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 [RP] Soif de connaissances

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Le Tisseur de Mémoire
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MessageSujet: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 18:37

3 de Haskèlku 919.


Je ne m'étais jamais complètement senti à l'aise sur un bateau. Trop exigu, trop coupé de tout … Mais je m'en étais toujours bien accommodé, me perdant dans la contemplation des merveilles que la mer avait à offrir ou me laissant distraire par les jeux et autres pitreries de notre joyeuse troupe d'alors.
Mais ça, c'était avant. Avant qu'un homme ne laisse sa folie le consumer. Avant d'assister au naufrage de notre navire, dévoré par les flammes. Avant que toute ma famille ne disparaisse brusquement, avalée par les eaux noires de l'océan.
Aussi, lorsque le navire marchand, sur lequel j'avais embarqué à Tol Orëa, accosta enfin au port de Wurm, le nœud, niché au creux de mon estomac, accepta seulement de se délier, laissant tout mon corps relâcher la tension qui ne l'avait pas quitté depuis notre départ, et je ne pu retenir le soupir de soulagement qui s'échappa de mes lèvres quand, finalement, je mis pieds à terre. Vive le plancher des vaches.

Après avoir fait débarquer Brume, j'entrepris de me dégourdir les jambes. La journée était belle et le temps, doux et clair. Les prémices du printemps se faisaient déjà ressentir, dans les rues de la cité portuaire, et je me plu à y déambuler tranquillement, Ceri niché contre ma poitrine et ma jument jamais bien loin derrière moi. Je profitais ensuite du marché pour acheter vivres, vêtements chauds et fourrures, tout le nécessaire afin d'affronter au mieux les rigoureuses terres du Vaendark.
La ville d'Ablah était à plusieurs semaines de marche d'ici, d'après la description que m'en avait fait Tristan. Perchée au milieu des montagnes, isolée du monde, rejoindre la cité neishaane se méritait. Le voyage serait, sans nul doute, un des plus rudes que je n'ai eu à affronter mais je m'en sentais capable. J'avais survécu jusqu'ici et je comptais bien continuer mon périple jusqu'au bout, aussi loin ma quête me conduira-t-elle.

Peut-être que si j'avais su ce qu'il m'attendait, à ce moment-là, je n'aurais pas été si confiante …

19 de Haskèlku 919.


Nous avions quitté Wurm depuis un peu plus de deux semaine et progressions, lentement mais sûrement, au sein des contrées du Vaendark lorsque nous rencontrions ce que je redoutais le plus depuis le début de notre voyage. Mes maigres connaissances n'avaient su ni voir, ni décrypter les signes avant-coureurs du violent blizzard qui fonda sur nous, comme un faucon sur sa proie, nous enserrant de ses serres glacés.

Le vent hurlait dans mes oreilles, s'infiltrait par la moindre ouverture de l'épaisse couche de vêtements qui me recouvrait, mordant ma chair à m'en faire presque crier de douleur. Chacune de mes respirations s'avéraient pénible, tant l'air était glacial, et la vapeur formée par mon souffle venait se cristalliser sur mes cils et ma peau.
La neige tombait drue, recouvrant tout d'un étouffant manteau blanc … Surtout la piste que je m'efforçais de suivre depuis le début. Comme si je n'avais pas assez de poisse comme ça.
Tenant fermement les rênes de Brume qui peinait à progresser dans la tempête, j'avançais malgré tout, fendant l'épaisse couche de poudreuse à chacun de mes pas, dans l'espoir de trouver un abri bientôt. Le froid engourdissait mes membres mais je ne pouvais pas m'arrêter. Je ne devais pas. Il fallait que je trouve un endroit capable de nous protéger … Nos vies, en cet instant, étaient en jeu.

Mais où aller ? Par où se diriger ? Avec ce blizzard, tout se ressemblait et je ne reconnaissais rien. Pas comme si ça m'aurait aidée, de toute façon …

Mais je continuais à avancer, puisant force et réconfort dans la présence chaleureuse de mon fils, lové contre moi, bien à l'abri sous les fourrures qui me protégeaient tant bien que mal du froid. Ceri comptait sur moi, tout comme Brume, et je ne pouvais pas les décevoir.

Les heures s'égrainèrent mais le blizzard ne semblait pas vouloir se calmer. Autour de nous, tout était blanc … Du moins, aussi loin que je pouvais y voir. La seule chose que je savais, c'était que la lumière déclinait petit à petit, signe que le Soleil descendait lentement vers l'horizon. Malgré mes jambes tremblantes, je redoublais d'effort, forçant ma jument à avancer plus vite. La panique commençait à s'emparer de mon cœur, au fur et à mesure que l'obscurité gagnait en intensité et que je n'arrivais pas à nous trouver d'endroit où passer la nuit.
Allions-nous vraiment mourir ici ? Seuls et perdus dans ses montagnes inhospitalières ? Non, je ne devais pas penser comme ça. Il fallait que je trouve quelque chose, n'importe quoi qui pourrait nous aider à tenir, le temps que la tempête ne passe.
Comme une réponse à mes prières, un énorme rocher, incliné juste ce qu'il faut pour fournir un refuge décent contre les rafales de neige, se découpa dans le voile blanc qui nous entourait, se dressant vaillamment contre la tempête. Je me hâtais d'y mettre à l'abri Brume qui, exténuée, tremblait de tout son être. Je n'étais guère dans un meilleur état qu'elle mais je ne pouvais pas encore me relâcher. Si le rocher nous protégeait en grande partie de la violence du blizzard, l'air restait glacial, mordant et difficilement soutenable. Nous devions à tout prix nous réchauffer.
Mes doigts, raides et bleutés sur le bout, parvinrent à détacher de la selle le fagot de bois sec, que j'avais eu la présence d'esprit de constituer au cours de notre voyage. Comme quoi, mes talents en matière de survie n'était pas si émoussé que ça … Je sortis mes silex, les frottait brusquement l'un contre l'autre et bientôt, un feu salvateur se mit à brûler, réchauffant petit à petit nos corps endoloris par le froid et l'effort.

Maintenant, il ne nous restait plus qu'à attendre que la tempête ne passe, en priant les Dieux pour qu'elle ne s'éternise pas. Nos réserves de nourriture ne nous permettraient pas de tenir bien longtemps et, avec ce temps, pas question d'espérer aller chasser. Déjà que je n'étais pas très douée en la matière …
Après avoir étalé une couverture à même le sol, dans l'espoir de rester un peu au sec, je sortis la carte du Vaendark que j'avais « empruntée » à la bibliothèque du Màr Luimë et essayait, à la lueur de notre feu de camp, d'évaluer la distance que nous avions parcouru et celle qui nous restait encore à couvrir avant d'atteindre la mystérieuse cité d'Ablah.

Bientôt. Bientôt, j'aurais les réponses à mes questions…

Texte by Alrüne Larilane
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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 18:42

[RP] Soif de connaissances Tagette-5530f81
Tagette, chèvre angora fugueuse


L'hiver était une saison ennuyeuse, et malheureusement, à ces altitudes, il durait longtemps. On ne sortait guère pour se dégourdir, on n'avait rien de frais à manger, et même la lumière de Solyae semblait déserter le Vaendark. Oh, certes, quelques naissances venaient bien pour changer de la monotonie, et quelques histoires racontées par les anciens à blanche barbichette permettaient de s'en évader temporairement, mais tout cela semblait rapidement tourner en rond, comme elle le faisait elle-même dans l'étroit logement où elle se trouvait confinée depuis trop de temps déjà. Aussi, malgré tous les dangers qu'elle n'ignorait pas se tenir à l'extérieur, qu'ils soient dus au terrible climat de la montagne glacée ou aux prédateurs survivant avec peine dans cet environnement hostile, guettait-elle une occasion de mettre davantage le nez dehors, et pourquoi pas, d'aller un peu gambader.

Elle n'oubliait pas cette rengaine que leur ressortaient régulièrement les anciens, l'histoire de sa consœur Blanche, qui avait nourri les mêmes espoirs, et malgré tout son courage, n'avait pu s'opposer que temporairement à un loup affamé. Selon le conte, la légendaire héroïne, après toute une nuit de résistance, aurait finalement trouvé la mort sous les crocs acérés du canidé, au grand désespoir de son ami humain, un certain Seguin... Mais Tagette possédait la fougue de la jeunesse, et la certitude à la fois naïve et orgueilleuse qu'elle se montrerait suffisamment avisée pour savoir quand s'arrêter, quand rentrer, quand le danger deviendrait supérieur au plaisir de l'escapade. Et puis, de toute façon, elle n'en pouvait plus de l'enfermement et de la promiscuité hivernale avec ses semblables.

Ce soir-là, enfin, alors que ses camarades se pressaient autour de la nourriture, elle remarqua une faille dans le comportement de ses gardiens. Ils étaient jeunes, et visiblement plus intéressés par passer du temps ensemble que par leurs tâches concernant les caprinés, surtout le mâle : la barrière de l'enclos resta à peine verrouillée, même si elle semblait remise en place correctement. Celle qui rêvait tant de liberté ne montra cependant en rien qu'elle tenait finalement un espoir plus tangible que jamais, et se restaura normalement, sachant qu'elle aurait bien besoin de forces pour affronter l'extérieur.

