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 [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël

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Daire Orlaigh
Maitre Dragon
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Daire Orlaigh


Date d'inscription : 18/08/2021
Sexe : Féminin
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Messages : 5
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Race : Humaine
Âme-Soeur : L'Empereur Noir Gamaliël
Fonction : Décurion Étincelant
Affiliation : Clan Introverti
Alignement : Loyal Mauvais (Kaerl Ardent)
Ordre Draconique : Ordre Draconique d'Ombre (Kaerl Ardent)

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MessageSujet: [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël   [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Icon_minitimeMer 18 Aoû 2021 - 3:10

[Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Daire_10
[Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Dragon12[Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Gamali11
Crédits : jocarra
Daire Orlaigh
Crédits : kerembeyit et Yuan Cui
Gamaliël


Nom : Daire Orlaigh.
Daire se prononce « dawra » et signifie « fructueux » et Orlaigh se prononce « orlah » et signifie « princesse dorée » dans un dialecte du nord d’Orën.

Surnom : Aucun. Du moins, qu’elle sache.

Âge : « Automne » – 61 ans en 919 (née le 14 Solyaeku 858, au Màr Tàralöm).

Race : Humaine, avec quelques traces très très lointaines de sang fëalocë.

Physique, Caractère :

~ Physique ~

Malgré sa taille moyenne (environ un mètre soixante-dix), la silhouette de Daire, sèche et athlétique, musclée par des années de travail à la forge et affutée par des heures et des heures d’entraînement, n’a rien de très féminin. Aucune paresse, aucune gourmandise ne l’a jamais ramollie ; aucune grossesse ne l’a jamais adoucie. Sa posture, droite et fière, la tête haute et le regard direct, ne fait rien pour arranger les choses. Elle ne baisse que rarement les yeux et seulement lorsque l’étiquette ou le respect de la hiérarchie le commande expressément. À première vue, il est donc facile de prendre Daire pour un homme, pour un soldat, et ce ne sont pas ses habitudes vestimentaires qui peuvent arranger les choses. Lorsqu’elle ne porte pas son uniforme, tiré à quatre épingles, elle ne revêt que des vêtements masculins, qu’elle choisit pour leur confort et leur praticité et non pas pour la mise en valeur de ses formes, qui sont relativement discrètes et dont, de toute façon, elle se fiche comme d’une guigne.

Le reste de son apparence est à l’avenant. Ses cheveux blonds, à présent parsemés de quelques fils d’argent, sont toujours parfaitement coiffés, en un carré sobre qui effleure ses épaules. Plus jeune, elle les portait un peu plus long, attachés en catogan, mais n’a jamais arboré de coiffure plus élaborée. Et, de même, elle n’a jamais utilisé la moindre once de maquillage. Non seulement ça ne lui est jamais venu à l’idée mais, en plus, ce serait à présent complètement inutile. En effet, la première chose que l’on remarque en faisant face à Daire, ce n’est pas son allure martiale ni son œil droit dont l’iris sombre est souvent aussi froid que le royaume d’Isashani. Non, ce qui marque, c’est l’impressionnante cicatrice qui défigure le côté gauche de son visage, traversant son œil qui n’est plus qu’un globe blanc et aveugle, et descendant jusqu’à ses lèvres.

Cette cicatrice n’est pas la seule séquelle que lui a laissée la Grande Guerre, même si c’est la plus visible. Elle souffre également de migraines, de moins en moins fréquentes et intenses avec les années et grâce aux traitements des guérisseurs, mais certaines crises sont parfois réellement handicapantes au point de troubler sa vision ou de l’obliger à stopper ce qu’elle fait. Dans ces cas-là, Gamaliël prend les choses en main sans hésitation et le couple arrive généralement à donner le change. Il lui arrive aussi, très rarement, de faire des cauchemars mais, ça, personne ne le sait, pas même les guérisseurs.

~ Caractère ~

Daire est née, a grandi et a toujours vécu au Màr Tàralöm. C’est sa maison, son foyer et, quels que puissent être ses défauts, elle n’a pas l’intention d’en changer – de toute façon, ses voyages lui ont bien montré que ce n’était pas mieux ailleurs – et elle fera tout pour le protéger. C’était son rêve d’enfant, de combattre pour protéger son Kaerl, sa famille, ses amis… c’est devenu une réalité avec Gamaliël à ses côtés. Et si, à présent, elle fréquente moins les champs de bataille, ses aspirations premières n’ont pas disparu. Sa priorité reste le bien du Kaerl pour lequel elle est capable de mettre de côté toute ambition personnelle. La cité est bien plus grande et plus importante qu’elle ou, malgré tout l’amour qu’elle lui porte, son dragon. Elle a perduré à travers les siècles grâce à sa magie, à son Gardien, à ses occupants… et à ses règles. Que lesdites règles et lois puissent paraître barbares aux yeux des étrangers ne comptent pas. Elles ont maintenu le Kaerl vivant, lui ont donné son identité et l’empêchent de sombrer dans le chaos ; elles doivent donc être respectées, quel que soit leur impact sur les existences particulières des habitants.

Daire est donc fidèle au Kaerl et à ses lois et prête à tout pour les protéger et les respecter. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est complètement imperméable à toute ambition. Elle aurait pu vivre sa vie en tant que non Douée, forgeron ou combattant, satisfaite de n’être qu’un rouage de l’immense machine qu’est la cité, mais ce serait mentir de dire qu’elle n’a pas apprécié le prestige et la reconnaissance qui ont accompagné son Empreinte puis son ascension au sein de la hiérarchie du Kaerl. C’est toujours valorisant de voir ses compétences reconnues et elle est fière de ses capacités, tant au combat qu’en enseignement – pour ses aspirants ou sa Décurie. Mais elle n’oublie pas que la priorité est et reste le bien du Màr et que chaque échelon gravi s’accompagne de responsabilités de même niveau. Il s’agit avant tout d’être utile au Kaerl quelle que soit sa position en son sein.

Comme elle tient la bride serrée à son ambition, au point que c’est devenu une seconde nature, Daire a toujours mis un point d’honneur à contrôler tout le reste de sa personne. Petite, ses parents l’ont incitée à se comporter comme un garçon mais avec un brin de retenue pour que son secret ne soit pas découvert tout en lui ont inculquant le respect de l’ordre et de la hiérarchie. Ses années à la forge n’ont fait que renforcer cette éducation et, non seulement Daire se comporte et se considère plus comme un homme que comme une femme, mais elle a aussi vite appris à maîtriser ses élans d’enthousiasme ou de rébellion. Si elle n’est pas aussi froide et rigide qu’elle peut le sembler pour un observateur extérieur, elle ne laisse que très très rarement des émotions prendre le pas sur sa raison.

Et, comme elle n’aime pas perdre le contrôle sur elle-même, qu’il s’agisse de ses actes, de ses paroles… ou même de ses pensées, elle ne boit quasiment pas d’alcool. De toute façon, ça ne lui manque pas, elle n’aime pas vraiment ça. En revanche, elle aime le thé. Beaucoup. Peu de gens le savent, mais son weyr abrite une véritable collection de thés de provenances très variées. Il faut dire qu’elle a une fâcheuse tendance à ramener des feuilles de sa boisson favorite à chaque fois qu’elle se rend quelque part sur le Rhaëg. Et, pour le boire, elle utilise généralement un service en porcelaine. Si si. Avec des petites fleurs roses et tout. Il appartenait à sa grand-mère maternelle, et Daire en prend grand soin. En vérité, il fait partie de ses rares possessions matérielles auxquelles elle tient vraiment.

Enfin, si elle sait mentir et garder un secret – après tout, elle s’est faite passer pour un garçon pendant plus de quatorze ans – Daire est avant tout franche et directe. Elle est un soldat, prête à obéir aux ordres et à accomplir sa mission sans trop se poser de questions, mais les ronds de jambe et autres magouilles politiciennes ne sont clairement pas sa tasse de thé. En outre, son âge et son expérience lui permettent en général de dire ce qu’elle pense sans prendre de gants, quel que soit le rang de son interlocuteur… même si elle se contente souvent de le faire en privé histoire de ne pas remettre en cause en public l’autorité de ceux à qui elle s’adresse.

Alignement : Loyal Mauvais.

Clan choisi : Kaerl Ardent, Clan Introverti.

Lié(e) :

[Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël T0o3
Crédits : Black Dragon, par LordHannu, modifié par un inconnu.

~ État civil ~

Identité : L’Empereur Noir Gamaliël.
Ascendance : L’Incarnate Sokänon & ???
Âge : 47 ans (né à l’automne 872).
Descendance : Aucune.

