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 [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor

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Martel Dehlekna
Chevalier Dragon
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Martel Dehlekna


Date d'inscription : 19/08/2020
Sexe : Masculin
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Messages : 6
RPs : 2
Race : Elfe (Moredhel)
Âme-Soeur : Le Bronze Melkor
Fonction : Exilé
Affiliation : Clan Valherien
Alignement : Loyal Mauvais (Kaerl Ardent)
Ordre Draconique : Ordre Draconique d'Ombre (Kaerl Ardent)

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MessageSujet: [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor   [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Icon_minitimeMer 19 Aoû 2020 - 13:39


Nom : Il est connu au Màr Tàralöm sous le nom de Martel Dehlekna. Son nom de naissance, Rizzen Sui’Aerl, il ne l’a partagé qu’avec son défunt Maître (feu le Seigneur du Kaerl Ardent Celanduil Hùriand, lié au Bronze Morokei), ainsi que son ancien frère d’arme et meilleur ami, Eléderkan Garaldhorf. C’est un secret bien gardé, une façon pour lui de faire oublier ses origines et de tirer un trait sur son passé.
Martel est le 'surnom' dont l'a affublé Celanduil lors de leur rencontre (en raison de son obstination bornée) et Dehlekna est le nom de famille de sa mère.

Surnom : Aucun. Bien fou serait celui ou celle qui s’aventurerait à lui en donner un ouvertement.

Âge : Il a pris pied récemment dans l’automne de sa vie. Né en l’an 864, il fêtera ses 56 ans en Isashaniku 920. Cela fera désormais 34 ans qu’il est au Kaerl, et 31 ans qu’il a trouvé son âme sœur sur les sables des Cavernes Flamboyantes.

Race : Elfe. Son père, Deshmal, est issu d’une longue lignée de Moredhel, une peuplade qualifiée ‘‘d’elfes noirs’’ vivant spécifiquement dans les déserts glacés du nord-ouest du Vaendark, au pied du Hjalldimm, dans les Terres Kaacheens. Sa mère, Kiyöne, aux origines elfiques plus troubles, était une mercenaire et une chasseuse native du Skirnir.
Le Chevalier et Spectre des Cendres Kasim Adrikan (Solaufein Do’Illishar), lié au Noir Jahangir, est son neveu et son homme de main.
Pour plus d’infos sur sa famille et les Moredhels, c'est à voir par ici !

Physique, Caractère : Son profil, d’une froideur sculpturale, paraît piégé entre deux âges, ni tout à fait jeune, ni tout à fait vieux. Combien d’années a-t-il vu passer, combien de fois les vagues du temps sont-elles venues s’écraser sur ses rivages ? A moins que ses iris pâles, à la teinte azurée rappelant les glaces éternelles du Vaendark, ne daignent s’abaisser sur vous, chargées de toute l’histoire d’une vie de lutte et de violence, il paraît bien difficile de le déterminer. Les contours de son visage s’ornent d’angles agressifs et de creux ombrageux, que ne vient pas démentir le pli, fier et orgueilleux, de ses lèvres fines, tandis que son regard se détourne vers des sujets plus dignes de son attention.
Dans son dos croule une cascade d’argent soignée, à la blancheur neigeuse aussi virginale qu’impitoyable. Balayant ses reins, il lui arrive fréquemment d’en natter la crinière en une tresse épaisse, dévolue à le laisser libre de ses mouvements. Martel vous contemple, impassible, depuis toute la hauteur héritée de ses ancêtres elfiques, frisant sans peine le mètre quatre-vingt-dix, avant que ses doigts, longs et osseux quoiqu’à la poigne ferme, ne viennent s’enrouler étroitement autour de la poignée de sa lame. Vous ne le verrez que bien rarement sourire, et encore moins avec chaleur : les flammes amères et douloureuses qui résident en lui sont bien cachées, maîtrisées, encloses au plus profond de son cœur.

Son corps à la musculature souple a été forgé par la rudesse du climat qui l’a vu naître, puis affûté, aiguisé, renforcé par plusieurs décennies à servir le Màr Tàralöm par la voie des armes puis au sein du Concile. D’un pas assuré, à grandes enjambées énergiques, il s’éloigne, la tête haute, l’esprit focalisé sur son objectif. Rien dans son attitude extérieure ne laisse paraître le moindre doute, le moindre frémissement d’hésitation ... Et pourtant : quiconque le connait un tant soit peu sait qu'il est en permanence en train de réévaluer ses plans, d'examiner toutes les options qui s'offrent à lui, cherchant la meilleure voie à suivre. Refusant de laisser prise aux fantômes de la défaite qui le hantent inlassablement.
Car c'est un guerrier, un conquérant et un battant dans l’âme, convaincu de son bon droit et de la légitimité de sa position : qu’importent les obstacles, qu’importent les adversaires qui se dresseront sur sa route, il se tiendra prêt à leur faire face.
Dans sa voix grave, légèrement rauque, à la sécheresse veloutée d’un claquement de fouet, s’attardent encore, à peine perceptibles, les accents âpres de ses montagnes natales. Années après années, sous la houlette de son Maître tout d’abord, puis de sa propre initiative, il s’est efforcé d’effacer toute trace, tout souvenir de son passé honni. Plus rien ne laisse paraître que le rusé stratège qui vous fait face ait été autrefois un vagabond, errant dans les étendues gelées des Terres Kaacheens. Enfin, quoi qu’on ne puisse le qualifier de beau, il irradie souvent d’un certain charisme qui ne laisse pas indifférent, et qui sait lui attacher la fidélité de ses soldats ... Ou l'inimitié de ses détracteurs.

Que dire de son caractère ? Loyal, fidèle à ses valeurs et principes, mais également, très paradoxalement, à son Kaerl. Ambitieux et patient, prêt à tout pour parvenir à ses fins, n’accordant que très rarement sa pleine confiance ... n'ayant ainsi que pas ou peu d'alliés, et encore moins de véritables amis. Méprisant tout ce qu’il jugera comme la moindre manifestation de faiblesse, et en même temps ne tolérant pas que l’on s’oppose à lui ; accordant une grande importance à la justice et à l’honneur, tout en n’hésitant pas à écraser les autres si cela s’avère nécessaire. Il n’y prendra certes aucun plaisir, mais n’en ressentira pour autant aucun remord.
Martel s’avère un être pétri de contradiction, difficile à saisir. Une chose est sûre, néanmoins : ses récents échecs puis l’humiliation de l’exil auront fait resurgir en lui une certaine prudence oubliée, une pondération née dans la souffrance de sa déchéance. Plus que jamais, aujourd’hui, il a soif de vengeance … Et pourrait bien se perdre définitivement à travers cette quête de pouvoir aveugle.

Il est à noter que ses relations avec la gent féminine sont généralement … houleuses et complexes, les femmes trouvant difficilement grâce à ses yeux. Trop naïves, trop fragiles, ou bien trop présomptueuses, trop influentes, il n’est pas de juste milieu pour lui. Il est clair que ses jeunes années passées au sein d’une structure familiale excessivement matriarcale et cruelle, l’ont marqué durablement, bien plus qu’il ne voudrait l’admettre. Et quoi qu’il ne le montre pas, il réside encore en lui un petit garçon éploré, manquant de confiance en lui et ses capacités, désespérément avide de trouver l’écho de sa valeur dans les yeux de ceux qui l’entourent.

Alignement : Loyal Mauvais. Après son exil, il a rejoint bon gré mal gré le Clan Valherien dans le cadre de tractations politiques, mais son cœur est et a toujours été celui d’un Dominant.

Lié : Il s'agit du Bronze Melkor, né en 889 de l’Incarnate Sokänon, alors doyenne et l’une des Reines les plus prestigieuses du Màr Tàralöm. Dans la moyenne haute de sa couleur, c’est un dragon à la musculature puissante, au caractère volcanique et brutal, prêt à tout pour défendre les intérêts de son Lié et très attaché à son Kaerl et à sa lignée. Il forme une paire plutôt équilibrée avec Martel, chacun se concentrant pour ainsi dire sur ses "spécialités". Le grand mâle lui voue un amour à la limite de la possessivité. Pour le Moredhel, Melkor est un des rares êtres sur qui il sait pouvoir compter envers et contre tout, et se repose énormément sur lui pour assurer ses arrières et affirmer leurs prétentions.

