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 [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux

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Peddyr Thelrand
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Peddyr Thelrand


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MessageSujet: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeJeu 11 Juin 2020 - 21:31

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Altahir[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Logo_b13
Altahir Nordan & le Brun Norloth

Automne 919

Enfin, le Mar Menel était en vue. Le spectacle devait être impressionnant pour une nouvelle novice telle que Jorgga, qui s'était contentée d'entendre des mythes et des histoires sur les dragons. Elle devait être en totale admiration devant la réalité de ce qu'allait être sa nouvelle vie. Chose certaine était qu'elle n'avait pas eu peur de voler, et Norloth confirmait ce fait. C'était un bon signe pour une toute nouvelle Aspirante. Car certains jeunes gens prenaient vite peur lors de leur premier vol avec la personne qui les avait détecté et appréhendait leur tout premier vol avec leur lié. Heureusement, cela restait des cas isolés et donc rares. Apprendre que Jorgga n'avait pas le vertige était donc une bonne chose.

les liens en cuir qui la retenaient s'étaient détendus dans un doux craquement. On sentait leur robustesse et leur entretien régulier dans ce petit son caractéristique d'une bonne et solide souplesse. Quand on franchissait l'Interstice, mieux valait être parfaitement sanglé. Tombé durant ce transfert était la mort assuré dans ce néant sans vie et sans lumière, sans espoir d'être récupéré par son propre lié. Tombé depuis le dos de son dragons dans les airs, là, on avait toujours une chance d'en réchapper avec un dragon agile et réactif. Mais dans l'Interstice....

Ne doutant pas de l'ébahissement de sa nouvelle Aspirante devant le spectacle nocturne du Kaerl Céleste, qui se rapprochait à chaque seconde que le vol se rapprochait de sa fin, Altahir ne put s'empêcher de retenir un bâillement avant de grimacer. Mine de rien, ces trois jours auront été bien fournis physiquement comme mentalement

°C'est surtout que tu n'as plus vraiment l'habitude de travailler tes muscles de la sorte. Tu te ramollis°°
°Oh la barbe, dragon casse-pied. Tu as passé ton temps à te bâfrer de gibier des montagnes que je suis certain que tu as pris du poids. Que du  gras ! °
°Demain matin, on se retrouve sur l'aire d'entraînement pour faire quelques passes d'armes ? Tu verras si j'ai grossi....°°
°Demain, je dors !°

Le Brun ne put se retenir de glousser mentalement et après avoir survolé la Grand'Place qui avait une splendeur nocturne qui n'avait rien à envier à celle diurne, il se dirigea vers les spires. Car mine de rien, il faisait nuit et les deux bipèdes avaient besoin de se reposer avant de débuter une nouvelle journée. Surtout Jorgga, qui aurait tout à découvrir, comprendre, découvrir et apprendre. Puis il entame sa descente à l'approche des Spires.

Trois imposantes silhouettes ombrés par la nuit pointaient fièrement leur hauteur vers le firmament étoilé. On devinait que leur revêtement entier devait être claire, voir par endroit brillant. Ces tours rayonnaient avec les rayons du soleil. La nuit, elles étaient d'une autre allure, mais pas sombres et effrayantes comme cela pouvait se retrouvait dans d'autres structures bâties dans les autres continents.  

°Voici les Spires, Jorgga. C'est là que tu vas ta chambrée, rien que pour toi°°

Puis, le saurien se posa en douceur, déplaçant beaucoup de masse d'air autour de lui. Il profitait de l'absence de bipèdes pour se poser devant l'entrée principale des Spires. Ni une ni deux, Altahir défit ses sangles et se laissa glissa le long de l'épaule puis de l'antérieur de son lié. Une fois à terre, il parut se tendre un peu, comme si un coin de son torse était ankylosé.

''Allez, fillette ! Tu es dessanglée, tu peux descendre. ''

Cela fait, il l'invita à la suivre.

''Je vais te montrer où se trouve l'entrée de mes appartements, après je te mènerai au tien. Ainsi, tu sauras où me trouver si tu as un soucis cette nuit où quand viendra l'heure de tes leçons pour les jours à venir.   ''

Il fallut monter quelques étages pour arriver au lieu de vie d'Altahir et de Norloth. Cela fait, Altahir la mena quelques étages en dessous, aux étages réservés aux Aspirants. Là, il s'arrêta devant une porte, l'ouvrit et sourit.

''Ce sera ta ''maison'' le temps de ton Aspiranat. Après toi je te prie ''

Que de mieux que de laisser une jeune aspirante découvrir son nouveau logis. Clairement, cela allait sans doute la changer. Il lui laissa le temps nécessaire de faire le tour du propriétaire. Et quand elle parut être plus ou moins à l'aise avec son nouvel environnement, il la regarda avec un large sourire.

''Je sais que tout est nouveau pour toi et que tu dois avoir pas mal de question à te poser. Mais nous verrons cela demain, après être reposé. Tu as dû remarquer une large coupe de fruit sur la table. Tu peux te servir allègrement pour te rassasier. Je viendrai demain matin te chercher pour te faire la visite du Mar Menel ; sauf si tu as un soucis qui requière ma présence.  ''

Vu qu'elle avait passé un sale moment ces derniers jours, il comprendrait aisément qu'elle avait besoin d'une épaule sur laquelle pleurer.

''Tu verras aussi que tu as une salle d'eau. Ca va aller ? N'hésite pas à m'appeler ou à parler à Norloth, il sera là aussi pour tailler un brin de causette. A demain, Aspirante Jorrga... ah au fait... ''

Il afficha un sourire presque espiègle.

''Pas un seul moment tu n'as demandé mon nom. Je m'appelle Altahir Nordan. Et on peut se passer du ''maître'' pour la suite.  ''

Sur ces derniers mots, quand il fut totalement sûr et certain que cela allait aller pour Jorgga, il la laissa, ferma la porte et rejoignit ses propres appartements. Norloth s'y trouvait déjà, lové dans son recoin bien à lui, limite au bord de l'endormissement.

°Tu as mis du temps°
°Dragon ronchon ! Je m'assurais que notre aspirante était bien installée. Demain matin commence une nouvelle vie pour elle et tu le sais.  °
°Oui, je le sais, mais elle et toi, dès demain après après votre collation matinale, vous irez à l'Infirmerie. °°
°Plait-il ? Je n'ai pas besoin de voir un guérisseur. °

Sur ces derniers mots, il retira le haut de sa tenue de vol, bien décidé à aller prendre un rapide bain avant de se vautrer dans son lit. Il ne put empêcher un grimacement de douleur.

°Ah ! Tu vois ! Et regarde moi ce bleu qui est sur ton flanc°

Altahir dut se rendre à l'évidence quand il aperçut un large hématome bleui sur ses côtes.

°Pour quelques coups de pied, tu parles ! Demain, ça ira mieux et j'ai connu pire. °
°C'est ça. Demain tu vas cracher ton propre sang si tu as une côte brisée. °°
°On verra demain, tu veux bien ! Et j'ai un remède imparable pour passer une bonne nuit  °
°Non... ce n'est pas une bonne idée.  °°
°Si c'a l'est ! °
°Non...°°

Altahir se mit à glousser avant d'aller se servir allègrement un bon verre d'une bouteille de liqueur qui trônait à côté d'un large saladier empli de juteux fruits.

''A ta santé, mon cher lié ! ''


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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Jorgga Vadrak
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeSam 19 Sep 2020 - 16:10

Epuisée par son tout premier vol sur le dos d’un dragon, Jorgga se laissa lentement glisser le long de la patte antérieure de Norloth. Le souffle court, les jambes tremblantes et le corps vibrant de fourmillements, elle caressa de la paume le flanc couvert d’écailles, avec des mouvements toujours plus doux et précis à mesure qu’elle retrouvait ses esprits. Ses vieilles blessures la faisaient encore souffrir, et vraisemblablement, elle n’était pas la seule ici à endurer courageusement celles causées plus récemment par l’agression d’Alastar et de son jeune frère, Sten. Posant un regard bienveillant sur son mystérieux bienfaiteur, Jorgga fut envahie d’une curieuse lassitude. Elle avait terriblement chaud. Pourtant, elle frissonnait. Etait-ce la fièvre ? A moins qu’ici, les températures ne soient bien plus clémentes qu’aux sommets des montagnes d’Undomë ? Elle ôta sa longue cape. Ses cheveux étaient trempés de sueur, des mèches que le vent agitait en tout sens lui collaient au visage. Qu’est-ce que cela ferait de fermer les yeux et de sombrer dans un profond sommeil ? Elle se passa la main sur sa nuque et tenta de se ressaisir.

De splendides tours blanches lui faisaient face, protectrices et fières. A cette heure tardive de la nuit, les imposantes bâtisses étaient toujours plongées dans l’ombre, leurs murs blancs enveloppés d’une douce et paisible lueur lunaire. De-ci et de-là, de chaleureuses lumières dorées soulignaient le bois clair de quelques fenêtres. Des feux brûlaient à l’extérieur des grandes portes, pareils à des danseuses rouges. Les flammes crépitantes, l’odeur de la fumée et de la nourriture, attiraient Jorgga vers elles comme la lumière ensorcelle le papillon de nuit. Pourtant, la jeune femme, fascinée, ne fit pas le moindre pas en direction des Spires. Immobile et silencieuse, elle continua de détailler les tours, songeant aux nombreux récits que lui contaient les voyageurs de passage au coin de l’âtre. Mais ces récits ne vantaient pas la beauté de hautes tours célestes, de solides remparts, de beaux jardins de couleurs ou encore la joie des marchés, image d’un folklore local particulièrement vivace et sain. Non, leurs histoires parlaient de cités en ruines. Des villes de lumière et de poésie détruites par la cupidité des Hommes. Des rues jadis ensoleillées, tenus par des mercenaires qui se battaient entre eux comme une meute de loups enragés pour protéger leurs becquetances et les haillons qu’ils avaient sur le dos après avoir pillé, dévoré et abusé de toutes les ressources de la cité tombée. Les femmes, les enfants, survivants malheureux des tueries, avaient le regard hanté. Ils avaient subi trop de pertes, de viols et de violences. Ici, tout semblait différent. Dans ce petit bout d’un monde nouveau dont elle avait encore tout à découvrir, Jorgga ne serait pas étonnée que les femmes portent de jolies fleurs dans les cheveux et que les enfants ne craignent la présence d’aucun étranger.

Le cœur battant la chamade, la jeune femme oublia ses jambes tremblantes pour se diriger péniblement à la suite de son bienfaiteur, dont elle ignorait par ailleurs tout de lui, y compris le nom. Attentive à poser un pied devant l’autre, ce qui se révéla plus difficile qu’elle ne l’avait imaginé, elle parvint à gravir une à une les marches blanches, puis longea l’interminable couloir qui menait au premier appartement, tentant d’en retenir l’emplacement précis. Furtivement, Jorgga glissa un regard plein d’incertitudes vers son guide. Exténuée, coupable peut-être, elle fit taire ses doutes, ses confuses excuses pour les ennuis qu’elle lui avait attiré à Undomë et le feu nourri de questions qui assaillait son esprit. Qui était donc cet homme au juste ? Qu’allait-elle devenir ? Des leçons ? A ses côtés ? De quel genre ? Et où était donc passé Norloth ? La jeune femme porta une main à sa tête endolorie. Elle n’y comprenait plus rien. Son esprit s’égarait et elle songea alors qu’elle n’avait pas dormi de longues heures, malgré les recommandations appuyées du guérisseur de son village.

Aussi légère et silencieuse qu’une ombre, Jorgga se laissa ensuite guider vers son propre logement, qui se trouvait quelques étages plus bas. A la découverte de ce qui allait devenir “sa nouvelle maison”, tout du moins le temps de son aspiranât, l’âme et le cœur de la jeune femme restèrent cette fois-ci impassibles et muets. Au point, un court instant, de mépriser la vie confortable dans laquelle elle allait pouvoir s’épanouir dans les heures, les jours et les semaines à venir. Cette nouvelle existence l’inquiétait, la choquait, quand elle ne la révulsait pas. Elle frôlait la plus pitoyable et improbable des chimères. Un rêve trop beau pour être vrai, trop précieux pour être réel. Jorgga voulait éviter un réveil trop douloureux, quitte à se maintenir pour l’éternité dans un cauchemar, le seul auquel elle s’était habituée depuis le jour de sa naissance. A vrai dire, ce n’était pas exactement la vie à laquelle elle avait aspiré, mais les dieux, cruels maîtres du destin, en avaient décidé autrement pour elle. A la place de sa présence éternelle de Grim à ses côtés, elle n'avait hérité que d’une culpabilité et d’un ressentiment destructeurs, en plus d’un avenir flou et étrange.

Tournant le dos à son guide pour faire une visite sommaire, Jorgga fronça légèrement le nez, quelque peu indisposée par cette atmosphère paisible, pure, celle-là même qui l’avait pourtant fascinée à son arrivée. Ses pupilles se dilatèrent, sa vue s’accoutuma progressivement à l’obscurité. Les murs du petit salon montaient très hauts, comme s’ils cherchaient à atteindre un ciel sans étoile, et le plafond s’en perdait dans l’ombre de la nuit. Une odeur automnale, presque hivernale, emplissait tout l’espace, n’attendant que la chaleur d’un âtre régulièrement entretenu pour s’atténuer. La lumière des chandelles, trop faible pour éclairer à elles seules le grand salon, ne faisait que prolonger l’infini des ombres de tout ce qui se trouvait là. Le moindre verre, le moindre vase, chaque élément dessinait derrière lui une silhouette limpide et cristalline qui se perdait dans une autre, puis encore une autre. Jorgga inspecta du bout des doigts les couverts argentés, puis la grande coupe de fruits frais. De sa vie, elle n’avait jamais vu de tel, et elle n’en avait d’ailleurs jamais vu autant. Elle ignorait même à quoi trois quart des ustensiles et objets de cette pièce à vivre pouvaient bien servir, habituée il est vrai, à un confort plus...spartiate. La jeune femme ouvrit la bouche quand son attention fut attirée par des voix chuchotantes, lointaines, qui résonnaient entre les murs de pierre. Sans doute d’autres habitants de la tour de lumière, que le sommeil n’avait pas gagné malgré l’avancée de la nuit.

Après s’être assuré que tout allait bien pour elle, Altahir Nordan quitta le grand salon. Lorsque la lourde porte se referma derrière lui, le silence revint, lourd et menaçant. Jorgga aurait vraiment préféré ne pas rester seule ce soir, mais elle fut incapable de retenir cet homme auprès d’elle, la gorge nouée et les lèvres inexorablement scellées. Comme à son habitude, elle fit taire sa douleur et ses craintes, se contraignant à ne penser qu’au lendemain. Cette journée ne pouvait être que meilleure que la précédente. Pour l’heure, ses blessures étaient encore trop fraîches, douloureuses et à vif. Le souvenir de cet instant où le guérisseur de son village lui avait annoncé la mort de Grim, où elle avait réalisé qu’elle n'avait pas le pouvoir de lui sauver la vie, la brûlait comme la lame d’un couteau préalablement plongée dans les flammes. Les révélations sur l’existence des dragons, ses adieux négligents, voire inexistants aux membres de sa famille, son dernier baiser à l’homme qu’elle aimait - tourbillon glacial scellé dans les lèvres rosées -, l’agression d’Alastar...Quels étaient donc les projets des dieux pour elle ? Combien de souffrances, de pertes et de chagrins allait-elle devoir encore devoir endurer avant de satisfaire leurs dessins ? Jorgga essuya négligemment ses larmes avec la paume de ses mains, un vague sourire se dessinant sur ses lèvres. Altahir Nordan. Malgré la dangerosité de sa magie, malgré l’intensité de son silence et son incroyable capacité à s’attirer des ennuis, cet homme ne ressentait à son égard ni crainte, ni animosité. Finalement, se dit la jeune femme, il y avait parfois un peu de lumière, même quand tout semblait noir.

Songeuse, l’esprit assaillit par mille et une questions, Jorgga prit des vêtements propres dans sa musette puis se rendit à la salle d’eau, chacun de ses pas lui arrachant un gémissement de douleur.  Elle s’y dévêtit lentement, se débarrassant dans un coin de la pièce de ses haillons couverts de boue, d’eau et de sang, avant de se glisser dans l’eau chaude, d’où s’échappait des effluves enivrantes. Tous ses muscles étaient endoloris et contractés. Elle se sentait lasse, épuisée, impatiente de rejoindre les bras d’Aran-Rhiod, le suppliant de toute son âme qu’il lui offre un premier sommeil paisible.
L’eau était particulièrement divine, parfumée avec des sels floraux. La chaleur du bain pénétra peu à peu son corps. Ses lèvres cessèrent progressivement de trembler. Ses pensées se firent de plus en plus floues, instables, morcelées, tandis que l’eau chaude commençait à dénouer ses muscles. Prise d’un brusque vertige, Jorgga ferma les yeux. Elle perdait progressivement le fil de ses idées. Son esprit se laissait gagner par la rêverie, s’abandonnant à la chaleur et au luxe de ne rien avoir à faire. La jeune aspirante s’endormit, avec pour dernière vision le reflet délicat de l’eau sur le plafond immaculé.