~ Description physique ~

Gamaliël est grand et massif, même pour un Empereur Noir. Très musclé, il est dans la moyenne haute des dragons de sa couleur, ce qui en fait un des dragons les plus grands – et impressionnants – du Màr Tàralöm.

Sa stature et sa masse le rendent évidemment peu gracieux au sol, où il se déplace brutalement, mais il est en revanche très à l’aise en vol. Il a des heures et des heures d’entraînement à son actif, des dizaines de combats qui lui ont appris à être rapide, précis, et agile – du moins autant que le lui permet sa taille. Chacun de ses mouvements est réfléchi et calculé en une fraction de seconde, la vitesse de réaction et la précision étant les clés de la réussite – et de la survie.

Et clairement, Gama est un survivant. Il porte les stigmates de la guerre et son statut de vétéran est gravé sur ses écailles. Celles-ci, d’un noir terne, quasiment cendré, portent de nombreuses cicatrices, de griffes, de crocs et de brûlures. Il a également perdu sa corne frontale gauche.

~ Description caractérielle ~

Gamaliël est avant tout très protecteur envers sa Liée. Si Daire est obsédée par le bien du Kaerl, Gama, lui, ne vit que pour Daire. Dès son Empreinte, seule Daire avait de l’importance et le reste, tout le reste, ne comptait pas. Cette obsession s’est renforcée au cours des années, à chaque fois que la jeune femme a dû faire face à des difficultés, pour atteindre son paroxysme lorsqu’elle a été gravement blessée pendant la Grande Guerre des Ordres. Depuis, le dragon ne quitte quasiment jamais sa Liée, assurant ses arrières – et veillant sur l’angle mort causé par la perte de son œil.

Taciturne, il ne parle pas beaucoup, mais sait se faire comprendre autrement. Avec Daire, ils se comprennent presqu’instinctivement, en ajoutant un mot par ci par là, et avec le reste de Rhaëg… c’est variable. Il considère que la plupart des êtres vivants, qu’ils soient bipèdes ou dragons, ne mérite pas son attention et il se contente en général de les ignorer – sauf s’ils s’en prennent à sa Liée, bien évidemment. Seuls ses aspirants et les recrues de la Décurie trouvent grâce à ses yeux, à condition qu’il les juge méritants. Dans le cas contraire, il n’hésitera pas à user de la menace, de sa force ou de quoi que ce soit d’autres pour les faire rentrer dans le droit chemin – ou les éliminer s’ils deviennent gênants.

~ Forme humanoïde choisie ~

Gamaliël prend la forme d’un homme sec, un peu plus grand que sa Liée, brun, dont les cheveux ont la même couleur que les écailles de sa forme native. Son visage et son allure sont aussi peu avenants que son aspect draconique. Les lèvres pincées, l’expression fermée, il ne parle que peu mais est capable de vous fixer sans un mot pendant très longtemps. C’est un guerrier sous cette apparence également, capable de manier l’épée, le sabre et le couteau et de défendre Daire en toute circonstance. Son visage est ridé et sa peau porte des cicatrices correspondant à celles qu’il arbore sous sa forme native. Son oreille gauche est coupée à moitié, faisant pendant à sa corne brisée.

~ Regard de Flarmya ~

Grâce au Regard de la Déesse, Gamaliël peut prêter sa force à Daire, lui permettant de renforcer sa magie de télékinésie. De plus, même s’il s’en défendra, il prend un peu plus à cœur les intérêts du Kaerl, ayant un peu faites siennes les préoccupations de sa Liée.

Histoire résumée :

~ Famille et relations ~

Famille :
- Symania Orlaigh, 85 ans (née en 834), sa mère, anciennement lavandière au Màr Tàralöm.
- Kolvar Heipeiros, décédé (830-902), son père, anciennement palefrenier au Màr Tàralöm.

Décurie (Verseurs de Sang) :
- Adhâvan Ilaiyaraja, Lié à la Blanche Rakesh.
- Sighildr Eldrid, Liée à la Bleue Cybèle.
- Siarr Vadrak, 36 ans (né en 884), Lié au Brun Dioghal.
- Kallista del Aeran, Liée à la Bleue Araceli, sa recrue la plus récente, demi-sœur d’Astérion del Aeran.

Introvertis :
- Eléderkan Garaldhorf, Lié au Bronze Thémos, Inquisiteur Suprême.
- Astérion del Aeran, Lié au Bronze Antarès, Décurion.
- Ioana Cyallaïd-Cèlt’har, Liée à la Verte K'Jenriath, ex Seconde du Kaerl.
- Kahina El’Fahim, Liée à la Verte Tsèriel, Sang et Maître d’Armes du Kaerl.

Autres :
- Alauwyr Iskuvar, Lié à l’Empereur Noir Estenir, Seigneur du Kaerl.
- Martel Dehlekna, Lié au Bronze Melkor, ancien Second du Kaerl, sous le règne du Seigneur Hùriand.
- Víðarr Askr, Lié au Brun Iaïros, Spectre des Cendres.
- Gowan Fingal, Lié au Bronze Aonghas, forgeron à Lòmëanor.

~ Chronologie ~

14.07.858 : Naissance de Daire au Màr Tàralöm, de deux parents Sans-Don.
868 : Daire devient apprenti à la forge du Kaerl Ardent.
Env. 869 : Naissance de Gowan Fingal au Kaerl Ardent.
Automne 872 : Daire se Lie à l’Empereur Noir Gamaliël alors qu’elle assistait à l’Éclosion depuis les gradins. L’Archonte Brûlant, Celanduil Hùriand et son Bronze Morokei prennent les jeunes Liés sous leurs ailes pendant quelques mois.
876 : Daire intègre les Spectres de Cendres.
880 : Daire devient Maître et prend son premier Aspirant.
881 : L’Aspirant de Daire et Gamaliël se Lie. Daire devient Verseur de Sang.
Env. 882 : Gowan devient aspirant.
884 : Naissance de Siarr Vadrak, fils d’Atholf Vadrak.
Env. 884 : Celanduil Hùriand devient Seigneur du Kaerl.
886 : Martel Dehlekna devient aspirant du Seigneur du Kaerl, Celanduil Hùriand. Mort du dragon d’Atholf Vadrak.
Env. 887 : Atholf quitte le Kaerl. Gowan se Lie avec le Bronze Aonghas.

889 : Martel se Lie avec le Bronze Melkor. Daire devient Garde Embrasé.
890 : Eléderkan se Lie avec le Bronze Thémos.
895 : Martel et Eléderkan deviennent Maîtres. Gowan aussi.

896 : Siarr Vadrak intègre la Triade de Daire et Gamaliël.
Env. 897 : Gowan devient Décurion.
898 : Martel devient Second suite à la mort du précédent qui a osé défier le Seigneur.

899 : Siarr se Lie au Brun Dioghal.
900 : Décès du Seigneur Celanduil Hùriand, défié par Salvedaen Arkalin, Maître de l’Empereur Noir Astaorth. Salvedean devient Seigneur. Début de la Grande Guerre des Ordres. Martel devient Décurion Étincelant.
Env. 903 : Blessure d’Aonghas ; départ de Gowan pour Lòmëanor.

905 : Blessure de Daire.
908 : Daire devient Décurion Étincelant.
910 : Fin de la Grande Guerre des Ordres.
914 : Viðarr Askr intègre la Triade de Daire et Gamaliël.
916 : Viðarr se Lie avec le Brun Iaïros.

Voir le post suivant pour l’histoire détaillée.

Possessions :
- Plusieurs uniformes de Décurion, tous impeccablement entretenus ;
- Des tenues masculines et sobres pour les moments où elle n’est pas en service ;
- Le nécessaire pour entretenir ses armes et le harnais de Gama ;
- Le strict minimum pour son confort et sa décoration, les seules fantaisies étant en général des cadeaux qu’on lui a offerts ;
- Une collection de thés venus des quatre coins du Rhaëg ;
- Un service à thé en porcelaine, décoré de petites fleurs roses, ayant appartenu à sa grand-mère.

Magie :
Outre le Don de Flarmya, Daire possède le don de télékinésie : elle peut déplacer les objets par la pensée. Néanmoins, elle ne peut déplacer de la sorte que des objets qu’elle serait capable de déplacer physiquement et elle en subit le contrecoup de la même façon, comme de la fatigue ou des courbatures après avoir déplacé quelque chose de lourd par exemple. De plus, l’utilisation de la télékinésie lui demande une plus grande concentration que si elle utilisait simplement sa force physique. Cependant, grâce au Regard de Flarmya, elle peut limiter un peu ces contraintes : lorsque Gamaliël est concentré sur le même objectif qu’elle, c’est comme s’il lui prêtait sa force et elle peut ainsi déplacer des objets bien plus lourds sans ressentir de fatigue excessive.