Ce n'est qu'aux heures précédant le petit jour, après une nuit de courtes siestes entrecoupées de moments d'intense excitation, qu'elle se leva en vérifiant soigneusement que tout le monde dormait encore d'un sommeil innocent. Parents et amis ne verraient rien d'autre que son absence au matin, car elle ne voulait entraîner personne dans cette escapade : cela tenait pour une part de l'égoïsme, parce que ce moment lui appartenait à elle seule, et qu'elle ne souhaitait pas le partager avec quiconque. Pour une autre part, elle devait cette décision à un altruisme mâtiné de pragmatisme : entraîner un semblable dans les dangers qu'elle avait choisi de braver n'entrait pas dans ses projets, et puis, les plus âgés ne cesseraient de se plaindre et de lui faire la morale, quand les plus jeunes s'avéreraient un fardeau qu'elle n'était pas certaine de pouvoir porter. Il serait déjà bien suffisant de s'occuper correctement d'elle-même dans cet inconnu hostile, sans qu'elle ne s'ajoute la responsabilité d'autrui.

Comme il lui semblait avoir noté, le loquet n'avait pas été bien remis en place, et après quelques coups de tête prudents contre la porte du paradis, à moins que ce n'ait été celle de l'enfer, elle put finalement se faufiler à l'extérieur. Quelques touffes de laine s'accrochèrent au grillage à son passage, mais c'était bien peu cher payer pour son passage. Elle repoussa la barrière d'une nouvelle pression du front, espérant qu'ainsi, pas un enfant ne s'égarerait en prenant le même chemin qu'elle, et s'en fut à pas légers dans la direction opposée à celle des hautes tours sombres où vivaient leurs gardiens.[/font]


~~~~~~~



[RP] Soif de connaissances Gladys-5530f88 & [RP] Soif de connaissances Madenn-5530f91
Gladys et Madenn, habitants bipèdes d'Ablah

Pour le mois d'Haskèlku, ils avaient été désignés par les Anciens comme responsables de ce qui concernait le troupeau de chèvres de la communauté, et jusqu'à ce matin-là, tout s'était déroulé sans anicroche majeure. En arrivant, Gladys avait bien remarqué que la barrière n'était pas verrouillée, juste repoussée, mais elle avait supposé que si une bête s'était échappée, on l'aurait simplement retrouvée grande ouverte... Ce n'est qu'après avoir accompli leurs autres tâches, et remarqué le fragment de pelage accroché tout près du poteau, qu'ils décidèrent de recompter les animaux : on ne savait jamais, et deux précautions valaient mieux qu'une. Et ils eurent beau compter et recompter, l'évidence s'imposa : il en manquait une.

La mine assombrie à l'idée d'affronter les bourrasques glaciales qui soufflaient depuis plusieurs jours déjà, la jeune neishaane dévida un chapelet de malédictions envers le quadrupède fugueur, tandis que son compagnon d'infortune, que la situation amenait plutôt à un mutisme fermé, s'empressait de rassembler le nécessaire à l'opération de sauvetage caprin s'annonçant. Solyae avait déjà parcouru presque la moitié du chemin correspondant à sa courte apparition hivernale, lorsqu'ils se mirent en route, engoncés dans les nombreuses épaisseurs de laine qui les couvraient entièrement, et ne laissaient voir que leurs yeux ainsi qu'une mince surface de peau les entourant. La poursuite s'annonçait ardue, les intempéries risquant d'avoir déjà effacé la plupart des traces, mais responsables ils étaient : ils n'abandonneraient donc pas avant d'avoir au moins essayé de retrouver la bête échappée.


~~~~~~~


Elle avait été surprise de la force du vent qui l'avait accueillie au-dehors, mais ne comptait pas se laisser arrêter par si peu. Profitant de sa liberté retrouvée, elle avait caracolé ici et là, découvrant de blanches étendues dont les pentes abruptes étaient adoucies par le glaçage neigeux, quand quelque noir rocher ne venait pas se dresser, telle une pointe menaçante sortie là on ne savait pour quelle ténébreuse raison. Jusqu'au début de l'après-midi, elle avait exploré, ne rencontrant nulle âme vivante parmi la tourmente qui hurlait autour d'elle. Certes, une telle journée ne s'avérait pas la meilleure pour semblable escapade, mais ce n'était pas comme si elle avait vraiment eu le choix... Si elle n'avait pas profité de cette fois-ci, semblable occasion aurait risqué de ne plus jamais se présenter.

Finalement davantage fatiguée qu'elle ne l'aurait cru, car elle s'enfonçait souvent dans la poudreuse et devait lutter contre le vent, refroidissant malgré son épais pelage, elle décida de prendre le chemin du retour. Bientôt, les traces de sabots qu'elle avait dessinées en venant, se trouvèrent effacées par les intempéries. Oh, elle allait bien se retrouver malgré tout, elle n'avait pas fait tant de détours que cela, n'est-ce pas ? Et puis, elle se souvenait du chemin... Sauf que rien ne ressemblait tant à un champ de neige, ou à un escarpement hérissée de rocaille cyclopéenne, qu'un autre. Lorsque la nuit fut sur le point de tomber, il lui fallut se rendre à l'évidence : elle n'était pas sur la bonne voie, et se sentait épuisée.

Sa bonne étoile se manifesta cependant, sous la forme d'une flamme dansante qui brillait au loin. Seuls les bipèdes pouvaient en être à l'origine, sans doute s'agissait-il des lumières d'Ablah, qui luisaient ainsi au travers de la fenêtre d'un neishaan veillant au-dessus d'un de ses précieux livres. Saisie d'un regain de vigueur, elle se remit en route, tête baissée face au blizzard, creusant patiemment un sillon dans la neige fraîche à mesure qu'elle avançait. Toute notion du temps avait disparu lorsqu'elle put enfin distinguer le bout du chemin, mais ce qu'elle y trouva ne correspondait aucunement à ses suppositions... Un simple feu, abrité sous un surplomb de pierre, auprès duquel se serraient en silence une neishaane adulte et son petit, ainsi qu'une jument. Les bipèdes étaient endormis, tandis que la quadrupède veillait dans un état de semi-conscience.