Possessions : Pas grand-chose qui mérite d’être mentionné, ce n’est pas une personne très attachée au matériel. Il accorde néanmoins une grande importance, plus symbolique qu'autre chose, à son épée longue elfique et à son armure d’écailles.
Outre une dague de Stalhrim, un métal étrange ressemblant à du cristal, il possède également un artefact magique dont il ne maîtrise pas du tout le pouvoir : ce dernier, sous la forme d’un pendentif représentant un dragon et orné d’une pierre de lune laiteuse, lui permet d’effacer sa présence ‘‘mentale’’ et de ne pas être détecté par les dragons. Son utilisation incontrôlée, à l’effet permanent pour peu qu’il le porte sur lui, consomme en revanche de plus en plus de son énergie vitale, et il commence à en payer le prix fort.

Magie : Aucune, il n’a aucune affinité avec la magie et ne sait pas s’en servir. Il préfère le poids fiable et rassurant des véritables armes. En dehors de ça, il a le Don, bien évidemment.

Divers : Après des années à le jouer en tant que PNJ, le voici adopté officiellement et pour de bon ! Triple compte de Heryn/Marek. Keurkeurlove sur vous et burn les rageux. Bisous !


« Que ne jure pas de marcher dans les ténèbres
Qui n'a pas vu la tombée de la nuit. »

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Dernière édition par Martel Dehlekna le Ven 20 Aoû 2021 - 18:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor   [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Icon_minitimeJeu 19 Aoû 2021 - 22:25

Histoire : Me contacter pour toute question relative à la chronologie ou à la famille Moredhel de Martel. Bonne lecture !




» Le temps de la naissance : Frémissement – Isashaniku 864


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Deshmal-Sui-aerl-paps-martel-tolorea [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Kyone-Dehlekna-mams-martel-tolorea
Deshmal Sui'Aerl & Kiyöne Dehlekna

(Vaendark – Terres Kaacheens, contreforts du Hjalldimm.) Au cœur de la longue nuit d’hiver, emplissant le maigre abri fourni par la caverne exigüe dans laquelle ils avaient trouvé refuge, une plainte étouffée, répétée, résonnait en écho, quoi que de plus en plus faiblement. D’abord cris déchirants, puis gémissements lancinants, ils étaient seuls témoins de la douleur d’une femme en plein labeur. Autour d’elle, tous étaient silencieux, s’affairant, lèvres closes et le regard sombre.
Dès le départ, le Clan avait désapprouvé cette union contre nature. Jamais encore l’un des leurs ne s’était accouplé avec une étrangère. Mais le sang des Sui’Aerl coulerait dans les veines de sa progéniture, et il était bien trop précieux pour qu’on le laisse s’échapper. Tel avait été le verdict de la Matriarche. Sans chercher à cacher leur réprobation, ils avaient toléré la présence de la future mère en leur sein, comme ils l’auraient fait avec du bétail, indésirable mais nécessaire à leur survie.

A présent la longue attente touchait à sa fin. Qui pouvait dire quel destin les Ancêtres réserverait au nouveau-né ? Et s’il devait advenir que le nourrisson ne survive pas à la mise bas, ne serait-ce pas le signe que son sang était impur, et qu’il était indigne de porter le nom du Clan ? La femme pourrait être sacrifiée pour apaiser les Esprits, le fils Sui’Aerl serait uni à une Do’Illishar, et le statu-quo entre les deux familles serait assuré pour une génération supplémentaire.


» Le temps de l'enfance : Innocent – Années Intermédiaires


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Angaste-Do-Illisharr-tolorea
Angaste Do'Illishar

Contre toute attente, le nouveau-né et sa mère avaient survécu. Angaste, en tant que Matriarche et Grande Prêtresse de la Reine Araignée, l’avait examiné attentivement, à la recherche de tares pouvant justifier qu’il serait abandonné aux Éléments. Mais l’étrangère avait donné naissance à un petit vigoureux et en bonne santé, un mâle. Un mâle, quel terrible gâchis ! Il s'avérait qu'on ne pouvait décemment attendre autre chose d'une telle union. Selon les rites du Clan, il lui fut attribué le nom de sa lignée : Sui’Aerl, et donné le dénominatif de ‘‘Rizzen’’. Il vivrait, donc. Son père, Deshmal, s’étant honteusement entiché de l’étrangère, fut autorisé à la conserver comme sa compagne, au moins le temps que le petit soit assez âgé pour participer aux tâches collectives.

Impassible face au mépris, laissant les murmures et les rumeurs glisser sur elle sans la toucher, Kiyöne éleva son garçon du mieux que cela lui était possible. Son compagnon n’osant intervenir, trop timoré pour réellement s’élever contre la Matriarche, ce fut elle qui se chargea d’éduquer leur fils à travers un point de vue différent, lui offrant les récits d’un monde extérieur au Clan et de toutes les richesses qui y résidaient, prêtes à être saisies.

Le déplaisir d’Angaste, vif et implacable, crut encore et encore au fil des années, constatant à quel point le jeune métis était bien trop choyé par sa mère, et ce au mépris de toutes leurs traditions. Son tempérament, d’ors et déjà indépendant, se voyait vraisemblablement encouragé, voire pire encore, secrètement nourrit par cette dernière. Il devint clair qu’il faudrait agir et le séparer d’elle, avant qu’il ne soit trop tard.


» Le temps de la perte : Orphelin – Mystraku 875


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Mirshann-Do-Illisharr-grandma-Kasim-tolorea
Mirshann Do'Illishar

Bae'qeshel. Sorcière. Envoûteuse. Sous cape, c’était ainsi que l’étrangère était qualifiée, toujours regardée avec un mélange de crainte et de dégoût. Angaste y avait veillé, distillant lentement son poison dans les esprits de ses ouailles. Nul allié pour Kiyöne au sein du Clan, pas même Deshmal, qui courbait la tête face au comportement, le plus souvent injuste et cruel, de la Matriarche. S’y opposer n’aurait fait qu’aggraver les choses, et mettre en danger tant celle qu’il aimait que leur enfant.
Désormais adolescent, Rizzen faisait montre d’un caractère taciturne, solitaire, mais passablement instable. Instruit par sa mère, il était devenu aussi vif d’esprit que remarquablement obstiné, curieux de tout mais animé d'une soif douloureuse de reconnaissance. Le Clan admettait ses indéniables talents de chasseur, à contre-coeur, sans toutefois lui accorder de véritable place.

Au cours d'une nuit, par une de ces nuits de blizzard dévorant toute lumière alentours, Kiyöne disparut. Sans laisser de trace, sans que quiconque ne puisse dire où elle était allée ni ce qui lui était arrivé. Comme évaporée, comme si elle n’avait jamais existé. Et avec l’apathie de ceux soumis aux caprices des Éléments, le Clan reprit sa vie, ignorant le chagrin de celui qui l’avait aimée, tout autant que la rage dévorante du garçon privé de sa mère.

A peine plus d'une lune plus tard, Deshmal était uni à une nouvelle femme, issue de la lignée Do’Illishar. Petite-fille d’Angaste, étant désormais jugée en âge de procréer, Mirshann avait été éduquée dès sa plus tendre enfance dans l’optique de prendre la charge de Matriarche, lorsque le moment serait venu. Elle se voyait donc toute indiquée pour purger l’âme du fils Sui’Aerl de la souillure de l’étrangère et le remettre dans le droit chemin.

Se détournant de son enfant, brisé et meurtri par sa perte, Deshmal se consacra dès lors entièrement à la lourde tâche de répondre aux attentes démesurées de la vieille Elfe. Ainsi en avait-il toujours été, et le serait-il encore à jamais, du rôle de tout individu de sexe masculin au sein des Clans Moredhels. Inférieur, soumis et obéissant.


