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 [RP] Sous le sang de l'ombre

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Marek d'Ardiénor
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Marek d'Ardiénor


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MessageSujet: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeSam 6 Avr 2019 - 19:28

» Précédemment : "Les Glaces Sépulcrales", au Vaendark.

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
Vindavla - Wardruna

~ Premier quartier, Gaïaku 919, au coeur de la Sylve de Nòrui

Dans la lumière déclinante du crépuscule, sous le couvert des arbres à la lisière nord de la Sylve, l’Exilé fixait la silhouette grise et indistincte des Pics de Cendre dans le lointain. Bras croisés, le dos appuyé contre un tronc, Melkor tapi dans l’ombre à quelques pas derrière lui, Martel s’impatientait. Celui qu’ils devaient rencontrer ce soir avait du retard, et cela ne lui plaisait pas du tout.

**S’il nous a trahi, je jure que je le retrouverai et que je lui ferai payer. Je me délecterai de ses hurlements de souffrance et je briserai un par un ses os sous mes crocs.**

Mais avant cela, ce que le grand Bronze oubliait, c’est qu’il leur faudrait fuir et se cacher, une fois encore. Sa mâchoire se contracta, faisant ressortir les reliefs de son visage. Les interminables lunes de privation qu’il avait connu au Vaendark, puis ses quelques semaines de détention au Màr Menel avaient prélevé un lourd tribut sur sa physionomie autrefois déjà anguleuse. Sa musculature autrefois puissante s’était faite plus nerveuse, mais sa peau habituellement pâle arborait maintenant un léger hâle, qui rappelait qu’ils vivaient comme des vagabonds et des fugitifs depuis près de neuf lunes. Seuls ses yeux n’avaient pas changé, d’un bleu pâle rappelant la glace épaisse des profondeurs marines, semblant brûler d’un feu intérieur qui n’avait fait que s’accentuer au fil de ces derniers jours. Leur existence dans la Sylve avait été plus aisée, leur offrant les ressources nécessaires pour regagner des forces. La forêt était suffisamment vaste pour leur offrir un abri sûr, le gibier et les baies sauvages abondait, et en ce mois de Gaïaku, les températures étaient douces, surtout en comparaison au froid mordant du Hjalldimm.
Tout bien pesé, en dépit de son caractère suceptible, le Bronze supportait bien mieux la situation que lui. Ils étaient de retour sur Tol Orëa, son âme-sœur était vivante et en pleine possession de ses facultés mentales et physiques, et avec la même patience qu’un volcan endormi, ils ourdissaient à présent une vengeance bien méritée.

Le Moredhel soupira, sentant à son cou le poids du pendentif à la pierre de lune que Melkor avait réussi à préserver dans sa fuite, percevant son énergie lentement absorbée, pour alimenter le brouillard magique qui leur assurait qu’aucun dragon ne pourrait les détecter. Une fois les Célestes entrés dans le Kaerl des Glaces, les choses s’étaient enchaînées très, même trop vite. Il avait cru pouvoir se jouer d’eux, se servir de la rouquine comme d’un atout, mais l’intervention inattendue de l’Englouti et de son Empereur Noir avait implacablement renversé la balance. Affaibli et incapable de vaincre son adversaire, Melkor avait alors pris la fuite pour venir retrouver son Lié, juste à temps pour que Martel ne lui ordonne de partir, de se cacher, et d’emporter avec lui l’artefact magique. Le Bronze avait tout d’abord refusé de se séparer de lui, et il avait fallu que l’Elfe menace de s’ôter la vie pour qu’il obéisse.
Capturé ensuite par les éclaireurs Célestes et emprisonné au Màr Menel, il était resté serein sachant que Melkor était libre, quelque part au dehors, et qu’il n’aurait de cesse de trouver une solution pour le libérer.

Un rictus de dégoût étira ses lèvres au souvenir de son séjour dans la citadelle volante. Avec la même obstination furieuse que la mer venant grignoter la terre, des vagues de la magie propre au Kaerl s’étaient abattues sur les murailles de son esprit, jour après jour, cherchant à les abattre pour mieux l’envahir. Migraines, malaises et cauchemars, incessants, l’avaient assailli en même temps que les questions de ceux chargés de lui soutirer des informations. Une brume de douleur diffuse noyait sa mémoire sur ce point précis, et c’était une torture supplémentaire pour lui de ne pas se savoir capable de déterminer si, oui ou non, il avait fini par leur céder.
Puis la jeune souveraine du Màr Menel, ses iris plein d’une exécrable compassion, était venue lui annoncer qu’elle avait décidé de le livrer à ses anciens compatriotes, et il s’était retrouvé sans transition, tremblant et ébloui par la lumière du jour, debout face au visage triomphant d'Aodren del Hendrake.

C’était là que Melkor, surgissant de nulle part, ses écailles brillant d’un cuivre sanglant et furieux, était venu l’enlever au nez et à la barbe des envoyés des deux Kaerls. Ils avaient alors quitté la plaine de Lòmëanor pour l’Interstice, avant de surgir tout aussi brutalement en plein coeur de la Sylve. Visiblement épuisé par l’effort, le Bronze soufflait bruyamment, ses côtes se soulevant à un rythme anormal, tandis qu’enroulé autour de l’une de ses cornes, la pierre de lune du pendentif au dragon luisait d’un éclat malsain.
D’un commun accord, ils avaient alors résolu qu’ils ne l’utiliseraient plus qu’en cas d’extrême urgence, tant qu’ils ne seraient pas sûrs de pouvoir rentrer au Màr Tàralöm en toute sécurité.
Car il leur apparaissait clair à présent que le temps était enfin venu pour eux d’agir, et au plus vite. Martel doutait qu’après la cuisante humiliation qu’il venait de faire subir à Aodren – dont il avait appris qu’il avait récupéré ce qui lui appartenait encore avant son bannissement, titre et richesses – celui-ci ne décide de passer l’éponge et de le laisser retomber dans l’oubli. Ils étaient à présent en danger, et le seul moyen de s’en préserver était de devancer l’ennemi.

Aussi le Moredhel, après une courte semaine de réflexion et de repos, avait-il missionné Melkor à Lòmëanor, afin qu’il envoie au Kaerl Ardent un lézard de feu porteur d’un message codé. L’écriture du grand Bronze était maladroite, lui qui était peu habitué à se servir de son corps bipède, mais suffisamment lisible pour remplir son office. La réponse leur était parvenue peu de temps après, assortie d’une curieuse proposition de rencontre. Hélas pour eux, le retard de leur contact n’augurait rien de bon, et il n’était pas à exclure que l'homme les ait effectivement trahis, comme le pensait son Lié.

*Tiens-toi prêt à partir immédiatement.*

***
[RP] Sous le sang de l'ombre Kasim-adrikan-solaufein-2-tol-orea__[RP] Sous le sang de l'ombre Jahangir-Forme-Dragon-Tol-Orea
Kasim "Solaufein" Adrikan & le Noir Jahangir
Spectre des Cendres

Se passant une main lasse sur ses yeux, commençant à accuser la fatigue des jours précédents, il constata que la nuit était finalement tombée, et ce une demi-seconde seulement avant de sentir s’appliquer sur sa gorge le tranchant glacé d’un poignard.

« Aah, ta vigilance n’est plus ce qu’elle était, Martel. Je serais presque déçu. »

Un sourire amusé accroché aux lèvres, vêtu de noir de la tête aux pieds, à l’autre bout de la lame, un jeune Elfe le fixait, attentif au moindre de ses mouvements.

« Quant à toi, je vois que tu n’as rien perdu de ta misérable petite arrogance, Solaufein. »

Ses étranges iris carmin s’élargirent brièvement sous la réprimande, mais c’est sans se départir de son sourire sardonique qu’il écarta son arme, s’inclinant à demi, un poing serré sur le coeur.

« Heill ok sæll, Maître, pardonnez-moi. Vous voilà enfin de retour dans la cour ardente … »

Solaufein Do'Ilisharr, connu sous le nom de Kasim Adrikan au Màr Tàralöm, était originaire tout comme lui d'un clan Moredhel du grand nord de Vaendark, et se présentait comme l’un des Aspirants les plus doués, mais aussi parmi les plus incontrôlables, qu’il lui ait été donné de former. Chevalier Dragon depuis son empreinte avec le Noir Jahangir au printemps 917, Spectre des Cendres, assassin, espion … Le garçon avait visiblement mis à profit ces dernières lunes pour perfectionner ses dons, à moins que ça n’ait simplement été une conséquence logique de sa récente formation au sein d’Oculus.
Et le voilà qui jouait négligemment avec son poignard, admirant d’un air détaché le reflet du croissant de lune sur sa lame, qu’il tenait en équilibre instable, la pointe piquant sa paume gantée, comme s’il ne venait pas de s’en servir pour le menacer. Une fois assuré de sa loyauté, il pourrait se révéler un grand atout dans ses projets …

**Prudence mon frère, je ne ressens pas la présence de Jahangir. Si c’est un piège ...**

Il acquiesça silencieusement, et Melkor se redressa, s’éloignant prudemment du couvert des arbres, humant l’air nocturne à la recherche de son indésirable rejeton, la probabilité qu’il ait laissé son précieux Lié venir seul à la rencontre de son ancien Maître étant somme toute peu crédible.

« Trêve d’amabilités, venons-en au fait. Es-tu prêt à reprendre ta place à mon service ? »

La question n’était que de pure forme, car dans l’éventualité où il refuserait, Martel se verrait obligé de le tuer pour s’assurer de son silence. Relevant les yeux sur son aîné, l’Elfe haussa un sourcil, une moue plus sérieuse s’affichant sur son visage sombre.

« L’équation est simple, Maître, et dépend plus de vous que de moi. Oculus est bien déterminé à me voir rapporter votre tête sur un plateau, et c’est pour cette seule et unique raison que j’ai été autorisé à vous rencontrer ce soir. »

Sous le regard toujours vigilant de Kasim, les iris glacés du Maître Bronze s’étrécirent, et il évalua mentalement ses chances de se débarrasser du jeune assassin. Le connaissant, il devait avoir caché sur lui une multitude d’autres dagues, couteaux, et autres lames courtes qu’il affectionnait particulièrement, mais c’était surtout son pouvoir de camouflage, lui permettant de se cacher dans les ombres, qui était le plus à craindre. Dans le creux de son esprit, il sentit la sinistre approbation de Melkor : la situation était claire, s’il ne parvenait pas à le convaincre, le garçon mourrait, que ce soit de sa main, ou de celle d’Oculus. Il ne comptait pas s’arrêter là, pas après tant de souffrances et d’efforts.
Alors, sans se formaliser de la soudaine et évidente tension de Martel, son cadet soupira, et pointa lentement son poignard dans sa direction. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

« Qu’avez-vous à offrir à Oculus pour les convaincre de non seulement vous laisser en vie, mais de ne pas vous dénoncer aux autorités lors de votre inévitable retour au Màr ? »

***

Les négociations achevées, c’est non sans un certain soulagement amer que le Moredhel avait vu partir son ancien apprenti. Et tandis que Melkor fixait un regard rougeoyant et agressif sur la petite silhouette de Jahangir, ce dernier apostrophait crûment son jeune Lié à propos des risques inconsidérés qu’il avait pris en s’éloignant de lui. Leur relation avait toujours été chaotique, le Noir faisant preuve d’une possessivité passablement dangereuse.

Au cours des jours qui suivirent, ils se rencontrèrent à nouveau plusieurs fois, jusqu’à ce que Kasim ne revienne, porteur d’un sauf-conduit officiel de la part d’Oculus. Alors se laissant tomber sur un genou, s’entaillant la paume de la main sans frémir, il renouvela son serment de loyauté envers son ancien Maître, ses iris carmin brillant d’une lueur féroce à l’idée des combats qu’il serait certainement amené à livrer. Le garçon avait été forgé dans le dépouillement et la douleur, et avait une façon toute personnelle de goûter aux plaisirs de l’existence. Il ne se sentait pleinement vivant que lors de ses missions, et pour peu que l’on acceptait de lui laisser la bride sur le cou, la récompense était souvent à la hauteur des espérances ...

C’est ainsi que, sous couvert d’agir pour Oculus, le jeune Spectre des Cendres s’affaira à contacter divers potentiels alliés au sein du Màr Tàralöm, les sondant subtilement pour connaître leur allégeance. Qui soutiendraient-ils en cas de guerre interne ? Quels risques étaient-ils prêts à prendre ? Il apparu rapidement que la situation n’était guère reluisante, l’opinion publique étant peu favorable envers l’Exilé. Face à cette conclusion, Martel envisagea longuement l’éventualité d’envoyer le Chevalier solliciter l’aide d’Eléderkan, mais la pensée de devoir supplier son frère ennemi était bien trop humiliante pour qu’il ne se décide à céder à cette ridicule fantaisie. A quoi cela aboutirait-il de toute façon ? A rien, sans aucun doute. Eléderkan était bien trop satisfait de ramper aux pieds d’Iskuvar pour se retourner contre son Seigneur.

Enfin, fin Gaïaku, alors que Iolya décroissait lentement dans le ciel Tol Orëanéen, Kasim vint lui annoncer qu’il avait pris l’initiative de prendre contact avec Yong’Wu Zenghwei, Haut Représentant des Valheriens, et que celui-ci avait accepté de rencontrer son Maître. Impassible face à la main qui était venue enserrer violemment son cou à l’énoncé de cette nouvelle, il avait croassé qu’Oculus avait depuis longtemps l’oeil sur l’énigmatique Torhil, et qu’il possédait à la fois la richesse et l’influence nécessaire pour le soutenir dans son entreprise. Il fallut encore de bien longues secondes pour que Martel ne parvienne à retrouver son calme et à considérer froidement les bénéfices éventuels d’un accord secret entre lui et le Zenghwei. Il aurait tout à y gagner … Mais aussi et surtout, tout à y perdre.

Se pinçant l’arrête du nez entre le pouce et l’index, ses lèvres tordues en une grimace de dégoût méprisant, c’est ravalant son orgueil qu’il ordonna à son jeune cadet de rentrer au Kaerl pour organiser son retour. L'heure était venue. Lorsqu’il négocierait avec le Valherien, ce serait sur un pied d’égalité, face à face, au Màr Tàralöm.


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeLun 8 Avr 2019 - 16:56

[RP] Sous le sang de l'ombre Yonghate-45f7ffe__[RP] Sous le sang de l'ombre Nushiavatar-5629b58
Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien

~ Dernier quartier, Gaïaku 919, alcôves du Sanctuaire de Flarmya

S’il n’avait pu ôter la vie d’Aodren de ses propres mains, il avait été ravi que son pari fut payant pour lui donner une leçon. Celui qui s’en était allé comme monnaie d’échange pour le retour d’un paria avait fait le travail qu’il attendait de lui et Yong’Wu s’en souviendrait.
S’il y aurait eu des avantages à le garder au sein du Kaerl Ardent, son retour à Menel offrait maintes possibilités à l’avenir, il suffisait d’être patient et Yong’Wu était quelqu’un de très patient.

Il s’était donc attelé à une autre tâche en attendant le retour d’un Maître au nom honni en ces lieux. Reforger les Valheriens sous sa poigne de fer, remettre leurs idéaux sur de bons rails n’avait pas été de tout repos et il avait maintenant collecté quelques phalanges de plus à ceux qui avaient tenté de l’évincer. Yong’Wu laissait ce genre d’animal en vie, ils étaient utiles une fois sous le joug de la peur et servaient d’avertissements aux autres. Quoi qu’il en soit, le racisme prédominant était maintenant murmures, les nobles se gorgeant de vin et sans honneur se montraient aujourd’hui ascètes et durs à la tâche, car la brutalité ne servait que si celle-ci était utilisée à juste mesure, la carotte était toujours préférable au bâton pour s’assurer fidélité, si tant est que ce mot put être utilisé au Kaerl Ardent.

C’était alors qu’il découvrit une missive sous sa porte, elle était restée quelques jours sur un bureau, observée sous tout les angles. Yong’Wu n’était point fol, à touiller les sensibilités de nobliauds prompt à la colère tels les enfants qu’ils étaient, il s’était mis en danger et le Torhil était tout sauf écervelé. Une fois ouverte, les mots le firent sourire puis rire tandis qu’il lisait, ses mains gantées tenaient le papier éloigné de son visage : bien des fols étaient morts en ignorant que du papier pouvait être imprégné de poison ou que de la poussière d’encre était une méthode d’assassinat répandue dans les hautes sphères. Il glissa celui-ci à nouveau dans l’enveloppe avant de le jeter dans un pot d’alcool clair pour le laisser se dissoudre lentement, le dit pot fut placé sur le rebord de la mince fenêtre de son weyr pour plusieurs jours, il s’en débarrasserait en temps voulu.

La voix vint siffler dans son esprit, sombre et amusée :

°Ils pourraient être utiles, tout les quatre. Le fait de t’approcher montre un grand désespoir, il n’existe pas de vin plus agréable.°

Défaisant ses gants et les jetant dans l’âtre, le Torhil ne pu s’empêcher de glousser d’amusement. Le Blanc avait bien raison : on lui donnait une sucrerie et un atout sur un plateau d’argent, il ne s’en priverait pas. Mais prudence était mère de sûreté, il rencontrerait le vassal là où le public était présent mais où l’intimité d’une conversation pouvait être protégée : aux bains.

