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 [RP] L'infini dont elles s'entourent

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Albiréo Varpelis
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Albiréo Varpelis


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MessageSujet: [RP] L'infini dont elles s'entourent   [RP] L'infini dont elles s'entourent Icon_minitimeVen 17 Sep 2021 - 18:49

* Zakerielku 919, onzième jour.
*
*
Albiréo avait encore du mal à s'acclimater à la douceur inhabituelle de sa nouvelle atmosphère. Elle qui avait grandi au travers des lames glaciales du Vaendark, univers de rocs gelés, de neiges et de vastes pinèdes...La chaleur aurait pu lui être un luxe, mais sa nature primaire était encore trop éloignée de ce nouvel environnement pour qu'elle s'y sente convenablement. Autant planter un perce-neige dans une serre tropicale ! Heureusement, Rūna déployait des trésors d'ingéniosité et de richesse pour parer à son malaise. Pas que son aspirante n'ait émis la moindre plainte. Mais il n'y avait eu qu'à la voir se hâter avant le jour et attendre le crépuscule avec impatience, qu'à observer son front de nacre luire et ses bras s'alanguir d'une faiblesse quasiment fiévreuses aux heures les plus chaudes pour en déduire que la petite fleur du septentrion tolérait mal les rayons triomphants de sa nouvelle contrée...Même ses yeux au bleu profond rougissaient, agressés par les vents chauds et chargés de soufre du volcan.
*
La princesse du Ssyl'Shar connaissait mieux que personne les affres du désert et des grandes chaleurs, ainsi que tout l'art que son peuple avait pu déployer pour remédier à ces désagréments. En premier lieu, elle avait offert à sa protégée une magnifique fiole de khôl associé à une poudre de lapis-lazuli, ainsi qu'un petit mortier d'agrément. La poudre noire, dont elle devait abondamment s'enduire les paupières, la protégerait des affres du soleil et des conjonctivites. Une poudre de corail blanc devait prémunir sa peau contre les rayonnements. Rūna l'avait également pourvue en abondance de parures et voilures à la richesse exubérante. A son grand dam, Albiréo préférait à tout cela une « simple » toile au bleu indigo au tissu fluide et respirant (qui à lui seul et en raison de sa couleur devait coûter une petite fortune !). Il avait en plus, l'avantage de la couvrir presque entièrement ce qui n'était pas un moindre atout quand on cherchait à ne pas attirer l'attention. En cela, son opération ne fonctionnait qu'à moitié, l'association du khôl, de sa peau d'albâtre et de ses yeux bleus avec cet attirail de princesse touareg était pour le moins inhabituel. Néanmoins, elle le portait avec suffisamment de grâce pour dissuader le commun de venir s'enquérir en personne de cette curieuse créature. Cela ne la prémunirait pas éternellement, sans doute, contre les gens de la cour... Enfin pour l'heure, personne ne semblait l'avoir reconnue, d'autant qu'elle ne sortait qu'à une heure très matinale ou très tardive.
*
Elle quitta le weyr vêtue de sa parure bleue et d'une coiffe aux sequins d'argent qui recouvrait sa chevelure blonde. Elle portait une tunique de lin blanc à ceinture brodée qui lui couvrait les bras et les jambes. C'était l'heure du soir et Albiréo l'avait impatiemment attendue. Qu'importe où elle se trouvait sur terre, c'était à l'heure du déclin qu'elle aimait le mieux se plonger dans ses travaux de lecture. Mieux : elle avait entendu dire que là où elle projetait d'aller, il lui serait possible d'explorer la nuit et ses joyaux.
*
Une semaine à peine s'était écoulée depuis qu'elle avait posé le pied au Màr Taralöm. Son univers rigoureux, à la vie sobre et organisée avait basculé. Elle évoluait désormais au cœur de la cité des dragons où l'ombre et le feu menaient une danse étourdissante. Les sensations, les découvertes et les notions étrangères se bousculaient dans son esprit. C'étaient autant de joies, d'éblouissements et le choc des incertitudes qui s'ébrouaient pêlemêle ! Elle ressentait déjà le besoin impérieux de prendre de la hauteur. Cela lui était arrivé quelques fois alors que les responsabilités de Seconde d'Iolya lui donnaient quelque soucis moraux, ou que le temps semblait se précipiter plus vite que ne venaient les moyens...Alors elle prenait le sentier des astres, empruntant les chemins rocailleux et la clairevoie des pinèdes du haut Vaendark. Le fruit de l'effort, la limpidité de l'air et l'immensité du ciel lui avaient toujours éclairci les idées. Ses pensées, qui ne tournaient plus qu'autour d'un problème, retrouvaient un mouvement serein et s'envolaient vers l'étendue des possibilités. Elle retrouvait à la fois sa sérénité et son potentiel au contact de la grande voûte.
*