» Le temps de la jalousie : Impuissant – Haskèlku 878


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Shai-ayne-do-illisharr-tolorea
Shai'ayne Do'Illishar Sui'Aerl

Une première fois, le ventre de Mirshann s’arrondit, fruit des œuvres de Deshmal. Lunes après lunes, veillée par les sages-femmes du Clan, la Prêtresse se vit systématiquement réserver les meilleures pièces de viande, honorée par d’innombrables présents, recevant un respect dont Kiyöne n’aurait jamais pu rêver. Et gare à celui qui n’accomplissait pas sa tâche convenablement : il se voyait alors promptement et sévèrement punir. Nul ne devait déranger la gestation de la future héritière.

Sans mot dire, Rizzen observait tout ceci, incapable de comprendre la cruelle morsure de cette colère glaçante qui ne semblait plus vouloir se déloger de ses entrailles. Et cela pas plus qu’il ne comprit l’amère satisfaction qui le prit à la gorge lorsque le nouveau-né vint finalement au monde, aussi silencieux, froid et inerte qu’une pierre. Mort. Réclamé par les Esprits. C’était mal, le garçon le savait, mais peut-être son père lui accorderait-il à nouveau son attention à présent ? Peut-être Angaste réaliserait-elle qu’il n’y avait nul besoin d’un autre enfant ? N’était-ce pas là un évident message des Ancêtres ?

Les semaines s’écoulant, il se surprit à s’accrocher à ce fragile espoir, uniquement pour le voir balayer, quand, à l’orée de la saison estivale, on annonça qu’une fois encore, la femme était enceinte. Neuf lunes plus tard, une petite fille voyait le jour, ouvrant sur ses parents un regard pourpre saisissant. Szarkai. Bénie des Dieux, à l’instar d’Angaste avant elle. De grandes choses l’attendaient, et une vive émotion saisit alors le Clan à cette annonce.


» Le temps de l'injustice : Dissident – Isashaniku 882


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Llythrana-Do-Illisharr-promise-martel
Llythrana Do'Illishar

La fillette fut baptisée Shai’ayne, et entourée de bien plus d’attentions, là encore, que Rizzen n’en avait jamais reçu au cours de sa courte vie. On s’inclinait devant elle, craintivement, comme devant l’incarnation d’une divinité, chuchotant des prières afin de détourner son éventuel courroux. Ce n’était qu’une enfant pourtant, une insupportable gamine fouineuse qui s’ingéniait à fourrer son nez dans tout ce qui ne la concernait pas. Pire encore, insensible à la désapprobation de la Matriarche, elle persistait à le suivre, toujours sur ses talons, à chaque fois que cela lui était possible, ses grands yeux couleur de sang fixés dans son dos.

Comme il la haïssait, elle et l’ombre dévorante qu’elle projetait sur lui ! Certains jours, saisi d’angoisse et incapable de trouver le sommeil, ses démons intérieurs lui soufflaient que s’il venait à fermer les yeux, il disparaîtrait à jamais, comme Kiyöne avant lui, et que personne ne s’en soucierait. Il n’existait déjà plus aux yeux de Deshmal depuis bien longtemps, sa propre mère l’avait abandonné, et il n’avait jamais été qu’une source d’irritation pour Angaste.

Dans une tentative désespérée de se battre contre ce qu’il concevait comme son inévitable destin, l’adolescent commença à se rebeller, son caractère explosif se révélant aux yeux de tous, cherchant à attirer sur lui les regards, l’attention, qu’importait sa nature. Il éprouvait un besoin irrépressible de se sentir vivre, et exister, dans les yeux des autres.

Cette crise trouva son point d’orgue lorsque la Matriarche lui annonça qu’une femme – Llythrana, la propre demi-sœur de Mirshann – lui avait été choisie et qu’il lui serait uni au printemps prochain. Même encore aujourd’hui, ce qui se produisit ensuite reste flou : tout ce dont il se souvient est de son poing crispé sur un poignard de pierre, plongé jusqu’à la garde dans le cœur de la vieille Elfe. De son sang, gouttant lentement, et tachant de rouge la neige immaculée. De son sentiment d’exultation à l’idée d’avoir enfin assouvi sa vengeance, refluant lentement vers un profond dégoût de lui-même. De sa terreur face aux conséquences de ses actes. Qu’avait-il fait ?

Au lieu de l’acclamer comme un potentiel libérateur, le Clan, épouvanté, le rejeta. Que n’avait-il attiré sur eux la malédiction des Esprits, et mécontenté les Ancêtres ? Sous le regard scrutateur – presque admiratif – de Shai’ayne, il fut décidé que Rizzen serait banni à jamais, livré à lui-même dans le désert glacé au-delà des territoires de chasse qu’il avait toujours connu.


» Le temps du rejet : Vagabond – Mystraku 886

[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Celanduil-huriand-tolorea [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Br3
Celanduil Hùriand & le Bronze Morokei

(Vaendark – Terres Kaacheens, plaines du nord.) Il réchappa miraculeusement au premier hiver passé loin de son Clan, amaigri, gelé, plus mort que vif.

Son exil solitaire se prolongea ensuite durant quatre longues années, durant lesquelles il serait plus juste de dire qu’il survécut plus qu’il ne vécut réellement. Ne parlant pas un mot de commun, ayant été éduqué dans une optique de méfiance des étrangers, il n’osait se rapprocher des rares villages et campements qu’il croisait sur sa route. Il ne pouvait compter que sur lui-même.

Il se trouva néanmoins bien démuni lorsqu’au sortir d’une violente lutte contre un ours affamé, il fut recueilli à demi inconscient par une petite communauté Neishaane, qui pansa ses blessures et partagea avec lui nourriture et refuge. Nul besoin de mots avec eux : la gentillesse spontanée de ces nomades qui possédaient à peine plus que lui l’ébranla profondément. Il peinait tout simplement à concevoir un tel comportement. Qu’avaient-ils donc à gagner à l’aider ?

Le lait de renne fermenté aidant, il ne sut pas non plus repousser convenablement les avances de la jeune fille de la famille ... Et lorsqu’au matin il s’éveilla, l’esprit encore brumeux, le corps souple de la Neishaane blottit contre lui sous les couvertures, il fut choqué de ne ressentir qu’écœurement après ce qu’elle lui avait offert. La vie ne pouvait se répéter ainsi, n’est-ce pas ?

Poursuivi par le souvenir de sa mère, Rizzen prit la fuite, chancelant, sans savoir que de leur nuit partagée naîtrait plus tard une demi-sang qui le rejoindrait à son tour sur la Terre de l’Aube.

Ses plaies suintant sous les bandages rudimentaires appliqués par les nomades, le Moredhel s’effondra dans la neige moins d’une demi-lieue plus loin, protégé du froid par un épais tapis d’épines de pin. Juste avant de sombrer dans l’inconscience, la vision effroyable d’un monstre écailleux gigantesque lui fit croire sérieusement que sa dernière heure était venue. Une pensée qui se vit accueillie avec un fatalisme teinté de soulagement. Ses souffrances seraient-elles abrégées ?
Dans un dernier sursaut de volonté, luttant contre l'obscurité grandissante et une vague de douleur insoutenable enflammant chacun de ses nerfs, il surprit un homme se pencher sur lui, un sourire rusé s’ouvrant sous son abondante barbe argentée. Les mots que l’étranger prononça alors resteraient gravés en lui pour l’éternité ; ceux qu’il parvint à articuler en réponse, eux, furent oubliés peu après, dévorés par la fièvre.


» Le temps de l'apprentissage : Aspirant – 887 à 890


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Eléderkan Garaldhorf & le Bronze Thémos

(Tol Orëa – Màr Tàralöm.) Les débuts furent chaotiques. Dès son arrivée au Kaerl Ardent, Rizzen réalisa le fossé qui le séparait des autres Aspirants. Son commun était balbutiant, il n’avait aucune notion d’histoire ni de culture, ne savait ni lire ni écrire, et encore moins se battre. Pourtant, sous l’égide exigeante du grand homme qu’était Celanduil Hùriand, il progressa rapidement : il n’avait de toute façon pas d’autre choix s’il voulait survivre. A l'instar de la nature sauvage, seule la loi du plus fort régnait ici.