Tagette avança sans chercher à étouffer les tintements métalliques de la clochette qui pendait à son cou, et sonnait à chacun de ses mouvements, presque trop gaiement pour la situation présente. Si ces voyageurs voulaient bien accepter qu'elle partage leur compagnie, ce serait toujours mieux que de rester seule, perdue et frigorifiée au milieu de nulle part... Elle comprit bien vite que ces naufragés de la montagne étaient tout aussi éreintés qu'elle-même, surtout les fragiles bipèdes, dont aucun ne portait l'odeur propre aux habitants d'Ablah. Face à ces étrangers exténués, elle se contenta, en guise de salutations, de souffler son haleine chaude au visage de l'enfant, et de gratifier la joue de la femelle de quelques coups de sa langue râpeuse.



~~~~~~~


Tout l'après-midi, ils avaient marché, observé, pisté. Gladys était plutôt douée dans ces disciplines, heureusement pour eux, car ce n'était pas Madenn le rêveur qui aurait pu repérer, ici, une pâle touffe de longs poils laineux, là, un excrément à demi enfoui dans la blancheur qui enveloppait tout, ou là encore, une trace de sabot gardée par la maigre épaisseur d'une mousse, parvenue à survivre sur un affleurement rocheux balayé par les rafales. D'indice en indice, rebroussant souvent chemin, prêts à abandonner à plusieurs reprises, le duo avait donc progressé, s'éloignant toujours plus de la chaude sécurité de leur foyer. Seul ou auprès de quelqu'un d'autre, le neishaan aurait sans doute tourné casaque depuis longtemps, mais il vouait à sa compagne une admiration aussi démesurée qu'inavouée, et pour cette seule raison, il resta à ses côtés.

Le soir était presque tombé lorsque les brasillements du feu d'Alrüne se dessinèrent à l'horizon. Un bref échange de paroles suffit aux jeunes gens pour se décider à abandonner leur quête présente, et à infléchir leur trajectoire vers ce phare inattendu. Car qui d'autre qu'un bipède pouvait l'avoir allumé ? Mais avec la tourmente qui sévissait depuis plusieurs jours déjà, sans doute s'agissait-il de quelque égaré, et qui pouvait savoir si leur aide ne serait pas la bienvenue ? On ne plaisantait pas avec le secours dû à leurs semblables, à Ablah. Tant pis pour cette chèvre, ils s'expliqueraient avec les Anciens, et s'ils se faisaient tancer, voire pire, pour leur négligence à propos de la fermeture de la barrière, eh bien, ils s'en remettraient.

Le temps qu'ils atteignent le rocher servant de refuge à la petite compagnie, l'obscurité avait étendu son voile sombre sur le paysage, sans que la moindre étoile ne vienne le percer de son regard bienveillant. Madenn s'était cependant montré prévoyant, et il tenait en main une torche allumée, dont il gardait plusieurs autres exemplaires de réserve dans son paquetage. Et lorsqu'ils distinguèrent enfin les corps serrés autour de la flamme, le doux carillon d'une clochette sembla les accueillir comme Tagette secouait la tête. Gladys éclata d'un rire nerveux, tandis que son compagnon et elle s'avançaient franchement. Tous deux s'exprimaient de la manière qu'Alrüne avait pu entendre dans la bouche de Tristan, avec un certain raffinement dans les mots, étrangement couplé à l'accent rocailleux de ces contrées sauvages, et à la modulation subtile propre à la race des pâles chanteurs.
« Il semblerait que nous fassions d'une pierre deux coups... »

Le neishaan, lui, venait de repérer le plus jeune membre de la compagnie, et ses yeux s'ouvrirent un peu plus grands tandis qu'il s'enquérait, une inquiétude sincère dans la voix :
« Allez-vous bien ? Êtes-vous perdus ? Vous vous êtes énormément éloignés des routes praticables... ce qui n'est pas si étonnant, avec cette tempête. Notre chèvre vous a trouvés, en tout cas. Nous la cherchions depuis ce midi... Pouvons-nous nous asseoir un moment ? Nous avons des provisions. »
Ils ne s'en rendaient compte que maintenant, mais ils étaient éreintés par leur recherche de la journée, au cours de laquelle ils ne s'étaient arrêtés que brièvement pour grignoter quelques poignées de fruits secs. Une fois qu'une corde fut nouée au collier du quadrupède fugueur, la blonde les rejoignit en jetant quelques branches tirées de son sac à dos, dans le foyer dont la lueur faiblissait faute de combustible. Le ton neutre, elle commenta :
« Ce n'est pas un temps où l'on voyage par ici sans excellente raison... Chez nous, on dit que seuls les fous ou les désespérés sont capables de persister sous ces conditions. »
L'autre lui glissa fort peu discrètement son coude dans les côtes, accompagné d'un regard désapprobateur, ce à quoi elle répondit d'un haussement d'épaules, visiblement peu touchée par ces reproches voilés.

Texte by Tristan Gwened
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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 18:44

Alrüne fut tirer de son sommeil par le contact humide d'une langue sur sa joue. Encore à moitié ensommeillée, elle grommela quelque chose à l'intention de Brume, la priant de bien vouloir cesser de la prendre pour son repas. Mais lorsque ladite langue revint s'aventurer sur son visage, elle acheva de totalement réveiller la jeune femme qui se retrouva alors nez à nez – ou plutôt nez à museau – avec … Une chèvre. La Neishaane cligna plusieurs fois des yeux, se pinça pour dissiper cet étrange rêve mais rien à faire, le capriné ne s'évanouissait pas pour autant. Cornes, barbichette, clochette, tout y était : c'était bien une chèvre. Elle avança sa main jusqu'à rencontrer la douce fourrure de l'animal, drôlement tangible pour une apparition, et dû se résoudre à l'inévitable : Elle ne rêvait pas.

Dieux, mais pourquoi est-ce qu'elle se retrouvait avec une chèvre qui lui léchait la joue ?

Passée la surprise de cette rencontre incongrue, la jeune femme retrouva sa contenance et, avisant les alentours, constata que la situation n'avait guère évolué durant le court laps de temps où elle s'était assoupie : Le blizzard hurlait toujours sa fureur tout autour d'eux. Reprendre la route s’avérait ainsi dangereux.

Alrüne laissa échapper un soupir fatigué, dont la vapeur se fit dissiper par le vent, et abaissa son regard sur sa poitrine. Sûrement réveillé par ses mouvements soudains, les grands yeux bleus de Ceri se plongèrent dans les océans de sa mère, arrachant un sourire tendre à cette dernière. Un sourire qui se mua bien vite en une moue préoccupée lorsque le petit garçon se mit à éternuer, signe que le froid l'avait atteint malgré les épais lainages dans lesquelles il était enveloppé. Elle-même avait la goutte au nez … Comment ne pas tomber malade avec un froid pareil ?
La Neishaane s'empressa alors de raviver un peu son feu de camp malmené par la tempête, l'alimentant avec les dernières branches de bois sec dont elle disposait, avant de s'emmitoufler autant que possible, elle et son petit, dans les réconfortantes fourrures de sa cape. Derrière elle, elle pouvait sentir la présence de sa jument grise qui, à bout de force après leur longue marche à fendre la neige, s'était couchée à même le sol et installée contre son dos, profitant à la fois de la chaleur de sa bipède ainsi que de celle du foyer salvateur. La petite chèvre errante, de son côté, était venu se blottir contre Alrüne et profitait déjà d'un repos bien mérité. Engourdie par le froid, elle-même sentait le sommeil la gagner de nouveau. Alors, les yeux mi-clos, la jeune mère se laissa aller à somnoler, se refusant de s'endormir complètement cette fois-ci, de crainte de ne jamais se réveiller.

Les heures s'égrainèrent et bientôt, Kishi étendit sa longue chevelure d'ébène sur Rhaëg. Alrüne luttait de plus en plus pour ne pas se laisser emporter par la fatigue lorsque la chèvre dressa la tête dans un tintement de clochette, bientôt imitée par Brume, les deux animaux se tournant vers une direction bien précise. Malgré le rideau de neige qui tombait toujours drue, la Neishaane put bientôt distinguer, à la lueur de leur torche, deux silhouettes humanoïdes se dirigeant vers elle d'un pas lent mais sûr. Ni une, ni deux, elle s'empara de son couteau qu'elle tira de son fourreau avant de le cacher sous sa cape, se préparant au cas où ces étrangers auraient quelques intentions belliqueuses à son encontre.
Bientôt, les deux inconnus s'engouffrèrent sous l'ombre rassurante du rocher où elle avait trouvé abri et Alrüne put reconnaître les traits caractéristiques des gens de sa race. Ne relâchant pas pour autant sa vigilance, les muscles tendus et aussi prêts que possible à l'action, elle jaugea d'un regard méfiant les nouveaux arrivants.

L'éclat d'un rire brisa le court silence qui s'était installé entre eux et la jeune mère haussa un sourcil, perplexe. Qu'est-ce qui pouvait bien être à l'origine d'une telle réaction ?
Alrüne n'eut pas le loisir de s'interroger d'avantage que déjà, la nouvelle arrivante Neishaane prenait la parole avec ce même accent si particulier qu'elle avait su percevoir dans la voix de Tristan :

- Il semblerait que nous fassions d'une pierre deux coups...

Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? La méfiance de l'Engloutie ne fit que s'accroître alors qu'elle raffermissait déjà sa prise sur le manche de son couteau, prête à frapper … Ou l'était-elle vraiment ? Était-elle capable de blesser, voir d'ôter la vie pour protéger la sienne et celle de son fils ?
En cet instant, elle n'avait pas la réponse mais elle se sentait capable, au minimum, d'opposer une bonne résistance face aux deux inconnus, malgré sa frêle carrure. Mais les mots qui suivirent, émanant du jeune homme cette fois-ci, apaisèrent un tant soit peu ses inquiétudes. Il avait l'air sincèrement soucieux …
Ainsi, la chèvre leur appartenait. A la lueur de cette révélation, les propos de l'autre Neishaane prenait un tout autre sens et Alrüne sentit la tension accumulée se dissiper doucement. Les deux nouveaux arrivants ne semblaient pas lui vouloir de mal, bien au contraire : Ils étaient là pour aider.
D'un signe de tête, elle leur signifia qu'elle acceptait leur compagnie. Elle ne baissa pas pour autant complètement sa garde, sait-on jamais, et darda sur eux un regard farouche. Finalement, l'inconnue reprit la parole :

