risquait d’assister à son échec s’il restait sur les Sables. La foule d’inconnus n’était rien comparée aux regards et aux attentes des quelques amis et connaissances qui l’observaient.

Mais le chant des dragons redoubla soudain d’intensité et le regard ambré du torhil revint sur les sables et les œufs qui s’agitaient. Au passage, il ne put s’empêcher de compter le nombre de candidats présents à ses côtés. Ils étaient plus que dix. Certains rentreraient donc bredouilles. Mais, étrangement, Arjuna ne se sentait pas en compétition. Flarmya Liait les âmes qui se complétaient et il n’y avait pas deux âmes semblables. La présence des jeunes gens à ses côtés ne diminuait pas ses chances de rencontrer son Lié, elle augmentait juste celles des dragonneaux de trouver leur moitié. Aussi le forgeron adressa-t-il un sourire encourageant au dernier arrivé, le neishaan aux cheveux de feu, le seul parmi ses camarades qu’il connaissait un peu.

Et puis le bruit d’une coquille qui se brise rappela définitivement l’attention d’Aru sur les vedettes du jour. Son regard tomba sur la coquille qui explosa pour libérer le premier bébé du jour : une jolie bleue. À la fois attendri et émerveillé, le torhil la regarda se précipiter vers une des candidates et sourit devant la joie qu’exprimait la nouvelle Chevalière. Spontanément, il imita les spectateurs et applaudit le nouveau couple, heureux pour elles sans aucune arrière-pensée. Il assista de la même manière aux éclosions suivantes, au Lien naissant entre les nouveau-nés et les ex-candidats. L’intensité de la cérémonie était trop importante pour que ses barrières mentales imparfaites résistent tout le long et, au fur et à mesure que l’attention d’Arjuna était happée par les Empreintes, elles devenaient de plus en plus perméables aux émotions de ceux qui l’entouraient. La Dame Heryn en serait sans doute déçue si elle savait, mais le forgeron n’était pas en état de se rappeler tous ses conseils et de les mettre en pratique. La joie des candidats choisis et l’angoisse des candidats restants se mêlaient dans son esprit en un tourbillon étrange, faisant écho à ses propres émotions au point qu’il ne savait plus les distinguer.

Il entendit soudain quelques miaulements et se tourna vers leur source pour découvrir un grand dragonneau noir qui s’avançait vers Tristan. Heureux pour le neishaan, la brusque volte-face du petit Empereur et l’abattement consécutif du rouquin lui firent l’effet d’une claque. Le cœur serré, Aru s’avança vers son camarade qui s’était laissé tomber à genoux sur les sables brûlants.

« Ne t’en fais pas, émit-il doucement pour tâcher de le réconforter, ce n’est pas fini, il reste des œufs. »

Enfin… des œufs… Plutôt un œuf, en vérité, réalisa-t-il en reportant son regard alentour. Et certains candidats malchanceux abandonnaient déjà la partie. Évidemment, avec un seul œuf restant, la majorité repartirait bredouille, et Aru avait le cœur serré à cette idée, mais il ne comprenait pas comment ils pouvaient décider de partir maintenant. Et si leur futur Lié se trouvait dans cette dernière coquille ? Comment pouvaient-ils tourner le dos au dragonneau à naître alors même qu’il se débattait dans sa prison écailleuse ?

Le cœur gonflé d’espoir, le torhil tendit une main à Tristan pour l’aider à se relever.

« Et si on allait accueillir le petit dernier ensemble ? »

Petit dernier qui se faisait attendre. Il lui fallut de longues minutes et la tendresse de sa mère pour enfin se décider à rompre sa coquille. Et c’était donc une petite dernière, une verte. Aru retint son souffle, alors qu’elle humait l’air en direction de Tristan puis qu’elle le regardait, lui… Mais aucune joie ne l’envahit, seulement une vague de désespoir alors que la nouveau-née se mettait à pleurer. Et, pour le coup, le bonheur qui envahit soudain la dragonnelle aux cris d’une jeune fille dévalant les gradins ne suffit pas à contrebalancer l’abattement du torhil lorsqu’il comprit que la verte avait trouvé sa Liée. Ce n’était pas lui. Ce n’était pas Tristan.

Ils avaient échoué.

Un peu sonné, Arjuna resta quelques instants immobile sur les sables, alors que le dernier couple s’éloignait. Le brouhaha des conversations en provenance des gradins bourdonnait à ses oreilles, mais il n’osait pas lever les yeux vers les spectateurs. Vers Peddyr et Sveargith qui avaient cru en lui. Vers Dame Heryn qui lui avait consacré du temps malgré ses obligations. Vers Dak et Chichi qui le soutenaient sans réserve… Dak qui allait devoir faire face à de nouveaux ragots et commérages pour s’être mariée à un aspirant incapable de se Lier.

Au bout d’un certain temps, sans avoir vraiment conscience du temps écoulé, Aru se décida toutefois à bouger. Ils ne pouvaient pas rester indéfiniment sur place, ils allaient bien devoir finir par affronter le reste du Kaerl. Et, alors qu’il s’apprêtait à entraîner Tristan hors de la caverne, un grognement ébranla l’air autour d’eux. Surpris, le torhil leva les yeux vers Niàllan, avant de les baisser sur un des deux œufs mis de côté qui semblait décidé à faire mentir les pronostics. Peddyr n’avait-il pas déclaré que les œufs écartés n’étaient pas viables ? Pourtant celui-ci paraissait bien vivant, vu les bonds qu’il faisait.

« Allez viens, il nous reste une chance ! » s’exclama Arjuna à l’intention du neishaan.

Il ne restait qu’une seule chance. Alors qu’ils étaient deux. Mais qu’importe ! Aru était décidé à se réjouir, même si c’était son camarade qui se Liait. Ce serait une éclosion exceptionnelle dans tous les cas !


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 5 Mai 2021 - 15:35

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Semperya de Galastden & Nymeria
Dirigeante de la Maison Galastden


Migraineuse, la langue pâteuse et les yeux brûlés par la clarté des Sables d’Eclosion, la Dirigeante de la Maison Galastden affichait une triste mine en ce jour sacré. Non qu’elle n’appréciât pas chacune des Empreintes à laquelle elle avait assisté ni qu’elle dénigrât la cérémonie. Mais les folies de la nuit dévouée à Kaziel imprégnaient encore son organisme, comme bon nombres d’invités dans les gradins par ailleurs. Silencieuse, autant par respect que parce qu’elle se doutait que sa voix rauque trahirait son état, la Louve Rouge affichait une expression neutre de circonstances, toute entière concentrée sur l’éclosion. Confortablement assise dans la loge dédiée à sa Maison, il aurait fallu un observateur attentif pour remarquer ses traits épuisés et ses yeux qui clignaient trop sous la lumière. Mais depuis combien de temps ne se souciait-elle plus du regard des autres ? Tant que l’honneur des Galastden ou du Màr Menel n’était pas remis en cause, elle refusait d’accorder de l’importance aux opinions des autres sur sa personne.

Son regard las glissa vers la Dame et son consort, qui faisaient démonstration d’une forte empathie vis-à-vis de l’événement en contre-bas. Heryn Amlug dégoulinait de compassion, fidèle à sa réputation et au mantra de la Maison Dalneÿs. Rien de tout cela ne surprenait la Maîtresse Verte. Son regard s’attarda davantage sur son parent par alliance. A chaque fois qu’elle le contemplait, ce beau jeune homme au courage creux et à la verve fade, des sentiments contradictoires divisaient son opinion sur lui. Etait-il définitivement un imbécile heureux dans lequel elle avait eu tort de placer ses espoirs, ou avait-il eu raison en un sens, puisqu’il semblait avoir trouvé une chose extrêmement rare en ce monde, le bonheur ? Avec un reniflement dédaigneux – pour Kieran autant que pour ses propres simagrées -, elle se détourna de la loge princière.