Hùriand se révéla un homme difficile à saisir, dont l’esprit retors semblait toujours voir plus loin que cela ne paraissait possible. Le Seigneur du Kaerl avait de nombreux ennemis, son dragon, Morokei, le lui avait expliqué. En jetant son dévolu sur lui, le Maître Bronze entendait créer à son service le parfait petit soldat, loyal, obéissant, intelligent, et efficace. Il était prêt à modeler ce précieux minerais brut sur la forge de son ambition, pour en produire une épée au tranchant remarquablement aiguisé, dont lui seul aurait la maîtrise.

C’était sans compter le caractère buté et indépendant du jeune sauvageon qu’il avait sauvé là.

Entre eux s’établit alors un équilibre complexe. Son Maître était sévère, n’hésitant pas à le corriger implacablement pour ses erreurs comme ses défauts, mais pourtant, pour la première fois de sa vie, Rizzen se sentait enfin … Considéré. Estimé. On lui offrait la chance de devenir quelqu’un. L’Aspirant qu'il était le haïssait, viscéralement, pour cette supériorité écrasante dont il faisait preuve sans même paraître en avoir conscience ; le Moredhel en revanche l’admirait, le voyant comme un objectif à atteindre … Et à dépasser.

Lorsque, juste à la frontière entre l’insulte et l’humour, Hùriand l’affubla du sobriquet ‘‘Martel’’, l’employant à chaque fois qu’il devait s’adresser à lui directement, l'Elfe en fit son nouveau nom, y ajoutant le patronyme de sa défunte mère. De ce jour, tournant définitivement le dos à son passé honteux, il se présenta aux yeux des Ardents comme Martel Dehlekna.
Rizzen Sui’Aerl était mort, et cet être misérable et faible ne devrait plus jamais être mentionné. Son avenir résidait ici, auprès de ces êtres mystérieux qu’étaient les dragons.

Un peu plus d’un an après son arrivée au Màr Tàralöm, il fit la rencontre d’un nouvel Aspirant, un Elfe tout comme lui. Et en dépit de leur différence d'âge, l’alchimie fut immédiate. Il trouva en Eléderkan Garaldhorf un compagnon, un confident, un frère, un rival, et bien plus encore. Il se rendit bien vite compte que les talents de son ami étaient gâchés, totalement inexploités par le Maître qui l’avait pris en charge. Aussi s’habitua-t-il à partager avec lui les fruits de son apprentissage, échangeant avec lui dans d’interminables discussions dans le but d’élever leurs esprits. Ensemble, ils refaisaient le monde, imaginant comme il pourrait être s’ils parvenaient à le changer selon leurs désirs.

Courant 889, Hùriand lui annonça qu’il participerait à la prochaine Éclosion. En seulement trois années d’apprentissage, Martel avait non seulement atteint, mais aussi dépassé – et de loin – toutes ses espérances. Certains auraient pu le craindre ou en prendre ombrage, mais le vieux Seigneur, sûr de lui, avait opté précisément pour la stratégie inverse. En lui laissant la bride sur le cou, en lui accordant confiance et mérite, il s’était assuré la loyauté durable de son Aspirant. L’Empreinte n’en constituerait que la prochaine étape.

Martel était un homme ambitieux, mais fidèle, en amitié comme en inimitié. Même une fois Lié, il pourrait continuer à servir ses projets. Ainsi ce dernier rencontra-t-il la moitié de son âme, un petit Bronze au tempérament volcanique, sous le regard approbateur de son Maître. Melkor, fils de Sokänon, doyenne des Incarnates. Son dragon.

Il s'était entrainé, avait lutté jusqu'à l'épuisement le plus total, s'élevant à partir de rien, surmontant chaque obstacle qui s'était présenté devant lui. Et il avait vaincu !

Auréolé d’une gloire grandissante, il était impatient qu’Eléderkan le rejoigne au rang de Chevalier. Pourtant Selthar da’Farigionda ne montrait aucun signe qu’il reconnaissait les mérites de son élève. Eh bien, qu’importait : une fois lié en bonne et due forme, son ami ne serait plus dépendant du bon vouloir de cet imbécile après tout. Ce fut Martel qui prévint Eléderkan de l’Éclosion imminente de la couvée de Tintaglia : n’était-ce pas pour lui le moment ou jamais de se libérer ? Et, quoi que la trahison de Farigionda faillit lui coûter la vie, l’Elfe n’en réalisa pas moins l’Empreinte à son tour en 890, prouvant sa valeur aux yeux du Kaerl.


» Le temps de la croissance : Chevalier – 891 à 895
.

L’Empreinte ne représentait qu’une étape à franchir pour Martel. Indispensable pour s’élever hors de la masse anonyme, pour légitimer son existence au sein du Màr Tàralöm et le distinguer de la foule des Non-Doués … Mais rien de plus qu’un degré dans son ascension. Car, inévitablement, ce premier avant-goût du pouvoir, ce premier aperçu d’une possible complétude, n’avait fait que lui donner envie de plus. Il désirait se mettre à l’épreuve, en ressentait le besoin, de voir jusqu’où il pourrait aller. Jusqu’où pourrait-il s’élever ?

A quel moment ne ressentirait plus sur sa peau le souvenir fantôme de ces paysages de neige qui hantaient ses nuits ?

Celanduil, lui qui avait été son mentor, considérant l’appétit dévorant de son protégé, sourd aux avertissements de Morokei, restait invariablement serein. Et par moments, le Moredhel aurait même pu jurer que le vieux sang-mêlé ressentait de l’amusement à le voir se débattre contre ses propres ombres. Nul besoin de lui mettre des bâtons dans les roues : Martel provoquerait tôt ou tard sa propre chute. Alors, affrontant sans frémir le regard moqueur de son Seigneur, dans le silence de son esprit il se jurait qu’il l’abattrait un jour, effaçant définitivement cette ultime trace de son passé. Il l’affronterait en duel, à la loyale, et lui prouverait sa supériorité, une bonne fois pour toutes.

S’ils unissaient leurs forces, lui, Melkor, Eléderkan ainsi que son jeune lié Bronze, Thémos, qui pourrait leur résister ?

Suivant les traces de son Seigneur, il entra dans le Clan Dominant, y étant bientôt rejoint par son frère d’armes, avant de s’engager dans une Décurie de Spectres des Cendres. Thémos grandissant, les vieilles habitudes rattrapèrent Eléderkan, et tandis que son ami multipliait avec succès les expéditions diplomatiques et commerciales de par le monde, Martel se consacra quant à lui à gravir patiemment les échelons du pouvoir au Màr Tàralöm.
Il enchaîna ainsi les missions pour le compte du Kaerl, et c’est au cours de l’une d’entre elle qu’il fit la connaissance d’une courtisane Elfe du Vaendark, espionne et assassin. S’étant éprise de lui, ou cherchant peut-être à le manipuler afin de le faire chanter, elle l’attira dans ses rets, uniquement pour se voir abandonnée une fois son objectif atteint. Il suffit de cette fois unique, cependant, pour qu’une nouvelle descendance soit conçue. Des jumeaux, qui ne devraient jamais connaître ni leur mère, ni leur père.

Les années s’écoulèrent à un rythme accéléré, tandis qu’il engrangeait une précieuse expérience, une maturité nouvelle venant canaliser sa flamme intérieure vers une stratégie plus réfléchie et pondérée. Il fut promu Verseur de Sang, et les premières fêlures, si subtiles qu’elles en paraissaient insignifiantes, commencèrent à apparaître entre lui et son frère de cœur.

Jeunes et arrogants, ivres de gloire et de réussite, bercés par cette apparente alchimie et parfaite complémentarité existant entre eux, ils ne s’en aperçurent hélas pourtant pas immédiatement.