- Ce n'est pas un temps où l'on voyage par ici sans excellente raison... Chez nous, on dit que seuls les fous ou les désespérés sont capables de persister sous ces conditions.

Les fous ou les désespérés, disait-elle. Sûrement qu'Alrüne était un peu des deux. Après tout, elle avait sciemment ignoré les mises en garde de Tristan, ainsi que celles des guides de Ploeglas, lors de son passage obligé par le village. Tout le monde s'était accordé à dire qu'il valait mieux attendre la belle saison pour se rendre à Ablah mais elle s'était refusée à les écouter. Personne ne pouvait comprendre … Elle n'avait pas le choix. Son âme-sœur l'attendait, au bout de cette quête, et comptait sur elle. Le temps lui était compté, la Reine Argentée Elentàri le lui avait bien fait comprendre. Alors elle affronterait des tempêtes et braverait même la Mort s'il le fallait, ainsi lui dictait son cœur.

L'Engloutie jaugea à nouveau ses invités du regard, laissant planer un silence seulement troublé par les hurlements de la tempête autour d'eux, avant de se décider à répondre :

- Je cherche à rejoindre la cité d'Ablah. En suis-je encore loin ?

Alrüne, parmi les siens, était connu pour ne jamais tourner autour du pot et se retrouver livrée à elle-même, privée de sa famille, n'avait pas changé cet aspect de sa personnalité.

Texte by Alrüne Larilane
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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 18:47


[RP] Soif de connaissances Gladys-5530f88 & [RP] Soif de connaissances Madenn-5530f91
Gladys et Madenn, habitants d'Ablah

Les deux jeunes neishaans, s'ils avaient perçu la méfiance de l'inconnue, n'en manifestèrent rien. Il se contentèrent de se rapprocher du feu comme leur présence était acceptée, pas mécontents de s'arrêter et de se réchauffer un peu. Et tandis que Gladys examinait la voyageuse qui restait silencieuse, Madenn, lui, n'attendit pas de réponse à sa proposition à demi-mot, et sortit une forme oblongue enroulée dans un torchon, qui se révéla être un pain noir à demi congelé par leur longue marche. Avec les gestes assurés de l'habitude, il pratiqua trois orifices dans la croûte glacée à l'aide d'un couteau qu'il portait sous ses vêtements. Puis il piqua un long morceau de bois dans chaque trou, avant de disposer ce trépied improvisé aussi près qu'il l'osait du foyer ravivé par les soins de sa camarade. Sur une pierre plate proche, il déposa aussi une belle portion de fromage, toute aussi frigorifiée.

Alors, la jeune mère leur annonça son but. Tous deux s'entre-regardèrent, incrédules. Et pourtant, l'étrangère n'était pas en position de leur raconter des fables... Toujours plus prompte à des remarques pas nécessairement diplomates, Gladys lança :
« D'où donc croyez-vous que nous venions ? »
Plus mesuré, le garçon aux cheveux blancs prit soin de compléter, désignant d'abord la quadrupède qui les avait tant fait courir.
« Malgré les apparences, Kishi doit veiller sur vous... C'est d'Ablah qu'arrive cette petite fugueuse, qui nous a obligés à partir à sa recherche, et donc, nous a permis de remarquer votre campement. Et c'est de là que nous venons également. Naturellement : il n'y a pas d'autres habitations aux alentours. Quant à notre cité, elle se trouve à une grosse demi-journée de marche d'ici. »

Secouant la tête, la blonde renchérit, laissant s'exprimer son indignation :
« C'est un miracle que vous soyez arrivés jusque-là, avec ce temps... Ceux qui vous ont laissée partir sont des inconscients, ils auraient dû vous avertir du danger que représente le chemin en cette saison. Tout le monde, par ici, sait que l'emprunter avant la fonte des neiges est suicidaire. »
Elle était réellement choquée que quelqu'un ait pu lancer cette neishaane et, circonstance terriblement aggravante, son jeune enfant, sur les traîtres sentiers de leurs montagnes, en ce moment qui était le pire de l'année. Approuvant d'un signe de tête, Madenn laissa échapper un soupir, tout en tâtant de sa lame le pain, qui décongelait trop lentement à son goût.

« De toute façon, le plus simple, d'ici, c'est de rejoindre Ablah, pas de retourner dans les plaines. Vous n'aurez qu'à nous accompagner quand nous reprendrons la route... mais un peu de repos serait appréciable avant de nous relancer là-dedans, »
fit-elle avec un geste vers l'extérieur de l'abri improvisé, où la tempête faisait toujours rage. Du regard, elle consulta de nouveau son compère, qui opina en silence. Montrant sa propension à prendre des décisions rapidement et énergiquement, la demoiselle continua :
« Nous n'aurons qu'à nous relayer pour surveiller et alimenter le feu, une fois que nous aurons mangé. Comment vous appelez-vous, d'ailleurs ? Je suis Gladys, et voici Madenn. Nous sommes chargés des chèvres pour cette lune-ci... »

Il fallut encore patienter un moment avant que leur collation ne soit comestible, mais les deux ablahiens la partagèrent avec Alrüne sans faire de manières, comme si elle était l'une des leurs. La miche était sombre et serrée, et nécessitait de mâcher longuement, mais tenait au ventre, et le fromage qui l'accompagnait, malgré l'apparence miteuse qu'offrait sa croûte extérieure, se montrait généreux en riches graisses qui feraient du bien aux organismes agressés par la longue marche dans le froid. Quelques poignées de noix et noisettes venaient compléter le modeste festin, plus que bienvenu cependant, pour les jeunes gens ayant crapahuté dans la tempête depuis le midi. Gladys se proposa pour prendre le dernier tour de garde, tout en laissant le premier à son camarade. Donc, celui du milieu reviendrait à l'étrangère. Madenn, lui, semblait avoir autre chose en tête, et avait plusieurs fois jeté des coups d’œil en direction de Ceri. Il sembla soudain en proie à une idée lumineuse, qui le porta aux côtés de la chèvre, serrée contre Brume pour mettre en commun leur chaleur.
« Votre petit ne voudrait pas un peu de lait juste tiède ? »
proposa-t-il, visiblement ravi de pouvoir faire quelque chose pour ce jeune être si fragile. Après tout, puisque la biquette était arrivée jusque-là, autant l'en faire profiter...

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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 18:48

Ainsi donc, Alrüne, sans le vouloir, avait su visé juste : Ces deux jeunes gens et leur friponne de chèvre était bien originaire d'Ablah. Quelle chance que leur route ait croisé la sienne, en pleine tempête ! Elle en remercia non seulement les dieux, dans une prière silencieuse, mais aussi la caprine, pour avoir vagabonder jusqu'à trouver son campement. Bon, passer de deux à quatre ne changeait, somme toute, pas grand chose à leur situation actuelle – à savoir, être coincé au milieu d'une tempête de neige – mais elle comptait sur les nouveaux arrivants pour les guider jusqu'à leur ville.
Selon le jeune homme, Ablah ne se trouvait plus qu'à une demi-journée de marche de leur position. La distance qu'ils leur restaient à parcourir pour rejoindre la cité parut bien courte à la Neishaane, qui voyageait depuis plusieurs jours déjà. Son périple n'avait été ralentit que par la nuit et les pauses forcées qu'elle amenait avec elle, jusqu'à ce que le blizzard ne fonde sur la petite troupe et ne durcisse leur trajet pour le moins tranquille. Elle était contente, en fin de compte, de se trouver si proche de sa destination …

Ceci étant, lorsque l'inconnue dénonça l'inconscience d'un tel voyage, Alrüne préféra demeurer silencieuse. Elle savait déjà qu'elle risquait sa vie et celle de son fils en choisissant d'emprunter ce chemin. Suffisamment de personnes l'avaient mises en garde, tout du long de son périple. Mais une autre vie était sur la sellette, toute aussi précieuse que la sienne ou celle de son petit Ceri. Elle n'avait guère le choix. Dès le départ, elle ne l'avait pas eu. Tout ce qu'il lui restait à faire, à présent, était d'avancer, avec prudence mais détermination. Elle parviendrait au bout de son voyage et nouerait enfin son âme à celle qui l'attendait depuis si longtemps.
Elle avait hâte de la rencontrer.

Bientôt, les deux arrivants commencèrent à s'organiser autour du feu, déballant leurs affaires et s'installant aussi confortablement que possible, avant de finir par se présenter. L'Engloutie prit la parole à la suite de la dénommée Gladys :

- Je m'appelle Alrüne et voici mon fils, Ceri. Nous venons à Ablah en quête de savoir.

Elle n'avait pas oublié les conseils de Tristan : Être honnête, ne pas chercher à cacher quoi ce soit aux habitants d'Ablah sur les raisons de sa venue, sous peine de susciter la méfiance de ses habitants. Elle qui n'aimait pas dire plus que le nécessaire, surtout en présence d'inconnus, elle allait ainsi un peu à contre-courant de son caractère mais qu'à cela ne tienne, c'était un mince effort à consentir pour permettre à sa quête d'aboutir.

Par la suite, le petit groupe, se serrant les uns contre les autres pour se maintenir au chaud, partagea un mince repas dans un silence poli. Alrüne imita les deux ablahiens en mettant en commun les quelques provisions qu'il lui restait de son voyage. Vinrent donc s'ajouter au « festin » quelques morceaux de viande séchée ainsi que des biscuits secs et un bout de fromage. Rien de bien gargantuesque mais l'appétit de la Neishaane ne l'était pas non plus. Elle mangea donc à sa faim, prémâchant certains des aliments pour en faire profiter son fils.
Enfin, Gladys distribua d'autorité les tours de garde à chacun d'eux avant que Madenn ne propose à Alrüne un peu du lait de leur chèvre pour son garçon. L'Engloutie, appréciant le geste, accepta avec un léger sourire reconnaissant et bientôt, ce fut un Ceri repu qui se mit à somnoler tout contre sa mère. La jeune mère ne tarda pas à imiter son fils et, s'enroulant dans d'épaisses fourrures, se laissa bientôt gagner par un sommeil bienvenu.