Elle sentait vibrer jusque dans ses os le chant si caractéristique des dragons. Voilà une chose qu’elle ne regretterait jamais, peu importait les circonstances ou le temps perdu à l’écouter. Elle adorait être bercée par les vocalises des dragons. Cette symphonie inhumaine avait un pouvoir apaisant sur elle. Parmi le chœur dominé par les parents de la couvée, elle reconnaissait sans hésiter la voix de sa Liée. Flarmya avait béni Nymeria d’un timbre particulier, doté d’un réel pouvoir et ses vocalises s’élevaient en vibrato ou en trille jusqu’à faire monter les larmes à ses yeux. Hélas, Semperya de Galastden jamais ne pleurait. Seul son cœur battant et l’amour filtrant par le lien de l’Empreinte trahissaient son émoi. Sur les sables parmi l’assemblée de ses pairs, Nymeria prit le temps de lever un œil attendri et complice sur sa bipède, avant de redoubler d’efforts pour faire résonner sa voix sous la voûte de la caverne.

A quelques sièges de la fëalocë étaient assis la Matriarche Galastden et son époux. Penchés l’un vers l’autre à échanger des bons mots ou des souvenirs, Elerinna et Chulainn commentaient les différentes Empreintes, avant d’afficher un air soucieux devant l’issue incertaine qui accompagnait la découverte du dernier œuf viable. Semperya détourna son regard de ce triste spectacle. Ses yeux remontèrent jusqu’à l’emplacement où se trouvait son fils, près de son Maître. Une fois encore, elle regretta d’Asdrig ne soit pas déjà prêt à se lier. Elle avait hâte qu’il trouve sa moitié, pour qu’il ne soit plus seul, pour enfin dissiper ses propres doutes sur les mérites de son fils. Mais on ne forçait pas la main du destin. Même si elle réservait une certaine rancœur, une certaine retenue, au Maître de ce dernier, le Second du Kaerl.

Jadis, elle avait voulu voir en Ambroise de Leysse un digne successeur d’Ehsan pour leur Maison. Et s’il était bien plus accompli que les jeunes blancs-becs qui rejoignaient ces temps-ci les rangs des Galastden, il n’arrivait pas à la cheville de son modèle. Il n’en était qu’une pâle copie. Et Semperya, le feu aux joues, se renfrogna et perdit son regard sur les sables blonds, sachant pertinemment qu’Ehsan de Galastden avait été irremplaçable à plus d’un titre. Et qu’il valait mieux que personne ne reprenne ce flambeau avec la même ardeur compte tenu que le défunt Maître Noir n’avait pas été un modèle de vertu tout au long de sa vie.

Il fallait se rendre à l’évidence. Si la Maison Galastden voulait perdurer, elle ne devait pas s’attacher au passé ni à ses héros perdus. C’était dans la nouvelle génération que Semperya entrevoyait un espoir.

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas mené un Aspirant à l’Empreinte. Personne depuis sa chère Loneesa. Avec un soupir, autant de soulagement que de lassitude, elle vit remuer le dernier œuf avec plus de force que jamais et songea qu’elle devrait bientôt étendre ses responsabilités à la formation de nouveaux Aspirants, si les dieux le voulaient bien. Les Galastden avaient besoin d’un nouveau départ.
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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 12 Mai 2021 - 0:03

Un distrait hochement de tête, seulement esquissé, répondit aux paroles d’Arjuna. Le rouquin, même s’il n’avait pas saisi le sens précis de ses mots, en ressentait l’intention - louable et ô combien Céleste - de consolation, mais malgré l’évidente sincérité de son camarade, le brouillard qui l’engluait le maintenait également dans ses tristes impressions. Dissiper ces épaisses volutes semblait au neishaan au-dessus de ses forces, et il aurait fallu pour cela quelque chose de plus tangible, de plus concret que de simples phrases prononcées… Comme s’il avait très exactement compris le problème, le torhill fit justement le geste qui manquait. Devant cette main s’avançant vers lui, franche et décidée, Tristan leva un regard d’abord déconcerté, puis plus lucide. Cette forme brune, contrastant sur l'or des sables et l'ivoire des tuniques, lui délivrait un message affranchi des circonvolutions du langage parlé. Alors, ses propres doigts s’appuyèrent résolument dans le sol brûlant, tandis que ses épaules se soulevaient d’une grande inspiration. Il pouvait encore résister, rejeter la faiblesse où l’emprisonnait le cadeau empoisonné de Mystra lorsque, cette fois comme bien d’autres auparavant, il se laissait déborder par les glaces de son âme.

Désormais conscient des causes et des effets, il lui était un peu moins compliqué d’aller à leur encontre, même s'il aurait été prématuré de parler de maîtrise. Ciryandil lui avait déconseillé de bâillonner son don, cependant, se concentrer sur d’autres pensées, d’autres images, n’entrait probablement pas dans cette catégorie. La main tendue d’Arjuna, au propre comme au figuré, arrivait à point nommé, pour mobiliser une énergie lui permettant de se relever lentement, en prenant grand soin de ne pas même effleurer un doigt de l’autre aspirant. Sa magie l'amenait à marcher sur une étroite ligne de crête, où la crainte de la voir se déchaîner au moindre contact ne le quittait pas. A voix suffisamment basse pour n’être entendue que du concerné, il lui glissa néanmoins un « merci » fervent, qu’il espérait suffisant pour éviter que son apparent dédain de l’aide apportée ne passe pour un affront. Puis, tout en reposant les yeux sur les efforts du dernier dragonnet encore invisible, il passa le mouchoir bleu sur son front moite, sans réaliser qu’il y laissait au passage des constellations de grains de sable, étoiles dorées sur le ciel pâle de sa peau de neishaan.

Ce dernier œuf prenait-il son temps, ou peinait-il pour livrer son contenu aux centaines de paires d’yeux attirés par sa blancheur encore intacte ? Tristan n’aurait su le dire, et seule sa mère sembla à même de l’assister, avec tout cet amour réservé exclusivement à un rejeton de sa chair. Enfin, une faille sombre vint zébrer la protection immaculée, un gazouillis résonna dans le silence recueilli de la caverne transformée en cathédrale. Maintenant tout entier tendu vers le petit qui cherchait le chemin vers la lumière, le rouquin restait stupéfait des efforts dont il était témoin, et que personne n’aurait osé demander à un nouveau-né. La prison calcaire s’affaissa néanmoins, et de cet éboulement, émergea enfin une forme brillante. Après un bref instant suspendu, celle-ci s’avança vers les derniers candidats. Verte… Verte ? Impossible. Non que le neishaan ne méprise quelque couleur de dragon que ce soit, il en avait rencontré de toutes sortes – de celles qui vivaient au kaerl Céleste, en tout cas – et avait apprécié les caractères des unes et des autres sans s'arrêter à la teinte de leurs écailles. Mais si chacune avait son utilité, il avait aussi compris que chacune ne se liait pas à n’importe qui. Alors, une verte, c’était aussi désespéré, pour lui comme pour Arjuna, que s’il s’était agi d’une reine…

La nouvelle-née tendit son petit museau émeraude, puis geignit comme elle ne trouvait pas, chez les deux aspirants lui faisant face, l’âme qui lui correspondait. Alors, il aurait été prêt à absolument tout pour apaiser son manque... sauf qu’il en était bien incapable, car il n’existait qu’un seul être au monde détenant ce pouvoir. Sans grande conviction, il se retourna, cherchant du regard une tunique blanche qui, peut-être, se serait finalement attardée sur les sables, ou serait revenue sur ses pas. Peine perdue. Et si l’âme sœur de cette jeune verte n’avait pas été détectée ? Ou qu’elle se trouve dans la forteresse sous les vagues, ou encore, celle au cœur du volcan ? Les risques d’erreur étaient si immenses… Malgré tout, Flarmya prouva une fois de plus que pour ses enfants, elle accomplissait bien des miracles : déboulant des gradins à toute allure, au risque de se rompre le col, la dernière Liée du jour vola au secours de sa dragonne. Tout en louant intérieurement la déesse aux larmes de feu, le neishaan sentit les siennes couler, sans chercher à connaître leur cause. Trop d'émotions, assurément. Quant à savoir, du soulagement ou du dépit, lequel surpassait l’autre, quelle importance ? Il se détourna du spectacle de celles qui, malgré les obstacles, étaient parvenues à se trouver : cette union transcendant la condition de bipède était et trop intime, et trop glorieuse en comparaison de son propre vide.