C’est en barbotant entre les volutes de vapeur qu’ils discutèrent, qu’ils s’arrangèrent et que Yong’Wu posa ses yeux sur Kasim lui faisant bien comprendre de par ce regard l’Elfe était maintenant sous sa loupe à tout jamais. Ainsi se prit le rendez-vous entre l’Exilé et le Sang et il attendait avec une certaine impatience le jour convenu.

Laissant glisser deux doigts sur les pierres du Sanctuaire il sourit intérieurement en pensant à tout ces nigauds qui prenaient cet endroit pour un lieu Saint. Ah s’ils savaient quelles horreurs et débauches avaient pu avoir lieu juste derrière ces murs à l’abri des regards, s’ils savaient quels textes parsemaient les étagères cachées, s’ils savaient que ces pierres avaient été abreuvées de tant de sang que celles-ci auraient pu avoir une conscience et des espoirs.

Mais il n’était pas là pour ça, il s’adossa à un mur dans une pièce isolée, l’une de ces pièces de méditations pour ceux souhaitant se rapprocher des dieux par la prière. Son visage n’exprimait rien de ses pensées, sa toge lie-de-vin montrant qu’il ne portait pas de protection mais aussi le fait tout simple qu’il ne craignait point l’Exilé et que celui-ci entrait dans la cage d’un très dangereux prédateur.

Nushi était là, toujours présent, caché dans les ombres sous sa forme humaine et à la respiration à peine discernable. Le Blanc ne quittait jamais son Lié même si bien souvent il choisissait de ne pas intervenir car leurs âmes étaient entremêlées, ils n’étaient qu’Uns.

« Cela faisait bien longtemps, Maître Dehlekna. »

Il planta les deux morceaux d’ombre qu’étaient ses yeux dans ceux de l’Exilé à l’instant même où celui-ci était entré. Il n’y avait rien dans ses yeux, la plus parfaite neutralité, celle exercée par les politiciens de renom, ceux qui embrassaient le front des nouveaux-nés avant d’envoyer leurs pères à la mort sur une simple dispute de territoire.

« Ton Sbire a été convaincant mais j’attends de toi des mots qui me feront trancher sur le oui ou le non. » Il leva l’index pour signifier qu’il n’avait pas terminé sa phrase, se remettant droit et quittant le mur pour dominer l’Elfe de toute sa hauteur. « Je ne suis pas l’un de ces nobles de pacotille que l’on séduit avec de belles paroles, tu es aux pieds du mur, sinon je ne serai pas là aujourd’hui aussi ne me fais pas perdre mon temps. J’ose croire que nous nous sommes compris sur ce point ? Maintenant, Parles. »
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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeLun 15 Avr 2019 - 19:30

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
We Rise Above - Arcana

Lorsque le jour dit arriva, Martel était fin prêt. Avec l’aide de Melkor, et celle, plus discrète, de Kasim, il s’était procuré le matériel qu’il estimait être nécessaire pour son retour au Màr Tàralöm. Il avait longuement réfléchi, passé en revue sa stratégie, son argumentaire, sans pour autant en être satisfait. Sa situation lui évoquait bien trop celle d’un mendiant réduit à quémander l’aide de plus puissant que soi. Il serait à la merci du Valherien, mais comptait bien vendre chèrement sa peau s’ils devaient en arriver à se battre. Il n’avait pas pleinement récupéré la force physique qui était la sienne avant son bannissement, mais estimait être en capacité de tenir tête au Zenghwei … Le tout était de savoir pendant combien de temps. Il serra les poings, se focalisant mentalement sur son objectif, écartant toute autre pensée parasite. Aujourd’hui comme autrefois, il refusait d’envisager l’échec.
L’impatience le brûlait de l’intérieur, accélérant sans fin son rythme cardiaque, se manifestant plus encore chez son Lié, par une irascibilité encore plus marquée qu’à l’habitude. Il ne supportait plus cette attente. Le grand Bronze allait et venait derrière lui, occupant tout l’espace de cette petite grotte des Pics de Cendre qu’ils avaient choisi comme avant-poste, ses griffes raclant sinistrement la pierre. Le dragon n’approuvait pas sa rencontre avec le Zenghwei, cultivant quelque rancoeur à l’égard de ce Blanc prétentieux de Nushi, et n’éprouvant aucune confiance envers son pédant de Torhil. C’était bien trop dangereux.
Quant à remettre leur sort entre les mains de ce jeune chien fou de Solaufein, c’était pour lui de la pure inconscience. Il refusait de jouer la vie de son âme-soeur sur un vulgaire jet de dés. Mais Martel était borné, d’une obstination qui confinait parfois à l’aveuglement, et refusait d’en démordre. Quoi qu’il puisse advenir, ce dernier se persuadait qu’il parviendrait à tirer son épingle du jeu.

*Bientôt, Melkor, tu comprendras ...*

Pour toute réponse, le Bronze grogna, menaçant. Il irait là où son Lié irait, et il jetterait sans hésitation tout son être dans la bataille. Il avait hâte d’en finir avec ces atermoiements incessants, hâte de pouvoir sentir le goût du sang de leurs ennemis sur sa langue.
Levant alors le ciel vers le ciel nocturne, tout enténébré de nuages, l’Elfe savoura un instant le contact rafraîchissant de la pluie sur son visage, le pendentif à la pierre de lune luisant mornement sur sa poitrine. Les astres dont la pierre tirait son nom étaient invisibles, et la nuit était étrangement calme, silencieuse, comme si la nature retenait son souffle. L’abondante averse leur faciliterait la tâche, les masquant aux éventuels regards inquisiteurs qui pourraient se poser sur eux lors de leur entrée au Kaerl. Bientôt …

Lorsque Kasim arriva enfin, son visage inhabituellement sérieux en dehors du feu contenu qui couvait dans son regard carmin, c’est sans un mot qu’il lui emboîta le pas, se préparant à une marche ardue et dangereuse à travers la montagne.

***

Lorsqu’ils se présentèrent aux portes du Màr Tàralöm une bonne heure plus tard, aucun garde n’était en vue, mais le son d’une conversation étouffée provenait d’une petite guérite qui leur étaient accolée. Qui s’attendrait à ce que l’Exilé ne revienne en sa demeure légitime par l’entrée principale du Kaerl ? Quel serviteur sain d’esprit irait interroger un Chevalier Dragon, Spectre des Cendres de surcroît, sur les missions qu’il prétendait accomplir ? Par mesure de sécurité, Kasim avait tout de même généreusement dispensé les soldats, Non-Doués, de faire attention à ses nombreuses allées et venues. L’or valait mieux que les menaces, et gardait bien mieux les bouches convenablement closes, d’autant plus lorsque l’homme se montrait amical, partageant volontiers une chope de bière avec eux lorsque l’occasion se présentait. Leur loyauté, quoi que coûteusement acquise, était leur meilleure assurance vie ce soir. Nul ne devait être prévenus de leur présence au Kaerl.

Melkor sur ses talons sous sa forme humanoïde, l’Elfe put sentir la vague d’émotion violente qui traversa son Lié à la vue du Val endormi, à la lueur vacillante des torchères qui l’éclairait. Enfin, ils étaient de retour chez eux. Tout ce que ses sens percevaient éveillait en lui des souvenirs malvenus de sa vie passée au Màr Tàralöm, de son aspiranat sous l’égide froidement perfectionniste de Celanduil Huriand, de son Empreinte avec son frère d'âme … Et bien d’autres encore, qu'il pensait pourtant avoir oublié.
Il les repoussa dans un coin de son esprit. Il ne pouvait pas se permettre de se laisser distraire, pas maintenant. Il regrettait simplement de pas pouvoir faire un arrêt par son weyr, afin de récupérer ce qui n’avait pas été pillé par cette vermine rampante de Del Hendrake. Sa rancune et sa haine à son égard avait été mâchée et remâchée au cours des semaines qui avait suivi leur bref face à face dans la plaine de Lòmëanor, et il se jurait qu’il lui ferait chèrement payer son arrogance. Le noble Fëalocë avait cru pouvoir se servir de lui … Ses mâchoires se contractèrent douloureusement, et dans l’ombre profonde de son capuchon, ses iris glacés se firent aussi durs que des agates. Il ne serait la marionnette de personne, ni maintenant, ni jamais.

Pendant les longues minutes qui suivirent, seul le son de leurs bottes claquant sur le sol de marbre se fit entendre, s’élevant sur leur passage en un écho étouffé, troublant le calme nocturne. Et, à leur entrée dans le Sanctuaire, il adressa une pensée ironique à Marek d’Ardiénor. Le prêtre était-il toujours convaincu d’avoir gagné au change entre lui et Aodren, qui l’avait remplacé au Concile en tant que Haut Représentant des Dominants ? Comment réagirait-il s’il apprenait son retour ? Un instant, par pure provocation, il envisagea de le laisser découvrir une partie de ce qui se tramait, juste pour brouiller les pistes et appâter l’Ondin sur leurs traces. Mais il se ravisa aussitôt : le jeu n’en valait pas la chandelle.

Puis, devant lui, Solaufein s’arrêta devant une alcôve parmi tant d’autres, et s’avança pour toquer discrètement à la porte, probablement un code convenu à l’avance. Méfiant, Martel porta la main à son épée, tandis que Melkor s’ébrouait lourdement, reprenant son armure d’écailles cuivrées, prêt à parer à toute éventualité. S’ils mourraient ici ce soir, personne n’en saurait rien ... Le jeune Elfe leur adressa un mince sourire de toute évidence amusé, avant de faire volte-face, pénétrant sans attendre dans la petite pièce. Comptant lentement jusqu’à dix, Martel laissa son Bronze passer devant lui. Rien. En dehors du Zenghwei, nonchalamment appuyé contre un mur, et d’un autel de pierre ouvragée, l’alcôve était vide, chichement éclairée.

**Nushi est présent aussi. Il cherche à masquer sa présence, mais je l'ai senti.**

La pensée se teintait de nuances sanglantes et déplaisantes. Melkor ne goûtait guère aux joutes verbales, et n’attendait qu’une occasion pour en découdre. Pour autant, il se soumit à l’injonction muette de son Lié, s’allongeant dans son dos, les iris rougeoyants, proclamant ouvertement qu’il le protégerait contre toute attaque traîtresse.

Tenant pour une fois sa langue, le Spectre des Cendres s’inclina brièvement devant les deux seigneurs, juste à la limite de ce qui pouvait être considéré comme respectueux considérant leur rang. Puis, il sortit, prenant place devant l’entrée, remontant son manteau à haut col pour se protéger de la pluie, et attira à lui les ombres du Sanctuaire afin de disparaître à la vue d’éventuels passants. La conclusion de cet entretien n’était plus de son ressort. Il veillerait donc à ce que personne ne vienne troubler leurs négociations, jusqu’à ce que l’un ou l’autre ne ressorte de l’alcôve. Mort, ou vif ...

Laissant son interlocuteur prendre l’initiative des salutations, Martel se contenta de l’examiner, notant sa mise apprêtée et l’absence évidente d’armes sur lui. L’Elfe haussa un fin sourcil, repoussant en arrière son capuchon pour révéler sa longue chevelure blanche, soigneusement nattée, ses iris d’un bleu de glace dansant dans son visage anguleux. Etait-il stupide ou bien beaucoup trop confiant en ses capacités de le mettre hors d’état de nuire ? L’homme avait beau avoir fait ses preuves pendant la guerre, rien ne semblait indiquer que toutes ces années de paix et de confort n’avaient pas prélevé leur dû sur lui …

« Cela faisait bien longtemps, Maître Dehlekna. »

Ses sourcils se froncèrent, et il croisa les bras sous le regard impassible du Torhil.

« Maître Zenghwei. Mes affaires m’ont en effet longtemps tenu occupé loin du Màr Tàralöm. »

Puisque l’autre souhaitait faire assaut de banalités, autant le laisser parler. Cela lui laisserait le temps de prendre la mesure de ses attentes ... Mais hélas, le répit fut de courte durée.

« Ton Sbire a été convaincant mais j’attends de toi des mots qui me feront trancher sur le oui ou le non.   Je ne suis pas l’un de ces nobles de pacotille que l’on séduit avec de belles paroles, tu es aux pieds du mur, sinon je ne serai pas là aujourd’hui aussi ne me fais pas perdre mon temps. J’ose croire que nous nous sommes compris sur ce point ? Maintenant. Parles. »

Cette tirade passablement condescendante tout autant que la façon qu'il eut de chercher à le prendre de haut vinrent allumer dans son regard des éclats de colère, tranchants et nettement perceptibles. Prenant une profonde inspiration pour se calmer, il garda un visage de marbre bien que ses jointures blanchies se soient agrippées à l’épais tissus de sa tunique bleu nuit. Pour qui se prenait-il et de quel droit se permettait-il de le tutoyer ? De s’adresser à lui comme à un vulgaire serviteur ? Dans son dos, Melkor émit un grondement sourd, dévoilant ses crocs dans la semi obscurité qui régnait dans la pièce, le bout de sa queue ondoyant comme un serpent prêt à mordre.

**Laisse-moi lui faire comprendre ce qu’il en coûte de s’adresser à toi de cette façon … Tu ne tireras rien de bon de lui, je te l’avais dit !**
*Silence, Melkor.*

Frémissant de tension contenue, il redressa alors le menton pour fixer le Torhil qui le dépassait pourtant de plusieurs mains, et força lentement ses doigts à relâcher leur étreinte, pour retomber à ses côtés. Pas encore. Il devait impérativement garder la tête froide. Une fois qu’il n’aurait plus besoin de lui ...

« J’ai beau avoir été banni, je reste un Maître Dragon du Màr Tàralöm, de rang sinon de titre. Quant à ce que je peux vous offrir en échange de votre collaboration, cela se résume en quelques mots : mes connaissances sur cette cité Valherue abandonnée que j’ai découverte dans le Hjalldimm, ainsi que la promesse de précieux artefacts pour votre Clan. J'estime que vous pourriez être intéressé par cette offre. »

Bien sûr, Martel était parfaitement conscient d’avoir échangé sa vie contre les mêmes assurances auprès d’Oculus. En revanche, il n’avait jamais promis à qui que ce soit une quelconque exclusivité ...


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeVen 19 Avr 2019 - 14:57

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Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien

Il pouvait sentir sur sa peau la colère de l’Elfe Noir et de son Dragon, manquant de sourire il était heureux d’avoir touché sa cible. Que valait un homme brisé dans les rangs du Kaerl si ce n’était plus de problèmes ? Yong’Wu avait confiance en ses compétences martiales mais face au nouveau représentant des Dominants et à un acte passible de trahison il ne pouvait gagner ce genre de guerre sans réintégrer un membre avec la hargne de se battre pour rester et survivre.

Passant l’une de ses larges mains sur son menton et faisant crisser quelque peu les poils de son bouc il laissa quelques secondes de silence suite aux dires du Moredhel. Pour y réfléchir ? Non, nullement, ses promesses étaient aussi sèches que le Ssyl’shar et creuse comme le bambou. Bien, il n’y avait nul besoin de laisser l’Exilé s’exciter sur le tutoiement, autant régler cela de suite.

« Soit, grâce à votre statu de vétéran de la grande guerre je vais donc vous vouvoyer, sachez cependant que vos anciens titres au Kaerl ne sont plus d’actualité suite à votre mise au ban. »

Il recula d’un pas, faisant face à l’autel et ses diverses breloques dites sacrées pour quelque cérémonies désuettes et ridicules. Ce faisant il montrait aussi à l’Exilé qu’il ne le craignait nullement, qu’ici il était celui qui avait tout pouvoir sur la question d’un éventuel retour. Un risque certes mais calculé, l’ancien maître avait besoin de Yong’Wu et l’inverse n’était pas vrai.

« Sachez qu’en vous rencontrant ici je met ma tête sur le billot et Aodren reste un homme dangereux, même pour quelqu’un dans ma position. J’avoue être heureux de voir qu’il vous reste une certaine combativité, un homme brisé ne m’aurait été d’aucune utilité. »

La main quitta son menton, venant se saisir d’un calice ornementé à outrance pour rendre hommage à une quelconque divinité. Une grimace étira ses traits quelques instants tandis qu’il faisait passer la coupe dans la chaude lumière d'un braséro. L’or brilla, les joyaux étincelèrent sous la luminosité orangée et il se retourna, lentement, laissant admirer la coupe.

Il voulait montrer à l’aide d’objets ce qu’il pensait des termes du retour de Delhekna au Kaerl, des promesses creuses, insipides, inutiles pour lui. Ce qui avait été perdu pouvait être retrouvé par la recherche et l’expérimentation, fouiller les ruines d’une civilisation décadente n’était en rien de l’innovation ou une preuve de leur maîtrise. L’Elfe Noir devait comprendre ce genre de choses.