Albiréo avait évolué dans une maison avec laquelle elle avait fait peau. Elle en était devenue l'horloger. Elle ne pouvait affirmer avec certitude que les froides murailles de son ancienne demeure, son harmonie sécurisante bien que rugueuse, lui manquaient réellement. Elle savait que la vie tenait à peu de choses. Les habitudes d'un rouage bien huilé et rondement mené, cette sensation là lui manquait sans doute. L'impression de gérer la situation. Assez curieusement, elle ne craignait pas pour sa vie. Pourtant le danger était partout, surtout pour une non-liée...Le malaise qu'elle ressentait était tout autre. Il fallait qu'elle parvienne à tracer quelques contours de ce nouveau monde. Parfois, il lui semblait que ses semblables parlaient une langue étrangère. Elle se sentait comme une enfant en proie aux termes d'adultes et cela lui était, comme à l'âge d'enfance, parfaitement intolérable. Elle avait déjà passé un temps considérable de sa vie à s'approprier le monde par les livres. Elle connaissait ce moyen...alors elle y retournerait jusqu'à ce qu'elle ait épuisé toutes ressources de ce côté-ci.
*
En cela, le Màr Taralöm lui offrait l'occasion rêvée d'accomplir ses vœux : l'Observatoire. La tour d'obsidienne était non seulement le point culminant du royaume, de quoi assouvir ses besoins d'escapades, mais capitalisait également une forte concentration des savoirs Tol Orëannéens. Et elle comptait bien sur les sciences et la littérature pour répondre à la plupart de ses questions. Elle savait qu'elle se trouvait sur un continent. A en juger par les températures en plein hiver, elle s'imaginait en hémisphère Sud. Encore qu'elle n'avait pas la moindre idées des dimensions exactes de Tol Orëa...Peut-être se situait-elle simplement au Sud de terres immenses. Mais il aurait été étonnant, le cas échéant, qu'aucun peuple n'ait jamais fait sa découverte, ou n'ait supposé sa présence. Dans tous les cas le fait que son existence puisse demeurer secrète représentait une énigme qu'il lui faudrait éclaircir. Peut-être cela avait-il un lien avec l'Interstice ? Albiréo interrogeait une foule de choses mais l'Interstice représentait l'un des mystères qui attisaient le plus sa curiosité. Son instinct lui soufflait que seules les sciences majeures pourraient éventuellement répondre à ses interrogations.
Tol Orëa, l'Interstice, les dragons...Tout cela était lié d'une manière ou d'une autre. Plus tard, il lui faudrait également aller à la rencontre de Flarmya. Là où la science se montre taiseuse, la foi et les miracles répondent souvent. Et cela ne posait aucun problème à un esprit qui avait été aussi bien nourri de l'un que de l'autre.
*
Ses pas avaient déjà pris l'habitude de la mener jusqu'au Val tandis qu'elle suivait le cours de ses pensées. Elle adorait contempler l'immense arbre au feuillage cuivré et au port majestueux. Il semblait régner ici en maître du temps depuis des lustres et des lustres. Elle aimait le saluer en posant une main amicale sur son écorce polie par de nombreux passages. Les enfants aimaient tourner autour de son tronc et y promener leurs mains, ils pouvaient facilement former une ronde de dix autour du vénérable ! Mais le soir était tombé et avec lui, un silence relatif. Plus d'enfants, somme toute quelques passants. Et Albiréo était seule à poser sa paume contre son bois lisse et à lui demander silencieusement combien d'Alauwyr Iskuvar il avait dû voir passer, un sourire goguenard aux lèvres. Un vent rieur joua dans ses branches et agita les pendeloques d'argent suspendus à la coiffe de la neishaane, attirant son regard dans la direction des grandes tours d'obsidienne. La tour de l'Observatoire était évidemment la plus élevée de toutes et elle ne disposait pas encore d'un dragon pour lui faciliter la tâche ! Elle sourit, déterminée à atteindre son objectif et quitta l'arbre multi-centenaire l'âme virevoltant d'enthousiasme et entreprit de gravir les mille et une marches de l'édifice sans se retourner.
*
*
Le soleil était déjà bien bas, il y avait un moment qu'il ne dispensait plus ses rayons à l'intérieur du cratère. Il faisait donc déjà sombre lorsqu'Albiréo pénétra la grande pièce circulaire qui constituait le cœur de l'Observatoire. Aucune torche, ni lampe à huile ne venait éclaircir les lieux. Si ce n'était peut-être, l'étrange nitescence de ses doigts.
*
° Curieux...°
*
« Il y a quelqu'un ? »
*
Silence.
*
L'œil d'Albiréo fut d'abord attiré par une fenêtre à large ouverture qui offrait un panorama imprenable sur la cité, la crète montagneuse et la nuit naissante. Mais alors qu'elle s'avançait, son attention fut très vite reportée sur un l'objet central de la pièce, luisant à la faveur des lueurs déclinantes du jour, autour duquel tout semblait avoir été agencé. Quatre dragons superbement sculptés soutenaient un complexe sphérique aux multiples armatures de métal articulées. Le cœur de la jeune femme s'emballa.
*
« Par les lunes... » souffla-t-elle.
*
Elle s'approcha de la sphère aux multiples anneaux gravés de chiffres et de signes qu'elle parvenait mal à distinguer. Tournant autour à pas lents, elle fit glisser le tissu indigo qui tombait de part et d'autre de son visage sur ses épaules afin de pouvoir embrasser l'œuvre du regard. Cela semblait autant un objet d'art qu'un instrument de calcul aux motifs obscurs ! Ou bien le hochet magique d'un enfant sultan au dimensions gargantuesques ! Bien entendu, l'envie d'y toucher était absolument irrésistible. Elle se pencha sur l'intriguant ouvrage, comme une princesse de conte que la fatalité attire irrévocablement, et poussa l'un des anneaux d'or qui pivota sur lui-même à son grand ravissement.