Son regard évitait tout aussi soigneusement de se poser du côté des gradins, car maintenant que l’éclosion était terminée, il n’était pas pressé de constater les réactions qui en proviendraient. La joie des uns lui serait impossible à partager, quand l’incontournable compassion céleste des autres à son encontre le répugnerait. Dans ces conditions, rester là à attendre il ne savait quoi devenait le seul horizon, d’autant plus qu’Arjuna, lui non plus, n’avait pas bougé. Que tous s'en aillent donc fêter la nouvelle génération de chevaliers et dames du Màr Menel... Cependant, alors que les bipèdes se berçaient d’illusions comme ils en étaient coutumiers, la reine d’or, elle, savait qu’un acte restait encore à jouer. Tristan sursauta lorsque, d’un grondement, elle manifesta soudain sa volonté à l’assemblée entière, sous la forme d’un royal rappel à l’ordre auquel il était impossible de se dérober.

Alors qu’il aurait simplement souhaité qu’on l’oublie, qu’il n'attendait que de se blottir dans un coin sombre où personne ne songerait à venir le chercher, voilà donc qu'un nouvel espoir venait faire résonner le tambour du cœur du neishaan. Encore un… Pourrait-il, ensuite, supporter de nouvelles ténèbres ? Il lui semblait déjà que les hauts et les bas de cette première et unique séance sur les sables, menaçaient de le briser comme ces coquilles qui gisaient, débris épars et oubliés, sur l’aire d’éclosion. Leur serait-il semblable à l’issue de cette cérémonie ? Il préférait ne pas trop y songer. Cet œuf, donc. Le plus gros, celui qui avait attiré son attention à son arrivée, celui que la mère avait refusé de couver plus longtemps… Son enveloppe de calcaire semblait disproportionnée : que pouvait-elle donc bien cacher ? S'agissait-il là de la raison qui avait poussé la dragonne à lui refuser sa douce chaleur maternelle jusqu’au bout, contrairement à ses frères et sœurs déjà nés ? L’abandon de la dorée était incompréhensible, surtout lorsqu’on constatait l’acharnement furieux dont, contre toute attente, faisait maintenant preuve le délaissé pour exister.

Tristan se sentit frémir lui aussi, à l’idée de cette jeune créature, défavorisée par l’absence maternelle, oubliée alors que sa fratrie suscitait tous les émerveillements, emprisonnée dans une opale trop solide qui l’isolait de l’extérieur, tout en laissant filtrer des sons et des formes débordant de promesses. Ému et impressionné par la force de volonté du locataire de cet œuf, il n’avait donc pu qu’attacher ses pas à ceux du torhill dont, confusément, il admirait également l’enthousiasme tranquille : les naissances de jeunes sauriens destinés à d’autres aspirants semblaient glisser sur lui comme l’eau d'un ruisseau sur les pierres qui tentent d'entraver sa course, et n’entamer en rien sa volonté d’être présent jusqu’au bout. Ce petit-là était certainement pour lui, d’ailleurs. Lui, qui partageait la vie d’une Liée de reine : cela comptait forcément. Lui, dont c’était la première Empreinte, et qui n’avait jamais fait parler de lui par quelque étrangeté que ce soit. Lui qui, pour ce dont pouvait en juger le rouquin, se comportait tellement en parfait Céleste, l’avait fait à chacune de leurs rencontres, et encore au cours de cette épreuve qu’ils traversaient côte à côte… Oui, ce dernier enfant de Niàllan lui était assurément destiné.



Persuadé désormais qu’il ne restait rien pour lui sur les sables, le neishaan s’y agenouilla néanmoins, mais cette fois, pour prier la déesse flamboyante de venir en aide au si courageux dragonneau. Malgré sa vigueur affichée, il risquait d’épuiser ses jeunes forces dans cette étrange démonstration, comme s’il voulait hurler à la face du monde que, si, il était bien là, et qu’il allait falloir compter avec lui. Mais à quel prix ?
Douce Flarmya, assistez-le, ô miséricordieuse mère, ne le laissez pas ainsi,
implorait-il depuis le sanctuaire de son âme. Une telle obstination à s’accrocher au fil de l’espoir, si ténu soit-il, méritait tous les encouragements, toutes les intercessions, et c’est à cela que le fils d’Ablah se consacrait, de tout son cœur. Puisque lui-même ne resterait sans doute pas au Màr Menel après son échec, au moins aurait-il tenté de terminer par une bonne action, et tant pis si c’était en présentant une allure bien peu digne, les cheveux collés à ses tempes humides, et les pans inférieurs de sa tunique blanche traînant autour de lui sur le sable.

Dans son esprit de nouveau embrumé, les lancinants chants draconiques semblèrent se faire plus tonitruants, et il lui sembla que les géniteurs ajoutaient leur voix à ses suppliques. La divinité écoutait-elle plus volontiers celles de ses enfants ? Toujours est-il que le calcaire commença à se fendiller, tandis que la caverne entière retenait son souffle. Marqué par les épreuves de la dernière verte pour venir au monde, Tristan fut tenté de fermer les yeux pour s'épargner un nouveau spectacle du même acabit. Cependant, la naissance gardait un pouvoir hypnotique, celle d'un dragon encore davantage, et il ne put détacher ses iris de la blessure d'ombre qui allait s'allongeant sur l'ovale massive. Heureusement, tout ceci allait bientôt être terminé...


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeLun 14 Juin 2021 - 23:17

A la surface tantôt lisse tantôt irrégulière de la coquille peinte d'un nacre irisé d'une discrète poudre d'or se dessinaient de timides sillons dans la matière, frêles gouffres d'où émanaient les gargouillis prometteurs d'un dernier enfant de la Reine Niàllan.
Sous le poids de l'oeuf qui semblait - même depuis le plus haut gradin de la salle des naissances - lourd et de taille conséquente, les grains de sable presque roux par endroits croquaient sous les soubresauts de cet écrin minéral avec un fracas tout à la fois fugace et détonnant. A ce crissement s'ajouta peu à peu celui de plus en plus insistant des petites griffes qui s'ébattaient pour percer ce coffre à l'inestimable trésor, montrant bien tout l'empressement qu'avait à éclore le dragonneau qui entendait bien reprendre sa revanche sur la vie !
Grognon, les vagissements du petit se firent tour à tour défaitistes puis acharnés. Les jappements plaintifs cédèrent bien vite à des grondements juvéniles plus volontaires et désireux d'en finir une bonne fois pour toute avec ces simagrées.  La sphère un tantinet ovoïde s'agita alors un peu plus à mesure des secondes égrainées et ce faisant, pulsant comme un coeur battant la chamade, creusait l'écart qui marquait les craquelures grandissantes. Enfin, on apercevait la silhouette serpentine du dragonneau qui semblait tout bonnement massif !
Malgré toute sa profonde volonté à naître, le jeune dragon s'épuisa dans sa hargne féroce à voir poindre le premier jour de sa vie. Contrairement à ses frères et soeurs, à l'image d'un paria qu'on avait écarté de l'Histoire du Màr Menel pour de primales raisons - à savoir les viscéraux instincts de sa mère qui l'avait jugé inapte -, il avait demeuré seul sur les Sables, sans la chaleur du reste de la couvée. Son sort semblait encore incertain. Les Moires s'affairaient bon gré mal gré avec ce fil ténu aux fibres éparpillées, leurs doigts s'emmêlant peut-être à la hâte de tresser la corde que serait son existence, s'il tenait bon...