« Quant-aux secrets du Kaerl des glaces... » il laissa tomber la coupe au sol, celle-ci tintant contre les pavés noirs et l’un de ses joyaux quitta son écrin tandis que la timbale roulait au sol. « Serai-je un quelconque prêteur sur gages ? Vous venez ici en brisant les lois et sous le couvert du subterfuge, mettant ma vie et ma place en danger pour me manquer de respect ? » l’un de ses sourcils s’arqua, laissant au maître bronze le soin de bien comprendre le message qu’il faisait passer. « J’attendais mieux de votre part mais soit. J’étais venu de bonne foi en ces lieux, sans protections et prêt à vous écouter mais ce genre de broutilles me laisse un goût rance dans la bouche. Sachez avec qui vous conversez, Maître Dehlekna, j’ai encore un semblant de sympathie pour vous, ne la gâchez pas. »

L’Exilé demandait du respect mais n’en offrait pas, il espérait l’avoir fait comprendre de par la coupe qui s’était arrêtée aux pieds de celui-ci. Si Aodren n’était pas un adversaire politique si dangereux il aurait prit tout ceci à la légère, il s’imaginait aisément que le nouveau Haut Représentant des Dominants prendrait un malin plaisir à le mettre aux fers si la rencontre venait à s’ébruiter.

« Ce Kaerl n’est pas remis de la Grande Guerre mais le Clan Valherien veille à améliorer notre savoir en secret. Ce que je vous demande en prix pour avoir mon soutien et celui de mon clan, ne sont pas des broutilles, des objets ou quelques textes écrits par des scribes aux dos voûtés. Ce genre de choses peut être retrouvé par la force de nos esprits et de nos expérimentations. Dites moi, Maître Dehlekna, que savez-vous du Clan Valherien ? Ou tout du moins que croyez-vous en savoir ? »

Il croisa les bras, tapotant du doigt gauche sur son biceps, son visage transpirait l’ire qu’il ressentait d’avoir été traité comme un quelconque brocanteur. Il voulait aussi voir jusqu’où l’ancien Maître était prêt à aller dans la discussion avant qu’ils n’aient à rentrer dans le vif du sujet. Le Blanc, Nushi, surveillait au loin, se contentant de darder son regard et de ne pas intervenir pour le moment. Mais la conversation était non loin de tourner à l’acide, il pouvait sentir le coeur de son Lié battre plus vite, l’adrénaline commencer à être relâchée dans ses veines pour nourrir les muscles en prévision d’un possible combat.

Loin était maintenant le noble digne, la place passait peu à peu au guerrier et à ses humeurs. S’il croyait avoir déjà gagné son retour, le Maître Bronze était bien loin du but et s’en éloignerait encore plus s’il ne faisait pas montre d’un minimum de civilité et de reconnaissance.
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Marek d'Ardiénor
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Marek d'Ardiénor


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeVen 26 Avr 2019 - 12:45

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
Ivar Bjørnson & Einar Selvik - Skuggsjá

Au fur et à mesure que cette ridicule discussion se poursuivait, Martel sentait croître, brûlante au creux de ses entrailles, son irritation et son impatience. Si elles se faisaient reflet excessif de celles éprouvées par Melkor, l’Elfe ne pouvait nier que son propre esprit était à l’origine d’une part non négligeable de ce qu’il éprouvait.
Exsudant une exécrable satisfaction face à la réaction du Maître Bronze, le Torhil avait baissé les yeux sur lui avec toute la condescendance qu’un homme dans sa position pouvait arborer. Et même si les reproches voilés qu’il lui avait adressé en lui rappelant son rang avaient fait mouche, le Zenghwei avait eu l’air plus amusé que véritablement ennuyé, comme s’il cédait au caprice d’un enfant. Quant à lui souligner sa déchéance, qu’est-ce que cela lui apportait, sinon le plaisir de lui rappeler son humiliante défaite ? Martel était parfaitement conscient de la précarité de sa situation, peut-être même plus encore que lui.

Grinçant des dents, ses iris bleu de glace suivant le moindre de ses mouvements, il resta silencieux face à la provocation, se contentant de suivre l’autre homme du regard, l’observant alors qu’il lui tournait le dos avec une insouciance calculée. Derrière lui, il sentit frémir et se tendre Melkor, dont les grondements sourds avaient soudain gagné en intensité, et il sut qu’il n’aurait qu’un mot à dire pour que le Bronze se jette sur lui. Hélas, même si la proposition était tentante, il n’était pas là pour ça. Il avait besoin de ce que le noble pourrait lui apporter, et déstabiliser le Clan Valherien en tranchant sa tête n’arrangerait pas son affaire, loin de là. Canalisant l’énergie prédatrice qui affluait en lui par le Lien, il se laissa légèrement aller en arrière, pour s’appuyer contre les fraîches écailles du dragon, le visage fermé. Si l’autre voulait jouer à ce jeu là, il ne lui laisserait pas, de son côté, percevoir un quelconque nouveau signe d’irritation.

Sa déclaration suivante lui arracha ainsi à peine un sourcillement, quand bien même une fureur dévorante enflait en lui. Ainsi il craignait pour ses titres et ce qu’il lui offrait ne l’intéressait pas ? Quant à son prétendu manque de respect … Sa mâchoire se crispa, contenant une évidente grimace de mépris. Pleutre. Le Zenghwei ne pourrait nier qu’il était venu ici en toute connaissance de cause, et en ayant conscience des risques qu’il prenait. Il lui apparaissait clair que le Torhil ne serait pas venu s’il n’avait pas pensé pouvoir ressortir vainqueur de ces négociations.
Intérieurement déstabilisé par son refus, le Moredhel préféra cependant garder lèvres closes, son regard irrésistiblement attiré par la coupe de cérémonie ouvragée que le Valherien lui présentait tout en poursuivant sa petite allocution faussement indignée. Qu’allait-il lui alors exiger de lui en échange de son aide, quand la seule chose qu’il pouvait lui offrir, il la balayait d’un revers de main négligent ? Il força son corps à se détendre, quand bien même son esprit était en ébullition.
Un vulgaire prêteur sur gage. Comparaison ridicule … Quel genre de fierté mal placée lui faisait penser que le savoir de leurs ancêtres était quantité négligeable ? Lui entre tous au Kaerl, étant membre du Clan Valherien, aurait dû, en toute logique, être attiré par sa proposition. Sans être foncièrement attaché aux magies du passé, Martel savait reconnaître et utiliser à bon escient les outils que la vie mettait sur son chemin. Il n’avait pas besoin de comprendre leur fonctionnement, du moment que cela pouvait servir ses desseins …
Patience. Mieux valait le laisser parler, il finirait bien par se trahir, ou se lasser, et exprimer alors sans fard les clauses qu’il entendait apposer sur leur contrat.

Le calice heurta les pavés dans un discret tintement de métal, roulant jusqu’à venir s’arrêter à ses pieds, et l’Elfe releva lentement les yeux sur le Maître Blanc. La menace contenue dans ses paroles lui arracha finalement un sourire, impossible à contenir, froid et piquant. Oh non, il ne l’effrayait pas. Il refusait de le laisser penser qu’il pouvait prendre un quelconque ascendant sur lui. Soit. Sa place au Màr Tàralöm en tant que Haut Représentant du Clan Dominant ne lui appartenait plus, et il était peu probable que, Aodren vivant, il puisse la récupérer. Sans pour autant s’y résigner, il l’acceptait. L’avenir lui apporterait toujours l’occasion d’y remédier de manière … définitive.
Quant à ses biens perdus, il était bien placé pour savoir qu’il n’y avait rien que l’argent ne pouvait acheter. Il les remplacerait en tant voulu. Les seules choses de valeur qu’il désirait réellement voir revenir en sa possession étaient son épée elfique et son armure d’écailles. Mais cela, encore une fois, il y avait de fortes chances que le Hendrake s’en soit fait maître. Un pas après l’autre … La vengeance était un plat qui se mangeait froid.

Pour l’heure, il y avait plus important. La soif de sang et la colère enivrante de son Lié lui embrouillaient l’esprit et l’empêchaient de réfléchir clairement. Il ne pouvait absolument pas se permettre de perdre son calme maintenant. D’une simple pensée, ignorant pour le moment les questions laissées en suspens par le Valherien, il se projeta vers Melkor.

*Melkor, dehors.*
**Martel, as-tu déjà oublié ce qui s’est passé la dernière fois que tu as choisi de nous séparer dans une telle situation ? Je refuse de te laisser sans protection face à ce ...**

La flambée d’indignation et d'angoisse résultant de son ordre avait aussitôt été suivie par des récriminations qu’il aurait presque pu prévoir mot pour mot. L’exaspération le fit mentalement lever les yeux au ciel, et sans attendre que le Bronze ait terminé, l’Elfe le coupa calmement.

*N’as-tu donc pas confiance en moi, mon frère ?*

La question, que son Lié jugeait clairement comme cruelle et déloyale, provoqua en lui une nouvelle tempête furieuse, qui balaya impitoyablement son esprit. Habitué aux sautes d’humeur de son dragon, Martel attendit, patiemment. Maussade, Melkor choisit finalement de ne pas répondre, se contentant d’une œillade sanglante en direction de son Elfe, et se redressa lourdement pour se diriger vers la sortie, ses griffes raclant la pierre à dessein.
Alors seulement, Martel se tourna vers le Zenghwei, croisant les bras et étudiant son expression quelques instants, avant de prendre enfin la parole. Le Torhil lui paraissait commencer à montrer des signes d’impatience, et son masque de courtisan se fissurait lentement pour laisser montrer sa véritable personnalité. Bien. Il serait plus facile de traiter avec lui ainsi. En laissant partir Melkor, il prouvait qu’il le ne craignait pas, et qu’il souhaitait trouver un terrain d’entente sans en passer par la force brute … Pour le moment.

« Vous me voyez navré de constater que mon offre n’ait su trouver grâce à vos yeux, Maître Zenghwei ... » *Mais je ne doute pas qu’Oculus sera ravi de disposer pleinement de cette nouvelle source de pouvoir.* Peut-être pourrait-il s’en servir pour leur extorquer des services supplémentaires. Si sa petite entrevue avec le Valherien aboutissait, il aurait entre autre besoin d’un abri au Màr Tàralöm ... Car d’après Kasim, son weyr était étroitement gardé, de jour comme de nuit. Il ne souhaitait pas prendre de risques inutiles : on s’attendait visiblement à ce qu’il tente de revenir au Kaerl.

Sans céder un seul pouce de terrain, l’Elfe sonda le visage de son vis à vis, circonspect face aux réponses à donner à son interrogation, au delà de son caractère évident de donneuse de leçon. Que représentait le Clan Valherien pour lui ? Rien que de plus qu’un ramassis de consanguins xénophobes nés avec une cuillère en argent dans la bouche, des arrivistes bien trop fiers de ce à quoi leur sang leur donnait prétendument droit.

« Je n’ai pas peur de la mort, sachez-le, et comme vous l’avez si bien souligné, je n’ai plus rien à perdre ici bas, sinon ma vie. L'un comme l'autre, en revanche, pourrions avoir beaucoup à gagner d'une alliance. »

Sa déclaration, un peu trop provocatrice pour son propre bien, fit remonter en lui des images indésirables des premiers temps de son aspiranat, alors qu’il n’était à peine plus qu’un vagabond arrogant ramené des immensités gelées du nord de Vaendark. Son Maître lui avait alors démontré qu’il se trompait lourdement, lui faisant prendre conscience de ce qui était pour lui d’une valeur plus inestimable que la vie : l’orgueil et l’honneur.
Sans se départir de son calme légendaire, Huriand lui avait alors infligé une de ses plus mémorables corrections, jusqu’à ce que, bien tardivement, sa raison prenant le pas sur son ego, Martel se voit obligé de crier grâce, prouvant à son Maître que la leçon avait été proprement acquise. La similarité entre sa situation d’alors et l’actuelle serra ses entrailles dans un poing de glace, amenant un goût amer sur sa langue. Ses lèvres se tordant de dégoût, sans qu’il ne sache réellement à qui il était destiné, il détourna le regard, observant la coupe qui gisait encore à ses pieds.

*Pour ce que vos beaux discours sur l’honneur et la loyauté vous ont apporté, Maître … Rien de plus qu’une mort abjecte sur les sables de la Fosse, abattu par traîtrise après des années de règne sur le Màr Tàralöm. Foutaises. Vous auriez certainement gagné, sans cela.*

Prenant une profonde inspiration pour refouler ces souvenirs au plus profond de sa mémoire – là où était leur juste place – il redressa la tête, ses iris bleus luisant d’une froide détermination.

« Le Clan Valherien est fier de ses origines et de ses ancêtres, de son savoir et de son pouvoir, et n’hésite pas à mettre en œuvre ce qui lui semble être bon pour la gloire du Màr Tàralöm, quoi qu’il lui en coûte. Et c’est fort de cette certitude que je suis venu à vous. »

Il haussa un fin sourcil à l’adresse du Torhil, sentant venir soudain imploser en lui une vague d’une bien mesquine satisfaction. Melkor, à nouveau. Que le Bronze se défoule sur le garçon si cela le soulageait, ce dernier avait de toute façon besoin qu’on lui remette les idées en place une bonne fois pour toutes.

« Cette réponse correspond-elle à vos attentes ? »

***

Au dehors …

*Eh bien Melkor, on a été congédié pour laisser les grandes personnes discuter entre elles ?*

La pensée ironique avait flotté jusqu’à son esprit, venant s’y déposer avec la délicatesse irritante d’une plume, juste à sa surface. Contrairement à Martel qui se refusait à considérer son jeune parent autrement que comme un outil, le dragon appréciait Solaufein, dans une certaine mesure. Il était juste regrettable que le garçon en soit encore à se comporter comme un dragonnet immature tout juste sorti de l’oeuf … Et qu’il ne puisse s’empêcher de franchir la fine frontière entre le jeu et l’irrespect.
Sans répondre, ses prunelles embrasées de colère, le Bronze tourna la tête vers l’endroit où il percevait, de manière diffuse, la présence du jeune Moredhel, parfaitement silencieux. Ses narines palpitèrent, s’emplissant de son odeur et de la chaleur qu’il dégageait, sa langue bifide se dardant entre ses crocs d’ivoire. Il lui rappelait Martel, lui évoquant le vent gelé et acéré soufflant entre les résineux, mêlé à un parfum discret de sables ensanglantés et d’épices que son Lié, lui, ne possédait pas. Là ... Il le tenait.
Sa queue se détendit comme un fouet, et le garçon chuta lourdement à terre, perdant la maîtrise de son pouvoir au moment où sa tête heurtait le sol. Sans lui laisser le temps de se reprendre et de disparaître à nouveau, Melkor appuya lourdement une de ses pattes sur son torse, ses griffes transperçant son vêtement juste assez pour venir piquer sa peau.

« Tu ne me tueras pas, Martel a encore besoin de moi ... »

Bien que l'Elfe soit encore sonné par le choc, et quoi qu’hâtivement murmurée, la phrase ne laissait transparaître aucune peur. Juste l’énoncé de ce qu’il considérait comme une certitude. Le dragon en fut amusé, mais rapprocha néanmoins sa large tête de son visage, exposant ses crocs d’un air menaçant. Fallait-il qu’ils soient tous aussi butés ?

**Avant de chercher à provoquer inutilement la colère de tes aînés, tu devrais avant tout te préoccuper de ce que te fera Jahangir lorsqu’il s’apercevra que tu lui as faussé compagnie encore une fois.**

Plus de deux ans après leur Empreinte, Jahangir et son Lié peinaient toujours, regrettablement, à trouver leur équilibre ensemble. Et au vu du caractère particulièrement détestable du jeune Noir, il ne pouvait pas, ceci dit, lui en vouloir totalement ...
Blêmissant visiblement sous son hâle, Solaufein pinça les lèvres et détourna la tête, de toute évidence contrarié par la pique de Melkor. Satisfait de le voir faire acte d’un peu de contrition, le Bronze desserra légèrement son emprise, pour constater que Nushi observait leur manège, muet, ses yeux luisant faiblement dans l’ombre. Irrité de ne pas l’avoir remarqué avant, le grand mâle lui fit face, ramassé sur lui-même. Il ne voulait pas que le Blanc s’interpose entre lui et sa proie.


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeMar 30 Avr 2019 - 19:01

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Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien


Le visage haut et fier, il regarda le saurien sortir de la pièce, l’un des coins de ses lèvres se souleva légèrement montrant là une forme de dégoût et de dédain. Encore une fois il se retrouvait face à un couple de Liés non équilibrés, ils n’étaient pas uns, c’était pour lui un travestissement de ce qu’ils devaient être. Nushi et le Torhil n’était pas dissociables, chacun jouait certes son rôle et laissait entrevoir une forme de personnalité différente mais au fond, dans le creuset de leurs êtres, ils n’étaient qu’uns.