[ J'ai supposé que Kamau n'avait pas besoin du recours de la lumière à cette heure-ci, dû à son pouvoir...et que l'objet central était une sphère armillaire, les lunettes se situant probablement au dessus ! J'espère que cela te conviendra :3 ]


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MessageSujet: Re: [RP] L'infini dont elles s'entourent   [RP] L'infini dont elles s'entourent Icon_minitimeSam 25 Sep 2021 - 15:15

[RP] L'infini dont elles s'entourent Kamau_10 [RP] L'infini dont elles s'entourent Veasna10
Maître Kamau Nthanda, Lié au Brun Veasna.

Ce n’était pas parce que son mouvement était invisible pour les yeux qu’il ne fallait voir dans le ciel qu’une toile immobile. Et parce qu’il avait passé des années à l’observer, Kamau avait fini par en copier l’apparente lenteur. Pourtant, sa marche était tout aussi inexorable que celle des astres et rien n’aurait pu le dévier de sa trajectoire – à l’exception peut-être de tous ces meubles qui persistaient à apparaître sur son chemin.

Plongé dans le silence souverain de son repère, d’autant plus total que le crépuscule avait sonné pour la plupart des habitants du Kaerl l’heure de retourner à leurs appartements, ou bien celle du dîner, le Maître Brun restait le nez penché sur ses travaux, indifférent au cours de la vie autour de lui. La sienne était régie par un tout autre ensemble de règles. Un par un, ses rares collègues avaient abandonné l’étude, bien après les derniers Aspirants, et avaient laissé l’obscurité s’installer entre les étagères et les vitrines. Seule une petite silhouette hantait encore le lieu, celle de la Chevalière Blanche Elyon Aranel, trop sérieuse pour délaisser son office avant d’y avoir été invitée par son supérieur. Plus discrète qu’une ombre, elle remettait à leur place les ouvrages déplacés au cours de la journée, empilait les parchemins éparpillés non sans en avoir d’abord parcouru quelques lignes, s’assurait que les encriers seraient pleins pour demain.