Enveloppée d’une épaisse brume de douleur, Jorgga flottait à présent dans un monde qui lui semblait irréel. Était-elle morte ? Sûrement pas, car elle serait alors en paix, délivrée de ses souffrances, au lieu d’avoir la désagréable impression que quelqu’un la poignardait de toute part. Si elle était vraiment morte, alors toutes ces histoires de vie dans l’au-delà qu’on lui contait depuis la naissance n’étaient qu’une vaste fumisterie. Non, elle devait très certainement être en train de rêver. Cela expliquait sans doute pourquoi la brume commençait petit à petit à se dissiper autour d’elle, la libérant de l’étau qui l’étouffait. Il lui semblait entendre des voix. Prononcées dans le lointain et dans une langue dont elle ne connaissait pas l’origine. Portées par le vent, Jorgga ignorait totalement ce qu’elles signifiaient, et à qui elles s’adressaient. Peu à peu, les nuages argentés s’écartèrent pour la laisser passer. Elle descendit une à une les hautes marches blanches, semblables à celles des trois tours, avant de poser ses pieds nus dans une clairière, au milieu d’un bois. Elle en était certaine : il s’agissait de la forêt sauvage d’Undomë. Etrangement et malgré le froid, elle portait sa plus jolie robe, celle qu’elle n’avait revêti qu’à l’occasion du mariage de son frère aîné.
Jorgga écoutait le murmure nocturne quand elle eut le sentiment que quelqu’un arrivait. Une personne qui dégageait une impression de sécurité et qui l’enveloppa dans ses grands bras avant même qu’elle n’ait pu voir les traits de son visage.

« Jorgga, » entendit-elle chuchoter dans le creux de son oreille.

Elle avait déjà entendu cette voix quelque part.

« Mon amour...»


Oui, elle connaissait cette voix. Elle était son bonheur, son réconfort dans les moments de doute, sa raison lorsqu’elle perdait pied. Elle était la voix de l’homme qu’elle chérissait le plus au monde. Mais c’était tout bonnement impossible ! Il était mort ! Il était mort, ses os broyés par la violence de l’avalanche. Tremblante à ce souvenir, Jorgga le serra contre elle. Peu importe la façon dont il était arrivé jusque dans ses rêves. Peu importe qu’il soit un miracle, un songe ou une illusion capricieuse de l’esprit : il était toujours et serait à jamais son âme-sœur, quoi qu’en aient décidé les dieux. Elle avait besoin de lui. Elle avait besoin de sa force. Par-delà la mort, à travers ses rêves, ses pensées, il serait son guide.
Le merveilleux parfum d’hiver qui imprégnait sa chemise de lin l’entêtait. Comme un nouveau-né, Jorgga se laissa doucement bercer par cette odeur familière et simple, par la sensation de sa joue contre son épaule. Lorsqu’elle essaya de verbaliser ses émotions, rien ne lui vint. Elle n’avait même pas besoin de lever la tête pour savoir que les grands yeux bleus de son ami vacillaient comme la surface d’un lac agité par les vents. Elle enfouit sa tête dans son cou, redoutant de le lâcher sans vraiment savoir pourquoi.

« Tout est de ta faute.»

Tout à coup, Jorgga s’écrasa violemment au sol, comme happée par la force inouïe d’une vague. Etourdie par le choc, elle porta lentement sa main à son front. Elle y sentit alors l’odeur et la texture poisseuse du sang. Lorsqu’elle leva ses yeux effrayés sur Grim, la jeune femme frémit d’effroi. Il était aussi pâle que la mort elle-même. Non. C’était un cauchemar. Un cauchemar, rien de plus, se dit-elle pour se convaincre et se rassurer. Mais, sans crier gare, son malaise se mua peu à peu en une terreur indicible. Pris d’une furie pure, l’homme rejeta la tête en arrière et hurla sa douleur, ses traits habituellement si parfaits baignés dans la lumière vacillante des deux lunes. La lueur orangée du grand astre révéla à Jorgga un corps lacéré, broyé de toute part. L’odeur ambiante ajoutée à cette vision d’horreur, elle fut prise de violentes nausées.

Lorsque Jorgga se réveilla, la forêt d’Undomë avait entièrement disparue. Sa douleur s’était estompée, mais le chagrin la tenaillait comme une vieille blessure. Son cri d’effroi avait déchiré le silence de la salle d'eau, noyé dans le fracas du tonnerre. L’orage grondait dehors, inattendu, violent, voilant les premières lueurs de l’aube. Aucune pluie ne l’accompagnait cette-fois ci dans son voyage, le laissant mener son combat seul. Assise dans son bain, blême et en sueur, la respiration courte et l’angoisse au ventre, la jeune femme frappa violemment la surface de l’eau claire, dévorée par la colère et la frustration. Par tous les dieux ! Un cauchemar ! Elle avait fait un cauchemar ! Aran'Rhiod devait se tordre de rire, là où il se trouvait ! Quelle était donc la part de vrai et de faux dans ce qu’elle avait vu ? Le cœur battant, elle se força tout d’abord à demeurer parfaitement immobile. Après les événements qu’elle venait de vivre, ce n’était pas le moment de s’agiter dans tous les sens comme elle en avait la coutume. Elle devait, au contraire, retrouver son calme et faire le point, dissocier les rêves de la réalité, revenir dans le présent et ne plus se cramponner au passé. Perdue, elle fut tentée d’appeler à l’aide Altahir et Norloth. Mais pour se défendre contre quoi au juste ? Et leur dire quoi ? Qu’elle avait fait un mauvais rêve ? Elle n’était plus une enfant. De toute manière, elle ne savait toujours pas comment elle avait fait pour s’adresser au grand dragon de bronze dans la forêt. Cela lui était venu naturellement, et maintenant, ce don qui l’habitait semblait avoir perdu toute sa spontanéité.
Fébrile, Jorgga se leva doucement, sortit du bain et s’enveloppa dans un grand drap blanc.

Elle s’assit dans un grand fauteuil bleu près de l’âtre où brûlait un feu nourri. Passant sa main sur son front mouillé de sueur, elle repoussa les longs cheveux bruns qui lui recouvraient le visage et souleva ceux qui pesaient sur sa nuque. Que faire ? Que faire alors que sa tête lui disait une chose et que son cœur en affirmait une toute autre ? Jorgga lança un regard vague vers la fenêtre. La nuit lui semblait interminable. Il était sans doute trop tard, ou beaucoup trop tôt, pour aller réveiller Altahir et lui faire part de ses inquiétudes. Cet homme avait également besoin de repos. Après ce qu’il avait vécu à Undomë, après tout ce qu’il avait pour elle, il n’était pas question qu’elle lui pose davantage de problèmes aujourd’hui. Jorgga était épuisée par le manque de sommeil, mais elle ne souhaitait pas non plus replonger dans les petits jeux tordus d’An'Rhiod. Le visage brûlant, elle décida finalement aller prendre l’air.  

L’aspirante demeura un bon moment tapie dans l’ombre des hautes tours à la recherche de l’apaisement. Elle portait une demi cape en peau de bête, attachée par une agrafe en bronze en forme de hibou. Ses longs cheveux bruns encore humides pendaient sur ses épaules et le long de son dos. Ses grands yeux bleus étaient pleins d’une telle obscurité que les derniers éclairs de la nuit et les premières lueurs de l’aube semblaient se refléter en eux. Une longue lame argentée brillait à sa ceinture et une pierre rougeoyante à son cou. La lame lui avait offerte à l’issue de sa première partie de chasse, mais aussi, elle se doute, pour lui permettre de se défendre en cas de danger. Quant au bijou, il s’agissait de l’un des seuls et derniers cadeaux de son père, remis seulement quelques jours avant son décès brutal et inattendu.

Plongée dans ses souvenirs, Jorgga prit la direction d’un petit chemin, à gauche d’une grande bâtisse quand, derrière elle, elle entendit les pas et la voix d’un ou plusieurs hommes. Elle n’osa pas se retourner et continua plus rapidement, pressant le pas. Mais les hommes continuaient de la suivre. Alors elle se mit à courir, à en perdre haleine, et tourna subitement dans un coin de mur pour se cacher dans l’obscurité. Son cœur battait la chamade. Son instinct la poussait à se montrer prudente et ne plus bouger. Elle attendit ainsi de longues minutes, la main posée sur le pommeau de son couteau, plus silencieuse et immobile qu’une tombe. Puis elle se détacha doucement de sa cachette. Tremblante, elle jeta un premier d’oeil à la ruelle. Rien. Rassurée, elle quitta son abri et pénétra de nouveau la douce lumière du matin.

Au-dessus de sa tête, l’ombre d’un dragon déchira le ciel. Jorgga sentit un frisson lui parcourir l’échine. La branche d’un arbre tout proche craqua sous les rafales du vent. La peur gagna la jeune aspirante. Quelle idiote ! Elle avait mené de rudes batailles pour prouver à son père qu’il était fou à lier, pour lui démontrer qu’il avait tort de croire en l’existence des dragons, qui n’étaient alors à ses yeux que des créatures issues de contes pour enfants. Maintenant, Jorgga comprenait cette fascination dévorante qu’il avait toujours eu pour ces êtres. Norloth, parmi tant d’autres, était d’une splendeur à couper le souffle. Il étincelait sous les rayons du soleil et des lunes comme une sculpture vivante en bronze. Quinze mètres de long, des griffes d’acier, des crocs puissants, des yeux étincelants. Il avait des ailes semblables à celles des chauves-souris, deux fois plus longues que son corps, déployées comme les voiles d’un bateau. Elle n’avait aucune raison de les craindre. Pourtant, elle tremblait à chacun de leurs battements d’ailes dans le ciel.

La cité blanche se réveilla lentement - les ruelles et la place se remplirent de dizaines de visages inconnus-. Des hommes traînaient d’imposantes charrettes le long des rues pavées ; des femmes transportaient de grands paniers remplis de petits pains chauds ; et les oiseaux, aussi rayonnants que la lumière du soleil levant, gazouillaient dans les grands arbres flamboyants. Jorgga écouta leurs bavardages, leurs cris incessants, leurs chants s’élever partout autour d’elle, tandis qu’au loin, un homme aboyait ses ordres à deux autres, qu’il sermonnait copieusement mais ne frappait pas pour autant. Jorgga s’immobilisa, la main sur une grande porte de bois ouvragée. Elle n’aurait certainement pas dû s’éloigner autant des Spires.
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Peddyr Thelrand
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeDim 20 Sep 2020 - 20:44

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Altahir[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot12[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot13
Altahir Nordan ; le Brun Norloth

Norloth avait levé les yeux aux cieux, en voyant son lié boire d'une traite son verre. Le connaissant, il se resservira. Ah bien tiens, c'est ce qui se produisit.

°Tu n'es pas raisonnable °
''L'ai-je réellement un jour ? ''
°Oui, quand je t'ai aidé à trouver la bonne excuse au regard de la loi pour esquiver à un mariage, tu te rappelles ? C'était cela où on provoquait un sacré bazar et sans aucun doute une guerre à la clé...°

Altahir regardait le fond de son verre vide. C'est vrai que ce jour là, il avait manqué de se retrouver bien pris au piège, avec une bonne grosse flèche dans le genou. Mais grâce à Flarmya, l'intelligence de son lié l'avait aidé à lui sauver les miches, une fois encore.

''Un truc comme cela, ça n'arrive pas tous les jours. Moi je dis...''
°Moi je dis, que tu vas aller te coucher, car sinon, c'est poings et pieds liés que je t'amènes à l'infirmerie demain matin. Et il n'y a que toi qui ne riras pas de cette situation°

Altahir grommela. Norloth était capable de le faire. Surtout quand l'humain était récalcitrant à aller se faire soigner

''Ca va, ca va ! Tu as gagné, je vais me coucher...''

Et forcément, avant de le faire, il attrapa la bouteille de liqueur et en but une bonne rasade, avant de la déposer. Norloth fit ronfler ses narines de mécontentement. Altahir le regarda, lui adressa un sourire vainqueur.

''Un truc comme cela, ça n'arrive pas tous les jours. Moi je dis...Allez, je te rassure, je vais me coucher maintenant''

A ces derniers mots, il alla s'affaler ; c'était bien le mot, dans son lit. Et il lui fallut peu de temps pour s'endormir profondément. Le Brun l'entendit au léger ronflement qui rythmait sa respiration. Il dormait profondément et cela signifiait aussi qu'il faudra le secouer pour le tirer du lit. Puis, toujours en couvant son lié du regard, il tendit son esprit vers leur nouvelle aspirante, se demandant comment cela se passait dans son nouvel ''environnement''. Il ne fut pas surpris de la sentir un peu perturbée et plus tard, de ne pas trouver le sommeil...Faudra prendre le taureau par les cornes pour qu'elle puisse dormir dans les jours à venir, sinon, elle peinerait à s'habituer à sa nouvelle vie, avec les circonstances qui avaient précipité son choix d'accompagner son lié hors de son village.

****

A la porte où se tenait Jorgga, à peine avait-elle posé sa main dessus qu'elle s'ouvrit avec énergie et qu'un jeune homme au regard éclatant et au sourire aux dents bien visibles vit son accueil.

°Bien le bonjour, jeune Aspirante. Je vois que tu as su trouver l'une des entrées de l'Infirmerie. Je t'attendais justement. Ah et.... oui, c'est moi Norloth, sous ma forme humaine. J'aurai dû te prévenir plus tôt, je crois°

Il afficha une mine déconfite, mais sut se reprendre. de toute façon, la jeune montagnarde saura reconnaître le ''timbre'' de sa voix mentale.

°Altahir est déjà à l'intérieur, à attendre son tour pour être examiné. Cette tête de mule a mal dormi, donc t'étonnes pas de le voir un poil crevé°

Il avait surtout la gueule de bois. Il avait trop bu d'un coup et cela lui avait forcément porté préjudice. D'ailleurs, il se frottait encore les tempes, comme pour tenter de faire fuir la migraine relative à sa petite gueule de bois.

''Ah tiens... Bonjour Jorgga. Je vois que tu as su venir relativement à l'Infirmerie. Pas comme moi qui fus limite traîner par mon prore dragon ! ''
°Ton propre dragon qui t'avait prévenu. Et, que tu n'as pas écouté. En plus, tu as mal°
''Au crâne à force d'écouter les discours d'une mère poule. ''

Avec un petit sourire sadique, Norloth appuya de l'index sur les côtes endolories de son lié, pressant à un endroit bien précis, malgré le port d'une simple chemise de lin.

°Ah oui vraiment ? °
''Aieuhhh ! ''
°Première leçon pour toi Jorgga.... Ne pas hésiter à bousculer Altahir s'il venait à avoir besoin de soins. Cette tête de mule serait capable de refuser de se faire recoudre malgré une forte perte de sang. Et toi, ta nuit s'est-elle bien passée ? °


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeSam 26 Sep 2020 - 20:13

Lorsque la porte s’ouvrit en grands fracas, Jorgga, absorbée par le fil de ses pensées, sursauta comme si l’on venait de l’arracher à un rêve éveillé. Sur le seuil de l’entrée se découpa la silhouette sombre d’un homme. Derrière lui, les pâles rayons du soleil s’infiltraient timidement à travers les voilages d’une étroite fenêtre. L’aspirante plissa lentement les yeux, sans un mot, essayant de distinguer les traits de son visage. Mais quoi qu’elle fît, elle ne percevait de lui qu’une masse obscure et opaque qui parlait d’une voix sereine, une longue main au teint doré par le soleil posée sur la hanche, immobile. Etait-ce un mirage ? Une tromperie de l’esprit ? Un nouveau jeu des dieux ? Alors qu’elle se trouvait à mille lieux de son village natal, il lui semblait reconnaître cet homme. Son aura était rassurante, familière et protectrice.

Gagnée par la curiosité, Jorgga s’avança prudemment dans le long corridor. Les idées se bousculaient dans sa tête, les plus dérisoires, les plus démentes, jusqu’à ce que l’inconnu lève le voile sur sa véritable identité : Norloth. La jeune femme soupira, à la fois soulagée et coupable. Au cours de son périple dans les montagnes d’Undomë, Norloth avait parlé à plusieurs reprises dans son esprit. Pourtant, aujourd’hui, elle n’avait pas reconnu le son de sa voix, comme si les ténèbres de la nuit l’avait effacé de sa mémoire ; elle ne le reconnaissait d’ailleurs qu’à peine sous sa forme de bipède. Maintenant qu’elle distinguait plus nettement les traits de son visage, le saurien lui paraissait tout ce qu’il y a de plus humain. Il était même plutôt bel homme, grand, brun, des yeux noisette sur un visage fin et allongé, comme le reste de son corps, d’allure athlétique. Un beau garçon dont le sourire éclatant donnait presque un goût d’aventure et de rire.

- Je suis désolée, je ne t’ai pas reconnu. Je ne m’attendais pas à te retrouver ici. A dire vrai, il me semblait que vous deviez tous les deux…
...venir me chercher à mes appartements tôt ce matin, songea-t-elle en silence, le regard fuyant vers le fond du couloir.
- ...je ne me rappelle plus très bien. Un heureux hasard que j’ai trouvé seule l’infirmerie ! Cette cité est un véritable labyrinthe, ajouta-t-elle finalement en forçant légèrement le sourire. Altahir est vraiment blessé alors, pour être contraint de venir voir le guérisseur ? Il ne semblait pas aller très bien hier, lorsque nous sommes arrivés au Màr Menel.

Soucieuse, Jorgga se laissa guider par Norloth. Le pas chancelant, elle longea silencieusement le long couloir exigu jusqu’à atteindre une petite pièce tout à fait charmante et confortablement aménagée, dans laquelle flambait un feu de cheminée mourant. L’endroit était simple, mais chaleureux et accueillant. Tout était de très bon goût, inhabituel mais sans grande valeur.
L’aspirante s’immobilisa sur le seuil, stupéfaite et un peu perdue. Le coeur battant, le souffle rauque et le teint blême, elle rejeta ses cheveux en arrière pour essuyer son front dégoulinant d’une sueur poisseuse. Jetant un coup d’oeil aux braises qui mordaient la chair du bois, son regard glissa jusqu’à la silhouette voûtée d’Altahir. Le son rauque de sa voix trahissait une grande fatigue, mais aussi une certaine lassitude. Il semblait éprouver une souffrance terrible, révélée par son teint livide, ses joues qui paraissaient se creuser et le gémissement pathétique que lui arracha le contact du doigt de Norloth sur ses côtes. La bravoure avait ses limites, même chez les hommes les plus aguerris.