Le bruit des griffes raclant sur les pierres accentua encore un peu la mimique affichée sur le visage du Torhil, il ne voyait là qu’un dragonneau dénué de toute la noblesse de leur espèce. Qu’il était ridicule de devoir en venir à des tractations avec de tels êtres mais soit, ceux-ci rentraient dans ses plans, ils étaient dans les critères et leur retour pouvait apporter une nouvelle force au Kaerl et au Clan. Peut-être que ceux-ci mûriraient au sein des Valheriens, Yong’Wu s’en assurerait car il n’était point fou : ses réformes n’avaient pas été accueillies sous les hourras et ramener un exilé au sein du Clan en plus de cela avait intérêt à porter ses fruits ou il serait bouté hors de son poste.

Enfin vint cette attitude si commune chez le Moredhel : provocateur, tentant de soumettre sous des paroles mieilleuse et promettant monts et merveilles. Un bref souffle sorti des narines du Maître Blanc pour accueillir les paroles, si l’Elfe croyait parler à l’un de ces quelconques manants du Kaerl il s’était fourré le doigt dans l’oeil jusqu’à la plante des pieds.

*Si une telle alliance était sans bénéfices croit-il que je serai ici en ce moment ? L’exil lui aurait-il gelé la cervelle ?*

Il vit ce voile passer rapidement sur les yeux de l’Exilé, ce voile du souvenir, ce côté voir sans voir perdu dans le passé comme de la fumée devant le regard. Le Torhil perdit cette moue de dédain et reprit cette face neutre qu’il avait faite sienne durant toutes ces années, il n’empêchait que jusqu’ici l’Elfe ne faisait montre d’aucun respect envers lui et l’envie ne lui manquait pas d’entendre le doux bruit des vertèbres se brisant dans sa poigne, de voir enfin sur ce visage suffisant la panique et la peur, la conscience de sa mortalité et de son infériorité. Mais soit, il fallait tractations et celui-ci semblait vouloir les faire durer, complètement inconscient de la situation précaire dans laquelle il se trouvait.

Des risques, des risques encore des risques, le monde ne pouvait tourner sans eux et parfois Yong’Wu se contentait de s’asseoir pour observer tout ces fous parier de leurs vies dans des broutilles. Ah, voilà, l’Elfe daignait enfin répondre ! Il aurait presque voulu s’incliner et le remercier mais la dite réponse le fit soupirer et lever les yeux au ciel.

« A nouveau vous me manquez de respect. Seriez-vous un aspirant citant les textes d’un livre lors d’un examen à l’Académie ? La réponse n’a pas à me convenir, je vous ai demandé ce que vous en saviez pas de me citer des choses aussi insipides. »

Si le Sang n’était pas aussi mesuré il aurait perdu patience depuis pratiquement le début de cette conversation. L’on était dans de l’échange d’air, deux moulins mais sans grains à moudre, bien si expliquer à l’aide d’objets comme à un enfant n’était pas suffisant il finirait bien par trouver comment faire.

« Vous me faites perdre mon temps le tout sans avoir conscience de là où vous vous trouvez, Maître Delhekna. Comme vous l’avez dit : tout ce qu’il vous reste à perdre est votre vie et pourtant vous ne semblez pas lui accorder tant de valeur que cela. En face de moi ne se trouve pas l’aspirant de feu Hùriand mais celui du démon. Votre maître vous cracherait dessus à vous voir jouer à ce jeu stupide ! »

D’un coup d’un seul et tout en finissant sa phrase il se retrouva pile face à l’Elfe, le fixant de toute sa hauteur, les articulations blanchies par la colère, l’index frappa au sternum du Moredhel pour appuyer ses mots.

« N’avez-vous donc rien apprit ? Perdre la guerre ne vous a pas suffit on dirait, il faut que vous enfonciez ce Kaerl de plus en plus dans les tréfonds de l’inaptitude n’est-ce pas ? N’avez-vous pas vu les répercussions de vos actions irréfléchies en ces lieux ? Nous sommes gouvernés par des pantins et des incapables et le Clan le plus imposant du Kaerl est maintenant entre les mains d’un imbécile aux dents longues qui jouit de la discorde ambiante avec l’avidité d’un adorateur de Kaziel. »

Il resta là, face à l’Elfe, guettant le moindre geste et prêt à répondre. Il l’avait vu combattre à la guerre et dans l’arène là où le Torhil restait une carte inconnue, on l’avait vu se battre bien entendu mais il avait toujours mis un point d’honneur à changer d’arme et de style lorsqu’il était en public, nul ne l’avait jamais vu se battre à mains nues et pourtant là était sa spécialité et sa force. Car l’acier pouvait faire défaut mais vos mains ne le pouvaient.

« Le Clan Valherien est le dernier rempart face à l’anarchie causée par les fous qui habitent ce Kaerl. Dites-moi Maître Delhekna » le vitriol s’immisça dans sa voix lorsqu’il mentionna l’ancien titre de l’Exilé « Pourquoi voulez-vous revenir à la citadelle Ardente ? Et pas de fausse réponse cette fois-ci ou notre discussion sera terminée. »

Il recula d’un pas, ses doigts se relâchant mais toujours sur le qui-vive, l’Elfe allait peut-être enfin comprendre qu’il marchait sur la fine ligne entre la vie et la mort et faire preuve de respect envers ses supérieurs. Car même s’il revenait, Yong’Wu restait membre du Concile et celui-ci redeviendrait un Chevalier devant refaire ses preuves avant un retour à la maîtrise.


***


Les choses s’étaient corsées à l’intérieur, Nushi le sentait par le biais du Don et bien qu’il apprécia le spectacle donné par la brute qu’était Melkor et l’inconscient qu’était Kasim, il lui fallait intervenir pour éviter de plus amples débordements. Ceux-ci oubliaient-ils si facilement qu’ils étaient, certes dans un endroit reculé, mais que celui-ci restait public ? A tout moment une personne pouvait venir voir tout ce qui faisait ce raffut et leur tomber sur le nez, le Blanc n’avait nullement envie de comettre un meurtre aujourd’hui pour taire la rencontre.

Sa forme humanoïde, banale si ce n’était pour les yeux blancs, sorti des ombres et s’approcha de quelques pas du Bronze, penchant la tête légèrement sur le côté.

°Sois plus discret frère, ce ver ne vaux pas que tu perdes ton temps ou salisse tes griffes. Et ce remue-ménage pourrait attirer quelqu’un, l’ancien aspirant du Démon par exemple. Je nous vois mal camoufler son meurtre pour garder secret la rencontre d’aujourd’hui.°

Son visage se fendit d’un mince sourire à peine discernable dans la barbe longue de sa forme humaine, il ne payait pas de mine était vêtu sobrement de la façon d’un simple citoyen et pourtant sa voix restait la même, celle qu’il avait toujours eue : glissante, grave et avec ce ton éternellement amusé.

°Et au vu de ce que je sens dans l’air, celui-ci est apparenté à ton Lié, n’est-ce pas?°

Il fit mine d’humer tel un eunologue analysant un verre de vin, un doigt venant taper sur son menton. Puis ses lèvres s’ouvrirent sur un sourire montrant qu’il avait beau mettre les formes dans son apparence humaine, tout n’était pas parfait : ses dents n’étaient que des crocs luisants.
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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeJeu 9 Mai 2019 - 19:23

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea [RP] Sous le sang de l'ombre Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
Coward - Hans Zimmer
(Interstellar OST)

La tête inclinée sur le côté, comme mu par un impalpable amusement, une fois certain d’avoir été remarqué par Melkor, Nushi s’était approché, veillant toutefois à garder une certaine distance de sécurité. La queue agitée de mouvements saccadés, ramassé sur lui-même face à l’autre dragon, le grand mâle, méfiant, était resté interposé entre Solaufein et le Blanc, laissant ce dernier exposer ses intentions. Pour quelle raison avait-il abandonné sa veille sur son Lié ?
Précautionneusement, la tête encore douloureuse, le jeune Elfe s’était alors redressé, fixant un regard curieux sur les deux écailleux par dessus l’épaule de Melkor, ne cherchant toutefois pas à se soustraire à la sphère d’influence du Bronze. Il ne craignait pas Nushi, le dragon n’ayant de toute évidence aucune raison de s’en prendre à lui, mais il préférait ne rien laisser au hasard. S’il s’estimait capable de prévoir les réactions de Melkor, il ne connaissait pas suffisamment le Blanc pour ça. Et il ne valait mieux pas prendre de risques inutiles lorsque l’on traitait avec des êtres capables de vous arracher un membre d’un seul coup de dent.

Aussi, lorsque les aimables réprimandes de Nushi à l’égard de Melkor furent suivies par de doucereuses insinuations sur son ascendance, Kasim, soudain glacé, s’était tendu, avançant d’un pas pour y répondre, jusqu’à être arrêté par le voile délicat d’une grande aile de Bronze. Refermant la bouche sans chercher pour une fois à discuter, l’Elfe avait croisé les bras, laissant son ancien mentor gérer la situation comme il l’entendait. Évidemment, il n’y avait pas que lui dont la position serait cruellement mise sur la sellette si la vérité s’éventait, Martel aussi serait en danger, et Melkor en était évidemment parfaitement conscient. Un dragon était certainement plus habilité à traiter avec un autre dragon qu’un bipède comme lui, même quand on était doté d’un tempérament sanguin et impatient comme l’était le Bronze ...

**Reprend ta veille, Solaufein, cette discussion ne te concerne plus. Rien ne doit venir troubler les négociations.**

Haussant ouvertement un sourcil moqueur face à Melkor, le Moredhel s’était néanmoins exécuté, s’inclinant à demi devant les deux dragons avant de disparaître une nouvelle fois dans les ombres environnantes. Qu’il n’y participe pas n’impliquait bien sûr pas pour autant qu’il ne cherche pas à en connaître la teneur, après tout ?

Le sourire du Blanc, quoi qu’il ait pu avoir de dérangeant pour un bipède, fut à peine remarqué par le Bronze. Pourquoi juger la forme humanoïde de ses frères alors que lui-même la considérait comme malcommode et indigne de leur race ? Ce qui l’avait mis en alerte, en revanche, avait été la petite mise en scène qui l’avait accompagné. Nul au Kaerl ne connaissait les liens familiaux entre Martel et Solaufein. Soucieux de la sécurité de son Lié et piqué au vif par ce mystère, le Bronze s’étira dans une posture mettant en relief sa masse supérieure, et usa, à contre-coeur, de ses pouvoirs pour prendre l’apparence d’un grand Fëalocë anguleux, ses cheveux d’un cuivre sanglant recouverts par un capuchon sombre. Nushi avait raison. Trop d’imprudence ne pourrait que leur nuire.

**Ce garçon partage effectivement une lignée commune avec mon Lié. Le Don est puissant dans son sang, et c’est pourquoi nous l’avons éduqué.**

D’un mouvement de tête, Melkor invita le Blanc à le suivre un peu à l’écart. Outre ce secret qu’il n’aurait pas du connaître, la discussion entre Martel et le Valherien s’annonçait d’ors et déjà particulièrement houleuse. Et s’ils devaient en venir aux mains, il voulait pouvoir s’assurer qu’il pourrait mettre Nushi hors d’état de nuire avant qu’il ne rejoigne son Lié.

**Marchons un peu, si tu es d’accord, mon frère.**

***

Dans l’atmosphère étouffante et confinée de la petite salle de prière, la tension ne faisait que croître entre les deux hommes. Une fois encore, le Torhil avait soupiré, lourdement, levant les yeux au ciel dans une attitude de dédain qui avait fait littéralement grincer des dents à Martel. Que lui fallait-il encore à ce nobliau, pour s’estimer satisfait ? Attendait-il réellement qu’il courbe l’échine et qu’il aille lui baiser les pieds ? Un rictus de colère paru sur son visage anguleux tandis que le Zenghwei le comparait à un Aspirant récitant sa leçon, mais il retint les paroles cuisantes qui lui brûlèrent alors les lèvres.
Combien de temps encore allaient-ils tourner autour du pot ? Combien de temps allait-il encore continuer sa parade ridicule, se donnant de grands airs et se prétendant faussement indigné par ses réponses ? Il était évident qu’un exposé clair et concis du véritable fond de sa pensée n’aurait absolument pas été apprécié … La conversation ne durait seulement que depuis quelques minutes mais il sentait déjà son calme s’amenuiser dangereusement. Et que de toute évidence, l’autre soit dans la même situation ne faisait qu’alimenter encore sa profonde lassitude.

Aussi lorsque le Maître Blanc se rapprocha soudain de lui, poursuivant sa tirade offensée sur le temps précieux qu’il lui faisait perdre, allant jusqu’à appuyer ses propos d’un geste délibéré du doigt, l’Elfe dut se faire violence pour se contenir. Voilà qui dépassait les bornes.
Son expression se faisant glaciale, ses iris bleus étrécis flamboyants d’une rage prête à être libérée, Martel redressa la tête pour croiser le regard du Zenghwei. En mentionnant le souvenir du Démon, maudite soit son âme pour l’éternité, en évoquant un lien parfaitement inexistant entre eux, et pire encore, en lui jetant en pleine figure la responsabilité de la déchéance du Màr ces dernières années, le noble avait franchit un point de non retour. Quant à salir la mémoire de son Maître …
Ses poings serrés, ses ongles s’enfonçant dans sa paume, il tremblait presque de ne pouvoir se jeter à sa gorge. Que l’autre fasse près de deux têtes de plus que lui ne lui importait pas. Il n’était pas un couard. Il ne désirait rien tant que lui faire ravaler ses propos, de le voir à terre implorant sa pitié, d’arracher ce masque suffisant de son visage …

Non … Non. Il était bien trop proche de la rupture. Qu’était devenu son sang-froid si caractéristique ? Un éclat de rire, comme un aboiement, enfla dans sa poitrine, mais il le ravala, amèrement. Des années à se battre pour retrouver sa place et son honneur avaient rongé sa patience, encore et encore, inlassablement, comme de l’acide versé sur de la chair. Encore une fois, il ne pouvait pas céder à la violence. Il ne lui offrirait pas ce plaisir là. L’autre ne cherchait qu’à le provoquer, que ce soit à dessein ou non. Il devait rester sur ses gardes. Rien ne disait que le Zenghwei ne comptait pas justement sur une agression de sa part pour le faire disparaître en toute légitimité.

Alors, lorsque le Torhil se recula enfin, Martel pris une profonde inspiration, et secoua sèchement la tête, s’exprimant sur un ton assourdi par une évidente animosité. Il était temps pour eux de cesser définitivement les faux-semblants, sans quoi leur conversation risquait de s’éterniser. Et il le savait : plus longtemps elle durerait, plus seraient élevés les risques qu'ils en viennent à régler leur différent dans le sang ... Ce qui, quoi que loin d'être déplaisant à envisager, serait totalement contre-productif.

« Vous voulez savoir ce que je pense réellement du Clan Valherien ? Ils ne sont rien qu’une bande de gamins bien trop occupés à se regarder le nombril et à se glorifier des exploits passés de leurs familles et de leurs ancêtres, incapables d’autre performance que de réciter leur arbre généalogique de A à Z, voilà ce qu’ils sont ! Et de l’autre côté, qu’avons-nous ? Les Introvertis, beaucoup trop timorés pour se concentrer sur autre chose que leur propre survie … Vous avez parlé du Clan Dominant comme celui le plus puissant du Màr Tàralöm. Ce n’est pas sans raison ! »

Sa voix enflant au fur et à mesure de ses explications, était finalement revenue à un niveau plus acceptable à ses derniers mots. La poitrine soulevée par une respiration houleuse, il poursuivit plus calmement.

« Encore une fois, Aodren n’est rien. Il se croit malin, mais finira piégé à son propre jeu, trahi par l’un ou l’autre de ses serviteurs. Je ne le crains pas, pas plus que ses manigances. Il tombera, tôt ou tard, avec ou sans intervention extérieure. Iskuvar est un adversaire bien plus redoutable, car, pour des raisons que j’ignore, il semble bénéficier des faveurs de Seregon. »

Il ouvrit largement les bras pour appuyer ses propos, redressant le menton, fierté, détermination et suspicion luisant ouvertement dans ses yeux. Plus tard … Plus tard, il lui ferait payer chèrement ses insultes. S’il y avait une chose qu’il avait appris au cours de ces années de disgrâce, c’était que la vengeance était un plat qui se mangeait froid. Pour l’heure, il semblait qu’à nouveau, le Zenghwei cherchait à l’évaluer … Et Martel était écœuré de ce petit jeu futile. Il n’était pas là pour faire assaut d’esprit et n’avait aucune envie de perdre du temps à chercher qui était le plus malin d’entre eux.

« J’ai besoin de l’appui du Clan Valherien, de votre appui, pour ses richesses et son influence, pour contrer celle du Clan Dominant, mené tant par le Hendrake que par Iskuvar. Je cherche à regagner ma place légitime, pour rendre au Màr Tàralöm sa gloire d’antan. »

Fugace, une grimace acide fleurit alors sur ses lèvres, et ses mâchoires se contractèrent durement, le feu dévorant qu’il partageait dans son âme avec Melkor, couvant, menaçant, dans ses paroles.