» Le temps de l'apogée : Maître & Sang – 896 à 898


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Ismira-drak-tolorea-Copie
Ismira Drak

Ses besoins de découverte et de liberté peut-être assouvis, au retour d’une longue mission au cœur de l’Archipel d’Ys, Eléderkan sembla s’assagir, s’installant de manière un peu plus durable au Kaerl. L’Elfe paraissait … différent. Plus prudent. Comme si son regard sur le monde avait soudain changé. Au grand dam de Martel et malgré tous ses efforts pour le convaincre du contraire, son ami se désolidarisa alors du Clan Dominant pour rejoindre le Clan Introverti.
Refoulant sa colère, Martel ferma les yeux sur ce qu’il vécut comme une première trahison. Leurs liens étaient trop forts pour être brisés pour si peu, après tout. D’autant plus que peu après, l’un et l’autre se virent honorés par Flarmya et accédèrent ainsi ensemble au rang désirable de Maître Dragon. Enfin ! Enfin pouvaient-ils évoluer parmi leurs pairs la tête haute, et confronter dans la plus parfaite légitimité ceux qui peu auparavant les toisaient encore avec mépris.

Peu intéressé par la formation d’un Aspirant, Martel poursuivit sa quête de consécration et de reconnaissance, profitant de sa réputation pour se jeter à corps perdu dans la danse des alliances et intrigues politiques. Un milieu dangereux, sans pitié, où ses approches téméraires lui attirèrent bien peu d’amitiés, mais bien au contraire, un nombre certains d’ennemis. Intégrant peu après le Concile, il se positionna en faveur d’Eléderkan, manigançant sans vergogne afin que son ami de toujours puisse devenir Sang à son tour. Unis et inséparables comme les doigts d’une main, car à ses yeux, il ne pouvait en être autrement. Une marche après l’autre ... Ensemble, jusqu’au plus haut sommet, n'est-ce pas ?

Avait-il seulement conscience de tout ce qu’il fuyait en prétendant agir dans le seul objectif de concrétiser leurs rêves de jeunesse ? Délibérément aveugle au fait qu’il ne faisait qu’accomplir les desseins supérieurs de Celanduil, une nouvelle fois, le Moredhel accepta le pacte tacite lui proposait le vieux renard. Sa loyauté contre un plus grand pouvoir. N’était-ce pas peu cher payé ? En 898, à tout juste 34 ans, le Seigneur Huriand l’éleva donc à la dignité de Second du Kaerl … Faisant officiellement de Martel son bras droit, et la personne la plus puissante du Màr Tàralöm, après lui.

Ses désaccords avec Eléderkan se faisant à cette époque de plus en plus fréquents, son frère de cœur commença à manifester ouvertement ses réserves à l’égard de ce qu’il considérait comme une bien irréfléchie et dangereuse cupidité. Ses ambitions le précipiteraient à sa perte, voilà ce que son ami ne cessait de lui répéter, laissant en son cœur une plaie à vif qu’il était bien incapable de comprendre ou de cicatriser.

Il assista ainsi avec un déplaisir indéniable au Vol Nuptial entre Thémos et l’Incarnate Lye’Den, tournant le dos à la relation – éphémère et déséquilibrée – que tissèrent Eléderkan et la Maîtresse Darlana del Aeran. L’opinion que Martel avait des femmes ne s’était guère améliorée au fil du temps, et le simple fait de côtoyer ce genre de créatures opportunistes, prêtes à user de leur charmes pour obtenir gain de cause, le hérissait encore au plus profond de lui.

Et si leur aventure ne dura pas, son ami ne tarda pas à se jeter dans les bras d’une nouvelle femme, herboriste à Lòmëanor. Rencontrée par hasard après une rixe ayant dégénéré au point d’en venir aux mains, Ismira Drak captura efficacement le cœur d’Eléderkan dans ses filets. Peut-être est-ce à cet instant précis que la destinée commune des deux Elfes marqua un tournant crucial, que leurs chemins s’écartèrent au point de diverger franchement.

Dévoré par une rancune grandissante et incontrôlable, Martel ne remarqua pas les nuages qui vinrent cependant rapidement assombrir la parfaite idylle.


» Le temps de la menace : Second –  898 à 900


[Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Salvedaen-arkalin-vava-tolorea [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Logo_n15
Salvedaen Arkalin & le Noir Astaroth

Considérant d’un mauvais œil l’amourette naissante qu’Eléderkan partageait avec la jeune Fëalocë, Martel se détourna de son ami, remâchant son aigreur à son égard, sans toutefois jamais la comprendre vraiment ni l’exprimer ouvertement. Ce qu’il considérait comme une liaison passagère ne venait, en réalité, que remuer le couteau dans la plaie de blessures anciennes, mêlant trahison et sentiment d’abandon … Mais l'amitié qui unissait le Moredhel avec son frère d’armes était bien trop importante, et quoi que la corde fut désormais tendue à se rompre, il choisit une nouvelle fois de fermer les yeux et de passer outre, concentrant plutôt toute sa méfiance et son mépris sur le nouvel Aspirant du Seigneur Hùriand.

Salvedaen Arkalin, dont le nom, même si nul ne le savait encore, devait entrer dans l’histoire du Màr Tàralöm. Un homme bien étrange, au faciès déformé, disait-on, par le pacte avec les Ténèbres qu’il avait conclu. La marque de Kazièl, ainsi qu’il se chuchotait dans les couloirs, emplis d’une crainte révérencieuse. L’Humain était ambitieux, sa force primitive et mal dégrossie, ne faisant preuve d’aucune finesse dans les jeux de pouvoir au Kaerl : ce qu’il le désirait, il le prenait, sans aucune forme de considération, c’était aussi simple que cela.
La relation du Seigneur et de son Aspirant était difficile, anarchique, la volonté de l’un et de l’autre se heurtant fréquemment, parfois violemment, sans qu’Arkalin ne paraisse jamais se soumettre. Martel ne comprenait pas l’intérêt que Celanduil lui trouvait, ne parvenait pas à voir le potentiel qu’il semblait percevoir en lui. Une seule chose était sûre à ses yeux : l’Humain représentait une menace dont il faudrait tôt ou tard se débarrasser.

Après seulement quelques mois, celui qui avait été baptisé le ‘‘Démon’’ fut présenté à l’Empreinte, liant son âme à rien de moins qu’un Empereur Noir, du nom d’Astaroth. L’insupportable morgue de celui dont la cupidité et l’avidité ne pouvait plus être ignorée, ne fit alors que croître, encore et encore, jusqu’à atteindre son point d’orgue à l’orée de l’an 900, où un défi pour le trône fut énoncé … Opposant Salvedaen Arkalin à Celanduil Hùriand.


» Le temps de la Guerre : Décurion –  900 à 910
.

Le combat fut mené dans la Fosse, le Kaerl tout entier s’étant réuni pour y assister. Qu’Hùriand ait accepté de se soumettre à une telle … pantalonnade, le dépassait totalement. Presque naïvement, le Second se disait que c’était là l’occasion pour leur Seigneur d’humilier et remettre définitivement à sa place le trop présomptueux Chevalier Noir.

Bien mal lui en pris. Sous ses yeux ébahis et incrédules, son ancien Maître fut abattu. Durant de longues minutes, un silence plus évocateur qu’aucun rugissement plana sur l’arène. Celanduil Hùriand était mort. Salvedaen Arkalin avait triomphé, et le trône lui appartenait maintenant de droit.
Le cœur du Moredhel sombra définitivement ce jour-là. Quelque chose … Quelque chose en lui s’était brisé, sans qu’il ne le conscientise vraiment. Sa ‘‘vengeance’’, ce combat qui lui revenait de droit, lui avait été arraché. Traîtrise ! Tricherie ! Il était impossible que le vieux renard, si retors et intelligent, ait été vaincu sans l’usage de quelques artifices déshonorants. Poison, magie noire, toutes les pistes furent explorées par la Garde Embrasée. En vain. Aucune preuve ne put être mise au jour, et le Démon, écartant du pouvoir ceux qu’il estimait gênants, s’installa au Mahalma sans que qui que ce soit ne s’y oppose.