Leur nuit se déroula sans encombre, uniquement entrecoupée par les changements de garde. Au petit matin, la tempête s'était suffisamment calmée pour leur permettre de reprendre la route. Ce fut ainsi, baignée par les timides lueurs de l'aurore, que le petit groupe se mit en chemin. Gladys prit la tête de la troupe, suivi de près par Madenn et la chèvre fugueuse. Fermant la marche, Alrüne et Brume se laissaient guider par les ablahiens. Le groupe fendit la neige à une allure plutôt faible, désireux de ménager leurs forces. Ainsi, Solyae monta haut dans le ciel avant que les tours sombres et élancées de la cité ne se dessinent à l'horizon.

Ablah était comme le lui avait décrit Tristan : Un cœur de hautes tours en pierre noire, reliées entre elles par un enchevêtrement de passages divers et variés. Elle s'était néanmoins imaginée quelque chose de plus … Imposant. Autour d'elles s'étendait le reste de ce qui était, en fin de compte, plus un village qu'une cité, constitué d'humbles cabanes en bois plus ou moins grandes, le tout recouvert d'une neige qui ne devait pas souvent fondre au soleil.
Tandis qu'ils arrivaient et se frayaient un chemin à travers les maigres ruelles, Alrüne pouvait sentir sur elle les regards mi-curieux, mi-étonnés des habitants alentours. Ils ne devaient pas avoir l'habitude de voir arriver des visiteurs à cette période de l'année … Et sûrement pas une mère et son petit. Elle ne se laissa pas décontenancée pour autant et adressa quelques saluts polis aux villageois qu'elle croisait.

Finalement, Madenn se sépara de leur petit groupe pour ramener la chèvre auprès des siens et s'assurer, cette fois-ci, qu'elle y reste. Il emmena également Brume, afin qu'elle jouisse d'un repas et d'un repos bien mérité au sein de l'étable d'Ablah. Gladys entreprit donc seule de guider Alrüne et son fils jusqu'à leur logement provisoire, une modeste maison de bois en bordure du village. Après avoir remerciée la jeune femme qui prit congé de leur compagnie pour aller prévenir ceux qu'elle appelait les Anciens, l'Engloutie entreprit de prendre possession de ses appartements temporaires.
Elle alluma un feu dans l'âtre de la cheminée et y fit chauffer de l'eau en quantité, avec laquelle elle remplit un simple mais large baquet de bois. Une fois débarrassée de ses vêtements froids et humides, ce fut avec un délice certain qu'elle plongea son corps, endolori par la longue marche à travers la neige et la tempête, dans l'eau chaude et relaxante de son bain. Suffisamment petite pour y tenir presque entièrement immergée, elle prit son fils qu'elle installa sur ses genoux. Ceri n'attendit pas longtemps pour jouer dans l'eau avec toute l'insouciance d'un enfant de son âge.
6 mois déjà … Comme il avait grandit en si peu de temps. Sa peau caramel tranchait sur la blancheur laiteuse de celle de sa mère, offrant un contraste qui attendrissait cette dernière. Ceri tenait tellement de Kelild … Elle avait l'impression de le voir dans chacun des regards, chacun des sourires de son petit garçon et cela attisait en elle des émotions contradictoires. Comment pouvait-elle être à la fois si heureuse et si triste … ?
Secouant doucement la tête, elle étouffa un soupir. Elle ne devait pas s’apitoyer ainsi sur son propre sort. Elle ne le devait plus. Oui, peut-être ne reverrait-elle plus Kelild et le reste de sa famille … Mais elle devait apprendre à vivre avec. Elle devait apprendre à les laisser partir et à aller de l'avant. Ils ne voudraient pas qu'elle passe sa vie à se morfondre de leur disparition … Alors elle ne devait pas les décevoir. Maintenant, il lui fallait avancer.

Une fois bien décrassée et chaudement habillée de vêtements propres et secs, son sac pendu à son épaule, Alrüne s'aventura de nouveau dehors, son fils toujours solidement installé contre sa poitrine. Sa destination était on ne peut plus claire : Les hautes tours d'Ablah, dans lesquelles elle soupçonnait de pouvoir trouver les réponses à ses questions. Ce fut donc d'un pas décidé qu'elle s'élança à l'assaut des sombres bâtiments, avec l'espoir de percer les secrets de ses origines.

Elle poussa la lourde porte de la tour la plus proche et pénétra dans le bâtiment, cherchant du regard une personne susceptible de l'aider…

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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMer 27 Fév 2019 - 23:28

Depuis le hall d'entrée où avait pénétré Alrüne, on pouvait percevoir les échos d'une conversation. Connaissant la tranquillité des Ablahiens, impossible de qualifier ces paroles d'éclats de voix. Pourtant, une discussion, plutôt respectueuse et posée, se tenait assurément dans les environs. En-dehors de cette présence, le rez-de-chaussée de la tour semblait totalement vide, et seules quelques portes fermées sur un silence absolu venaient ponctuer l'arrondi du mur qui entourait cette pièce de passage, comme un rappel de la forme cylindrique du bâtiment lui-même. Au centre, attirant tous les regards, un massif escalier à vis, taillé dans la même pierre sombre que le reste des constructions, invitait à s'élever vers les étages. Une section descendait également, mais la lumière semblait plus vive vers les hauteurs, et l'on en oubliait facilement la possibilité de descendre vers les caves. Autant les marches que la rambarde, de pierre également, présentaient un polissage patient qui les rendait presque brillants, témoignage de l'usage intensif ou très ancien qui en était fait. En vérité, c'était même les deux à la fois.

Lorsque la visiteuse frappa à la porte, les paroles s'éteignirent doucement, et bientôt, un visage apparut alors que le battant de bois était entrebâillé. Un visage ridé comme une vieille pomme, qu'on aurait eu du mal à départager entre le masculin ou le féminin, et porteur d'une expression peu amène. Visiblement, son ou sa propriétaire était irrité par le dérangement, et s'apprêtait à renvoyer vertement l'intrus... mais ce sentiment fit rapidement place à de l'étonnement, quand son regard encore vif se posa sur l'ex-Engloutie.
« Ne serait-ce pas notre voyageuse hivernale ? Al'runne, c'est cela ? »
prononça l'Ancien en adaptant le prénom à son accent montagnard. La porte fut ouverte plus grande, apportant une bouffée d'air agréablement tiède qui contrastait avec celui, glacial, du hall d'entrée. Derrière, se révélait une pièce munie d'une cheminée où les flammes dansaient vigoureusement derrière un pare-feu peint de motifs floraux. Un scribe occupait l'unique table, installée du côté opposé à la porte, et des neishaans âgés étaient assis sur deux courtes rangées de sièges, formant des demi-cercles concentriques, dos au foyer. Face à eux se tenaient, debout, deux silhouettes que l'étrangère connaissait : les gardiens des chèvres, Gladys et Madenn. La première lui adressa un signe de tête, tandis que le second esquissait un timide sourire, ses iris s'attardant un instant sur le paquet constitué par Ceri.

La personne qui lui avait ouvert reprit la parole tout en lui faisant place :
« Entrez donc, vous tombez à point. Vous allez pouvoir nous expliquer ce que vous faites ici, et comment ces garnements vous ont rencontrés. A moins que vous n'ayez une demande urgente ? »
Toutes les paires d'yeux étaient fixées sur elle, des regards clairs mais assurément pas séniles, qui l'examinaient alors qu'elle pénétrait dans la pièce.
« Nous ne nous attendions pas à vous rencontrer si vite. Le dîner ne sera pas servi avant plusieurs heures, mais les chargés de cuisine pourront vous trouver quelque chose, si vous ou votre enfant avez faim, »
proposa une petite maigrelette qui se tenait très droite au premier rang, avec une voix flûtée comme celle d'un enfant.

Les deux jeunes gens, visiblement peu à l'aise face à cette réunion d'Anciens, se décalèrent de côté pour laisser à leur hôte la place centrale, devant le demi-cercle, tandis que la porte était refermée et que le neishaan âgé encore debout regagnait l'unique siège vide. Un instant, il n'y eut plus que le silence, seulement troublé par le doux crépitement du feu à l'intérieur, et les échos assourdis de la tempête qui avait recommencé à faire rage au-dehors. Face à Alrüne, l'auditoire était attentif, en attente du récit qui allait expliquer sa présence incongrue en ces lieux. Après tous, les Ablahiens adoraient les histoires, et même s'ils avaient obtenu quelques éléments de la part de leurs indignes chevriers, rien ne vaudrait celle qui sortirait de la bouche même de cette visiteuse inattendue.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeJeu 28 Fév 2019 - 19:46

Pour Alrüne, qui venait de l'extérieur de la tour, l'air tiède de la pièce dans laquelle elle pénétrait était des plus agréables et si elle ne se précipita pas à l'intérieur, son pas s'accéléra néanmoins légèrement. Une fois entrée, la jeune mère relâcha un soupir appréciateur tandis que ses muscles se détendaient sous l'effet de cette chaleur bienvenue.
Avisant les deux seules visages familiers de la pièce, elle les salua d'un poli signe de tête. Ils n'avaient pas l'air des plus à l'aise, ce qui suscita son intérêt. Cette réunion, était-elle un événement rare ou important ? Peut-être les deux ? Toujours était-il qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de les remercier de l'avoir amené jusqu'ici … Elle se jura de le faire sous peu.
Tandis que la personne qui l'avait faite entrer refermait doucement la porte derrière elle, une petite dame au premier rang lui fit une proposition généreuse qui arracha un timide sourire reconnaissant à la Neishaane. Si elle déclina poliment son offre pour le moment, elle la rassura néanmoins en lui affirmant qu'elle ne manquerait pas de profiter de son offre le moment venu. Elle recentra enfin son attention sur l'ensemble de ses hôtes, les dévisageant sans s'en cacher, ce qui lui permit de constater qu'ils ne se gênaient pas de faire de même.

Être ainsi le centre de l'attention, même si c'était impressionnant de sentir autant d'yeux rivés sur soi, ne troubla nullement Alrüne. Son passé de chanteuse jouait pour beaucoup dans sa gestion du stress et elle parvint à ne pas se laisser intimider. De nouveau, elle balaya son « public » de son regard océan tandis qu'elle prenait place devant l'assemblée, aux côtés de Gladys et Madenn.