L’Observatoire était généralement désert la nuit venue – ce qui était à la fois un non-sens et une aubaine pour les œuvres de Kamau. De temps à autres, quelques esprits solitaires venaient contempler les étoiles mais ceux-là ne le dérangeaient jamais réellement. De manière plus marginale, des religieux se réunissaient parfois pour des cérémonies au cours desquelles la présence du Maître Brun était fermement interdite car jugée perturbatrice et il aurait sans doute trouvé le moyen de les obliger à le laisser en paix si seulement les textes de lois n’avaient pas été si terriblement ennuyeux. Trop d’efforts pour pas grand-chose. Un jour ou l’autre, l’un de ces fétichistes finirait son histoire le crâne explosé contre les dalles à la base de la tour et, même si Kamau ne s’opposait pas à la sélection naturelle, il espérait que les hautes instances du Kaerl leur demanderaient alors d’aller se suicider ailleurs.

Il y avait de très belles corniches, dans les Pics de Cendre.

° Un souriceau s’est égaré et a pénétré ta tanière. ° l’avertit Veasna d’une pensée poisseuse de sommeil. Le Brun n’aimait pas l’idée d’être trop éloigné de son Lié et avait pris l’habitude de passer ses nuits dans la salle inférieure de la tour ; il somnolait donc ainsi depuis presque une heure lorsque le passage inhabituel d’un visiteur tardif avait alerté ses sens.

° Hm-hm. °

Silence. Kamau fronça les sourcils et posa sa plume.

° Oh, oui, bien sûr. Tu veux que j’aille voir de qui il s’agit. °

Il recula sa chaise et s’étira avec emphase, une ou deux articulations craquant avec le mouvement. Ce fut à cet instant qu’il prit conscience de l’heure avancée, son regard se perdant dans la pénombre – et donc de la raison pour laquelle son Lié avait jugé utile de le faire lever de son siège. Réprimant un bâillement, l’Humain laissa ses affaires en pagaille et grimpa la courte volée de marches menant à la pièce centrale de l’Observatoire où il découvrit, comme annoncé par Veasna, son visiteur sous la forme d’une ombre claire aux lignes féminines.

Elle ne l’avait pas entendu arriver, toute son attention accaparée par la sphère armillaire qui trônait au milieu de la pièce. Il se racla la gorge pour signaler sa présence avant d’approcher, contournant l’objet pour faire face à la Neishaane. S’il avait eu l’œil pour ce genre de détails, il aurait remarqué que l’accoutrement de la jeune femme, quoique sobre, présumait une certaine richesse. Kamau s’habillait comme si son statut ne lui importait pas – ce qui était tout à fait vrai. En haut, il portait une tunique brune d’assez piètre facture, dépourvue de toute fioriture autre que les quelques éclaboussures d’encre visibles sur ses manches longues ; en bas, un sarouel d’une nuance plus foncée doté de larges poches dans lesquelles il avait enfoui ses mains.

« Inutile de prendre cet air embarrassé. S’ils bougent, c’est pour une raison. » D’un geste nonchalant, il accompagna cette déclaration d’une chiquenaude contre l’un des anneaux, faisant tinter le métal doré sous son ongle. Puis, se fendant d’un demi-sourire qui n’atteignait pas tout à fait ses yeux sombres, il pencha la tête sur le côté à la manière d’un rapace nocturne. « Bonsoir. Puis-je t’aider ? »

Peut-être avait-il déjà vu ce visage, peut-être pas. Sa mémoire était trop mauvaise pour qu’il s’entête à perdre du temps en conjectures. Kaziel – ils auraient pu avoir déjà conversé que l’Humain aurait été capable de l’avoir oubliée. « Elyon ! De la lumière, veux-tu ? » lança-t-il par-dessus son épaule, sans toutefois avoir la certitude que la Sang-Mêlé était restée.

Reportant son attention sur la jeune femme, il contempla un instant celle-ci tout en en frottant son bouc du bout des doigt. Elle était belle, indéniablement – pas dans le bon sens du terme. Quelque chose de mauvais lui collait à la peau, ce qui n’aurait pas dû le surprendre autant à l’aune des valeurs de leur Kaerl mais ce mal-ci était différent. Kamau n’était pas doué dans ses rapports avec les autres et s’il avait réussi jusqu’à maintenant à naviguer les eaux troubles de son existence sans rencontrer trop d’écueils, ce n’était pas en apprenant à jouer avec des masques mais plutôt en écoutant ce que lui soufflait son intuition. En observant.