Divers : Double compte d’Arjuna Tlaloc.
Fiche d’adoptable, rédigée par Heryn:
 


Dernière édition par Daire Orlaigh le Sam 21 Aoû 2021 - 9:22, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël   [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Icon_minitimeMer 18 Aoû 2021 - 3:16

Histoire détaillée :

~ Avant Daire ~

Au début du Vème siècle, dans une petite bourgade du nord d’Orën, les distractions étaient rares. Les hivers étaient froids et rigoureux, les étés chauds et souvent secs, et les visiteurs peu nombreux. Alors, forcément, lorsqu’une caravane venait à passer, c’était fête. Les voyageurs, quelles que soient leur race ou leurs coutumes, étaient accueillis avec joie et on se pressait autour d’eux pour voir leurs marchandises venues de loin ou apprendre les nouvelles du reste de Rhaëg. Cet hiver-là, ce fut une caravane de fëalocës qui vint à passer. Ils apportaient la chaleur dans leur voix, Solyae dans leurs chevelures cuivrées, l’exotisme dans leurs récits. Le chef de la caravane se vit offrir le gîte et le couvert chez le bourgmestre, comme c’était l’usage, et put profiter de l’hospitalité de sa maison animée par ses nombreux enfants… et sa femme. Blonde comme les blés, encore jeune et peu marquée par ses grossesses, la maîtresse de maison avait de quoi séduire le caravanier. Mais, évidemment, personne ne fit quoi que ce soit de répréhensible. Et, si neuf mois plus tard, une petite fille blonde naquit, ça n’avait rien d’étonnant vu la fertilité du bourgmestre.

La fillette, blonde comme sa mère mais au teint de peau étrangement mat, fut nommée Orlaigh, « princesse dorée ». Elle grandit sans encombre, entourée de sa nombreuse fratrie, jusqu’au jour où, en gardant les moutons, elle rencontra un étranger. Il n’était clairement pas du coin et, pourtant, il semblait voyager seul et ne pas être fatigué de son périple. Mais il était jeune, il était beau, il parlait bien. Et il revint. Plusieurs fois. Au fur et à mesure des rencontres, ils se rapprochèrent et l’étranger révéla des choses qu’il n’aurait pas dû raconter. Il parla de lui, de la terre magique d’où il venait, de son dragon. Et il proposa à Orlaigh de l’épouser et de l’emmener avec lui. Sans doute aurait-elle accepté s’il ne s’était pas révélé qu’elle était enceinte. Passer dans l’Interstice, c’était le meilleur moyen de perdre le bébé, ce que ni l’un ni l’autre ne souhaitait. Ils décidèrent donc d’attendre. Mais Orlaigh ne pouvait pas cacher sa grossesse indéfiniment. Lorsque sa famille l’apprit, ce fut le drame. Furieux, le bourgmestre garda la jeune fille cloîtrée à la maison jusqu’à la naissance de l’enfant… qui ne se passa pas bien. Lorsque l’amoureux finit par forcer la porte de la maison, ce fut pour apprendre qu’Orlaigh était morte et que personne n’avait envie d’élever un bâtard. Ou une bâtarde, en l’occurrence. Ça tombait bien, il n’avait aucune envie de l’abandonner. Il prit la petite fille avec lui et, le cœur brisé, l’emmena avec lui au Màr Tàralöm. Là, il la nomma Iltarillë (« petite étincelle ») Orlaigh pour respecter la coutume du Kaerl qui donnait le nom de la mère à ses enfants.

L’histoire ne dit pas si Iltarillë avait le Don et si elle se Lia à un dragon. Certains de ses descendants eurent probablement cette chance mais la plupart ne sortirent pas vraiment de l’anonymat qui entourait les petites gens du Kaerl. Celles sans qui rien ne tournerait mais qui n’avaient droit qu’à peu de considération, quand elles ne devaient pas carrément faire face à un mépris à peine dissimulé. Qu’importe. Les Orlaigh ne se laissaient pas marcher sur les pieds. Ils faisaient leur part au sein du Kaerl, sans faire de vague, en connaissant leur place, mais sans s’écraser pour autant. De toute façon, au Màr Tàralöm, mieux valait ne pas trop s’écraser si on ne voulait pas se faire complètement piétiner. Mais l’assurance n’était pas innée pour tout le monde et, en 850, la jeune Symania, âgée de 16 ans, n’était pas des plus intrépides. Et, surtout, elle était incapable de tenir tête à un jeune chevalier bronze qui ne cessait de la harceler, malgré ses refus répétitifs. Un jour, alors qu’elle passait à proximité des écuries du Kaerl, elle fut de nouveau la cible de l’indésirable, qui se montra encore plus empressé que d’ordinaire. Peut-être aurait-ce pu aller trop loin si un jeune palefrenier n’était pas intervenu.

« Sauf votre respect, Chevalier, je crois que la dame vous a dit non.
— La dame ? Elle n’a rien d’une dame ! Elle n’a même pas le Don d’entendre les dragons !
— Justement. Un Chevalier a sans doute beaucoup mieux à faire que de perdre son temps avec nous qui sommes de si basse extraction. »


Le jeune coq prétentieux ne pouvait décemment pas nier et, s’il ne manquait pas d’arrogance, il n’avait pas assez de répartie pour répondre quelque chose d’intelligent qui lui donnerait l’avantage. Il se contenta donc de jeter un regard mauvais au palefrenier avant de tourner les talons, non sans avoir lâché une dernière réplique méprisante :

« Tu devrais te sentir honorée d’avoir attiré l’attention d’un Doué au moins une fois dans ta misérable vie.
— Oh, elle l’est, Chevalier, j’en suis sûr ! »


Honorée, Symania ne l’était sans doute pas. Mais soulagée par l’intervention de Kolvar, par contre, très certainement. L’histoire aurait pu s’arrêter là si le palefrenier n’avait pas eu d’autres occasions de prendre la défense de la jeune fille. Et si elle n’avait pas, comme par hasard, pris l’habitude de passer régulièrement à proximité des écuries. Au bout de deux ans de ce petit manège, les deux jeunes gens finirent par se fréquenter officiellement. Deux ans de plus et ils se marièrent. Après le mariage, Symania suggéra à son époux d’élever leurs enfants comme des garçons, quel que soit leur véritable sexe. Histoire qu’il ne leur arrive pas le même genre de mésaventure qu’à elle. Kolvar tenta bien de la convaincre que ce n’était pas nécessaire, que, même s’ils avaient des filles, il pourrait les protéger, mais sa femme ne voulut pas en démordre, et il finit par se laisser persuader. Malheureusement, les dieux ne semblaient pas vouloir exaucer leurs souhaits d’une nombreuse descendance, puisque la première grossesse de la jeune femme se solda par une fausse couche.

~ Premières Années ~

La deuxième fut la bonne et, en 858, Symania donna naissance à une petite fille. Comme convenu, ses parents lui donnèrent un prénom masculin, Daire, et décidèrent de l’élever comme un garçon. Ce qui ne traumatisa pas la fillette, bien au contraire. Déjà, ses parents se contentèrent de quelques recommandations simples et, en plus, ses propres aspirations collaient merveilleusement bien à ce qu’on attendait d’un fils. En effet, dès qu’elle fut capable de quitter les jupes de sa mère, Daire se précipita dans les jambes de son père. Si les occupations de Maman n’étaient guère passionnantes – trier, laver, ranger le linge… beuh – celles de Papa, en revanche, étaient fascinantes. Ou, plutôt, les chevaux dont il s’occupait étaient fascinants. Pas autant que les dragons qui peuplaient les cieux du Kaerl, bien évidemment, mais presque. En plus, les chevaux avaient l’indéniable avantage d’être beaucoup plus à sa taille, accessibles… et silencieux.

Oui oui, silencieux. Parce que les dragons, eux, c’étaient de vraies pipelettes.