La jeune aspirante éprouva une brusque envie de s’enfuir, une envie d’une force incroyable, avant qu’Altahir et Norloth ne voient à quel point elle était déstabilisée par ce tout nouvel environnement, et plus encore par la perspective d’être de nouveau confrontée à la voix grave d’un guérisseur, parfois annonciatrice de mauvaises nouvelles. Puis le regard d’Altahir croisa le sien et partir en courant devint inenvisageable. Au lieu de se précipiter vers la grande porte de bois, elle s’avança lentement vers lui, à la fois effrayée et coupable - mais surtout, surtout, immensément soulagée de retrouver la sécurité d’un visage connu. Elle s’assit à ses côtés et se pencha vers lui. D’abord hésitante, puis se moquant finalement du protocole, des bonnes manières ou de ce que l’on pouvait bien penser d’une telle familiarité, elle posa le dos de sa main contre son front puis sur sa joue. Par tous les dieux, n’était-ce qu’une impression ou ce type sentait-il l’alcool à plein nez ?

- Alastar ne vous a pas ménagé on dirait, souffla Jorgga, gagnée par la culpabilité. Je suis vraiment navrée, il s’en est pris à vous uniquement parce que vous avez voulu me protéger. Je crois bien que si j’étais restée au village, il aurait fini par essayer de me tuer. Je me prends toujours à imaginer qu’il reste encore quelque chose de bon en lui, mais son comportement ce soir-là m'a donné de nouveau tord.

Une sensation de froid l’envahit. Elle frissonna. Elle éluda volontairement la question de Norloth et continua :

- Pourquoi ne voulez-vous pas vous faire soigner ? Seriez-vous douillet ? A moins que le guérisseur ne soit un terrible tyran ? Ou alors sa mine affreuse et son sourire glaçant vous dissuadent de mettre les pieds ici, peut-être ? plaisanta la jeune femme, qui se laissait peu à peu gagner par la quiétude des lieux.
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeDim 27 Sep 2020 - 17:02


Les gardes à l’Infirmerie, pour ceux qui prenaient la peine d’écouter Selcot, c’était pas une sinécure. Un avant-goût de l’enfer. Et encore… En enfer, déjà, il y avait Isashani qui accueillait les âmes avec amour et bonté. C’était très différent de l’ennui des nuits solitaires. Et, si on en croyait les prêtresses de la déesse des morts, tout y était calme et paisible. Donc rien à voir avec l’effervescence qui pouvait secouer la maison des guérisseurs en cas d’urgence. Ah, et puis… le dernier détail de rien du tout… en enfer, les gens étaient morts. Du coup, ils ne risquaient plus de mourir.

Ouais, donc, en fait, les gardes à l’Infirmerie, ça n’avait rien à voir avec l’enfer. C’était bien pire.

Du moins, pour ceux qui prenaient pour argent comptant les plaintes et les jérémiades du chevalier vert. Ceux qui le connaissaient – à commencer par sa dragonne – n’y prêtaient plus attention. Parce qu’ils savaient, au fond, que l’elfe n’aurait pas abandonné ses patients pour tous les cocktails du Cygne et l’Épée ou tous les jeux de cartes du Rhaëg. Même s’il ne fallait pas le dire. Et même si, il fallait le reconnaître, il ne crachait pas sur une nuit de sommeil complète de temps en temps. Mais bon. De toute façon, sans parler de huit heures de repos, on pouvait souvent dormir pendant une garde. Là, par exemple. Selcot était pelotonné sous les couvertures de la salle de repos, l’esprit papillonnant à dix mille lieues du Kaerl. Il était question d’un bel agriculteur de Lòmëanor, aux muscles ciselés par le travail de la terre, à la peau dorée par la lumière de Solyae, à l’odeur d’herbe fraîchement coupée, à…

*Norloth dit que son Lié a besoin de soins.*

Non, il n’avait clairement pas besoin de soins. Il était jeune et vif et…

*Il s’est battu hier soir avant de rentrer au Kaerl en pleine nuit.*
*Hmmm*

Ma foi, le voir se battre, ça pouvait être un spectacle intéressant…

*Selcot ! Bouge tes fesses !*

« Hein ? »

Il fallut quelques secondes au guérisseur pour retrouver ses esprits et recoller les morceaux.

*Tu fais exprès, Bêtise ! T’aurais pu attendre un peu…*
*Norloth dit qu’ils arrivent. Et qu’en plus des conséquences de la bagarre, son Lié « n’a rien trouvé de mieux à faire que de se siffler une bouteille de liqueur avant d’aller se coucher. »*
*Ah le vilain ! Il aurait pu venir directement et la partager !*

Beith ne répondit rien mais son chevalier l’imagina très bien lever mentalement les yeux au ciel. Ce qui n’empêcha pas Selcot de bondir hors des couvertures pour s’habiller à toute vitesse – c’était qu’il faisait froid à cette saison, ce n’était pas du tout parce qu’il y avait urgence – en jetant un coup d’œil par la fenêtre de la petite salle. Le jour pointait à peine. Ah là là. Ces gens qui faisaient les choses à moitié. Quitte à réveiller le guérisseur de garde avant la fin de sa nuit, il fallait le faire en plein milieu ! Tsss.

*Norloth dit que leur nouvelle aspirante arrive aussi,* ajouta la dragonne en se dépliant nonchalamment de la couche qu’elle se réservait quand son Lié était de garde.

Deux pour le prix d’un ! Ça annonçait une bonne matinée bien productive, tout ça !

Laissant son elfe à la fin de son habillage et à son babillage mental, Beith prit sa forme humanoïde, histoire d’aller faire chauffer de l’eau. Son chevalier avait beau pester contre les patients matinaux, si Norloth avait traîné son Lié à l’infirmerie si tôt, il ne fallait sans doute pas attendre. Et, avec deux potentiels blessés sur les bras, même une tornade comme Selcot ne cracherait pas contre deux mains de plus.

Une fois vêtu convenablement – il ne pouvait pas avoir l’air complètement débraillé, quand même, il avait une réputation à tenir ! – le chevalier vert se précipita vers la salle d’attente de l’Infirmerie. Il reprit bien sûr une allure plus sereine avant d’en franchir la porte et ne manqua pas d’entendre les dernières paroles prononcées par une voix féminine qui transpirait la fatigue et la lassitude. La nouvelle aspirante, sans doute.

« Oh non, le terrible tyran n’est pas encore arrivé, vous avez de la chance ! clama l’elfe en pénétrant dans la pièce. Il va falloir vous contenter de moi, pauvre petit subordonné traumatisé. »

Sans hésiter, il se dirigea vers ses deux patients, notant au passage leur teint blême, leurs yeux brillants de fatigue, la sueur sur le front de la petite et les joues creusées du maître brun. Quoi qu’ils aient fait, ces deux-là – *Ils se sont battus, je t’ai dit.* – ils ne s’étaient pas loupés. Mais quelle idée avait bien pu traverser l’esprit d’Altahir pour qu’il se dise que c’était une bonne idée d’attendre jusqu’au matin, hein ? Il était pas tenable !

« Dans quoi est-ce que tu es encore allé te fourrer ? s’enquit Selcot en arrivant près du maître brun. On avait dit plus de coup foireux avant le printemps ! En plus, tu fais ton égoïste, tu as bu tout seul dans ton coin au lieu de venir partager avec moi quand tu es rentré. Franchement, tu me déçois. Je pensais que tu appréciais ma compagnie. »

Et, avec un regard malheureux de chiot abandonné dans une ruelle humide et sale, le guérisseur pivota sur lui-même au moment où une grande guerrière torhile apportait un plateau supportant deux tasses fumantes et plusieurs pots d’herbes séchées. Sans hésiter, il ouvrit un des pots – celui qui renfermait un mélange de plantes analgésiques dont certaines un peu utiles contre la gueule de bois… ouais, un peu… y avait pas grand-chose de parfait contre la gueule de bois à part la magie – et prit une cuillère de son contenu qu’il plongea dans la première tasse avant de la glisser dans les mains d’Altahir.

« Tiens. Bois ça, déjà, et ensuite tu me raconteras. Et je te préviens, c’est dégueulasse mais t’as intérêt à l’avaler jusqu’à la dernière goutte. Sinon, je fais dire à tous les taverniers que tu es interdit d’alcool jusqu’à nouvel ordre ! »

Il se tourna enfin vers la gamine qui semblait drôlement paumée.

« Bienvenue au Kaerl, Aspirante ! Faut me dire ton nom parce qu’Aspirante, c’est vraiment trop ampoulé, hein. Alors comme ça, tu as décidé de suivre le plus casse-cou des maîtres dragons. J’espère qu’il ne t’en a pas trop fait voir ! »

Il prépara la deuxième tasse – avec une simple tisane apaisante… au goût agréable, cette fois-ci – et la lui colla dans les mains.

« Comment s’est passée ta première nuit ? »

Derrière lui, Beith adressa un regard éloquent à son congénère brun, à moitié blasée par le bavardage habituel de son elfe, avant de faire demi-tour, son plateau toujours à la main.


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeMer 30 Sep 2020 - 10:29

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Altahir[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot12[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot13
Altahir Nordan ; le Brun Norloth

Il était vrai que Norloth avait un peu oublié le fait que c'était à lui ou son lié de récupérer Jorgga. Il avait tellement veillé à son lié et à la balade nocturne de la jeune femme que cela lui était totalement sorti de son esprit. Il s'était d'ailleurs gratté l'arrière de la nuque, esquivant avec peine un air un peu contrit ; à l'égal de son lié !

°Un petit oubli...Excuses en nous. Mais le heureux hasard, comme tu le dis si bien, t'a poussé ici ! Et la cité, un labyrinthe ? Peut être au début, mais tu vas voir. Quelques jours à te balader de la sorte et tu vas connaître les lieux comme ta poche. °

Puis, il fit mine de tourner le regard vers l'intérieur de l'Infirmerie, dès que la jeune femme évoqua les blessures de son lié.

°il l'est, mais pas c'est si grave que cela y parait. Il faut juste ne pas laisser traîner pour que cela provoque une scène pour le plus long terme. Il ne va pas en mourir, si cela peut te rassurer... bon c'est un peu radical dis comme cela. Allez viens, ne restons pas à l'entrée. °

Il la guida alors à l'intérieur; Après on connait la suite avec l'action du dragon à l'apparence humaine avec son doigt sur les côtes de son lié. A côté de cela, le dragon ne voyait pas le malaise qui grandissait dans le regard de l'Aspirante. Il avait pourtant senti en elle le désarroi et d'autres émotions qu'on retrouvait chez des Aspirants tout fraîchement arrivés au sein du Màr. Peut être qu'il veillait justement à ne pas trop enfoncer la situation

Altahir, après avoir fini de grimacer, avait tendu une main pour saluer l'entrée de son Aspirante, avant qu'elle ne vienne près de lui, avant de faire comme si elle était un membre des guérisseurs, en posant le dos de sa main sur la peau de la joue et de son front. L'humain cligna plusieurs fois les yeux d'incrédulité. Qu'était-elle en train de faire là ?

°Elle s'assure que tu n'as pas de fièvre, nigaud ! °

Allons bon ! Il commençait à ouvrir la bouche pour protester quand Jorgga le prit de cours.

''Alastar, désolé de le dire, n'est qu'un imbécile, aveuglé par sa propre rage...Et tu n'as pas à te sentir coupable pour ses actes... Pour le reste, n'y penses plus. Si ce n'était pas moi, cela aurait été un autre maître-dragon qui t'aurait trouvé. ''

Si cela suffisait à ne plus songer à l'avenir qu'elle aurait pu avoir si elle était demeurée à son village...Au pire, elle aurait fini par partir de son propre chef, vu qu'elle n'y avait plus eu d'avenir.

''euh.... c'est que....''

Il faut un peu sauver par l'arrivée de Selcot, qu'il reconnut sans aucune peine à sa voix, avant même de le voir arriver dans son champs de vision. Il serra les dents d'avance. Il l'apprécia comme compagnon de beuverie ou en dehors de sa profession, mais quand il était en mode ''guérisseur'', il détestait ses répliques moralisatrices, même si c'était pour son bien.

''Bonjour à toi Selcot.... Pour une fois, je ne me suis pas mis dans le pétrin hein...quand à boire, si je t'avais invité la veille, tu aurais joué de ton autorité pour me consigner à l'Infirmerie. Et là tu aurais bu tout seul. Ah tiens, salut Beith''

Il aurait bien ricané à ça, mais réussit à se retenir pour ne pas trop souffrir de son côté blessé. Il perdit son sourire amusé en voyant déjà la tasse lui arriver dans les mains. Norloth avait lui aussi salué mentalement l'arrivée de la liée de Selcot, tout en croisant son regard, sans mot dire.

''Faudrait vraiment que tu trouves un moyen de rendre ton infecte breuvage plus doucereux en goût..... ''

Il le but d'une traite, avant de faire un rictus de dégoût.

''A croire que c'est pour punir les gueules de bois....pouahhh !! ''
°Plus un remède est mauvais de goût, plus il est efficace°

Altahir lança un regard noir à son lié, avant de poser la tasse à côté de lui.

''Et bon courage pour m'interdire l'accès des tavernes.... Le Rhaeg est immense.. ''

Voilà, il se vengeait comme un sale gamin facétieux. Bon, peut être qu'il devait résumer les faits pour satisfaire la curiosité du guérisseur ; en même temps de mieux cerner les faits et d'agir en conséquence pour les soins à apporter.

''Je me suis retrouvé au village de Jorgga, parce que Norloth avait senti son Don. La situation était tendue pour elle, suite à un drame tout récent qui poussait certains des habitants à s'en prendre à elle....''

Il veillait à ne pas rentrer dans les détails, préférant laisser la main à son aspirante. Et surtout pour éviter de lui rappeler les souvenirs que trop récents encore à son esprit.

''Nous étions presque sur le départ quand un crétin bourrin a voulu la battre. Je me suis interposé en le mettant à terre.... et Norloth s'est chargé de lui laisser un petit souvenir assez brumeux. J'ai été quitte pour quelques coups. Et pour te faire gagner du temps, je crois qu'il m'a fêlé ou péter une côte, cet enfoiré.... ''

Oui, avec Selcot, il fallait mieux anticiper certains de ses gestes, car il le connaissait depuis bien assez longtemps pour savoir que ses palpations à but médical pouvait... volontairement peu doux pour lui rappeler de pas faire l'imbécile durant ses virées hors du Màr et de la Terre de l'Aube. Puis comme Selcot, il se préparait à écouter comment s'était déroulé la première nuit de son aspirante au sein du Kaerl. A voir sa mine, elle non plus n'avait pas dû dormir paisiblement.


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeMer 21 Oct 2020 - 3:10

Lorsque le guérisseur pénétra dans la salle d’attente, le cœur de Jorgga fit un bond fabuleux dans sa poitrine. Le souffle coupé par la surprise, elle porta une main à son cou, à l’endroit où, sous ses épais vêtements, une pierre rouge pendait à sa cordelette de cuir. Tout à son échange avec Altahir, elle n’avait pas entendu l’homme approcher. De toute évidence, ce dernier les écoutait depuis un petit moment déjà, tout du moins depuis bien assez longtemps pour avoir saisi la fin de leur conversation et s’empresser de la rassurer sur son véritable statut au sein de l’infirmerie du Màr Menel : celui de pauvre petit subordonné traumatisé, c’est bien cela ? Recouvrant peu à peu son calme, Jorgga prit alors conscience qu’un court laps de temps, elle avait oublié d’être sur ses gardes, de faire attention. Enveloppée d’une sérénité nouvelle, bercée par le doux crépitements des braises dans l’âtre, elle avait oublié la nature et d’où elle venait vraiment. Là-bas, à Undomë, le danger était absolument partout. Un moment d’inattention et c’était la mort assurée. Tu te relâches ma vieille, se dit-elle, sans quitter l’homme des yeux tandis qu’il venait à leur rencontre d’un pas sûr.

A son approche, Jorgga remarqua un détail qui aiguisa immédiatement sa curiosité : au milieu de ses longs cheveux châtains, qui donnaient plus d’ampleur à chacun de ses mouvements, se dessinaient deux longues oreilles pointues. Un elfe ? Son imagination lui jouait-elle un tour ? C’était la première fois de sa vie que la jeune femme voyait l’un d’eux d’aussi près. Très peu de ces créatures venaient vendre leurs marchandises dans les montagnes d’Undomë. De plus, pour une raison qu’elle ignorait, ils étaient presque totalement absents des récits que les anciens de son village contaient au coin du feu. Des elfes, Jorgga ne connaissait presque rien, si ce n’est qu’ils se servaient parfois d’un charme pour se rendre plus sympathiques, plus attirants et plus désirables aux yeux des autres races du Rhaëg. Sans doute une histoire infondée, car ce guérisseur ne ressemblait en rien aux elfes tels qu’on les lui avait décrit dans sa tendre enfance. A vrai dire, si l’on ne prêtait pas attention aux détails, très peu de choses le différenciait d’un humain lambda. Il était d’une beauté simple, naturelle, loin de la grâce presque féerique que l’on prêtait habituellement aux membres de sa race. Son teint hâlé par le soleil, le chant mélodieux de sa voix et les expressions marquées de son visage contrastaient furieusement avec le bleu glacial de ses yeux, qui n’étaient pas sans rappeler ceux de Grim. Non, il n’avait vraiment rien d’un elfe, et d’ailleurs, il ne ressemblait pas davantage aux guérisseurs qu’elle avait eu l’habitude de côtoyer à An-Fhuär ; A ces vieux hommes aigris, ces corbeaux noirs, qui distribuaient les mauvaises nouvelles et par qui la mort arrivait.

Après avoir copieusement sermonné Altahir, le guérisseur accorda finalement toute son attention à l’aspirante. Comme il est sans doute de coutume au Màr Menel, il fit preuve d’une grande bienveillance. Pourtant, l’impact de son regard ébranla Jorgga. D’abord fébrile, elle sentit un frisson glacial lui parcourir l’échine. Puis une peur saisissante, irrépressible et lancinante traversa chacun de ses muscles, l’empêchant de garder le contrôle de son corps. La gorge nouée, elle serra lentement les poings pour empêcher ses mains de trembler et dût faire un énorme effort pour réussir à parler sans laisser paraître son trouble.