« Mon âme et ma loyauté appartiennent au Kaerl Ardent. Je l’ai défendu fidèlement pendant la Guerre, tout comme vous, alors que nous étions menés par un fou imbécile, alors même qu’il nous a conduit bien trop proches d’une extermination totale. Ne vous avisez pas de faire retomber sur moi les conséquences de notre prétendue défaite, Maître Zenghwei. »


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeVen 10 Mai 2019 - 18:21

[RP] Sous le sang de l'ombre Yonghate-45f7ffe__[RP] Sous le sang de l'ombre Nushiavatar-5629b58
Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien


Ils n’étaient pas en position de supériorité ici, entre Kasim dont l’allégeance allait certainement sauter sur Martel et le grand Bronze, Nushi ne donnait pas cher de leur peau. Mais, grâce à cette situation se donner un air confiant laissait le doute dans l’esprit des autres, le Blanc n’était point fol : son gabarit plus petit ne lui offrait que de minces chances en confrontation directe avec son homologue Draconique, il avait toujours choisi ses batailles : si son bipède était largement capable de tuer ceux qui venaient en travers de son chemin, le dragon lui préférait attaquer le moment voulu.

Certes il avait déjà combattu de front et l’avait emporté, preuve étant sa présence en ces lieux aujourd’hui et le nombre impressionnant de cicatrices zébrant les écailles neigeuses de sa robe, mais Melkor était lui aussi un vétéran et pas l’un des moindres. Son sourire s’élargit lorsque le grand Saurien, prit comme un chat faisant une bêtise, redevint sérieux pour renvoyer le Moredhel attendre : comme il s’en doutait, le sang était plus épais que de l’eau, celui-ci; certes sans doutes par prudence ; avait obéi directement au Lié de Martel. Ainsi donc ramener le bipède dans leur giron leur apporterait bien plus que l’exilé au vu de sa docilité, bien, une bonne chose à savoir.

Il opina du chef d’un air princier mêlé de connivence lorsque Melkor mentionna le statu d'ex aspirant de Kasim, un fait facilement trouvable en soi mais autant l'obtenir de la source elle-même, bien, non seulement ils partageaient le même sang mais ils l’avaient formés, utile, une bonne chose que le Bronze était comme les autres de son espèce : plus porté sur l’action que la réflexion. Si Nushi avait haï sa petite taille et en gardait une certaine rancoeur envers Flarmya ; d’où son déni des divinités malgré la mémoire ancestrale ; il la remerciait en même temps de lui avoir offert l’opportunité de développer sa matière grise en conjonction des pensées et actes de son Lié. Le Blanc était un animal politique tout comme Yong’Wu, jouant et usant de chaque facette du panel d’émotions pour obtenir ce qu’il désirait, ainsi ils étaient tout deux interchangeables : le Blanc offrant sa colère lorsque nécessaire au Torhil, et le Bipède offrant son calme au Saurien.

°Je ne puis que vous féliciter d’avoir formé un si beau spécimen de bipède, les liens du sang sont importants quoi qu’en disent la masse bêlante. Ceci dit, frère, il me faut refuser ton offre, reste donc avec moi, dans les ombres pour discuter. J’imagine que ni l’un ni l’autre ne désirons attirer l’attention en défonçant un mur si jamais nos Liés en venaient aux mains. Tu connais ces créatures : bien trop vives et sûres d’elles face à notre majesté.°

Il recula dans les ombres, n’oubliant pas de s’incliner légèrement devant le Bronze une main tendue vers la noirceur entre les bâtisses pour l’inviter à le suivre. Cette posture de supplique et le compliment était pour mettre en aise le Bronze, le laisser penser qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes. En soi, le Blanc ne désirait pas en venir aux mains avec Melkor, il avait une forme de respect pour celui-ci, un respect qui avait été mérité au cour de la guerre, de dix ans son aîné, Nushi savait que le Bronze avait des compétences qui dépassaient les siennes ne serait-ce que par expérience du terrain. Reculant entre les ombres, ses iris scintillantes d’un blanc cru finirent par ne donner que deux globes d’un gris sombre alors qu’il attendait de voir si celui-ci accepterait son invitation.

°Sache cependant, mon frère, que nous désirons que vous retourniez au Kaerl. Martel a été protégé par le Gardien, cela lui octroie une place spéciale parmi nous. Nous pensons que votre Exil n’était en rien mérité mais surtout que vos compétences et votre renom a toujours été mal utilisé. Preuve étant Kasim ici présent : malgré sa petite réputation de jouisseur il se trouve à vos côtés, fidèle, ayant joué les entremetteurs. Je ne peux que vous féliciter, là où bien d’autres ont failli à s’assurer de l’allégeance de leurs aspirants et membres de la famille, vous avez réussi.°

***

Il le voyait bouillir intérieurement, le Torhil s’était exercé en pensant aux choses qu’il avait vécues pour faire ressortir la colère en lui. Il devait passer pour primaire, histoire de le faire sortir de ses gonds, un coup ici, un coup là, et voilà il était à lui, il suffisait généralement de donner l’impression qu’il était un Torhil comme un autre pour faire sortir de leurs gonds les autres membres de l’ordre; bien trop habitués à voir des montagnes de muscles peu axés sur la réflexion ; et voir ce qu’ils cachaient en leur sein.

Gardant cette mine courroucée, finement étudiée à l’aide d’un miroir d’acier poli et le conseil d’un serviteur dont il tairait le nom de par son utilité et sa fidélité, il voyait les résultats que celle-ci lui apportait à nouveau. Il penserait à le remercier en temps voulu, cette tutelle des émotions pour un être qui n’en arborait que rarement était des plus utiles pour arriver à ses fins. Le visage impérieux digne d’une statue d’empereur il leva le menton, une moue pinçant ses lèvres et les yeux regardant encore plus vers le bas qu’à son habitude. Là, voilà, cela devrait lui bouillir les sangs.

Il manqua de rire lorsqu’enfin le masque se fendit pour laisser parler le Moredhel Exilé : bien, très bien ! Une moue de satisfaction manque de faire surface mais il la réprima en pensant aux pertes de la guerre, à ces coups qu’il avait reçu enfant pour lui enlever la joie, la mélodie de la vie et de ses douceurs, son coeur se serra faisant ressortir les veines de ses bras sous la colère, il ne voulait surtout pas rompre son personnage tandis qu’enfin le Maître Delhekna sortait ses tripes et était au bord de l’attaquer.

Risqué certes, mais il était nécessaire d’obtenir cette honnêteté de sa part. Il devait voir si mettre sa tête en jeu pour lui se montrerait plus qu’utile mais bel et bien bénéfique pour le clan et le Kaerl. D’abord en tentant de dénigrer son offre en se comportant tel un enfant gâté ; car ces secrets l’intéressaient, évidemment, quel Valherien ne se serait pas jeté dessus comme une chienne en chaleur ?; puis en attaquant son maître et en faisant ressortir une page sombre de l’histoire par le biais de l’ancien Seigneur qui avait faillit réduire leur Kaerl en cendres de par sa pure folie et arrogance.

« Bien. Très bien même si je puis dire. »

Son visage se fendit d’un sourire satisfait et il le remit plus bas pour enfin arrêter la tension sur sa nuque. S’il travaillait son corps, le fait d’être un géant parmi les géants lui avait offert certes la force et l’intimidation mais aussi bien souvent des douleurs pratiquement insoutenables qu’il ne montrait jamais, sauf à ses serviteurs de confiance bien entendu.

« Tant de joute pour en arriver ici, cher Maître Delhekna. Je regrette d’avoir dû user de ces artifices primitifs mais il me fallait obtenir la vérité de votre bouche et non pas le discourt stérile communément offert par le demandeur. »

Il passa une main dans sa barbe taillée avec un soin exagéré tout en posant un regard brillant d’intérêt sur l’Exilé. Les choses n’auraient donc pas besoin d’en venir à la violence et il en était satisfait, le Torhil posa les paumes sur l’autel, faisant toujours face au Mordhel tout en parlant, sa posture était maintenant détendue, bien loin de celle droite qu’il offrait au reste du Kaërl. Yong’Wu jouerait maintenant cartes sur table avec l’ancien Maître.

« Sachez d’abord, avant tout, que je suis parfaitement d’accord avec votre description du clan Valherien. Une bande d’imbéciles qui s’engraissaient sur le Kaerl en chantant les louanges de leurs ancêtres, ridicules et pathétiques, inutiles et un poids pour Màr Taralöm. »

Il leva l’index, signifiant qu’il n’en avait pas terminé, intimant le silence ne serait-ce que grâce à sa présence mais aussi à l’étrangeté de son comportement, car celui-ci était un qu’il ne montrait que rarement et à de plus rares personnes encore. Ses quarante-ans marquaient sa chair de sillons accentués par les ombres alors que le braséro non loin jetait une chiche lumière peinant à traverser les ombres. Le Moredhel jouissait du sang Elfe pour préserver cet état juvénile malgré son aînesse sur le Torhil.

« Vous aurez mon appui et celui de mon clan mais à une seule condition. Avant tout, sachez que je me suis occupé des porcs qui l’infestaient et ai purifié l’esprit de celui-ci pour le remettre sur la bonne voie. Votre Allégeance va au Kaerl ? La mienne aussi, je ne désire que le meilleur pour celui-ci et ce n’est pas un Seigneur moqué par le Gardien lui-même, alors que nous parlions de votre possible retour et des négociations, qui pourra assurer la force de celui-ci. »

Il se releva et s’approcha d’un pas franc mais sans agressivité de l’Elfe, ne venant pas le dominer pour une fois mais se tenir à une distance plus proche et respectueuse du Moredhel.

« La condition est que vous rejoigniez le Clan Valherien, sans arrières-pensées, ici et maintenant. Et je vous promet que vous retrouverez votre statu et qu’ensemble nous pourrons travailler à la grandeur du Màr Taralöm. Qu’en dites-vous, Maître Delhekna ? Jurez-vous, maintenant et solennellement de nous rejoindre et de travailler avec moi ? »

Il lui offrit un regard franc, dénué de tout ces artifices, drapé dans sa noblesse mais aussi dans la foi de cette entreprise grandiose. Ceci dit, il laissait bien entendre que celle-ci était la seule et unique condition pour recevoir son support et celui de son clan, l’Exilé allait devoir prendre une décision et celle-ci changerait ou non l’état dans lequel il se trouvait.
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Marek d'Ardiénor
Chevalier Errant
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Marek d'Ardiénor


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Ordre Draconique : Ordre Draconique Neutre (Kaerl Englouti)

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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeSam 1 Juin 2019 - 12:58

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
The End of All Flesh Is Before Me - Clint Mansell
(Noah OST)

A l’image parfaite de son Lié, Nushi ne semblait pas vouloir se laisser déstabiliser ou entraîner dans une dispute vaine, gardant un air confiant sur l’étrange visage bipède qu’il s’était choisi. Il avait sourit d’un air noble et patient face à l’échange muet entre Melkor et Solaufein, comme savourant une blague connue de lui seul, et le grand Bronze s’en était senti étrangement diminué. Et cela, heurtant son orgueil illimité, n’avait fait que renforcer sa défiance vis à vis du Blanc. Qu’il s’agisse de vie ou de mort, il se refusait à laisser qui que ce soit d’autre que lui ou Martel, et évidemment, Jahangir, bien que le Noir ne vienne qu’en dernier sur la liste, décider du sort du jeune Moredhel. Outre les liens du sang, qui ne comptaient guère aux yeux de son Lié, et son Aspiranat au sein de leur Triade, Solaufein avait décidé de se placer à leur service. Melkor estimait donc, légitimement, avoir la préséance sur son devenir, quoi qu’en pense le Spectre des Cendres.

Néanmoins, et malgré toute sa suspicion, les compliments habiles servis par Nushi firent mouche, et inconsciemment, le Bronze se rengorgea, fier d’avoir déniché et modelé un ‘‘tel spécimen’’, ainsi que l’avait qualifié l’autre dragon. Ses mots avait été suffisamment finement distillé pour adoucir son refus. Évidemment, le Blanc n’était pas né de la dernière pluie, et la proposition du grand mâle l’avait mis en alerte quant à ses intentions … Même si, pour ce qui concernait Melkor, l’idée de réduire en cendre tout obstacle se dressant en lui et la sécurité de Martel, au mépris de toute subtilité et discrétion, ne le dérangeait absolument pas. Depuis sa défaite dans la Fosse, il sentait son Elfe bien trop fragile, comme si l’invulnérable confiance en soi qu’il manifestait encore autrefois s’était fissurée, pour laisser entrevoir l’incertitude et le désespoir qui gisaient en dessous. Il avait été prêt à mourir, là, humilié, sous les yeux du Kaerl tout entier, son existence fauchée par l’épée de son adversaire. Puis, encore et encore, de manière répétée, d’abord dans le Kaerl des Glaces, puis aux mains des Célestes. Et cela, le grand Bronze ne parvenait plus à le tolérer. Sa souffrance était bien trop grande. Incapable de le protéger de lui-même, d’agir sur cet autre, sur cet alter ego intériorisé qui le torturait, Melkor s’était au moins résolu à s’interposer systématiquement, avec toute la férocité et la hargne dont il était capable, entre Martel et toute menace extérieure. Il serait avec lui, à chaque instant, derrière chaque battement de coeur, chaque inspiration. Il serait le feu alimentant sa fureur. Il n’aurait pas à mener ses combats seul. Plus jamais.

Aussi, les lèvres pincées, et le regard flamboyant, se laissa-t-il entraîner par la main tendue de Nushi, invitation muette à le suivre dans les ombres régnant alentours, même si cela ne lui plaisait pas. Il s’occuperait du Blanc, d’une manière ou d’une autre. Et si la réassurance du soutien et des bonnes intentions du Torhil et de son Lié le satisfaisaient, c’était encore bien trop peu pour qu’il se laisse aller à leur faire confiance … D’autant plus que l’autre dragon semblait porter, à son goût, un intérêt bien trop vif à Solaufein. Le Bronze était déterminé, entre autre chose, à apprendre comment il avait bien pu avoir connaissance de son lien de parenté avec Martel.

**Penses-tu réellement que ce vieux roublard de Seregon ait fait acte de charité en envoyant mon Lié vers l’exil ? En sachant pertinemment ce que cela allait lui coûter ? Non, je ne parviens pas à y croire. Ses petits jeux n’ont toujours bénéficié qu’à lui, et à lui seul, alimentant son propre amusement. Et vous, que prétendez-vous pouvoir apporter à Martel qui puisse contrer la préséance du Gardien ? Qu’avez-vous à offrir que je ne puisse moi-même donner ?**

Percevant la curiosité et la prudence de son Elfe à travers leur lien, une moue boudeuse et acerbe s’afficha sur son visage anguleux, à demi caché dans l’ombre de son capuchon. Il n’était pas si stupide qu’on voulait bien le croire. Il ne trahirait jamais leurs secrets, de cela, il pouvait en être certain …

**Kasim n’est qu’un chiot, avide de plaisirs et de distractions comme n’importe quel jeune. Fort heureusement pour lui, c’est en effet un bon serviteur, pour autant que l’on arrive à canaliser son énergie dans la bonne direction. Sais-tu ce que l’on dit de lui au Kaerl ?**

***

Martel s’était attendu à ce que le Torhil manifeste un tant soit peu d’émotion, d’abord face à sa virulente diatribe à l’égard du Clan Valherien, puis ensuite en réaction à la claire expression de ses ambitions. Mais il n’en fut rien. Imperturbable, drapé dans son mépris et le menton haut levé, le contemplant de haut comme s’il n’était rien de plus qu’un vermisseau, le Zenghwei s’était contenté de le toiser. Ni la menace couvant dans son ton, ni les insultes voilées ne lui avaient arraché la moindre réaction. Cette conversation n’avait décidément aucun sens, ni aucun intérêt.

Le souffle court, le Moredhel s’était alors redressé, sentant son coeur poursuivre sa course folle au creux de sa cage thoracique, luttant contre l’envie violente de tirer son épée pour le forcer à réagir. Et cependant… N’avait-ce pas été une fugace lueur de satisfaction, traversant les sombres iris du Haut Représentant ? L’avait-il imaginée ? La question, non formulée, resta suspendue quelques instants entre eux, dans un lourd silence quasi palpable, tandis que Melkor, étrangement en retrait dans son esprit, diffusait en lui un orgueil vif mêlé d’un profonde méfiance. La présence de Nushi, invisible dans les ombres de la pièce, s’était effacée et Martel comprenait à présent pourquoi.

*Quoi qu’il advienne, ne te laisse pas emporter ...*

Seul un grondement agressif lui répondit. Que son Bronze occupe le Lié du Valherien s’il s’en estimait capable. Le Blanc était réputé pour sa ruse, mais il pensait le grand mâle apte à lui faire face sans trop en révéler, au moins pendant un temps. Le véritable défi se trouvait ici, dressé devant lui comme l’une de ces statues de marbre qui ornait le Sanctuaire. Et comme pour lui donner tort, à sa grande surprise et quoi qu’il ne le montra pas, le masque de son interlocuteur se craquela soudainement pour laisser s’afficher un sourire pour le moins complaisant.