Tout comme le souffle des spectateurs, le vent parut se taire et cesser son incessant ballet sous les divers alcôves de cette voûte au dôme haut, comme soucieux de ne pas interagir avec des forces et des énergies plus puissantes que lui. Flarmya était penchée, en silence, au dessus du berceau qu'était le monde de ses Enfants et des Hommes... Il y avait de l'espoir.

N'y tenant plus, la Reine Dorée se leva pour s'en aller encourager sa progéniture. Niàllan, sous toute l'impulsion de ses intuitions de mère, ne faiblit pas pour accomplir sa tâche malgré l'épuisement de sa couvaison qui la cimenta à son nid des mois durant. Haute debout sur ses quatre pattes, se tenant devant l'oeuf qui gigotait, elle pencha sa gueule massive vers ce dernier et le poussa du bout du museau, avec une tendresse toute maternelle. Alors qu'elle lui offrit la caresse de l'air chaud de ses naseaux et quelques cliquetis encourageants, l'oeuf cessa soudainement de bouger et redevint fatalement silencieux.
Les secondes s'écoulèrent comme des minutes, et toujours rien.
Quelques grands nuages lointains passèrent, et toujours rien...
Et soudainement, SPLAK ! Une envolée de débris de coquille et de sable explosa en l'air avec le rugissement du tonnerre ! Une forme écailleuse aux couleurs incertaines roula-boula un peu plus loin, se cachant malgré elle sous le buste de Niàllan. La Reine approcha un peu plus la tête de sa descendance, humant son parfum, s'assurant de sa viabilité par des sens inconnus des Hommes.
Elle sembla lui parler quelques instants, puis adopta une posture bien moins menaçante, relâchant les épais muscles qui ceignaient son garrot. Reculant d'un pas, puis d'un second, la Reine dévoila enfin le dernier de ses enfants.

Le dragonneau, de loin, semblait difforme et monstrueux, jusqu'au moment où il leva la tête en l'air pour faire connaissance avec le monde et, si possible, son Lié. Reprenant peu à peu ses esprits, le tout-juste né chercha à s'asseoir et sa silhouette se fit alors encore plus incompréhensible... Il émit un jappement inquiet et tout à coup s'éleva une seconde tête ! La première alla à la rencontre de la seconde, comme pour se rassurer, avant d'enfin daigner se lever. Ils étaient deux, des jumeaux !
Celui qui apparût en premier était en tout point un Bronze parfaitement constitué, jouissant d'une puissante robe mordorée qui n'était pas sans rappeler le métal précieux qui habillait sa mère. D'apparente très bonne stature, ce petit avait déjà la promesse des princiers Bronzes.
N'ayant pour l'heure bien que faire de ces considérations d'adultes, préoccupé par l'état de son frère, il s'acharna presque à le mettre debout pour que lui aussi puisse briller dans les yeux de la plèbe. Le second dragonneau, visiblement un peu plus secoué par la naissance en raison de son profil plus chétif, avait pourtant bien tout ce qu'il fallait où il fallait. Mais il était clair que des deux, ce fut lui qui souffrit le plus de cette extraordinaire promiscuité dans l'oeuf. Son corps semblait bien plus fin, de ceux de ses congénères plus petits et plus agiles, sans pour autant se départir de la grandeur des Bronzes. Le pauvre agitait mollement des ailes un peu plus grandes que son corps et il se retourna pour observer sans trop comprendre la longueur anormalement étendue de sa queue. Là où le corps n'avait plus eu de place en raison du gabarit plus trapu de son jumeau, le reste avait continué de grandir, grandir, grandir !  Etonnamment, la teinte de ses écailles était plus cuivrée que celle de son frère. Lui était chatoyant d'un brun chaud rappelant les premières feuilles d'érable à l'automne ou encore l'ambre d'un grand cru de cognac.

Tous deux prirent ainsi soin l'un de l'autre, jusqu'à ce que chacun fut en mesure d'aller se présenter devant leur âme-soeur !
Le premier balaya tour à tour le graaand torhil à la peau brune puis le petit homme couronné de rousseur ; le second riva immédiatement son attention sur le neishaan à la chevelure atypique qui n'était pas sans rappeler le fauve de ses écailles. Les frères échangèrent un regard noyé d'encouragement avant de s'avancer devant celui qu'ils eurent choisi par l'Appel du Don, vers ces deux bipèdes si différents et pourtant se tenant l'un à côté de l'autre dans un même destin, plus que jamais lié l'un à l'autre.
Le premier petit Bronze laissa virevolter une pensée enfantine vers l'esprit du torhil alors qu'il s'en alla se planter face à lui avec détermination, une étincelle de joie suspendue le long de ses prunelles :

** Dis mon nom, Arjuna, allez ! Diiiiiis-le ! Tu es mon mien, je le sais ! **

Le second petit Bronze laissa s'envoler une pensée joviale vers l'esprit du neishaan alors qu'il s'en vint s'asseoir devant lui avec majesté, une lueur impénétrable logée à la surface de ses iris :

** Lis mon nom, Tristan ! Le tien résonne déjà en moi, je le sens ! **

Déjà le brouhaha de la foule précédait des acclamations et des applaudissements soulagés et le chant des dragons fusa une dernière fois, s'amenuisant doucement, comme pour ne pas effrayer la venue au monde de leur si précieuse descendance.
Hirath, enfin, put aller réconforter sa Reine après ce qui était tant un devoir qu'une épreuve  pour elle. Tendrement, il frotta sa joue le long de celle de Niàllan, sous les regards attendris des coeurs émus devant tant de profondeur entre deux créatures si majestueuses.
Pour le plus grand bonheur de toutes et de tous, chaque oeuf - ou du moins, chaque dragon ! - avait reçu la bénédiction de se lier, sous la manne divine de la Déesse Flarmya.


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeJeu 29 Juil 2021 - 17:41

Le sang-mêlé ne semblait pas vouloir accepter la main que lui tendait Arjuna, mais le torhil ne s’en offusqua pas. Il avait atteint son but, à savoir sortir Tristan de son abattement, et il laissa ses lèvres s’étirer en un léger sourire, qui se voulait encourageant mais qui se teinta d’une lueur plus chaleureuse lorsque le rouquin le remercia. C’aurait été mentir de dire que les deux aspirants étaient proches mais Tristan était sans doute celui de ses camarades avec lequel Aru avait eu le plus de contacts, et il lui souhaitait de tout cœur de trouver son âme sœur sur les Sables. Même si cela signifiait que lui rentrerait bredouille puisqu’il ne restait plus qu’un œuf… Plus qu’une verte… Qui trouvait sa Liée parmi les spectateurs de la cérémonie.

Et là, malgré son calme apparent et ses efforts pour chasser le trac, Arjuna ne put repousser la sensation d’échec qui le submergea après l’Empreinte du dernier dragonneau. L’abattement et les idées noires étouffèrent un instant toute autre émotion et, malgré les leçons de la Dame Heryn, il n’était pas capable de faire la part de choses entre ses sentiments et ceux de son camarade. Une preuve de plus qu’il n’était pas digne de se Lier, sans doute. Quel empathe digne de ce nom se laissait déborder ainsi par ses perceptions ? Surtout après des années à essayer de les maîtriser ? Et après avoir suivi des leçons auprès de la Dame du Kaerl elle-même ?

Plongé dans son marasme – et possiblement celui de Tristan – le torhil n’avait plus vraiment conscience du temps qui s’écoulait jusqu’à ce que la Reine Niallàn ne rappelle à l’ordre l’ensemble des présents d’un grognement autoritaire. Sous le coup de la surprise, Aru abandonna un instant ses pensées défaitistes, et la vue des soubresauts qui agitaient le gros œuf mis de côté termina de lui remettre les idées en place. Tout n’était pas perdu. Il restait un œuf ! Un dragonneau ! Une possibilité de trouver son âme sœur pour lui ou pour Tristan… et pour cette Éclosion. Avec tout le respect qui lui était dû, Niallàn n’était pas la seule Reine du Kaerl Céleste et sa ponte n’était pas la dernière qui reposerait sur les Sables d’Or. Si le petit – ou le gros, vue la taille de l’œuf – dernier ne souhaitait pas se Lier à lui, un autre dragon, plus tard, finirait peut-être par le choisir. En attendant, il était candidat, il était de son devoir d’aller accueillir le nouveau-né avec entrain et espoir !