Ainsi, ils voulaient connaître son histoire. D'instinct, la Neishaane savait qu'elle ne pouvait pas leur raconter la vérité. Tout du moins, pas entièrement. Comment leur dire qu'elle venait d'une île cachée de tous, source de bon nombre de rumeurs et réputée maudite ? Comment leur expliquer que là-bas vivaient des dragons, créatures de légendes et de contes ? Ce n'était tout simplement pas possible. Même s'ils ne la croyaient pas et prenaient son récit pour des fabulations – ce qui était hautement probable – elle ne pouvait prendre le risque de leur révéler un tel secret. Alors, il allait lui falloir leur conter un récit qui tienne la route, tout en veillant ni à se trahir, ni à trahir Tol Orëa. Un exercice d'équilibriste qu'elle n'était pas sûre de réussir … Mais elle se devait de tenter le coup. Elle avait besoin des secrets et connaissances que contenaient ces sombres et hautes tours.
Alrüne s'éclaircit la voix puis commença son récit.

- Mon nom est Alrüne Larilane et voici mon fils, Ceri. Nous venons de loin pour atteindre Ablah, dans l'espoir de trouver des informations sur l'emplacement d'une île, Ivrin. Je suis à la recherche de quelqu'un et j'ai bon espoir qu'elle se trouve sur cette île.

Ce n'était pas totalement un mensonge mais ce n'était pas vraiment la complète vérité non plus. Et si elle avait débité son récit avec une certaine assurance, elle espérait que ce serait suffisant pour faire illusion. Anticipant la question à venir, la jeune femme continua son récit.

- Si je suis ici aujourd'hui, malgré les conditions défavorables, c'est parce que mon temps est compté. Je ne sais pas combien de jours cette personne restera sur Ivrin … Et je dois la retrouver avant qu'elle ne parte.

Parce qu'elle ne pouvait s'empêcher d'être un peu nerveuse malgré tout – toute la suite de son voyage reposait sur l'appréciation d'elle qu'auraient ces personnes – Alrüne entoura de ses frêles bras le petit corps de son fils, qui observait tout ces gens inconnus de ses grands yeux bleu. Elle puisa dans ce simple contact la force qu'il lui manquait pour tenir le coup avant d'entreprendre de répondre à la deuxième question qui lui avait été explicitement soumise.

- La tempête m'a surprise alors que je cherchais à rejoindre Ablah et je me suis abrité dès que j'ai pu. J'ai allumé un feu puis me suis endormie … Jusqu'à ce que leur chèvre ne vienne me réveiller, conta-t-elle tout en désignant le duo de Neishaans à côté d'elle. Gladys et Madenn m'ont rejoint peu après, sûrement attirés par la lueur de mon feu … ?

Alrüne laissa le soin aux jeunes concernés de confirmer ou non ses dires, avant d'achever son récit.

- Nous avons attendu ensemble que la tempête se calme un peu avant de prendre la route pour rejoindre votre cité, qui était plus proche que Ploeglas.

La Neishaane s'inclina alors légèrement en avant, ses bras serrant toujours Ceri tout contre sa poitrine.

- Je vous remercie pour votre hospitalité. Je n'ai pas grand chose à vous offrir en retour … Mais j'espère que, malgré tout, vous accepterez de me laisser avoir accès à vos archives. C'est important pour moi …

Sa dernière phrase tenait plus de la supplique que de la demande. Tout reposait désormais sur leur décision …
Allait-elle enfin voir toutes ses recherches être récompensées ? Ou allait-elle voir mourir sa dernière piste vers Ivrin et son âme-sœur ?
Suspendue à leurs lèvres, Alrüne retint son souffle.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeLun 4 Mar 2019 - 21:18

Aucun neishaan ne se permit d'interrompre Alrüne pendant son récit, tout au plus les chefs, couronnés de davantage de neige et d'argent que d'or pâle, se contentèrent-ils d'opiner de temps à autre, dans une flegmatique chorégraphie qui pouvait évoquer l'hibernation, le ralentissement dû à ces glaciales contrées. Les deux jeunes gens, qui s'étaient rapprochés l'un de l'autre, se montraient attentifs également, mais d'une immobilité vaguement tendue. Ils hochèrent seulement la tête de concert, en confirmation lorsque l'étrangère les sollicita.

Une fois assuré que celle-ci avait terminé son histoire, l'ablahien que l'âge avait rendu androgyne lui adressa un sourire presque malicieux.
« Nous comprenons bien l'urgence de votre besoin, je crois. Ce n'est pas pour rien que l'on se lance dans le voyage jusqu'à nous en cette saison, à moins bien sûr de souffrir d'une grave inconscience... Nos bibliothèques sont là pour partager leur contenu avec ceux qui les requièrent. Cependant, vos recherches risquent de s'avérer bien longues... »
« La section des atlas pourrait être celle à consulter en premier, »
enchaîna un autre, réfléchissant déjà à la manière d'aborder le problème,
« mais je doute que s'y user les yeux jusqu'à l'hiver prochain se montre efficace. Imaginez-vous le nombre d'îles de notre monde ? En traquer une en particulier serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin. A moins que vous n'ayez quelques informations supplémentaires sur cette... Yvrrin ? »

« Vous ne nous avez guère parlé de vous. D'où venez-vous exactement ? Nous aimons situer un peu mieux nos visiteurs, et savoir quels récits ils pourraient nous conter à la veillée, si bien sûr vous acceptez de vous joindre à nous. Les nouvelles, vous le comprendrez, ne circulent pas beaucoup à cette saison ! »
intervint une troisième, avec un étrange mélange de jovialité et de fermeté. Puis un autre personnage, au visage ridé de vieux pruneau, compléta :
« Vous avez besoin du savoir d'Ablah, jeune Alrüne, mais ne seriez-vous pas en train de sous-estimer la taille de nos archives ? Quoi qu'il en soit, vous allez passer du temps en notre compagnie. Si vous souhaitez notre coopération, il va falloir nous en dire davantage. »
« Peut-être voudriez-vous avoir un aperçu de notre documentation, de vos propres yeux ? Vous saisiriez mieux l'aide que nous pourrons vous apporter... d'autant plus si vous êtes pressée par le temps, »
reprit le deuxième, avant de s'adresser à ses pairs, avec un geste en direction de Gladys et Madenn :
« Cela nous permettrait de terminer de délibérer. Ces jeunes gens pourraient servir de guides dans une... introduction à l'ampleur de nos collections. »

Lui, et d'autres parmi ces petits vieux, se redressèrent alors subtilement, ce qui pouvait donner un tableau vaguement ridicule. Et pourtant, ils étaient fiers de ce qu'abritait leur cité, fiers de cet immense savoir dont ils étaient les gardiens, et dans le labyrinthe duquel ils restaient les seuls à pouvoir se diriger sans emprunter trop de culs-de-sacs, ou se faire prendre à des pièges qui prélèveraient leur dû de ce précieux temps...

C'était maintenant à Alrüne de décider : soit elle souhaitait leur en révéler davantage immédiatement, soit elle préférait aller jeter un œil au trésor d'Ablah, sous l'escorte composée des deux apprentis chevriers. La blonde restait impassible, son regard clair fixé au loin, comme absente. Mais le garçon, lui, adressa à leur hôte un très discret signe affirmatif, semblant l'inciter à profiter de cette escapade avant de revenir affronter la haute autorité d'Ablah, cette terrible assemblé de neishaans courbés, ridés, et aux paupières papillotantes, mais encore suffisamment clairvoyants pour inspirer le plus grand respect à tous leurs concitoyens.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMar 2 Avr 2019 - 20:00

Alrüne, qui guettait avidement les réactions de ces sages sans âge, laissa enfin s'échapper ce souffle qu'elle retenait depuis de longues secondes, à présent. De toute évidence, son récit tenait suffisamment la route pour que l'assemblée ne trouve rien à y redire. Certes, l'une d'entre eux avait souligné le peu d'information qu'elle avait accepté de révéler sur sa personne et l'Engloutie s'apprêtait à répondre lorsqu'il lui fut proposé, toutefois, de voir de ses propres yeux les fameuses bibliothèques d'Ablah.
L'offre était alléchante. De ce que lui en avait dit Tristan, les hautes et noires tours d'Ablah recelaient de véritables trésors littéraires, peut-être plus nombreux et plus précieux encore que ceux que l'on pouvait déjà trouver au sein d'un kaerl. Et elle qui avait parcouru de long en large celle du Màr Luimë, elle pouvait témoigner de toute la richesse de leur patrimoine.
Toute Neishaane qu'elle était, Alrüne avait du mal à ne pas céder à l'appel de sa curiosité. De plus, échapper quelques instants à l'emprise de ces vieux Neishaans étonnement perspicaces, lui offrait l'opportunité de mieux préparer et de peaufiner son témoignage. Toutes les raisons étaient bonnes pour aller volontiers déambuler parmi les étalages de livres, aussi ne résista-t-elle pas d'avantage.

S'inclinant de nouveau poliment face au Conseil, sa voix, si fluette et cristalline en comparaison à l'accent rocailleux qu'arboraient les habitants d'Ablah, s'éleva à nouveau et elle leur fit part de sa réponse.

- J'accepte votre aimable proposition, se contenta-t-elle de déclarer. Je reviendrais vers vous dès que vous le désirerez.

Après une nouvelle révérence, salut silencieux adressé à cette noble assemblée, la jeune mère se détourna et se dirigea d'un pas déterminé vers la porte, qu'elle franchit sans un regard en arrière.
La fraîcheur du couloir l'accueillit comme une vieille amie et fit délicatement rosir ses joues pâles. Un léger nuage se formait à chacune de ses expirations, tant et si bien qu'elle en vint presque à regretter la chaleur du foyer de la pièce qu'elle venait de quitter. Dans un réflexe pour se maintenir au chaud, elle et son fils, Alrüne s'enveloppa un peu plus dans l'épaisse cape qui ceignait ses frêles épaules avant de se retourner enfin, faisant face à Gladys et Madenn qui, parce qu'ils avaient été désigné pour lui servir de guides, n'avaient pas tardé à lui emboîter le pas, la suivant ainsi dans le couloir.

Son regard bondit de la jeune femme blonde à son compagnon. Maintenant qu'elle y regardait de plus près, tous les trois devaient avoir sensiblement le même âge. Difficile de le savoir en ne jugeant que leur apparence.