« Mon nom est Kamau. Kamau Nthanda, Lié au Brun Veasna. » se présenta-t-il finalement tandis que dans leur dos, Elyon s’occupait d’allumer les chandelles, ses petits pas feutrés décrivant un arc de cercle aux lointains airs de rituel. Muette, l’assistante du Maître s’éclipsa comme elle était venue après leur avoir adressé une brève salutation. Kamau désigna la sphère d’un mouvement du menton. « Tu sais ce que c’est ? »


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Albiréo Varpelis
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MessageSujet: Re: [RP] L'infini dont elles s'entourent   [RP] L'infini dont elles s'entourent Icon_minitimeDim 26 Sep 2021 - 11:20

Persuadée que personne d'autre n'arpentait la salle obscure, elle se redressa d'un coup lorsque l'inconnu se manifesta d'un raclement de gorge. Elle n'eut pas à le chercher longtemps car une silhouette en clair obscur se dessinait devant elle, découpée en lames de gris. Cette présence semblait se diffuser harmonieusement au milieu de ce paysage d'ombres et de silences immobiles. Elle cligna des yeux, tâchant de mieux distinguer l'homme qui lui faisait face. Son cœur battait la chamade, pas tout à fait convaincu de la nature exacte de cette présence étrangère. Il n'avait pas vraiment surgi de l'obscurité. Il lui évoquait plutôt une sorte d'émanation ou l'ombre d'une ombre...Il y avait quelque chose de curieusement opaque chez cet être. Même la lueur qui animait ses yeux semblait imprécise, comme voilée, indéterminée à rester piquée dans ce regard là...Il lui faisait l'effet d'une demi-lune grise, plus minérale que spirituelle, dont la face cachée évoquait davantage un condensé de nuit qu'un potentiel de lumière. Alors quand sa voix s'éleva au milieu de la pièce silencieuse et sombre, Albiréo ne se risqua tout simplement pas à répondre quoi que ce soit.
*
Raidie et immobile dans son palla indigo, le bras droit replié sur son ventre, à mi chemin entre la dignité et la protection, la neishaane suivait du regard la petite silhouette qui papillonnait d'une chandelle à une autre. Les bougies allumèrent quelques couleurs au milieu de l'Observatoire et teintèrent le visage de Kamau du grain et de la chaleur du vivant. Les épaules de la neishaane se détendirent un peu et les plis de son vêtement jouèrent à nouveau doucement au gré de sa respiration. Elle profita des lueurs dansantes pour réévaluer son impression, mais peut être que la nuit lui en avait plus dit sur lui que ces quelques larmes de soleil...Ses vêtements, sombres et informes dessinaient une silhouette vague, de taille moyenne et sans relief particulier. Rien chez cet homme ne semblait bien précis. Seuls ses épais sourcils soulignaient un regard vaguement scrutateur, évoquant l'arcade implacable des rapaces. Un curieux motif courait depuis la base de son cuir chevelu jusqu'au milieu de son front. Voilà tout ce qui le distinguait peut-être d'un passant.
*
« Bonsoir, Kamau Nthanda. »
*
Elle trouvait étonnante la manière dont les chevaliers évoquaient toujours leur dragon pour se définir eux-mêmes, à la manière dont les femmes ou les enfants s'attribuaient le nom d'un père ou d'un époux. Son regard dévia vers Elyon à qui elle rendit son salut d'une brève inclination. Elle parcourut à nouveau l'accoutrement de Kamau de bas en haut. Cet individu n'avait à première vue rien d'un énarque et pourtant, la petite abeille butineuse de chandelles s'était affairée sans demander son reste dès l'instant où il l'avait invoquée. Il était donc sans doute plus avisé de chercher à considérer cet homme. La voix de la neishaane tomba finalement, d'un étonnant timbre d'orgue.
*
« Je suis Albiréo Varpelis, prêtresse d'Iolya. Anciennement, du moins. Et je ne suis pas encore "liée"... Êtes-vous le maître des lieux ? »
*
Elle étudiait son hôte, un sourcil légèrement remonté. Kamau la laissait dubitative avec son air mal fagoté et son bras encore négligemment coincé dans la poche de son sarouel. La sagesse et l'humilité faisaient généralement bon ménage, elle était bien placée pour le savoir. Néanmoins, le faste du Kaerl Ardent lui avait laissé présager autre chose. Mais la sphère de métal tintait encore, achevant lentement sa course rotative. L'énigmatique personnage avait suffisamment attisé sa curiosité pour immiscer le dégel.
*
« Non, je l'ignore. »
*
Un peu embarrassée d'avoir été surprise à jouer avec l'instrument, elle contourna l'objet de manière à pouvoir l'observer sous le même angle que le maître.
*
« J'espère ne pas l'avoir déstabilisé...Pas plus que votre étude d'ailleurs. Mais, si vous êtes disposé vous pourrez certainement m'orienter, en effet. »
*
Elle marqua une brève pause, davantage dans le but d'étudier ce qu'elle jugeait bon de formuler ou non. Mais comme toujours, la volonté de savoir vainquit sa réserve.
*
« Je viens des crêtes reculées du Vaendark, j'y ai toujours vécu et je pensais que j'y vivrais toujours...Jusqu'à récemment. » Elle esquissa un sourire entendu, caressant machinalement le petit carnet recouvert de tissu qui était glissé dans sa poche, seul véritable témoin de cette ancienne vie. « Le temps m'apprendra certainement où j'ai mis les pieds mais pour l'heure, je dois objectivement savoir où je me trouve, Monsieur Nthanda. » Son sourire s'accrut, riant volontairement de sa propre ignorance, aussi poursuivit-elle avec une sorte d'avenance malicieuse. « Vos qualités d'astronome vous auront sans doute aussi rendu un peu cartographe ? »
*
Ses iris bleus à la curiosité toute féline s'attardèrent sur les prunelles de ce curieux oiseau de nuit avant de se tourner avec gourmandise vers l'instrument de mesure.
*
« Alors, à quoi cela peut-il bien servir ? »