Ses yeux d’un bleu hivernal s’écarquillèrent avant de s’étrécir froidement tandis que la compréhension faisait jour en lui. Le Zenghwei s’était joué de lui, l’amenant à dire précisément ce qu’il souhaitait entendre, et ses excuses fallacieuses n’atténuèrent en rien la morsure de l’affront qu’il ressentit. Il s’était fait avoir comme un novice. Et alors que l’autre homme s’écartait de lui, prenant place de l’autre côté de l’autel, ses larges paumes reposant à plat sur la pierre froide, Martel resta muet, ses phalanges, blanchies, enserrant durement la poignée de son épée. De deux choses l’une, il lui apparaissait clair maintenant qu’il n’y aurait vraisemblablement que deux conclusions possibles à cette futile entrevue : soit le Valherien entamait réellement les négociations, soit le Maître Bronze se verrait obligé de lui faire payer son insolence au prix fort. Il méritait le respect, il n’hésiterait pas une seconde à le lui rappeler, et qu’importait si le Torhil était plus puissant que lui. Il savait pouvoir compter sur l’appui non négligeable de Melkor en cas de combat.

Aussi la suite de ses explications le prirent-elles au dépourvu, lui arrachant un froncement de sourcils incrédule, en même temps qu’un rire mordant menaçait de franchir ses lèvres. Non, le Torhil venait-il sérieusement de lui présenter son approbation face à l’état déplorable de son Clan ? Le Moredhel secoua la tête. Il avait sous-estimé son adversaire. Martel pris alors le temps de l’observer attentivement durant quelques secondes, se forçant à se rappeler que, derrière la façade d’affectation grotesque qu’il lui exposait délibérément, se dissimulait un vétéran de la Grande Guerre et l’héritier d’une riche famille. Il ne devait plus se permettre ce genre d’erreur à l’avenir, pas alors que sa vie et sa place au Màr Tàralöm étaient dans la balance. Une telle imprudence ne lui ressemblait pas, il était bien plus intelligent que ça.

Repoussant une fois encore au plus profond de lui la lave bouillonnante qui, il le savait, ravagerait tout sur son passage s’il lui laissait libre court, il effleura du bout des doigts le renflement formé par le pendentif au dragon sous sa tunique. Il n’allait pas renoncer si facilement, après toutes ces années à tirer son épingle du jeu dans la cour ardente, à gravir un à un les échelons de la hiérarchie. La juste vengeance était encore à portée de main. Il soupira, imperceptiblement, le regard fixé sur l’autre homme, étudiant le moindre de ses mouvements, chacune de ses expressions. Enfin ! Le Valherien lui accordait son soutien. Qu’allait-il maintenant réclamer en échange, qu’estimerait-il lui revenir de droit en contrepartie ? Comme face à un plateau d’échec, patiemment, Martel examinait les différentes possibilités, chaque éventualité, une à une, laissant le Torhil dérouler le fil de ses pensées, satisfait pour l’heure de le laisser parler. Le Zenghwei lui paraissait de toute façon être de ceux à apprécier le son de leur propre voix. Un mince éclat de mépris perça dans ses iris glacés. Lui comme tous les autres, il leur ferait réaliser, par la force si nécessaire, combien ils avaient eu tort de remettre en doute tant sa légitimité que sa valeur.

Et pourtant … Pourtant, malgré toutes ses calculs, le prix qui lui fut énnoncé l’ébranla bien plus qu’il ne l’aurait dû, un grand froid l’envahissant soudain, hérissant sa peau pâle d’un frisson d’expectative. Il aurait dû s’en douter, et pourtant, pourtant, de manière bien inconsciente, il avait refusé de l’envisager, le balayant d’une simple pensée. Ses lèvres s’entrouvrirent pour laisser fuser un refus cinglant, mais se refermèrent brutalement sans qu’aucun son ne les franchissent. Et même la présence conquérante, et pourtant, teintée d’anxiété, de Melkor, dévoreur lové tout contre son âme, malgré toute sa fureur, ne parvenait à déloger le poing de glace qui broyait son coeur. Il venait de cracher, encore quelques instants auparavant, sur le Clan Valherien, et voilà que le Zenghwei exigeait son adhésion à ce même Clan. Ô combien délicieusement cruelle ironie …

L’Elfe ferma les yeux, serrant étroitement les paupières, vaine tentative pour échapper à ses visions de l’avenir torturé qui l’attendait certainement. Il était Dominant de coeur autant que d’âme, depuis ses premiers pas au coeur de la Forteresse Ardente, silhouette anonyme derrière celle, souveraine et maîtresse en ces lieux, de Celanduil Huriand. Il comprenait à présent que chacune des fibres de son être lui devrait être arrachée, une à une, s’il poursuivait dans cette voie, sans qu’aucune ne soit finalement épargnée. Après toutes ces années passées au Màr Tàralöm, à lutter, encore et encore … Arx Tarpeia Capitoli Proxima. ‘‘Et plus dure sera la chute’’. Les tréfonds de son humiliation se révéleraient-ils ne connaître aucune limite, aucune fin ? Il le savait pertinemment, sa soif de justice était à l’origine même de ses souffrances. Il n’avait aucun droit de s’en plaindre.

Qu’aurait-dit Eléderkan sur la futilité de sa course au pouvoir ? Mais, hélas, son frère d’armes ne parvenait pas le comprendre, cela il lui avait prouvé lors de ce jour fatidique qui les avaient définitivement écartés l’un de l’autre, ce jour où le Concile avait pris la décision de le renvoyer. Et alors même qu’en lui enflait la compulsion de tomber à genoux, vaincu par la douleur, ses bras entourant sa poitrine brûlante du manque d’oxygène, il redressa fièrement la tête, sa chevelure neigeuse accrochant brièvement la lumière des braseros. Il lui prouverait, à lui aussi, que sa quête, loin d’être vaine, pourrait être couronnée de succès. Ainsi, peut-être, reconnaîtrait-il ses erreurs et reviendrait-il vers lui ...
Empli par le dégoût d’avoir cédé à ses faiblesses sous le regard de cet homme qui prétendait s’amuser de lui comme un chat avec une souris, il grimaça finalement  un sourire glacial, tranchant. Travailler de concert à la restauration de la grandeur du Kaerl. Foutaises. Il en était bien certain : tous deux n’aspiraient uniquement qu’à se servir de ce que l’un et l’autre pourraient lui rapporter.

« Ainsi, les biens et le savoir ne vous intéressent pas, et vous préférez compter sur ma personne. Voilà un pari risqué. Les objets, contrairement à moi, n’ont pas de volonté propre. Comment pouvez-vous être sûr que je ne vous trahirai pas une fois mon but atteint ? Ou que je ne chercherai pas pactiser avec vos ennemis ?
Et puisqu’il s’agit de parler franchement … En toute honnêteté, je suis las de prétendre faire semblant : nous savons tous deux que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter votre offre. Vous êtes l’une des  meilleures possibilités que m’offre le Màr Tàralöm aujourd’hui. Ni Seregon ni Iskuvar ne pourront agir contre un Clan entier. »


L’Exilé marqua une pause, se forçant à détendre ses muscles douloureux et à inspirer profondément, sentant sa tête commencer à lui tourner désagréablement. Le coût de la magie augmentait, inexorablement, au fur et à mesure que les pouvoirs de l’artefact s’affaiblissaient. Mais, en lui, sa détermination ne vacillait pas, forte comme au premier instant : il irait jusqu’au bout, quoi que cela puisse lui coûter. L’abandon, ou la défaite, signifieraient purement et simplement la mort.

« Je rejoindrai le Clan Valherien, Maître Zenghwei, ainsi que vous me le proposez, en échange de l’assurance de pouvoir compter sur votre influence et votre protection dans le cadre de la reconquête de ce qui m’appartient de droit. »


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeMar 4 Juin 2019 - 16:22

[RP] Sous le sang de l'ombre Yonghate-45f7ffe__[RP] Sous le sang de l'ombre Nushiavatar-5629b58
Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien


Nushi gardait ses yeux dans ceux du Bronze, ne déviant pas une seule seconde, ne clignant pas même une fois des paupières. La forme humanoïde était bien trop réductrice pour lui, aussi avait-il toujours trouvé bon de garder des caractéristiques de sa propre espèce dans celle-ci : une paire de paupières translucides s’occupant de garder ses yeux propres et humidifiés, sur un bipède cela avait toujours son petit effet : ce côté immobile, ce regard de reptile planté dans sa proie.

Le Blanc dégageait cette ‘aura’ de froid dangereux qui donnait la chair de poule, s’il ne payait pas de mine il n’en était pas moins un tueur sadique et brutal et il chérissait cette réputation qu’il s’était taillée à coups de crocs et de griffes, préférant largement ouvrir la chair plutôt que d’utiliser les flammes. Oh certes Melkor avait la sienne lui aussi, brut et trop hardi pour son propre bien, point de finesse en ce Bronze tout du moins à ce qu’il laissait penser, Nushi savait que sous ces grands airs furieux se cachait un dragon lui aussi et que, par conséquent, le mésestimer revenait à pointer un couteau sur son coeur et à lui dire d’appuyer.

°Seregon joue a ses petits jeux mais il ne rechigne pas à voir l’éclat du sang, le fait que vous soyez tout deux vivants est la preuve que vous pouvez encore avoir une utilité à ses yeux. Imagines-tu à quel point cela doit être frustrant d’être l’un d’entre nous, coincé dans un bipède sans jamais avoir l’occasion de reparcourir les cieux, d’asseoir ta force sur les éléments ? En toute honnêteté il me fait de la peine.°

Un léger souffle sorti de son nez comme pour imiter un rire monosyllabique en toute discrétion, il leva légèrement le chef faisant mine de réfléchir pour répondre aux interrogations du Bronze sans le froisser. Les deux à l’intérieur étaient à couteaux tirés aussi il était inutile de provoquer Melkor qui pouvait servir de tampon à son Lié pendant que se passait la joute verbale et les diverses tractation.
Il suffisait de lui détourner l’attention et de piquer dans sa curiosité sans être maladroit et tout irait bien, surtout pour ce qui était prévu dans la suite du programme.

°Ce que nous pouvons offrir au Gardien est ce que nous lui avons toujours offert : la loyauté, il EST le Kaerl. Faire acte de soumission est toujours bienvenu et sert à panser son égo meurtri. Quant-à ce cher Kasim...°
°Maintenant frère.°


Il fit mine d’humer l’air, les yeux fixes, ne quittant jamais les iris de la forme humanoïde du Bronze, il lui indiquait par là même qu’il le gardait à l’oeil et que toute tentative d’agression serait facilement repérée.

°Un jouisseur, un lâche, un feignant, une ombre ne daignant pas se plonger dans la glorieuse lumière du Kaerl. Voilà sa réputation, mais nous savons tout deux que c’est l’image qu’il souhaite donner aux autres, n’est-ce pas? Un maigre sourire en coin déforma son visage °Tous jouent à ce jeu par ici, par simples précautions. Même les descendants de puissants… comme le fils de ton Lié qui se trouve en ce Kaerl, perdu et esseulé. Ou sa fille, avant son décès...°
Le sourire diminua graduellement, les paupières de chair se fermant légèrement comme pour appuyer ses dires. Il leva l’index comme pour prévenir de quelque chose et pencha la tête de quelques degrés sur la droite tandis qu’une présence se faisant sentir : lourde, puissante, d’une odeur de cendre et de piment.

[RP] Sous le sang de l'ombre Br7
Le Bronze Antarès.
°Maintenant frère.°

Il attendit quelques secondes puis fit donc connaître sa présence, sortant des ombres et les flammes jouant sur ses écailles leur offrant un reflet d’or rouge mêlé à du cuivre, sa large tête garnie de crocs acérés se tournant vers les deux Dragons sous forme humanoïde.

°Nushi, mon frère ! ...Melkor...°

La voix était puissante, impérieuse et d’une fierté à faire pâlir un Seigneur, ses yeux brillaient d’un vert d'amusement tranquille. Le Torhil et le Blanc savaient précisément où placer leurs pions aussi s’était-il amusé à suivre leur plan avec son Lié, impatient de voir le choc sur les visages. Le Décurion juché à la base de son cou mis pied à terre avec l’aisance née de l’habitude et un côté tout aussi fier que la voix de son Lié, il ne jeta pas même un regard aux dragons ou à l’ombre assez étrange qui était dans un coin.

°Nous sommes impatients tout deux d’à nouveau collaborer avec vous. Reste donc en paix Melkor et ne craint rien, croyais-tu que le Zenghwei et mon frère viendraient sans une sécurité supplémentaire? Aucun mot de ce qui se passe actuellement ne fusera dans le Kaerl… si tout se passe bien.°

Un rire de gorge fusa vers Melkor, lui montrant bien que s’il désirait en venir aux mains il n’aurait pas que le Blanc à affronter, non, il y avait aussi un autre vétéran de la grande guerre en ces lieux et l’impact d’un carreau de baliste se faisait aisément remarquer sur tout le haut de son crâne cornu.

***

Il aurait souri si cela n’avait pas provoqué plus avant l’Elfe face à lui, cette confusion dans son regard était à mourir de rire, ainsi que la colère d’avoir été un pion mené par une main de maître à la destination que le Sang désirait, il avait ouvert son sac par pure colère, espérant choquer et s’était retrouvé face à quelqu’un de d’accord avec lui. Oui les Valheriens avaient gardés une sale réputation depuis qu’une catin avait prit leur tête, mais à peine arrivé au pouvoir il s’était occupé d’arranger les choses, de chauffer le fer pour le remettre droit.

« Vous allez prêter serment d’allégance au Clan Valherien mais surtout… à moi. Et nous avons certaines… façons de régler la traîtrise dans notre clan. Nous sommes la Puissance des mots d’ordres du Kaerl, pensez-vous vraiment qu’après près d’un millénaire nos membres sont restés assis sur leurs lauriers ? En prêtant serment ici, vous vous mettez à mon service et à celui du Clan. Comprenez-vous cela, Maître Dehlekna ? Je suis le seul à pouvoir vous offrir une nouvelle chance ici mais vous savez très bien que je ne perds jamais lorsque je parie sur quelque chose. Quant-à ce qui vous revient de droit, je veillerai à ce que vous retrouviez une position en ce Kaerl, cependant sachez que vous n'avez plus de droits depuis votre Exil, ceux-ci ont été perdus. Mais tout peut être retrouvé.»

Il se redressa, penchant la tête vers l’avant et lui offrant un sourire là où ses yeux restaient durs comme l’acier. Il voulait que l’exilé comprenne dans quoi il s’engageait, qu’en s’agenouillant ici il ne prononçait pas de simples mots, mais deviendrait une forme de propriété.

° Il est là.°

Le sourire du Zenghwei s’élargit et les portes s’ouvrirent, laissant entrer un fëalocë couvert d’une armure noire, celle-ci semblait avaler la lumière pour la garder en son sein plutôt que de la laisser se promener sur ses formes compliquées et gravées. Il se tenait derrière l’elfe, lui barrant l’accès vers la sortie, une main sur le pommeau de sa lame d’un air détendu et empreint d’assurance tandis que ses yeux d’ambre se plantaient dans ceux du Moredhel.

« Voici mon bon ami, Maître del Aeran. Une personne en plus sur qui compter si toutefois vous acceptez la tractation. Celle-ci ne sera pas renouvelée, il n’y a plus rien à discuter à son propos et sachez que vous ne pourrez vous délier de vos paroles que si et seulement si je le décide. Nous sommes nous compris, Maître Dehlekna ? »

[RP] Sous le sang de l'ombre Asteriondelaeran-5627b8c
Astérion del Aeran, Maître Bronze

Son visage exprimait un air confiant et quelque peu rieur, ses paupières inférieures relevées par l’amusement. Dieux qu’il appréciait ce salopard de Zenghwei, parfois il regrettait de n’être pas assez aligné avec ses opinions politiques pour rejoindre le Clan Valherien, mais ainsi allait Rhaëg, il avait juré allégeance aux Introvertis et y resterait. Cela n’était cependant pas contraire à son serment d’allégeance et d’amitié au descendant Zenghwei, tout deux se soutenaient depuis si longtemps…

Il tapota de deux doigts sur le pommeau de sa lame, montrant par là même qu’il était prêt à l’utiliser si les choses se passaient autrement que comme le Sang le désirait. Et puis dans le pire des cas ? Il aurait participé à l’exécution d’un banni interdit de retour et cela rejaillirait sur sa maison pour lui rendre son éclat.