- « Je m’appelle Jorgga Vadrak. »

Elle chercha une brève échappatoire à cet interrogatoire et fut aussitôt attirée par la silhouette d’une femme, légèrement en retrait. Elle était d’une beauté saisissante, atypique et exotique. Sa longue chevelure d’ébène tombait en cascade jusqu’à ses hanches, tandis que ses grands yeux noirs paraissaient deux gouffres profonds égarés dans la lumière pâle du matin. Comme Norloth, elle dégageait une aura toute particulière, indéfinissable, faite de détermination et de douceur. Le temps d’un battement de cils, Jorgga accrocha son regard, avant de se contraindre à soutenir de nouveau celui du guérisseur, cherchant ses mots dans son esprit embrumé par la fièvre et la fatigue.

- « Il... il m’a sauvé la vie, à deux reprises, » souffla la jeune femme en saisissant la tasse fumante que lui tendit l’homme. « A vrai dire, il a été blessé uniquement parce que je n’étais pas assez forte pour me défendre toute seule. »

Jorgga regarda les dernières braises rouges s’éteindre dans les cendres de l’âtre. Depuis tout à l’heure, elle repensait inlassablement à la réponse que lui avait apporté Altahir pour calmer le sentiment de culpabilité qui la rongeait depuis qu’Alastar l’avait assez sérieusement amoché dans la forêt. Et de toute évidence, peu importe quel sens elle s’évertuait à lui donner, elle ne lui convenait décidément pas et elle comptait bien le lui faire savoir.

- « Vous vous trompez, Altahir. Si ça avait été un autre maître-dragon, alors je ne serais certainement plus de ce monde. Si je suis encore en vie, c’est uniquement parce que c’est vous deux qui m’avez trouvé, » lâcha-t-elle sur un ton agacé.

Un autre maître dragon serait-il arrivé à temps pour les sauver, Grim et elle ? Ou bien n’aurait-il découvert que deux cadavres sous la neige ? Jorgga préférait ne pas imaginer une autre alternative au drame qui s'était déroulé, dont une en particulier où Grim ferait encore partie de ce monde. Dans les montagnes d’Undomë, les avalanches pouvaient se révéler destructrices. La montagne n’avait aucun secret pour ses habitants, pourtant, chaque année, elle tuait sans discontinuer, humains comme animaux. Les corps, lorsqu’ils étaient retrouvés, n’étaient pour la plupart plus que des poupées désarticulés, broyées, des marionnettes au visage écrasé qui n’avait plus rien d’humain et en paraissaient presque monstrueuses, grotesques. A cause d’elle, Grim était désormais l’une de ces poupées, alors songerr qu'il ait pu survivre si un autre avait été à la place d'Altahir lui était trop insupportable.

- « Et oui, j’ai plutôt bien dormi. »

Comme au désespoir, elle mentit au guérisseur avec un aplomb incroyable. Lorsque la situation l’exigeait, Jorgga pouvait mentir de manière impulsive, naturelle pour ainsi dire ; les mensonges lui venaient aux lèvres, aussi irrépressibles qu’une crise de larmes ou un fou rire. Bien sûr, elle ne mentait ni pour le plaisir, ni blesser, mais uniquement pour se protéger ou pour protéger les autres.

Cette nuit, elle avait rêvé de l’homme qu’elle avait tué et elle avait l’entière certitude de l’horreur qu’elle avait commise. Cette vérité était si vive et si tenace que lorsqu’elle s’était éveillée, le sentiment de culpabilité était demeuré inscrit dans sa mémoire et dans son cœur. Elle ne parvenait pas à se convaincre qu’elle était innocente. Et effectivement, elle ne l’était pas.
Depuis qu’avait eu lieu ce qui avait eu lieu et qu’elle essayait d’oublier, les nuits effrayaient la jeune montagnarde. Elle avait peur de fermer les yeux car elle se sentait aussi seule dans son lit qu’un mort dans sa tombe ; prise au piège dans sa couche et cernée par le noir silence du monde, sa tête s’emballait et elle commençait à être obsédée de pensées atroces. La nuit, elle se souvenait, ce qui lui était insupportable. Alors Jorgga restait éveillée aussi longtemps que possible et passait ses nuits assise sur le sol, à regarder les étoiles et écouter les bruits de dehors. Mais le sommeil finissait toujours la rattraper.
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeMar 10 Nov 2020 - 20:50


La réponse d’Altahir était si prévisible que Selcot dut se retenir pour ne pas laisser échapper un petit rire et le taquiner. Mais il réussit à garder son air de chiot battu. Ça marcherait aussi pour le taquiner et il n’avait pas l’intention d’abandonner son rôle si facilement. Mais quand même ! C’était du maître brun tout craché, ça ! Genre, il ne s’était pas mis dans le pétrin ! Le gens qui ne se mettaient pas dans le pétrin ne rentraient pas au beau milieu de la nuit, après s’être battus ! Et il ne se sifflaient pas une bouteille de liqueur tous seuls au lieu de venir voir le guérisseur ! Ah ! Et ils n’essayaient pas non plus de retourner la faute sur le guérisseur qui venait s’occuper d’eux !

« Bonjour Alathir, » répondit simplement Beith, très neutre, à l’humain…

… Avant que son elfe n’ouvre la bouche à son tour.

« Moi ? Boire tout seul ? Mais enfin, jamais de la vie ! C’est terriblement triste de boire tout seul ! – oui, c’était exactement ce qu’Alta avait fait… et alors ? J’aurais bu en ta compagnie, puisque tu aurais été là ! »

S’il ne sortait pas de son rôle de pauvre petit guérisseur traumatisé et malheureux – on y croyait, si si – Selcot n’oubliait pas pour autant ce qu’il faisait là et l’état de ses deux visiteurs. Il pouvait raconter un nombre incalculable de bêtises sans que ça ne dérange le moins du monde son efficacité, et la tasse contenant les herbes contre la gueule de bois trouva donc rapidement le chemin des mains du maître brun. Qui, heureusement, n’essayait pas d’esquiver et buvait tout. Bon. Très bien. Même s’il se payait quand même le luxe de râler et de réclamer sur le goût du remède. Tsss.

« Pour que tu te mettes à boire dans ton coin plus souvent ? Dans tes rêves, mon grand ! » riposta l’elfe avec bonne humeur.

Il avait la chance, lui, d’être assez résistant à la gueule de bois. Tout comme à l’ivresse d’ailleurs. Malgré son petit gabarit, il tenait bien l’alcool, tant au moment de son ingestion qu’à retardement. Mais, de toute façon, il savait en général s’arrêter avant sa limite. Ceux qui buvaient sans modération ne devaient pas pleurer ensuite, hein. C’était trop facile.

Il ne rebondit donc pas sur la remarque concernant la punition potentielle de la gueule de bois, pas plus que sur la présence de nombreuses tavernes à travers le Rhaëg. Il se contenta d’un sourire en coin, comme s’il n’avait aucun doute sur sa capacité à empêcher son patient de se rendre dans ces « lieux de perdition » (sic les bien-pensants du Kaerl)… ce qui était le cas. Il ne contrôlait pas les taverniers du monde, mais il connaissait une bonne part de ceux de la cité. Et, en tant que guérisseur, il était parfaitement capable de consigner un patient au Màr. Non mais.

Mais bon, les petites piques à échanger avec son camarade de beuverie ne faisaient pas avancer le problème. Alta semblait fatigué, mal en point, mais pas à l’article de la mort – sinon, il n’aurait pas eu la force de protester et de râler… il savait, ils avaient déjà testé. Mais, heureusement, le maître brun donnait déjà quelques précisions sur les circonstances de ses blessures et sa rencontre avec son aspirante. Selcot se doutait qu’il ne faisait que survoler ce qui concernait la gamine mais, au moins, il avait une idée de ce qui s’était passé. Il hocha donc la tête à la conclusion de l’humain.

« Oh, si c’est qu’une côte, ça va aller. Tu en as d’autres ! »

Dans le secret de son esprit, il entendit très bien Beith soupirer, mais ne lui répondit pas. Il se contenta de noter mentalement de bien examiner Alta en entier. Un adversaire capable de lui casser une côte avait bien pu faire d’autre dégâts. Espérons que son mal de crâne ne soit bien qu’une gueule de bois et pas la conséquence d’une commotion cérébrale… Parce que, pour ça, ce n’était pas ses connaissances en médecine ou en herboristerie qui pourraient l’aider : il faudrait faire appel à Maître Nalesean.

Enfin, il était plus que temps de s’intéresser à la gamine, et le chevalier vert repoussa donc ses interrogations et ses inquiétudes envers le maître brun pour quelques instants. L’aspirante en amenait son lot à elle toute seule. Elle avait l’air prête à s’écrouler et il était presque sûr que ses yeux brillants n’étaient pas uniquement dû à la fatigue. Et la fièvre, ce n’était jamais bon. D’ailleurs, elle frissonnait. Et ses mains tremblaient, même si elle faisait des efforts pour le cacher. Elle était capable de répondre à sa question sur son identité – donc elle ne délirait pas, c’était déjà ça – mais le reste du tableau ne lui plaisait pas. Même si, évidemment, il n’allait pas le montrer.

« Et bien, alors, bienvenue au Màr Menel, Jo ! s’exclama donc le guérisseur. Et comme, visiblement, on ne peut pas compter sur ton maître pour faire des présentations en bonne et due forme (de toute façon, c’est pénible, les formes, hein), je me présente : Selcot. Et voici Beith, » ajouta-t-il en désignant la dragonne derrière lui.

Dragonne qui sembla faire grande impression sur la jeune fille. Normal, c’était sa sienne. La plus belle et la plus merveilleuse. Mais bon, c’était pas vraiment le sujet.

En tout cas, Jo prenait sa tasse, et ça c’était bien. Des patients qui ne se faisaient pas prier, c’était une bonne chose, pour changer. Et il l’écouta ajouter des précisions aux explications d’Altahir. Donc il lui avait sauvé la vie. Pas si étonnant que ça, quand on connaissait Alta-chou. Mais bon… qu’il n’aille pas dire qu’il ne s’était pas fourré dans les ennuis, hein… Les dangers de mort, en général, ce n’était pas les trucs les plus calmes de Rhaëg. Mais les mots de l’aspirante ne faisaient pas que détailler ce qui s’était passé. Ils reflétaient aussi son état d’esprit. Il lui avait sauvé la vie, qu’elle disait. Il avait été blessé uniquement parce qu’elle n’avait pas été assez forte. Si elle était en vie, c’était uniquement grâce à eux. Si ça ne transpirait pas la dévalorisation et la culpabilité, ça, il voulait bien mettre sa main au feu. La gratitude aussi, mais la gratitude le dérangeait moins. C’était normal et positif. La dévalorisation de soi et la culpabilité, par contre, c’étaient des poisons. Des poisons de l’esprit. Il fallait plus qu’une ou deux tasses de remèdes pour les chasser.

Mais eux, ils étaient bien capables de chasser le sommeil, par contre.

Elle pensait vraiment que son mensonge était crédible ? Alors qu’elle ne tenait pas debout, qu’elle avait les yeux brillants et des cernes qui lui dévoraient la moitié du visage ?

« C’est un bon début alors ! répondit Selcot sans sourciller au mensonge de Jorgga. La prochaine étape, ça va être de bien dormir plus de cinq minutes d’affilée. »

Et, du coup, lui, il savait ce qu’il allait faire.

*Tu vas t’occuper de la petite, hein, Bêtise.*
*Quoi ? Mais ça va pas la tête ! Je ne suis pas guérisseuse !*
*T’en occuper, pas la soigner. Le temps que je répare Alta.*
*Et qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je n’y connais rien !*
*Tu lui parles, tu lui tiens compagnie, tu la rassures. Et si elle veut parler un peu d’elle, d’où elle vient ou de ce qui la tracasse, tu l’écoutes.*
*Sérieusement ? Tu plaisantes…*

Elle, elle tapait sur les gens ! Elle ne les rassurait pas !

*Mais non. Tu as vu comme elle te regarde ? Y a plus de chance qu’elle te parle à toi qu’à moi. Elle vient de me mentir. Et elle ne dira jamais ce qui ne va pas devant Alta, et elle ne se laissera pas examiner avant lui non plus.*

Si elle se sentait responsable de l’état du maître brun, comme le laissaient présager ses paroles, rien de ce qu’ils pourraient dire ne la ferait changer d’avis. Et soigner un patient contre son gré, ça pouvait parfois faire plus de mal que de bien. En plus, il ne savait rien sur la gamine. Si ça se trouvait, elle venait d’un pays d’arriérés où les femmes n’avaient pas d’autres droits que d’obéir et se taire. Ou d’un endroit où il y avait des coutumes tordues dans tous les sens. Ou… Ou il ne savait pas, mais elle serait peut-être plus à l’aise pour parler à une femelle qu’à un mâle.

Avec un soupir mental destiné à faire bien sentir à son Lié ce qu’elle pensait de ses idées, Beith s’approcha donc à nouveau de la petite aspirante et s’assit sur une chaise à côté d’elle. Elle chercha quelques secondes quoi dire et surtout comment le dire pour ne pas effrayer la gamine.

« Mon Lié va s’occuper de ton maître, tenta-t-elle d’une voix qu’elle espérait douce. Est-ce que tu as déjà pu visiter un peu le Kaerl ? Ça doit te changer de chez toi ? »

Pendant ce temps, pour illustrer les paroles de sa Bêtise adorée, Selcot attrapa le bras d’Altahir, pour le faire lever et l’entraîner dans la salle d’examen voisine.

« Allez. Bouge tes fesses, qu’on aille vérifier qu’il te reste suffisamment de côtes entières ! »


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeMer 11 Nov 2020 - 12:25

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Altahir[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot12[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot13
Altahir Nordan ; le Brun Norloth


Le Maître Brun allait répliquer quand il reçut les salutations de la liée de Selcot.

''Bonjour, Beith...''

Puis il entendit le jeune elfe plaider un peu sa cause quand à ne pas renouveler son idée de boire en solitaire. Lui aussi aurait voulu être de la partie. Il était vrai qu'Altahir ne crachait jamais sur un peu de compagnie pour se bourrer la tronche. Bon, d'ordinaire, c'était plus avec des jolies damoiselles qu'il privilégiait, mais quitte à faire un tête à tête avec la seule présence d'une bouteille à vide, autant le faire avec un pair.

''Est ce que tu es vraiment tout seul quand tu bois ? ''

Il leva le bras le plus valide, celui qui tirerait moins sur son flanc blessé pour porter son index sur la tempe, la tapotant, avec un étrange sourire.

''On ne l'est jamais vraiment, là dedans. ''

Quand il allait faire comprendre de qui il parlait, en tendant son regard vers Norloth, le dragon le regardait déjà, avec un regard moqueur.

''C'est vrai que c'est toujours un plaisir d'entendre te plaindre quand tu te prends une cuite. Et capter tes songes comme si la migraine carabinée était l'ultime agonie... Si un jour je venais à raconter tout ce que tu as dans cette caboche. ''
''J'aurai mieux fait de me taire...''

Norloth gloussa et ne put s'empêcher de rire un peu plus encore, en voyant la tête déconfite d'Altahir devant l'évidence de l'Elfe quand au nombre restant de côte encore en état chez Altahir. L'humain parut faussement scandalisé devant une telle simplicité de diagnostic, venant de la part de Selcot.

''Sous prétexte que ce n'est qu'une côte... que j'en ai d'autres, c'est.... ! Mon vieux, si tu veux que je t'invite à ma prochaine beuverie en solo.... ''

IL reprit son souffle. Malgré la gueule de bois, il avait toujours la langue bien pendue, preuve que l'étendue de ses blessures n'était pas si conséquences que cela au premier abord. Mais causer comme il venait de le faire, sans discontinuité forçait un peu à sa malheureuse poitrine de suivre le rythme. Et là, elle le rappelait gentiment à l'ordre avec un élancement douloureux qui le faisait bien grimacer à nouveau.  Selcot en profita pour s'occuper un peu de son aspirante, qui tentait de dissimuler la vérité quand à son état actuel. Le guérisseur n'était pas dupe. Pourtant, à l'entendre, il paraissait être tombé dans le panneau.

Altahir avait regardé la scène. Il connaissait assez Selcot pour savoir que sous cette réponse, il avait découvert le petit simulacre. Par contre, l'humain s'en voulut de pas l'avoir compris rapidement

°Forcément, avec ta gueule de bois...°
°Non, pas à ce moment là. J'aurai du me  montrer plus attentif, peut être. Avec tout ce qu'elle a vécu, je ne me suis pas plus interrogé sur comment elle était sur le plan émotionnel. °
°Et bien c'est trop tard. C'est Selcot qui va analyser tout cela. Et puis, faut pas oublier que vous demeurez tous les deux des bipèdes°
°Qu'est ce que tu veux encore insinuer par là ? °
°Vous avez vos fiertés et vos faiblesses....°

Altahir le savait très bien. Qu'il détestait que son dragon lui rappelle des évidences connues mais très souvent oubliés de nature. D'ailleurs, il n'oubliait pas les paroles de sa toute nouvelles Aspirante, qui culpabilisait déjà des conséquences de la bagarre...Il ouvrit la bouche pour ne pas laisser la jeune femme se conforter à cette idée, juste après que Beith s'était rapprochée d'elle, quand Selcot vint tirer le bras, lui intimant de se lever, avec une réplique bien taquine.

''Hé.... Ouille.... Doucement, Selcot ! Même Nalesean se montre plus doux dans ses gestes. Et je suis certain que tu te montrerais plus précautionneux si j'avais été le Maître-Dragon Thelrand''
''T'es juste Altahir''ricana Norloth. ''Je vais te suivre, au cas où il faudrait te tenir..."

Altahir gloussa et tourna la tête vers son aspirante.