Daire aurait pu passer toutes ses journées auprès de ses parents, mais ceux-ci ne l’entendaient pas de cette oreille. Ce n’était pas parce qu’ils étaient bien loin des hautes sphères du Kaerl que leur progéniture ne devait pas recevoir une éducation digne de ce nom. La fillette apprit donc à lire, à écrire… et à faire les quatre cents coups avec les autres gamins du Kaerl. Du moins, avec les autres gamins de son milieu. Celui des Non-Doués. Celui des petites gens. Et, si la fillette réalisa vite qu’elle entendait parfois des voix alors que personne ne lui parlait, elle comprit également que ce n’était pas le cas de ses amis. Elle aurait pu en informer ses parents, elle aurait pu s’en ouvrir aux érudits ou aux précepteurs qui donnaient les leçons… mais non. Elle n’était pas du genre à parler à tort et à travers et elle savait garder un secret. Personne n’avait besoin de savoir qu’elle entendait parfois des phrases qui n’avaient aucun sens. Ce ne fut qu’au bout de quelques années, à force d’intégrer les leçons des professeurs et d’observer les autres habitants du Màr – les Chevaliers et les Maîtres – qu’elle additionna deux et deux : elle n’était pas bizarre ; elle percevait simplement, parfois, les pensées des dragons, quand ils ne ciblaient pas leurs destinataires. Elle avait le Don. Et elle se garda bien d’en faire part à qui que ce soit. Elle ne voulait pas qu’on lui colle un maître et un de ces dragons bavards.

Parce que Daire, elle, elle voulait un cheval. Et des armes. Elle voulait apprendre à se battre. Elle voulait rejoindre la cavalerie. Elle voulait défendre son foyer, le Kaerl. Elle voulait défendre ses amis, même les plus pénibles. Elle voulait défendre sa famille, même si, hélas, celle-ci se limitait à son père et à sa mère. En effet, la fièvre noire avait touché ses parents alors qu’elle avait juste cinq ans et avait rendu Symania stérile, détruisant tous ses rêves d’une grande famille.

Et, malheureusement, les rêves de Daire ne semblaient pas non plus prêts de se réaliser, puisque les Orlaigh n’avaient pas les moyens d’entretenir un cheval. Kolvar s’efforça de l’expliquer à sa fille. Un cheval, ça coûtait cher et pas seulement à l’achat ; un cheval, ça ne produisait rien ; un cheval, surtout un cheval de guerre, ça risquait de se blesser et de tout perdre. Bon. Tant pis. Daire revit donc ses ambitions. Elle allait commencer par se battre à pied, dans l’infanterie. Comme ça, elle défendrait quand même le Kaerl… et elle achèterait un cheval quand elle aurait gagné suffisamment d’argent. Sauf que ça non plus, ce n’était pas si simple. L’équipement, l’armure, les armes, ça coûtait cher aussi, sans même parler de l’enseignement d’un maître d’armes. Et, si Symania et Kolvar avaient fait des efforts pour offrir à leur unique enfant une éducation la plus complète possible auprès des meilleurs professeurs du Kaerl, leurs revenus ne leur permettaient pas de tels extras… sans compter qu’ils n’étaient sans doute pas très motivés à l’idée d’envoyer leur fille à la guerre. Il fallait donc trouver autre chose. Et Daire trouva.

~ Apprentissage ~

À dix ans, un âge où même les Doués ne songeaient pas encore à commencer leur aspiranat sous la houlette d’un maître dragon, la fillette demanda à entrer en apprentissage… à la forge. Puisqu’elle ne pouvait pas acheter les armes dont elle avait besoin, elle allait apprendre à les fabriquer ! Têtue, la gamine, vous croyez ? Son obstination, toutefois, lui fut bien utile, parce que le maître forgeron du Kaerl n’avait tout d’abord pas l’intention de s’encombrer d’un gamin de dix ans. Mais à force de le voir traîner aux alentours de la forge, à rester immobile parfois pendant des heures pour observer le travail des artisans, il avait fini par céder. Et Daire commença donc son apprentissage comme ramasseur de cendres. C’était fatigant, pas passionnant et peu stimulant, mais il en fallait plus pour la décourager. Elle profitait de chaque occasion pour écouter et observer et, dès qu’elle en avait l’occasion, tentait d’imiter ce qu’elle voyait. Aussi bien à la forge qu’en dehors d’ailleurs, puisque dès qu’elle était libre elle rejoignait quelques amis pour aller observer les combattants à la Fosse. Et leurs jeux se transformaient peu à peu en une réplique des entraînements et des combats auxquels ils assistaient. Ils n’avaient pas d’armes, évidemment, mais ils n’en avaient pas besoin pour la lutte et, pour le reste, des bâtons de bois faisaient très bien l’affaire.

Les années suivantes se passèrent donc sans encombre. Les jeux entre amis se firent moins fréquents au fur et à mesure que chacun trouvait sa voie : certains entraient en apprentissage, d’autres commençaient à seconder leurs parents, d’autres encore partaient faire des études à Lòmëanor, ... Et Daire progressait à la forge. Elle apprit à entretenir le foyer, puis à forger des objets simples. Puis des outils. Puis, enfin, des lames. De couteau. Ce n’était pas encore les armes dont elle rêvait mais ça s’en rapprochait… Du moins, jusqu’à ce que le maître forgeron ne découvre son Don. Non, non, pas celui de Flarmya. L’autre. Celui de Mystra.

La première fois qu’elle s’en était servie, involontairement, c’était lors d’une bagarre un entraînement avec ses copains : son bâton lui avait échappé des mains mais elle l’avait rattrapé avec son esprit pour parer le coup qui lui était destiné. Passé le premier instant de surprise, elle avait fait des tests avec ses camarades et, au bout de quelques semaines, elle avait cerné le truc. Elle pouvait déplacer des objets à distance. Mais ça ne concernait que ce qu’elle aurait pu déplacer de façon normale et, en plus, ça lui demandait plus de concentration pour un résultat médiocre. Donc bon. C’était certes pratique pour augmenter son allonge mais, franchement, ça manquait quand même d’intérêt. Du moins à son avis. Parce que le maître forgeron, lui, y trouva vite une utilité. Comme, par exemple, manipuler du métal chauffé à blanc sans risque de se brûler. Aussi confia-t-il de plus en plus souvent à son apprenti des ouvrages fins et délicats, de ceux dont il était difficile d’obtenir un rendu parfait avec un marteau et une enclume. Des bijoux. Des décorations. Des détails pour embellir des travaux plus importants. Et, si ça permit à Daire de développer et d’améliorer la maîtrise de sa magie, ça ne lui plaisait qu’à moitié. On était loin des armes qu’elle espérait forger un jour.

Elle ne protesta pas, toutefois. Ses parents lui avaient appris que la société, le Kaerl, ne fonctionnait que parce que chacun connaissait sa place et faisait son travail correctement… et la forge, c’était pareil. Il fallait travailler en équipe pour être efficace, c’était le maître qui attribuait les tâches et on ne contredisait pas le maître. Jamais. Comme depuis le début de son apprentissage, Daire se plia donc aux consignes et fit de son mieux pour accomplir les tâches qu’on lui confiait. Elle en fut récompensée lorsque, peu de temps avant ses quatorze ans, le maître la désigna pour l’assister dans la création d’une épée suite à la commande d’un Garde Embrasé. Rien que ça ! Sa première arme ! Et pas n’importe laquelle ! Elle s’appliqua comme jamais et, tout en continuant à faire sa part, elle participa ensuite à d’autres créations guerrières. Jusqu’à ce jour d’automne 872 où, pour la récompenser de son implication, le maître l’invita à l’accompagner pour assister à l’Éclosion de la couvée de la Reine Incarnate Sokänon.

Assise dans les gradins, aux côtés du forgeron, Daire dévorait des yeux le spectacle qui se déroulait sur les Sables. Elle n’avait que rarement eu l’occasion d’assister à une Éclosion et jamais à une Empreinte majeure. La foule était trop nombreuse lors de tels événements pour que des Non-Doués comme sa famille ait l’espoir de trouver une place dans les gradins. Mais là, elle y était ! Et les œufs étaient bien plus nombreux que dans les couvées de vertes ou de bleues. Et ils éclosaient tous, un par un ! Fascinée, Daire regarda les couples de Liés se former, remarquant pour la première fois l’expression de bonheur des nouveaux Chevaliers. Depuis toujours, elle était persuadée qu’elle ne voulait pas de dragon mais là elle ressentait comme un petit pincement de cœur à chaque fois… Elle n’eut toutefois pas le temps d’explorer plus avant son ressenti parce que la cérémonie touchait à sa fin.