Martel fut déchu de son titre de Second, relégué au rang de simple Maître Dragon et oublié dans l’ombre du nouveau Seigneur. Eléderkan, bien trop occupé alors par les troubles de sa vie privée, ne lui fut hélas d’aucun secours, ni d’aucun réconfort. Et de ce qui tourmentait l'Elfe, en vérité, il n’en savait rien, son ami restant particulièrement évasif et laconique sur le sujet à chaque fois qu'il tentait de l’interroger … Des secrets, encore des secrets, et la fêlure dans leur lien, minée par tant d’omissions et de non-dits, ne faisait que s’élargir de jours en jours, fragilisant la confiance qu’ils s’accordaient.

Il ne fallut ensuite à Arkalin que quelques lunes supplémentaires pour précipiter le Màr Tàralöm dans une Guerre des Ordres sans précédent, aussi sanglante que meurtrière ... Un affrontement qui viendrait à terme déchirer Tol Orëa et ses Kaerls de part en part, les laissant exsangüe après 10 ans d’un conflit stérile. Martel entra donc en guerre, sous le titre de Décurion Etincelant, menant une troupe de Verseurs de Sang, et Eléderkan l’y rejoignit pour combattre à ses côtés avec ses Spectres des Cendres, en tant que Décurion Incandescent.

Dix longues années pendant lesquelles il lui sembla que leur complicité originelle était restaurée, lui permettant d’oublier, au moins pour un temps, le lourd poids de ses griefs.

Au terme de la Guerre, en récompense pour ses faits d’armes et ses talents de stratège, âgé de 45 ans, le Moredhel fut finalement réintégré au Concile, se voyant gratifié du grade militaire de Trône de Flamme, commençant une longue et douloureuse ré-ascension vers le pouvoir. Car il était clair maintenant pour lui que le seul moyen de venger la mort dégradante de son ancien Maître, serait de jeter Arkalin au bas de son trône, et de devenir Seigneur à son tour.


« Que ne jure pas de marcher dans les ténèbres
Qui n'a pas vu la tombée de la nuit. »

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Dernière édition par Martel Dehlekna le Ven 20 Aoû 2021 - 19:45, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor   [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Icon_minitimeVen 20 Aoû 2021 - 11:27

(DISCLAIMER : cette partie relate l'ensemble des événements survenus depuis l'entrée en jeu du personnage en tant que PNJ)



» Le temps des complots : Intriguant – 910 à 917


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Limna On Nïksë & l’Airain Lyviathan
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Alauwyr Iskuvar & le Noir Estenir

Presque miraculeusement, Martel et Melkor réchappèrent de la Guerre sans véritable blessure grave, quoi que leurs corps furent désormais constellés de cicatrices plus ou moins profondes. Bien vite la silhouette guerrière du Bronze et de son Lié avait acquis une réputation impitoyable et cruelle dans les camps ennemis, devenant synonyme de mort certaine … Et leur attirant autant de faveurs que de d’hostilité au sein de leur propre Màr.

En 910, une paix précaire fut enfin conclue entre les trois Ordres, plus un statu-quo s’accordant sur un cesser-le-feu nécessaire qu’une volonté absolue d’apaisement des tensions. Saignés à vif, les Kaerls n’avaient plus les moyens de poursuivre cette Guerre. Et bien qu'il entendait initialement refuser le pacte initié par la nouvelle Dame Céleste, ne pouvant faire face aux deux autres Màr réunis, Arkalin fut contraint et forcé de s'incliner.

Dès lors, la vie quotidienne repris son cours au Màr Tàralöm, faite d’intrigues, de complots, d’alliances se faisant et se défaisant au gré des intérêts de chacun. Il semblait à Martel qu’Arkalin s’en délectait, considérant sans doute qu’un Concile occupé à des joutes de pouvoir internes serait moins prompt à venir contester sa position sur le trône. Son mépris à son égard n’en était que renforcé, de même que son désir de mettre un terme définitif à son existence sur terre. Qu’il retourne à Kazièl, il ne méritait rien de plus !
Pourtant, une fois de plus, sa vengeance juste à portée de main, les projets du Moredhel furent irrémédiablement bousculés. En 912, peu après avoir nommé Second son ancien Aspirant le Chevalier Noir Alzaroth Draconigena, Arkalin disparut mystérieusement, sans laisser de trace. Assassiné par son bras droit, ou bien par son Aspirante et présumée amante, Anksounamone ? Les rumeurs allèrent bon train, et encore à ce jour, personne ne sait ce qu’il advint réellement de lui.

De longues années d’instabilité politique interne se profilaient à l’horizon, pendant lesquelles le Moredhel, réalisant l’utilité qu’un pantin fidèle et loyal pourrait avoir entre ses mains, s’attacherait à dénicher des Aspirants, cherchant, celui, qui, prometteur, répondrait parfaitement à ses attentes. A Cimeries, formé et lié pendant la Guerre, succéda ainsi Annah, puis Limna, toutes deux confiées à un autre … Et les échecs se multiplièrent.

Moins d’un an plus tard, Draconigena disparut à son tour, laissant au pouvoir une jeune Chevalière Verte, Eirlys Naeryan, nommée à sa place par le biais d’une lettre. Déterminé à tirer parti de la situation et y voyant sa chance pour accéder au pouvoir suprême, ignorant la réserve d’Eléderkan qui persistait à l’inciter à la prudence, Martel s’engagea à faire ployer la Neishaane sous sa volonté, d’une manière ou d’une autre.
Commença un long travail de sape sur le grand échiquier du pouvoir, qui trouva sa conclusion courant 916, où, son objectif atteint, ayant durablement éloigné Eirlys Naeryan du Màr Tàralöm, il se prépara à passer à l’action. Le trône était vacant, et nul n’était mieux placé que lui pour le réclamer, mais il lui restait pour cela une marche à franchir. S’exhortant à la patience, il s’allia aux Sangs Dorcha Elerinna et Gwindor del Helevorn pour faire nommer comme Dame une Chevalière Bleue d’origine inconnue, Ellaia Lindorië. La parfaite marionnette dont il entendait bien se servir.

Ce jour-là fut le théâtre de la première véritable dissension entre lui et Eléderkan, lorsque, face à deux jeunes loups aux dents longues, son ami s’opposant violemment à la nomination d’Ellaia Lindorië, ce dernier fut banni du Concile, son siège offert à un autre. Se tournant vers lui en quête de son soutien, l’Elfe ne reçut en retour qu’un silence éloquent. Lui qui craignait tant le pouvoir, peut-être était-ce mieux qu’il en soit écarté … Pour ne pas mettre en péril ses propres objectifs personnels. Martel ne pouvait pas savoir alors les douloureuses conséquences que cette décision aurait sur son avenir.

En 917, sous l’accusation officielle de haute trahison, la décevante Ellalia fut supprimée, prétendument exécutée pour des actes de déloyauté et de parjure envers le Kaerl, et le trône se retrouva à nouveau vacant. Après quelques mois de régence par le Concile, il fut décidé qu’un nouveau Seigneur serait choisi et les candidatures furent ouvertes.
A la surprise de tous, c’est un Maître Dragon relativement anonyme, lié à un Empereur né d’un œuf volé des années auparavant au Kaerl, qui se présenta devant eux. Alauwyr Iskuvar. A la surprise de tous, sauf de Martel, qui pressentait en lui un rival de taille depuis déjà bien longtemps. Anonyme, mais pas sans ambition, le Maître Noir avait été choisi par ses soins pour former Limna On Nïksé, honorée ensuite par Flarmya durant la Conjonction des Deux Lunes … En se voyant liée à une étrange dragonne, Lyviathan, de couleur Airain.
Sans y être invitée, déjouant tout pronostic de la part du Concile, Limna se présenta contre son ancien Maître. Y voyant un potentiel levier à utiliser contre Iskuvar, Martel laissa faire malgré son déplaisir et ne s’y opposa pas.