''Jorgga, si j'avais été plus fort, je n'aurai pas été blessé. Pour le reste, qu'est ce qui te conforte dans ta certitude ? Qui sait ce qui aurait pu réellement se passer. Il est difficile d'imaginer comment aurait pu être l'avenir quand on a déjà parcouru celui qui s'est présenté. ''

Il détourna un instant le regard avant de refixer celui de son aspirante.

''Tu es en vie, parce que tu le décides aussi. Pas uniquement parce que tu as croisé notre route. Tu es plus forte que tu ne le crois. NE te sens pas coupable pour des actes dont tu n'es pas responsable. Si tu regardes bien, c'est de ma faute si on est là... Aie. Bon sang Norloth ! ''
''Allez, bouge tes fesses, qu'on t'a dit. ''

Altahir protesta, adressa un regard encourageant à son aspirante, houspilla son lié qui le poussait gentiment en avant et se retrouva dans la salle voisine. La salle d'examen était parfaitement équipée et aurait de quoi rendre vert de jalousie bien des guérisseurs en dehors des frontières de la Terre de l'Aube. L'humain observait les lieux, qu'il connaissait bien assez pour s'y être retrouvé à de nombreuses reprises depuis qu'il était lié à son Brun. Et il avait toujours un poids dans les tripes quand il s'y retrouvait.

Norloth lui faisait face, les bras croisés.

''Qu'est ce qu'il y a encore ? °
''Tu promets de te laisser faire par Selcot et de l'écouter  ? ''
''Oui....
'Bien, alors tu boiras le lait de pavot qu'il te donnera''
''Que... quoi ? ''
''N'oublie pas que je suis dans ta tête, je sens déjà plusieurs plans foireux dans ton crâne pour partir d'ici le plus rapidement possible. Donc, pour aider ton guérisseur attitré... On te connait tous les deux, comme si on t'avait fabriqué. Alors ?  ''

Altahir maugréa dans sa barbe.

''Sinon quoi ''
''Sinon ? Norloth fit un large sourire. ''On t'attache..."


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeDim 15 Nov 2020 - 16:27

Selcot et Beith. Deux noms aux sonorités étranges évoquant des pays lointains, qui, à eux seuls, vous entraînent sur des sentiers inconnus.
Et dire qu’il y a encore quelques heures de cela, l’univers de Jorgga s’étendait des rives du lac Ilmen jusqu’aux sommets des grands pics qui surplombaient son village. Chaque jour depuis sa naissance, elle voyait leurs ombres imposantes glisser lentement au flanc des montagnes enneigées comme si elles avaient les ailes d’un dragon. Puis, lorsque le soleil éteignait sa lumière et que les cieux se couvraient de ténèbres, les ombres disparaissaient pour ne reparaître qu’aux premières lueurs du matin. Les frontières montagneuses du continent d’Undomë donnait à ce monde, le seul qu’elle n’ait jamais connu, un aspect rassurant. Certes, il n’était pas parfait, loin de là, mais elle s’en était toujours contentée, croyant à des jours meilleurs, au retour de la paix et de la tolérance depuis si longtemps perdues dans son village. Puis la mort de son ami et sa rencontre avec le Maître Dragon et son Lié avaient tout changé. Les frontières s’étaient déchirées, disloquées. L’impression de redécouvrir un univers bien plus vaste qu’elle ne l’avait imaginé l’avait anéanti. En fait, elle était terrifiée, mais elle savait déjà qu’au fond, c’était ce dont elle avait le plus besoin : redécouvrir le monde. Désormais, il lui restait à s’en persuader.

En dépit de l’aplomb déconcertant que déploya Jorgga pour rendre son mensonge le plus crédible possible, cette dernière ne réussit pas à duper longtemps le guérisseur. Un peu honteuse, elle répondit à son sarcasme par un sourire triste trahissant son profond désarroi. Elle était à bout de force et n’avait pas l’énergie pour répliquer. Ses joues étaient pâles malgré la chaleur apaisante de l’âtre et d’épaisses cernes soulignaient ses yeux vitreux. Sa poitrine haletait, ses mains tremblaient et sa sueur perlait le long de son visage. Elle était, tout comme Altahir, dans un état à faire pitié, même à son plus grand ennemi. Comment avait-elle pu être naïve au point de croire que Selcot n’allait rien remarquer et se fier à sa seule parole ? Poussant un profond soupir, elle se résigna : pour sûr, si sa nuit avait été aussi réparatrice qu’elle le prétendait, elle ne serait pas dans un tel état aujourd’hui. Toutes les émotions des derniers jours avaient continué à la tourmenter un long moment et, lorsque son corps, rompu de fatigue, avait enfin baissé sa garde, le sommeil agité et fiévreux dans lequel elle avait plongé l’avait laissé encore plus épuisée au réveil. Pourtant, et quoi qu’en décide le guérisseur, Jorgga n’avait pas l’intention de rejoindre de sitôt les bras d’An’Rhiod. Les petits jeux auxquels il s'adonnait depuis la mort de Grim ne l'amusaient vraiment plus.

De plus en plus repliée sur elle-même, la jeune aspirante suivit discrètement du regard les déplacements de Beith, qui contre toute attente, s’assit à ses côtés et lui souffla d’une voix douceâtre que son Lié allait maintenant s’occuper d’Altahir. Cette nouvelle rassure un peu Jorgga mais elle était incapable de réprimer complètement la peur qui lui nouait désormais les tripes. Ses blessures devaient le faire souffrir atrocement, même s’il semblait le prendre avec beaucoup de « philosophie ». Sans doute avait-il à son palmarès des meurtrissures en trop grand nombre pour se laisser démoraliser à cause de quelques côtes cassées. Quoi qu’il en soit, de telles blessures pouvaient lui être fatales ou provoquer des dégâts irréversibles, si elles n’étaient pas soignées à temps. Et elle n’avait pas besoin de suivre le long enseignement que l’on dispense aux guérisseurs pour le savoir.

Arrêtant ses yeux inquiets sur Altahir, que le guérisseur ne ménageait pas - et cet elfe qui osait dire qu’il n’était qu’un pauvre petit subordonné traumatisé !  -, Jorgga fut surprise de l’entendre revenir à charge sur les propos qu’elle avait tenu tantôt. Rongée par une culpabilité brûlante, mais aussi infiniment reconnaissante à son égard, elle était restée jusque-là sourde aux paroles du Maître Dragon. Pourtant, il avait mille fois raison : ce qui était arrivé n’était pas de son seul fait. La vie était imprévisible et le hasard y avait toute sa place. Et comme son père se plaisait si souvent à le lui rappeler avant de quitter ce monde : il fallait être léger, confiant, curieux, balayer ses angoisses et tout pouvait arriver, le pire...comme le meilleur. La jeune aspirante prit conscience du bien que lui avaient fait les paroles d’Altahir et rougit bêtement en croisant son regard encourageant et complice. Elle hésita une fraction de seconde, mais les mots lui restèrent dans la gorge. Intarissablement silencieuse, elle baissa lentement la tête lorsque l’ombre d’un sourire se dessina sur ses lèvres.

Altahir, Norloth et Selcot quittèrent finalement l’étroit corridor pour rejoindre une petite salle attenante, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. En quelques instants, le calme s’installa de nouveau autour de Jorgga. Pourtant, elle n’était pas seule. Beith n’avait pas suivi son Lié et était restée à ses côtés, sans jamais la quitter des yeux. Cette femme, ou plutôt cette dragonne, lui inspirait quelque chose qu’elle ne parvenait ni à comprendre, ni à formuler vraiment. Son regard était doux mais ferme. Sa voix chantante, presque exotique, mais déterminée. L’aspirante se sentait apaisée et rassurée en sa présence. Délestée du fardeau qui pesait sur ses épaules, elle s’abandonnait enfin. Oubliait sa fatigue. Sa faim. Sa peur. Son désespoir. A vrai dire, elle ne se rappelait plus depuis combien de temps elle ne s’était pas sentie aussi légère. Ce dont elle était certaine en revanche, c’est que Norloth lui avait inspiré quelque chose de similaire dans la forêt d’Undomë, peu après l’attaque d’Alastar.

Alors, pour elle, les mots vinrent tout seuls :

« - J’ai visité quelques ruelles tôt ce matin », avoua-t-elle en dissimulant délibérément à la dragonne les nombreuses frayeurs qui avaient accompagné son parcours. « Cet endroit est vraiment différent de mon village. Pour ne rien vous cacher, j’ai l’impression de ne pas avoir ma place ici et j’espère un jour pouvoir de nouveau fouler les terres d’Undomë, reprendre ma vie dans un splendide paysage d’hiver, accompagnée par le blanc éblouissant de la neige fraîche. »

Ses doigts se nouèrent autour de ses genoux.

« - Je ne sais même pas ce que l’on attend de moi. Que vais-je devenir ? Un Chevalier Dragon ? Mais dans quel but ? Satisfaire le dessein des dieux ? Faire la guerre ? Préserver la paix ? Chez moi, ma vie se résumait à de longues parties de chasse dans les bois, à nourrir les villageois, été comme hiver. Je ne sais rien faire d'autre. Je n'aspirais à rien d'autre. »
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeMar 15 Déc 2020 - 0:14


Et voilà qu’Alta-chou en remettait une couche sur cette histoire de beuverie en solitaire. La bonne nouvelle, c’était qu’il ne devait pas être trop mal en point pour avoir encore la force de faire preuve de tant de mauvaise foi. Oui oui. De mauvaise foi. Parce que, d’un coup, il n’était plus si seul que ça, puisqu’il avait un dragon sous son crâne. Si c’était pas de la triche, ça !

« Ça ne compte pas ! » s’offusqua donc Selcot.

Il aurait bien continué sur sa lancée, mais Norloth renchérit et le guérisseur dut faire appel à tous ses talents de comédien pour ne pas rire à son tour. À la place, il conserva son air de petit chiot battu et abandonné dans une ruelle humide et sale pour répondre au maître brun.

« Ça ne compte pas si ton dragon ne boit pas avec toi ! Et je te promets que Bêtise ne boit jamais, ajouta-t-il avec un soupir à fendre l’âme – si si, au moins. Elle ne fait que râler. Boire seul avec une dragonne qui peste sous ton crane, c’est plus triste que triste ! »

Ladite dragonne se contenta de lever les yeux au ciel.

« Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre… »

Malheureusement, il fallait aussi entendre les choses sérieuses. La discussion ne pouvait pas s’attarder éternellement sur des bêtises. Les bêtises, c’était bien, ça détendait l’atmosphère, mais ce n’était pas pour parler de boisson et de gueule de bois que Norloth avait traîné son Lié et son aspirante à l’infirmerie, n’est-ce pas ? Et Alta-chou finit donc par aborder la vraie raison de son réveil matinal. Comme l’avait annoncé Bêtise, ils s’étaient battus. Et ils n’avaient pas fait les choses à moitié, visiblement. En silence, dans le secret de son esprit que seule sa sienne merveilleuse partageait, Selcot prit donc note des précisions apportées par le maître brun et des symptômes qu’il percevait au cours de sa discussion. Mais, évidemment, il était hors de question de le laisser voir. Et pour ça, quoi de mieux qu’une boutade, hein ? Il était temps de dédramatiser tout ça !

Aussi offrit-il son plus beau sourire au maître brun quand celui-ci s’offusqua de sa réponse. Altahir le beau parleur qui perdait ses mots : si c’était pas beau, ça !

« C’est quoi ? demanda l’elfe, innocemment. Ce n’est que la pure vérité, tu sais ? Tu as vraiment d’autres côtes, tous les traités d’anatomie te le confirmeront ! Mais, ajouta-t-il d’un air peiné, ce n’est pas la peine de me menacer, hein. J’ai bien compris qu’il fallait que je te répare pour avoir une chance de boire avec toi ! »

Puisqu’il ne venait lui tenir compagnie que contraint et forcé ! Au point de ne même plus pouvoir soutenir une conversation sans grimacer de douleur, grimace qui n’échappa pas à l’œil exercé du guérisseur. Et qui ne lui plut pas. Alta-chou était plutôt du genre douillet mais quand même… Selcot espérait de tout cœur qu’il ne s’agissait que d’une combinaison d’une côte cassée et d’une gueule de bois carabinée.

Mais, avant d’aller examiner le maître brun de plus près, il allait s’intéresser un peu à la gamine. La nouvelle recrue du Kaerl Céleste semblait en aussi piteux état que son maître. Voire pire. À se demander comment elle tenait encore debout – ou assise, en l’occurrence. Malgré les présentations presqu’en bonne et due forme et les bêtises qu’il racontait, elle ne semblait pas prête à se détendre ou à reconnaître que ça n’allait pas. Elle essayait même de lui faire croire qu’elle avait dormi. Haha. Même le plus innocent des gamins de la cité aurait détecté son mensonge. Elle paraissait épuisée, fiévreuse, bourrelée de remords et de culpabilité. D’avoir causé les blessures d’Alta-chou, visiblement, mais peut-être d’autre chose, qui savait ? Mais justement… Ce serait bien de savoir. Et, pour ça, Bêtise était la mieux placée. Quoi qu’elle en dise.

Aussi, après avoir dépêché sa dragonne auprès de l’aspirante, Selcot revint au maître brun. Qui, évidemment, protesta. Ahlala, ce qu’il était prévisible quand même !

« Et Peddyr, lui, ne se fourre pas sans cesse dans les ennuis, ajouta l’elfe quand Norloth déclara que son Lié n’était que Altahir. Et manque de bol pour toi, Maître Nalesean n’est pas là. Il va falloir te contenter de moi. »

Il aurait pu ajouter tout un tas de compliments sur le maître guérisseur mais, heureusement pour sa réputation de dilettante, Alta-chou choisit cet instant pour adresser quelques mots à son aspirante. Et la décharger de sa culpabilité. Très bien. Parfait. Selcot n’était pas certain que Jo-choupie abandonnerait d’un coup tous ses remords mais ça ne pouvait pas lui faire de mal. Mais ce n’était pas une raison pour traîner et l’elfe dissimula un sourire lorsque le dragon brun entraîna lui-même son Lié dans la salle d’examen.

Une fois dans la petite pièce, le chevalier vert referma la porte et se dirigea vers une petite étagère couverte de remède dont il choisit un petit pot. Alta-chou était douillet et, clairement, il avait mal, mais il se refusait à doser le lait de pavot trop fort. Il ne savait pas combien d’alcool son patent avait ingurgité la veille ni combien il lui en restait dans le sang et il ne pouvait pas prendre le risque de provoquer des interactions indésirables. Mais, tout en préparant son breuvage, il ne manqua pas la discussion entre le maître brun et son Lié et ce fut donc avec un sourire innocent qu’il revint vers son patient.

« Le meilleur plan pour partir le plus vite possible, c’est de coopérer, signala-t-il aimablement, avant de préciser, d’un ton léger : Tu sais que tu n’as aucune chance de m’échapper de toute manière. »

Il lui tendit son verre de lait de pavot.

« Tiens, ça te soulagera mais vas-y mollo. Et tu peux enlever ta tunique, aussi, parce que je vais avoir du mal à t’examiner sinon. »

Il ne se départit pas de son sourire, mais embraya sur les choses sérieuses :

« Et raconte-moi. Tu as été trop succinct, tout à l’heure, tu perds la main. Le crétin t’a pété une côte. Tu as pris d’autres coups ? Sur la tête ? Tu te souviens en détail de tout ce qui s’est passé ? »

Pendant ce temps, devant la cheminée de la première salle, Beith soumettait Jorgga à un interrogatoire beaucoup plus léger. Elle trouvait toujours que son Lié avait des idées complètement saugrenues – genre, elle, rassurer quelqu’un ; une gamine en plus ; c’était la spécialité de Mâyuri, ça, pas la sienne ! – mais elle nota sans peine que les quelques mots du maître brun, avant qu’il ne quitte la pièce, avait soulagé un peu la jeune fille. Est-ce que c’était ça ou Selcot qui avait raison ? En tout cas, l’aspirante lui répondit. Et avec visiblement plus d’honnêteté que lorsqu’elle s’était adressée à l’elfe.

« C’est normal de te sentir dépaysée, commença la dragonne, tu viens d’arriver. »

Elle se retint d’ajouter que son pays était peut-être splendide mais qu’il l’avait laissée dans un sale état et s’apprêtait plutôt à lui dire qu’une fois Liée, elle pourrait se rendre où elle voudrait, quand Jorgga enchaîna sur une série de questions.

Beith n’avait jamais eu d’aspirants. Selcot refusait de reconnaître leur regard de Flarmya et, au fond, ça l’arrangeait bien. Il disait qu’il avait suffisamment à faire comme ça à l’Infirmerie, que, s’il se retrouvait à devoir former les jeunes, il n’aurait plus le temps de jouer aux cartes ou d’aller boire un ou deux cocktails, mais la dragonne savait que si elle, elle avait manifesté l’envie de prendre un Doué sous son aile, il aurait cédé. Mais elle ne se sentait pas l’âme d’une pédagogue. Elle était une guerrière. Elle savait se détendre avec ses ami(e)s, flirter avec les mâles, paresser – un peu – au Valarëa, mais elle ne se voyait pas enseigner à un gamin, le rassurer, le consoler. Et là, à côté de la jeune fille déboussolée, elle se sentait aussi à l’aise qu’un Empereur Noir dans la boutique d’un verrier. Toutes ses questions, c’aurait été à ses maîtres d’y répondre. N’avaient-ils pas pris le temps de lui expliquer où ils l’amenaient et dans quel but, avant de l’arracher à son foyer ? Est-ce qu’elle avait une tête à répondre aux interrogations angoissées d’une gamine perdue, hein ? Elle ne savait même pas par où commencer !

« Tu as le Don, petite » répondit Beith. *Ça veut dire que tu peux m’entendre quand je te parle ainsi, en esprit. Tu peux m’entendre moi ou n’importe quel autre dragon.*

Autant commencer par le commencement, non ? Mais Norloth allait l’entendre, ça c’était sûr ! C’était son boulot, ça !