Il ne restait plus qu’un seul œuf intact, qui se brisa bientôt pour libérer un grand dragonneau aux écailles noires. Enfin grises. Certains auraient sans doute dit ternes mais, aux yeux de l’adolescente, elles étaient parfaites. De la couleur des cendres qu’elle connaissait bien. Le Candidat à l’Empreinte qui s’avançait vers le petit cendré d’un pas décidé, en revanche, n’en avait sans doute jamais touchées. Si elle avait écouté les murmures des autres spectateurs, Daire aurait pu apprendre que le jeune homme était membre d’une maison noble mineure du Kaerl, mais toute son attention était concentrée sur les Sables. Sur le nouveau-né. Sur le Candidat qui lui paraissait particulièrement arrogant et sûr de lui. Elle avait assisté à toutes les Empreintes précédentes avec plaisir, en se réjouissant pour les nouveaux Liés, mais là… Ce n’était pas possible. Elle avait l’impression que chaque pas du garçon vers le dragonneau lui déchirait le cœur. N’y tenant plus, elle se leva. Sans réfléchir, elle dévala les gradins jusqu’aux Sables. Si quelqu’un tenta de l’arrêter, elle n’en eut pas conscience. Le souffle court, elle se posta devant le Candidat, sans vraiment réaliser ce qu’elle faisait, tentant juste de s’interposer entre le nouveau-né cendré et le jeune homme. Celui-ci, furieux, leva la main. Peut-être comptait-il la frapper, peut-être tentait-il juste de l’écarter… En tout cas, il ne put achever son geste. Avec un rugissement impressionnant pour sa taille, le dragonneau bondit et, avant que quiconque ait pu réagir, déchira le garçon de tous ses crocs, de toutes ses griffes. Le Candidat s’écroula et le nouveau-né, plein de sang, se tourna enfin vers l’adolescente pétrifiée.

*Il voulait te frapper.*
*...*

Le regard plongé dans celui du dragonneau, Daire ne trouvait pas ses mots. Et pas à cause du Candidat qui se vidait de son sang. Elle avait l’impression que son cœur allait exploser. Qu’elle était soudain complète alors qu’elle n’avait jamais eu l’impression de manquer de quoi que ce soit.

*Je ne laisserai personne te frapper.*
*Je n’ai pas l’intention de me laisser faire, Gamaliël.*

Le nom lui était venu spontanément, en même temps que ses pensées se remettaient en mouvement, scellant l’Empreinte sans que la jeune fille en ait vraiment conscience.

*C’est bien alors, nous sommes d’accord.*

La satisfaction du nouveau-né rayonnait dans l’esprit de Daire, tandis qu’il lui donnait un coup de nez affectueux dans le ventre. Affectueux mais un peu brute. Sous le coup, l’adolescente fit un pas en arrière, la tunique pleine de sang, mais ni l’un ni l’autre ne s’en préoccupa car la faim, une faim immense et irrépressible, fit soudain gronder leurs estomacs. Sans un mot de plus – ils n’en avaient pas besoin – les deux Liés quittèrent les Cavernes Flamboyantes pour aller se sustenter.

~ Chevalière ! ~

Ce ne fut qu’une fois Gamaliël rassasié et endormi que Daire réalisa pleinement ce qui lui arrivait. Elle avait conféré l’Empreinte ! D’apprenti forgeron anonyme, elle devenait Chevalier Dragon ! La conscience d’avoir fait un bond dans la hiérarchie du Kaerl s’ajouta à l’euphorie de l’Empreinte et à la fierté de ses parents qui vinrent la féliciter après avoir été prévenus par le maître forgeron, et l’adolescente passa le reste de la journée sur un petit nuage.

La réalité la rattrapa dès le lendemain, lorsqu’un Maître Dragon se présenta à elle. Et pas n’importe lequel. Celanduil Hùriand, l’Archonte Brûlant lui-même. Elle s’était Liée sans avoir été Aspirant, et le maître bronze lui ordonna proposa de recevoir son enseignement afin de rattraper son retard. Daire ne s’y trompa pas. Elle n’avait pas vraiment le choix mais, même si elle l’avait eu, c’était la chose à faire. Les premiers mois qui suivirent son Empreinte furent donc difficiles. En plus de devoir s’occuper de son dragonneau, elle dut subir de longues heures d’entraînement et d’études. Hùriand n’était pas un maître tendre, il était exigeant et intransigeant, mais il était juste. Et Daire avait déjà de bonnes bases pour tout ce qui concernait l’histoire du Kaerl ou de Tol Orëa. Elle n’eut donc qu’à se concentrer sur ce qui se rapportait aux dragons… et le maniement des armes. Ses heures passées à la forge l’avaient dotée d’une certaine résistance physique, ses simulacres de combat avec ses camarades lui avaient appris à se déplacer et à affiner ses réflexes, mais elle manquait très clairement de technique. Mais la motivation était encore plus grande que lors de son apprentissage et, au bout de quelques lunes, Hùriand et son Lié, Morokei, déclarèrent que Daire et Gamaliël en savaient assez pour voler de leurs propres ailes.

Ce qu’ils firent. Dès que l’Empereur Noir eut suffisamment avancé sa croissance, les deux Liés partirent à la découverte du Rhaëg. Pour Daire qui n’avait jamais quitté le Màr Tàralöm, ce fut une vraie révélation. Ils commencèrent par visiter la Terre de l’Aube et ses différentes régions avant d’aller explorer les autres continents. Tant de peuples et de coutumes différents, pour illustrer ce qui, jusque-là, n’étaient que des mots dans les pages des livres ou dans la bouche des érudits ! C’était à la fois étrange et intéressant… et dérangeant. Partout ou presque, le racisme était latent. Partout ou presque, les inégalités encore plus marquées qu’au Kaerl, sans réel espoir pour les classes inférieures de prouver leur valeur et de s’élever. Et partout ou presque, le confort était spartiate, bien loin de qu’elle avait toujours considéré comme acquis. Et puis, il y avait la place des femmes. Peu de temps après son Empreinte, la puberté avait commencé à transformer le corps du jeune chevalier. De la chevalière. Malgré la volonté de ses parents, malgré l’éducation qu’ils lui avaient donnée, Daire dut se rendre à l’évidence. Elle n’était pas un garçon. Et, si elle n’avait aucunement l’intention de renier qui elle était ou de changer de comportement, elle ne pouvait plus ignorer la façon dont la plupart des cultures reléguait les femmes aux tâches subalternes. Et elle dut parfois se retenir pour ne pas créer d’incident lors de ses voyages.

Au bout de quelques mois, les escapades de Daire et Gamaliël se firent donc de moins en moins fréquentes. Même s’ils partaient encore régulièrement explorer les contrées lointaines, ils passèrent de plus en plus de temps au Màr. Daire reprit le chemin de la forge dans ses moments de détente mais la majeure partie de son temps était occupée par l’entraînement aux armes. La fin de la puberté ne lui laissa pas les formes opulentes dont étaient dotées certaines femmes mais elle marqua suffisamment le coup pour que, combinée aux heures passées dans la Fosse à combattre, son sexe ne soit bientôt plus un secret pour personne. Mais ça n’avait plus d’importance. Elle était à présent plus que capable de se défendre, les craintes de Symania paraissaient bien lointaines… et elle aurait bien voulu voir qu’on essaie de lui faire changer de comportement !

~ Spectre des Cendres ~

À 18 ans, jugeant que ses compétences martiales étaient suffisantes pour qu’elle ne soit pas refusée, Daire postula pour rejoindre les Spectres des Cendres. Elle fut effectivement acceptée sans peine et s’intégra facilement à sa Décurie. Elle n’était clairement pas la plus drôle ou la plus chaleureuse de son groupe – et son Lié n’était pas le dragon le plus ouvert – mais elle était compétente, loyale et assidue. On pouvait compter sur elle pour garder son sang-froid en toute circonstance, principalement en cas d’imprévu, et elle réussit plusieurs fois à accomplir ses missions sans mettre en péril la sécurité de ses camarades ou la discrétion recommandée.