Cet évènement signa aussi le retour prudent d’Eléderkan au sein du Concile, et Martel, quoi gardant une attitude neutre et professionnelle à son égard, en fut secrètement rassuré … Pensant pouvoir toujours compter sur lui en dépit de leurs désaccords passés. Sans doute se voilait-il encore la face à son égard, car Eléderkan révéla alors à ses pairs les tentatives du Moredhel pour faire assassiner Iskuvar en utilisant la Chevalière Incarnate Annah Innd’Velynnn, cherchant à prouver à tous l’erreur qu’ils avaient faite en acceptant Ellaia Lindorië à la tête du Kaerl.

Du combat qui fut organisé dans la Fosse, là où tous auraient pu parier sur la victoire d’Iskuvar, la situation fut bien plus chaotique à démêler, de par l’intervention indésirable de tierces personnes. Première dans l’histoire du Màr, un vote fut donc soumis au peuple Ardent : Limna fut nommée Dame, choisissant son ancien Maître pour devenir son Second. Une fois encore, Eléderkan s’opposa à Martel, apportant son soutien à Iskuvar quand le Moredhel, jugeant son emprise sur la jeune femme toujours possible, offrit son vote à Limna ; marquant ainsi définitivement l’opposition politique entre les deux hommes, leur amitié d’antan s’effaçant devant leur rancune partagée.


» Le temps de l'humiliation : Déchu – 917 à 918


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Annah Innd’Velyn & l’Incarnate Veovis
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Kasim Adrikan & le Noir Jahangir

Dans le courant de l’année 917, Limna, se noyant dans un extrémisme religieux lié au culte de Flarmya, commença lentement à échapper à toute forme de raison.

Préméditant dans le plus grand secret son suicide rituel, dans l’espoir d’apporter une gloire future au Màr Tàralöm, elle s’assura de la présence conjointe de Martel et d’Alauwyr comme témoins de son sacrifice. Ignorant leurs protestations, elle manipula Alauwyr de sorte à ce qu’il lui porte lui-même le coup fatal, laissant pour tout héritage une lettre expliquant ses raisons … Et nommant Alauwyr comme Seigneur pour lui succéder. Liés malgré eux par ce sombre pacte qui pourrait bien les précipiter à leur perte, les deux hommes résolurent de ne jamais évoquer le sujet.

C’est cette même année que son dernier Aspirant se lia sur les sables d’obsidienne du Kaerl Ardent. Solaufein Do’Illishar, connu de tous sous le nom de Kasim Adrikan, lié au Noir Jahangir. Le fils de sa sœur, son propre sang, rencontré par les biais mystérieux du destin dans une arène poussiéreuse du Ssyl’Shar. Insolent, exaspérant, et sournois, mais d’une loyauté ancrée jusqu’aux os. Là où le Moredhel aurait été d’avis de le supprimer dès leur première rencontre, Melkor le convainquit de lui donner sa chance, et le gamin trouva son âme-sœur parmi les propres rejetons de l’orgueilleux Bronze.

Enfin, alors que les prémices de l’hiver s’annonçaient, le Seigneur décida d’une grande refonte du Concile, dans l’optique de rééquilibrer la balance entre les trois Clans et leurs partisans. Martel fut gratifié du poste de Haut Représentant du Clan Dominant, quand Annah Innd’Velyn, s’émancipant définitivement de son influence, accéda à celui de Haute Représentante du Clan Introverti. Eléderkan, enfin, semblant se faire sa place dans l’ombre détestable d’Iskuvar, fut nommé Haut Inquisiteur, responsable du service de renseignements du Kaerl. Comment l’Elfe pouvait-il accepter de se soumettre ainsi pour espérer grappiller quelques miettes de pouvoir ? Une telle chose le dépassait.

Différents Seconds se succédèrent ensuite sous l’égide d’Iskuvar, selon le bon plaisir et les conquêtes de ce dernier.

L’année 918 fut finalement celle qui vit la chute de Martel, des hauteurs vertigineuses desquelles il s’était hissé, celle qui le guettait depuis si longtemps et contre laquelle Eléderkan avait tant tenté de le mettre en garde. Hùriand aurait-il été encore en vie qu’il en aurait certainement rit à gorge déployée, sans en ressentir la moindre surprise.

Aux premières lunes du printemps 918 donc, des troubles commencèrent à se manifester, perturbant l’Interstice et rendant malade de nombreux dragons, tandis que leurs Liés voyaient apparaître sur leur peau une Marque de bien mauvaise augure. L’Ombremage se fit connaître, réclamant qu’on lui livre des mots de pouvoir oubliés depuis l’époque des Valherus, dont seuls les Gardiens avaient encore connaissance. De gré ou de force, il était prêt à s’en emparer.

Une réunion de crise inter-Kaerl fut organisée et des monstres déferlèrent sur Tol Orëa, le Màr Tàralöm se voyant attaqué par une armée de Morts-qui-Marchent.

Iskuvar étant absent du Kaerl, Martel n’y tenant plus, décida de profiter du chaos pour s’emparer du trône vacant, estimant qu’un navire sans capitaine était destiné à s’échouer tôt ou tard … D’autant plus que l’Archonte, général des armées Ardentes, paraissait avoir perdu l’esprit sous l’effet des maléfices du Nécromancien, attaquant ses propres troupes. Le Moredhel vit une nouvelle fois se dresser sur son chemin Eléderkan, chien de garde fidèle à son maître, bientôt rejoint par le Maître Guérisseur Esthen Frâlan, puis par le Gardien Seregon lui-même. Une nouvelle fois, le pouvoir lui échappa, sa légitimité amèrement contestée.

Les troubles s’apaisèrent, jusqu’à n’être plus qu’un souvenir douloureux, puis l’Incarnate Veovis s’élança pour son premier Vol Nuptial. Et s’imposant parmi les prétendants, Thémos sut conquérir le cœur de la Reine … Tandis qu’Eléderkan passait la nuit avec sa Liée, Annah Innd’Velyn. Quoi que pourtant anodin, ce fait inspira à Martel un profond dégoût et une aigreur renouvelée. N’avait-il donc pas appris la leçon ? Cette fois où il avait trouvé son ami, effondré, muet et ivre mort après avoir ôté la vie d’Ismira Drak de ses propres mains, n’avait-elle pas été suffisante à le dissuader de s’engager dans de telles relations avec une femme ?

Les absences du Seigneur des lieux se répétant, l’exaspération de Martel ne fit que croître, au point qu’il se vit exclu des séances du Concile jusqu’à nouvel ordre. Autour du symbole du pouvoir, les vautours et les charognards se pressaient, attendant la fin de la période réglementaire pour énoncer leurs prétentions. Aussi, lorsque près de 6 mois plus tard, au tournant de l’automne 918, Alauwyr reparut une énième fois au Kaerl, le Moredhel n’attendit pas et le défia en duel.

La victoire par l’épée, ou la mort. Il était en paix avec cette idée. Hélas, lorsque son combat contre Iskuvar se solda par un échec, la fin ne fut pas celle qu’il attendait. L’intervention improbable de Seregon le força à choisir entre une impossible soumission et un exil définitif du Màr Tàralöm. Humilié au plus profond de son être, privé de son rang, de son titre, et de toutes ses possessions en dehors de celles qu’il portait sur lui, il choisit de s’envoler avec Melkor pour le Vaendark, sur les traces de ses ancêtres.


» Le temps de la pénitence : Indigent – 918 à 919


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Yong’Wu Zenghwei & le Blanc Nushi
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Levon Narses & le Noir Vathek

Au Vaendark, se servant des informations obtenues par Oculus, il s’installa dans une ancienne forteresse Valherue, préservée du déclin car prise dans les glaces du Hjalldimm. Là-bas, au péril de sa vie, il survécut difficilement, s’efforçant de faire profil bas tandis qu’il planifiait sa vengeance future. Sa capture soudaine par une troupe conjointe de Célestes et d’Engloutis fit voler en éclat ses espoirs, et il passa près de deux lunes en détention étroite au Màr Menel, interrogé quotidiennement sur ce qu’il savait du Kaerl des Glaces.