« C’est un Don rare, qui signifie que tu peux te Lier à un dragon, toi aussi. Et c’est ça qu’on attend de toi. C’est pour ça qu’Altahir et Norloth t’ont amenée ici. Pour que tu trouves ton âme-sœur dragonique et que tu te Lies à elle quand elle cassera sa coquille. »

La dragonne offrit un sourire qu’elle espérait rassurant à son interlocutrice.

« Pour le reste, tu es libre de vivre ta vie comme tu l’entends. Une fois ton dragon adulte, il pourra te transporter partout sur Rhaëg en quelques respirations. Comme lors de ta venue ici. Tu pourras retourner voir ton pays, si tu le veux, et chasser dans tes bois. Regarde Selcot : il est toujours guérisseur. Quant à ton maître, Altahir, il est toujours par monts et par vaux. »

Elle posa une main sur les siens, qu’elle avait posés sur ses genoux. Pour le moment, elle n’allait pas lui parler de la guerre et des autres Kaerls. Pas la peine de lui ajouter des sources d’angoisses, elle semblait en avoir déjà plus que sa dose. À la place, elle se contenta d’une remarque un peu plus légère. Du genre que Selcot aurait pu sortir :

« Mais sinon, tu peux me dire « tu », tu sais. Je ne suis qu’une dragonne verte. Ni ta maîtresse, ni une personnalité importante du Kaerl. »

*Tu vois, tu t’en sors bien, Bêtise.*
*Oh, ça va. Je te retiens. Tu vas me devoir au moins deux ou trois séances d’entraînement, je te préviens.*


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeJeu 31 Déc 2020 - 17:18

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Altahir[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot12[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Norlot13
Altahir Nordan ; le Brun Norloth

Face au silence de sa nouvelle Aspirante, Altahir avait redouté que ses paroles aient provoqué l'effet inverse de ce qu'il avait visé pour elle, à savoir de la libérer du poids de la culpabilité qu'elle avait vis à vis de lui et de ce qui avait pu se passer. Mais en voyant le rouge monter à ses joues pendant qu'elle baissait la tête, il réussit à discerner une pointe d'un sourire. Avait-il donc réussi ? Pour lui, la réponse était positive. Si cela lui permettrait par la suite de se sentir moins responsable vis à vis de ses blessures, alors c'était un bon point. Elle pourra alors mieux se reposer et mieux appréhender les nouveautés que lui apporteront sa toute nouvelle existence.

Face à la montée de son propre enthousiasme, Altahir se brida quand même un peu. Il ne fallait pas aller trop vite. Car dans un sens, c'était plutôt à lui de s'interroger quand à sa propre implication quand au mal-être qui saisissait encore Jorgga. N'était-ce pas lui qui avait été trop vite en la bousculant dans son existence et l'amenant au Màr Menel alors qu'elle venait à peine de perdre son proche le plus intime de sa jeune vie ? Sur le coups, ce fut à lui d'exprimer quelques remords. A voir comment les choses se seront passées en la compagnie de Beith. La dragonne avait son caractère, mais elle était pourvu d'une grande capacité à comprendre les bipèdes. Se lier avec l'elfe avait été un bon cadeau pour elle. Mais pour lui ? Après avoir regardé froidement son dragon qui avait menacé de l'attacher s'il ne venait pas à accepter totalement de demeurer ici le temps des soins, il fixa l'Elfe, manquant pas de sourciller devant l'idée qu'on pouvait se contenter d'une côte en moins, puisque anatomiquement parlant, il en avait d'autres.

''Non sans blague... Mais je tiens à toutes les garder si cela te dérange pas. Donc tu sais ce qu'il te reste à faire pour effectivement avoir à nouveau la chance de boire à nouveau avec moi ; et pas de la piquette si tu restes doux, mon ami. ''

Au moins gardait-il son semblant de parleur à la langue facétieuse. Le temps que l'Elfe termine ses derniers préparatifs, Norloth affichait un grand sourire ravi.

°Quoi ? T'es content j'espère ! °
°Toujours quand tu finis par céder. C'est bien. On progresse. L'année dernière, je t'aurai réellement attaché, car tu aurais réellement tenté de fuir. °
°Pour que Selcot vienne à faussement se lamenter ? °
°Ca, mais par le fait qu'il aurait fallu réparer ta fuite par un excellent crû°
°Ce n'est pas possible... t'es vraiment de connivence avec lui, avoue le ! °
°Absolument pas. T'as juste la trouille d'affronter un excellent ami, voilà tout. °[/color]

Affronter était un peu fort, mais le brun avait raison. Altahir ne devait pas omettre qu'il avait de la chance d'avoir Selcot comme parfait ami. Bien des Célestes auraient fini par lui claquer la porte au nez avec toutes les conneries qu'il avait pu avoir. Et cela ne venait pas du fait que l'Elfe était un bon guérisseur.

Selcot revient, tout en précisant quelques petits points piquants, tout en demeurant dans un parfait ton aimable. Altahir ne put s'empêcher de hausser les yeux vers les cieux.

''Le Maître Thelrand déteste plus encore les guérisseurs que moi, à ce qu'on peut entendre dire depuis pas mal de temps. Donc forcément, il est peut être plus expérimenté que moi pour éviter de passer les voir, donc de limiter le comptage de ses ennuis. Mais passons. Pourquoi dis tu que je manque de bol ? T'es aussi compétent que Nalescean non ? sauf si tu cherches à me faire penser ce qu'il n'y a pas besoin de penser ? ''

Puis il grommela, pour répondre à la suite de la boutadee de son ami aux oreilles pointues.

''Facile de prétendre que je ne pourrai pas m'échapper, avec l'autre écailleux qui saura me barrer la route''

Norloth, qui s'était écarté, pour s'adosser non loin de là, n'avait pu s'empêcher de glousser. Nul besoin de répondre à cela, Althahir sentait son avis sur la question.

Puis, le céleste prit le verre et se permit d'en percevoir les odeurs en approchant son nez du contenu. C'était bien du lait de pavot. Diantre, si avec cela, il ne s'assoupissait pas...Il en but d'abord une gorgée, avant de le poser et de retirer sa chemise comme demandé par Selcot. Et forcément, il peina, essayant de limiter ses mouvements pour ne pas trop souffrir du côté blessé. Et il ordonna mentalement à  Norloth de pas l'aider, bien entendu. Une fois la chemise tombée, Altahir attrapa le verre pour le finir d'une traite. Diantre, il aurait mieux fait de se mettre une grosse biture la veille. Il n'aurait pas eu à subir tout ce cirque... mais de l'autre côté, il n'aurait pas pu réconforter son aspirante avec ses mots de tout à l'heure... Donc non, finalement non. Il avait bien fait de pas se soûler jusqu'au coma éthylique.

Donc, la chemise tombée, Selcot aura tout le loisir d'observer l'étendue des dégâts, surtout à hauteur de la côte douloureuse. L'étendue bleuâtre ne laisserait aucun doute quand à la violence du coup reçu. Heureusement, elle n'était pas très grande. Elle était d'ailleurs assez localisée. On pouvait en discerner une autre sur le bras, sans doute dans un acte de défense ou de parade.

''Trop succinct ? Pitié... pourquoi devrais-je à chaque fois de faire le pedigree d'une virée qui tourne un peu mal ? Mais je comprends que tu aies besoin de te rassurer. Oui, j'ai reçu des coups autre que dans le flanc. Sur le bras, comme tu peux le voir, et un ou deux dans la tronche. Sur la tête si tu préfères. Et non, je n'ai pas perdu connaissance. Et oui, je sais ce qui s'est passé en détail. J'ai réussi à blesser l'homme qui voulait faire du mal à Jorgga, avec ma dague. Et non, je n'ai pas oublié de t'inviter à boire à cause du coup reçu sur le coin de la caboche. A moins que ce soit un sale tour de Norloth quand il a dû pénétrer l'esprit des deux montagnards pour effacer son intervention très draconique. Veux tu que j'imite le rugissement qu'il a balancé pour les effrayer ?  ''

Il se permit un petit ricanement, avant de se frotter les yeux, sentant la fatigue doucement le prendre.

''J'avais oublié à quelle vitesse le lait de pavot agissait. Bon, un premier diagnostic, doc Selcot ? ''


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeSam 9 Jan 2021 - 0:35

« - Il...Il me semble que j’ai déjà eu cette conversation, » souffla Jorgga d’une voix si faible et fiévreuse qu’elle craignit que Beith ne l’entende pas. Fébrile, elle porta ses deux mains à son front en cherchant à saisir un souvenir vague et confus dans son esprit. Bien que sa mémoire ne lui rappela rien de tout à fait exact, elle n’en pouvait douter, ce n’était pas la première fois qu’on lui évoquait la possibilité de se lier à un dragon. « Oui, j’en suis certaine maintenant, Altahir m’en a déjà parlé, lorsque nous nous trouvions encore sur le continent d’Undomë. »

Se lier à un dragon. Trouver son âme-soeur draconique. Être plus libre de ses mouvements qu’elle ne l’avait jamais et ne l’aurait jamais été au sein de son village natal. La jeune aspirante ignorait totalement à quoi la vie d’un Chevalier-Dragon du Màr Menel pouvait bien ressembler, mais la chose dont elle était certaine, c’est qu’elle n’avait qu’à l’imaginer pour que ses yeux mornes ne s’illuminent d’une énigmatique lueur et que son visage ne s’éclaire aussitôt d’un sourire heureux. C’était une allégresse fugitive, d’une grande retenue, presque indistincte si l’on n’y prête aucune attention ; une joie délicate, qui paraissait fragile, mais plus immuable que la colère et l’amertume ; un bonheur sans l’ombre d’un artifice, qu’on ne lui connaissait plus depuis la mort tragique de son ami. Le temps d’un faible battement de cil pour s’en aller, sa peine disparaissait dans la clarté du matin, pour ne laisser place qu’aux souvenirs tendres et à la sérénité.

Avant de rencontrer pour la première fois Altahir et Norloth, et à l’instar des habitants du Rhaëg qui ne s’étaient jamais aventurés sur le continent de Tol Oreä, Jorgga ne croyait pas en l’existence des dragons. Son père, qui leur vouait un véritable culte et une admiration sans limite aucune, avait tenté en vain de la convaincre de son erreur et de l’entraîner dans ses délires. Mais déjà enfant, la petite fille avait décrété que ses explications, si jolies et épiques fussent-elles, n’étaient qu’un ramassis de mensonges et de beuveries d’une médiocrité inexcusable. En effet, difficile de prendre au sérieux ce brave homme lorsqu’un peu trop ivre, il clamait à qui voulait bien l’entendre qu’il avait vaincu sur le dos de son dragon tous les ennemis de sa Cité.

Aux yeux de Jorgga, les dragons étaient tout simplement les personnages récurrents et angoissants de petites histoires qui servaient aux adultes à impressionner les enfants. Un bon moyen parmi tant d’autres pour les empêcher de s’aventurer trop loin dans la forêt, au sein de laquelle il pouvait y être dangereux pour eux de s’y perdre. Mais certains d’entre eux, plus braves ou tout simplement plus insouciants, n’arrivaient pas toujours à le comprendre et bravaient l’interdit au péril de leurs vies. Leur faire peur avec des contes autour de ces créatures marchait donc mieux que la simple menace d’une punition. Il arrivait même parfois à des hommes désormais adultes de frissonner au fond des bois au souvenir de ces histoires qu’ils avaient eux-mêmes entendues lorsqu’ils étaient enfants et racontaient maintenant à leurs propres fils et filles. Aujourd’hui, pour Jorgga en tout cas, les dragons étaient plus réels que jamais n’avait été aucune autre créature de mythe.

« - Tout me semble encore irréel, déformé, comme la vision d’un autre monde, comme si tout s’était déroulé dans un rêve. J’imagine que c’est le cas pour tout le monde. J’essaie encore de trouver mes repères. Je ne pensais pas que les choses iraient aussi loin, que tout irait aussi vite, » ajouta Jorgga en se levant avec une agitation nerveuse, sa main moite quittant celle de Beith.

Luttant pour se tirer de la douce torpeur qui la terrassait peu à peu, abrutie d’une fatigue qui l’épuisait, la vidait de ses forces, la rendait incapable de réagir rationnellement aux événements qui se présentaient à elle, la jeune femme se mit à arpenter le corridor de l’infirmerie dans un silence perturbé par les gémissements ténus qui s’échappaient de la salle d’ausculation attenante. Comme à chaque fois qu’elle repensait aux événements qui l'avaient conduit malgré elle jusqu’aux portes du Màr Menel, Jorgga avait du mal à respirer. Son cœur battait la chamade à tout rompre dans sa poitrine et ses jambes affaiblies par la fièvre vacillaient sous le poids de son corps. Malgré la présence bienveillante et rassurante de Beith à ses côtés, elle revoyait sans cesse ces horribles instants qui avaient précédé la mort de Grim et n’arrivait pas à oublier son visage ensanglanté, déformé par les hématomes et les blessures. Son ami d’enfance, son meilleur ami, le seul ami qu’elle ait jamais eu était mort. Probablement par sa faute. Et cette pensée n’avait de cesse de rebondir dans son esprit et dans son cœur.

« - Pourquoi est-ce que c’est si long ? » s’impatienta la jeune femme en appuyant l’arrière de son crâne contre le mur.

Depuis combien de temps déjà Altahir était-il parti ? Depuis combien de temps avait-il confié sa vie à quelqu’un susceptible d’erreur, comme l’est tout être vivant ? Plus les minutes passaient, plus Jorgga avait l’impression de devenir folle. Elle n’avait plus aucune notion du temps qui passait, elle ignorait même depuis combien de temps elle était là. Accroupie contre le mur, réduite à attendre, elle ferma les yeux, ouvrit son cœur et se laissa emporter, tendant l’oreille tandis qu’elle guettait le moindre bruit. Rien. Une douleur étrange commença à envahir la poitrine de la jeune femme. Sa vision se fit légèrement trouble. L’intérieur de son corps semblait être en train de s'effondrer. En vérité, elle était terrorisée. Elle se sentait prise au piège. Elle pensa soudain qu’elle n’avait ni la force de venir en aide à Altahir, ni celle d’aller contre la volonté des dieux. Jorgga inspira de manière profonde pour dissiper son malaise lorsqu’une soudaine envie de vomir la saisit.

« - J’ai...j’ai vraiment besoin de prendre l’air, » dit-elle en s’adressant à Beith, sans vraiment chercher l’approbation de son regard.

Sur ces mots, elle tourna les talons et rejoignit la sortie à grandes enjambées. Elle eut à peine le temps de se désoler de son comportement et de s’éloigner de la bâtisse qu’elle s’effondra à genoux et vomit le peu d’eau qu’elle avait eu le temps et la force d’avaler depuis son arrivée, puis seulement de l’air. Elle posa une main tremblante sur sa bouche. Sentit le goût du sang mêlé à la poussière et eût de nouveau la nausée. Elle s’était mordue la langue et un filet de sang coulait le long de son menton.
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeDim 31 Jan 2021 - 16:47


« C’est de la corruption ! » s’exclama Selcot d’un air choqué absolument pas crédible lorsque son patient lui promit du bon vin s’il sauvait sa côte en douceur.

Malgré ses paroles, les yeux pétillants de l’elfe trahissaient son amusement et le coin de ses lèvres frémissait sous l’effort qu’il faisait pour retenir le sourire qui ne demandait qu’à s’afficher. Il ne détailla cependant pas ce que lui inspiraient les propositions indécentes du maître brun – si si, indécentes ; soudoyer un guérisseur dans l’exercice de ses fonctions en lui faisant miroiter de l’alcool, c’était indécent ! – parce qu’il était temps de s’intéresser à la petite aspirante. Si Altahir était capable de raconter des bêtises plus grosses que lui, c’était qu’il n’était pas si mal en point que ça. « Ça » étant le stade critique où les soins ne pouvaient pas être différés, même de quelques minutes.

Mais Jo-choupie, si elle ne semblait pas en grande forme – doux euphémisme –, ne paraissait pas non plus à l’article de la mort. À première vue, elle était surtout épuisée, tant moralement que physiquement… et surtout sur la défensive. La première chose à faire, c’était de la détendre et de la mettre en confiance. Et pour cela, quoi de mieux qu’une dragonne à l’apparence de guerrière torhile capable de hacher menu tout ce qui lui déplaisait, hein ? La petite était entre de bonnes mains, il pouvait revenir sans crainte à son casse-cou de maître. Qui ne pouvait bien sûr pas s’empêcher de se plaindre et de discuter et… de faire son Alta-chou, quoi.

« Moi ? Aussi compétent que Maître Nalesean ? Où as-tu vu jouer ça ? riposta l’elfe, sincère pour une fois… avant de retrouver son humour habituel : Personne n’arrive à la cheville du maître et certainement pas moi, pauvre petit guérisseur de seconde zone ! »

Tout en entraînant son patient vers la salle de soins, il ne put s’empêcher de lui offrir un sourire carnassier, en réponse à son grommellement.

« Je n’ai jamais dit que c’était moi tout seul qui t’empêcherai de t’échapper, juste que tu n’as aucune chance. L’aide de Norloth est précieuse, il est bien plus sensé que toi, ajouta-t-il en dressant un clin d’œil au dragon brun. Et Peddyr aussi s’il évite les ennuis pour éviter les guérisseurs. Tu devrais prendre exemple sur lui. »

Enfin, ils étaient au calme dans la salle de soins – enfin, au calme… ce n’était pas comme si Jo-choupie et Bêtise étaient particulièrement bruyante, mais bon – et Selcot colla un verre de lait de pavot dans les mains d’Altahir qui ne se fit pas prier pour en avaler une gorgée. Bien. Il faisait des progrès… Ou pas. Le guérisseur se retint de lever les yeux au ciel en voyant son patient peiner à retirer sa chemise sans demander d’aide. Même si c’était pas lui, il aurait au moins pu laisser son dragon l’aider mais non… Alta-chou était une tête de pioche. Qui ne faisait pas les choses à moitié, vu les dégâts sur son torse.