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Nagendra Tuncay
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MessageSujet: Re: [RP] L'infini dont elles s'entourent   [RP] L'infini dont elles s'entourent Icon_minitimeJeu 30 Sep 2021 - 18:48

[RP] L'infini dont elles s'entourent Kamau_10 [RP] L'infini dont elles s'entourent Veasna10
Maître Kamau Nthanda, Lié au Brun Veasna.

« Enchanté, Albiréo. »

Prononçant le nom de la demoiselle, un bref éclair de compréhension amusée traversa ses sombres prunelles. Il garda pour lui-même ses plaisanteries, songeant "Oh, tu as bien changé depuis la dernière fois" ou bien "T’ai-je tant manqué pour que tu décides de t’incarner et de me retrouver à l’autre bout du monde ?". Elle mentionna son appartenance au clergé d’Iolya et il ne lui vint pas à l’esprit d’en faire de même. Il se demanda vaguement pour quelle raison elle avait tenu à le préciser, si c’était par habitude ou si elle cherchait à combler le vide laissé par la non-existence actuelle de son Âme Sœur, mais abandonna bien vite ce questionnement, qui, de toute évidence, n’aboutirait qu’à une impasse.

« Hélas, non. » souffla-t-il avec un semblant de sarcasme en réponse à la question d’Albiréo, avant d’adopter un ton plus sérieux et de préciser : « Les érudits œuvrent sous la juridiction conjointe de notre Shaman et du Conservateur. Ce dernier siège étant actuellement vaquant, nous répondons pour l’instant uniquement à la Maîtresse Bleue Mora del Caelan. »

Impossible de deviner, sous l’épaisseur de marbre de ses mots, quels sentiments ou ressentiments l’Humain pouvaient bien entretenir à l’égard de la situation – tout au plus son indifférence indiquait-elle un manque relatif d’engouement mais il aurait alors fallu mal le connaître. En apparence, bien peu de choses étaient capables d’animer l’étrange masque qui lui servait de visage. Les absences répétées de la Maîtresse Bleue s’accompagnaient nécessairement d’une certaine liberté, fort appréciable au demeurant, mais dans ce Kaerl, chaque ombre avait des crocs et des griffes et plus d’un Érudit s’inquiétait de qui viendrait après.

Kamau balaya les politesses excessives d’un mouvement de poignet qui trahissait à moitié son agacement. « Comme je te l’ai dit : ne t’en fais pas. » Son étude pouvait bien supporter quelques minutes d’attente ; les astres n’allaient pas disparaître et il était secrètement soulagé de se voir offrir l’opportunité d’une pause. L’écriture était un travail monotone et fastidieux qui était loin de le passionner.