Pourtant, pour une raison qu'elle ne saurait expliquer avec exactitude, Alrüne se sentait à des années de la jeune femme qu'elle était encore, il y a à peine un an de cela. Tant de choses s'étaient passé depuis … La perte de sa famille, la découverte du Màr Luimë et les rencontres que cela avait entraîné … Elle repensait souvent à ses amis et, loin d'eux qu'elle était désormais, se rendait compte comme leur simple présence lui manquait.
L'arrivée de Ceri avait, également, complètement bouleversée sa vie et avait su également lui redonner un sens, là où la disparition de tous ses proches l'avait anéanti. Être mère si jeune, néanmoins, avait son lot d'inconvénients mais Alrüne ne regrettait rien … Ou presque.
Revenant à des préoccupations plus immédiates, l'Engloutie fixa tour à tour ses deux compagnons avant de finalement formuler la question qui planait dans son regard océan.

- Bien … Où va-t-on ? Je vous suis.

Elle leur adressa un très timide sourire, ne sachant pas trop comment se comporter en leur présence. Elle en soupira intérieurement. Pourquoi fallait-il que les relations sociales soient si compliquées ?
Madenn, fidèle à lui-même, se fendit à son tour d'un sourire chaleureux avant de prendre la tête de leur petit groupe, s'enfonçant alors à travers le dédale de couloirs qui formait la précieuse et inestimable bibliothèque d'Ablah.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeDim 1 Sep 2019 - 16:35

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Gladys et Madenn, habitants d'Ablah

Les Anciens, visiblement satisfaits du choix d’Alrüne, l’avaient laissée partir sous la protection des deux jeunes gens. A moins qu’ils ne soient plutôt chargés de protéger le trésor d’Ablah face à elle, lequel ne se comptait ni en pièces d’or, ni en joyaux brillants, mais bien dans ces innombrables manuscrits, chéris comme des enfants surdoués et fragiles par tous ses habitants. Une fois la porte franchie, laissant là leur Conseil suprême à délibérer derrière la solide porte de bois, Gladys resserra les pans de son vêtement, tandis que Madenn se chargeait de répondre, avec un enthousiasme adolescent et un geste vers le plafond :
« En haut ! On monte. Il fait un peu froid dans les couloirs et les escaliers, mais il y a des coins chauffés dans les étages, »
précisa-t-il à l’adresse de leur invitée, prouvant par là qu’il observait chacun de ses gestes. Il commença l’ascension avec une énergie qu’il n’avait que peu démontrée jusqu’alors, visiblement ravi de l’occasion. Était-ce d’échapper temporairement au regard acéré de leurs vieillards et dirigeants, ou de jouer les guides pour l’étrangère, qui le réjouissait tant ?

La blonde, plus placide, fermait la marche, et octroya quelques explications à leur visiteuse, juste assez fort pour que celle-ci l’entende :
« Les Anciens vont pouvoir finir de décider ce qu’ils veulent faire… pour nous, et pour vous. C’est aussi bien de les laisser tranquilles, dans ces cas-là. Et vous comprendrez mieux notre cité, quand vous aurez eu un aperçu de ce qui en forme le cœur. »
Ils laissèrent le premier étage, ainsi que le second. Au troisième, le neishaan s’immobilisa sur un court palier, où se tenait une arche de pierre bordée de fines sculptures florales. Celle-ci abritait une porte fermée, de la même apparence que celles du rez-de-chaussée, exception faite de ses dimensions : cette entrée-là était plus large et plus haute, soufflant ainsi à l’invité-e qu’elle revêtait une importance toute particulière. Au-delà, les marches continuaient à s’élever en s’enroulant vers le firmament, éclairées par des jours réguliers qui laissaient passer le peu de lumière de ces hivernales contrées.

« C’est ici que commence la bibliothèque, »
reprit Gladys, qui veillait à garder un ton bas pour ne pas éveiller les échos, tellement réverbérés par ce vide étiré tout en longueur, constitué par la cage d’escalier.
« On doit y rester tranquilles, ne pas courir ou autres fantaisies, bien sûr, et éviter de parler trop fort pour ne pas déranger ceux qui y travaillent. Et, hum... »
hésita-t-elle avec un regard pour le paquet accroché contre la poitrine d’Alrüne. Comprenant de quoi il retournait, son compère vint à son secours.
« Si le petit fait du bruit, on sera obligés de sortir. Vous pouvez aussi le laisser à la garde de quelques-uns des jeunes parents, qui prennent soin de tous les enfants à tour de rôle. Mais, vous n’avez pas donné l’impression d’accepter volontiers de vous en séparer, »
termina-t-il avec un franc sourire, prouvant qu’il ne s’agissait là nullement d’un reproche.



Une fois la porte poussée, l’arrivant-e était immédiatement plongé-e dans l’ambiance. Le long des murs intérieur et extérieur, s’alignaient une multitude d’ouvrages bien serrés sur leurs étagères. Entre les deux parois, d’autres meubles tout aussi bien garnis dessinaient comme un labyrinthe en se plaçant tantôt de face, tantôt de côté, dans une volonté d’exploiter au maximum l’espace disponible. De discrètes notations étaient visibles ça et là, indices pour qui saurait les déchiffrer, afin de retrouver son chemin dans ce dédale.

Les deux ablahiens avaient laissé Alrüne pénétrer à l’intérieur, et guettaient sa réaction avec sur le visage un air mi-fier, mi-amusé. Madenn s’était rapproché de la blonde, qui reprit la parole une fois que leur visiteuse eut admiré son content :
« A cet étage, ce sont tous les ouvrages de base. Ceux que nous étudions quand nous sommes enfants. Je doute que vous trouviez votre bonheur là-dedans, mais sait-on jamais. Par exemple, il y a une zone consacrée aux récits de voyages. Vous voulez la voir ? Il y a peu de chances que vous trouviez mention de votre île là-dedans, mais on n’est jamais à l’abri d’un heureux hasard. »
Le petit groupe entra tout à fait parmi les rayonnages, conduit avec assurance par une Gladys qui connaissait visiblement l’endroit comme sa poche.

Il fallait louvoyer entre les tablettes, mais cela ne semblait pas du tout gêner les deux locaux, à l’aise comme des poissons dans l’eau. Quelques irrégularités venaient pimenter l’interminable alignement de livres et manuscrits : ici, il y avait un recoin avec une table accompagnée de deux chaises vides, et une cheminée éteinte. Là, un fauteuil occupé par un chat angora au pelage bleu (ce qui signifie gris, en langage ordinaire). Là encore, deux neishaans, de quelques années plus jeunes que nos héros, étaient installés côté à côte sur une banquette, plongés dans la lecture commune d’un énorme ouvrage, qui reposait à demi sur les genoux de chacun. Les chevriers leur adressèrent d’ailleurs un discret signe de la main, sans un mot, auquel il leur fut répondu de la même manière, avant que les enfants ne replongeassent dans leur passionnant récit. Ils croisèrent une autre femme, plus âgée, qui les salua de la tête avant de reprendre le rangement d’une pile d’écrits.



Après avoir lentement tourné dans l’anneau que constituait cette salle de la tour, divisée par quelques murs de pierre en rayons, entre lesquels on trouvait de petites salles de travail, la blonde s’arrêta finalement dans une zone que rien ne semblait distinguer des autres.
« C’est ici, »
précisa-t-elle en pointant une étiquette sur laquelle on lisait : « voyages – étage 1 » suivi d'un petit carré contenant trois couleurs. Un sourire mutin aux lèvres, Madenn s’éloigna sous le regard perplexe de sa compagne, traversant trois séries de meubles avant de s’arrêter et de lui faire quelques signes. Gladys sembla soudain comprendre, et hocha la tête avant de s’adresser de nouveau à la visiteuse :
« Il nous montre la fin de cette section. Bien sûr, ce n’est qu’une petite partie de ce que vous auriez à explorer. Comme l’a dit l’un des Anciens, il serait peut-être plus sage de commencer par la géographie, qui est bien plus étendue, et se trouve deux étages au-dessus. Si vous avez une idée du continent, ce serait déjà un beau progrès… »

Elle sembla réfléchir un moment, se repassant mentalement ce qu’elle savait du classement, et quels secteurs il serait approprié d’explorer.
« Enfin, nous verrons. Mais, vous ne devriez pas refuser notre aide. D’abord, parce que ça n’est pas bon pour notre fierté, »
fit-elle avec un pétillement d’amusement dans les yeux, qui éclaira son visage habituellement hiératique. Son compagnon, qui venait de réapparaître à leurs côtés, sembla charmé par cette vision, et se permit d’ajouter :
« Dommage que Tristan ne soit plus là, il connaissait tout ça tellement bien... »
Un geste du bras vers les ouvrages traitant des voyages précisa ce qu’il entendait par « tout ça ».
« Il aurait pu au moins nous dire si on risque de vraiment perdre son temps ou pas en regardant dans ce coin. »
Retrouvant son impassibilité coutumière, Gladys haussa les épaules avec fatalisme.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeMar 17 Mar 2020 - 11:20

Alrüne acquiesça d’un signe de tête à l’invitation de Madenn. Elle entreprit ainsi, à la suite du Neishaan, de monter vers les étages, laissant le soin à Gladys de fermer la marche de leur petit groupe. L’Engloutie garda, principalement, le silence tout du long de la montée, écoutant les explications et autres anecdotes que voulaient bien lui révéler les deux Ablahiens.
Ensemble, ils grimpèrent ainsi sur trois étages avant de, finalement, s’arrêter sur l’un des paliers. Alrüne n’en fut que trop heureuse, d’ailleurs. Elle se gardait bien d’en faire un trop grand étalage, ne voulant pas afficher sa faiblesse devant des inconnus, mais la fatigue de ces derniers jours de voyage commençait à peser sur ses frêles épaules. Ses jambes étaient lourdes, cotonneuses et même un peu tremblantes parfois. Malgré cela, elle était parvenu au bout de son ascension et ce, sans être trop à bout de souffle. Elle n’en était pas peu fière.

Avant de franchir la porte de cet étage, les deux compagnons la mirent en garde : La tranquillité des lieux se devait d’être respecter et préserver. Face à cette règle tacite, Gladys et Madenn semblaient s’inquiéter du bruit que pourrait faire Ceri ... A juste titre. Les bébés n’étaient pas réputés pour leur discrétion. Cependant, l’alternative qui lui fut proposé restait, à ce moment-là, inenvisageable pour la jeune mère.