Ragaillardi, le forgeron entraîna son camarade roux vers le dernier œuf. Sa première réaction en voyant le neishaan s’agenouiller fut de l’inciter à se relever mais il réalisa très vite qu’il ne percevait aucun abattement provenant de Tristan. Au contraire, il était incapable de démêler les sentiments de son voisin des siens. Un mélange d’espoir, d’encouragements et d’attente lui gonflait le cœur et chaque grognement qui s’échappait de l’œuf, chaque fissure qui en craquelait la surface semblait lui en faire rater un battement. Jusqu’à ce que la Reine se lève et semble caresser la coquille nacrée du bout du nez. Et soudain, l’œuf s’immobilisa et le silence se fit. Instinctivement, Aru retint son souffle tandis que ses poings se serraient d’appréhension et que son esprit formulait des prières indistinctes et pourtant limpides. Sans être un fervent pratiquant, le torhil respectait et vénérait les dieux, avec une affinité particulière envers Gaïa… et Flarmya, bien évidemment. Il n’avait pas pour habitude de leur adresser ses pensées mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Et qui mieux que la Déesse Mère de la Vie et la Mère des Dragons pour venir en aide à ce petit être qui se débattait dans sa prison de calcaire ?

La soudaine explosion fit frémir Arjuna de la tête aux pieds et il relâcha sa respiration tandis que Niallàn s’écartait, révélant un enchevêtrement d’écailles bronze. Il était difficile de deviner la position du nouveau-né, mais il semblait étrange. Était-il difforme, raison pour laquelle la Reine avait écarté l’œuf en début d’Éclosion ? À cette idée, le cœur du torhil se serra, plein de compassion pour le dragonneau qui avait tant lutté pour voir le jour et… qui levait une deuxième tête ?!

Deux dragonneaux ?

Des jumeaux ?

Incrédule, Aru ne put détourner le regard des deux nouveaux-nés qui semblaient compter leurs abattis et chercher à démêler leurs ailes et leurs pattes. Enfin, le premier se leva. D’un bronze plus doré que cuivré, ses écailles étincelaient mais, plus que sa brillance, ce fut son comportement qui fit naître un sourire attendri sur les lèvres du forgeron. Il ne se préoccupait pas de ce qui l’entourait à l’exception de son frère, il ignorait délibérément les regards vrillés sur lui pour aider son jumeau à se relever. Et quel jumeau ! Celui-ci était tout aussi grand mais bien plus longiligne et rougeoyant que son frère. Il semblait moins assuré, moins stable sur ses appuis… Mais il sembla être le premier à décider de sa destination. À l’instant où son regard se posa sur Tristan, Arjuna eut l’impression que plus rien n’existait à ses yeux. Il n’eut pourtant pas le temps de se réjouir pour son camarade puisque toute son attention fut aussitôt captée par le bronze doré qui se mit en mouvement en même temps que son frère. En mouvement… vers lui !

Avant même de comprendre ce qui se passait, le torhil sentit une pensée enthousiaste effleurer son esprit.

*Dis mon nom, Arjuna, allez ! Diiiiiis-le ! Tu es mon mien, je le sais !*

Ce n’était pas différent de la façon dont Chishongo ou Sveargith s’adressait à lui… et pourtant ça n’avait rien à voir.

À l’instant où le dragonneau se planta devant lui, à l’instant où sa voix retentit dans sa tête, à l’instant où son regard croisa le sien, Aru se sentit envahi d’une joie sans mélange. Une joie qui n’avait aucune mesure avec aucun des sentiments qu’il avait déjà pu éprouver. Ce n’était pas seulement son bonheur et celui du nouveau-né qu’il ressentait par empathie, c’était bien plus fort, bien plus profond, bien plus complet. Complet. C’était ça le mot. Il était complet. Pourtant, il n’avait jamais eu l’impression de ne pas l’être…

Pris au dépourvu, tant par la demande du petit bronze que par le maelström d’émotions qui le submergeait soudain, Arjuna garda le silence pendant quelques fractions de seconde. Il avait beau avoir été prévenu par Peddyr et Dakaraï, il avait beau avoir l’habitude de ressentir les émotions de son entourage, rien ne l’avait préparé à cette expérience. D’un coup, tous les doutes qui avaient pu le tourmenter, consciemment ou inconsciemment, disparaissaient, s’évaporaient, éclataient comme des bulles de savon incapables de résister à un contact plus tangible que l’air. Adieu la crainte de ne pas être à la hauteur de sa Furie. Adieu l’appréhension des commérages auxquels risquaient de devoir faire face Dakaraï. Et adieu même l’impression refoulée de ne pas être assez bien pour atteindre les hautes sphères comme son père ou son frère l’auraient toujours voulu. Le dragonneau était là, le dragonneau le voulait, le dragonneau l’acceptait, le dragonneau…

*J’ai un nom ! Dis-le, dis-le, dis-le !*

Mais comment pouvait-il dire un nom qu’il ignorait ? Il n’avait aucun moyen de savoir comment s’appelait…

*Athebyn !*
*Voilà !*

Scellant l’Empreinte, le nouveau-né fourra son nez dans le giron de son chevalier qui leva la main pour le caresser. Pendant quelques secondes, les deux Liés restèrent immobiles, savourant le contact et la plénitude. D’un même mouvement, comme s’ils partageaient leurs pensées – ce qui était le cas – ils se séparèrent et jetèrent un coup d’œil au couple de rouquins à leurs côtés, histoire de vérifier que tout allait bien. Le regard d’Arjuna s’égara ensuite vers les gradins et les corniches, à la recherche de Dakaraï parmi la foule des spectateurs qui quittaient peu à peu la grande caverne. Mais, avant qu’il ne puisse repérer sa Sienne, une énorme crampe lui tordit l’estomac.

*J’ai faim ! J’ai très faim !*
*Oui, allons-y.*

Il aurait tout le temps de retrouver Dak une fois Athebyn rassasié.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeDim 1 Aoû 2021 - 16:18

Une fois arrivés dans les tribunes, Peddyr trouva une place bien dégagée pour suivre du regard son Aspirant devenu Candidat à l'Empreinte. Il avait tout pour réussir, tout pour se lier à un solide dragon. Quand son âme soeur draconique se nouera à son esprit, pour ne faire plus qu'un, Arjuna comprendra le sens profond de se lier avec un Enfant de Flarmya. Il n'y avait pas de mots pour expliquer à un tiers ce qu'on ressentait au plus profond de soi quand le dragon pénétrait pour la première fois son âme pour se joindre à lui pour la vie. Quand le jeune Torhil percevra cela...débutera alors sa vie comme jeune chevalier-dragon. Mais avant, les oeufs devaient éclore, pour permettre aux nouveaux dragons de s'extirper de leur gangue de calcaire et trouver celui ou celle qui leur correspondait. A ce passage déterminant, le coeur du maître brun tambourina plus dans sa poitrine

La Reine Dorée Niàllan, fière, trônait sur les Sables, en parfaite gardienne mère de ses enfants à naître. Un à un, chaque dragon joignant sa voix caverneuse au chant qui enflait dans les airs, renforçant un hymne qui prenait même dans le coeur des pierres. Sou peu, sus l'émotion qu'apportait le choeur vibrant alimenté par les dragons eux même, les premiers candidats se rapprocheraient pour affronter le jugement de la Mère-Dragonne.