« Dans les deux cas, vous faites don de votre vie, Dehlekna. A voir si vous préférez avec la tête sur les épaules ou non. »

Son sourire s’élargit quelque peu, la lame sortant d’un bon centimètre du fourreau comme pour illustrer ses propos. Oh Dieux qu’il appréciait cet instant.
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Marek d'Ardiénor
Chevalier Errant
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Marek d'Ardiénor


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeSam 22 Juin 2019 - 19:25

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea [RP] Sous le sang de l'ombre Avatar-melkor-tolorea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm


Theme Song :
Völva - Munknörr

Au delà de l’abri fourni par la promenade couverte du cloître, le ciel enténébré continuait de pleurer ses larmes de pluie, inlassablement, le son des gouttes s’écrasant, impitoyables, sur le sol de marbre du Sanctuaire, réduisant à néant le calme ouaté qui y nichait en temps normal. Et sans ciller un seul instant, de ses yeux blancs qui induisaient inévitablement le malaise chez les bipèdes, semblant se jouer avec une habileté consommée de la méfiance du grand Bronze, Nushi poursuivait sa petite joute verbale avec Melkor.
Adossé à l’ombre d’un pilier, invisible à l’oeil, toute son attention partagée entre le maintien de son emprise sur son pouvoir et ce que ses sens – odorat, ouïe, vue – percevaient de son environnement, complètement ignorant de la teneur de la discussion, Kasim en était réduit à spéculer. Le jeune Moredhel était bien conscient que sa vie était entre les griffes, ou les mains, présentement, de son ancien Maître, mais cela faisait partie des risques du jeu, et il l’acceptait comme tel. Tout juste pouvait-il déduire si la situation paraissait favorable ou non, en fonction de l’attitude de Melkor. La tentative du Bronze d’attirer son adversaire à l’écart lui étira les lèvres en un vague sourire ironique. Cela aurait pu marcher avec un dragon moins rusé que le lié du Zenghwei. Mais le grand mâle avait fort à faire avec lui, d’autant plus quand l’autre irradiait un amusement évident face à sa vive irritation. Il était déjà admirable que Melkor soit parvenu à conserver son calme jusque là.

Le dragon avait froncé les sourcils, le visage partiellement masqué par son capuchon, au rappel évident de la condition de Seregon. Le Gardien était-il réellement à plaindre ? Emprisonné à jamais dans le corps bipède de son Lié, incapable de quitter le Màr dont il avait la charge … Et pourtant créature la plus puissante foulant les dalles du Kaerl Ardent, marionnettiste immortel s’amusant de voir les bipèdes danser au son imperceptible de sa flûte, capable d’élever ou d’abattre tout aussi bien le plus insignifiant des Chevaliers que le plus puissant des Maîtres, par simple caprice. Qu’avait-il vu de l’avenir du Màr Tàralöm lorsqu’il avait empêché la lame d’Iskuvar de récolter la tête de Martel ? Ne lui laissant le choix qu’entre une soumission humiliante et un bannissement cruel, loin des terres où résidaient son âme et son coeur ?

Peu porté à compatir envers le sort de Seregon, Melkor s’était contenté de fixer Nushi sans répondre, une moue vaguement méprisante ciselant son visage anguleux. Quelque sacrilège que la magie noire résultant en son existence ait pu être, il supposait que cela avait été mérité. Certainement, si Seregon et son lié Valheru d’alors s’étaient montrés plus puissants, ou plus prudents, cela ne serait jamais advenu.
Et, si l’absence d’intentions belliqueuses revendiquées par Nushi avaient presque réussi à apaiser un tant soit peu sa méfiance, le brusque changement d’atmosphère qui accompagna ses dernières paroles réveilla néanmoins en lui un feu violent, fait de vigilance et d’agressivité contenue. Le Blanc cherchait visiblement à le tromper et un nouveau protagoniste allait entrer sous peu en scène. Son Lié était en danger. Ne l’avait-il pas prédit à Martel, que s’il se séparait une fois encore de lui, les complications ne tarderaient pas à se présenter ?

**Solaufein, tiens-toi prêt. L’un de mes frères est là.**

Reprenant instantanément sa forme draconique pour faire face à la menace que représentait cet invité indésirable, sans plus écouter le discours de Nushi, il secoua mentalement le Spectre des Cendres, avec une rudesse évoquant sans ambages une claque derrière la tête.

**Fais venir Jahangir, immédiatement !**

L’évidente réticence de Solaufein ne lui échappa pas, et il réprima une réplique particulièrement cinglante sur les elfes à l’orgueil si imposant qu’ils imaginaient pouvoir se passer de leurs liés.

*Il dort ...*
**Eh bien réveille-le, à moins que tu ne préfères que je le fasse moi-même ? Dis-moi, jeune chiot, que penses-tu préférable ?**

Se mordant les lèvres dans l’ombre dans laquelle il était enveloppé, Kasim se résigna à tendre son esprit vers celui de son Lié, qu’il trouva parfaitement éveillé, dans l’expectative, et une colère noire prête à engloutir tout sur son passage, rampant en bordure de leur conscience partagée.

*Jahangir, j’ai besoin de toi.*
**Oooh, et pourquoi viendrais-je à ton secours, toi qui estime pouvoir filer en douce sans tenir compte de mon existence même ?**
*Fais donc ce que tu veux, lézard stupide et borné ! Mais ne viens pas pleurer si ton précieux Lié se fait abîmer !*

Le temps qu’avait duré leur échange, quelques battements de cœur à peine, la silhouette imposante d’un autre grand mâle avait envahi l’espace étroit du corridor, frôlant l’Elfe de près, bien trop près, avant de s’arrêter pour échanger des salutations cordiales et en apparence décontractées avec le Blanc. Antarès, lié du Décurion Astérion del Aeran. Bien connu pour être le rival de ce bon vieux Lars, le commandant de sa propre Décurie. Kasim jura silencieusement. Il ne les avaient pas senti s’approcher.
L’atmosphère se faisant étouffante, littéralement écrasée par la présence menaçante des deux Bronzes, il décida de prendre un peu de distance, se débarrassant de son manteau pour révéler la tenue de cuir souple, teintée de noir, qu’il portait en dessous. Il espérait que l’odeur imprégnant son manteau parviendrait à troubler les sens des dragons, lui permettant d’agir en toute discrétion. Il ne pourrait pas attaquer et maintenir son camouflage en même temps, aussi devrait-il choisir soigneusement son moment, s’il devait en arriver là. Accroupi un peu plus loin derrière le lié de son ancien Maître, une dague à longue lame entre chaque main, il se mit donc en arrêt, attendant les ordres, ses iris pourpres brillant férocement tandis que l’excitation faisait rugir son sang.

*Et maintenant, Melkor ?*

Sans recevoir de réponse directe du Bronze, lequel s'était ramassé sur lui-même, prêt à bondir, sinon un grondement sec lui signifiant de ne pas le déranger, le sourire du Moredhel s’élargit néanmoins en un rictus cynique lorsqu'il réalisa enfin la présence proche de Jahangir, ombre invisible sous la pluie battante qui obscurcissait le jardin du cloître. Il comprenait maintenant que ce fourbe de dragon noir l’avait certainement suivi dès le départ, et attendait le meilleur moment – selon sa propre définition – pour intervenir : le sort de Martel lui était totalement indifférent, mais il ne tolérerait pas que quiconque d’autre que lui porte la main sur son Lié.

**Qu’est-ce que cela signifie, Nushi ? Crois-tu que je vais rester indifférent alors que la vie de mon Lié est menacée et que l’on m’empêche de le rejoindre ? Que je vais rester ici et attendre sagement sans broncher alors que toi et ton lié faites intervenir par traîtrise une tierce personne dans ces négociations ?**

Ses prunelles tourbillonnantes d’un rouge-orangé furieux, Melkor découvrait maintenant ouvertement les crocs à l’attention d’Antarès, interposé entre lui et la porte de la salle de prière où son frère d’âme faisait face au Zenghwei. Il n’était pas fou, et savait très bien qu’en cas de combat, à deux contre un, entre dragons vétérans de la Grande Guerre, les conséquences pour chacun d’entre eux risquaient d’être très lourdes. Membres brisés, ailes arrachées, yeux crevés, écailles éventrées, il était inutile de se voiler la face … Le cas échéant, si les choses devaient dégénérer, le grand mâle savait qu’il ne serait d’aucune utilité pour défendre Martel contre le Torhil et son acolyte Fëalocë. Pire encore, il ne représenterait alors qu’un poids mort pour lui.

***

D’un ton exsudant une évidente fierté mais aussi, encore et toujours, un voile diffus de provocation, Martel, renfermant son trouble au plus profond de son être, avait décidé de jouer cartes sur table, énonçant avec franchise son intention. Il n’avait pas d’autre option viable que de rejoindre le Clan Valherien. Pourtant, loin de sembler satisfait – pouvait-il réellement dire qu’il ne s’y était pas attendu ? –  le Torhil avait repris la parole, jouant outrageusement de son avantage, son sempiternel sourire ne parvenant pas à masquer la dureté de ses yeux.
Il attendait de l’Elfe qu’il se mette à son service, en plus d’attacher son destin et son avenir à celui de son Clan. Les évidentes implications d’un tel serment le frappèrent de plein fouet, et sans le soutien constant de Melkor au creux de son esprit, il aurait certainement, une fois encore, été tenté de refuser. Il était libre de ses actes et de ses décisions depuis si longtemps ... Dès lors qu’il s’était affranchi de la tutelle du Seigneur Huriand, cette nuit-là sur les sables noirs des Cavernes Flamboyantes, lorsque son âme avait reconnu pour sienne celle de son frère Bronze, il avait décidé de vivre pour servir ses propres ambitions, pour l'avenir du Màr Tàràlöm.

Ses poings se serrèrent, durement, et il raffermit l’ancrage de ses pieds au sol.

Tout ceci, allait décidément trop loin. Il n’était pas venu ici pour devenir le toutou obéissant d’un politicien ambitieux, mais visiblement, le Zenghwei était incapable de le traiter avec sérieux, sur un pied d’égalité, d’homme à homme, et préférait se cacher derrière ses titres. S’il fallait ramper à terre pour obtenir ce qu’il désirait, alors mieux vaudrait encore …
Soudain, issue de Melkor, une sensation d’alarme pressante fit vibrer tout son corps et il se tendit aussi en réponse. Ennemi en approche. Danger. Son regard glacé se posa sur le Torhil, qui ne laissait paraître aucun trouble. De là à en déduire que leur invité faisait partie de ses plans, il n’y avait qu’un pas. Une flopée d’insultes méprisantes à l’égard de sa lâcheté fleurirent dans sa conscience, mais, les lèvres pincées, il les contint. Inutile de gaspiller son énergie en de vaines querelles, quand un combat imminent s’annonçait visiblement. La main toujours fermement accrochée au fourreau de son épée, il se recula légèrement dans la pièce, afin d’englober du regard à la fois son adversaire et l’entrée de la salle, au travers de laquelle s’encadra un Fëalocë en armure complète.

Dents serrées, un mince sourire, qui n’en était pas totalement un, vint étirer les coins de ses lèvres. ‘‘Son bon ami’’, hein. ‘‘Une personne en plus sur qui compter’’ … Allons, chercher à le caresser dans le sens du poil était ridicule. Il savait reconnaître une menace quand il en voyait une. Il avait reçu une réponse magistrale quant aux questionnements sur l’assurance de sa loyauté. Pourquoi en revanche mêler le Clan Introverti à cette histoire ? Le nom d’Astérion del Aeran ne lui était bien évidemment pas inconnu, quiconque ayant participé à la Guerre à un grade équivalent au sien le connaissant, d’autant plus que l’homme commandait à présent une Décurie de Verseurs de Sang. Toute sortie lui étant désormais interdite, il tourna délibérément le dos au Maître Bronze, lui signifiant qu’il ne l’effrayait pas. Ainsi, une fois encore, il se voyait contraint à choisir entre sa vie et son honneur. Melkor était pour l’instant impuissant à l’aider, et lui-même n’était absolument pas en état de combattre deux guerriers aussi compétents.

Le coeur au bord des lèvres, un éclat de rire de froide folie menaçant d’en franchir la barrière, il détacha son ceinturon et le jeta au sol avec fracas, ouvrant largement les bras tout en faisant face au Zenghwei, les iris un peu trop brillants. S’il désirait se débarrasser de lui, il venait de lui offrir une occasion en or. En revanche, s’il pensait qu’il pouvait lui être d’une quelconque utilité ...

« Très bien. Il semblerait que tout choix réel me soit finalement interdit. Vous sentez-vous tellement menacé par ma personne que vous ressentiez le besoin de faire assurer vos arrières par une tierce personne ? Ce serait presque flatteur. »

Cet homme n’avait aucune honneur, ses méthodes le prouvaient à elles seules. Et qu’importait le succès bien hypothétique qu’il pourrait lui apporter, il reconnaissait à présent qu’il avait eu tort de s’engager dans un marchandage de bas étage avec lui.  D’une manière ou d’une autre, serment ou pas, il lui ferait payer. Il trouverait les failles dans lesquelles s’infiltrer.

« Puisqu’il le faut, je vous concède gracieusement la victoire, Maître Zenghwei. Concluons donc notre affaire. Sur mon honneur, puisqu’aucune autre chose que je possède ne semble avoir encore de valeur à vos yeux, je m’engage ainsi que vous l’exigez, à rejoindre et servir fidèlement les intérêts du Clan Valherien. »

Sa mâchoire se contracta, et bras toujours écartés du corps, c’est ses yeux fixés dans ceux du Maître Blanc qu’il poursuivit.

« Aussi, devant témoin, je fais également serment de loyauté envers le Haut Représentant Yong’Wu Zenghwei du Màr Tàralöm, lié du Blanc Nushi. En tant que membre du Clan Valherien, je lui obéirai et me plierai aux ordres. »


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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeJeu 27 Juin 2019 - 16:44

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Yong'Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
Haut Représentant du Clan Valherien

Il n’était pas nécessaire qu’il reprenne sa forme Draconique, Nushi se contenta de s’écarter légèrement pour ne pas être poussé par le Bronze qui avait encore ses humeurs. Décidément ce grand dadet n’avait pas grand-chose de viable à l’intérieur du crâne, c’était même un miracle que celui-ci ai pu éclore voir se Lier.
Poussant un léger soupir, la voix du Blanc s’insinua tout d’abord à l’attention de Kasim, une discussion que seuls eux deux pouvaient entendre.

°Réfléchis bien à tes prochaines actions, Chevalier. Soutiendras-tu le traître au risque d’être exécuté par la suite ou préfères-tu rester en dehors de tout ceci et d’attendre la suite ? Seregon sait que nous sommes là, toi, moi, Astérion et Antarès. Si je venais à mourir, qui porterait le blâme selon toi ?°

Ceci fait, l’espace de quelques respirations, il garda ses yeux sur Melkor qui attirait l’attention comme à son habitude. Si Nushi aurait pu s’amuser de la situation il savait que celle-ci était précaire et pouvait rapidement tourner au vinaigre ainsi qu’à alerter à peu près tout le monde dans les environs. Antarès continuait de fixer, placidement son homologue de couleur, sans mots dire et ses yeux oscillant entre le vert et le rouge.

°Il est étonnant que tu sois resté vivant aussi longtemps en ces Lieux Melkor. Tu parles de traîtrise, je parle de sécurité, tu prends de grands airs furieux mais tu n’es plus ici chez toi jusqu’à ce que mon Lié en décide autrement. Comprends-tu dans quelle situation tu nous mets avec tes enfantillages ?°

Ses doigts jouaient, faisant sortir les tendons de sous sa chair bipède pour calmer sa colère. Selon lui si Martel pouvait avoir son utilité, les risques commençaient à être bien trop grands et à moins que tout ne se désamorce il rajouterait de nouveaux ossements dans son Weyr, non sans avoir uriné sur eux au préalable. Il envoya un message à Yong’Wu, situé à l’intérieur.

°Termines en rapidement ou je mettrais fin à cette mascarade à ma façon.°

***
[RP] Sous le sang de l'ombre Br7
Le Bronze Antarès.

Il voulait tellement rire car ce Bronze était sensé être son aîné et il se comportait comme un dragonneau à peine sorti de l’oeuf. Mais prudence devait rester, car malgré ses déficiences et sa colère il restait tout de même un vétéran, aussi Antarès préféra se préparer au combat, bandant les muscles de ses pattes pour pouvoir jaillir sur le Lié du Banni si c’était nécessaire. Il ne pouvait cependant pas cacher son amusement de la situation.

° Melkor, si le but était de vous tuer ce serait déjà fait et vous ne l’auriez pas même remarqué jusqu’à ce que ton cou se brise et qu’une lame perce ton Elfe. Tu connais Nushi non ? Il en a tué des plus gros que toi et le tout sans même être vu, quant-à moi si je n’ai pas sa finesse j’aurai simplement rôti ton Lié pour te laisser mourir. Alors cesse donc tes prétentions de victoire sur nous et patiente.°

Il resta là, immobile mais prêt, les yeux nichés dans ceux de l’autre Bronze. Oh certes ses mots allaient sans doutes déclencher encore plus de colère chez lui mais de toutes façons il ne l’avait jamais apprécié : il était favorable au fait de les exécuter, lui et son Elfe.

***
[RP] Sous le sang de l'ombre Asteriondelaeran-5627b8c
Astérion del Aeran, Maître Bronze

Il regardait l’Elfe continuer ses insultes avec un air amusé. Il était glorieux de voir quelqu’un qui se pensait si haut tomber dans la boue, Dieux qu’il était impressionné par le talent de Yong’Wu pour rester calme, c’en était presque divin. La ceinture claqua au sol tandis que le pommeau de l’épée ricochait contre les dalles, bien pour la discrétion on pouvait repasser et il contint un rire moqueur.