Après quelques mois, elle finit par remarquer qu’un jeune chevalier bronze se trouvait souvent dans son environnement proche. En réalité, il tentait de lui faire du charme, mais il fallut qu’il abandonne quelques niveaux de subtilité – et qu’une de ses collègues l’aide à s’en rendre compte – pour que Daire percute. Encouragée par ladite collègue – et un peu curieuse, il faut le reconnaître – la jeune fille finit par accepter de le fréquenter, malgré les réticences de Gamaliël. Ils flirtèrent plusieurs semaines, pendant lesquelles Daire s’éloigna un peu de la forge, avant de passer à l’étape suivante. Leur première nuit ensemble ne fut pas franchement concluante et ne donna pas vraiment envie à Daire de retenter l’expérience mais elle n’en ressortit pas traumatisée pour autant. Ça aurait donc pu en rester là si, quelques jours plus tard, elle n’avait pas surpris une conversation entre son ex-amant et quelques-uns de ses amis. Une conversation dont certains détails n’avaient pas leur place en dehors d’un cercle très privé et où il était question, pêle-mêle, d’un défi relevé, des filles de basse extraction qui n’attendaient pas le mariage avant de faire des galipettes et des femmes qui se Liaient à des dragons mâles et qui n’avaient donc de femmes que le nom. Estomaquée, Daire en resta pétrifiée pendant une seconde, juste avant que la colère ne l’envahisse. Elle était prête à aller lui faire ravaler ses paroles sur le champ – à une contre quatre, oui ! – lorsque le pire arriva : ce que, soi-disant, elle faisait avec son Lié, puisqu’ils étaient de sexes différents et que les performances des bipèdes mâles ne la satisfaisaient pas.

*Je vais l’écraser, ce pourceau ! Le réduire en purée ! Le pulvériser !*
*Non.*
*Lui et le misérable vermisseau qui a osé le choisir. Et…*
*J’ai dit non, Gama.*
*Il mérite qu’on le…*
*Oui. Mais c’est moi qui vais m’en occuper.*

La colère et le dégoût de Daire avaient fait naître une détermination froide et implacable.

Et donc le lendemain, à la Fosse, elle s’en occupa. Sans hésiter, elle s’avança vers le chevalier pour le défier devant tous les présents. Il voulait répandre des rumeurs sur son compte, derrière son dos ? Elle leur ferait face. Il voulait lui faire honte en suggérant qu’elle avait visité le lit d’un homme ? Elle ne serait ni la première ni la dernière, et ceux qui voulaient critiquer feraient mieux de retirer la poutre qu’ils avaient dans l’œil avant de s’occuper du brin de paille dans celui du voisin. Quant aux horreurs qu’il osait répandre sur son compte et celui de Gama, il regretterait toute sa vie de ne serait-ce que les avoir imaginées.

« Alors comme ça, il paraît que je ne suis pas une vraie femme parce que je n’ai pas été comblée par tes talents d’étalon ? »

Surpris, il ne sut pas quoi répondre sur le coup. Tant mieux.

« C’est marrant, tu ne t’es pas dit que tu n’étais pas un vrai homme pour ne pas avoir su combler une dame. »

Là, la pique fit mouche.

« Je suis un homme !
— Ça reste à prouver. Mais peut-être que tu es plus habile avec cette lame-là qu’avec l’autre ? »

Le ton employé laissait largement sous-entendre que Daire n’y croyait pas une seule seconde. Et, évidemment, s’il ne voulait pas perdre la face, il ne pouvait pas se débiner.

Ce ne fut pas un duel, ce fut un règlement de comptes. Elle ne lui fit aucun cadeau et ne rompit pas le combat avant qu’il ne le demande. Et, si elle récolta quelques égratignures dans le processus, ce n’était rien en regard des vraies plaies qu’il reçut et qui le clouèrent à l'infirmerie pour quelques jours. Sans parler de la blessure infligée à son amour-propre.

*Il aurait pu te blesser.*
*Sérieusement ? Il n’avait aucune chance.*

Le dragon dut en convenir.

*Mais tu t’es fait un ennemi.*
*Oui. Et ce ne sera pas le dernier. Mais il y réfléchira à deux fois avant de recommencer.*

De ce jour, étrangement, il n’y eut plus tellement de tentatives de moquerie ou de médisance sur son compte. Et Gamaliël prit l’habitude de surveiller les arrières de sa Liée. Les années suivantes se passèrent sans encombre. Daire ne fréquenta personne d’autre, Gamaliël ne s’intéressa à aucune dragonne et les deux accomplirent leurs devoirs et leurs missions pour le Kaerl et au sein de leur Décurie sans faire de vagues. La jeune femme put toutefois profiter de sa solde qui lui semblait mirobolante. En tant qu’apprenti forgeron, son maître lui offrait le gîte et le couvert mais elle n’avait jamais été payée. En tant que chevalier dragon, Lié à un Empereur Noir, le Kaerl lui fournissait le strict nécessaire… et elle n’avait pas besoin de plus. Mais, en tant que Spectre des Cendres, elle recevait une solde non négligeable. Elle s’en servit donc pour offrir à ses parents un logement plus confortable et mieux situé que celui qu’ils occupaient dans les tréfonds du Màr. Elle profita également de son temps libre – si si, tous les soldats ont des permissions parfois – pour reprendre le chemin de la forge. C’est ainsi qu’elle fit la connaissance de Gowan Fingal, un jeune torhil du Kaerl qui commençait son apprentissage auprès du maître forgeron. Il avait la force de sa race et était capable de gros travaux, mais le maître forgeron les associait souvent, de sorte que Daire lui enseigne des gestes plus délicats. Le gamin était doué, il apprenait vite… et la jeune femme découvrit qu’elle appréciait de transmettre son savoir.

~ Promotions ~

Quelques temps plus tard, en 880, lors d’un entraînement à la Fosse avec sa Décurie, Daire était engagée dans un duel à l’épée contre un de ses frères d’armes. Le combat touchait à sa fin et les deux belligérants étaient à bout de souffle mais les yeux de la jeune femme brillaient d’une détermination farouche. Son adversaire avait fait des progrès mais il ne l’avait encore jamais battue et elle n’avait pas l’intention de changer ses habitudes. Gamaliël, un peu à l’écart – tant de l’espace de combat que de ses congénères –, ne manquait aucune passe, tout son esprit occupé à soutenir sa Liée, sans que ni l’un ni l’autre n’en ait vraiment conscience tant c’était devenu habituel. Un peu plus loin, deux torhils s’affrontaient avec des armes immenses que Daire, malgré ses années de travail à la forge et ses heures d'entraînement, n’aurait jamais eu la force de manier. Le premier tenait à deux mains une gigantesque hache d’armes tandis que le second se défendait avec un bouclier et un énorme fléau d’armes. Leurs coups résonnaient à travers le terrain d’entraînement et se mêlaient au vacarme ambiant jusqu’à ce que la chaîne du fléau s’enroule autour du manche de la hache pour l’envoyer voler vers…

*Daire !*

Le rugissement de Gamaliël dépassa le niveau sonore qui régnait dans la Fosse mais ce fut surtout son appel mental qui stoppa tous les combattants. La hache fendait l’air en tournoyant, si vite qu’il n’avait aucune chance de l’intercepter avant qu’elle ne touche sa Liée. La jeune femme eut juste le temps de se retourner pour voir l’arme fondre sur elle… et de la dévier d’une pichenette mentale pour qu’elle passe à quelques centimètres de son crâne. Dans le silence qui suivit, Daire perçut le soulagement qui irradia de l’esprit de son dragon… juste avant qu’il ne soit balayé par une formidable colère. Les yeux cramoisis, l’Empereur cendré bondit vers le fautif et lui aurait sans doute arraché la tête si le brun du torhil ne s’était pas interposé. La microseconde nécessaire au noir pour recalculer son attaque – ce n’était pas un microbe de brun qui allait l’arrêter – permit à sa Liée de se ressaisir et d’intervenir.

« *Gamaliël !* »

*Il a failli te tuer, ce minable !*
*C’était un accident.*
*Tant pis pour lui !*
*Non.*

Le dragon gronda de frustration et claqua des dents juste sous le nez de son congénère brun.

*Si je vois ton crétin de Lié toucher à nouveau à un fléau sans savoir s’en servir, je te jure, par Flarmya, qu’il n’aura plus jamais l’occasion de manier une arme !*

Le brun laissa échapper un grognement mais fut suffisamment sensé pour ne rien répondre, et le Décurion déclara la fin de la séance d’entraînement. Alors qu’ils rentraient dans leur weyr, Gama s’aplatit sur le sol de sa corniche pour aider sa Liée à descendre avec une sollicitude inhabituelle.

*Qu’est-ce qui te prend ?*
*Tu n’es pas fatiguée ?*
*Pas plus que d’habitude après un entraînement…*

Et ce fut là qu’elle comprit. Elle n’aurait pas dû avoir la force de repousser l’arme lancée à pleine vitesse qui la menaçait. Elle n’était pas capable de déplacer par l’esprit ce qu’elle ne pouvait déplacer à la main. Et, même en admettant que l’adrénaline le lui ait permis, elle aurait dû en ressentir le contrecoup. Courbatures, fatigue, épuisement. Mais il n’y avait rien de tout ça. Incrédule, elle fit quelques tests pendant les jours suivants et il s’avéra que sa magie ne semblait plus limitée par sa force physique… Du moins lorsque Gama était à proximité et concentrée avec elle. Le regard de Flarmya s’était posé sur eux.