Peddyr, les bras croisés sur sa poitrine, observait la scène du haut des tribunes. Le coeur battant, il paraissait aussi tendu qu'Arjuna. Et il avait de quoi. C'était l'instant solennel, l'ultime épreuve, celle qui marque le tournant décisif pour le reste de l'existence. L'échec, Peddyr ne l'avait pas connu, mais il l'avait redouté, pour avoir déjà vu bien de jeunes gens dévorer par la tristesse et la déception de pas avoir été choisis. D'ailleurs, il y avait sur les Sables un jeune homme qu'il connaissait : Tristan Gwened. Le malheureux n'en était pas à sa toute première présentation à une Eclosion. L'ancien Ambassadeur espérait qu'il se lie cette fois. Lui aussi le méritait.

Les oeufs commencèrent à frémir, puis à s'agiter de plus en plus. Les dragonnets entendaient le chant qui les appelaient à naître. Ils percevaient la présence des âmes qui n'attendaient qu'eux pour se compléter. Des sons traversaient ls oeufs remuants en tout sens. De vifs petits coups de griffes résonnaient l'intérieur des oeufs. La vie de la nouvelle génération voulait sortir rapidement, avides de répondre à l'appel du chant et de la présence des candidats. Puis un oeuf se brisa, libérant une petite bleue, déjà bondissant malgré ses premiers pas chancelants et trouva sa liée. S'en suivit un blanc bien bâti et trouva rapidement son âme soeur. Un autre explosa le haut de sa coquille. Un empereur noir présenta le bout de son museau.

°Tiens, est ce que ce Noir s'approcherait-il de Tristan ? °
°Ce serait une bonne chose et....°

Et le jeunot noiraud se dirigea vers un autre Candidat. Peddyr ne put imaginer la peine du jeune Neishaan. Puis il observa son Aspirant. Arjuna guettait toujours l'éclosion d'un dragonnet, pour sentir son esprit... Mais le nombre d'oeuf à éclore s'amenuisait déjà. Et quand le dernier couple de liés se retirèrent des sables....Peddyr sentit l'abattement le prendre. Non pas pour lui, mais pour le jeune forgeron, comme s'il lisait dans son esprit sur l'instant.

°Par les cieux... cela va être difficile de le persuader qu'il n'a subi un échec et que ce sera pour la prochaine Eclosion.... °

Le Maître Brun croisa le regard de son Aspirant, quand celui-ci avait levé la tête vers les gradins. A voir sa mine défaite, l'Aspirant se morfondait déjà dans son échec. Pensait-il qu'il avait déshonneur son maître et le Brun ? Peddyr allait lui adresser un sourire rassénérant quand Sveargith s'exclama soudain dans son esprit :

°Tout n'est peut être pas joué, regarde, il reste encore un oeuf°
°Un non éclos ? °

Au profond grondement de Niàllan, l'oeuf qui n'avait oscillé tantôt se met à trembler. Il y avait encore un dragon à lier !

°Aurait-il fait une trop grande sieste ? °gloussa Sveargith

Peddyr regarda l'oeuf, puis Arjuna. Tout pouvait encore se jouer. Il se surprir à prier Flarmya pour que le Torhil réussisse. Et il y avait aussi Tristan, qu'Arjuna avait rejoint entretemps, pour le soutenir quand à l'échec vécu en commun. D'ailleurs, le forgeron encouragea le rouquin avec venir avec lui vers le dernier oeuf, qui bataillait pour éclater sa coquille durcie. Ce qui donna du baume au coeur du maître Brun était que les deux jeunes hommes ne cherchaient pas à arriver en premier sur leur dernière chance. Ils s'y rendirent tous les deux, solidairement, en Célestes qu'ils étaient.

Le dernier oeuf remuait toujours avec force, au rythme du chant qui avait repris comme des couinements du dragonnet prisonnier qui voulait sortir, pour lui aussi accomplir sa destinée. Mais la paroi de la coquille tenait bon à ses assauts. Peddyr, comme le reste des spectateurs présents dans les gradins, observaient en se retenant presque de respirer. Puis, ce fut le silence. L'oeuf ne remua plus, l'être en son sein se tut. Etait il ? Niàllan se redressa pour se rapprocher du dernier de sa couvée, l'encourageant du bout de son grand museau luisant. Rien ne se passa. Et violemment, surprenant bien des spectateurs, l'oeuf à la vie improbable éclata, libérant violemment son contenu précieux, couvert de liquide, qui termina sa course sous le large poitrail de sa génitrice.

°Le vois-tu ? °
°Non. Mais j'espère... Par Flarmya !
°Des jumeaux !! °
°Des jumeaux !! °

La pensée des deux célestes avaient réagi en même temps dès qu'ils purent apercevoir non pas un dragonnet, mais deux ! Un était assurément plus trapu que le second, mais ils paraissaient tous les deux en pleine firme. Déjà, malgré leur maladresse de nouveaux nés, ils se rapprochaient des deux derniers Aspirants.

°Si on s'était attendu à cela....°

Le Maître Brun lui, essayait d'imaginer le ressenti d'Arjuna, quand celui-ci eut le premier contact avec son âme soeur draconique. Il se remémora l'instant que lui avait vécu et ne put qu'être heureux pour le jeune forgeron. Egalement pour Tristan. Pour les deux jeunes gens à la fin. Ces deux là ne resteraient pas seuls sur les Sables.

°Félicitations à toi Arjuna ! °scanda Sveargith dans l'esprit du Torhil
°Nous devrions les rejoindre pour les féliciter en personne°
°Hum, peut être après, non ? se permit de rire Svear'
°Que... ah oui... C'est vrai.°

Il ne manqua pas de se gratter la nuque, un peu gênée d'avoir oublié qu'Arjuna devait recevoir les félicitations d'une autre personne, plus proche que lui.

°On ira plus tard pour le féliciter de cette événement, en effet. °

Dans un sens, se lier à un Dragon à l'Empreinte concluait la fin de l'Aspiranat d'un candidat. Arjuna n'avait plus besoin de Maître-Dragon pour entamer la voie pour laquelle il était prédestiné. Mais rassurez vous, Peddyr est toujours disponible pour répondre aux interrogations d'un jeune chevalier-dragon, même si ce dernier a pour compagne une Maîtresse Dorée


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMar 10 Aoû 2021 - 19:46

Si la présence de vie au sein du gros œuf aurait été un pari risqué un moment plus tôt, il n’était désormais plus permis de douter de sa réalité, étant donnés les crissements et piaillements qui en provenaient. La taille de la coquille signifiait-elle une plus forte épaisseur, ce qui expliquerait les efforts du dragonneau ? Quoi qu’il en soit, Tristan priait toujours la déesse aux larmes de feu, faisant s’élever ses espoirs pour cette vie à naître, vers la créatrice de son espèce. C’est une mère bien plus immédiate qui répondit cependant, la dorée venant au secours de celui qu’elle avait initialement délaissé. Les dragons connaissaient-ils le remords ? Le résultat tarda à se faire sentir, on aurait même pu croire que la reine ne s’était déplacée que pour achever une existence déjà jugée comme non viable avant le début de la cérémonie.

Plus rien ne frémissait, plus un écho ne faisait résonner la coquille redevenue statue, tout comme l’assistance retenant son souffle comme un unique organisme. Alors que l’attente se prolongeait, le rouquin sentit ses larmes couler, de nouveau. Pas pour lui, mais pour ce jeune dragon si courageux, si désireux de naître, de vivre, d’exister… L’œuf abandonné restait là, ses contours brouillés pour le neishaan, comme s’il se dissolvait déjà dans l’oubli qu’il avait si brièvement combattu. Et pourtant, il n’avait pas renoncé. Un magistral craquement acheva enfin le travail, libérant une silhouette vague et brillante, sans qu’on ne puisse identifier de quel type, qui se hâta de retrouver un semblant de sein maternel. Niàllan sembla lui accorder un dernier moment de réconfort, avant de lui laisser place pour qu’il rejoigne l’être à deux pattes qui compléterait son âme.