Il pencha la tête sur le côté, sourire aux lèvres, tandis que le Moredhel tentait encore une fois de se défiler en jouant sur les mots de son serment, oh que c’était glorieux, meilleur qu’un bon vin ! Il pouvait cependant sentir l’alerte qui se jouait à l’extérieur et raffermi sa prise sur sa lame tandis que son autre main passait au creux de ses reins pour se saisir du manche de sa dague. L’épée servait de moyen d’intimidation, de puissance, mais dans un endroit aussi exigu ? Une dague était bien meilleure arme.

Et puis arriva Yong’Wu, il le vit perdre patience à peine une seconde avant que celui-ci ne déboule d’un pas furieux vers l’Elfe…

* Ça va barder pour cet idiot. *

***

Son regard se durcit et son sourire disparut à la fois face à l’avertissement de Nushi mais aussi au comportement de l’Elfe. L’exil ne lui avait pas donné meilleur caractère ou affûté son esprit, il jouait ici comme s’il était le maître, comme s’il avait son mot à dire, c’en était presque frustrant. Son coeur se gonflait de violence devant un tel comportement et il réfléchit quelques instants quant à son choix de l’intégrer au Clan Valherien.
Il allait falloir le briser et le remodeler, cet outil qu’il avait imaginé être une pierre angulaire pour son ascension se révélait si plein de fêlures qu’il pensait sérieusement à le jeter aux ordures pour en avoir fini ici.

« Un choix ? En ces lieux ? Écoutez moi bien ... » son ton devint glacé et dangereux, accompagné comme d’un grondement « ... Maître Dehlekna. Vous êtes banni du Kaerl Ardent, vous n’avez plus aucune prétention en ces lieux et vous tentez encore de jouer avec moi et de me manquer de respect ? »

Il s’approcha de deux pas rapides, sa main fila dans un coup remontant pour frapper l’Elfe à la joue. Force y était mais pas trop tout de même, il ne désirait nullement lui enlever une dents ou lui ouvrir la joue en faisant trop de pression sur la chair. Son pied gauche se tenait sur le ceinturon de celui-ci pour lui couper la possibilité de récupérer sa lame et il cracha au sol pour ponctuer sa colère, ses yeux durs comme le diamant étaient plantés sur l’Elfe. Le serment que l'autre avait prêté, même sous la contrainte, se révélait bien trop plein de failles évidentes pour qu'il laisse passer ça sans réagir.

« Une fois encore, tu fais preuve d'un orgueil particulièrement déplacé en ces circonstances. Ce serment fallacieux que tu as énoncé, pensant que je ne m'en apercevrais pas ... » il reprit le tutoiement pour lui apprendre, pour lui montrer qu’ici, maintenant, il risquait sa tête. Qu’il ne sortirait jamais de ces lieux s’il ne cessait pas ses enfantillages et son arrogance. « Je vais choisir de l'accepter comme tel, mais garde bien à l'esprit ceci : tu t’es montré trop erratique pour pouvoir m’être d’une quelconque utilité. Alors à présent, sur un genou, baisse la tête, et embrasse ma bague. Ne penses plus seulement pouvoir me tromper. Sinon tu sentiras la douleur de perdre ton Lié et je te garderai en vie dans un donjon pour te torturer et voir ton esprit te quitter, tandis que tu deviendras aussi intelligible qu’un vieillard sur son lit de mort. M’as-TU bien entendu, Elfe ? As-tu compris les mots qui sortent d’entre mes lèvres ? Actuellement je gagnerai bien plus en te faisant subir cela qu’en t’ayant à mes côtés. L’on ne mord pas la main qui nourrit. A GENOUX, MAINTENANT ! »

Son ton s’était élevé, impérieux, violent, claquant dans l’air et laissant passer la fureur qui pouvait habiter un Torhil poussé à bout...
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Marek d'Ardiénor
Chevalier Errant
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MessageSujet: Re: [RP] Sous le sang de l'ombre   [RP] Sous le sang de l'ombre Icon_minitimeLun 26 Aoû 2019 - 21:32

[RP] Sous le sang de l'ombre Kasim-adrikan-solaufein-2-tol-orea__[RP] Sous le sang de l'ombre Jahangir-Forme-Dragon-Tol-Orea
Kasim "Solaufein" Adrikan & le Noir Jahangir
Spectre des Cendres


Theme Song :
Stronger Than Fate - Secession Studios

Ombre silencieuse dans l’obscurité de la nuit pluvieuse, les gouttes de pluie s’écrasant avec un son mat sur ses écailles charbonneuses, Jahangir avait attendu son heure, certain que tôt ou tard son faible de Lié se verrait obligé de faire appel à lui. Et cela n’avait pas tardé. Pensait-il réellement pourvoir lui filer entre les griffes de cette façon, attendant qu’il soit endormi pour s’éclipser ?

Dardant une langue bifide entre ses crocs pour goûter et se délecter de cette atmosphère tendue qui étouffait les esprits, il avait lentement ouvert ses yeux, fanaux brillant de rubis et de topaze mêlés. Brûlant d’une excitation qui trouvait sans mal son écho dans l’esprit de Solaufein, feignant l’indifférence et opposant un cruel désintérêt aux pensées du jeune Moredhel, il avait néanmoins redressé sa tête cornue en direction du Sanctuaire. En lui, l’envie d’aller écraser ces grands dadais de Bronzes et ce Blanc puant se disputait au désir de laisser son Elfe tirer les leçons de ses actes. Devait-il céder à sa demande ou bien le punir douloureusement pour son insolence ?
Enfin, déroulant sans grâce sa silhouette lourdement musclée, ses griffes labourant la terre meuble du jardin, écrasant sous ses pas négligents végétaux comme minéraux, il s’était glissé sous le ciel nocturne, sans réelle hâte … Jusqu’à venir s’encadrer sous l’arche de la promenade couverte, surplombant ainsi ses frères dragons d’un regard dans lequel couvait une franche hostilité, couplée à un criant mépris. Un souffle de dégoût échappa au Noir lorsque Solaufein lui fit part des dernières menaces du Lié du Zenghwei. Une telle obsession était décidément … grotesque.

Pour lui, une chose était claire : il était la seule personne dont Solaufein ait réellement besoin. Tout le reste n’était que pions interchangeables et amusements accessoires. Et pour ce qui le concernait, Martel et Melkor pouvaient bien retourner à la poussière dont ils étaient issus, il ne pourrait que se réjouir d’une telle nouvelle. Bien vite, Jahangir détourna donc son attention de Nushi et de son compère Bronze, pour venir la fixer avec amertume sur son indésirable géniteur, Melkor, et à travers lui, tapi derrière son aile, l’invisible silhouette de son âme-sœur.

**Je me fiche bien de connaître ce qui se trame ici, tout comme de savoir qui a tort et qui a raison. Je vous laisse à vos ridicules jeux de bipèdes. Mais retenez bien une chose : quiconque portera la main sur mon Lié en paiera le prix fort, et la mort lui semblera alors un sort bien enviable.**

C’était cette pensée qui avait finalement emporté son indécision : il était l’unique être à posséder le droit légitime de faire souffrir Solaufein … Et il n’hésiterait pas à le faire, encore et encore, si cela se révélait nécessaire, afin de lui ouvrir les yeux sur la réalité de la vie au Màr Tàralöm, afin qu’il lui cède enfin comme il se devait !

**Retire-toi, Solaufein. Tout ceci ne te concerne plus. Les choses arrivent à leur terme à l’intérieur et tu ne peux plus rien y faire. Tu as échoué à protéger Martel après tout. A moins que tu ne penses qu’il veuille encore de toi après une telle humiliation ? Enfin, à supposer qu'il n'ait pas déjà crevé comme un chien ...**

Assortissant sa remarque cinglante d’un rictus menaçant à l’égard de Nushi et d’Antarès, découvrant ses crocs et étirant ses ailes, il se laissa choir dans l’herbe grasse, s’éloignant sans plus prêter attention à la dispute qui opposait Melkor aux deux autres dragons. Qu’ils s’entre-déchirent s’ils le souhaitaient, il serait là pour prendre avantage sur le survivant et lui faire regretter d’avoir pensé pouvoir user de son Lié comme d’une vulgaire marionnette.

***

[RP] Sous le sang de l'ombre Martel-legend-vaendark-53571a7__[RP] Sous le sang de l'ombre Melkor_Dragon_Tol_Orea
Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
Exilé du Màr Tàralöm

Tournant ouvertement le dos au Fëalocë, le Moredhel savait qu’il jouait gros, que sa vie même était dans la balance. Mais n’était-ce pas le cas depuis le début de cette pitoyable entrevue ? Soit, il ne pouvait prévoir la réaction du del Aeran. Néanmoins, il estimait que faire face à la véritable menace, celle qui possédait le véritable pouvoir de décision, était ce qu’il y avait de plus intelligent à faire. Il se refusait à exposer au Zenghwei le moindre signe de faiblesse, lui qui était déjà si bouffi par sa propre importance … Une pensée fugace, et l’image d’Eléderkan, intrusive, s’imposa à son esprit, lui murmurant âprement que lui aussi s’était comporté ainsi par le passé … Et Martel la balaya sans remord, une colère dévastatrice, pas uniquement avivée par la fureur sanglante éprouvée par Melkor, menaçant de réduire en cendre les dernières miettes de calme qu’il possédait encore.
Qu’il le haïssait, ce Torhil, ce noble arrogant et certain d’avoir la main haute dans cet échange. Au fond de lui, il le savait, son serment incomplet n’avait été que pure provocation de sa part, comme s’il avait espéré, attendu, qu’il réagisse, pour avoir une chance de défouler toute sa folie, de déverser sa profonde répugnance sur lui. Qu’importait la dague que son sous-fifre de décurion avait lentement fait coulisser hors de son fourreau, alors même que l’Elfe était désarmé.
Tout ce qu’il désirait voir à présent était la rage pure et véritable s’afficher dans ses yeux sombres, la certitude qu’il prendrait conscience de l’ampleur du mépris qu’il ressentait à son égard, du peu de considération qu’il accordait à sa satisfaction … Il voulait le voir en colère, le voir basculer et perdre ses esprits. Une bien maigre victoire, mais quand la mort s’annonçait et venait frapper à sa porte, que lui restait-il encore d’autre ? Que lui importait la souffrance ?

Et, un pas après l’autre, sans qu’il ne fasse aucun mouvement pour l’arrêter, le fixant droit dans les yeux, la tête haute, certain que son passage de vie à trépas ne tarderait plus, il laissa le Zenghwei venir sur lui … Pourtant, d’une force mesurée mais suffisante pour le faire chanceler d’un pas en arrière, la main qui vint heurter son visage, inattendue, le poussa écarquiller les yeux de saisissement, un très bref instant, avant qu’un voile d’une froideur hivernale ne vienne piéger son visage dans le marbre. Instantanément soufflée, sa rage s’était éteinte, remplacée par un grand froid, une haine glaciale et acérée, imprimant très nettement la marque de ses crocs sur son esprit, étouffant toute autre émotion en lui, tuant dans l’oeuf toute velléité impulsive de réponse.

L’esprit désormais parfaitement clair, ses lèvres s’étirèrent dans un imperceptible sourire, chargé d’une promesse mortelle et latente.

***

Au dehors, Melkor, les iris chavirés par un vif-argent synonyme d’une grande détresse, ses griffes raclant désagréablement le marbre sous lui, ne put contenir un gémissement sourd et misérable, là où il aurait voulu rugir son défi et son indignation. Son âme déchirée par le besoin violent d’abattre tout obstacle se dressant entre lui et son Lié, le grand Bronze frissonnait de douleur et d’angoisse contenue, effrayé par le vide qu’il ressentait en son âme. Qu’était-il arrivé à Martel ? L’impuissance n’était pas un sentiment acceptable pour lui, aussi le dragon se ramassa sur lui-même, prêt à bondir à la gorge du Blanc Nushi, au mépris des blessures qu’il pourrait récolter d’une telle confrontation contre deux vétérans de la Grande Guerre.
Derrière lui, oublié et livide sous son hâle, le teint gris, incapable de contenir son pouvoir plus longtemps, Kasim pris une inspiration sifflante, une main crispée sur sa tunique de cuir. Jamais encore il n’avait vu Melkor, ni même aucun dragon, dans un tel état. En lui, l’excitation avait lentement été balayée par une peur sournoise, de celles qu’il n’avait plus ressenties depuis le jour de sa ‘‘libération’’, depuis cet instant d’exultation absolue où sa lame avait enfin tranché la gorge de celui qui avait été son géniteur.

Et si Jahangir avait raison ? Et si Martel le rejetait, ou pire, si le Zenghwei avait eu raison de lui ? Le Sanctuaire allait-il à présent se transformer en champ de bataille ? Non … Non, c’était impossible, Martel était bien trop intelligent pour s’être laissé abattre par le dernier des intrigants. Que pouvait-il faire alors ? Impitoyables, comme le gel craquelant et fissurant petit à petit la roche, les racines du doute s’infiltrèrent en lui. Et c’est seulement lorsque le grand mâle s’ébroua, ses prunelles retrouvant leur teinte sanglante, que le jeune Moredhel se tendit enfin vers lui, son honteuse question suspendue dans l’espace silencieux entre leurs deux esprits. Il n’eut heureusement – ou malheureusement – pas le temps de la formuler, car déjà, sa queue fouettant l’air, dans une attitude irradiant une lourde agressivité, le Bronze le repoussa en arrière, physiquement et mentalement.

**Ceci n’est plus ton combat. Disparais, Solaufein. Retrouve ton Lié.**

Roulant dans la poussière un peu plus loin, le jeune Moredhel se redressa difficilement, la bouche ouverte sur une virulente protestation, mais déjà, Jahangir, ombre parmi les ombres, s’enroulait soudain autour de lui, ses griffes traversant sans peine le cuir de son armure, appuyant toute la masse de son corps écailleux contre le sien, l’écrasant au sol et l’empêchant de bouger.

**Il est temps que tu apprennes à faire ce que l’on te dit, petit Elfe.**

***

Entre les trois hommes, les secondes semblaient s’être brutalement démultipliées, comme si la main des Tisseuses sur la trame du destin avait hésité, l’espace d’un instant, sur ce qui allait advenir d’eux.

Une pensée, une simple pensée, son nom énoncé, calmement, froidement, avait su arrêter Melkor, l’empêchant de se jeter sur ses ennemis. Il ne s’agissait pas se faire disparaître l’envie de son Lié d’aller déchirer leurs chairs et briser leurs ailes, mais juste de la canaliser, de la mettre en réserve, de la nourrir pour quand leur vengeance serait le moins attendue et donc la plus douce. Martel avait décidé de ne pas s’arrêter sur l’usage du tutoiement, sur les menaces et le venin contenu dans les paroles du Valherien. L’un et l’autre étaient bien trop risibles, minables devant la haine souveraine qui emplissait chacune des parcelles de son être. Car là où rugissait encore l’incendie peu auparavant, cette haine avait dévoré son âme en un battement de coeur, parfait despote assurant son emprise sur toute autre émotion qui aurait pu voir le jour en lui. Chaque souffle, chaque mouvement d’air gonflant ses poumons lui étaient dédiée. Et ses yeux pâles, au milieu de son visage ciselé, paraissaient s’être fait puits insondables, à l’image de la glace des profondeurs, traîtresse et instable. Il ne ressentait plus rien. Même la douleur de sa pommette meurtrie, qui s’ornait à présent d’une marque d’un rouge virulent qui allait en s’élargissant, ne parvenait pas à l’atteindre.

Il ferait ce que le Torhil exigeait … Pour le moment. Qu’il savoure l’humiliation qu’il venait de lui infliger, tant qu’il le pouvait encore. Qu’il s’imagine l’avoir brisé. Martel s’assurerait que sa chute soit tout aussi interminable que les souffrances qu’il lui promettait s’il le trahissait.

Mais en lui, les leçons du défunt Maître Huriand avaient été inscrites au fer rouge : il n’y avait de trahison que là où l’on considérait l’autre comme loyal envers soi, après tout ? Or, il était parfaitement clair pour lui qu’il ne lui obéirait que parce qu’il y avait été contraint et forcé, et qu’il saisirait la première occasion pour se libérer … Une fois qu’il n’aurait plus besoin de ce que lui, et le Clan Valherien, pourraient lui offrir. Cet homme était à des lieux de pouvoir prétendre obtenir le moindre respect. Le Moredhel aurait besoin de trouver au plus vite d’autres alliés, plus fiables, pour autant qu’un tel terme puisse s’appliquer au Màr Tàralöm. Son esprit voyait loin sur l’échiquier. Tant qu’il restait en vie, la partie n’était pas perdue. Il lui restait d’autres pions à jouer.

Alors, sans desserrer les lèvres ni répondre à ses futiles attaques, le visage ne laissant rien paraître et le regard dépourvu de toute vie, il s’inclina, en apparence soumis, tombant sur un genou pour embrasser la lourde bague qui symbolisait toute la charge et l’orgueil du Haut Représentant du Clan Valherien. Il refusait de considérer son destin comme scellé : tout ne faisait au contraire que commencer. Il se battrait, et ce jusqu’au bout.

- FIN -


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