Daire, âgée de vingt-deux ans, devint donc Maîtr(ess)e et les deux Liés, lors de leur permission suivante, partirent en quête de leur premier aspirant. Ils ne le trouvèrent pas tout de suite mais, entre les entraînements avec leur Décurie, la recherche d’un aspirant puis, une fois qu’ils l’eurent recruté, son apprentissage, les visites de Daire à la forge se réduisirent à peau de chagrin. Il faut dire que l’enseignement n’était pas inné. Même si, contrairement à toute attente, Gamaliël n’était pas si mauvais instructeur que ça, la jeune femme, elle, n’avait pas eu un aspiranat en bonne et due forme. Le maître Hùriand lui avait enseigné ce qu’elle devait savoir sur les dragons et la maîtrise des armes mais le reste, tout le reste, elle l’avait appris petit à petit au cours de son enfance. Condenser l’histoire du Kaerl et de Tol Orëa en quelques mois, ce n’était pas évident. Mais Daire ne dut pas trop mal de débrouiller puisque son aspirant se Lia à peine un an après avoir rejoint sa Triade.

Peu de temps après l’Empreinte, on proposa au couple de rejoindre une Décurie de Verseurs de Sang. Ils acceptèrent, évidemment, et la routine reprit, rythmée par les entraînements et les missions, complétée par la forge ou les leçons à donner aux aspirants lorsqu’ils en prenaient un sous leurs ailes. Les missions étaient plus pointues et périlleuses que celles qu’on confiait aux Spectres des Cendres, et Daire s’intégra plus facilement dans sa nouvelle Décurie que dans l’ancienne. Elle y rencontra notamment un certain Atholf Vadrak, chevalier originaire des montagnes d’Undòmë, qui faisait un très bon partenaire d’entraînement et qui devint peu à peu ce qu’on pourrait appeler un ami. Un soir de 884, elle se laissa même entraîner à boire avec ses camarades pour fêter la naissance de Siarr, le fils aîné d‘Atholf, alors qu’elle n’appréciait pas plus que ça le goût de l’alcool. Et le lendemain, en émergeant, elle n’en apprécia pas non plus les effets secondaires. À savoir, le mal aux cheveux… et le fait de se réveiller dans le lit d’une de ses sœurs d’armes. Heureusement, la chevalière verte n’était pas aussi indiscrète que son premier amant et les choses en restèrent là.

La nomination comme Seigneur du maître bronze Celanduil Hùriand ne changea pas grand-chose dans la vie de Daire et de Gama. Ils ne s’intéressaient pas à la politique et tout au plus furent-ils satisfaits de savoir que le Kaerl était entre de bonnes mains. Leur ancien maître et son Lié étaient compétents, tant en ce qui concernait les armes et les questions militaires que le commerce ou l’intendance et le reste ne les concernait pas. D’autant qu’ils eurent bientôt d’autres chats à fouetter.

En effet, en 886, Atholf perdit son dragon dans une escarmouche contre une escadrille céleste. Il aurait dû en mourir. Mais il faut croire que les montagnards d’Undòmë sont solides puisqu’il survécut. À vrai dire, Daire n’aurait pas été surprise qu’il finisse par se suicider – et elle l’aurait même aidé s’il lui en avait fait la demande – mais non. Peut-être s’accrocha-t-il à la vie pour sa femme et son fils ? Peut-être pas… puisqu’il finit par quitter le Kaerl et Tol Orëa pour retourner dans son village natal. Mais comment lui en vouloir ? Quel Lié pouvait imaginer ne serait-ce que survivre sans son dragon, la moitié de son âme, et pire, continuer à vivre au milieu des autres couples unis ? Pourtant, à écouter certains Ardents qui le qualifiaient même de déserteur, on aurait pu croire que c’était évident. Et ce ne fut qu’après avoir remis quelques médisants à leur place que Daire et Gama comprirent qu’il s’agissait de manœuvres politiciennes dans le but d’attirer le discrédit sur leur Décurion qui n’avait pas que des amis. Les deux Liés laissèrent donc tomber – ils n’avaient aucune envie de rentrer dans ce jeu-là – mais décidèrent de garder un œil sur le gamin. Connaissant son père il aurait probablement le Don et il était hors de question de le laisser livré à lui-même.

~ Les hautes sphères et la politique ~

Mais le temps passait et, lorsque huit ans après être devenue Verseur de Sang, Daire eut l’opportunité de rejoindre les Gardes Embrasés, elle n’hésita pas une seconde. Non seulement, c’était une reconnaissance de ses compétences martiales mais, en plus, faire partie de la garde d’élite d’un Seigneur comme Hùriand, ce n’était pas rien.

Néanmoins, tout prestigieux que soit son nouveau poste, il s’accompagnait de changements dans ses habitudes. Adieu les missions aux quatre coins du Rhaëg, les deux Liés étaient à présent beaucoup plus cantonnés au Kaerl. Et, même si elle n’était pas directement concernée, Daire fut bien obligée de côtoyer certaines personnalités haut placées, d’entendre quelques bribes de conversation ou d’assister à quelques négociations. Jamais elle ne quitta son rôle de soldat, jamais elle ne se permit de donner un avis ou d’exprimer une opinion… mais elle n’en pensa pas moins. Tous ces maîtres dragons qui gravitaient dans les hautes sphères, tous ces fameux Sangs qui s’asseyaient au Concile pour régler les affaires du Kaerl… en fait, ils ne pensaient qu’à leurs petits intérêts personnels, à leurs ambitions propres. Le Màr Tàralöm n’était pas un repaire d’enfants de chœur mais ceux qui semblaient capables de mettre de côté leurs petites guéguerres intestines pour faire avancer le Kaerl dans une direction commune se comptaient sur les doigts d’une main. Ce qui n’en rendait le Seigneur Hùriand que plus admirable.

Comme Daire et Gamaliël l’avaient pressenti, Siarr Vadrak manifesta vite les premiers signes du Don. Aussi, dès qu’il atteignit les douze ans, les deux Liés lui proposèrent-ils d’intégrer leur Triade. Mener de front l’éducation d’un nouvel aspirant et les devoirs d’un Garde Embrasé n’était pas évident, mais ils n’étaient pas à un défi près et il fallait reconnaître que Siarr n’était pas un aspirant très difficile. Par son enfance passée au Kaerl, il connaissait déjà beaucoup de choses, et il était sérieux et appliqué. Peut-être trop auraient pu dire les mauvaises langues, mais ça convenait parfaitement à Daire. Ce qui lui convenait un peu moins, en revanche, ce fut la nomination du jeune Maître Martel Dehlekna comme Second. Ce n’était pas à elle de juger les décisions du Seigneur mais… Mais l’ancien aspirant de Hùriand avait beau avoir l’air sérieux et compétent, il ne semblait pas pour autant dépourvu d’ambition. Et Daire ne parvenait pas à savoir si c’était pour le Kaerl ou juste pour lui. Mais tant qu’il ne nuisait pas au Seigneur…

L’Empreinte de Siarr, trois ans après le début de son aspiranat, marqua une nouvelle fois la réussite de la Triade de Gamaliël. Le fils d’Atholf trouva son Lié sur les Sables lorsqu’il rencontra le Brun Dioghal, et Daire fut heureuse de les voir bientôt voler de leurs propres ailes. Elle n’eut toutefois pas le temps de s’en réjouir très longtemps car, à peine quelques mois après l’Éclosion, sans qu’elle ne puisse réellement mettre le doigt dessus, il lui sembla que quelque chose clochait à la tête du Kaerl. Le Seigneur ne se confiait évidemment pas à ses gardes du corps, pas plus qu’il n’avouait ses faiblesses devant quiconque, mais on ne pouvait pas protéger quelqu’un jour et nuit sans finir par réaliser qu’il n’était pas dans son assiette. Peut-être était-ce juste un problème de santé – Celanduil Hùriand n’était plus de prime jeunesse après tout – mais Daire avait l’intuition que ce n’était pas si simple. Intuition qui se confirma quand le Maître Salvedaen Arkalin défia le Seigneur dans la Fosse et, contre toute attente, le tua. Impossible ! Celanduil Hùriand était un fin stratège et une fine lame ! Jamais un arriviste comme Arkalin n’aurait dû pouvoir le vaincre ! Mais l’enquête menée par les Gardes Embrasés ne donna rien – si ce n’est mettre au jour quelques rumeurs invérifiables, comme celle que le Maître Noir aurait fait un pacte avec Kazièl – et Arkalin fut confirmé Seigneur. Révoltés, Daire et Gamaliël envisagèrent de démissionner mais la guerre fut déclarée contre le Kaerl Céleste.