Pendant ces derniers moments, le cœur de l’aspirant roux avait résonné au rythme de ses craintes et ses espoirs pour le nouveau-né, et instinctivement, il se redressa peu à peu à mesure que remuait le dernier cadeau, inattendu, de la Dorée au Màr Menel. Le petit vivait, il avait finalement réussi le premier combat de son existence, et par conséquent, son droit à celle-ci ! Louée soit Flarmya… Pourtant, alors que les membres du dragonneau commençaient à se détacher sur le fond doré des Sables, il sembla clair que quelque chose d’anormal s’était passé dans cet œuf. Tristan n’arrivait pas à comprendre comment était constitué le saurien, et même après avoir séché ses yeux d’un coup de manche sableuse qui lui valut des clignements de paupières répétés, l'explication ne lui venait pas. Il assista aux premiers mouvements sans comprendre ce qu’il voyait, avec la vague impression que sa fièvre naissante lui jouait des tours.

Et d’un coup, tout fut clair. Deux. Deux cous, deux têtes, deux déclinaisons de la même couleurs. Deux jeunes dragons, pour un seul œuf. Qui aurait pu le soupçonner ? Le fils d’Ablah n’avait jamais entendu parler d’un pareil phénomène, ni lu au cours de ses nombreuses explorations de la bibliothèque. Cependant, ses pensées étaient bien loin des archives. Le regard comme aimanté à la scène, il vit les deux frères se redresser lentement, le plus solide aidant le plus affiné, puis s’avancer de conserve vers… il sembla au neishaan que son cœur s’affolant ne pourrait rester contenu dans sa poitrine. Ses orbes ambrées passaient de l’un à l’autre, s’attardant à chaque fois un peu plus sur celui qui portait des reflets de cuivre. Puis plus rien n’exista, d’autre que cette créature de légende, cérémonieusement assise face à lui, et qui le pressait de finaliser leur lien.

Incrédule, il tendit une main tremblante vers le plus merveilleux dragon qui, à ses yeux, ait jamais existé. Rien de ce qui le distinguait de ses semblables aux écailles de bronze, ne lui apparaissait comme une erreur. Il était juste parfait.
« Tu es… magnifique... »
Il voulut se relever pour accueillir ce seigneur comme il se devait. L’émotion de ce moment unique autant qu’inespéré le fit retomber nez au sol, défaillant comme une princesse devant son chevalier servant. Le petit bronze, ayant senti s’étioler la présence qui lui était vitale, poussa un piaulement de détresse, et voulut se remettre sur pattes en toute hâte. Sa maladresse de nouveau-né, ses membres trop longs qu’il ne maîtrisait pas, et cette queue qui l’encombrait plus qu’elle ne l’aidait, ne tardèrent pas à le déséquilibrer, l’envoyant rejoindre Tristan, le museau dans les sables, en gémissant toujours son inquiétude.

Son souffle glissa sur le visage de son âme sœur, dont les paupières s’ouvrirent aussitôt. Les regards se croisèrent pour de bon, iris dorés soudain illuminés, se plongeant dans de grands yeux sauriens d’où le jaune était chassé par un doux vert printemps. Ce qui, jusque-là, n’avait été qu’un espoir un peu fou, se faisait désormais réalité irréfutable.
« Aldibaïn, »
souffla le neishaan comme le plus précieux des secrets, en retrouvant prudemment un appui sur les genoux,
« pardon, pardon, pardon... »
Tout ce qu’il voulait, c’était terminer d’effacer les reliquats d’inquiétude que sa faiblesse avait causée à son Lié. Tendant les bras, il termina de l’attirer contre lui, alors que de nouvelles larmes, joie et soulagement mêlés cette fois, venaient tracer leurs sillons sur son visage maculé de sable.
* Tu es là. Je suis là. Nous sommes ensemble. *
L’assurance tranquille de cette petite merveille de bronze cuivré termina d’effacer les anciens doutes du rouquin, les reléguant à l’état d’égarement lointain.
* Je ne sais pas comment j’ai pu vivre aussi longtemps sans toi... *

Un mouvement léger, tout proche, ramena le duo à un environnement un peu plus élargi que leurs seuls esprits si parfaitement accordés. Arjuna avait lui aussi trouvé son complément, ses yeux renvoyaient la même lueur presque transfigurée que ceux de Tristan. Ils avaient traversé ensemble l’épreuve de l’éclosion, jusqu’au bout, jusqu’au-delà de l’échec. Ils en sortaient Liés à des jumeaux, deux bronzes aussi dissemblables que leurs bipèdes, du moins en apparence… L’avenir seul leur dirait ce que cela pourrait signifier, mais assurément, il y avait là une marque puissante. Le fils d’Ablah adressa un signe de tête à celui qui, en même temps que lui, était passé d’aspirant à chevalier – Flarmya, que cela serait difficile de s’y habituer.

Sans lâcher Aldibaïn, il se remit debout précautionneusement. Il se sentait aussi peu assuré sur ses jambes, qu’un dragonneau au sortir de l’œuf, mais son Lié allait avoir besoin de se nourrir, après tous les efforts qu’il avait déployés.
* Vous avez été si courageux, toi et ton frère. Je ne te laisserai jamais. *
* Même si tu essayes, je te retrouverai. *
Il y eut un instant de flottement, de brève perplexité, jusqu’à ce que le jeune saurien lui transmette l’équivalent mental d’un rire. Enfin, Tristan avait trouvé un être qui lui faisait confiance sans réserve, qui le comprenait totalement sans même prononcer une parole. Son sourire s’élargit et, faisant fi de sa faiblesse physique, il tourna résolument le dos à la mère de son âme sœur.


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MessageSujet: Re: [RP Officiel] Aube de promesses   [RP Officiel] Aube de promesses Icon_minitimeMer 15 Sep 2021 - 21:04


[RP Officiel] Aube de promesses Maitre-celeste-520d210 [RP Officiel] Aube de promesses Asra_re-52ea82a
Maîtresse Sable Lewë, Liée à la Bleue Asra
______[RP Officiel] Aube de promesses Ephial11 [RP Officiel] Aube de promesses Euthym10
Chevalier Éphialtès Chantevent, Lié à la Bleue Euthymia


Elle laissa Tristan s’avancer sur les Sables et eut l’impression de l’envoyer en un voyage dont elle savait qu’on ne revenait pas. Elle le regarda s’éloigner comme une mère abandonnée sur la plage voit disparaître le navire qui emporte avec lui l’enfance. Les ailes d’Asra se gonflaient du vent de sa mélancolie tandis qu’elle rejoignait ses pairs, sa voix grave chargée d’espoir se mêlant à leur chant. La frêle silhouette de la Sang-Mêlé, emportée par la marée humaine qui se pressait dans les gradins, fut retenue par une main ferme. Éphialtès Chantevent n’avait plus besoin de se cacher et se tenait avec toute la fierté de son noble patronyme, à visage découvert. Ses cernes dessinaient la courbe d’un sourire. Il accueillit Sable auprès d’elle et elle trouva refuge dans son ombre familière.

« Selon toi, à quoi pensais-je lorsque tu te trouvais là, en bas ? » la questionna-t-il pour toute salutation, et la Maîtresse Bleue étouffa un rire tristement dérisoire.

« Tu étais certainement impatient de te débarrasser de moi. J’étais une erreur. »

L’Elfe pencha la tête sur le côté, les paupières plissées sur ses prunelles orageuses. « Crois-moi, j’ai appris depuis le véritable poids des erreurs. Non, j’étais pressé de leur prouver que j’avais eu raison de te choisir. Je ne pensais qu’à moi. Ce garçon a de la chance d’avoir eu une Maîtresse qui ne pensait qu’à lui. »

« Il n’existe pas d’acte désintéressé. Tout ce que j’ai fait pour lui, je l’ai sûrement fait pour moi. » contra Sable d’une voix fluette, laissant son regard dériver en direction des Candidats qui s’approchaient, certains timidement, d’autres emplis d’assurance, vers la Reine Dorée.