Parfaitement à son aise dans le silence, même si quelque chose autour de lui semblait vouloir dire le contraire, l’Humain laissa à la jeune femme le temps de rassembler ses pensées et d’exposer sa demande, la couvant toujours de ce regard d’aigle, luisant et inquiétant – ce dernier caractère venant plus de la forme naturelle de ses traits que d’une quelconque mauvaise disposition envers la demoiselle. Celle-ci s’avéra être une Aspirante fraîchement débarquée et, par curiosité autant que par précaution, Kamau transmit son identité à Veasna, chargeant le Dragon d’interroger son cercle de connaissances.

« C’est plutôt l’inverse. » confia le Maître Brun, non pas qu’il eut un quelconque intérêt à clarifier la chose mais il aimait trop son travail pour manquer une occasion d’en parler. « Quand j’en ai eu assez de lire des cartes où tout avait déjà un nom, je me suis tourné vers le ciel, où tout est encore à découvrir. »

Il passa une main dans sa tignasse avant de croiser les bras. Si tout chez le Maître Brun semblait travailler de pair afin de construire l’évocation parfaite de l’ennui, il s’exprimait néanmoins avec une sorte d’empressement juvénile.

« Tol Orëa, littéralement la terre de l’aube dans la langue des Elfes. Si ça te parle, nous nous trouvons au sud d’Undòmë et à l’est du Ssyl’Shar – assez loin de ton pays natal, en somme. Ici, plus précisément, est situé au nord de Tol Orëa, au cœur d’une chaine de montagnes qu’on nomme les Pics de Cendre. »

Il saisit l’une des armilles graduées entre ses doigts et la fit tourner doucement, continuant sur sa lancée :

« La position du continent n’est pas complètement inconnue du reste du monde mais a toujours été plus ou moins hasardeuse. Il semblerait que notre bout de terre soit entouré de courants contraires et changeants, de brumes, de périls… Tout un tas de phénomènes inexpliqués et d’autres qui participent à son caractère légendaire. Par simplicité, et aussi pour décourager les expéditions inutiles, la plupart des cartes ne le montrent tout simplement pas. » Lorsque l’anneau eut effectué une rotation complète, il l’arrêta et reporta son attention sur Albiréo.

« Ce qui pardonne donc ton ignorance. » conclut Kamau avec l’ombre distante d’un sourire, tout à fait poli et tout à fait forcé.

« Ceci – il tapota une nouvelle fois l’anneau du bout des doigts – est différent. Il s’agit d’une sphère armillaire. Elle est utilisée pour représenter le mouvement de Solyae autour de Rhaëg. Nous pouvons y observer le passage des saisons, les équinoxes et les solstices. Pour faire simple, c’est une modélisation des cieux tels qu’ils sont observables, à n’importe quel endroit de Rhaëg. Enfin, il faut la régler avant, bien sûr, mais… »

L’Humain jeta un coup d’œil en direction de la grande fenêtre, jaugeant l’avancée du crépuscule. Seules les étoiles les plus brillantes étaient visibles pour l’instant – il fallait patienter encore avant la nuit noire. Enfin, il n’allait sûrement pas ennuyer la pauvre jeune femme sous prétexte qu’elle se trouvait là, de même que toute une panoplie d’instruments d’observation, et qu’il ferait bientôt nuit. Kamau fit donc un pas en arrière.

° Albiréo Varpelis est l’élève de Rūna Sălv et de Sărzeghnet. ° lui rapporta Veasna au même instant et, ayant pitié de son Lié qui n’osait pas faire semblant de savoir qui se cachait derrière ces noms, lui transmit également l’image de la Fëalocë et de son Incarnate. Si cela n’eut pas pour conséquence de lui rafraichir la mémoire, que le Brun ait pris la peine d’insister le fit considérer que ces deux personnages ne devaient pas être n’importe qui.

° Intéressant. ° susurra-t-il alors, un rien goguenard car, au final, cela ne changeait rien pour lui. Ses mains disparurent au fond de ses poches tandis qu’il penchait la tête vers la Neishaane.

« Je suis désolé, tu voulais consulter des cartes, c’est ça ? Nous n’en avons pas ici mais je peux t’indiquer où trouver ton bonheur. »


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