De cette période, il ne garde qu’un souvenir confus et flou, embrumé par l’angoisse indicible d’avoir peut-être fini par céder et trahir le Màr Tàralöm. Seule la pensée que Melkor était encore libre, quelque part, là au dehors, lui permit de tenir, ce jusqu’à ce qu’un échange d’otages soit entendu entre Célestes et Ardents. La rumeur de sa présence au Màr Menel avait fini par filtrer, et celui qui l’avait remplacé à la tête des Dominants, le rusé Aodren del Hendrake, comptait bien en profiter.

L’échange ne se déroula pas comme les deux camps l’espérait, et Martel fut libéré par Melkor, qui s’empara de lui à la dernière minute, avant de disparaître dans l’Interstice. Pendant quelques semaines, ils récupérèrent lentement, vivant cachés au cœur de la Sylve. Puis, reprenant contact avec son ancien Aspirant, le Chevalier Noir Kasim Adrikan, le Moredhel organisa son retour secret au Kaerl, usant pour cela des propriétés d’un artefact Valheru ramené du Vaendark pour passer inaperçu.

Au printemps 919, il obtint ainsi une entrevue avec le nouvel Haut Représentant du Clan Valherien, l’antipathique Yong’Wu Zenghwei, qui n'hésita pas à lui forcer la main, cherchant à obtenir de lui sa plus totale obéissance, et tout le savoir qu’il pourrait lui fournir sur le si désirable Kaerl des Glaces. Il passa plusieurs lunes sous la ‘‘protection’’ de la maison Zenghwei, rongeant son frein et dépérissant à petit feu dans cette pseudo cage dorée. S’il frôla les tréfonds les plus obscurs du désespoir à de nombreuses reprises, envisageant de mettre un terme à sa vie, il dut une fois encore sa sauvegarde à la présence constante et déterminée de Melkor.

Les jeux de pouvoir étant ce qu’ils sont, le Haut Représentant du Clan Valherien disparut un jour, et sa remplaçante, la Maîtresse Incarnate Jora Evumbrar, reprenant les affaires de son prédécesseur, jugea avantageux de conclure un nouveau pacte, avec celui qui à ses yeux pourrait se révéler un pion d'une valeur inestimable. A l’été 919, Martel rencontra donc un ancien camarade et homme d’armes, le Maître Noir Levon Narses, devenu Décurion, et une alliance fut forgée, à la condition explicite que le Moredhel rejoigne officiellement le Clan Valherien … Et accepte de se soumettre à un procès public, destiné à laver son nom et sa réputation.


A suivre ... En RP ! >> Voir son Carnet de Route. (A FAIRE)


« Que ne jure pas de marcher dans les ténèbres
Qui n'a pas vu la tombée de la nuit. »

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MessageSujet: Re: [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor   [Chevalier Bronze] Martel Dehlekna & Melkor Icon_minitimeVen 20 Aoû 2021 - 18:37

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Ragnarök – Nytt Land


Lié : Le Chevalier Dragon, membre du Clan Valherien, Martel Dehlekna, du Màr Tàralöm.

Ascendance : né en 889 de l'Incarnate Sokänon, il est le frère de couvée du Noir Vathek (lié du Maître et Décurion Levon Narses). Ils sont issus de la toute dernière couvée de la Reine.

Âge : 31 ans en 920. C’est un dragon dans la pleine force de l’âge !

Descendance : De son vol nuptial avec l’Incarnate Nephtys (liée d’Azyria d’Oror) en 917 : le Bronze Llyr (lié de Nagendra Tuncay), le Noir Jahangir (lié de Kasim Adrikan), la Noire Selasphorath (liée de Scylla Lòkë).
De son vol nuptial avec l’Incarnate Tahkasya (liée de Jora Evumbrar) en 918 : l’Incarnate Sarzeghnet (liée de Runa Salv).

Description physique : Dans la moyenne haute des dragons de sa couleur, Melkor se démarque par une musculature épaisse et solide sans pour autant être massif, roulant sous un cuir écailleux d’un cuivre orangé très vif. Deux courtes cornes torsadées ornent son front, de même que des épines marquent les contours de sa mâchoire. Une grande crête court le long de son cou, enfin, pour venir mourir entre ses omoplates. Ses écailles sont marquées d’innombrables cicatrices, souvenir de combats contre ses pairs et d’une guerre ayant duré pendant dix longues années.
Melkor est un Bronze tel que l’on s’attend à le voir au Màr Tàralöm, athlétique, vigoureux et bien découplé, et quoi que sa stature le desserve en terme de vitesse pure, il compense ce défaut grâce à son endurance et à la puissance de ses ailes. Par deux fois, s’élançant à la poursuite d’une Incarnate, il eut l’occasion de prouver au Kaerl et à ses Reines qu’il était le meilleur prétendant, digne de les couvrir et d’être le géniteur de leurs couvées.
Suite à son long exil au Vaendark, puis à son séjour au sein de la maisonnée Zenghwei, le Bronze a malheureusement perdu en masse et en musculature, qu’il peine encore aujourd'hui à récupérer, malgré les récents soins apportés par le Clan Valherien.

Description caractérielle : Melkor est un dragon orgueilleux, fier de lui, et incroyablement susceptible. Les émotions à fleur d'écailles, son tempérament sanguin fait qu’il s’emporte vite et qu’il a la flamme facile, ce que vient contrebalancer le calme à toute épreuve de Martel. Franc et honnête, le Bronze est avant tout porté sur l’action, et peu sur la réflexion, ce dont il a parfaitement conscience : il laisse les jeux de l’esprit à son Lié, envers lequel il est extrêmement protecteur et possessif. La vie du Moredhel lui appartient, en tout point et en toute chose et il ne tolérera pas que qui que ce soit vienne le blesser.
Un peu rustre, voire primitif sur les bords, il n’hésite pas à venir le secouer lorsqu’il l’estime nécessaire, mais lui voue, en dehors de ça, une totale confiance, prêt à le suivre jusqu’au bout du monde s’il en décidait ainsi. Martel, en retour, lui confiera ses arrières et sa sécurité les yeux fermés. En combat, ils forment un duo particulièrement redoutable.
Il est à noter que Melkor considère, très paradoxalement si l’on connaît son Lié, la famille comme une affaire de la plus haute importance. Sa lignée est très précieuse pour lui, et il éprouve une affection certaine pour ses frères et sœurs, notamment Vathek, issu de la même couvée que lui … Mais s’il apprécie beaucoup le neveu de Martel, Solaufein (Kasim), il éprouve une aversion non négligeable pour son propre rejeton, le Noir Jahangir, au caractère passablement détestable.
Tuer ou blesser ne lui pose aucun problème. Le Màr Tàralöm est sa maison, la demeure de ses ancêtres, et il est prêt à tout pour la défendre.


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Forme humanoïde choisie : Lorsqu’il daigne emprunter une enveloppe bipède, ce qui est bien rare étant donné sa répulsion pour cette forme malhabile, il apparaît comme un elfe à la crinière de cuivre sanglant et à la peau mate, presque aussi grand que son Lié. Au cœur d’un visage anguleux, tout en os, sous ses sourcils perpétuellement froncés, brillent deux iris dorés, à la pupille en amande venant rappeler ses origines draconiques. Il se couvre généralement d’un grand manteau à capuchon, masquant ses traits dans l’ombre.


Regard de Flarmya : Pied de nez divin à l’égard de ses origines, ou bénédiction cachée quant à ce qui l’attendait à l’avenir, Flarmya décida de faire grâce à Martel d’une résistance accrue au froid. Ce n’est pas pour autant un surhomme, attention, et il mourra d’hypothermie tout aussi bien que n’importe qui … Seulement cela prendra plus de temps, ou des températures un peu plus basses.
Il a également, avec les années, confié la garde de son cœur à Melkor, se reposant sur lui et sur le feu éternel brûlant en son Lié pour étouffer ses émotions lorsqu’il juge qu’elles sont un poids pour lui … C’est à dire le plus souvent.


« Que ne jure pas de marcher dans les ténèbres
Qui n'a pas vu la tombée de la nuit. »

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