« Tu parles comme elle.
— Est-ce un reproche ? Je n’avais plus grand monde pour me tenir compagnie, à part elle. »

Quelque chose de froid enserrait sa gorge. Elle aurait dû se sentir coupable d’une telle bassesse mais il n’y eut qu’une misérable satisfaction en lieu et place de la honte lorsqu’elle vit les traits d’Éphialtès se durcir. Le silence s’épaissit jusqu’à lui donner l’impression de respirer sous terre. Le Chevalier Bleu n’était pas le seul à avoir changé. Il était revenu de son exil empli de douceur, de compassion, d’humilité. Elle s’était construite une carapace stérile et amère sous laquelle elle avait laissé croupir son cœur. Qu’il accepte si facilement la colère de ceux qu’il avait trahis, abandonnés, l’emplissait d’une rage sourde et terrible qu’elle n’était pas certaine de comprendre.

Elle secoua la tête en libérant un soupir tremblant. À la lisière de son esprit, l’œil sévère d’Euthymia se détourna de son ancienne élève et, comme toutes les fois où elle avait tenté de se convaincre qu’une telle chose était inutile, Sable imagina ce que la Bleue devait penser d’elle. Rien de bon, à en juger par les sourcils froncés de l’Elfe. ° Tu n’as jamais compté pour elle. Tu voudrais lui plaire ? Elle te ferait ramper ventre à terre et te mépriserait pour ça. Elle te hait simplement car tu es libre. ° Contrairement à sa Liée, la Sang-Mêlé trouvait assez peu de réconfort dans l’évidence ou les certitudes. Les mots d’Asra traversèrent sa conscience de part en part avant de disparaître aussi rapidement qu’ils étaient venus.

« Il est temps… » murmura la Sang-Mêlé lorsqu’enfla le chant des Dragons. Les œufs s’agitaient sur les Sables avec une vigueur renouvelée. Y en aurait-il un pour Tristan ?

« Gardez la tête haute, Maîtresse Lewë. Vous allez rater le meilleur moment. »

Et comme elle n’avait jamais été du genre à désobéir, Sable redressa le menton, braquant obstinément son regard vers l’aire d’Éclosion, vers son Aspirant, s’interdisant de faiblir. Sous leurs capes, sa main avait trouvé celle d’Éphialtès dans une étreinte secrète.

Les premières coquilles se brisèrent.

Plus d’une fois, la Sang-Mêlé fut bien tentée de fuir. Elle se mordait la lèvre, nerveusement. Si ce n’était pas le Brun, alors peut-être serait-ce le Noir, ou encore cette petite Verte… Mais, un par un, les jeunes Dragons rejoignaient leur moitié d’âme et aucun d’entre eux ne semblait vouloir du Neishaan. Le temps s’était emballé, passant à une vitesse folle sans que la Maîtresse, ses iris d’aigue-marine désespérément plantés dans la nuque de Tristan, s’en aperçut. Autour d’elle, la rumeur d’allégresse s’amplifiait et refluait, encore et encore, mais les vagues se brisaient vainement contre une falaise de silence.

Une brève caresse sur le dos de sa main la tira enfin de sa stupeur. Battant des cils, la bouche entrouverte sur un souffle d’incompréhension, elle constata que les spectateurs avaient commencé à quitter les gradins, qu’il ne restait sur les Sables jonchés de débris nacrés que deux Candidats refusant d’abandonner espoir. Sur son visage froid, peu habitué à trahir ses véritables pensées, un violent sentiment d’injustice avait peint une grimace. Pourquoi aucun nouveau-né n’avait-il voulu de son Aspirant ? Pourquoi Flarmya s’obstinait-elle à suggérer qu’il n’était pas digne, pas assez, pour l’un de ses enfants ? La mâchoire serrée autour d’un rictus hargneux, Sable laissa échapper un long sifflement, presque animal – jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il s’agissait en réalité d’Asra, grognant à l’adresse de ses confrères qui avaient choisi de tourner le dos alors que Niàllan avait entonné un nouveau chant.

Il restait un œuf. L’Éclosion n’était pas terminée.

Un œuf. Deux Candidats.

Sable ne s’était jamais embarrassé d’une bonne conscience. Toute son attention était dirigée sur Tristan ; le reste pouvait bien être avalé par un torrent de flammes pour ce qu’elle en avait à faire. Plus tard, peut-être, éprouverait-elle quelque remords d’avoir désiré si ardemment l’échec du second Candidat – en cet instant, seule lui importait la réussite de Tristan. Car s’il n’y avait aucun Dragon pour lui sur les Sables cette fois, elle savait qu’elle ne pourrait pas le retenir au Kaerl plus longtemps. Aujourd’hui, son Destin pouvait basculer vers des chemins qu’elle n’aurait souhaité à personne d’emprunter. La respiration retenue, la Sang-Mêlé n’osait même plus ciller.

Puis, quand la coquille se brisa dans un fracas retentissant, elle fut rattrapée par sa faiblesse et ferma les yeux avec force, se tournant entièrement vers Asra car elle ne pouvait pas affronter la vérité de front. Face au mutisme de la Dragonne, il lui sembla alors que tout était terminé – mais une pensée interrogative traversa son esprit. Des jumeaux ? Elle osa ouvrir un œil, avisant prudemment l’expression de surprise plaquée sur le visage d’Éphialtès. Il serra sa main un peu plus fort, la secoua doucement, comme pour l’encourager à voir par elle-même. Les yeux désormais grands ouverts, elle se pencha en avant, juste à temps pour apercevoir une petite forme cuivrée disparaître dans les bras de son Aspirant à genoux.

Elle se redressa, tremblante, et n’eut qu’à échanger une œillade avec Éphialtès pour se faire comprendre. Le Chevalier Bleu se leva à son tour et quitta les gradins par un chemin opposé pour retrouver sa Liée tandis que Sable s’empressait de rejoindre Tristan. Elle dévala les marches aussi vite que le lui permettait la lourde étoffe battant ses jambes.

Quand elle fit enfin face à son Aspirant, elle marqua un moment d’hésitation avant de s’élancer vers lui, l’attirant contre elle et le serrant dans ses bras en une démonstration d’affection certainement déplacée. Mais elle se fichait bien des convenances. Elle se détacha après quelques battements de cœur, posant ses paumes sur les épaules du Neishaan tandis qu’elle l’observait d’un regard embué.

« Je suis tellement fière de toi, de vous. Nous sommes tellement fières. » se corrigea-t-elle car Asra s’était approchée, abaissant son long cou vers le nouveau couple d’Âmes Sœurs. Elle souffla une haleine chaude qui vint effleurer cheveux de flammes et écailles de cuivre. Même si elle n’était guère une créature aussi émotive que sa Liée, elle jugea nécessaire de féliciter Tristan – à sa manière.

° C’est maintenant que tout commence. Nos chemins se séparent ici mais peu importe où les vents vous mèneront, nous serons toujours à vos côtés. °

Sable hocha la tête avec un sourire discret, se reculant de deux pas, quoiqu’à contrecœur. « Va, à présent. Ton Lié doit être affamé. »

De l’autre côté des Sables, Éphialtès contemplait la scène, une main frôlant négligemment le cuir d’Euthymia. Il n’avait plus autant de mal à admettre qu’il était heureux d’être revenu, ni même à reconnaître l’agréable chaleur qu’il ressentait en son être lorsqu’il posait les yeux sur Sable. Pendant toutes ces années, le Kaerl ne lui avait pas manqué – mais ses rituels, ses habitants… Il se sentait toujours lié à eux, envers et contre tout. La Dragonne Bleue renâcla, à la manière d’un reniflement moqueur.

° Regarde-la. Elle est comme une poule devant son œuf. °
° Cet instant leur appartient. Laisse-les se réjouir. °
° À quel point faut-il donc être pitoyable pour ne vivre que par l’approbation des autres ? °
° Tu le sais certainement mieux que moi. °


L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter
***

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