« Et bah ! Il ne t’a pas raté ! Tu perds la main ! » siffla l’elfe en examinant son patient.

Il commença son interrogatoire, tout en posant ses doigts sur les épaules de l’humain. Et, tandis que le maître brun lui répondait, il entreprit de lui palper les cervicales et le haut du dos, à la recherche d’une douleur ou d’une sensation anormale qui n’aurait pas été signalée par un bel hématome. Les lésions qu’on ne voyait pas, c’étaient les pires. Mais, si ses mains et son esprit étaient concentrés sur un examen très sérieux, ses paroles, elles, restaient dans un registre beaucoup plus léger. Il afficha un sourire innocent lorsqu’Altahir lui demanda pourquoi il devait lui faire le récit de ses (més)aventures mais se garda bien de l’interrompre tant qu’il n’eut pas terminé sa tirade. Hors de question de le couper dans son élan, il aurait risqué de manquer des informations importantes pour poser son diagnostic pouvoir le taquiner lors de leurs prochaines rencontres.

« Non, non, ça ira ! répondit l’elfe quand Alta-chou proposa d’imiter le rugissement de son Lié. Je suis sûr que tu n’arriveras pas à la cheville de Norloth et ça risque d’effrayer tous les patients en salle d’attente – surtout la gamine, quoi – qui ne voudront plus venir me voir. Alors je perdrai mon travail et je n’aurai plus de quoi aller boire des cocktails à la taverne… Imagine mon malheur ! »

Tout en écoutant son patient – et en racontant des bêtises – Selcot avait fini son examen physique. Doucement, il termina par les côtes d’Altahir, mais n’insista pas plus que nécessaire. Quoi qu’il aime laisser dire et croire, il n’avait pas l’intention de faire mal. Et ses observations correspondaient au récit du maître brun qui était lui-même suffisamment cohérent pour le satisfaire. Outre ses côtes et son bras, Alta-chou ne semblait pas avoir souffert plus que ça. À l’entendre parler et à le voir respirer, les côtes fracturées n’avaient perforé aucun poumon, et son mal de crâne était sans doute plus dû à la gueule de bois et à la fatigue qu’à une quelconque commotion cérébrale. Pour s’en assurer totalement, l’elfe alluma une bougie.

« Ferme les yeux deux secondes. »

Il approcha la flamme du visage de son patient et lui fit ouvrir les yeux tour à tour afain de vérifier que tout allait bien, avant de lui faire suivre la petite lueur du regard. Satisfait, il souffla la flamme et retint un sourire en voyant Alta-chou se frotter les yeux. Ça, c’était choupi.

« Tu t’en sors bien pour un casse-cou dans ton genre, émit le guérisseur un peu plus sérieux quand il fut question du diagnostic. Essaie pas de résister au lait de pavot. Bois juste un verre d’eau avant de le finir, comme ça tu te sentiras mieux en te réveillant. »

Il lui tendit ledit verre et attendit qu’il le vide avant de finir son pavot. Réhydratation et sommeil, c’était ce qu’il y avait de mieux pour combattre l’abus d’alcool et la fatigue. Pour les côtes cassées, en revanche, à moins de s’appeler Maître Nalesean, il n’y avait pas grand-chose à faire. Mais on n’allait pas déranger le maître guérisseur et lui demander d’utiliser sa magie pour si peu.

~*~

[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Beith_dragonne_verte_tolorea[RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Beith_vava_verte_tolorea
Crédits : Alector Fencer et Age of Heroes
Beith

Ah. Altahir lui en avait déjà parlé. Bien. Les deux bruns n’étaient pas si mauvais maîtres que ça, donc.

« Il faut un peu de temps pour intégrer tant de nouvelles informations, » répondit donc Beith avec circonspection.

Elle n’était pas trop sûre que ce soit la chose à dire ni même que c’était vraiment vrai, mais elle n’était pas trop sûre non plus de ce qui se passait réellement dans l’esprit de la gamine. Elle, elle était une dragonne. Toutes ces questions lui semblaient couler de source et, comme tous les membres de sa race, elle avait à disposition tous les souvenirs de sa mère et de sa lignée. Alors, certes, elle pouvait apprendre de nouvelles choses, mais elle avait du mal à imaginer le bouleversement que devait traverser Jorgga. Elle ne pouvait même pas se fier aux souvenirs de son Lié puisque Selcot était né dans un Kaerl et n’avait jamais vécu ce genre de chamboulement.

Attentive comme elle l’était aux expressions de la petite que son Lié avait placé bien malgré elle sous sa responsabilité, Beith ne put manquer le court instant pendant lequel le visage de l’aspirante s’illumina. Pendant une fraction de seconde, l’abattement et la fatigue s’effaçaient pour laisser apparaître l’espoir et la joie. Mais ce fut si bref que la verte, perplexe, n’eut même pas le temps de se demander ce qui en était la cause. Elle doutait que ce soit ses paroles. Ce devait être autre chose. Un chemin que ses pensées avaient emprunté un instant ? Si c’était ça, il fallait absolument les guider à nouveau sur ce sentier ! C’était beaucoup mieux que le découragement qui l’avait de nouveau saisie… Le problème, c’était que Beith n’avait aucune idée de comment faire. Selcot ou Mâyuri aurait certainement eu des pistes mais elle, elle ne voyait pas.

La dragonne laissa donc la jeune fille reprendre sa main et se lever sans rien dire mais ne put s’empêcher de froncer légèrement les sourcils devant son agitation. Elle n’était pas certaine que ce soit une bonne chose qu’elle fasse les cent pas comme ça. Ce n’était pas ainsi qu’elle allait s’apaiser et se détendre. Selcot avait dit de l’écouter, de la rassurer, mais elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait faire de plus. Elle n’était pas Mâyuri, elle !

« Tu ne peux pas trouver tes repères en une nuit, émit la verte, raisonnable. Tu as vécu beaucoup de changements en peu de temps, mais, à présent, tu peux te reposer autant que tu veux. Tu es en sécurité ici. »

Ce n’était visiblement pas suffisant pour la rassurer, puisqu’elle ne revenait pas s’asseoir. Au moins s’arrêtait-elle contre le mur, déjà.

« C’est toujours un peu long, un examen médical, ne t’inquiètes pas… »

Mais, une fois encore, ses paroles ne paraissaient pas avoir l’effet escompté. Beith se sentit désemparée. Elle lui avait assuré qu’elle était en sécurité, qu’elle disposait de tout le temps nécessaire pour se remettre de ses émotions, mais ce n’était pas assez. Peut-être devrait-elle préciser que, si elle ne s’habituait vraiment pas, elle serait toujours libre de tout oublier et de rentrer chez elle ?

Elle n’eut toutefois pas le temps d’ouvrir la bouche que Jorgga semblait avoir trouvé un regain d’énergie et bondissait vers la porte. Surprise, la dragonne mit quelques fractions de secondes à réagir, avant de se précipiter à sa poursuite. Elle n’eut pas à aller bien loin pourtant, puisque la gamine n’était qu’à quelques pas de l’infirmerie, à genoux, en train de rendre le peu que contenait encore son estomac. Avec un soupir, Beith s’approcha doucement avant de repérer le sang qui perlait au coin de ses lèvres. Elle déchira le bas de sa jupe – dont la longueur en temps normal choquait déjà les plus prudes des Célestes, ils pousseraient sans doute les hauts cris s’ils la voyaient en cet instant… tant pis pour eux – et posa une main légère sur l’épaule de l’aspirante.

« Ce n’était pas la peine de courir, tu sais, le sol de l’infirmerie en a vu d’autres… Tiens, ajouta-t-elle en lui tendant le morceau de tissu, essuies-toi si tu veux. »

Malgré son calme apparent, la dragonne n’en menait pas large.

*Elle s’est sauvée ! Et elle n’a vraiment pas l’air bien…*
*Qu’est-ce que tu racontes, Bêtise ?*
*On est dans la rue et elle a rendu la tisane qu’elle vient d’avaler.*
*Et bien, ramène-la.*
*Et comment je fais si elle ne veut pas ?*

Dans la salle de soins, Selcot se retint de lever les yeux au ciel. En vrai, Beith savait très bien comment faire. Mais attraper la gamine pour la ramener de force jusqu’à l’infirmerie n’était sans doute pas le meilleur moyen de la mettre en confiance, effectivement. Le guérisseur jeta un œil à son patient qui ne devait pas être loin de rejoindre le monde d’Aran’Rhiod – si ce n’était pas déjà fait.

« Bon. Je crois que j’ai une autre patiente qui m’attend… soupira-t-il avec ostentation, tout en adressant un sourire à Norloth. Reposez-vous bien… et pas de bêtises ! »

Avec le lait de pavot, Alta-chou allait avoir du mal de toute manière, et l’elfe quitta donc la pièce pour prendre la direction de la rue où Beith tentait de diriger Jo-choupie vers l’intérieur.

« Tu seras mieux à l’intérieur, les rues vont bientôt grouiller de monde, tu sais ? »

« Et Alta dort comme un bébé, il n’est pas si amoché que ça ! renchérit Selcot en arrivant. On y va ? »


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeLun 15 Fév 2021 - 19:55

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Altahir n'avait pas répondu tout de suite, laissant le temps à son ami de l'ausculter comme il se devait pour que l'elfe soit rassurer de son état et qu'il n'y avait rien de plus grave autre que les blessures et contusions visibles et décrites par le Maître-dragon. En même temps, comment répondre de manière spontanée quand les effets du lait de pavot commençaient à se faire sentir ? Bon, en même temps, l'humain préférait faire silence le temps que Selcot fasse son auscultation, pour avoir un diagnostic précis et sans avoir à se faire distraire par les frasques verbales du ''blessé''

Une fois que le jeune guérisseur eut passé la bougie devant chaque œil de l'humain, pour s'assurer de pas trouver certains symptômes graves propre à des coups reçus sur la tête ; ou autre, Altahir se frotta un peu les yeux, fronçant le nez à l'odeur de la cire brûlée une fois la flamme soufflée.

''Songe à demander des bougies avec des odeurs un peu plus florales... Sauf si tu me sors encore une réplique pour contrer cette idée ?''

Il ricana brièvement. Selcot arrivait toujours à trouver quelque chose à redire à ses paroles. Et cela ne paraissait pas changer au fil des années passant. Sacré Selcot. Mine de rien, même avec sa modestie qu'il avait encore remis sur la table, Altahir n'oubliait pas l'importance que l'elfe avait pu avoir des années auparavant, les cicatrices qu'il portait sur son dos témoignaient encore de la gravité de l'attaque tranchante d'un dragon ardent reçue durant la guerre. Qui sait, hormis peut être le Maître Guérisseur en personne, aurait pu le soigner avec suffisamment d'habilité pour ne plus vraiment avoir de séquelles ? Mais pour ne pas perturber la modestie naturelle de son ami elfique, il ne remit donc pas le couvert à ce sujet. Et il ne rebondit plus sur le cas de Peddyr. Un céleste n'était pas l'autre après tout.

''Pour en revenir à la prétendue corruption... comme si tu étais à cent pour cent honnête. Je suis sûr que dans les prochains jours, j'arriverai bien à suffisamment te ''convaincre'' de venir avec moi. Tu ne pourras pas te plaindre de boire seul des cocktails... avec ou sans boulot. Tu parles d'un malheur en soi, ahahaha !''

Le lait de pavot apportait doucement son petit lot de détente musculaire. Ne pas lutter que disait Selcot... Et bien si ! Altahir allait encore un peu lutter pour ne pas sombrer d'un coup devant l'Elfe. Un peu de dignité, que diantre !  D'ailleurs, en parlant de dignité...

''Je n'ai pas du tout perdu la main. J'aurai bien voulu d'y voir, toi, devant une grosse armoire plus large et plus haute que toi. Donc dans un sens, je m'en tire relativement bien, pour un maigrelet comme moi devant un colosse. Donc t'es certain que tu ne veux pas que je narres avec détail ce qui s'est tramé, du début jusqu'à la fin ? Ca éviterait d'entendre des sifflements à mes oreilles, quelque peu surpris de voir des ecchymoses à mes côtes. Et puis, tu as déjà vu pire chez moi, hein...''

Ah oui, il avait oublié qu'il ne reviendrait pas dessus... Fichu lait de pavot qui lui embrouillait l'esprit. Peut être qu'il était temps de se laisser aller à ce remède d'endormissement. Il se frotta encore les yeux et s'affala à moitié dans ce qui servait de lit de consultation.

''Allez, vas y, je fais la promesse de pas me sauver quand tu partiras. Et puis, avec ce que j'ai ingéré, je vais plus me vautrer à l'extérieur et devenir source de raillerie. Je tiens toujours à ma dignité, hein... Même si tu seras capable de le contredire. Allez zou...sauve toi. ''

De son côté, Norloth qui attendait silencieusement dans son coin, n'avait pas manqué de lever des yeux vers les cieux. Son lié ne changera jamais, même quand il avait une ou deux côtes blessées ; preuve qu'il n'était pas mourant ou qui se croyait au porte de la mort pour attirer l'attention sur lui. Puis, quand il reporta son attention sur son lié, celui-ci, qui n'avait plus besoin de lutter contre le lait de pavot, s'était aussitôt laissé emporter par le sommeil. Il en profita alors pour rejoindre Selcot et Beith, qui essayait de convaincre Jorgga de rentrer à l'intérieur. Au vue de ce qu'il avait pu percevoir, elle n'était clairement pas dans son assiette. Il allait tenter de la persuader  de se détendre un peu et surtout, de penser à autre chose.

''Tiens, jeune Jorgga, te revoilà. Tu devrais écouter Beith et Selcot. te reposer à l'intérieur ne pourra que d'être profitable... et tu sais pourquoi ? ''

Il fit un bien étrange sourire.

''Ce sera l'occasion de voir mon lié ronfler....''

Et il gloussa. Car, il n'avait pas besoin de le voir pour savoir qu'il avait énoncé la vérité. Une fois à l'intérieur, il sera facile de voir un Altahir allongé sur le dos, en train de doucement ronfler, un bras passé sur le visage pour faireécran sur les yeux. Imaginez la posture.....en plus, sans chemise.[/color]


L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeSam 3 Avr 2021 - 22:50

Quelle humiliation ! Pourvu qu’elle ne se remette pas à vomir ! Encore que ce serait préférable à une nouvelle crise de larmes…
Le souffle court, les lèvres tremblantes et le regard empli d’une indicible colère, Jorgga aboya quelques affreux jurons dans un dialecte Undòmërek, attirant sur elle l’attention d’une poignée de badauds que les premiers rayons du soleil jaune - et sans doute quelques immanquables devoirs - avaient prématurément sorti de leurs lits. D’ordinaire plutôt réservée, la jeune femme n’employait cette langue d’une aigreur, d’une dureté, d’un relief et d’une couleur tout à fait différentes du Rhaëgar que lorsqu’elle ne souhaitait pas être comprise des étrangers de passage au sein de son village. Mais aujourd’hui, un tel manque de retenue - si tant est que les hommes et femmes de son peuple en possèdent - trahissait plus vivement un mal-être qu’une simple indélicatesse à l’égard de l’un de ses hôtes.

« - Je vais bien, marmonna-t-elle dans sa langue natale, comme pour se convaincre elle-même que c’était vraiment le cas. Je vais parfaitement bien...Tout va aller pour le mieux à présent. »

Jorgga luttait contre la sensation de nausée qui lui soulevait de nouveau le coeur lorsqu’elle sentit une main se poser sur son épaule, tandis que la voix d’une femme lui disait des paroles dont elle ne perçut que quelques bribes de mots. A son contact, la jeune femme se figea sur place, tétanisée, saisie du même effroi qui s’emparait d’elle dans ses plus sombres cauchemars, avec la désagréable sensation que tout se déroulait au ralenti tandis qu’elle s’efforçait de hurler sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche.
Se courbant en avant dans une vaine et absurde tentative de fuite, l’aspirante tourna vivement la tête et reconnut enfin Beith, qui l’avait suivi jusque dans la ruelle. Par tous les dieux du Rhaëg ! Cette femme - dragonne ? - ne lâchait donc jamais prise ?

« - Je pouvais parfaitement me débrouiller toute seule, protesta la jeune femme à voix basse en attrapant du bout de ses doigts le tissu que Beith lui tendait. Je n’ai pas besoin que l’on me...»

La jeune femme acheva sa phrase sur des mots fiévreux, inintelligibles. Tremblant de tout son être, elle passa sa main dans ses cheveux humides, puis ferma les yeux quelques secondes, s’efforçant de faire ralentir les battements effrénés de son coeur. Mais lorsque l’image de la mort de Grim s’insinua de nouveau dans son esprit, elle rouvrit brusquement les paupières. Pourrait-elle seulement un jour fermer les yeux sans revivre ce moment difficile ? Retrouver paix et bonheur véritable ? Ereintée, Jorgga essuya une larme sur sa joue puis se laissa aller contre Beith, comme une enfant en quête de réconfort maternel. La tête posée contre sa poitrine dans une sorte de pudeur craintive, elle était assaillie par un tourbillon d’émotions contradictoires et complexes : gratitude, joie, excitation, amertume, colère, effroi, doute, culpabilité...Des sentiments qui, découvrait-elle, allaient de pair avec la révélation d’une nouvelle vie...même si cette dernière était construite sur les ruines de l’ancienne.

Quelques secondes qui semblèrent durer une éternité s’écoulèrent avant que Jorgga ne respire profondément et ne se redresse, soutenue par Beith. Avec une incroyable douceur, cette dernière essaya de l’entraîner vers les grandes portes en bois taillé de l’infirmerie, mais la jeune femme restait aussi immobile que si elle était un chêne profondément enraciné au sol. Ses yeux bleus à demi-fermés, où étincelait la douce lumière de l’aube, n’avaient pas encore quitté les pavés immaculés de la ruelle lorsque le guérisseur vint à leur rencontre. A l’approche de Selcot, Jorgga serra ses doigts autour du bras de la dragonne jusqu’à ce que leurs jointures blanchissent. Puis ses lèvres s’agitèrent comme si elle cherchait à confier ce qui lui faisait si peur, mais aucun mot ne s’échappa de sa bouche. A présent, elle attendait des nouvelles de son Maître dans une angoisse inexprimable.