~ La Grande Guerre ~

On ne quittait pas le navire en pleine tempête. Daire et Gamaliël remplirent donc leur devoir. Ils devaient défendre le Seigneur du Kaerl, quelle que soit son identité, quels que soient leurs sentiments envers lui, et ils le firent. Même si ça signifiait se mettre en danger pour quelqu’un qui ne le méritait pas puisque ce crétin d’arriviste fourbe et pernicieux n’avait rien trouvé de mieux que d’aller se battre en première ligne.

Ainsi, cinq après le début de la guerre, le Seigneur et ses Gardes Embrasés se trouvèrent engagés dans un combat contre une escadrille céleste. Comme leurs frères d’armes, les deux Liés décimèrent une bonne partie de leurs ennemis jusqu’au moment où Daire réalisa que les affrontements les avaient éloignés du Seigneur dont le flanc était à découvert… et qu’un dragon céleste s’apprêtait à l’attaquer. Gamaliël et elle étaient trop loin pour pouvoir s’interposer, mais pas pour utiliser sa magie. Son épée, lancée de toute la force de son bras et guidée par son esprit – et celui de son dragon – atteignit le chevalier ennemi avant que celui-ci n’atteigne Arkalin. Le couple céleste disparut dans l’Interstice, le Seigneur était sauf… mais elle n’eut malheureusement pas le temps de s’en réjouir. Concentrés sur la défense d’Arkalin, ni Daire ni Gamaliël ne virent l’ennemi fondre sur eux avant qu’il ne soit trop tard. Dans un ultime effort pour protéger sa Liée, l’Empereur Noir réussit à parer le plus gros de l’attaque du dragon ennemi, mais une de ses cornes frontales se brisa net sous la violence de l’assaut… et il ne put empêcher la lame céleste de frapper Daire qui n’avait plus d’arme. La douleur explosa et la jeune femme sombra dans le noir.

Ce fut un dragon plus gris que noir qui ramena sa Liée au Màr – grâce au harnais de vol – et la jeune femme passa plusieurs semaines à l’Infirmerie, entre la vie et la mort, à lutter contre la douleur et l’infection. Quand, enfin, après un mois alitée, les guérisseurs l’autorisèrent à se lever, Daire retrouva son dragon rongé par l’inquiétude… et un corps qu’elle ne reconnaissait pas. Ses muscles avaient fondu, elle était amaigrie et affaiblie, son corps ne lui obéissait plus et était parsemé de nouvelles cicatrices… À commencer par celle qui lui barrait le visage en passant par son œil gauche.

Ce fut un coup dur.

Elle avait toujours voulu se battre pour défendre son Kaerl. Elle avait travaillé dur et elle avait fait partie des combattants d’élite du Màr Tàralöm. Et, alors que la guerre continuait, que ses sœurs et frères d’armes se battaient, voilà qu’elle n’était même plus capable de traverser son weyr sans faire une pause, sans parler de voler sur le dos de son dragon ou de soulever une épée. Son champ de vision réduit ne l’aidait pas non plus, pas plus que les migraines qui venaient régulièrement lui déchirer le crâne. Et, même sans être coquette, se retrouver défigurée, ce n’était pas franchement agréable non plus.

La récupération fut longue. Pour la première fois depuis son Empreinte, Daire retourna vivre chez sa mère pendant quelques semaines, le temps de retrouver suffisamment de musculature pour être capable de voler sans risque sur le dos de Gamaliël et de retrouver son weyr. Ensuite elle reprit l’entraînement. Il lui fallut des semaines, des mois même, pour retrouver peu à peu ses capacités, sa musculature, son endurance, sa force. Au fur et à mesure qu’elle pliait son corps à sa volonté, elle apprit à compenser la perte de son œil gauche, tandis que, peu à peu, ses migraines se faisaient moins intenses et moins fréquentes, sans pour autant disparaître complètement. Et, sous le regard de Gamaliël qui la quittait encore moins souvent qu’auparavant, elle prit une décision. Même si on la jugeait apte à reprendre son poste parmi les Gardes Embrasés – ce dont elle doutait – elle n’en ferait rien. Il était hors de question qu’elle risque de nouveau sa vie – et celle de son dragon – pour défendre un homme qui ne méritait pas d’être Seigneur.

Un an après sa blessure, elle reprit la direction du champ de bataille au sein d’une Décurie de Verseurs de Sang qui avait perdu une bonne part de ses effectifs. La Guerre continuait, on avait besoin de combattants. Et, une fois au cœur de l’action, Daire et Gamaliël retrouvèrent vite leurs automatismes. Ils avaient plus d’expérience que leurs frères d’armes, ils étaient capables de réagir vite en cas d’imprévus et, c’est ainsi qu’en 908, lorsque leur Décurion tomba lors d’une embuscade tendue par des Engloutis, ils prirent instinctivement la tête du groupe restant pour mener à bien leur mission. Celle-ci fut un succès et, à leur retour au Kaerl, Daire fut nommée officiellement Décurion. Certains de ses collègues grincèrent probablement un peu des dents et allèrent même jusqu’à transférer dans sa Décurie des combattants qui sortaient un peu du rang, mais cela ne l’empêcha pas de remplir son devoir : les former, les entraîner, faire d’eux les meilleurs et défendre son foyer.

~ Depuis la Guerre ~

Lorsque la Guerre se termina enfin, Daire et Gama partageait le même dégoût de ce carnage. Tout ça pour… rien. Le Kaerl avait perdu une bonne partie de ses forces vives, de ses combattants, pour retrouver l’état qui était le sien dix ans plus tôt. Si Daire n’avait jamais été très portée sur la politique, elle rejoignit cette fois officiellement les rangs des Introvertis, même si elle ne s’impliqua pas plus que ça dans les hautes sphères. Elle avait assez à faire avec ses recrues à entraîner – et assez fréquenté les magouilles des grands pontes ambitieux pour toute une vie.

La paix lui laissant également un peu plus de loisirs entre les entraînements de sa Décurie, Gamaliël et elle reprirent de temps en temps le chemin de Rhaëg à la recherche d’aspirants. C’est ainsi qu’ils survolèrent, un jour de 914, ce qui ressemblait à un hameau pillé et incendié du Vaendark et que l’Empereur Noir descendit soudain en piqué. Il avait capté le Don. En fouillant les décombres des maisons, les deux Liés finirent par en trouver la source : le seul survivant du lieu, un paysan qui semblait plus mort que vif. Ils le transportèrent à la ville la plus proche, histoire de le faire soigner, et finirent par apprendre ce qui s’était passé : une bande de déserteurs – des déserteurs – devenus brigands s’en était pris au corps de ferme et avait enlevé les femmes avant d’éliminer les gêneurs. Gamaliël, sous forme bipède, mena son enquête et, lorsque l’homme – Víðarr Askr – fut remis sur pieds, ils conclurent un marché. Sa vengeance contre sa venue au Kaerl. Ils ne mirent pas longtemps à retrouver la troupe de traîtres mais, hélas, seule la sœur de Víðarr était toujours en vie. Ils éliminèrent les déserteurs et partirent pour Tol Orëa.

La sœur de Víðarr s’installa à Lòmëanor, sous la protection de Gowan Fingal, devenu forgeron en ville suite à la blessure de son dragon pendant la guerre, et le fermier commença son aspiranat. Il se Lia deux ans plus tard avec le Brun Iaïros et, depuis, Daire et Gamaliël continuent à entraîner leurs recrues pour en faire les meilleurs Verseurs de Sang du Kaerl tout en formant les aspirants qui leur semblent prometteurs.
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Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
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MessageSujet: Re: [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël   [Maîtresse Noire] Daire Orlaigh & Gamaliël Icon_minitimeVen 20 Aoû 2021 - 21:26

C'est avec grand plaisir et une grande fierté que je t'annonce la validation officielle et unanime du staff (pour ceux qui l'ont lue en tout cas hihi) !

Merci à toi pour cette belle fiche, et d'avoir si bien donné vie à cette adoptable qu'était Daire ! A très vite en jeu ! Amoureux

(PS : je te passe le speech d'usage pour les nouveaux arrivants, je crois que tu n'en as plus besoin)
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