Aussi, tandis qu’elle entourait de ses bras le petit, si petit corps de son garçon, elle répondit d’une voix douce, sincère mais catégorique :

- Non, je ne me séparerais pas de lui.

Son regard passa de Madenn à Gladys, comme pour appuyer ses mots. Elle n’avait guère d’autres exigences que celle-ci. Mais plus que de quitter son fils, c’était surtout de le confier à de parfaits inconnus qui angoissait la Neishaane. Elle ne s’en sentait absolument pas capable ... Pas pour le moment, en tout cas. Peut-être, un jour, y parviendra-t-elle.
Ceci étant, elle ne prit pas ombrage de leur remarque et leur adressa un timide sourire avant de s’engager, au devant du duo, à travers la porte désormais ouverte.

Le spectacle qui se révéla à ses yeux océans était grandiose. Des étagères et des étagères, toutes remplies de livres, de rouleaux et d’ouvrages en tout genre, montaient jusqu’au plafond et se succédaient les unes aux autres dans un enchevêtrement qui avait tout de chaotique mais qu’elle savait, au contraire, parfaitement ordonné. C’était ... Impressionnant. Ça l’était d’autant plus que, selon les dires de Gladys qui, avec son compagnon, l’avait suivi dans l’imposante salle, ce n’était qu’une partie de leur collection. Tant de savoirs, condensés en un seul endroit ... L’âme neishaane d’Alrüne ne pouvait qu’être émerveillée devant une telle vision.
Cependant, l’Engloutie ne pouvait s’empêcher de trouver dommage qu’une telle concentration de connaissances soit rendu si inaccessible ... Après tout, il fallait d’abord parvenir jusqu’à Ablah, ce qui était, en soi, une épreuve particulièrement corsée, mais, comme si cela ne suffisait, pouvoir se plonger dans les écrits millénaires de la bibliothèque semblait nécessiter l’accord des Anciens de la cité. A moins que son cas ne soit particulier ...? Ceci dit, elle comprenait parfaitement les motivations des Ablahiens. On ne pouvait pas acquérir et assembler une telle source de savoirs sans faire preuve d’un minimum de prudence envers celles et ceux qui souhaitaient la consulter.
Aussi se garda-t-elle se faire la moindre réflexion à ce propos, se contentant de caresser ce trésor du regard tandis qu’elle s’engageait, à la suite des deux Neishaans, dans les allées sinueuses de la bibliothèque.

Finalement, après moult tours et détours entre les rayonnages débordant de connaissances, le petit groupe s’arrêta à l’entrée d’une allée qui, en apparence et à première vue, ne se démarquait guère de ses sœurs. Ce ne fut que lorsque Gladys pointa du doigt le petit panneau, accroché sur le flanc de l’une des étagères, qu’Alrüne comprit qu’ils étaient arrivés à destination : La section des récits de voyage se dévoilait là et n’attendait qu’elle pour livrer tous ses secrets. Tout du moins, l’espérait-elle.

La jeune mère n’écoutait que d’une oreille les paroles de Gladys. Elle en saisit l’essentiel et se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, silencieuse et pensive.
Le souvenir de son rêve avec Elentàri lui revenait en mémoire. La présence millénaire de cette âme esseulée, dont le seul but, encore aujourd’hui, était de veiller sur ses enfants, fit courir un frisson le long de son échine ... Elle espérait ... Non, elle arrivera à temps pour sauver son âme-sœur.
Il n’y avait pas à hésiter plus longtemps. Alrüne devait parler.

- L’île que je recherche ... Ivrin. Elle se trouve quelque part au Nord-Est du Vaendark, répondit-elle lorsque Gladys lui demanda plus de précisions.

Et c’était là le peu d’informations dont elle disposait : Le nom de l’île et sa position approximative. Elle espérait que cela serait suffisant.

- Je ne refuse pas votre aide, loin de là, continua-t-elle, humble. Au contraire, je serais heureuse si vous pouviez m’apporter main-forte dans cette quête qui est la mienne.

Lorsque Madenn revint vers elle, ce ne fut que pour mentionner un nom qui lui était familier. Le nom d’une personne pour qui, en ce jour, elle n’avait que de la gratitude. Elle se tourna vers le jeune Neishaan.

- Tristan ? Un Neishaan aux cheveux roux ? Je l’ai rencontré, commença-t-elle doucement.

Sa voix était hésitante, néanmoins. Elle craignait de ne s’aventurer sur une pente glissante ... Et si jamais elle en révélait trop ? Si jamais le secret de Tol Orëa se retrouvait mis à nu par ces quelques mots ? Pourtant, ils semblaient le connaître ... Ils avaient donc le droit de savoir ce qui était arrivé à leur compagnon.

- J’ai, d’ailleurs, une lettre de sa part que je dois remettre ...

Joignant le geste à la parole, Alrüne sortit de son sac un petit carnet duquel elle tira une feuille de papier, soigneusement pliée. Sur celle-ci, on pouvait encore lire le nom du destinataire : Leonyd Gwened, Ablah. Et tandis qu’elle tendait la lettre improvisée, rangeant de l’autre main son petit carnet de voyage, la sculpture que lui avait confié le rouquin, au même titre que la lettre, s’échappa de sa sacoche, heurtant le sol dans un bruit sourd et roulant jusqu’aux pieds de Madenn, se stoppant contre l’une des bottes de celui-ci.

Avec Ceri tout contre elle, s’accroupir pour ramasser la petite statuette allait se révéler compliqué.


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MessageSujet: Re: [RP] Soif de connaissances   [RP] Soif de connaissances Icon_minitimeSam 4 Avr 2020 - 15:48

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Gladys et Madenn, habitants d'Ablah

Face à l'affirmation renouvelée de la jeune mère envers son petit, aucun de ses guides n'insista, et les quatre neishaans - pour la plupart - s'engagèrent parmi les collections d'Ablah. Mise devant l'ampleur de la documentation disponible, Alrüne se décida à leur indiquer une zone qui restreignait considérablement le champ des recherches, avant d'assurer qu'elle accueillerait volontiers une assistance ablahienne. Gladys hocha la tête avec un léger sourire :
« Ivrin, au nord-est du Vaendark... c'est déjà bien mieux, comme point de départ. Les Anciens vont organiser ça, mais vous pouvez être sûre que les plus compétents d'entre nous se mettront aux recherches. C'est un peu une question d'honneur, vous comprenez. Si l'information que vous cherchez est quelque part là-dedans... »
Elle ponctua son discours d'un large geste du bras, englobant leur environnement.
« Nous nous devons de la trouver. A quoi servirions-nous sinon ? »
Il y avait un brin d'auto-dérision chez la blonde, mais malgré tout, elle semblait adhérer à cette vision des choses sur laquelle se fondait l'existence de sa cité.

Les yeux de son compère s'arrondirent d'étonnement lorsque la citation d'un ancien camarade éveilla un écho chez leur invitée.
« Vous ? Où ça ? Est-ce qu'il va bien ? »
« Tout le monde s'est inquiété, ici, »
renchérit Gladys, le ton désapprobateur, avant de laisser filtrer une certaine perplexité :
« il a disparu sans laisser de traces. »
Madenn secouait la tête, incrédule. Pourtant, comment l'autre neishaane aurait-elle su que cet Ablhien possédait la tignasse rousse le distinguant si nettement de ses pairs, si elle ne l'avait pas réellement croisé ? Il se pencha sur l'objet tout d'abord présenté par Alrüne. La calligraphie soignée pourrait être celle de son ami, en effet. Mais cela ne constituait pas pour autant une preuve valide. Cependant, le nom du destinataire confirmait l'hypothèse d'une rencontre. Avec une moue mi-désolée, mi-ennuyée, il transmit à sa collègue, qui gardait une expression indéchiffrable :
« C'est pour son père... »

Un instant de silence suivit cette déclaration, que Gladys brisa :
« Il faudra la laisser à Enide, alors. Je suppose qu'elle voudra savoir. »
L'autre approuva du chef, songeur, avant d'être distrait par un petit objet échappé de la besace de l'étrangère. Après une brève hésitation, il sembla réaliser que cette dernière était bien chargée pour pouvoir se baisser, et se saisit de la pièce de bois, non sans une certaine prudence. De nouveau, Madenn consulta sa semblable du regard, en lui montrant l'objet qui lui inspirait manifestement des sentiments contradictoires. Puis tous deux reportèrent leur attention sur Alrüne, tandis que le jeune neishaan se saisissait finalement de la lettre, pour poser en retour la petite sculpture dans la main tendue de leur invitée.
« C'est lui qui l'a faite ? Tristan ? Il bricolait ce genre de choses, des fois. Et puis, ce symbole... »
Il ne savait pas trop ce que le livre et les autres dessins signifiaient, mais c'était quelque chose en lien avec la famille du rouquin, cela, il en était certain.

Toujours prompte à ramener sur la terre ferme les pensées de son rêveur de camarade, la blonde objecta :
« Elle pourrait l'avoir volé... ou simplement trouvé, en même temps que la lettre. C'est indiqué "Ablah". Même si je doute qu'un voleur aurait pris la peine d'amener ce document à destination, »
se radoucit-elle en direction de l'étrangère, semblant réaliser que sa semi-accusation aurait pu la blesser.
« Nous allons avoir besoin d'une nouvelle séance face aux Anciens, »
ajouta-t-elle comme pour changer de sujet, s'attirant un nouveau hochement de tête de la part de Madenn, même si sa figure disait combien la perspective le réjouissait peu. Il sembla réfléchir un moment, avant d'oser une nouvelle suggestion :
« Ce serait peut-être mieux de trouver Enide d'abord. Si elle veut ajouter quelque chose, et puis, la lettre donnera sans doute plus d'éclaircissements. »
« Tu sais où elle peut être ? »
« Quelque part là-haut, sûrement... Je veux bien aller la chercher. »
Visiblement peu désireuse de parcourir les étages supérieurs en quête de la vieille dame, Gladys acquiesça avec un soulagement palpable.
« Vous voulez bien rester ici à les attendre ? En même temps, ça nous permettrait de commencer à regarder ce qu'on a là, »
reprit la neishaane pour Alrüne, en désignant le rayon le plus proche, tandis que sur un signe de tête, l'autre s'en allait vers l'escalier, la missive toujours en main.


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