« - Merci...souffla la jeune femme en soupirant de soulagement. C’est vraiment une très bonne nouvelle... »

Etait-ce les dieux qu’elle remerciant ainsi ? Ou bien Selcot ? Quoi qu’il en soit, Altahir était en vie et c’était là tout ce qui comptait.

« - Je n’ai pas be… commença à formuler Jorgga, avant d’être interrompue par l’arrivée de Norloth, qui avait quitté le chevet de son Liée pour les retrouver tous les trois dans la ruelle. Balbutant, la jeune femme rougit de honte, avant de reprendre : Altahir doit se reposer. Et je...Je ne suis pas blessée...j’ai juste...j’ai juste besoin de...»

...de me reposer, finit-elle pour elle-même, n’osant pas aller plus loin dans ses paroles.

Résignée, Jorgga céda et laissa Beith la guider à l’intérieur de la bâtisse. Le long couloir qui la séparait de la salle de soins lui semblait toujours vouloir s’allonger à mesure qu’elle avançait, la gorge nouée par une angoisse abominable. Une odeur presque effacée, qui ne l’avait pas dérangé jusqu’à maintenant, imprégnait les murs, le parquet et les longs rideaux blancs qui gonflaient sous un souffle de vent. Des plantes brûlées ? Non. De l’alcool, très certainement. C’était une odeur aigre, presque acide, qui lui rappelait beaucoup celle de l’eau de vie de son père. Le précieux liquide, qu’il conservait dans une épaisse gourde en peau de bouc, lui était exclusivement réservé. Nul autre que lui n’avait droit d’y goûter, sous peine de recevoir une sévère et surtout mémorable correction. Fronçant le nez à ce souvenir, la jeune femme s’arrêta au milieu du couloir, à quelques pas seulement de la pièce où se reposait Altahir. Son regard se posa sur la porte peinte, puis elle fixa le plafond d’un regard vague, brumeux. Elle aurait voulu le voir ; le voir dormir profondément, son torse se soulevant et s’abaissant au rythme régulier de sa respiration ; le voir vivre.

Sentant les deux hommes se rapprocher derrière elle, Jorgga se laissa de nouveau entraîner vers une petite pièce située tout au fond du corridor. Ses longs cheveux flottant épars sur ses épaisses peaux de bête, elle ressera sa cape autour d’elle puis s’assit au bord du petit lit, ses yeux comme plongés dans une sorte de contemplation intérieure. La jeune femme tombait de fatigue, mais ne songea même pas à se coucher. Elle resta ainsi longtemps, fuyant du regard les silhouettes présentes dans la pièce, se demandant même parfois ce qu’elle faisait là.

« - Dites...Je n’aime vraiment pas cet endroit, dit-elle maladroitement, relevant ses genoux contre son menton. Je peux retourner à mes appartements, maintenant qu'Altahir va mieux ? »
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Arjuna Tlaloc
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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeVen 23 Avr 2021 - 23:50


Raconter des bêtises, c’était bien. Mais examiner son patient consciencieusement, c’était mieux. Pas que Selcot ne soit pas capable de faire les deux en même temps – il était multi-tâches – mais c’était quand même plus facile de ne faire qu’une seule chose à la fois. Aussi, puisqu’Altahir ne renchérissait pas, l’elfe garda-t-il le silence le temps de terminer son examen. Le maître brun avait beau dire, Selcot s’efforçait d’être aussi délicat que possible, mais il pouvait difficilement poser un diagnostic sans toucher un minimum les zones blessées. Heureusement, il put constater assez vite que les dégâts n’étaient pas trop importants et que, à l’exception des côtes cassées, tout rentrerait dans l’ordre après une bonne réhydratation et un sommeil réparateur.

Le guérisseur, soulagé par ce constat satisfait d’avoir terminé la partie la plus technique, ne réprima donc pas un vrai sourire malicieux quand Alta-chou trouva encore quelque chose à redire… sur l’odeur de la bougie, cette fois.

« Avoue que tu serais déçu si je ne répondais pas, rétorqua Selcot, taquin. Et je suis sûr que tu serais capable de te faire taper sur la tête exprès, juste pour venir sentir la bougie parfumée ! »

Il donna son verre d’eau au maître brun et commença à ranger son matériel d’examen pendant qu’il était à nouveau question de corruption et d’aller boire des cocktails. L’elfe retrouva instantanément son air de chien battu, comme s’il ne l’avait jamais quitté.

« Donc c’est bien ça ! Tu te moques que je puisse perdre mon travail ! Tu ris même de mon éventuel malheur ! s’offusqua-t-il, presque choqué. Tu vas m’en devoir des cocktails pour compenser, ça c’est sûr ! »

Il aurait pu continuer longtemps comme ça, mais il fallait vraiment qu’Alta-chou se repose… et il n’oubliait pas qu’il avait une autre patiente qui l’attendait. De toute façon, avec le lait de pavot, le maître brun n’allait pas tarder à sombrer, même s’il faisait de son mieux pour résister. Mais Selcot n’était pas dupe. Ses paroles, si elles gardaient le même ton que d’habitude, se faisaient plus embrouillées. Voilà qu’il revenait sur la bagarre et proposait de tout raconter par le menu alors que, quelques instants plus tôt, il râlait à l’idée de devoir tout détailler. Et il dérivait même sur de vieilles histoires de vieilles blessures… Tsss. Ça lui déliait un peu trop la langue, tout ça !

« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, » émit joyeusement le chevalier vert en faisant mine de ne pas comprendre.

Il aurait pu trouver un millier d’idées pour changer de sujet, mais Beith choisit cet instant pour lui en fournir une sur un plateau. La petite avait apparemment décidé de fuir l’infirmerie et il était donc temps d’aller s’occuper d’elle – et de prendre le relai de sa sienne merveilleuse qui paniquait bien plus facilement devant une gamine perdue que face à une phalange de guerriers entraînés. Il prit donc congé d’Alta-chou et quitta la pièce dans un dernier éclat de rire, en réponse aux dernières paroles du maître brun.

« C’est ça ! On reparlera de ta dignité quand tu tiendras debout. Et après quelques verres de cocktail ! »

Pendant ce temps, dehors, Beith s’approchait de l’aspirante épuisée. Elle sentit la jeune fille se raidir à son contact, lorsqu’elle posa sa main sur son épaule, et faillit la lâcher sous le coup de la surprise et de la consternation. Était-elle si terrifiante que ça, qu’elle tétanise sa protégée par son simple toucher ? Quand elle disait qu’elle n’était pas faite pour rassurer les gamines effrayées ! Heureusement, avant que la dragonne ne puisse se poser plus de questions sur ce qu’aurait fait Mâyuri ou Selcot, Jorgga accepta le morceau de tissu qu’elle lui tendait. Tâchant de garder une voix calme et détachée, alors qu’elle n’en menait pas bien large, la verte hocha tranquillement la tête en réponse aux protestations de la jeune fille qui assurait ne pas avoir besoin d’aide. Vraiment. Même un gamin de trois ans ne s’y ferait pas prendre.

« Je sais, je sais. Tu es forte et indépendante. Mais tu n’as quand même rien pour t’essuyer la bouch… »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que l’adolescente se blottissait contre elle. Surprise à nouveau, Beith réagit cette fois par réflexe : elle entoura les épaules de l’aspirante de son bras et la serra contre elle, le temps nécessaire à ce qu’elle retrouve un semblant d’empire sur elle-même. Mais elle relâcha son étreinte à la seconde où Jorgga fit mine de s’écarter et l’aida à se redresser puis à se lever. Maintenant qu’elles étaient debout, elle l’aurait bien entraînée vers l’infirmerie mais même la mention de la foule qui pouvait remplir bientôt les rues, ne semblait pas suffisante pour motiver la jeune fille à bouger.

Ce fut cet instant que choisit Selcot pour les rejoindre. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour rejoindre la sortie de l’infirmerie et repérer Bêtise et Jo-choupie, et il ne manqua pas l’anxiété de la jeune fille à son approche. Heureusement, les nouvelles d’Alta-chou paraissaient la rassurer et l’arrivée de Norloth sembla même lui délier la langue. L’elfe adressa un sourire amusé à sa sienne merveilleuse qui fronçait les sourcils à la taquinerie du dragon brun – sérieusement ? déranger le sommeil de son Lié ? et faire rougir son aspirante ? c’était du propre ! – et hocha la tête aux bredouillements de Jorgga.

« Tu as besoin de nous suivre, oui, oui, c’est parfaitement ça, » acquiesça-t-il l’air de rien, avant d’emboîter le pas aux deux femmes qui reprenaient enfin le chemin de l’infirmerie.

L’elfe n’intervint pas, laissant sa verte mener la petite jusqu’à la deuxième salle d’examen. Beith connaissait les lieux et, visiblement, sa présence rassurait la gamine. Lorsqu’il entra dans la pièce, ce fut pour constater que la dragonne avait réussi à faire asseoir Jorgga sur le lit mais que celle-ci luttait toujours contre la fatigue. Ce n’était pas normal. Elle était à présent rassurée sur l’état de son maître et en sécurité en présence des deux dragons… elle aurait dû se laisser aller au lieu de résister encore et toujours au mépris de tous les signaux que lui envoyait son corps épuisé.

« J’ai bien peur de ne pas pouvoir te laisser rentrer chez toi tout de suite, répondit Selcot d’un ton léger. C’est la guérisseuse Nashira qui a décoré cette pièce et elle va être catastrophée d’apprendre que ça ne te plaît pas. Il faut ab-so-lu-ment que tu sois là quand elle arrivera pour lui dire ce qui ne va pas. »

Il s’assit sur le fauteuil qui se trouvait près du lit sans faire mine de s’approcher de la gamine pour le moment.

« Mais elle n’est jamais très matinale, mentit-il pour continuer sur sa lancée, donc tu vas avoir le temps de te reposer un peu avant. Tu vas pouvoir tester le matelas comme ça et nous dire s’il est assez confortable… ça tombe bien, hein ! »

Il lui offrit un sourire espiègle et un clin d’œil.

« Bon, par contre, il va falloir que je t’examine, Alta a dit que tu t’étais bagarrée aussi… Imagine si Tybalt-le-Tyran apprend que j’ai négligé mon travail ! Je me ferai taper sur les doigts ! Bêtise et Norloth peuvent rester ou sortir, c’est comme tu veux. »


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MessageSujet: Re: [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux   [RP] Arrivée d'une montagnarde des cieux Icon_minitimeJeu 29 Avr 2021 - 20:08

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Alala. Qu'est ce que serait la vie d'Altahir sans Selcot, avec cette saveur bon enfant qu'il entretenait avec l'Elfe. En  même temps, les deux hommes se connaissaient depuis des années, autant pour quelques bonnes cuites prises ensemble que pour de menues petites situations hasardeuses dans lesquelles l'humain avait entraîné le malheureux soigneur ; heureusement qui n'eurent aucune conséquences pour la suite de leur parcours de chevaliers-dragons. Mais était-ce toujours Altahir qui entraînait son ami dans quelques voies un peu ardues ? N 'y avait-il pas eu l'inverse des fois ? ? Il serait difficile de le savoir sans interroger les intéressés. et cela fera l'objet d'une autre histoire.

Car là, maintenant, le Maître-Brun  ne picolait pas en la joyeuse compagnie de Selcot, il dormait profondément dans sa salle de soin. Le lait de pavot avait fait son office. Autant cela lui épargnait les effets douloureux des coups reçus lors de la confrontation avec le colosse ahuri du village de Jorgga, que cela permettait surtout à Selcot de ne pas l'avoir dans les pattes, pendant qu'il s'occupait de la jeune montagnarde, pour tenter de la convaincre de se reposer ; de réellement se reposer en dormant, en fermant les paupières, en s'enfonçant dans les bras d'Aran'Rhiod. Qui sait comment elle aurait réagi en la présence physique de son Maître. Aurait-elle replongée dans la culpabilité ? Aurait-elle eu le temps de se morfondre comme tantôt en la présence de Selcot et de Beith ? Les réponses possibles s'orientaient déjà vers le ''non''. Elle n'était pas toute seule et Selcot aurait pris soin à ce qu'elle ne sombre pas à nouveau, pour qu'elle puisse trouver le repos dont elle avait besoin.

Et le repos, elle le trouvera, maintenant qu'elle était entre de bonnes mains. Entourée de Selcot, Beith et de Norloth, comment ne pourrait-elle pas se sentir protégée ? Au moins, la présence du Brun avait tôt fait de la rassurer, plus encore quand il apporta des nouvelles qu'avaient guetté ses oreilles féminines. A cela, la Verte avait sourcillé. Norloth n'avait pu s'empêcher de lui adresser un large sourire espiègle, au vue de sa mine quelque offusquée.

°Un peu d'humour peut détendre beaucoup tu sais. Tu devrais essayer une fois, pour voirsongea-t-il en sa direction, avec un ton taquin.

Puis, ce fut direction l'infirmerie. Norloth avait suivi la petite troupe, sondant de temps à autre l'esprit de son lié endormi. Il remuait un peu. L'humain devait entamer un début de rêve. Pendant ce temps, Selcot conversait avec la jeune Aspirante. Il s'assit même prêt du lit, dans un fauteuil habitué à avoir sa présence régulière pour veiller sur le sommeil de ses patients.

Le dragon brun, toujours sous sa forme d'emprunt d'un jeune homme uau visage joyeux et insouciant, observait par après l'échange entre Selcot et la jeune montagnarde.

''Tu vas voir, jeune Aspirante, tu vas tellement bien dormir que tu vas te sentir requinquer comme jamais et...

Il leva un index.

''Ah ! Excusez moi... Je reviens. ''

Il sentait son lié remuer un peu plus que tantôt. Il informa mentalement Beith de son intention de voir ce qui se passait avec son lié et abandonna temporairement les deux autres bipèdes. La chambre qu'occupait le céleste anesthésié par le lait de pavot n'était guère loin. Au moment où la main de Norloth se posa sur la poignée de la porte en vue de l'ouvrir, cette dernière s'ouvrit soudainement, laissant apparaître la silhouette un peu oscillante d'un Altahir endormi, mais debout ! Norloth cligna plusieurs fois des yeux, un peu circonspect. Mais... mais ! Il était endormi son bougre de lié. Depuis quand il était somnambule ? Il se retint de glousser en voyant la fine moustache se mouvoir de droite à gauche pendant que le Maître-Dragon grimaçait... Comme si un truc le perturbait, qu'il sentait un truc louche.

Norloth n'arrivait pas à percevoir les perceptions oniriques. De ce fait, il resta face à lui, prêt à doucement l'orienter vers son lit. Il n'était pas guérisseur, mais il savait les possibles risques de réveiller un somnanbule trop brutalement.

''Diantre.... faut que je me sauve d'ici....''marmonna l'endormi.
''Pour aller où ? ''

Altahir ne répondit pas de suite. Il tenta d'avancer, en titubant un peu. Le dragon posa ses deux mains sur ses épaules nues.

''Pas par là la sortie....''
''Si... et puis.... Selcot ! DEPUIS QUAND TU T'ES MIS A L'EAU ET QUE TU ME DEMANDES DE FAIRE COMME TOI ? JAMAIS DE LA VIE ! ''

Norloth rentra un peu sa tête dans les épaules devant le pseudo hurlement de son lié. POur réagir comme cela, il devait être en plein cauchemar. Ni une ni deux, il le poussa dans sa chambrée.

''Hé ! MAIS JE... MAIS NON ! ''
''Mais si. Et puis, tu vas rentrer hein.''
''Non et non. Je veux partir d'ici. On sert que de l'eau, c'est un scandale ! On... buvait bien.... et d'un coup, Selcot veut boire que de l'eau.. ! un scandale !  ''
''Oui, c'est vrai, c'est scandaleux.... Allez, viens, je vais te mener où boire autre chose que de la flotte....''

Norloth aida Altahir à se retourner pour retourner dans sa chambrée. Heureusement, l'humain ne protesta pas plus et se laissa mener dans le lit, où il se rendormit comme si de rien n'était. Norloth soupira d'aise, ressortit en silence et ferma la porte le plus silencieusement possible. Quand il revient vers le duo Selcot-Beith demeurés auprès de Jorgga, le Brun avait pris un air contrit.

''Il a juste fait un bête rêve. Il dort toujours, rassurez vous. C'était un bête rêve''

Après le petit bazar provoqué par le somnambulisme d'Altahir, Selcot put s'intéresser au cas de la jeune montagnarde. L'effet de ses paroles rassurantes finirent par porter leurs fruits dans l'esprit de l'Aspirante, qui finit par accepter de s'endormir. Et cette fois, ce fut un sommeil bien profond qui l'emporta sur ses angoisses. Ainsi, les deux patients de l'elfe guérisseur purent récupérer pleinement durant la nuit. Norloth garda un oeil sur les deux célestes, pour permettre à Selcot d'aller se reposer lui aussi. Assurément, cette nuit, ces deux là ne prendront pas la poudre d'escampette, le Brun y veillera.

Au lendemain, la jeune montagnarde affichait des joues plus rosés et des yeux moins creusés par un manque évident de repos. Elle paraissait en bonne voie de rétablissement. A condition que ce ne soit pas que pour cette nuit. Elle devra faire plusieurs nuits comme la précédente pour totalement reprendre des forces et être moins prises par ses craintes. Altahir, lui, nul besoin de savoir comment cela allait, on l'entendait déjà ronchonner d'être encore à l'infirmerie. Son lié avait dû le sermonner sans doute au petit matin, quand ce dernier avait cherché à se carapater plus tôt que prévu. Lui aussi était totalement en bonne voie de guérison. Selcot aura de quoi être ravi.


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